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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Kharaal Gazar
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 Dans la vapeur des usines

Zaël
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Sam 22 Juil - 13:14
Irys : 227816
Profession : Roi de Busad
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Indubitablement ce messager attendait quelque chose de Zaël. S’il était venu depuis Etsiin jusqu’à la capitale ce n’était pas pour les beaux yeux du Gharyn. La ville avait trop de disparition sur les bras ces derniers temps et demandait l’aide de Busad pour élucider la plus récente. Bien sûr Zaël était tout disposé à venir en aide. C’était son devoir après tout. La seule chose qui le chagrinait était de ne pouvoir y aller lui-même. Il avait trop de travail ici pour se rendre sur place. Après avoir congédié le jeune homme en lui assurant qu’il ne repartirait pas seul, il fit monter la commandante Ryvia. Si au départ il avait dans l’idée d’envoyer une commandante pour enquêter, après une courte contre-argumentation il devint clair qu’ils ne pouvaient s’en passer. Zaël dut donc s’en remettre au jugement de sa subordonnée pour choisir deux adeptes prometteurs à envoyer sur place.

Entre le départ du messager et son retour accompagné avec les deux renforts, il s’était écoulé trois jours. Au grand regret du Roi, vu l’urgence du problème, il n’avait pu laisser celui-ci prendre tout le repos mérité. Jess, une jeune femme que tout le monde voyait passer commandante dans les années à venir et son collègue Otto durent de la même façon se présenter sitôt leur arrivée au Gharyn d’Estiin.

Le briefing qui s’ensuivit leur apprit entre autre qu’un dénommé Tom Ebof avait disparu il y a cinq jours. Ses parents inquiets de ne pas le voir venir au repas du soir comme à son habitude avaient signalé sa disparition au bout d’un jour, assurant qu’il ne leur ferait jamais ça. Apparemment, il avait disparu suite à son dernier projet en date concernant une usine à un kilomètre au nord est de la ville. Ils n’avaient pas pu en dire plus, si ce n’est le nom de l’usine : Magithèque & co. Autre détail, le Gharyn avait fait appel à l’aide de personnes charitables en attendant leur venue. Jess ne pu s’empêcher de grimacer à cette nouvelle, ils allaient avoir des gens à babysitté. Enfin, seulement s’ils avaient un minimum d’utilité. C’était eux aux commandes, leur commanditaire lui-même le reconnaissait.

Sans même prendre le temps de se dépoussiérer, les deux acolytes se dirigèrent vers la place où ils devaient rencontrer leurs potentiels collègues, voir s’ils avaient eu le temps de recueillir de nouvelles infos, et donner les ordres pour que l’enquête tourne au mieux. Ils patientaient donc à côté de leur cheval. La mine de Jess trahissait un certain mécontentement quant à cette situation tandis que son collègue essayait d’en alléger l’humeur.

Le couple ressortit sur la place avec leur uniforme des protecteurs de Busad. À part ça, ils n’avaient visuellement rien en commun : elle était petite, brune à la mine sévère et jeune alors qu’il la dépassait d’une bonne trentaine de centimètre avait les cheveux blonds, une tête bon enfant et était d’un certain âge.


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Adramus
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Dim 23 Juil - 2:44
Irys : 287202
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
« S’il vous plait… Retrouvez mon fils ! Retrouvez-le ! On ne peut pas imaginer notre vie sans lui ! » Imaginer sa vie sans lui… imaginer sa vie sans elle. Ce soir-là, quelque chose était née dans le cœur d’Adramus. Ou bien cette chose avait toujours été là, mais se réveillait pour la première fois aujourd’hui, à l’aube des trente-cinq années d’existence du Gardien du Mistral. Depuis toujours, son pouls s’était habitué à un rythme régulier, maîtrisé, le tout par la seule volonté d’Adramus qui jamais ne voulait voir ses actes dictés par autre chose que sa raison et son honneur qu’il savait, lui, démesuré. Une volonté ferme d’être un modèle de quiétude, de contrôle de soi, et de sang-froid. C’était toujours son vœux, c’était toujours comme cela qu’il voulait être. Et pourtant… Les quelques mots que lui adressèrent les parents de Tom le peintre prirent le pas sur sa chère tranquillité d’esprit. De lui-même, son sang se mit à bouillir, à circuler plus vite dans son corps. Son cœur pompa du sang neuf en pagaille, et fit apparaître des veines saillantes et bleuâtres à des endroits qui, ordinairement, ne laissaient paraître que les tatouages cabalistiques de l’adepte d’Amisgal.

