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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Vereist
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 Au bord des mines hallucinées

Éléonore du Rogier
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Lun 22 Mai - 14:50
Irys : 50743
Profession : Médecin, attachée relationnelle pour Alyster&Co.
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Au bord des mines hallucinées

Première partie

14 décembre 931 - Abords de Klumpen, Vereist
~ PV Gwen ~

« Et pour quelle raison, je devrais te laisser mettre ta vie en danger, dis-moi ? »

La voix de Bédivère me surprit. Je relisais diverses lettres et notes, quand il m'interpella, avec son air blasé. Il se tenait debout, appuyé sur l'encadrure de la porte. Son regard était fatigué. Moi aussi, j'étais fatiguée. Nous étions tous fatigués dans cette histoire.

Je crains que cette entrée soit un peu incompréhensible, je ferai donc un rapide résumé des derniers événements pour mes lecteurs. Comme chacun le sait, je suis sur la piste de Verrat depuis que je le soupçonne d'avoir empoisonné mes parents. Ce scélérat est sorti bien vite de mes radars et même avec les contacts de mon frère Tethrys, je n'ai pas pu le retrouver. Jusqu'à récemment. Plusieurs sources concordantes m'ont affirmé qu'il s'était dirigé vers le nord-est de Daënastre dans cet enfer de Klumpen.

Forcément, je n'avais qu'une envie, c'était de mettre la main sur lui. Mais il fallait être prudent et consciencieux. C'était pour cette raison que nous nous étions décidés à lancer une expédition de mercenaires dans la ville pour essayer de trouver des indices ou quoi que ce soit d'intéressant sur lui. Nous avions fixé un délai d'un mois. S'il n'y avait aucune nouvelle d'ici là, l'expédition serait portée disparue et les membres considérés comme morts.

Ce qui devait arriver arriva, l'expédition ne donna pas signe de vie. C'était prévisible. Je n'avais pas tant d'espoirs que cela. Néanmoins, je me refusai d'abandonner si rapidement. La justice qu'attendent mes parents ne peut pas trouver sa fin ici. J'ai commencé à parler d'une seconde expédition à Bédivère. Il me soupirait que cela aurait la même fin que la première. Je lui disais alors que je voulais en faire partie. Je vois encore son regard consterné. Il me secoua dans tous les sens en disant que j'avais perdu la tête et que je ne savais plus ce que je disais.

Il avait raison. Maintenant que j'avais réfléchi, j'étais certaine que je voulais y aller.

« Bédivère... Je t'en supplie, comprends-moi. »

Je lâchai mes papiers et lui jetai un regard plaintif, presque pleureur. Il fit une moue particulière. Celle qui voulait dire « oui, je te comprends, mais non, ça ne me fera pas changer d'avis ». Je le fixais des yeux, tandis qu'il poussait quelques dossiers pour pouvoir s'asseoir sur le bureau. Son regard était perçant, comme s'il me jaugeait, comme s'il me lisait. Je déteste cette sensation. Je déteste qu'on fouille en moi. C'était bien parce que c'était lui.

Cela dura une minute. Une longue minute. On ne sait pas comment ça peut être long, une minute. Je sentais le bois crépiter dans l'âtre. Le dispensaire était silencieux, mais je pouvais entendre le tic-tac entêtant de l'horloge. C'est long, une minute.

« Mon amour, c'est justement parce que je te comprends que je ne vais pas te laisser y aller. Je sais que c'est frustrant, mais au fond de toi, tu sais que c'est très dangereux et que les chances de trouver quoi que ce soit sont de l'ordre du néant. Crois-moi, nous trouverons quelque chose d'autre, Verrat ne s'enfuira pas si facilement. »

Il parlait d'un air doux, comme lorsque nous évoquions des souvenirs qui nous réchauffaient le cœur. En fait, il prend toujours cet air doux quand il veut que je me roule dans ses bras et lui dise que je suis d'accord. Il poursuivait :

« Nous avions prévu de passer l'hiver tranquillement ici, pour rentrer à Rathram au printemps. Tu es toute fatiguée, depuis quelques mois. C'est pour ton bien que je dis ça. »

Il avait raison. Encore. J'étais épuisée par tout. Les patients, ma famille, Verrat... Tout me sapait de l'énergie. Heureusement que j'avais Bédivère.

« Soit », fis-je en soupirant. Il me lâcha un petit sourire et déposa un baiser sur mon front, après avoir repoussé mes cheveux. Plus serein, il me dit qu'il devait retourner voir un patient et s'enfuit vite de mon bureau.

« Mais mes parents n'ont pas connu la fatigue quand ils me cherchaient à travers Daënastre, Bédivère », lâchai-je, au moment où il passa le seuil, les yeux brillants. Il s'arrêtait, me regarda, désolé. Il reprit sa course.

