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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Khurmag
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 [Terminé] Le départ

Insomnis
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Jeu 12 Jan - 5:14
Irys : 54792
Profession : Mercenaire-Aventurier
Pérégrin 0
Le soleil était levé depuis peu. Noctus finissait de préparer ses affaires dans sa chambre, perdu dans ses souvenirs. Il était vêtu d'un long manteau sombre pour se protéger du froid, d'une belle veste noire protégeant une chemise blanche, et un pantalon assorti à ses bottes obscures. Sur son dos reposait l'épée de son père nommée Somnus, installée paisiblement dans un étui aux couleurs nocturnes. Il mit une gourde remplie d'eau à sa ceinture, et déposa dans sa main droite le collier que Stella lui avait confié. Il le contempla comme s'il voyait à nouveau la nuit de sa disparition, puis se décida à la porter autour du cou, sans oublier d'insérer la bague noire à son index droit, qui était un présent de sa mère. Il attendit à sa porte, avant de sortir, regardant pendant quelques instants sa chambre comme s'il lui prononçait ses adieux. Elle était presque plongée dans l'obscurité, la lumière du matin laissant apparaître les quelques poussières flottantes entre les rideaux. Il sortit de sa pièce, et ferma sa porte, probablement pour la dernière fois.

La Demeure des Omnis était composée d'un rez-de-chaussée, qui n'est autre que l'Auberge du Sommeil Rêveur, dont la pièce principale est rectangulaire et donnant accès aux chambres des clients par la porte située à l'est. Le comptoir se trouvait en face de la porte d'entrée, alors située au nord et au centre du mur, et à la droite des escaliers menant à l'étage, réservée à la famille Omnis. Insomnis descendit alors, et remarqua le silence et l'absence de clientèle au sein de l'auberge. Il sortit à l'extérieur, et aperçut le Gharyn Domibileos ainsi que le Khorog Libertis discutant avec ses parents. Sans s'inquiéter plus que ça, Noctus s'approcha d'eux, sans vouloir faire part à la discussion, mais plutôt pour faire ses adieux à son père et à sa mère.

Nagaeris Omnis
Noctus. Nous parlions justement de toi.
Il glissa sa main derrière le cou de son fils pour la déposer sur l'épaule éloignée, et l'écarta du groupe pour lui parler en tête à tête.
Écoute, mon fils. Moi et ta mère sommes conscients que cette fille soit importante à tes yeux. Mais on aimerait vraiment que tu restes à la maison. Le Gharyn et le Khorog ont promis d'envoyer des mercenaires à la poursuite de ce Miseris.

Noctus Insomnis Omnis
C'est mon devoir de la protéger.

Nagaeris Omnis
Non, c'est le devoir des gardes de cette ville, qui ont vraisemblablement pris leur temps ce soir là. Il s'agit de la fille du Khorog. Il ne laissera pas ce mage s'en tirer ainsi.

Noctus Insomnis Omnis
Moi non plus.

Nagaeris Omnis
Et que comptes-tu lui faire ? Hein ? Tu n'as pas été entraîné pour te battre contre un mage. Dis-moi comment tu comptes le traquer ? Car aux dernières nouvelles, il ne me semble pas que tu sois né avec un talent inné sur le dépistage. Huh... Nous n'avons qu'un fils. Nous n'avons que toi. Comprends que l'on tient loin de nous l'envie d'apprendre, un beau matin, que tu as été brûlé sur place à cause d'un magicien considéré instable.

Noctus Insomnis Omnis
Je m'entraînerai au fur et à mesure de ma poursuite. J'accepterai des contrats, et j'apprendrai des guerriers qui voudront m'enseigner l'art du combat. Je suis conscient de votre inquiétude. Mais croyez-moi, j'ai bien l'intention de revenir.

Nagaeris Omnis
J'imagine que quoi que je puisse te dire, tu ne changeras pas d'avis. Et ce n'est pas le Khorog qui t'empêchera de partir. Reviens sain et sauf, et en la compagnie de Stella. Tu vas me manquer, mon fils.

Le père et le fils s'enlacèrent, et retournèrent auprès du Gharyn, du Khorog et de Janneis. Cette dernière regarda Nagaeris, et comprit son air dépité. Elle se tourna alors vers son fils et pleura dans ses bras. Entre quelques échappées de larmes, elle laissait échapper des "Reviens sain et sauf" ou des "Prends soin de toi". Elle finit par baiser le front de sa progéniture en lui tenant les joues, puis caressa ses cheveux sombres avant de s'écarter et de rejoindre son mari. Alors que le Gharyn et le Khorog incitaient Noctus à les suivre, le jeune Omnis regarda une dernière fois ses parents, se tenant fermement la main comme pour se donner espoir. Ils finirent par rentrer à l'auberge, la tête baissée, et Noctus suivit ses supérieurs jusqu'à la sortie de la cité.
Arrivé aux portes de Foreäl, Noctus contempla le monde qui s'ouvrait à lui. La ville étant située en hauteur, aux côtés de hautes montagnes et de blanches falaises, il se devait de descendre une longue pente enneigée pour espérer se rapprocher de la verdure. Le soleil laissait jaillir sa lumière sur la neige, laissant ainsi paraître une aura chatoyante sur ce paysage. Un vent calme et paisible semblait caresser les joues du jeune homme, l'incitant presque à partir sur le champs. Mais il devait, avant son départ, régler une dernière affaire.

Le Gharyn Domibileos
J'ai beaucoup d'affaires à régler, et ma présence ici ne vous sera nullement utile, je le crains. Mais en tant que Gharyn de Foreäl, je me dois de vous souhaiter bonne chance en personne. Je tenais à vous dire que vous représentez un espoir pour les habitants de notre belle cité. Un jeune homme, amoureux mais inexpérimenté, prêt à partir à l'aventure pour sauver sa bien aimée. Si un individu tel que vous parvenait à accomplir sa quête, imaginez les répercussions positives que ce succès engendrerait sur nos concitoyens. Je vous laisse entre de bonnes mains. J'espère de tout coeur que vous réussirez, jeune Omnis. Que les architectes vous protègent.

Le Gharyn s'écarta alors d'Insomnis et du Khorog Libertis en retournant en ville. Le Khorog prit une posture droite, les deux mains dans le dos, fixant le jeune Omnis d'un air à la fois fier et inquiet.

Le Khorog Libertis
En effet, vous représentez un espoir pour les habitants de Foreäl. Mais je ne veux pas qu'un jeune homme, sans aucune expérience, ne parte à la recherche de ma fille sans être assuré de sa propre survie. C'est pourquoi je vous propose d'être escorté par quelques mercenaires hautement qualifiés.

