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Chroniques d'Irydaë
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 Éléonore du Rogier

Éléonore du Rogier
avatar
Ven 19 Mai - 22:59
Irys : 50743
Profession : Médecin, attachée relationnelle pour Alyster&Co.
Pérégrin 0
Éléonore du Rogier



Passeport


Nom : du Rogier (née Alyster)
Prénom : Éléonore
Surnom : « L'Alcyon », d'une part pour son amour de l'océan et d'autre part, pour son calme vénérable et sa tendance à vouloir tout désamorcer pacifiquement ; autrement les intimes peuvent l'appeler Élé.
Sexe : Féminin
Âge : 28 ans
Métier : Médecin et parfois attachée relationnelle
Communauté : Pérégrins - Cercles de l'Aube (Troisième Cercle)
Lieu de naissance : Daënastre



Aptitudes & possessions
  • Magies affiliées : /
  • Armes et habiletés : Éléonore a hérité d'une rapière à forme triangulaire (pour ne pas trancher), lorsqu'elle s'est séparée de Bédivère, pour la première fois. Elle s'en sert rarement, mais peut avoir son utilité.
    Éléonore possède des connaissances pratiques et théoriques aiguës en médecine, justifiant son appartenance au Troisième Cercle de l'Aube. Plus généralement, elle possède une mémoire encyclopédique et a une connaissance relative des enjeux et des intrigues politiques en Daënastre.
  • Familiers/montures : Gracieuse, sa jument, qu'elle reçut en cadeau pour son mariage avec Bédivère.
  • Autres possessions : Plusieurs petits carnets pour annoter de ce qu'elle peut découvrir, ils sont triés par domaine d'études. Elle a également sur elle du matériel médical de base et son brassard du Cercle de l'Aube.




Profil psychologiqueLa majorité des connaissances d'Éléonore sont ignorantes de sa vie, cela sûrement du fait de la discrétion et de la réserve de son caractère, mais aussi parce que la société se veut close dans un système de castes fermées où chacun, dès sa naissance, se trouverait placé dans le rang qu'occupaient ses parents, et d'où rien, à moins des hasards d'une vie hussardée ou un mariage inespéré, ne pouvait le tirer pour pénétrer une classe supérieure. Néanmoins, Éléonore pourrait se targuer des deux (voir biographie). Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de mystères, car même s'il n'y a pas hérédité et caste, il reste toujours la corporation et son esprit de corps. Les parents d'Éléonore étaient d'origine modeste, mais la fille a su s'élever – un peu étrangement – par son métier et son mariage.

Élevée strictement dans le respect d'autrui, mais surtout dans l'amour de sa famille qu'elle chérit énormément, au point de partir en vendetta si le besoin s'en faisait sentir, la petite Éléonore s'était faite une réputation charitable, presque gentillette. Si on voulait peut-être appliquer à la jeune fille un coefficient social, personnel, qui donnerait sa propension à être appréciée dans la vie publique, ce coefficient oscillerait constamment autour de la moyenne. Il lui aurait été tantôt supérieur, par l'attention qu'elle tractait et l'attraction qu'elle générait, mais il lui aurait été tantôt inférieur quand la pauvre fille se faisait vulgairement utiliser pour ce qu'elle peut apporter, bien qu'elle n'en fût pas nécessairement consciente. Forte de ses déconvenues sociales et du dédain que les gens avaient pour ce qu'elle était, prenant uniquement ce qu'elle disposait aux autres, l'adolescente finit par s'être enfermée dans un cercle restreint. Elle ne se laissait aller qu'avec sa famille, ses mentors et ses amis proches. Éléonore devint une personnalité lisse et discrète, calme comme l'alcyon duquel elle reçut son surnom. On la présentait comme une sorte de vierge au sourire doux, seule facette qu'elle montrait sans trop de peine. Ses peines à elle étaient profondément enfouies en son for intérieur, la brûlant dans son cœur. Lors de son passage dans le service de Bertrand Montargis, elle réfréna tous ses sentiments. La nuit, elle lâchait des larmes fatiguées sur son lit, jusqu'à qu'elles disparaissent finalement. Depuis, elle ne pleure plus.