Alors que ses éternels périples lui avaient enseignés maintes choses, Adramus découvrait aujourd’hui une chose qu’il pensait propre à l’enfant immature et émotif et qui pourtant était aussi capable de transpercer le cœur des plus anciens. Personne ne pouvait échapper à la colère, voilà la vérité. En entendant le récit de la disparition de cet habitant paisible des Kharaal Gazar, en songeant à la détresse de ses parents, à son propre chagrin si jamais il devait apprendre que pareille mésaventure était arrivée à sa bien-aimée, Adramus ne put se résoudre à rester calme. Il essaya pourtant, se percha sur un toit plat à l’abri des regards indiscrets. Essayant toutes les techniques pour calmer le sang qui lui chauffait le visage : respirer à rythme lent et régulier, détourner ses pensées de cette réflexion qui ne lui apportait que souffrance et faiblesse… Il n’y arrivait pas. Comme désillusionné, le guerrier s’avoua finalement qu’il n’existait qu’un seul moyen pour apaiser sa colère : la vengeance. Aider les parents de Tom, le retrouver, et tuer ses ravisseurs. Il n’y avait pas d’autre scénario possible. Une usine daënars à quelques pas d’ici, cela pouvait-il être autre chose que leur méfait ?

Avant une date relativement récente, le voyageur n’avait jamais mis les pieds à Khurmag, ce qui l’avait préservé de voir à quel point l’implantation des envahisseurs avait été brutale et puissante. Ces immenses usines qui exploitent un minerai alors à l’origine de tout ce qui existe, tout cela pour satisfaire des ambitions inconnues et probablement funestes. Alors qu’avant, seuls des récits permettaient à Adramus de savoir ce qu’étaient réellement ces endroits, aujourd’hui il avait pu en voir certains par lui-même. Et comment ne pas bouillir de colère et souhaiter la destruction de structures aussi délirantes et dangereuses ? Descendant de son perchoir, le mage épéiste était désormais résolu de prendre la direction de cette usine à l’origine de tous les ennuis de la région. S’ils détenaient le jeune Tom, ils allaient passer un sale quart d’heure. Mais faisons les choses avec méthode. Les parents du disparu avaient indiqué au guerrier que des hommes envoyés par le Primo-Gharyn de Busad lui-même allaient venir en renfort pour mener l’enquête. C’était eux qu’Adramus attendait en réalité, plus que la révélation soudaine que ses desseins étaient imprudents ou qu’ils allaient mécontenter Amisgal. En vérité, Adramus était pratiquement sûr d’une chose : ce qu’il planifiait satisferait les Architectes.

Se dirigeant vers la placette, il aperçut au bout d’une minute deux silhouettes atypiques qu’il reconnut sans peine à leurs uniformes. Les Protecteurs de Busad. Malgré cette bonne nouvelle, il ne sourit pas, se contentant de laisser planer sur son visage ce sentiment si nouveau, si grisant, surtout qu’il s’était interdit d’y succomber depuis tant et tant d’années. Aujourd’hui, la colère d’Adramus allait parler. Nous verrons bien si la laisser s’exprimer était, ou non, une bonne idée. Dans tous les cas, arrivé près des deux soldats, il constata que l’un des membres du duo était une femme à l’allure résolument martiale, plus que son compagnon qui, pourtant, avait plus la carrure de sa profession. Une paire de guerriers qu’il n’était pas inintéressant de dévisager, mais on ne pouvait pas dire qu’ils juraient plus dans le paysage qu’Adramus. Avec sa tunique qui dévoilait entièrement son torse tatoué, sa stature imposante appuyé sur un grand bâton de bois, et son visage taillé dans le roc, nul doute qu’ils le repéreraient de loin, et c’était bien son but. Ayant compris d’office que la demoiselle était plus haut gradée que son camarade, c’est face à elle qu’il se plaça définitivement, la dévisageant sans la moindre once de malice ou de condescendance, bien qu’il la surpassait de quelques têtes. Il rivalisait presque avec l'autre protecteur.

- Enchanté. On m’a dit de vous attendre ici, alors c’est ce que j’ai fait. Je ne serais pas de trop pour vous aider à retrouver le jeune Tom, vous avez ma parole. Je m’appelle Adramus, Adramus Godmerek. Annonça-t-il solennellement.

Son regard passa tour à tour sur le visage de Jess et de son compagnon, toujours sans aucune autre émotion sur le visage que cette espèce de puissance brûlante qui rendait son regard perçant et peu soutenable.

- Cela fait bien longtemps que je n’ai pas côtoyé des Protecteurs de Busad, c’est toujours un honneur de combattre à leurs côtés.

En une seule phrase, Adramus venait de leur apprendre deux choses sans avoir eu à se justifier : Il était familier de la ville originelle des deux acolytes, et surtout de l’ordre auquel ils appartenaient. C’était sa manière de procéder. Par Khugatsaa, il détestait qu’on lui pose des questions. Malheureusement, il n’escomptait pas y échapper un seul instant. C’était toujours pareil.
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Zaël
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Mar 25 Juil - 18:50
Irys : 227816
Profession : Roi de Busad
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
La seule autre personne qui attirait les regards sur la place venait évidemment vers eux. Un homme à l’air assez solide et un peu trop sûr de lui au goût de Jess.

- Enchanté. On m’a dit de vous attendre ici, alors c’est ce que j’ai fait. Je ne serais pas de trop pour vous aider à retrouver le jeune Tom, vous avez ma parole. Je m’appelle Adramus, Adramus Godmerek.

Ça, ça restait à prouver. Et surtout ce n’était pas à lui de le dire ! Du moins, du point de vue de la femme. C’était pas son regard qui allait la démonter même si elle reconnaissait qu’il avait du mordant.

