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Chroniques d'Irydaë
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 [TERMINE]Mais comment s'est-on retrouvé dans cette galère? [PV : Lucifer Ro'Naoke]

Mary E. Burrowes
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Mar 5 Déc - 10:20
Irys : 849167
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


Est-ce que la fuite -soit disant stratégique ?- de la seule véritable guerrière du groupe était une excellente nouvelle ? Certes non, mais vu le monstre qui arrivait, j'étais presque certaine que la présence ou non de la garde ne ferait pas une grosse différence. D'autant plus, que les Mogoï était très loin de craindre le feu. Non, je restais persuadée que la rivière que nous étions en train de tous rejoindre était la meilleure solution pour nous en tirer. Le froid de l'eau allait nous envelopper et les senseurs de la créatures ne nous dénicheraient pas aussi vite qu'en restant des corps chauds tout juste bon à se faire piétiner. Sérieusement vous trouvez que nous avions le choix?

Comme indiquée par Althéa je me tournais vers les quatre chevaux restants d'un geste. Est-ce que j'allais y arriver ? La question était plutôt de savoir s'il arriverait à me faire suffisamment confiance... J'étais certaine de moi et je mis tout mon aplomb dans l'ordre que je leur donnais de me suivre en attrapant ce qui m'avait semblé sur le chemin comme le dominant. Les chevaux n'avaient pas tellement l'instinct de groupe, surtout ceux élevés en captivité. Mais il fallait bien compter là dessus et un instinct de survie encouragé par mes mots pour qu'ils nous suivent plutôt que de nous abandonner sur place pour sauver leur peau.

Heureusement, ils suivirent en réalité assez facilement, grâce à Aurore et Althéa qui avait pris le même chemin que moi sans discuter. Une humaine qui se rapproche du combat sans raison, elle est suicidaire, mais quatre, il y avait quelques chose de rassurant. Comme un troupeau de moutons se rue du même côté que celui que les premières bêtes ont choisis. En vérité, j'avais évité de leur expliqué que simplement se maintenir dans la rivière serait suffisant, sinon... je ne pouvais pas exclure la possibilité qu'ils se mettraient à courir dans l'autre sens.

Une fois enfoncée jusqu'à la taille dans l'eau qui était vraiment glaciale, je pris le temps d'attacher les chevaux entre eux pour les garder plus facilement à porter. Quand Aurore et Althéa s'activer plainement à attirer l'attention des autres my'trans vers nous je me concentrais cette fois surr la bête toujours au prise avec les Daénars. La douleur me vrilla la tête au premier abord après un nouveau coup de bâton bruyant des Daénar qui semblait l'avoir atteinte, mais ce n'était pas le plus important. Je devais absolument trouver où il se sentait chez lui, et où était les limites de son territoire.

Je crois que si on continue de quelques dizaines de mètres vers le Sud on sortira de son territoire. Je crois... c'est difficile entre la douleur et la colère.

Sans compter tous les autres sentiments violents qui m'entouraient. Une vraie pelote de laine à démêler sans vraiment y penser pour laisser le don de mon architecte m'aidait autant que possible. Tandis qu'enfin la femme de l'homme qui nous avait traîné ici reconnaissait son mari et commencer à faire bouger les autres, un des hommes habillés tout de cuir avec leur bâton stupides, poussa un cri en tombant de cheval. Je sentis d'un coup le sentiment de puissance émanait de la créature, il allait vraiment falloir qu'on ne tarde pas à bouger... même en restant ici.




Couleur de Mary: #33ccff
Couleur de Auke : #ff9933, Couleur de Pom: #33ccdd, Couleur de Pilm: #3399ff
Les paroles en italique sont les discussions de Mary utilisant le don d'Orshin avec les animaux.

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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 14 Déc - 0:46
Irys : 739538
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Malgré l’intimation d’Aurore, Althéa se vit dans l’obligation d’abandonner son fardeau humain près de la rive, ce qu’il faut l’avouer limitait grandement ses chances de survie. C’était d’autant plus vrai lorsque l’on considérait l’impulsivité imbécile dont il avait fait preuve jusqu’alors. Mais tout bien considéré, peut-être que le laisser seul avec lui-même le forcerait à faire preuve de davantage de discernement ! Elle prit garde, néanmoins, à ce qu’il fût suffisamment stable pour se maintenir hors de l’eau, avant de s’avancer vers son amie. Là, elle déposa une main qui se voulait rassurante sur son épaule, mais dont la vocation était surtout d’établir un contact physique propice à l’établissement d’un lien magique. Cette magie en question, sous le sceau de la chouette qu’elle vénérait, sembla opérer. La guérisseuse en profita pleinement pour lui transmettre de l’apaisement en abondance et une résolution qu’elle ne se connaissait pas elle-même.

« Tu n’es pas forcée de tuer. Mais si cela arrive, ce sera justifié. »

Sa voix avait des tonalités plus douces, peut-être grâce à ses dons. Elle exprimait avec certitude une évidence difficilement visible en de telles circonstances, mais qu’il lui paraissait nécessaire d’évoquer. Elle se plia ensuite à son plan, à défaut de pouvoir en soumettre un meilleur. Elle attendit son premier tir, ainsi qu’un premier regard échangé avec quelconque my’trän, avant de s’approcher de la rive opposée ; elle craignait d’éveiller la curiosité des Daënars avant d’avoir l’opportunité d’attirer celle des my’träns. Elle tenta de leur insuffler le courage de se détacher du groupe pour les rejoindre, mais la distance entravait sa puissance, et seuls deux des prisonniers se détachèrent. Elle rejoignit les deux femmes à mi-chemin pour détacher leurs liens et elle leur enjoignit de rejoindre Mary. Elle espérait que l’adepte d’Orshin saurait leur indiquer le chemin le plus sûr. Alors Aurore, probablement la plus courageuse du groupe, prit le parti de sauver les my’träns restants. En s’élançant tout bonnement à leur rescousse. Un soupçon d’effroi parcourut l’échine d’Althéa.