Ne connaissant alors plus la médiocrité dans l'expression de ses sentiments, la sécheresse de sa douleur fut compensée par deux feux qui allument sempiternellement son âme. Le premier était le soleil de la curiosité qui éclairait tous les champs où Éléonore pouvait se renseigner. Le second était le brasier de la passion amoureuse. Tous deux étaient crucifiés dans ses veines et elle pouvait sentir leur chaleur à tout instant. Son appétit intellectuel commença très tôt, lorsqu'elle reçut sa première formation à la médecine. Le domaine était tellement large qu'elle avait toujours de quoi apprendre : son esprit devint peu à peu encyclopédique et elle mit un point d'orgue à apprendre chaque jour quelque chose de nouveau. Aussi, le secret de son apprentissage vient de son organisation. Éléonore sait traiter à temps ce qu'il doit être fait et elle jouit d'un profond sens de la planification. Son appétit amoureux est plus pernicieux, car il est doux est douloureux en même temps. Doux par la jouissance qu'il peut procurer, douloureux par son manque. Ainsi, Éléonore en découvrit les deux aspects lors de sa formation au dispensaire, lorsqu'elle connut l'amour de Bédivère et la félonie de Méléagant. Dans le domaine de l'amour, elle oublie parfois les rouages de la raison et peut se montrer impulsive, en tout cas instinctive.

Découvrir le flamboiement de ses deux lumières était déjà le signe que l'on avait atteint un stade particulier dans l'amitié d'Éléonore. Néanmoins, il y avait une autre couche, plus profonde, plus intime et plus sensible qui couvrait encore le cœur de la médecin. En effet, on pourrait croire qu'Éléonore considère le monde comme un espace d'expérimentation infini, propice à tous les savoirs. Pourtant, ça n'est pas le cas. Au fond, la jeune femme est soumise à une vision pessimiste, car elle sait pertinemment que la réalité sensible ne pourra jamais combler les désirs de son esprit. La finitude de la réalité ne peut rien contre les lois de l'abstraction et le besoin infini de l'âme. Comme une sorte de résignation fatale, Éléonore se jette tout entière dans ses deux feux pour oublier cette condition. Quelquefois, pourtant, son cœur lâche et elle arbore un air nostalgique.

Éléonore regrette l'enfance, qu'elle voit comme une période bénie où l'on peut courir et s'amuser du temps présent, sans penser au passé ou au futur. C'est une absence totale de responsabilité et de conscience par rapport au monde alentour. Dans ses conditions-là, le monde devient réellement un territoire de jeu infini. Le rêve de la jeune femme serait de pouvoir revenir à cet âge sacré. Aussi, elle chérit la jeunesse et tente de lui éviter les sources de douleurs. Finalement, elle essaie de sauver la partie d'innocence qu'elle conserve peut-être encore au fond d'elle-même.

Par mots-clés : Altruiste, calme extérieurement, curiosité exacerbée (presque maladive), encyclopédique, passion démesurée, romantique, amour familial, vengeresse, nostalgie de l'enfance, Weltschmerz



PhysiologieÉléonore est d'une charmante beauté, quoi qu'on pût en dire à son sujet. Mince jusqu'à l'exagération, la jeune femme semble presque venue d'ailleurs que d'Irydaë. Non pas qu'elle respecte particulièrement les canons traditionnels, mais elle avait un air impénétrable, étranger. Sa tête est, il est vrai, objet de convoitise, dans sa forme et dans l'aura qu'elle dégage. Cadeau de sa mère, elle reçut un ovale d'une grande finesse, à la courbure tout à fait innommable. Son visage est serti de deux joyaux saphir, dont le bleu prenait parfois une teinte céladon à la lumière du soleil. De longs cils jettent alors leurs ombres sur ses paupières et ses joues. L'éclat de ses yeux contraste avec la pâleur de sa peau. Il est bien rare de trouver de la roseur ; et si on en trouvait, elle était entièrement nacrée dans ses blancheurs lumineuses. Son nez est droit et plutôt fin, les narines fortifiées par les embruns du golfe d'Onaël. Sa bouche, enfin, est dessinée avec adresse et finesse, dont les lèvres s'ouvrent gracieusement sur des dents blanches, tout comme la corolle au milieu des fleurs de genévriers. Voilà le tableau que l'on pourrait dresser de cette tête. Ses cheveux sont blonds comme le blé de l'été, légèrement ondulés, et s'ouvrent sur son front en deux larges bandes et se perdent derrière sa tête.