Noctus Insomnis Omnis
Votre proposition est noble. Mais je préfère y aller seul.

Le Khorog Libertis
Pardon ? Êtes-vous suicidaire ?

Noctus Insomnis Omnis
Non. Je pense que je veux juste prouver ma valeur. Je veux que votre fille remarque les progrès que j'ai dû faire pour la secourir, et que le peuple de Foreäl voit à quel point la détermination peut être gratifiante. Je reviendrai avec Stella. Vous avez ma parole.

Le Khorog Libertis
Si vous revenez avec Stella, je vous donne ma bénédiction pour un éventuel mariage, jeune Omnis. Vous avez ma parole. Mais vous n'êtes pas obligé de risquer autant votre vie. Si vous croisez des guerriers de taille sur la Voie, n'hésitez pas à leur quémander du soutien. Et si vous changez d'avis à propos de nos Mercenaires, vous savez où envoyer votre lettre.
Il prit un instant pour frotter ses mains, en espérant les réchauffer.
Pendant que votre père vous entraînait au maniement de l'épée, nous avons envoyé des éclaireurs au cas où nous retrouvions la trace de Miran. Hélas, il n'a guère été aperçu, mais nos espions ont eu des informations intéressantes. Par multiples interrogations, ils ont déduit que Miseris se dirigeait tout droit vers Suhury. Je doute fort qu'il ait pour ambition d'atteindre cette région, donc préoccupez-vous des cités de Khurmag installées sur la verdure, du côté Nord-Est de Khurmag. N'hésitez pas à interroger les citoyens et les voyageurs, ils peuvent détenir des informations non négligeables.

Noctus Insomnis Omnis
Merci pour ces précieuses informations.
Il pencha légèrement la tête, comme pour remercier noblement le Khorog, avant d'effectuer quelques pas. Mais le Khorog interrompit sa marche.

Le Khorog Libertis
Attendez, jeune homme ! J'ai une dernière question à vous poser. Êtes-vous un My'trän ?

Noctus Insomnis Omnis
Je ne me prononcerai pas.

Le Khorog Libertis
Je vois. Gare à vous, jeune Omnis. Car la magie de Khurmag pourrait bien vous jouer des tours.

Insomnis hocha légèrement la tête, voulant faire voir qu'il avait compris le message. Le Khorog souhaita bonne chance à Noctus, et le laissa descendre la pente vers les terres de Khurmag. Pendant sa marche, le jeune Omnis pensait à Stella. Le jour de leur rencontre, les après-midi où il allait la voir pour la consoler. Le regard qu'elle lui jetait à chaque instant. La soirée à l'Antre du Yamaany était finalement celle qu'elle désirait obtenir depuis tout ce temps. En s'imaginant auprès d'elle, de nouveau, il n'en était que plus motivé et accélérait sa marche. Il se mit à réfléchir quant à la suite, au déroulé de son voyage. Il se demandait pourquoi il n'avait pas pris de sac, puis se souvint qu'il préférait être le plus à l'aise possible, et emporter le strict minimum sur lui. Il pensa à Somnus, et à la raison de cette appellation. Lorsqu'il était jeune, son père lui disait qu'il l'avait nommé ainsi, car retirer la vie à un homme consiste à lui apporter le sommeil éternel. Bien que conscient qu'il serait dans l'obligation de s'en servir un jour ou l'autre, Insomnis espérait au fond de lui ne pas avoir à brandir son épée. Noctus continua sa marche, et suivit le chemin sans se retourner.


Dernière édition par Insomnis le Ven 20 Jan - 21:00, édité 1 fois
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Adramus
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Sam 14 Jan - 21:44
Irys : 397183
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Quand la pluie s'entremêle avec les flocons de neige, on en ressent toujours quelque chose proche de la tristesse. Cette substance lourde, ardente tant elle est froide, douloureuse, piquante quant on la touche, elle ose se faire voisine de l'une des plus belles merveilles de la nature. La neige, aussi pure que le fruit d'une immaculée conception, se faisait salir par les défections sombres des nuages bas. On voyait une petite perle au-dessus de notre tête, et le temps de la toucher, elle s'était transformée en sang incolore qui ruisselait sur notre main et nous transperçait la peau pour s'infiltrer dans notre chaire, à la recherche de plus de chaleur à voler aux hommes.

Adramus, alors au pied des célèbres Montagnes Bleues de Khurmag, avait les mains recouvertes de cette poisse glacée. Il se frotta les doigts avec curiosité, se demandant si tout le voyage jusqu'à Forëal allait être semblable. Au moins y avait-il un espoir que les hauteurs se fassent plus légères, plus douces. Il voulait retrouver la neige, et se séparer le plus tôt possible de cette union bâtarde qui ne faisait que l'agacer. Rien ne le répugnait plus que la lâcheté de l'indécision, alors lorsque la nature elle-même ne savait se décider entre pluie et neige, on ne pouvait être que de mauvaise humeur.

Le guerrier vagabond entama son ascension à grandes enjambées. Il faisait suffisamment chaud, pour cet homme au sang bouillonnant de vie, pour qu'il laisse son torse découvert, ses tatouages grossiers aux formes ésotériques parcourant son corps librement comme des reptiles cherchant le bon angle pour s'endormir en toute quiétude. Chaque goutte de pluie sur ses épaules ou son torse était une nouvelle piqûre d'adrénaline, motivation supplémentaire pour qu'il accélère le pas. Néanmoins, l'expression de son visage ne changeait pas, elle. Toujours aussi ferme, indifférente à la mouvance des énergies naturelles. Un météore pouvait bien tomber à quelques kilomètres, noyant l'horizon d'une lumière aveuglante et destructrice, qu'Adramus n'hausserait  même pas un sourcil, bien trop déterminé à quitter les plaines boueuses pour le réconfort d'une montagne enveloppée d'un drap argenté.  

Alors que le chemin suivait son cours, en alternant terre glissante et recouverte de graviers, pavés de granit profondément marqués par le temps, ou escaliers de pierre à la fiabilité douteuse, Adramus pouvait doucement percevoir la fin de son voyage, au travers de divers pancartes de bois marquées du nom de sa destination : Forëal. Une ville à la beauté légendaire, qui soulagerait un peu le guerrier de toutes ses fatigues, et de ses dernières mésaventures, même si l'un dans l'autre tous ces événements avaient été particulièrement intéressants... peut-être même enrichissants. Seulement, parfois, il faut savoir lâcher un peu de leste et prendre du temps pour soi. C'était aussi à cela qu'on reconnaissait un guerrier dévoué à sa cause. En temps de paix, nul besoin de s'épuiser jusqu'à s'en écrouler, on arriverait que plus faible à la bataille.

