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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Prologue :: Genèse :: Codex :: [Optionnel] Folklore
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 Les récits de My'trä

Bolgokh
avatar
Jeu 9 Fév - 23:11
Irys : 310013
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Les textes qui suivent sont des fables, des contes ou des incantations, écris par le clergé de My'trä qui les utilisent lors des cérémonies. Qu'il s'agisse d'un jeune initié ou d'un grand maître des éléments, il est rare que les mages nomades n'aient jamais entendu ces histoires, qui retracent avec plus ou moins de fantaisie l'histoire de leur civilisation


La fable du Misérable

Cyril, doré entre tous les dorés.
Vin, bijoux et beautés, il n’y avait rien qu’il n’eût pas en premier.
Cent et mille serfs portaient chaque jour son immense trésor,
Mais sa tribu, alors, ne jouissait d’aucun présent.
Femmes comme enfants, tous connaissaient la faim,
La peur du lendemain, et de l’agonie finale.
Pourtant ils supportaient l’avarice de Cyril, doré entre tous les dorés.
Aucune plainte ne s’élevait, car le grand chef
Aussitôt s’empressait de l’étouffer à la racine
Par quelques sorts immondes, dont il ne fut jamais vraiment digne.

Un jour de grande chaleur, un miséreux alla à son encontre.
Du désert, il avait tout enduré.
Du sable, il en était recouvert jusque derrière ses paupières.
Il ne demandait qu’un peu d’eau à Cyril, qui n’avait qu’à lever la main,
Pour qu’aussitôt l’on alla aider l’homme au triste sort.
Mais le puissant chef ne fit rien de cela,
Un bâton à la main, grande chance pour le malheureux
Que ce ne fusse pas un poignard,
Il chassa le pauvre hère de son clan, à tout jamais.
Et la vie reprit son cours, les affamés demeuraient
Sans ressources, mais Cyril, lui, toujours
Restait le plus doré entre tous les dorés.

Le lendemain, on alla de nouveau à l’encontre
Du puissant chef, alors ensommeillé.
Le regard lourd, il contemplait
Son immense richesse, étalée.
L’homme qui se tenait, aujourd’hui, en lieu et place
Du misérable assoiffé, qui était arrivé la veille,
Avait tout du roi, élégants vêtements
Et médaillon doré sur son torse puissant.
Pourtant, la surprise fut grande pour Cyril,
C’était bien le misérable venu quémander son aide,
En exact lieu et place, la veille.

« Cyril, dit-il, doré entre tous les dorés.
Tu n’as pas voulu me venir en aide, lorsque j’étais à ta porte.
Assoiffé, mourant, j’aurai pu y rester.
Mais toi, avare que tu es, tu n’as même pas bougé.
Alors aujourd’hui, toi qui a tout, je vais tout te prendre.
Je suis Grégori, le chef de la tribu voisine.
Les tiens m’ont rapportés ta cruauté et ton égoïsme.
Je suis allé enquêter, paré de pauvres guenilles pour voir
S’ils disaient vrai sur la véritable nature
De Cyril le doré.
Je fus si surpris de ton accueil que
Une fois de retour chez moi j’ai décrété ceci :
Je prendrai tout à celui qui pensait tout avoir,
Richesses, sujets et gloire.
Ta tribu s’unifiera à la mienne, car je leur ai donné
De quoi se nourrir, se vêtir et se soulever.
Subis ton sort, Cyril l’Avare,
Car tu n’auras plus rien de doré lorsque le soleil
Se sera couché. »

Aussitôt, tous les compatriotes du puissant chef,
Tous même sa femme et son enfant,
Se ruèrent dans sa tente blanche comme le muguet
Et s’emparèrent des trésors de Cyril le Doré.
Lui ne pouvait rien faire, même son trône
Lui fut retiré sous les fesses.
Il n’avait plus rien, sa magie était inutile
Face à la passion de milliers d’âmes.
Il était maintenant seul, sans trésors ni amis.
Ainsi se termine l’histoire de Cyril
Autrefois doré entre tous les dorés
Qui aujourd’hui n’avait plus que ses yeux
Pour pleurer.

Toi qui cherche la richesse
Sois attentif au message de cette petite histoire.
La mésaventure de Cyril l’Avare
Guette tous ceux qui ont l’âme d’un simple écureuil.
Amassant, des journées durant, des fruits mûrs et élégants,
Ils terminent dépourvus de tout, nus comme à leur naissance.
Bienheureux celui qui donne même
Son propre bonheur aux plus malheureux.