« Aure, ne… »

La chasseresse s’était déjà lancée, sourde à son appel. De toute évidence, la femme de leur infortuné compagnon figurait toujours parmi les prisonniers immobilisés, et celui-ci ne quitterait pas les lieux sans sa dulcinée, quand bien même un Mogoï le menaçait. L’amour rendait idiot. Althéa flancha un instant, indécise, puis elle se vit contrainte à suivre son amie. Elle se défaisait d’ores et déjà de l’étreinte de la rivière. La guérisseuse s’immobilisa quelques pas en arrière, aux aguets, prête à venir en aide à Aure si quelqu’un la blessait (même si les soins sans contact direct seraient bien plus lents et moins performants qu’usuellement) ou à libérer les prisonniers si l’opportunité se présentait.

C’était sans compter sur l’apparition subite du Mogoï qui après un impressionnant tremblement de terre qui le précédait réalisait enfin son entrée fracassante. Sans perdre son élan, il profita bien au contraire de son inertie pour traverser de part et d’autre la procession daënare. Althéa détourna le regard, sensible malgré elle à ce genre de boucheries. Elle tenta au mieux de réguler sa peur panique autant que son souffle. Fort heureusement, les my’trännes se trouvaient encore en retrait du groupe, mais la bête titanesque semblait bien plus proche que de raison de par sa corpulence.

Certains Daënars prirent la fuite, et Althéa se fit violence pour ne pas faire de même. Quelques autres se dressèrent valeureusement (ou niaisement ?) sur le chemin du Mogoï. Celui-ci piétinait à présent le sol comme pour clamer son territoire bafoué. Les prisonniers quant à eux semblèrent s’agiter, mais un de leurs gardes s’évertuait à les assommer à coup de matraque, obtus en dépit de dangers plus imminents que des my’träns rebelles. Elle s’approcha de la rousse, haletant d’angoisse plus que d’effort. Elle indiqua le garde restant, consciente que son amie l’avait probablement déjà avisé.

« Occupe-toi de lui ! On récupère les autres et … on court ! »

Sur cet ébauche de plan, elle s’élança à son tour, couteau en avant alors-même qu’elle n’avait jamais employé cette arme pour couper autre chose que des orties et du thym. Elle ne savait plus quoi craindre, entre la bête rugissante et les Daënars paniqués. Puis elle songea au verre de lait qu’elle boirait à la taverne sur le retour, et la vie sembla plus rose. Ou blanche, c’est selon.
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Aurore Seraphon
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Ven 15 Déc - 12:47
Irys : 914110
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Si Aurore semblait généralement être une femme réfléchie, dont la qualité première était la mise en place de stratégie plutôt élaborée pour éviter de faire face à ses propres lacunes en combat… Elle pouvait être aussi, tout le contraire. Il était difficile pour la rousse d’accepter l’évidence, de se résigner d’être en vie, alors que des gens de son peuple allaient mourir de la plus cruelle des manières, tout en ayant le souvenir de ne pas avoir été aidés, de ne pas avoir pu être sauvé. C’est cette douleur première, cette culpabilité naissante et le choc d’avoir dû tirer pour la première fois sur un être humain qui l’avait fait prendre cette décision. L’adepte d’Orshin voulait partir vers une direction, prendre la fuite, sauver sa vie. Sa complice et amie tentait de l’apaiser, effectuée les soins sur le boulet du groupe. Aurore elle, n’avait plus qu’une idée en tête, abandonner les jeunes femmes pour tenter l’impossible, sauver quelques prisonniers, libérer les gens de son peuple de l’emprise des étrangers. Offrir la vie si précieuse, que ceux encore attachés méritaient d’avoir. Un regard un peu perdu vers Mary, puis Althéa et enfin l’homme à moitié sous l’eau qui ne comprenait pas réellement tout ce qui venait de se passer et la décision de la rousse semblait définitivement sans appel.

Elle avait accéléré son rythme pour traverser la rivière, pour s’extirper de l’eau qui entravait légèrement ses mouvements. L’arc à la main, les flèches tout aussi proches, elle avait fini par déclarer sa propre guerre, déclarer pour la première fois sa contrariété et le non accord qu’elle pouvait ressentir vers ceux qui ne faisaient que salir les terres de son peuple. L’animal avait surgi, subitement, violemment, entraînant dans son passage la mort. Chacun des membres de la rousse lui hurlait de fuir, son esprit semblait même la supplier de revenir en arrière, de ne pas s’aventurer vers une action impossible, mais non. La my’tränne ne semblait guère renoncer, ne semblait guère avoir envie de rebrousser chemin. Autant choisir sa façon de mourir se répétait-elle, autour mourir pour une cause qui lui semblait plus que convenable, plus que respectable. Elle n’avait certainement nullement prévu que Althéa la suivrait dans son action suicidaire, nullement envisagé la possibilité de la perdre, juste là, sous ses yeux à cause d’une action complètement irréfléchie.