Elle se fait un jeu – qu'elle avait élevé au rang d'art – à faire oublier sa physionomie au travers des vêtements qu'elle porte : Éléonore sait se vêtir, ou plus exactement s'habiller. Néanmoins, et sûrement que l'on peut amputer cela au climat du pays et à la proximité des plages dans sa terre natale, elle donne quelque peu dans le genre léger.  Dans ses choses, on trouve de belles robes candides, dont les extrémités tantôt touchent terre, tantôt laissent libres les vues que l'on peut avoir sur ses jambes. Les plis sont soignés et habilement placés, ainsi que l’œil n'a pas à se plaindre, aussi exigent soit-il sur le relief des lignes. Éléonore aime le contact de la nature avec ses membres, mais durant les rudes hivers en Vereist, elle préfère le confort de manchons entiers dévoués à la chaleur perdue de l'été. Elle porte avec élégance de charmantes tarlatanes, tout comme des foulards en gaze. Mais la beauté de la jeune fille exige et crie pour plus que de ces chiffonnades. Oh, ne nous méprenons pas, rares sont les personnes à qui des tissus anciens conviennent, sans donner cet air costumé ou théâtral. Pourtant, Éléonore porte parfois de lourdes robes en velours, qu'elle ose même alourdir encore avec d'autres pierreries et pendeloques qui s'intersectent sur les mailles inférieures de ses habits. Mais cette beauté-là demande son contrepoids naturel pour ne pas faire chuter la construction. Ainsi, la jeune femme accentue sa déréliction par le port de fragrances qui élevait d'une dimension son apparence. C'était tout à fait remarquable qu'elle pouvait porter aussi bien le styrax et la myrrhe. Le premier est commun et applicable à beaucoup de jeunes femmes. La seconde, quant à elle, est plus profonde, plus charnelle, de cette chair la plus existentielle de l'humain. C'est l'odeur primaire de la vie, que portent seulement ceux dont le désir est le plus naturel, l'odeur de la mer.

Au niveau de sa force physique, Éléonore est très modeste, contrairement au reste de sa famille. C'est une fille très mince et sa musculature n'est aucune développée, comme si le corps lui-même n'en voyait aucune utilité. Pourtant, l'inaction ne seyait pas le moins du monde à la jeune femme. Elle a longtemps, lorsque sa jeunesse était toute innocente, aidé sa famille dans les tâches manuelles. N'en déplaise aux hommes, l'exercice était exigent pour les muscles de la cambrure inférieure du dos. Même si elle a arrêté de tels efforts à l'orée de son adolescence, la jeune fille a continué à entretenir son corps par les autres activités qu'elle mena. Elle prit des cours d'escrime, lorsqu'elle étudiait au dispensaire, auprès de Bédivère. Il faut être honnête, cela était surtout pour rester plus longtemps avec ce dernier ; néanmoins, elle retint quelques réflexes. Ses jambes s'affermirent un peu et on pouvait dès lors noter une ligne de musculature, au niveau de son mollet. Sans doute que cela aurait disparu, après avoir arrêté de fréquenter les cours de fine lame, mais l'amour de Éléonore pour les balades l'avait souvent emmenée à sortir dans les plaines pour errer et humer à plein poumons la délicate brise des étendues de Daënastre. Les longs vagabondages avaient sûrement entretenu ses jambes. Elle n'en est aucunement mésatisfaite. Un peu de contraste dans la minceur de son corps apportait quelque chose à l’œil et cela ne pouvait que la servir, au fond.

