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Chroniques d'Irydaë
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 Brêche extérieure de quarantaine

Gwen Feien
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Dim 2 Juil - 10:48
Irys : 528198
Profession : Voleuse
Daënar 0
Pas besoin de me le dire deux fois, ou de me le dire tout court ! Je m’échine déjà à monter dedans. Mon manque de pratique est assez évident au vu du temps que ça me prend. La mercenaire s’est déjà glissée à l’intérieur quand j’y parviens. Maintenant les amarres et après la liberté. Un coup pas aussi resplendissant que ce que j’imaginais à la base. Enfin, pas mal si on arrive à revenir sur la terre ferme sans être trouées de part en part ou arrêtées.

Une chose est sûre, je ne me ferais pas prendre une deuxième fois à ingérer cette substance ! Trop dangereux, je ne sais comment je nous ai pas fait tuer. C’est pas la meilleure façon de donner une bonne impression de soi. J’ai tout le temps d’y penser alors que nous ramons pour nous éloigner du navire. Enfin, c’est relatif, j’ai d’autres sujets de préoccupation... J’ai beau scruter le pont je ne vois personne de notre côté. Peut-être attendent-ils du côté de notre embarcation ? Avec de la chance ils croiront qu’on s’est noyé. Mais il vaut mieux imaginer le pire scénario que le meilleur : à savoir qu’ils décident de l’emprunter pour nous poursuivre.

D’ailleurs en parlant de ça, à peine cinq ou dix minutes après je repère un point lumineux sur l’eau aux abords du navire.

-Ça y est, ils ont pris une décision !

Je fais un signe de bras en direction de notre ancienne barque pour revenir immédiatement à la rame. Normalement, ils ne devraient pas nous repérer dans le noir. Dommage qu’on ne puisse pas trouer leur barque sans trahir notre position ! Surtout que pour l’instant leur embarcation a peu ou prou la même direction que la nôtre… J’ai l’impression de faire une course d’escargot, c’est horripilant. Plus le temps passe, plus on risque de se faire repérer surtout si les nuages décident d’abandonner la lune. Pour ajouter un peu de pression, les choses s’agitent sur le quai : il y a du monde. L’incendie, ça a tendance à rameuter. Évidemment, ça veut dire qu’on ne se dirige pas vers les quais…

BAM

On est plus proche de la terre que du navire maintenant mais on a un trou dans la coque et des excités derrière nous...


Gwen parle en #0033ff

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Sakari Naasoqineq
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Mer 5 Juil - 12:45
Irys : 159972
Pérégrin 0
C'était à prévoir. Sakari pesta et pesta encore contre elle-même. Elle s'était trop approchée des quais, avait mal jugé le courant. Leur barque était à contre-lumière et se détachait des lumières du port derrière. Une cible parfaite pour leurs poursuivants.

Oh et puis, ils allaient voir. Sakari enleva son haut, révélant son torse nu qui ne tremblotait pas - car il était habitué à des froids plus mordants - et enfonça le tissu dans le trou pour le colmater grossièrement. Puis elle tapota l'épaule de Gwen qui était à l'avant pour lui glisser un mot.

« Au prochain tir, je plonge. Ils croiront m'avoir descendu mais ce sont eux qui vont nourrir la poiscaille. Ne m'attends pas. Je te confie ça. »
Elle glissa dans la poche de Gwen le pistolet de paume.
« Il s'appelle « Reviens ». Aller à plus crevette. »

Bam.

Sakari mit son couteau entre ses dents et se jetta par dessus-bord, comme pour simuler qu'elle avait été abattue. Sa chute déséquilibra la barque, mais sans la faire chavirer.

L'eau était gelée. Noire. On ne se baigne pas à Nunaqortoq. Déjà qu'il faut creuser une bonne heure avant de trouver l'eau de la mer. Une eau pleine de prédateurs immondes et plus froide qu'un blizzard au cœur de l'hiver. Comme tous les Nunaqortoqut, Sakari avait donc une naturelle et profonde peur de l'eau.

Pour ne rien arranger, les contrebandiers avaient dû vouloir ajouter du réalisme à la manœuvre de Sakari, car ils l'avaient touchés. La balle n'avait que frôlé l'épaule, mais ça causait une atroce douleur, heureusement paralysée par le froid, mais qui n'engourdissait certainement pas l'immaginaire de Sakari, se voyant déjà dévorée par des prédateurs que le sang attirerait.