La mort, le sang, les hurlements et les coups de bâtons n’avaient de cesse de se répandre, de se faire entendre, l’atmosphère était devenue lourde, étouffante, terrorisante. Les corps commençaient à s’agiter dans de léger sursaute, le sang à imbiber la terre comme pour l’alimenter, la sustenter pour s’excuser. Les prisonniers essayaient autant que possible de se libérer, voyant leurs efforts réduire en poussière par un assaillant armé lui aussi de cet étrange bâton, de cette chose émettant un bruit provoquant à chaque fois par la suite cette seconde de silence. L’animai lui s’agitait, il semblait même de plus en plus agressif, de plus en plus colère contre ceux qui avait osé entrer dans son territoire, sa taille imposante, donnant l’impression que d’un mouvement, il pouvait décider de terminer ce qu’il avait débuté. Sa vengeance. Althéa s’était exprimée, du moins Aure avait eu l’impression de reconnaître la tonalité de sa voix, d’un bref coup d’œil, la rousse avait opiné, sans être certaine d’avoir réellement compris ce qu’elle lui avait dit :


- « Si c’est trop dangereux, si tu as peur… Tu fuis, d’accord ? Je suis sérieuse Althéa, tu fuis. Tu rejoins les deux autres et vous vivez ! »

Ce n’était pas une question, pas une proposition, mais bel et bien un ordre, il n’était pas envisageable pour la rouquine d’accepter de perdre l’amie qu’elle était parvenue à se faire, la seule, l’unique qui revenait et qui lui faisait confiance. Non. Impossible. La my’tränne avait fini par se précipiter, stoppant ses mouvements à une distance raisonnable, juste ce qu’il fallait pour être certaine de ne pas pouvoir louper sa cible qui était bien trop occupée à donner des coups aux personnes de son peuple pour la remarquer. La corde avait fini par se détendre et la flèche par siffler en pénétrant l’air à une rapidité déconcertante, comme souvent, le souffle du vent c’était vu augmenter, jusqu’à ce qu’une vague rougeâtre ne s’échappe de la gorge de la victime. L’homme était tombé à genoux sur le sol, retirant la flèche qui venait de pénétrer sa gorge, libérant par ce simple acte une marée rougeâtre sous pression qui aspergeait activement ceux qui l’entouraient. Il se noyait dans son propre sang, gémissait avant de s’écrouler, la vie l’ayant visiblement définitivement quitté. La terre c’était de nouveau mise à trembler au même moment, alors que le gigantesque lézard chargeait une nouvelle fois ceux qui tentaient naïvement de lui faire face. Pauvre suicidaire. Aurore avait chuté à cause du tremblement sous ses pieds tombants genou à terre. Ses mains tremblaient, son souffle s’accélérer alors qu’elle ne semblait pas encore réaliser à quel point elle était en train de changer, à quel point cet événement allait la marquer. Imprégner davantage son esprit de cette haine vers ceux qui n’avaient définitivement rien à faire chez les mages. Se redressant difficilement, elle s’était précipitée vers la troupe encore enchaîner, luttant contre sa peur, son envie de fuir pour libérer l’entrave des prisonniers.

- « Courez, courez, vers la rivière vite ! »

D’un geste de la tête, d’un geste de la main elle montrait à la fois sa camarade qui attendait pour guider ceux qui parvenaient à fuir, mais aussi, celle qui se trouvait encore dans l’eau avec l’homme dont l’épouse était en train de le rejoindre. Un bruit intense, proche avait fini par se faire entendre et c’est une jeune femme juste à côté d’Aurore qui s’était écroulée, son sang imbibant le tissu qui recouvrait sa peau au niveau de son ventre. La rousse avait hurlé, se précipitant vers elle pour l’aider, sans comprendre d’où provenait la blessure qui était en train de coûter la vie à celle qui respirait encore quelques secondes auparavant. Pivotant légèrement, elle avait avisé cet homme, grand, brun, le bâton en sa direction entre les mains et l’avait vu se faire dévorer par l’animal. Un nouveau cri, une nouvelle peur qui avait fini par paralyser la my’tränne, l’empêchant de bouger, l’empêchant de s’activer pour rejoindre les autres. Autour d’elle les cadavres s’accumulaient, ami, ennemi, c’était à présent difficile à analyser. Ses deux prunelles émeraude avaient fini par se déposer sur sa camarade, sur cette femme qui avait pris le risque de la suivre jusqu’ici et c’est un élan de courage qui avait fini par la gagner. Se précipitant vers Althéa, Aurore n’avait eu d’autre choix que de lui hurler de courir, alors qu’une fois de plus la terre tremblait sous le poids des mouvements de la bête qui n’avait de cesse de s’agiter.

- « Cours, cours, couuuuuuuurs !! »

Attrapant la main de son amie au passage, elle l’avait entraîné jusqu’à la rivière, rentrant de nouveau au contact de l’eau froide, rejoignant le groupe désormais beaucoup plus imposant. A présent, tout le monde allait sans le moindre doute suivre Mary, la jeune femme qui avait eu raison dès le départ, il était beaucoup plus prudent de sortir à présent du territoire de la bête, beaucoup plus prudent, même primordial.

- « On y va, plus vite ! Mary on te suit !! »



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Mary E. Burrowes
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Mer 20 Déc - 5:07
Irys : 849167
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
Si j'étais restée en retrait par rapport à mes deux partenaires, mes yeux suivaient chaque mouvement de la bête qui menaçait à chaque moment de piétiner de nouvelle personne. Les my'trans retenus étaient trop proche pour qu'il n'y ai absolument aucune victime j'en étais consciente. Mais si je n'étais pas assez puissante pour prendre le contrôle du Mogoï j'essayais de ma position de concentrer sa colère sur nos ennemis le plus possible. Les ruades, les coups de corne, les piétinements... je n'avais pas besoin de me rapprocher plus pour savoir à quel point ils étaient desctructeurs, tout en sachant inconsiemment qu'Aurore et Althéa serait bien plus touchée par le spectacle horrible qui se déroulaient à proximité d'elle.

L'hésitation, la peur, le désespoire qui avaient rendu les nôtres d'abord immobiles étaient lentement par l'énorme courage que déployer mes deux camarades de voyage. Si je m'étais un jour considérée intrépide, alors ma certitude venait d'être balayée par leurs sentiment, une vague de fureur et de volonté qui me laissa étourdie pendant un instant. Je n'avais jamais pensée avoir besoin d'apprendre à me battre, de développer mon don plus que ma foi, de savoir reconna^tre les menaces... mais c'était faux et ce sentiment de quiétude et de sécurité qui avait toujours été la base de ma vie venait de disparaître comme un être disparu aurait été effacé de mon cerveau. Je n'avais pas le tmps de le chercher. Pas maintenant, pas ici. Parce que je ne pouvais pas faire faux bonds aux geurrières que je respectais maintenant plus que je ne l'avais jamais imaginé.

Faites le monter ! ordonnai-je aux premières personnes qui me rejoignait en désignant l'idiot qui nous avait entraîner dans cette histoire.

Il n'aurait jamais eu la force physique ou morale de suivre la fuite s'il n'étais pas à cheval, et mon ton ne laissait pas de place à la discussion. J'avais eu la chance de connaître la marche à suivre dès le départ, grâce à mon architecte et à l'enseignement de ma tribu. Hors de question de laisser tout cela disparaître en versant plus de sang que nécessaire. Au fur et à mesure, le cortège se formait autour de moi, et je donnais la direction dans laquelle commençait à bouger. J'avais abandonné le spectacle de la débacle sanguinaire pour organiser le reste. Les chevaux transportés maintenant les plus faible tandis que les plus résistants tirés sur les brides des animaux affolés. La rivière autrefois liquide était maintenant plus composé de corps de my'trans plein d'espoir de survie que de la merveille que nous avait octroyée Dalaï.

Alors je me retournais pour voir mes deux comparses qui revenaient enfin à la hâte, replongeant dans l'onde sans aucune hésitation. Cette fois, il n'était plus question de nous retourner et de chercher encore des survivants et leurs cris le confirmer. Alors je tapais sur la croupe des chevaux et le cortège se mit en mouvement. Progresser dans l'eau froide n'était ni facile, ni discret. Les plus affaiblis trébuchaient et nous devions les relever le plus vite possible mais il nous ne nous restait pas plus d'une centaine de mètre à parcourir.

A quelques mètres de la fin de notre périple, je sentis que les bruits d'éclaboussures et les cris avait enfin attiré l'attentio de la bête vers nous. Autant dire un miracle ! Je n'avais pas besoin de beaucoup d'imagination pour savoir ce qui eétait arrivé à tout ceux qui était resté derrière nous. Et ça m'allait très bien... Je m'arrêtais pour fermer le cortège et me mit à communiquer avec lui. DE Toute façon je n'avais plus vraiment le choix. Il nous aurait rattraper bien trop vite autrement, déjà lancé à notre poursuite.

Arrête! On ne reviendra pas sur ton territoire ! On ne te défie pas. On l'a quitté ! Arrête toi !




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Les paroles en italique sont les discussions de Mary utilisant le don d'Orshin avec les animaux.

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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 21 Déc - 0:04
Irys : 739538
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
La scène avait tourné à la catastrophe pour certains, la tragédie pour d’autres. Il fut bientôt évident que tous les Daënars n’en sortiraient pas vivants, mais les My’träns ne furent pas en reste de cette hécatombe. Le conflit initial qui opposait les deux camps antagonistes était transcendé par cet animal insolite qui bouleversait leurs basiques querelles. Que valait un conflit d’intérêt lorsqu’une bête de la taille d’une colline menaçait de vous piétiner ? Par respect pour vos os, vous fuiriez sans tarder !
Et pourtant, les hostilités sont tenaces. A l’heure-même où chacun s’évertuait à préserver sa vie, une poignée d’êtres cruels trouvaient encore en eux des velléités aussi meurtrières qu’elles n’étaient primaires. En dépit des circonstances, les prisonniers étaient battus et maintenus sur place au péril de la vie de leurs geôliers. Dans un effort acharné pour témoigner d’une absence flagrante d’humanité, une balle fut tirée, et une jeune my’trän s’effondra sans vie sous les yeux interdits des deux amies… Un monstrueux sentiment d’injustice assaillit leurs cœurs. Elle avait été si proche de survivre ! d’acquérir sa liberté ! de prolonger sa destinée de quelques temps au moins ! Pourquoi le garde la préférait morte, plutôt que libre ? Gisante, plutôt qu’animée ? Livide, plutôt que rose de vie ?

Si l’urgence de la situation ne l’avait pas rappelée à la réalité par le biais d’une voix familière elle aurait tâché de trouver une réponse à cette interrogation qui résonnait dans sa tête. Le fait est qu’il n’y en avait pas, si ce n’est sous la forme des simples et tristes mots « c’est la nature humaine ». A ses oreilles, cela sonnait presque comme « c’est la nature des Daënars ».
On l’intimait de courir, et elle s’exécuta juste après avoir détaché les liens d’un homme qui peinait à suivre le mouvement. Ils fuyaient, finalement, suivant les pas de la plus raisonnable de tous, j’ai nommé Lucifer. La vie sauve dansait au bout du chemin, bien en aval de la rivière ; elle ouvrait largement ses bras pour les accueillir en sa demeure avec une chaleur et une hospitalité évidentes à leur égard. Le soulagement commença doucement à poindre dans sa poitrine.

