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Chroniques d'Irydaë
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 "Au chevrillard" [pv - Laora Redwood]

Sylith Senjak
avatar
Ven 3 Mar - 15:31
Irys : 103087
Profession : Artisane - Commerçante - Aventurière
Daënar 0



Première semaine du sixième mois - 931 - Grenze - Vereist
[pv - Laora Redwood]



"Au chevrillard"




-----Non loin, la ville et les fumées de ses cheminées se dessinaient dans le ciel, touches abstraites de gris et de noirs dans ce ciel dont la blancheur ne cessait de s'amenuiser. J'observais ainsi ces volutes - qui bientôt allaient me surplomber - de même que le ciel qui les dominait, dont la couleur jusque là d'ivoire en ces terres enneigées commençait à virer vers des bleus plus accueillants. Certes glacials, mais tout de même colorés. Une touche de peinture que l'on apposait à ce paysage d'ordinaire bien monotone en ces régions nordiques. Oh, non pas que je le trouvais peu attrayantes, loin de moi cette idée ! Je ne m'enlèverais jamais de l'esprit ces landes glacées iridescentes sous la lumière du soleil naissant, ou bien ces lacs interdits dont les mystérieux dangers sont sources de mythes et de fables, que mes oreilles, jamais ne s'en lasseront. Ni, non plus, ces blizzards que l'on observe au loin, dans l'expectative de savoir s'ils nous piégerons le lendemain, où si, moqueurs, nous jaugeront-ils de leurs serres au froid mordant, se mouvant autour de leur proie comme charogne affamée, nous laissant ainsi en leur œil - bien qu'ils diffèrent en ce point de leur cousins les cyclones, du fait que sur eux-même ne tournoient-ils pas. Aussi dangereuse et sinistre puisse-t-elle être cette situation, ces monstres immatériels en demeurent somptueux, lorsque de leurs vents acérés ils modèlent l'air, lorsque de leur froideur ils sculptent les peurs et les corps... Eyh.. oui, j'ai toujours été fasciné par les phénomènes météorologiques, qu'aucune force ou technologie ne peut reproduire, qu'aucun artisan ne peut créer, et que seuls quelques rares mages My'träns sont dit capables d'un tel exploit. En cela, j'enviais les Architectes, qui de par leur puissance avait la possibilité de faire naître des merveilles. Mais c'était bien là la seule pensée à peu près positive que je pouvais entretenir à leur égard.

-----Mais il me semble que je m'égare, chose dangereuse en ces terres désolées, où nombreux sont les pièges qui peuvent vous empêcher de rebrousser chemins. Bien que dans le sud de la région, le climat y étais plus clément, plus encore lorsque l'on rentrait dans la forêt. Enfin, pour une néophyte comme moi, c'était déjà extrêmement différent de ce à quoi j'étais habitué dans les chaleurs citadines de Cerka. Enfin bref, ce n'était à ce jour point mon cas d'être perdue en dehors du sentier, loin de là ! En effet, j'étais installée, presque confortablement, sur une carriole remplie de troncs d'arbres, que de puissants ... yaks ? Non, ce n'était pas exactement ça... Je ne me souvenais jamais de leur noms, à ces bestiaux. C'est un croisement avec les yaks, mais différents, une sorte de version domestique. Ah ! Un hainag, voilà ! Tirée par quatre hainags d'une force admirable. Que me valait ce privilège de ne pas avoir à marcher, ainsi que le faisaient les bûcherons et chasseurs en ma compagnie ? D'une, j'étais une femme, et j'en profitais un peu. Mais cette seule raison n'aurait suffit, compte tenu du fait que je n'étais pas la seule femme dans ce groupe. Heureusement d'ailleurs ! J'aurais été embarrassée, voir peut-être, qui sait, abusée si ça avait été le cas ! Enfin je ne suis pas si inconsciente pour m'aventurer dans des bois et terres inconnues en l'unique compagnie d'hommes, alors que cela ne fait que quelques mois - cinq pour être exact - que j'avais commencé mon périple. Loin m'en faut pour être rodée aux aléas des voyages et des aventures, lesquels comptaient malheureusement en leur sein de trop nombreux malotrus. L'autre raison donc, à ma fortunée position, était une infortune: encore apprentie dans ce qui était de la chasse, et pas encore au fait de toutes les mésaventures que pouvaient apporter un voyage, je m'étais blessée, et ne pouvais de ce fait me mouvoir, ma jambe droite perforée quelques jour plus tôt par la défense d'un sanglier, que par mégarde, je n'avais pu esquiver. Il faut dire, le bougre avait foncé vers nous une fois blessé, enragé qu'il était, et on avait eu beau lui tirer dessus à plusieurs reprises, essayer de l'embrocher, il continuait d'avancer, inlassablement, comme guidé par une volonté étrangère qui l'avait contraint à venir finir ses jours en m'estropiant. Je m'en serais agréablement bien passé ! Ainsi étais-je contrainte de devoir reposer sur cette carriole pleine à craquer de troncs, roulant en la direction de Grenze, petit hameau pittoresque bien qu'inévitable de pars son emplacement. D'autant plus aujourd'hui, ainsi que j'allais m'en rendre compte à mon arrivé en ville. Mais gardons ça pour plus tard, je ne suis pas censée être au courant.