Lors d'une portion d'escaliers particulièrement tranquille, la pente ne faisant à peine qu'une trentaine de degrés, le voyageur se laissa aller à regarder le paysage. On commençait tranquillement à voir les montagnes dévoiler leurs formes angéliques, et la vallée qui enfermait Forëal dans un écrin protecteur et paternel se dessinait à quelques centaines de mètres plus loin. La fin n'était pas pour bien longtemps. Mais le regard d'Adramus fut attiré par une forme mouvante sur le chemin. Un homme. Un jeune homme, même. Le guerrier avait rencontré bien peu de voyageurs lors de son escalade, alors un de cet âge cela semblait tout à fait extraordinaire. Qu'est-ce qui pouvait pousser pareil bambin à partir de cette cité idyllique ? Au final, ce n'était pas bien important. Il mourrait sûrement avant la fin du voyage, de toute façon.

Lorsque les deux silhouettes se croisèrent, Adramus eut la surprise de constater que le jeune homme ne s'écartait pas. Ce qui devait arriver arriva, et la large épaule du combattant bouscula le pauvre bourge qui failli s'écrouler sur l'escalier glissant. La chute aurait été sûrement très pénible, et la perte de conscience rapide surtout, si Adramus n'avait pas eu la présence d'esprit de rattraper le gosse par le bras. Il ne put éviter un regard légèrement paniqué, qui reprit son allure ordinaire très rapidement. « Qu'il meurt, c'est dans l'ordre des choses. Qu'il meurt par ma faute, ce n'est normal en aucune façon.» Songea-t-il. Il souffla.

- Dis donc, petit, si tu ne fais pas attention au monde qui t'entoure tu constateras très rapidement que celui-ci prend souvent la vie des inconscients. La route jusqu'au bas de ces montagnes est risquée, en montant comme en descendant, tu ne le savais pas ?

Il n'avait pas encore lâché le bras de son interlocuteur, ce dernier ne s'étant pas encore complètement rétabli sur ses deux jambes. Il espérait simplement que la conversation s'en tienne à cette simple mise en garde, mais une lueur lointaine dans son esprit éclairait les pages de son code d'honneur avec malice. Si le gamin requérait son aide, Adramus devrait s'évertuer à la lui offrir, peu importe le prix. Pourvu qu'il soit débrouillard...
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Insomnis
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Sam 14 Jan - 23:09
Irys : 54792
Profession : Mercenaire-Aventurier
Pérégrin 0
Noctus s'était perdu dans ses pensées, avançant sans même faire attention à la route et au paysage. Pourtant, la pureté de la neige et la blancheur des décors ne pouvaient que rendre plus visible tout individu se déplaçant en direction de Foreäl, ou vers la route des Montagnes Bleues. Il marchait alors, d'une assurance probablement stupide, sans même faire attention à l'homme pourtant vêtu d'une sagesse et doté d'une musculature impressionnante. Peut-être l'avait-il vu, mais son esprit étant ailleurs, il n'eut le réflexe de faire le moindre signe au voyageur, ou le simple geste de s'écarter pour lui laisser le passage. Ainsi, sa bêtise le laissa percuter l'épaule du guerrier, entraînant une chute vivement interrompue par ce dernier, qui eut le réflexe d'attraper son bras avant l'impact du crâne sur le sol.

Adramus
Dis donc, petit, si tu ne fais pas attention au monde qui t'entoure tu constateras très rapidement que celui-ci prend souvent la vie des inconscients. La route jusqu'au bas de ces montagnes est risquée, en montant comme en descendant, tu ne le savais pas ?

Le gamin ne réagit pas instantanément. L'inconnu le soutenu plusieurs secondes, avant de le tirer en arrière et de laisser le jeune homme se rétablir. Ce dernier fuyait le visage de l'adulte, bien qu'il éprouvait une certaine honte. Noctus sentait le regard pesant du voyageur, ce qu'il ne supportait pas vraiment, d'autant que le contact humain n'a jamais été réellement son fort. Le jeune Omnis serra les poings de ses mains, comme pour se donner du courage, alors qu'il ne se contenta que de se retourner pour faire face aux yeux de l'individu. Le regard était fixe, profond. On pourrait même le décrire comme étant puissant. Insomnis se retrouva déstabilisé face à autant de charisme, car n'ayant jamais quitté Foreäl et ne quittant sa chambre que par nécessité, jamais il n'eut l'occasion de rencontrer de véritables étrangers avec autant d'allure et, au vu de ses cicactrices, autant de vécu. Il baissa la tête quelques secondes avant de replonger dans les yeux de cet homme, et racla légèrement sa gorge. D'une voix tremblante, il répondit enfin.

Noctus Insomnis Omnis
Pardonnez-moi. Je... j'étais perdu dans mes pensées. Loin de moi l'envie de vous provoquer ou de vous insulter. Et... hm... et je vous remercie de votre aide.

Insomnis ne savait comment réagir. La première idée qui lui vint en tête était de continuer sa descente, avec pour objectif de retrouver Stella. Puis il observa son interlocuteur. Un homme qui semblait être un grand guerrier, noble et sage, pourtant peu vêtu comparé à lui, et semblant avoir marché de longues heures, si ce n'est peut-être des jours. Sur l'instant précis, il jugea peut-être juste de lui proposer de quoi s'hydrater pour montrer sa bonne volonté.

Noctus Insomnis Omnis
Je n'ai pas de nourriture sur moi, mais j'ai cette gourde.
Il lui tendit alors, dans le cas où l'inconnu aurait soif.
Ce n'est pas grand chose, mais peut-être avez-vous besoin de vous hydrater après tout ce chemin.