- Cela fait bien longtemps que je n’ai pas côtoyé des Protecteurs de Busad, c’est toujours un honneur de combattre à leurs côtés.

Hmm, s’il disait vrai, il ne serait peut être pas aussi encombrant que ça. Après, reconnaître leur uniforme n’était pas trop dur pour quiconque était passé à la capitale. C’était donc d’une façon nullement impressionnée qu’elle s’exprima.

-Je suis Jess Neda et lui Otto Kargrim, nous sommes des Protecteurs de Busad comme vous l’avez justement deviné. Nous allons prendre la direction de l’enquête. Pour ça nous devons savoir ce que vous avez rassemblé comme information jusqu’à présent et à qui vous avez parlé ? Nous en prendrons compte pour établir la suite des événements et se répartir les tâches.

Ce que Jess ne disait pas mais qui était sous-entendu était qu’il y aurait partage des tâches seulement si sa réponse les convainquait. Surtout elle. Même s’ils avaient tous les deux une bonne idée de ce qu’il y avait à faire. Ce n’était pas leur première affaire, ils n’auraient pas été envoyé ici autrement. Inutile de dire qu’Otto était celui avec le plus de diplomatie. Il était capable de faire parler une huître. Ces qualités à elle étaient plutôt de l’ordre de la priorisation des tâches et de voir à travers les boniments des gens. Elle ne se caractérisait pas par sa patience loin de là.
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Adramus
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Mer 26 Juil - 14:52
Irys : 287202
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
La dénommée Jess semblait résolue à imprimer dans le cerveau de ses collaborateurs qu’elle représentait la plus haute autorité présente et que, à ce titre, même quelqu’un d’aussi imposant qu’Adramus devrait faire profil bas. Une idée amusante, et que le guerrier pouvait comprendre aisément. Les Protecteurs de Busad possédaient une hiérarchie stricte et une discipline de fer, et quoi de plus normal pour des adeptes de la magie de la terre. Il se le répéta pour lui-même, mais travailler avec eux s’annonçait encore très intéressant. Malheureusement, lorsqu’elle demanda si le vagabond avait récolté des informations qui pourraient être utiles, il fit un semblant de moue désolée.

- J’ai parlé aux parents du jeune homme, peu avant votre arrivée, à mon avis ils vous en ont plus dit qu’à moi. Par contre, j’ai beaucoup voyagé dans la région par le passé, je peux vous conduire à l’usine qu’ils ont mentionnée.

D’un mouvement des épaules et des hanches, Adramus amorça un mouvement visant à tourner les talons pour prendre ensuite la direction de Magithèque&co. Puis il se souvint, non sans mal, que ce n’était pas à lui de mener le groupe. Il avait l’habitude de travailler seul, la dernière fois qu’il avait été sous les « ordres » des Protecteurs remontait à bien dix ans maintenant. Ensemble, ils avaient entrepris de stopper un groupe de bandits Zagashiens qui s’étaient aventuré bien trop loin dans les terres du Kharaal. Avec l’appui de la tribu d’origine d’Adramus, les soldats de Busad eurent plus de facilités que d’habitude à venir à bout des mages de l’eau, pris au dépourvu. De cette époque, le guerrier retira une profonde amitié envers Busad, ses habitants et ses Protecteurs, et en retour lui et sa tribu avaient reçu les remerciements sincère du Primo-Gharyn de l’époque et la promesse qu’ils seraient toujours chez eux dans la Tour du Désert.

Mais aujourd’hui, la tribu n’était plus, et ne subsistait que lui, Adramus Godmerek, pour continuer de perpétuer le lien qui unissait son ancienne famille et la ville au sinistre surnom « d’œil Malade ».

Dans tous les cas, Adramus venait sûrement de faire une gaffe en prenant naturellement la tête du convoi. Il s’excusa de son geste en faisant face de nouveau au lieutenant Jess et son acolyte et inclinant la tête légèrement vers le bas.

- Veuillez m’excuser, c’est vous qui commandez. Peut-être voulez-vous interroger plus avant les habitants du village.

Malgré son comportement, la servitude ne se lisait pas sur ses traits fermes. S’il obéissait, c’était par choix, non par lâcheté ou sens du devoir. Il restait un nomade, malgré ses accointances avec les locaux, et la soumission n’était pas son point fort du tout, preuve en était son geste de tout à l’heure.
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Belenor
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Ven 28 Juil - 15:54
Irys : 28896
Pérégrin 0

– Les habitants n’auront rien de plus à vous apprendre, sauf à recourir à quelques méthodes plus radicales, lancais-je soudain. Or, je doute que de telles procédés soient compatibles avec les mœurs de Bursa.



Je me levais énergiquement du rebord d’un puis qui occupait le centre de la place et sur lequel j'avais tranquillement observé les trois individus. Il y avait là un épéiste, grand, puissant et fier, un nomade cela m'en avait tout l'aire. Il n'y avait qu'à voir les lourdes taches sombres que le soleil avait tracé sur sa peau, les rides qui creusaient subtilement son visage, et ses vêtements déteints par la rigueure et la poussière des chemins. Deux gardes de la ville de Bursa se dressaient face à l’épéiste, un mâle et une femelle. J'en croisais pour la première fois, pourtant, à la rigueur de leur uniforme on ne pouvait pas s'y tromper.

