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Chroniques d'Irydaë
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 A trop penser au froid... [TERMINE]

Mary E. Burrowes
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Lun 20 Fév - 14:37
Irys : 284159
Profession : Messagère
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Far over the Misty Mountains cold
To dungeons deep and caverns old


Les missions à Khurmag !
Je me faisais avoir à chaque fois. C'était toujours très bien payé et ces satanés adorateurs de Khurmag avaient cette manie d'enjoliver les choses qui me faisaient toujours oublier à quel point moi, Pom et Pilm nous détestions le froid. Cette sensation de morsure qui passe à travers les vêtements, cette façon dont mes muscles se contractaient à m'en faire mal au dos durant le voyage. Mes amis que je devais porter sous mon manteau à partir d'une certaine température, parce que n'était certainement pas un temps à mettre un moineau dehors. Et surtout le terrain qui était terrible pour les voyageurs. Le seul point positif c'était que cette fois je n'avais eu besoin d'aller qu'à Variel. Bien que je ne sois pas non plus très fan de cette ville. Le dôme me donnait toujours une certaine impression d'oppression et de claustrophobie. J'avais toujours l'impression que les Varielans voulaient se couper du monde alors que moi je ne rêvais que de l'explorer. Inutile de parler des discussions centré sur leur petits nombrils dans les tavernes pour finir de me dégoûter de cette région.

Et pourtant j'avais récidivé comme une débutante. Un sourire enjoleur de ma Khorog m'avait faite cédée à la tentation d'aller porter une commande de collier pour le mariage de son fils. Autant le dire de retour à Darga, elle allait m'entendre ! Au moins, je n'aurai pas besoin d'aller chercher le bijou. Le marchand avait promis de l'envoyer porter par quelqu'un de "confiance". Parce qu'en plus apparemment, je n'étais pas digne de porter une telle pierre à travers My'trä. J'étais certaine que si je n'avais pas eu mon collier en dents de loup, il ne m'aurait pas pris de si haut. Pourtant, ces dents étaient magnifiques ! J'en prenaient soin, je les blanchissaient tous les deux jours lorsque je les portais ainsi.

Certes mes bijoux ne valaient pas chers, mais pour me balader dans les plaines de Khurmag et de Suhury c'était tout à fait assez. D'autant que j'étais...

Whaaaaa ! Aie !

Je regardai ma cheville avec douleur en voyant un léger bleu commencé à apparaître autour de ma malléole. Complètement enfouie dans mes pensées sur ce joaillier de Variel, je n'avais même pas fait attention à la pierre qui avait roulé sous mon pied. Je savais que voyager à la lisière d'une petite forêt de la plaine proche de la frontière de Suhury me ferait gagner du temps, et surtout elle me protégeait du vent qui soufflait pas mal aujourd'hui, mais je n'avais pas fait attention au terrain rocailleux. Par les Architectes ! Que ça pouvait faire mal. Et puis sur cette étendu de plaine j'avais plutôt intérêt à trouver un moyen de marcher quand même parce que je ne pouvais pas compter sur une caravane de Mytrans dans le coin.

Malgré les piaillements inquiets de Pilm et de Pom et sans leur prêter grande attention, je me hissais vaguement sur une jambe pour essayer de poser le pied par terre, jusqu'à ce qu'un sifflement menaçant me parvienne. Je relevais les yeux pour découvrir à quelques mêtres de moi un khyanalt. Par Orshin, fallait-il que cette créature ait eu peur de ma chute? Les deux oiseaux piaillaient de toute leur force en décrivant des cercles au-dessus de moi, prêt à fondre sur l'assaillant malgré qu'il soit évident qu'il les aurait croqués en un instant. Je sentais pourtant que cette attitude n'était pas pour calmer la bête.

Du calme, je suis désolée de t'avoir fait peur, je ne voulais pas te déranger... Je vais m'en aller...


Mes paroles apaisantes ne semblaient pas du tout le toucher malgré que j'utilise ma magie au maximum. Je tentais doucement de reculer en claudiquant alors que le khyanalt serpentait lentement dans ma direction. Au-dessus de moi seul Pom était resté, Pilm lui était parti à tire d'aile toujours paillant et la seule chose que je pouvais sentir à travers mes sentiments et ceux de mon prédateur c'est qu'il voulait attirer l'attention de quelqu'un d'autre.



Couleur de Mary: #33ccff
Couleur de Pom: #33ccdd, Couleur de Pilm: #3399ff



Dernière édition par Mary E. Burrowes le Dim 16 Juil - 5:37, édité 1 fois
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Adramus
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Lun 20 Fév - 17:19
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Profession : Aventurier, maître d'armes
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Il y a un poème populaire auprès des enfants de Khurmag, surtout ceux qui, malheureusement, vivent dans le sillage de l’impitoyable Khoral. Voyant ses frères, ses amis tomber les uns après les autres, il vint un jour, sous la plume d’un ménestrel, quelques vers d’une incroyable tristesse si l’on en saisit le contexte. « Vais-je tomber, ne pas tomber ? Se disait la dernière pomme. J’ai résisté aux vents d’automne, aux pluies, aux premières gelées. » La vie de ces gens est un éternel combat, une malédiction glaciale, et pourtant ils se battent, continuent de supporter vents et tempêtes, juste parce que la vie doit être préservée, et non pas sacrifiée aux premières gelées. « Il ne faut pas que j’abandonne, mon fidèle ami, le verdier. Vais-je tomber, ne pas tomber ? Il y va de mon cœur de pomme. » Une telle bravoure inspirerait même le plus bourru des bonhommes. Fredonner cette comptine redonnait un peu de baume au cœur du vagabond. Celui-là même qui se rendait à Darga, mue par un instinct étrange, celui qui lui chuchotait que là-bas il trouverait l’objet de sa quête. Pourtant, les Suhuris n’étaient pas réputés pour leur esprit guerrier, mais allez savoir… Si un seul pouvait naître au milieu de tout le reste, il fallait tenter sa chance.

Il ne regardait même pas devant lui, absorbé dans la contemplation de Yune, ce petit oiseau qui élisait domicile sur sa large carcasse mouvante depuis des mois maintenant. Tranquillement posé sur son index, il incitait Adramus à faire le moins de turbulence possible, pour ne pas briser sa quiétude si fragile. Un pensionnaire bien exigeant, mais au moins le guerrier s’entrainait à se déplacer légèrement, même lorsque le terrain –ici recouvert de caillasses- ne s’y prêtait pas vraiment. Yune s’envola. Eh mince. Peut-être n’avait-il pas été suffisamment agile ? Il fallait encore de l’entrainement. Il chantait, le rouge-gorge, ou plutôt criait. Quelque chose le rendait nerveux. Ce n’était quand même pas entièrement de la faute d’Adramus ? Non, d’autres oiseaux se firent entendre un peu plus loin. Ah, l’appelle de la nature, sûrement. Mais, quel mois nous sommes ? Mars ? Un peu précoce pour songer à trouver chaussure à son pied. Une réflexion amusante, pour le voyageur. Il pressa tout de même le pas, harcelé de toute part par un éclair rouge qui tournait en cercle autour de son visage.

Finalement, un autre oiseau se joignit à la fête.  Ma foi, peut-être que notre guerrier avait un don particulier avec ces créatures. Malheureusement, elles devinrent très vite plus agaçantes qu’amusantes. Un mouvement attira l’œil d’Adramus qui s’évertuait à tout faire pour oublier les deux passereaux. C’était un troisième oiseau, à une vingtaine de mètres devant lui. Etait-il maudit à ce point ? Avait-il offensé Amisgal sans le savoir, pour qu’elle lui inflige un châtiment aussi pénible ? Par réflexe, il baissa les yeux, et découvrir avec surprise une silhouette à demi masquée par une protubérance rocheuse. Elle clopinait sur une de ses jambes, et reculait fébrilement. Cela ne présageait pas grand-chose de bon. Adramus s’élança sans attendre vers la jeune femme, préférant prévoir le pire. Au moins allait-il pouvoir l’aider à se soigner, si jamais il n’y avait pas de danger. Le vent dans le dos, il parvenait au moins à aller un peu plus vite vers son but. Il attrapa finalement le rocher d’une main, et passa la tête sur le côté pour être face à face avec la demoiselle.

- Mademoiselle ? Vous allez bi…

Puis, comme une chouette nonchalamment posée sur une branche, le guerrier pivota sa tête à la vitesse d’une horloge rouillée. Sous ses yeux, un Kyanalt semblait ne pas trop apprécier la présence des deux humains sur son territoire. Par réflexe, Adramus se plaça devant la jeune femme. Il avait déjà fait l’expérience des coups de griffes d’une de ces créatures, et s’il pouvait soigner une cheville foulée, un ventre ouvert était au-dessus de ses compétences. Comme prévu, la bestiole s’avança à grande vitesse vers l’humain le plus proche, en l’occurrence le voyageur solitaire. Ce dernier s’apprêtait à esquiver la première attaque du Kyanalt, quand il se souvint que, derrière lui, il y avait quelqu’un qui n’allait pas pouvoir l’éviter, elle. S’autorisant un bref juron, il mit son bras gauche en travers de son torse pour se protéger, autant que faire se peut, de l’assaut du prédateur.

Ce dernier ne le loupa pas, d’ailleurs, et dans un sifflement il recula à environ un mètre, pour se protéger d’une éventuelle contre-attaque, tandis qu’un large filet de sang tombait du bras d’Adramus pour venir rougir les rochers à ses pieds. Il avait laissé son bâton de marche plus loin, pour pouvoir courir plus rapidement, quelle erreur de débutant. Il poussa un râle de douleur, et ses dents grincèrent, mais cela le fit redoubler d’ardeur pour en finir définitivement avec cet animal un peu trop téméraire. Il comptait bien profiter de sa prochaine attaque pour le neutraliser définitivement. Se sentant effectivement plus confiant, le Kyanalt aux griffes luisantes du sang d’Adramus s’apprêtait à faire une nouvelle charge, sachant sa proie totalement sans défense.

- Odo Chadal ! Hurla soudain Adramus, en même temps qu’il amorçait un brusque mouvement du bras vers la créature.

Une onde de choc retentit tout autour du vagabond, et tout ce qui se trouva devant sa main à ce moment précis fut repoussé violemment quelques mètres plus loin. Une flopée de cailloux, et notre chère bestiole. Malheureusement, son centre de gravité était trop proche du sol pour qu’elle soit renversée. Adramus avait fait son coup de poker un peu trop tôt. Il aurait dû attendre quelques instants de plus, le temps que le Kyanalt bondisse suffisamment haut pour être rejeté en arrière. Enfin, on peut mettre cette hâte sur le compte de la douleur, de l'adrénaline, et du fait qu’il soit obligé d’être prudent en sachant la jeune femme dans son dos. Mais qu’à-cela ne tienne, la bestiole était suffisamment surprise et sonnée par son sort qu’il avait maintenant largement le temps de contre-attaquer efficacement.

- Altan Ild. Lança-t-il simplement.

La magie faisait son effet. Tandis que son bras gauche ruisselait toujours d’un sang épais et sombre, dans sa main droite commençait à se former une lame d’une blancheur magnifique. Un long sabre supplanta bientôt cette forme indistincte. Ses motifs, sa poignée, sa lame, tout était si étonnant, exotique, que l’arme ne pouvait être que magique. La créature poussa un sifflement, en voyant que maintenant son vis-à-vis n’était plus sa proie, mais bien son prédateur. Néanmoins, on ne pouvait lui enlever son intrépidité, et elle comptait bien en finir définitivement avec cet intrus. Sa large queue frappa lourdement le sol, avant qu’elle ne s’élance finalement vers Adramus, qui s’approchait également de lui, mais en marchant tout simplement.

Se pensant plus rapide que le monstre, Adramus amorça un long mouvement vers le sol, prêt à embrocher le Kyanalt pour le planter parmi les rochers. C’était sous-estimer la longueur de ses griffes, qui eurent le temps de se planter dans la jambe droite du voyageur, avant qu’il ne pousse finalement son dernier soupir, la tête transpercée de part en part par la longue lame blanche. Adramus eut un nouveau grognement de douleur. Décidemment, il manquait d’humilité aujourd’hui, il se sentait bien trop fort. Peut-être était-ce dû à la présence de la jeune femme ? Allez savoir. Dans tous les cas, il faudrait remédier à cela rapidement. Posant le genoux au sol, juste devant la gueule béante de la bestiole qu’il venait de tuer, il retira d’une main tremblante les larges griffes de sa jambe. Il n’avait pas de tunique ce jour-là, estimant qu’il ne faisait pas assez froid pour cela. Il allait peut-être changer d’avis…

Sachant le danger écarté, Yune revint tournoyer auprès de son ami blessé. Ses piaillements étaient moins intenses, mais il était probablement affecté par tout le sang qu’Adramus avait versé. Ce dernier essaya de se redresser sur ses jambes, mais il tomba sur les deux genoux, sur un sol pavé de cailloux, et poussa un énième grognement. Il décida finalement de s’asseoir contre le cadavre de la créature. Si elle lui avait donné du fil à retordre, au moins son corps gras et sa fourrure faisaient un dossier agréable. Il songea finalement à tourner la tête vers celle qu’il avait tenté de protéger via ce carnage. Étrangement, il lui sourit. Un sourire tendre, teinté d’épuisement.