Prière : Soyez bénis, Architectes !

/Chanter/ Soyez bénis, Architectes !

Grâce à vous, je ne manque de rien.
Je mange ce que vous m’offrez avec délectation,
Je me repose sur l’herbe fraîche,
Sans ne jamais craindre aucune menace.
Car vous veillez sur moi, sur mon âme,
Et sur mon avenir auprès de vous.
Je travaille la terre au nom de Delkhii,
Je me baigne dans l’amour de Dalai,
Orshin nous sculpte, Möchlog nous anime,
Et Amisgal nous abreuve généreusement.

/Chanter/ Soyez bénis, Architectes !

Bâtisseurs de tous les mondes,
Votre règne est prospère.
Vous nous rendez heureux,
Et votre justice est celle des pères
A leurs enfants innocents.
Comme eux, vous nous châtiez
Avec fermeté et bienveillance.
Nous sommes nés en votre sein,
Et nous imprégnons de votre
Immense amour.

/Chanter/
Soyez bénis Architectes !
/Plus haut/ Soyez bénis Architectes !




Busad : La Fontaine d'Ethan

Une légende se chuchote autour de cette source.
La mémoire la garde sacrée,
Car elle porte en elle un message qui,
Bien qu’oublié, souvent,
Reste sacré et magnifique.

Il est un protecteur, elle est une vagabonde,
Elle symbolise le vice, il représente la paix,
Lui est de Busad, le Pilier, elle est une femme du nord,
Tout les sépare, ses cheveux graciles flottent
Comme des vagues,
L’autre possède la force de milliers de montagnes.

Ils furent rapprochés par le destin, et séparés
Par un mur de roc.
Son devoir était de la punir, pour ce qu’elle était,
Ce qu’elle avait fait, elle et ses ancêtres.
Une mort que tous trouvèrent justes,
Sauf le bourreau : Ethan.

Lui s’était épris de la femme,
Lors d’une nuit liquide d’encre stellaire.
Dans sa geôle ils s’unirent,
Et les promesses fusèrent.
Je te libèrerai, lui dit-il,
Je resterai toujours, lui répondit-elle.
Rien de tout cela n’était vrai.
Il devait la tuer, elle devait s’enfuir.
Mais leurs cœurs jeunes, eux,
Aimaient à se mentir.

Elle essaya, s’éclipsa de sa prison.
Plusieurs fois, et toujours,
Ethan la rattrapa, car il escomptait bien
Qu’elle tienne sa promesse, et qu’elle reste,
Jusqu’à la fin.
Elle était émue, tenait-il vraiment à elle ?
Bien plus que cela, Ethan était obligé de la garder,
Cachée, emprisonnée.

Cependant, ils continuèrent leurs jeux,
Sous le regard des étoiles, se promettant
Toujours plus, toujours plus absurde.
Il lui promit une maison, elle lui promit des enfants.
Mais l’heure était venue,
Et tout ce que le Protecteur put offrir à sa dulcinée,
Ce fut d’écouter ses derniers mots, et de l’exécuter.

Il pouvait être heureux, il avait obéit.
Les ordres étaient ceux-ci, il n’y avait aucun
Compromis. Et pourtant il pleurait.
Sur un rocher, loin des remparts de la cité,
Il rejetait plus d’eau sur le sable que l’adepte de Dalai
N’aurait jamais pu en faire.
D’aucun dise que c’était là le dernier cadeau
De l’inconnue à son amant.
Car elle ne lui en avait jamais voulu.
Les mensonges, elle ne les avait jamais crus.
Ethan si, pour son malheur.

Aujourd’hui, encore,
Le jeune homme pleure la perte
De la voleuse vénérant Dalai.
Pendant un bref instant, les deux peuples
Furent unis dans les mêmes draps,
Et ils se pardonnèrent tout, pour une nuit.
Maintenant, les larmes d’Ethan
Ont reçu la bénédiction de la Déesse Océanne.
Vous pouvez les boire, et elles vous offriront la joie.
Car désormais, dit-on, le Protecteur est heureux,
Seul avec son aimée, à tout jamais.




Prière: Marcher droit, marcher bien.

Enfant, tu n’as qu’un souvenir à conserver,
Un seul devoir à accomplir.
Envers les Architectes, puissants et éclairés,
Ta foi ne doit jamais défaillir.