Mais elle parvint à se rappeler que cela n'arriverait pas dans un port de pêche très fréquenté.

Sakari avait mémorisé le trajet jusqu'à la barque ennemie, et de toutes façon l'obscurité lui permit de sortir sa tête de l'eau pour respirer et corriger son cap sans être repérée. Elle n'eut pas tellement besoin de nager, car la rapidité de ses poursuivants racourcissait déjà bien assez vite la distance les séparant.

Quatre rames. Deux personnes, plus deux ou trois tireurs à bord. Un défi des plus intéressant.

La première rame du côté tribord fendit l'eau à quelque centimètres de la tête de Sakari. Elle la laissa passer. La seconde fit de même, mais Sakari l'empoigna, avec son autre main s'accrocha au bastingage et après s'être calée correctement avec ses pieds sur la quille, elle lâcha la rame, attrapa son couteau et le planta dans la gorge du rameur. La rapidité d'exécution et la surprise fut la clef. Son poids et celui du marin qu'elle tirait vers le bord fut suffisant pour faire chavirer la barque.

Sakari était loin d'être une experte en combat sous-marin. Mais elle l'était plus en attaque surprise. Ils ne savaient même pas qu'on les attaquait. C'était son anniversaire. Le nouvel an. La fête nationale. Comme une kermesse pour tueurs. Un jeu pour enfants, voilà ce que ce serait de tous les étriper.

Ils étaient effectivement quatre. On pouvait difficilement en embarquer plus sans causer une forte perte de vitesse sur cet esquif.

Le premier qui s'était pris le couteau devait finir quasiment sans tête, car quand Sakari voulut ôter son arme du cou, elle en trancha la moitié.

Une contrebandière, qui tenait un fusil, tâchait de se maintenir à la surface. Arrivant par dessous, Sakari lui planta le bide et lui perça le sternum, vidant ses intestins dans l'eau.

Une autre avait tenté de trouver un abri sous la barque renversée. Hélas pour elle, l'obscurité totale l'empêcha de voir le couteau brillant qui s'enfonça dans son dos et fit presque sauter une côte, quand en se retirant il fit levier sur la colonne vertébrale.

La dernière avait semble-il comprit que quelque chose massacrait ses compagnons et nageait à perdre haleine loin du combat. Hélas pour elle, le bruit de sa peur et de sa respiration paniquée fournit sa position dans l'obscurité. Sakari monta sur le dos de la barque et lui sauta dessus. Le combat fut bref, car un coup placé droit au cœur suffit.

Et Sakari qui s'inquiétait du sang versé par l'estafilade d'une balle.

Tout de même, il commençait à faire méchamment froid. Elle tâcha donc de grimper sur la barque pour la renverser. Quand ce fut fait, elle s'y installa en grelottant et fit des signaux à Gwen pour qu'elle s'approche.

« Ohé, j'ai finiiiiiiii ! Tu peux venir me chercheeeeeeeer ! »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Ven 7 Juil - 10:52
Irys : 528198
Profession : Voleuse
Daënar 0
Quoi ? Qu’est ce qu’elle fout à moitié à poil ? Si je ne gardais pas la barque et le butin, je pourrais presque croire qu’elle comptait me planter là. Je sais que c’est une combattante hors pair mais dans ses conditions ? Et puis elle voulait que je fasse quoi avec un pistolet ?! Je m’en suis jamais servie moi ! Je la regarde plonger jurant que la balle ne l’a pas juste effleurée comme prévu. Mais un plan, est un plan, aussi foireux soit-il. Je continue donc d’avancer pour donner l’impression aux poursuivants que suis bien la seule à abattre maintenant. L’illusion est sacrément bien maintenue puisque je continue d’entendre des tirs ! Pour l’instant aucune ne fait mouche, heureusement pour moi : j’éviterais bien d’être transpercée de part en part et la barque n’a pas besoin d’une autre fuite. Le bouchon improvisé, même s’il ralenti l’entrée d’eau, n’empêchera pas la barque de sombrer si rien n’ai fait.