L'homme accepta alors le présent du jeune homme, qui n'hésita pas à boire la quantité d'eau nécessaire. Insomnis essayait de se montrer calme, voire trop serein. Mais n'importe quel homme avec le sens de l'observation remarquerait aisément et instinctivement la légère tremblote du jeune garçon. Peut-être pourrait-il s'agir du froid. Mais il était surtout question d'une certaine inquiétude, et d'une peur de l'inconnu, ce qui est peu rassurant pour quelqu'un qui se lance pour la première fois dans l'aventure.
Insomnis se mit à penser de nouveau, et au vu de la carrure de l'être en face de lui, il serait de bon ton que d'espérer faire un bout de chemin avec lui. Sans doute apprendrait-il à survivre, et à se défendre. Mais il savait qu'il se dirigeait vers la cité de Foreäl, et Noctus n'avait aucune envie d'y retourner. D'une part, car il avait finalement trouvé une raison pour sortir de la ville, et d'une autre, parce qu'y retourner pourrait salir son honneur. Que diraient les Foreälais,ainsi que le Gharyn et le Khorog, s'il revenait alors qu'il commençait à peine son périple ?
Insomnis était parfaitement conscient du danger, et savait qu'il avait peu de chances de survivre. Mais il était motivé à l'avancement de sa quête, même s'il devait y laisser sa vie. C'est alors qu'il se sentit obligé de se justifier auprès de l'homme qui l'avait pourtant averti du danger que renferme les Montagnes Bleues.

Noctus Insomnis Omnis
Et pour ce qui est de la route... Je sais parfaitement ce qui m'attend. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Et je ne suis pas parti dans l'espoir que tout se passe comme prévu.
Je dois reprendre le chemin. Bon séjour à Foreäl.

Insomnis ne lui demanda pas son nom, et n'avait pas particulièrement l'intention de lui fart part du sien. En vérité, il n'avait pas en tête, sur le moment, de bavarder avec lui. Il reprit sa gourde lorsque le voyageur finit de s'hydrater, la déposa à sa ceinture et fit signe de la tête pour lui dire au revoir. Il reprit alors le chemin, quand l'inconnu l'interpella non pas physiquement, mais bien vocalement. Le jeune Noctus ne sut à quoi s'attendre. Devait-il s'attendre à un discours moralisateur, à un simple remerciement, à une information qui pourrait s'avérer cruciale pour sa quête ? Beaucoup de questions bousculèrent ses pensées, avant que l'homme charismatique ne reprenne la parole.
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Adramus
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Mer 18 Jan - 14:10
Irys : 397183
Profession : Aventurier, maître d'armes
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Finalement, d'un mouvement souple, Adramus redressa le petit homme sur ses deux jambes. Il semblait déjà plus à l'aise ainsi. Malgré tout, le regard impérieux du guerrier faisait, comme d'habitude, un effet dévastateur sur le courage de ses interlocuteurs. Les poings serrés, cherchant vraisemblablement au fond de lui la force de laver cette honte qui était la sienne, il réussit finalement à lever les yeux pour rencontrer les prunelles brûlantes d'Adramus. Impossible de deviner ce qu'il pouvait penser en cet instant, et ce devait être de loin le plus déstabilisant. Mais en réalité, le vagabond n'était pas vraiment en train de juger le jeune garçon, ni même de le tester. Il le dévisageait, avec la concentration vaporeuse d'un voyageur épuisé. Les bras de nôtre héros valaient peut-être ceux des plus braves guerriers, mais son esprit n'avait d'éclairé que par la brillance de ses éclats combatifs, non par la luminescence de sa psyché qui, in fine, se révélait assez pauvre.

Ah, si Insomnis savait cela, il se poserait sûrement moins de questions. Mais la réalité fait qu'on ne peut percer la muraille protectrice qui protégeait l'esprit d'Adramus de tous les lecteurs indiscrets. De son côté, le gamin balbutiait des excuses qui, somme toutes, n'avaient pas de valeur autre qu'une politesse zélée qui chuchotait au guerrier le malaise qu'il avait installé dans le cœur de ce garçon. Une méprise qu'il essayerait de corriger au plus vite, regrettant de s'être montré -vraisemblablement- aussi glacial sans réellement le vouloir. Il esquissa un rictus approbateur et tapota l'épaule d'Insomnis.

- Ne t'en fais pas, petit, toutes les personnes que tu bouscules ne te le rendront pas avec des coups. Évite juste de le faire trop souvent... le monde est peuplé de gens bien dangereux.

Sur ce conseil avisé, Adramus imaginait que la conversation allait s'arrêter ici, et que chacun pourrait repartir sur sa route initiale, comme il le souhaiterait. Mais il y eut un élan, un élan généreux d'un voyageur à l'autre, du jeune à l'ancien, de l'enthousiaste vers l'épuisé. Insomnis avait un geste envers Adramus. Aussitôt bien plus intéressé par le jeune homme que dans les minutes précédentes, le guerrier prit la gourde avec un lent mouvement de tête en remerciement. Son sourire se fit plus large, plus chaleureux, mais tout autant teinté de ce stoïcisme qui refusait tout emportement affectif. Le voyageur mesurait ses gestes, les émotions qu'il transmettait. Tout était réglé comme une horloge minutieuse, pour ne jamais laisser complètement ouverte et désirée la porte menant à ses pensées véritables. Tournant la tête un instant pour boire quelques gorgées, Adramus lâcha finalement un soupir d'aise. Sans se rendre compte, la soif tiraillait sa gorge depuis un moment. Il rendit l'eau à son légitime propriétaire.

- Merci, mon garçon, ta générosité te mènera loin.

C'est alors que le nomade remarqua qu'Insomnis tremblait. C'était une scène tout à fait atypique qui se déroulait sur cette route de montagne. D'un côté un géant, le torse dénudé, qui restait impassible pourtant face au froid qui le mordait à tour de bras ; et de l'autre, un enfant craintif qui ne pouvait s'empêcher de plier face à ses propres inquiétudes. D'autant plus, qu'il trouva intelligent de justifier sa prise de risque -à savoir sortir de cette ville en plein hiver- devant le guerrier errant. « Lui, il va se faire manger avant même d'arriver en bas... C'est dommage. » Pensa Adramus avec toute la pitié du monde. Le jeune homme prit congé d'un signe de tête, et son interlocuteur lui répondit d'égale manière. Il ne voulait pas particulièrement le laisser seul prendre la route, mais c'était son choix et il semblait en assumer les conséquences. Chacun parti donc dans une direction opposée, alors que le vent soufflait une mélodie de flûte en s'engouffrant dans la vallée. Dans un dernier élan de solidarité, Adramus se retourna et fit raisonner sa voix puissante jusqu'au garçon.

- Eh, petit ! Lança-t-il, il eut un instant d'hésitation, cherchant la bonne formule. La Voie que tu suis est juste, mais elle sera courte. Ne penses-tu pas qu'il vaille mieux en changer, et retourner à Forëal, avant de mourir ? L'hiver finira bien un jour, ne risques pas ta peau bêtement !

