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Chroniques d'Irydaë
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 L'ouvrage d'une vie [Terminé]

Luciole Aldebarra
avatar
Ven 3 Mar - 18:38
Irys : 86214
Profession : Croc-Mort
Pérégrin 0
Plusieurs jours de marche venaient engourdir mes frêles jambes qui menaçaient de céder à tous moments... Cela faisait près d'une semaine que j'avais quitté Réoni, dans la province de Khurmag, et j'avoue ne pas en avoir garder de bons souvenirs, comme cette fille que j'y ai rencontré, qu'elle misérable celle-là ! Entre problèmes gastriques, émanations d'odeurs nauséabondes, et tacticité mal placée, cette jeune femme était devenue mon plus grand malheur, ma plus grande crainte dans ce monde. Elle était capable d'atteindre mon esprit écorché par la douleur, et de le retourner tel un vulgaire talus de blé fauché durant la saison des moissons, qu'elle humiliation ! Mais je dois reprendre mes esprits, mes esprits... Il est vrai que depuis quelques semaines, tout ne tourne pas rond chez moi, ma façon de faire, de réagir, ou encore de pensée, tout semble marcher en sens inverse, et le pire, c'est que je ne contrôle rien. Alors que m'arrive-t-il ? Que faire ? Je ne le sais point...

A présent, j'arrivai en terre de Zolios, et plus précisément dans sa capitale, Eoril. J'ai eu vent qu'une bibliothèque de grande envergure s'y trouvait, peut être y trouverais-je mon bonheur ? Entre manuscrits anciens, papyrus en bois précieux, et registres en tous genres, mes recherches s'annonçaient plus compliquées que prévus.

Cela faisait cent pas de passés, à présent, je me présentais devant l'enceinte de la ville barricadée d'un haut mur de pierres sablonneuses monté. Je pouvais déjà contempler les énormes bâtiments s'y trouvant, élevés sur plusieurs étages de bois et de granit, il était certain que son dirigeant voyait les choses d'une manière plus grandiose que celle des continents voisins, une vision futuriste de la vie en communauté probablement... Je m'enfonçai alors dans les nombreux dédales composant cette dernière, à mon grand étonnement, cette terre n'était point d'un climat polaire, et semblait au contraire d'un étonnant exotisme. Je pouvais sentir les jeunes pousses de lavandes plantées en rang d'oignons à l'entrée de ville, naissants tels des bourgeons ébouriffés de la riche terre, et donnant une touche mauve parfumée à l'atmosphère urbaine de la ville.

Un panneau, une pancarte, un signe de positionnement géographique quelconque... Cette ville n'en était pas pourvus, et pourtant, je n'eu aucun difficultés à trouver cette imposante et majestueuse structure culturelle aux vitraux colorés d'un arc-en-ciel de couleurs, à la frontière de la place publique et du quartier réservé aux habitations des gens du peuple.

"Clac, cloc, clac...", faisait mes chaussures de cuir au contact des pavés légèrement humides, me donnant une démarche de clochard titubant, et attirant l'attention des passants qui ne se faisaient pas prié pour se retourner.

Leurs regards n'étaient pas communs, ce n'était pas seulement mes bruits dérangeants qui attiraient leurs attentions, mais bel et bien moi, mon être... A la croisé entre deux passants interloqués, je m'engageai en direction de l'imposante et très haute porte de chêne sculptée cloisonnant la bibliothèque, à travers les différentes gravures l'ornant, je pouvais apprendre et découvrir l'histoire du peuple des My'Trans, une communauté adorant la Magie, ses mystères, et les Architectes l'ayant façonné il y a bien des années.

Grincement strident, me voila rentré à l'intérieur de la bibliothèque, j'avance de trois pas, l’hôtesse lève alors la tête, laissant paraître ses épaisses et imposantes lunettes de vue, ainsi que son assemblage de fourrures conformes aux traditions vestimentaires d'un peuple anciennement éradiqué, son chiton de couleur lavande, des collants en peau animal, des pompes aux embouts fantaisistes, une tenue tout à fait risible à première vue, disais-je. C'est alors que je levis les yeux au plafond et laissai sortir le seul mot qui me vins à l'esprit sur le moment...