Enfin, tout ça ne dura pas bien longtemps. Alors que je me retournais une énième fois je vis leur embarcation chavirer. Je n’en attendais pas moins de la mercenaire. Confiante dans ses capacités, j’arrête mon avancée. Puis qui sait peut-être aurait-elle besoin d’un peu aide, non ? À défaut je pourrais être la spectatrice de son combat même si j’en apercevais moins du tiers… Visuellement parlant parce que le son et l’odeur j’y avais droit.

Pour la deuxième fois, j’aperçois Sakari sur la barque renversée. À ses gesticulations, je suppose qu’elle a écarté tout danger. Et la confirmation ne se fait pas attendre :

« Ohé, j'ai finiiiiiiii ! Tu peux venir me chercheeeeeeeer ! »

Heureusement qu’on travaille ensemble, j’aimerais pas avoir quelqu’un de si efficace à tuer contre moi. Je continue de ramer vers elle et m’arrête non loin de son îlot. Je ne crois pas être capable de manœuvrer correctement pour me mettre côte à côte. Faudra qu’elle se débrouille.

-Tu n’es pas blessé, tu peux ramer ?

Si je pouvais le voir, je ne lui demanderais évidemment pas. J’espère que non, on a besoin de rejoindre la côte au plus vite : le quai semble toujours aussi agité et rien ne dit que d’autres marins ne soient pas à notre recherche. Avec le carnage qu’on a fait, ou pour être plus juste, que Sakari a fait, je ne souhaite vraiment pas être retrouvée.

L’adrénaline qui avait remplacé la drogue semble me déserter. La journée commence sérieusement à se faire sentir ! Vivement qu’on accoste et qu’on fasse le partage de bien que je puisse m’allonger un moment.


Gwen parle en #0033ff

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Sakari Naasoqineq
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Dim 9 Juil - 15:02
Irys : 159972
Pérégrin 0
Comme l'excitation du combat passait, la douleur revenait. Sakari se tenait l'épaule avec la main. Mais à vrai dire elle se tenait l'autre aussi, car il faisait vraiment froid sous l'eau, et un petit vent marin frais qui se levait n'arrangeait vraiment rien. Elle se leva sur la barque renversée quand Gwen arriva à proximité. La voleuse ne savait pas bien manœuvrer la barque, ce qui fait que Sakari dut faire un grand bond pour atteindre l'esquif, qui manqua de faire tomber Gwen vers l'avant avec le choc.

« Olà, tiens-toi bien. Non, ça va, mais je vais éviter de ramer de ce bras, je ne pourrais pas suivre avec l'autre. On va devoir prendre une rame à deux mains chacun. »

Cela voulait clairement dire que Sakari pensait avoir deux fois la force de
Gwen. Mais après tout, ne venait-elle pas de le prouver ?

Alors qu'elle prennait place sur le côté, se serrant un peu contre Gwen - après avoir glissé son pistolet dans une poche -, Sakari remarqua quelque chose. Un bateau. Un bateau à moteur, qui leur arrivait dessus. Un petit bâtiment de gardes-côtes, avec à peine cinq membres d'équipage. Mais là, Sakari ne se sentait pas de tous les tuer.
« Je me sens pas de tous les tuer... Et ça fait compliqué avec l'administration après, il me semble
»

Les forces de police. Ce serait la première fois qu'elle aurait affaire à elles. À Aildor, ce mot n'était utilisé que dans des plaisanteries, et encore, uniquement de voyageurs. Chyluun lui avait déjà donné quelques astuces, mais que la base : ne pas les taper même si on en a très très envie, être poli et coopératif mais masquer toujours la vérité et ne révéler que le minimum minimorum nécessaire, ce genre de choses.

« Je te laisse parler. Tu devrais mieux t'en sortir que moi. T'as l'habitude, hein ? »
Car il allait un peu de soi qu'une voleuse avait déjà eu maille à partir avec les autorités.

Le bateau des gardes-côtes leur arriva droit dessus. Toute tentative de fuite était inutile, mais elles eurent le temps de cacher les articles de contrebande, en les attachant à une corde - objet très commun sur une barque de sauvetage - et en l'accrochant à la quille. Le trou dans la coque fournissait un parfait moyen. Un autre bateau partait vers le navire en feu. Il semblait que l'incendie était quasiment maîtrisé. Et que les deux bateaux de gardes-côtes étaient en liaison radio, ce que suggérait leurs antennes.