*
*     *

Le froid de Vereist était mordant. Pas comme un chien qui vous attraperait à la cuisse, mais plutôt comme un lion qui voudrait vous décapiter à coup de dents. Nous formions une petite expédition en direction de Klumpen. Aucune ligne ferroviaire ne poussait aussi loin et il fallait se contenter d'une mobilité réduite dans un paysage de glace. L'expédition était guidée par un trappeur ou quoi qu'il fût d'autre. Il avait avec lui trois hommes et menait une affaire « qui nous intéresse pas », comme il le disait. J'étais, pour ma part, accompagnée de Bedivère et d'une mercenaire engagée spécialement pour ce voyage. Elle s'appelait Gwen Feien. Peu loquace, mais pas autant que l'air ambiant, avoué-je. Peu importe, une telle température ne nous permettait pas de parler.

Je m'enroulais dans ma pelisse et mon parka de fourrure. Même si j'avais passé plusieurs années à Vereist, jamais des températures si basses s'ancrèrent dans mes habitudes. Pour Bédivère non plus, d'ailleurs. Il congelait littéralement sur place et je le sentais trembler sous ses couches de vêtements. Je réfléchissais à tout cela, silencieusement, quand finalement, après plusieurs jours d'expédition, nous voyions, proche de l'horizon, pour peu qu'il existe avec le brouillard givré, au détour d'un pan de glacier, une cité à demi-rongée par la ruine. Klumpen, cité perdue, cité maudite. Il nous fallait encore descendre un léger vallon de glace avant une dernière ligne droite en direction de la ville ; tout cela prendrait encore une journée de marche.

Le soleil polaire déclinait et il donnait ses dernières lumières avant de plonger dans le vide. Il fallait s'arrêter. Un creux dans un massif gelé nous servit de halte. Rapidement, tout le monde s'affaira à ses tâches que chacun connaissait maintenant par cœur. Il y avait beaucoup à faire dans un temps limité : sortir les thermos d'eau chaude remplis avec des flocons d'avoine, fondre l'eau potable, préparer le pemmican avec le reste de l'eau, j'en passe encore beaucoup. Nous nous installâmes bien serrés pour ne pas gaspiller notre chaleur corporelle. À un moment où je me dénombrais les réflexions qui avaient empli mon esprit pendant les jours précédents, pour me rendre enfin compte si nous venions ou non de franchir la première étape de notre périple (et où l'incertitude même qui me faisait me poser la question était en train de me fournir une réponse négative, par les épreuves qui nous attendaient). Dans ma vision, au-dessus d'un arc de couleurs échancrées, je vis des nuages gonflés dont le duvet était d'un rose mouvant, vivant, qui changerait dans quelques instants, comme si un peintre insatisfait par ces couleurs déposait une nouvelle couche par-dessus. Je me permis cette pensée-là, qui me donnait du baume au cœur, car bien à des lieues de la sécurité, c'était sûrement une des dernières que je pourrais avoir dans cet endroit banni des mémoires.

Plus intéressant, il me vint à l'esprit que dans notre expédition, nous n'avions nullement rencontré de matars. La curiosité me pousserait à en vouloir en voir un, mais je chérissais assez ma vie pour me satisfaire de la situation actuelle. Ces bestioles de glace sont particulièrement imposantes et, à moins d'utiliser du feu, il n'y avait aucune chance pour s'en sortir. Tandis que je pensais à cela, un grondement sourd se fit entendre, je le relevai brusquement la tête pour me rendre compte que ce n'était que le bruit que l'on entendait sous terre, depuis des jours déjà. Mon regard croisa celui de Gwen. Elle me fixait étrangement, comme si elle désapprouvait mes pensées...


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[HRP : Oui, alors, j'hésite encore beaucoup sur le style que je vais donner. J'oscille entre le simple et le pompeux, ça sera encore le cas pendant quelques temps, jusqu'à ce que je trouve un juste milieu qui me convienne. Pardon aux lecteurs pour ce bazar de style.]
Fiche du bestiaire pour les matars : ici



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Gwen Feien
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Mar 23 Mai - 11:39
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Je devais ma présence ici à Arabella, l’intermédiaire entre les riches employeurs et les « les hommes à tout faire ». Depuis que je l'avais rencontrée il y a plus d'un an, elle me contactait de temps en temps pour des jobs. Ceux-ci ayant étaient plutôt fructueux, je n'avais pas trop hésité à prendre celui-ci. Bien qu'honnêtement, je ne sais si on pouvait appeler ça un cadeau entre les conditions horribles de ce voyage et la destination, Klumpen, sans parler de la compagnie douteuse... Enfin, je dis ça mais le groupe qui nous sert de guide a sûrement les mêmes intentions que moi et celles-ci divergent très certainement de celles du couple.