– Magilithe & co, des spécialiste dans le raffinage de la Magilithe, vous vous en doutez. L'étoile montante du commerce énergétique sur le continent Daënastre, mais aussi partout sur Irydae. Ça, peu de My’träns le savent.



Je m’avancais de quelques pas, ma canne de bois noueuses dans la main droite, et me suis incliné devant le petit groupe. Tout en gardant le buste incliné, l’air avenant, comme le font tous les marchands pérégrins lorsqu’ils souhaitent se montrer pacifiste, je m’introduisis :

– Cependant, en intervenant de la sorte, sans même me présenter, je manque à toutes mes obligations et vous prie de bien vouloir m’en excuser. Je suis Belenor L’Archange, un Pérégrin de passage dans la région. J’enquête sur le sombre passé de ma mère qui jadis habitait la région et… il va s’en dire que lorsque les quelques habitants de cette bourgade ont évoqué la disparition d’un enfant aux alentours de Magilithe & co, cela m’a profondement intrigué. Magilithe & co représente le concurrent le plus corriasse du commerce intercontinental, en quelques mois ils ont fait s’éffondrer la moitiée des entreprises de rafinage de magilithe. Magilithe & co affiche des prix et une productivité qui rendent toute concurrence intenable !



La Magilithe, fardeau pour certains, source de profit et de puissance pour d’autres, voire relique sacrée sur My’trä ; elle attisait bien des convoitises, mais son raffinement ne s’oppérait pas sans risques. Rechercher le fils de quelques malheureux paysans, appaiser leur peine et leur rendre le sourir, voilà qui m’indifférait parfaitement. En revanche, monter dans l’estime des habitants de Kharaal Gazar, cela me rapprocherait quelque peu du pouvoir my’trän ! Et encore, si cette mission aboutissait à la dénonciation des pratiques potentiellement inhumaines de Magilithe & co – ce dont je les soupçonnais fortement – alors plus d’une entreprise m’en serait reconnaissante !

À dire vrai, un gamin qui ne rentrait pas souper chez ses parents n’avait rien de surprenant. « Ce n’est pas dans ses habitudes, il ne serait jamais parti ainsi loin de chez lui ! » qu’elle chiallait la matronne de la taverne du port. Baliverne ! Moi, je n’oubliais pas qu’il s’agissait d’un gamin, treize ans qu’ils m’avaient dit ses parents. À cet âge, j’avais déjà gouté à l’aventure et au sang. Les géniteurs ont tendance à surévaluer le sérieux et la droiture de leur sale desendance. Ils sont aveugles devant l’insolence, les écarts de conduite au point de les éluder. Ce gamin là avait peut-être été enlevé. Oui. Néanmoins, il avait peut-être tout simplement rejoint de son plein grès la chaîne de production de Magilithe. Ce pouvait tout aussi bien être une autre sordide manipulation politique daënar afin de détourner la jeunesse paysanne de Kharaal Gazar. Ah ! ça ne m’étonnerait pas du tout ! « Au coeur de la jeunesse naissent les plus grandes évolutions morales. » écrivait Stanavar De Guerack, le philosophe et anthropologue Daënar.

– Enfin, je ne cherche ni à m’enrichir, ni à vous détourner de vos convictions quant-à cette affaire, mais le Gharyn d’Etsiin m’avait spécialement chargé de resoudre le problème de l’usine de Magilithe. Il ne m’avait pas averti qu’il requererait l’assistance de Busad.

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Zaël
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Mar 1 Aoû - 19:03
Irys : 227816
Profession : Roi de Busad
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
- J’ai parlé aux parents du jeune homme, peu avant votre arrivée, à mon avis ils vous en ont plus dit qu’à moi. Par contre, j’ai beaucoup voyagé dans la région par le passé, je peux vous conduire à l’usine qu’ils ont mentionnée.

Jess hocha sèchement la tête. Ne pas avoir à demander son chemin ou se perdre était une bonne chose. Ils n’avaient déjà que trop de retard. Inutile de bavasser plus longtemps. Otto regarda sa chef s’attendant à la voir reprendre l’étranger alors qu’il commençait à partir devant tout seul. Mais heureusement ce dernier se reprit à temps et un autre badaud vint détourner les foudres sur lui.

– Les habitants n’auront rien de plus à vous apprendre, sauf à recourir à quelques méthodes plus radicales. Or, je doute que de tels procédés soient compatibles avec les mœurs de Busad.

-Je doute que vous connaissiez les mœurs de Busad

Jess n’avait que murmurer ses mots. Le gus n’avait pas totalement tord. Mais il avait intérêt à dire des choses plus intéressantes que ces évidences et vite !

– Magilithe & co, des spécialiste dans le raffinage de la Magilithe, vous vous en doutez. L'étoile montante du commerce énergétique sur le continent Daënastre, mais aussi partout sur Irydae. Ça, peu de My’träns le savent.