-----Grenze, donc, de par son emplacement, était un point de passage obligé pour quiconque souhaitait se rendre à la capitale de Vereist, Zuhause, en arrivant du Sud. La seule voie de chemin de fer qui s'y rendait passait par Grenze, et les aéronefs faisaient pour beaucoup d'entre eux une halte en ce lieu. Village industriel, il n'avait pas grand chose d'accueillant, et pourtant, ces quelques dizaines de maisons réunies dans une enceinte fortifiée avait un certain charme. La principale raison, à mon sens, était de par le nombre de personnes transitant en ces lieux. Explorateurs, marchands, artisans, commerçants, soldats ou bien artistes - j'en oublie surement un certain nombre - se retrouvaient à Grenze, soit pour attendre des compagnons, sans risquer de les perdre et de ne jamais être réunis en fixant leur point de rendez-vous dans la Capitale, soit simplement, pour faire une simple halte. Car nombreuses étaient les habitations qui en leur rez-de-chaussée accueillaient une auberge, une taverne, ou un restaurant. Le nom cela dit diffère dans le dernier cas, ainsi que je l'ai appris en arrivant. Ici, il n'y a pas de restaurants, mais uniquement des gibiailleries. Le nom sonne étrangement, mais pourtant, je vous assure, c'est bien cela. J'en doutais aussi au début, pensant que c'était une farce, mais non, c'est bien ainsi qu'ils les nomment. Et ce sont ces gibiailleries qui incitent le plus de personne à faire une pause durant leur périple pour se restaurer à Grenze.
-----Ainsi donc, contrairement à toutes les idées reçues, ce petit hameau industriel et peu peuplé n'a pas que pour spécialité la chasse et la production de bois, mais aussi la gastronomie. Des viandes plus fraîches que partout ailleurs, conservées avec de la glace de la région, de même que du sel récolté dans l'un des villages côtiers et importé, les gibiaillerie de Grenze sont une fierté de Vereist. L'on y sert des viandes de toute les bêtes vivant dans la région, à peu près, et même d'ailleurs ! J'y avais déjà pris goût pour dire, et c'est l'une des principales raisons pour lesquelles j'avais décidée de ne pas partir si vite de ce hameau et donc de rester ici. Métiers de la chasse, du travail du cuir, mais aussi cuisine pouvaient m'être appris. Pour la cuisine, c'était encore loin d'être ça, et l'on ne souhaitait pas me voir gaspiller de la nourriture, donc je ne pouvais m'exercer bien souvent.