Bref, vous l’aurez compris on forme une drôle d’équipe. Pourtant alors que l’on monte le camp rien ne le trahit, chacun connaît sa place et fait en sorte que les préparations pour la nuit se fasse sans encombre : il en va de notre survit à tous en ce lieu si inhospitalier.

Par contre, la conversation, c’est une autre histoire. Tout le monde mange ces flocons en silence, pas que ce soit un mets fameux, on a juste rien à se dire. Attristée ? Pas plus que ça, même si j’avoue qu’une voix humaine serait bienvenue pour me distraire de ce grondement inquiétant qui donne l’impression que le sol est vivant, mouvant, cherchant à nous prévenir des dangers à venir. Stupide, non ? Je regarde la dame à l’origine de tout ça et me demande alors qu’elle relève la tête si ses pensées rejoignent les miennes.

Une idée bien vite éclipsée par l’horreur de ce que je contemple derrière elle : un morceau de glace mouvant seul à moins de dix mètres. Dans cette région ça ne peut signifier qu’une chose : la présence d’un matar, ces animaux aussi résistants qu’intelligents. Une chance que je l’ai vu, que la patronne est relevée brusquement la tête, que la terre est grondée à ce moment… Je détache difficilement les yeux de la bête mais il le faut. De même que garder son sang froid, la panique est le pire ennemi de la survit. Je pose doucement ma gamelle au sol tandis que je parle d’une voix tendue.

-Vous allez avoir du boulot les gars, on devrait s’enlever de leurs chemin doucement.

Mes derniers mots s’adressent bien sûr au couple.

Aux sourires carnassiers que je peux apercevoir chez les guides avant de me retirer, je me rends compte que ces pauvres fous se réjouissaient de la bataille à venir. Très bien qu’ils s’amusent et surtout qu’ils ne meurent pas sans elle ! En aucun cas je veux avoir à me mêler à ce carnage.

Deux d’entre eux sortent des lames magithèques tandis que le troisième se met en position pour tirer avec son fusil amélioré. Je ne sais s’il arrivera à toucher sa cible qui déjà commence à se déplacer avec habilité. Bientôt elle entrera en contact avec Marek et Stephan.

Un coup part peu lumineux et rapide, il n’est donc pas puissant. Mais qu’importe, il touche le matar à l’œil, le seul endroit non caparaçonné. Inutile de dire que sa rend la bête furieuse. Son rugissement assez effrayant en soi s’accompagne de coup de plus en plus acharnés.

Je n’aime pas ça du tout. Mes couteaux en main je me prépare au cas où ils tomberaient tous.


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Éléonore du Rogier
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Mar 23 Mai - 23:54
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Au bord des mines hallucinées

Deuxième partie



Je compris vite que cela n'était pas moi qu'elle désapprouvait particulièrement. Ses yeux écarquillés semblaient fixer un point derrière nous et ses iris étaient statiques. Elle les fit difficilement bouger dans ma direction, crucifiant mon regard du sien, avant de retourner à son point d'intérêt. Elle posa prudemment sa gamelle de fer blanc sur le sol, sans bruit et eut quelques paroles.

« Vous allez avoir du boulot les gars, commença-t-elle en direction des trappeurs, avant de poursuivre, en me regardant tour à tour avec Bédivère. On devrait s’enlever de leur chemin doucement. »

A ces mots, les chasseurs ricanèrent avec un air prédateur. Je me retournai pour examiner les alentours d'un œil pressé. Mon regard balayait la zone, brumeuse et blanche. Ce ne fut pas difficile de remarquer ce qui tracassa Gwen. En dehors de sa cavité naturelle, la seule aspérité sur le terrain était un bloc de glace à quelques dizaines de mètres de nous. J'aurais juré qu'il n'était pas là, à notre arrivée. Et les connexions se firent dans mon esprit. Pardon ? A peine avais-je pensé aux matars que l'on devait se faire surprendre par une de ces créatures de gel ?

Mon cœur esquiva un battement et je me roula en avant pour faire face à la créature. Notre compagnon avait tout à fait raison : il n'y avait pas la moindre justification pour rester ici. Je chérissais encore assez ma vie pour ne pas la laisser dans les crocs d'un matar et je ramassais quelques affaires. Bédivère se releva pour me rejoindre, tandis que nous formions un groupe un peu à l'écart des trappeurs. Ils avaient sorti leurs armes et les lames magithèques se mirent à s'entourer de flammes.

