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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 "Briser la carapace" - Prorig

Luciole Aldebarra
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Sam 18 Fév - 23:25
Irys : 203627
Profession : Croc-Mort
Pérégrin 0
"Bling, Bling, Bling..."

Ce sons, c'est celui d'un accordéoniste abordant avec délicatesse les étroites touches de son instrument, laissant émerger de son corps de bois une mélodie enivrante guidant les mouvements des danseurs de quartiers, les serveurs des bars à la démarche saltimbanque, et mes pas, par la même occasion. Aujourd'hui, je me sens bien, le soleil frappe sur mon pâle visage le réchauffant de quelques degrés, mes habits habituellement de noirs teintés se parsemaient d'une couleur grisâtre, rendant mon apparence plus ouverte, mois sombre. Un café chaud à la main, je dégustais les saveurs exotiques dont j'étais privé depuis des années, ce délicat goût d'amertume et de cacao me faisait voyager à travers le monde en seulement quelques gorgées, alors, à quoi bon perdre du temps à trimbaler son lourd et faible corps de ville en ville, de continent en continent, et ainsi, vouloir satisfaire ce besoin de renouveau ? Je ne le sais point... Ah terrible attraction de curiosité !

"Gloup, Gloup..."

Et bien, quel délicieux met qui m'a été proposé ici, je reviendrais de pleins pieds, soyez-en sûr ! Après avoir reposer la tasse sur son socle de porcelaine décoré de motifs divers et variés, je recula mon siège de quelques centimètres, me laissant assez d'espace pour me lever d'un mouvement vif et rapide de mes deux jambes, imposant ma difforme stature aux yeux de tous, aux yeux du monde.

Je dois trouver du travail, et vite, ma bourse est presque vide, sèche comme un haricot rouge ! Et j'ai cruellement besoin d'un foyer pour pouvoir échapper à mes détracteurs... J'avançai alors en direction de l’hôtel de ville, grand bâtiment à l'architecture démesurée, et source de bonheur pour la plupart des gens, en apparences... Mes pas étaient délicats, ce qui me donnait une allure très "distinguée", comme on dit dans le milieu bourgeois ! Ainsi, j'espérai trouver une large pancarte de bois annonçant de petits boulots temporaires, quêtes et contrats de chasse, et ce désir fût réalisé, qu'elle chance me direz-vous, mais ça ne m'étonne pas, j'ai toujours eu de la chance !

"Voila, exactement ce que je cherchais !", disais-je alors le sourire aux lèvres.

Il fait chaud, je transpire, il faut que je déboutonne ce manteau de fourrure noire au plus vite, au risque de mourir étouffer dans ma propre crasse, qu'elle déchéance pour un aristocrate comme moi !

"Ah, ah, ah !!!", disais-je à voix haute, attirant une nouvelle fois les regards mesquins et moqueurs des passants sapés de tous ces artifices décoratifs et burlesques !

Dix sept pas venaient de s'écouler, j'étais à présent face à cette pancarte de bois flétrit par ses années d'existence, où des milliers d'annonces avaient trouvé preneurs auparavant. Mes yeux parcouraient les surcouches d'annonces diverses et variés à la recherche de la bonne affaire, l'affaire à bonne rémunération et peu coûteuse en énergie, pensais-je...

Au final, mon dévolu se jeta sur une petite annonce expresse faite d'un papier manuscrit bien blanc, certainement pour permettre une meilleur visibilité de l'annonce. Elle s'intitulait "Briser la carapace" et avait été écrite par un certain Grégory, une histoire de cargaison perdue au fin fond de la Baie de Tyor, en voila une belle affaire ! 30 000 irys, le risque d'y laisser la peau, dans quoi je me lance bon sang ! Mais mon choix est fait, je ne peux faire machine arrière et je dois rejoindre cette Juliet dans son atelier de sculpture, à quelques pas du centre ville seulement, je serai certainement accompagné, voila de quoi apaiser mon anxiété du moment.

Je venais de faire une courte balade d'environ cinq minutes, quand une enseigne attira mon attention, c'était celle de la fameuse Juliet ! Devanture de verre, laissant transparaître quelques unes de ses œuvres, sans doute.

"Je crois que je suis arrivé", disais-je alors d'un voix assurée.

