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Chroniques d'Irydaë
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 Kvothe Selwyn

Kvothe Selwyn
avatar
Lun 30 Jan - 5:51
Irys : 34346
Daënar 0
KVOTHE SELWYN



Passeport


Nom : Selwyn
Prénom : Kvothe
Surnom : /
Sexe : Homme
Âge : 19
Métier : /
Communauté : Daënastre - Hinaus
Lieu de naissance : Roceas



Aptitudes & possessions

  • Armes : Machette
  • Familiers/montures : /
  • Autres possessions : /




Profil psychologiqueDe par son vécu, Kvothe est capable d’une grande résistance psychologique. Il ne se laissera que rarement démonté par les situations difficiles qu’il pourra rencontrer, même si ce qui touchera à la mort de ses parents le mettra dans une colère noire qu’il ne sait pas encore contrôler.

D’un naturel sympathique et ô combien humain, il restera cependant réservé face à ses congénères, car il ne connaît rien du monde, et la confiance qu’il accordera aux autres, qui sera forte et sans faille, mettra beaucoup de temps à s’installer. Cette sympathie pour l’autre pourra d’ailleurs parfois se muer en une certaine forme de naïveté, qui lui vaudra certains son lot de soucis.

Ayant vécu reclus, il découvre à peine la faune peuplant le monde, et va se passionner pour la vie animale, y vouant presque un culte (surtout pour les dragons). Il portera un regard d’enfant sur tout ce qui rend cet univers vivant.

Kvothe a également l’âme d’un voyageur. Sa vie en captivité va le pousser à bouger en permanence afin de rompre avec l’enfermement. Il ne sera pas, pour l’instant, carriériste, et préférera accumuler différents petits boulots, principalement ceux lui permettant de voir du pays.

Il ne comprend pas les guerres passées, et encore moins les éventuelles prochaines, et mettra tout en œuvre pour tenter de les empêcher. Il évitera d’ailleurs au maximum de se battre, sauf en cas de force majeure, ou par soucis de vengeance.

Et en terme de vengeance, Kvothe en dispose à revendre. Ce sera, dans un premier temps, ce qui le poussera à vivre et agir. Ses choix, ses décisions ne seront que les instruments de la haine qu’il voue à un homme en particulier. Il cherchera même peut-être à s’entourer afin de mener à bien son projet, conscient que seul, l’entreprise risque d’être compliqué.



PhysiologieKvothe est assez grand, 1m81, et plutôt mince. Son passif dans les mines lui a sculpté une certaine musculature sèche, dont il sait très bien se servir. Son visage est enfantin, ses traits doux pour ses 19 ans. Il inspire au premier regard un certain capital sympathie. Mais sa peau est marqué, buriné, et son regard est dur, sans être mauvais. On y lit tout de suite l’histoire de ceux qui n’ont pas eu la vie qu’ils attendaient.

Ses longs cheveux roux lui ont valu toutes sortes de surnoms par le passé, qu’il préfère oublier. Il en reste cependant fier, tenant cette particularité de sa mère. Il préfère les garder attachés, afin de ne pas être gêné en cas de besoin.

Il a de petits tatouages sur le visage. Ce sont de simples traits, d’environ un centimètre maximum, alignés sur la joue gauche. Chaque trait correspond à des épisodes de sa vie où il a vu la mort de près. De trop près. Aujourd’hui, il dispose de 16 petits traits, réunis par groupe de quatre et barré d’un cinquième.

Sa tenue, au début de notre histoire, est plus que rudimentaire. Il dispose d’une simple toge, blanche à l’origine, mais devenu d’un marron tirant sur le vert par des années de saletés accumulées. Retenue à la taille par une ceinture de fortune, elle ne lui couvre qu’une épaule et descend jusqu’aux genoux. Il est pieds nus, et a déchiré des morceaux de sa toge afin de s’en faire des protections de chevilles et de poignets. Il en a également prélevé un morceaux qu’il a cousu tant bien que mal sur ca ceinture afin d’y faire une petite boucle servant de support à sa machette récemment acquise.



