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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Une journaliste à la mer

Eylohr Lothar
Eylohr Lothar
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Une journaliste à la mer EmptyLun 11 Mar - 14:38
Irys : 235477
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • Les embruns fouettaient le visage d’Eylohr. Quelques gouttelettes allaient et venaient autour de lui alors que le vaisseau pirate fendait les eaux avec une facilité déconcertante. Parfois, quelques-unes venaient humidifier le visage du colosse qui se trouvait à la proue du navire. Il aimait particulièrement voir la mer et les océans, la brume hivernale qui s’élevait des eaux et qui baignait les environs de volutes aux allures de fantômes. Cette brume avait l’avantage d’offrir aux corsaires de quoi se cacher très rapidement. Une couverture lugubre dans laquelle ils pouvaient disparaître, ou, au contraire, jaillir avec toute la violence et la crainte qu’un tel spectacle peut offrir. Lorsqu’un navire jaillit d’une étoffe nuageuse sans crier gare, sans prévenir, avant de vous attaquer de toute part, ce bâtiment semble alors plus infernal qu’humain, et la légende l’entourant ne peut que s’amplifier.

    Correctement emmitouflé, Eylohr s’était perdu depuis quelques temps déjà devant ce nébuleux spectacle. Il faut dire qu’on n’y voyait pas à quelques dizaines de mètres à la ronde. Heureusement qu’ils étaient loin des côtes. Enfin, loin pas réellement, mais suffisamment pour ne pas rencontrer de navire adverse aisément. Cela déplaisait à l’équipage, car, si l’attaque du précédent village avait été couronnée de succès, aucun des corsaires n’eut le temps d’en dépenser l’héritage. La plupart du temps, au bout de quelques attaques, les corsaires retournent à Zochlom, dans le quartier général de la Flamme Noire, afin de s’empiffrer et de boire jusqu’à plus soif. Mais là, ils continuaient à sillonner les mers sans attaquer. Eylohr attendait une opportunité. Laquelle ? il n’en savait pas grand-chose à vrai dire, mais ni les quartiers maîtres ni le capitaine de navire n’osaient aller à l’encontre de son avis et de ses plans. Il faut dire que les derniers à avoir essayés servaient encore de diner aux sombres créatures des eaux d’Irydaë.

    Alors que tous les corsaires étaient afférés à leurs corvées, leurs occupations ou leurs temps de gardes, lui restait oisif. L’avantage de la réputation, ou récompense pour le coup en or réalisé dans ce village, toujours est-il qu’il était relativement tranquille depuis. D’ailleurs, il avait toutes les raisons de l’être. Il avait enlevé une journaliste qui, contre toute attente, était sensible à ses idéaux et à ses arguments. D’un statut de captive sans liberté de mouvement, elle devint captive surveillée. Quelle différence ? Eh bien celle-ci : elle pouvait aller où elle voulait et faire ce qui lui plaisait. Du moment que le colosse n’y trouvait rien à redire, et croyez-moi, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire…

    Toujours est-il qu’il fallait trouver quoi faire, avant que l’équipage ne se lasse de suivre quelqu’un qui n’est ni capitaine de navire ni même second, et donc, qui ne peut pas leur fournir autant que ces deux derniers personnages cités. S’il était capitaine, il pourrait aller et venir à sa guise, tout le monde suivrait du moment que la solde était payée. Mais là… Heureusement que le pillage du village fut couronné de succès, sous peine de quoi, le colosse aurait été obligé de se trouver un autre navire. Pas que cette perspective l’effraie, depuis qu’il avait servit sous les ordres de Pedro De Sousa, le colosse avait déjà changé maintes et maintes fois de navires. Mais ce petit jeu l’agaçait.

    Bref, pour le moment, il avait la demoiselle à disposition. Non pas qu’il veuille lui faire subir quoi que ce soit. Mais il allait devoir réfléchir à son sort, à comment en faire cet atout tant espéré, comment s’assurer qu’elle tiendrait parole… Tant de questions qui ne trouveraient pas encore de réponses, tant qu’il n’aurait pas terminé son intense réflexion.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Diane Stëelk
Diane Stëelk
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Une journaliste à la mer EmptyMar 12 Mar - 16:33
Irys : 149972
Profession : Journaliste
Daënar +1
Installée à califourchon sur la deuxième vergue, le dos contre l’épais bois du grand mât, Diane surplombait tout le pont et son activité. L’observation ne la lassait pas. En temps général, cette position dangereusement en hauteur lui faisait bénéficier d’une vue unique sur l’océan autour. Que de l’eau, un bleu profond, troublé à peine par le sillage du navire. Mais depuis que la météo s’était dégradée, l’endroit possédait une aura parfaitement mystique et fascinante. Le brouillard était tel qu’on n’y voyait pas à vingt mètres. Impossible de savoir si l’on n’allait pas percuter un récif à chaque seconde, mais personne ne paraissait s’en inquiéter outre mesure. Les pirates savaient parfaitement leur position, avaient appris à développer bien d’autres sens pour se repérer que la seule vue primitive. Mais pour Diane qui foulait les planches humides depuis quelques jours à peine, cette sensation d’abandon aux caprices d’une nature inquisitrice lui donnait toujours des frissons. De son poste de guet, elle s’abandonnait aux sensations intenses du froid et à la contemplation de sa solitude. Entourée de brume uniquement, et semblait flotter dans un univers parallèle où rien n’existait si elle ne le voyait pas.

Les derniers jours avaient été pour la jeune femme d’une extraordinaire richesse expérimentale. Elle avait eu la liberté de se déplacer où bon lui semblait tant qu’elle n’empêchait pas le fonctionnement de l’équipage. Dans cet univers majoritairement masculin, nombreuses avaient été les bousculades, les interpellations cavalières et les échanges acides, mais à chaque fois l’ombre de l’Ours planant comme le meilleur dissuasif offrait à Diane une échappatoire certaine. Aucun des corsaires en rut n’avait posé la main sur elle, et s’ils avaient osé, la journaliste n’aurait pas hésité à la leur couper. De ce fait elle profitait du meilleur de cette vie d’errance, offrant son assistance aux tâches les moins qualifiées en cuisine ou sur le pont. Toujours attentive à la frontière du tolérable érigée par son tuteur, elle avait appris à une vitesse folle les rudiments du bon marin : elle excellait déjà à nouer en tous sens les cordes épaisses, nettoyer les canons, aiguiser les sabres. Elle avait découvert avec surprise que certains membres de l’équipage étaient absolument joviaux, et acceptaient sa présence comme une agréable  alternative à la routine. Elle avait bu avec eux, mangé avec eux, leur avait prouvé qu’en effet elle touchait une petite cible à 20 mètres au poignard. Si la majorité des pirates l’évitaient et ne manquaient pas de cracher à ses pieds quand ils la voyaient, quelques-uns s’étaient très bien accommodés de sa présence. A tel point que la jeune femme oubliait parfois que dans ce monde impitoyable, on n’était jamais sûr de revoir un jour la terre ferme.

Diane songeait à ces derniers jours les yeux perdus dans l’iode, et se demandait combien de temps encore elle passerait sur ce mat branlant, dans cette cale humide. L’Ours semblait pressé de la voir accomplir sa tâche, mais ne ferait courir aucun risque à son équipage en la larguant trop tôt. Alors elle attendait simplement la fin du voyage en s’emplissant le plus possible de l’océan, de cette vie étrange et instable si lointaine de son quotidien de journaliste. Elle écrivait beaucoup sur les événements qui traversaient ses journées, analysait les membres de l’équipage, décrivait, dessinait, divaguait. Elle savait déjà ce que sa rédaction lui demanderait en rentrant : un récit complet et romancé de ce monde de la piraterie, des chroniques pleines de frissons et de détails croustillants. Diane n’y voyait pas d’inconvénient, car ce n’était pas vraiment différent de ce que l’on pouvait imaginer d’une vie de corsaire. Elle tairait bien sûr sa liberté sur le bateau, et inventerait peut-être un autre prisonnier qui lui aurait tout raconté et qu’elle utiliserait comme prétexte au récit. Mais en réalité, ce qui fera la qualité de ses articles, ce sera leur authenticité. Elle se délectait déjà du moment où elle écrirait tout cela, voyant en gros sur la première page : « Chroniques d’une otage de corsaire, première partie, par Diane Steëlk. »

Et puis il y avait ce message pour les insurgés. Ce coup-là, elle devrait le jouer finement. Car si elle voulait garder d’un côté le crédit de son récit tragique de massacre et d’enlèvements, elle devrait forcer de l’autre les papiers anarchistes à ne pas révéler son nom quand ils publieraient le manifeste. Deux histoires, deux milieux médiatiques, et pour elle un dédoublement de personnalité, un style différent qu’on ne pourrait rapprocher du sien. Elle allait devoir s’arranger avec ses publicateurs pour qu’ils croient son histoire, qu’ils se sentent privilégiés qu’elle la partage avec eux, et qu’ils se rangent aux côtés de son besoin d’anonymat. Tout un programme. Diane en frissonnait de plaisir. Pourquoi avait-elle le sentiment que cet événement venait de complètement bouleverser sa vie et ses options ? Tous les chemins qu’elle imaginait et ceux qu’elle désirait venaient de subir des déviations intenses ou des raccourcis alléchants. Elle laissa glisser son dos le long du mat, jusqu’à finir allongée dans un équilibre précaire, le nez plongé dans le ciel blanc. On la forçait à enfiler une corde de secours quand elle crapahutait dans les haubans, aussi ne craignait-elle pas de se briser le cou au cas où son équilibre lui faisait faux pas. Mais elle faisait confiance à son agilité plus qu’à cette risible sécurité qui lui broierait les côtes en cas de chute, et n’avait jamais imaginé un seul instant que cela pourrait lui arriver. La faute à l’air marin ou peut-être à la liberté temporaire, qui lui insufflaient une assurance déstabilisante dont elle savourait l’improbable délicatesse à chaque instant qui s’égrenait.


Diane fouine en #ff9933
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George "Chafouin" Deckter
George
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Une journaliste à la mer EmptySam 16 Mar - 0:38
Irys : 436702
Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
Cette brume blanche le relaxait vraiment, d'habitude Chafouin trouvait toujours quelque chose à faire avant une bataille, mais là, adossé au mat du navire, perdu dans cette immensité blanche, il en oubliait presque la raison première de sa présence ici. Ce brouillard fantomatique avait quelque chose de fascinant, à tout instant ils pouvaient percuter un autre navire en quelques secondes alors que celui ci se trouvait à quelques centaines de mètres. Pourtant cette pensée ne traversait même pas l'esprit de Chafouin, c'était peux être dû à la présence de tous les militaires qui l'entouraient.

Quelques jours plus tôt une femme était venu le voir dans un bouge de Cerka, ayant entendu parlé de ses récentes activités bénéfiques à la communauté, cette idée l'avait fait sourire, c'était assez rigolo finalement de jouer les héros et il allait continuer d'incarner ce rôle visiblement. La femme nommée Hansi lui avait informé que récemment, une attaque était survenu dans un petit village côtier nommé Duncork. Une attaque de pirates d'une violence inouïe avait secoué cet endroit, ils étaient arrivés aussi vite qu'ils étaient partis et emportant avec eux de nombreux esclaves, dont Diane Stëelk, une journaliste à en devenir dont elle tenait comme la prunelle de ses yeux. Hansi lui avait promis une forte récompense s'il pouvait la retrouver en vie. Ce à quoi il avait répondu.

« Trop risqué ».

Puis elle avait joué cartes sur table en annonçant la somme proposée, ce à quoi il avait répondu :

« Très bien, je commence par où ? »

C'était ainsi qu'il s'était retrouvé sur ce navire de guerre, des volontaires s'étaient rassemblés pour lancer immédiatement une traque contre ces pirates, d'après les témoignages des rares survivants, le carnage avait été sans précédent et personne dans les rangs de la marine ne voulait laisser cette attaque impunie, de trop nombreuses personnes avaient disparus ce jour-là.

Chafouin n'avait eut qu'à trouver le capitaine de cette expédition à lui graisser la patte pour embarquer, il n'avait pas craché sur une paire de bras en plus à vrai dire, surtout que Chafouin était déjà armé et bien équipé et qu'il avait déjà fait valoir son statut de vétéran de la marine. Cependant, il avait quelque peu passé le début de la traque dans son coin, ne parlant que rarement et n'aidant peu aux taches du navire. Il avait un peu réfléchi à la manière de récupérer sa cible, il ne doutait pas des capacités des militaires de la marine, mais dans ce genre de combat, c'était parfois plus du cinquante cinquante qu'autre chose, surtout que s'ils devaient sauver les esclaves retenus, ils allaient devoir limiter les tirs de canon et forcer l'abordage, cela ne jouerait pas en leur faveur. Chafouin lui, devrait réussir à se frayer un chemin jusqu'au cales du navire pour y trouver cette Diane Stëelk, s'il arrivait déjà à cela il serait bien content, ensuite de quoi, il ne savait pas trop encore, la situation pouvait évoluer tellement vite de ces cas-là, il n'y aurait sans doute qu'un scénario possible dans ce cas. Tuer, tuer et encore tuer pour être sûr de survivre à l'affrontement et ramener sa protégée en vie.

Il se leva et s'avança vers le bastingage, il pouvait à peine voir à 20 mètres, ils comprenait comment ces types se repéraient, mais comment pouvaient être si sûr qu'il poursuivait bien leur cible, personne ne semblait avoir douté une seule seconde qu'ils ne pourraient se perdre. Un mouvement attira son regard, un jeune homme aux cheveux blonds et au regard bleu vif était venu s'adosser au bastingage, lui jetant des regards autant qu'à lui qu'à la brume, l'air pensif.  

-C'est toi l'auxiliaire ? Les gars ont dit que t'étais un vétéran de la marine et que t'avais tuer des tonnes de pirates ?

-Tes gars ont raison, à une époque, du moins, on verra bien si j'ai pas perdue la main. Il laissa un petit moment de flottement entre eux deux. Dis-moi vous semblez tous si sûr qu'on va trouver ces salopards dans le brouillard, comment ça se fait ?

-Oh ça, tu vois la vigie en haut, on l’appelle la chouette, il a, comme un sixième sens on va dire, c'est plus lui qui guide le navire que le capitaine lui-même. J'mapelle Nicolaï au fait !

Il lui tendis une main que Chafouin serra de bon cœur. Il remarqua aussi qu'il tremblait légèrement.

-Chafouin, juste Chafouin, je te sens tremblant. Tendu ?

-Excité plutôt, j'avais, des amis en permission à Duncork. Je veux faire payer ces salopards pour ce qu'ils ont fait, je suis pas le seul, beaucoup de ceux que tu vois ici sont des volontaires, ils avaient eux aussi des proches dans ce village.

Maintenant qu'il le disait, Chafouin remarqua en effet que l'ambiance sur le pont était particulièrement tendue, les plaisanteries qui fusaient d'habitude avant ce genre d'affrontement s'étaient tues, tout le monde se préparaient à faire de son mieux pour sauver leurs proches ou si l'impensable était déjà survenu, à les venger. Chafouin, lui, était assez loin de ces préoccupations, tout ce qui l'intéressait c'était une seule personne. Un autre militaire vint atterrir à côté d'eux.

-Les gars, la chouette dit qu'on va bientôt quitter la brume et que le navire est tout prêt, préparer vous à vous battre.


-Ok. Nicolaï regarda Chafouin. T'aurais un conseil à me donner juste avant ?

-Les grappins, Fit Chafouin en désignant ses poignets. Si jamais t'es dans le mal, oublis pas que ça peut aussi servir d'arme.

Le jeune homme hocha la tête et regarda son compère, ce dernier commençait à charger le canon.

-Oh Hendrick, tu nous fais quoi là ? On avait dit qu'on utiliseraient pas les canons.

-Ordre du capitaine, il veut qu'on ne prenne pas de risques et qu'on le coule directement. Répondit-il d'une voix chevrotante.

Chafouin sentis ses poils se hisser, c'était quoi cette blague ? Il avait une jeune fille à récupérer lui, comment allait-il se présenter s'il ne ramenait que des bouts de Diane à Mme Hansi ?

-C'est quoi cette connerie ? Vous deviez pas sauver les otages au lieu de les faire sauter ?

-Ça c'est depuis que le capitaine a croisé la route de ce colonel, ce con lui a mis encore des idées en tête.


Chafouin frissonna, il connaissait très bien un homme agissant selon cette méthode.

-Heh votre colonel là, comment il s’appelle ?

Mais ils n'eurent pas le temps de lui répondre qu'ils sortaient déjà de la brume, Chafouin leva le regard et repéra de suite le navire de la flamme noire, à peine 500 mètres devant eux. Le pont s'anima de suite, tout le monde s'arma et alla aux canons, à reculons, il fallait bien l'avouer. Le capitaine ayant bien repéré cela alla dans les rangs pour rappeler aux hommes de respecter ses ordres. Le jeune Nicolaï fulminait, Chafouin lui-même n'était pas très jouasse. Les deux navires se rapprochaient dangereusement et le capitaine allait bientôt donner l'ordre de tirer.

-Tirez pas, ne tirez pas ! Hurla Nicolaï. Ce sont vos proches dans ce navire, l'avez-vous oublié ?! Prenez les fusils !

Le capitaine voulu se déplacer mais il était trop tard, les hommes se saisirent de fusils et de carabines, abandonnant les canons et la discipline, Chafouin jura en se saisissant d'une carabine, un tel engouement à défendre ses valeurs était certes louable, mais il n'aurait tout de même pas craché non plus sur quelques bordées pour les aider à prendre l'avantage, même si cela mettait les otages en danger. Car clairement ce combat promettait d'être compliqué. Il se prépara à aborder le navire alors que les coques se rapprochaient de plus en plus.


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

Naissance: 13 mai 896


Dernière édition par George "Chafouin" Deckter le Sam 30 Mar - 15:02, édité 1 fois
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Eylohr Lothar
Eylohr Lothar
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Une journaliste à la mer EmptyJeu 21 Mar - 10:16
Irys : 235477
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • Du coin de l’œil, Eylohr voyait la journaliste profiter de cette journée embrumée et froide, adossée contre un des mâts du navire, l’esprit serein et le visage illuminé par ce qui semble être un sourire en coin. Cela arracha un léger rictus des lèvres du colosse, qui trouvait cette situation tout à fait rocambolesque. C’était bien la première fois qu’il voyait une de ses captives être heureuse et aller et venir librement sur un navire de corsaire sans foi et sans cœurs. D’aucun sait que, d’habitude, être prisonnier, et surtout prisonnière, d’un navire pirate était un véritable enfer. Combien de corps furent repêchés sur les côtes de tous les continents, sans que l’on ne sache ni pourquoi, ni comment ils étaient arrivés là, ni qui étaient ces pauvres hommes et femmes ? Beaucoup.

    Enfin, ce décor lugubre trouvait une fin. Devant lui, puis rapidement un peu partout autour de lui, le colosse voyait poindre au travers de la brume de fins et chauds rayons lumineux. L’hiver avait au moins cet avantage de rendre au moindre rayon de soleil une aura de chaleur, de bonheur et de simplicité. Les batteries se rechargent, les corps se dégourdissent, et la peau se réchauffe par ces rayons tandis qu’autour le froid continue de régner. Et lorsque le navire sortit enfin de toute cette brume, c’est une mer calme, un ciel bleu et un paysage féérique qui se découvre alors.

    Eylohr était habitué à de tels paysages, et cela ne lui évoquait presque plus grand-chose, sinon qu’il se dit à lui-même qu’un tel terrain à découvert serait parfait en cas d’abordage. La ligne d’horizon est dégagée, la mer est calme, ajuster la mire et tirer aux canons provoquerait d’énormes dégâts dans les rangs adverses et cela serait réellement plaisant. Dommage qu’ils ne soient pas là pour combattre, mais plutôt pour se tenir loin des côtes de Daënastre. Profitant d’être enfin sorti de cette brume handicapante, et des rayons solaires retrouvés, Eylohr s’étira de tout son long, levant haut les bras et étirant son dos qui craquait à l’envie, avant de reprendre une position neutre. Les mains dans les poches, il regardait toujours loin devant, mais le soleil avait aussi cette façon de vous empêcher d’ouvrir les yeux lorsque vous étiez en face… Logique hein. Alors il tourna le dos à cet astre chaud et incandescent, regardant d’abord à tribord jusqu’à l’horizon calme et dépourvu de navire. Puis il regarda le pont du navire, la journaliste prélassée au soleil, les marins à pied d’œuvre et les pièces de bordée qui reflétaient les rayons comme autant d’étoiles. Puis, il tourna le visage, vers bâbord. Au niveau il ne vit rien du tout. Il hésita même à profiter de l’absence de la donzelle dans les cales pour profiter de ses quartiers et dormir quelques heures. Jusqu’à-ce qu’une voix, provenant du nid de pie, se fit entendre et résonna partout autour des corsaires.

    - Navire à bâbord ! Navire à bâbord !

    A bâbord ? Qu’est-ce qu’il raconte ce con ! Eylohr y était à bâbord et il n’y voyait rien ! Il faut dire qu’il regardait trop loin, et qu’il oubliait que depuis là-haut, au nid de pie, la vue était bien meilleure. Un navire était bel et bien présent et il sortait tout juste de cette masse brumeuse à son tour. A première vue, ce n’était pas un navire militaire, ni un autre navire pirate et encore moins un navire de plaisance. Un vent vint transir l’équipage qui, alors que ledit navire commençait à avancer droit sur eux, se demandait s’il ne s’agissait pas là d’un navire traqueur, envoyé spécialement pour traquer et détruire les navires pirates. En tout cas, ils s’approchait trop, et le capitaine, qui possédait un dispositif permettant de voir loin et avec une certaine précision… Oui, des jumelles oui… Distinguait une troupe, des canons, des fusils et une myriade de mouvements. Et l’ordre fut donné :

    - Aux armes ! Préparez les pièces de bâbord ! Première salve sur ordre !

    Certes, ce n’était pas une organisation militaire, et les pièces d’artillerie n’étaient pas les mêmes que celles présentes sur les navires de l’UNE, qui pouvaient tirer des projectiles surpuissants, bourrés d’explosifs, capable de détruire un navire en quelques tirs seulement… Oh, les canons des corsaires feraient tout de même des dégâts, l’avantage c’est qu’ils chopaient les armes et les munitions des navires qu’ils détruisaient ou pillaient. C’est plus de dépouiller les gens quand on les a tués !

    Eylohr, lui, s’était également préparé. Abandonnant son grand manteau de fourrure pour prendre une pièce d’armure de cuir renforcée, il se dota de ses deux revolvers et de son fusil ainsi que d’une lame portée à la ceinture. Il était derrière une pièce d’artillerie, prêt à activer le système de mise à feu afin d’envoyer un projectile directement sur ledit navire qui s’approchait décidemment bien vite. Ils se rapprochaient tant et si bien que bientôt, dans quelques minutes tout au plus, ils pourraient se retrouver bord à bord, ou harponnés par ledit navire. Aussi fallait-il tirer. La mire était ajustée, elle visait tout simplement le navire adversaire et le projectile pourrait sans doute causer bien des dégâts. Les pirates disposaient, en tout, de 24 pièces d’artillerie, 12 par bordée. Aussi, ce serait 12 projectiles qui viendraient s’abattre contre le navire assaillant. L’ordre se fit attendre, mais enfin, il tomba :

    - Feu !

    Que ce navire aille rejoindre les créatures de l’océan ! Eylohr actionna le dispositif de mise à feu, et la formidable détonation, qui se perdait dans le brouhaha de toutes les autres, envoya son projectile mortel en direction des assaillants.
    [/color]


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Diane Stëelk
Diane Stëelk
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Une journaliste à la mer EmptySam 6 Avr - 13:31
Irys : 149972
Profession : Journaliste
Daënar +1
La brume commençait doucement à se dissiper, laissant un petit rayon de soleil se faufiler jusqu’au visage de Diane qui l’accueillit en souriant, les yeux clos. Le navire filait sans bruit, la mer était d’huile, et rien ne laissait présager que quelques instant plus tard, la voix du nid de pie retentirait pour alerter l’équipage de l’arrivée d’un autre bateau dans leur ligne de mire. La journaliste ne se doutait pas un instant qu’on enverrait un mercenaire pour la récupérer. D’autant moins qu’elle ne se sentait absolument pas en danger. De ce fait, quand le guet cria son avertissement, elle croyait en l’arrivée d’un navire marchand, et son cœur accéléra quand elle imagina qu’il lui faudrait peut-être participer à un combat qui ne la concernait pas. Elle n’avait pas spécialement envie d’assassiner des pères, des maris, des frères pour une poignée de pièces qu’elle n’entendrait même pas tinter dans sa bourse.

Précipitamment, elle descendit du mat en se laissant glisser le long d’une corde et cherche immédiatement Eylohr pour recevoir ses consignes. Si une chose avait bien été intégrée par la jeune femme durant son séjour sur le bâtiment, c’était l’obéissance aux ordres. Un chef, des directives, l’équipage pour les suivre et tout se passerait bien. Elle ne tarda pas à l’apercevoir en train d’ordonner l’armement des canons, et entreprit de le rejoindre, mais l’agitation sur le navire était telle qu’elle n’arrivait pas à se frayer un chemin dans la frénésie. Dépitée et bousculée de toutes parts, elle prit par la force des choses la corde qu’on lui tendait. Accrocher correctement le canon au bastingage avant l’impact ? Oui elle pouvait le faire. Sans réfléchir plus longtemps, elle entra dans la danse bien huilée de l’équipage effervescent. Quand l’autre bateau arriverait en vue, elle se retirerait pour ne pas se compromettre, mais pour l’instant elle était sur le pont et refusait d’être un poids mort.

La première salve fut lancée, puis une deuxième, et Diane ne comprenait pas pourquoi l’autre bateau ne répondait pas à l’attaque. Elle pouvait pourtant voir d’ici qu’il était lui aussi armé, et lourdement. D’ailleurs, il devenait de plus en plus clair que ce n’était pas un navire marchand, il y avait trop d’hommes, et des soldats en prime. Aurait-on envoyé un bateau pour secourir les otages ? On ne faisait pourtant jamais cela. Elle le savait bien, elle qui écrivait régulièrement des brèves pour ce genre d’événements : elle devait faire comprendre au lecteur qu’il n’y avait presque aucune chance qu’ils revoient leurs proches s’ils avaient été victimes d’une offensive pirate. Ou alors, qu’il faudrait les racheter au marché noir ; eux ou ce qu’il en restait.

Enchaînant mécaniquement le mouvement éreintant de l’armement des canons, elle se forçait à tenir le rythme d’enfer des matelots, mais l’autre bateau arrivait bien vite. Quand elle fut certaine que sa présence sur le pont passait encore inaperçue mais limite, elle passa le relais à quelqu’un d’autre et retrouva enfin Eylohr qui s’armait pour la bataille. Dans le métal de ses pièces d’armure, le pirate colossal était encore plus impressionnant. Elle se campa devant lui et lui exposa son point de vue.

« Eh l’Ours, je crois bien que c’est des soldats qui viennent nous récupérer. Je vais retourner en cellule, ou au moins dans la cale. Je ne peux pas me battre à vos côtés, même si ça me démange. Je suis encore du côté des honnêtes gens, si on me voit tuer de l’uniforme c’est en prison que j’écrirai ton manifeste. »

Sur ces mots, elle posa son poing contre celui du corsaire et se retira au pas de course vers les bas étages du navire. En passant, elle s’excusa auprès des canonniers qui rechargeaient les batteries de poudre, et alla déposer ses armes dans la cabine d’Eylohr, pour ne pas qu’on se doute qu’elle les avait tout du long. Puis, presque désarmée mais encore équipée de ses prothèses en pleine forme, elle alla s’installer sur un tonneau de la cale, attendant patiemment que quelque chose vienne à elle, ou que l’attaque se termine, ou que tout le monde meure et qu’elle dérive jusqu’aux confins du monde.


Diane fouine en #ff9933
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George "Chafouin" Deckter
George
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Une journaliste à la mer EmptyDim 7 Avr - 22:18
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Daënar -2
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L'envie de faire cracher le canon dalai le démangeait plus que tout, il le savait, la plupart du temps on équipait les navires militaires et de traques avec des obus bourrés de poudre ou à tête perforante, le genre de projectiles qui traversaient les coques de part en part ou faisait exploser les stocks de poudre en un rien de temps. Si seulement le plan consistait en autre chose que justement éviter que les obus traversent de part en part coque, pirate et malheureusement, otages, les projectiles auraient déjà filé, profitant de la meilleure portée des canons daënars en plus. Dans ce genre d'affrontement, à moins que les pirates adverses soient des as de la manœuvre et visent juste, l'avantage était quasiment toujours du côté militaire.


Et cet avantage mis de côté jouait fortement sur le moral avant même le début des tirs de canon, Chafouin pouvait le voir dans les visages, ce moment de tension intense fut bien plus dévastateur qu'une centaine de tir de canon. Beaucoup tremblaient en levant régulièrement la tête pour voir la coque adverse de plus en plus proche, un homme se mit à faire une prière inaudible envers tout ce qui pouvait faire lieu d'architecte pour un Daënar. D'autres hommes, plus motivés tachait de rassurer leur camarades avec des phrases d'encouragement. « Une fois sur leur bord, ils se pisseront dessus, croyez moi ! » « Si je survis à cette salve, je vais tellement enculer le premier de ces fils de chien que les autres abandonneront tout de suite ! » Et d'autres phrases bien senties censées désamorcer la tension. Mais le pire pour Chafouin, c'était le capitaine du vaisseau, voyant que ses hommes ne tireraient pas au canon, il se tenait juste prêt, ou plutôt il avait dégainer son revolver et ne faisait rien à part observer l'adversaire, c'était encore pire que de ne prendre aucunes décisions, même une mauvaise. Son oisiveté risquait de se transmettre aux soldats et le moment venu, les hommes n'auraient peux être pas le courage de prendre des décisions.


La première salve retentit alors, les boulets filèrent, transperçant l'air et heurtant la coque ou à défaut, les mats et les hommes, il cligna des yeux l'espace d'un instant et sa prise se resserra sur son fusil mais l'assourdissement ne semblait pas être passé trop près de lui, seulement en rouvrant les yeux, il vit un bras détaché du corps de son propriétaire, créant une mare de sang. Il leva les yeux pour en voir la source, le capitaine hurlait en voyant son membre arraché alors que deux hommes d'équipage l'emmenaient, surtout pour ne pas montrer cette situation catastrophique au reste de l'équipage. Mais le mal était déjà fait, certains avaient les yeux dans le vide maintenant. Chafouin tourna la tête et vit un Nicolaï complètement sonnée, les yeux posés sur un corps coupés en deux, son voisin avait eu beaucoup moins de chance que lui, son corps était intact, mais son esprit, c'était une autre histoire, c'était clairement la première fois qu'il voyait quelqu'un mourir et de manière brutale en plus. Le pire dans cette histoire, c'était qu'à part le capitaine gravement blessé et le corps du marin démembré, l'équipage et le navire n'avait pas subi de dégâts significatifs, pourtant.


Plus dévastateur, qu'une centaine de tir de canon.


-Nicolaï, Oh ! Regarde moi, regarde moi dans les yeux putain ! Fit-il alors qu'il agrippait le jeune homme par les épaules. Les militaires étaient capables de tenir, ils étaient capables de gagner, si on les persuadait qu'ils en avaient la force de le faire sans leur capitaine.


-Faut que vous vous ressaisissiez, t'es un meneur, tu nous l'as montré, si tu guides les hommes, ils ne failliront pas, moi je vais aller libérer les otages, ce sont vos proches tu te souviens ? Alors vire moi cette gueule de merdeux et montre moi ton vrai visage de guerrier ! Fait en sorte qu'ils se battent jusqu'au bout, je me charge de délivrer les prisonniers.


Le jeune eut comme un électrochoc alors que la terreur disparaissait d'un coup de son visage. Profitant de la courte accalmie entre le prochain tri de canon, il leva bien haut son fusil et hurla tout poumons un cri de guerre, puis mis en joue la coque ennemie. Les hommes, voyant un meneur apparaître pour remplacer le capitaine, le suivirent dans son cri et son geste. Se préparant à tirer une salve dès qu'ils seraient à portée et cela se passerait dans à peine une minute, ils tireraient sans doute en même temps que la deuxième salve des canons ennemis.


-À mon commandement ! Hurla bien fort Nicolaï.


Chafouin, sur cet ordre mis aussi en joue le navire ennemi, il commença à apercevoir les marins s'agitant aux canons, ils finissaient de les charger, Chafouin lui avait encore besoin de plusieurs mètres pour être sûr d'effectuer un tir mortel contre un canonnier et il ne voulait pas briser l'autorité naissante de Nicolaï en tirant avant son ordre.


Le garçon était peu être peu assuré, mais intelligent, il ne donnerait l'ordre qu'au dernier moment pour être sûr que la salve provoquerait un maximum de dégâts dans les rangs adverses. Mais Chafouin se rendit compte que la batterie juste en face de lui était aligné pile poil avec sa tronche, mais il ne rompait pas la formation. Nicolaï attendait encore quelques secondes, Chafouin lui jeta un coup d’œil puis revint sur le canonnier, ce dernier abaissa le bras pour tirer.


-Et merde !


Le boulet de canon fondit, traversant tout ce qu'il rencontrait, ne s’arrêtant pas du tout, au sol, une carabine jeta par terre, mais pas de trace de Chafouin, ce dernier avait tiré au grappin pour monter sur le mat de misaine de son navire juste avant l'impact, manquant de peu de se transformé en tas de viande. Les coups de fusils retentirent et l'abordage se lança pour de bon. Il souffla de soulagement avant de fixer du regard le grand-mat ennemi, il était largement temps d'en découdre.


La vigie sur la plate-forme du grand-mat ne dut sans doute pas s'attendre à voir un grappin se planter dans le mat, il ne s'attendit pas non plus à Chafouin débarquant une seconde plus tard et lui plantant son couteau dans le crâne. Le mercenaire décrocha grappin et couteau de leurs accroches respectives et laissa choir la vigie qui entama une chute vertigineuse. Puis il se tourna vers la deuxième vigie de la plate-forme du mat de misaine, ce dernier ne l'avait pas remarqué, trop occuper à tâcher de canarder ce qui se trouvait en bas, tant mieux. Chafouin tira une nouvelle fois au grappin portatif pour lui planter dans la jambe, le pirate hurla de douleur alors que Chafouin décrivait un quart de tour autour du mat pour coincer la corde métallique de son grappin. Il se campa solidement sur ses appuis et bloqua la corde contre le mat, puis enclencha le retour grappin. La force du mécanisme s'inversa alors que l'adversaire de Chafouin était mis à terre par le grappin qui le tirait au sol, il tomba rapidement de la plate-forme et Chafouin décrocha la pointe plantée dans la chair d'un coup de poignet avant d'être emporté à son tour dans le vide.