J'entre...

"Dring, dring, dring...", tel était le bruit des clochettes annonçant l'entrée d'un visiteur dans l'entre artistique de la dame, Juliet qu'elle s’appelait !

Dans la noirceur de l'arrière boutique, une ombre me faisait face, celle d'une femme remplie de colère, les bras croisés en huit, frustrée d'avoir perdu un bien si précieux à ses yeux.

"Asseyez-vous, nous attendons une dernière personne.", disait-elle d'une voix autoritaire et ferme.

Ne voulant aggraver sa situation psychologique plus que nécessaire, j'exécutai son ordre avec rapidité et propreté, avant de m’appuyer contre les accoudoirs d'un vieux fauteuil de style victorien tapissé de motif bleu, en piteux état, je dois l'avouer.



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Kvothe Selwyn
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Mar 21 Fév - 18:07
Irys : 34346
Daënar 0
Me voilà au Tyorum. Que de découvertes pour moi depuis que je me suis échappé de la mine.

L'affiche que j'avais accroché au comptoir d'Erlane avait vite été utile. Même si j'aurais préféré apprendre à lire et écrire, c'est finalement du travail qui avait surgi. Un homme sec, barbu, et quelque peu bourru avait lu ma note et m'avait fait demandé. Il m'a alors expliqué qu'il devait se rendre ici suite à une annonce qu'il avait trouvé sur un tableau et qu'il se trimballe depuis quelques jours, mais qu'une affaire importante le retenait à Roceas et qu'il ne pourrait se présenter au rendez-vous.

"T'inquiètes pas p'tit!" m'avait-il dit."C'est rien de bien méchant, tu dois aller récupérer une cargaison perdue, et la ramener à son proprio. 30.000 Irys pour toi, et tu seras accompagné par un gars qui assurera".

Bon ok. Ça paraissait simple, en effet. Et j'avais besoin d'argent. Et de voyage. J'ai donc accepté immédiatement. Le gars en question avait même prit un billet de train qu'il me fourguait à moitié prix pour rejoindre Le Tyorum, lieu du rendez-vous.

J'ai remercié Erlane pour son accueil, il m'a remercié en retour pour mon boulot, en me précisant que je serais toujours le bienvenue chez lui. Un bon point pour moi, ça me faisait un petit pied à terre, même si les terres d'Hinaus se sont révélées bien froides, au même titre que les habitants...

C'est donc avec ma tenue digne d'un mendiant et ma machette à la ceinture que je suis monté à bord du train, destination: l'aventure. J'étais excité, mais craintif. Je me rendais compte que je ne savais pas ce que signifiait "rien de bien méchant" pour ce type qui avait l'air d'avoir pas mal bourlingué. Mais je ne serais pas seul, et ça, c'était plutôt rassurant.

Arrivé sur place, je n'en pouvais plus de m'extasier sur la beauté des lieux. Une ville faites de métal et de bois, où la vapeur soufflait à tous les coins de rue. On aurait dit que cet endroit était un mécanisme géant, et qu'on était embarqué pour faire le tour du monde. Oui, ce lieu me plaisait, et je ne me gelais pas les pieds comme à Hinaus à marcher sur les pavés des rues.

Je ne savais pas du tout pour quand m'attendait mon contact, une certaine Juliet (une femme, j'allais devoir échanger avec une femme, mon cœur n'en pouvait plus de battre de peur) et je ne savais pas non plus de quel équipement j'allais avoir besoin. Je décidais donc d'y aller comme ça, sans perdre de temps, de peur de rater la mission. J'aurais bien un peu de temps ensuite pour acheter ce qu'il faut, même si mes finances me paraissaient bien maigre.

Après avoir tenté pendant plusieurs heures de suivre les indications du gars de la taverne, je fini enfin par tomber sur la boutique de Juliette. Une artiste. Je ne connaissais rien aux artistes. Et je me suis senti d'un coup encore plus pouilleux. J'allais entrer dans un lieu magnifique, et j'étais en haillons, une machette pour tout ornement. Tant pis, assez perdu de temps. J'ouvrais la porte, qui provoqua le doux tintement d'un carillon, puis m'avançait d'un pas dans l'entrée.