- Asseyez-vous, vous aussi, ce n’est pas en restant debout que votre jambe va aller mieux.

C’en était presque insultant autant de nonchalance. Lui qui maculait le sol de son sang, et qui jouait les inquiets au sujet de la jeune femme. Mais était-ce vraiment de la comédie ? Peut-être pensait-il sincèrement à la santé de Mary plus qu’à la sienne ? Dans ce cas-là, on ne pourrait plus le sauver…
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Mary E. Burrowes
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Lun 20 Fév - 23:18
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Il n'y avait rien à faire pour calmer le mâle en face de moi. Je sentais son envie de sang et malgré tous mes efforts, pas une once de compassion poindre dans son cœur de sang froid. Sans compter que la bête s'était bien rendu compte de l'état de ma cheville et de mon impossibilité de fuir ses attaques. J'étais juste de la pâté pour reptile à cette instant précis. Et pourtant je tentais de reculer le plus calmement et le plus discrètement possible. Espérant que dès que j'aurai quitté son territoire, le prédateur me laisserait tranquille pour pouvoir rapidement soigner ma cheville qui me faisait un mal de chien à chaque fois que je tentais de m'appuyer dessus.

Mademoiselle ? Vous allez bi…

La voix derrière moi me fit presque sursauté tellement j'étais concentrée sur le Khyanalt. Mademoiselle ? Là tout de suite, j'étais surtout un encas pour reptile à dent longue là. J'allais lui faire signe de déguerpir plus vite que je ne le pouvais avant que je ne vois cette homme apparaître devant moi. La détermination et le sens du devoir qui l'animait me firent comme un électrochoc. Il faisait devant moi comme un mur avec la bête sauvage. Je ne la voyais même plus. Il était tellement imposant, presque 25 centimètres de plus que moi. Il me bouchait totalement la vue, ce qui me permis de reprendre mon souffle de façon inattendue. Sans tunique à quelques centimètres de moi, je vis les muscles de son dos bougé sous sa peau alors que sa puissance se libérait d'un coup sec. Je baissais les yeux pour découvrir la tâche écarlate qui recouvrait maintenant les cailloux qui était sous mes pieds quelques instant auparavant.

Sa douleur et la panique des oiseaux résonnèrent en moi comme un coup de cloche. J'étais incapable de savoir ce qui se passait à, à peine un mètre de moi. Mais il n'avait pas perdu son calme au mieux je sentais la confiance de l'homme grandir. Sur le côté je vis une épée magnifique se matérialiser. Si j'avais eu le temps j'aurai aimé détailler l'objet. Fin ciselé, décoré de façon atypique et originale, mais je n'eus le temps que de remarquer le tranchant rassurant de l'arme. Savait-il aussi bien s'en servir que de son don d'Amisgal, sa confiance en lui me faisait croire que oui. J'étais littéralement pétrifiée depuis le début du combat. Trop occupée par les sentiment de chacun entre admiration et confiance, sans oublier les peurs viscérales de chacun à chaque coup de griffe ou de lame. Et soudain, les instincts de la bête se turent en une légère agonie. Ma poitrine se souleva de soulagement devant la bête qui s'étalaient lourdement sur le sol.  

Whaaaa il a sauvé Melly ! Il est trop fort.
Ouais mais il est quand même pas en forme là, il a plein de liquide rouge sur lui.
Oui mais ,il est trop fort.

Je faisais cessé ma magie alors que l'homme qui m'avait effectivement sauvé la vie tombé à genoux et se caler contre la créature qui m'avait attaquée. J'étais vidée. Tant pour avoir maintenu mon don aussi longtemps que par l'adrénaline qui avait fait battre mon cœur si fort pendant les dernières minutes. Je sentais la sueur perler sur mon front alors que mon corps reprenait progressivement son état normal. Je dû me contrôler pour ne pas trembler, comme si tout mes muscles s'étaient tétanisé pendant toute la durée du combat et qu'ils se remettaient tous à vouloir s'agiter de leur propre initiative après leur arrêt forcé. Et puis si je pouvais éviter d'être dépasser par la gratitude, l'admiration et la joie de mes compagnons, cela me rendrait beaucoup moins cruche devant mon sauveur. Je savais d’expérience que les sentiments de mes amis pouvaient parfois légèrement influencé mon jugement, et là si j'avais besoin d'une chose c'était d'avoir la tête froide.

Asseyez-vous, vous aussi, ce n’est pas en restant debout que votre jambe va aller mieux.
Ah ? Ah oui.

Ma voix était sortie rauque comme je ne l'avais jamais entendu. Ma gorge s'était contractée sous l'effet de la peur, je n'en doutais pas. Je claudiquais avec précaution jusqu'à me laisser tomber auprès de la créature. Je posais ma main dans sa fourrure épaisse, une certaine mélancolie et une forte culpabilité m'envahirent alors en ne sentant rien battre sous mes doigts. J'avais comme honte de ce que j'avais fait. Après tout je savais bien qu'il fallait faire attention en voyageant qu'est ce qui m'avait pris d'être aussi tête en l'air et insouciante?

Je suis désolée... C'est ma faute, j'aurai dû faire plus attention. Tu n'aurais pas dû être effrayé, si je n'avais pas révé... dis-je comme une excuse. Je me tournai ensuite vers mon sauveteur. Merci beaucoup vous m'avez sauvée la vie. Je ne sais pas quoi vous dire, je ne me retrouve pas dans des situations si dangereuses d'habitude.

Cette fois au moins ma voix était sortie aussi aiguë et énergique qu'à l'accoutumée. Plus de doute, je reprenais progressivement le contrôle de mes émotions. Je prenais d'ailleurs le temps de détaillé l'homme avec plus d'attention. Il était vraiment très musclé par rapport à ceux que j'avais l'habitude de voir. Son visage assez carré me donnait l'impression de quelqu'un d'assez stricte, son apparence était aussi soignée que son corps. C'était toujours comme ça que j'avais imaginé les guerriers de notre peuple. Des hommes alliant la puissances du corps et la sagesse de l'esprit que les adeptes de Süns cherchait tant. Pour autant malgré cette certaine sévérité, il ne faisait pas vieux ou inaccessible.

Je levais les bras pour détacher le ruban qui retenait mes cheveux, qui tombèrent autour de mon visage toujours aussi pâle. Je posais le pan de tissus à côté de moi. Je devais au moins le soigner pour le remercier, du moins du peu que je savais en cas de blessure, je jugeais de la longueur de la bande de tissus, avant de détacher également celle autour de ma taille. Heureusement qu'aujourd'hui j'avais resserré ma tunique avec cette ceinture de tissus ! Sans cela, ma tenue serait surement moins joli, mais pour une fois que des accessoires de femme aller servir pour de vrai.

Je m'appelle Melly, enfin Mary Elisabeth mais tout le monde m'appelle par mon surnom. Je peux vous aider à panser vos blessures avec cela ? Je ne suis pas médecin mais je n'ai pas besoin de ma jambe pour ca, n'est ce pas ? Et puis je vous dois au moins cela. Vous avez été héroïque. Je crois que tout le monde est d'accord avec moi.

Ma proposition était accompagnée d'un sourire franc et sincère. Le premier que mes lèvres arrivaient à former après toute cette agitation. Je désignai d'un geste du manteau les trois oiseaux qui étaient venus se poser autour de nous à l'abri du froid et de la brise fomé par le corps de la bête. Je voulais sincèrement me rendre utile pour au moins manifester ma gratitude comme il se devait !



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Couleur de Pom: #33ccdd, Couleur de Pilm: #3399ff

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Adramus
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Mar 21 Fév - 0:26
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Profession : Aventurier, maître d'armes
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Adramus avait un choix à faire : baisser la tête, comme lui ordonnait tout son être avec force douleur, ou bien la maintenir levée, loin de ses blessures. Néanmoins, il y avait un risque de complètement perdre pied, la tête dans les nuages. Ici, aucune chance d’avoir le moindre secours, et cela n’aurait servi à rien de sauver la jeune femme si c’était pour être un âne mort l’instant d’après. Mais le guerrier savait être borné, et son amour envers Amisgal l’invitait à aller chercher auprès d’elle un peu de réconfort alors que sa vitalité s’en allait seconde après seconde. Son ouïe semblait s’évader loin de son corps, lui faisant entendre des sons qui n’existaient que des milliers de kilomètres plus loin, et lui faisant oublier les murmures de la nature juste à ses côtés. Sa vue se brouillait entre éblouissement subit, et obscurité quasi-totale, sans pour autant qu’il ne cille des paupières. Adramus avait envie de dormir, mais la sieste aurait duré trop longtemps à son goût. Une éternité de sommeil, voilà une bien morne vision de la mort.

Ses esprits revinrent brusquement lorsqu’il entendit le frottement de la main de Mary sur le pelage de neige du prédateur. Cela aurait pu passer inaperçu, comme geste, mais le son semblait dix fois plus fort que si le vagabond blessé avait été dans son état normal. C’était donc ça, l’agonie ? On dirait une sale ivresse. Il comprenait pourquoi les gens la redoutaient tant. Il pivota la tête, puis le buste, et posa son bras blessé sur le dos de la bestiole, pour mieux voir qui il venait de sauver d’être un probable repas pour Kyanalt. Elle était rayonnante, malgré la peur qu’elle venait de subir, et la mélancolie qui teintait ses paroles. Elle semblait très proche des créatures de ce monde. Les voir souffrir devait la peiner. Malgré tout, Adramus n’eut pas de remord. Bien qu’il respectait ce culte voué à l’ensemble du vivant, il savait quand agir, et privilégiait toujours le bien des hommes à celui des bêtes. Il chercha des yeux ceux de Mary, espérant y trouver quand même un peu de soulagement de ne pas avoir été éventrée par les griffes de cette bête. Il en vit, bien sûr, et il sourit. Un geste qui avait dû réveiller un des nombreux traumatismes du combat, puisqu’il souffla soudain, en serrant les dents et en détournant les yeux. Il fallait qu’il se soigne, et vite. Mais y avait-il vraiment besoin de briser cette quiétude apaisée qui s’était installée entre les deux My’träns ? Le sang qui commençait à teinter la fourrure du Kyanalt sous son bras le convainquit finalement qu’il y avait de l’urgence. Il soupira.

- Ne me remerciez pas. Promettez-moi juste que cela ne recommencera pas de sitôt… Lâcha-t-il finalement, avec un étrange rictus amusé sur le visage.

Comme un enfant épuisé de sa journée, le guerrier à la tignasse corbeau posa la tête un instant sur la fourrure si douce du prédateur. Sommeil, de plus en plus sommeil… Comment résister à fermer les paupières ? Encore quelques mots de la demoiselle, peut-être, lentement distillés à travers le brouillard de la défaillance qui entourait peu à peu Adramus. Il s’y raccrocha, comme on attraperait une corde qui s’acharnait à vous sortir de la boue. Il cligna des yeux frénétiquement, puis releva la tête, toujours appuyé contre le cadavre du Kyanalt. Il remarqua que Mary commençait à préparer des bandages avec les attaches de ses cheveux et de sa tunique. Rudimentaire, mais ils pouvaient faire l’affaire. De plus, la perspective de voir la jeune femme enlever quelques vêtements, aussi futiles fusses-t-il, pour panser ses blessures avait de quoi amuser le guerrier à genoux.

- Je n’ai pas été héroïque, mademoiselle.
Lança-t-il, avec son même sourire désarment. J’ai simplement fait ce qu’un guerrier digne de ce nom se doit de faire… Ma vie est faite pour être brûlée sur l’autel des impuissants. J’ai le privilège de la force sur beaucoup, beaucoup de monde, et mon devoir est de rembourser cette dette que j’ai envers la vie en dévouant cette puissance à ceux qui en ont plus besoin que moi.

Il avait dit cela dans une sorte de sermon philosophique entrecoupé de respirations prolongées. Malgré ses blessures, il restait tout de même très clairvoyant sur ses principes fondamentaux, les valeurs qu’il voulait transmettre en toute occasion. Adramus prêchait pour sa paroisse, comme dit l’autre, et même l’anémie ne l’arrêterait pas. Il se souvint cependant que ne pas se présenter à son tour était un manque de courtoisie très malheureux. Il y remédia donc, en répondant au sourire lumineux de son obligée.

- Je suis ravi de vous rencontrer, Mary Elizabeth. Mon nom est Adramus… Il hésita un instant. Son nom de famille méritait-il d’être prononcé ? Oui, ravi de faire votre connaissance. Visiblement pas, mais ce n’était pas bien grave.

Il posa son regard sur les oiseaux que Mary montrait d’un geste de la tête. Une joyeuse bande, même s’ils semblaient bien insaisissables à travers le prisme de l’affaiblissement. Il fallait vite qu’elle agisse, la petite demoiselle, ou bien Adramus allait s’en aller bien loin d’elle, et sans même avoir à bouger plus que cela.

- Je m’excuse… que vous ayez à soigner mes blessures. J’étais trop sûr de moi, ce coup-là. Dit-il tout en tendant son bras lacéré vers la jeune femme.