Satisfait de ces deux morts particulièrement brutales, il se pencha au rebord de la plate-forme, bon il s'était bien amusé mais il ne fallait pas oublier le but premier de sa manœuvre, prendre de la hauteur pour inspecter plus facilement le pont ennemi. Il repéra rapidement l'entrée de la cale, personne devant, mais c'était un véritable chaos tout autour, impossible de dire qui avait l'avantage pour l'instant, mais ça allait peux être tourné sous peu. Il tira un grappin vers le mat de misaine et s'élança dans le vide en visant l'entrée de la cale, à sa grande satisfaction, il vit qu'un des pirates remontait le chemin de la cale. Il ralentit alors avec le retour grappin pour utiliser la poussé qu'il lui restait de sa chute pour atterrir avec fracas sur le marin, le renvoyant dans la cale d'un bruit sourd et faisant atterrir Chafouin au même endroit que son adversaire.


L'obscurité était bien plus importante dans la cale, les geôles n'étaient pas très loin, il se servit des gémissements du pirate dont il devait bien avoir cassé quelques côtes dans sa chute pour guider un tir de son revolver, le bruit cessa d'un coup. Se relevant et pointant son arme dans toutes les directions il ne releva pas de menace directe. Il entreprit donc de se diriger vers les geôles où se trouvait sûrement sa cible. Quand il arriva devant les prisonniers, ces derniers ne savaient pas vraiment s'il avait affaire à un militaire ou à un autre pirate. Chafouin les désigna de son revolver.


-Oy les morts en sursis, on m'a envoyé sauver une fille, Diane Stëelk, qu'elle se grouille de se montrer et je vous offrirais une chance à tous de vous battre pour vos vies plutôt que de crever dans un bordel au fin fond d'Alidor.


-C'est toi qui va finir au fin fond d'un bordel, fumier !


Chafouin se baissa par réflexe pour éviter le coup de sabre qui fendit l'air à quelques centimètres derrière lui, il voulait donner un coup de pied mais le pirate frappa si fort qu'il lâcha son revolver et recula. Il n'eut pas non plus le temps d'utiliser ses grappins que le monstre de rapidité était déjà sur lui. S'ensuivit un concours de force dans une lutte rapprochée où Chafouin n'avait clairement pas l'avantage. Il se retrouva vite plaqué contre les barreaux d'une cellule en train d'agripper les poignets de son adversaire, il sentit bien vite qu'il perdrait ce duel de force alors qu'il se débattait en grinçant des dents.


C'est alors qu'il aperçut une silhouette derrière le pirate, s'était-elle caché depuis le début ou venait-elle de s’échapper d'une cellule ? Parce qu'il reconnaissait la description de Diane Steëlk que lui avait fourni Mme Hansi, sa main métallique lui donnait la confirmation. Bien, le destin se montrait clément pour une fois, il ne manquait plus qu'à espérer qu'elle aurait les couilles de tuer le pirate avec qui il était aux prises.


-Diane ! Il espérait que l'évocation du nom de la jeune fille lui donnerait l'électrochoc nécessaire pour réagir. Tue cet enfoiré, sers-toi du revolver par terre !


Le pirate lui donna un coup de boule en profitant pour agripper ses poignets au passage, il rigolait à grosse voix ayant bien repéré les grappins pouvant servir d'arme de mort aux poignets de son adversaire, il lui donnait des coups de genoux à répétitions jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les supporter, Chafouin était solide mais il avait largement ses limites, bordel mais qu'attendait Diane pour agir, n'était-elle pas de son côté ?


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Eylohr Lothar
Eylohr Lothar
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Une journaliste à la mer EmptyMer 10 Avr - 13:50
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Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • La bataille ne tarderait pas à arriver, mais curieusement, Eylohr l’accueillait avec une pointe d’angoisse. C’est qu’il avait maintenant un objectif secondaire – bien que devenu primaire dorénavant – en laissant la jeune journaliste répandre ses mots, ses impressions sur le continent entier, afin de rallier à la cause du colosse un nombre toujours plus grand de boucaniers, de rebelles, d’anarchistes, de tueurs et de corsaires. C’était sans doute le plus beau coup de sa courte carrière de pirate : kidnapper une journaliste, laisser courir le mot, et la laisser revenir d’entre les morts pour pouvoir répandre la bonne parole contre l’UNE et toute cette bande d’hypocrite et de tyrans. Aussi, la venue de cette bataille n’était pas du goût du colosse, qui n’en était encore qu’à se demander quand, comment et où il allait pouvoir relâcher la journaliste.

    Mais quelque chose l’intrigua. Le navire fonçait droit sur celui des pirates, sans préparation d’artilleries. Pourtant ils étaient dotés de matériel, et pas des moindres ! Ils auraient largement dépassé les capacités des corsaires et nul doute que les pertes de la Flamme Noire auraient été élevées. Et pourtant, ils n’usèrent que de fusils, et encore, une fois suffisamment proche pour faire mouche. Les pirates tirèrent trois salves distinctes, causant de gros dégâts sur le navire adverse et dans les rangs des futurs assaillants. L’hypothèse de la journaliste était la bonne : ils venaient pour la récupérer. Bien. Très bien. Une expédition réussie pour récupérer les otages seraient bon pour l’image de l’UNE, qui prouverait qu’elle n’abandonne aucun de ses ressortissants – tant que leurs disparitions fait du foin, pas sûr que quiconque soit venu pour récupérer des paysans.

    Alors, Eylohr savait qu’il lui fallait faire preuve de patience et de retenue. Oh, il se battrait. Il aimait ça, il avait toujours aimé ça, et aujourd’hui comme depuis plusieurs mois déjà, il prenait plus de plaisir à se battre et à tuer qu’à manger et à boire. La folie d’une bête sanguinaire, que des scientifiques acharnés et des médecins sadiques avaient réussie à renforcer.

    Il ne vit rien du manège de Chafouin, ni des chutes rocambolesques des vigies et des pirates en hauteur. Il ne devina rien de son jeu, et ne se doutait absolument pas qu’il se trouvait dans les cales très vite après le rapprochement des deux navires, pratiquement bord à bord. Il était trop occupé pour cela.

    Lorsque le navire assaillant fut bord à bord avec celui des pirates, Eylohr abandonna son canon pour se concentrer sur le combat à bord. Il ne comptait pas tuer tout le monde, il avait besoin de témoins pour répandre son nom et sa réputation. Il trouva néanmoins utile de tirer les deux projectiles de son fusil à canon scier sur un petit groupe de deux individus, qui s’emmêlaient les pinceaux entre les cordages de leurs navires et ceux du navire pirate. Inutile de dire qu’ils se transformèrent rapidement en charpie.

    Un homme à l’allure de soldat fit irruption sur le pont. Il asséna un grand coup d’épée en direction du colosse qui eut juste le temps de pivoter sur son pied d’appui pour l’esquiver. Dégainant sa grande et imposante hache à double lame, il offrit à son adversaire un regard de braise et cri de flamme. Puis il le chargea, donnant d’abord un coup de garde pour déstabiliser le jeune homme, avant de lancer sa hache dans un mouvement circulaire d’une grande ampleur, qui aurait pu le couper en deux. Mais le jeune homme était agile. Il fit un petit bord en arrière, rentra son ventre et le porta sur l’arrière, la lame passant finalement à quelques millimètres de sa peau laissée intacte. Un tel coup déporta le centre de gravité du colosse qui devait maintenant lutter quelque peu pour ramener son arme vers lui, et préparer un autre coup. Le jeune en profita pour reprendre son équilibre et ses points d’appuis, et tenta un coup d’estoc, que le colosse évita en ramenant le manche de sa hache. Il tenta une manœuvre qui allait enfin s’avérer payante : il tenta un coup d’estoc à son tour. Le côté contondant de sa hache frappa dans le ventre du jeune soldat, qui se courba sur le coup. Placé précisément sous la cage thoracique, le pauvre avait l’impression que son estomac et tout son contenu allaient ressortir par sa bouche pour s’écraser au sol. Décidant de ne pas lui laisser une autre chance, le colosse prit sa hache par le bout du manche pour garantir une plus grande allonge, et trancha dans le vif. Le jeune homme eut la jambe gauche coupée en deux au-dessus du genou avant de choir misérablement. Fier, et conscient de l’avantage alors que son adversaire abandonna arme et agressivité pour se concentrer sur son membre coupé, le colosse se pencha au-dessus de lui. Il enfonça son regard océan dans celui larmoyant du jeune homme blessé, et de sa voix rauque, il s’adressa à lui :

    – T’diras à tout l’monde là-bas, qu’celui qu’ta fait ça, et qu’à prit les otages, c’l’Ours du Nord. J’t’laisse la vie pour tout raconter ! Et ta intérêt d’le faire, sinon, j’te r’trouv’rais, et je te pendrais avec tes propr’ tripes !