Biographie



Je m’appelle Kvothe. Et aujourd’hui, je suis libre.




Prologue






16ème d’Octobre de l’an 893.

Aaron est seul, debout au milieu de cadavres. Cadavres des siens, cadavres de l’ennemi. Cette guerre, opposant les deux principaux peuples d’Irydaë, il ne l’a pas voulu. Mais il n’a pas eu le choix.

Quelques mois auparavant, alors qu’il venait de fêter ses 18 ans, il a été appelé pour partir au front, lors de la Grande Guerre Vengeresse opposant les Daënars aux My’träns, comme son père deux ans plus tôt. Mais là où son père partait avec l’entrain d’aller exterminer l’ennemi ayant chassés les siens par le passé, lui n’avait que faire de ce conflit. Les magiciens ne le dérangeait pas outre mesure, et il était plutôt partisan du chacun chez soi, en paix. Seul la mécanique, et principalement la création d’armure, l’intéressait. Il venait de Roceas, où il pouvait s’adonner pleinement à sa passion, tout en travaillant à la mine depuis qu’il était en âge de le faire.

Mais aujourd’hui, il est à My’tra, loin de son foyer, loin de ses armures. Il est au combat, et ses frères d’armes viennent de tomber suite à une embuscade ennemi. Il est le seul survivant.

Dès lors, il est assailli d’une multitude de questions. Son premier réflexe l’avait incité à retourner en arrière, prévenir de la perte de sa troupe, et se voir confier une nouvelle mission. Mais cette soudaine solitude lui ouvrait d’autres horizons. La possibilité de ne plus se battre, de se cacher, d’attendre la fin de la guerre. Ce n’était pas son combat, et ça ne le serait jamais. Mais sa réflexion allait être de courte durée.

Il entendit du bruit dans son dos. Des pas, des voix. Il se précipita hors du chemin où il se trouvait pour se cacher non loin, dans la forêt, en prenant soin de ramasser son fusil. Deux My’träns passèrent à proximité de sa cachette, sans le voir. On aurait dit qu’il cherchait quelque chose, où plutôt quelqu’un. Ne sachant que faire, il les mit en joue, et s’apprêtait à faire feu, lorsque ses questionnements lui revinrent. Ouvrir le feu, dans sa situation, reviendrait à perdre sa neutralité, à devenir un combattant, un tueur. Il ne pourrait plus faire marche arrière. Il hésita longtemps, craignant pour sa vie, mais ne voulant pas de ce sang inutile sur ses mains. Finalement, il baissa son arme, et laissa les deux hommes passer.

Non loin de là, une jeune femme d’à peine 17 ans l’observait. Elle était tapi de l’autre côté du chemin, et se cachait elle aussi. Elle a cru que ce mystérieux jeune homme allait être son sauveur et s’occuper de ses deux ravisseurs. Mais elle a vu la peur, et le doute dans ses yeux pendant qu’il visait avec son fusil, avant de le reposer. Et elle comprit. Elle comprit qu’elle n’était pas la seule à être prise dans cette guerre sans le vouloir. Elle comprit que de l’autre côté aussi, certains voulaient vivre en paix, et n’acceptait pas de tuer au nom de querelles passées, de gouvernants décidant pour son peuple qu’une guerre était nécessaire. Alors elle attendit, se posant mille et une questions, et fini par s’approcher de cet homme, qui à défaut d’être son sauveur, deviendrait plus tard son mari…..

*************



Chapitre 1



27eme de Mai de l’an 913

Abigaïl est allongé sur son lit, hurlant, suant, le visage rouge, le ventre rond et tendu comme un ballon sur le point d’exploser. Elle est sur le point d’accoucher.

