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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zagash
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 [Accomplie] A deux pas du vol.

Celwin Zak'Val
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Mer 25 Jan - 13:11
Irys : 271081
Profession : Diplomate/Musicienne
Pérégrin 0
Contrat:
 

Musique d'accompagnement:
 

Je marche, mon pas est lent. L'horizon s'approche lentement, comme si chaque seconde écoulée approchait davantage de moi les bâtisses à peine visibles de Shüren. C'était le cas, bien entendu. Mais au terme de plusieurs heures de marches, voir l'horizon ainsi que son objectif s'approcher de soi avait quelque chose d'excitant, voir même d'enivrant. Je m'immobilise alors, brutalement. Je laisse mon regard balayer le paysage qui m'entoure, longuement. Je reste parfaitement silencieuse, ne laissant entendre que les quelques tintements des clochettes à mes oreilles dus à mes mouvements de tête.

De l'eau. De l'eau traversant ces plaines comme des centaines de veine qui parcourent la terre. Je me fends alors d'un léger sourire. De vieilles légendes que me racontait mon père me reviennent alors en tête, et je m'efforce en parallèle de réunir toutes les informations à ma disposition sur les habitants de la région de Zagash. Du moins c'est ce que j'aurais fais en théorie. Étrangement, je n'en ai pas envie, je préfère continuer d'observer ces étendues, alternant le vert et le bleu, comme hypnotisée. D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais vu aussi beau paysage. J'aurais sans doute trouvé celui autour de Dyen aussi beau, mais il m'est bien trop familier pour que je puisse encore m'en réjouir. Je pousse un léger soupire, je dois me remettre en route si je veux arriver avant la soirée.

Je reprends alors ma marche, d'un pas qui se veut rapide, bien que mes efforts récents m'obligent à rapidement ralentir le pas vers une marche plus lente mais régulière, me permettant de tenir un certains rythme à présent familier. Je lève alors lentement la tête dans un tintement des clochettes de mon couvre-chef, et pose mon regard sur le ciel, d'un bleu azur éclatant. Est-il différent dans cette région ? J'en doute. Et pourtant, j'ai une impression des plus satisfaisante. Comme le ciel est loin, comme il est inatteignable, et aussi loin que se porte mon regard, il continue de s'étirer et de s'étendre, jusqu'à ce qu'à l'horizon il se confonde avec les terres. Je me fends d'un large sourire, tandis que je continue d'avancer, perdu dans mes pensées. J'ai l'impression de pouvoir continuer de marcher, encore et encore, et qu'importe le temps que je marcherais, il y aura toujours des terres à découvrir. J'ai l'impression que tout comme ce ciel, le monde n'a pas de fin, car toutes les âmes qui le peuplent sont une part de celui-ci, une part infime, mais nous sommes si nombreux. Est-ce réellement mon désir, au fond ? Connaître chaque personne de ce monde comme on connaîtrais chaque grain de sable d'un désert ?

Le petit poids désormais si habituel et naturel sur mon épaule pousse un son continu, que j'assimile très rapidement à un bâillement. La petite créature porte alors doucement ses pattes pour se frotter ses fines paupières, avant de doucement venir enrouler sa queue autour de l'une de mes nattes. Tout en marchant, je tourne doucement la tête vers elle, pour la placer dans le coin de mon champ de vision, et je me fends d'un sourire. Qu'est-ce qu'elle est belle. Ce paysage lui va bien, et elle doit surement l'apprécier également. N'ai-je pas terminer de le penser, que la petite créature observe autour d'elle, les yeux grands ouverts, comme intriguée par l'endroit. Je me fends alors d'un sourire plus large, reposant mon regard sur l'horizon approchant comme une fatalité, continuant ma marche déterminée vers mon objectif.

La première chose que je distingue est sans le moindre doute ce éclatant bleu qui tandis que j'approche, s'élargit devant moi comme des bras prêts à m'enlacer. Je me fends d'un lent sourire. Voici donc pourquoi on l'appelle parfois “la ville bleu”, en effet, les murs de la ville sont en fait peint d'un particulier bleu azur, en accord parfait avec le grand océan qui borde la ville. Entre les bâtiments, j'aperçois des canaux, des embarcations rapides, ou moins rapides passant de temps à autre. Un mode de transport bien pratique, surtout au vu de la légère surélévation de la ville, les courants les emménes loin dans les terres. J'hoche doucement, me faufilant doucement dans les rues pleines, la population encore en ébutillition en ce milieu d'après midi. Je m'avance alors à pas plus grands, plus ample, pour gagner de la distance, après avoir repéré au loin un espace plus ouvert, semblant être une place.

Je m'approche doucement d'un épais panneau d'affichage placé au centre de l'immense place ou des embarcations passent parfois par les courants rapides qui la longent. Je remarque une multitude d'affiche, et décide de m'y pencher, peut-être aurais-je l'opportunité de trouver quelque chose qui pourrait me faire gagner un peu d'argent, et en rendant quelqu'un heureux, de préférence. Je tends lentement ma main gantée vers l'une des affiches, avant de l'arracher d'une traction nette, l'approchant lentement de mon visage pour lire les précisions apporter. Un litige territorial ? Voilà qui pourrait être intéressant, voir même enrichissant. Je me fends d'un léger sourire, avant de remarquer le regard appuyé d'une personne sur le coté, j'enroule doucement l'affiche arrachée, et la range dans ma tenue après avoir lu et mémorisé le nom de mon contact. Je m'approche alors lentement de l'homme, hochant doucement la tête dans un tintement de clochette, me fendant d'un léger sourire pour lui adresser la parole d'une voix posée, naturellement amicale.

- "Salutations, Je suis Celwin Zak'Val. J'ai pris l'affiche déposée par Dame Helm Tineeverrie. Puis-je vous demander où la trouver ?"

L'Homme hausse alors doucement un sourcil, m'observant de haut malgré ma grande taille, la stature imposante. Il se fend alors d'un léger sourire, avant d'hocher doucement à mon encontre, s'exprimant à son tour d'une voix grave, presque gutturale, n'ayant cependant rien d'agressive.

- "Salutations. Elle passe une ou deux fois par jour en ville, vous n'avez qu'à l'attendre ici, où à l'auberge non loin. Je la redirigerais vers vous."

Je me fends alors d'un sourire, ravie, et la petite créature sur mon épaule vient rapidement se blottir contre ma nuque, derrière mes cheveux, comme un tas de feuille morte déposé là, visiblement terrifiée.

- "Je m'en voudrais de vous donner davantage de travail, je vais patienter ici, ce sera parfait."

J'hoche alors doucement dans sa direction, avant de le dépasser, pour me placer au centre de la place, où je m'assois doucement en tailleur. Je laisse mon regard parcourir doucement la foule présente, et les embarcations, une nouvelle fois hypnotisée par le spectacle qu'offre le mode de vie de l'endroit. Je tourne doucement la tête sur le coté pour poser mon regard sur la queue de la petite créature cachée derrière ma nuque, avant de me fendre d'un sourire. Je murmure alors à mi-voix, sachant pertinemment qu'elle ne me comprendra pas.

- "Tu aurais bien besoin de te détendre un peu, ma belle."

J'inspire alors doucement, avant de doucement venir pincer le bout de chacun de mes doigts de la main droite pour retirer mon gant, faisant ensuite de même avec l'autre dans une grande lenteur, pour venir déposer mes gants dans ma tenue, et ensuite venir lentement saisir la flûte en bois ancien à mon coup. Je porte doucement l'embout à mes lèvres, laissant mon cœur vibrer, en laissant échapper une douce mélodie aussi calme et avenante qu'un lent ruisseau, calme. Un ruisseau qui veut atteindre un lac, des lacs, autant de lacs qu'il y a d'oreilles qui veulent écouter, entendre, comprendre de doux mots sussurer à leur oreille.



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Möchlog
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Mer 25 Jan - 15:59
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Administrateur
Shüren est la capitale de tous les océans de ce monde. Elle semble en être l'incarnation. Une odeur iodée vous rappelle en permanence où vous êtes, et se confond parfois avec la moiteur d'un poisson en train d'être ouvert, où la puissance de ces encens exotiques confectionnés avec des algues marines. Les mures de la ville, recouverts de nuances azures, suintent d'une essence étrange, qu'on ne saurait décrire comme tout à fait réel, ou tout à fait imaginaire. La ville vous parle, à travers le refoulement des vagues ou la vigueur de chacun de ses quartiers. Tous s'animent ensemble d'une clameur aux origines troubles. Parfois, elle est le fruit d'un heureux événement survenu dans la nuit, d'une célébration locale qu'aucun ne saurait parfaitement comprendre, ou bien encore d'une des nombreuses escarmouches qui rythment la vie des Shürains un peu trop téméraires. Le sang coulant des narines se mêle à l'eau coulant sur le sol, dans une boue étrange aux reflets de cuivre, mais jamais aucune réelle haine ne survient dans les esprits. Ce sont leurs habitudes, leurs jeux depuis l'enfance. Mais parfois, une étincelle de bon sens se manifeste...

Aujourd'hui, cette petite flamme si fragile dans le cœur des impétueux Zagashiens prenait la forme de la petite Helm Tineeverrie. Une adorable vieille femme qui arrivait à peine à la poitrine de la plupart des gens, et qui pourtant parvenait, on ne sait comment, à en impressionner bien plus encore par son tempérament ferme et résolu. Modèle de gentillesse, la plupart du temps, elle se transformait en tempétueuse créature des océans quand on l'asticotait un peu trop. Sa colère était légendaire dans le petit bourg de Gileh, tout proche de la capitale. Mais hormis les paysans qui l'entouraient, une fois au milieu de la foule qui peuplait Shüren, elle n'avait pas l'air plus dangereuse que n'importe quel autre adepte de Dalai (A relativiser, compte tenu de leur incorrigible réputation.) Elle se promenait, souriait, avec ses tresses argentées qui brinquebalaient autour de son visage chaleureux. Une robe bleue, encadrée d'une épaisse cape grise, lui permettait de survivre aux abondantes pluies qui assommaient Zagash une fois l'an.

Assise dans une charmante gondole, Helm songeait à sa prochaine destination. Elle venait quotidiennement dans la capitale pour y vendre les fruits de son verger, ou y rencontrer des amies sur les places bourdonnantes de Shüren. Maintenant qu'elle avait fait ses commissions, toutes disposées avec soin dans un panier d'osier pendant à son bras, elle pouvait désormais se prélasser en écoutant le murmure de l'eau froide, et le sifflotement paisible du navigateur qui devait éprouver la pluie plus que quiconque dans cette ville. Il ne bougeait pas, ne pouvait cesser ses convois pour se réchauffer dans la taverne la plus proche... Il méritait bien la petite pièce que la matriarche prévoyait de lui donner une fois arrivés.

Chose promise, chose dû, et lorsqu'elle put enfin fouler le sol de la place Tardaris, son endroit favoris de la capitale, elle tendit quelques menues monnaies au gondolier en souriant. Celui-ci les accepta d'un geste reconnaissant, et salua la vieille dame chaleureusement avant de reprendre le cours de sa journée. Helm poursuivit sa route vers le centre de la place, où elle avait donné rendez-vous à une de ses vieilles connaissances, pour parler du beau temps, sûrement, ou bien des futures semences que les habitants de la région feront probablement dans quelques temps, à la fin de la saison des pluies. Ce fut, cependant, une toute autre personne qui l'attendait là. Milo, un ouvrier taciturne, le plus souvent affairé à l'entretient des étales de la place marchande, arraisonna la vieille femme en tendant le bras depuis le centre de la place.

