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Chroniques d'Irydaë
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 Jeux de génies.

Dolores Rossetto
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Mar 16 Mai - 19:07
Irys : 99984
Profession : Chanteuse dans un club privé
Daënar 0
Sensation étrange. Non. Plutôt simple frottement, bruissement à ce niveau d’ennui et de perception lointaine. J’ai l’impression que l’on m’appelle, me prend la main. Qui donc se permet une telle familiarité ? Quelqu’un que je connais ? Si ce n’est pas le cas, jamais il n’aura de réponse. Je suis trop occupée. Tous ces visages à mémoriser, ces gestuelles si prévisibles, mais qu’il faut tout de même retenir pour parfaire sa mnémotechnique. Leurs silhouettes squelettiques. Ces femmes sont fades, elles le savent, elles en jouent, agrippant l’esprit romantique et mortifié de ces bourgeois crevant de mélancolie, écrivant sûrement parfois quelques vers, se pensant géniaux. Rien de plus faux que ce monde… et bon sang que j’aime ce festival de masques !

A l’heure actuelle, l’esprit de notre Dolores était affairé à bien plus que son simple divertissement, qui ne serait de toute façon que superficiel devant autant de parades moisies et de vin aux faux airs de robe sensuelle. On respirait un air bizarre dans ce genre d’endroit. L’atmosphère était saturée de douce amertume, cette chose qui vous pique la langue en même temps qu’elle vous rend curieux. Un paradoxe total, on veut avancer, mais on se sent repoussé par cette force fourbe et tapie sous les chandeliers argentés. Mais la chanteuse, elle, n’avait que faire des interdits, des menaces voilées, et de la méprise. Elle se sentait chez elle, et maîtresse de ce monde, lors de ces soirées où chacun se sent à l’abri, confortablement installé derrière un masque d’hypocrisie.

Baliverne, vous êtes des amateurs. Un masque n’est doux à l’œil que s’il se fond avec votre peau. Toi, là, par exemple, tu joues les charmeurs bienveillants et spirituels, mais ta manie de fermer le poing, le fait que tu boives deux gorgées de vin au lieu d’une seule. Tu n’as pas l’air de penser une seule seconde que tu trahis toute la malice de ton être, mais rien ne ressort plus de toi, en réalité. Je devrais ouvrir une école, une école du mensonge, du déguisement. Je me ferais tellement d’argent dans cette affaire. Peut-être pas, en réalité. Chacun ici présent se pense talentueux dans cet art, mais quel ramassis d’âneries. Oh, je n’en peux plus… Vite ! Une autre gorgée de vin !

La voir porter son verre jusqu’à sa bouche sonna comme un soulagement pour Régis, l’homme élégant arrivé auprès d’elle quelques minutes avant. Régis McConnigan était un nom connu dans le secteur de la finance. Du moins, celui de son père. Propriétaire d’une grande banque d’Ünellia, son premier-né, lui, n’avait comme haut-fait que d’être un fêtard invétéré, sautant sur toutes les occasions qui lui étaient données, comme ce soir-là, de mettre sa raison au placard et de faire n’importe quoi. Malheureusement pour Dolores, maintenant qu’elle était sortie de ce qu’elle avait manigancé comme une pétrification absolue de tous ses membres, elle ne pouvait plus ignorer les salutations appuyées de ce cher Régis, bien nommé hôte de cette sympathique soirée entre gens du monde. Ses yeux se posèrent enfin, avec l’enthousiasme d’une adolescente en plein bal, sur le profil assez séduisant de l’apprenti-banquier.

- Oh ! Toutes mes excuses, mon cher Régis, j’étais dans le vague… Ce vin est vraiment fort ! Ce n’est que mon second verre et voilà que je me sens déjà défaillante ! Ajouta-t-elle avec un rire à peine désinhibé.

Evitons de trop vous en cacher: ce que la jeune femme appelait « vin fort » n’était pas franchement un exemple d’alcool qui vous assomme. Enfin, si elle pouvait profiter de ce compliment pour en plus passer pour ces gazelles qui ne supportent pas le moindre verre, elle n’en serait que plus pardonnée par ce facétieux noctambule.