Dix-neuf ans après la fin de la guerre, Abigaïl et son mari, Aaron Selwyn, attendent leur premier enfant, après deux fausses couches.

Il ne fût pas facile pour eux de rentrer à Daënastre. Après leur rencontre délicate au milieu des bois, ils vécurent ensemble cachés des leurs, craignant quotidiennement d’être repérés. Il devaient bouger sans arrêt, manger ce qu’ils trouvaient. Si jamais des My’träns ou des Daënars les trouvaient, ce seraient l’exécution à coup sûr, pour avoir fraterniser avec l’ennemi.

Une fois la guerre terminée, ils durent faire face à l’évidence. Ils ne pourraient pas vivre ensemble à  My’trä. Aaron étant un Daënar, et son intégration, même avec le traité de paix, serait très compliqué, et les gens se rendraient bien compte que leur rencontre datait d’avant la fin de la guerre. Ils prirent donc la décision de rentrer au foyer d’Aaron, il serait plus aisé pour Abigaïl de cacher sa magie, et se faire passer pour une Daënar, que pour Aaron de se faire passer pour un magicien.

Ils rentrèrent donc en empruntant une des nouvelles voies commerciales, et rivalisèrent d’ingéniosité pour inventer un passé Daënestre à Abigaïl qu’ils présentèrent aux proches d’Aaron. A leur surprise, ces derniers, trop heureux de le retrouver, ne firent cas de leur histoire, et les accueillirent les bras ouvert. Aaron reprit son travail à la mine, retrouva ses armures, et Abigaïl trouva un emploi de surveillante l’école de leur quartier. Et aujourd’hui, après tant d’années à s’occuper des enfants des autres, elle allait enfin devenir mère.

Mais Aaron et Abigaïl s ‘étaient fait une promesse. A la naissance de leur premier enfant, ils partiraient. Ils partiraient loin de ce monde où la guerre pouvait resurgir sans prévenir, pour un gouvernant un peu trop gourmand ou une parole déplacé dans les hautes sphères. Ils voulaient éviter à leur enfant de vivre ce qu’ils avaient vécu par la passé, quitte à lui cacher le monde le plus longtemps possible.

Kvothe arriva donc, après plusieurs heures de souffrances pour sa mère, et la plus grande joie de son père. Ils vivaient alors dans une petite maison d’un village reculé, à environ une centaine de kilomètre de Roceas, leur ancien lieu de vie. Les parents d’Aaron étaient mort quelques années plus tôt, ils n’avaient donc plus aucune attache là-bas, hormis quelques collègues qui leur manqueraient peut-être.

Les années qui suivirent furent magnifique. Aaron construisait des armures qu’il allait vendre deux fois par an à Roceas, en prenant soin de ramener assez de matériel pour ses futures fabrications. Abigaïl s’occupait de Kvothe, lui apprenant ses premiers mots, à compter et à se battre. Elle lui racontait aussi des histoires, le soir. De magnifiques histoires sur un monde créé de toute pièces par des Dieux, qu’elle appelait Architecte. Elle lui racontait leur gentillesse, leur pouvoirs, leurs folies, et surtout, ce qui aumsait le plus Kvothe, leur magie. De la magie, ça lui paraissait tellement improbable, mais tellement beau à la fois.

Kvothe adorait ces histoires, et questionnait en permanence sa mère sur des petits détails. Et ce qui l’étonnait le plus, c’est qu’elle avait toujours les réponses. Parfois même directement, sans prendre le temps de réfléchir, comme si ces histoires étaient ancrées en elle, et non le fruit de son imagination.

Son père, de son côté, lui apprenait à confectionner des armures. Il lui montrait les rudiment de la mécanique, et lui expliquait ce qu’il était possible de concevoir grâce à la technologie. A cinq ans, avec l'aide de son père, il était déjà capable de créer de petites marionnettes articulées, faites de rouages, de métal et de bois qui lui servaient de jouet.