- Oh, bonjour Milo ! Quoi d'beau aujourd'hui ? Vous n'avez pas trop froid, habillé comme ça ? Demanda la paysanne.

- Quand on travaille, on a pas souvent froid, madame Helm. J'suis venu vous prévenir qu'une jeune fille vous cherchait tout à l'heure. Elle est partie s'asseoir là-bas, et depuis elle joue de la flûte.

- Ça par exemple, elle doit être venue pour m'aider, cette petite ! Peut-être qu'elle pourrait leur jouer une note ou deux, ça les calmera. Lança-t-elle avec un léger rire.

Le grand Milo sourit, avant de saluer la vieille dame et de se remettre au travail. Helm était contente, enfin quelqu'un pour lui régler ses misères de voisinage. Elle s'approcha lentement du centre de la place rectangulaire, âprement ralentie par les autres passants qui se réunissaient peu à peu autour de la douce mélodie jouée par Celwin. La matriarche n'était pas très musique, aussi ne fit elle que s'agacer face à tout ce monde en face d'elle. Bataillant avec les bras, elle parvint à se frayer un chemin jusqu'à son but ! La musicienne était effectivement calmement assise au centre de la place, au pied de la fontaine de pierre en son centre, et jouait les yeux clos. Une étrange créature pelucheuse se tenait sur son épaule.

- Eh bien, vous en ramenez du monde, ma petite ! Lança la jeune femme d'un ton jovial, tout en s'approchant de Celwin.

Elle attendit que ladite demoiselle se leva pour se présenter. La fin de la musique sonna la dispersion des badauds, ce qui n'était pas plus mal.

- Je suppose que vous êtes là pour le contrat. Désolé de vous avoir fait attendre, mais on vient seulement de m'prévenir qu'on me cherchait.

Son visage souriant et aux plis multiples avait de quoi attirer la sympathie, d'autant plus que sa petite taille lui donnait un air inoffensif suffisamment rare pour être apprécié. De sa démarche anatinienne amusante, elle prit soudain la direction d'un banc un peu éloigné du centre exact de la place Tardaris. Son panier au bras, elle usa pourtant de son autre main pour faire un signe à la jeune Celwin et son compagnon à poils.

- Venez, jeune demoiselle, on pourra parler une fois assises. Mes vieilles jambes se font capricieuses !

En réalité, vu le nombre de kilomètres qu'elles avalaient chaque jour, les jambes de Helm n'avaient rien à envier à personne, mais elle avait envie de s'éloigner un peu de l'attroupement, et surtout de profiter de la vue calmement. Dans le pire des cas, elle ouvrirait un des petits fromages de brebis qu'elle avait acheté un peu plus tôt pour calmer sa petite faim juste naissante. Elle n'était pas pressée de retourner chez elle, auprès de ces deux margoulins...

Helm Tineeverrie:
 


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Celwin Zak'Val
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Mer 25 Jan - 17:30
Irys : 271081
Profession : Diplomate/Musicienne
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Des bruits de pas. Des murmures. Un nombre de voix qui croît. Je sais la place très fréquenté, mais je n'imaginais pas que l'attention de tant de personnes pourrait être attiré par une mélodie si calme et si posée. Non pas plate, aucune de mes mélodies ne le sont, ceci dit il ne s'agit pas là d'un morceau mouvant. Ceci dit il est vrai que mon but est atteindre chacune de ces personnes, serais-je en train de me plaindre de m'approcher, aussi infime-ment, de mon but ? Chacune des personnes présentes me voit, m'aperçoit, pourrait même me toucher. Mais personne ne le fait, comme retenue à une certaine distance par une force qui les y invite. Comme pour laisser autour de moi l'air porter mes mots et mes mélodies jusqu'à leurs oreilles. Comme pour laisser autour de moi assez de place pour que les vibrations de mon instruments ne soient pas étouffés. Chaque personne a une oreille, et chaque personne peut prendre le temps d'écouter. Autour de moi, ils écoutent tous. Et j'ose espérer que chacun de mots leur parviendra, et que chacun d'eux s'ajoutera à une longue phrase, véritable plaidoyer du pacifisme et de l'évolution.

Une voix s'élève soudain juste devant moi, après quelques murmures, accompagnée de lents pas. Je laisse alors doucement le flux continue de mots et syllabes que mes cordes vocales laissaient échapper se déverser en une lente et brève chute, avant de doucement ouvrir les paupières, ma vue se floutant très brièvement, pour cause le léger tournis engendré par l'utilisation prolongé de mon souffle. Je cligne alors plusieurs fois des yeux, pour poser mon regard sur la vieille femme se tenant devant moi, les cheveux argentés, de petites tailles, dont le col laisse apercevoir quelques poils d'une épaisse fourrure.

- Eh bien, vous en ramenez du monde, ma petite !

Mes pensées reprenant doucement chacune leur place après ce temps de détente et d'intense réflexion, je me lève, sortant par la même occasion la petite créature sur mon épaule de son léger sommeil. La petite bête se redresse alors sur mon épaule, avant d'ouvrir de grands yeux devant la foule s'éloignant après la fin de la mélodie, pour retourner vaquer à leurs occupations. Elle vient relever sa crête dans une sorte de glapissement, se blottissant contre mon cou. Je repose alors lentement mon regard sur la vieille dame, que je reconnais alors rapidement comme étant Helm Tineeverrie. J'affiche alors un air désolé, avant de doucement me reprendre, me fendant d'un lent sourire, avant d'incliner la tête dans sa direction, mon couvre-chef se penchant doucement en avant dans une le tintement caractéristique de ses clochettes.

- "Je suis Celwin Zak'Val, c'est un honneur."

- "Je suppose que vous êtes là pour le contrat. Désolé de vous avoir fait attendre, mais on vient seulement de m'prévenir qu'on me cherchait."

J'élargis alors lentement mon sourire, tout en redressant la tête pour laisser de nouveau apercevoir mon visage, tout en me permettant de distinguer le sien. Ma cliente semblait plutôt en forme, et son âge relativement avancé ne semblait visiblement pas être une entrave à ses activités. Elle tourna alors doucement les talons, et dans un haussement de sourcil, je la suivis avant même d'entendre ses paroles, le regard fixé sur ses épaules, assez basses devant moi, mais cela n'abîmais pas pour autant l'image qu'elle laissait paraître, par sa démarche. Ma cliente était sans doute une dame sympathique, mais elle n'avait visiblement pas grand chose à craindre, que ce soit sur le plan moral ou physique, il y a fort à parier qu'elle soit en mesure de défaire nombre d'assaillants d'après les récits que m'on père m'a raconté sur les adeptes de Dalai. Mon père m'avait souvent répété que le don conféré par les Architectes leur donnaient un avantage non négligeable, et j'ai estimé qu'il n'était pas vraiment nécessaire de le tenter d'expérience.

- "Venez, jeune demoiselle, on pourra parler une fois assises. Mes vieilles jambes se font capricieuses !"

J'hochais alors lentement tout en marchant, lui emboitant le pas de mon habituelle démarche lente et posée, les clochettes à mon couvre-chef tintant à chaque pas. Peu à peu, la créature sur mon épaule se détendit doucement, et, la queue toujours enroulée autour de l'une de mes nattes, vint se pencher en avant, au dessus de mon épaule, pour observer Helm.

Après une courte marche, je m'assis doucement à la droite de la femme, après qu'elle même ai prise place sur le banc. Je vint doucement prendre mes gants dans ma tenue, pour les renfiler consciencieusement, le regard posé sur ceux-ci, après quoi je vint tendre ma main droite vers le haut pour saisir l'avant de mon couvre-chef, le déposant doucement sur mes genoux en laissant les cheveux noirs précédemment prisonnier du couvre-chef tomber en trombes sur mes épaules et dans mon dos. Je secoue brièvement la tête, avant de doucement tourner la tête vers Helm, lui adressant un lent sourire avant de prendre la parole, d'une habituelle voix calme, amicale.

- "Ne vous en faite pas, je n'ai pas patienter bien longtemps. Et cela m'a permis de m'exercer un peu. Mon regard s'est en effet poser sur l'affiche que vous avez déposée sur le tableau."

Sur ces mots je viens doucement glisser une main gantée dans ma tenue pour en sortir l'affiche en question, que je déroule doucement. Je pose alors doucement mon regard sur l'horizon, poussant doucement un soupire pour contenir une expiration de surprise a l'horizon teinté et enjoliver par l'après midi tendant vers sa fin, et la vue imprenable que le banc offrait. Mes paroles furent ensuite davantage chuchoter que parler, clignant des yeux.

- "Cette région ne cessera jamais de m'impressionner, elle et ses paysages."

Je toussote alors doucement avant de secouer brièvement la tête, venant ensuite doucement chasser une mèche tombant sur mon visage, tournant de nouveau la tête vers Helm pour lui adresser un sourire.

- "Je suis donc ici pour le contrat, en effet. Il y a t-il des choses supplémentaires que je devrais savoir, avant de me diriger vers le lieu du litige ?"



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Möchlog
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Ven 27 Jan - 22:20
Irys : 89982
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La vieille Helm avait de quoi être charmée. La jeune femme dégageait quelque chose de... de complètement éclatant. Une espèce d'aura, une invitation à partager quelque chose. Cela pouvait être un sonnet, une après-midi, ou bien simplement un glaviot en plein sur votre visage. Elle inspirait confiance, semblait sincère, et pourtant si à cheval sur les conventions et la politesse qu'elle ferait passée un précepteur de bonnes manières pour un vulgaire rustre sans la moindre éducation. Le tintement de ses clochettes amusait madame Helm. Elle songeait que ça ressemblait au son d'un jouet pour enfant, et, par Dalai, elle en avait eu des enfants. Et puis, cette petite chose innommable tant elle était inconnue aux yeux de la paysanne. Elle ne voulait pas le regarder, ne sachant pas vraiment si ça pouvait mordre, griffer, ou lire dans les pensées. Tout était possible. Orshin avait fait vœu que ce soit ainsi en tout cas.

- Ne vous en faite pas, je n'ai pas patienter bien longtemps. Et cela m'a permis de m'exercer un peu. Mon regard s'est en effet poser sur l'affiche que vous avez déposée sur le tableau.

- Je m'en doutais, répondit Helm, d'un ton neutre, son regard dans le vent.

- Cette région ne cessera jamais de m'impressionner, elle et ses paysages.

Celwin semblait rêveuse. A quoi donc pouvait bien elle penser ? Elle eut au moins droit à un regard circonspect de la vieille femme. Cette ville et ses faubourgs, c'était tout ce qu'elle connaissait. Cette vie fut longue, pénible, mais remplie de moments joyeux et de couleurs. Néanmoins, parbleu, elle ne laisserait pas une petite fille dire que cet endroit est l'un des plus beaux du monde, ce serait en insulter les nuances et la peine des gens qui y vivent. Peut-être que, nomade qu'elle était, jamais elle n'avait estimé toute la souffrance des gens qui se sédentarisent pour de bon. Il y en a peu, à My'trä. Mamie Helm, elle, avait suivi le rêve de son défunt mari de vivre au bord Helm. Oui, elle portait le même nom que sa femme toujours vivante, on comprend son souhait. Ils s'étaient installés, il y a bien des années, comme meuniers et faisaient moudre du grain grâce au mouvement du cours d'eau qu'ils aidaient un petit peu avec leurs maigres compétences magiques. Mais aujourd'hui, la vieille femme vivait seule. Un de ses enfants dirigeait le moulin de son père, et lui permettait de vivre tranquillement ses derniers jours. Oui, ce fut une belle vie. C'était la sienne. Une vagabonde ne pourrait pas la comprendre.