"Wouah...".

La dame de l'accueil releva alors le regard en ma direction, avant de diriger son index devant sa bouche teinté d'une sève naturellement rouge, me faisant comprendre que mon arrivée ne devait pas perturber la sérénité du lieu, et que je devais déblayer le paillasson au plus vite au risque d'être flanqué à la porte plus vite que je n'y suis rentré. Mon égaux surdimensionné ayant prit un coups, je décidai de me diriger directement vers l'étage où se trouve les ouvrages les plus anciens, ceux concernant la politiques, l'économie, et pour finir ceux ayant pour thématique la médecine, et toutes autres sujets liés à la biologie. J'étais parti dans l'optique de mettre un nom sur mon mal-être, de mettre des explications sur mes faits et gestes inexpliqués, ces derniers qui, depuis quelques semaines, devenaient de plus en plus violents et incontrôlés, je dois l'avouer.

"Clap, clap, clap...".

Le bois est vieux, je peux l'affirmer au fracas que font mes chaussures à son contact, le grincement de la vieillesse sur la modernité devenue envahissante. Je place mes mains sur la rembarre vernie par la main humaine, cette brillance qui reflète l'intense lumière dégagée par le lustre de cristaux composé accroché au plafond. J'aime cette ambiance, celle du calme et de la plénitude, ça m'apaise, ça me transcende, ça me change... Ainsi, de part ma démarche fantomatique et mon style très étranger, j'attirai les regards des nombreuses personnes se trouvant au second étages, à croire que je suis un mort, ironique en un sens. Je continu d'avancer, leurs regards s'emplissent de peur, mais pourquoi donc ? Suis-je un monstre, ou une toutes autre créatures dont je ne connais pas l'existence ? Je ne le sais point... J'arrive dans l'allée des sciences, à présent, plus personne ne m'observe, me dévisage, je me sens mieux, libérez de mes mouvements, je n'hésite pas à enchaîné quelques pas de danse du bout de mes pieds, tournant sur moi même telle une fleur bercée par les flots du vent, ma cape s'envolant encouragée par l'énergie cinétique crée par mon mouvement, mes bras...

"Puis-je vous aider, Monsieur ?", dit une dame du haut de ses petites gambettes, me coupant dans mon délire scénaristique.

Ma main gauche placée sous mon menton, j'affichai un large sourire moqueur du bout de mes fines lèvres, tout en fixant la gentille dame me faisant face droit dans les yeux. Elle était troublée, je le voyais bien, mais je me délectai de la voir ainsi, l'anxiété, la panique, la peur... Ces sentiments traîtres dont le corps ne peut se défaire, dont les signes ne peuvent passer à travers le regard d'autrui, c'est cruel, mais telle est la triste vérité...

"C'est exact, savez-vous où je peux trouver des ouvrages parlant des maladies mentales, et autres dysfonctionnements psychologiques dont l'être humain pourrai être victime ? Vous savez, si vous ne me donnez pas rapidement leurs localisations, je risque à votre grand malheur de vous écorcher vive jusqu'à ce que mort s'en suive. Ah, ah, ah !", disais-je d'une voix suave, toujours souriant.

Pauvre dame, elle ne mit pas longtemps avant de tendre timidement son index droit vers la direction adéquate, dans l'impatience que je retire mon regard émeraude du siens, et qu'elle puisse quitter les lieux vers un endroit plus sûr. En signe de gratitude, et avant de la quitter définitivement, je lui fis signe de la main, ce qui eu pour effet de l'affoler plus que ce qu'elle ne l'était, elle se mit alors à courir, muette, emplie de peur, tel un mort accueillant la faucheuse sur son lit mortuaire, elle s'exclamait par de légers bruitages, incompréhensibles. Elle s'en allait alors vers l'escalier central, les descendant avec une vitesse folle, et ce qui devait arriver, arriva... Précipitation, peur, fuite, elle chuta au bout de la troisième marches, son talent gauche éclaté, et s'engageant dans une chute vertigineuse de près de trois-cent marches. Là voici, en bas, elle est morte... Le crâne fracassé, les jambes brisées, le regard désespérément vidé de toute vie. L’hôtesse du rez de chaussée s'affole, elle appelle les secours, bientôt, la milice viendra chercher son pauvre corps, l’emmènera, elle sera enterrée trois jours plus tard après des plus examens poussés, rien de plus à signaler, accident de travail, stresse constant, cette femme ne connaîtra jamais la paix, triste destin.