Bon, il avait l’air de savoir de quoi il parlait jusque là. Rien de nouveau pour eux puisque les deux Protecteurs avaient accès à plus d’information que le commun des My’trans. C’était juste une accroche suffisante pour que la chef laissa l’opportuniste s’approcher et continuer son discours.

– Cependant, en intervenant de la sorte, sans même me présenter, je manque à toutes mes obligations et vous prie de bien vouloir m’en excuser. Je suis Belenor L’Archange, un Pérégrin de passage dans la région. J’enquête sur le sombre passé de ma mère qui jadis habitait la région et… il va s’en dire que lorsque les quelques habitants de cette bourgade ont évoqué la disparition d’un enfant aux alentours de Magilithe & co, cela m’a profondément intrigué. Magilithe & co représente le concurrent le plus coriace du commerce intercontinental, en quelques mois ils ont fait s’effondrer la moitié des entreprises de raffinage de magilithe. Magilithe & co affiche des prix et une productivité qui rendent toute concurrence intenable !

Ah, ces manières de Peregrins, que ça l’agaçait. Elle avait envie des les secouer quand ils faisaient ça ! Particulièrement quand elle avait une affaire urgente à traiter comme là. Et tout ce baratin, elle n’avait pas le temps d’écouter tous les petits déboires des gens. Ce n’était pas son boulot, ou plus en tout cas. Son collègue quant à lui adressait un regard compréhensif à ce Belenor.  

– Enfin, je ne cherche ni à m’enrichir, ni à vous détourner de vos convictions quant-à cette affaire, mais le Gharyn d’Etsiin m’avait spécialement chargé de résoudre le problème de l’usine de Magilithe. Il ne m’avait pas averti qu’il requerrait l’assistance de Busad.


-Eh bien à présent, vous en êtes informé. Nous avons assez traîné ici. Puisque vous semblez connaître l’usine qui nous intéresse vous pouvez nous accompagner. Mais je serais en charge de l’enquête. Si vous voulez bien nous indiquer le chemin monsieur  Godmerek. Il faudrait que nous arrivions avant qu’ils ne se dispersent pour le repas de midi !

Peste, l’un n’avait que sa canne et l’autre un bâton pour voyager et aucun d’eux n’avaient une monture ! Autant laisser la sienne ici avec Otto. De toute façon, malgré les dires de Belenor et la faible probabilité de trouver des éléments nouveaux auprès des villageois, ce dernier allait rester ici pour vérifier. Il serait bête de passer à côté d’une information.

Ils n’étaient ainsi que trois à se diriger en dehors de la ville.


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Adramus
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Jeu 17 Aoû - 15:16
Irys : 287202
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
– Les habitants n’auront rien de plus à vous apprendre, sauf à recourir à quelques méthodes plus radicales. Or, je doute que de tels procédés soient compatibles avec les mœurs de Busad.

Cette intervention eut le mérite de surprendre Adramus, qui ne s’attendait pas spécialement à voir venir cet étranger encapuchonné s’immiscer dans la conversation. Et pour cause, il se trouvait à bien quatre mètres du groupe, assis sur un puits, et pourtant il semblait avoir tout entendu de leur échange. Il avait une sacrée oreille, ça c’est sûr. Néanmoins, après un vif mouvement de la tête vers l’importun, Adramus n’escomptait pas laisser paraitre plus que cela son étonnement, et préféra opter pour la même stratégie qu’avec cette rugueuse demoiselle, à savoir patienter, dans le mutisme qui lui était coutumier.

L’inconnu était révérencieux, visiblement de bonne constitution à en juger par sa taille, qui rivalisait avec celle du guerrier d’Amisgal, et par la subtilité de ses larges épaules que l’on devinait sous une cape usée par les voyages. Son verbe recherché, ainsi que la prestance qu’il déployait faisait penser au vagabond qu’il avait là affaire soit à un diplomate, soit à un charlatan. Dans les deux cas, il ne le pensait certainement pas utile à leur entreprise… jusqu’à ce qu’il déploie l’étendue monstrueuse de ses connaissances sur le sujet qui les intéressait.

C’est bien simple, il semblait tout savoir. Même des détails dont on pouvait se passer, mais il était évident que l’histoire de cette usine, et ce qu’elle représentait pour les envahisseurs, rien de tout cela n’avait de secret pour lui. Adramus ne cacha pas son hébétude cette fois-ci, dévisageant le nouvel arrivant avec une expression qui aurait pu s’apparenter à une menace muette, mais qui traduisait en réalité une curieuse fascination. Adramus était de ces gens qui pouvaient faire beaucoup de choses, mais qui ne brillaient pas par leur culture. Cantonné à ce que lui ont appris la vie de bohème et les enseignements de l’Erel Kheg, il était bien incapable de disserter à ce point sur les enjeux socio-économiques d’une usine au fond du Kharaal Gazar. Les préjugés s’effacèrent devant autant de compétence, et bien que toujours silencieux, le voyageur escomptait bien que l’érudit les accompagne pour cette mission, ce qui semblait être aussi le cas de la plus haut gradée, pour la plus grande satisfaction d’Adramus.