Ils s'approchèrent de la barque et jettèrent un pont de cordes, invitantes deux voleuses à monter. Deux hommes et une femme légèrement armés les accueillaient.
« Bonsoir mesdames. Oh, vous êtes à poil vous ?
-Une fuite que j'ai dû colmater comme j'ai pu. On nous a tiré dessus.
Je vois ça, vous êtes blessée. Tenez, prennez ça. »
On donna à Sakari et Gwen des couvertures sèches et un bandage autour de l'épaule. La barque fut aussi accrochée au bateau, qui se dirigeait vers les quais.
« Merci beaucoup.
-Bon. Maintenant, on a un peu de temps pour que vous me racontiez ce que vous foutiez sur cette barque. Une barque qui appartient à ce navire. Un navire en quarantaine.
Et pourquoi une autre barque de pêcheur renversée est juste derrière vous. J'ai hâte. »

C'était un homme, blond et d'une bonne trentaine qui les interrogeait. Il avait un mélange de ton entre conciliant, agacé d'avoir été réveillé pour son service de nuit, un peu nonchalant, et sûr de sa force. Si Gwen regardait bien l'expression faciale de Sakari, elle comprendrait qu'elle le trouvait assez charmant.
« Ah et noms, lieu de naissance, nationalité, papiers.
-On a pas nos papiers quand on va sur l'eau.
Ah mais oui, je suis con. Bah on verra ça au sol.
-Du coup moi c'est Sakari Naasoqineq, Marnaka, Aildoraine. Enfin si ça compte comme une nationalité.
-Pas vraiment, non. Née à Aildor ?
Ah non, au nord de Marnaka. Mais pas dans Khashin olà.
-D'accord d'accord... J'ignorais que des gens vivaient dans ce coin gelé. Et vous ma petite ? »



« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Mer 12 Juil - 11:09
Irys : 528198
Profession : Voleuse
Daënar 0
Je me rééquilibre tant bien que mal lorsque Sakari saute dans la barque. Mes bras moulinent tant qu’ils peuvent pour m’éviter de prendre un bain glaciale. Un dans la nuit ça suffit ! Je suis encore toute trempée. Alors que je me redresse, la mercenaire me répond naturellement :

-Olà, tiens-toi bien. Non, ça va, mais je vais éviter de ramer de ce bras, je ne pourrais pas suivre avec l'autre. On va devoir prendre une rame à deux mains chacun.

Alors, là pas de problème ! Je suppose que si elle dit qu’elle peut gérer à une main, c’est qu’elle en la capacité. Je n’en dirais pas autant pour ma part. De toute façon, vu comme la situation évolue on n’aura même pas besoin de ramer !

Je me sens pas de tous les tuer... Et ça fait compliqué avec l'administration après, il me semble

-Oui, je pense aussi. Autant un tout seul ça se fait, mais là...

-Je te laisse parler. Tu devrais mieux t'en sortir que moi. T'as l'habitude, hein ?

-Parce que toi non ?

Je lui lance un regard sceptique. Elle me semble quand même du genre à faire du grabuge. Bien, qu’en étant mercenaire peut-être son employeur la couvre, qui sait… Bref, c’est pas vraiment le moment de papoter, on a que quelques minutes pour dissimuler les preuves compromettantes et penser à une histoire. Juste ce qu’il faut pour tout foutre à la flotte avant d’être abordées.

Je suis gentiment le mouvement, alors que l’on nous invite à bord. Hmm, les choses vont pas être facilitées si leurs collègues leur donnent des infos… Au moins Sakari fait distraction le temps que je réfléchisse encore un peu et ce sans qu’il y ait besoin de lui envoyer quelques signaux repérables ! C’est même les gardes côtes qui font le boulot pour nous ! Et au vu de comment elle dévore des yeux son interrogateur, je ne serais pas surprise qu’elle lui fasse du charme. Tant que ça nous met pas plus dans la merde, je m’en fou.

-D'accord d'accord... J'ignorais que des gens vivaient dans ce coin gelé. Et vous ma petite ?    