Mais un jour, alors que Kvothe et Abigaïl revenaient à leur maison après une ballade instructive, il se firent accueillir par deux personnes qu’ils n’avaient jamais vu dans le coin. Le village devait compter une cinquantaine d’habitants au maximum, et ces deux-là n’étaient clairement pas d’ici.

« Alors ma p’tite dame, on ne sait pas qu’il est dangereux de se promener sans son mari ? » dit le plus grand des deux. « On a pas peur de croiser le chemin de mercenaires ? Oh oui, c’est vrai, ça n’existe plus, les mercenaires… Enfin, près des villes, tout du moins » Et il sourit, dévoilant une bouche quasiment édentées.

Le plus petit des deux la tira par le bras pour l’emmener dans une ruelle adjacente. Kvothe cria, hurla, voulut s’en prendre à cet homme maltraitant sa mère.

« Cours Kvothe, va cherche ton père » lui cria celle-ci.

Et il parti, aussi vite qu’il le pût. Du haut de ses 6 ans, Kvothe n’avait jamais eu aussi peur de sa vie. Il trouva son père devant la maison et commença à hurler avant même d’être auprès de lui :

« Papa, papa ! Des gens…. Humpf… des gens sont en train d’emmener maman ».

Le sang ne fit qu’un tour dans le coeur d’Aaron. Il vit immédiatement au yeux de son fils qu’il se passait quelque chose de terrible. Il n’avait jamais vu son fils comme ça, même après l’attaque d’une gigantesque araignée au village quelques mois auparavant.

« Va te cacher, fils, depêche toi ».

Et Aaron courut dans les ruelles.

Kvothe, ne sachant que faire, décida de suivre son père, de loin. Il arriva dans la ruelle où les deux hommes commençaient à déshabiller sa mère. Ce qu’il vit alors allait le changer. Le changer pour de bon.

Aaron sauta sur le plus grand des deux mercenaires, mais celui-ci l’avait entendu arriver et se retourna, bras tendu, tenant un couteau d’au moins 25cm de lame. Emporté par son élan, Aaron s’embrocha sur le couteau, qui lui perfora le sternum aussi facilement qu’on coupe une motte de beurre réchauffée.

Abigaïl hurla, pleine d’une fureur qu’elle n’avait jamais connu. Surpris, le deuxième mercenaire la lâcha et chancela, tombant à la renverse. C’est là que Kvothe vit quelque chose qui le cloua sur place. Sa mère, dans un plein effort de concentration, tendit la main vers le mercenaire au sol. Et c’est alors qu’une flamme jaillit de sa main, d’abord de la taille d’une petite pomme, puis s’étirant jusqu’au mercenaire pour envelopper complètement, lui tirant un hurlement comme seul un homme voyant la mort arrivé est capable de produire.

Kvothe resta absolument stupéfait. Ces histoires… La magie. Tout ça était donc vrai… Mais il n’eut pas le temps de s’étonner ni de réfléchir davantage. Le premier mercenaire, après avoir tué son père, se jeta instantanément sur Abigaïl, et lui ouvrit la gorge de la pointe de son couteau avant qu’elle n’ait le temps de reprendre ses esprits.

Kvothe se figea. Il chancela, son ventre le tiraillant de nausées et de douleurs atroces. Ses parents… Ses deux parents. Morts…

Le mercenaire, de son sourire édenté, le fixa.

« Alors mon p’tit gars. On dirait qu’il n’y a plus personne pour te protéger, on dirait » lui dit-il en souriant de plus belle, et en s’avançant vers lui. « Tes crétins de parents ont voulu faire les malins, et maintenant mon pote est mort. Il va falloir payer, pour ça. »
L’enfant ne pouvait plus bouger. Tous ses sens étaient en alerte et lui ordonnaient de fuir, mais il était totalement paralysé, une larme commençant à apparaître au coin de son œil.

Le mercenaire ne perdit pas de temps et profita de la situation pour l’attraper et le jeter sur son épaule.