- Ouais... Lâcha-t-elle simplement, dans un souffle. Conservant toutes ses remontrances pour son cœur encore vigoureux.

Du coin de l'oeil, Helm remarqua que Celwin la regardait. Elle sourit, sincèrement. Elle n'en voulait déjà plus à la musicienne. L'âge faisait parfois des ravages là où on ne l'attendait pas.

- Je suis donc ici pour le contrat, en effet. Il y a t-il des choses supplémentaires que je devrais savoir, avant de me diriger vers le lieu du litige ?

- Eh bien... entama Helm. Je préfère juste vous prévenir que, même si ce pays vous fait de l'oeil, attendez de voir les habitants pour vous faire une idée.

Sur cet étrange avertissement, la paysanne descendit du banc et retomba sur ses courtes jambes. Elle se souvint que son panier contenait aussi du poisson fumé. L'air ambiant n'allait pas lui donner bonne odeur, et le temps pressait pour le mettre à l'abri du soleil. Elle fit quelques mètres vers une rue adjacente, pensive, avant de se retourner brusquement.

- Eh bah alors, venez ! Lança-t-elle à l'adresse de la jeune femme. Vous arrivez pas à me rattraper, alors que j'ai soixante ans passés ! Faites attention à votre santé, jeune fille.

Un énième sourire complice, et elle repartit en direction de l'extérieur de la ville. Les rues étaient toujours aussi bondées, mais la petite taille d'Helm lui permettait de se frayer facilement un chemin entre les paires de jambes, et les besaces de cuir qui pendent en travers de votre route. Espérons que notre barde itinérante n'est pas trop de mal à tenir la cadence. Une fois dans un tronçon de rue plus calme, la vieille dame continua son avancée, mais attendit que Celwin la rattrape pour lui proposer une collation.

- Vous devez être affamée, jeune fille. Un peu de pain ? Du fromage ? Quelques noix ? Aller, demandez-moi, si je peux vous payer c'est que je suis pas dans la misère. Acheva-t-elle en gloussant vivement.


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Möchlog
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Celwin Zak'Val
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Sam 28 Jan - 18:02
Irys : 271081
Profession : Diplomate/Musicienne
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Je profite de pouvoir l'observer pour regarder plus spécifiquement ses cheveux argentés. Sûrement signe d'un âge avancé, et pourtant Helm ne semblait pas vraiment fatiguée, ou essoufflée, comme pouvaient l'être la plus part des habitants âgés de Dyen. Peut-être est-ce du à une meilleure santé, simplement, mais l'idée que ce soit un résultat direct de la volonté des Architectes me reste malgré tout en tête. Je garde dans un coin de ma tête le fait qu'il faudra que j'étudie ce fait, la prochaine fois que j'irais à Daënastre. Si mon idée se révèle être une vérité, cela voudra dire que j'ai non seulement sous-estimer les My'träns, mais également les Daënastre, il ne faut pas oublier que les deux parties du monde sont sujets à de fortes tensions, cependant, aucun des deux ne se sent assez puissant pour avoir la force d'écraser l'autre. Et heureusement.

- Eh bien... Je préfère juste vous prévenir que, même si ce pays vous fait de l'œil, attendez de voir les habitants pour vous faire une idée.

Je cligne alors doucement des yeux pour m'extirper de mes propres pensées et me concentrer sur Helm. Quel irrespect, Celwin. Je souffle très discrètement par le nez en signe d'agacement envers moi même, avant de voir Helm se redresser, pour faire quelques pas vers une rue adjacente. Je reste quelques instants assise, clignant une nouvelle fois des yeux. Souhaite t-elle que je la suive ? Oui, sans doute, mais ne l'aurait-elle pas dit, si c'était le cas ? Je fronce doucement les sourcils, avant de doucement pousser sur mes jambes pour me redresser, je saisie alors doucement le bout de mon couvre chef entre mon pouce et mon index pour doucement venir le fixer sur ma tête, le tournant doucement pour le replacer droit, dans le tintement des clochettes. Je redresse doucement la tête, juste à temps pour apercevoir Helm se retourner brusquement, pour poser son regard sur moi.

- Eh bah alors, venez ! Vous arrivez pas à me rattraper, alors que j'ai soixante ans passés ! Faites attention à votre santé, jeune fille.

Je me fends d'un sourire, avant de me diriger d'un pas pressé à sa poursuite, qui fût plus difficile qu'on ne pourrait l'imaginer, Helm avait une agilité née de l'habitude et de sa petite taille. Là où celle-ci se frayait un chemin entre les paires de jambes et les passants eux même, j'esquive parfois de justesse un passant portant une lourde charge, ou des enfants jouant. A tel point qu'après quelques minutes, je ne suis plus concentré que sur le fait de suivre la silhouette devant moi qui avec toute l'aisance du monde continue sa marche vers ce qui semble être l'extérieur de la ville. En approchant de la bordure, la densité se fait moins forte, ce qui me permet d'accélérer un peu la cadence, et de rattraper Helm. Je ne sais dire si c'est mon accélération qui me l'a permis, ou le fait qu'elle même ai ralenti, cependant je marche à présent à ses cotés. Je suis cependant satisfaite de remarquer que je ne suis pas essoufflée, malgré le fait que de légères gouttes de sueurs se fassent sentir ça et là.

- "Vous devez être affamée, jeune fille. Un peu de pain ? Du fromage ? Quelques noix ? Aller, demandez-moi, si je peux vous payer c'est que je suis pas dans la misère."

Je me fends d'un nouveau sourire à ses paroles, je n'ai jamais pensé qu'il est possible d'apprécier quelqu'un en quelques instants passés en sa compagnie, mais dans le cas d'Helm, je serais presque prête à mettre mon avis de coté, et à dire que c'est une personne que j'apprécie. Le léger doute que sa sympathie n'est dû qu'au fait que je viens l'aider reste cependant dans un coin de mon esprit, mais je juge bien sûr plus correct de ne pas le faire remarquer, et de ne pas le montrer. J'hoche finalement dans sa direction, en élargissant mon sourire, avant de prendre la parole d'une voix tout aussi calme et amicale que précédemment.

- "Je vous remercie pour la proposition. J'accepterais volontiers un peu de fromage, en effet. J'avoue ne pas avoir manger depuis mon départ en début d'après midi, et la marche creuse."

Je reste souriante, tandis qu'à peine je finis de parler que je sens le petit poids sur mon épaule bondir sur mon couvre-chef. Je penche doucement la tête en grimaçant, avant de doucement tourner la tête vers Helm. La petite créature ayant déjà réagis à l'odeur dégagée par le panier de Helm. Je secoue doucement la tête d'un air amusé, avant d'adresser une grimace d'excuse à la vieille dame, levant doucement mes mains gantées pour prendre le Khulgana, et le posé sur mon épaule, depuis laquelle il vient enrouler sa queue autour de l'une de mes nattes pour se pencher au dessus de mon épaule, vers Helm, les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées, et les oreilles battantes.

- "Veuillez l'excuser. Je l'ai depuis plusieurs années, mais elle reste incorrigible sur certains points. Ne vous en faites pas, cependant, elle n'est pas agressive, et n'a jamais blessé personne."



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Möchlog
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Mar 31 Jan - 22:07
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Helm, du haut de son demi-siècle d'existence -grossi de quelques miettes d'années perdues- avait eu suffisamment d'enfants, de petits-enfants, d'amies ayant elles-mêmes eut des enfants, ensuite les petits-enfants à nouveau, puis les enfants de sa petite sœur, ceux qu'elle a eut par la suite avec son second mari, les enfants des voisins qui venaient jouer avec les siens, enfin bref, elle avait tellement été la mère de tout le village qu'elle savait parfaitement que Celwin n'allait pas refuser le petit casse-croûte proposé ! Bohémienne, frêle, un animal auprès d'elle... elle ne devait pas avoir tous les jours son écuelle pleine, cette petite. Déballant en deux-en-trois mouvements un pain moelleux emmitouflé dans un chiffon de lin, elle le laissa au fond de son panier, tandis qu'elle sortit un canif d'une de ses innombrables poches pour en découper un morceau. La mie couleur d'argile exhalait une odeur alléchante, mais ce n'était rien comparé au petit fromage, pas plus grand qu'une grosse pièce d'or, qu'elle tartina ensuite dessus. Une texture crémeuse, qui devait rendre le tout irrésistible pour quelqu'un d'affamé.

Elle tendit chaleureusement l'en-cas à la jeune fille, puis frotta sa main couverte de farine sur le torchon. Elle remballa tout son petit panier, et elles reprirent leur marche vers le hameau qu'on voyait à l'horizon, une fumée cendrée se dégageait des cheminées des petites cahutes disposées sans la moindre logique autour sur une honorable surface, le tout étant évidemment réparti sur l'une et l'autre rive -si l'on peut appeler cela une rive- d'un petit court d'eau qui serpentait nonchalamment depuis une colline voisine. Quelques petites dizaines de minutes, et Celwin pourrait enfin s'atteler à la tâche pour laquelle la vieille Helm comptait la payer. La bestiole sur l'épaule de la demoiselle se faisait de plus en plus agitée, mais jamais la fermière ne comptait donner la moindre miette à l'animal.

On sait comment ça se passe après, ça en demande un peu plus, puis un peu plus, et au final on a plus rien à cause de notre compassion. Non, les animaux de ce genre ne causaient que des soucis. Helm se souvint d'une lointaine soirée pluvieuse, où son plus jeune fils était rentré tard, pour demander à ses parents si l'on ne pouvait pas héberger un animal blessé. Ah ! Ça pour être blessé, il l'était ! Borgne, une patte en moins, en moins vous dis-je ! C'est plus que blessé, à ce stade, ça s'appelle être condamné ! Le pauvre gosse en était mort de chagrin, mais son père, aujourd'hui six pieds sous terre, avait noyé l'animal dans la rivière la plus proche, préférant abréger ses souffrances plutôt que de s'en infliger à le garder auprès d'eux. Mais bon, Celwin aimait ce genre de compagnie, c'était son choix ! Qui était-elle pour juger, cette mamie de faubourg ?

- Oh, mais je ne doute pas de sa gentillesse, mais elle ne chipera rien dans mon panier ! Lança-t-elle, d'un ton qui se voulait ferme et plaisantin à la fois. Vous aimez le fromage ? C'est un ami à moi qui le fait. Ses brebis sont ravissantes, si vous les voyez ! Et puis, tellement blanche leur laine... J'avais fait une couverture avec, y'a quelques années déjà, pour un de mes fils qui allait avoir son troisième enfant et qui manquait de lits ! Du coup, c'est Freya, la femme du menuisier, qui lui en a arrangé un, et moi j'ai fait toutes la literie. Enfin bref, je vais pas vous ennuyer avec mes histoires, d'autant qu'on est bientôt arrivés !

Le chemin proprement aplani bifurquait à leur droite sur un petit chemin de terre et de cailloux qui devait être impossible à emprunter une fois trempé. Des flaques de boues et d'autres substances à l'odeur âcre tapissaient les petits fossés, et les chaussures de la vieille Helm menaçaient d'être recouvertes de boue. Mais c'était sans compter sur l'ingénieux Gousta, qui avait placé des restes de cagettes attachées ensembles en travers du chemin pour servir d'appui et éviter de se salir. Ils respectaient tous beaucoup la vieille dame. Malgré tout, cela n'empêchait pas les deux phénomènes de foire du coin de toujours chahuter, qu'il vente ou qu'il pleuve, même avec l'intervention de la doyenne. D'ailleurs, voilà qu'un petit garçon vient à l'encontre de la mamie au panier.

