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Chroniques d'Irydaë
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 Elenor Kingston, dite la Pieuvre

Elenor Kingston
Elenor Kingston
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Elenor Kingston, dite la Pieuvre EmptyJeu 14 Mar - 17:14
Irys : 189965
Profession : Haute Générale commandant des forces navales de Daënastre
Daënar +3 ~ Tyorum (femme)
Elenor Kingston, la Pieuvre



Passeport


Nom : Kingston
Prénom : Elenor
Surnom : La Pieuvre
Sexe : Féminin
Âge : 36 ans, né en 898
Métier : Haute Générale commandant des forces navales
Communauté : Daënastre - Le Tyorum
Lieu de naissance : Skingrad



Aptitudes & possessions

  • Armes et habiletés : Les principales capacités d’Elenor sont sur le plan intellectuel, c’est avant tout une excellente stratège, une ingénieure hors-pair et une administratrice talentueuse.
    Mais puisqu’elle reste une militaire et qu’il y a toujours un risque, elle a également été formée à l’utilisation des armes. Dédaignant toute notion de corps-à-corps où sa constitution physique la desservirait trop, elle a appris à manier revolver et fusils. Elle est une tireuse plutôt précise, tout particulièrement avec un fusil, mais elle ne pratique désormais plus guère que pour l’entraînement ou la détente et n’est pas habituée à devoir agir dans un véritable combat.
    Elle porte le plus souvent un revolver Crotale à l’étonnante couleur ivoire, décoré de gravures et de dorures pour montrer son rang et aller avec sa prothèse. Lorsqu’elle est dans une opération militaire, elle garde toujours à portée de main une carabine Wendigo modifiée par ses soins pour en accroître sensiblement la précision, au détriment d’une fiabilité amoindrie puisque les pièces ont tendance à un peu trop chauffer en cas de cadence de tir trop soutenue.

  • Familiers/montures : /

  • Domestique : Elenor peut compter en toute circonstance sur l’aide de Butler, ancien marin d’un mètre quatre-vingt-cinq à la musculature impressionnante et au crâne rasé. Portant presque toujours un costume impeccable, ses compétences vont de celles d’un majordome à celles d’un ancien soldat, le tout avec un professionnalisme et une discrétion impeccable.

  • Autres possessions : Elenor possède une prothèse dynamique à la place de tout son avant-bras droit. Les plaques extérieures sont couleur ivoire, parfaitement lisses, tandis que les mécanismes internes que l’on distingue parfois entre ont une couleur dorée légèrement froide. La prothèse inclus un grappin dynamique, en référence à une vieille ennemie, ainsi que quelques outils de dessins techniques qui permettent à Elenor de ne jamais manquer de matériel pour dessiner les plans d’une idée soudaine.

  • Le Gladio Alchemist : Il s’agit du krizer personnel d’Elenor. Mis en chantier directement après son accession au poste de Haut-Général, elle en a dessiné personnellement tous les plans et supervisé les principales étapes de la construction. Il fut par conséquent l’un des rares bateaux à être construit intégralement à Fort Felsberg. Dire qu’il s’agit d’un krizer est presque faux, d’ailleurs puisque sa conception s’appuie sur toutes les dernières avancées afin d’en faire une vitrine de la technologie navale. Il est aussi long que les plus gros modèles de krizer et un peu plus large à son maximum bien que sa forme générale soit plus élancée, lui donnant l’allure d’une gigantesque pointe de harpon. Cette apparence nettement plus légère et moins lourde que les autres navires de sa catégorie est principalement due à sa coque entièrement en métal, considérablement plus légère que les coques de bois renforcées d’acier traditionnelles.

    Ses cales renferment des laboratoires à la pointe de l’ingénierie navale ainsi qu’une baie d’amarrage pour un verster suffisamment équipée pour de nombreux travaux. Les ponts abritent tout le personnel du navire : technicien, marin, gardes, ingénieurs, dans des conditions presque équivalentes à celle d’un poste à terre. Seul le pont supérieur est aménagé différemment, abritant des salles de réception et quelques chambres d’invités puisque le bateau est notamment utilisé pour faire la démonstration des dernières technologies auprès de l’élite daënare. C’est également là que se trouve les quartiers personnels d’Elenor, qui vit presque continuellement à bord, ainsi que la chambre de Butler. Dernier aménagement notable, sous le bateau est installé une baie d’observation sous-marine permettant d’observer le déploiement du verster et les fonds marins, directement reliée par un ascenseur au pont supérieur.

    L’on peut d’ailleurs noter que la ligne de flottaison du Gladio Alchemist peut être ajustée grâce à un complexe système de ballast dirigé par des magilithes d’eau et d’air et que, presque quelle que soit la hauteur de la ligne de flottaison, la hauteur de l’eau dans la baie d’amarrage du verster ne bougera pas. La baie d’amarrage peut même être scellée et transformée en cale sèche si le besoin s’en faisait sentir. Précisons que la coque n’arbore pas une unique quille comme la plupart des bateaux mais une quille double, entre lesquelles est logée la baie d’amarrage, ce qui améliore grandement la stabilité du bateau en particulier lorsque la ligne de flottaison est particulièrement basse.

    N’étant pas un navire de guerre, le Gladio Alchemist ne possède que peu de canons, certains davantage à titre de démonstration et régulièrement changé au fur à mesure des avancées, d’autres pensés pour l’auto-défense. Cela dit, ceux qui tenteraient d’aborder le vaisseau auraient la désagréable surprise de constater qu’en plus de son équipage militaire classique il abrite un commando expérimental de la marine au complet, normalement davantage destiné aux tests du nouveau matériel et à la parade devant les nobles mais toujours parfaitement entraîné et mortellement efficace au combat.