Un détail l’interpella dans sa course, et elle ralentit le pas pour jeter un regard perplexe en arrière. Mary avait sans doute oublié comment courir, puisqu’elle se dressait à présent au milieu de la rivière, solitaire face Mogoï qui s’empressait de les rejoindre dans leur fuite. Etait-elle blessée ? Ou simplement suicidaire ? Elle se trouvait peut-être un élan romantique ? Dans la panique, Althéa ne comprit pas ses intentions ; en deux enjambées, elle se jeta sur leur partenaire de galère qui devenait momentanément une créatrice de galères supplémentaires, et elle la tira en arrière pour l’inciter à courir à sa suite. Simultanément, une résolution nouvelle l’assaillit, issue d’un réflexe davantage que d’une réflexion approfondie. Seule cette pause décisive, qu’elle dut entièrement à Mary, lui permit d’établir un tout nouveau plan de défense pour le groupe.

La guérisseuse n’était certes pas en mesure d’apaiser suffisamment la bête au point d’annihiler son féroce instinct de survie. Néanmoins, elle pouvait user de sa magie d’une toute autre manière, pourvu qu’elle y parvienne. A son tour, elle s’immobilisa net, ayant conscience qu’elle devait paraître aussi insane que Mary une seconde plus tôt, et tendit une main tremblante vers l’animal. Alors qu’elle perdait espoir en ses capacités, un bouclier se matérialisa soudainement bien en amont de la rivière. Sa lueur dorée refléta vaguement les rayons qui parvenaient à percer l’eau agitée. Sa taille pouvait paraître risible comparé au Mogoï qui se précipitait dans leur direction, mais elle n’aurait pas tenu une seconde face à la puissance de l’animal en le créant plus vaste. Si elle avait tenté d’interrompre net tout le poids de la créature, elle aurait lamentablement échoué.

Non, bien au contraire, la petitesse du bouclier lui profitait. De cette manière, aveuglée par sa furie, le Mogoï ne discerna pas cet obstacle magique en travers de son chemin. A son plus grand étonnement, Althéa tint bon lorsque ses pattes avant percutèrent avec violence la barrière magique. La surprise autant que l’intensité de l’impact firent chavirer le lézard en avant, dans un hurlement déchirant de peur et de douleur mêlées qui glaça le sang de bon nombre des spectateurs de la scène, y compris Althéa. Son élan lui valut non seulement de s’écraser pitoyablement dans l’eau, mais également de glisser sur quelques mètres alors qu’il se vautrait par terre.

La disciple de Möchlog n’attendit pas que les remous parviennent jusqu’à elle pour recommencer à courir. Contre toute attente, la bête ne les poursuivit plus, et c’est seulement à cet instant qu’elle prit conscience de l’aspect salutaire de l’intervention de Mary. Les quelques secondes qu’Althéa avait ménagées de par son intervention permirent au reptile de se couper momentanément de sa colère. Avec ce calme partiellement recouvré, il reconnut enfin la véracité des pensées transmises plus tôt par le don d’Orshin. Le groupe s’effaçait de toute évidence de son territoire pour ne plus y remettre les pieds, et il jugea tout à coup préférable de traquer les derniers Daënars encore debout. Ceux-là même qui l’avaient blessé et mutilé. Lorsqu’il se redressa, son corps lourdaud fit une volte-face suivie de conséquentes vibrations du sol, et il revint sur ses pas avec autant de hargne qu’il ne s’était précipité vers les my’träns initialement. D’ailleurs, la majeure partie d’entre eux n’avait pas compris l’intégralité des événements qui venaient de se dérouler sous leurs yeux, mais cela importait peu. Chevaux, mages et anciens prisonniers se précipitèrent tant bien que mal vers la sauvegarde de leur existence.

***

L’ensemble hétéroclite parvint à rejoindre la route, quittée semblait-il des jours auparavant. Ils s’imposèrent une halte nécessaire pour reprendre leurs esprits et se réhabituer au calme relatif qui les enveloppait. Certains des prisonniers encore sous le choc se morfondaient dans un mutisme inquiétant, tandis que leurs homologues se confondaient en remerciements. Althéa avait refusé d’y répondre à outrance, portant plutôt son attention sur les différents membres du groupe en quête de blessures potentielles et de traumatismes alarmants.

Un des hommes paraissait en piteux état ; sa tête dodelinait dangereusement, son bras était lové contre sa poitrine. Elle s’approcha de lui, et l’interrogea silencieusement du regard en tendant une main alliée vers sa blessure présumée. Il n’opina guère du chef, mais il déplia malgré tout son membre meurtri pour le présenter à la guérisseuse. Instinctivement elle tenta de resouder les chairs déchirées, mais un obstacle entravait sérieusement sa progression. Plus précisément, un objet, métallique, qu’elle distinguait à présent sous les peaux arrachées. Il s’agissait d’une balle, mais elle ne fut pas en mesure de la reconnaître puisque c’était la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à une telle atrocité. A défaut, elle envisagea la possibilité que ce fût un simple bout de bois, ce qui nécessiterait de davantage de soins qu’escompté. Soit beaucoup d’efforts à fournir.