- Helm ! Helm ! Vite, viens ! Y'a encore Thoroc et Dunnas qui se crient dessus ! Maman dit que ça effraie les poules !
Annonça-t-il, haletant après sa course.

- Oh là là ! Grommela la vieille dame, paraissant soudain beaucoup moins agréable. Bon ! Désolé, ma petite demoiselle, mais vous allez devoir vous y mettre plus tôt que prévu... Venez avec moi, c'est par là.


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Celwin Zak'Val
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Mer 1 Fév - 12:04
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Je marche depuis peu de temps au même niveau que Helm. J'ai l'impression que son pas s'est un peu ralentie, tout comme j'ai l'impression que le mien ne s'est pas accéléré. Cela fait assez peu de temps que nous sommes "sorties" de la ville, et j'aperçois déjà les petits cours d'eau se mélangeant à la terre pour former par endroit, une boue plus ou moins épaisse, donnant a l'extérieur de la ville, une dimension moins propre, plus paysanne, si j'ose dire. En réalité, j'ai croisé nombres d'âmes pour qui le terme "paysan" était péjoratif. En réalité, je n'en vois pas la raison. Je n'ai jamais méprisé les agriculteurs, personnellement, ce serais plutôt l'inverse en réalité, je leur destine un certains respect, ils vivent dans des conditions plus difficiles que les nôtres pour la majorité, et l'effort physique est constant et dur. Il m'arrive de me demander si certains n'aiment pas ce train de vie, mais certains doivent forcément apprécier celui-ci. Je suis sûre que certains ont le choix de leur activité, et préfèrent labourer des terres. C'est tout à leur honneur.

En partant de ce principe, leur terre et leur possessions doivent avoir une réelle importance, pour eux, il est difficile pour quelqu'un venant d'un milieu urbain de définir l'importance que peut avoir une terre pour quelqu'un qui la cultive et vie de celle-ci. Aussi je suppose qu'il ne doit pas s'agir d'une petite somme, et d'une petite parcelle de terre dans mon contrat actuel. Je dois encore réfléchir à mon approche par rapport aux deux personnes en conflit, même si je pense avoir une idée de la manière dont réglé cette histoire.

J'inspire doucement, avant d'hocher très légèrement, comme pour moi même. Rappelée immédiatement à l'ordre du présent par le tintement de mes clochettes, je redresse ensuite la tête pour la tourner vers Helm, qui peu de temps après ma réponse s'était déjà mise à me préparer un encas. Je me fends d'un lent sourire, alors, en tendant lentement ma main gauche gantée vers celle de la vieille dame pour me saisir de l'aliment qu'elle me tend, la remerciant d'un lent hochement de tête, accompagné du tintement de mes clochettes, souriant largement alors.

- "Tout mes remerciements."

J'inspire alors doucement, en portant d'un geste lent le morceau de pain à mes lèvres, humant brièvement l'odeur alléchante qui s'en échappe, avant de doucement mordre dedans avec une envie débordante, source d'une odeur que je n'ai que bien peu apprécier dans ma vie. Je mâche doucement, et je me rends alors compte avec une immense joie que l'odeur accompagne un goût très appuyé, le fromage fondant sur le pain avait un goût unique une fois en bouche. Autant dire que pour moi qui n'avais pas mangé depuis mon départ ce matin, c'était un petit encas très appréciable. Je me demande alors qu'est-ce qui a poussé Helm à m'offrir à manger. Mon apparence est-elle si maigrichonne que ça ? C'est une point à vérifier, il ne fait pas bon pour un diplomate de sembler sous alimenté, ou en mauvais état physique. Je mord une nouvelle fois dans le bout de pain, avant de souffler doucement par le nez de contentement. Je me suis contenté d'un "Tout mes remerciements" alors que ce que j'aurais à dire serait bien plus désordonné, mais bien plus fort.

Je tourne alors doucement ma tête vers la vieille dame, tandis que des paroles me viennent, clignant brièvement des yeux.

- "Oh, mais je ne doute pas de sa gentillesse, mais elle ne chipera rien dans mon panier ! Vous aimez le fromage ? C'est un ami à moi qui le fait. Ses brebis sont ravissantes, si vous les voyez ! Et puis, tellement blanche leur laine... J'avais fait une couverture avec, y'a quelques années déjà, pour un de mes fils qui allait avoir son troisième enfant et qui manquait de lits ! Du coup, c'est Freya, la femme du menuisier, qui lui en a arrangé un, et moi j'ai fait toutes la literie. Enfin bref, je vais pas vous ennuyer avec mes histoires, d'autant qu'on est bientôt arrivés !"

Je me fends alors d'un large sourire, avant d'hocher doucement dans le tintement de mes clochettes.

- "En réalité je me suis contenté d'un "Tout mes remerciements" mais le fromage autant que le pain est succulent, j'ai rarement goûté des mets directement chez leur producteur. Vous lui direz de la part d'une inconnue que son fromage est exquis."

Je ris brièvement, avant de prendre la dernière bouchée qu'il me reste dans la main, finissant ainsi le succulent encas, presque à contre-cœur. Une fois la douce odeur de fromage et de pain frais dissipé, je suis soudain assaillis par une odeur plus âcre et bien moins appétissante que je reconnais rapidement comme étant celle de la terre qui mélangée à de l'eau forme d'épaisses et plus ou moins profondes flaques de boues. Je relève alors doucement la tête en haussant les sourcils, ma vue se posant doucement sur le hameau juste devant moi, accompagné par le tintement de mes clochettes, je vois Helm continuer d'avancer, en utilisant des sortes de bouts de bois attachés ensemble, sur le sol, dont l'utilité m'est inconnue, bien que je me doute qu'ils permettent d'éviter les bottes trempées. Un petit garçon fait soudain irruption devant nous en courant vers Helm.

Je sens le petit poids sur mon épaule pousser un glapissement devant le bruit et la précipitation d'un potentiel prédateur se jeter derrière ma nuque et s'aplatir autour de mon cou. J'avais presque oublier se présence. C'était sa manière de faire à ce petit ange. Elle restait silencieuse, et au dernier moment, faisait les yeux doux pour avoir une récompense comestible. Je me fends d'un lent sourire, avant de m'immobiliser derrière Helm, tandis que le petit garçon parcourait les derniers mètres qui le séparait de nous.

- "Helm ! Helm ! Vite, viens ! Y'a encore Thoroc et Dunnas qui se crient dessus ! Maman dit que ça effraie les poules !"

Je fronce alors doucement les sourcils, avant de laisser ma tête tourner vers Helm en harmonie avec les tintements de mon couvre-chef, cette dernière ayant eu le même réflexe laisse à présent paraître un air agacé, bien moins agréable.

- "Oh là là ! Bon ! Désolé, ma petite demoiselle, mais vous allez devoir vous y mettre plus tôt que prévu... Venez avec moi, c'est par là."

J'hochais alors simplement, avant de lui emboiter le pas en répondant, chacun de mes pas plus rapides et appuyer que les précédents laissant tinter les clochettes de mon couvre-chef proche du petit Khulgana immobile dans mon cou.

- "Vous n'avez pas à vous excuser. Je vous suis, plus vite le problème sera réglé, plus vite vous pourrez profiter d'un peu de calme."



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Mer 8 Fév - 22:01
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Un cortège atypique traversait le petit hameau en direction des propriétés éloignées où avait éclaté le conflit. Un énième conflit, depuis que ces deux hommes étaient voisins, mais aujourd’hui la petite communauté de paysans avait dégoté une arme. Cette procession était donc composée, de prime abord, par le jeune garçon venu alerter la vieille femme, suivi de près par cette dernière dont la démarche dynamique, assortie à sa petite taille, lui donnait un air de furie qu’il valait mieux ne pas croiser et ne surtout pas irriter plus qu’elle ne l’était déjà. Finalement, la bruyante Celwin, et son étrange compagnon perché sur son épaule, fermait la marche en faisant sonner ses clochettes, ce qui attira bien évidemment tous les habitants peu habitués à ce tintamarre à sortir de chez eux. Tant et si bien que nos trois valeureux partisans de la paix virent se joindre à eux une bande d’étranges curieux, qui les suivaient sans tout à fait courir, ni tout à fait marcher, madame Helm et ses deux compères. Cette dernière s’en fichait un peu, s’efforçant de garder son rythme tandis que ses jambes commençaient doucement à plier sous son poids.

Mais, comble de bonheur, on entendit bientôt les injures fleuries de nos chers fermiers à la gorge de coq. On aurait pu croire que l’enfant se boucherait les oreilles avec tous ces mots appartenant au champ lexical de la prostitution, mais tout le monde ici se doutait qu’il avait sûrement déjà entendu bien pire. Peut-être que c’était Celwin, la plus à-même d’être heurtée par le vocabulaire des deux Zagashiens. M’enfin, si elle se débinait déjà, il n’y avait rien à attendre de plus d’elle, et le village se retrouverait encore obligé de fermer fenêtres et oreilles pour cesser de les voir brisés, les uns comme les autres, par cet horrible chant méphistophélique, digne des plus grandes cérémonies obscures du fin fond de la jungle du Kharaal Gazar.

On tourne à droite à la chaumière à étage, puis on dépasse celle avec un jardin rempli de pommiers, on poursuit tout droit, toujours tout droit, et voilà, on est arrivés. Désormais, les injures sont insupportables, même pour celle qui s’érige en modèle de calme dans la petite société paysanne. La vieille Helm s’accorda un « Vous allez la fermer, bande d’idiots !! » avant de replacer ses pauvres tresses toutes dérangées par l’émotion. Les deux hommes, que seul un bras d’eau apparu quelques semaines plus tôt séparait, se lançaient des noms d’oiseaux –voir quelques pierres lors des mauvais jours- depuis tout autant de temps. Cette scène, bien que d’une violence à décoiffer des sapins, était devenue quotidienne. Au son si mélodieux de la voix d’Helm, ils se retournèrent avec  des visages surpris, mais toujours teintés de cette colère qui les animait quelques instants plus tôt.

Celui à droite, c’était Alvin Thoroc. Grand, maigre, le visage goguenard encadré par une tignasse blonde en forme de bol. Sa barbe est encore celle d’un poupin –bon d’accord, d’un poupin sacrément précoce, mais vous saisissez l’idée- et l’on peut lire dans ses yeux sombres une certaine forme de méfiance à l’égard de tout et de tous. Il a tellement la dégaine d’un avare près de ses sous qu’on aurait presque envie de le voler juste pour le faire réagir. Si l’on glisse les yeux vers sa maison, ma foi très honnête ferme, on pourra voir sa discrète femme, prénommée Elyse, qui observe la scène dans l’encadrement de la porte. Pauvre femme. Quels tourments ses tympans doivent vivre…

Et dans le coin gauche du ring – euh – du champ, vous avez Rogvir Dunnas ! Un homme gras, c’est la première chose qu’on voit. Il mange bien au moins, le lascard, on ne peut pas en dire autant de son plus grand garçon, Ghor, qui se tient à ses côtés dans toute sa maigreur maladive. On raconte dans le coin qu’il a un sérieux problème de digestion, mais on préfère se concentrer sur son paternel qui, de son côté, prouve au quotidien son incroyable santé ! Pourtant il est vieux, pas autant que mamie Helm, mais sa longue barbe de plâtre et son front quelque peu dégarni lui donnent plus d’hivers qu’il n’en a passé en réalité.

- Bon, maintenant c’est fini vos âneries ! J’ai amené quelqu’un, ici, qui va résoudre vot’problème une bonne fois pour toute. Et croyez-moi, si elle y arrive pas par la parole, je lui donnerai volontiers la corde pour vous pendre tous les deux ! Pesta la doyenne d’une voix soudain plus rocailleuse.

