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Chroniques d'Irydaë
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 Entre la fraise et la bière, je choisis la fraise, sans l'ombre d'un doute ! [PV Adramus]

Numië Maninkal
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Sam 25 Fév - 15:22
Irys : 51044
Profession : Peintre
My'trän +1
Numië poussa doucement la porte de la taverne, ne cachant pas sa grimace lorsqu’elle senti l’odeur de l’alcool. Décidemment, elle ne pourrait jamais s’y faire. Déjà que le goût laissait vraiment à désirer, il fallait en plus que son odeur soit aussi … Elle ne saurait la définir, mais « Par Khugatsaa, cette odeur est insoutenable » illustrait plutôt bien l’avis de la jeune femme. Elle fit quelques pas, saluant le maître de la taverne, un ami de son père, avant de lentement se diriger vers une table dans un coin éloigné de l’attroupement d’ivrogne qui peuplait déjà le lieu alors qu’il ne devait être que quatorze ou quinze heures. Et quand bien même ils n’étaient pas trop alcoolisés, ou tout du moins pas encore, pour Numië, passer sa vie dans une taverne revenait à être une ivrogne. Bien que ce raisonnement soit très généralisé, elle était intraitable sur ce point.

Elle s’assied donc sur un tabouret, se frottant le visage, tentant de chasser la fatigue qui s’amusait encore à vouloir lui faire fermer les yeux. Elle avait veillé tard hier soir, ayant trouvé quelque chose de très intéressant sur sa mère. Elle savait que cette dernière trompait son père. Elle en était même plus que sûre. Il ne manquait plus que des preuves. Et en plus de rendre service, en un sens, à sa famille, cela lui permettrait de parfaire ses talents en matière de collecte d’information.

« Il faut parfois savoir joindre l’utile à l’agréable » Pensa-t-elle sans dissimuler le petit sourire que cette pensée fit naître sur son visage.

La serveuse vint lui apporter un verre de jus de fraise, jus qu’elle appréciait tout particulièrement.

« Offert par la maison, pour notre adorable peintre ! » Annonça-elle en souriant, avant de tourner les talons et de s’en aller voir d’autres clients, la taverne commençant à déjà être bien remplie, comme à son habitude.

Ayant suivis le déplacement de la serveuse des yeux, Numië passa en revue les personnes dans la taverne, cherchant visiblement une personne en particulier, car en effet, elle n’était pas venue ici juste pour se faire offrir un verre de jus de fruit. Elle devait retrouver ici un ami, un vendeur d’œuvre d’art, avec qui elle devait parler des dernières peintures que la jeune femme avait faites et qui peinaient, quelque peu, à trouver des acheteurs au prix où elle voulait les vendre. C’est vrai qu’elle avait peut-être surévaluée ce denier. Et cela ne la dérangeait pas de le bisser un peu. Toutefois, elle eut beau chercher son ami, elle ne vit pas sa chevelure blonde. Enfin, on parlerait plus de touffe de cheveux, ou de buisson blond que de réelle chevelure.

Elle regarda son verre et soupira. Lui et la ponctualité, c’était quelque chose. Mais bon, elle n’allait pas non plus trop se plaindre. Il lui avançait toujours de l’argent quand ses peintures ne se vendaient pas très vite et il était l’un des meilleurs dans son domaine.

« Je peux bien lui accorder une journée ou deux de retards » Pensa-t-elle, avant de lentement approcher sa main de son verre de jus de fruit.

Mais avant qu’elle ne referme sa main dessus, une autre main vint le saisir et l’envoya contre le mur le plus proche de la table de la jeune femme. Le bruit de verre brisé déstabilisa les musiciens, qui à eux seuls faisaient plus de quatre-vingt pourcent de l’ambiance de la taverne, cherchant visiblement à savoir d’où venait exactement le bruit. Ils avaient de quoi être surpris, qui plus est. Cette taverne était sûrement l’une des plus calmes de toute la ville.

La jeune fille regarda les morceaux de verres et le liquide rouge coulant le long du mur et sur le sol, avant de lentement se relever et faire face à la personne qui avait osé gâcher un si magnifique breuvage. Elle ne put cacher une grimace lorsqu’elle reconnue Martas, un homme d’une quarantaine d’années, connus pour être un terrible coureur de jupon et qu’elle soupçonnait d’être l’amant de sa mère. D’ailleurs, cette ordure ne s’en cachait même pas. Mais ça n’était pas encore parvenu aux oreilles d’Oras, le père de la jeune femme.