La guérisseuse poussa un soupir épuisé, et coula un regard inquisiteur vers Aurore et Mary. En l’absence d’un garde, et des renforts qui se faisaient toujours attendre, il revenait insciemment aux trois femmes de décider de la suite des événements. Mais elle n’avait plus la force de formuler quelque idée que ce soit à voix haute, encore moins planifier leur retour. Par ailleurs, elle ne savait sur quel pied danser par rapport à Aurore, consciente qu’elle avait tué, mais incapable de déterminer si cela l’affectait. Elle choisit donc la voie de la passivité, et lui laissa l’initiative de la parole.
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Aurore Seraphon
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Mer 27 Déc - 12:25
Irys : 914110
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Aurore était silencieuse, atrocement silencieuse. Comme-ci au fond, plus rien n’avait d’importance à ses yeux, comme-ci cet événement atroce venait de réveiller en elle, cette partie sombre, ce passager noir que tout à chacun tente de renier, d’oublier. Elle avait tué, sans réfléchir, sans prendre le temps d’y réfléchir, les hommes n’ayant eu davantage de valeur sur l’instant, qu’un lièvre qu’elle aurait pu chasser pour nourrir sa famille. L’Humain n’avait eu davantage de valeurs à ses yeux, que tout le reste, sans qu’elle ne récente sur l’instant pas le moindre sentiment de culpabilité. La rouquine avançait, suivant le petit groupe de survivant avec ce visage, inexpressif, fermé et cette colère dans le regard. Qu’était-elle devenue ? Ne lui avait-on pas enseigné que nulle ne pouvait aller à l’encontre du cycle, qu’une vie n’en valait pas une autre ? Que la mort était une étape obligatoire qu’il fallait accueillir comme une naissance ? Et pourtant, elle venait de lutter pour la survie des siens, elle avait tué sans remords pour offrir l’avantage de la fuite à ceux partageant les mêmes idéaux qu’elle. Un monstre. Voilà. C’était tout à ses yeux, elle n’était qu’un monstre, qu’une chose atroce qu’on lâche, incapable de se contrôler qui laisse ses pulsions la diriger.

Le regard de la jeune femme ne cherchait nullement à rencontrer celui de qui que ce soit, elle n’écoutait d’ailleurs même plus les gémissements, les plaintes, les larmes de ceux dont le groupe venait de sauver. Althéa, n’existait plus, quoiqu’elle s’était tout de même assuré qu’elle allait bien avant de s’enfermer de nouveau dans sa bulle. Pas de blessures visibles, hormis cette fatigue omniprésente dans son esprit et dans son corps. Elle avançait, vite, comme les autres, cherchant à ne pas se faire dévorer par la créature visiblement encore bien énervée. Et puis après ? Après, elle devrait vivre avec cette découverte, cette notion d’agressivité, cette hargne de vivre. Elle n’eut cependant pas réellement le temps de penser à tout ça, qu’un élément perturbateur était venu attirer son attention. Mary. Althéa. En arrière. La folie avait-elle gagné les deux jeunes femmes ? N’était-elle pas la seule à être perturbé par tout ça ? La rousse avait tendu une main vers le duo, sans comprendre, sans avoir la force de se précipiter vers elle pour les noyers dans l’eau avec l’espoir que l’animal arrivant droit sur eux les épargnes. La rouquine n’avait pu que constater l’action dangereuse mise en place par ses deux comparses, l’animal reculant, après avoir fait trembler la terre et provoquer des hurlements désormais bien trop présents.

Aurore n’avait qu’à peine eu le temps de souffler, de sentir son ventre se contracter sous l’angoisse de voir les deux femmes mourir sous ses yeux, sans ne rien pouvoir faire. Est-ce qu’elles étaient amies après tout ça ? Est-ce qu’un lien invisible avait fini par s’installer ? Ne partageraient-elles pas à présent le même secret, la même histoire ? Ses lèvres avaient fini par se pincer, alors qu’une seule phrase avait pris possession de son esprit « vous êtes folles. ». Au fond, c’est ce qu’elle aurait voulu leur dire, sans parvenir à prononcer le moindre mot. La vie était précieuse, Aurore venait d’en prendre pleinement conscience. Précieuse et incertaine. Maintenant que cet état de fait était acquis, ne restait-il plus qu’à déterminer ce qu’il fallait faire, réaliser. Le groupe avait repris sa marche, suivant la rivière sans même espérer quoi que ce soit, sans réellement savoir où il allait. Personne ne semblait être en mesure de prendre une décision… Parce qu’il fallait toujours quelqu’un de fort dans le lot, Aurore avait pris une nouvelle fois sur elle, tâchant de camoufler le tremblement de ses mains.


- « Nous allons rentrer en ville… Là-bas, chacun pourra être pris en charge et soigné. Si vraiment vous avez une blessure trop importante, une douleur trop vive, on fera une pause pour permettre à Althéa de vous soigner… Autant que sa fatigue le permet… » la rousse prit une légère inspiration, comme-ci converser lui coûtait réellement « Mary, penses-tu qu’il serait envisageable d’avoir une vision d’ensemble du lieu, du ciel par exemple avec tes oiseaux ? Ca nous évitera des mauvaises rencontres. »

C’était tout, tout ce qu’elle était en mesure de prononcer, tout ce qu’elle pouvait se permettre de formuler. Maintenant, il fallait juste accepter cet état de fait, tolérer que chacun était épuisé et qu’il allait falloir terminer le trajet dans le silence. Le groupe avait fini par quitter la rivière, les vêtements lourds, le déplacement lent. La direction prise était celle de la ville, peu importe le temps que ça allait prendre, c’était l’unique solution convenable dans l’esprit d’Aure. Les plus faibles avaient été installés sur les montures, les autres continuant le trajet à pied. Le groupe était calme, animé seulement par les gémissements et les larmes.

L’ensemble des personnes avaient marché un long moment, un très long moment, sans que la moindre conversation ne pointe le bout de son nez. Les survivants étaient des miraculés, ils en avaient conscience. Ceux qui étaient encore sous l’emprise des étrangers il y a peu ne pouvaient s’empêcher de lancer des regards vers Mary, Althéa et Aurore, cherchant certainement à remercier les jeunes femmes pour leurs interventions. La rousse ne daignait jamais répondre à cet échange visuel, bien trop occupé à se morfondre en pensée vis-à-vis de ses agissements. Avait-elle seulement vraiment mal agi ? Au loin, le village se dressait à présent, simplement, et c’est d’un pas beaucoup plus rapide que le groupe avait fini par arriver. Vivant. Là-bas, attendait des gardes sur des chevaux, prêts à partir, chacun mit rapidement pied à terre en comprenant que le groupe d’arrivant était celui qui devait être normalement sauvé. Lucifer était là, elle aussi, dans un coin, observant avant de faire son devoir et de prendre en charge avec ses collègues, l’ensemble des rescapés, y compris l’idiot, celui-là même qui au fond était responsable involontairement de ce sauvetage improbable. Dans le brouhaha environnant, on pouvait néanmoins entendre « Ce sont elles qui nous ont sauvés ! Que les architectes puissent voir la bravoure de ces femmes. »

Un peu perdue, la rouquine avait secoué doucement la tête, s’éloignant de quelques pas pour respirer un peu, pour retrouver l’isolement dont elle avait besoin pour se remettre elle-même de tout ça. Tout était fini maintenant, n’est-ce pas ?