- Si vous voulez bien nous indiquer le chemin monsieur  Godmerek. Il faudrait que nous arrivions avant qu’ils ne se dispersent pour le repas de midi !

- Vous avez raison, ne perdons pas de temps. C’est par ici.

Sortant rapidement du hameau où toute cette sordide histoire avait commencé, le trio d’aventuriers devait traverser quelques monticules vallonnés, car nous étions là beaucoup plus proche des Tsagaan Oï que de la jungle à l’est du pays. Les mines de magilithes, somme toute assez rares par ici, étaient toutes situées dans cette zone frontalière avec l’immense chaine de montagne. Monter et descendre ainsi ne permettait pas à la compagnie d’apercevoir l’usine jusqu’à ce qu’Adramus lève le bras pour attirer leur attention.

- Maintenant, on se met à plat ventre, elle est juste derrière cette colline.

Rampant dans les herbes hautes, ils gravirent lentement, mais sûrement, les quelques mètres qui les séparaient du sommet de la butte. Et, effectivement, arriver au sommet debout et exposé à tous les regards aurait été dangereux. Dans la petite vallée, les Daënars avaient construit une véritable petite ville, et fortifiée avec ça. Une zone de terre totalement nivelée accueillait des bâtiments, des miradors, des murets surplombés de barbelés, et bien sûr l’entrée de la mine. Une lourde porte en métal empêchait quiconque d’y pénétrer, sauf lorsque deux gardes activait un levier pour la soulever du sol et permettre à de petits wagonnets chargés de magilithe de remonter à la surface. Comme dans tout complexe minier perdu au milieu de ce territoire loin de chez eux, une ligne de chemin de fer avait été aménagée pour conduire directement le minerai jusqu’au port le plus proche sous la domination de l’envahisseur. C’était ça Magithèque&co. Un spectacle si sordide qu’Adramus poussa un long soupir, imaginant déjà comment en finir avec un tel barbarisme aujourd’hui même.
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Belenor
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Ven 18 Aoû - 15:09
Irys : 28896
Pérégrin 0
Tandis que le second de notre chef d’équipe partait en quête de quelques bougres à interroger, nous nous aroutâmes, menés par notre bretteur.

La plaine quasi-désertique de Kharaal Gazar était comme un océan jaunâtre, avec ses vagues de dunes et ses îlots d’habitations. Nous progressions à travers le désert à une vitesse rythmée par ma lenteur ; il faut dire qu’entre un cavalier, un sur-homme aux bonds de trois mètres et un voyageur habitué aux commodités des navires et des aéronefs, ce dernier ne pouvait rivaliser. Même privé de sa monture, et quel que soit son sexe, un garde de Busad restait un humain aguerri, entraîné à arpenter ces paysages. Et puis je l’avais observé une fois, j’en étais presque certain, ce Godemerek escaladant d’un pas, un seul, une butée plus haute que moi. Ou alors la fatigue se jouerait-elle déjà de mes sens ? Je gardais toute ma dignité dans l’effort, m’aidant de ma canne pour franchir les aspérités du terrain. Quand enfin…

- Maintenant, on se met à plat ventre, elle est juste derrière cette colline.



Enfin ! J’en profiterais pour reprendre mon souffle. Je n’avais pas voulu laisser paraître mon infériorité physique en termes d’endurance, mais mon corps me le fit rappeler. Je pris quelques profondes inspirations et me mis à couvert derrière un arbuste d’ou je put admirer l’imposante muraille Daënars. La puissance défensive installée ici ne laisser que peu de doutes à l’orientation militaire des lieux.

– Chers compagnons, si vous me permettait de vous appeler ainsi étant donné les circonstances. Je me permets d’emmetre mon sentiment sur cette forteresse. Vu l’armada mis en place deux options doivent être soulevées. Ou bien ce site est sous protectorat officiel d’une force Daënars, en ce cas la violation de territoire My'tran serait pleine et entière et il suffirait de négocier les conditions d’implantations de ces structures. Nulle nation ne souhaite une guerre ouverte qui risquerait de l’épuiser, sinon elle la déclare. Dans le second cas, il s’agirait d’une armée privée commanditée par l’entreprise Magilithe & co. En toute hypothèse, Il me semble difficile de s’infiltrer dans ces lieux sans quelques subterfuges, non pas comme de vulgaires voleurs qui se faufileraient par un égout, mais en abusant les gardiens et de leur hierarchie.



Je me suis tourné en direction de mes deux coéquipiers pour leur exposer plus avant mon idée.

– Deux stratégies me viennent à l’esprit, soit nous jouons carte sur table en nous présentant comme émissaires officiels de Busad, chargés de trouver un terrain d’apaisement des relations My’trans – Draënars, ce qui est partiellement vrai. Après tout, si les intentions du Haut-Gharyn de Busad n’avaient été pacifiques, il me semble qu’une armée aurraient été dépêchée à notre place. Nous pouvons aussi nous présenter comme marchands, souhaitant négocier nos services de transports de la magilithe.