- Oh, ne t’en fais pas, ma brave Dolores ! J’avais peur qu’il ne t’arrive un mal quelconque, mais je suis rassuré. Viens ! Il faut que je te présente à quelqu’un dont tu ne connais probablement pas le nom, vu que c’est surtout l’affaire des passionnés de technologie et des financiers comme moi ! Lança Régis en invitant la chanteuse à le suivre d’un geste vif du bras, et en prenant vite les devants.

Son verre d’alcool toujours à la main, Dolores parvint sans trop savoir comment à suivre le rythme soutenu de son hôte à travers plusieurs groupes de personne sans en renverser la moindre goutte. Comme quoi, il n’avait pas tant d’effet que ça. [insérer clin d’œil appuyé] Cette petite course mena les deux bourgeois jusqu’à un coin de la grande salle où une femme attendait vraisemblablement le retour de Régis. Il se planta entre les deux demoiselles, et… et il avait déjà perdu Dolores de toute façon.

Alors, qu’est-ce qu’on a là ? Eh bah, ce n’est pas un modèle de vie saine. Maigre, pâle, bon jusque-là je suis habituée. Ses yeux sont cernés, ça par contre je vois moins souvent. Droguée ? Non. Peut-être travailleuse compulsive, ça concorde avec ce qu’il m’a dit sur ceux qu’elle fréquente. Elle boit peut-être un peu trop pour son propre bien. Pour preuve ses quelques tocs périodiques, et le fait que la main qui tient le verre tremble légèrement. Je ne pense pas avoir à faire à quelqu’un de très heureux. Pourquoi il veut me la présenter ? Je m’ennuie déjà suffisamment. Bon, on va dire que parler à quelqu’un me fera passer le temps.

Et toute cette réflexion en moins d’une minute. Dolores possédait vraiment quelque chose qui relevait du génie dans ces moments, mais c’était bien les seuls, et personne ne le saurait jamais de toute façon. Elle revint à elle juste à temps pour entendre le nom de son interlocutrice, et pouvait ainsi cesser de la fixer avec insistance, ce qui pouvait mettre mal-à-l’aise.

- … Laura Greyson ! Je voulais vraiment que tu la rencontres !

Et je suis censée ne jamais en avoir entendu parler ? Ah oui, c’est vrai, c’est « pour ceux qui s’intéressent à la technologie ». On va donc dire que je ne la connais pas, ça sera plus simple.

- Ravi de vous rencontrer, mademoiselle Greyson. (Oui, elle n’a aucune alliance) Je m’appelle Dolores Rossetto, je suis vraiment enchantée. Lança-t-elle en lui tendant une main bienveillante, au moins autant que l’expression sur son visage rougissant par la chaleur.



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Laura L. Greyson
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Ven 19 Mai - 17:45
Irys : 87187
Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +2 ~ Alexandria
ϑϑϑϑ Le regard que Laura posait sur les invités de la sauterie où elle s'était rendu était tout à fait éloquent. Entre le dédain et le ravissement. Deux choses totalement opposées. Une invitation qui semblait être faite pour qu'on vienne la voir tout en étant sur de s'échouer sur des récifs aussi tranchants qu'une lame de rasoir. Venez me voir pour que je puisse vous jeter correctement, et qu'on n'y passe pas la soirée, je suis une femme très occupée. Et puis de toute manière qu'est ce que cela pouvait faire. La plupart des gens dans cette soirée, était venue cherché une sorte de compagnie agréable... collante, charnelle aussi. De quoi leur faire oublier qu'ils étaient tout seul sur ce grand continent. Qu'ils n'avaient rien d'autre à quoi se rattacher, puisqu'elle était ici, surement l'une des seuls à connaître exactement son rôle. Jouer à la perfection pour obtenir ce qu'elle voulait. Elle n'avait jamais fonctionné autrement, et vu comme la vie lui souriait, elle n'avait pas de raison de changer son fusil d'épaule.