Profil psychologiqueLa personnalité d’Elenor s’est construite autour de son intellect brillant. Elle a développé très tôt d’importantes capacités d’analyse et une excellente mémoire dont elle a su tirer profit dès sa jeunesse pour comprendre comment fonctionnaient les choses autour d’elle et comment s’en servir au mieux. Sa passion pour des domaines aussi variés que l’ingénierie, la balistique, la stratégie militaire ou même l’administration est moins une preuve de curiosité qu’une manifestation d’un profond besoin de contrôle sur ce qui l’entoure. Elenor ne se sent à l’aise que quand elle comprend comment marche le monde autour d’elle, surtout si elle peut le contrôler en retour.

Son côté manipulatrice vient également de là mais, n’étant pas aussi fine psychologue qu’elle le voudrait, elle se repose bien plus sur des faits et sur la logique que sur du ressenti quand il s’agit d’amener les autres à agir dans son sens, ce qui peut parfois lui jouer des tours. Si elle est souvent froide et distante avec les gens, c’est avant tout un mécanisme de défense de sa part pour les maintenir à une distance d’où elle peut contrôler les choses. Les nombreuses déceptions dont a été remplie sa jeunesse à ce niveau-là ne l’aident pas non plus à s’ouvrir. La seule personne dont elle se considère réellement proche est Butler, son majordome et garde du corps qui ne la quitte quasiment jamais.

Il ne faudrait pas pour autant imaginer qu’elle est fragile, bien au contraire : certaine de ses capacités, elle est d’une détermination rare mais pas entêtée. Son assurance lui vient d’une analyse précise et objective de la situation et si une nouvelle information vient contredire sa ligne de conduite elle s’hésitera pas à se remettre en cause et à chercher une nouvelle façon d’agir. Fière, elle ne supporte pas qu’on la rabaisse ou que l’on diminue ses actions. Elle a d’ailleurs du mal à supporter l’attitude de certains de ses collègues militaires qui la voient comme une gamine première de classe.

Elle est notoirement implacable dans sa façon d’agir et ne laisse aucune chance à ses adversaires. Elle n’a que faire de l’honneur ou d’autres valeurs du même style qu’elle se contente de repousser d’un geste de la main quand on lui en parle. Elle veut gagner, contrôler, vous avez saisie l’idée. Et comme il ne peut y avoir qu’un gagnant, qu’une seule personne qui possède réellement le contrôle d’une situation donnée, elle est d’un pragmatisme glaçant quand il s’agit d’employer des moyens que d’aucun jugerait immoraux.

Cette volonté d’être toujours la meilleure fait qu’elle s’est elle-même imposée une pression qu’elle gère de façon fluctuante. Bien qu’elle ne laisse que très rarement apercevoir la moindre gêne en public, elle peut facilement céder à la douceur de l’alcool dans le privé pour avoir une soirée tranquille. Elle est également une utilisatrice régulière de drogues stimulantes qui lui permettent de supporter les cadences de travail infernales qu’elle se fixe toute seule.

Il ne faudrait pas sous-estimer également l’impact qu’a eu son premier vrai combat. Ce qu’elle a vu lors de cette nuit revient parfois la hanter et elle n’aura certainement pas de repos tant qu’elle n’aura pas trouvé et anéantie cette chose. Lors de ses insomnies les plus graves, l’alcool est, là encore, sa solution la plus commune pour réussir à dormir.

Pour finir c’est une femme ambitieuse qui ne limite pas ses projets à sa situation actuelle. Puisqu’elle est encore jeune, comme aiment à le lui rappeler un grand nombre de personnes, elle voit plus loin que son poste de Haut Général et s’intéresse grandement à la politique de l’U.N.E. , s’imaginant bien briguer un mandat lorsqu’elle aura apporté à l’armée tout ce qu’elle est en mesure de lui apporter. En parlant de politique, son avis sur le sujet principal de cette époque, à savoir la guerre imminente, est en demi-teinte : d’un côté elle méprise les my’träns, pour leurs refus de l’évolution technologique mais également parce qu’elle n’est pas capable de comprendre pleinement leur magie ce qui la frustre considérablement, mais de l’autre elle ne voit pas grand intérêt à une guerre totale dans l’immédiat. Planificatrice dans l’âme, elle s’y prépare néanmoins avec assiduité.



Physiologie« Petite par la taille mais grande par l’esprit. » : cette phrase, Elenor l’a tellement entendue qu’elle ne la supporte plus et que la prononcer en sa présence, qu’elle la concerne ou non, vaudra à l’imbécile une remarque cinglante. Car oui, la Haute Générale est franchement petite. Petite et si fine que lorsqu’elle a rejoint l’armée il fut impossible de trouver un uniforme qui lui aille correctement.

Comment, dans ces conditions, inspirer le respect suffisamment pour devenir l’une des plus hautes autorités militaires d’un continent entier ? Bien que les réponses soient multiples, parmi les plus évidentes se trouve son regard : ces iris marron si intenses qu’ils en paraîtraient presque rouges suffisent à en troubler plus d’un et il faut être bien droit dans ses bottes pour soutenir leur attention longtemps. Ses yeux sont profonds, soulignés par de discrets et délicats sourcils blanchâtres, et le plus souvent insondables. Certains plaisantent à son sujet en disant que c’est en s’observant dans un miroir qu’elle a imaginé les premiers concepts du Verster.