-Moi rien d’aussi exotique. Je viens de la région voisine, de la belle capitale Alexandria. Y êtes vous déjà allé ? Il y a un port aussi même s’il ne donne que sur une baie et…

-Ça va, ça va ! Pas besoin de raconter ta vie. Maintenant, répond à mon collègue, qu’est-ce que vous fichez toutes les deux sur cette barque au milieu de la nuit !

C’est la petite boulotte qui a pris la parole, pas l’air commode et un brin agacée par les œillades de Sakari pour le blondinet. Le troisième larron se tient toujours à côté de la radio, ne nous écoutant que d’une oreille.

-Du tourisme évidemment ! Vous n’avez jamais entendu parler des poissons lumineux qu’on ne peut voir que la nuit de ce côté de l’Océan ?! J'arrive jamais à le prononcer, c'est des Ra-machin. À Alexandria on n’en a pas des comme ça, je me devais de venir voir !

La nana m’arrête de nouveau dans mon élan, ça va pas être facile de noyer le poisson ! Son collègue semble plus accroché à l’histoire mais il a perdu la parole.

-Répond à la question ! Comment vous être vous retrouvée sur ce rafiot.

Je prends la mine blessée d’avoir été interrompu et parlant toujours aussi vite, je lui réponds d’une voix courroucée :

-Vous ne vouliez tout de même pas qu’on y aille à la nage ! Puis ce rafiot, comme vous dites c’est un marin qui nous l’a loué. Il disait qu’il n’en avait pas l’utilité pour le moment, que son navire était à l’arrêt. Si j’avais su que c’était pour quarantaine je ne l’aurais pas pris !  

Au moins, cette fois je ne suis pas interrompu. Une petite victoire puisqu’une moue sceptique orne toujours sa face.

-Hmm, à quoi il ressemblait ce « loueur » ?

Là, la réponse est facile : je lui décris l’alcoolo qu’on a foutu à la flotte : d’un il existe et de deux il ne viendra pas nous contredire. Notre interrogatrice fait un signe de tête à son collègue pour qu’il vérifie les infos.

-Ça n’explique pas votre barque trouée et encore moins celle-ci.

Elle montre de la main le carnage fait par la mercenaire. Voilà venue la partie délicate.

-Je suis aussi surprise que vous ! On ne demandez rien à personne quand on les a vu venir dans notre direction et commencer à nous tirer dessus. Après ils ont commencé à se battre entre eux.

Sur le ton de la confidentialité, j’ajoute :

-Vous savez, je pense que c’est la maladie qui leur ait monté à la tête. Ils sont bien en quarantaine pour quelque chose de grave non ? Vous devriez leur demander si ce n’est pas contagieux !

Après ça la femme arrête ses questions pour tenir un conciliabule avec le maître de la radio. Le blondinet en profite pour nous filer des couvertures et se montrer aimable, surtout envers ma collègue.


Gwen parle en #0033ff

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Sakari Naasoqineq
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Dim 16 Juil - 16:46
Irys : 159972
Pérégrin 0
De là où elle était, Gwen ne pouvait pas entendre la fort intéressante conversation que menaient les gardes-côtes.
« C'est du pipeau complet ce qu'ils racontent chef. Une jeunotte d'Alexandria avec une Aildoraine dans la barque trouée d'un bateau en quarantaine, en pleine nuit ? On dirait le début d'une très mauvaise blague.
-Elle est pas Aildoraine... Mais qu'importe. Oh, ils disent quoi sur le bateau ? »
Le garde chargé des communications lui répondit.
« L'incendie est maîtrisé par l'équipage. Et la capitaine est morte, éventrée et des impacts de balle.
-De balle ? Ah mais c'est parfait. Dis-leur de récupérer les balles. On pourra identifier l'arme.
-Ils disent que tout a cramé. On va pas les trouver chef.
-Dommage. »
Tout un espoir de se la jouer police scientifique qui tombait à l'eau. Littéralement, pour le coup.
« Ah et ils disent aussi que les marins ne présentent aucun symptôme de la maladie qu'ils ont déclarés.
-Allons bon. Dis-leur de faire une fouille complète du vaisseau. On ramène ces deux zigototes sur terre. »

Pendant qu'ils discutaient, Sakari pensait que trois, ce n'était pas tant que ça finalement. La poudre de son pistolet était mouillée donc il faudrait les faire au couteau, mais ça semblait jouable. Dommage que le regard perçant de la femme un peu énervée - de devoir faire une mission nocturne sans doutes - interdisait toute action pour le moment.