Après l’effort, le réconfort. S’il y avait bien une chose qui pouvait revigorer un guerrier, en règle générale, c’était les bons soins d’une femme charitable.
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Mary E. Burrowes
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Jeu 23 Fév - 17:36
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Les mouvements de mon sauveur me semblaient plus lourds que durant le combat. Peut-être un peu plus fébriles aussi. Une façon pour la chair de manifester la fatigue lancinante qui suivait tout effort physique. Cette fois pourtant, je sentais la différence. Je savais que c'était grave sans avoir besoin d'un guérisseur ou d'autre indication. Il n'y avait pas que la fatigue mais aussi le sang du guerrier qui continuait lentement sa fuite du corps de son propriétaire. Mais alors que son corps semblait vouloir le trahir après un combat aussi brusque et brutal, son esprit lui semblait toujours aussi clair. Il prenait même soin de moi alors que lui était pratiquement en train de se vider de son fluide vital sur cette plaine rocailleuse et tout à fait inconfortable pour passer l'arme à gauche. C'était vraiment le monde à l'envers et il était tant que les choses se remettent à leur place

Ne me remerciez pas. Promettez-moi juste que cela ne recommencera pas de sitôt…

Je me contentais de hochais la tête tout en m'occupant de trouver de quoi rafistoler au moins momentanément le guerrier. Pour sûr, qu'on n'allait pas m'y reprendre de si tôt. J'étais beaucoup de choses, aventureuse, téméraire, passionnée... mais je n'avais jamais voulu cela. Ce massacre. La grande Araignée m'en aurait surement voulu de ma maladresse. Une stupidité, une erreur de débutante qui aurait dû être évitée depuis des années. Alors au moins j'allais tout faire pour la réparer. Je pourrais même proposer au guerrier de l'aider à tirer partie de la bête une fois qu'il serait remis. Après tout, je savais que la fourrure de Khianalt se vendait toujours bien que ce soit auprès des nomades comme dans la capitale où je me rendais. Bien sûr il faudrait la transporter mais comme nous allions tous les deux devoirs prendre quelques jours de repose forcés d'abord, cela ne rallongerait pas beaucoup plus le voyage.

Je n’ai pas été héroïque, mademoiselle. J’ai simplement fait ce qu’un guerrier digne de ce nom se doit de faire… Ma vie est faite pour être brûlée sur l’autel des impuissants. J’ai le privilège de la force sur beaucoup, beaucoup de monde, et mon devoir est de rembourser cette dette que j’ai envers la vie en dévouant cette puissance à ceux qui en ont plus besoin que moi.

Mon sourire se transforma en un léger rire de joie. Je n'étais pas du tout en train de rire de ses paroles, mais son ton cérémonieux me rappeler les leçons qui m'étais distillées dans ma tribu lorsque j'étais jeune. Ce même ton légèrement cérémonieux qui annonce l'importance de la déclaration. La même morale sentencieuse et sans concession qui impressionnait les enfants. Difficile de ne pas être emballée par ce genre de discours lorsqu'il était prononcé par quelqu'un de si impressionnant. Encore plus quand cette personne venait de vous sauver la vie. Jamais je n'aurais pu avoir la même stature ou la même technique que lui mais dans un sens, cette dévotion à sa quête forçait mon admiration et mon respect. Mes mains blanches enroulèrent le bout de tissus que j'avais détaché de mes cheveux pour former comme un rouleur qu'il me serrait plus facile de serrer autour d'une plaie alors que mon sauveur se présentait enfin.

Je suis ravi de vous rencontrer, Mary Elizabeth. Mon nom est Adramus… Oui, ravi de faire votre connaissance.
C'est moi qui suis ravie, de vous rencontrer et d'être toujours en vie par la même occasion.

L'allusion était faite d'une voix légère mais elle n'en était pas moins totalement sincère. S'il n'avait pas été là, seul les architectes savaient ce qui me seraient arrivé. Rien de bon, cela je n'avais pas besoin de pouvoir fantastique pour le deviner. Tout à ma reconnaissance je m'approchais d'Adramus toujours en appuie sur mes genoux et je prie volontiers le bras qu'il me tendais pour faire un bandage rudimentaire. Je fis d'abord tourner le tissus lentement autour du bras musclé, avant de serrer un peu plus le bandage. J'avais conscience de ne pas y mettre toute la douceur dont une femme plus habile aurait pu être capable, mais il fallait avant tout arrêter l'hémorragie, et cela ne se ferait qu'avec une compresse serrée correctement, ce même si je voyais lentement le tissus prendre une teinte pourpre.

Je m’excuse… que vous ayez à soigner mes blessures. J’étais trop sûr de moi, ce coup-là.
Vous n'avez pas à vous excusez alors que ce sont mes actions qui vous ont obligé à tuer cette créature. Lui aussi était certain d'avoir la victoire et il est en bien plus mauvaise posture que vous ! souris-je en tirant d'un coup un peu sec sur le tissus pour le serrer une dernière fois avant de coincer le bout dans les pans déjà enroulés. Je pense que vous allez devoir vous reposez quelques temps avant de reprendre la route. Le moins que je puisse faire c'est de rester pou veiller à ce que vous ne manquiez de rien. Les garçons, j'ai besoin de plein de bout de bois, comme si on faisait un grand nid, c'est pour faire du feu.

Je m'étais adressé à Pilm et Pom en usant encore un peu de ma magie malgré une certaine fatigue. Je ne pouvais pas attendre leur réponse, mais j'étais rassurée en les voyant partir à tire d'ailes pour me chercher ce que j'avais demandé. Ils avaient l'habitude de me voir rassembler ce dont j'avais besoin pour faire un foyer toutes les nuits, donc je supposais qu'ils allaient pouvoir me ramener assez de bois au prix de multiples allers-retours.
Mais il ne serait pas dit qu'il leur avait suffit de me regarder les yeux écarquillés d'admiration pour Adramus. Non ils allaient eux aussi se remuer le popotin alors que je prenais ma ceinture et que je me déplaçais pour pouvoir cette fois bander la cuisse transpercer par la griffe du monstre occis. Je prenais à nouveau mes précautions pour faire tout cela correctement.

Je ne suis vraiment pas bonne cuisinière mais je vais essayer de vous faire quelque chose qui vous redonne des forces. Ce serait plus confortable de pouvoir trouver un refuge mais il ne me semble pas qu'il y ait trace de vie avant au moins une heure de marche. Tenez-vous devriez déjà vous désaltérer. Buvez tout, il doit y avoir une source dans les bois de toute façon.ajoutai-je en finissant le bandage.

Rapidement, j'attrapai mon sac pour lui tendre la gourde qui me permettait de transporter avec moi un minimum d'eau lors de mes voyages. Bon et maintenant, il fallait j'arrive à immobiliser ma cheville si je voulais pouvoir me mouvoir correctement.



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Adramus
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Ven 24 Fév - 21:17
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Le bras du guerrier fut le sujet des expérimentations médicales les plus retords. Manifestement, la jeune demoiselle ne savait pas très bien s’y prendre avec les blessures, ce qui augmentait le malaise d’Adramus, sans compter qu’elle aussi était blessée. Il se promit pour lui-même de rendre la pareille à Mary, une fois que celle-ci aurait terminé ses soins. Elle lui répondit par un bon mot, une plaisanterie qui amusa le vagabond et le renseignait sur l’éducation de la jeune femme. Oui, assurément elle ne venait d’un pauvre milieu. Normal. Suhury était juste à côté, et faisait rêver les malheureux de tout le continent par l’opulence du niveau de vie de ses habitants. Il y en avait, des miséreux, comme partout, mais ils se distinguaient tout de même nettement de ceux des autres régions.

Le maître d’arme regarda son bras qui venait d’être bandé. Malgré une certaine rudesse d’exécution, l’hémorragie était correctement stoppée. C’était tout ce qui comptait. Et en la voyant se diriger vers sa jambe pour répéter l’opération, il se dit qu’il n’était pas tombé entre de mauvaises mains. Il s’autorisa donc un long soupir. Un souffle lourd, qui aurait pu être pris tout-à-fait mal par Mary, s’il n’était pas accompagné d’un sourire soulagé. Le guerrier ferma un peu les yeux. Il était fatigué, et se sentait en sécurité. Quel drôle d’endroit où se mettre dans un tel état, mais c’est comme s’il se sentait chez lui. Quand vous avez une réputation comme la sienne, de montagne inébranlable, rares sont les moments où l’on se soucie de vos blessures. Elles se refermeront toutes seules, par sa seule volonté, puisqu’il a été capable d’autant de prouesses. Il les cache, en plus de cela, désireux de ne pas éveiller l’inquiétude, de briser cette sorte d’aura flamboyante qui l’entoure.

Jamais les gens ne doivent penser qu’il pourrait mourir, lui aussi.

Ce n’est que comme cela qu’il pourra continuer à leur donner espoir, à ceux qui n’ont plus que cela pour se défendre de l’obscurité. Mary, elle, semblait avoir l’esprit positif et dynamique. Une énergie électrique transparaissait de ses mains affairées. Elle, elle pouvait bien croire ce qu’elle voulait sur Adramus, connaître ses faiblesses, jamais elle ne cesserait de voir la vie sous un bel angle. Cela se voyait facilement. Le voyageur était donc soulagé. Cacher des blessures d’une telle profondeur était un défi difficile à relever.

Lorsque Mary tendit sa gourde à Adramus, celui-ci l’accepta avec reconnaissance. Mais, comme amusé par la gentillesse de sa soigneuse, il chercha à être plus aimable encore, et ne but qu’une gorgée d’eau en faisant mine de la vider complètement. Quel caractère irritant il pouvait avoir, parfois ! Il lui redonna donc, un rictus aux lèvres, et remua un peu la jambe pour vérifier le travail de Mary. Ma foi, il en était satisfait. Il se redressa contre l’animal, toujours sans vie, étalé au sol.

- Je vous remercie beaucoup, Mademoiselle. J’aurai bien mal fini sans vous… Il pointa le pied, ou plutôt la cheville, de Mary d’un geste de la main. Maintenant, asseyez-vous que je m’occupe de ça. Le plus important maintenant, c’est que vous vous reposiez, vous. Je vais vous bricoler une attelle…

Il examina plus avant la blessure. Elle était bégnine, comme il s’en doutait. Mais pour un voyageur, le moindre hématome peut signifier la mort. Nous l’avions bien vu avec ce monstre à fourrure blanche. Il prit un des morceaux de bois que les deux oiseaux avaient ramenés de leur récolte, et  prit le tissu qui lui attachait les cheveux pour le fixer contre le pied et le maintenir dans la même position. Ça arrivait tellement souvent dans une tribu nomade, ce genre d’incident, qu’il ne s’en inquiétait même plus. Il leva finalement les mains de son ouvrage, doucement, et revint caler son dos contre la bestiole.

- Maintenant, ne bougez plus. Le repas peut attendre. Le soleil est encore haut, on a un sacré moment avant qu’un feu ne soit nécessaire.

Il disait tout cela d’un ton calme, mais résolu. Il leva les yeux un instant vers le ciel, comme pour vérifier si ce qu’il disait était vrai, puis les tourna vers Mary. Ils furent ensuite inexorablement attirés un peu plus bas, car il était impossible de rater les deux larges plaques de métal que Mary portait autour du cou. Deux noms, gravés dessus. Adramus avait déjà croisé cette coutume, celle d’inscrire sur ce genre de « parure » le nom de ses parents. Un jeu dangereux, car se souvenir de nos défunts avait été déclaré contre nature par les Architectes eux-mêmes. Il y avait toujours un risque d’être corrompu… Mais le vagabond s’interdisait tout jugement sur les traditions des uns et des autres. Tant qu’ils continuaient d’honorer les Architectes comme ceux-ci le méritaient, tout se passait pour le mieux.

- Ce sont vos parents ? Demanda-t-il. Vous êtes jeune, pourtant… Je suis désolé.

Adramus avait quitté, depuis bien longtemps, sa tribu d’origine. Ses parents, vivants ou non, il n'en avait plus de souvenirs... Il avait été mué par une sorte d’instinct primal, une force qui le poussa à aller ailleurs. Et on avait toujours besoin de lui là où ses pas le guidaient. Etait-ce vraiment Möchlog qui le conduisait vers les miséreux ? Ou bien est-ce qu’il y en avait tant et tant dans le monde qu’à n’importe quel endroit une paire de bras comme la sienne avait toujours quelque chose à faire ? Un constat d’une affligeante mélancolie…
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Mary E. Burrowes
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Lun 27 Fév - 14:47
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Est-ce que je voyais Adramus comme quelqu'un de faible parce qu'il était blessé ? Non certainement pas. Bien que je n'avais pas vraiment le temps de me poser la question pendant que je m'appliquai du mieux que je le pouvais sur ses bandages, et il ne me restait pas beaucoup de temps pour penser à autre chose! Mais même comme ça je n'avais jamais assimilé l'invincibilité avec une certaine force. Peut-être étais-je tout simplement influencée par mon éducation. Ma tribu possédait cette puissance incroyable procurée par le dévouement à l'architecte du feu mais je savais aussi à quel point cette magie pouvait aussi bien être un don qu'une malédiction. Toute ma vie j'avais été bercé par les fables et les chants qui mettait en garde les utilisateurs de cette magie sur les effets destructeurs qu'elle pouvait avoir. Alors même si j'admirais la force d'Adramus, ce n'était certainement pas tout ce qui le rendait fort à mes yeux. Me venir en aide, être aussi calme face à ses blessure, le fait de pouvoir avoir un discours aussi plein d'honneur faisait pour moi partie de cette force qu'il devait porter avec lui. Et cela, il ne pouvait pas le perdre en sang répandue sur la plaine.