Très satisfaite de son effet, elle souligne généralement son regard par un peu de maquillage. Elle utilise également la plupart du temps du rouge à lèvre, le plus souvent carmin mais parfois tirant sur le violet et  toujours intense, pour mettre en valeur une bouche pulpeuse qui ne découvre qu’exceptionnellement un sourire à la blancheur immaculée. Ces couleurs intenses couplées à ses cheveux extrêmement blancs malgré son âge encore assez jeune lui donne une apparence des plus singulière, qu’elle cultive en s’assurant de garder un teint bien pâle pour faire ressortir son maquillage. Dernier détail notable de son visage, elle possède un grain de beauté à la commissure droite des lèvres.

Comme dit précédemment, elle est d’une constitution particulièrement menue qui en amène d’aucun à la juger faible. Pourtant, rare sont ceux qui ont eu l’occasion de l’apercevoir fatiguée ou incommodée et l’énergie qu’elle semble posséder est inversement proportionnelle à sa taille. Pour une militaire elle semble ne pas avoir été trop malmenée par les combats, à une exception près : son bras droit a été remplacé par une prothèse dynamique à partir du coude. Celle-ci est finement travaillée et l’extérieur tout en ivoire parfaitement poli pourrait presque passer pour naturel, de loin. Bien qu’elle semble s’y être parfaitement habituée, Elenor a encore du mal à considérer cet appendice comme une partie de son corps et non pas comme un simple outil.

Pour tenter de palier à sa petite taille, elle se tient tout le temps la plus droite possible ce qui lui donne un air inflexible qu’elle ne dément que rarement. Ses tenues sont toujours taillées sur mesure pour éviter qu’un uniforme mal ajusté ne lui donne l’air d’une gamine jouant avec les vêtements d’un parent. En privé, elle privilégie des tenues simples, pantalons à coupe droite et chemises unies. En public, elle arbore presque toujours des uniformes aux couleurs vives et chargées de décorations qui aident à la rendre un peu plus impressionnante. Elle apprécie les hauts cols et tout ce qui peut décorer son cou délicat, parfois un pendentif ou une amulette, le plus souvent une cravate noire ou rouge suivant ses envies. Ses chaussures sont, bien sûr, presque toujours dotées de talons, de talonnettes ou d’autres moyens de gagner quelques précieux centimètres. Elle répugne aux robes et autres tenues de soirées féminines qui mettent trop bien en valeur les traits fins de son visage et la rajeunissent de presque dix ans, aussi n’en met-elle que lorsque les situations l’exigent.

Pour finir de brosser ce portrait il convient de dire qu’elle n’élève que très rarement la voix, préférant les remarques acerbes aux accès de colère, qu’elle garde le plus souvent une attitude neutre et digne et qu’elle est suivie par un entêtant parfum aux touches de fruits typiques des campagnes du Tyorum.



Biographie

Elenor est née dans une maison close de la rive est, fille d’une courtisane de ce luxueux établissement et d’un de ses divers amants. Cette femme exquise comptait plusieurs mécènes parmi les élites de Skingrad et, lorsqu’elle avait découvert sa grossesse, avait décidé de profiter de l’occasion pour soutirer encore plus d’argent à l’une de ces riches personnes, en fonction de celle à qui ressemblerait le plus l’enfant. Elle cacha soigneusement l’enfant à la plupart des gens durant les premiers mois, faisant naître une inquiétude de plus en plus grande chez ceux qui pouvaient être le père et n’avaient aucune envie de voir leur réputation entachée de la sorte. Mais, malheureusement pour cette femme, la gamine ne présentait aucune ressemblance particulière avec aucun de ses riches amants, possédant les cheveux blonds et les yeux marron si particuliers de sa mère.
Elle ne laissa pas pour autant tomber son plan et se procura discrètement de quoi décolorer les cheveux de l’enfant et de la teinture rousse. Pourquoi rousse ? Et bien parce que parmi ses mécènes figurait Reinold Kingston, un capitaine à la réputation montante de la flotte militaire du Tyorum et disposant d’une position d’influence à Skingrad notamment grâce à son mariage avec Desdemona Liess dont la dot comprenait quelques actions au sein de la Compagnie des Echanges Libres. Celui-ci avait pour particularité physique une chevelure et une barbe toutes deux d’un roux éclatant.
Donc la mère d’Elenor teignit les cheveux de celle-ci et la présenta à Reinold en secret, le convainquant, non sans certaines difficultés, qu’il s’agissait assurément de sa fille mais qu’elle acceptait, moyennant de plus généreuses donations qu’à l’accoutumée, d’élever l’enfant et de garder une totale discrétion sur toute cette affaire.