Mais dans tous ses apprêts, comment Éléonore se voit-elle elle-même ? La créature a beaucoup été secouée par l'effet que sa beauté a procuré, dans sa plus tendresse jeunesse. Déjà, tout minaude, on lui répétait qu'elle était une charmante fille et qu'elle trouverait beaucoup de garçons qui viendraient s'amouracher d'elle. La jeune fille était tout excitée à cette idée, comme on peut être excité à l'idée de se représenter la première fois sur les planches et d'accueillir les applaudissements du public. Néanmoins, elle comprit que les garçons cherchaient plutôt sa beauté que son esprit, ses formes plutôt que sa bonté, en fit-elle l'amère expérience avec Méléagant, qui lui brisa le cœur. Encore jeune et incline à voir ses douloureuses amours se solder par des déceptions, elle les accueillit avec un profond dégoût d'elle-même. Le plaisir physique, si extatique fût-il, n'était que maigre constituant d'un véritable amour, que son cœur encore veiné de sang romantique cherchait. Alors, l'apparence de femme n'était qu'un masque. Nous l'avons dit, Éléonore cultive son extérieur comme un jeu : elle se donne des airs, car cela n'est finalement que symboles cryptiques à déchiffrer pour atteindre les significations profondes des réponses que d'obscures entités donnent aux simples mortels avides d'un amour sans aucune substance éternelle. Les vraies réponses et messages de bienveillance, nécessaires, ne sont à trouver que sous un contact sans plaisir. Par là un peu déesse, Éléonore, ne veut être guère plus que cela. Une force positive, formule de l'expression de la vie. Mais pour ce rôle-là, la femme doit être complétée par ce miroir de beauté, même si personne ne pourrait finalement dire, une fois partie, comment elle était habillée ou quel parfum elle portait.

Par mots-clés : beauté aliénante, charmante, élégante, peut porter de tout, vivante, faible constitution, dégoût pour sa beauté, joue la mascarade



Biographie      Premier quartier : Enfance

Je m'appelle Éléonore du Rogier. A l'orée de mon vingt-huitième printemps, j'ai décidé de prendre la plume pour consigner mon histoire, que ce qui soit écrit à l'intérieur de ce journal ne soit jamais oublié de ceux qui le recevront. Ce que vous lisez est le premier jet d'un ensemble bien plus grand et bien plus précis qui couvrira tout ce que j'ai vécu et vivrai.

Je suis née en Rathram, dans un petit village près d'Onaël, près des grèves de l'Océan. Je suis l'aînée d'une fratrie de trois. Mon jeune frère s'appelle Tethrys Alyster et ma plus jeune sœur, Aviel Alyster. L'histoire de ma famille avant ma naissance n'a rien de remarquable. Mes deux parents étaient des marins qui faisaient partie de petits équipages sur ces modestes bateaux côtiers. Bien que ma mère et mon père aient été des gens intelligents et ambitieux, leur ascendance les avait laissés sans l'argent ou les contacts nécessaires pour espérer faire éclore leurs projets. Cela changea lorsqu'un bourgeois de la région fit une offre aux habitants de notre village. La requête était simple : il demandait à plusieurs femmes consentantes de porter ses enfants. Ce qu'il voulait en faire n'avait pas d'importance, disait-il, seulement que s'il voyait dans cette progéniture un enfant qui l'intéressait, il prendrait sa garde, vers ses douze ans. Ce qui fallait, c'était l'accord des mères. En échange, il était prêt à payer une somme tout à fait conséquente à celles qui accepteraient.

Je peux sentir, parmi ceux qui liront mon carnet, un sentiment de dégoût à cette idée-là. Néanmoins, c'est par une décision calculée et pragmatique que ma mère et mon père acceptèrent et ainsi, je naquis sous le toit de Serge et Beate Alyster. Dans le même temps, la fortune familiale commença également à croître. Mes parents m'élevèrent donc jusqu'à mes douze ans : je connus une discipline stricte, mais aimante. Je grandis comme une Alyster et dans l'honneur de ce nom. Beaucoup de personnes critiquaient cet arrangement, mais ma famille tint bon et mon père paya un médecin local pour qu'il me prenne en tant qu'apprentie. Je devais pouvoir assurer mon futur avec mes propres capacités.

Tethrys arriva un an après ma naissance. Il grandit avec l'esprit d'un marchand, capable de noter et d'utiliser n'importe quelle opportunité, du moment où elle se présentait à elle, et même de créer les siennes. C'était un garçon très intelligent et ambitieux, qui savait être décisif, sûrement bien plus que moi. Mon père s'arrangea pour qu'il puisse avoir un travail de marchand, dans une des guildes de la région. Très vite, un grand marchand le prit sous son aile et il commença véritablement à exceller dans cet art-là. Aviel arriva trois ans après Tethrys. C'était une fille très douce, mais de ce qu'on me rapporta, elle eut du mal à trouver son rôle dans la famille. Aviel était curieuse, comme moi, et elle parlait souvent de marcher dans mes traces, pour devenir elle-même médecin.