Sinon, prends garde, tu finiras comme eux,
Ces fous qui ne croient plus en aucun Dieux.
Des souvenirs morbides, des morts, de la peine,
Infectant les corps du soucis et de la haine.

Alors du droit chemin tu seras exclu,
Repoussé par ceux qui l’auront continué,
Car de ces anciens frères déchus
Ne suis jamais le chemin vicié.

Merci à Mary E. Burrowes




La fable de l'Impudent

Il est raconté qu'au début de l'humanité, My'trä était peuplé des premiers humains. C'était juste au début de notre race, juste après qu'Orshin ait façonné le premier corps, qu'ils eurent leurs premiers enfants, et que Süns ne se soit vu confier sa nouvelle mission. Mais déjà les clans s'étaient réorganisés par respect pour leurs Architectes de préférence. Les pouvoirs différaient, certains plus puissants que d'autres, certains plus utiles, plus adaptés à la faune de My'trä, mais il en était un particulier, qui rendait son peuple plus fort : le pouvoir de contrôler le feu.

Süns avait fait don à ses adeptes de cette force incroyable qui permettait de se protéger des bêtes et de se nourrir en toute quiétude. Ceux qui avait ce don, le voyaient comme la plus belle marque d'affection de leur architecte. Une preuve qu'ils seraient au dessus des autres, que leur passion était récompensée. Et dans une tribu arpentant le désert, un Khorog se souleva. Lui, était le premier maître du feu, il le maîtrisait à la perfection, pliant les flammes à sa volonté comme le roseau sous le vent, dressant la chaleur comme on dresse une monture à obéir au moindre caprice. Ce Khorog si puissant rêvait toujours plus, sa passion pour l'architecte du feu n'avait plus de limite et son entraînement devint de plus en plus rigoureux pour lui et son corps.

Petit à petit, le puissant avatar fit de l'ombre à son Gharyn, il ordonna à sa tribu de ne plus s'entraîner car le Khorog était suffisamment fort pour les protéger tous. Lentement l'idée germa de s'agrandir, d'intégrer d'autres tribus, qu'elles portent un culte à l'Architecte flamboyant ou non. Mais la soumission n'est pas dans la nature de l'homme, et si la peur l'est parfois, Süns donna aussi le courage à notre espèce. Aussi, une rébellion commença à se faire entendre. Une colère grandissante à mesure de la prétention du Khorog. Mais tout cela, ne se fit pas sans fuite. A qui pouvait-on se fier entre la puissance et la peur, entre la dévotion et la liberté ?

Le conflit éclata en pleine tribu et celui qui croyait maîtriser le feu ne maîtrisa plus rien du tout. Ce ne fut pas ses ennemis qui furent réduits en cendre sous ses yeux, c'était son empire, son ambition et ses alliés les plus proches. Il avait tout détruit, pas les autres, mais lui. Le feu qu'il pensait si bien contrôler lui avait prouvé à quel point il se trompait. Il n'y avait plus rien autour de lui, plus de maisons, plus d'alliés, plus d'ennemis...

Sa folie frappa l'homme prétentieux. Il avait causé sa propre perte, parce qu'il n'avait jamais contrôlé le feu. Il ne pouvait pas le maîtriser sans être d'abord maître de ses émotions, de ses désirs et de ses envies. alors il partit comme un simple nomade. Il partit à travers les plaines et les montagnes, à travers les blizzards et les déserts, répandant son histoire auprès des adeptes de Süns, pour qu'aucun ne se croit plus fort que le feu...