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Mary E. Burrowes
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Jeu 4 Jan - 8:49
Irys : 849167
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


Est ce que j'avais l'air folle à me dresser seule face à ce monstre ? Sur le moment je n'étais pas capable de m'en rendre compte. Tout ce que je voyais c'était la possibilité de le calmer, de m'insinuer suffisamment en lui pour implanter l'idée, la possibilité de sauver les autres, et de lui épargner encore plus de souffrance. Il n'avait rien fait de mal! Absolument rien, victime lui aussi de ces fous de Daénars autant que nous. Une chose que je me savais pas prête à pardonner de si tôt. Quand la colère, l'indignation et la haine aurait roulé dans mon esprit, peut être que je me rendrait compte qu'ils n'étaient pas tous ainsi. Impossible qu'une nation entière, encore plus grande que la nôtre ne soitent entièrement peuplés de crétins arrogants, suffisants et incapable de respecter un minimum la vie de leur semblables autant que des créatures.

Mais pour le moment, c'était trop tôt. Je voyais la bête trébucher sur le bouclier d'Althéa arrivait là, je ne savais même plus par quel miracle. Je sentais la fille de Möchlog à côté de moi, et tout devint un peu flou. Je me souvenais juste qu'on avait réussi. Toutes les deux en alliant nos pouvoirs. Est-ce que les autres nous avaient vu ? Est-ce que la créature allait être capable d'en finir avec les survivants plus haut sur la rivière. J'étais incapable de le dire, comme sonnée par ce qui venait de se passer, mon pouvoir avait disparue, totalement inhibée par mes propres émotions, ou peut être même la peur qui était arrivée trop tard.

J'entendais comme un bourdonnement qui me tenait à l'écart des autres. Tout en marchant j'avais du mal à identifier ce que moi-même je ressentais. Le soulagement je le connaissais, il ne ressemblait pas à ça. Chez personne. Et j'étais incapable de dire ce qu'il se passait pour Aurore ou Althéa. Une frustration qui s'ajoutait à tout le reste et qui ne fit que croître encore. Le cortège s'était arrêté sans trop savoir pourquoi et une fois de plus je devais admirer le sérieux et le courage de la jolie rousse. Elle et Althéa étaient surement celles qui avaient sauvé le plus de monde. C'était comme cela que je le voyais. Et à nouveau elle arrivait à prendre sur elle. Ce n'était que quelques phrases, mais c'était les phrases dont nous avions besoin pour le moment.

Je vais faire de mon mieux... Jusqu'à la ville.dis-je doucement sous les regards de tout le monde.

C'était un mensonge pur et simple. Je ne pourrais rien faire de plus que n'importe lequel d'entre eux en matière de surveillance, et je me sentais... tellement inutile à cet instant. C'était impossible pour moi de parler aux deux oiseaux qui heureusement... avait trop l'habitude de ce genre de chose pour avoir besoin que je les guide. Je n'avais jamais tant eu besoin de lever la tête que ce jour là. J'en avais mal au cervical en arrivant en ville. Heureusement, sans qu'ils aient eu besoin de me signaler de gros dangers... sinon je ne sais pas comment j'aurais pu justifié de n'avoir rien dit. Möchlog avait apparemment décidé de nous accorder un peu de répit.

Je n'avais remarqué ni les remerciements muets, ni le village quand le pas accéléra, mais j'étais heureuse d'arriver. En retrouvant la civilisation doucement, le brouhaha s'état tue, et j'avais pu retrouvé le début de mon don. Pilm et Pom était vite redescendue alors que je restais à l'entrée du village pour les attendre soulager de les voir. Cette fois, je commencais à entendre la foule, les remerciements, la gratitude, et d'un coup je refermais mon don pour ne sentir que le soulagement de retrouver les deux oiseaus. Seulement le fait de savoir que j'étais à nouveau là à connaître leurs sentiments et leurs pensées étaient le plus beau cadeau que je pouvais leur faire aujourd'hui. Un cadeau suffisant. Je relevai le nez pour aller m'approcher d'Aurore. Pas que je sache quoi lui dire mais il y avait au moins un mot que je voulais absolument partager avec elle et Althéa, avant de partir...

Merci...

Il n'y avait pas d'autre mot pour définir mieux ce que je ressentais. Merci d'être venue avec moi, d'avoir partagé ça... parce que je n'aurais pas pu le porter toute seule. Je m'adossais à un mur à côté pour me laisser glisser et m'asseoir avec les deux oiseaux en silence. Je savais que j'allais repartir avant la nuit de toute façon...




Couleur de Mary: #33ccff
Couleur de Auke : #ff9933, Couleur de Pom: #33ccdd, Couleur de Pilm: #3399ff
Les paroles en italique sont les discussions de Mary utilisant le don d'Orshin avec les animaux.