ϑϑϑϑ Enfin, cela sera tout à fait vrai quand le jeune homme qui l'avait quitté quelques minutes plus tôt pour des mondanités serait revenu. Pas que Laura ait tellement... mieux à faire. Elle tentait déjà de contrôler la vitesse à laquelle le léger vin servi passer sa gorge pour ne pas éveiller les soupçons. Par toutes les machines d'Alexandria, un bon alcool de fruit bien fort l'aurait aidé à tenir dans cette ambiance un peu trop mondaine pour elle. Un peu trop saine peut être? La soirée n'était pas encore assez avancée pour que son habileté aux quelques petits paris qui ne manquerait pas d'amuser la jeunesse dorée de la capitale passe inaperçue ou pour un coup de chance. Et avant de s'amuser, elle devait avoir récupérer le prêt qu'elle était venue quérir auprès du soit disant banquier. Soit-disant, car on parle ici d'un être qui passe bien plus de temps à ennuyer ses convives, qu'à les ravir de conseils financiers avisés. Mais si la jeune Greyson n'était pas aller voir le père McConnigan, il fallait bien avouer que c'était aussi pour jouer sur l'inexpérience et la bêtise de son aîné.

ϑϑϑϑ Le voilà justement, le petit pion qu'elle souhaite utiliser. Elle finit son premier verre de la soirée alors qu'il arrive avec son sourire trop blanchis et ses manières raffinées. Il a ramené celle dont il lui rabat les oreilles depuis quelques dizaines de minutes déjà. Il y a de quoi, elle doit avouer que la jeune femme est magnifique, plantureuse à souhait, très bien maquillée et apprêtée. Elle faisait soit partie de ces femmes qui jouait tout sur leur physique, soit de celle assez intelligente pour jouer le jeu des hommes et mieux les piéger. C'était en tout cas le dilemme de Laura en voyant la chanteuse s'approchait. Ce qui l'ennuyait le plus? Si cette belle dame faisait partie de la deuxième catégorie, il y avait fort à parier qu'elle serait une redoutable ennemie. Oui, elle avait toujours eu du mal à envisager ses relations positivement. Mais quand on passe son temps à utiliser les autres, on devient peut-être un peu parano ?
    ϑϑϑϑRavie de vous rencontrer, mademoiselle Greyson. Je m’appelle Dolores Rossetto, je suis vraiment enchantée.
    ϑϑϑϑMais moi de même. Regis ne tarie pas d'éloges sur votre voix. Je suis confuse de ne vous avoir jamais entendue encore.

ϑϑϑϑExcuses polies mais plates de l'ingénieure en serrant la main tendue. Les doigts de la chanteuse était beaucoup plus chaud que les siens, mais tout aussi doux, et il était agréable pour la jeune femme de rencontrer des gens qui prenaient également soin d'eux. Mais bon ce n'est qu'une rencontre de plus qui va lui permettre de faire croire à son hôte qu'elle est intéressée par ces petits rassemblement qu'elle voit comme des jeux d'enfants. D'ailleurs, elle voudrait tester l'attention de celui-ci et son verre vide est un prétexte parfait.
    ϑϑϑϑMonsieur, vous m'obligeriez si vous acceptiez de m'aider à remplir à nouveau mon verre. Il fait tellement chaud que je meurs de soif. Et ce vin est délicieux.
    ϑϑϑϑOh mais bien sur, ma chère. Laissez moi faire. Je vous laisse entre belles demoiselles et je reviens tout de suite pour vous porter secours.

ϑϑϑϑTout au mensonge évident pourtant passée inaperçu de la Greyson, le jeune homme prit le verre vide tendue par la femme de science avant de disparaître entre les hôtes. Du dehors on pourrait se demander laquelle des deux femmes étaient la plus soulagée. Mais Laura n'était pas encore prête à se préoccuper suffisamment des sentiments des autres. Elle n'allait pas non plus chasser la chanteuse, puisqu'elle était ici pour se faire apprécier. Enfin, le minimum requis. Aussi afficha t elle ce sourire travaillé qu'on toutes les femmes de ce monde dans leur répertoire. Une grimace aimable et connue de tous que l'on fait pour s'attirer la sympathie des autres sans aucune moquerie.
    ϑϑϑϑJe suis désolée de vous priver de la compagnie de notre hôte. Vous vous amusez ?
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Dolores Rossetto
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Dim 11 Juin - 12:03
Irys : 99984
Profession : Chanteuse dans un club privé
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Présentations conventionnelles. Rien à en dire, à part que plus Dolores examinait la femme qui lui faisait face, moins elle s’inquiétait des problèmes qu’elle pourrait causer. C’était peut-être présomptueux de sa part, étant donné qu’elle connaissait tout le génie de lady Greyson et la renommée qu’elle avait gagné en peu de temps, mais un déchet d’éthanol parfumé reste ce qu’il est. Peu importe les capacités cérébrales que Laura pouvait déployer, elle ne semblait pas dotée de la lucidité nécessaire pour en faire quoique ce soit. Si elle n’était pas une menace, elle pourrait faire une compagnie tolérable pour ce soir. Après leur poignée de main conventionnelle, bien que la main froide de l’ingénieure ait passablement étonné Dolores, elle inclina légèrement la tête, la mine mignotée, tout en remerciant son interlocutrice.