Il vint néanmoins le jour où je dus quitter ma famille. L'initiateur du contrat, Emelius Daegs, apparaissait satisfait de la fille que j'étais devenue. Je partis des Alyster, les larmes prêtes à couler et le corps lourd.

     Second quartier : Pré-adolescence

C'est ainsi que je découvris un univers tout à fait différent, loin de l'enfance stricte que je connus. Emelius était un homme que je pourrais qualifier de bon. Pas nécessairement un bienfaiteur, mais il était assez généreux pour ne pas passer pour un ingrat à mes yeux, même si je haïssais le contrat qui me préexistait. Surtout, ce que je vis en lui, c'était une profonde solitude. Je me surpris à éprouver une tendre sympathie pour le vieil homme. Pour sa condition, il était relativement modeste, il ne vivait pas par-dessus ses moyens, hormis pour une seule chose. Moi. J'avais le droit à tout, j'étais choyée et avais tout ce qu'une fille de mon âge pouvait rêver. Surtout, j'avais accès aux bibliothèques de Cerka, à la connaissance, aux précepteurs. Je découvris la philosophie, les mathématiques pures et la musique. Je me plaisais à apprendre le piano, car Emelius avait un magnifique piano à queue dans son salon. Il me disait qu'il savait en jouer, qu'il était plutôt bon durant son jeune âge. Néanmoins, je ne pus le surprendre qu'une seule fois faire bondir ses doigts sur le clavier. J'étais revenue à notre domicile plus tôt que prévu et il paraissait bien gêné de me voir. Je voulus lui dire qu'il jouait très bien, mais il m'ignora et plus jamais je n'entendis son jeu. J'avais bien essayé de le convaincre à reprendre la musique, mais il esquivait le sujet.

J'avais bien entendu le droit de voir ma famille. Parfois, je faisais le voyage jusqu'à Onaël et je retrouvais ceux que j'aimais tellement. Tethrys avait trouvé l'argent nécessaire afin que lui et notre père lançassent leur propre petite compagnie de marchands. Il me disait avec malice qui ne s'attendait pas à ce que sa société prospère, c'était surtout une plateforme d'où il pouvait apprendre encore beaucoup de choses. Ma petite Aviel a pris la place d'assistante que j'avais laissée vacante après mon départ. Là encore, elle ne savait pas vraiment comment elle pouvait aider la famille. Mes parents parlèrent d'un mariage arrangé, mais je m'y opposais formellement.

Mon rapport avec Emelius était complexe. Il était bon et savait que j'avais passé tant d'années de ma vie avec les Alyster et qu'il n'y aurait qu'un seul vrai père pour moi. Pourtant, il se plaisait à me traiter un peu comme sa fille. Son regard parfois brillant me poussait à jouer le jeu. Je l'aimais comme je pouvais aimer un oncle. Il semblait s'en contenter. Aux yeux des autres, j'étais de la famille au second degré. Cette situation était agréable. Je me satisfaisais de ce que j'avais et je pensais que cela continuerait pour une grande partie de ma vie.

Néanmoins, cinq ans après mon arrivée, Emelius tomba dans une sorte d'intrigue. Les spécificités ne sont pas importantes, mais pour la mémoire d'Emelius, je rapporterai ici ce que j'en sus par la suite. Dans sa jeunesse, il serait tombé amoureux de la fille d'un grand bourgeois. Les sentiments étaient partagés, mais aucune des familles n'approuvait ce qui se passait. Emelius aurait proposé à la jeune femme de partir avec lui, ailleurs, pour pouvoir consommer leur idylle. Elle accepta, mais il y eut un incident dont je ne connais pas la nature. Elle serait morte sur le trajet et sa famille aurait appris la tragédie. Ils auraient juré de se venger d'Emelius, quand le temps sera venu. Pour cette raison et pour l'amour qu'il nourrissait encore, il aurait refusé de trouver une autre compagne. Mais déchiré par la solitude, il en vint à proposer le contrat dont je suis le produit.