« Si seulement vous aviez juste été bien sage. Si vous vous étiez laisser faire, on aurait pris quelques babioles, et on aurait foutu le camp. »

Il ficela le garçon, la baillona et lui banda les yeux.

« M’enfin, je pense que je vais pouvoir tirer un bon prix de toi auprès de Calcïo, j’aurais pas perdu ma journée, et du coup, grâce à ta mère, j’aurais même pas à partager la prime ».

Puis il parti d’un rire gras, quittant le village, Kvothe sur son épaule.





Chapitre 2



Un jour de l’an 932

Kvothe est assis au sol, dans une pièce taillée à même la roche, ne disposant que d’une petite sortie, fermée par une porte de barreaux de fer. La pièce est humide, très humide, et l’ameublement n’est composé que de deux matelas à même le sol. Matelas moins épais qu’une main, et rongé par la pourriture.

En face de lui, assis dos au mur, dort son vieux compagnon, Hyarl. Kvothe sait qu’à son âge, Hyarl a besoin de repos, et il ne le réveillera qu’au moment où on leur amènera le repas. Juste un peu avant, car si les gardes le voient dormir, ils ne le serviront pas.

Comme tous les soirs, après une journée de minage aussi harassante, Kvothe fait le point sur sa vie ici, et essai de se remémorer son enfance, dans la crainte d’oublier le peu de liberté qu’il a vécu avant d’être enfermé.

Voilà maintenant treize ans que Tyrell, le mercenaire à la solde de Calcïo, a tué ses parents avant de l’emmener dans cette geôle. Treize ans qu’il trime chaque jour dans la mine de fer, qu’il vit et dort dans cette minuscule cellule en compagnie d’Hyarl. Chaque jour il se dit que s’il n’avait pas prévenu son père ce jour-là, Tyrell et son acolyte se serait contenté d’un peu de violence, d’un vol, et que la vie aurait repris son cours ensuite. Mais l’histoire s’est déroulé autrement, et Tyrell, comprenant qu’il avait en face de lui un enfant que personne ne réclamerait, l’a emmené pour le « vendre » à Calcïo.

Calcïo. Cet être absolument ignoble. Son physique est aussi terrifiant que son âme. Immense, en proie à une obésité morbide, son sourire suintant de salive suffit à lui seul à vous glacer le sang. Alors quand il ne sourit pas….

Calcïo dirige une mine sous une montagne reculée d’Hinaus. Sous couvert de bons salaires, une petite équipe officielle œuvre quotidiennement à l’extraction de métal. Ces bons salaires, en plus de couvrir le fait de vivre dans une région isolée et dangereuse, sert surtout à acheter le silence des mineurs, au sujet des esclaves vivant au fond de la mine. Car voilà comment Calcïo a fait fortune, en vendant son métal à prix dérisoire, grâce à une main d’oeuvre gratuite, tapi dans l’ombre, dont personne ne soupçonne l’existence. Des fantômes qui ne vivent plus, qui se contente d’obéir pour éviter la torture qui les attends au moindre faux pas.

Mais Kvothe n’est pas un fantôme, et n’en sera jamais un, pour deux raisons. Tout d’abord car il voue une haine aussi noir que sa cellule quand les torches sont éteintes envers Calcïo. Ce sentiment le maintien au quotidien dans un état de tension permanente, l’empêchant de se relâcher, au risque de perdre le peu d’humanité qu’il lui reste. Mais surtout, il le doit à Hyarl, son compagnon de cellule, arrivé quelques jours avant lui, et qui l’a aidé, protégé, alors que Kvothe n’avait que six ans.