« Bon vous deux, on va devoir vous placer en cellule pour la nuit, le temps de comprendre ce fatras. Si tout va bien, vous serez libérées demain matin.
-Et notre barque ? »
-Oh, on va la saisir et la garder. T'façons vous l'avez louée, c'est pas votre barque.
-Ah... Sinon on a un ami, Chyluun Bydassan, qui pourra se porter garant de nous. Il a pas voulu monter, il préfère rester à quai vous comprennez.
-On verra. »

Ainsi, les gardes-côtes firent route vers le port. Et en effet, Chyluun, qui avait suivi toute la scène, se tenait devant le quai où le bateau s'arrimait. De là où il était, il n'avait pu comprendre que peu de choses. Le bateau avait eu un incendie et les gardes-côtes allaient l'inspecter. Il avait aussi remarqué les barques, mais sans pouvoir identifier ceux à l'intérieur.

Hélas, il fit une erreur bête. Dès que les passagers descendirent, il fit coucou à Sakari et se dirigea vers elle.
« Alors, alors ? Que se passe-t-il ? Ça c'est bien passé ?
« Ah c'est vous Chyluun ? Allez avec ma collègue, elle va vous interroger. La petite m'a déjà donné sa version, il me tarde de la comparer à la votre. »
Évidemment, on allait pas laisser Sakari dire un mot, donc elle ne pourrait pas répéter les bobards de Gwen.

Maintenant qu'ils étaient seuls, Gwen et celui qui semblait de plus en plus être le chef de l'escouade pourraient parler tranquillement.
« Et vous alors. Et si vous me disiez ce qu'il s'est vraiment passé, hein ? Le bateau d'où vient la barque là, il vient d'être fouillé. C'était un passeur de contrebande. Ça fait quand-même trop de trucs pas clairs. Je veux bien croire que vous êtes deux touristes, mais il va falloir donner des détails... Ou une version plus plausible. »
Il semblait moins amical. Et presque paternaliste. Il devait avoir près du double de l'âge de Gwen. Voir une fille qui aurait pu être la sienne traîner avec une Aildoraine réveillait en ce brave officier quelques instincts, sans doutes.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Mer 19 Juil - 17:32
Irys : 528198
Profession : Voleuse
Daënar 0
La discussion entre les gardes-côtes est beaucoup trop longue pour que ça signifie quelque chose de positif pour nous. Surtout avec les regards perçants que nous lancent la femme ! Aucune chance de s’éclipser discrètement. Outre le fait qu’on soit toujours sur la même barque qu’eux…

« Bon vous deux, on va devoir vous placer en cellule pour la nuit, le temps de comprendre ce fatras. Si tout va bien, vous serez libérées demain matin.

Et si tout va mal ? Je ne peux évidemment pas poser cette question… Je laisse Sakari s’exprimer sur ce coup.

-Et notre barque ?

Je ne peux que hocher la tête à l’interrogation de ma collègue.

-Oh, on va la saisir et la garder. T'façons vous l'avez louée, c'est pas votre barque.

Chouette, en plus on perd ce qu’on vient juste de voler ! Ma mine dépitée n’est qu’à moitié feinte. Je n’ai même plus mon sac à dos avec moi, j’ai pas vraiment eu le temps de faire la fine bouche quand on évacuait les affaires plus tôt.

-Ah... Sinon on a un ami, Chyluun Bydassan, qui pourra se porter garant de nous. Il a pas voulu monter, il préfère rester à quai vous comprenez.

Alors là, je suis carrément sceptique sur sa capacité à nous sortir de là. S’il sait bien récupérer des infos, ses performances sur le terrain ne m’ont guère convaincue. Je jette un regard en coin à ma voisine et laisse le blondinet exprimer à voix haute mes propres doutes.

-On verra. »

Le retour jusqu’au port se fait en silence. Chacun dans ses pensées. La situation se corse quelque peu. La vue de Chyluum sur le quai ne me réjouit pas tant que ça. Surtout que moins de deux seconde après que l’on soit descendus, il fait sa bourde si attendue. Je crois qu’il aurait été préférable pour tous qu’il nous eut laissé en plan.