Merci à Mary E. Burrowes




« La Promesse », Fable Ju'äm, clan d'adeptes d'Orshin

Un orphelin rencontre une louve.
Animal, s'écrie-t-il, je ne te veux point de mal
Es-tu seule ? T'es-tu éloignée de ta couve ?
On m'a abandonnée, répond-elle, la mort m'emportera ce soir
Je m'en vais mourir dans ce bois, bovin voué à l'abattoir.
L'orphelin est confiant et s'approche de la bête
La maline révèle alors sa vraie facette
Et d'un coup de mâchoire aux crocs aiguisés
Fait du naïf enfant son gibier malchanceux.
La proie vante son cœur bon, tente le lâcher prise
Mais l'animal malicieux la considère comme acquise.
Pour toutes excuses elle avoue son besoin
D'un peu de nourriture au terrier ramener.
Mes petits louveteaux, confie-elle, n'ont désormais plus rien
Sous la dent ces jours-ci à ronger.
Tes enfants mangeront goulument, dit l'orphelin,
Mais pourras-tu en dire autant au lendemain ?
Que se passera-t-il lorsque la faim à nouveau se montrera ?
La venue d'un autre comme moi est-ce que tu escompteras ?
Je trouverai nourriture à partager, propose-t-il au prédateur,
Relâche-moi maintenant et dans à peine quelques heures
Ta famille et moi des repas à jamais partagerons
Et de cette mésaventure plus rien nous ne retiendrons.
L'animal s'exécute et lui rend sa liberté,
L'enfant s'engage et la laisse le guider
En direction de jeunes loups, elle n'avait pas menti.
Là dessus, l'humain agrippe son couteau
Et d'un coup vif abat la créature,
Aucune promesse ne faisait mention
Que la survie de celle-ci était une condition
Et en mal cela lui fut doublement fatal
Car en nourriture son corps il transforma
Et de sa tendre chair ses enfants il régala.

Toutefois, sa promesse fut respectée et à jamais accomplie
Car de la joyeuse troupe pour toujours il s'éprit,
A travers les âges et ce durant toute sa vie.

Merci à Faye Toen




Prière : Süns, l'architecte flamboyante

Entends mes paroles, toi qui gouverne Zolios
Süns, Ô divine, Griffon d'ébène,
Tu m'écoutais jadis dans mes prières,
Une fois encore, exauce mes vœux
Et que ton feu rayonne, pourfende nos cœurs
Ainsi pourrons-nous des cendres renaître.

Merci à Faye Toen




La légende d'Evrann le Bleu

Oyez, voyageurs, cette saga des temps anciens,
relate la quête héroïque d’un magicien.
Il arriva seul, perdu en terre inconnue,
mais sa reconnaissance il a obtenue.

Ervrann le Bleu, Evrann le Bleu, le mage errant,
il parcourait la campagne en s’affairant.
Qui était-il, que voulait-il, où allait-il?
Etait-il un allié, neutre ou hostile?

Cet étrange personnage causa bien des surprises,
sur le monde il semblait n’avoir pas de prise.
Les indigènes bien vite s’habituèrent à lui,
le croisant tantôt de jour, tantôt de nuit.

Ervrann le Bleu, Evrann le Bleu, le mage errant,
il parcourait la campagne en s’affairant.
Qui était-il, que voulait-il, où allait-il?
Etait-il un allié, neutre ou hostile?

Ses jours solitaires prirent fin un jour d’hiver,
et Suhury l’accueillit à bras ouverts.
Le voilà désormais My’trän à part entière,
il ne doit plus errer entre les frontières.

Ervrann le Bleu, Evrann le Bleu, le mage errant,
il parcourait la campagne en s’affairant.
Il est arrivé à la fin de son calvaire,
Evrann le Bleu est maintenant Evrann le Vert !

Merci à Meylan Lyrétoile




Prière : Ode à Amisgal I

Par ses vents je serai guidée,
Par ses ailes je m’élèverai,
Par son souffle je m'emporterai,
Par ses yeux enfin je verrai.

Nos terres par ses brises sont bercées,
Jamais un jour sans le sentir,
Le souffle du dragon doucement m'envahir,
Mon chemin, dans ses pas, est tout tracé.

Quand bien même quelques maux,
Me sont laissés dans des jours sombres,
Dans la tristesse et la pénombre,
Sa voix me portera au sommet à nouveau.

Si dans les cieux je peux lire,
Et que dans les vents je peux construire,
Les promesses d'un meilleur avenir,
Alors je sais que je ne peux souffrir.

Amsigal guidera mes pas,
Et c'est par ses tempêtes que je vaincrai
Toutes les embûches que je croiserai
D'un souffle porté par la foi.

Par ses vents je serai guidée,
Par ses ailes je m’élèverai,
Par son souffle je m'emporterai,
Par ses yeux enfin je verrai.

Et dans un murmure, un râle,
Jamais je ne cesserai de te prier, Amisgal.

Merci à Kelmina Dirhaël




Folklore secret des Anomalies : L’Hymne Réprouvé

Entendez-vous le blâme, sentez-vous la torpeur ?
Les suppliant, avec tant de larmes et d’ardeur.
Quand votre cœur réclame et que vos yeux implorent.
Voyez les si belles âmes qui vous toisent, vous ignorent.