Pendant quelques années Reinold accepta un tel marché mais Desdemona finit par se douter de quelque chose et il fut contraint de lui révéler qu’il possédait une fille bâtarde. A partir de ce moment Reinold exigea de récupérer sa fille et n’autorisa plus que rarement sa mère à la voir, cette dernière en profitant alors pour continuer de teindre les cheveux de la petite. Au bout d’un an, en 902, Reinold adopta officiellement Elenor qui devint une Kingston.
Après quelques années de vie recluse dans une maison close certes luxueuse mais terriblement ennuyeuse, la petite fille découvrit qu’elle avait une famille et un tout nouveau terrain de jeux. Il aurait été alors difficile de la rendre plus heureuse. Certes sa belle-mère ne voulait pas la voir et son grand frère ne semblait pas l’aimer beaucoup, mais elle avait deux sœurs à peine plus âgées et qui étaient ravies de son arrivée.
Et puis, un peu moins d’un an après son adoption officielle, sa mère attrapa une maladie qui l’empêcha de voir sa fille et donc de renouveler la teinture. Une nourrice remarqua alors les racines blanches et la supercherie finit par éclater. Il y eut beaucoup de cris et d’agitation pendant un moment et Elenor ne revit jamais sa mère.
Rapidement l’attitude de sa belle-mère passa de désagréable à franchement insupportable : Desdemona détestait cette enfant qui lui avait été imposée par la frivolité, la crédulité et la peur de perdre la face de son mari. Le constat n’était guère mieux du côté d’Olrik, son frère aîné, qui la méprisait ouvertement et se moquait d’elle dès qu’il en avait l’occasion. Quant à ses deux sœurs, Mabel et Rose, si peu de choses changèrent pendant les premières années, l’âge des enfants avançant et leur compréhension de la réalité de leur monde avec, elles se transformèrent petit à petit en véritables pestes.
Quant à son père Elenor ne l’apercevait que de temps à autre, souvent absent à cause de son métier et occupé l’essentiel du temps quand il était à la maison. Il restait distant avec elle mais, finalement, pas beaucoup plus qu’il ne l’était avec ses enfants légitimes.
En fait la personne dont elle fut la plus proche en grandissant était le majordome de la maison, un ancien militaire prénommé Butler qui avait été embauché par Reinold pour assurer le service mais surtout s’assurer de la protection de sa famille et qui traitait avec Elenor exactement de la même façon qu’avec les autres, peut-être même avec un soupçon de gentillesse en plus. Notamment il n’hésitait pas à intervenir lorsque les chamailleries commençaient.
En parlant de celles-ci on aurait pu aisément croire, vu qu’elle était plus jeune  et de loin plus chétive que le reste de sa fratrie, qu’Elenor en aurait été toujours la victime mais c’était loin d’être le cas et la petite fille grandit en apprenant tous les trucs pour faire accuser ses sœurs à sa place et les ridiculiser au moins autant, si ce n’était plus, qu’elles ne la ridiculisaient. Le seul dont elle ne put jamais que subir les moqueries et humiliations durant son enfance était Olrik.

La législation était claire concernant l’éducation et si les enfants légitimes des Kingston allèrent dans une école bourgeoise, il fut décidé que pour ne pas embarrasser les autres familles dont les enfants fréquentaient cette école, Elenor recevrait l’éducation d’un tuteur à domicile. Si elle fut d’abord frustrée d’être traitée différemment, elle comprit rapidement qu’avoir des devoirs, ou prétexter en avoir, était un excellent moyen d’éviter d’être importunée. Et elle se révéla une élève extrêmement douée dans plusieurs domaines, en particulier tout ce qui touchait aux sciences et à la logique.
Vers la fin de l’enfance elle découvrit les échecs et se passionna pour le sujet, jouant contre elle-même en permanence. Un jour qu’elle jouait dans un salon de leur maison, Olrik et quelques-uns de ses amis passèrent dans la pièce. L’adolescent railla les capacités de sa demi-sœur et celle-ci, parfaitement calme, lui rétorqua qu’il n’avait qu’à jouer contre elle pour montrer ce qu’il valait. Bien sûr Olrik accepta sans hésitation, tout gonflé d’orgueil. Si la première défaite écrasante fut humiliante, ce n’était rien comparé aux cinq autres qui suivirent, chacune plus rapide et décisive que la précédente. Sur la dernière, Elenor n’avait même pas perdu une seule pièce importante. Elle adressa un sourire méprisant à son frère et le planta là, à tenter de se justifier sous les rires de ses amis.
Elenor présentait de telles prédispositions qu’à l’âge de dix ans à peine elle avait finis le programme classique dispensée par les écoles publiques. Malgré le mépris qu’elle avait pour la petite bâtarde, Desdemona ne pouvait que constater qu’elle brillait sur le plan intellectuel. De toute façon, se dit-elle, il fallait bien faire quelque chose d’elle et aucun parti intéressant ne voudrait d’une fille de catin comme épouse tandis qu’au vu de ses capacités, les écoles d’officier se moqueraient bien de ses origines. Toutefois il allait falloir convaincre Reinold que sa fille illégitime n’allait pas saborder sa réputation. Pour ça, Desdemona décida de prendre elle-même en main l’éducation d’Elenor : elle engagea deux précepteurs, l’un pour lui enseigner l’ingénierie et l’autre la stratégie navale militaire. Elle enseigna elle-même des compléments en administration et logistique puisque, fille d’un riche bourgeois de la Compagnie des Echanges Libres, elle avait l’éducation nécessaire.
Malgré que toute son existence semblait à ce moment-là tourner autour du travail, les années qui suivirent furent nettement plus agréables que les précédentes, l’hostilité de Desdemona laissant petit à petit place à une complicité grandissante malgré ses exigences très hautes. Cela en arriva même au point où Desdemona donna raison à Elenor lors d’une dispute avec ses sœurs, chose qui n’était jamais arrivé auparavant et qui renversa complètement la vie au sein de la maisonnée.
Reinold était plus absent que jamais, toujours pris par une mission ou une autre, et se contentait de constater avec un certain plaisir que sa femme ne lui rabattait plus les oreilles à propos de cette enfant bâtarde. Il s’interrogea brièvement sur la raison de la présence d’un des précepteurs lorsqu’il le croisa mais Desdemona lui dit que c’était pour Rose.