Je pris ma rapière, histoire d'avoir de la contenance. Pourtant, elle ne me servait strictement à rien. Je ne pouvais pas espérer faire la moindre égratignure à la bête et ma lame se briserait d'elle-même dans les estocades, à cause de ce froid légendaire. Je me ravisai alors pour réfléchir à une voie de sortie quand une détonation se fit entendre. Malheur ! Un rayon jaune perça le ciel blafard et fit s'écraser dans l’œil du montre. Malédiction ! Le voilà énervé, possédé par les enfants de la colère, prêt à dévorer quiconque sur son chemin.

Gwen sortit des dagues à ce moment-là. Leur utilité me semblait relative, mais il fallait penser à fuir, maintenant. Tant pis pour les affaires, tant pis pour les traqueurs. S'ils veulent rester, qu'ils le fassent. Le profond rugissement de la créature me sonna un instant, tandis qu'elle accélérait son rythme. Les chasseurs furent pris à dépourvu par cette pointe de vitesse et Stephan se jeta par réflexe à plat ventre, sur le côté. Ce ne fut pas le cas de Marek qui fut pris de court. Le matar s'était propulsé en avant, la gueule grande ouverte, et elle se referma aussi vite, emportant la moitié du corps dans son estomac. Les épaules dévorées, les deux bras tombèrent lamentablement à terre, déliées du reste du corps qui s'écrasait aussi pitoyablement. Sa lame chuta également, tandis que le matar paraissait satisfait. Il semblait vouloir s'intéresser au pauvre Stephan à terre.

« Steph... » voulus-je crier, mais Bédivère me bâillonna de ses deux mains gantées. Il les plaqua assez fort pour que je voulusses me débattre, mais il m'ordonna en chuchotant assez puissamment de me taire : « Ma parole, mais tu veux te faire tuer, en attirant son attention comme cela ! Écoute ce que Gwen dit ! Il faut qu'on bouge d'ici ! »

A ces mots, le matar se morpha en une véritable forteresse de glace. Des pics élancés et des plaques réfléchissantes paraient tout son corps et il semblait bien difficile de pouvoir faire la moindre éraflure sur cette armure naturelle. Le matar s'avança sournoisement vers Fred, notre guide, qui tenait le fusil. Celui-ci l'attendait, comme s'il cherchait une ouverture dans les plaques givrées.

Je commençai, bon gré mal gré, à me déplacer hors de la zone de combat, poussée par Bédivère, observant la réaction du tireur. Le chasseur et la créature s'étaient arrêtés et se regardaient profondément. Stephan tourna la tête et se releva doucement, la lame à la main. Au moment même où il fut à quatre pattes, l'énorme queue du matar se leva et s'abattit sur lui, comme s'il avait attendu ce moment-là.

Je poussai un cri de surprise, avant de me rendre compte que je venais de briser le silence que Bédivère s'était efforcé à conserver.

Fred devint fou et tira à plusieurs reprises. La situation commençait à dégénérer et je regardais mes deux compagnons un instant. Tout à coup, je me mis à courir vers le camp.

« Éléonore ! »

Il me fallait arriver quelques mètres derrière le matar ! Ce que je cherchais était là ! Vite, l'huile de baleine ! Je parvins jusqu'au conteneur, mais la bête semblait avoir remarqué ma proximité et sa queue s'agitait méchamment devant moi, alors que Fred, dans sa rage, avait vidé son chargeur.



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Gwen Feien
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Mer 24 Mai - 10:24
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Tout va de mal en pis. Le matar ne fait qu’une bouchée de Marek pour après se transformer dans sa rage en monstre inexpugnable. Et l’autre pendant ce temps veut porter secours à Stephan, le meilleure moyen de se suicider ! Que pense-t-elle pouvoir faire avec sa rapière quand les autres échouaient avec des armes magithèques ?! Au moins, son mari plus sensé essaye de la retenir et de la faire taire.

Pour ma part, je suis plus tentée par prendre la poudre d’escampette en espérant que le matar ait assez à manger pour qu’ils nous oublient. Notre recul pas à pas se passait bien jusqu’à madame se mette à crier. Certes, un autre homme est mort mais attirer l’attention de l’animal meurtrier ne le fera pas ressusciter ! Arabella va m’entendre si je survis à l’attitude inconsidérée de l’employeuse. Sans parler du guide qui a perdu tout sang froid, bonjour le professionnalisme.

Bon au moins n’est-elle pas aussi écervelée que son action, courir dans la gueule du matar, ne le laisse suggérer. Il y a moyen que ça réussisse si elle ne se fait pas écraser par la queue. Je ne peux pas vraiment compter sur le guide pour être distraction suffisante. Je m’avance rapidement, Bédivère sur les talons.