Je n'en veux pas à Emelius. Je regrette néanmoins qu'il ait tant souffert, jusqu'à se résigner à cette idée-là. Quelques en fussent les causes, il se trouva qu'il connut une chute sociale très grave. Ses propriétés furent toutes divisées et il se trouva que parmi elles, il y avait le contrat qui stipulait que j'étais à son service. Lorsque mes parents apprirent cela, ils dépensèrent une lourde quantité de temps et d'efforts pour savoir ce que j'étais devenue. Pour dire vrai, je fus affectée au service d'un bourgeois de la branche annexe au premier amour d'Emelius, du nom de Bertrand Montargis. Il était marchand et je devais le suivre dans ses déplacements. Mais il était despotique et me traitait comme si je n'étais qu'un objet. Je connus un état proche de la servitude, après avoir connu la liberté chez Emelius. Ce temps fut très difficile pour moi : c'était à cette époque-là que je me résolus à ne plus pleurer. Je me mis à affronter stoïquement mon destin, dans l'espoir que mon malheur se terminerait un jour.

Je ne sais comment cela s'est effectué, mais un jour, j'appris que mes parents avaient réussi à racheter mon contrat. Je ne peux qu'imaginer le coût d'une telle opération. Beaucoup se sont demandé pourquoi mes parents se sont préoccupés de mon état. Je n'étais même pas la fille de Serge par le sang. Mon seul but, à l'époque, était de servir à lancer la fortune de la famille, pourquoi prendre tant de risques pour me retrouver ? Comme toujours, la réponse de mes parents était qu'ils avaient trouvé une opportunité encore plus grande avec moi, pour pousser le succès de la famille encore plus loin. Mais je sais au fond que mes parents n'étaient pas aussi calculateur, quand il s'agissait de leur famille, et j'en faisais toujours partie.

Après une année de désespoir, je pus à nouveau serrer dans mes bras ceux que j'aimais. J'appris plus tard de Tethrys qu'Emelius avait été trouvé mort, selon ses contacts. Parfois, une tristesse m'envahit à cette pensée, au sourire d'un homme seul, qui me choyait comme sa fille.

     Troisième quartier : Adolescence

J'avais dix-sept ans, lorsque ces péripéties se terminèrent. Ma famille, et surtout Tethrys, profita néanmoins de l'expérience que j'eus de cette année terrible. J'avais pu former une liste de noms et d'intrigues en Daënastre et mon frère en faisait bon usage, comme à son habitude. Je ne cautionne pas cela, mais il est difficile de faire changer les usages qui ont perduré pendant tant d'années. Durant les mois qui suivirent mon retour chez les Alyster, je pris ma sœur sous mon aile pour développer ses connaissances du monde. Néanmoins, il arriva un temps où je me rendis compte qu'il fallait que je poursuive ma formation de médecin pour enfin devenir digne de ce métier.

J'en parlais avec mes parents et mon père me dit qu'il connaissait un certain Sigismund Baskell, un médecin et ami à lui qui s'était dirigé vers le nord pour installer un dispensaire en Vereist. Si je le voulais, je pouvais continuer mes études là-bas. Aviel ne voulait pas me laisser partir à nouveau, mais après une longue réflexion, je pris mes affaires pour rejoindre le dispensaire de bons soins, à l'est des Jumeaux dormants. Ma formation devait durer trois ans. Il y avait quelques autres élèves avec moi, dans cet établissement. A la tête de celui-ci, il y avait évidemment Sigismund, mais aussi Verrat, un autre médecin de formation.Très rapidement, je captais l'attention d'un jeune bourgeois qui étudiait là, un certain Bédivère du Rogier.

Bédivère est un homme remarquable. Je pourrais tant écrire sur lui et je le ferai sûrement dans le futur. Tout le temps que j'ai passé avec lui m'est si agréable quand j'y repense. Il m'apprit beaucoup de choses sur le monde, sur les gens et sur l'amour. Il m'apprit à me laisser aller et à aimer simplement. Tant d'autres choses aussi, comme me défendre à l'épée, mais ça n'est pas important de le mentionner pour l'instant.