En 914, Reinold obtint le poste de Haut Général commandant des forces navales. Ce fut bien entendu l’occasion de plusieurs soirées de festivités chez les Kingston. Puis, alors qu’il s’apprêtait à partir pour prendre ses fonctions à Fort Felsberg et disait au revoir à sa famille dans le hall, il eut la surprise de voir débarquer Elenor accompagnée de Butler qui portait deux valises pleines. L’incompréhension céda rapidement le pas à la colère quand elle lui annonça elle-même qu’elle voulait l’accompagner et entrer à l’école d’officier militaire de Fort Felsberg. Avant qu’il ne s’emporte trop, Desdemona lui colla sous le nez les évaluations des précepteurs, extrêmement flatteuses. Il continua de protester mais sa femme ne s’en laissa pas compter, lui répliquant calmement qu’elle devait bien faire quelque chose de sa vie et qu’elle avait des prédispositions incroyables tandis que le nouveau Haut Général s’inquiétait des répercussions pour sa carrière s’il faisait entrer avec deux ans d’avance sa fille bâtarde alors qu’il prenait à peine ses fonctions. Elenor se contentait de répéter de plus en plus décidé qu’elle voulait entrer à l’école tandis que Rose rigolait devant le spectacle, que Mabel était bouche bée et regardait ses parents se disputer et que Olrik protestait contre sa mère que c’était n’importe quoi.

« Sauf votre respect, Monsieur, elle est peut-être davantage capable de commander un navire maintenant que vous l’étiez quand je vous ai rencontré. »

C’était Butler qui venait d’intervenir de sa grosse voix calme et l’incongruité de cette situation fit taire tout le monde. Puis Desdemona colla les dossiers qu’elle tenait dans les mains de son mari et dit d’un ton sec qui ne laissait aucune alternative : « Elle entre dans cette école. » Reinold lança un regard fatigué à sa fille, qui le soutint jusqu’à ce qu’il soupire :

« Tu vas en baver. »

Puis il se retourna vers la porte et quitta le hall, emportant avec lui les dossiers et intimant d’un geste à Elenor de le suivre. Elle s’élança derrière lui, monta dans le coche tandis que Butler chargeait les valises à l’arrière et, au moment où la voiture s’élança, elle adressa un signe de la main au reste de sa famille. Desdemona et Rose la regardèrent s’éloigner en lui souriant et elle le leur rendit mais pour Olrik et Mabel, dont le visage s’était refermé et les yeux lançaient des éclairs, elle leur tira la langue en prenant garde à ce que Reinold ne la voit pas faire. Finalement, alors qu’elle devait se tourner complètement sur son siège pour encore apercevoir la porte de la maison, Butler rentra en dernier, lui adressa un grand geste de la main. Elle lui répondit mollement, avec un sourire triste et essuya une larme au coin de ses yeux.

En tout cas la prophétie de Reinold s’avéra vraie. Il n’est déjà pas évident d’être une crevette dans une école de militaires, tout officiers qu’ils soient censés devenir. Cela l’est encore moins quand on a plusieurs années d’avance sur la norme. Mais si en plus vous entrez à l’école parce que votre père, Haut Général, l’a demandé… Disons simplement que tout était réuni pour que l’éducation militaire d’Elenor soit un véritable parcours du combattant.
Pour la première fois de sa vie, elle se trouva face à un obstacle. Certes ses années en tant que bâtarde mal aimée n’avait pas été agréables mais ses sœurs n’avaient jamais été qu’une nuisance et ne l’avaient pas empêché de progresser, de même pour son frère. L’hostilité de nombreux autres élèves de l’école n’était pas en cause d’ailleurs, elle n’avait aucun mal à ignorer les responsables. Ce à quoi elle n’était pas préparée, en revanche, c’était ceux qui cherchaient à se rapprocher d’elle en se disant qu’ils se rapprochaient du Haut Général. Elle connut plus d’une déception en amitié et plus d’un chagrin d’amour à cause de ça. Ce fut toutefois une période formatrice de son rapport aux autres.
Mais l’obstacle qui lui semblait infranchissable était tout autre. Il n’avait rien d’impressionnant au premier coup d’œil, une simple corde à nœuds n’était pas une chose qu’Elenor s’attendait à la voir lui poser problème, encore moins se révéler un défi insurmontable. Et pourtant c’était le cas. Même au bout de deux ans d’entraînement sportif qui la laissaient sur le carreau presque à chaque fois elle était incapable de se hisser plus haut que la moitié de ce qu’il lui fallait grimper.
Clairement, la jeune femme brillait bien davantage par ses capacités intellectuelles, ses résultats atteignant l’excellence dans la plupart des matières théoriques, que par ses compétences martiales. Si elle n’était pas aussi mauvaise dans tous les exercices physiques, elle manquait à la fois d’une bonne constitution et de l’envie de progresser. Ce qui l’intéressait était ailleurs et elle ne se privait que rarement de le faire savoir. A la limite elle appréciait un peu tout ce qui était formation au tir mais surtout parce qu’elle y voyait l’application concrète de la balistique et de l’ingénierie qu’elle aimait tant.
Malgré ses handicaps elle commença son service partiel après le temps d’études habituel. Certains jaloux disent qu’il s’agissait de piston mais ce n’était que la reconnaissance de ses compétences en stratégie. Des compétences qui s’avérèrent des plus solides dès qu’elle commença à agir sur le terrain, d’abord en soutien d’un officier plus expérimenté puis, dès qu’elle eut son diplôme, en tant qu’officier de plein droit.

Les premières années de services se passèrent au sein des équipes d’ingénierie navale de Fort Felsberg, travaillant de concert avec des dizaines d’autres ingénieurs à la conception de nouveaux modèles d’armes et de vaisseaux ainsi qu’à l’amélioration des modèles déjà existants. Ils supervisaient également les équipes d’ouvriers à l’œuvre dans les chantiers du Fort, chargés de l’installation des armes et autres installations militaires sur les vaisseaux. En plusieurs occasions Elenor effectua son service dans les chantiers navals de Skingrad, surveillant la construction même des bateaux avant leur départ pour Fort Felsberg où ils seraient armés. Elle en profita évidemment pour rendre visite à sa famille, tout au moins à ceux qui ne la détestaient pas c’est-à-dire Desdemona et Rose, mais aussi pour récupérer à son service Butler, qui ne l’a pas quitté depuis.