Hyarl est un My’träns. Il a été capturé aux abords de la mine alors qu’il était en expédition pour recenser les gisements de Magilithe présents dans les territoires de Daënastre. Pour Kvothe, Hyarl a toujours été vieux. Aussi loin qu’il ne se souvienne, il l’a toujours connu avec une barbe grisonnante et peu de cheveux (qui étaient courts, mais qui arrivent maintenant dans le bas de son dos). Hyarl a été l’équivalent de ce que Kvothe peut considérer comme un parent. Il lui a parlé, beaucoup parlé, même pendant ses premières années où Kvothe ne prononçait pas un mot. Il lui racontait le monde, les animaux, la magie, les Architectes. Toujours de belles histoires, qui faisaient écho au plus profond du cœur de Kvothe, lui rappelant les légendes que lui racontait sa mère. Et ces histoires l’ont maintenu à flot, l’empêchant de sombrer dans la démence. Elle lui prouvait que le monde pouvait être magnifique, et lui donnait espoir de le découvrir par lui-même un jour.

Kvothe et Hyarl s’aidait beaucoup l’un l’autre, ils s’étaient même sauvés mutuellement la vie plusieurs fois. En ce qui concerne Kvothe, c’était même seize fois, pour être exact. Seize fois où il a eu la chance de s’en sortir, lui donnant un nouvel espoir de s’échapper un jour. Et pour ne pas oublier qu’il était toujours là, il avait entrepris de se tatouer, sous formes de petits traits, sur le visage, chaque moment où il avait failli y rester.

Kvothe allait se replonger dans l’une des nombreuses histoires sur le dragons que Hyarl lui racontait régulièrement (quelle fascination, ces dragons), quand il entendit des bruits de pas dans le couloir menant à leur cellule. Le repas arrivait.

« Hyarl ! Hyarl, réveille-toi » Il se leva et s’approcha de son compagnon, lui mettant la main sur l’épaule.

« C’est l’heure mon vieux, tu ne veux pas mourir de faim, dis ».

Hyarl ouvrit péniblement les yeux. Il fixa le mur devant lui, puis tourna le regard vers son petit protégé.

« Ah… Oui… Merci Kvothe, qu’est ce que je ferais sans toi »


« Tu serais tout maigre ! »

Ils regardèrent ensemble le ventre de Hyarl, où les côtes était saillantes et la graisse inexistante, puis  rirent de bon coeur.

Les gardes s’approchèrent des barreaux, y déposèrent juste devant, au sol, deux écuelles de ferraile contenant le repas du soir, un peu plus consistant que celui du midi (mais restant très léger). Ils repartirent aussitôt, sans un mot.

Kvothe alla récupérer les deux écuelles, en tendit une à Hyarl, et s’assit à côté de lui.

« Alors, c’est pour demain ? Tu es sûr ? » questionna le vieux.

« Oui, en treize ans ici, c’est la première fois qu’une possibilité de s’enfuir s’offre à nous, on ne va pas gâcher ça…. ! »

La veille, en creusant à la pioche (la matériel de pointe n’étant destiné qu’aux travailleurs déclarés de la mine, évidemment), Kvothe était tombé sur un trou béant derrière un pan de mur. En creusant un peu plus et en y passant la tête, il avait vu un cours d’eau. Un cours d’eau. Son sang n’avait fait qu’un tour. Un cour d’eau signifiait une éventuelle sortie, en le suivant en amont. Certes, l’entreprise pouvait s’avérer très dangereuse, mais de quelles autres possibilités disposaient-ils ?

Kvothe s’était donc décidé très vite. Hyarl se faisait de plus en plus vieux, s’affaiblissait de jour en jour, il ne fallait pas se poser trop de questions. Et même si il avait rebouché grossièrement le trou, un garde pouvait très bien tomber dessus, et ce serait alors la fin du rêve pour eux.

« Demain matin, première heure, on y va. »
dit Kvothe en reposant sur écuelle vidée en quelques minutes. « Il va falloir se reposer, il faut être en forme. On ne peut pas emmener de nourriture, ni de lumière. Heureusement, on aura au moins de l’eau pour tenir. Peut-être que la mort nous attends là-bas, mais qu’est ce qui nous attends ici….. ? »

Hyarl se contenta d’un sourire faiblard et d’un regard bienveillant. Il alla s’allonger sur son matelas. Kvothe l’imita, se coucha sur le dos, les mains derrière la tête.