- Je vous remercie, mademoiselle, mais très honnêtement ma voix n’est pas aussi surprenante qu’on le prétend. Avoua-t-elle.

Fausse marque de modestie, évidemment. S’il y a bien un talent que j’ai cultivé depuis tout ce temps, c’est bien ma voix ! Mais l’humilité ne fait jamais de mal. Je ne sais pas si elle va la remarquer, cependant, vu ce qu’elle a bu et ce qu’elle compte boire encore. Peut-être devrais-je m’y mettre aussi ? Rester sobre au milieu des ivrognes, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une bonne soirée… mais j’ai quand même peur d’elle, je l’avoue. Si elle peut devenir misérable et moi pas, j’aurai au moins l’esprit tranquille, à défaut de l’avoir distrait.

Elle regarda son estimé Régis s’éloigner dans la foule en quête de vin, et s’autorisa une gorgée de vin en attendant de voir si lady Greyson essayerait d’entamer la conversation ou non. En toute franchise, elle n’avait pas pensé que leur hôte s’en aille aussi vite et qu’elle serait obligée de trouver un stratagème pour maintenir l’attention de cette créature alcoolisée. La chanteuse consentit alors à répondre au sourire élégant de l’ingénieure et leva même son verre vers elle comme pour lui souhaiter bonne santé, une chose qui semblait plutôt compromise vu la maigreur émaciée de son interlocutrice. Lorsque cette dernière demanda à Dolores ce qu’elle pensait de la soirée, elle ne put s’empêcher de glousser avec espièglerie.

- Si notre hôte n’était pas venu me chercher je pense que je me serais passé de sa compagnie, pour être franche. Il est aimable, mais sa conversation avec les femmes est assez désespérante, ne trouvez-vous pas ?

Au moins, nous sommes d’accord sur un point, c’est que Régis est d’une affligeante médiocrité. Bon, je n’emploierai pas ces termes-là ici, c’est lui qui a payé le vin, mais il faut être honnête un jour.

Un peu secouée par la chaleur qui, définitivement, ne voulait que son malheur, la chanteuse s’autorisa à s’appuyer contre le mur dans une pose à la fois décontractée et affable. C’était peut-être l’effet de la température, de son rire, ou la proximité de Laura, mais elle finit en quelques gorgées à peine la coupe qu’elle avait mis tant de soin à ne pas entamer plus que de raison. Elle n’avait pas envie de finir ivre, mais juste pompette, ce n’était pas si grave, si ?

- J’aime bien ce genre de soirée, mais je n’en ferais pas mon quotidien. Ça fini par devenir très répétitif. Regardez, par exemple lui qui vient d’arriver, avec son haut de forme. Elle désignait un homme entre-deux-âges, propre sur lui, qui venait d’entrer dans la salle. Je l’ai déjà vu plusieurs fois là où je travaille, et c’est un Don Juan invétéré. Dans trente minutes, il sera déjà reparti avec une fille sous le bras. Il ne vient que pour ça. Lança-t-elle avec un sourire.

Tu dois penser la même chose que moi, Greyson, avoue-le. Si tu restes isolée comme ça, c’est que tu as déjà trop vu de ces réceptions.