« C’est notre table ça, Numi’ » Dit-il avec un ton qui donna envie à Numië de lui faire payer son impolitesse par un magistrale soufflet. Elle ne supportait pas qu’on l’appelle « Numi’ » à moins qu’elle ait autorisé la personne à le faire. C’était un surnom qu’elle jugeait intime et que seuls ses amis pouvaient utiliser. Sinon, elle trouvait ça irrespectueux.

Toutefois, la jeune fille préféra jouer son coup autrement. Elle fixa Martas dans les yeux, ignorant les quatre cloportes qui étaient avec lui et qui lui servaient de sous-fifre, et afficha un petit sourire moqueur.

« Tu t’es fait jeter dehors par ta dernière conquête et tu viens noyer ton chagrin dans l’alcool, Martas ? Les piètres performances au lit sont de notoriétés publiques, par ici, tu sais. »

Le sourire de l’homme disparus soudainement, Numië ayant touché une corde sensible. Vous vous en doutez, elle n’avait pas choisis cette phrase à la légère ! Elle savait pertinemment que ce genre de remarque le mettait rapidement hors de lui.

« Eh bien, que t’arrive-t-il ? Tu ne supportes pas les remarques portant sur le fait que tu sois un mauvais coup ? Aurais-je touché ton égo ? » Demanda-t-elle, avant de regarder sous sa botte, faisant mine de chercher quelque chose, avant de pointer cet endroit. « Mais tiens, ça ne serait pas lui ? »

Le visage de Martas vira subitement au rouge, envoyant son point vers le visage de la jeune femme, qui recula vivement d’un pas, mais en prenant garde de ne pas changer l’expression amusée qu’affichait son visage depuis l’entrée en scène de Martas. Il n’était pas apprécié de grand monde, en ville. Si Numië l’humiliait, le peu de partisans qui lui restait s’en irait, le laissant ainsi sans soutien. N’ayant probablement aucune capacité de réflexion, il tentera sûrement de se venger de la jeune femme en rendant publique l’aventure qu’il a avec la mère de cette dernière. Elle ferait d’une pierre deux coups.

« Oh, mais tu en arrives au poing ? Tu n’as donc rien de plus à dire pour ta défense, tu m’en vois navrée. »

Pour seule réponse, il tenta un nouveau coup, que la jeune femme esquiva sans peine, se permettant même quelques petits pas de danse. Lorsqu’elle croisait le regarde de certains, elle y vit une pointe de peur, alors que chez d’autre, elle vit un franc sourire amusé. Elle répéta son petit numéro encore deux ou trois fois, avant de trébucher sur un tabouret poussé par un des cloportes de Martas, faisant perdre à Numië son équilibre et laissant ainsi une ouverture à son adversaire.
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Adramus
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Sam 25 Fév - 19:03
Irys : 224962
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Il y avait quelque chose de surprenant lorsque l’on venait d’imposer à tout le monde un message donné avec, tout de même, une certaine violence. Ce n’était pas des conseils qu’Adramus avait donné à la population de Forëal, c’était des injonctions. Ils avaient le devoir de se souvenir du nom d’Omnis, le devoir de le respecter pour ce qu’il était, et ce qu’il s’apprêtait à faire. Möchlog savait à quel point il avait fait les hommes réticents à la soumission, et pourtant, il y avait toujours cette aura étrange, qui faisait que même après de tels mots dispensés par un parfait inconnu, on pouvait encore applaudir et féliciter cette impunité de l’orateur. Alors qu’Adramus descendait de la plateforme, laissant timidement remonter le crieur public dérangé par son intervention, mais qui n’avait aucunement la bravoure de le contredire, on l’arrêta soudainement d’une grande tape dans le dos. Aucune agressivité, seulement une clameur chaleureuse des spectateurs. Ils le saluaient, plaisantaient, ou affichaient un air sérieux, presque cérémonieux, à son passage. Le vagabond répondait avec politesse, mais un impeccable détachement. Ce qu’il voulait, à présent, c’était calmer la soif qui suivait une telle prestation.