« Et vous alors. Et si vous me disiez ce qu'il s'est vraiment passé, hein ? Le bateau d'où vient la barque là, il vient d'être fouillé. C'était un passeur de contrebande. Ça fait quand-même trop de trucs pas clairs. Je veux bien croire que vous êtes deux touristes, mais il va falloir donner des détails... Ou une version plus plausible. »

Je le regarde avec des yeux ronds. Il est pas aussi bonne pâte que je pensais dommage. Pas que ça change grand-chose pour ma version des faits, ce n’est pas comme si j’allais lui dire la vérité !

-Comment ça la vérité sur ce qui c’est passé ? Je savais que je n’aurais pas dut louer à la barque à ce monsieur. Il était saoul mais paraissait gentil… Mais c’est pas un crime de louer par mégarde la barque d’un contrebandier, si ?

Il claque sa langue un brin agacé.

-Écoute ma fille, ce n’est pas une bonne idée de protéger ton amie. C’est sérieux ce qui c’est passé ! Je ne vais pas pouvoir t’aider si tu n’es pas plus coopérative !

Et voilà qu’il montre ses crocs. C’est le moment de faire sortir les larmes, avec la fatigue, elles ne sont pas trop difficile à faire monter.

-Mais je ne comprends pas ce que vous voulez, je vous ai dit ce que je savais…

Je bas des cils pour chasser les gouttes d’eau et faisant mine d’être gênée, je tourne la tête pour apercevoir ce qui se passe dans l’autre groupe. Pas que se soit d’une grande aide ou d’un grand réconfort.

-Calmez-vous. Dites moi simplement le nom du type qu’on vérifie vos dires, le prix, le temps convenu, qui a loué et que vient faire ce Chyluum dans l’histoire ?

-Je, c’est moi qui l’ai louée. Le type a dit qu’il s’appelait Tom mais je suppose que ça aussi c’est un mensonge… C’était pour la nuit, vous comprenez ? On savait pas quand on aurait fini et c’était plus pratique pour la rendre. Il nous à fait payer dix Irys…

Je souffle un coup avant de répondre à la dernière question.

-Pour Chyluum, je ne sais pas trop quoi vous dire. Je le connais pas vraiment, c’est une connaissance de Sakari.

Là pour le coup, c’est cent pour cent vrai. Je le regarde dans l’expectative, l’espoir plein les yeux. Mes bras sont toujours croisés à cause du froid. Dommage que mes dagues reposent sous la barque, j’aurai aimé les sentir sous mes doigts. La seule qui me reste est celle dans ma botte.


Gwen parle en #0033ff

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Sakari Naasoqineq
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Ven 21 Juil - 19:45
Irys : 159972
Pérégrin 0
Le garde était dans une situation assez complexe. L'alibi de sa jeune captive était loin d'être sans failles, mais il n'y voyait aucune. Si sa collègue avait été à sa place, elle t'aurait foutu tout ça au trou pour quatre jours le temps de tout éclaircir. Mais lui ne voyait pas de raison pour faire payer au contribuable l'emprisonnement de deux touristes.

Est-ce-qu'il crut Gwen, ou se résigna à la croire, même lui ne saurait le dire.

Chyluun, de son côté, défendait son bout de viande avec une âpreté rare. Sakari s'était assise et jouait avec son couteau en attendant. Il atteignait un bel équilibre entre menace à peine voilée en surestimant son influence et pots-de-vin glissés dans de subtiles intonnations. Si son interlocutrice était une bourrine basse du front, elle arrivait tout de même à mal juger la portée réelle des premières et surestimer la valeur des seconds. Au final, elle consentit à « en parler avec son chef. »

« Chef, je peux vous parler ?
-Bah oui.
-Ils m'ont l'air réglo. Je crois pas que ce soit utile de les garder.
-Tiens donc. Tu serais la première à me demander de coffrer le premier pêcheur louche venu.
-Ouais mais là, j'ai rien à dire. Ce sont que des touristes.
-Que des touristes.
-C'est ça.
-Et le type là, il a quoi à voir avec le chmilblick ?
-Euh, c'est juste un ami qui vit ici. Et il a pu confirmer toute l'histoire.
-Tiens donc. Okay, admettons. »

Non, vraiment, c'était étrange.