    Et il abandonna le jeune homme ensanglanté et sanglotant, pour reporter son attention sur une autre partie du combat. Il cherchait un chef, un officier, un sous-officier, une forte tête, bref, quiconque pourrait catalyser le combat en sa présence, et le faire mourir avec lui.



Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Diane Stëelk
Diane Stëelk
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Une journaliste à la mer EmptyDim 28 Avr - 21:33
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Daënar +1
Le fracas du combat sur le pont était à peine atténué par l’épaisseur du boise le séparant de la cale. Diane s’était dissimulée dans un coin éloigné et sombre, pour que personne ne la cherchant pas ne puisse tomber sur elle. Elle aurait réellement voulu combattre, mais sentait bien que le niveau de violence la dépassait. Et puis le dilemme de sa position demeurait : elle ne pouvait pas se battre aux côtés des pirates, ne voulait pas se battre contre eux. Son seul rôle dans l’histoire : rester en vie. Accroupie contre son tonneau, elle réfléchissait à toute vitesse : que pouvait-elle faire pour limiter les dégâts ? Pour épargner un maximum d’hommes des deux camps ? La réponse lui vint aussi vite que dégringolait un pirate des escaliers dont elle avait une vue privilégié. Elle devait se rendre – et par la même occasion, libérer les prisonniers, puisque si son hypothèse était juste, l’équipage adverse venait pour eux. Mais si on gardait les cellules ? Elle connaissait le geôlier, un vieux loup de mer particulièrement costaud, taciturne mais dont la jovialité ressortait sous l’effet de l’alcool. Elle n’avait pour lui pas de sentiment particulier, mais ne souhaitait pas avoir à le trahir – ou simplement à le combattre. Elle tenait à la vie et à son honneur, merci beaucoup.

Son regard était fixé sur le combat qui était mené à l’entrée de la cale, et qui s’acheva bien vite par le coup de feu d’un des soldats du navire adverse. Elle plissa les yeux, et remarqua qu’il ne portait pas l’uniforme, contrairement aux autres. Pourtant, il était sans aucun doute un combattant aguerri. Elle le vit se débarrasser du pirate et tracer sans hésiter sa route vers le fond de la cale où elle se trouvait. Elle put voir son visage à la lueur d’une lampe à huile, et frémit devant tant de dureté, de détermination. Il était maculé de sang. Passant devant sa cachette sans la voir, il prit la direction des geôles, et Diane comprit alors que c’était lui qui devait les sortir de cette galère. Le préposé à la libération. Un combattant à part, détaché de l’armée, tellement fiable qu’on l’envoyait seul dans cette mission périlleuse ? Un mercenaire, alors ? La jeune femme ne comprenait pas que la ville ou l’Etat ait pu payer un mercenaire pour les libérer, ils ne faisaient jamais ça, cela leur reviendrait bien trop cher à force. Et on ne voudrait tout de même pas s’endetter pour sauver quelques vies de ci, de là. Les règles étaient claires pour tout le monde : les prisonniers d’un bateau pirate étaient considérés comme perdus ou vendus.

Diane prit quelques secondes à se décider : elle savait pourtant qu’il lui faudrait bien quitter ce bateau un jour ou l’autre. Et l’occasion lui était offerte sur un plateau. Elle inspira un grand coup, attrapa le revolver laissé sur le corps du pirate mort au bas des escaliers, vérifia qu’on ne l’avait pas vue et rejoignit le fond de la cale au pas de course, aussi silencieusement que possible. Quand elle rejoignit les cellules, elle eut à peine le temps d’entendre qu’en effet elle était la cible des recherches du mercenaire, que celui-ci se fit charger par le geôlier. Diane observa le combat débuter, espérant ne pas avoir à intervenir, mais la situation fut très rapidement en défaveur du mercenaire qui se fit plaquer contre les cellules emplies de prisonniers pétrifiés. Il allait se faire écraser si elle n’intervenait pas rapidement, aussi sortit-elle de son encadrement de porte et s’approcha-t-elle lentement pour ne pas attirer l’attention du pirate qui lui tournait le dos. Mais l’homme, son prétendu sauveur en bien mauvaise posture, la vit, la reconnut, et l’interpella par son prénom. Génial, voilà bien une chose dont elle n’avait pas besoin. Elle n’attendit pas que le geôlier puisse réagir, se retourner ou faire comprendre à quiconque qu’il la considérait comme une alliée ou pas. Elle attrapa le pistolet du pirate mort glissé dans le dos de sa ceinture, visa le crâne chauve du géant et après avoir détourné le visage pour éviter les projections, elle tira, à bout portant.

Le mercenaire n’étant pas un imbécile, il avait baissé la tête pour ne pas se prendra la balle qui avait aisément traversé les parois crâniennes et la cervelle du pirate. Un regard inquiet confirma à la jeune femme qu’aucun prisonnier n’avait rien reçu non plus, si ce n’était des éclaboussures de sang et des petits résidus d’organe, qui parsemaient par ailleurs tout le corps et le visage du mercenaire qu’elle venait de sauver. Son air était dur et impassible, bien qu’elle ait été parcourue de quelques violents tremblements sitôt que le coup avait été tiré. La journaliste se reprit bien vite, l’adrénaline ne lui laissant pas le temps de s’effondrer. Elle poussa ce qui restait du geôlier sur le côté, refusant de regarder son visage ou de contempler le trou béant dans son crâne une seule seconde de plus, puis elle attrapa le mercenaire par le bras et l’entraîna violemment hors de portée des oreilles des prisonniers. Sans lui laisser le temps de réagir, elle lui tendit le revolver souillé et essuya sa main tireuse contre ses propres vêtements déjà tâchés de sang.

« Mercenaire, hein ? Ne dis plus mon nom à voix haute. Et si on te demande, c’est toi qui l’as tué. Par surprise, en arrivant. »

Elle désigna du menton le corps du geôlier sous lequel s’élargissait déjà une flaque de sang noir. Son regard glacé ne permettait pas la discussion, du moins pas immédiatement. Elle n’avait pas envie le moins du monde qu’on l’associe au meurtre d’un membre de l’équipage qu’elle avait fréquenté et connu, qui l’avait accueillie avec plus ou moins d’enthousiasme, voire qu’elle rejoindrait peut-être dans un futur plus ou moins lointain. Cette idée l’obsédait, même si la possibilité de sa réalisation était plus qu’infime. Elle voulait sauvegarder au maximum ses options. Le principal maintenant était de se tirer d’ici, vivants. Merde, si seulement ils avaient fait comme d’habitude et les avaient abandonnés à leur sort… Son regard se déporta sur les cellules agitées, les prisonniers hurlant qu’on les libère.

« Ils sont nombreux. L’équipage préférera les tuer jusqu’au dernier plutôt que d’en laisser s’échapper avec l’histoire de la défaite d’un navire pirate. Mais on peut toujours essayer. »

Attrapant le revolver gisant au sol et le glissant dans sa ceinture, elle alla récupérer les clés sur le corps du geôlier en retenant sa respiration, et se posta devant les cellules, jetant un œil au mercenaire. Elle avait une idée très claire de ce qu’elle voulait dire aux prisonniers mais ne savait pas si leur sauveteur attitré supporterait qu’on lui vole l’initiative. Les cris des civils se faisaient de plus en plus violents, et Diane craignait que cela attirât l’attention d’autres pirates. Elle se campa devant eux et les toisa, consciente que prendre une douce voix maternelle aurait autant d’effet qu’une brise sur une montagne.

« VOS GUEULES ! Vous voulez crever là ou quoi ? »

Ils ignoraient qui elle était, à part son nom et le fait qu’elle venait de tirer une balle dans le crâne de leur tortionnaire depuis plusieurs jours, alors leur réflexe fut d’obéir. Leurs hurlements se muèrent en gémissements. Satisfaite, Diane se retourna vers le mercenaire, attendant qu’il s’exprime enfin sur leur situation et qu’il donne des ordres. Elle ne voulait pas s’impliquer plus que ça dans leur potentielle libération, qui s’annonçait déjà plus que difficile – presque impossible, pour tout dire. Mais l’homme irradiait une force qui forçait au respect, et même, à la confiance en ses capacités de survie. Le suivre, disaient les grappins qui lui servaient d’armes, c’était augmenter ses chances de quitter le navire pirate entier. Du moins, tant qu’on ne le plaquait pas contre une cellule en lui ôtant toute possibilité de se battre.