Il entra dans l’auberge la plus proche, en même temps que deux de ses « admirateurs » qui continuaient de converser avec lui, enfin autour de lui, puisqu’il ne répondait qu’avec des acquiescements protocolaires et des sourires amicaux. Il était reconnaissant, à ces gens, pour leur affection, mais le fait est qu’il se sentait plus fatigué qu’autre chose. Il aspirait à une bonne boisson, que ses deux compères d’un jour eurent à cœur de lui offrir, et il accepta en les remerciant avec de vraies mots ce coup-ci.

- Merci, mes amis. Vous êtes des gens bien.

Ça ne payait pas de mine, comme compliment, mais demandez à un Forëalais s’il entendait souvent cela de la bouche d’un étranger. Traités comme de la souillure, dans leur propre cité, c’était malheureusement devenu habituel. Voilà pourquoi, tandis que le plus petit des deux inconnus affichait un air gêné, soudain silencieux, l’autre affichait un sourire beaucoup plus large et s’autorisa une nouvelle tape dans le dos ferme d’Adramus.

- Toi aussi, t’es un type bien Adro…

- Adramus. Rétorqua-t-il, l’air toujours aussi aimable.

Ensemble, ils se dirigèrent vers le comptoir, mais le tenancier n’avait pas l’air d’humeur à se concentrer sur la demande des nouveaux clients. Une dispute avait éclaté, au fond de la salle sombre. Plusieurs badauds s’étaient écartés, autant pour éviter les débordements de l’ivrogne que pour laisser à tout le monde le plaisir de voir ce spectacle improvisé. En face du colérique petit homme, une jeune femme. Le guerrier sentit sa bile se noircir. Les gens de cette trempe ne valaient guère plus que des rats. Frapper une femme, et il s’était assuré le soutien de quatre comparses, en plus. Pouvait-on rencontré plus abjecte créature ? Néanmoins, la bagarre semblait tout de même tourner à l’avantage de la demoiselle, qui, elle, était restée parfaitement sobre. Elle avait ce mérite, même si ses pirouettes artistiques dévoilaient une confiance en elle qui pouvait lui jouer des tours. Ils sont plusieurs, jeune fille, ne l’oublie pas.

Le retour de bâton ne tarda pas, quand l’un des sbires profita d’une nouvelle envolée dansante pour faire trébucher la demoiselle grâce à un tabouret habilement placé. Elle était désormais à la merci de ses détracteurs. Peut-être le méritait-elle. Malheureusement, Adramus n’avait pas pour principe de laisser un combat aussi inégal se poursuivre indéfiniment. Cinq contre un, sont parti était pris d’avance. Il lâcha le verre d’alcool qu’on venait de lui servir, de toute façon il n’appréciait pas vraiment ce genre de boissons, et se dirigea calmement dans le périmètre de sécurité laissé par les autres clients. C’était comme entrer dans une arène. Les gens le fixaient lui, désormais, nouvel acteur de cette pièce dont l’acte unique allait s’achever rapidement, il s’en faisait un devoir en tout cas.

- Messieurs, apostropha le vagabond, votre bravoure doit être reconnue, à vous en prendre ainsi à une pauvre fille avec vos cinq paires de bras.

Il continuait à avancer, toujours aussi posément, tandis que le chef de la bande se retournait, le visage rouge et les dents grinçantes.

- Mais il veut quoi lui ?! Fous-nous la paix !

Il se jeta sur Adramus, ignorant complètement la différence de gabarit qu’il y avait entre lui et le voyageur. Ce dernier c’était, malheureusement, préparé à une telle éventualité et neutralisa Martas, très simplement, d’un grand coup de poing sous la cage thoracique. La respiration difficile, l’ivrogne n’eut d’autre choix que de tomber sur le sol, se retenant de justesse grâce à ses mains. Un tel coup sur son estomac rempli d’alcool ne lui réussit pas, et il se mit à tapisser le sol d’un liquide sombre et à l’odeur âcre qui empli toute la salle principale de l’auberge en quelques instants.