En 921, alors qu’elle accompagnait l’un des convois de Skingrad à fort Felsberg, une tempête imprévue en haute mer les força à se rapprocher des côtes et s’éloigner du tracé habituel pour contourner la péninsule. Coïncidence ou non, c’est ce moment que choisirent plusieurs navires pirates pour attaquer leur convoi. Ils profitèrent du gros temps et de  la houle pour camoufler leur approche à bord de chaloupes d’abordage tandis que d’autres vaisseaux plus gros les distrayaient à coup de canon. L’attaque, audacieuse, avait pour but de prendre le contrôle du krizer tout juste construit et c’est sur ce bâtiment que se concentrait l’abordage des pirates. C’était également sur ce bâtiment que se trouvait Elenor. Celle-ci se retrouva à défendre le pont arrière à la tête de ce qu’elle avait pu rassembler de marins armés sur un bâtiment qui n’avait pas encore pris ses fonctions dans la flotte. Certains pirates semblaient posséder des aptitudes magiques dont on lui avait parlé à l’école et elle s’assurait qu’ils soient descendus en premier.
Au cours de l’affrontement une vague frappa avec une violence particulière la coque du bateau et plusieurs des combattants furent déséquilibrés. Elenor tomba en arrière sur le pont humide et lâcha son arme. Elle chercha à la récupérer mais eut alors la surprise de voir un tentacule d’eau lui attraper le poignet et se mettre à brusquement l’attirer vers le bastingage et l’océan. Elle essaya de lutter mais le bois trempée n’offrait que peu de prises et mis à part s’écorcher les doigts elle ne parvint pas à grand-chose. En derniers recours elle attrapa la rambarde du bastingage d’une main. Sa prise était faible et, écartelée qu’elle était par la traction sur son autre bras, elle sentait qu’elle n’allait pas tenir longtemps. Elle céda à l’instant où la silhouette massive de Butler apparaissait au-dessus d’elle et elle sentit tout juste sa grosse main calleuse essayer d’attraper la sienne avant de chuter. Elle eut la sensation d’un coup sourd à l’arrière du crâne et sa conscience éclata tandis que les flots l’engloutissaient.

Les souvenirs de ce qui suivirent sont flous dans sa mémoire mais l’un d’eux ressort du lot. Elle coule doucement tandis qu’un filet de bulles s’échappe de sa bouche. Loin au-dessus d’elle les bruits de canons et de combats lui parviennent comme d’un autre monde. Sous la surface tout est calme et même la tempête semble s’être calmée. Tout au plus la lueur d’un éclair déchire l’obscurité attrayante des profondeurs qui s’apprêtent à l’avaler sans un bruit. Alors qu’elle commence à manquer d’air, battant mollement des bras pour essayer de remonter vers la surface, son manteau se déployant comme les nageoires d’un étrange poisson autour d’elle, un son étrange se détache du reste. Lancinant, doux, tantôt très grave et soudainement aigu, il semble se répercuter tout autour d’elle, comme s’il ne venait de nulle part. Ou plutôt, il semble venir de la mer elle-même. Et puis un nouvel éclair déchire l’obscurité. Le flash de lumière éclaire un instant les profondeurs océaniques devant elle et dessine une forme gigantesque. Un léviathan se mouvant si lentement et avec tant de grâce qu’il ne paraît faire qu’un avec son environnement, et d’une taille si grande qu’il pourrait écraser l’ensemble de la flotte daënare en se couchant dessus. La lumière s’éteint, l’obscurité revient et le léviathan disparaît. Puis un nouvel éclair, mais qui ne révèle plus que l’immensité des grands fonds, vides de toute présence.
Et, tandis qu’elle sent la dernière bulle d’air filer entre ses lèvres et son corps s’enfoncer lourdement dans les abysses, une main l’agrippe par le col et la remonte brutalement vers la surface.

Ce qu’il s’est passé par la suite lui a été raconté : Butler avait plongé avec une bouée pour la récupérer, les pirates avaient réussi à détourner suffisamment le krizer pour s’enfuir avec tandis que les marins survivants avaient été forcés de mettre les canots de sauvetage à la mer pour s’échapper. Ils avaient récupérés Elenor, assommée, et Butler à la dérive puis avaient dus attendre que le temps se calme pour qu’un des navires de l’escorte puisse les récupérer. Ils avaient ensuite été rapatriés à Fort Felsberg. Il fallut quelque jour à Elenor pour se remettre de sa quasi noyade d’autant plus qu’elle était tombé malade et que le tentacule d’eau avait apparemment exercé suffisamment de pression sur sa main et son poignet droits pour briser plusieurs os fragiles et tordre des articulations. Les blessures n’avaient pu être soignées rapidement, si bien que des nécroses avaient commencées à apparaître avant qu’elle ne soit opérée. Les médecins avaient décidé de procéder à une amputation en dessous du coude, par mesure de précaution, et de poser une prothèse.
Certains parmi les marins blessés n’avaient pas survécus à leur sauvetage. Malgré la fièvre elle avait tenu à assister à la maigre cérémonie en leur honneur et celui des autres disparus.
Elle passa plusieurs jours essentiellement allongée dans sa couchette, Butler lui apportant ses repas. Elle tournait et retournait dans sa tête ce qu’elle avait vu. Hallucination ? Cela lui avait semblé si réel pourtant. Non, plus elle y repensait plus elle en était convaincue : ce monstre existait bel et bien. Et une telle bête ne pouvait être qu’une menace pour la sécurité de l’U.N.E. .