Le petit garçon, quant à lui, se tenait derrière Celwin, reluquant avec émerveillement la beauté de son… animal de compagnie. Quoi, vous pensiez à autre chose ? Roh, vous êtes sales. Il a même pas la moitié de son âge, le petit…

Alvin Thoroc:
 

Rogvir Dunnas:
 

Son fils, Ghor:
 


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Celwin Zak'Val
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Sam 11 Fév - 18:10
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Je marche, et mes pieds restent à peu près sec. Une bonne chose, à n'en pas douter. Un Diplomate se doit de rester propre sur soi même en toute occasion. De toujours paraître au meilleur de soi même. Je continue d'avancer dans le petit hameau dans le tintement des clochettes qui entourent mon couvre-chef tandis que des paroles familières me reviennent en mémoire, je m'en saisie, et les manipule dans mon esprit, encore et encore, jusqu'à mettre le doigt, le bout du doigt, sur ce que je cherche, sur la parole qui m'a toujours permise de m'en sortir. "Le travail d'un diplomate n'est pas de trouver une solution, Celwin. Pour la simple et bonne raison qu'une solution pour l'un n'est jamais une solution pour l'autre. Le véritable travail d'un diplomate, c'est de par sa prestance et sa présence, ne laisser douter aucun des parties que la solution trouvée est la bonne." Je cligne brièvement des yeux, la tête légèrement penchée, masquant ainsi la partie supérieure de mon visage. Mon rôle n'est pas d'aider ces deux fermiers. C'est d'aider Helm. Je le sais, c'est pour ça que j'ai été engagée, même si je compte refuser son paiement.

Je souffle brièvement par le nez, toujours aussi pensive, lorsque de nouvelles paroles me reviennent toujours en mémoire, tout aussi sage et instructives. "Ton travail n'est pas de leur apporter une solution, parce qu'ils ont sans doute déjà pensé à toutes les solutions. Ton travail c'est de présenter une solution que tu imposeras en écartant tout leurs arguments qui s'y oppose. Tu as tes arguments, crois uniquement en eux, car les parties d'un conflit ne feront jamais un effort d'eux mêmes." Je continue de marcher, et je relève lentement la tête pour poser mon regard sur Helm, qui avance de son pas tel une furie, ce ne doit pas être simple, pour elle. De devoir gérer ce genre de conflit, j'entends. J'aurais tendance à vouloir ménager nos aînés, plutôt que de les surcharger. Enfin, je pense déjà avoir une idée de comment je vais régler ce conflit. Continuant notre marche, je me rends alors compte que nous observons une cadence plutôt énergique, ce qui est peu dire, je tourne brièvement la tête sur les côtés en marchant, dans le tintement caractéristique de mes clochettes, juste à temps pour remarquer dans un coin de mon champs de vision, en adéquation avec les sons, des villageois curieux qui nous suivent d'un pas modéré.

Nous tournons à une maison, et nous continuons, toujours tout droit, mon regard croise un jardin de pommiers, quelques chaumières, quelques fermes, avant de se poser, lorsque je repose mon regard en face de moi, sur deux silhouettes, penchées au dessus d'une tâche boueuse, l'une face à l'autre. Je me rends alors soudainement compte de la violence des insultes qui sont échangés. J'ai déjà entendu pire, à n'en pas douter, mais je ne pensais pas que les deux parties étaient autant en désaccord, au point de s'insulter mutuellement. Il n'y a plus qu'à espérer qu'ils n'ont pas prévu d'en passer aux mains, sinon ma mission va être plus ardue que prévue. Notre petit groupe, à présent élevé au rang de cortège s'arrête alors proche des deux silhouette, tandis qu'une voix furibonde tranche net le flot ininterrompu d'insultes des deux hommes.

- "Vous allez la fermer, bande d’idiots !!"

Je relève lentement la tête, afin de laisser apercevoir mon visage dans sa totalité, et pour me permettre d'observer les deux hommes, qui à présent regardent dans notre direction avec un air colérique mi surpris. Dans le tintement si familier de mes clochettes, j'observe brièvement les deux hommes, l'un après l'autre. Je note rapidement quelques détails que je retiens rapidement dans un coin de ma tête. Le premier étant la corpulence développée de l'un d'eux. Je retiens juste après l'air du second, la corpulence banale, mais un regard vif, et un laisser paraître qui me laisse penser que l'histoire ne sera pas si simple à régler. Je me souviens alors des paroles de mon mentor, autant me corriger moi même. Elle sera très simple à régler, mais l'un des parties ne verra pas ça comme une solution, à moi de lui prouver que s'en est une.

La petite créature sur mon épaule s'agite brièvement, avant de s'allonger de tout son long, l'air d'avoir très peu apprécié le bruit ambiant, les pattes serrés sur ses petites oreilles. Il ouvre doucement un oeil une fois le silence revenu, pour se redresser doucement, observant avec de grands yeux curieux le rassemblement derrière moi.

- "Bon, maintenant c’est fini vos âneries ! J’ai amené quelqu’un, ici, qui va résoudre vot’problème une bonne fois pour toute. Et croyez-moi, si elle y arrive pas par la parole, je lui donnerai volontiers la corde pour vous pendre tous les deux !"

J'hoche alors très lentement du chef dans le tintement de mes clochettes, avant de doucement m'approche des deux personne, le pas relativement lent, et l'air sérieuse, il s'agit là de la première impression, si ces messieurs ont l'impression de pouvoir me manipuler, ou que mes proposition ne seront pas sérieuses, le contrat se verra bien plus ardue. J'avance donc doucement vers les deux hommes de mon pas naturellement lent et assuré, avant de doucement m'avancer du premier homme, à la corpulence raisonnable. Je m'immobilise lentement proche de lui, avant de lentement approche mes mains l'une de l'autres, pour retirer mes gants, et les ranger dans ma tenue. Ne jamais serrer la main à une personne avec un gant, cela créer inconsciemment une distance, ou inspire la condescendance. Je range donc rapidement mes gants, avant de tendre une main vers l'homme, en espérant qu'il me la serrera, avant de me fendre d'un léger sourire, pour prendre la parole d'une voix calme, mais pas amicale, simplement calme, posée.

- "Salutations. Je suis Celwin Zak'Val. Diplomate de profession. Je vous dirais bien qu'il s'agit là d'un plaisir de vous rencontrer, mais je crains que la raison de ma venue m'en empêche. Je me contenterais donc d'être honorée de vous rencontrer, si vous n'y voyez aucun inconvénient."

Je cligne brièvement des yeux, avant de lentement pivoter pour tendre la main au second partie du conflit, toujours aussi calme, j'hoche brièvement en direction de ce second partie, avant de remarquer, juste à coté, caché dans l'ombre de celui qui doit être son père, une personne à la corpulence maladive. Je me penche donc lentement pour lui tendre ma main également, laissant mes pieds s'enfoncer dans la terre meuble sans réaction spécifique. Je suis assez fière de moi, pour cette entrée en scène. Mes paroles leurs ont bien fait comprendre que je ne compte pas y aller par quatre chemins, et que je ne suis pas là pour des vacances. Du moins je l'espère.

Je me redresse ensuite lentement, pour pivoter vers le groupe de villageois, fronçant très brièvement les sourcils. Si possible, toujours éviter de régler un conflit en présence d'une foule, qui ferra tout pour pimenter la situation, consciemment ou non. Je pose donc lentement mon regard sur la Doyenne des lieux, avant de me fendre d'un léger sourire, inclinant doucement la tête dans sa direction.

- "Je vous remercie pour l'escorte." - dis-je dans sa direction, avant de relever la tête en direction du groupe de curieux amassé derrière la Doyenne. - "Je pense que vous pouvez retourner à vos occupations sans être préoccupés, excusez le dérangement, si dérangement il y a eu."

Je plisse très brièvement les yeux, en espérant que ma demande polie suffira à les disperser, avant de lentement pivoter de nouveau vers les deux parties du conflit.



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Möchlog
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Dim 19 Fév - 14:36
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L’étrange jeune femme qui accompagnait Helm s’avança auprès du plus maigre des fermiers, Thoroc, qui devait bien la dépasser d’une demi-tête. Il baissa les yeux vers Celwin, s’accordant un regard lourd de méfiance et de menaces voilées. Comme n’importe quel homme fier de son culte voué à Dalai, il n’appréciait pas vraiment que l’on essayât de contenir ses transports. Il revendiquait de pouvoir s’énerver quand il le voulait, sur qui il souhaitait. Quel charmant personnage. La main tendue de la diplomate, il l’avisa durant de longues secondes, le même dédain dans les yeux, avant de se détourner d’elle, refusant ainsi toute l’amabilité qu’offrait pourtant la jeune femme. Simple spectateur de cette scène cocasse, le vieux Dunnas se fendit d’un sourire. « Comment il peut avoir une telle poulette celui-là… » Songea-t-il, avec amertume. Néanmoins curieux, il s’appuya lourdement sur la bèche qu’il tenait dans les mains, et écouta avec une attention suspecte la petite tirade de Celwin.

- Je vous dirais bien qu'il s'agit là d'un plaisir de vous rencontrer, mais je crains que la raison de ma venue m'en empêche.

Un rire sonore, à l’origine inconnue. Il ne fallait pas oublier que derrière la doyenne du village s’amassait un beau fragment de la population du hameau. Cette dernière calma d’ailleurs le goguenard d’un « Chut ! » aussi puissant qu’un vent de mer frappant des dunes de sable. La discussion entre les deux dissidents et la diplomate pouvait reprendre. Lorsqu’elle tendit les mains vers Rogvir, celui-ci la serra chaleureusement, un large sourire sous sa moustache cendrée. Son fils fut moins déclamatoire, mais ses lèvres gercées se fendirent tout de même d’un doux sourire. Peut-être que la ménestrel éveillait en lui quelques affections coupables ?

La vielle Helm reçu immédiatement le message de Celwin. Elle lui sourit, sans dire un mot cependant, et hocha de la tête pour lui signifier sa pleine coopération. Tournant ensuite les talons vers la foule de spectateurs, elle eut une profonde inspiration. Certains s’attendaient déjà à voir tomber la foudre de sa voix tonitruante, et entamèrent déjà un départ rapide, bien que teinté de déception. Pour les malheureux qui n’ont pas eu l’esprit suffisamment vif…

- Aller, les enfants ! Virez tous de là avant que j’vous transforme en farce pour ma tourte de demain midi ! Aller, on se bouge !
Cria-t-elle à grand renfort de larges gestes des mains et des pieds.

La diplomate pouvait souffler un peu,  maintenant que la tornade Helm s’était éloignée en emportant une bonne quinzaine de badauds avec elle. Les trois fermiers avaient regardés la scène sans piper mot. La vieille femme les terrifiait tout autant que les autres, d’autant plus que cela faisait longtemps qu’ils n’entendaient d’elle plus que les cris. Juste après, un grand silence tomba, et désormais, Dunnas et Thoroc devaient aussi composer avec l’étrangère. Mais visiblement, un seul d’entre eux avait envie de lui adresser la parole.

- Bon ! C’pas tout, mais vous voulez quoi ? Mademoiselle la  « diplomate », ou j’sais pas quoi là. C’est pas qu’on était occupés avant qu’vous arriviez, mais j’aimerai bien virer ce gringalet de chez moi ! Lança finalement le plus âgé des trois hommes.

- Gringalet ?! Espèce de sac à vin ! Tu t’engraisses avec c’qui sort de MA terre ! C’est mon terrain ici ! Ton fils il bouffe que dalle, moi j’ai une femme enceinte, et bientôt un môme ! Alors bouge de là avant que j’te pousse dans ce fossé boueux ! Rétorqua Alvin.