Lorsqu'il me rendit ma gourde le poids de celle-ci ne fit que confirmer ce que je pensais. J'aurai été dans un meilleure jour, il aurait probablement pris l'objet en cuir en plein dans l'estomac pour le forcer à boire plus, mais je n'avais pas l'énergie nécessaire pour lui faire entendre raison après les événements qui venaient de se dérouler. Il en boirait de gré ou de force plus tard. Je me désaltérais à mon tour avant de remarquer son geste vers le joli hématome qui colorait ma cheville. Avec ma peau trop clair, le bleu prenait presque une teinte verte, mais je savais que c'était mieux. Le pire aurait été une teinte violacée, là j'aurais pu être obligé de claudiquer pendant des jours !

Je vous remercie beaucoup, Mademoiselle. J’aurai bien mal fini sans vous… Maintenant, asseyez-vous que je m’occupe de ça. Le plus important maintenant, c’est que vous vous reposiez, vous. Je vais vous bricoler une attelle…

Je m’exécutais sans trop de difficulté. En même temps, il n'aurait servi à rien de discuter. Je le regardai fixé habilement le bout de bois contre ma cheville pour la maintenir en place. Ses cheveux tombés maintenant autour de son visage comme les miens. A ce rythme, on n'allait passé pour des personnes chassés de leur tribus et en guenilles qui se seraient perdus au milieu de la plaine! La grande classe !

Pilm et Pom en était déjà à cinq ou six aller retours , je les gratifier d'un francs sourire en les voyant repartir à tir d'aile. Ils avaient du trouver un bon filon pour être aussi téméraire. Une bonne nouvelle, même si comme le fit remarqué ma nouvelle rencontre, il restait du temps avant le dîner.

Maintenant, ne bougez plus. Le repas peut attendre. Le soleil est encore haut, on a un sacré moment avant qu’un feu ne soit nécessaire.
J'imagine, mais si ils doivent ramasser le bois pour passer la nuit, il va falloir à ces deux paresseux un certains nombres d'aller retours.répondis-je avec un sourire amusée.

Adramus levait les yeux vers le ciel. Je n'avais vu aucun signe de pluie plus tôt. Et j'espérais bien qu'il n'en verrai pas non plus, j'avais pris une douche avant de partir de Variel et cela me suffisait amplement ! Ses yeux revinrent, cherchant peut être si je n'étais pas blessée ailleurs à me détailler comme ça. Je profitais pourtant du silence pour me repasser les images de ce qu'il s'était passé. D'où est-ce que pouvait venir Adramus d'ailleurs ? Il n'avait pas l'air d'être avec sa tribu. Il aurait vraiment fallu en vouloir pour mener sa tribu dans le coin en cette période de l'année. Je n'avais jamais vécu dans une tribu nomade mais j'imaginais qu'elles avaient plutôt tendance à se rapprocher de Zolios ou de Kharaal Gazar lors des périodes les plus froides de l'année. Alors Adramus était seul ? Pourquoi pas, mais il n'avait pas l'air d'un messager non plus. J'aurais aimé en savoir plus, mais mes pensées furent interrompue par sa question.

Ce sont vos parents ? Vous êtes jeune, pourtant… Je suis désolé.
Et bien ... je suppose.dis-je en baissant les yeux pour loucher légèrement sur les deux plaques. En fait, celle-ci est celle de ma mère, elle était de ma tribu donc j'en suis sûre. Par contre celle là... je ne sais pas je l'ai toujours eu, mais il n'y a eu personne pour me confirmer si c'était le nom de mon père ou non, peut-être que les architectes n'aimaient pas les souvenirs qu'il nous a laissé. Son nom était Parish Cerkadès. Mais il ne venait pas d'une tribu de Zolios, ou de Darga. Les plaques ne sont pas faites pareilles. Les vôtres sont elles en métal comme ça ?

C'était des questions que je me posais parfois. Quand je croisais dans un miroir le reflet des plaques qui pendaient à mon cou. La plaque de celui que je supposais être mon père semblé beaucoup plus travaillée, ciselé plus finement. Mais je n'avais jamais vu d'autres plaques dans le même genre. C'était rare pour un My'tran de se poser des questions sur leurs origines, et j'avais beau être curieuse, je trouvais que j'avais déjà bien des choses à découvrir avec tout ce qui existait à l'heure actuelle. J'avais toujours porter le même nom qui était inscrit sur la plaque de ma mère en plus, alors c'était difficile à savoir. Pas la peine de m'encombrer avec ce qui n'était plus. Orshin avait bien des choses à me faire découvrir.

En tout cas, ne soyez pas désolé pour ça. J'habite à Darga avec ma tribu. Ce sont d'anciens nomades de Zolios, mais notre Gharyn et notre Khorog d'ils y a trois éléctions ont été nommés au Conseil. Je n'ai jamais beaucoup voyagé, c'est pour ça que je suis messagère maintenant. Et vous d'où venait vous ? Votre clan est loin d'ici ?



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Adramus
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Jeu 2 Mar - 20:36
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Il avait une folle envie de s’asseoir en tailleur. Cette position, les jambes allongées, l’air mort, n’était pas commune du tout. Mary raconta avec un certain détachement le récit de ces deux noms pendant à son cou. Adramus écoutait avec attention. Elle n’avait pas connu son père, malheureusement, mais il est vrai que sa plaque était d’un raffinement particulier. Elle était en métal, qui plus est, ce qui était loin d’être courant. Le routard chevronné ne mit pas bien longtemps à déterminer la provenance de cet ouvrage. Quelle ironie… Vraiment, Möchlog avait des ambitions bizarres pour les hommes. Pas étonnant qu’Adramus n’avait pas beaucoup d’affinités avec lui, malgré son profond respect pour celui qui écrivait le destin de chacun d’entre eux. Allait-il lui dire ? Pas besoin. C’était une voyageuse, tout comme lui. Elle le découvrirait bien assez tôt.

Lorsqu’elle lui demanda comment étaient ses plaques, Adramus afficha un rictus amusé, ou désabusé, qui pouvait savoir ? Dans son clan, les souvenirs s’enfuyaient avec le vent. On respectait entièrement ce que les Architectes avaient décidés pour les hommes, et s’il était de leur nature de ne pas se souvenir de leurs défunts, alors pourquoi cela changerait-il ? Se rattacher au passé, s’ancrer quelque part parce qu’on y a eu des amis ou des parents, tout cela va contre les préceptes des Nomades d’Amisgal. Rien de cela ne leur viendrait jamais en tête, ils sont trop attachés à leur liberté pour cela. Mais les tatouages qu’Adramus avait sur le torse et sur ses bras, eux, valaient bien plus aux yeux des nomades que de simples plaques.

- Vous semblez attacher une grande importance à l’endroit d’où vous venez. Annonça-t-il en passant une main dans ses cheveux. Ce n’est pas une mauvaise chose, seulement je ne pense pas que ça vous mènera quelque part. De qui vous êtes née, de quel pays vous venez, cela n’a pas d’importance. Je suis né au Kharaal Gazar, pourtant je m’entends très bien avec les Zagashites. J’ai changé plusieurs fois de tribu, allant là où l’on voulait bien de moi, au début. Celle où j’ai été conçu n’existe d’ailleurs probablement plus, mais ça… c’est ce qui nous lie tous.

Il passa une main lente sur les tatouages de son bras, bandés tout d’abord, mais lorsqu’il remonta vers l’épaule, ils étaient de nouveau visibles. Ces parures représentaient un immense dragon volant dans les nuages. Si Adramus avait le moindre souvenir de sa tribu originelle, c’était bien de leur piété extraordinaire, et leur dévouement à Amisgal.

- Ce gigantesque dragon, c’est notre symbole. Vous trouverez rarement des nomades, même croyants d’Amisgal, qui portent une telle marque d’affection imprimée dans leur chair. Je n’ai pas de plaques avec le nom de mes parents, ils sont retournés s’éparpiller dans le vent, probablement. Néanmoins, je sais que ma déesse me fera avancer, quoiqu’il advienne. C’est tout ce qui importe… du moins à mes yeux.

Il jeta un nouveau regard sur Mary. Elle semblait attentive à ses paroles. Une drôle de sensation pour quelqu’un qui avait l’habitude de ne parler que très peu. Il désigna les deux plaques d’un bref geste de la tête.

- Gardez-les précieusement, car elles sont plus importantes pour vous que ne le laisse entendre vos paroles. Je vous souhaite de trouver un jour qui est votre père, au moins d’où il venait… Il hésita un instant, un ultime doute. Vous devriez demander aux gens du coin. Les plaques ouvragées, comme ça, doivent être suffisamment rares pour être reconnaissables.

Il essayait de détourner la conversation sur des choses plus légères. Il n’avait pas spécialement envie de parler de lui plus longtemps, par contre plus il en apprenait sur Mary, plus il avait envie d’en savoir plus. Elle était messagère, oui ? Mais elle travaillait pour qui ? Pourquoi l’avoir envoyée ici ? Le Khoral était, certes, déjà passé depuis un moment, mais l’hiver de ce pays restait rude pour quelqu’un qui ne voyage pas depuis longtemps. En parlant de voyager, Adramus eut une révélation gênante. Sur ce tas de cailloux, tout proche de cette charogne, ils n’allaient pas pouvoir dormir très à l’aise. En s’éloignant un peu de la forêt, ils pourraient atteindre un endroit avec un peu plus d’herbe, et des excroissances rocheuses pour s’abriter du vent.

- Je propose de ne pas rester là pour monter un bivouac. Le cadavre va attirer de mauvais animaux, et les cailloux ne font pas un bon matelas…

Avec un peu de mal tout de même, Adramus réussit quand même à se tenir sur ses jambes. C’était sa cuisse qui avait été blessée, il pouvait donc prendre appui sans chuter, même si cela faisait ostensiblement mal. Néanmoins, il était content d’être debout à nouveau. Il s’étira longuement en soupirant, puis lança un regard radieux à la jeune femme.

- Je vais vous aider à marcher jusqu’à là-bas. Il pointa un rocher gris qui s’élevait un peu du sol. Vous pouvez prendre le bois que nos deux champions ont déjà ramassé s’il vous plait ?

Tout en disant cela, il ramassa sa besace posée au sol, son bâton de marche –qui n’avait jamais été aussi utile- et tandis une main vers la jeune femme.

- Aller, levez-vous, Mary Elizabeth. Lança-t-il avec son éternel rictus.

Mais avant qu’elle ne puisse l’attraper, Adramus eut une réflexion amusante. Il s’attendait à ce que la jeune femme puisse utiliser son épaule comme appui, mais vu la taille qu’il faisait cela allait être plus gênant qu’autre chose. Il dévisagea donc le visage de Mary avec une expression indéchiffrable, plus soupira en souriant.

- Bon, eh bien on y va. Dit-il à mi-voix.

Il planta son bâton de bois entre deux cailloux, et se pencha lentement vers la demoiselle qui n’avait pas vraiment d’échappatoire. Elle fut obligée de laisser Adramus la saisir d’un geste rapide pour la poser sur son épaule gauche, afin de laisser sa jambe blessée se reposer un peu.

- Aller en route. Ma foi, acceptez mes excuses, mais vous ne pourrez même pas vous agripper à mon dos sans glisser, et si je vous prends sous le bras on aurait atteint un sacré sommet d’humiliation. Aucune inquiétude, nous sommes arrivés très bientôt.

Et ils, enfin il, marcha à une allure assez faible, du fait de ses blessures, en direction du rocher tant convoité. Il irait ramasser le bois plus tard, cela n’avait pas d’importance pour l’instant. Le soleil n’allait pas se coucher de sitôt.
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Mary E. Burrowes
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Mar 14 Mar - 20:15
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Adramus avait indéniablement une façon de parler qui me faisait réfléchir. Ce sourire bienveillant, cette douceur et cette droiture qui ne le quittaient pas, sûrement. Une sagesse avant l'âge puisqu'il devait à peine avoir une trentaine d'années, d'après ce que je pouvais voir. Est-ce que les tribus de nomades avaient tendance à grandir plus vite que les sédentaires ? Est-ce qu'il avait tellement voyager qu'il avait acquis une philosophie de vie plus profonde que la mienne? Sans vraiment m'en rendre compte j'étais très curieuse de connaître l'homme qui m'avait sauvée. Syndrome de la demoiselle en détresse? C'est très possible. Après tout, j'avais plutôt l'habitude de me débrouiller toute seule dès que je sortais de Darga, et j'avais cette tendance irrésistible à me transformer en sangsue bavarde dès que je trouvais une compagnie agréable.

Mes yeux noirs se fixèrent sur lui avec intensité. Peut-être que j'avais passé trop de temps au même endroit au final? Par rapport aux autres adeptes d'Asmigal et d'Orshin, c'était certain. Ma tribu était arrivée à Darga alors que je venais de naître. Je n'avais jamais connu l'aventure et le bonheur d'être libre à travers les plaines, l'ivresse de se retrouver toute petite au pied d'une montagne ou d'être oppressée par une forêt tropicale avant de commencer à travailler. Cela faisait partie de ce qui m'avait attirée dans le métier de messagère. Une liberté presque totale pour choisir ses trajets, faire des rencontres de toutes sortes, découvrir de nouvelles espèces. En même temps d'aussi loin que je me souvienne je voulais faire messagère ou naturaliste. Mais il m'était rapidement apparu que la deuxième option me demanderait beaucoup plus d'études, de concentration et d'argent ce qui n'était pas les ressources à ma disposition en profusion à l'époque. Mais surtout, ce parfum d'aventures et de rêves d'une enfant à l'ombre des remparts de Darga, et c'était précisément ce que représentait Adramus à mes yeux, aujourd'hui, en tant que nomade depuis si longtemps.