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Laura L. Greyson
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Mar 4 Juil - 13:04
Irys : 87187
Profession : Ingénieure aéronautique
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ϑϑϑϑ Politesse, sourire, convenances... fadaises qu'elle échange avec la chanteuse qui semble répondre sur le même registre. Comme toutes les femmes ici peut-être ? Plus ou moins en tout cas. Elle aurait plus eu besoin de soutirer de l'argent à son hôte que de compagnie féminine ce soir. Mais finalement, Régis devait avoir été trop exaspérant pour qu'elle reste totalement sage.On ne pouvait même pas encore lui donnait l'excuse de l'alcool. Ou plutôt parce qu'elle n'en aurait pas encore assez bu. Si elle avait pu entendre les pensées de la chanteuse, elle aurait surement rit. Aucune chance qu'elle finisse dans un état second dans une telle soirée. Elle avait bien trop de litres d'avance sur la plupart des convives pour se laisser prendre dans ce genre de jeu idiot. Malgré son... penchant prononcer, il était rare que l'ingénieur ne sache pas se contrôler quand elle le souhaitait.

    ϑϑϑϑ Si notre hôte n’était pas venu me chercher je pense que je me serais passé de sa compagnie, pour être franche. Il est aimable, mais sa conversation avec les femmes est assez désespérante, ne trouvez-vous pas ?
    ϑϑϑϑ Oh, j'imagine que pour des femmes qui s'intéressent à un portefeuille ou une renommée acquise à l'horizontale c'est suffisant. De là à dire qu'il n'a accès qu'à cela...

ϑϑϑϑ Clairement, elle comptait sur la discrétion de la chanteuse... mais après tout, c'était elle qui avait commencé non ? Bon d'accord le masque était peut être tombée un peu vite. Ce qui dénotait vraiment de la médiocrité de la soirée qu'elle passait. Laura observa plus avant la chanteuse dans sa pose lascive et la descente de son verre. Oui... définitivement une compagnie plus qu'acceptable, même si elle n'en avait rien pressentie. Elle détourna son regard pour suivre la discussion.

    ϑϑϑϑ J’aime bien ce genre de soirée, mais je n’en ferais pas mon quotidien. Ça fini par devenir très répétitif. Regardez, par exemple lui qui vient d’arriver, avec son haut de forme. Je l’ai déjà vu plusieurs fois là où je travaille, et c’est un Don Juan invétéré. Dans trente minutes, il sera déjà reparti avec une fille sous le bras. Il ne vient que pour ça.
    ϑϑϑϑ S'il est si souvent de sortie... Devrions nous tenter de deviner qui de ces jeunes filles sera l'heureuse élue. Les ... femmes qui rentrent avec ce genre de personnage ici, ont déjà surement toute fait l'expérience. Et d'après, certaines rumeurs le doublé n'en vaut pas la chandelle. Par l'UNE... je me demande quand j'ai pu retenir une chose pareille !

ϑϑϑϑ Soyons honnête d'habitude, elle retenait des détails incroyables sur les rouages d'un aéronef mais pas sur des personnages aussi inutiles ! Ah si ! Une collègue de l'aéroport qui en avait fait les frais, et qui n'avait pas envie que cela s'ébruite s'était confiée à Laura. Cette idiote... maintenant, elle imprimait des plans sous le manteau quand Laura en avait besoin. Prix de son silence d'or.
L'ingénieure sourit en haussant les épaules. Son ton avait dénoté d'un certain agacement pour les rumeurs, mais elle était assez amusée par la situation. Elle n'était pas le genre de femme à aimer glousser avec ses amies, mais sa féminité semblait se réveiller au contact de Dolores. Si féminine et voluptueuse. Elle ne devait pas en oublier son intérêt financier... Ou peut être que si en fait.


    ϑϑϑϑ Hum... vu le groupe que votre don juan a abordé. Je pense que nous allons assister à une première déconvenue. J'ai eu le malheur d'être présentée par notre cher hôte. J'ai cru finir avec une fleur rose dans les cheveux et les dernières revues sur le maquillage à la mode. grimaça l'ingénieure avec un sourire entendue.

ϑϑϑϑ Les jeunes filles abordées étaient bien trop prudes pour se laisser prendre par un loup du genre. Du genre à vous allumer sans vergognes toute la soirée en jouant les mijaurées puis à rentrer chez elle en jurant qu'elle n'avait pas trouvé le prince charmant qu'elle cherchait. Elle méprisait ce genre de femme incapable à son avis de faire quoique ce soit de leurs dix doigts. Rien à voir avec elle ou même la chanteuse qui semblait bien plus fine que certains ne le disaient.