Eh oui, ce n’était pas parce qu’une barde itinérante se posait au milieu de ces deux-là qu’ils allaient se calmer aussi sec. Il va falloir faire preuve de patience, d’une sacrée patience…


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Celwin Zak'Val
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Jeu 23 Fév - 21:04
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Je regarde le groupe s'éloigner avec un regard à la fois intrigué, et légèrement craintif. Il est impressionnant à quel point la Doyenne du village est respectée. A croire que tout les habitants du hameau craignent que le moindre de ses gestes ou de ses paroles ne se transforme en un éclair prêt à les foudroyer. Remarquez, peut-être ont ils raison d'avoir peur. Ceci dis, ce que j'ai vu de la Doyenne me laisse dire qu'elle n'est pas mauvaise. Elle veut simplement une vie paisible, comme nous tous. Et chacun de ses actes sont sans le moindre doute emplie de sagesse et de réflexion. Encore une personne à prendre comme une sorte de modèle. "Ai foi en tes aînés", comme disait Père. C'est une phrase que je comprenais bien mieux depuis mon départ de Dyen, et ceci grâce à de nombreuses rencontres et discussion. 


Je cligne lentement des yeux pour me tirer vers la réalité, j'ai tendance à trop facilement me laisser entraîner dans mes pensées. Je remarque que tout comme moi, les trois hommes observent le groupe s'éloigner sans le moindre mot. Je me retourne alors de nouveau vers eux, dans le tintement caractéristique des clochettes fixés à mon couvre-chef, alors que la petite chose sur mon épaule se tire doucement de ma nuque, pour pousser un soupire théâtrale. Elle vient lentement enrouler sa queue autour de l'une de mes nattes, avant d'ouvrir grand les yeux, posant son regard sur chacun des trois hommes, l'un après l'autre, avant de pencher la tête. Elle place lentement sa patte sur ma joue, tandis que mon regard lui reste posé sur le plus âgé des trois hommes, qui non content de ce silence, le fendit d'une exclamation comme si le départ de la Doyenne lui avait donné une seconde vigueur. 


- Bon ! C’pas tout, mais vous voulez quoi ? Mademoiselle la  « diplomate », ou j’sais pas quoi là. C’est pas qu’on était occupés avant qu’vous arriviez, mais j’aimerai bien virer ce gringalet de chez moi !


J'ouvre doucement la bouche pour répondre, lorsqu'une voix presque furibonde me coupe dans mon élan, pour elle aussi s'exclamer, comme si aucun souvenir du cortège et de la Doyenne n'était rester dans leurs crânes colériques. Je referme donc la bouche, pour lentement croiser les bras, en silence.


- Gringalet ?! Espèce de sac à vin ! Tu t’engraisses avec c’qui sort de MA terre ! C’est mon terrain ici ! Ton fils il bouffe que dalle, moi j’ai une femme enceinte, et bientôt un môme ! Alors bouge de là avant que j’te pousse dans ce fossé boueux ! 

Bien entendu. Ma présence ne changera rien au fait qu'ils sont en désaccord, et ma réputation ne me précède clairement pas pour qu'ils acceptent de me faire confiance aveuglément. Enfin. Je ne réussirais de toute façons pas à attirer leur attention sans attirer avec toute leur colère et leur agacement. Donc mieux vaut patienter. Et quoi de mieux pour patienter que de les intriguer ? "Si tu ne peux pas atteindre les parties, observe bien autour de toi, et trouves un moyen de les atteindre indirectement". Ah, je devrais vraiment vous remercier, lorsque je vous reverrais, Mentor. Je penche alors doucement la tête pour laisser mon couvre-chef plongé légèrement en avant dans le tintement des clochettes qui y sont fixés, lorsque je sens la petite patte contre ma joue tapoter ma mâchoire. Je pose mon regard en biais sur la petite créature, qui me montre d'une patte une silhouette, penchée non loin de l'une des fermes. Une femme. Et au vu de la position de la ferme, je pense pouvoir dire qu'elle appartient à l'un des deux parties. J'ai trouvé mon moyen d'attirer leur attention sans attirer leurs foudre. Ou du moins pas pour les mêmes raison. 

Je relève la tête dans le tintement de mes clochettes, laissant la dispute prendre forme, tandis que je me fends d'un lent sourire en direction de l'homme à l'allure squelettique, j'hochais doucement dans sa direction, avant de pivoter doucement, lui intimant de la main, non discrètement, la demande de me suivre. J'ignore si il me suivra ou non, mais je dois paraître sure de moi. Aussi je ne me retourne pas pour vérifier, tandis que je m'approche lentement de la femme que j'ai vu de loin. Je me porte rapidement à ma portée, sans non plus la bousculer, lui tendant doucement ma main dans le tintement familier de mes clochettes, prenant la parole d'une voix aussi douce et amicale qu'auparavant, lui adressant alors un léger sourire. Je suis là pour l'aider, au fond.

- "Celwin Zak'Val. Je suis enchantée. Je suis là pour régler le léger conflit d'intérêt qui a lieu en ce moment même."



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Mar 28 Fév - 16:11
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- Malfrat !

- Tonneau percé !

- Résidu de glaviot !

Et ça continuait, et ça continuait… Et Ghor Dunnas, le fils du vieux, ajoutait un ou deux petits mots sympathiques de temps à autre, avant de voir le signe de main de la jeune femme. Il n’avait aucune envie de la suivre, et préféra continuer à assommer son voisin d’immondes insultes, en cœur avec son cher papa. Celwin faisait bien de s’éloigner de cette poudrière. Elle alla voir la femme de Thoroc, la jeune Thea. Elle n’avait pas quitté la scène des yeux, à l’ombre de la devanture de la maison, elle caressait doucement son ventre à peine arrondi par l’arrivée proche de l’enfant. C’était un geste nerveux, elle transmettait son inquiétude à sa progéniture, mais elle ne s’en rendait même pas compte. Ses cheveux bruns, légèrement bouclés, ne manquaient pas d’entretien vu tout le temps qu’elle avait pour elle. Ses pupilles d’un gris étrange vous dévisageaient avec méfiance, l’envie de reculer. Même si c’était une simple femme qui lui faisait face, l’animal qui surmontait son épaule la gênait, en plus de l’apparence atypique de la diplomate de profession.

- Bonjour. Moi c’est Thea, je suis la femme d’Alvin… Répondit-elle.

Sa voix était basse, timide, sa tête légèrement baissée. On vous l’a dit qu’elle était facilement impressionnable.

- Merci de venir nous aider mais… Alvin ne changera pas d’avis. Et le vieux non plus. Ils se disputent ce morceau de terre depuis des années maintenant, mais c’est la première fois que c’est aussi violent…

Elle s’assit alors sur un des fauteuils de bois disposés sur la petite terrasse. Elle invita Celwin à s’asseoir d’un geste de la main. Elle n’avait pas particulièrement envie de lui parler très longtemps, mais si elle pouvait être d’une aide quelconque, il fallait tenter le coup.

- Euh… désolé, je ne vous ai pas proposé à boire. Nous n’avons que le lait de nos vaches en ce moment, et de l’eau.
Ajouta-t-elle en se levant calmement, tenant toujours son ventre d’une main, malgré sa faible corpulence.

Elle entra dans la maison, et l’on entendit des bruits de pas sur le parquet, quelques grincements de placard qui s’ouvre, et elle reparut deux minutes après, une petite choppe en terre remplie de lait, qu’elle tendit à la jeune femme avec un sourire poli. Thea reprit ensuite place, au côté de la barde, et glissa de nouveau les yeux vers la scène de dispute quelques mètres plus loin. Un soupire lui échappa, mais elle reprit bien vite la conversation.

- Vous avez une idée de… comment les calmer ?
Demanda-t-elle.


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Celwin Zak'Val
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Mer 1 Mar - 18:22
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C'est amusant, de loin l'on dirait presque que ces messieurs débattent des nouveaux prix du marché de Shüren. Oui, on y croit encore davantage sans les insultes, je vous l'accorde. Ceci étant dis. Cette brève comparaison me rappellent brutalement a ma propre réalité. Je n'ai jamais connu le milieu "populaire" autrement qu'en tant que personne externe. J'ai grandis dans une sorte d'"élite", et ma vie n'a rien de banale. Je ne reste jamais au même endroit, je ne fais jamais la même chose. Sur ce point, ils sont bien différent de moi, cela ne fait aucun doute. Ceci étant dis, je remarque également qu'ils ne sont pas différents des autres personnes que j'ai pu rencontrer, ils vivent de ce qu'ils font chaque jour. Cette dispute n'est peut-être finalement qu'un moyen de plus pour passer le temps ? J'en doute. Ceci étant dis, inconsciemment, je doute qu'ils fassent ça dans l'unique but de crier.


Je pose lentement mon regard sur la femme dont je me suis approché, j'observe brièvement ses traits, en gardant un sourire sur mes lèvres. J'ai l'impression d'avoir à faire a une personne, sinon nerveuse, inquiète. Enfin, comment ne pas l'être lorsqu'une nouvelle âme se forme petit à petit dans son ventre ? Je passerais sous silence le dégoût que m'inspire cette idée, ceci étant dis je reconnais un réel respect pour la force, et la résistance, dont cette personne devra faire preuve. 




- Bonjour. Moi c’est Thea, je suis la femme d’Alvin…



A peine ses premières paroles me parviennent, que je remarque qu'elle est peu audible. Non pas un chuchotement, mais je ne crois pas me tromper lorsque je dis qu'elle n'a pas l'habitude de s'exprimer d'elle même. Je pense déjà pouvoir dire qui porte la culotte, entre les deux. J'espère simplement que ce fait ne la rende pas malheureuse. J'ai vu tellement d'âmes malheureuses durant mes périples. J'ai mis un certains temps avant de prendre conscience que je ne pouvais toutes les aider. Certaines blessures sont bien trop profondes, et tenter de les guérir risquent au contraire de les aggraver. C'est triste, mais le monde n'a pas de justice. Pas encore, du moins.



- Merci de venir nous aider mais… Alvin ne changera pas d’avis. Et le vieux non plus. Ils se disputent ce morceau de terre depuis des années maintenant, mais c’est la première fois que c’est aussi violent…


J'hoche doucement à ses paroles, pour lui faire comprendre que je les ai bien enregistrés, avant de lentement m'assoir sur la chaise qu'elle me désigne d'une main, lui souriant toujours.


- Dans un conflit, personne ne change jamais d'avis. C'est pour cela qu'on appelle ça un conflit. Je ne suis pas là pour faire changer d'avis, mais bien pour trouver un terrain d'entente détourné.


- Euh… désolé, je ne vous ai pas proposé à boire. Nous n’avons que le lait de nos vaches en ce moment, et de l’eau.


Je grimace alors lentement, secouant doucement la tête dans le tintement de mes clochettes.


- Non, non. Ne vous dérangez pas.. vraiment.


Trop tard. Je ne suis décidément pas bien maligne, laisser une femme enceinte me porter à boire. Je pousse un discret soupire, avant de lentement me redresser pour m'approcher de l'entrée, ou je m'immobilise alors qu'après de nombreux bruits de placards, avant de la voir apparaître de nouveau. Je lui offre alors une grimace d'excuse, me décalant pour la laisser passer.


- Vous êtes trop bonne, Thea. Je vous remercie.  