Ma formation au dispensaire n'était pas exempte de péripéties plus dramatiques, toutefois. Bédivère avec un rival, un jeune homme qui s'appelait Méléagant Actius. Méléagant devint intéressé par ma personne après que chacun pouvait voir que la relation que j'entretenais avec Bédivère était plus qu'une simple amitié. C'était un individu très persuasif et charmant. Je ne sais comment, il parvint à me tirer hors de l'attraction de Bédivère. Celui-ci m'avait prévenu de faire attention à Méléagant, mais mon esprit était enfumé par ses jolis mots. Quoi qu'il en fut, je ne m'étendrai pas trop, ces mémoires étant très honteuses : après avoir gagné mon cœur, Méléagant s'en targua auprès de Bédivère et m'abandonna tout aussitôt. Cette trahison brisa mon cœur. Je mis du temps à me reconstruire, mais j'y parvins finalement. Sigismund eut vent de cette intrigue et voulut bannir Méléagant. Ce dernier argua que j'étais aussi responsable de m'être laissée berner comme cela et il demandait de régler cela par un concours. Il s'agissait simplement de soigner le plus de patients en deux semaines. Je ne sais ce qui m'a pris d'accepter ces termes. Jamais maintenant, je ne me servirai de la santé de patients pour des pacotilles pareilles. Mais à l'époque, j'avais besoin de me venger pour sa félonie.

Finalement, je parvins à remporter le concours et Méléagant quitta lui-même le dispensaire. Je ne le revis plus jamais, après cela. Bédivère revint me voir et me demanda si tout pouvait à nouveau être comme avant. Je lui répondis que oui. Notre amour fleurit très vite, mais nous savions que la fin de notre formation était proche qu'il allait falloir se séparer. A la fin de nos trois ans, nous nous dîmes au revoir. Il était d'une famille prestigieuse et je n'étais qu'une fille sans nom. Alors, je pensais qu'il ne pouvait rien y avoir de durable entre nous deux. Lors des départs, nous n'eûmes aucun regret. Nous nous écrivions et nos familles profitèrent de nos liens.

Quant à moi, après ma formation, je voulus concrétiser mon expertise en rejoignant les rangs des Cercles de l'Aube. J'avais alors vingt ans. A ma grande joie, je fus acceptée et je rejoignis le Troisième Cercle.

     Quatrième quartier : Adulte

Pendant ce temps, mes parents et mon frère ont réussi à obtenir assez d'argent pour acheter leur propre bateau et ils prenaient souvent la mer pour voyager et vendre leurs marchandises. Tethrys était à la charge de l'organisation et Aviel, qui devenait aussi encyclopédique que moi, s'occupait de la gestion logistique. Moi, je les aidais de temps en temps et exerçais ma médecine dans les alentours d'Onaël.

Pendant deux autres années, toute ma famille travailla comme une entreprise et nous devenions assez riches. Notre fortune était stable et notre nom n'était plus inconnu. Néanmoins, un jour, une autre tragédie survint. A une escale, le bateau de mes parents fut volé par des pirates. Aviel, Tethrys et moi-même avions reçu un papier des autorités de Daënastre. D'après leur rapport, l'équipage présent sur le bateau était passé du côté des pirates ou sur le fil de l'épée. Nos parents furent retrouvés dans une ruelle, morts mystérieusement, sans blessure, sans aucune trace à l'autopsie.

Peu après, je pris plus de temps pour aider dans les affaires de notre famille. Une fois notre période de deuil passée, nous parlâmes pour mettre sur pied un plan, afin de garder notre famille à flot. J'avais déjà des contacts grâce aux patients que j'avais pu soigner, ainsi, j'acceptais de trouver de nouvelles opportunités de marché, tandis que Tethrys et Aviel géreraient le commerce pour nous remettre sur pied, car nos économies et notre réputation avaient pris un sévère coup.

Bédivère entendit parler de cela et vint à Onaël pour nous parler. Selon lui, il y avait du bon à exercer notre métier de médecin pour voir du monde et découvrir des gens. Pour lui, cela serait une excellente opportunité de continuer à aider le monde, tout en trouvant des opportunités pour ma famille. Je n'étais pas certaine de vouloir me mettre de suite sur les routes et Bédivère me conseilla de retourner au dispensaire pour avoir le soutien de Sigismund. Je pensais que c'était une idée raisonnable, et j'en fus absolument convaincue, alors que Bédivère se proposa de m'accompagner pour que je ne sois pas seule. Il me dit que sa famille comprendrait facilement et qu'il était aussi devenu médecin dans le Troisième Cercle, donc il pouvait décider comment exercer son métier.