Une femme visage dur et bras croisé en face. Un homme bizarrement vêtu (mais avec une certaine classe qui me fit assez envie finalement) assis dans un fauteuil à ma gauche. Tous les deux me regardaient étrangement. Ils attendaient quelqu'un, c'était évident, mais je ne paraissais pas à première vue être celui-ci. Afin de briser très vite cette impression, je me lançais:

" B.. Bonj..our... Je viens pour le... pour la... les objets..."

N'en pouvant plus de bafouiller, je préférais sortir le document que m'avait remis l'homme de Roceas. Je l'ai déplié, et l'ai affiché bien haut devant moi, à l'adresse de Juliet.

"Pour ça" dis-je finalement. Puis ne sachant que faire, je refermai la porte derrière moi et attendis une réaction.
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Khugatsaa
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Mar 21 Fév - 23:42
Irys : 34993
Administrateur
Rappel du contrat:
 


Ses doigts martelaient d'impatience son bureau impeccablement rangé au millimètre près, à l'image de l'intégralité de la boutique. Son regard perçant scrutait la ruelle par-delà les vitrines de la boutique, à l'affut du moindre client venu débourser inutilement des fortunes colossale pour satisfaire un égo bien trop grand pour un seul homme. Tout du moins, c'était là son activité habituelle depuis le désastre d'il y a une semaine. Comment avait-elle put se tromper ? Quelle odieux piège lui avait-on tendu pour que ses sources se révèlent bancales à ce point ? Elle qui avait toujours mené avec rigueur et justesse ses enquêtes pour protéger le commerce de M.Laughton, voilà que le pire des incidents lui tombait sur le coin de la figure ! Elle était pourtant sure de la fiabilité de cette entreprise de transport privé.

"Naturellement", Gregory lui en avait fait bavé suite à ce terrible accident, et Juliet pouvait être certaine qu'elle en entendrait parler encore pendant des années ! Donc plus que de servir de secrétaire-comptable, voilà qu'elle devait endosser le rôle de commanditaire et trouver une solution pour retrouver ses &#à@ d'outils ! Se fiant une nouvelle fois à ses compétences de détectives, elle mena l'enquête et entreprit des négociations auprès de prestigieux mercenaires pour récupérer le matériel, mais rien à faire. Tous refusaient de perdre du temps pour une mission au risible. Elle se résigna donc à avoir recours à l'une des choses quelle avait en aversion : les requêtes civiles. Confier une mission si importante à une bande de pouilleux ... elle et son estime étaient tombées bien bas.

Elle prit donc son mal en patience, refusant toute nouvelle commande pour éviter de prendre trop de retard, pestant qu'aucun aventurier ne daigne s'intéresser à son annonce, jusqu'à ce jour. L'un de ses contacts de Roceas lui avait fait parvenir l'information selon la quelle un "péquenaud du coin" avait accepté sa requête, et devrait arriver d'ici quatre à cinq jours. Le jour-J, un homme se présenta à l'agence, et fort était de constater qu'il ne s'agissait pas de l'aventurier quelle attendait, en témoignait son style vestimentaire raffiné. Cependant, le contrat qu'il tenait dans la main semblait en tout point semblable au sien, aussi elle se retint de lâcher un soupir de soulagement. Enfin un expert s'était finalement laissé tenter. Elle hésita un moment, puis décida malgré tout d'attendre un petit moment de plus pour voir si l'autre se présenterait ou non.

- Asseyez-vous, nous attendons une dernière personne. ordonna-t-elle.

Un silence pesant régnait au sein de la boutique. Son regard toujours rivé sur l'entrée, elle pouvait ressentir le malaise présent chez l'aventurier, mais pour une fois qu'elle occupait une position hiérarchique supérieur, elle comptait bien en profiter. Puis finalement un ...

- ... clochard ?

... fit son entrée, plein de candeur, de timidité et ...

*Pleins de puces, j'en suis sure ... *

- B.. Bonj..our... Je viens pour le... pour la... les objets... Pour ça

- Oui oui c'est bien. Allons messieurs inutile de s'attarder ici, si les outils étaient dans la boutique je n'aurais pas fait appel à vous. Alors ne perdons pas de temps et suivez-moi !

Plus que de vouloir les presser pour partir en mission, elle voulait absolument éviter que M.Laughton ne s'aperçoive que ce serait un dandy et un SDF qui allaient lui récupérer ses instruments. Elle les invita donc à sortir de la boutique, se saisit de son ombrelle, retourna la pancarte pour indiquer la fermeture exceptionnelle de l'atelier et s'aventura dans un dédale interminables de rues en s'assurant que les deux zigotos la suivaient et étaient à portée de voix.

- C'est écrit sur le contrat mais je préfère le répéter, au cas où l'un de vous deux serait un illettré. Nous avions confier à une compagnie privée le soin de nous livrer des outils d'une valeur inestimable pour la sculpture d'une œuvre exceptionnelle. Je pensais que ces incompétents seraient capable de mener à bien cette mission ridicule, mais selon les dires de l'un des survivants, l'aéronef s'est fait attaquer par une horde de chevaucheur de Novsh, jusqu'à s'écraser sur l'une des rives de la baie de Tyor.

Elle s'arrêta un court instant au milieu de la rue, hésitante, puis fit machine arrière en prenant le pouilleux par le bras.

- Je suis désolé monsieur, mais si je vous laisse accomplir cette mission dans cet accoutrement, c'est notre réputation qui risque de prendre un sacré coup.

Elle entra dans une boutique, poussa le malheureux derrière un parpaing et lui jeta par-dessus un pantalon de lin, une paire de botte, une chemise à lacet et une ceinture de bonne facture. En attendant qu'il daigne se changer, elle continua son monologue suffisamment fort pour que les deux concernés l'entendent.

- Nous allons nous rendre en train jusqu'à Skingrad, puis nous prendrons le bateau jusqu'au lieu de l'accident, accompagnés du rescapé. On ignore parfaitement si les outils sont encore dans l'épave ou non, mais si ce n'est pas le cas, vous devrez travailler de concert avec ce type pour retrouver leur trace et nous les ramener.

Elle parti payer avant de revenir vers ses interlocuteurs.

- Des questions ?
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Luciole Aldebarra
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Mer 22 Fév - 16:25
Irys : 203627
Profession : Croc-Mort
Pérégrin 0
J'entends la porte d'entrée grincer, le frottement du vieux bois de chêne polit par les années contre la ferraille légèrement rouillée de la porte d'entrée, un bruit qui, je dois l'avouer, dérange fortement à mon audition. Qu'elle est donc cette personne occasionnant une tel brouhaha ? Ainsi, j'affichai un rictus de nervosité très distinct avant de tourner ma tête de 180 dégré vers la gauche, me permettant à présent de voir l'auteur de cette terrible discordance. Il était complètement débraillé, son apparence était telle que mes yeux ne pouvaient s'en défaire, j'étais sous le choc... Un homme aussi mal entretenu pouvant réaliser une quête périlleuse comme celle dont j'allais me charger ? Impossible... Et puis, le regard de cette Juliet ne faisait que confirmer mes doutes, elle ne l'a pas choisit elle même. Aussi, entendais-je un très silencieux mot sortant de sa bouche, puis un fragment de phrase, dont le contenu n'était point valorisant, je dois l'avouer.

"... clochard ?", rétorqua-elle.

L'homme, plein de candeur et de timidité continuait sa marche en notre direction, alignant pas après pas, et répandent son aura dans toute la pièce. Je ricanais... Ah, grande honte ! Il est vrai qu'il n'est point ordinaire comme homme, mais je ne le connais pas, je vais me contenter de l'observer de mes globuleux, il ne faut pas que je me détourne de mon objectif principal, le contrat.

"B.. Bonj..our... Je viens pour le... pour la... les objets... Pour ça", disait l'étrange homme du bout de ses lèvres, avant que Juliet l’interrompt, et ne cria ses quelques mots.

"Oui oui c'est bien. Allons messieurs inutile de s'attarder ici, si les outils étaient dans la boutique je n'aurais pas fait appel à vous. Alors ne perdons pas de temps et suivez-moi !"

Entre une excitée du bulbe criarde, enchaînant les tentatives d'encouragements, et un homme à la somnolence facile, je crois que mon voyage risque d'être plus animé que prévus... Je me levai donc de ce fauteuil délicatement tout en prenant soin de ne pas l'abîmé plus qu'il ne l'était. Une fois droit sur ces longues jambes qui me servent d'échassiers, je fixai Juliet du regard, prêt à exécuter ses ordres. Cette dernière, dans un élan de motivation extrême, reprit la parole de plus belle, afin de nous dicter ces quelques mots.

"C'est écrit sur le contrat mais je préfère le répéter, au cas où l'un de vous deux serait un illettré. Nous avions confier à une compagnie privée le soin de nous livrer des outils d'une valeur inestimable pour la sculpture d'une œuvre exceptionnelle. Je pensais que ces incompétents seraient capable de mener à bien cette mission ridicule, mais selon les dires de l'un des survivants, l'aéronef s'est fait attaquer par une horde de chevaucheur de Novsh, jusqu'à s'écraser sur l'une des rives de la baie de Tyor."

Nous sortions donc de la boutique emplies de détermination. Le vent commençait à faire des siennes, laissant s'envoler la plupart des petits objets décoratifs ornant le labyrinthe de ruelles composant la ville. Mes cheveux, que j'avais oublié de coiffer le matin même, balayaient mon pâle visage d'un mouvement de va et vient, découvrant la paire de monocle que j'avais dérobé à la boutique de Skingrad, au Croc-Rouage.

Après cela, elle s'arrêta un court instant au milieu de la rue, hésitante, puis fit machine arrière en prenant le pouilleux par le bras et en s'adressant à lui d'un ton tournant à la pitié.

"Je suis désolé monsieur, mais si je vous laisse accomplir cette mission dans cet accoutrement, c'est notre réputation qui risque de prendre un sacré coup."

Elle entra dans une boutique, poussa le malheureux derrière un parpaing et lui jeta par-dessus un pantalon de lin, une paire de botte, une chemise à lacet et une ceinture de bonne facture. Je me contentai de la suivre, tout en rigolant du sort du pauvre homme. En attendant qu'il daigne se changer, elle continua son monologue suffisamment fort pour que nous puissions l'entendre... Mais entre nous, ce n'était pas seulement notre petite équipe de trois vagabonds qui était sur la mission, mais la ville entière, discrétion quand tu nous tiens...

"Nous allons nous rendre en train jusqu'à Skingrad, puis nous prendrons le bateau jusqu'au lieu de l'accident, accompagnés du rescapé. On ignore parfaitement si les outils sont encore dans l'épave ou non, mais si ce n'est pas le cas, vous devrez travailler de concert avec ce type pour retrouver leur trace et nous les ramener."

Skingrad dit-elle ? Mais, ce n'est pas possible... Si jamais j'y retourne, la milice me trouvera et m'enfermera dans les oubliettes des égouts de la ville, à jamais ! Il faut que je trouve une solution avant qu'on arrive à destination, au risque d'entraîner ma perte. Après m'être poser milles et une question sur l'avenir de mon pauvre corps, je vis revenir Juliet, qui revenait vers nous après avoir payer le vendeur, nous sommes prêt à partir.

Des questions ?

"Pas le moins du monde...", disais-je alors, la voix complètement prise par l’anxiété du moment.



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Kvothe Selwyn
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Jeu 23 Fév - 18:26
Irys : 34346
Daënar 0
Depuis le début de la rencontre, je sentais bien que je donnais clairement une mauvaise impression. Il allait falloir remédier à ça très vite, que je leur montre autre chose qu'un...

"... clochard ?"

Allez Kvothe, après avoir vécu autant d'années enfermés dans une prison à passer tes journées à miner, la simple vue d'une femme ne devrait pas te mettre dans un état aussi pitoyable. J'aurais dû m'écouter, et aller m'acheter quelques vêtements un peu plus confortable, et surtout présentable. Je n'ai pas l'habitude de la société, et encore moins des préjugés, mais il s'agissait de répondre à une annonce pour partir combattre je ne sais quel brigand, l'image que je laisse de moi à forcément son importance. Mais je suis soulagé, cette femme ne m'a pas fermé la porte au nez et compte m'embarquer avec elle, malgré le regard plein de désespoir de mon futur camarade de voyage si joliment vêtu. Cela dit, il ne ressemble en rien à un aventurier prêt à se battre, il donne plutôt l'impression de se rendre à un dîner mondain...

"B.. Bonj..our... Je viens pour le... pour la... les objets... Pour ça"

"Oui oui c'est bien. Allons messieurs inutile de s'attarder ici, si les outils étaient dans la boutique je n'aurais pas fait appel à vous. Alors ne perdons pas de temps et suivez-moi !"

Je ne me fis pas prier et emboitait le pas de mon employeuse. Avant de partir, elle nous précisa l'objectif de la mission:

"...l'aéronef s'est fait attaquer par une horde de chevaucheur de Novsh..."

Allons bon, qu'est-ce que c'est que ça maintenant? Elle en parle comme si je devais être au courant. Je gardais pour l'instant pour moi cette question afin de ne pas ralentir mes deux compères, et les suivais tandis qu'ils sortaient de la boutique.

A peine sorti, Juliet se retourna, comme si elle se rappelait soudainement avoir oublié quelque chose d'important. Elle me regarda de bas en haut, les yeux mi-tristes, mi-blasés, puis me prit par le bras:

"Je suis désolé monsieur, mais si je vous laisse accomplir cette mission dans cet accoutrement, c'est notre réputation qui risque de prendre un sacré coup."


Ca y est, cette fois la honte m'envahit pleinement. Je me vis rougir, et baisser mon regard pour le porter à mes pieds.... nus. Elle me conduisit alors jusqu'à une proche boutique, m'y fit entrer comme on pousse un enfant à embrasser une grand-mère dotée d'une pilosité abondante, et m'emmena jusqu'à un recoin où je pourrais me changer, en me fournissant tout ce qu'il fallait pour qu'enfin mon allure devienne respectable.

C'est avec plaisir et soulagement que j'enfilais ces vêtements sentant le propre. Et quelle dégaine! Pantalon de lin, botte, chemise à lacet, je ne ressemblais pas à l'image que je me faisais d'un aventurier, mais je saisis sur l'instant le plaisir que procurait le regard des gens lorsque l'on n'inspirait pas la pitié. Je devenais quelqu'un. Impressionnant, pour quelques bouts de tissus. Je gonflais un peu le torse, et me sentait d'un coup beaucoup plus sûr de moi, je sentais monter une fierté que je n'avais jamais ressenti, ou alors il y a très longtemps, quand ma mère me prenait dans ses bras pour me dire à quel point j'étais magnifique. Ah, ma mère....

Pendant ma rêverie, Juliet continuait son discours:

"Nous allons nous rendre en train jusqu'à Skingrad, puis nous prendrons le bateau jusqu'au lieu de l'accident, accompagnés du rescapé. On ignore parfaitement si les outils sont encore dans l'épave ou non, mais si ce n'est pas le cas, vous devrez travailler de concert avec ce type pour retrouver leur trace et nous les ramener."

Je sortis de ma zone de transformation pour me camper droit devant mes compagnons, et put enfin prononcer quelques mots sans l'ombre d'une bafouille ou d'un tremblement de voix:

"Juliet, je vous remercie grandement"

Elle me décocha en retour un large sourire, et parti payer mes vêtements. Je regardais le dandy nous accompagnant et le gratifiai d'un sourire franc, sincère, et rassurant. Juliet revint vers nous:

"Des questions ?"

"Pas le moins du monde..." répondit mon voisin, laissant une légère impression de tension soudaine.

"Et bien..." commencai-je. "Pardon de paraître si peu cultivé, mais disons que je viens d'assez loin. Que sont exactement les chevaucheurs de Novsh? La manière dont vous amenez la chose me laisse supposer que ce ne seront pas des amis, et il faudrait peut-être s'équiper avec un peu plus qu'un pantalon et une chemise, non?"

Ca y est, je prenais pleinement ma nouvelle image en main. Plus de honte, plus de gêne, une aventure m'attendait, et je devais rapidement redonner un peu confiance à mes nouveaux amis.

"Ah.. Et je m'appelle Kvothe" dis-je, en posant la main sur mon coeur et en penchant légèrement la tête.
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Khugatsaa
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Mar 7 Mar - 22:25
Irys : 34993
Administrateur
- Des questions ?