Malgré le ton résolument inquiet de son discours, la voix d'Adramus n'avait pas changé, n'avait pas cillé face à ses sentiments. Il voulait simplement sauver ce petit homme, ne pas voir une vie gâchée dans un voyage suicidaire au milieu des montagnes. Espérons qu'Insomnis écoute ses conseils...
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Insomnis
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Sam 21 Jan - 13:49
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Profession : Mercenaire-Aventurier
Pérégrin 0
Le Grand Vagabond, d'une voix forte et affirmée, fit alors une proposition intéressante à Insomnis.

Adramus
Eh, petit !
Lança-t-il, il eut un instant d'hésitation, cherchant la bonne formule.
La Voie que tu suis est juste, mais elle sera courte. Ne penses-tu pas qu'il vaille mieux en changer, et retourner à Forëal, avant de mourir ? L'hiver finira bien un jour, ne risques pas ta peau bêtement !

Noctus fut ravi de cette proposition. Mais cela l'inquiéta davantage, revenant ainsi sur ses pensées de tout à l'heure. Cette fois-ci, il jugea inutile de se perdre à nouveau dans ses réflexions et de faire attendre le voyageur dans ce froid glacial. Il répondit immédiatement, d'un ton plus calme, plus détendu et déterminé, semblant convaincu de ce qu'il annonçait.

Noctus Insomnis Omnis
Votre proposition est intéressante, mais je n'ai d'autre choix que de la refuser. Ma ville m'a donné plus de responsabilités que prévu.

Il remonta quelques marches, lentement, pour se rapprocher du voyageur. Si cela permettait aux deux hommes de s'entendre plus facilement, il s'agissait surtout, aux yeux du jeune Omnis, d'une forme de respect. Il pensait que rester planté là, sans véritablement se retourner, laisserait paraître un petit être arrogant et pressé. Il n'en était rien. Bien que cet homme au torse nu et aux muscles saillants soit intimidant et impressionnant, Noctus semblait apprécier sa présence. Peut-être se sentait-il en sécurité, mais il ressentait surtout une forme de confiance, qu'il n'essayait même pas de cacher. Le fait est qu'il se rapprocha de son interlocuteur, et qu'il reprit la parole.

Noctus Insomnis Omnis
Il y a eu une attaque, il y a quelques jours, à l'Antre du Yamaany. Un mage, qui est devenu fou par la perte de sa fille, a kidnappé Stella Duna Libertis, qui n'est autre que la fille du Khorog de Forëal, et... mon amante, si je puis dire. Le Gharyn Domibileos et le Khorog Libertis savent que je n'ai aucune compétence. Mais ils comptent sur moi pour donner "un espoir" aux Foreälais.

Noctus tourna légèrement la tête, et fit signe au vagabond, comme pour lui montrer qu'il cherchait un mot, ou peut-être une phrase. Il voulait se rappeler de la sentence évoquée par le Gharyn avant son départ.

Noctus Insomnis Omnis
"Un jeune homme, amoureux mais inexpérimenté, prêt à partir à l'aventure pour sauver sa bien aimée. Si un individu tel que vous parvenait à accomplir sa quête, imaginez les répercussions positives que ce succès engendrerait sur nos concitoyens."
Voilà ce que m'a dit le Gharyn. Mot pour mot. Il s'agit d'un encouragement, mais aussi et surtout d'un avertissement. Si je reviens à Foreäl les mains vides, je ruinerai la réputation de ma famille, et serai probablement condamné à l'Exil. Et puis... Stella est en danger. Je ne peux me permettre d'attendre la fin de l'Hiver.

Il se retourna alors, semblant prêt à reprendre la route. En regardant la voie vers les Montagnes Bleues, il su davantage qu'il s'agissait probablement d'un chemin sans retour. Mais cela ne l'inquiétait pas. Insomnis était déterminé plus que jamais. Si la situation était toute autre, il aurait très bien pu gravir la plus haute montagne d'Irydaë, et ce par amour. Ainsi, il était conscient de son sacrifice, et de ses chances minces de survie, mais pour la première fois de son existence, Noctus Omnis s'était trouvé un but, un sens à sa vie.

Noctus Insomnis Omnis
Sachez que je ne néglige nullement vos conseils. Je les aurais accepté avec plaisir, si la situation était toute autre. Peut-être ma naïveté m'emportera dans les Montagnes Bleues, mais au moins mourrai-je le courage au cœur. Passez un bon séjour à Foreäl. Et si on vous parle de Noctus Omnis, dîtes-leur qu'il continue sa route sans reculer.

Insomnis fixa une dernière fois le vagabond, et laissa apparaître un visage surpris, car jamais il n'avait parlé autant avec un inconnu. Mais il fit un geste d'Adieu, et reprit les marches qui signeraient probablement sa descente aux Enfers. Peut-être que la Montagne de Muscles le convaincrait de retourner en ville d'une façon ou d'une autre. Peut-être laisserait-il le tout jeune aventurier partir chercher sa bien-aimée. Mais dans tous les cas, tous deux étaient conscients que cette quête ne se terminerait nullement avec une jolie fin.




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Adramus
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Dim 22 Jan - 23:25
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Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Malgré son jeune âge, on ne pouvait pas douter de la détermination de ce petit être venu des hauteurs. Pour un Khurmis, cela restait insolite. A peine un instant après qu'Adramus eut proposé au gamin de faire demi-tour, celui-ci se retourna, et refusa catégoriquement toute forme de de compromis. Il voulait, non, il devait quitter cette ville. Plus qu'un élan d'indépendance d'un pubère un peu téméraire, il peignait cette exil comme un devoir à rendre à toute sa communauté de Forëal. Ils envoyaient ce gosse à la mort par devoir ? Adramus était bien placé pour savoir que la résolution de mourir pour ses convictions était un choix personnel, qui ne devait pas être influencé par quiconque, auquel cas cette personne devait être appelée par nul autre nom que meurtrier. Adramus aurait deux mots à dire à ce Gharyn inconscient... Mais il devait tout d'abord sauver le destin de l'enfant.

L'intéressé s'approcha tout de même du vagabond, lui épargnant ainsi quelques efforts de concentration pour écouter ce qu'il lui racontait dix mètres plus loin. Une attention qu'il apprécia, bien qu'il ne chercha pas à le montrer. Il y avait bien plus important à débattre que des formules de politesse. Visiblement, d'après le discours d'Insomnis, son honneur était en jeu, et il représentait bien plus que sa propre existence. Qu'est-ce qu'il pouvait ressembler à Adramus, quelques années plus tôt... Lorsqu'il dût prendre la décision d'affronter une cité entière de guerriers effroyablement puissants, pour le seul motif d'un blasphème. Aujourd'hui encore, les dragonniers connaissaient son nom, à défaut de son visage, mais au moins une brève description de cet impétueux voyageur circulait parmi eux. A sa manière, Adramus s'était lui-même condamné à mort, tout comme ce jeune garçon. Un point commun qui ne manqua pas d'éveiller l'intérêt de notre guerrier. Il était désormais résolu à protéger Insomnis de l'avidité des puissants.