Diane fouine en #ff9933
Sa présentation par ici !
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George "Chafouin" Deckter
George
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Une journaliste à la mer EmptyJeu 2 Mai - 13:48
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Daënar -2
Au moment où son adversaire allait prendre l'avantage pour de bon, Chafouin jura en voyant ce que la jeune journaliste s’apprêtait à faire. Il eut juste le temps de détourner la tête avant qu'une vive chaleur ne lui chatouille le crâne alors que la balle emportait chair, sang et fluide organique peu ragoutants à des endroits plus ou moins aléatoire de la pièce. Mais en grande partie sur son visage et ses habits, pour son plus grand malheur, comme s'il n'était pas assez crade comme ça tiens. L'homme mort s'effondra et Chafouin s'essuya vite le visage. Quitte à être couvert de fluide interne, il aurait largement préféré que ce soit autre chose que du sang et que ça vienne d'une dame. Mais la situation n'était pas vraiment aux blagues grivoises, même si elle faillit bien lui échapper des lèvres avant que la jeune journaliste ne l'attire à l'écart des cellules.

Il ne comprit pas bien ce qu'elle lui disait, qui était elle en fait  ? On aurait dit qu'elle agissait comme si elle connaissait déjà l'équipage. Cela le troubla légèrement, mais il préféra récupérer son revolver en lui lançant un regard déterminé. Des questions s'agitaient dans son esprit, cependant la complainte des prisonniers vint leur rappeler une chose, eux aussi attendait une aide bienvenue. Chafouin n'avait pas envie de les sauver, ou plutôt, il savait que s'il faisait l'effort, il y avait peu de chances qu'ils s'en sortent en un seul morceau. Son objectif était Diane, le reste important peu, mais les militaires rompraient le combat rapidement s'ils voyaient les prisonniers arriver à bord. De là, s'ils se dégageaient, ils auraient une chance de pilonner le navire adverse avec des obus.

Alors que la journaliste engueulait les prisonniers avec une voix de dure à cuire qui arracha un sourire à Chafouin, ça lui rappelait les intonations de la rue. Lui pour le coup finissait de remettre des balles dans le barillet du revolver. La jeune le regarda comme si elle attendait un ordre. Pour ça il n'y avait pas trente-six mille solutions malheureusement. Quant à elle-même, il ne savait pas sur quel point danser, il fallait la surveiller. Il regarda Diane, puis les prisonniers.

-On va pas avoir le choix, on va les faire sortir, même si certains n'auront pas le temps de rejoindre mon navire, on pourra profiter de l'effet de surprise pour...

-Qu'est ce qui se passe ici ? C'est quoi ce bordel Dia...

Le pirate qui venait d'arriver n'eut pas le temps de finir sa phrase que Chafouin s'était retourné pour lui tirer dans le torse avec son lance grappins, il s'effondra en poussant un gargouillement. Il remarqua le bâton de dynamite encore accroché à sa ceinture et une idée tordue lui vint en tête. Mais il jeta aussi un regard noir envers Diane, le pirate s'était clairement adressé à elle et sa surprise était bien dirigée à son encontre. Pour l'instant, Chafouin n'avait guère confiance en la jeune fille, surtout si elle se mettait à changer de camp comme de chaussettes, mais les questions viendraient plus tard, il fallait agir en urgence.

-Toi et moi, on va avoir une petite discussion quand ce sera fini, contente-toi de me coller au cul pour l'instant. Vous ! Écartez vous des grilles.

Il tira à plusieurs reprises sur les serrures des différentes cellules, quand les gonds eurent sautés, les otages se pressèrent à leur sortie en poussant des soulagements et en posant de nombreuses questions inquiètes à leur sauveur. Mais il n'avait pas envie d'y répondre, à la place, il s'agenouilla sur le cadavre du gars à la dynamite et dégaina son couteau. Il y eut quelques coups rapides de couteau, une allumette craqua et la dynamite fut allumée et il la mit dans un endroit bien particulier. Quand il se releva, ce fut avec la tête décapité du pirate, la dynamite coincé dans la bouche. Il s'était encore plus asperger de sang et devait de plus en plus ressembler à un psychopathe. C'est sans doute pour ça que les prisonniers eurent des mouvements de recul et poussèrent des murmures angoissés.

-Quoi ? C'est qu'un pirate, vous allez pas le plaindre ? Je vais monter, une fois la haut, comptez cinq secondes, puis foncer vers le navire daënar, sans vous arrêter, c'est votre seule chance de survie vous comprenez ? Je peux rien faire de plus. Puis il se tourna vers Diane. Suis moi.

Il monta les marches avec de grandes enjambés alors que la mèche de la dynamite se raccourcissait de plus en plus, arrivé en haut, le combat continuait, même si les rangs étaient bien plus clairsemés. Et les corps nombreux sur le pont, Chafouin repéra le chemin le plus court pour regagner l'autre navire, mais un danger de taille se trouvait entre lui et son échappatoire.

-Putain, Chien fou.


Il sembla capter l'attention du colosse qui se tournait vers lui. L'espace d'un instant, il fut paralysé, il espérait n'avoir jamais plus avoir affaire avec ce géant psychopathe suite à leur petite « escapade » de décembre. Surtout après qu'il l'ait traité de taré, mais quelqu'un d'autre aurait pu trouver la situation cocasse, c'était bien Chafouin qui se présentait devant Chien fou, maculé de sang et avec la tête décapité d'un pauvre diable à la main. Exactement le genre d'image qu'il se faisait en pensant au géant du nord. En pensant à la tête justement, Chafouin se rappela qu'il avait une bombe artisanale grotesque pouvant lui sauter à la main à tout moment et qu'il comptait s'en servir pour se frayer un passage. Il lançant la tête au pied du colosse.

-Je crois que ton pote veut te dire quelque chose, regarde !

La mèche de la dynamite était suffisamment raccourcie quand elle arriva au pied du colosse, pouvait sauter dans quelques secondes, juste assez pour lui permettre d'effectuer une action pouvant sauver sa vie. Mais aussi juste assez longtemps pour donner une échappatoire à Chafouin, il lança à l'attention de Diane :

-Accroche-toi à moi, réfléchis pas !


Puis sans attendre la confirmation que les prisonniers suivaient le mouvement, il tira de ses deux grappins dynamiques sur les mats du navire daënar et activa le retour grappin. Il s'élança à toute vitesse alors qu'il souhaitait quitter le pont, et surtout la présence du colosse le plus vite possible.


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Eylohr Lothar
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Une journaliste à la mer EmptyMer 8 Mai - 12:17
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Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • Le colosse recherchait une cible suffisamment intéressante et importante pour qu’il puisse prendre le dessus sur ce combat. Il en trouva un, enfin, il le pensait. Un homme semblait être un officier sur le pont du navire assaillant. Tandis que tout le monde était en première ligne, lui restait en retrait, stoïque, regardant le combat comme un général regarde une offensive en s’autocongratulant. Mais il était trop loin pour qu’il puisse l’atteindre. Alors qu’il avançait, sa cuisse heurta un canon toujours en place et prêt à être utilisé. De toute sa force, le colosse tenta de viser l’homme ciblé afin de faire feu. Souvent, viser les arrières d’une force militaire était un moyen de suspendre le combat. Les premières lignes, c’était normal, mais l’arrière, cela voulait dire que rien ni personne n’était intouchable, et souvent, cela provoquait un coup au moral. Seulement voilà, le colosse avait presque oublié qu’il n’était pas seul dans cette bataille. Un coup de lame vint arracher de ses doigts sa gigantesque hache d’arme sans qu’il ne pu faire quoi que ce soit pour empêcher cela. Le type retourna son attention en direction du colosse, et non plus seulement de sa hache.

    Il chargea le géant du Nord qui, désarmé, n’avait plus d’autre choix que d’esquiver les coups d’épées. Un coup à droite, il se déporta à gauche. Un coup d’estoc, et il pivote sur son pied d’appui. Mais ce coup d’estoc était un moyen d’inverser le cour des choses, et le colosse allait bien saisir cette opportunité. Alors qu’il esquiva la lame, en pivotant franchement sur le côté, il plaça sa gigantesque pogne sur celle de l’épéiste et le tira vers lui pour lui asséner un coup de tête vengeur. Le tenant toujours de sa main, il empêcha sa future victime de tomber en arrière sous la violence du coup, et le rapprocha de lui. Il fit pivoter le bras de l’épéiste, de sorte à ce qu’il abandonne sa lame, après quoi, il lui asséna un violent coup de poing dans le ventre, qui plia l’adversaire en deux.

    Mais un coup d’œil sur le côté fit naître une idée dans l’esprit du colosse. C’était une lance, ou plutôt, une pique d’abordage, sobre mais solide. Le colosse l’empoigna, ferma fermement ses mains sur le manche de bois et d’acier, et fit quelques pas en arrière pour prendre de l’élan. Et enfin, il fit un pas, puis deux, puis trois en avant, accélérant la cadence jusqu’à entamer une petite foulée qui se termina par l’embrochement pur et simple de la pauvre victime. Le futur cadavre regardait le colosse en l’implorant, et le colosse, lui, lui rendait un regard froid et hargneux, tandis qu’une grimace de folie lui déformait le visage. Le colosse enfonça la lance le plus loin possible, jusqu’à-ce que lui et sa cible ne soient plus qu’à une quarantaine de centimètre de distance. Alors, il se fit plus solide encore sur ses appuis, et il entreprit de soulever l’embrocher. Le colosse le souleva de toutes ses forces. Les pieds du pauvret décolèrent du sol tandis qu’il se retrouvait de plus en plus haut dans les airs, dépassant le colosse, se trouvant même au-dessus de lui alors que du sang s’échappait de sa plaie et de sa bouche, de son nez et ruisselant le long de la lance. Cette scène était horrible à voir. Au-dessus de la mêlée, au-dessus de tous, le pauvre assaillant n’en finissait plus de gémir, mettant ses mains sur la pique comme pour s’en extraire alors que ses forces l’abandonnaient. Le combat cessa.