Ce gigantesque dragon, c’est notre symbole. Vous trouverez rarement des nomades, même croyants d’Amisgal, qui portent une telle marque d’affection imprimée dans leur chair. Je n’ai pas de plaques avec le nom de mes parents, ils sont retournés s’éparpiller dans le vent, probablement. Néanmoins, je sais que ma déesse me fera avancer, quoiqu’il advienne. C’est tout ce qui importe… du moins à mes yeux.

Je regardais la pièce d'art qui s'échappait du bandage sur le bras du guerrier. Un dessin magnifique, qui me rappela que je n'avais toujours pas vu de dragon. Pour cela, il faudrait probablement que je serve des gens encore plus fortunés qu'aujourd'hui qu'ils aient besoin d'échanger avec la cité de Celwin. Peut être que même la diplomate aurait pu louer mes services pour me donner l'occasion d'aller découvrir sa ville natale. Est-ce qu'Adramus, lui en avait déjà vu ?Un véritable dragon pour en s'en être tatoué le bras ainsi. Au moins l'encreur en avait il vu; c'était certain au vue de la prouesse que représenté le symbole du guerrier. Et, plus j'y pensais, plus j'étais certaine qu'Adramus aussi un des chanceux qui avaient pu admirer la créature. Je voulais y croire et la question me brûlait les lèvres et l'esprit alors que mon sauveur revenait me parler à propos de mes plaques de noms. Pour, peut-être certainement la première fois de ma vie, je retenais une question, parce qu'il m'impressionnait à pouvoir lire en moi comme dans un livre. Il pointait du doigt sans méchanceté et sans jugement, les réflexions que je gardais depuis longtemps pour moi-même. Je me sentais obligé de suivre son conseil plus tard quand j'en aurais fini avec cette cheville. Je me sentais un peu idiote d'être infantilisée à ce point par un homme que je venais à peine de rencontrer, surtout de lui accorder autant de crédit, mais que faire d'autre dans ma position ?

Sa remarque sur la précarité de notre choix de foyer me laissa perplexe. Enfin, oui c'était évident mais j'étais tellement dans la contemplation et dans la réflexion à propos de mes plaques et de son dragon que je restais un peu bête, toujours assise alors qu'Adramus était déjà en train de se lever. Je n'avais même pas encore réalisé à quel point ces cailloux me faisait mal aux fesses que lui avait déjà envie de bouger ?

Je vais vous aider à marcher jusqu’à là-bas. Vous pouvez prendre le bois que nos deux champions ont déjà ramassé s’il vous plait ? Aller, levez-vous, Mary Elizabeth.
Melly, c'est beaucoup plus joli et ca me fait moins vielle. Melly ! répondis-je en grimaçant légèrement en entendant mes deux prénoms.

Sans rire... Mary Elisabeth, il voulait pas avoir la flemme de le dire en entier un peu ? Même à entendre ça me fatiguait. Je soupirai brièvement avant de tendre la main vers celle du guerrier. Qu'il retira avant que j'ai le temps de la saisir. Hey ! C'était pas une blague qu'on faisait quand on était un guerrier sage avec plus de trente printemps ça ! Je relevai vers lui un visage mi-vexée de m'être faite avoir, mi-amusée de l'immaturité dont il faisait preuve après tout ce temps à jouer les moralisateurs sur mes racines. Pourtant son air filou et mystérieux ne me disaient rien qui vaille.

Bon, eh bien on y va.
Je vous.... HEYYYYY nan mais ça va pas ! Je suis pas un sac ! Vous avez des manières, vous les adeptes d'Amisgal ! Sérieux pas étonnant que vous voyagez sans compagne à vos côtés si vous traitez toutes les filles comme ça. m'écriai-je.

Pourtant je ne pus m'empêcher d'éclater de rire devant la situation. Enfin éclater de rire, une description plus exacte serait de m'étouffer à demi, le souffle coupé sur l'épaule du guerrier, chatouiller par ses cheveux, ballottée mollement par la démarche hésitante de ma monture du moment. A un autre moment j'aurais pu m'inquiéter du tableau, mais j'étais déjà dépouillée de ceinture et de coiffure, la cheville en vrac et ... et dans une position plus que précaire qui me faisait travailler mes abdos. Autant dire qu'entre mes hoquets de rire et mes toussotements pour reprendre mon souffle, je ressemblais finalement pas mal à un cadavre bruyant.

Aller en route. Ma foi, acceptez mes excuses, mais vous ne pourrez même pas vous agripper à mon dos sans glisser, et si je vous prends sous le bras on aurait atteint un sacré sommet d’humiliation. Aucune inquiétude, nous sommes arrivés très bientôt.
Ah parce que là je ne suis pas humiliée peut-être? Si vous vouliez me reluquer de dos, vous pouviez trouver autre chose quand même ! Je vous pardonne seulement parce que j'ai mal à la cheville et que vous avez une épaule confortable. Et si vous me parlez des dragons aussi, parce que ce sont des créatures qui m'intéressent.

Ma déclaration n'était ni un reproche, ni un caprice. Seulement une boutade amusée, mais qui avait bien un sous entendu graveleux comme il fallait. Non mais j'allais lui apprendre à se moquer des petites moi ! J'étais tout à fiat sûre de pouvoir m'agripper sur lui ... peut être, si il me donnait le bras en tout cas. Son bras n'était pas si haut et suffisamment fort pour soutenir mon poids si je devais m'appuyer dessus, il lui aurait suffit de choisir le bras qui n'était pas blessé plutôt que de me trimbaler de la sorte. Ou alors il allait dire que j'étais lourde en plus d'être petite.

Je restais  pourtant tranquille sur son épaule, sous l'oeil surpris des oiseaux qui revenaient vers nous avec de nouvelles branches, surtout par peur de tomber et de lui refaire mal plus que nécessaire. Il finit par me reposer doucement une fois arrivée, et je restais debout sautillant sur ma cheville valide pour me choisir une place, et me rasseoir maladroitement dans l'herbe. Fallait reconnaître que c'était beaucoup plus confortable. Et beaucoup moins morbide aussi. Ce qui me rendit moins pensive et plus bavarde aussi.

Piouh ! N'importe quoi ! Maintenant ... Racontez moi. Ça fait longtemps que vous voyagez? Dans quel but? Je n'ai commencé mon activité de messagère que récemment. Enfin, avant je me contenter de rester à Darga, pour n'inquiéter personne. Mais maintenant que je voyage dans presque tout My'trä je pourrais avoir besoin de tuyau. Et vous n'avez pas le droit de refuser ! Pas après ma super ballade à dos d'Adramus ! riais-je en m'allongeant dans l'herbe, laissant ma tunique s'ouvrir légèrement.


Ca me donnait presque chaud toutes ces élucubrations. Et envie d'un bain aussi. J'aurais donner n'importe quoi pour pouvoir me recoiffer correctement. Mais avant tout je voulais entendre les histoires d'Adramus, sur ses voyages, Amisgal ou que sais-je d'autre. Je me retournai sur le ventre pour me mettre face à lui dessinant sur le sol quelques symboles d'architectes par réflexe, tout en refixant mes yeux noirs sur le guerrier, mon attention suspendue à ses lèvres.



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Adramus
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Mer 22 Mar - 21:55
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Le voyage aurait été plus facile si Mary ne s’excitait pas sans cesse, et pour autant d’émotions diverses qu’il n’y avait d’étoiles dans le ciel. Elle était tantôt secouée par la colère, tantôt par le rire, si bien qu’Adramus cessa de chercher à comprendre ce qu’elle essayait vraiment de transmettre comme émotion. Il se contenta de la maintenir fermement, parce qu’à ce rythme il y avait un vrai risque qu’elle glisse. L’herbe n’était plus qu’à quelques mètres. La verdure, la tendresse, le voyageur blessé avait l’impression de se rapprocher d’un nuage qui l’accueillerait avec bienveillance dans un océan de mousse où l’on descendrait sans fin sans pour autant se noyer. Ce n’était pas le bon état d’esprit dans une situation si périlleuse. Il ne fallait pas oublier que la bête qui lui avait causé de telles blessures n’était pas la seule pensionnaire dans cette immensité sans nom. Bien qu’un grand ami de la nature, Adramus devait souvent avouer que ce n’était pas une amitié réciproque. Comment parler d’autre chose, alors, que d’une pure vénération ?

Il déposa, non sans soulagement, son « chargement » sur le sol de la prairie qu’ils venaient d’atteindre. Son bras hurlait, brûlait, mais qu’importe. Il méritait ce repos pour lequel il venait de batailler fermement contre les caprices de ses blessures. Un rocher, là, celui qui lui avait servi de repère. Une fois contre lui, il serait plus à-même de se maintenir éveiller. Le vagabond s’appuya donc lourdement contre le roc et soupira de soulagement, puis glissa avec lenteur vers le sol, comme un oiseau contre une vitre. Il remit ses longs cheveux un peu en ordre derrière ses oreilles, et sourit en voyant Mary se chercher une place avec bon nombre de sautillements à la manière des gazelles.

- Vous êtes vraiment rayonnante, Mary. Je n’ai pas l’habitude de croiser des gens qui brillent autant que vous. Dans les parages, on ne peut que vous voir, c’est indéniable. Dit-il en se fendant d’un rictus amusé.

Il joignit ensuite les mains derrière sa tête, tandis que Mary s’allongeait paisiblement sur l’herbe grasse. Elle voulait qu’Adramus lui raconte des histoires, sur lui, sur le monde. Il avait étrangement envie de parler, lui aussi. Chacun satisfaisait la requête silencieuse de l’autre. Il baissa les yeux, la voyant toute attentive à ce qu’il allait dire, comme une enfant avide de voyages immobiles par le simple biais de son imaginaire fertile. Elle était vraiment mignonne à voir, comme ça.

- Commençons par les dragons… J’en ai déjà vu, oui. Enfin, pas là où j’aurai aimé qu’ils soient. Loin d’ici, il y a une cité que l’on appelle Dyen. Là-bas, des gens s’entrainent depuis l’enfance à se servir d’un dragon comme monture. Ils l’accueillent dès qu’il sort de l’œuf, et le soumettent jusqu’à sa mort. Lorsque j’ai vu ces créatures si majestueuses servir d’outil pour quelques-uns qui ont fait le rêve de voler… je me suis mis hors de moi. Il eut un rire froid. J’ai défié leur roi. J’ai juré de détruire cet ordre, de tout faire pour que les dragons redeviennent les enfants d’Amisgal, libres et impénétrables. Voilà ce que je sais des dragons, voilà ce pourquoi je me bats. Je resterai jusqu’à la mort un serviteur d’Amisgal.

Il fit une pause, son sourire ne l’avait pas quitté. Adramus prenait sa mission très à cœur, certes, mais il en concevait aussi l’absurdité devant l’éternel, le gigantesque empire temporel, mais aussi devant le détail, l’anodin, la pureté naturelle du monde. En face de Mary, il n’avait pas cette témérité caractéristique lorsqu’il évoquait le cas des dragonniers. Il racontait ça comme si ce n’était pas sa vie, mais celle d’un héros de ballade ancien et au nom oublié. Il portait un regard indifférent sur son propre royaume, celui qu’il avait bâti dans ce cœur puissant depuis des années maintenant. La vie de la jeune femme lui semblait tellement plus belle, tellement plus enviable, quand il la voyait si heureuse. Il croisa ses prunelles noires, et y resta plonger, non sans bienveillance dans le regard.

- Votre voyage ne fait que commencer Mary, mais vous êtes déjà quelqu’un de fort, de brave, de pur. Ce monde ne vous corrompra pas, j’en suis certain. Vous répandrez cette lumière qui émane de vous partout où vous irez. C’est votre destin, et je suis étonné qu’il m’ai mis sur votre route, moi qui ne suit qu’un guerrier sanguinaire.

Ce n’était pas un reproche dans le vent qu’il se faisait là, ce n’était même pas un blâme. Il assumait entièrement cette partie de son être, bestiale, toujours plus avide de risquer sa vie. Ce qu’il avait fait pour sauver Mary un peu plus tôt, c’était son moyen d’expression, comme d’autre ont la peinture ou la poésie. Lui, il marquait son message sur la peau de ce qu’il combattait, et l’encre qui en coulait ne rendait l’œuvre que plus grande, et plus pérenne. Le meurtre n’était pas son plaisir, en aucune manière, mais risquer sa vie, donner de l’espoir aux autres, leur vendre du rêve, alimenter des contes. Adramus voulait devenir un personnage de papier, surpasser sa nature humaine pour n’être plus qu’un message d’espoir que tout le monde pourrait reconnaitre au premier regard. Même après sa mort, il souhaitait demeurer aussi puissant qu’il l’était aujourd’hui.
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Mary E. Burrowes
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Lun 27 Mar - 0:30
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Son compliment me fit rougir légèrement. C'était idiot pourtant car ce n'était pas la première fois que j'en recevais, mais sa voix douce et calme le rendait comme plus réaliste. Plus sincère. En tout cas, c'était ce que je ressentais et pourtant mon don était au repos car je me sentais trop faible pour laisser les émotions des autres me submergeait actuellement en arrivant à faire le tri correctement entre ce que je ressentirai et les autres.