- Pas le moins du monde...

- Et bien... Pardon de paraître si peu cultivé, mais disons que je viens d'assez loin. Que sont exactement les chevaucheurs de Novsh ? La manière dont vous amenez la chose me laisse supposer que ce ne seront pas des amis, et il faudrait peut-être s'équiper avec un peu plus qu'un pantalon et une chemise, non ? Ah.. Et je m'appelle Kvothe.

Décidément, la pauvre Juliet allait de surprise en surprise, et de désillusions en désillusions ! Elle qui pensait que ce genre de contrats n'attiraient que des aventuriers "qualifiés", elle se rendit très vite compte que ce "Kvothe" n'avait nullement conscience du risque qu'il avait prit en acceptant une telle mission. Et si c'était également le cas de l'autre type ? Elle se félicita d'avoir prit avec elle ses armes, puisque visiblement, elle n'allait pas pouvoir compter sur eux en cas de danger immédiat.

- Suivez-moi, il ne manquerait plus que le train parte sans nous.  dit-elle en sortant de la boutique.

Sa marche rapide ne laissait que peu de répit à ses "subordonnés" qui n'avaient d'autre choix que de tenir la cadence s'ils ne voulaient pas louper une miette des maigres détails qu'elle s'apprêtait à leur donner.


- Les Novsh sont de la vermine comme l'on en connait peu. Ils sont bruyants, ils sentent atrocement mauvais et ne se fatiguent jamais ! Ajoutez à cela une stupidité qui n'a d'égale que leur égo mal placé, et vous obtenez la bestioles idéale pour vous mettre des bâtons dans les roues. Ce type ... Erwan, le gars qui a survécu, pense qu'il s'agit d'une tribu de gobelin qui est à la tête de ces oiseaux de malheur. C'est pourquoi nous devr ... Ah, nous y voilà !

La magnifique gare de Prorig se dévoila au détour d'une ruelle. Immense et représentative de l'architecture daënar, les innombrables vitraux rigoureusement fixés à leur armature de métal laissait traverser les rayons de soleil pour venir projet sur les dalles de marbres l'emblème du Tyorum. Qu'on se le dise, Juliet avait toujours aimé contempler les prouesses de sa nation, dont elle tirait une grande fierté. Passionnées d'art depuis sa tendre enfance, elle était on ne peut plus ravi de constater que la beauté et l'élégance avait toujours une place prépondérante dans les inventions farfelues de Daënastre, et cette gare en était une preuve irréfutable.

- J'aime tellement cet endroit. Tss, ce ne sont pas ces pouilleux de my'träns et leur imposteurs d'Architecte qui peuvent se vanter de construire d'aussi belles choses !

Oubliant parfaitement de conclure son explication sur les Novsh, elle se dirigea jusqu'à la billetterie pour y obtenir leurs autorisations. Loin des deux compères, elle sembla hésiter un instant en les regardant, puis lâcha un profond soupir en acquiesçant au guichetier. Elle revint vers eux et leur tendit leur billets respectif.

- Mes loulous, profitez-bien de ce voyage en première classe, surtout vous. Dit-elle en s'adressant à Kvothe. Vous m'avez coûté suffisamment cher en l'espace de dix minutes, alors vous avez plutôt intérêt à survivre et à réussir cette mission, sinon je me chargerai personnellement de vous.

Elle poussa les deux zigotos jusque sur les quais et grimpa avec eux dans l'un des wagons avant d'aller s'installer sur l'une des spacieuses banquettes qui lui avaient été attribuées. Quelques minutes plus tard, le sifflet des agents sonna le départ du train, annonçant ainsi plusieurs longues heures de voyage jusqu'à Skingrad.

- Nous en avons pour un bon moment avant d'arriver jusqu'à la capitale ! dit-elle nonchalamment en sortant un bouquin. Occupez-vous jusque-là, au wagon-bar ou que sais-je d'autre ! Oh, et si vous croisez un type louche plein de balafres, c'est Erwan, notre "guide". Posez-lui les questions que vous voulez, il vous répondra sans doute mieux que moi ...

Voyant que les deux gaillards n'osaient pas trop bouger, elle les incita à partir d'un geste négligeant de la main, comme l'on chasserait une mouche un peu trop envahissante.