Il ne restait plus que les quatre compagnons du… Ah. Eh bien non en fait. Ils s’écartèrent très poliment et rapidement dès qu’Adramus vint à leur niveau. Tuez la reine d’une ruche, et toutes les autres abeilles s’en iront. Mais, ma foi, à part le roi des putois, ce cher Martas n’était pas grand-chose de plus actuellement. Il se faisait d’ailleurs trainé dehors par le tavernier en personne qui en avait assez de la puanteur d’un tel individu. Le spectacle était terminé. Les gens autour étaient partagés entre le dégout de l’odeur, la frustration d’un divertissement déjà fini, et le rire difficile à retenir devant une telle correction. Bientôt, les groupes originaux se reformèrent, mais le sujet de la conversation portait désormais sur l’évènement de leur journée monotone. Adramus, lui, attrapa la demoiselle par l’avant-bras pour la relever, sans réelle délicatesse, devant lui. Son visage en disait long. C’était celui d’un père qui n’était pas fier de son enfant.

- Cinq ivrognes à toi toute seule. Tu te surestimes, jeune fille. Ne sois pas trop confiante, quand tu te bats, on dirait un cygne qui danse devant la gueule d’un lion.

Du coin de l’œil, il aperçut la brillance d’une flamme quelconque qui se reflétait sur la tâche de jus de fraise étalé sur le sol. Ce devait être la boisson de l’intrépide inconnue. La mine toujours aussi ferme, il fit néanmoins un geste de la tête vers le comptoir où s’était replacé le tenancier après avoir jeté sans ménagement l’intempérant  à l’extérieur de son établissement.

- Veux-tu que je te repaye une boisson ? Demanda-t-il simplement.
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Numië Maninkal
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Sam 25 Fév - 23:41
Irys : 51044
Profession : Peintre
My'trän +1
« Tiens, je vais m’en prendre une » Pensa-t-elle assez calmement. D’ailleurs, cela l’étonna un instant. Mais il faut croire que les corrections que lui infligeait sa mère à la moindre occasion lui avaient au moins permis de ne plus trop redouter les coups qu’elle pouvait prendre. Toutefois, un coup de Martas pouvait faire des dégâts. Mais avec l’escrime venait l’apprentissage de l’équilibre. Elle n’avait rien autour d’elle pour se rattraper, il fallait donc quelle tente de jouer pour au moins se stabiliser un minium ou amortir sa chute. Il valait mieux heurter le sol que laisser le poing de Martas atteindre son visage.

Alors qu’elle se rendait bien compte qu’elle n’arriverait pas à se stabiliser, les événements s’accélérèrent et prirent une tournure ma foi inattendue.  

- Messieurs, votre bravoure doit être reconnue, à vous en prendre ainsi à une pauvre fille avec vos cinq paires de bras.

Elle ne connaissait pas cette voix. Pourtant, avec le temps, elle était sûre de pouvoir reconnaître les voix de chaque personne de ce bar. Enfin, de chaque habitués, tout du moins. Ce n’était pas la plus réputée des tavernes de la ville, ni la moins chère, donc il était rare d’y voir de nouvelles têtes.

Numië entendit ensuite Martas crier, comme à son habitude, visiblement contrarié que le nouvel arrivant ne vienne perturber son règlement de compte. Il y eut le bruit d’un coup, puis d’une chute, lourde, sur le sol, avant qu’un bruit difficilement indentifiable ne se fasse entendre dans toute la taverne. La jeune femme ne sut le reconnaître, mais compris très vite de quoi il s’agissait lorsqu’elle senti l’odeur nauséabonde du vomi. Déjà que ce denier n’était aucunement agréable, mélangé à l’alcool, cela était encore pire. Elle se sentit repartir en avant, manquant de justesse d’entrer en contact avec le doux et confortable sol du bar, arrivant en face du visage de son sauveur. Enfin, sauveur ne serait sûrement pas le mot qu’elle utiliserait, mais il convenait plutôt bien à la situation, vous en conviendrez. Mais elle ne sourit pas pour le remercier. D’une part parce qu’elle était sûre d’avoir pu se sortir de cette situation sans l’aide d’une tiers personne, quand bien même elle aurait sûrement pris un coup ou deux, et de deux car l’homme la regardait avec un regard plein de reproche, comme celui d’un adulte prêt à gronder son enfant. C’est surtout ce dernier détail qu’elle n’apprécia absolument pas.

- Cinq ivrognes à toi toute seule. Tu te surestimes, jeune fille. Ne sois pas trop confiante, quand tu te bats, on dirait un cygne qui danse devant la gueule d’un lion.