Car vous êtes tombé, enfant de l’interdit
Et de courir vous vous devez, car votre vie,
N’est plus qu’un souvenir, une erreur du passé,
Alors, avant de mourir, venez donc chanter.

Entendent les dévots qui brillent par tant de grâce,
Pour que par ces mots, ils en perdent leur fière audace,
Car si leur espoir, c’est dans les cieux qu’il s’enfuit
Ceux de notre avoir, c’est dans nos âmes qu’il mugit.

Entendent les infidèles, qui ne vivent que d’impie
Et qui du lointain ciel, ne méritent que la pluie,
Car dans la terre, avec joie nous les enverrons
Leur arracher leurs frères, abattre leur raison

Entendent les traitres, qui par leur lâcheté,
Se sont imposés en maîtres, pour mieux nous damner
Mais jamais la mémoire, elle, ne nous a trahit,
Car de ses déboires, nous gardons le mépris

Entendent les vils fantômes, qui sans halte nous traquent,
Cachés sous des manteaux, des illusions opaques,
Car des divins prodiges, ils ne sont que pantins,
Rien de plus que les vestiges d’un monde qui s’éteint

Écoutent nos dieux qui nous ont abandonné !
Pour ce désaveu, qu’ils ne sauraient assumer.
Pour les insurgés qui n’auront cesse de fuir
Et qui, condamnés, ne s’attendent qu’à flétrir.

S’élèvent ceux qui sont fiers, dont le cœur est blanc,
Blanc à l’instar de nos pierres, blanc comme notre sang.
Et même par la mort, nous teindrons nos âmes de noir,
Car pour que vienne l’aurore, il doit y avoir un soir.

Alors entonne notre chant, avant le linceul,
Car la damnation t’attend, et on meurt tous seuls,
Et tant que tu peux parler, que tu es en vie
Tu portes en toi la lignée des anomalies.

Merci à Ophélia Narcisse


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Bolgokh
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Dim 11 Mar - 1:10
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La mort à My’trä

Préambule

Vous ne vous êtes jamais demandé : Pourquoi ces chers mages oubliaient les gens qui meurent ? Evidemment, vous avez lu consciencieusement le contexte, et vous en savez les causes. Il y a des millénaires, une grande guerre opposa les Architectes à leurs créations mortelles. Pourquoi ? Quand la mort, invariablement signée par la plume de Möchlog, emmenait leurs proches, la piété contraignait les humains à accepter leur sort, à continuer d’avoir foi dans leurs créateurs. Mais plus le temps passait, plus une haine muette contre les Architectes qui prenaient sans cesse des vies apparut, se développa sous le regard aveugle des concernés, et finalement éclata. La guerre commença, mue par un désir de vengeance pour tous ces êtres chers tous voués à mourir un jour ou l’autre. La vengeance avait été l’étincelle de ce conflit sanglant, et lors de sa résolution, les Architectes se jurèrent de ne plus lui laisser la moindre chance de s’allumer. Ils retirèrent donc aux mortels tout sentiment négatif qui serait provoqué par la perte de quelqu’un. Remords, colère, tristesse, tout cela n’existerait plus. Ils offrirent cela aux hommes en échange de leurs pouvoirs, et firent en sorte que leur magie frappe plus fortement les humains qui leur étaient les plus fidèles. Ainsi, un novice oubliera simplement le visage de sa mère, quand un maître oubliera instantanément son nom.

Mais, comment cela fonctionne-t-il précisément ? Pourquoi, si la peur d’une guerre était la raison de cette malédiction, les actuels Daënars ont-ils pu la déjouer et retrouver leurs souvenirs ? Pourquoi n’y-a-t-il plus de My’träns qui fasse une scission avec le culte des Architectes, comme les Daënars en leur temps, à cause de cela ? Il existe pourtant des mages, les Khurmis, qui peuvent se souvenir de leurs défunts. Qu’est-ce que ça leur fait ? Pourquoi n’essayent-ils pas de répandre leur vision altérée du monde partout ? De déclencher un nouveau chiisme avec les Architectes ? Toutes ces questions, nous allons y répondre, et même plus encore. Aujourd’hui, vous allez apprendre la relation, si différente de la nôtre, que les My’träns ont tissés avec la mort. J’espère que ce texte éclairera votre lanterne et répondra même à des interrogations que vous n’aviez pas en commençant à le lire.




Mais... qu'est-ce à dire que ceci ?