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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 4 Jan - 21:44
Irys : 739538
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Althéa était soulagée de la décision prise par la chasseresse. Plus elles s’éloignaient des Daënars et du Mogoï, mieux elle se portait. Elle hocha donc la tête à l’intimation d’Aurore, et s’appliqua à faire passer le message afin que la procession reprenne sa marche, lente mais sûre. Elle retourna voir le my’trän touché qui chevauchait son propre cheval, et s’appliqua au mieux à expulser la balle par la magie seulement.
La tâche devint bien vite ardue. Elle n’avait aucune pince à proximité pour l’extraire, et manquait de moyens en l’occurrence. De surcroît, marcher et soigner requérait davantage d’efforts qu’elle ne l’aurait cru de prime abord. Mais ignorant tout à fait à quel point cette petite chose métallique enfoncée dans sa chair était néfaste pour son corps, elle ne pouvait se permettre d’en faire l’expérience en lui interdisant ses soins. Elle mit de côté son désagrément et son exténuation et se concentra toute entière sur cette guérison ambulante.

Quelques dix minutes plus tard, elle était parvenue à sortir l’éclat argenté, et l’avait laissé tomber sans plus de considération à même le sol, peu encline d’établir un contact direct avec cette technologie délétère qui échappait à son entendement. Elle s’évertua plutôt à refermer la plaie, empreinte béante de ce corps étranger, et à maintenir l’homme sur le cheval. Il n’eut pas la force de formuler un remerciement, mais la gratitude qui se lisait dans son regard en exprimait suffisamment pour qu’elle n’en prît pas ombrage. Aussi elle demanda à un autre prisonnier my’trän de veiller à ce qu’il ne chute pas, et assura les soins mineurs que sollicitaient les autres membres du cortège.

Là, avec la fatigue, et paradoxalement, l’énergie que caractérisent le travail bien fait, elle rejoignit Aurore qui s’était isolée du groupe. Elle s’efforça de dissimuler la satisfaction égoïste qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle employait son don, pour adopter plutôt une mine contrariée. Manifestement, Aurore ne désirait pas discuter, et de toute évidence, son amie, dotée de sa contestable éloquence, ne serait pas celle qui l’extirperait de son mutisme. Elle l’aiderait, mais en ses termes seulement.

Dans toute façon, la mort comme le meurtre étaient des notions sans valeur à ses yeux, pourvu qu’elles ne la concernent pas directement. Elle aurait pu invoquer des concepts comme le Destin et l’impuissance des hommes face à leur sort, voire avancer que les Architectes étaient seuls responsables de la tournure des événements et du tournant de son chemin existentiel. Elle aurait pu affirmer avec toute la franchise du monde qu’ils avaient nécessairement choisi qu’elle tue ce jour-là, et pour une raison bien précise, bien définie pour eux, bien qu’elle n’échappât à leurs yeux de mortels. Elle aurait pu converser des heures sur la futilité d’une existence, sur la transcendance de Möchlog et de ses choix. Elle aurait pu de plus, et sans cligner de l’œil, lui assurer qu’elle n’était pas fautive, que la nécessité l’avait poussée à abattre un être humain, et que la culpabilité n’était pas sienne. Oh, certes, elle aurait pu user toute sa salive à déclarer toutes ces choses-là !

Mais la vérité c’est que bientôt elle aurait oublié ce visage défiguré par la douleur, par le trépas qui l’avait frappé. Bientôt il ne resterait en elle que la certitude d’avoir tué, mais plus les traits de sa victime.

Althéa prit donc le parti qu’Aure ne l’entendrait pas si elle tentait un discours moralisateur, et pire, que cela ramènerait des souvenirs malvenus là où l’amnésie faisait son œuvre. Il fallait tourner la page, pas ressasser ce qu’il s’était passé dans cette forêt. Elles auraient cette discussion une autre fois, lorsque les événements seraient plus lointains, et leurs cœurs moins éprouvés. La guérisseuse se contenta donc d’une phrase unique, qui résumait tout à la fois de son flux de pensées :

    « Möchlog seul a le pouvoir de prendre une vie. »


Alors qu’elle lâchait sa conviction à haute voix, sa main plongea dans son sac de voyage en quête d’une herbe médicinale bien précise. Lorsqu’elle l’eût trouvée, elle la broya du mieux qu’elle put au creux de sa paume, et glissa la poudre grossière obtenue dans le goulot de sa gourde. Elle la secoua plusieurs secondes, le temps que le tout infuse, et Mary choisit bien son moment pour reparaître. Elle proposa le remontant à la rousse, puis présenta la gourde à la disciple d’Orshin avant d’en boire elle-même la portion restante. Le breuvage donnerait une sensation de chaleur réconfortante à qui voudrait bien le boire, celle-là-même qui manquait certainement suite aux épreuves vécues. Au remerciement de la jeune femme brune, elle répondit par un sourire en coin, douloureux mais sincère. La garde s’activait à présent à prendre le relai, à accueillir les prisonniers, y compris l’imbécile fardeau qui embrassait sa douce langoureusement en un attentat très réussi à la pudeur. Décidément, il ne lui manquerait pas. Elle se retourna à nouveau vers Mary, et d’une voix confiante elle fit :

    « Nous sommes toutes redevables les unes envers les autres et chacune à notre manière. Une courte pause, puis sans transition : Mary, je pense qu’Aurore et moi allons retourner à l’auberge pour retrouver un semblant de paisibilité. Vous êtes bien entendu conviée si le cœur vous en dit. »


La guérisseuse avait hâte de rejoindre une taverne, et de savourer son petit lait. Maintenant que leur triste aventure était achevée, il ne restait que la satisfaction d’avoir aidé, et le confort d’un plat chaud et d’un lit douillet. Elle prévint Lucifer qu’elles viendraient relater les événements le lendemain, et excusa leur départ précipité, mais plus que nécessaire.


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