Mais comment ? Il prendrait sûrement très mal le fait que le voyageur l'accompagne dans sa mission. Ce serait tricher, lui voler sa destinée. Sûrement que lui-même se savait mort avant même d'accepter la mission que lui confiait son aîné. Par Dalai, Souleveuse de Typhons, mais comment faire pour ne pas le laisser descendre en enfer ? A mesure qu'Insomnis parlait, Adramus réfléchissait, et plus son soliloque progressait, plus la finalité se dessinait. Quoiqu'il pense, quoiqu'il tente pour sauver cet enfant, le maître d'armes devait voir la réalité en face : Sa vie était écrite, depuis sa naissance. Möchlog faisait un travail remarquable avec le destin des hommes, mais jamais il n'acceptait la moindre entorse à ses obscures scénarios. Il avait décidé, bien des années plus tôt, que Noctus Omnis mourrait en tentant de sauver son amante. Rien, personne ne pouvait empêcher cela. Rien, personne ne pouvait réécrire l'Histoire. Sans le vouloir, Adramus baissa les yeux. Il se sentait coupable de s'être cru, même pour un unique instant, plus puissant que les Architectes. Le vent lui claquait sur le visage, à la manière d'une femme qui vous gifle pour votre audace. C'était une leçon à retenir.

Le jeune homme semblait surpris. De quoi ? Qui pouvait savoir... Peut-être n'avait-il jamais dit à quiconque son ambition, ce qu'il souhaitait pour sa propre mort ? En cela, Adramus pouvait se sentir honoré. C'était une confession lourde, qui ne pouvait être délivrée à n'importe quel passant. Le guerrier connaissait son pouvoir d'intimidation sur les autres, mais jamais encore quelqu'un ne lui avait fait confiance si rapidement, sans qu'il n'eut à faire quoique ce soit en ce sens. Certes, il avait essayé de le protéger, mais qui ne ferait pas la même chose en voyant quelqu'un se précipiter vers sa fin, tout en bas, en ayant la tête tournée vers le ciel ? Mais c'était la bonne façon d'affronter la mort, en continuant de rêver. Comment Adramus avait-il pu oublier cela ? Alors que c'était sa motivation depuis le début de son épopée contre Dyen ? Conscient de sa pensée ridicule, le guerrier sourit. Il sourit à Noctus, alors que rien dans la conversation ne s'y prêtait. Deux condamnés à mort, l'un en face de l'autre, et il souriait. C'était peut-être cela, le véritable courage.

- Je n'y manquerais pas. Déclara-t-il. Ton combat est noble, mon frère. Ta bien-aimée t'attends sûrement quelque part, et je sais que tu sauras la délivrer des griffes de cette crapule.

Quelques marches seulement séparait Adramus et Noctus. Une distance que le guerrier prit soin de raccourcir, avant de poser une main ferme sur l'épaule du jeune homme. Son regard brunâtre plongea dans celui de son vis-à-vis, avec toute la puissance qu'il pouvait lui donner.

- Nous nous reverrons, j'en suis certain. Que ce soit dans le monde des vivants ou celui des morts. Acheva-t-il.

Il lâcha ensuite le garçon, et se retourna pour retourner en direction de Forëal. Un dernier regard en arrière, accompagné de son sourire si paternel.

- Adieu, Noctus Omnis, puisse la Voie te mener vers la victoire. Je ferais savoir à tous ces gens, là-haut, quel âme brave ils avaient depuis tout ce temps auprès d'eux. Puis il rajouta pour lui-même, dans un souffle. Et qu'ils ont envoyés au trépas...

Puis il gravit les derniers mètres le séparant de la lourde porte protégeant la cité montagnarde du reste de ce monde hostile. Il avait finalement décidé de laisser le jeune homme suivre sa propre route. Peut-être le regretterait-il plus tard, nul ne pouvait le prédire. Un garde solennel, droit comme la justice, emmitouflé dans une longue cape de fourrure, vint à sa rencontre. Ce devait être un travail pénible, mais on ne pouvait douter du sens du devoir de ce soldat. Sa voix était calme, ferme, nullement animée par l'hostilité ou la méfiance.

- Monsieur, j'ai ordre de vous réclamer votre nom, votre profession et le motif de votre visite à Forëal, monsieur.

L'homme avait beau avoir un regard inhérent à sa profession, il pouvait avoir toute la volonté du monde que jamais il n'aurait eu la force de soutenir celui d'Adramus, qui se posa sur son visage comme une montagne regarderait un nain. Le garde ne put empêcher ses yeux de fuir lâchement la bataille.

- Mon nom est Adramus Godmerek, répondit finalement le vagabond, je suis un voyageur qui vit de la bonté des hommes et des besoins qu'ils peuvent avoir. Je peux aussi vous apprendre à vous battre, si vous estimez en avoir besoin... Rajouta-t-il.

- Non, non, ça va aller... Répondit le garde, déstabilisé. Mais vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi vous êtes ici.

- Hmm... Je suis ici pour délivrer un message à la population de Forëal. Répondit Adramus, après une hésitation.

- Et... de quelle espèce ?

- Élégiaque.

- Ah... je vois. Entrez, monsieur Adramus, dirigez-vous vers la place principale pour capter l'attention du plus grand nombre. Annonça l'homme en armes.

Le guerrier fit un signe de tête approbateur. Il suivit le garde, qui ouvrit une petite grille de métal, imprimée dans la double porte d'acier au moins quatre fois plus haute. Adramus entra, en saluant une dernière fois le sentinelle.

C'était la première fois qu'il voyait Forëal de ses yeux, et il faut avouer que ceux-ci avaient de quoi être flattés par le décor somptueux qui s'étalait devant eux. Bâtiments, murs et pavés tapissant le sol, tout scintillait d'étincelles glacées qui s'étaient déposées ça et là sur le paysage des Montagnes Bleues. Une longue avenue, démarrant à la porte, s'enfonçait entre deux murs de maisons à plusieurs étages et aux toits pointus. On devait se sentir en sécurité, au milieu de tous ces géants de marbre. Mais Adramus n'était pas là pour contempler le joyau des Montagnes Bleues, il avait d'autres affaires en tête.