Tout d’abord, commençons pas le commencement. Comment fonctionne réellement cet oubli ? Qui est-ce que cela affecte ? A quel degré précisément ? Déjà, il est souvent pratique de définir quelque chose en commençant par définir ce qu’elle n’est pas. Lorsque quelqu’un meurt devant un mage, ce dernier n’oublie pas instantanément qu’il y a quelqu’un qui vient de mourir. De même, si votre frère meurt, vous savez que vous avez eu un frère. Si votre enfant meurt avant de naître, vous avez eu un enfant. Ce n’est pas sous cette forme que se présente l’oubli. En réalité, les My’träns oublient ce qui les liait à la personne qui vient de mourir. Si votre frère meurt, vous allez oublier peu à peu son visage, sa voix, ses traits de caractère qui le rendaient attachant, mais en premier lieu, vous allez rapidement oublier le sentiment d’amour qui vous liait à lui, car c’est cela qui engendre les émotions négatives que les Architectes ont voulu supprimer. Si votre conjoint meurt sous vos yeux, vous vous souviendrez de qui il était pour vous, mais ne vous souviendrez plus à quel point vous l’avez aimé, puis très vite vous oublierez ce qui faisait que vous l’aimiez, avant d’enfin oublier son identité complète. Vous avez eu un conjoint, mais qui ? Impossible de se souvenir.


Mais... On connait pas déjà ça ?

Mais soyons clairvoyants quelques minutes. Ce phénomène existe déjà dans la réalité, et touche tout le monde. A moins d’un profond choc, quand quelqu’un meurt à côté de vous, si c’est un inconnu, dans une semaine ou deux vous aurez totalement oublié son visage, sa voix, et au bout de quelques mois ou années comment il se nommait. Notre cerveau efface progressivement des informations, ou en tout cas les font basculer au second plan de la mémoire. S’il n’y a pas de stimuli, si personne ne vous rappelle que cette personne a existé, vous ne vous en souviendrez probablement pas spontanément, ça et toutes les émotions négatives que sa mort a pu vous causer. Eh bien dites-vous que cette porte qui permet aux souvenirs de revenir au premier plan, les Architectes l’ont condamnée. Evidemment, si vous rappelez à un mage qu’il a eu un frère qui est mort, il sera d’accord avec vous, mais cette information est la seule qui reviendra au premier plan, histoire tout de même que l’individu reste équilibré psychologiquement et n’oublie pas des gens qui ont réellement existé dans son entourage, ce qui aurait le potentiel de le rendre fou.

Eh bien, pour vos proches ce phénomène existe aussi. Il est bien moins puissant que chez les My’träns, mais pourquoi ? Mettons que votre frère meurt, vous allez vous souvenir de lui pourquoi dans quatre ans ? Parce qu’il est mort, déjà, et que cette mort vous a causé de puissants sentiments de colère, de tristesse, qui se rappellent à vous dès que l’on évoque votre parent ; ensuite, parce que vous avez partagé des moments dans votre enfance qui ont engendré des émotions puissantes également ; mais vous souviendrez-vous très bien de son visage ? De sa voix ? Aujourd’hui, il y a les photos, les vidéos qui permettent cela, mais mettez-vous à la place d’un homme du Moyen-âge. On oubliait très rapidement ses proches morts. La seule chose qui permettait de s’en souvenir sur la durée, c’était la puissance des sentiments causés de leur vivant et par leur mort. C’est ces sentiments que les Architectes ont supprimés. Une fois que la personne est décédée, tout sentiment, ou souvenir de sentiment, lié à elle est bloqué.


Mais... et si je suis qu'un pauvre novice ?

Après, on a dû vous le dire des tas de fois, ce phénomène croît avec la puissance du mage. Ceux qui n’atteignent même pas le niveau novice, par exemple, auront encore accès à ces sentiments qu’ils ont eu, seulement la puissance des souvenirs aura été diminuée, le choc sera moins grand lorsqu’ils se souviendront de cela. Ensuite, au niveau novice, c’est surtout les sentiments négatifs qui seront bloqués par la magie des Architectes. La haine, le désespoir, les remords, tout cela ne touchera plus le novice lorsqu’on parlera d’un de ses proches décédés. Par contre, il aura encore le bon souvenir des moments passés avec lui, et aucun d’eux ne causera de la nostalgie par exemple. C’est à la fois magique et philosophique, mais on y reviendra plus tard. A partir d’adepte, même les bons souvenirs s’étiolent rapidement après la mort. Et enfin, maître, le cerveau n’aura plus la capacité de ressentir la moindre émotion liée à la mort de quelqu’un. La moindre ? Pas tout à fait.


