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Chroniques d'Irydaë
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 Encore une histérique [Solo]

Kerrah
avatar
Jeu 3 Aoû - 20:13
Irys : 20890
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah était assise, l'air agacé, alors qu'un ingénieur Rathras travaillait sur la prothèse de son bras gauche.

L'homme, d'un âge moyen, lui jetais de temps à autre un regard à la fois dégouté et amplis de peur. