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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Khurmag
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 [Terminé] La boue du port

Alice Tan'Odrin
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Sam 18 Fév - 15:55
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice suspendit son geste à quelques centimètre de la porte. Une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, ce n’était pas à cause de Cassie. Elle, elle était silencieuse depuis qu’elles avaient pénétré dans la ville, laissant Alice aller au devant de son destin. Mais maintenant que tout ce qui la séparait de celui-ci n’était qu’une porte en bois, elle n’était plus sûre de rien.

Sa compagne lui envoya une vague de confiance pour la rassurer. Elle n’avait qu’à franchir cette porte et retrouverait son passé. Mais elle hésitait. Elle ne se sentait pas...prête. Ou peut-être avait-elle peur tout simplement. Mais dans tous les cas, elle n’avait plus envie de frapper contre le battant. Elle voulais continuer à explorer le monde comme elle le faisait depuis plusieurs mois déjà. Et il lui restait tellement à découvrir ! Elle avait parcouru une bonne partie des continents au sud de My’trä mais tout le Nord lui était encore inconnu. Sans parler de Daënastre même si elle se sentait réticente à l’idée de mettre les pieds là-bas.

Bref, sa main redescendit lentement le long de son corps.

*Du coup on continue ?*

*Oh oui !*

Alice sourit quand la joie de son amie la submergea. Elle savait que Cassie avait très peur de ce qu’il lui arriverait quand elle re-découvrirait son passé. Il faut dire que la jolie blonde était loin d’être dégourdie dans le monde qui l’entourait même si elle avait appris pas mal de chose au cours de son voyage. Sans parler de se lier aux gens. Cassie avait particulièrement peur de disparaître en laissant Alice complètement seule. Il faut dire qu’elles avaient toujours été là l’une pour l’autre au point qu’Alice avait fait très peu d’efforts pour se lier avec d’autres personnes.

C’était aussi pour ça que la jeune fille voulait continuer à voyager. Car grâce à ça, elle avait pu rencontrer des gens et apprendre à communiquer un peu mieux avec le monde extérieur. Et elle sentait que si elle rentrait chez sa grand-mère aujourd’hui, elle ne ferait que se refermer sur elle-même. Ce qui n’était pas un bon plan, elles en étaient toutes les deux sûres.

Alice fit demi-tour et descendit les trois marches du perron. L’agitation de Reoni battait son plein en ce milieu de matinée. Le serviteur de Khugatsaa qui lui avait enlevé ses souvenirs avait encore déménagé pendant qu’elle vivait ses aventures. Elle commença à marcher en direction du port. Elle n’aimait pas beaucoup cette ville mais peut-être était-ce simplement parce-qu’elle avait entendu dire que beaucoup de choses à Khurmag n’était pas ce qu’elles semblaient être. Et comme elle n’avait aucun moyen de savoir si c’était vrai ou non, ça la chiffonnait.

Mais elle aimait bien la mer. Alice la sentit avant même de la voir. Une odeur forte et iodée mêlée à celle des poissons que l’on ramenait tout juste sur le marché. Elle passa devant un de ces étale que les pêcheurs étaient encore occupés à dresser. Elle grimaça. Bon, ok, l’odeur n’était pas vraiment ce qu’elle préférait. Il fallait croire que son nez délicat d’aristocrate ne pouvait pas tout accepter ce qui lui fit lever les yeux au ciel. Voilà ce que ça faisait d’être élevée comme une princesse dans un donjon !

Alice passa l’angle d’un bâtiment et arriva enfin sur le port proprement dit. Les bâtiments multicolors étaient frappés de plein fouet par le soleil déjà haut. La journée promettait d’être superbe. D’ailleurs, il faisait incroyablement doux pour cette période de l’année habituellement touchée par les dernières gelées. Des navires immenses tanguaient doucement entre les quais, leurs voiles attachées car inutiles à l'arrêt. Des vagues prisonnières entre les coques clapotaient en rythme faisant oublier à Alice le brouhaha des activités portuaires.

Elle ferma les yeux, face au soleil et laissa le bruit des vagues entrer dans sa tête et la bercer. Elle avait médité ce matin en se levant grâce à ses exercices liés à Süns mais une petite tranche de bonheur était toujours bonne à prendre. En plus, comme elle avait décidé de repartir en voyage, elle avait maintenant tout le temps du monde pour choisir sa prochaine destination.

Quelqu’un la bouscula et elle tomba sur le sol. Elle entendit de brèves excuse mais l’homme avait visiblement trop de choses à faire pour rester plus longtemps et l’aider à se relever. Elle regarda les pavés noir de crasse sous ses mains.

*Oui, c’est sale. Tu vas rester là toute la journée ?*

Alice soupira en pensant à son uniforme de guérisseuse blanc brodé d’or qui devait maintenant être joliment teinté. Mais elle n’avait pas vraiment envie de bouger. L’état de rêverie dans lequel elle s’était mise juste avant d’être renversé lui donnait juste envie de s’asseoir là jusqu’à ce qu’elle ait de nouveau envie de bouger.

*Wahou… Quelle magnifique démonstration de flemme !*

La jolie blonde ignora Cassie et se contenta de se retourner pour s’asseoir sur les fesses, une position bien plus confortable que les quatre pattes sur les pavés. Et puis de toute façon, perdu pour perdu, autant avoir une bonne raison d’aller faire laver son uniforme. Aussi frotta-elle négligemment ses mains sur son pantalon pour en enlever la crasse. Bon qu’allait-elle faire maintenant ? Attendre comme ça, assise au milieu de la rue ou se relever et faire quelque chose ?




Dernière édition par Alice Tan'Odrin le Sam 29 Avr - 23:37, édité 1 fois
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Luciole Aldebarra
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Sam 18 Fév - 18:33
Irys : 136206
Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
Pérégrin 0
Cela faisait près de quinze jours que je naviguai à bord de ce magnifique bateau, sur ces collines d'azur se défragmentant au contact de l'air et de la roche, l'immensité qu'est l'océan, entre deux escales. J'ai foulé le plancher sombre et humide de ce voilier il y a quinze jours, c'était au port de Prorig, à Daênastre, mat en bois d'acajou, coque à double épaisseur, boiseries nobles pour la décoration intérieur, tout laisser à penser que j'avais atterri sur la demeure flottante d'une Grande, à mon grand désespoirs...

"Charles ! Amenez-donc le homard je vous pris, ma peau commence à pâlir au contact du vent salé !", disait-elle éventail à la main, se lamentant tel un malade de la peste... A croire que son sort est pire que le miens, sale narcissique...

Charles, c'est le nom que je me suis attribué avant le grand voyage, afin de passer inaperçue. En effet, cette Dame cherchait de nouveaux membres d'équipages, des hommes forts et vaillants, pouvant manier le cordage et les sangles à la perfection ! Elle criant... Elle criait... Telle une hystérique sortie de l’asile, sur la place du port, en son plein centre, de son froufrou rosâtre sapée, afin de se faire voire de tous les passants, je l'ai aperçu au loin, rencontré... Elle m'a alors engagé pour la traversée.  

Mon voyage commençait enfin... Le Grand voyage vers la terre des géants, ce vaste continent illustrant les livres pour enfants de leurs gigantesques créatures toutes plus difformes les unes que les autres, ainsi que de leurs plantes aux couleurs pastelles, et parfum angélique, et ceci, depuis la nuit des temps. Que vais-je pouvoir y trouver ? Amazones, monstres, ou encore déserts ? Autant de possibilités nourrissant ma vorace soif d'imagination, cette même imagination, qui, je le crois, n'hésite pas à se jouer de moi depuis quelques temps, quelques mois. Après tout, il est vrai que j'ai mal agit, à Skingrad, ce vingt cinq ième du mois de Janvier, mais bon, ils étaient tellement méchants avec moi... Alors que faire ? Ignorer la vermine, les bourgeois et le peuple ? Mais dans ce cas, je n'aurai plus personne à qui parler... Je ne dois pas faire d'amalgames, My'Trâ est une nouvelle destination, je dois repartir du bon pied.

J'étais penché sur le pont inférieur du bateau, sur la terrasse arrière, le regard dirigé au loin, vers le bleu océan. Je pensais à ma famille, ma raison de vivre, mes envies, toutes les énigmes de mon existence passaient entre les mains de mon esprit critique et avisé, afin d'en tirer le meilleur, pensais-je.

"Larguez les amarres, rangez la grand-voile !", telle était la phrase m'ayant tirer de mes rêveries d'une violence dont vous ne pouvez en connaître la sensation.

"Heureusement que nous sommes arrivés, je n'aurais pas donner cher de sa peau dans le cas contraire.", disais-je tout en ricanant à voix basse.

Empli de la satisfaction d'être arrivé à bon port, et ne voulant pas croiser le regard de cette femme aux coiffures architecturales et pailletées, je décidai de me retirer dans la plus grande discrétion, pointes de pieds, démarche légère, échappant également au pot de départ gouverné par cette dernière, où la cuillerée de caviar est le passe-d'entrée, qu'elle immondice. Mais soit ! Je ne dois pas traîner. Dirigeant mes longues gambettes à travers le pont-balade droit, et tout en scrutant les moindres faits et gestes du personnels d'entretien, je m'assurais une fugue à la discrétion d'or.

Une heure passa, j'étais désormais en terres Khurmag, au port de Réoni.

"Stoc, Stac, Stoc...", c'était le bruit que faisaient mes mocassins fraîchement cirés contre la pierre noircie de la crasses du port.

Le paysage était différent des autres ports que j'avais eu l'occasion de visiter auparavant, sur les terres verdoyantes et fertiles de Daênastre. Celui-ci était légèrement enneigé, l'eau certainement glaciale semblait chanter au contact des coques de bateaux amarrés, créant ainsi un orchestre de bruitages en harmonie avec les chants des marins partant en mer, au loin. Je balayai mon environnement du regard à plusieurs reprises, il est vrai que le bruit brouillait quelque peu mes sens, et il était difficile de percevoir les informations indispensables à ma survie, la survie en territoire étranger, mais je dois faire avec, et ne surtout pas laisser tomber.

Je continuai d'avancer, pas après pas, mètre après mètre, me frayant un chemin à travers ce long chemin de pierres noircies, orné de tonneaux de bières, de vins, et autres vivres exportables sur de longues distances. Le vent soufflait fort à présent, j'avais froid, extrêmement froid, mon cartilages se figeait sous la pression étouffante de l'air gelé, mes membres s'engourdissent, ça devient une habitude mais ce n'est jamais agréable, il faut l'avouer... Je dois vite trouver un endroit où dormir et ainsi, préparer mes plans futurs, mon idéal de vie, je le dois...

"Oh, regardez la p'tite dame, elle vient de tomber dans le cambouis, ah, ah !"

Je fus stoppé dans mes songes quand mon regard, entre deux ruelles, s'arrêta sur la jeune femme faisant l'objet de la moquerie de ce vieux loup de mer. Elle était blonde aux yeux bleu, et vêtue d'un grand et étrange uniforme blanc, salit par cette piteuse souillure accrochée au sol. Je peux distinguer la faciès angélique qu'elle affiche même après ce terrible incident, terrible ? Peux être se moque-elle de son apparence après tout ? Mais ce n'est pas une raison pour rester ici sans rien faire, après tout, je suis un gentleman, tel et mon caractère et mon destin. Je dirige mes pas en sa direction, ses lèvres rosées ne bouge point, je m'hâte de lui venir en aide.

Cinquante pas sont à présent passés, je suis face à elle, elle ne semble pas regarder en ma direction ni même me voir, mais je lui tends quand même ma main gauche, la seule qui me reste, elle est encore abîmée par le travail de la corde, mais ce n'est rien, elle est encore mobile, elle.

"Besoin d'aide Mademoiselle ?", disais-je alors à voix basse, tout en affichant un léger sourire.

Qu'elle gentillesse... Ça ne me ressemble pas, cette femme aurait-elle un pouvoir d'attraction sur mon pauvre corps ?



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Alice Tan'Odrin
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Lun 20 Fév - 23:33
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
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Spoiler:
 

Alice fixa la main qu’on lui tendait, surprise. Puis un de ses neurones finit par réagir et lança une décharge électrique à son voisin histoire de créer un minimum de réaction de la part de la jeune femme. Celle-ci leva les yeux et remonta le long du bras de l’homme. Il était brun, avec deux iris bleues qui la fixaient et était très bien habillé. Elle crut reconnaître la la mode de Daënastre mais rien n’était moins sûr car elle ne faisait habituellement pas attention à ces choses là…

*Comme à pas mal d’autres trucs je dirais !*

… par contre elle pouvait voir que le tout était très bien coupé et mettait la silhouette de l’inconnu en valeur. Sa grand-mère aurait sûrement parlé d’un “homme de goût”. Mais Alice n’avait aucune idée de ce que ça impliquait d’autre par contre. Elle n’avait jamais posé la question et n’avait jamais été confrontée directement à un “homme de goût”. Ou peut-être que si. Mais elle n’y avait pas prêté attention.

*Bref ?*

Ah oui, la main tendue. Alice fit un aller-retour entre la main incroyablement propre de l’inconnu et les siennes, toujours aussi noires malgré les efforts qu’elle avait fourni à tartiner son uniforme avec. Elle ne pouvait décemment pas obliger ce pauvre homme à se salir les mains ! Déjà qu’il lui proposait son aide… Bon elle n’en avait pas vraiment besoin mais elle n’avait pas non plus envie de lui répondre “non merci”. Elle n’était pas encore super au point sur le je m’en foutisme.

Mais tout ça ne résolvait pas du tout son problème.

*Ba utilise ta manche bécasse.*

*C’est pas bête comme idée ça !*

Cassie leva mentalement les yeux au ciel faisant sourire Alice. La jolie blonde entreprit d’écouter le conseil avisé de sa compagne et rentra sa main droite dans sa manche avant de saisir celle de l’homme qui poirautait toujours gentillement.

“Merci beaucoup Monsieur”, dit-elle en se hissant, “EtAAAAAAH !”

Sa manche avait glissée en plein effort ce qui lui fit perdre complètement l’équilibre. Heureusement pour son coxis, elle eut le réflexe de se pencher en avant et tomba donc sur l'inconnu au lieu de retourner à nouveau sur les pavés. Elle se retrouva donc dans les bras d’un homme qu’elle ne connaissait ni d’Adam, ni d’Eve - et à sa connaissance c’était bien la première fois qu’elle avait autant de proximité avec quelqu’un qui n’était ni de sa famille, ni un patient-, ses deux main bien sale prenant appuis sur la veste de ce dernier.

*Bien joué Alice ! Je n’aurais jamais cru ça de toi !*

“Mais… Je… Que…?”

La scène aurait presque pu être adorablement romantique si une nausée n’avait pris immédiatement Alice au cou. Elle repoussa violemment l’homme et se retourna pour rendre le contenu de son estomac sur le sol. Les spasmes cessèrent presque aussi vite qu’ils étaient venus mais l’honneur était tout sauf sauf. D’ailleurs, Alice n’osait pas se retourner pour voir où elle avait envoyé valdinguer l’homme qui l’avait si gentiment aidé. Une autre série de pensée beaucoup plus terre à terre luttait dans son esprit. Il fallait qu’elle se change et qu’elle se rince la bouche. Et accessoirement qu’elle découvre de quoi elle souffrait parce-que vomir comme ça sur les gens c’était pas terrible. Ce qui était sûr, c’était qu’elle allait devoir faire une pause dans ses activités de médecin jusqu’à ce qu’elle comprenne le pourquoi du comment. Histoire de ne pas contaminer la moitié de la ville.


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Luciole Aldebarra
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Jeu 23 Fév - 0:28
Irys : 136206
Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
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Elle me regarde enfin, du moins, elle fixe avec insistance la main charnue que je lui avais tendu par pure amitié, pour se relever. Je pouvais voir son regard remonter le long de mon bras, avant de se positionner sur une vue d'ensemble, tel un médecin faisant un diagnostic à son patient, effrayant en un sens... Son visage semblait surprit, comme si ce n'était pas monnaie courante chez les bourgeois comme moi ! Ah, à la bonne heure Mademoiselle ! Je suis un Grand moi aussi, il y ajuste à regarder mon apparence pour le comprendre !

"Stop...", disais-je à voix basse avant de reposer le regard sur la jeune femme.

Je ne vais vraiment pas bien depuis quelques semaines, ce n'est plus moi, je ne me
reconnais plus, quelque chose cloche, mon esprit se rétracte au plus profond de mon être, et laisse place à un nouvel hôte, malfaisant et narcissique au possible. Mais je me perds en conjectures, je dois me recentrer sur cette créature au allure d'ange gardien couverte de crasse noirâtre.

A ma grande surprise, elle me snoba, pensant pouvoir se relever telle une dame décollant son arrière train du pot de chambre, et en insistant bien sur le fait que ça sente la rose... La bonne blague ! Cette histoire commence à sérieusement m'énerver, je n'aurai jamais du être aussi gentil avec elle, jamais !

"Et oui... Tu es beaucoup trop gentil avec les autres, Luciole...", entendais-je alors, une voix profonde, comme encré dans ma tête, mais d'où cela pouvait-il bien venir ?

Étonné, je pris la parole tout naturellement, pensant que c'était la fille aux cheveux blonds qui venait de m'interpeller, et commença à hausser le ton.

"Ah oui ? Trop gentil ? Eh bien... Reste dans ta misère !", rétorquais-je violemment avant de dévisager la jeune femme.

C'est alors que cette dernière me prit la main avec une délicatesse déconcertante, que voulait-elle ? Avait-elle pitié de moi ? De ma situation ? Mais c'est moi qui devrait avoir pitié d'elle, et pas l'inverse !

“Merci beaucoup Monsieur”, dit-elle en se hissant, “EtAAAAAAH !”, me répondis-t-elle avant de souffler un bruitage démontrant son puissant effort.

Voila maintenant qu'elle me remercie, qu'elle humiliation, humilier un bourgeois comme moi ?! Elle doit payer, je ne permettrais pas qu'on se moque du nom des Aldebarra, rira bien qui rire le dernier...

Je fus couper de mes rêveries quand cette dernière, fidèle à son attitude décadente, perdit l'équilibre, se penchant en ma direction. Il était déjà trop tard, la collision était inévitable et je ne pouvais remédier à ce terrible incident, la goutte d'eau qui fait déborder le vase... Son corps, bien que menue, était d'une lourdeur à toutes épreuves, ou est-ce moi qui est trop fragile ? Moi ?! Fragile ? Impossible, je suis un Aldebarra ! Persuadé de pouvoir encaisser ce choc d'apparence anecdotique, je gonflais mon torse de tout l'air dont je pouvais disposer sur le moment, afin de pallier le choc qu’engendrerait la chute de cette femme sur mon faible corps.

"Bram..."

Tel était le bruit répandu par le choc au alentour. A présent, cette femme tenait ses deux mains noires de crasses sur mon magnifique manteau de cuir et fourrure noir, le tachant sur toute sa longueur. Comment devais-je réagir ? Devrais-je la sermonner ? La frapper avec mon bras de fer, ou alors encore mieux, la tuer ? Ce geste est impardonnable je le sais bien, mais pourquoi donc cela m'arrive-t-il qu'à moi ? C'est d'une injustice à toutes épreuves... La jeune femme se retourna tout aussi tôt, m'empêchant de pouvoir voir l'expression de son visage à ce moment précis.

"Bweurk... Eurk... Pfteuh !"

Non mais je rêve, voila maintenant qu'elle rajoute une couche de dégueulis sur les pavés déjà étouffés par la crasse des matelots de misère, quel monde de crasseux, non mais où sont les banquets de fêtes autour des Comtes et Comtesses du pays ? Où sont les nobles vêtues de dentelles se baladant sur les pavés brillants de Skingrad ? Où sont les Lords et les Ladys ? Je n'en peux plus de ce monde de charlatants ! S'en est trop !
L'esprit emplie de fureur, je me dressa sur mes deux jambes lentement, prenant soin de ne pas faire de bruit. Je m'avançai alors pas à pas vers la jeune femme, brandissant ma vielle dague de fer forgée, prêt à en finir.

"Je suis désolé...", disais-je d'une voix meurtrit tout en versant une larme de désespoirs.

La lame était exposée en l'air, j'étais prêt à abattre le jugement perfide de mon esprit écorché par la rancœur sur cette pauvre femme, mais cette dernière commença une rotation timide vers sa droite, elle allait me voir ! Je dois trouver une échappatoire, me répétais-je inlassablement.

"Eh, toi là-bas ! Tu regardes quoi !", disais-je à voix haute en désignant un homme lambda.



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Alice Tan'Odrin
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Sam 25 Fév - 14:30
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice, qui essayait de reprendre son souffle, sentit une nouvelle vague de nausée la prendre. Ca venait aussi vite que ça repartait. Elle allait se retourner pour voir si le pauvre homme qui l’avait aidé était toujours dans le coin pour lui dire de s’éloigner car elle était peut-être contagieuse quand ce dernier interpella un passant. La jeune fille lança un coup d’oeil au marin qui les regardait un peu hébété et ne sachant quoi répondre.

Alice essaya de lui sourire mais la nausée lui donnait plutôt envie de grimacer. D’ailleurs, celle-ci avait l’air de s’être stabilisée. Elle était mal, mais pas au point d’avoir envie de vomir. Peut-être parce-qu’elle n’avait déjà plus rien dans l’estomac ? Une indigestion peut-être ? C’était peu probable. Elle aurait eu des crampes bien avant d’avoir eu envie de vomir. Non. Peut-être s’était elle levé trop vite ? Non ça aurait été étrange. En plus la nausée n’était apparue que quand elle avait touché l’homme…

“Mais oui c’est ça !”

Son cri fit s'arrêter quelques badauds qui se mirent à observer la curieuse scène. Alice se retourna brusquement vers le jeune homme. Elle ne remarqua d’ailleurs pas du tout la lame de celui-ci. Quand son cerveau bouillonnait, c’était tout juste si le monde extérieur existait encore !

*Même quand ton cerveau ne “bouillonne” pas si je puis me permettre !*

*Oh ça va hein !*

Alice fit un pas en arrière pour s’éloigner du jeune homme et se sentit tout de suite mieux. Puis elle refit un pas en avant pour vérifier sa théorie. Une légère nausée revint taquiner son cerveau. Elle commença une danse de la victoire interne avec Cassie, persuadée d’avoir compris le pourquoi du comment. Histoire d’être vraiment certaine de tout ça, elle refit deux fois son petit pas de danse dans des directions différentes. La nausée revint et repartie aussi vite que les fois précédentes.

Très satisfaite de son expérience, Alice s’arrêta à une distance raisonnable de son sauveur et lui dit avec un sourire rayonnant :

“Je suis allergique à vous !”

Tant tant taaaaan ! Au moins, c’était une bonne nouvelle. Ca voulait dire qu’elle n’était pas malade et qu’elle pourrait continuer à exercer.

“Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur. Je suis médecin voyez-vous et si j’avais attrapé un quelconque virus, j’aurais été obligée de suspendre mon activité pendant un certaine temps ! Je me demande ce qui me rend malade comme ça d’ailleurs. Votre parfum peut-être ? Ah moins que…”

Alice pencha la tête de manière pensive et examina l’homme de la tête aux pieds. Visiblement il n’était armé que de la lame qu’il tenait dans sa main. Ca ne pouvait pas être ça. En effet, Alice cherchait quelque chose de bien plus spécifique aux Daënars car elle avait appris que certaines possessions de ceux-ci, en rapport avec leur technologie, pouvaient rendre malade les mages. Cela ne l’avait jamais gênée auparavant même si elle en avait croisé quelques uns mais vu qu’elle n’était jamais entré “en contact” avec eux c’était peut-être ça la solution. C’était une façon étrange de réagir à la technologie mais elle savait qu’il y avait autant de réaction allergiques que de gens allergique donc pourquoi pas après tout ?

Elle remarqua dans son inspection que les bras de l’homme n’avaient pas la même longueur mais ce genre de chose pouvait aussi arriver naturellement. De plus, même s’il était vêtu à la façon des Daënars, peut-être ne transportait-il rien de technologique.

“Hum, dites-moi, n’auriez-vous pas sur vous l’une de ces armes ou gadget Daënar que l’on croise parfois de ce côté du monde ?”

Elle regarda rapidement autour d’elle se rappelant où elle était.

“... Surtout sur un port d’ailleurs.”

Quand elle reposa ses yeux sur l’homme, ceux-ci tombèrent droit sur sa poitrine. Elle n’y avait pas fait attention jusqu’ici toute à sa réfection mais son sauveur avait deux belle traces de mains sur le torse. C’était assez discret car c’était en noir sur fond noir mais Alice se sentit tout d’un coup très genée. Elle même ne devait pas ressembler à grand chose.

“Heu… Je suis sincèrement désolée pour ça”, dit-elle en pointant du doigt les salissures, “Je peux vous proposer de me suivre jusqu’à l’auberge dans laquelle j’ai mes affaires. Je pourrais ainsi me changer et l’on pourra faire nettoyer votre manteau. A mes frais bien sûr !”

*Heureusement que ce n’est pas difficile de gagner sa croûte quand on est médecin vu comme tu es maladroite !*

Alice ne put qu’approuver silencieusement. Il y avait bien des choses dans ce monde qui lui échappaient et l’adresse était définitivement l’une d’elle. Ainsi que l’art de la rhétorique. Ou celui de la concentration. Ou…

*Oui bon on a compris !*

Alice déglutit discrètement. Et son ventre, maintenant calmé mais complètement vide gargouilla.

“Et je vous propose de prendre aussi un bon repas ! Toujours à mes frais bien sûr !”


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Luciole Aldebarra
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Dim 5 Mar - 16:34
Irys : 136206
Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
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Sur quoi suis-je tombé... Qu'elle puasse, la voilà maintenant qu'elle rigole de toutes ses dents, en solitaire, certainement fière de ce qu'elle venait d'accomplir, la bougre ! Elle mériterait que je la découpe, que je la taillade, que je la saigne, tel un porc suspendu au crochet d'un abattoir à l'agonie, mais je ne peux le faire, il y a trop de monde autour de nous, et puis, elle... Elle n'est pas comme les autres, son péché n'est pas volontaire, son être est au contraire rempli d’innocence, une innocence la protégeant de n'importe quels malheurs, accidents, un aura de pureté accentué par son apparence angélique, ses yeux bleu, sa blonde chevelure, son teins pâle, ses vêtements blanchit -avant qu'elle ne se vautre dans la crasse- par la neige de Suhury...

"Plic, plac, ploc", la pluie commence à tomber violemment sur les pavés noircit par la crasse des marins et de leurs cargaisons, pourrissant une bonne fois pour toutes ma tenue si distinguée à la base, mon cuir, ma fourrure, mes accessoires, et tous autres artifices se mariant à ma tenue... Il faudrait que je trouve un maroquinier, un endroit pour remettre en état mes attributs, au risque de paraître très négligé aux yeux des passant.

Alors que je commençai à me relever tout en tapotant délicatement mes mains écorchées sur mes pauvres habits salit, j'entendis la jeune femme parler.

“Je suis allergique à vous !”, rétorqua-elle de vive voix, me renfermant une nouvelle-fois dans mes envies meurtrières à son égard.

Elle reprit alors de plus belle avec...

“Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur. Je suis médecin voyez-vous et si j’avais attrapé un quelconque virus, j’aurais été obligée de suspendre mon activité pendant un certaine temps ! Je me demande ce qui me rend malade comme ça d’ailleurs. Votre parfum peut-être ? Ah moins que…”

Je commençai sérieusement à me questionner sur cette fille, entre faits et gestes douteux, et bizarreries en tous genres, je pensais avoir tout vu de cette dernière, à tord. A présent, son intérêt se portait sur moi, et plus particulièrement sur mon apparence. Elle me regardait avec insistance, penchant sa tête de manière pensive et m'examina de la tête aux pieds. Elle ne semblait pas préoccuper par mon arme, qui à la base, devait lui voler la vie d'une impulsion de ma main gauche jusqu'à sa gorge. Ça ne pouvait pas être ça. En effet, Alice cherchait quelque chose de bien plus spécifique aux Daënars car elle avait appris que certaines possessions de ceux-ci, en rapport avec leur technologie, pouvaient rendre malade les mages. Cela ne l’avait jamais gênée auparavant même si elle en avait croisé quelques uns mais vu qu’elle n’était jamais entré “en contact” avec eux c’était peut-être ça la solution. Le problème vient donc de moi, indubitablement.

A présent, elle fixe son attention sur mon bras droit mécanisé de boulons, rouages en tous genres et tiges de fer, ainsi que la longueur anormal du gauche, modification corporelle survenu à cause de la prise excessive de médicaments durant mes années d'adolescents cloisonné à la maison. De plus, même s’il j'était vêtu à la façon d'un Daënars, je ne possède point de technologies avancées sur moi, il ne manquerait plus que ça...

“Hum, dites-moi, n’auriez-vous pas sur vous l’une de ces armes ou gadget Daënar que l’on croise parfois de ce côté du monde ?”, rajouta-elle interloquée.

De quoi parle-elle ? De mon bras mécanisé ? Je dois lui répondre, au risque d'éveiller ses soupçons les plus profonds, et qu'elle n'aille me dénoncer à la milice du coin !

"Et bien... Non du tout... Euh... En réalité je possède juste ce morceau de ferraille accrochée au peu de chair restant collée à mon épaule droite, mais rien de technologique, il ne marche pas...", disais-je d'un voix timide et gêné.  

Quand elle reposa ses yeux sur moi, ceux-ci tombèrent droit sur mon torse. Elle n’y avait pas fait attention jusqu’ici, trop préoccupée à vider son bol alimentaire sur le sol du port, ne voyant pas qu'elle avait littéralement pourrit mon habit. C’était assez discret, je dois l'avouer, oui,  car c’était noir sur fond noir, mais ça n’excuse pas tout, il ne faut pas se leurrer.

“Heu… Je suis sincèrement désolée pour ça”, dit-elle en pointant du doigt les salissures, “Je peux vous proposer de me suivre jusqu’à l’auberge dans laquelle j’ai mes affaires. Je pourrais ainsi me changer et l’on pourra faire nettoyer votre manteau. A mes frais bien sûr !”

Ah ! Aurait-elle un semblant de bonne volonté en elle ? Serait-elle assez polie pour me dédommager de ses prouesses malodorantes ? Dans le doute, mieux vaut foncer, au risque qu'elle se désiste dans un élan de lâcheté.

“Et je vous propose de prendre aussi un bon repas ! Toujours à mes frais bien sûr !”, rétorqua-elle une nouvelle fois.

Je n'avais pas beaucoup parlé, mais, je pense que mes faits et gestes trompaient lourdement mon humeur du moment, et qu'il n'était point nécessaire d'enfoncer le clou, après tout, ce qui est fait, est fait, et restera tel quel !

"Avec plaisir Mademoiselle, je pense que nous avons beaucoup à nous raconter.", disais-je alors d'une voix posée tout en rajustant mon col.

Ainsi, nous dirigions pas en direction de l'auberge la plus proche, fendant la neige en son centre, afin d'y faire nos affaires, vous le devinerez.



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Alice Tan'Odrin
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Mar 7 Mar - 13:57
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
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Alice fronça légèrement les sourcils quand l’homme déclara qu’il ne possédait rien sur lui capable de provoquer ses nausées. Se serait-elle trompée ? C’était très possible mais elle avait été si sûre de trouver la bonne réponse que se faire rabrouer la rendait un poil maussade.

*Ne t’inquiète pas Alice, tu finiras par trouver c’est sûr !*

Elle n’en était pas certaine mais bon, déjà savoir qu’il ne fallait pas qu’elle touche le Monsieur sous peine de re-commencer à vider ses tripes était une bonne nouvelle. Si on voulait. Au moins elle était au courant et pourrait l’éviter !

Son sourire revint aussitôt quand le jeune homme accepta de l’accompagner à l’auberge. Il faut dire qu’elle avait vraiment très envie de faire un brin de toilette, de se laver la bouche et de manger quelque chose de chaud. Même si elle ne craignait pas vraiment le froid grâce à son lien avec Süns, l’humidité collée à ses vêtements avait finit par lui donner envie de tout enlever et de se caler dans un canapé près d’un bon feu. Avec une pile de bon livres sous la main si possible. Alice pris donc le chemin du bâtiment où elle logeait, l’inconnu sur ses talons.

L’auberge était petite mais visiblement assez prisée car très bien entretenue. Il avaient quitté le port depuis un moment et se trouvaient à présent au bord du quartier marchand. La bâtisse disposait d’une terrasse en pierres dallées qui devaient accueillir des tables en été. Plusieurs jardinières remplies de plantes bourgeonnantes ajoutaient une touche de vert agréable qui faisaient un instant oublier les effluves de la ville. Grâce à la fortune familiale (et à une nouvelle grosse bourse qu’elle avait pu récupérer chez sa grand-mère lors de son dernier voyage) et à son travail de médecin, Alice avait pu sans problème s’offrir les services de cet établissement. Elle avait tout de même hésité, toujours incertaine quand il s’agissait de gérer ses finances. Mais comme elle était revenu à Reoni pour réfléchir à son futur, elle avait préféré le faire dans un coin douillet.

Alice poussa la porte et les odeurs de nourriture s'engouffrèrent dans ses narines, faisant gargouiller son estomac. Elle sourit et entra dans le bâtiment. Le soleil était maintenant haut dans le ciel et les larges fenêtre de l’auberge permettaient à ses rayon d’inonder le plancher poli par le temps. L’endroit n’était pas encore bondé mais on sentait que le personnel commençait à s’afférer pour gérer le service du midi. Les clients n’allaient pas tarder à abonder ! Pour l’heure, ils ne devaient pas être plus d’une petite dizaine répartis dans la grande salle.

*J’aime vraiment cet endroit ! Ca donne envie de se blottir au coin du feu tout l’après-midi !*

*Oui c’est vrai ! Ca fait du bien de se poser après tout ce chemin.*

La jeune fille s’approcha du comptoire où l’aubergiste -une femme d’une quarantaine d’année avec une tache de naissance violette qui courait sur la moitié du visage et un regard assez stricte- était occupée de ranger des verres propres fraîchement revenus de l’arrière cuisine. Alice lui expliqua la situation en désignant l’homme qui la suivait ainsi que la tâche sur son manteau et ses propres vêtements. La femme approuva et lui répondit qu’un bac d’eau froide aller tout de suite être monté dans sa chambre. Contente de cet échange, Alice se retourna vers le jeune homme.

“Je vais vite aller me décrasser et mettre quelqu’un chose de plus présentable et de moins mouillé. Profitez-en pour confier votre manteau à Madame Forgel et choisissez une table. Le repas va bientôt arriver !”

Alice commença à monter les premières marches de l’escalier montant aux chambres.

“Ah, et n’hésiter pas à vous commander quelque chose à boire, je reviens tout de suite !”

Alice ne mis effectivement pas de beaucoup de temps à se laver et se changer. L’eau qu’on lui apporta était effectivement glacée mais elle changea ça très vite grâce au pouvoir de Süns. Elle pouvait bien se permettre de puiser un peu dans ses forces vu qu’elle comptait prendre un bon repas dans très peu de temps. toute la boue disparue, la jeune fille se pencha sur son sac de vêtements qui n’était pas bien épais. Vu qu’elle passait sa vie en uniforme, elle n’avait que très peu d’occasion de porter autre-chose. En plus, vu qu’elle voyageait en ce moment, elle préférait rester légère.

Le choix fut donc facile et elle enfila une tunique turquoise sur un pantalon en cuir marron. Le temps de remettre ses potions et autres accessoires de médecin à sa ceinture ainsi qu’un gilet en laine blanche elle était prête à redescendre. Juste avant elle profita d’un broc d’eau apporté par un des employés pour se rincer la bouche et faire disparaître les dernières traces de nausée.

*Y’a pas à dire, c’est vraiment agréable de se sentir fraîche et propre !*

Alice acquiesça et s’en alla rejoindre le mystérieux jeune homme dont, elle s’en rendait compte seulement maintenant, elle ne connaissait absolument rien. Même pas son nom !




Dernière édition par Alice Tan'Odrin le Ven 17 Mar - 18:31, édité 2 fois
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Luciole Aldebarra
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Sam 11 Mar - 21:55
Irys : 136206
Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
Pérégrin 0
L'auberge était petite, de bois formée, de longues poutres de chênes permettaient à la fine structure de tenir au sol boueux et crasseux du continent, ainsi que de supporter les tonnes de neiges blanches tombant chaque année sur cette pauvre ville, Réoni. Je pouvais bien voir ces imposantes jardinières de fleurs bourgeonnantes ornées positionnées aux grandes fenêtres de la bâtisse, sentir ce doux parfum de début de printemps envahir mes narines pourtant si irritée par le gout très prononcé de l'hémoglobine, du plasma, du sang... Et de contempler cette terrasse de pierres dallées accueillant la clientèle en ces jours de beaux temps, ce qui était loin d'être le cas en ce jours de débarquement fluviale, et de trafics de marchandises exportées, pourrissant l'atmosphère.

Cinquante pas sont désormais passés, nous sommes tous deux devant cette magnifique porte datant d'un ancien temps, un temps où la magie était encore libre de toutes utilisations, sans règles ni restrictions, un temps de liberté, un temps révolu...

Alors que je me perdais dans mes songes les plus profonds, la jeune femme blonde se lança à l'assaut de l'auberge, ouvrant la porte d'une traite de ses bras dégourdis, et s’introduit en son sein, attirant l'attention de quelques passants, son assurance peut être ? C'est alors qu'une légère odeur de nourriture frit se fit sentir dans l'air, éveillant mes papilles affamées par la mal-bouffe de ces derniers jours, du changement brutal de température, et me guidant à mon tour à l'intérieur de cette bâtisse. La décoration était très pittoresque, ces vieux tableaux, ces fruits et légumes à la conservation inexpliquée, ce mobiliers propre aux peuples My'Trans, cette culture... Il en émanait une chaleureuse et agréable aura, me décontractant légèrement, et me faisant presque oublié le malheur qui m'avait frappé précédemment. Après avoir étalé mes talons boueux sur la paillasse tapissant l'entrée, une femme nous interpella, tout en nous demandant de nous rendre au comptoir, ce que nous fîmes sans discuter. L'aubergiste était une femme d'une quarantaine d'années environ, avec une étrange et très prononcée tache de naissance violette recouvrant la presque totalité de son visage, ce qui lui donnait un regard assez stricte, et très perturbant.

C'est alors que ma coéquipière blonde prit la parole, fort de son engouement à se faire pardonner, et lui expliqua "notre malheur"... "Notre" ? Devrait-elle dire "Mon Malheur", le miens ! C'est bien moi la victime dans l'histoire, la fourbe !

Après avoir récité avec précision le récit de notre terrible péripétie, cette dernière ce retourna enfin vers moins faisant virevolter ses blonds cheveux de droite à gauche, et en me dictant ces quelques mots.

“Je vais vite aller me décrasser et mettre quelqu’un chose de plus présentable et de moins mouillé. Profitez-en pour confier votre manteau à Madame Forgel et choisissez une table. Le repas va bientôt arriver !”

N'ayant pas plus le choix que cela, j'exécutai ses ordres, commençant par retirer mon grand manteau noir de mes vastes épaules squelettiques, et laissant paraître mon bras partiellement mécanisé aux yeux de tous. Heureusement pour moi, les clients ne courraient pas à tous les recoins de la pièce, et c'est avec une facilité plus que déconcertante que je me dirigeai en direction de la salle de restauration rapide, où le repas devait nous être servit. Je me méfiais quand même de la propriétaire, elle l'avait bien vu, et je devais rester sur mes gardes si jamais la folie la poussait à appeler des renforts.

Alors qu'elle se trouvait en haut des escaliers, la blonde ajouta ces quelques mots.

“Ah, et n’hésiter pas à vous commander quelque chose à boire, je reviens tout de suite !”

"Je ne me ferai pas prier, ne vous en faites pas...", disais-je d'une voix ferme et nonchalante avant de prendre place sur une table faite de vielles planches de bois, décorée d'une nappe blanche et de quelques fleurs du coins, fleurs qui par ailleurs, dégageaient un doux parfum aromatique de leurs imposants pistils, accentuant mon apaisement du moment.

Ainsi, j'attendais patiemment son retour, dicté par les bruits de pas sur le grinçant planché de bois organisé, tandis que je jonglais de mes habiles doigts du couteau au manche de bois et à la lame rouillée, le faisant vriller dans tous les sens.



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Shünal & Tesver
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Mar 14 Mar - 19:01
Irys : 24995
[HRP : Cette intervention est faite en qualité de Régisseur, bien que celui-ci n’apparaissent pas dans ce post.]

Il était accoudé à l’extrémité du comptoir, loin de l’accueil. Il faut dire qu’il y avait été forcé par le fait que l’aubergiste ne souhaitait pas avoir de clients dans les pattes quand elle accueillait de nouveaux clients. En réalité cela n’étonnait pas notre homme qu’elle en ai si peu, au vu de l’abominable tâche qu’elle avait sur le visage. Ou peut-être en avait-elle bien davantage, mais dans des horaires différentes, comment pourrait-il le savoir ? C’était la première fois qu’il mettait les pieds dans ce lieu. Et autant dire que dans son état, même le visage de l’aubergiste ne l’avait pas encore suffisamment déstabilisé pour qu’il ne cesse ne serait-ce que quelque instants de s’en faire.

Il était assis, légèrement surélevé par sa chaise haute, les avant bras posés sur l’épais comptoir de bois, les mains repliés autour d’un verre dont le contenu se confondait à son fond tant il en restait peu, et pourtant, cet homme le fixait, comme s’il était perdu dans ses pensées. Ses pensées ou quelque chose de similaire, dans tous les cas, il semblait faire montre d’une concentration presque inquiétante pour un lieu réservé à la détente et à la beuverie, également, il était incapable de masquer le léger tremblement de ses doigts, et le mouvement continue et répétitif de sa jambe. Autant dire, incapable de masquer sa nervosité, son inquiétude. Peut-être était-ce de la peur ? Oh oui, s’en était.

Il sursauta, à en tomber presque de sa chaise lorsque la porte s'ouvrit en grand, a peine Luciole et Alice l’eurent passés que ce dernier se replaça bien vite dans sa position initiale, mains autour de son verre. Bien que sa tête soit tournée en direction du fond de son verre, son regard lui, de biais, observait les deux nouveaux clients qui s'adressaient à présent à l’aubergiste. L’homme eu un doute. Un infime doute, qu’il avait déjà tant eu, celui qu’il arrive à identifier son poursuivant, mais pas dans les délais nécessaire à sa fuite. Et ce doute se mua bientôt en peur, puis en désespoir, mais il n’en démordait pas, et resta parfaitement immobile. Il reposa son regard sur le fond de son verre dans un mouvement de tête digne du plus rouillé des automates.

Lorsque Luciole avança vers lui, le doute s’installa de nouveau, et bientôt, il se mit à douter de sa capacité à l’identifier. Et Alice, où était-elle.. ? Ils étaient deux en entrant, et il n’avait pas vu le seconde s'éclipser. Ainsi donc, l’un s’approchait de lui, tandis que l’autre était peut-être déjà derrière lui. Il devait fuir, cela ne faisait aucun doute, et dans son grand malaise, il se leva d’un bond juste avant le passage de Luciole vers la salle. Malheur à celui qui se précipite, car de ses épaules son épaisse cape tomba pour laisser très brièvement apercevoir la masse bleutée, presque cristalline qui formait son épaule. Bien vite rattrapée, l’homme masqua rapidement ce qui l’identifiait indéniablement comme une Anomalie, et se figea pendant le passage de cet homme qu’il avait suspecté d’être son Régisseur pendant quelques instants. Il réajusta sa cape sur ses épaules, et s’assied lentement de nouveau, les mains tremblantes autour de son verre. Il risqua un coup d’oeil en direction de Luciole, qui après quelques instants s’était installé et semblait pensif. Et si il l’avait vu ? Allait-il le dénoncer ? Oui, certainement. Il devait s’en aller, cela n’avait pas changé !

L’homme se releva plus calmement, cette fois. Il sortit de sa tenue quelques pièces qu’il déposa sur le comptoir de ses mains tremblantes, avant de se diriger vers la porte de l’auberge d’un pas des plus rapides. Il en avait fait un, lorsqu’il ralentit une première fois, avant d'accélérer de nouveau, pour débuter non plus une marche, mais une course, vers la sortie de l’établissement.


Apparence de l'homme:
 
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Alice Tan'Odrin
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Ven 17 Mar - 18:28
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice se figea en haut des marches. Elle en était quasiment certaine : ce qu’elle venait de voir sur l’épaule du client appuyé sur le bar c’était de la magilithe. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de croiser des anomalies pendant son périple, car ces derniers préféraient fuir la compagnie de leur compatriotes. Ou était-ce le contraire ? Au vu de la haine et du dédains qu’ils inspiraient aux autres my’trans c’était tout à fait possible. Sans parler de la peur. Il y avait plus d’une histoire où des régisseurs faisait preuve de zèle et rasaient un village qui avait osé recueillir une anomalie. Mais peut-être était-ce simplement la peur de les voir arriver qui poussait les foules à se retourner contre leur proie sans défense pour les lyncher jusqu’à la mort.

Alice frissonna. Ce côté de l’être humain la répugnait et la terrorisait. Et encore, elle n’avait fait que lire de telles histoires. Jamais encore elle n’y avait été confronté. Et elle s’en sentait chanceuse. Vivre un telle cauchemar devait être… Elle n’avait pas de mots.

D’un autre côté elle avait grandit entouré de cette haine et de cette méfiance. Et celle-ci était encore plus forte que celle à l’encontre des Daënars. Etre une anomalie c’était être “contre nature”, en marge du monde et des dieux. Les Daënars eux au moins était clairement opposés aux dieux et même si cela choquait Alice, elle pouvait les comprendre. Les anomalies, elles, n'existaient plus vraiment. C’étaient des êtres humains qui avaient reniés leur nature et qui ne survivaient que dans l’attente de rejoindre l’essence du monde.

*Je me sens mal à l’aide de penser ça…*

*Oui… moi aussi. J’ai l’impression que quelque chose nous échappe dans cette histoire. A vrai dire, je n’y avait jamais pensé jusqu’à présent. C’était…*

*...Evident.*

*Oui c’est ça.*

Alice se rappelait du chapitre sur les anomalies classé entre deux autres maladies. Il était mince, définitif. Elle l’avait appris et était passé au suivant. Mais voir cet homme qui bougeait nerveusement, comme si quelque chose allait se passer à tout moment la faisait réfléchir. Cet homme n’était pas encore “mort”. Sûrement était-il fou s’il était une anomalie, mais il n’avait pas l’air en “suspens”.

La jeune fille se sentait un peu perdue,suspendue au dessus de la marche d’escalier, un pied en avant depuis une bonne minute. Elle sentait qu’elle loupait quelque chose mais quoi ? Quelque chose de profondément vrai. Quelque chose qui prenait racine en elle. Une espèce de résonance qui vibrait dans son cerveau et qui s’enffuyait d’elle qu’elle se rapprochait.

Un mouvement en bas des marche la rappela à la réalité. L’homme s’était levé et s’approchait de la porte. Alice posa enfin son pied sur la marche suivante. Son esprit s’était vidé quand elle avait cessé brutalement ses recherches internes. Et quand l’homme accéléra d’un coup, elle fit de même et dévala les escaliers à sa poursuite.

“ARRETEZ-VOUUUUUS !”

*QU’EST-CE QUE TU FOU ?*

*JE SAIS PAAAAAAS !*

Elle manqua trois fois de se casser la figure mais réussit à ne pas perdre l’étranger de vue. Elle avait des doutes et des questions et il lui fallait cet homme pour y répondre !




Dernière édition par Alice Tan'Odrin le Lun 3 Avr - 22:33, édité 1 fois
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Shünal & Tesver
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Sam 18 Mar - 20:17
Irys : 24995
Cet homme aurait préféré être dans un cauchemars. Imaginez vous, piégez dans un lieu rempli d'êtres qui vous tueraient si ils savaient ce que vous étiez. Oh, non, ce ne serait pas parce que vous leur avait fait quelque chose, mais plutôt parce que vous avez eu la malchance d'être une Anomalie, une chose anormale dans ce monde remplie de normalité, et qu'ils préféreraient encore tuer cette chose, plutôt que de voir un Régisseur accompagné de son Gardien passer le pas de leur porte. Et puis, c'est si simple de tuer une Anomalie ! C'est mal de tuer une personne, c'est certains. Mais lorsqu'il s'agit d'une anomalie, c'est pardonnable. Au fond, les Anomalies ne sont pas vraiment des êtres vivants. Non, en réalité elles n'auraient même pas du être là, alors à quoi bon se reprocher d'avoir assassiné une chose qui n'avait initialement pas sa place dans ce monde ?

C'est exactement ce raisonnement qui passa par la tête de cet homme qui, dans le grand empressement dont il faisait preuve fût surpris par l'interpellation brutale d'Alice. Les bruits de ses pas frappant chaque marche des escaliers avec tout la force qui engendrait sa rapidité. Aussi, presque par réflexe, il pivota sur lui même pour se tourner dos à la porte, face à la voix qui l'avait interpeller, les mains tremblante, il fouilla pendant qu'Alice descendait les dernières marches pour trouver un petit couteau émoussé, qu'il tendit devant lui avec toute la maîtrise et la confiance d'un homme qui n'a jamais maniée une quelconque arme.

- "Ne faites pas un pas de plus ! Pas un ! Je.. Je.. ne veux pas vous faire de mal.. ! Je veux juste.. n'approchez pas !"

Ah, inutile de préciser que le fait d'hausser la voix n'avait pas été une réelle preuve de discrétion. Aussi, les quelques clients présents dans la salle principale relevèrent la tête, ainsi que l'aubergiste. Et qu'elle ne fût pas leur surprise lorsqu'ils aperçurent l'arme à peine fonctionnelle de cet "agresseur" dont les propos étaient semblable à ceux d'un paranoïaque qui avait un peu trop bu. Certains des clients, peu habitués, gardaient une main sur une lame bien aiguisée, d'autres encore fixaient intensément l'homme, si intensément qu'il n'aurait même pas été surprenant de le voir prendre feu sur place.

Mais rien ne se passa, et après les quelques éclats de voix, l'ont entendait que le silence pesant qui suivait son cris, sa respiration rapide, et des pas. Des pas venant de l'extérieur. Lourds, pesants. Celui des passants qui continuaient d'affluer dans la rue adjacente à l'auberge d'un pas soutenu. Comme si le temps était figé, l'homme fixait Alice, le front en sueur, et les mains tremblantes. Son regard était dénue de confiance, et dénué d'espoir, cet homme était désespéré, et la prise de son arme, si l'on peut appeler ça ainsi, était si ferme et forte que les phalanges de ses mains en blanchissaient. Il ne semblait pas prêt à en découdre, non. Mais il semblait en revanche prêt à tout pour survivre, ne serait-ce qu'une journée de plus, ne serait-ce que quelques heures. Le temps de s'en aller, loin de toute population, loin de tout Régisseurs. Loin de ce Régisseur en particulier, qui approchait à grand pas, il le sentait, il le ressentait, il devait fuir, cela ne faisait aucun doute.
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Luciole Aldebarra
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Sam 18 Mar - 22:43
Irys : 136206
Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
Pérégrin 0
"Ne faites pas un pas de plus ! Pas un ! Je.. Je.. ne veux pas vous faire de mal.. ! Je veux juste.. n'approchez pas !", entendais-je au loin, alors que les brutaux fracas dû aux pas de la jeune femme contre le plancher vieillissant s'étaient arrêtés, me coupant partiellement de mes songes les plus profonds et inspirés, et faisant basculer le vieux couteau de bois formé de mon habile mains gauche vers le sol, immobile.

Dans un élan de curiosité et d'énervement intense, je tournais ma pesante tête en direction de l'entrée, et c'est avec une désagréable surprise que je vis un homme de forte corpulence menacer mon hôtesse d'un soir, et ceci, à l'aide d'un vulgaire couteau de rouille pourpre rongé, dégradant quelque peu son image pourtant très distingué d'homme de main, de chevalier, en outre. Mais je devais agir, au risque d'être le témoin d'un scène de boucherie sanguinolente, au risque de voir des tripes voler, des intestins déverser, et des têtes tomber... Ah, ah, ah ! Triste vision que j'ai de la mort, la mort est belle, la mort est bonne, la mort est juste, elle se doit de faire son travail, comme un forgeron doit forger les lames servant au combat de gladiateurs, comme un agriculteur doit moissonner ses champs afin d'en extraire le fruit défendu, comme moi, petit homme du monde, je dois croquer de mes blanches dents les orteils rigides et décomposés des morts à l'aube de leur jugement.

Je me levais de mes grandes jambes alors, bousculant violemment ma table de quelques centimètres vers l'arrière, et mettant ma chaise en retrait, ainsi, je repris la lame au manche de bois qui tapissait le sol boisé de la salle de restaurant, puis, engagea ma trajectoire en direction de l'accueil, là où se déroulait l'essentiel de l'action.

*Plic, plac, ploc...*, tel était le bruit de mes larmes juchant le sol au fur et à mesure de mon avancement, ces mêmes larmes qui dictaient mes pas indécis, et mes pensées meurtrières, me guidant vers cet homme, qui allait subir à mon grand bonheur, mes foudres canalisées depuis bien trop longtemps maintenant, ces foudres de rage, de vengeance.

Me voici plus qu'à quelques mètres de l'homme à la cape noire de fourrure, la jeune femme se tiens face à lui, l'aubergiste vient de se précipiter sous le comptoir, hurlant de tous ses poumons afin d'attirer au plus l'attention des éventuels passants, en vain.
Il avait bien trop bu, c'était évident à présent, sa démarche titubante l'avait trompé, au grand malheur de sa crédibilité, je n'aurais aucun problème à le désarmer, pensais-je de basses pensées. Il n'avait point l'habitude de tenir une arme, c'était flagrant, et puis, au delà de ça, il semble paniqué, une peur l'envahit de minutes en minutes, il n'est pas bien...

Mais rien ne se passait, dans cette salle, et quelques éclats de voix plus tard, le silence pesant se faisait sentir, plongeant les protagonistes dans un malaise infernale à la tournure inenvisageable. La respiration coupée d'un poumon encrassé par le tabac, les battements de cœurs brouillés par un souffle, témoin d'un grave problème cardiaque, tous ça... Et puis, ces pas venant de l'extérieur, lourds, pesants, enfonçant l'épaisse couche de neige blanche tombée depuis notre arrivée dans l'auberge. Ceux des passants qui continuaient d'affluer dans la rue adjacente à l'auberge. Comme si le temps était figé, l'homme fixait la blonde, le front empli de sueurs froides, et les mains tremblantes. Son regard était dépourvu de confiance, et complètement dénué d'espoir, cet homme était désespéré, et la prise de son arme, si l'on peut appeler ça ainsi, était si ferme et forte que les phalanges composant ses pauvres mains écorchées par la douleurs devenaient d'un blanc maladif, à deux doigts de virer au bleu. Il ne semblait pas prêt à en découdre, non, je devais ravaler ma colère, et intérioriser toutes ses mauvaises émotions ayant prit contrôle de mon esprit.

Mais je m'égare, la porte de l'auberge s'ouvre, laissant pénétrer cette fois-ci la froideur d'une soirée d'hiver, la tachante neige, et le givrant blizzard. Une ombre se dessine, à qui avons-nous l'honneur ?

"Besoin d'aide, Mademoiselle ?", disais-je alors d'une voix ferme et assurée, tout en pointant mon couteau en sa direction, et ceci, avec beaucoup plus d'assurance que ce dernier.



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Alice Tan'Odrin
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Lun 3 Avr - 23:32
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice fixait… Et bien, bien des choses en fait. Tout était allé très vite et des milliers de questions se bousculaient dans sa tête.Tout d’abord il y avait eu la réaction de l’anomalie. Ou plutôt l’homme. Plus elle le regardait et moins elle arrivait à distinguer ce que son livre de médecine lui avait décrit. Bien sûr cette… personne avait l’air perdue, comme l'attestait sa tentative désespérée de l’effrayer. Ce qui était un des premiers critères pour repérer une anomalie. Même si Alice se demandait si l’homme était perdu à cause de son statut ou alors à cause de la peur que celui-ci engendrait. Quand on est traqué au moindre coin de rue et que tout le monde veut notre mort, il y avait sûrement de quoi devenir fou ou du moins d’être aussi affolé que ce pauvre hère.

Cassie, bien plus pragmatique, essayait de suivre du regard la lame de couteau même si le regard absent de sa compagne qui se baladait ici et là n’aidait pas du tout à la tâche. Elle ne savait pas trop ce qu’elle pourrait faire en cas d’attaque -à part aller se faire vacciner contre le tétanos vu l’état de la lame- mais au moins ne se ferait-elle pas surprendre, elle. En effet Alice, bien loin de telles préoccupation, se demandait qu’est-ce qui avait bien pu arriver à cet homme pour devenir une anomalie. Des études avaient été menée mais rien de vraiment poussé étant donné que les “sujets” disparaissaient rapidement. Bref, Alice avait complètement décroché de la situation présente.

"Besoin d'aide, Mademoiselle ?"

La demande eu pour effet d’éveiller enfin la jolie blonde.

“Hein ? Heu ? Quoi ? Non. Aaaaaah…!”

La lame de couteau venait de repasser devant ses yeux bleus, lui faisant un bref résumé de la situation. Ah oui, cet homme avait peur. Elle lança un regard à son invité pour voir ce qu’il avait été sur le point de proposer et tomba sur les deux sillons tracés par ses larmes sur ses joues.

“Heu… Vous êtes avez mal quelque part ? Ou vous êtes... triste ?”

*Ha ba bravo le tacte !*

Ba oui mais Alice s’attendait à tout sauf à un tel visage après la question toute naturelle que l’homme avait posé. Besoin d’aide, besoin d’aide… Il avait regardé sa tête avant de poser ce genre de question ? Visiblement c’était lui qui avait un problème ! Cassie soupira intérieurement, étant la seule des deux qui visiblement avait le sens des réalités.

Enfin, pas tant que ça il faut croire puisque ce n’est qu’à ce moment là qu’elle remarqua l’ombre qui venait de passer le palier juste derrière elle. Voilà qui créait deux nouveaux problèmes. Le premier était qu’il y avait maintenant une personne de plus entre l’anomalie et la sortie. Le second était que cette personne arrivait en pleine scène de braquage ce qui ne pourrait créer que plus de problèmes à ce pauvre homme affolé. Il fallait qu’elle agisse et vite.

Sans lui demander son avis, Casie pris le contrôle du corps de sa compagne qui se trouva brusquement tirée de sa réflection sans trop savoir pourquoi. Ignorant sa surprise, elle s'emmêla les pieds faisant mine de fuir et réussit à tomber en plein sur son objectif : le nouveau venu. Il faut croire que ça devenait une habitudes pour elles de tomber sur des inconnus. Elle pris son air le plus affolé, faisant jouer ses grands yeux bleus plein de détresse. Puis, pointant d’un doigt la porte derrière le comptoir sous lequel l’aubergiste continuait à hurler.

“OUI ! OUI J’AI BESOIN D’AIDE ! ILS SONT ÉNORMES ! GIGANTESQUE ! ILS ONT MEME ATTAQUE LE CUISINIER ! DES RATS ! GIGANTESQUES JE VOUS DIT ! ALLEZ-Y MESSIEURS ! Moi je… Je ne peux pas… Vous vous pouvez y allez avec vos couteaux…”

Elle lança un regard insistant aux deux hommes pour qu’ils aillent vite fait dans la cuisine. Alice était certaine qu’il y aurait là-bas une porte qui mènerait dans l’arrière-cour par laquelle l’anomalie pourrait déguerpir.

“...Mais moi, je suis si faible…! J’étais partie en cuisine pour féliciter le chef et...et…”

Cassie fondit en larme. Sentant que la personne à laquelle elle s’agrippait désespérément essayait de bouger elle se laissa tomber encore plus sur lui, faisant barrage de son corps. A l’intérieur, Alice était bouche-bée. Tout simplement.

“...oh… Par Möchlog…” Cassie espéra que l’Architecte lui passerait cette mascarade pour la bonne cause. D’ailleurs Alice maugréa un peu à cette invective. “Je… Je ne sens plus mes jambes… Ce doit être le choc. Ohlala… mais qu’allons-nous devenir ? Il sont si gros !”




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Shünal & Tesver
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Mer 5 Avr - 19:43
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L'homme venait à peine de faire un pas à l'intérieur qu'il fût surpris par la chute d'un objet non identifié. Objet qui se révéla finalement être une demoiselle. Aussi belle et bien habillée soit elle, l'homme qui venait d'entrer n'était pas sincèrement décidé à la rattraper, aussi il se contenta de bloquer sa chute contre son épaule. Une seconde surprise fût celle que la demoiselle, en plus de se mettre à hurler ne se fit pas prier pour se laisser fondre davantage sur l'homme, qui malgré sa retenue ne semblait pas vouloir s'attarder dans cette position. Il commença a se redresser, avant de lentement tendre une main vers l'un des poignets de la demoiselle, dans le but de la relever de force si nécessaire, là où sa stature était élancée, et ses muscles à peine visible, sa force elle semblait bien plus importante que ce que son physique laissait paraître. Trop importante même pour que cela soit normal.

Il n'avait porté aucun crédit aux paroles d'Alice, et pour cause, son attention était fixée sur l'homme , qui dans un coin tremblait comme une feuille, le couteau en avant. Son regard ne s'était en réalité même pas posé sur Luciole, qui semblait à ses yeux comme une des personnes les plus banales du monde. Alors, son regard était rivé sur l'homme, et malgré qu'il soit occupé à relever Alice, son regard, lui, resta bien fixe sur cet homme qui était depuis quelques jours la cible de son Régisseur et qu'il pensait avoir identifié.

Alors que Tesver s'était avancé dans l'endroit, la porte était rester ouverte, laissant souffler à l'intérieur de l'auberge un vent glacial. Derrière la première silhouette, massive, de Tesver, Alice et Luciole, parfaitement alignés, pouvaient sans la moindre difficulté apercevoir une autre silhouette, bien plus fine, et féminine. Enroulée dans ses atours rouge, la silhouette n'avait rien d'extravagante, mais un léger détail lui retirait toute la banalité dont on aurait pu la soupçonner. Debout, les pieds enfoncés dans la neige, elle était immobile, ne tremblait pas, ne se couvrait pas. Ses yeux, fixes, observaient tour à tour Alice, Tesver, et Luciole, ses paupières ne battaient pas, et ses cils restaient parfaitement immobile. Alors que Tesver commençait lui à se mettre en mouvement pour relever Alice, d'étranges symboles apparurent doucement sur la partie droite du visage de la femme, des symboles fait de cercles, de cubes, et j'en passe. Des symboles que même le meilleur des spécialistes ne saurait sans doute pas déchiffrer. Mais à quoi bon ? En guise de traduction, une très fine fumée s'était faite visible au dessus des ongles de la demoiselle, et bientôt, cette fumée se transforma en flammes. Elle tendit doucement la main vers l'auberge, paume vers le ciel, doigts ouverts, et écartés. Et alors que sa bouche s'ouvrait doucement, et que son regard était posé sur Luciole, une voix incroyablement banale se laissa entendre dans le vent violent qui fouettait la ville.

- "Livrez moi l'Anomalie. Vous n'avez aucune envie de m'obliger à venir la chercher moi même. Livrez la moi, et je m'en irais, je sais qu'elle se trouve en ces lieux. Tout ceux qui m'entendent ont quelques instants pour s'exécuter."

Les yeux fixés sur Luciole, c'était visiblement à lui que le Régisseur s'adressait, et alors que ce qui semblait être une femme avait parlé, l'homme qui était entré quelques secondes auparavant, Tesver, posa finalement son regard sur Luciole, avant de doucement hocher vers l'homme tremblotant dans son coin comme une question silencieuse.

Alors que la petite scène se déroulait, les curieux s'était doucement amassé autour de l'accueil, certains se regardaient entre eux, l'air confus, les sourcils froncés par l'inquiétude pour la plupart, d'autre à l'inverse observaient Luciole, Alice, Tesver, et notre homme tremblant, avec une mélange de méfiance et d'agressivité. Les plus téméraires inciteraient sans doute d'ici peu à livrer l'Anomalie.
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Luciole Aldebarra
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Jeu 13 Avr - 20:48
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La jeune femme blonde chute, et tombe sur le fou l'ayant menacé, la rage monte...

Elle était ravissante il est vrai, plus je la voyais, plus je m'attachais à sa personne, son indélicatesse, son côté premier degré, sa décadence, cette façon dont elle usait pour m'énerver, si seulement c'était volontaire, elle...

Le mécréant la rattrapa alors d'une brusquerie alarmante de son épaule, ne lui facilitant pas l'encaissement du coup, ce qui eu pour effet de la faire quelque peu crier de peur et de douleur, alertant cette fois-ci la totalité des résidents de l'auberge, et nourrissant que plus mes meurtrières pensées à son égard. Il se mit alors à se redresser, puis dégagea la belle blonde d'une foulée de son bras alors, l’agrippant à son fin poignet, puis l'envoya valsé ailleurs. Sa puissance était inhumaine, comment un homme de cette corpulence peut-il avoir une force d'un tel niveau ? Ce n'est pas humain, je dois me méfier.

C'est alors que son regard se déposa sur la victime de mes hardeurs initiales, le dévisageant très légèrement.

La femme s'approchait alors du comptoir de l'accueil, laissant la porte de l'auberge grande ouverte, et avec elle l'extrêmement froideur des flocons cristallisant du blizzard menaçant. Quelques temps plus tard, d'étranges symboles apparurent sur son visage angélique, je ne sais pas ce que cela signifie, mais...

"Livrez moi l'Anomalie. Vous n'avez aucune envie de m'obliger à venir la chercher moi même. Livrez la moi, et je m'en irais, je sais qu'elle se trouve en ces lieux. Tout ceux qui m'entendent ont quelques instants pour s'exécuter.", disait-elle alors d'une voix autoritaire tout en me fixant fermement de ses deux yeux aux reflets jaunâtres, cristaux d'ambre.

La tentation était trop forte, cet homme dont ma haine s'était imprégnée ne pouvait m'échapper, de plus, ces deux personnages aux attitudes plus que suspectes semblaient avoir un pouvoir d'attraction sur mon être, mon esprit, était-ce la puissance de leurs paroles ? Cette parole divine décrite par tant d'auteurs dont je suis si fan ? Mais soit, ma proie est faible, ma proie tremble de peur, elle est à ma merci !

Alors que la petite scène se déroulait sous les yeux terrifiés des clients de l'auberge, les curieux s'était doucement amassés autour de l'accueil, certains se regardaient entre eux, l'air confus, les sourcils froncés par l'inquiétude d'un débordement de situation, d'autre à l'inverse, m'observaient, moi, la jeune femme, les deux personnages étrangement vêtus, et notre homme tremblant, tout cela dans un mélange de méfiance et d'agressivité justifiée, je dois l'avouer, et je suis le premier dont les effets se font ressentir dans tout le corps, la folie. Les plus téméraires inciteraient sans doute d'ici peu à livrer l'Anomalie, mais moi... C'est moi qui vais m'en charger, elle est à moi...

J'avançai alors d'un pas décidé en sa direction, décollant mes semelles de cuirs du vieux plancher collant de dépôts de bière, et autres alcools ayant toucher sa couverture. Le couteau dans la main gauche, j'étais prêt à l'exécution, mes yeux virant aux noirs grâce à la mauvaise luminosité témoignaient de ma meurtrière détermination à le tuer, lui, ce monstre... Il ne bougeait pas, à vrai dire, son attention était encore captivée par les deux nouveaux arrivants, drôle d'êtres, ce n'est jamais bon de tourner le dos à la mort, et encore moins de l'ignorer, à moins qu'elle vienne des deux côtés...

A présent, je me trouvais devant lui, mon ombre venait se déposer sur son imposant corps paralysé par la peur, il me regardait droit dans les yeux, me suppliant d'achever sa pathétique vie de vagabond. Vagabond ? On dirait moi... Suis-je pathétique pour autant ? Je ne le pense pas... Il fait honte à son peuple, il pleure, ses larmes coulent telles un torrent de boue crasseux démontant un chemin de berger sur ses pâles joues. Ses larmes ne sont point pures, à lui, moi, ce sont des cristaux qui en ressortent ! Je suis un être pur, ce crime me sera pardonné, je vais le purifier par le sang...

Dorénavant conditionné, j'envoya mon poignet gauche vers l'arrière d'un geste lent et calculé, celui tenant le couteau de table au manche de bois et à la lame rouillée, puis, dans un élan de courage intense, le balança d'un second mouvement beaucoup plus rapide en direction de l'homme, l'envoyant perforer son cou sur la largeur de la carotide...

"Aaahhhhh... Pufff... Pufff... Urgh...", disait-il tout en s'étouffant dans son propre sang, et griffant le parquet de ses ongles noircit par la suie, dessinant d'étranges symboles sur le sol par la même occasion.

Le corps humain est exceptionnel me répétais-je alors indéfiniment dans ma tête, mes vêtements étaient tachetés de sang, un sang souillé par la peur et le péché, je dois m'en débarrasser.

Je saisi alors les cheveux du défunt homme, puis pinça fortement l'une de ses oreilles, réflexe de croc-mort, c'est bien comme cela que je vérifiais le statut de mon patient, en plus de lui croquer l'orteil, mais là, cela m'étais impossible, ses pieds puaient la décomposition, la nécrose des tissus, cela doit être à cause du froid sévissant ici, il n'est point bon de ne pas se protéger, c'est comme tout...

"Il est mort !", disais-je alors d'une voix euphorique, tout en affichant un sourire ravageur de folie.

Une fois le diagnostique final annoncé, je tirais son lourd corps en direction des deux intriguants personnages, laissant traîner derrière moi une coulée de sang frais d'une couleur inquiétante, anormale. Ce calvaire ne dura que dix pas, après cela, je balançai son crâne en avant, ce qui entraîna tout son corps avec lui, et alla s'écraser devant la jeune femme aux tatouages et son compagnon.

"Le voici, Mademoiselle...", disais-je alors, la tête complètement incliné sur le côté, toujours souriant de mon meurtre.



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Alice Tan'Odrin
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Ven 14 Avr - 18:08
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Profession : Médecin itinérant
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Cassie avait failli être submergée par Alice mais elle avait tenue bon. Tout s’était déroulé tellement vite qu’elles n’avaient pas tout de suite compris ce qu’il se passait. Heureusement, Cassie avait été plus rapide que sa compagne et au moment où cette dernière avait voulu s’élancer vers l’homme pour le soigner, Cassie avait réussi à la bloquer sur place.

Alice avait regardé impuissante son invité trancher la gorge de sa victime. C’était… incompréhensible. Comment…? Elle qui avait passé sa vie à se battre pour garder des gens en vie, elle ne comprenait pas ce qui se déroulait sous ses yeux. Assassiner quelqu’un. Lui ôter la vie. Le concept ne l’effleurait même pas. Quelque chose n’allait pas. Et Cassie qui ne la lâchait pas !

Alice en appelait à la moindre parcelle de volonté présente en elle pour contrer son amie. Qu’est-ce qui lui prenait ? Elle devait aider cet homme avant que… Devant elle la scène se passait comme au ralenti. Intuitivement, elle rassemblait le pouvoir de Möchlog en elle pour accélérer son corps et ses perceptions, pour vaincre cette immobilité forcée dans laquelle elle était piégée.

L’homme s’écroula sur le sol. Sans vie. Elle le savait mais refusait l’information. Il fallait qu’elle fasse quelque chose ! Alice n’était plus qu’un tourbillon de colère et d’action statufié. Cassie se sentait faiblir mais tenait bon. C’était trop dangereux. Il fallait qu’elle résiste, sinon Alice mourrait. Elle l’avait su quand la femme rousse avait franchi la porte. Ces gens étaient beaucoup trop puissants.

“MOCHLOG !”

Alice avait réussi à hurler, reprenant peu à peu le contrôle de son corps. Un cris de rage et d’impuissance qu’elle avait lâché tout haut mais que personne ne sembla entendre tant la tension était forte dans la pièce. Comment pouvait-elle refuser d’agir ? Comment pouvait-elle refuser d’aller aider quelqu’un ? Une vague de honte monta en Cassie, la faisant vaciller. Alice ressentit la faille et s’y engouffra aussitôt, reprenant le contrôle de son corps.

Elle se déplaça si vite que le tout parut instantané. La magie de Möchlog avait tant attendu dans son corps avant d’être relâchée que l’on pouvait sentir l’air vibrer dans sa trajectoire. Elle atteint le pauvre homme au moment où son cadavre s’échouait au pieds de la rousse. La gorge béante et les yeux vides ne pouvaient dire qu’une chose. Elle le savait mais toujours le refusait. Il était mort. Tellement mort.

“J’aurais pu le sauver…”

Elle en était sûre. En agissant assez vite.

Deux gouttes de sangs vinrent s’écraser sur le front sans vie de l’homme qu’elle tenait dans ses bras. Elle s’essuya le nez et sentit le liquide chaud. Elle s’était trop accélérée. Son corps subissait le contrecoup. Elle fixait les deux perles vermeilles sur la peau blafarde sans pouvoir s’en détacher. Quelque chose n’allait pas. Ca n’allait pas du tout. Ce n’était pas comme ça que le monde était censé être. Alice sentait qu’elle frôlait une Vérité sans pouvoir l’atteindre. A moins qu’elle ne le veuille pas. Car elle pressentait que cette Vérité était absolument terrifiante. Quelque chose n’allait pas dans ce monde. Quelque chose en brisait l’harmonie et se rapprochait.

L’instant de Vérité cessa et Alice se trouva de nouveau dans l’auberge, couverte de sang. Elle ne voulait pas lever les yeux vers les autres. Elle ne ressentait que du dégoût à leur encontre. Quelque chose de viscérale qui lui donnait envie de hurler. Quelque chose qui lui rappelait ce qu’elle avait entrevu pendant cette seconde suspendue.