En me redressant, je vus le guerrier adossé à la pierre l'air relaxé avec les bras derrière la tête. Il s'était installé aussi correctement que moi et c'était largement mérité. Mais il y avait quelque chose d'engageant dans sa posture, comme s'il n'était plus aussi inaccessible qu'auparavant? Ou était-ce juste que je commençais à redescendre sur terre, pour me rendre compte que mon sauveur était bien de chair et d'os. Plus mon semblable que je n'osais me l'avouer au préalable quand je le regardais sur son pied d'estal où je l'avais installé toute seule. Mais comment résister alors à l'envie d'en apprendre plus sur lui ?

Commençons par les dragons… J’en ai déjà vu, oui. Enfin, pas là où j’aurai aimé qu’ils soient. Loin d’ici, il y a une cité que l’on appelle Dyen. Là-bas, des gens s’entrainent depuis l’enfance à se servir d’un dragon comme monture. Ils l’accueillent dès qu’il sort de l’œuf, et le soumettent jusqu’à sa mort. Lorsque j’ai vu ces créatures si majestueuses servir d’outil pour quelques-uns qui ont fait le rêve de voler… je me suis mis hors de moi. Il eut un rire froid. J’ai défié leur roi. J’ai juré de détruire cet ordre, de tout faire pour que les dragons redeviennent les enfants d’Amisgal, libres et impénétrables. Voilà ce que je sais des dragons, voilà ce pourquoi je me bats. Je resterai jusqu’à la mort un serviteur d’Amisgal.

Dyen... J'en avais déjà entendu parler par une amie rencontrée quelques mois plus tôt et la surprise d'entendre Adramus en parler avec autant de mépris non exprimé était pour moi une vraie déception. J'avais cru comprendre que les dragonniers et leurs montures entretenaient une relation de symbiose. Peut être avais-je été trop naïve. Est-ce que les créatures d'Amisgal souffraient réellement de cette domination ? Est-ce que le simple fait de vouloir les dominer était mal quand on pensait au sens de l'idéologie de l'architecte sculpteur de paysage?

Intérieurement, je me sentais déchirée entre mon avis de crier à Adramus que le monde était beau, qu'il était doux et que personne n'oserait faire subir un tel sort à des créatures emblématique des architectes d'une part, et ce sentiment dérangeant qui me faisait sentir que son expérience avait raison, que les gens étaient parfois juste méchant, égoïste et irrespectueux. C'était dur de le voir ainsi, parce que je n'avais pas besoin de l'aide Orshin pour savoir à quel point cette situation le touchait.

Votre voyage ne fait que commencer Mary, mais vous êtes déjà quelqu’un de fort, de brave, de pur. Ce monde ne vous corrompra pas, j’en suis certain. Vous répandrez cette lumière qui émane de vous partout où vous irez. C’est votre destin, et je suis étonné qu’il m’ai mis sur votre route, moi qui ne suit qu’un guerrier sanguinaire.
Un guerrieur sanguinaire avec le coeur d'un dragon alors... et je doute que le coeur de ces créatures soient petit.


Joignant le geste à la parole, je me relevai et me rapprochai du guerrier pour me mettre juste à côté de lui. Assise face au rocher où il était appuyé, les jambes repliées pour être à distance je posais ma main sur sa poitrine à l'endroit où devait se trouver son palpitant, dont le rythme doux résonna rapidement sous mes doigts.

Je ne crois pas être une personne exceptionnelle. Je suis seulement une enfant encore un peu naïve sur la vie. Vous, vous êtes différent. Vous avez cette force qui vous permet de protéger ceux que vous rencontrer et le courage de vous battre pour ceux qui en ont besoin. J'espère de tout coeur que si un jour je vais à Dyen, Orshin me donnera la force de comprendre les dragons et de vous détromper si les gens là-bas les traite mieux que vous ne le pensez. Mais même si c'est le cas, alors j'aurai toujours autant de respect pour vous, parce que je ne crois pas qu'il y est beaucoup de gens sur cette plaine capable d'être aussi fort et aussi digne que vous, Adramus éternel guerrier d'Amisgal.

J'avais essayé de dire tout cela le plus sérieusement du monde, peut être en me calquant un peu sur la façon si cérémonieuse que le guerrier avait de parler. Je n'étais pas sûre d'avoir réussi. Ca devait même être un peu maladroit pour une fille plus jeune que lui de s'adresser au guerrier ainsi, mais l'intention de lui montrer comme j'admirai son combat y était en tout cas. Je retirai ma main pour poser mes deux paumes derrière moi en regardant plus le sommet de la pierre, et me maintenir facilement en équilibre assise face à lui.

Vous êtes très différent de tout ces idiots qui pensent qu'ils peuvent tuer n'importe quelle créature juste pour le sport ou leur plaisir. Vous avez vu ces têtes d'animaux qui trônent parfois au dessus des foyer ? Comme s'il y avait une fierté quelconque à tirer d'avoir retirer une vie pour rien ! Vous êtes tellement mieux ! Alors si je suis vraiment une lumière, c'est sur votre chemin que je devais me trouver ! dis-je avec une légère colère.



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Adramus
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Mer 29 Mar - 15:26
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Adramus était en train de dériver doucement vers cet état méditatif qui était si coutumier à ses divers moments de repos. Il perdait attention, fermant à demi les paupières. Ce qu’il restait à entrevoir du paysage n’était qu’un mélange disparate de couleurs, de nuances, sans profondeur, mais l’ensemble rendait plutôt bien. Il ne voyait aucun mouvement, alors que doucement il sombrait, mais une pression soudaine le sortit de sa torpeur. Le passage si léger des doigts de Mary sur sa peau l’électrisait presque, et malgré quelques mèches sombres qui étaient tombées en travers de son regard, on pouvait distinctement y percevoir une surprise inattendue. Adramus n’était pas de ceux qui aimaient être surpris, même si, lorsque l’évènement était agréable comme ce dernier, cela atténuait un peu cette impression. Mais même dans ce cas, le fait de relâcher un instant seulement le contrôle sur ses émotions le gênait. Il croisa, sans surprise, les yeux de Mary et ne put s’empêcher d’y plonger durant tout le discours de la demoiselle.

Tout ce qu’elle disait était teinté de cette si magnifique naïveté, dont elle-même se revendiquait. Seulement, ce n’était pas celle des enfants, loin de là. La jeune femme avait l’air de ne plus en être une depuis un moment déjà. Et pourtant, pourtant elle avait gardé ce regard neuf sur tout ce qui l’entourait, totalement dénué de préjugé et de cette rancœur amère qu’on tous ceux qui en savent un peu trop sur les choses de la réalité. Elle disait Adramus différent d’elle, mais on sentait dans sa voix que son admiration la trainait vers le bas. Elle voyait le voyageur comme quelqu’un qui valait mieux qu’elle, pas seulement pour son expérience, mais aussi pour ses valeurs et son tempérament. Il n’y avait rien de plus faux. Elle continuait sa tirade, mais Adramus savait déjà ce qu’il allait faire une fois celle-ci terminée. Jamais il n’eut autant envie de prendre la main de quelqu’un, de montrer qu’il n’était que chair, sang, et instinct, comme tout un chacun. Tomber le masque, abandonner le symbole, ne laisser que l’homme.

- …Alors si je suis vraiment une lumière, c'est sur votre chemin que je devais me trouver !

Cette phrase sonna définitivement le glas d’Adramus, le guerrier d’Amisgal. Alors que Mary avait les yeux perdus dans le vague, au-dessus de sa tête, il fit en sorte que son attention soit toute portée vers lui, vers le message qu’il allait lui transmettre. Il se redressa subitement, passa son bras derrière le dos de la demoiselle, et la plaqua contre lui. Elle devait avoir une partie de sa tête dans sa tignasse corbeau, mais qu’importe, il était suffisamment près de son oreille pour lui murmurer ces mots dénués de leur solennité si caractéristique. Il prit un tout autre ton, qu’on ne lui avait jamais connu. Quelque chose de si infiniment humain qu’elle le dénaturait presque, si tout ce qu’il allait prononcer ne lui correspondait pas bien plus que son moralisme habituel.

- Ne dis pas de bêtise, Mary. Ma voie est celle du combat, celle qui grimpe les montagnes, celle qui permet de regarder le monde avec la fierté de se savoir utile. Cette voie-là, tu n’es pas tombé dessus par hasard pour m’éclairer la route… Tu l’empreintes toi aussi. Regarde comment tu parles de ces hommes qui enlèvent des vies… ! Tu brûles de colère en les imaginant, tu brûles de joie le reste du temps. C’est la chaleur et la lumière que tu dégages qui m’ont mené jusqu’à toi, moi qui me perd toujours dans l’inconnu. Nos chemins ne se sont pas croisés, Mary… Ils sont identiques.

Il resta silencieux quelques instants, avant de prendre délicatement la jeune femme par les épaules, et de la placer face à lui. Son sourire, comme sa voix, avait été dépouillé de tout piédestal. Ce n’était plus les paroles d’un prêtre, mais celles d’un croyant ; ce n’était plus le sourire d’un père, mais celui d’un ami.

- Ce n’est pas parce que j’ai pris un peu d’avance avec mes quelques années de plus que tu ne me rattraperas jamais. Tu me dépasseras sûrement un jour d’ailleurs, tant ton cœur est pur, et ton sang brûlant. Peu importe les rêves qui te motivent, ils seront de bien meilleurs mentors que je ne pourrais jamais l’être. Ta place sur notre monde est la même que celle des étoiles dans le ciel. Tu es tout aussi lumineuse, tout aussi belle. Quelqu’un comme toi peut rendre le monde… tellement meilleur.

Il posa ensuite étrangement son front contre celui de Mary. Un geste significatif dans les tribus d’où il arrive. C’était à cela que l’on reconnaissait un membre de son clan, que ce soit dans le froid, le feu du soleil, ou la nuit brumeuse. En tête-à-tête avec les fenêtres qui donnaient sur son âme, on pouvait ainsi parler directement à son cœur. Sans filtre et sans obstacle.

- Crois-moi et ne te sous-estime pas. Jamais. Ne laisse jamais personne affirmer qu’il est plus fort que toi, car tu fais partie de ceux nés si forts qu’ils ne peuvent qu’employer tout cela pour les autres. Je le sais, parce que mon destin est similaire. Mais là où nous sommes différents, simplement, c’est que tu as le courage de défendre la vie, là où j’ai emprunté le chemin du sang.

Il continuait à sourire. Adramus, en cet instant, venait de voir en Mary un membre de sa tribu originelle. Bien sûr, ce n’était que métaphoriquement. Mais on peut avoir le cœur d’un dragon sans en avoir le sang. La jeune femme était si similaire à ceux qu’il avait côtoyés dans son enfance qu’il ne pouvait s’empêcher d’être ému. Peu importe si elle était née fille de Dalai, de Süns, ou de Delkhii. Adramus voyait en Mary l’éclat d’Amisgal, si rare de nos jours…

- Amisgal est à tes côtés, Mary. Elle te protègera toujours du monde, de ceux qui veulent te nuire, j’en suis persuadé…
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Mary E. Burrowes
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Ven 31 Mar - 12:13
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L'accolade du guerrier me prit totalement au dépourvue. Je me retrouvais le nez dans son cou, respirant son parfum à plein poumon. Une odeur fraîche comme le vent d'Amisgal. Quelque chose qui me rappelait la nature, douce au matin. Ses paroles atteignaient mon esprit avec une certaine difficultés alors que je fermais rapidement les yeux pour m’imprégner de cette sensation si délicieuse. Comme dans un rêve j'avais l'impression d'avoir l'esprit embrouillé. Ses paroles plus familières me touchaient une nouvelle fois, nouant ma gorge comme si j'avais peur de ne pas mériter cette affection qu'il me témoignait. Je ne voyais plus un guerrier mais bien l'homme qui osait être avec moi, aussi honnête qu'il était né, enfant d'Amisgal parmi tant d'autres et pourtant si unique.

Si bien qu'il fut presque douloureux de sentir mon corps se décoller de celui du guerrier. A travers le fin tissus de ma tunique, j'avais pu sentir la chaleur de sa peau, ses muscles qui glissaient harmonieusement à chaque respiration ou encore le soulèvement de sa poitrine pour happer l'air de son architecte. C'était comme un vide soudain, une fraîcheur qui me tira un frisson incontrôlable, le long de la colonne vertébrale. Pourtant je n'arrivais pas à me détacher des paroles d'Adramus. Rassurante, elles me rendaient plus fière de ce que j'étais que je ne me l'étais imaginer. Moi qui n'accordait qu'une faible importance au regard des autres... Bien sur j'aimais qu'on me dises que j'étais jolie, que mes tenues étaient amusantes ou colorées, que j'étais gentille ou serviable. Mais personne n'avait encore parlait avec autant de gentillesse autant de confiance de ma capacité à influencer le monde. Même moi, avant cet instant je n'avais jamais pensé en être capable.

Son front se posa sur le mien et mes yeux furent totalement hypnotisés par les siens. J'avais l'impression d'être totalement en train de me noyer. Comme prise dans une illusion de Khurmag d'où il serait impossible de sortir; et pendant un instant j'eu peur que ce soit le cas. Mais mon esprit balaya cette idée à la dernière phrase du guerrier voulant trop y croire pour ne serait-ce qu'envisager cette possibilité.