Aussi, Bédivère, avant de partir, évoqua les souvenirs que nous avions du dispensaire. Il parla de nos amours secrètes, des épreuves que nous avions passées ensemble. Qu'il aimerait tellement rester avec moi pour que nous continuions à les affronter main dans la main. Je ne pouvais croire qu'il me déclarait à nouveau sa flamme et fus d'autant plus désarçonnée, lorsqu'il me demanda en mariage, pour le plus grand plaisir de ma famille et avec le regard bienveillant de la sienne. Notre amour consommé, nous nous rendîmes finalement en Vereist.

Nous choisîmes le dispensaire, car Sigismund offrait gratuitement ses soins aux indigents, grâce à la fortune qu'il avait accumulée, dans sa jeunesse. Néanmoins, durant la dernière décade, ses comptes chutèrent et il se retrouva contraint de recourir à des moyens peu licites. En effet, un jour que je triais des papiers, je découvris qu'il trouvait des revenus en vendant un poison indétectable à un groupe d'assassins. Je le confrontai et c'était comme si son monde s'effondra. Il se désola d'en être arrivé là et me dit qu'il avait pu néanmoins obtenir que le poison ne soit utilisé que contre des puissants "mauvais".

Dans ma tête, je pensais qu'il devait forcément avoir un lien entre la mort de mes parents et ce poison. Plus tard, je voulus avoir des explications et me rendis dans le bureau de Sigismund pour lui parler de ma famille. Mais je ne trouvais que son corps sans vie, affalé dans sa chaise. Une colère m'envahit et je ne me souviens plus vraiment du reste de cette journée.

Ce que je sais, c'est que Bédivère m'a dit que Verrat avait disparu, après cet événement. Je suis certain qu'il est lié à tout cela. Je le traquerai et il paiera la mort de mes parents, face à la justice. J'en fais le serment.




Dans la vraie vie ?


Quel âge avez-vous ? 18 ans
Comment avez-vous découvert le forum ? Par une recherche Google et la patte graphique m'a frappé depuis quelque temps déjà. J'ai hésité avant de m'inscrire et me voilà !
La création de votre fiche a-t-elle été fastidieuse ? Pour l'instant, pas plus que pour d'autres fiches. Le contexte est dense et il va falloir un bon bout de temps pour le digérer, mais sinon, c'est agréable.
Avez-vous des suggestions pour rendre la validation plus facile ? Pas tellement !
Code du règlement:
 


Dernière édition par Éléonore du Rogier le Dim 21 Mai - 23:13, édité 21 fois
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Bolgokh
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Dim 21 Mai - 23:26
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Réputation auprès de Daënastre

                                                                                                                   
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Ünellia--------
0/30.000
Le Tyorum--------
0/30.000
Rathram--------
1.250/30.000
Vereist--------
0/30.000
Hinaus--------
0/30.000
Daënastre--------
1.250/150.000


Réputation auprès de My'trä

RÉGIONS
RÉPUTATIONS
POINTS
Suhury--------
0/30.000
Zagash--------
0/30.000
Zolios--------
0/30.000
Khurmag--------
0/30.000
Kharaal Gazar--------
0/30.000
Nomades d'Amisgal--------
0/30.000
Nomades d'Orshin--------
0/30.000
My'trä--------
0/210.000


Réputation auprès des Pérégrins

GROUPES
RÉPUTATIONS
POINTS
Pérégrins--------
0/30.000
Cité-État de Dyen--------
0/30.000
Cité-État d'Aalz--------
0/30.000
Cercles de l'aube--------
2.501/30.000
Ordre de la pénitence--------
0/30.000
Les Vigilants--------
0/30.000


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Éléonore du Rogier
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Liste des relations


RPs en commun


Décembre 931
- Au bord des mines hallucinées


Gwen Feien


A venir.






Cinder Lauwens


A venir.






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Dernière édition par Éléonore du Rogier le Lun 22 Mai - 16:40, édité 1 fois
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Éléonore du Rogier
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Liste des RPs et chronologie

        Année 931
- Klumpen, Vereist - 14 décembre - ... : Au bord des mines hallucinées [PV Gwen]
Quand la seule trace d'un criminel que vous avez est enterrée dans des glaciers centenaires, il faut en plus que ce soit à Klumpen.

       Année 932
- Forêt de Kyaz, Vereist - 10 mars - ... : On aurait dû arrêter les victimes ! [PV Cinder]
Recette d'une instance sylvaine : un mort dans les bois, un cheval blanc étrange et un griffon avec son maître.



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