En temps normal, les reproches ne font pas plaisir à Numië, comme à tout le monde, mais cela ne l’énervait pas spécialement. Mais qu’une personne qu’elle ne connaissait pas et qui venait de s’interposer dans ses affaires lui reproche sa manière de se battre, ça, elle ne pouvait pas le laisser passer. Toutefois, par respect pour son geste, elle tenterait de ne pas se montrer trop déplaisante.

- Parce que vous appelez cela un combat ?

Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, voyant que le maître de taverne avait décidé de sortir le gêneur puant de son établissement. Il faudrait aussi penser à nettoyer, l’odeur étant vraiment insoutenable.

- Je vous demanderai de ne pas porter de jugement hâtif sur ma manière de me battre, surtout si vous prenez cette … Scène comme étant représentative de mes compétences. Annonça-t-elle calmement, ne voulant pas spécialement paraître déplaisante, mais pas spécialement douce non plus.

Ses idées remises en place, elle posa un regard calme, mais sérieux, sur l’homme qui était en face d’elle, entreprenant de la juger rapidement. Pas étonnant qu’il eut mis Martas à terre en deux temps trois mouvements. Et le taux d’alcool dans le sang de ce dernier devait être assez élevé pour qu’il ose s’attaquer à un homme de cette trempe. Il avait l’aura et la prestance de ces hommes qui avaient vu un certain nombre de choses et qui en avaient tiré un enseignement. Mais cela ne lui permettait pas pour autant de faire des remontrances à la jeune femme.

- Par respect pour votre geste … Je me propose, plutôt, de vous payer votre verre. Je n’avais pas très soif, de toute manière. Proposa-t-elle, semblant avoir hésité, après le « geste », à ajouter quelque chose. Mais cela aurait pu paraître déplacé.

Elle se dirigea donc lentement vers le comptoir, cherchant à tout prix à s’éloigner de l’immonde flaque de vomis. Elle s’assied donc, remettant sa chevelure en place, cette dernière ayant été un peu dérangé par les pas de danse de la jeune femme. Elle laissa l’homme commander ce que bon lui semblait, tandis que le tavernier lui posa doucement un deuxième verre de jus de fraise devant elle.

- Tu ne le casses pas, celui-là, hein ? Ricana-t-il, avant d’écouter ce que l’homme souhaitait, ou ne souhaitait pas, prendre.

Elle but une gorgée, la savourant. Cela pouvait paraître étrange, mais elle appréciait vraiment cette boisson. Peut-être parce que c’est là qu’elle venait à chaque fois qu’elle était triste et que c’est ce jus de fruit précis qu’elle buvait. C’est comme s’il pouvait la réconforter. Elle secoua brièvement la tête, sortant de ses pensées et retira le fin sourire qui naissait sur ses lèvres.

- Je suppose qu’il serait correct de ma part de vous remercier pour votre intervention, Monsieur … ? Demanda-t-elle, attendant un nom.
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Adramus
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Dim 26 Fév - 0:44
Irys : 224962
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
La jeune fille fit une contre-proposition à celle d’Adramus. Elle ne lui semblait pas vraiment reconnaissante de son geste. Intéressant. Et cela renforçait le sentiment du voyageur qu’il avait affaire à quelqu’un avec un surplus de confiance en elle. Un guerrier se doit de croire en lui, d’être courageux, c’est la première de ses vertus. Mais il ne faut pas confondre confiance, et excès de confiance. Mesure en toute chose est garante de bonheur. Un peu empirique comme formule, mais elle recelait une vérité bien réelle. Se livrer à l’excès, c’est se perdre. Même si ce n’est que sur ce trait de caractère, un combattant ne doit être gourmand en aucune façon. Adramus tenterait de lui apprendre, au moins essayerait-il.