Je me penchais cette fois en direction de notre chef d’expédition, Jess, avant de confier :

– Néanmoins, la première option me semble plus viable. J’ai en ma possession plusieurs lettres d’intention d’autorités Pérégrins et Daënars, notamment de Skingrad, qui permettraient d’attester de ma position de diplomate. De plus nous avons dans notre compagnie un représentant officiel de Busad, de nature à crédibiliser notre volonté de traiter sérieusement cette affaire. Enfin, Monsieur Godemerek n’est-il pas là pour assurer notre sécurité en sa qualité de garde du corps ?



Je me tournais vers lui, l’air interrogateur, attendant de sa part qu’il me confirme accepter de faire semblant de jouer ce rôle.

– Nous pourrions ainsi demander à rencontrer le haut gradé à la tête de ce complexe en prétendant que nos investigations ont permis de démontrer et de prouver que l’usine exploitait illégalement des My’trans et que d’importante représailles seraient prises à leur encontre à défaut de terrain d’entente. Nous sommes en position de force de ce côté : ils sont implantés en plein territoire ennemis et doivent préserver un site hautement rentable tout en connaissant leur position qui , il me semble, s’avère illicite. Corrigez-moi si je me trompe. Devant leur représentant officiel, prétendons avoir des preuves de l’enlèvement et de la rétention et mise sous servitude de My’träns. Nous verrons bien ce qu’il a à nous apprendre, et si nous pouvons, d’une manière ou d’une autre vérifier cette hypothèse. Qu’en pensez-vous ?

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Zaël
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Enfin, ils avançaient ! Jess se plaça au côté de ce Godmerek, ne se préoccupant pas du pérégrin avec sa canne. S’il voulait les suivre, il faudrait qu’il garde leur rythme ! Pas le temps de traîner. Que ce terrain vallonné était frustrant en plus. Ils ne pouvaient voir l’usine en amont. Au moins, les daenars ne les verraient pas venir non plus.

- Maintenant, on se met à plat ventre, elle est juste derrière cette colline.

Sage idée, la Protectrice n’avait pas peur de se salir pour son boulot. Et observer d’abord les travailleurs avant de les interroger pourrait s’avérer utile. S’ils fonçaient tête baissée sans prendre le temps d’examiner l’usine, ils risquaient de passer à côté d’éléments ou de recoins cachant les secrets nécessaires à leur enquête. Parce que des secrets il y en avait forcément quand on se cachait ainsi derrière des barbelés !

Bien évidemment, le pérégrin n’avait pas fini de nous éclairer de ses lumières ! Depuis son buisson, il se lança à nouveau dans un très long discours. La commandante du petit groupe grimaça. C’était d’autant plus agaçant que la plupart de son propos était pertinent.

« Nous avons effectivement toute légitimité, il n’était pas question de se faufiler en douce ! » Par pour le moment en tout cas...

Son ton était plus sec que voulu. Par Delkhii, elle n’était pas venu ici pour déclencher une guerre ou se faire diplomate, même si la vue de ce complexe grossier la faisait grincer des dents. Elle avait été dépêchée pour un garçon disparu ! Elle comptait bien le trouver ou au moins découvrir ce qu’il s’était passé. Et si plus tard des méthodes moins orthodoxes étaient nécessaires, elle les emploierait. Mais autant commencer « simplement ».

« Bon, allons-y. On va les mettre sous pression, ils nous lâcheront un moindre morceau s’ils sont suspectés d’un crime bien plus grave qu’un garçon victime de leur usine ! »

Elle se tourna vers le My’tran, sa colère pourrait servir.

« Effectivement vous faire passer pour un bras armé pourrait servir ! »

Sur ce, la femme se releva, s’épousseta. Se présenter avec des brins d’herbes dans la tenue ferait moyennement sérieux. Puis entama le dernier bout de chemin les menant à l’usine d’un pas ferme. Sitôt passé la colline, les deux soldats assignés à la porte se tournèrent vers eux portant leur main aux armes à la ceinture. Les visites des My’trans étaient rarement amicale. Ne s’en préoccupant pas Jess vint se planter devant eux, les toisant l’un après l’autre du regard avant de parler.

« Nous somme venus pour parler avec le chef de cette compagnie. Conduisez moi à lui sans tarder ! »

« On rentre pas ici comme dans un moulin, m’dame ? »

« Figurez-vous que si, je suis Jess Neda Protectrice de Busad – son ton était clairement méprisant devant l’ignorance de son interlocuteur - accompagnée de Belenor l’Archange ici pour vous éviter de graves ennuis et Adramus Godmerek, là pour écarter les importuns. »

Les regards se firent gênés mais ils ne bougeaient toujours pas.

« C’est qu’on a nos ordres... »

« Vraiment ? Et vos ordres c’est de créer un incident diplomatique ? »

Le plus âgé des deux, moins de trente ans, fut traversé par une idée brillante.