Le temps que je me positionne à la bonne distance pour mon tir, l’animal a eu le temps de d’arracher à moitié le bras droit de Fred. Si ce dernier est encore en vie, ce n’est que grâce à son fusil qu’il est arrivé je ne sais comment à enfoncer dans la gorge de la bête. Dommage qu’il soit vide !

Souffler et ne pas se précipiter malgré la situation, je n’aurai qu’une chance. Le matar ne m’ignorera pas aussi gentiment après. Ça y est la lame vole dans les airs et elle vient se figer dans son œil intact. Je ne sais si c’est heureux, pour l’instant il semble rester dans sa forme agressive et ne pas tourner en une fontaine mortelle.

-Il est aveugle, dépêchez-vous !

Je cris pour attirer l’attention sur moi. Ça n’a rien d’un acte héroïque. C’est juste la chose à faire et je pense pourvoir le distancer même dans la neige avec cette forme qui le ralentit. Sa tête se tourne lentement vers moi alors qu’il pousse négligemment l’homme au sol et recrache le fusil broyé.
Démarre alors une course poursuite étrange, la douleur et la rage semblant lui faire oublier le couple en train de trafiquer dans son dos.


Gwen parle en #0033ff

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Éléonore du Rogier
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Mer 24 Mai - 18:24
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Au bord des mines hallucinées

Troisième partie



Les piques d'adrénaline n'étaient sûrement pas la meilleure des idées par ce temps-là : il fallait ménager correctement son effort ou la crise d'hypoxie viendrait me foudroyer. J'étais essoufflée, juste après quelques mètres à courir sur la glace. Je ne savais pour quelle raison, mais le matar ne m'avait pas vulgairement écraser avec sa queue de givre. Quoi qu'il en fût, je n'avais que quelques instants pour profiter de ce momentum et faire ce que je voulais faire. Je pris le fût d'huile de baleine que l'on avait utilisé. Je le soulevai rapidement pour jauger la quantité qu'il restait. A peu près trois litres. Une chance que nous avions d'abord utilisé les réserves des trappeurs avant d'attaquer les nôtres.

Chacun savait que les matars reculaient face au feu et que leur cuir fondrait sans problème, exposé à une forte chaleur, ou bien si elle prenait les flammes. Nous avions notre combustible. J'apercevais la lame de Marek que nous pouvions utiliser comme déclencheur. Maintenant, comment atteindre la bête sans se faire exploser...

Gwen et Bédivère s'étaient lancés derrière moi. Ils étaient sûrement désemparés par mon acte inconsidéré. Tant pis ! C'était le seul intervalle pour agir, il était maintenant trop tard pour reculer. Bédivère se laissa glisser jusqu'à mes côtés. « Bon, d'accord, tu veux brûler le matar, mais est-ce que tu sais que tu peux nous prévenir ? souffla-t-il. Tu n'es pas toute seule, je te rappelle. » A ce moment-là, je pouvais voir que la créature se tournait vers sa prochaine cible. Était-ce nous ? Non, c'était Gwen.

La jeune femme, plus ou moins sereine, prit un temps de concentration pour lancer une de ses lames vers le matar. Je ne vis pas le point d'impact, mais au rugissement rauque de douleur, il n'était pas compliqué de penser qu'elle avait touché un œil. Coup de chance ou pas, j'étais contente qu'elle fût avec nous, à ce moment-là. Arabella avait de bons contacts, cela allait sans dire.

« Qu'est-ce que tu veux faire, faire couler de l'huile et y mettre le feu ? » Je regardais un moment Bédivère. « Honnêtement, je pense que c'est inutile d'opérer comme ça. Faisons une véritable bombe, à la place. »

Nous nous regardâmes un instant et je me mis à la tâche, tout en lui expliquant. Je profitais de la temporisation que nous avait accordée Gwen qui se tenait à distance de la bête, tout en l'attirant. Le matar nous ignorait à présent, ce qui me laissait la possibilité d'aller chercher la lame magithèque de Marek. Elle était sévèrement abîmée, mais elle pouvait encore former des flammes. « Il y a un phénomène intéressant avec les liquides sous pression, qu'on appelle ébullition-explosion. En fait, il peut arriver que ce qui est à l'intérieur des fûts soit à une température très élevée. Normalement, ça n'est pas le cas. Quand tu retires du liquide, une partie est transformée en gaz pour occuper le vide qui s'est créé. C'est le rôle de la soupape et ça permet de maintenir une pression raisonnable. Mais si la soupape est cassée, on peut faire monter très vite la pression et la température à l'intérieur ! Si c'est suffisamment élevé, boum ! »

Nous préparions le mécanisme, tandis que j'expliquais mon plan. Bédivère cassa la soupape à force de donner des coups de pommeau dedans, en tout cas, c'était le résultat que nous espérions. Nous fîmes sortir presque un litre d'huile de baleine, avant d'en imbiber un bout de fourrure que Bédivère avait coupé. Je pris le morceau que j'intercalais dans la sortie du fût. Nous nous mîmes à courir : Bédivère portait le fût et moi ce qu'il restait de la lame magithèque. Toujours enragé, la bête ne faisait pas attention à nous. Lors que nous fûmes à quelques mètres de la créature de glace, j'allumais un feu pour faire brûler la fourrure.