Ils s’approchèrent du comptoir, et le tenancier tandis un nouveau verre à celle qui devait être une habituée appréciée du coin, puisqu’un chaleureux sourire accompagnait la boisson. Ils ne devaient pas toucher souvent à son égo, alors. Cela pouvait être amusant de s’y essayer… Pauvre Adramus. Ta manie systématique de tester les gens que tu rencontres finira par te faire du mal. Tandis qu’il frottait son nez durement mis à l’épreuve par les déjections de son adversaire précédent, il demanda à mi-voix au tenancier un verre de lait de chèvre. Une boisson qu’il savait commune, dans les montagnes, et elle pouvait être revigorante. Il était également toujours amusé de la réaction des gens, qui voyaient une telle montagne se contenter d’une boisson pour garçons pré-pubères. Il en avala une longue gorgée, et s’autorisa un soupir de soulagement. La proximité du lait au parfum fort masquait peu à peu l’horrible odeur qui empestait maintenant toute la taverne. En parlant de ça, le propriétaire de l’endroit s’éclipsa bien vite de son comptoir pour aller héler une quelconque femme, probablement la sienne, ou sa fille, dans la cuisine voisine, afin qu’elle aille nettoyer ce qu’Adramus avait provoqué. D’ordinaire, il se serait proposé pour faire le travail à sa place, mais vu la quantité d’ivrognes qui régnaient en maître dans le tripot, ce devait être tristement récurrent.

- Veuillez m’excuser, pour le désagrément.
Lança-t-il au tavernier.

- Oh, ne vous en faites pas. Vous avez évité qu’une bagarre ne dégénère, et même si ça plait pas à ces rustres, soyez sûr qu’on vous en remerciera.

Le guerrier sourit, avant de replonger le nez dans son broc de lait. Son attention revint très bientôt à la jeune femme, qui balbutia des remerciements teintés d’amertume. Les pupilles sombres d’Adramus se glissèrent vers elle, sans pour autant qu’il ne pivota la tête. Un rictus passa rapidement sur ses lèvres gercées par le froid, puis disparu tout aussitôt lorsqu’il prit une gorgée de plus.

- Ne te sens pas obligée de me remercier, répondit-il, tu ne voulais pas que j’intervienne. N’est-ce pas ?

Il tourna de quatre-vingt-dix degrés vers son interlocutrice. Croisant les jambes, et posant le coude sur le bar. Son regard était plus doux qu’auparavant, moins chargé de remontrances, mais il n’en restait pas moins loin de l’idée qu’on se faisait de l’affabilité.

- Je ne jugeais pas tes compétences tout à l’heure, vois-tu. Je ne les ai pas vues à l’œuvre. Mais je n’ai pas besoin de cela pour voir que tu as un souci, et un souci qui te mènera à ta perte.

Du coin de l’oreille, le tenancier ramassa les mots de cette conversation comme un rongeur ramasserait quelques graines pour sustenter son estomac.

- Peu importe ta technique, peu importe ta force, peu importe l’arme que tu portes ou la magie que tu utilises… Quand tu te bats, ton pire ennemi ce sera toujours toi. Tu es trop fière, jeune fille, et ça je n’ai pas besoin de te voir combattre pour le savoir. Mais un guerrier trop fier est un guerrier mort. Ce n’est pas une leçon sortie d’un livre, c’est la réalité.

Son ton était grave, son regard plus encore. On pouvait penser, légitimement, qu’un homme de son âge, nomade qui plus est, avait vu plus de morts sur son chemin que n’importe quel Forëalais. Sa parole avait donc une valeur toute particulière, mais il se doutait bien qu’elle tombait dans un terreau stérile, copieusement tapissé de sel par l’arrogance de la demoiselle, afin que plus rien n’y pousse qu’elle ne saurait trouver toute seule. Il se remit donc face à son verre, ayant terminé sa leçon du jour. Il ajouta cependant un dernier mot, afin d’en finir avec la politesse contrainte de la demoiselle.

- Que tu le veuilles ou pas, tu te serais faite écrasée par ton orgueil, aujourd’hui. Tes compétences ne rentrent pas en ligne de compte, car tu accumulais les erreurs bêtes pour parader. Voilà la vérité.

Sur ce, il but la dernière gorgée de son broc, conscient que la réaction de la combattante n’allait probablement pas être des plus calmes. Il l’éloigna donc de lui, histoire de ne pas casser plus de vaisselle si cela venait à dégénérer malencontreusement. Il n’appréciait pas particulièrement d’enchainer les corrections, mais le chaos ne devait pas supplanter à l’ordre, surtout pas dans un lieu qui servait de l’alcool. Il était donc prêt à cette éventualité, sans même avoir le regard posé sur elle…
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Numië Maninkal
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Dim 26 Fév - 15:26
Irys : 51044
Profession : Peintre
My'trän +1
Bon, pas de réponse. Enfin, pas de réponse quant au nom qu’elle attendait. Supposons qu’il était trop absorbé par son verre de lait pour entendre entièrement la phrase de la jeune femme. D’ailleurs, c’était amusant de voir un grand gaillard comme lui boire du lait ! Cela contrastait avec son image de montagne sur patte, adorant visiblement philosopher et porter des jugements hâtifs. Parce que c’était actuellement la vision qu’elle avait de lui.