Étrangement, ce simple fait déclenche en moi une montée de culpabilité. Thea a sans doute besoin de calme, de repos, et d'un mari à ses côtés. Et non pas d'un boucan pareil, rempli d'injures, sur le palier. Je pose lentement mon regard sur les trois silhouettes, qui continuent dans le merveilleux torrent d'injure, à gesticuler comme si de grands gestes leurs donnaient raisons. Et plus cette situation s'éterniserait, plus de gens souffriront. Je plisse un instant les yeux, pensive, tandis que dans des paroles familières me reviennent en tête, comme des pensées transcendantes, étouffant le son continue des injures. "Si tu ne trouves pas de solutions. Cesse de réfléchir sur le problème, réfléchis aux intérêts de chacun, car ce sont ces intérêts qu'il faut que tu combles."


J'ouvre davantage les yeux, avant de poser mon regard sur Thea, qui, lorsque j'étais plongée dans mes pensées, m'a posé une question.



- Vous avez une idée de… comment les calmer ?



Je me fends alors d'un sourire, l'observant, puis me lève non pas d'un bond, mais précipitamment, c'est certain, je porte rapidement mon verre de lait à mes lèvres pour le boire, avant de le déposer sur la table.

- Peut-être. Nous allons voir ça immédiatement. Merci pour le lait !

Je me dirige alors d'un pas rapide vers les trois silhouettes, mes chaussures battant le sol meuble dans le tintement bien audible de mon couvre-chef. Je m'immobilise non loin des trois silhouettes, avant de pousser un soupire, rabaissant brièvement mon chapeau avant de prendre une inspiration, de sorte à parler assez fort pour surpasser le torrent d'injures. 


- Messieurs ! Est-ce que je peux avoir votre attention brièvement ?



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Lun 13 Mar - 22:51
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La jeune femme, dont l’enfant commençait simplement à prendre forme dans son ventre juvénile, regarda avec curiosité Celwin s’éloigner après avoir rapidement avalé sa boisson. Avait-elle trouvé une solution aussi rapidement ? Thea commençait à la trouver intéressante, mais de là à lui faire confiance, c’était une autre affaire. Elle posa son dos douloureux contre le dossier du fauteuil, et soupira longuement. De ces cris incessants, elle n’en pouvait plus. Elle aimait son mari, elle allait lui donner un enfant, mais ce n’était pas l’homme qu’elle avait épousé sous ses yeux. Alvin était devenu comme un chien qui défendrait son os à tout prix. A la fois haineux et apeuré, prêt à mordre. Elle pria Dalai, en joignant les mains, lui demandant de calmer les ardeurs de son mari. Elle le faisait souvent ces derniers temps, sans plus de succès.

Lorsque les clochettes clinquantes de la diplomate raisonnèrent à nouveau près des trois hommes, chacun d’entre eux glissa un œil vers elle. Cet espèce de regard, qui venait autant s’enquérir du nouvel arrivant que le prévenir qu’il n’était pas souhaitable qu’il s’éternise. Le jeune Ghor Dunnvas toussa bruyamment, affaibli par toute l’énergie qu’il mettait à accabler son voisin. Rogvir, son père, continua son soliloque ponctué d’insultes.

- Petit merdeux ! Pourquoi tu lâches pas l’affaire, hein ? Ta blonde elle va bientôt te donner un fils, et toi tu viens m’faire chier pour un morceau de terre qui m’appartient, à moi ! Et il sera à Ghor quand je mourrais !

Sur ces mots, le concerné eut un sourire fier, mais amer par-dessus tout. Lui n’aimait vraiment pas Alvin Thoroc. Une sombre histoire de brimades enfantines, lorsqu’ils étaient tous les deux plus jeunes, mais maintenant qu’il avait plus d’assurance, le jeune Ghor appréciait de pouvoir lui tenir tête avec l’aide de son paternel.

- Ouais, d’abord c’est moi qui…

- Messieurs ! Est-ce que je peux avoir votre attention brièvement ? Interrompit alors Celwin.

Le grand dadais à l’allure mortifère se tut, mais afficha une grimace de colère beaucoup plus expressive que de simples agglutinements de jurons sans aucune corrélation. En voyant le « manque de respect » de la jeune femme porté à son fils, le vieux Dunnas ne put s’empêcher de réagir, en accusant son fils.

- Dis donc, nigaud, si tu laisses une gueuze te marcher sur les pieds, que t’as trop grand pour moi, il faudra qu’on en parle ! Aller, défends-toi un peu !

- Mais je… Balbutia le jeune homme.

- Ça suffit, lâcha brusquement Alvin qui était demeuré silencieux, écoutez ce qu’elle a à dire au lieu d’vous chiquer comme deux chats de gouttière.

Etrangement, très étrangement même, le jeune paysan portait un regard suffisant au conflit qui opposait son voisin et le fils de ce dernier, alors que depuis des années maintenant, rappelons-nous les mots de Thea, il râlait contre Rogvir sans la moindre gêne. Il y avait de quoi enlever du crédit à son interruption. Néanmoins, elle eut le mérite de surprendre suffisamment les Dunnas pour que Celwin ait une ouverture dans cette cage aux folles.


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Celwin Zak'Val
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Sam 18 Mar - 12:15
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Des insultes, et des insultes. C'est tout ce que ces trois personnages se lançaient. Mon projet initial était d'utiliser la femme de l'un et le fils de l'autre, pour nous mettre d'accord. Mais visiblement le fils semble prendre un plaisir tout particulier à imiter son père. N'est-ce pas ce que dis le proverbe, ceci étant dis ? "Tel père tel fils" ? J'ai au contraire souvenir d'un père qui m'a toujours réprimandé lorsque je prenais de mauvaises habitudes, ou que je montrais les mêmes défauts que lui. "Le fait que je fasse la même chose n'est pas un argument." me disait-il souvent, au plus grand amusement de ma mère. Il voit les erreurs de son père et les a sous les yeux, et plutôt que de les corriger, il les répète.

Non, en réalité ce qui est le plus inattendu c'est la réaction du mari de Théa. Se serait-il adoucie en me voyant approcher de sa femme ? C'est une hypothèse intéressante bien que j'en doute. Mais pourquoi ne profite t-il pas de cette magnifique occasion pour reprendre le dessus dans ce qui ressemble davantage à un combat de coq qu'à un débat ? Peut-être est-il finalement moins borné qu'il n'y paraît, et qu'il veut voir le problème résolu ? Ce serais une très bonne chose. Surtout que notre arrangement devrait le satisfaire.

J'aurais presque envie de pousser un soupire par rapport à la réaction du père du jeune homme, ceci étant dis. Non seulement, je n'apprécie pas que l'on m'insulte de gueuse. Je me fiche pas mal de ce que l'on peut penser de moi, mais ceux qui viennent de Dyen ne sont pas des gueux. Je vais cependant me retenir de lui répondre que j'ai très possiblement étudié bien davantage de discipline qu'il ne peut l'imaginer. Je souffle très doucement par le nez. Je commence à m'emporter, c'est mauvais signe. "Tu ne dois pas laisser la situation t'atteindre personnellement. Jamais. Tu es là en tant qu'intervenant extérieur, ne l'oublie pas.". Encore une fois, les nombreux souvenirs des longs cours magistraux de mon mentor me sont bien utile, aussi, je me fends d'un léger sourire pour afficher de nouveau un air détaché. Je viens lentement placer mes mains dans mon dos en parlant, laissant apparaître mon fourreau à ma ceinture du même mouvement. Je ne compte pas utiliser ma lame, cela va de soi, mais je pense qu'un petit rappel de ma condition ne peut faire de mal à personne.

Je reprends donc la parole, en adressant un léger signe de tête au mari de Théa, en guise de remerciement pour la petite fenêtre qu'il m'accorde.

- Messieurs vous êtes en conflit depuis un certains temps. Ces derniers jours, vous n'avez cesser de vous lancer des noms d'oiseaux comme si cela allait résoudre un tant soi peu le problème. Personne ne vous blâme pour ça, ceci étant dis, votre réaction est bien naturelle. Mais vient l'heure de trouver un arrangement. Cette terre pour laquelle vous vous battez est fertile, nous sommes d'accord. Elle a donc une valeur. D'un coté, vous souhaitez cette terre, parce que vous dites qu'elle vous appartient. Et c'est là votre argument. Chose normale.

Je pose lentement mon regard sur le père du jeune homme, une expression se voulant presque compatissante sur le visage, avant de doucement hocher, posant ensuite mon regard sur le mari de Théa, me fendant d'un très léger sourire.

- Vous, vous souhaitez cette terre pour deux raisons. La première étant qu'elle vous appartient selon vous. Ce qui est possible également. Et la seconde étant qu'elle vous sera nécessaire à l'arrivée de votre enfant. Je vous demande de réfléchir, à tout deux. Pour l'un, sa femme a besoin de soutien et de calme, de repos. Pour l'autre, je pense que vous avez mieux à faire que de rester au milieu de ce champ à débattre. Voilà donc ce que je vous propose, messieurs. Et je vais vous demander de me laisser finir de parler avant de vous écrier.

Je tends lentement une main vers le père du jeune homme, avant de la replacer dans mon dos, laissant brièvement les clochettes de mon couvre-chef tinter.

- Monsieur récupère, ou garde, la terre, en fonction de vos versions des faits. Ainsi, il peut retourner à ses occupations.

Je tends lentement mon autre main vers le mari de Théa, avant de tourner la tête vers lui pour hocher.

- Monsieur vous n'allez pas repartir sans rien, bien entendu, je me doute que cet arrangement ne vous conviendrais pas, et je comprends vos raisons. Aussi. Je tirerais de ma propre poche une indemnisation, visant à régler cet arrangement. Dans le but que vous puissiez retourner auprès de votre femme, et vous occuper d'elle. Pendant les quelques mois à venir, vous aurez d'avantage besoin d'Irys que de terres, et de cultures. Aussi il me semble plus avantageux pour vous de récupérer directement une certaine somme d'Irys, plutôt que de passer davantage de temps au centre de ce champs à débattre.

Je replace lentement ma main dans mon dos, avant de relever doucement la tête dans le tintement des clochettes à mon couvre-chef.

- Alors messieurs, qu'en pensez vous ?



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Mar 4 Avr - 23:17
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Ghor Dunnas était, il fallait le dire, un objet de raillerie dans le village. Du moins, quand on n’était ni proche ni de lui, ni de sa famille, ce qui était logique en soit. Ce n’est pas que Dunnas père soit particulièrement antipathique, mais depuis qu’on avait détecté, chez son unique héritier, un début de tuberculose, il avait profondément perdu en amabilité. Le jeune homme était presque en permanence dans un état de délabrement avancé, justifiant ainsi son teint creux et pâle. Il n’en avait plus pour longtemps, sans le savoir évidemment. Rogvir, son paternel, lui avait gentiment fait croire que ce n’était là qu’une infection rare, mais curable par le repos, et son benêt de fils ne chercha pas plus loin.

Mais la vérité était inévitable. Rogvir allait enterrer la seule personne qui pourrait récupérer ses terres à sa mort, hormis sa jeune fille de quatorze ans, évidemment, mais cette idée lui était difficilement supportable. Déjà que l’idiotie manifeste de son héritier, et sa misanthropie naissante, faisaient de lui l’homme à éviter dans le bourg, si en plus il n’avait pour seule personne à qui léguer le travail de ses ancêtres que le futur mari de sa fille, l’honneur des Dunnas serait à jamais entaché. Voilà pourquoi il voulait au moins cette victoire sur l’impudent Alvin Thoroc, fils d’un de ses plus vieux amis déjà décédé. Mais cette version de l’histoire, qui pourtant excusait tout à fait le comportement du vieil homme, allait certainement rester inconnue de tous, même lorsque père et fils auront rejoint la femme de Rogvir, loin d’ici…

Le vieillard croisa irrévérencieusement les bras, en écoutant avec un dédain marqué les mots de la diplomate. La vision de son arme avait calmé les ardeurs de ce paysan, mais il sentait une bile noire lui infiltrer le sang petit à petit. Il était résolument en colère. Pourtant, malgré toute sa fierté, toute son amertume enfouie… la pression que tous lui mettaient sur le dos l’obligeait à songer que Celwin avait peut-être raison. Son insupportable voisin, qui pourtant avait un jour eu un père dont tout le monde se souvenait pour être l’ami inséparable de Rogvir, méritait la compensation promise par la diplomate. Un enfant bientôt vivant avait bien plus besoin de ressources qu’un autre pratiquement mort. Hors donc, sous l’incompréhension muette de son fils, qui ne fit qu’esquisser des moues déçues, le père Dunnas prit la parole.