Amisgal est à tes côtés, Mary. Elle te protègera toujours du monde, de ceux qui veulent te nuire, j’en suis persuadé…

Je mordais ma lèvre inférieure pour contrôler ma réaction. J'entendais mon cœur battre dans ma poitrine comme il le faisait dans les meilleurs moments de la vie de chacun. Si j'avais pu, j'aurais demandé à Khugaatsa d'arrêter mes souvenirs sur ce moment qui me paraissait unique. Je levais la main avec douceur pour passer les cheveux du guerrier derrière son oreille. Mes doigts me semblaient en coton. La sensation des cheveux ne quittant pas ma peau même après plusieurs secondes.

Sauf le respect de l'architecte dragon. Ce n'est pas à sa protection que je ferais appel si un jour je veux l'aide de la magie de l'air. soufflai-je à mi-voix.

Et sans avoir eu le temps de savoir ce que cela signifierai pour lui, ou si j'avais peur de sa réaction, mes lèvres touchèrent les siennes, venant caresser leurs homologues alors que je fermais les yeux pour savourer leurs contacts. Sans que je le contrôle bien, mon don s'éveilla probablement dans la recherche inconsciente de la réaction du guerrier. Je voulais connaître sa force, son honneur, sa droiture comme si elle pouvait devenir les miennes.



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Adramus
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Ven 31 Mar - 17:34
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Le contact qu’ils partageaient n’était, jusqu’alors, que d’une intensité minimale, Adramus privilégiant la douceur qu’il ne pouvait que trop rarement employer au quotidien. Sa vie n’était qu’une bataille, incessante et à la finalité obscure. Il existe des cultures où la vie après la mort prend la forme d’une gigantesque mêlée où chacun donne libre court à sa violence et l’ardeur de son cœur pour ne plus laisser le soir qu’une chaleur bienveillante et ouverte aux autres. Tout n’est que tempête, tonnerre, et explosion d’émotions. Si le voyageur aimait la puissance qui se dégageait des orages, il n’appréciait rien tant que ces moments où seule une petite brise subsiste, où le ciel vous chuchote des douceurs au lieu d’hurler sa colère divine. Du moins, jusqu’à aujourd’hui, le décharnement des sentiments n’était pas dans ses passions. Tout changea en un instant.

Leurs lèvres s’unirent, plongeant Adramus dans un étonnement si puissant qu’il se senti emporté par une vague dans son for intérieur. Une vague si brûlante, si accueillante, si belle qu’on ne pourrait décrire sa substance sans y prendre toute sa vie pour le faire. Il y avait tant de choses qui lui secouaient le cœur, il en aurait été écœuré à l’accoutumé. Mais pas cette fois-ci. Ce moment, cet unique moment, il ne voulait pas voir le vent l’en priver et l’emporter comme il le faisait des feuilles, des parfums et des hommes. Si seulement Amisgal pouvait cesser de souffler sur l’existence, figer cette scène à tout jamais. Que Delkhii apparaisse et, par sa bonté absolue, les fige dans la pierre. Mais rien ne pouvait arrêter l’éternel court du temps, mais au lieu de repousser le guerrier loin de Mary, ce dernier prit possession de ses mains, et elles ne cherchèrent alors plus qu’une chose : en ressentir plus.

Ces mains, qui avaient tant été utilisées pour la mort jusqu’à maintenant, ne souhaitaient plus que la douceur, ce corps qui les attirait comme un soleil au pouvoir sublime. Rien de plus, rien de moins, que de l’avoir pour lui. C’était l’unique souhait de notre héros. Il passa les doigts dans ses cheveux, et une électricité magnifique les guida, les fit descendre sur les joues de Mary, alors que les deux étaient encore absorbés dans leurs échanges doucereux. Ce baiser, qui finalement cessa, fit prendre conscience à Adramus que tous ses sens s’étaient éteints pendant un instant, ne laissant que le toucher pour tout repère. Il retrouva la vue, pour son plus grand bonheur. Par Dalai, par Delkhii, par Süns et Möchlog… comment pouvait-il exister semblable bijou en ce monde ? Son cœur battait plus fort qu’il ne l’avait jamais fait, si bien que le guerrier douta qu’il n’avait déjà fonctionné jusqu’à ce jour. L’air, qui jusqu'ici était son plus fidèle compagnon, lui manqua. Mais pourquoi s’en inquiéter ? Il n’en avait pas besoin pour la contempler à cet instant. Tout pouvait bien partir en fumée, tant qu’elle restait là, entre ses mains, jamais cela ne pourrait lui importer.

Mais une force puissante, contre laquelle même le tas de muscle que représentait Adramus ne pouvait résister, le poussa toujours plus avant dans le renoncement de lui-même. Lâchez la barre, capitaine ! Jamais elle ne vous guidera vers plus bel endroit que si vous laissez votre cœur la diriger. Le guerrier retrouva très vite les lèvres de la demoiselle. Ses mains descendirent, et chacune étant d’une avidité sans commune mesure, elles se séparèrent pour s’approprier le plus grand territoire sur la peau de la jeune femme. L’une glissa derrière son cou, caressant sa nuque, retrouvant la volupté de sa tignasse brune. L’autre se fit plus aventureuse, voulant chercher les secrets sans retenue. Elle descendit tout le long du dos de Mary, jouant du bout des doigts pour secouer chaque vertèbre d’une électricité sournoise, légère vengeance pour avoir tout bonnement fait chavirer la raison du vagabond quelques instants plus tôt.

Jamais ce dernier ne s’était senti si… serein. Je crois que c’est le mot. Un nomade ne s’arrête jamais de marcher, c’est dans son sang, dans sa culture. Il cherche toujours de nouvelles beautés de l’univers, sa satisfaction ne durant qu’une poignée d’instants distillés dans toute sa vie. C’est ce qui fait le charme des bohèmes. Ils savent que le bonheur n’est qu’une question de mesure, comme toute chose de l’existence, et que plus il est rare et nouveau, plus il est intense. Aujourd’hui, l’éternel voyageur avait trouvé quelque chose qui lui faisait souhaiter de ne plus avoir de jambes, de ne plus jamais pouvoir bouger pour contrer cette destinée malheureuse des enfants d’Amisgal. Toute sa vie ne pouvait plus tenir que dans une alcôve, si Mary s’y trouvait alors auprès de lui. Quand le désir vous empoigne l’âme, il n’est de frustration plus grande que de déjà imaginer l’heure de la séparation.

Heureusement pour Adramus, comme je l’ai dit plus tôt, sa raison autrefois si puissante n’avait pas fait long feu contre l’amour que Mary lui avait exprimé dans un unique geste. Son âme était calme, immobile, pour la première fois elle s’était arrêtée de brûler, ne voulant pas faire d’ombre au cœur du guerrier qui faisait frémir tout son corps. Les yeux clos, il se sentait la tête en bas, l’esprit en vrac, et ses mains ne cessaient leurs petites caresses spasmodiques pour ne pas complètement perdre pied et s'imaginer dans un rêve étrange.

Désolé Amisgal, mais il semblerait que ton fidèle serviteur se soit trouvé une nouvelle cause dans laquelle se donner tout entier. Mary était devenue, ne serait-ce qu’un instant, l’objet de toute sa vénération. Mais je suis sûr que tu regardes ça avec candeur, tout là-haut. Je me trompe ?
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Mary E. Burrowes
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Ven 31 Mar - 20:23
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Adramus
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Ven 14 Avr - 21:08
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Mary se blottit contre lui, laissant le guerrier apprécier sa chaleur alors que l’éternelle manifestation de sa déesse le ramenait petit à petit à la température ordinaire d’un être humain. Les palpitations dans cœur, dans son crâne et dans sa gorge se calmèrent bien rapidement, pour permettre à Adramus de retomber dans son état de sérénité, de force tranquille. Sachant sa belle auprès de lui, ses paupières se fermèrent doucement, et un sourire d’une plénitude ahurissante prit le contrôle de ses lèvres. Le souffle presque draconique qui avait été le sien pendant ces quelques minutes de pure extase reprit tranquillement son calme, et le voyageur savourait tout cela bien heureux, reprenant avec joie le contrôle de son corps qui s’était perdu dans l’abîme, le laissant seul.

Elle lui murmura son amour, comme Adramus l’avait fait quelques instants auparavant. Ces trois mots répondaient avec une immense justesse à la déclaration chevaleresque et toujours aussi grandiloquente qu’avait prononcé cet homme en plein acte, mais qui n’en était pas moins sincère. Il aimait sincèrement cette femme. On ne pouvait faire plus vrai que la dévotion qu’il lui vouait. Il est vrai que, comme nous l’avions prédit, cette ferveur perdit de son intensité à mesure que l’esprit du guerrier reprenait le pas sur son corps, mais elle n’en restait pas moins puissante. Alors que sa tête semblait se vider de toute pensée, appuyée contre l’herbe, Mary prononça quelques derniers mots, tout aussi rempli de sentiments que les précédents, mais qui cette fois-ci faisait intervenir la peur. Adramus comprit immédiatement l’émotion que transmettait son amante. Ils avaient été si complets lors de l’ultime communion, si proches, que l’éloignement n’était rien d’autre qu’inévitable par la suite. Mais plus que leurs corps, elle redoutait la séparation de leurs cœurs. S’obligeant à sortir de la torpeur des appétits satisfaits, le jeune homme tourna lourdement vers Mary, s’appuyant sur son bras intact pour la regarder droit dans les yeux, cette femme qu’il voulait tant combler. Il lui prit doucement la main.

- Tu es d’ors et déjà gravée dans ma chair et ma mémoire, Mary. Même Khugatsaa ne pourra t’effacer de mes souvenirs, et je ferai en sorte que, même si nos routes s’éloignent invariablement, elles se rejoignent à chaque fois. Il déglutit péniblement, secoué par ses propres émotions. Tes premiers voyages, ceux que tu es en train de faire maintenant, seront les plus importants de ta vie, et je ne veux pas t’en priver. Simplement, peut-être que… plus tard, tu voudras bien que l’on suive la même route, tous les deux.

Il avait terminé sa phrase avec une expression indéchiffrable sur le visage. De ce mélange amer d’espoir et de réalisme, de fatalisme et d’illusion. Aucun n’allait avec l’autre, et son esprit même se dégoutait de ressentir une émotion si contre-nature qu’elle lui brûlait la gorge : La peur, la peur de la perdre. C’était exactement le même sentiment qui devait tourmenter son amante, mais pour un nomade qui, toute sa vie, n’avait fait que savourer les choses en un seul instant puis les laisser à leur existence éphémère ; pour quelqu’un qui n’avait appris qu’à haïr les hommes qui, à cause de cette émotion corruptrice, avait tourné le dos à leurs créateurs ; pour un homme qui ne s’était juré qu’une seule chose, lors de son premier voyage en solitaire : de ne plus craindre ni les hommes, ni la mort. Voilà que le cœur d’Adramus vacillait.
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Mary E. Burrowes
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Mer 19 Avr - 10:49
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La couverture me maintenant tout juste au chaud en comparaison de la fusion précédente de nos deux corps. Une protection presque triviale quand je savais à présent la puissance qu'une telle union pouvait produire. J'avais l'impression que quelque chose me manquait maintenant, un sentiment indescriptible quand on venait de vivre quelque chose d'aussi fort avec quelqu'un et c'était bien la raison pour laquelle je n'avais pas hésité avant de répondre à la déclaration du guerrier ? A quoi bon ? A voir s'il avait été emporté dans nos ébats, dépassé par la tension charnelle de nos corps ou s'il était véritablement sincère. Dans les deux cas, je serai fixé et j'aurai pour moi ce souvenir que je renforcerai d'une multitude d'autres.

Je ne l'avais pas vu fermé les yeux, mais j'étais bien consciente de l'effort qu'il produisait pour venir se tourner vers moi et mon répondre encore. Je sentais moi aussi ce doux appel du sommeil, un sommeil réparateur et profond qui suit ces moments si intenses qu'ils nous vident de toute notre énergie, comme un adepte de Süns qui aurait provoqué l'incendie de Darga toute entière. Je ne pouvais cependant m'empêcher d'à nouveau détailler ses traits. Sa barbe, son nez, ses joues, ses yeux dans lesquels j'avais tant aimé regardé pour voir tout au fond de lui. J'aurai voulu déposer encore un baiser sur ses lèvres, mais j'avais trop hâte d'entendre sa voix douce et sage. Difficile de savoir où j'allais sans cela.

Tu es d’ors et déjà gravée dans ma chair et ma mémoire, Mary. Même Khugatsaa ne pourra t’effacer de mes souvenirs, et je ferai en sorte que, même si nos routes s’éloignent invariablement, elles se rejoignent à chaque fois. Tes premiers voyages, ceux que tu es en train de faire maintenant, seront les plus importants de ta vie, et je ne veux pas t’en priver. Simplement, peut-être que… plus tard, tu voudras bien que l’on suive la même route, tous les deux.