Dès qu’elle fut suffisamment remise sur pieds, Elenor demanda à être mutée au poste de capitaine d’un navire pour traquer les pirates qui avaient monté un tel coup et s’étaient emparé d’un krizer. La résistance opiniâtre qu’elle avait mise sur pieds pendant l’abordage ayant été largement remarquée et saluée, on accéda à sa demande et elle commença une longue campagne de traque et d’extermination de tous les nids à forbans des côtes du Tyorum.
Elle comparait les lieux d’attaques reportées, analysait les méthodes employées et se servaient des témoignages pour différencier les bandes entre elle. Avec suffisamment d’informations sur une bande, elle pouvait estimer leur zone d’attaque et à parti de ça la zone où ils pouvaient avoir leur planque, en tenant compte des reliefs, du type de bateaux et de ce qu’ils volaient –impossible de traverser des haut-fond avec un bateau chargé de minerais-. Lorsqu’elle avait identifié les lieux, elle y menait une force suffisante pour écraser les pirates en une attaque unique et rapide.
Les premières victoires furent éclatantes et, quand le mot commença à se répandre qu’un nouveau capitaine était particulièrement dangereux, il fallut se réadapter : les forbans se tenaient prêts à déguerpir et tendaient des pièges parfois très inventifs. C’était un jeu du chat et de la souris mortel où chacun essayait de deviner le prochain mouvement de l’autre. Pour cela il fallait prendre en compte le maximum de paramètres possibles et Elenor y brillait tout particulièrement : de l’heure des marées aux horaires de patrouilles de la flotte en passant par les courants marins et le moment de coucher et de lever du Soleil, elle se servait de toutes les informations à sa disposition.
Bien sûr il arrivait que des pirates lui échappent ou même parfois forcent une de ses attaques à se replier mais les victoires étaient incontestablement davantage de son côté. L’une de ses plus fameuses fut contre une flottille particulièrement active dans les criques qui constituaient les côtes Venteuses de la péninsule de Prorig. Elle attira ses adversaires en dehors de leur base en exposant ses navires éclaireurs. Quand les pirates se montrèrent elle bombarda à longue distance à l’aide du krizer qu’elle commandait, les forçant à se replier vers les falaises mais la marée descendante échoua plusieurs d’entre eux derrière des récifs tandis que les autres étaient acculés par de légers chnaler au pied des falaises, profitant de leur manœuvrabilité pour rester dans l’angle mort des canons pirates avant de pouvoir aborder, les commandos de la marine utilisant leur avantage technologique pour mener des attaques précises et brutales contre les navires ennemis, arrachant une victoire en large infériorité numérique. Quant aux quelques pirates qui avaient réussis à accoster tant bien que mal et essayèrent de s’enfuir par les sentiers escarpés à flanc de falaises, ils eurent la désagréable surprise de tomber sur un peloton de soldats de l’armée de terre qui les attendait au sommet. En une journée, Elenor avait détruit ou capturé l’ensemble d’une flotte pirate dont l’effectif en hommes était trois fois supérieur à ce qu’elle avait déployé.

La campagne contre les pirates dura au total près de quatre ans, entrecoupés d’autres missions et d’accalmies, et pris fin lorsqu’elle réussit à retrouver la trace de ceux qui l’avait attaqué à l’origine, sur les côtes du Zochlom. Connaissant les capacités dont disposaient certains d’entre eux et sachant qu’ils essaieraient d’arriver au contact envers et contre tout, Elenor déploya ses navires à bonne distance les uns des autres et sous couverture permanente d’au moins un autre bâtiment. La plupart des bateaux pirates furent coulés en tentant d’atteindre des distances d’abordage et seul leur krizer volé parvint à venir bord à bord avec celui que commandait Elenor. Au moment précis de l’abordage, l’ensemble de l’équipage d’Elenor sur le pont effectua un repli répété à l’avance derrière des protections tandis que les charges à shrapnels planquées derrière le bastingage étaient détonnées. La première vague de pirate fut littéralement réduite en charpie et le reste se rendit rapidement quand les matelots contre-attaquèrent simultanément, traversant les nuages de fumées et enjambant les corps mutilés. Le trajet du retour ne fut pas de trop pour rendre de nouveau le pont présentable.

Mais chasser les pirates ne fut pas sa seule occupation pendant cette période. La vision qu’elle avait eue cette fameuse nuit continuait de l’obséder. Elle avait cherché toute trace d’une telle créature mais rien dans les archives qu’elle avait pu consulter n’évoquait quoi que ce soit y ressemblant, même les quasi-légendaires chotgors n’étaient pas aussi gros. Il restait la piste qu’elle se refusait à envisager, celle de ces créatures extraordinaires vénérées par les habitant de My’trä et que l’on appelait les Architectes. L’un d’eux était décrit par les légendes comme régnant sur les mers et les océans. Elle avait le plus grand mal à croire quelque chose d’aussi absurde mais elle avait vu cette chose. Il lui fallait en avoir le cœur net et retrouver le léviathan. Avec cet objectif en tête, son esprit d’innovation commença à réfléchir à un moyen de l’atteindre.
Des idées se succédèrent dans sa tête et soucieuse de n’en laisser passer aucune elle passait des heures, à côté des conseils stratégiques et des manœuvres militaires qui occupaient déjà l’essentiel de ses journées, à dessiner des brouillons, des schémas, des plans, à poser des équations pour estimer la faisabilité d’une chose ou à théoriser de nouveaux appareils nécessaires à son projet : celui d’un navire capable de se déplacer sous l’eau. Elle transmettait régulièrement ses travaux à Fort Felsberg et échangeait avec d’autres ingénieurs là-bas. Une équipe se passionna rapidement et se constitua autour de son concept, la secondant efficacement. Ils commencèrent même les premiers tests de certaines théories alors qu’elle chassait encore le pirate.
Avec tout ça en tête elle ne parvenait pas à dormir plus de quelques heures par nuit et le plus souvent très mal. Butler faisait tout pour lui faciliter la vie, en majordome dévoué, mais il lui manquait quelque chose, de quoi rester au summum en toute occasion. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à utiliser les drogues stimulantes : de quoi ne pas dormir, garder les idées claires, tout le temps. Au bout d’un moment, évidemment, elle ne parvenait plus à suivre quand même et elle passait une ou deux journées enfermées dans sa cabine, avec un mal de crâne terrible, trouvant un prétexte pour ne pas être dérangée.