« Dis, Hyarl, tu crois qu’un jour je verrai un dragon ? »

« Oui, Kvothe, je pense qu’un jour tu verras un dragon. »

« Et je pourrai en chevaucher un ? »

« Oui, Kvothe. Tu pourras, j’en suis persuadé »

Un sourire apparu sur le visage de Kvothe. Un tout petit sourire, mais traduisant un immense espoir.

* * * * *

Le lendemain matin, Kvothe retourna directement à l’endroit de sa découverte. Un garde passait environ toutes les demi-heures pour s’assurer qu’ils ne méritaient pas quelques coups de fouets. Il attendit un passage, puis dès que le garde disparu, il piocha deux coups là où deux jours plus tôt il avait découvert le chemin de sa liberté. Il repassa la tête pour s’assurer que ce qu’il avait vu n’était pas un mirage. Le mince filet d’eau était là, et arrivait de la gauche sur un légère pente, dans une cavité assez grande pour tenir debout.

« On y va, maintenant, Hyarl ! »

Kvothe se glissa par le trou qu’il avait creusé, juste assez grand pour se faufiler. Il prit sa pioche avec lui. Il commença à remonter la pente, trop excité par cette découverte. Au bout de quelques mètres, il se retourna, et ne voyait pas Hyarl. Au contraire, il voyait la lumière diffusée par le trou disparaître peu à peu. Il redescendit, et vit Hyarl en train de s’affairer à reboucher le trou. Celui-ci, voyant Kvothe arriver, le regarda profondément :

« Je pensais que tu t’en doutais, Kvothe, mais non, tu étais trop heureux pour y penser. Alors je ne voulais pas t’en parler pour éviter de mettre ton projet en danger. Je ne viens pas avec toi, Kvothe, je suis bien trop vieux pour ce genre d’aventure. Je ne ferais que te retarder, et je ne veux pas mourir de faim, ou de faiblesse, à tes côtés, tu n’en seras que ralenti. »

Kvothe allait prendre la parole, mais Hyarl le coupa instantanément :

« Tu sais que j’ai raison, Kvothe. Alors, va. Je retarderai ta recherche, car tu ne sais pas pour combien de temps tu en as. J’inventerai ce qu’il faut, fais moi confiance. Tu disposeras d’une bonne avance avant qu’ils ne comprennent où tu es passés. Un jour, peut être deux. Va, Kvothe. Va dehors, et trouve un dragon. Continue la mécanique que tu as appris avec ton père. Intéresse toi à la magie. Voyage. Tu as raté une grande partie de ta vie, alors essai de profiter au maximum de ce qu’il te reste à vivre. Et tente d’amener la paix en ce monde, comme tu m’as si souvent dit que tu ferais si tu étais libre. Ne dis rien, retourne toi, et suis l’eau. Suis le chemin de ta liberté, les adieux seront trop difficiles. »

Et Hyarl prit une pierre qu’il posa devant le trou derrière lequel se trouvait les yeux plein de larmes de Kvothe.

Kvothe était sonné. En effet, il était trop obnubilé par son espoir pour penser aux capacités du vieux Hyarl. Il savait que son ami allait endurer la torture pour lui, pour lui offrir un répit, alors il ne se lamenta pas sur son sort et entama directement son ascension, dans le noir le plus complet.

Il fallu trois jours à Kvothe pour voir la lumière salvatrice. Trois jours sans aucune notion du temps, a marcher, ramper, glisser, s’écorcher bras, épaules, genoux sur la pierre. Mais il la voyait, cette lumière, au loin.