« Chaud devant ! » cria Bédivère, en ouvrant la vanne et en lançant notre bombe artisanale pour qu'elle arrive sous la bête. « Même s'il écrase notre fût, ça explosera ! » ajoutai-je impatiente. C'était comme si j'avais oublié le danger et l'horreur de la situation. J'étais beaucoup plus préoccupée par l'idée de l'explosion et dans l'attente d'une réussite.

Finalement, cela arriva.

Une explosion rouge-orangée naquit du fût. La gerbe voulait monter vers le ciel, mais elle s'écrasa contre le ventre du prédateur. Les flammes de haute température léchèrent et lacérèrent la glace de toute la partie du matar qui était dirigée vers le sol. La glace fondit instantanément et la chaleur attaqua le cuir de l'animal qui restait définitivement ouvert, carbonisé. Le poitrail ouvert commença à gonfler et je pus assister à ce que les livres rapportaient sur les matars : leur dernière forme, une gigantesque pluie de glace et d'eau sortit de sa bouche, pendant un long moment, tandis que ses organes étaient visibles sur sa face ventrale, la peau étant complètement tombée.

A l'écart, nous fîmes le tour de la bête pour rejoindre Gwen.


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En multipliant environ par deux les effets, voilà ce que donne l'explosion : ici.



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Dernière édition par Éléonore du Rogier le Jeu 25 Mai - 23:08, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Jeu 25 Mai - 22:55
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Bonne nouvelle : mon plan fonctionne. La mauvaise, c’est que je suis empêtrée dans une course poursuite au ralentie ridicule mais non moins mortelle. Si le monstre est enchevêtré dans son armure   naturelle pour moi c’est la glace qui me freine. Je jure alors que je manque encore une fois de rester bloquée sur place.

Ils se dépêchent oui !

Les secondes continuent à s’égrainer de la même façon, beaucoup trop longue à mon goût. Les jurons lancés au matar ne sont qu’une mince distraction… La sueur coulant sur mon visage à cause de l’effort gèle immédiatement là où l’air s’infiltre laissant une très désagréable sensation. J’ai l’impression que mon visage se craquelle, se creuse sous l’effet de la glace...

« Chaud devant ! »

Enfin !

J’accélère tant bien que mal pour m’éloigner de notre ennemi, je ne veux pas être à côté de lui quand il prendra sa troisième et dernière forme. Impossible de voir la réaction de l’animal, j’ai mon regard fixé droit devant pour ne pas ralentir ma course bêtement en tournant la tête.

La chaleur lèche mon dos, faisant même fondre les rivières de glaces sur mon visage tandis qu’un souffle me plaque au sol et qu’un grondement résonne dans mes oreilles. Qu’ont-ils donc fait ?! Je me roule dans la glace pour faire face à leur œuvre. Le matar est mort ou plutôt en train de mourir, un trou béant sous son corps et une fontaine de glace jaillissant de sa gueule. C’est horrible et presque beau en même temps.

Secoue-toi Gwen !

Faut que je mette de la distance avec lui si je ne veux pas finir telle une statue de glace par inadvertance. Alors que je me mets debout et que je m’éloigne encore du monstre, le couple me rejoins. Je les féliciterais bien mais les premiers mots qui sortent de ma bouche contiennent de la rancœur :

-Vous avez bien failli tous nous faire tuer !

Non mais c’est vrai, simplement brûler la bête c’était pas possible?! Fallait faire dans le démonstratif et annoncer à tout le monde notre présence !  

-On ferait bien d’aller voir si Fred est encore en vie et lever le camp. Les charognards et seul l’Uulyn sait quoi peuvent traîner ici et être attirés par tout ça.

Sans attendre, je me dirige vers le guide au sol en prenant bien soin de garder mes distances avec le matar. Inutile de dire qu’après ce que lui a fait subir ce dernier, il n’est pas beau à voir. Je me penche pour voir s’il respire encore, plaçant ma joue au-dessus de sa bouche. Un souffle tenu vient caresser mon visage. Hmm, toujours en vie bien que je doute que ce soit encore pour longtemps.  