Durant les années suivantes elle alterna entre des périodes concentrées sur le développement de l’ingénierie à Fort Felsberg, notamment sur la mise au point des premiers prototypes de ce qui deviendrait le Verster une fois que l’idée eut été approuvé par son Haut Général de père, et des périodes de missions en haute mer pour le compte de Daënastre. Malgré sa campagne couronnée de succès les problèmes de pirates n’avaient pas disparus du jour au lendemain et même si elle n’était certainement pas la seule à pouvoir s’en occuper il arrivait qu’on lui confie une mission de ce genre. De toute façon elle n’avait aucune envie de revenir à un rôle cantonné à l’ingénierie. Elle était particulièrement efficace pour mettre au point de nouveaux itinéraires de patrouilles et des lignes logistiques, on fit donc régulièrement appel à elle en ce sens. Elle eut d’ailleurs l’occasion de rencontrer Georges Armstrong Custer en personne lors d’une de ces missions où elle servit de conseiller à la refonte des lignes d’approvisionnement des colonies daënares à My’trä.
Elle fut couronnée de succès dans tous ces domaines et sa réputation ne cessa de grandir au sein de l’armée.

Si bien que lorsque les rumeurs sur la fin du service du Haut Général Reinold Kingston commencèrent à circuler, son nom se présenta assez naturellement. Assez étrangement, porter le même nom lui était plutôt défavorable quand bien même elle n’avait que des rapports très professionnelles avec son père depuis plusieurs années et que les rumeurs de favoritisme étaient quasiment mortes depuis qu’elle avait obtenu son diplôme de l’école d’officier. Mais les hautes instances se méfiaient pas mal des lignées, ce que certains ne manquaient pas de moquer dans le cas d’Elenor puisqu’après tout personne ne savait si elle était réellement la fille de son père.
Jusqu’à ce moment, elle n’avait jamais réellement envisagé de prendre la suite mais l’imminence de la démission de son père la fit réfléchir autrement. Elle n’avait aucune garantie que le futur Haut Général serait accommodant –la plupart des candidats potentiels étaient même de farouches concurrents qui n’auraient aucun intérêt à la soutenir- et accéder à cette position lui permettrait de consacrer enfin le temps et les moyens pour la mise en place de projets qu’elle avait pu envisager au cours de sa carrière sans pouvoir s’en occuper. Elle décida donc qu’elle allait devenir la prochaine Haut Général.
Bien évidemment il s’agissait de quelque chose plus facile à dire qu’à faire, elle n’était pas la seule à désirer le poste et, comme dis précédemment, malgré ses excellents états de service les responsables étaient enclins à vouloir changer de nom. Mais surtout, elle était exceptionnellement jeune, à peine trente ans quand on commença réellement à discuter du sujet dans les hautes sphères.
Comme elle ne pouvait pas surpasser ses précédents accomplissements en peu de temps, n’ayant ni campagne militaire à mener ni idée plus révolutionnaire que le verster, son esprit logique mis au point une autre stratégie, plus implacable. Si elle ne pouvait être meilleure que les autres il fallait qu’elle les rende moins dignes qu’elle. Elle avait d’autant moins de scrupules à une telle logique qu’elle savait que ce qui la pénalisait dans cette course n’étaient rien de plus que des conventions sociales et des préjugés stupides. Toutefois elle n’allait pas pouvoir réussir ce genre de choses toute seule, elle avait impérativement besoin d’alliés et elle se tourna tout naturellement vers sa belle-mère.
Car Desdemona, depuis que son mari était devenu Haut Général et ses enfants adultes, avait cultivé un petit réseau d’amis et de connaissances dans la haute société de skingrad, aussi bien dans l’administration civile que dans la Compagnie des Echanges Libres. Elle n’eut aucun mal à mettre Elenor en contact avec des gens qui étaient tout prêt à aider quelqu’un comme elle à accomplir ses rêves, tant qu’elle ne les oubliait pas après bien sûr. Ainsi, dans les mois qui suivirent, plusieurs figures militaires d’importance virent leurs noms salis dans les journaux ou décidèrent finalement qu’ils devaient réévaluer les priorités dans leur vie, sans raisons apparentes. Puis, en 929, quelques semaines après ses 31 ans, Elenor fut nommée Haute Générale commandant des forces navales et prit ses fonctions à Fort Felsberg.
Depuis lors elle s’attelle à ses nouvelles responsabilités avec l’ardeur au travail qu’on lui a toujours connu, partageant son temps entre gestion à grande échelle des flottes, supervision des équipes de développement d’ingénierie, manœuvres politiques, événements mondains et projets plus personnels.





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