Quelques heures plus tard, il arriva sur une petite ouverture, à peine plus grande que ses deux mains réunies. Il avait laissé sa pioche derrière lui, trop lourde à porter. Il entreprit de dégager le trou à la main, chose plus aisée qu’il n’y paraissait, il ne s’agissait qu’un d’un amoncellement de petits cailloux. Il voyait son mince filet d’eau descendre de la montagne en une cascade minuscule. Une fois le trou assez dégagé, il se faufila dans celui-ci et……..

……. il était dehors. Dehors. DEHORS ! Son cœur battait à tout rompre. Il était libre. Treize ans enfermé dans le noir, la lumière lui déchirait les yeux, lui brûlait la peau, mais il n’en avait que faire, il était libre !

Et comme si un Dieu avait décidé de lui offrir son plus fol espoir sur un plateau, il aperçut en contrebas une ligne de chemin de fer. Il s’agissait de la ligne construite par Calcïo afin d’acheminer au plus vite son métal vers les différentes cités d’Hinaus. Kvothe ne voulut pas perdre de temps, de peur de tomber sur des gardes fouillant les alentours, alors il courut aussi vite que les douleurs de son ascension voulait bien lui autoriser.

Il arriva en bordure de rails, et s’abrita derrière un rocher. Il sauterait sur le premier train qui passerait, et qui irait dans la direction opposée à la mine.

L’attente de fut pas longue, quelques heures à peine. Un train arrivait à petite vitesse, certainement chargé du minerai tant convoité. Dès qu’il fut à sa hauteur, Kvothe s’accrocha à un wagon, et se jeta dans la benne. Il perdit l’équilibre sur le tas de gravats, et tomba sur le dos. La position était extrêmement inconfortable, mais il voyait le ciel défilé devant ses yeux, et oublia instantanément toutes ses douleurs. Il avait réussi. Il ne savait pas où il allait, mais il n’était plus dans la mine. Après quelques minutes à rêver de ce qui lui arrivait, il repensa à Hyarl. Il reviendrait le chercher. Il viendrait se venger de Calcïo, il en était intimement convaincu. Il ne savait pas comment, ni combien de temps ça prendrait, mais il reviendrait.

Peut-être même à dos de dragon…..

* * * * *

Je m’appelle Kvothe. Et aujourd’hui, je suis libre.






Dans la vraie vie ?


Quel âge avez-vous ? Bientôt 33
Comment avez-vous découvert le forum ? En farfouinant sur les top-site à la recherche d'un univers singulier qui me botterait bien!
La création de votre fiche a-t-elle été fastidieuse ? Non, mais la compréhension du monde pour y inclure mon personnage, un peu Smile . Et étant novice en matière de RP par forum, je ne savais pas vraiment ce que je pouvais me permettre ou non pour rester dans les clous du monde que vous avez créés.
Avez-vous des suggestions pour rendre la validation plus facile ? Ca dépend, le corruption est-elle bien vue?
Code du règlement : [Ok par Mimisgal]


Dernière édition par Kvothe Selwyn le Ven 3 Fév - 5:22, édité 6 fois
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Bolgokh
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Mer 1 Fév - 5:33
Irys : 35029
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Liste des réputations de Kvothe Selwyn


Réputation auprès de Daënastre

RÉGIONS
RÉPUTATIONS
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Le Tyorum--------
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Rathram--------
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Réputation auprès de My'trä

RÉGIONS
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Zolios--------
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Khurmag--------
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Kharaal Gazar--------
-2.501/30.000
Nomades d'Amisgal--------
-2.501/30.000
Nomades d'Orshin--------
-2.501/30.000
My'trä--------
-17.507/210.000


Réputation auprès des Pérégrins

GROUPES
RÉPUTATIONS
POINTS
Pérégrins--------
0/30.000
Cité-État de Dyen--------
0/30.000
Cité-État d'Aalz--------
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Cercles de l'aube--------
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Ordre de la pénitence--------
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Les Vigilants--------
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~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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