Au milieu des habitants, il se faisait grand, comme d'habitude. Mais pour une fois, cela ne l'incommodait pas. Plus d'un passant s'écarta sur son chemin, ce qui lui facilita grandement le voyage jusqu'à la place centrale de la cité, qui grouillait d'une activité électrique. Avec quelques gestes du bras bien orchestrés, le vagabond au torse exposé parvint enfin à se frayer une route vers une estrade où s'évertuait un pauvre commerçant qui essayait, tant bien que mal, de vous vendre sa fameuse solution de verveine et d'acacia censée guérir n'importe quel mal de dos en quelques minutes.

- Puis-je prendre la parole, camarade ? Lança Adramus tout en s'approchant à pas résolus de la plateforme.

Certainement un peu intimidé par l'allure de l'inconnu, l'homme fit un signe de tête aimable, et descendit en hâte sans demander son reste. Ce n'était pas plus mal, Adramus n'avait vraiment pas de temps à perdre. Il grimpa, d'une simple enjambée, les quelques dizaines de centimètres qui permettaient aux orateurs de pouvoir être vus de tous. Son imposante stature, et son étrange allure, suffirent à attirer l'attention de la plupart des gens, mais il se sentit quand même obligé de s'éclaircir bruyamment la voix pour être bien certain que chaque badaud de cette cité entende ce qu'il avait à dire.

- Mes frères, mes sœurs ! Débuta-t-il, les mains vers la foules. Lorsque j'étais en route pour Forëal, j'ai croisé la route d'un garçon, armé de l'épée de son père, qui se dirigeait tout droit vers le bas de la montagne en plein hiver. Vous êtes d'accord avec moi, c'est complètement suicidaire ! Sachez pourtant que ce n'est pas lui qui lui a ordonné cela...

Il eut une hésitation. Devait-il accuser le Gharyn de cette ville de ce qu'il avait fait ? Non. Ce n'était ni l'heure ni le moment de provoquer une émeute. Il règlerait ses comptes plus tard.

- C'était son destin ! Möchlog lui-même a écrit de sa plume le futur de cet enfant ! Il est parti de cette belle cité pour une seule raison : sauver la femme qu'il aime ! Je veux que tous, Forëalais, retenez bien son nom. C'est le guerrier le plus brave, le plus fort, le plus digne de respect de toute cette ville ! Il s'appelle Noctus Omnis ! Il se dirige vers la mort, en ce moment même, car c'est son devoir d'aller sauver Stella !

Il prit une inspiration, puisant toute sa force pour sa dernière déclaration.

- Je veux que tous, ici, vous vous souveniez de ce nom, et de ce qu'il est en train de faire !! Car si jamais il venait à trépasser, au moins un d'entre vous pourra écrire son épopée à travers Khurmag et le faire entrer dans l'Histoire ! Souvenez-vous, enfants de Forëal, que un de vos compatriotes a le destin des plus grands héros !!

Il descendit tout de suite de son estrade, ne souhaitant pas rester plus longtemps pour être assommé de questions. Il lâcha simplement, dans un murmure inaudible, à l'adresse du garçon : « Là, tu m'en dois une, mon frère... »
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Insomnis
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Lun 23 Jan - 14:09
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Profession : Mercenaire-Aventurier
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C'est en entendant les paroles du guerrier que Noctus ressentit une palpitation. La première approche avec cet inconnu démarrait pourtant de la plus mauvaise des façons. Un impact qui aurait été vu comme une provocation, si ce charismatique personnage n'était pas doté de bon sens. Mais il s'avère que le plus jeune s'est suffisamment montré inoffensif et généreux pour obtenir une forme de soutien. Insomnis continua donc son voyage, à peine commencé, sans se retourner, avec en tête les mots énoncés par le vagabond dont il ne connaissait toujours pas le nom.

"Ton combat est noble, mon frère.
Ta bien-aimée t'attends sûrement quelque part,
et je sais que tu sauras la délivrer des griffes de cette crapule."

Cette déclaration ne voulait s'échapper des pensées d'Omnis, sans doute car elle lui donnait assurance et espoir.

Insomnis marcha pendant des secondes qui semblaient des minutes, des minutes qui semblaient des heures, et des heures qui semblaient une éternité. Fort heureusement, le peu d'équipements qu'il portait sur lui lui permettait une marche vive et non encombrée. Mais le Froid régnait plus encore qu'au sommet foreälais, et les Montagnes bleues se montraient beaucoup moins sûres. Insomnis ne ralentissait pas, quoiqu'il pouvait arriver. Mais le crépuscule s'annonça. Le jeune homme regarda le ciel emprisonné par les pics de montagnes, et jugea plus utile de se reposer. Il regarda autour de lui, et vit une petite place enneigée qui semblait toutefois confortable. Il devait néanmoins faire attention, car les bords donnaient lieu à un vide effrayant, et pouvaient être vite oubliés dans l'obscurité. Noctus posa son épée et à sa gourde contre un rocher, et se mit à chercher du bois et des cailloux. Il trouva ainsi le nécessaire avant que l'Ombre ne prenne le pas sur Irydaë, et tenta, comme il pouvait, d'allumer son feu de camp. "Bon... ça ne doit pas être bien compliqué..." pensa-t-il. Il prit alors deux pierres, et les fit s'entrechoquer plusieurs fois près des petits bois. Après plusieurs tentatives, il semblait désespéré, en venant même à jurer et sortir des grossièretés totalement gratuites, lui qui est pourtant d'une attitude calme et réservée. Mais il parvint à allumer son feu, et laissa échapper un soupir de satisfaction. Il reprit son épée et sa gourde pour les poser près de lui, et s'assit confortablement près des flammes."Moi aussi, Mage Fou, je sais allumer un feu désormais." Dit-il à voix basse. Il contempla l'élément chaleureux. La couleur du feu lui rappelait les cheveux de Stella, ainsi que son humeur chatoyante.

En pensant à elle, il eut une musique en tête. Mélancolie, composée par Yaka Shimera, et interprétée lors d'un spectacle par l'artiste Pianeeteis un soir de l'an 929, à la grande place de Foreäl. C'est alors qu'en s'imaginant la mélodie dans sa tête, il se rappela à quel point il était resté figé par aux musiciens, ce soir là. Debout, droit, les mains dans les poches. N'importe quel Foreälais aurait pu remarquer les larmes qui s'échappaient doucement pour s'installer sur les joues de l'adolescent. Le jeune homme se laissa emporter par le morceau, puis se fit rattraper par une sublime rousse, souriante, installant sa main et sa tête sur l'épaule droite du jeune homme. Elle le regarda de ses yeux d'Ambre, et essuya les larmes de Noctus, qui petit à petit sortait de ses souvenirs. Mais dans le froid, et près du feu, ces gouttes de mélancolie étaient toujours là. Il se passa la main sur le front, puis dans les cheveux, et s'allongea en espérant réussir à trouver le sommeil.