Elle posa délicatement la tête de l’homme sur le plancher.

“Vous n’avez rien compris…”

Elle sentit ses mots vibrer dans l’air et ressenti leur justesse. Les battements de son coeur commençait à reprendre un rythme normal maintenant que l’adrénalyne et la magie se dissipaient. Alice eu un vertige en se relevant et manqua de retomber. Elle réussit néanmoins et se dirigea d’un pas lent vers l’escalier. Sans un regard pour les autres, elle commença à gravir les marches.

“Partez maintenant.”



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Shünal & Tesver
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Jeu 20 Avr - 14:33
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La température continuait de chuter dans l'entrée de l'édifice, de même que le vent violent, glacial, s'engouffrait par la porte grande ouverte sur la silhouette de Tesver, suivi de son Régisseur, qui continuait de fixer Luciole alors qu'il se dirigeait vers l'homme. Lorsque ce dernier quitta son champs de vision en s'approchant de l'homme, le regard de la Régisseuse reste fixe, fixant le point du mur que Luciole venait juste de quitter, à l'inverse de Tesver, qui presque simultanément s'était mis à suivre Luciole des yeux.

Alors qu'il s'approchait de lui, l'homme leva les yeux vers Luciole et plonga son regard dans celui de l'homme qui allait devenir son bourreau, il était terrifier, paralysé par l'immense peur qui l'inondait. Des larmes roulaient sur ses joues, et alors qu'il observait brièvement ce qui l'entourait, il laissa tomber le petit couteau qu'il tenait sur le sol, ses mains tremblaient, ses jambes également. Il était à la merci du destin. Il leva les yeux sur Luciole une nouvelle fois, et entreprit de murmurer quelque chose, était-ce des supplications ? Personne ne le saura jamais, puisqu'au moment où un mot allait traverser ses lèvres, une coupure net et précise vint trancher l'homme, qui plaça inutilement ses mains sur la coupure en poussant des gémissements de peur, de douleur, de panique. Les derniers qu'il ne pousserait jamais.

Alors que le couteau s'abattait, ni Shünal, ni Tesver n'avait fait le moindre mouvement. Rien ne laissait imaginer qu'ils cautionnaient ou non cet acte public, et tâchant. Shünal laissa le coin de ses lèvres se retroussé légèrement, les flammes sur le bout de ses doigts s'éteignirent lentement. Aucun des deux ne jeta le moindre regard à Alice alors qu'elle avait hurlé. La mission accomplie, et le tout sans le moindre dommage collatéral, Shünal perçut Luciole rentrer de nouveau dans son champ de vision, son regard presque instantanément reposé sur le bourreau qui lui avait épargné la tâche de devoir tuer l'homme. Le corps fût précipité en avant, et juste avant qu'il ne percute le sol une main, celle de Tesver, vint lui saisir le col pour le redresser, l'observant comme pour vérifier que le travail avait été bien fait. Tesver n'avait pas prononcé le moindre mot, et cela continua ainsi, alors que derrière lui, Shünal hocha alors lentement, en reprenant la parole.

- "Pour ce que vous étiez, vous avez été châtié"

Dit-elle, les yeux posés sur le cadavre de l'homme, alors qu'elle relevait lentement le regard vers Luciole tandis que la jeune femme se précipitait sur le corps, relâché sur le sol par Tesver.

- "Vous avez fait le bon choix. Soyez fier d'avoir aider vos Créateurs."

Elle posa ensuite lentement le regard sur Alice, ses sourcils se fronçant alors qu'elle observait la jeune femme reposer l'homme sur le sol, puis s'éloigner hors de son champs de vision. Restant silencieuse après son départ, elle pivota sans un mot, tandis que de lui même, Tesver prit le col de l'homme, pour le traîner à l'extérieur du bâtiment. Les deux silhouettes s'éloignèrent alors d'un pas lent, tandis que les arabesques qui recouvraient le corps de Shünal s'étaient entièrement résorbés.
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Bolgokh
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Sam 22 Avr - 0:54
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Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
[HRP : En vu du déploiement de la prochaine mise à jour, nous nous permettons cette petite intervention ponctuelle qui, rassurez-vous, n'exige aucune réponse. Libre à vous d'utiliser ces éléments dans votre RP. Amusez-vous bien !]




Reoni n’était pas ville à aimer les histoires, les péripéties, les trop passionnantes aventures. Bon nombre de bardes aimaient conter ces récits épiques, souvent saupoudrés de drames, afin de divertir les foules et repartir avec quelques présents bienvenus de la part de leur public enchanté. Mais quand ça arrivait entre ses murs, des affaires pareilles… ça non, Reoni n’aimait pas. Dans cette auberge, la pagaille avait laissé la place au drame. Au milieu du tumulte et du fracas, le corps de l’anomalie désignée gisait là. Cela faisait des années que les pauvres badauds de la Dame des Neiges n’avaient pas connus un tel désordre. Quelques clients se mirent à hurler, d’autres reculaient prudemment, se collant contre chaque surface qui leur assurait de s’éloigner le plus possible de cette macabre scène.

- C’était un… un intoxiqué ! Un intoxiqué d’la mine ! J’en suis sûr !

Une voix grondante, mais terrifiée au possible, retentit de derrière le comptoir. Là, aux côtés de l’aubergiste, se tenait son jeune frère : Alberic. Un peu plus petit, le crâne rasé, mais une barbe qui tranchait radicalement, par sa couleur profondément noire, avec la pâleur de son visage. Dans ses yeux se lisait une grande terreur, mais de cet effroi qui vous embrase le sang, et vous pousse à faire des choses jusque-là jugées trop périlleuses. La mort est si près de vous, de toute façon. Il leva un doigt tremblant vers le corps qui teintait le parquet d’un solide rouge. Quelques clients écoutèrent avec attention le discours de cet homme qui, pour la majorité d’entre eux, était un voisin sympathique et qui ne s’emportait pas facilement.

- Y’a… y’a quelques jours, un homme est venu jusqu’ici. C’était un médecin Daënar, je l’ai reconnu par son accoutrement. Il avait demandé à moi et mon frère si des gens qui paraissaient malades étaient pas passés par là. On lui a dit que non, que tout le monde se portait bien. Puis l’alcool aidant, il a commencé à parler. « Y’a eu un gros désastre. » qu’il dit, « Une mine de magilithe a explosé un peu plus haut, dans les montagnes. Y’avait un village de bûcherons khurmis à-côté. Tous intoxiqués. On a réussi à rassembler la plupart, mais certains se sont enfuis. Si vous en croisez un, faites en sorte qu’il attende ici jusqu’à ce qu’on arrive… C’est important. »


Il reprit son souffle, qui s’était sérieusement mis à accélérer à mesure que son récit approchait de la fin.

- J’suis sûr que ce type c’était un de ces pauvres gars qui a été intoxiqué par la magilithe… Il a continué à balancer en plus, le médecin ! On raconte que les plus faibles, les malades et les jeunes enfants, ne peuvent plus faire de magie du tout. Ces gens sont condamnés… Ils ont même peut-être déjà été tués ! Ça avait l’air secret comme affaire, mais j’en pouvais plus de garder ça pour moi…

En un instant, son grand-frère, le tenancier de l’établissement, s’approcha de lui et posa une lourde main sur son épaule, l’air compatissant.

- Calme-toi, Alberic. T’as bien fait de vider ton sac… C’est fou ce qui se passe… Murmura-t-il en enlaçant l’homme au bord des larmes.

Qui pouvait savoir quels effets ce coup d’éclat d’un simple aubergiste allait avoir ? Cela n’augurait cependant rien de bien joyeux, surtout si les Daënars étaient fautifs.
Qu'allaient-ils dire à Luciole, arborant fièrement les vêtements de son continent d'origine ?


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Luciole Aldebarra
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Sam 22 Avr - 18:31
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Profession : Croc-Mort - Bandit - Chasseur
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Tout était allé beaucoup trop vite pour Luciole. Le départ précipité d'Alice dans sa chambre au premier étage de l'auberge, la disparition furtive et très distingué des régisseurs de l'anomalie dans l'ombre que formait la tempête de neige sévissant dehors, l'anomalie que je venais de tuer, l'anomalie dont j'avais outrageusement ôté la vie alors qu'elle me suppliait de la défendre, sans aucun scrupule ni états- d'âme, du bout de ma lame rouillée de part le temps qui passe, ma lame mortuaire, son fardeau.

"Vous avez fait le bon choix. Soyez fier d'avoir aider vos Créateurs.", m'avait-elle dit de basse voix avant de disparaître, je m'en souviendrais toute ma vie, cette vision d'horreur me hantera des années encore, jusqu'au retentissement incessant du glass annonçant ma mort.

A présent, je me trouvais sur la terrasse de l'auberge, les pieds ensevelit sous une épaisse couche de neige gelée, le regard vide de sens, ciblant au loin une lueur jaunâtre chaleureuse ayant trouvé refuge chez une famille My'Tran, cette dernière était autour d'un bon feu de cheminée en train de déguster de succulents mets d'ici. Des cris, non... Des hurlements se faisaient entendre depuis la salle de restaurant, sonnant le départ de mon être de cette magnifique ville enneigée... Ah nostalgie des bons temps de mon enfance !

Après avoir songé durant des minutes, des heures, je compris très rapidement qu'il n'était point nécessaire de retourner voir mon hôtesse d'un soir, cette dernière ne devait plus entretenir l'envie de me voir, et encore moins de me côtoyer après ce que je venais de faire, le meurtre n'est pas la solution à tout, je devais l'apprendre, mais en cette funeste soirée de pleine lune, je n'étais plus maître de mon corps.

J'avais pourtant rencontrer de très belles personnes en ces lieux où la magie est Reine. Alice, ce petit bout de femme au comportement anormalement cru, et dont la gentillesse et bienveillance envers autrui et sans pareil. J'espère, un jours qui sait... Pouvoir la revoir, et ainsi, m’excuser auprès d'elle, m'excuser de mon geste, de ma tenue, m'excuser d'être moi...

"Calme-toi, Alberic. T’as bien fait de vider ton sac… C’est fou ce qui se passe…", entendais-je alors au loin, signe que mon action avait fait du bruit dans le quartier, et avait choqué la plupart des clients côtoyant l'auberge.

Ainsi, je raccrochais le bocal de verre soufflé contenant mes précieuses au bout d'un long bâton de bois formé, enroula le chèche noir autour de mon visage dont les engelures commençaient à sévirent, puis, m'enfonça dans le néant glacial, pas après pas, serrant les dents devant la violence des vents d'ici, le blizzard égratignant que plus ma frêle et fine peau blanchâtre, les yeux seuls maîtres de ma navigation, m'en allant vers une nouvelle destination, disparaissant...



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