- Mmh… C’est bon, t’as gagné Alvin. Elle a raison, cette petite, ta femme va bientôt te donner un beau bébé, et il faut de l’argent pour lui. J’te donnerai toujours pas ma terre, c’est sûr, par contre t’embêtes pas ma p’tite fille, je lui donnerai les irys que tu viens de lui promettre, et à manger aussi, quand sa femme aura accouché.  


D’un mouvement d’une agilité surprenante pour un homme de son âge, il sauta par-dessus le fossé qui séparait les deux propriétés, et qui était la cause de tous ces litiges. Se mettant bien en face du futur papa, qu’il continuait cependant de dévisager avec gravité.

- Ecoute, Alvin, je m’excuse auprès de ta femme pour l’avoir fait chier avec nos histoires. Viens toquer à ma porte quand t’auras besoin de tout ça. Oh, et puis tu peux venir au mariage de ma fille aussi, c’dans moins d’un mois.

Il n’eut aucun mouvement vers Alvin, cependant. Il avait demandé pardon à la femme de ce dernier, non à lui en personne. Décidément, une rancœur maladive secouait ce vieil homme, tandis qu’il réitéra son extraordinaire saut pour rejoindre Ghor et retourner chez lui. Celwin n’eut même pas le droit à un mot de sa part, pas un regard, tant il avait le sentiment que cet affrontement ne s’était pas terminé comme il l’aurait voulu. Le jeune Alvin, de son côté, affichait une satisfaction visible. Il avait retrouvé un sourire trop longtemps spolié par le masque de la colère, et il tourna vite les talons vers la diplomate alors que la famille Dunnas s’en allait vers leur masure.

- Oh ! Merci mam’zelle ! Merci pour tout ! Vous vous rendez pas compte comme ma femme va êt’ contente qu’on s’tape plus dessus ! Je voulais pas emmerder le vieux, mais j’ai bientôt un gosse à nourrir moi aussi. Puis regardez, regardez son terrain !
Lui dit-il avec un grand mouvement du bras en direction du champ voisin. Il est au moins trois fois plus grand que celui d’ma famille ! C’est un comble, ça, de piailler pour un p’tit bout de terre…

Et alors qu’il continuait son monologue que, assurément, la jeune barde n’écoutait pas, il l’invita d’un geste du bras à prendre la direction de sa propre maison, là où l’attendait calmement Thea, assise sur son fauteuil. Elle les vit approcher avec un sourire tendre, ayant très bien compris la résolution de cette histoire de là où elle était. Dans son for intérieur, la jeune paysanne espérait secrètement que son mari serait assez prévenant pour aller lui-même chercher à boire pour tous les trois, car assurément il fallait lui offrir un nouveau verre à cette demoiselle.

Et effectivement, surprenamment d’ailleurs, Alvin était si enjoué d’avoir récupéré son dû que, tout en continuant à bavarder avec Celwin à propos de la « passionnante » histoire de cette dispute séculaire, il lui pria de s’installer aux côtés de Thea et se dirigea à grands pas vers l’intérieur de leur maison pour en ressortir quelques instants plus tard avec de quoi les désaltérer. Il servit galamment, quoique hâtivement, du lait à chacune des jeunes femmes, et leva son verre en direction de celle qui lui avait permis d’appréhender l’arrivée de son enfant avec sérénité.

- Encore merci, mam’zelle ! Santé à vous ! Que Dalai vous offre une mer clémente !


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Celwin Zak'Val
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Sam 8 Avr - 18:48
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Je suis ravie de voir que la vue d'une arme calme toujours les ardeurs des personnes qui ont le sang chaud. Ceci étant dis, la plupart se demandent quand même après coup si je la porte comme seul moyen de dissuasion, ou si je sais réellement la manier. Et je les déconseille de me mettre à l'épreuve. Bien que je ne sois pas la plus expérimenté des bretteuses, je suis capable de me défendre contre un ennemi unique avec des chances de succès plus que favorables. J'estime donc être une duelliste suffisamment douée pour ne pas avoir à me déplacer avec un ou des gardes du corps. Je n'ai jamais apprécié la vue de garde du corps, du moins pas quand ils sont payer pour ça. Avec leur allure, je les assimile davantage à des hommes de mains, prêts à briser les membres d'une personne si l'on y met le prix. Tant de violences pour quelques piécettes. Si ils veulent tant de l'argent, alors qu'ils le gagnent honnêtement.

Enfin, je finis ma tirade, et observe tour à tour les deux individus, je me redresse lentement en attente d'une réponse, et à ma grande surprise, le père du jeune homme prend la parole. je l'observe bondir avec une agilité insoupçonnée de l'autre coté du fossé, continuant de l'observer, je baisse lentement la tête pour masquer la partie supérieur de mon visage, il fait un grand effort, et je doute que mon regard l'aide. Mais la question du pourquoi me reste en tête. Enfin, l'important reste que le problème est résolu, et que tout deux parties semble heureux. Quoi que je n'arrive pas réellement à définir si le père du jeune homme est heureux de son issue, ceci étant dis il a gardé sa terre. Et je ne dois pas oublier. Ces deux hommes ne sont pas mes commanditaires. Je suis là pour résoudre le conflit, pas pour rendre tout le monde heureux, même si j'aimerais que ce soit le cas. Mon rôle est d'empêcher que les oreilles de Mami Helm ne souffrent davantage.

J'observe l'homme se diriger vers sa demeure, en relevant doucement la tête dans le tintement des clochettes fixés à mon couvre-chef. Je pose mon regard sur le mari de Théa alors qu'il commence une série de remerciements aussi longue que la distance Khurmag Shüren, je ne le coupe pas, par politesse, et me contente de lui sourire doucement. Il serait déplacé de lui rappeler que ce n'est pas lui qui m'a engagé, et que donc ce n'est pas moi qu'il devrait remercier. Enfin, je le suis donc à sa demeure, je serais mal à l'aise de m'en aller sans souhaiter à Théa bonne chance pour la dure épreuve qui l'attend. Avoir un enfant. Quelle idée, ceci étant dis..

Je m'assois lentement dans la chaise que m'indique le mari de Théa, tandis que ce dernier se rue à l'intérieur. Je souris doucement à Théa en hochant la tête alors que son mari ressort avec un nouveau rafraichissement, que je saisis avec toute ma douceur habituelle, je l'imite alors qu'il lève son verre vers moi, avant de me fendre d'un sourire devant sa joie bien visible. Il est bon de rendre quelqu'un heureux, même si ce n'est pas le cas de tout les ressortissants.

- "Encore merci, mam’zelle ! Santé à vous ! Que Dalai vous offre une mer clémente !"

- "Santé. Ceci étant dis c'est Helm que vous devriez aller remercier, je n'ai fais que ce pour quoi j'ai été engagée. Et je ne peux accepter des remerciements pour une chose que je suis payée à faire."

Je me fends d'un sourire, de nouveau, avant de vider mon verre en compagnie des deux personne. Verre que je repose ensuite sur la table, avant de me lever, avec une grimace d'excuse.

- "Bien. A présent je dois aller informer Helm que tout est réglé. Si vous voulez bien m'excuser."

J'hoche doucement de la tête en direction des deux personnes, m'éloignant ensuite lentement vers le village, avant de m'arrêter après quelque pas.

- "Et. J'espère que Dalai veillera sur Théa, davantage que sur moi. De difficiles épreuves l'attendent, plus difficiles que les miennes, à n'en pas douter."

Je m'éloigne sur ces paroles en direction du village, ou j'aperçois au loin Helm, devant une modeste maison. Elle doit être ravie de ne plus entendre les chamailleries de ses deux voisins. Je m'approche d'elle de longs pas, les clochettes à mon couvre-chef tintant à chaque enjambée, et je finis non loin d'elle, lui adressant un large sourire.

- "Le problème est réglé, et sans violence je vous assure."



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Möchlog
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Dim 9 Avr - 13:46
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La jeune diplomate en herbe s’éloignait, satisfaite, de la ferme des Thoroc. Une famille honnête, travailleuse, qui allait bientôt s’agrandir dans la joie de finir à l’abri du besoin. Alvin savait que son voisin était homme de parole, bien qu’un irritant homme de parole. L’argent qu’il lui avait promis, il le recevrait en temps voulu. C’est donc le sourire aux lèvres qu’il saluait le départ de Celwin, sa femme à ses côtés. Elle aussi se réjouissait de pouvoir enfin apprécier le silence de leur propriété à la fin de l’hiver. La bénédiction que lui avait souhaitée la bretteuse l’avait laissé un peu perplexe. Etait-ce si difficile de mettre au monde une aussi petite chose ? Elle n’y avait jamais pensé.  Mais laissons là ces humbles fermiers, et retrouvons notre vénérable Helm, bavardant avec un homme d’entre-deux-âges à propos du nouveau prix du lin à la capitale. Quand elle vit Celwin du coin de l’œil, un large sourire fendit son visage, ayant rapidement compris, à l’allure de celle qu’elle avait engagée, que la mission était accomplie.

- Le problème est réglé, et sans violence je vous assure. Lança-t-elle.

La vieille dame laissa complètement tomber sa précédente conversation pour se tourner vers la demoiselle en ouvrant les bras comme pour l’enlacer.

- Eh bien ! C’était rapide, dîtes-moi ! Vous êtes sûre que z’avez pas dû en tuer au moins un des deux ? Répondit-elle avec un grand rire, partagé par le badaud derrière elle.

En vérité, elle avait prévu le cas où le conflit se résoudrait en quelques heures à peine, bien qu’elle n’y croyait pas trop. Passant une main distraite dans sa sacoche en bandoulière, il trouva finalement la bourse de cuir préparée spécialement pour Celwin. Elle réduit la distance entre elle et la diplomate et lui adressa un sourire chaleureux.

- Vous ne savez pas à quel point tout le village vous est reconnaissant. Le petit gars derrière moi, dans peu de temps il épouse la fille de Rogvir. Tout l’monde s’inquiétait de savoir si ça allait bien se passer avec ces deux têtes de mule beuglant à tout va. Mais maintenant, tout est réglé, grâce à vous. Tenez, c’est pas que d’ma part, mais aussi de la sienne. Dit-elle en pointant l’homme du pouce.

Puis elle ouvrit doucement la main de Celwin et y déposa la large bourse remplie de pièces métalliques toutes sonnantes. Son autre main la rejoignit pour serrer d’une façon presque maternelle la main de la demoiselle.

- J’espère qu’un jour, vous aussi vous vous trouverez un joli mari, un qui vous aura tapé dans l’œil dès l’premier instant. On va prier pour que Dalai vous apporte le bonheur, ma petite, comptez sur nous.

Puis elle laissa la jeune fille quitter leur modeste bourg. Elle avait apporté l’apaisement sur leurs cœurs, et pour ça elle pouvait être fière.


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Möchlog
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