Cauchemar I:
 

Noctus se réveilla en sursaut, frotta son front, puis s'énerva d'une impulsion particulière. D'un geste vif et inexplicable, il se mit à frapper de ses deux mains ce qui était autrefois son feu de camp, en lançant des injures de toute sorte comme "Crevure !" "Fils de pute !" "Sac à foutre !" en rythme avec ses coups. Puis il se calma lorsqu'il aperçut ses mains en sang et tremblantes. Il regarda le ciel. Le soleil était levé. Le jeune Omnis était essoufflé, et s'encouragea en se parlant à lui-même.

Noctus Insomnis Omnis
Ce n'est pas moi ça... Ce n'est pas moi... Il faut que je me ressaisisse. Sinon, ce n'est pas le froid qui me tuera.

Il se releva avec l'aide de Somnus, qui devint petit à petit ensanglantée, bu un peu d'eau provenant de sa gourde, et reprit son périple.

Au fil de sa marche, Insomnis remarquait un décor changeant. La température devenait de plus en plus acceptable, et des sapins faisaient leur apparition. Le jeune Omnis comprit qu'il avait fait le plus gros du chemin, et qu'avec un peu de chance, dans la journée, il rejoindrait les verdures de Khurmag. La nature était calme, et le son des végétations secouées par le vent léger apaisait la conscience de Noctus. Mais après quelques pas, il entendit un grognement qui l’interrompit dans sa marche, l'immobilisant d'inquiétude.

Noctus aperçut alors l'Ours, qui se déplaçait calmement sur la voie. Il ne semblait pas avoir repéré le jeune humain. Il n'y avait qu'un seul chemin, entouré par des hauteurs montagneuses et des sapins enneigés. Noctus aurait très bien pu essayer d'escalader et de tenter une traversée discrète, s'il ne s'était pas blessé aux mains comme un jeune puéril. Il pensait alors n'avoir qu'une seule chose à faire : tuer la bête. Mais lorsqu'il prit son épée, il comprit qu'il était incapable de se battre. La douleur de ses doigts, et la tremblote de ses mains, l'empêcherait de manier la lame correctement. Il oublia très vite cette idée. Il souffla un bon coup, comme s'il devait affronter la mort, et prit un petit bâton de bois avant de se cacher derrière un tronc. Il lança son objet n'importe où, mais aucun effet. Le jeune Omnis n'avait peut-être pas pensé que la neige atténuerait grandement le bruit de l'impact... Dans l'absence de sons, Insomnis réfléchit à une stratégie. Il savait très bien que l'Ours se montrerait offensif, et qu'il devait éviter au maximum le contact. D'autant que l'animal pourrait se repérer aux pas imprimés dans le sol enneigé, ou aux gouttes de sang tâchant la pureté du sol. Noctus ne connaissait rien aux animaux, et ne pouvait prévoir si l'animal avait des sens très développés. Cette fois, il prit un petit cailloux, et le jeta sur le tronc opposé. Sans véritable effet. L'ours se retourna quelques instants, avant de reprendre sa route. Noctus ne chercha pas d'autre plan : Il devait avancer doucement, et courir s'il était repéré. Ainsi, il avança prudemment, en suivant l'ours du regard, en prenant soin de faire le moins de bruits possible. C'est après quelques longues minutes, et quelques frayeurs, qu'Insomnis s'éloigna suffisamment de l'Ours pour reprendre sa marche tranquillement.

Le trajet l'épuisa fortement, et sa gourde était vide. Mais avant la tombée de la nuit, il parvint à terminer la descente des montagnes bleues. Il arriva dans une véritable forêt, et aperçut une petite cabane de bois, située non loin de la Voie. Noctus n'avait plus la force de continuer, et se reposer à l'intérieur ne lui ferait pas de mal. Il frappa alors à la porte, et un homme lui ouvrit.

Noctus Insomnis Omnis
Bonsoir. Excusez-moi... Loin de moi l'envie de vous déranger..

Albramar
Pourtant, tu ne t'en prives pas. Qu'est-ce que tu veux ?

Noctus Insomnis Omnis
Euh... je...Hm...

Albramar
Oui, tu ? Dis-moi, il est à qui ce sang sur tes mains ?

Noctus Insomnis Omnis
C'est le mien.

Albramar
Ah oui ? Et pourquoi tu te serais ensanglanté les mains avec ton propre sang ?

Noctus Insomnis Omnis
J'ai... frappé dans mon feu de camp.

Albramar
Hein ?
Il se mit à rire aux éclats.
Je ne sais pas d'où tu sors, petit, mais ce qui est sûr, c'est que t'as des problèmes.

Noctus Insomnis Omnis
Oui, j'imagine...

Albramar
Bon, écoute petit. Si t'as l'intention de me demander à dormir chez moi dans la nuit, il n'y a pas de problème. Je ne compte même plus le nombre de voyageurs qui étaient dans le même cas que toi. Je veux juste que tu essuies tes mains, et que tu m'aides à chasser demain. C'est d'accord ?

Noctus Insomnis Omnis
Euh... oui ?

Albramar
Parfait. Allez, entre. Et au cas où tu te poses la question, oui, j'ai assez d'eau pour que tu puisses remplir ta gourde.

Noctus Insomnis Omnis
Vous me proposez de dormir ici sans même réclamer un Irys ?

Albramar
Dans un endroit comme celui-ci, ce n'est pas l'argent qui te permet de vivre. C'est ta capacité à survivre.

Noctus Insomnis Omnis
Et bien... merci.

Albramar
C'est quoi ton nom, petit ?

Noctus Insomnis Omnis
Vous... vous pouvez m'appeler Insomnis.

Albramar
Enchanté, tu peux m'appeler Albramar. Ma cabane est petite, mais a suffisamment de place pour nous deux. Ça, là, c'est mon lit, donc t'y touches pas. Je te laisse le sofa pour te reposer.

Ainsi, pour la soirée, Noctus apprit à connaître un nouvel inconnu, nommé Albramar. Un survivaliste solitaire, qui vit dans la cabane qu'il a construit lui-même, et se nourrissant des bêtes qu'il chasse tous les jours. Heureusement pour lui, il put profiter de la gentillesse de cet homme pour se reposer cette nuit. Mais sera-t-il aussi chanceux pour la suite de son voyage ?

HRP:
 




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