-Je vous laisse vous en occuper, je vais rassembler les affaires.

Me voilà repartie. Je récupère la lame magithèque de Stephan, la seule encore valable, avant de m’atteler aux sacs. Certaines choses étaient à récupérer dans ceux des guides pour la suite du voyage et pour le retour, et d’autres sont juste à ranger, comme les gamelles.

Une fois la répartition finie -non je n’ai rien volé au passage, il y avait rien d’intéressant- je retourne voir Éléonore. Les sacs ainsi que la lame reposant ensemble dans notre campement sommaire.

J’espère à moitié que l’autre est mort et qu’on aura pas à traîner son poids dans ces conditions…

-Le verdict ? On doit préparer une civière ?

L’idée qu’il puisse marcher de lui-même étant dans tous les cas exclu.


Gwen parle en #0033ff

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Éléonore du Rogier
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Ven 26 Mai - 0:17
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Au bord des mines hallucinées

Quatrième partie



« Vous avez bien failli tous nous faire tuer ! » lança avec amertume la jeune femme. Elle avait raison, j'avais choisi d'utiliser l'artillerie lourde. La probabilité d'un échec était très élevée, mais je n'avais pas tellement réfléchi dans ma fougue. J'accusais d'un regard un peu honteux et détournai le regard vers le sol. « On ferait bien d’aller voir si Fred est encore en vie et lever le camp. Les charognards et seul l’Uulyn sait quoi peuvent traîner ici et être attirés par tout ça », continua-t-elle, un peu moins vindicative. Gwen se glissa alors vers le camp, décidée à partir d'ici le plus vite possible.

Je ne pouvais qu'approuver et nous la suivîmes avec Bédivère. Elle s'approcha de Fred pour observer sa respiration. Il semblait que son souffle était encore existant, ainsi, nous prîmes le relai alors que Gwen s'occupait de faire le tri dans les affaires pour gagner du temps.

Ce qu'il restait du corps de Fred n'était pas dans un joyeux état. Il avait perdu un bras et saignait abondamment. Ses jambes aussi étaient déplorables. Je me mis à compresser son artère axillaire du mieux que je pouvais. Son cœur battait très vite. « Bédivère, le pouls radial ? » Ce dernier se glissa de l'autre côté du corps pour prendre la mesure. Il faisait une moue sévère. « Rien, Élé, c'est un état de choc critique. » Je le regardai un moment avant de jeter un œil au visage de Fred, défiguré par la douleur et figé par la perte de sang. « Avec un froid pareil, c'est foutu. Il ne va pas s'en tirer. » Je fouillais ma mémoire à la recherche d'une solution miracle. Bédivère reprit la compression pendant ce temps en essayant de placer le corps dans une position optimale. Ah... Je n'en trouvais pas une seule... Bédivère me coupa alors : « Va chercher la morphine, Élé. Faisons-le partir sans qu'il souffre. » J'avais un regard suppliant envers lui. Comme si j'attendais qu'il trouve une solution miracle dans les courtes secondes où je le regardais. « Élé. Élé, écoute-moi ! La morphine ! »

Un peu sonnée, je me dirige vers nos affaires que Gwen trie. Il m'est arrivé de rencontrer des situations où la survie des patients était impensable. Il fallait se résigner. Certes, ça n'était pas comme une erreur médicale, mais néanmoins, c'était de se dire que même en tant que médecin, dévoué à la vie humaine, il y avait des fois ça ne suffisait pas. C'est un commentaire qui peut paraître étrange pour quelqu'un qui venait de prendre un certain plaisir à carboniser un autre être vivant. C'était un de mes grands mystères. Peut-être était-ce la loi de la survie ? Peut-être était-ce parce qu'il était différent ? Je força à oublier cette question.

« Le verdict ? On doit préparer une civière ? - Non, on va lui administrer une dose de morphine pour arrêter sa respiration doucement. » Nous fouillais dans le sac de Bédivère pour trouver le tube qui contenait la morphine. Elle était assez isolée pour rester liquide. Je pris une seringue et en ponctionnai une grande dose, avant de retourner auprès de Fred. Nous défîmes l'écharpe de ce dernier pour ouvrir son cou et je plantais l'aiguille dans la carotide qui pulsait à toute allure. Le liquide gris s'infiltra rapidement dans le sang. Bientôt, il allait cesser de respirer.

Nous nous préparâmes à notre tour et en quelques minutes, le camp fut levé, des cadavres jonchant le sol. Nous n'avions pas le temps de nous occuper d'eux : cela fera de la chair pour les autres prédateurs et charognards.