Mais... ça marche comment dans le cerveau ?

La définition précise de cet oubli, c’est qu’il affecte les sentiments liés à la mort de quelqu’un, au lien qu’on avait avec la personne. La mort, dans sa forme physique, reste une épreuve, un choc à subir. C’est normal. Les Architectes voulaient retirer aux mortels l’esprit de vengeance, pas l’instinct de survie. Si vous êtes témoins d’un meurtre violent, ou même simplement que quelqu’un a fait un malaise fatal à votre table, vous allez vous en souvenir, et peut-être longtemps. Concrètement, votre cerveau continuera à voir la mort comme indicateur d’un danger, et vous réagirez comme n’importe qui en voyant un meurtrier dégénéré, vous allez hurler et courir. De même, si la vision de quelqu’un qui se fait dévorer vivant vous traumatise, ce qui est très probable, vous allez avoir longtemps cette image en tête et les plus fragiles esprits en pleureront encore des années après. La seule différence c’est que la personne dans la gueule de l’animal, qu’elle soit votre frère ou un illustre –et malheureux- inconnu, cela n’influencera pas les sentiments engendrés par cette vision. Lorsqu’on est témoin d’une décapitation, c’est choquant. Si l’homme sous le sabre est votre père, c’est bien plus puissant. Avec la magie des Architectes, vous réagirez pareillement devant l’une ou l’autre de ces deux scènes.


Mais... ils vivent ça bien les My'träns au moins ?

Si la question du "Comment ?" a dorénavant été traitée, il reste encore à élucider le mystère du "Pourquoi les khurmis n'oublient pas ?". Cette raison remonte loin dans les origines du monde. Souvenez-vous. Au prémices de l'ère de Süns, les Anomalies se faisaient de plus en plus présente sur Irydaë, la faute à Khugatsaa, dont le pouvoir et la volonté commençaient à défaillir car la nouvelle Tâche qui lui était confiée entrait en contradiction avec ce pour quoi il avait été invoqué. En réalité, l'Architecte des souvenirs se transformait lentement et surement en Anomalie psychologique, offrant malgré lui à certaines créatures la faculté de ne pas oublier les êtres chers. Heureusement pour lui, le "sacrifice" de sa sœur le ramena à la raison et lui fit accepter pleinement sa mission. Les Régisseurs "réparèrent" tant bien que mal les pots cassés, mais les créatures dont le lien avec l'Architecte faisait intégralement partie de leur outils de défense naturelle gardèrent des séquelles de sa défaillance. Ces créatures, vous l'aurez donc compris, ce sont les Khurmis. Mais leur Architecte ayant accepté son nouveau destin, il perdit son statut d'anomalie, et par extension, ses fidèles aussi, leur permettant donc de se souvenir, malgré la mort, de leurs proches, ou du moins les plus pieux d'entre eux.

Voilà, déjà ce point-là est précisé. Ensuite, pourquoi donc refusent-ils de retrouver les souvenirs de leurs proches défunts ? C’est absolument merveilleux de se souvenir de toute la douleur que la perte d’un proche engendre, de se rappeler que plus jamais on ne vivra les meilleurs moments passés avec elle… Ça ne fait pas envie, hein ? Eh bien voilà pourquoi ça ne les intéresse pas. Les My’träns ne prennent pas cet oubli pour une malédiction, tout le contraire même. Rendez-vous donc compte, la majorité des mages, donc jusqu’à novice, se souviennent toujours de ce que les autres oublient, déjà, et ensuite les novices, justement, ne se rappellent que des bonnes choses. Pourquoi vouloir retrouver cette sensation magnifique qu’est l’envie de se pendre parce que, peut-être, notre petit frère est tombé de cette falaise par notre faute ? Pourquoi ne pas garder que les bons moments dans notre tête ?


Mais... Ils peuvent pas changer d'avis ?