    ϑϑϑϑ Au fait, où vous produisez vous ? Je saurais qu'il faut y réserver une table privée pour véritablement profiter de votre voix ainsi que de votre compagnie et ne pas être parasiter par ce genre de personnage. demanda Laura soudain décidée à se montrer curieuse envers les talents de son interlocutrice.


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Dolores Rossetto
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Jeu 3 Aoû - 17:03
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Profession : Chanteuse dans un club privé
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Réunies l’une près de l’autre, s’échangeant des messes-basses sur les mœurs d’un invité qui n’avait rien demandé à personne… malgré leur attachement à s’éloigner le plus possible des conventions sociales qui les désolaient tant, on ne pouvait pas nier qu’il y avait une grande ressemblance entre les deux jeunes femmes et celles qu’elles dépeignaient comme faisant honte à l’image du beau sexe. Mais ne vous aventurez pas à leur souligner cet état de fait, pauvres fous, qui sait de quoi elles pourraient bien être capable ?

Bon, je m’étais peut-être prononcée un peu vite. Cette soirée pourrait bien être intéressante, finalement ! Si l’autre banquier ne revient à pas à tout bout de champ. Mais, au fait, qui est venu se produire ici ce soir ?


Dolores laissa un instant son regard dévié vers la scène où un quatuor de musiciens brodait une mélodie discrète, mais agréable, en esquissant quelques pas de danses oubliables. Il y avait là un saxophoniste, un contrebassiste, un pianiste et, bien évidemment, un chanteur pourvu d’un sacré coffre qui laissait planer dans la pièce une voix grave et langoureuse. La jeune demoiselle le reconnaissait sans peine, il s’agissait de Louis Fortnite, une ponte de la chanson à Ünellia, et beaucoup plus lumineux que notre chère Dolores, qui de toute façon ne s’imaginait pas supporter ces affreuses orgies de cajoleries ampoulées chaque jour de sa vie. A ce propos, d’ailleurs, voilà que Laura lui demandait où la chanteuse officiait, sans oublier, bien évidemment, de rajouter un petit compliment panégyrique derrière. Mais cela suffit pour que l’artiste recentre son attention sur la conversation.

- Je travaille à la Ruche, répondit-elle, c’est un petit club privé très apprécié de la plupart des gens ici présents d’ailleurs… Mais vu la réputation sulfureuse de l’endroit, ils se garderont bien de l’assumer. Ajouta la jeune femme avec un sourire amusé.

C’est tout de même drôle, cette manie qu’ont les gens à aseptiser complètement leur vie sociale. Qui croirait sérieusement que cet homme, là, avec sa grosse bedaine, n’allait jamais dans un bordel ou ne prenait aucune drogue ? Personne ! Alors pourquoi le cacher. Je manque cruellement de pub à cause de ça. Les gens viennent au club, trouvent ma voix magnifique, les plus beaux je les garde pour moi… Et puis rien, on ne parle de moi nulle part ou presque. Régis est mignon lui, au moins, il a la sincérité d’assumer sa décadence, et du coup il m’invite. Oui, pour ça il est vraiment gentil !

Une fois encore l’esprit de la demoiselle avait dérivé bien loin de la question initiale. Ce devait être vraiment handicapant d’avoir une réflexion qui agissait comme le plus insouciant des papillons, et qui se permettait sans vergogne de s’éloigner complètement du centre de la conversation pour s’adonner à des réflexions plus complexes, certes, mais dont les interlocuteurs de Dolores se passeraient bien, comme ça elle arrêterait de s’éclipser virtuellement de leur échange pendant de longues secondes plutôt gênantes.

- Mais je serais vraiment ravie de vous y voir ! Reprit-elle comme si rien ne s’était passé. Vous verrez, je suis sûr que l’ambiance vous plaira !