-----J'arrivais donc à Grenze, trônant dignement sur mon pittoresque carrosse, tandis que que le reste du groupe marchait à mes côtés. Une autre charrette accompagnait notre convoi, remplie des bêtes tuées, éviscérées, vidées, salées et ensevelies sous de la glace maintenue à une température bien en dessous du zéro grâce à de la magilithe. La charrette en elle-même n'en souffrait d'aucune manière, la partie contenante étant isolée de la structure même du véhicule au moyen d'argile. Il aurait été dommage que le bois gèle et pourrisse du fait de l'humidité, réduisant alors à néant la solidité de l'engin. D'autres auraient employés un véhicule plus sophistiqué, motorisé, et avec un caisson plutôt qu'un... plancher. Mais tous n'avaient pas les même moyens !Ainsi, au total, nous étions une bonne dizaine de personnes, réparties équitablement entre chasseurs et bûcherons, à nous avancer vers les portes en bois parées de tours de garde. Un hameau pittoresque certes, mais pas vulnérable non plus !

-----L'heure du repos était arrivée, et une fois rentrés en ville sans difficulté avec les gardes depuis quelques temps connus, nous laissions les bûcherons à leurs occupations. J'allais ainsi, clopin-clopante, bien que soutenue fermement par un confrère, vers "Le chevrillard", cette planque à chasseurs où l'on faisait aussi bien la fête que la cuisine ou l'étalage des compétences de chacun dans quelque domaine que ce fut en rapport avec la chasse. Le lieu était à aussi rustique que le nom pouvait le laisse imaginer. J'avais été un peu surprise lors de ma première venue, mais m'étais vite trouvée à ma place. Des braseros flambaient çà et là, illuminant la pièce en douceur et la réchauffant sans modération. Divisées en plusieurs espaces, chacun était attribué à une fonction, que ce soit le tannage des peaux, la cuisine pour les repas immédiats, celle pour les pâtés et autres charcuteries, et enfin quelques chambres à l'étage, de même qu'une salle de bain. Une pièce au rez-de chaussée en contenait une aussi d'ailleurs, mais elle servait parfois à vider des bêtes, si bien que l'odeur du sang empreignait fortement la salle. J'y étais allé une fois, je n'essayeras plus ! J'en avais vomi tout repas, et tout ceux mangés jusque là. Autant, le sang d'une bête fraîche, j'ai réussi à m'y faire, autant du sang sec accumulé au fil du temps, non. Pas moyen. Plus jamais.

-----Et finalement, la dernière pièce, et de loin la plus grande et la plus importante, la pièce à vivre ! Qui pouvait accueillir aisément une vingtaine de personnes. Des banquettes y étaient disposées le long des murs, recouvertes de peaux et de fourrures de toutes formes, tailles et couleurs. Moi-même trouvait ma place sur une banquette d'angle, m'allongeant, handicapée que j'étais, sur une fourrure blanche mouchetée de brun.

-----Pour moi, ce fut en premier lieu une inspection de ma plaie, par l'une des chasseresses qui se trouvaient là. J'en profitais alors pour faire le tour de la salle du regard, ou plutôt, de ses occupants, le premier ayant déjà été fait. Quelques têtes m'étaient déjà connues, du fait qu'elles étaient de celles composant notre excursion. Tandis que d'autres, pas du tout ! Je remarquais ainsi que les chasseurs de différents groupes - bien que j'aurais presque tendance à dire meute, ça correspond plus à l'esprit du métier ahah - ne se mêlaient pas vraiment entre eux. Certains si, bien sûr ! Mais ce n'était pas une majorité, loin de là ! Ainsi, des deux autres groupes présents, je reconnaissais un ou deux visages vus à l'occasion, mais sans plus. M'occuper ainsi avait de quoi me faire oublier le fait que l'on était possiblement entrain de me charcuter. Je n'avais aucune idée de l'état dans lequel ma cuisse était, et l'on me l'avait anesthésié, je crois, avec différentes plantes, de sorte que je ne ressente qu'à peine la douleur. Oui, je vous assure, ce sanglier ne m'avait pas loupé, loin de là.

Un groupe arriva alors, laissant entrer pendant quelques longues secondes le froid givrant de l'extérieur. Ce fut aussi pour moi le moment de me rasseoir, mon examen médical était terminé, ça avait l'air d'être bon si j'en croyais ma collègue.



© VanOtter

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