- Allez, oust.
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Luciole Aldebarra
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Dim 19 Mar - 14:20
Irys : 203627
Profession : Croc-Mort
Pérégrin 0
"Suivez-moi, il ne manquerait plus que le train parte sans nous",  dicta-elle de haute voix tout en sortant de la boutique d'un pas décidé et affirmé de ses deux jambes.

Nous la suivames alors, tandis qu'elle filait à vive allure à travers le dédale de rues constituant Prorig, plateforme tournante du commerce local, et autres balivernes en tous genres...

"Les Novsh sont de la vermine comme l'on en connait peu. Ils sont bruyants, ils sentent atrocement mauvais et ne se fatiguent jamais ! Ajoutez à cela une stupidité qui n'a d'égale que leur égo mal placé, et vous obtenez la bestioles idéale pour vous mettre des bâtons dans les roues. Ce type ... Erwan, le gars qui a survécu, pense qu'il s'agit d'une tribu de gobelin qui est à la tête de ces oiseaux de malheur. C'est pourquoi nous devr ... Ah, nous y voilà !", reprit-elle alors entre deux virages, avant de brusquement s'arrêter, efonçant ses pieds sur les pavés dallés, nous laissant les deux yeux écarquillés devant l'éblouissante beauté de la façade de la gare de Prorig.

Elle était magnifique, cette gare de Prorig ! Immense et représentative de l'architecture daënar, les innombrables vitraux rigoureusement fixés à leur armature de métal laissait traverser les rayons de soleil pour venir projet sur les dalles de marbres l'emblème du Tyorum. Cette architecture était très représentative de la coutume locale et réveillait en Luciole une nostalgie digne des plus grandes tragédies d'amours, ces vitraux, c'étaient ceux qu'on pouvait contempler chez lui, dans sa petite maison au fin fond de Blumar, dans sa chambre au deuxième étages de la maison familiale, les couleurs reflétées sur le plancher de bois formé, formant une rosace de couleur agréable à la vue.

"J'aime tellement cet endroit. Tss, ce ne sont pas ces pouilleux de my'träns et leur imposteurs d'Architecte qui peuvent se vanter de construire d'aussi belles choses !", rétorqua-elle alors, me tirant partiellement de mes souvenirs les plus mélancoliques.
Laissant son explication en suspend, Juliet se dirigea à présent vers la billetterie. Je la suivais alors au pas, ne faisant guère attention à mon compagnon d'aventure, qui semblait bien discret en ce début de périple. C'est alors qu'elle revint vers nous, les mains chargées de billets, nos billets...

"Mes loulous, profitez-bien de ce voyage en première classe, surtout vous. Dit-elle en s'adressant à Kvothe. Vous m'avez coûté suffisamment cher en l'espace de dix minutes, alors vous avez plutôt intérêt à survivre et à réussir cette mission, sinon je me chargerai personnellement de vous.", disait-elle avant de lâcher le billet dans la main que j'avais préalablement tendu vers elle, et le saisit alors d'une poignée de fer, afin de ne pas le laisser tomber.

C'est alors que je senti une force contractant mon faible dos en direction du quais d'embarquement, puis, nous força à entrer dans le premier wagon, une première classe en somme, afin de nous installer. Une fois les deux fesses posées dans mon siège de luxe, un coup de sifflet retenti dans toute la gare, faisant vibrer l'air, et annonçant le départ de notre train vers Skingrad, Skingrad...

"Nous en avons pour un bon moment avant d'arriver jusqu'à la capitale ! dit-elle nonchalamment en sortant un bouquin. Occupez-vous jusque-là, au wagon-bar ou que sais-je d'autre ! Oh, et si vous croisez un type louche plein de balafres, c'est Erwan, notre "guide". Posez-lui les questions que vous voulez, il vous répondra sans doute mieux que moi ...", enchaîna-elle alors, tout en gardant son air supérieurement désagréable.

Après cela, elle leva la main en l'air, signe qu'on la dérangeait, et nous obligea à décamper plus vite que la musique, afin de ne pas s'attirer ses foudres. Fort ma soif avenante, je me dirigeait en direction du wagon bar, afin de trouver un breuvage capable de me désaltérer.



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