« Heu, je peux aller le chercher ? Ugo va rester là avec vous. »

Son collègue avait l’air loin d’être ravi de se retrouver seul, avec juste les miradors au loin pour le soutenir, il commença à se dandiner d’un pied sur l’autre quand la porte se referma sur les pieds de son collègue. Il y avait ainsi moyen de le cuisiner un peu le temps que l’autre revienne accompagné.


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Adramus
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A l’instar de sa première intervention, sur la place du village, Belenor montrait encore une fois qu’il était loin d’être un poids. Bien que son endurance dans la marche ne fût pas exceptionnelle, il compensait intelligemment son handicap physique en étalant, sous les yeux fascinés d’Adramus, à quel point son esprit pouvait synthétiser les plans les plus ingénieux. Le vagabond n’était pas une grosse brute… Enfin si, mais c’était là son style de vie, son choix de vie, pas une limite que lui avait imposé la nature. Il avait décidé depuis longtemps que sa sagesse se limiterait aux enseignements de l’Erel Kheg et à quelques autres philosophies ésotériques. La complexité pragmatique des stratagèmes du pérégrin lui étaient toutefois totalement hors de portée, et c’était bien là ce qui rendait ce jeune homme si précieux à ses yeux. Malheureusement, l’idée de faire tout pour ne pas pousser les occupants de cette zone à se battre lui déplaisait quelque peu. Depuis qu’il avait eu vent de cette disparition, son esprit n’avait travaillé qu’à imaginer la destruction complète d’une prison si horrible. Visiblement, il devrait s’abstenir pour le moment, et de toute manière accomplir sa vision sans se faire tuer en plein milieu semblait compliqué.

- J’accepte. Lança-t-il simplement à Jess, qui semblait elle aussi plutôt enthousiasmée par les idées de Belenor.

Il imita le lieutenant en arrangeant un peu son allure, notamment en revêtant sa tunique de lin au grand col qu’il portait jusque-là autour de la taille. Bien que quelques herbes folles lui grattaient le dos à présent, il se sentait plus l’âme d’un homme de main docile maintenant qu’il était habillé. Emboîtant le pas de la Protectrice de Busad, ils arrivèrent rapidement au bas de la colline, là où les gardes pouvaient aisément les voir, et ainsi se mettre en position défensive très ostentatoire. Bien évidemment qu’un complexe aussi massif, lourdement gardé et illégal devait attirer les échauffourées de leurs compatriotes plus hardis.

Le dialogue commença… froidement, mais lorsque Jess mentionna la fonction qu’exerçait Adramus, et dans laquelle il excellait vu sa largeur d’épaules, il ne put s’empêcher de leur lancer un regard éloquent tout en bombant le torse. Une petite fierté. Et ainsi l’un des deux larrons finit par s’éloigner pour leur ramener celui qui dirigeait tout ce bazar fumant. L’interrogatoire s’annonçait amusant.
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Belenor
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Ha ! enfin les choses devenaient sérieuses ! Jess avait exigé sans détours de rencontrer le maître des lieux. Un officier supérieur qui cherche à négocier des terres ? Voilà qui devrait les intéresser. De quoi légitimer l'implantation d'un complexe Daënars en plein territoire My'tran. Mon option était simple, si l'usine s'avérait être sous la tutelle d'un État Daënar, alors nous pourrions traiter directement avec l'Etat en question qui aurait deux possibilités : négocier une exploitation dans des conditions plus respectueuses des croyances et population locales, ou déclarer la guerre.

Soudain, la deuxième option me paru telle une évidence :
« C’est qu’on a nos ordres... » hésitait l'un des gardiens de la porte, il semblait aussi sûr de lui qu'une pucelle disant adieu à sa vertue.
« Heu, je peux aller le chercher ? Ugo va rester là avec vous. » Les moeurs militaires avaient décidement bien changé...

Un tel avant-poste sur les terres My'tran aurait certes été puissamment défendu ; mais surout, les gardiens auraient été choisis parmis des soldats d'élites, des militaires endurcis et pas de la bleusaille tout juste bonne à encaisser en première ligne. Garder un point stratégique comme une porte, ce n'était pas rien ! Il s'agit de l'essentielle dans une forteresse. Je m'attendais à voir surgir un homme d'affaire grassouillé, mais c'est un viellard en armure complète qui vint nous saluer. Le véteran tenait solidement sur ses deux jambes, une main sur le pommeau de son glaive, encadré par des hommes pesant chacun le quintal et équipés de hallebardes. Derrière eux s'étallait une dizaine de solides gaillards, droit comme des piquets. Plusieurs d'entre eux avait leurs capuches rabatues, on devinait quelques étranges pustules et une sorte d'écorce qui leur mangeait une partie des mains et du visage. Qu'est-ce que c'était que ce truc immonde !?

Ce qui me surpris le plus fut leur âge. Le plus vieux devait avoir 17 ans, tout au plus. Je voyais blanchir leurs falanges tant ils se crispaient sur leurs armes. En voilà de beaux guerriers d'élites ! Cela me fit sourir l'espace d'un instant. Le viel homme se racla salement la gorge avant de toussauter :

- Je suis le General Fendegart, en charge de la sécurité de ce site. Que nous voulez-vous ?
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