Qu'est ce que j'aurais pu vouloir d'autre en cet instant? Il était en train de m'offrir exactement ce que je n'avais pas osé lui demander. Une vie de voyages et une deuxième vie tous les deux. Il pouvait me demander de venir avec lui sur les routes, de rester chez moi, ou de combattre à ses côtés. Mes voyages, mes découvertes, mon avancées que je voulais commencé toute seule, je ne les voyais que là pour mon plaisir et m'aider à m'assurer d'être la femme qui existait dans ses yeux à lui. Ma main serra la sienne avec bonheur tandis que je venais voler un nouveau baiser sur ses lèvres, reculant ensuite assez pour pouvoir parler, mais assez peu pour toujours sentir la chaleur de sa peau tout prêt de moi.

Bien sur que je le veux. J'ai déjà hâte d'être une grande fille et de pouvoir te tenir la main et peut être même choisir avec toi quel vent suivre. dis-je avec un sourire sincère. Je mordis doucement ma lèvre inférieure avant de continuer. Mais j'espère quand même que tu feras des étapes pour me voir, avant ce moment là. Sinon je m'inquiéterai trop...

Ca lui paraîtrait surement stupide, mais tant pis. J'avais l'habitude de pouvoir revenir chez moi, de revoir mes amis, les membres de mon clan entre chacune de mes missions. Et si j’avais bien compris que je ne le reverrais pas aussi souvent que j'aurai voulu, je voulais quand même lui demander de ne pas être totalement absent. Juste quelques jours de bonheur et de respiration par an, pour tout les deux avant de replonger dans nos vies comme dans les abîmes creusés par Dalai.



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Adramus
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Jeu 20 Avr - 13:17
Irys : 242211
Profession : Aventurier, maître d'armes
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Il était tant et tant absorbé dans la contemplation des traits de Mary qu’il eut à peine le temps d’apercevoir les étoiles qui passèrent dans ses yeux lorsqu’il lui fit sa proposition. La peur qui enveloppait son cœur l’empêchait d’apprécier à sa juste valeur la proximité si puissante qu’il avait avec elle. Pourtant, elle serra sa main, embrassa fugacement le guerrier, comme si elle essayait de le réveiller par une rémanence de la fureur passée. Adramus fut contraint, sans en être malheureux pour autant, de revenir dans le temps présent. En cet instant, il n’appartenait qu’à elle, et elle n’appartenait qu’à lui. La seule séparation qu’ils vivraient serait celle qu’ils choisiraient, au nom de ce besoin de liberté qu’ils chérissaient chacun au moins autant qu’ils se chérissaient l’un l’autre.

Mary aussi avait peur, peut-être plus encore que son compagnon, car si la jeune femme vivait de voyages innocents, à transmettre des messages, la dure réalité faisait qu’Adramus avait choisi la voie de l’épée. C’était une vie qu’il aimait, qu’il avait choisi afin d’accomplir sa destinée, mais elle comportait évidemment de grands risques. Les rumeurs fusent, quelque chose se prépare, et rien ne dit que bientôt le guerrier devra se rendre de l’autre côté à l’autre bout du monde, pour ne jamais en revenir. Le jeune homme se reprocha intérieurement son égoïsme. Tout le monde avait peur, et il n’y avait rien de mal à cela. Il imita le geste de Mary un peu plus tôt, désormais secoué par le besoin de ne pas la quitter, et revint joindre ses lèvres aux siennes en lui caressant tendrement le visage. Fichue vie que celle d’un nomade…

- Comment pourrais-je vivre ma vie sans te revoir ?... Ne t’en fais pas. Notre heure viendra bien assez vite, il faut y croire. Tu devras savourer chaque instant que tu passes seule sur les routes, c’est la seule chose que je ne pourrais pas t’offrir quand nous déciderons de voyager ensemble.

Il avait dit cela avec un sourire rassurant, son front collé contre le sien. Décidemment, les vieilles habitudes ont la vie dure. Malgré la couverture, il lui semblait qu’il faisait de plus en plus froid, de ce froid désagréable qui vous surprend et vous enveloppe. Oh vraiment, fichue vie que celle d’un nomade. En cet instant, Adramus avait volontairement fait l’impasse sur toute la noblesse de son cœur, sur toutes les valeurs auxquelles il croyait, pour se focaliser sur ce lien qui, il l’espérait, demeurerait solide peu importe les kilomètres et les kilomètres qui séparerait ce couple atypique. Seul le temps lèverait le doute qui planait au-dessus de sa tête, malheureusement.

Le vent se levait, bientôt il amènerait avec lui l’obscurité, et un froid bien plus pernicieux que celui qui agaçait les deux amants qui bavardaient alors sans le moindre vêtement. Il était peut-être temps d’aller chercher ce bois que les pauvres oiseaux avaient mis tant de temps à réunir. En plus, malheureuse faiblesse du corps humain, un besoin pressant invitait avec insistance le guerrier à se lever de ce doux foyer temporaire qu’ils avaient bâtis sur l’herbe.

- Je vais aller chercher le bois, si on ne veut pas définitivement mourir de froid cette nuit. Lança-t-il d’un air tranquille.

Il eut du mal à retirer la couverture, à se lever sur ses jambes, sachant qu’une d’entre elle était blessée, et à se rhabiller. Il y avait du bon à ne plus bouger jusqu’à l’ankylose, lorsque quelqu’un comme Mary était à vos côtés. Il la regarda une dernière fois, irrésistible ainsi recroquevillée sous la couverture, puis il prit la direction de la charogne qu’ils avaient quitté un peu plus tôt. Retrouver la compagnie de cette carcasse énorme et qui commençait déjà lentement à se décomposer n’avait rien de ragoutant, mais il avait vu, et senti surtout, bien pire que cela. Adramus attrapa donc les quelques fagots de bois que les passereaux avaient amassés grâce à leurs efforts, en n’oubliant pas de les remercier d’un geste de la main alors que tous les trois se reposaient, perchés sur une branche à l’orée des bois. Le bois sous le bras, il revint en quelques minutes auprès de la jeune femme, lançant tout ceci sur le sol. Le feu attendrait, maintenant il y a urgence. Retourner auprès d’elle, retrouver sa présence !
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Mary E. Burrowes
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Ven 21 Avr - 10:47
Irys : 284159
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


Ses lèvres et ses gestes formaient devant moi la promesse qu'il me manquait pour me laisser totalement aller au bonheur. Se revoir, si lui aussi en avait besoin alors ça me suffisait. La seule pensée de savoir que sur les routes de My'trä où d'ailleurs, le guerrier se souviendrait que quelques part dans Darga, je l'attendai, me paraissait tout ce que je pouvais lui demander. Tout ce que je voulais aussi, parce qu'il était hors de question de mettre le dragon en cage. Certains auraient pu croire à une promesse faite dans le vent ? Certainement, mais je savais qu'Adramus n'aurait pas offensé Asmigal en utilisant son élément pour se couvrir de honte à mes yeux. Je savais qu'on me mettrait en garde, qu'on en parlerait autour de moi et mystérieusement je m'en fichais. Je croyais en ces paroles aussi surement que je croyais en Orshin et en la justesse de ses créations plus raffinées les unes que les autres.

Je vais aller chercher le bois, si on ne veut pas définitivement mourir de froid cette nuit

Le guerrier se leva alors pour retourner près de l'endroit où gisait le corps de l'infortuné prédateur. Je ne me gênais pas pour me laisser retomber lourdement sur le sol avec un grognement de mécontentement. Pas que je déteste installer un campement, mais là tout de suite j'avais bien d'autres choses en tête. Je relevai seulement la tête pour voir Adramus se rhabiller et m'observer empêtrée dans ma couverture. A vrai dire maintenant qu'il n'était plus contre moi, l'endroit me paraissait beaucoup moins confortable. Je ne restais là que pour faire travailler son imagination avant de me lever quand il partit claudiquant légèrement pour aller chercher les bouts de bois. Je soupirais et me rhabillais rapidement pour ne pas trop sentir le froid tout en laissant la couverture sortie. Elle allait nous être utile dans quelques heures de toute façon.

J'entreprenais alors de regrouper nos deux besaces et le bâton de marche du guerrier pour les poser contre la paroi de pierre qui nous servait de refuge. Je sortais également de mon sac un bout de viande salée et deux fruits. Ce ne serait surement pas suffisant pour nous nourrir tous les deux mais j'osais espérer que mon guerrier ne se balader pas dans la plaine sans aucun vivre sur lui. Le feu me permettrait déjà de faire cuire la viande tranquillement avant de nous protéger du froid. Je laissais d'ailleurs la pyromagilithe dont j'avais récemment fait l'acquisition à portée de main. Au cas où, je n'avais vraiment pas envie de galérer à faire démarrer le foyer !

Quand Adramus revient, je suis debout, en équilibre relatif certes mais ça ne me fait pas mal à la cheville. Et c'est avec un sourire amusé que je vois le bois s'étaler par terre en un tas relativement informe et le guerrier revenir vers moi. Je l'accueille volontiers en me serrant contre lui, ma tête sous son menton, plaquée contre son torse mais - hey ! - je ne peux pas faire mieux.

Si tu veux j'ai un peu de viande pour le dîner. Je ne suis pas une grande cuisinière mais, si tu ne t'attends pas à quelques chose d'aussi explosif qu'un plat épicé de Zolios qu'on pourrait comparer à ta .... vigueur de tout à l'heure, alors ce sera quand même très agréable. A moins que tu n'aies quelque chose à mettre avec ? proposai-je en riant de mes bêtises.


Je désignai du menton les victuailles posées sur mon sac pour lui montrer de quoi je parlais. Il avait cependant le temps de réfléchir ce n'était pas pour tout de suite, et moi j'étais bien décidée à profiter de sa présence contre moi un maximum !



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Adramus
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Sam 6 Mai - 18:34
Irys : 242211
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Comme si leur dernière étreinte avait été aussi lointaine que la naissance de l’univers, Adramus revint trouver les bras de sa belle. Il sentit sa chevelure douce et éparse tomber contre son torse, la tête de la demoiselle contre son cœur battant. Il semblait que jamais le guerrier n’avait offert ce privilège à personne. Quelqu’un avait enfin réussi à s’approcher suffisamment de lui pour attester de son caractère simplement humain, et donc de sa vulnérabilité, sa mortalité. Depuis les évènements de Dyen, Adramus redoutait sa propre faiblesse. Il faisait confiance aux hommes, profondément, mais quelque chose de plus enfoui encore, retranché dans son animalité si pugnace, lui murmurait de ne plus baisser sa garde. Combattre cette peur était une tâche ardue, qu’il fallait faire au quotidien, et surtout dans ces moments si rare où le vagabond était certain d’être auprès de quelqu’un qui ne lui voulait pas le moindre mal. Mary ne le savait pas, mais elle voyait là quelque chose que bien trop peu de monde ont eu l’occasion d’admirer : le cœur mis à nu d’Adramus.

Tandis qu’elle exposait ses projets pour le dîner, le combattant l’écoutait en silence, caressant tendrement son dos, dessinant parfois des formes de ses doigts distraitement. Il déposa un dans ses cheveux alors qu’elle riait adorablement. Comment pouvait-on résister à un être si positif ? Il semblait à Adramus qu’elle pourrait même parler à une plante mourante qu’elle lui redonnerait vivacité. Le don d’Orshin était-il étranger à une telle bonté ? Il savait que les gens doués de ces facultés possédaient une empathie exacerbée, qui pouvait parfois mener à de grandes souffrances. Adramus se promit de surveiller ses émotions en sa présence pour ne jamais être vecteur de malheur.

- Malheureusement, je n’ai rien. Je comptais chasser avant la tombée de la nuit, mais mes projets ont été… reportés. Lança-t-il avec une ironie malicieuse. Il glissa ensuite une main jusqu’au visage de Mary, et le caressa doucement en le relevant subtilement vers le sien. Et ne t’en fais pas, je n’aime pas spécialement manger épicé, je garde ces goûts-là pour les moments comme tout à l’heure.

Cette complicité désinhibée, il ne l’avait jamais partagée auparavant avec qui que ce soit. Ce n’était peut-être pas plus mal d’ailleurs, car sa capacité aux sous-entendus graveleux ne devait pas être bien développée après ces années d’austérité sentimentale. Pour parer à ce qui pouvait être un moment de malaise certain, il baissa la tête pour l’embrasser, tout en continuant de la serrer doucement contre lui. Seulement, sa jambe blessée commençait à se manifester de nouveau sous la forme d’une douleur profonde, peu intense, mais lancinante. Comme si son fémur était traversé par une aiguille en métal. Pas une seule grimace n’assombrit son visage cependant, bien décidé qu’il était à ne plus polluer le flux de sentiments qui pouvait entrer dans l’esprit de la demoiselle.

- Il faut que j’aille m’asseoir un moment, murmura-t-il. Désolé de ne pas pouvoir t’aider plus que cela, mais si tu as juste des choses à découper, je pense pouvoir m’en occuper même ainsi.

Rester debout lui demandait un effort suffisant pour faire perler de la sueur sur son front exposé. Chercher le bois aurait dû être une activité simple en temps normal. Décidément, Adramus détestait se voir aussi faible, même si sa blessure avait été inévitable. C’aurait été lui, ou elle, et même sans éprouver les sentiments qui l’animaient pour Mary, il se serait senti affreusement coupable de la laisser être la proie d’une telle bête. Déposant un dernier gage de son amour sur le front de sa belle, il quitta ensuite son étreinte pour aller soulager ses membres contre le rocher qui avait admiré leur « vigueur » (comme dirait la jeune femme) tout à l’heure. Il eut du mal à s’avouer à quel point cela le soulageait.
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