- Ne te sens pas obligée de me remercier, tu ne voulais pas que j’intervienne. N’est-ce pas ?

Et comment qu’elle ne voulait pas ! Numië n’aimait pas être sauvé comme les princesses dans les contes de fées. Elle n’avait pas appris l’escrime pour se contenter de se pavaner avec une lame et se faire secourir par des hommes qui mettaient leur nez dans les affaires des autres !

- J’aurai apprécié que vous ne vous en mêliez pas, en effet. Cela ne vous concernait en rien. J’aurai certes prise un coup ou deux, mais je ne suis pas le genre à m’avouer vaincue pour autant. Et je pense qu’il en va de même pour vous.

Elle n’en était pas à sa première correction. Ce n’était pas un ou deux coups de Martas qui l’aurait fait regretter quoi que ce soit.

- Cet immonde coureur de jupons surmonté d’un misérable ivrogne méritait d’être remis à sa place. Et de payer pour le verre qu’il a brisé.

- Je ne jugeais pas tes compétences tout à l’heure, vois-tu. Je ne les ai pas vues à l’œuvre. Mais je n’ai pas besoin de cela pour voir que tu as un souci, et un souci qui te mènera à ta perte. Peu importe ta technique, peu importe ta force, peu importe l’arme que tu portes ou la magie que tu utilises… Quand tu te bats, ton pire ennemi ce sera toujours toi. Tu es trop fière, jeune fille, et ça je n’ai pas besoin de te voir combattre pour le savoir. Mais un guerrier trop fier est un guerrier mort. Ce n’est pas une leçon sortie d’un livre, c’est la réalité.

Elle jeta un coup d’œil au maître de taverne, ce dernier masquant très mal le fait qu’il était en train d’écouter la conversation. D’ailleurs, il détourna vite le regard et fit mine de nettoyer les verres avec une extrême minutie lorsqu’il remarqua que la jeune femme l’observait. Mais elle n’allait pas lui en vouloir pour ça. Il devait s’ennuyer à mourir, alors il fallait bien saisir la moindre distraction.

- Votre jugement est bien trop hâtif. Vous ne me connaissez pas et vous pensez déjà avoir trouvé mon plus grand défaut.

Elle but une nouvelle gorgée de jus de fraise avant de reprendre.

- Si je vous croise avec votre groupe d’ami et que je vous entends dire une blague au gout douteux, puis-je donc en conclure que vous êtes un rustre sans aucune manière ? Il faut savoir replacer les choses dans leurs contextes.

S’il voulait donner des leçons à Numië, elle n’allait pas se laisser faire gentiment. Certes, elle était fière. Elle ne saurait vous dire le contraire, il n’y aurait aucun intérêt à vous mentir sur ce point. Mais elle n’était pas idiote pour autant. Lorsque la situation l’exigeait, elle savait parfaitement être bien plus sérieuse. Sans ça, elle ne serait sûrement déjà plus de ce monde.

- Personne ne vous contredira lorsque vous direz que je suis fière. C’est la vérité, je ne m’en cache pas. Toutefois, vous supposez que j’aurai le même comportement avec n’importe qui. Martas méritait que l’on se moque de lui. Si vous pensez que je me serai comporté de la sorte avec un adverse digne de ce nom, vous risquez d’être surpris.

Ce n’était pas à lui de lui dire comment se comporter. Elle n’était pas parfaite, elle en était parfaitement consciente. Toutefois, elle estimait être parfaitement capable de faire ses propres choix et d’en assumer pleinement les conséquences. Elle n’était pas une enfant, il fallait qu’il se mette cela en tête.

- Que tu le veuilles ou pas, tu te serais faite écrasée par ton orgueil, aujourd’hui. Tes compétences ne rentrent pas en ligne de compte, car tu accumulais les erreurs bêtes pour parader. Voilà la vérité.