    Il cessa, car l’atrocité en cour était bien trop grande pour le commun des mortels. Même les corsaires reportèrent leurs attentions en direction de cette scène, abandonnant alors le combat. Ils ressentaient un mélange d’appréhension et de crainte autant que de l’admiration pour le colosse qui réussissait l’exploit de soulever un homme au moyen d’une lance. Mieux valait-il être de son côté que contre lui. Et pour parachever cette œuvre, le colosse enfonça la lance dans le mat central du navire, le plus épais et le plus résistant, afin de laisser là cet homme en souffrance, ultime messager pour les assaillants. Il redressa la lance, de manière à ce que l’homme ne glisse pas le long de la lance pour chuter au sol. Le colosse voulait laisser un message et effrayer ses adversaires.

    Il était couvert de sang. Du sang frais, qui avait coulé des plaies de ses adversaires et de celui qu’il venait de harponner. Ses cheveux, son visage, sa barbe et ses vêtements étaient imbibés de ce flux carmin poisseux et gras, alourdissant tout ce qu’il portait et lui rendant une aura de monstre sanguinaire. Ses deux yeux bleus ressortaient au milieu de ce visage rouge de sang comme deux pierres flamboyantes.

    C’est à ce moment là qu’il vit Chafouin le vieux ronchon sortir de la cale avec les esclaves et Diane. Soudainement, l’envie d’en découdre s’estompa dans l’esprit du colosse, qui voyait chez Diane le moyen de faire connaître son combat et de gagner plus de soutiens. Il visait le cœur de l’UNE, les citoyens, afin que ceux-ci se retournent contre l’UNE et rejoignent, tôt ou tard, les rangs du colosse lorsque le temps sera venu. Alors, il leva le bras, indiquant aux autres que le combat devait se terminer là. Et il regarda Chafouin balancer la tête d’un corsaire avec un bâton de dynamite à ses pieds tandis qu’il fuyait. Si la plupart des assaillants regardait encore le pauvre type empalé contre le mât gigoter pour se débattre, le colosse, lui, regardait Chafouin, satisfait que son plan se déroule comme prévu et en même temps déçu que ce soit ce type là qui soit venu chercher Diane. La prochaine fois qu’il le verrait, il le lui ferait payer, pour sûr. Il se baissa, agrippa la tête à ses pieds et la jeta par-dessus bord mais à l’opposé, loin du navire assaillant. Puis il s’en retourna en direction dudit navire, foudroyant Chafouin du regard.

    - Laissez les partir, c’combat est fini les gars, on met les voiles.



Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Diane Stëelk
Diane Stëelk
Une journaliste à la mer Empty
Une journaliste à la mer EmptySam 13 Juil - 23:05
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Diane observait son présupposé sauveteur prendre les devants. Il avait un œil froid, une attitude d’homme sans merci, et ses ordres ne laissaient pas la place au doute : il n’avait pas peur des pertes, n’avait d’yeux que pour son objectif. La tirer de là. Malgré le sanglant de la bataille et le chaos général, Diane se sentait étrangement sereine à l’idée qu’un tel animal soit l’instrument de son départ. Ses convictions furent raffermies quand un pirate – répondant au nom de Fergus – fit son entrée en fanfare, l’interpella par son nom – maudit soit-il – et n’eut que le temps de porter sa main à son arme avant qu’un grappin ne lui transperce le ventre. Le mercenaire jeta un œil méfiant sur la jeune femme, et lui fit comprendre qu’elle aurait des comptes à rendre sur ses étranges fréquentations. Diane ne broncha pas, gardant son œil dur et ses idées droites. Elle ne connaissait pas cet homme et n’allait certainement pas lui déballer ses projets pour son bon plaisir. Si comme elle le pensait, il avait été payé pour la sauver de l’équipage de l’Ours, elle ne lui devait rien. Dès qu’il recevrait son dû, leurs chemins se sépareraient et puis basta.

Ignorant donc sa menace à peine voilée, la journaliste l’observa sans un mot ouvrir les cages des otages (en gâchant des balles, l’idiot, puisque les clés gisaient au sol à côté du geôlier). Sans considération pour les plus jeunes d’entre eux, destinés à l’esclavage de prostitution certainement, il se pencha sur le cadavre encore fumant de Fergus et entreprit de séparer sa tête balafrée de son gros corps troué. Dégoulinant d’un sang noir et poisseux, il se releva et apostropha les pauvres villageois qui n’avaient jamais vu autant de violence et de mort de toute leur vie qu’en cette seule journée. Diane ne réagit pas à la vue de la boucherie, si ce n’est quelques haut-le-cœur au son du craquement des vertèbres arrachées. Elle les vit tous avoir un mouvement de recul, et reporta son attention sur ce qu’était en train de faire le mercenaire ensanglanté. Elle ne comprenait pas exactement la raison de cette mise en scène grotesque, un bâton de dynamite pouvant tout aussi bien exploser sans aucune tête arrachée autour, mais elle ne remit pas en question son choix artistique et le suivit alors qu’il grimpait les marches à toute vitesse.

De retour sur le pont, Diane prit garde de rester en retrait par rapport aux combats, et surtout de ne pas trop se faire voir de l’équipage. C’était mission impossible bien sûr, vu comme les planches grouillaient d’assaillants en tous genres, mais heureusement son mercenaire fit vite : il interpella Eylohr – le fou, il aurait dû rester loin de cet ours en furie – et lui lança la tête qui roula à ses pieds, menaçant à chaque seconde d’exploser. Puis il lui ordonna de s’accrocher à lui, ce qu’elle fit sans réfléchir. Juste avant de décoller, la journaliste capta le regard du corsaire, lui aussi couvert de sang, et lui adressa un hochement de tête presque imperceptible. Elle lui faisait comprendre qu’elle ne reviendrait pas sur sa parole. Le pirate dû saisir le message, car il dégagea la dynamite d’un seul geste, à l’opposé du navire ennemi, et ordonna que l’on cesse le combat. Diane sentit son corps se soulever, ses pieds quitter le sol, et resserrant son étreinte, elle se vit traverser l’espace entre les deux bateaux à une vitesse inimaginable.

L’atterrissage fut corsé, mais elle réussit à se remettre sur pieds sans trop de difficultés. Elle se décolla immédiatement du corps poisseux de sa fusée humaine et d’un regard, évalua l’étendue des dégâts de leur côté. Le pont était presque désert. De tous les soldats partis, qu’elle avait aperçus de son nid de pie, il en restait une petite dizaine, maximum. Quant aux prisonniers … elle ne donnait pas cher de leur peau. Inquiète qu’on ne la remarque si impassible face aux horreurs qu’elle venait de vivre, elle fit mine de devoir s’appuyer contre le bastingage. De là, penchée sur le bord, elle put constater que le navire pirate s’éloignait déjà, finissant à son bord l’œuvre de mort déjà commencée. Les corsaires, frustrés de devoir abandonner l’abordage, redoublaient de hargne et de violence. Quelques prisonniers se jetèrent à la mer, mais personne n’irait les rechercher avant que l’ennemi soit complètement hors de portée.

Quittant sa position penchée vers les eaux noires, comme si elle avait la nausée, Diane retourna complètement sur le pont et s’assit sur les planches, adossée à un canon froid. Elle capta le regard de son mercenaire, et l’interpella d’un petit mouvement de menton, trop épuisée pour lui adresser la parole. Elle comprenait à peu près pourquoi on l’avait récupérée, mais ignorait encore qui en avait été à l’initiative, et comment elle allait devoir rendre des comptes. Précieusement gardée avec elle, sa sacoche était serrée contre son flan. Elle contenait toutes les notes et tous les détails de sa « captivité », ainsi qu’un nombre certain de points sur les arts du combat qu’elle avait approchés, des bases de navigation, des mémos sur la vie en pleine mer. Enfin, surtout, s’y trouvaient les notes de ses entrevues avec Eylohr et le début de son travail de renseignement sur les groupuscules et papiers anarchistes qu’il souhaitait atteindre. Autrement dit, ce carnet était la seule chose qui pouvait réellement l’accuser de toutes les intrigues qu’elle avait pour projets. Et il était hors de question que quiconque pose les yeux dessus, dusse-t-elle le brûler avant que cela n’arrive.


Diane fouine en #ff9933
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