« Erhm... Excusez-moi pour tout cela, j'ai fait un peu n'importe quoi, ces dernières minutes », fis-je à Gwen, alors que nous marchions pour nous rapprocher de Klumpen. La ville était encore bien loin et si nous marchions pour nous écarter de notre précédent campement, nous n'arriverions pas là-bas avant une demi-douzaine d'heures. « Dans tous les cas, je dois saluer votre lancer au couteau. Arabella ne mentait pas lorsqu'elle disait que vous étiez très fiable. » Je n'osais pas poser plus de questions, en tout cas, pas pour le moment.

Maintenant, étions-nous préparés pour affronter les dangers de Klumpen ? Chacun connaissait les fables oubliées sur cette ville, mais qui savait ce qui s'y cachait ? Peu importe la réponse, car nous allions bientôt le découvrir.

*
*     *

Le lendemain, encore fatigués par la veille, nous arrivâmes tous les trois au devant de la ville maudite. Il convenait maintenant de camoufler ce que l'on transportait et de former un plan pour entrer discrètement dans la ville. Afin de mener nos affaires.


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Modifié par Éléonore - Crédits image : Winter Landscape de 88grzes



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Éléonore parle en #3366ff.
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Gwen Feien
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Lun 29 Mai - 9:15
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-Erhm... Excusez-moi pour tout cela, j'ai fait un peu n'importe quoi, ces dernières minutes.

C’est pas peu dire ! Elle nous avait mis encore plus en danger que nous l’étions déjà.

-Nous sommes en vie, c’est ce qui compte.

Enfin, pas tous mais je ne pense pas que ses actions aient entraîné leur mort. Les guides sont seuls responsables de leur manque de professionnalisme.

-Dans tous les cas, je dois saluer votre lancer au couteau. Arabella ne mentait pas lorsqu'elle disait que vous étiez très fiable.

J’aimerais pouvoir retourner le compliment, cependant je ne suis pas vraiment d’humeur à lancer des fleurs à cette dernière. Pour toute réponse je dis un « merci ». Puis je me concentre sur la route. Le chemin n’est déjà pas facile de jour alors la nuit avec la faible luminosité et les températures qui baissent… Au moins, le mouvement nous garde un minimum au chaud même si notre progression est lente.

Mise à part ça, le trajet c’est fait sans grosse encombre comme une seconde rencontre avec un matar. Je ne crois pas qu’on y aurait survécu.

La ville se dresse maintenant devant nous à une dizaine de minute de marche. On est encore invisible sous le couvert des arbres, c’est le moment d’établir une stratégie. Pour ma part je partirais bien sur trouver une maison vide et se reposer. Entre la nuit de marche après une semaine d’expédition et la rencontre avec la bête, on est tous épuisés. Une rencontre, même avec un enfant anomalie, pourrait mal tourner…

D’ici, on peut se rendre compte du manque d’entretien de la ville, elle manque l’éclat, des couleurs vives de ses voisines. Nul doute que plus on s’y enfoncera plus on trouvera des témoignages de cet état de fait. Plus personne ne doit se soucier de l’entretien des murs… On ne peut pas vraiment s’y fier pour trouver une maison abandonnée. Pas sans une meilleure visibilité.

-On devrait observer la ville d’ici avant de nous approcher plus.

Dommage que les guides ne soient plus avec nous, ils connaissaient peut-être un endroit plus propice pour entrer dans Klumpen. Il faudra se contenter de ma longue vue pour nous apprendre des choses.

Ce que j’y vois après l’avoir sortie du sac ? Toujours plus de désolation. Je réalise maintenant que certaines maisons sont éventrées, soit il leur manque un pan de mur ou un morceau de toit, ou les deux. Je ne connais pas grand-chose aux anomalies mais à moins d’être à un stade très avancée, je suppose qu’elles ont besoin d’un minimum de chaleur et donc d’un abri clôt.

Un peu plus d’observation m’apprends, qu’il y a effectivement des gens avec encore un peu de sens : plus loin vers le centre de la ville, je vois des fumées s’échapper des bâtiments. Rassurant, hein ? Pourtant le malaise colle à ma peau. Je me tourne vers le couple et leurs tends ma longue vue pour leur permettre de voir à leur tour.

-Je pense qu’il serait sage de se poser dans une maison en périphérie pour se reposer avant d’entreprendre quoi que ce soit. Elles semblent abandonnées. Bien que pour être sûre je pousserais l’observation à au moins une heure.

Ça ne me réjouit pas plus que ça, en une heure on a le temps de se transformer en glaçon. Je pense toutefois que la prudence est de mise quand on s’aventure en aveugle dans un territoire clairement hostile.


Gwen parle en #0033ff

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