- Je me répète, mais ce n’est pas un ou deux coups qui allaient me tuer. Qui plus est, Martas frappe comme une fille. Ce n’est pas la première fois qu’il lève, ou enfin tente de lever, la main sur moi.
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Adramus
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Jeu 2 Mar - 15:18
Irys : 224962
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Spoiler:
 

C’était presque amusant de jouer la répartie contre quelqu’un d’aussi têtu. Adramus n’était pas réputé bavard, mais il était étonnement volubile avec Numië. Il se rendit compte de cela, et hésita à se murer dans un silence jusqu’à ce qu’ils se quittent. Mais, au final, elle l’intéressait un peu. Il voulait savoir pourquoi elle était aussi sûre d’elle ? Etait-elle une mage d’un redoutable talent ? Il tressauta, de rire ou d’effroi, on ne pouvait pas savoir. L’idée même qu’il avait fâché une possible grande puissance de ce pays était quelque chose de bizarrement grisant. Peut-être Adramus n’attendait-il que ça, au fond.

- Très bien, dit-il en tournant la tête vers la jeune femme, tu m’as convaincu de te laisser en paix. Il n’empêche que je serais curieux de te voir à l’œuvre… Que dirais-tu d’un petit duel amical ? Ça divertirait ces gens bien plus que n’importe quelle bagarre de taverne. Quelque chose dans les règles, de digne, de beau.

Sa proposition n’était peut-être qu’une idée en l’air, mais il avait cru bon de la soumettre à Numië. Elle devait être friande de ce genre de mise à l’épreuve, tout comme le voyageur, d’ailleurs. En vérité, ils se ressemblaient, ces deux-là. Il y en a juste un qui est un vin plus vieilli que l’autre. Avait-il meilleur goût ? Demandez à ceux qui ont fréquenté Adramus, les avis sont mitigés. Comme la demoiselle, il pouvait s’avérer extrêmement énervant. Gavé de principes qu’il soumettait aux autres en tout temps, se persuadant de leur parfaite justice.

- Si ça te va, suis-moi. Lança-t-il en se détachant du comptoir.

Il se dirigea vers la sortie. Ceux qui avaient entendu leur conversation se mirent à murmurer si fort que même les témoins complètement sourds surent bientôt ce qui allait se préparer. Ils virent la montagne se déplacer parmi eux, et certains suivirent ses pas à distance raisonnable. Une fois à l’extérieur. La pluie avait cessé de tomber sur Forëal, mais une chape lourde d’humidité et de cumulonimbus sombres continuait de planer sur la cité khurmis. Ce n’était pas le meilleur temps pour un spectacle en plein air, mais faute de mieux faisons avec ce que l’on nous donne. Le guerrier descendit les quelques marches jusqu’à la place en contrebas, et alla voir les deux gardes postés en son centre, qui discutaient en ricanant.

- Salutations, messieurs. Pensez-vous qu’il soit possible de faire un petit duel amical sur cette place ? Demanda Adramus.

- Un duel de quoi ? De magie ?

- Non, pas de magie. Juste à l’épée, je vous en fais la promesse. Répondit-il.

- Mmmh… Dans ce cas-là, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais à l’instant où un tiers est blessé, on vous coffre. Insista l’homme en arme.

- J’en prendrai la responsabilité. Merci, messieurs. Profitez bien du spectacle.

Les gardes acquiescèrent, mais ne firent rien de plus. Les Forëalais étaient, de nature, obéissants et prudents. A la seule vue de ces deux personnes face à face, l’épée à la main, ils reculeraient instantanément. Adramus chercha tout de même le vieil ivrogne du regard. Il n’était pas là, et ses sbires non plus. Parfait, il ne voulait pas risquer d’incident. Cela lui aurait taillé une fort mauvaise réputation. Il pivota vers l’entrée de l’auberge précédente, d’où bon nombre de curieux s’éclipsèrent pour voir les prochains rebondissements. Le vagabond lança simplement à voix haute.

- Bien ! Ces messieurs ont acceptés notre duel ! Ça te convient toujours ?

Le mage trouva de bon ton d’avoir déjà son arme en main lorsque Numië sortirait descendre les marches. Il murmura donc une petite incantation, en croisant les mains comme si elles étaient posées sur quelque chose. Un peu de lumière et de vent, et l’épée blanche ornementée apparut en dessous. L’utilisation de sa magie envoya dans le corps d’Adramus une décharge d’adrénaline imperceptible, mais qui ne faisait que préparer le terrain au combat.
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