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Laura L. Greyson
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Hier à 10:17
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ϑϑϑϑ Pourquoi cet intérêt soudain pour la chanteuse? Honnêtement, ça ne ressemblait pas à Laura. Se soucier de chanson ou de représentation théatrale n'était pas son genre et ne l'avait jamais été. D'habitude, elle se rendait au plus connu pour se montrer aux bons endroits et que ce désintérêt total passe inaperçu aux yeux de la société. Mais cette fois, elle se disait que peut-être les chansons de Dolores étaient moins fades que celles des autres chanteurs sans aucun relief. Elle avait peut être une personnalité qu'on pouvait retrouver dans ses paroles. Un espoir comme un autre d'avoir plus d'affinité avec une femme que d'ordinaire.

    ϑϑϑϑJe travaille à la Ruche, c’est un petit club privé très apprécié de la plupart des gens ici présents d’ailleurs… Mais vu la réputation sulfureuse de l’endroit, ils se garderont bien de l’assumer.

ϑϑϑϑ La ruche ? Une réputation sulfureuse ? C'était le moins que l'on puisse dire. La seule raison qui faisait que Laura n'y soit pas encore passé était, nz pouvait être autre qu'il n'y avait pas de salle de pari dans l'établissement. Enfin, elle n'en avait pas connaissance et n'y avait pas -encore- était invitée. Laura ne pris pas la peine d'hocher de la tête ou de noter le nom qui était bien facile à retenir. Elle tourna la tête dans la même direction que son interlocutrice soudain silencieuse par cimple réflexe.

    ϑϑϑϑMais je serais vraiment ravie de vous y voir ! Vous verrez, je suis sûr que l’ambiance vous plaira !
    ϑϑϑϑVous pouvez y compter. Pour une fois que je sortirai par plaisir plus que par intérêt, j'ai hâte de voir quelqu'un chanter autre chose que des ... banalités.

ϑϑϑϑ Enfin, encore fallait il en avoir la preuve. Mais elle pensait sincèrement s'y rendre d'ici quelques jours. Ce fut le moment que Regis choisit pour réapparaître d'un coup entre les deux jeunes femmes. Tendant vers elle d'un air ravie les deux verres qu'il avait surement du batailler pour récupérer au bar.

    ϑϑϑϑJ'espère vous avoir manquer mesdames ! Il y a un monde fou ce soir... J'ai du m'arrêter plusieurs fois avant de pouvoir revenir auprès de vous. dit il comme si il s'agissait d'un exploit que peu de personne aurait pu réussir. ϑϑϑϑMais juste un mot, Laura, ma très chère, ce dont nous discutions a été accepté par les personnes qu'il faut. Nous pouvons donc profiter totalement de cette soirée tous les trois !
    Alors trinquons à cette excellente nouvelle Regis, en plus tu as de la chance je vais devoir m'eclipser dans quelques minutes. Mais nous nous reverrons, ainsi que Mademoiselle Rosetto comme promis.

ϑϑϑϑ La tête déconfite du jeune homme ne durent que quelques secondes. Après tout, il ne doit pas être faché de rester avc la chanteuse, qui ne tardera probablement pas à le planter à son tour de l'avis de l'ingénieur. Un tintement des verres et en quelques gorgées Laura finit son verre de ce vin trop léger. Un sourire de convenance ornent ses lèvres alors qu'elle salue encore une fois ses interlocuteurs. Est ce que c'est le fait d'avoir obtenu ce qu'elle voulait qui la fait déguerpir ? Absolument mais comme l'intéressé ne le voit pas quel importance ?

ϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑϑ

ϑϑϑϑ Ce fut quelques soirées à peine plus tard que Laura fut déposée par une voiture devant la Ruche. Elle avait eu une réservation bien plus facilement qu'elle ne l'imaginait, ce qui ne faisait que confirmé ce que lui avait dit Dolores sur son manque de publicité. Pourtant quand elle entra enfin dans la grande salle, tous les sièges étaient déjà plein. Un serviteur en costume la conduit avec des manières ampoulées vers la table qu'elle avait demandé près de la scène. Elle regarda autour d'elle les murs de verdure avec un regard calme.

ϑϑϑϑ Elle ne comprenait pas ce besoin de retour à la nature même dans la décoration, mais vu la rapidité avec laquelle son verre d'alcool était arrivé à sa table, elle pourrait faire un effort pour le supporter. Elle posa tête dans sa main en se tournant vers la scène. Un projecteur de lumière venait de s'allumer, elle était parfaitement à l'heure. Comme toujours...


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