Vous rétorquerez, à raison sûrement, que les adeptes et les maîtres, eux, oublient même les bons souvenirs. Ils ne regrettent donc pas l’époque où ils étaient novices ? Pas du tout, enfin la plupart, pour une raison très simple c’est que devenir adepte, puis maître, c’est de l’ordre du choix. Et ce n’est pas un petit choix, pas du tout, c’est le genre de décision qui va influencer leur mode de vie en profondeur, comme leur façon de voir le monde et même ce qu’ils devront faire jusqu’à la fin de leur vie. Lorsqu’ils font la somme du pour et du contre, au moment de décider s’ils vont vouer leur vie à la vénération des Architectes ou non, nul doute que l’aspect de l’oubli entre en compte, mais, ne nous mentons pas, il fait rarement pencher la balance.

Pourquoi ? Parce que l’oubli est un don des Architectes. Quelque chose qui est là pour les protéger du malheur, du remord, causé par la perte des personnes proches. Lorsqu’un être cher meurt, on est accablé de tristesse, de colère, on n’avance plus dans la vie. Grâce aux Architectes, les My’träns avancent quoiqu’il arrive. C’est un don divin que l’oubli des morts, et ils en ont pleinement conscience, même les Khurmis… surtout eux d’ailleurs. Car, vu qu’ils sont à part dans le fonctionnement de leurs souvenirs, on leur reproche un peu, ce qui accentue le fait qu’ils prennent plutôt cette mémoire qui fonctionne bien comme une malédiction plus qu’autre chose. Heureusement, Khugatsaa sait convaincre ses fidèles que c’est pour leur bien et celui de toute la communauté de My’trä. Se rappeler précisément des défunts, c’est parfois utile.

Ensuite, il faut prendre en compte la philosophie assez proche du bouddhisme de notre réalité, qui est celle de la majorité des My'träns. Ces derniers restent proches de la nature, ils acceptent leur condition, comme toute autre espèce créée par Orshin, et ne cherchent pas à avoir plus que ce qu'ils ont car cela serait contre-nature. Les my'träns ont parfaitement intégré la notion de "cycle" et d'espèce. Ils savent qu'ils ne sont qu'un grain de sable au milieu d'autres, et à leur naissance les Architectes offrent des dons qu'ils reprennent à la mort de l'individu. C'est comme ça, et il serait contre-nature que de vouloir autre chose. Les Daënars y arrivent cependant, et même si au début il s'agissait d'un choix (qui était donc contre-nature puisqu'ils ont eu une vie très pénible pendant de longues décennies avant de s'adapter), aujourd'hui il faut plutôt considérer cela comme une véritable évolution de l'espèce.

Enfin, l'être humain sur Irydaë a quelque chose d'assez commun à nous autres dans la réalité : la majorité voue une curiosité à l'inconnu. Lors de la scission de l'espèce, tous ignoraient ce qu'il adviendrait s'ils se détournaient des Architectes. Aujourd'hui, le phénomène est connu de tous, ce qui en fait donc quelque chose de beaucoup moins attrayant, d'autant plus que dans l'éducation des jeunes My'träns, de nos jours, les précepteurs ne manquent pas de citer les nombreuses contraintes que subissent les Daënars, que nous avons évoqué plus haut.


Mais... Attends, tu peux pas résumer ?

Et voilà, pour résumer, les My’träns voient la mort d’une manière bien différente de nous. Nous souffrons quand la mort frappe, eux n’y voient qu’un cycle naturel qui apporte ni de bonnes, ni de mauvaises choses. C’est la raison pour laquelle convaincre un My’trän du mal fondé de cet oubli est difficile. Cela fait si longtemps qu’il est ancré en eux que maintenant ils ne peuvent se rappeler du moment où ils vivaient autrement. Et puis, il y a de cela mille ans, ceux qui ont tout de même poursuivi sur le chemin de la connaissance ont été punis, abandonnés des Architectes. Mieux vaut cent fois préférer l’oubli de ses proches, que d’avoir gravé sur la peau à jamais le fait qu’on a oublié ce qui compte vraiment : l’amour envers ses créateurs et ceux qui nous donnent ces merveilleux pouvoirs. Ce qui s’est joué il y a mille ans, c’est une divergence d’opinion très puissante sur la place qu’occupe, et doit occuper, la mort dans la société.

Voilà, j’espère que cette petite explication vous aura éclairé. J’ai fait de mon mieux pour qu’elle soit la plus claire et complète possible, qu’elle réponde à un maximum de question, n’hésitez pas à réagir avec d’autres questions (importantes quand même, ne chipotez pas sur quelques détails, c’est un univers inventé) je ferais un Adentum avec plaisir !

Mais... Ok, j'ai plus de questions.


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