Dans la cohue générale, je m’éclipsai rapidement dans l'allée que m'avais indiqué la toute nouvelle défunte, puis, balaya la pile de bouquins poussiéreux d'un regard vif et efficace, après tout, je  savais bien ce que j'étais venu cherché, et il était inutile de perdre du temps à relever tous les titres présents dans la pièce, au risque d'y passer toute une vie. Bipolarité aggravée, schizophrénie, ou maladies du comportement, tout y passé, mes yeux étaient devenus de vrais radars, détectant le moindre titre évocateur, la moindre signature, la moindre image...

"Oh ! Un ouvrage décrépit ! Signe d'une vie chargée d'histoire et de mystère, indubitablement.", disais-je à voix basse, toujours le sourire aux lèvres.

Toujours sous l'emprise de l’envoûtant ouvrage nommé "Anomalie ?", de Lily Ra'Ven - une écrivaine au style hippie parcourant le monde à la recherche d'inspiration, un peu comme moi -, j'avançai le bras gauche en sa direction, avant de le saisir en son bout, puis le tira hors de l'étagère, afin de le consulter plus attentivement. Une fois étendu sur une des nombreuses tables d'ébène présentes au fond de la pièce, je l'ouvris, et commença le récit de son contenu.

"Les anomalies psychologiques se traduisent par les comportements d’une personne qui agit en totale contradiction avec ce qu’elle était. Plus simplement, nous considérerons les actions réalisées par l’âme, et les autres par la raison. Si une personne se retrouve face à un choix crucial (par exemple, un garde du corps qui protège un homme politique qu’il déteste, se retrouve face à sa femme, assassine, venue tuer le diplomate. Son âme le pousse à laisser sa femme faire son travail, tandis que sa raison le pousse à protéger cet homme qu’il déteste, parce que c’est son rôle). Dans cet exemple, si l’homme tue sa femme, il deviendra une anomalie car ce geste ira à l’encontre de tous ses sentiments. Mais contrairement aux animaux, le statut d’anomalie n’est pas définitif (quand il s’agit d’une anomalie psychologique). En effet, si l’homme échappe suffisamment longtemps aux Régisseurs, et qu’au fil du temps il se convainc d’avoir fait le bon choix, il perdra son statut d’anomalie. Mais c’est chose rare, car le pacte passé avec l'Inconnu a donné naissance à des sentiments tels que la culpabilité, la colère ou la rancœur, ce qui a tendance à accentuer le statut « imparfait » de la personne. L’exemple choisi ici est extrême, mais il peut s’appliquer à des situations moins dramatiques, tant que cela reste cohérent avec l’histoire et la psychologie du personnage. Comme par exemple, un Élu qui se retrouve à essayer de maîtriser des armes technologiques tout à fait consciemment, alors que cela va à l’encontre même de sa foi. Il en est de même pour un Élu capable de conserver l’intégralité de ses souvenirs..."

Je m'arrêtai alors, toujours choqué de ce que je venais de lire... J'étais bien devenu une Anomalie, ce 15 Janvier de l'année 932, alors que je venais tout juste de perdre l'une de mes précieuses, l'élément déclencheur en outre. Ceci ne s'arrangera pas, et je le comprends bien, alors à quoi bon fuir l'impossible, je dois accepter ma nouvelle nature, la dompter, en devenir maître, la laisser envahir tout mon corps, je le dois.

Après avoir songer de longues minutes sur cette table, je me rendis compte que la foule s'était dispersée, les choses étaient enfin redevenus stables, je devais avancer, et continuer à parcourir mon chemin à travers le monde, ma destinée, et tout cela, dans le but de devenir l'homme que je souhaite être...



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