Mais ils se contentèrent de la barque. Sakari prétexta y avoir oublié quelque chose, y grimpa et trancha dans l'obscurité les fils qui retenaient les prises. Sur ce côté du quai, l'eau n'était pas profonde, il faudrait juste plonger dès l'aurore, pour y voir quelque chose. En retournant voir Gwen, elle lui signala avec discrétion le fait accompli.

Après les salamalecs administratifs d'usage, c'est un Chyluun bougonnant qui escorta les deux femmes jusqu'à chez lui. Du thé et des vêtements propres seraient la moindre des choses.
« Sakari m'a signalé où était le butin. Je ne vous dis pas bravo, car ce ne fut pas un franc succès, mais vous avez fait déjà pas mal. Venez récupérer votre récompense demain après-midi, Gwen, quand je l'aurais récupérée et calculée. Je vous conseille d'ailleurs de faire profil bas un certain temps... Et de rester éloignée du port. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Mar 25 Juil - 14:25
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Le gars de la milice n’a pas le temps de répondre à mon baratin que la femme vient l’interpeller. Après un bref conciliabule, ils nous libèrent. Finalement Chyluun n’a pas été si mauvais. Même si cela n’aurait servi à rien sans l’intervention de Sakari pour détacher les biens de la barque. Bonne manœuvre que j’aurai bien fait moi-même mais deux personnes ayant « oublié » des choses sur la barque ça aurait fait vraiment trop. Je n’avais plus qu’à emboîter le pas à la mercenaire et son patron jusqu’à la propriété du dernier pour un petit débriefing.

« Sakari m'a signalé où était le butin. Je ne vous dis pas bravo, car ce ne fut pas un franc succès, mais vous avez fait déjà pas mal. »

Autant que ça me peinait de l’admettre, je ne pouvais pas dire le contraire, j’avais été bien mauvaise sur ce coup. Je me suis faite avoir comme une bleue : j’aurais dû me douter qu’ils pouvaient avoir des drogues, c’est un produit typique des contrebandiers. C’est un miracle que je ne nous ai pas fait tuer toutes les deux ! Sakari s’en est beaucoup mieux tirée que moi…

« Venez récupérer votre récompense demain après-midi, Gwen, quand je l'aurais récupérée et calculée. Je vous conseille d'ailleurs de faire profil bas un certain temps... Et de rester éloignée du port.

-Oui, je pense que le blondinet, outre les contrebandiers, risque de nous garder rigueur pour ce petit incident. »

Pas la peine d’aller attiser sa curiosité en me baladant sous son nez ! De toute façon, il y a assez à faire en ville pour que me tenir éloigner du port ne pose pas de problème.

« Je vous dit donc à demain. Je vous laisse ici. »

Ça ne me plait pas particulièrement de ne pouvoir régler les comptes immédiatement, sans parler de mes affaires temporairement perdues, mais les circonstances l’exigent. J’aurais pu évidemment essayer de les doubler, seulement je n’ai aucun intérêt à le tenter. Et je pense Sakari assez intègre pour ne pas le faire non plus. C’est une garantie suffisante pour moi.

Je les quitte avant de pénétrer chez Chyluun. Savoir où il habite est suffisant, je ne tiens pas à rester par courtoisie et on s’est dit tout ce qu’il fallait. D’un pas vif à cause du froid, je rentre à ma chambre. Une nuit au sec et au chaud après cette journée très mouvementée me fera le plus grand bien.

Bien sûr quand j’arrive À la Mouche Rieuse les seules personnes présentent dans la salle commune sont des poivrots comateux abandonnés là. Sans m’en occuper, je traverse la pièce pour prendre les escaliers menant à ma chambre au deuxième. Je n’ai qu’une hâte : me débarrasser de ses vêtements froids et humides et avoir ma nuit de repos.

Quand je me présente à la porte du nobliau le lendemain, je suis presque fraîche et dispo. Les différentes contusions n’ont malheureusement pas disparu en une nuit. Rien de bien grave mais je m’en passerais volontiers. En tout cas, je suis prête à négocier si le partage des biens ne me paraît pas correcte.


Gwen parle en #0033ff

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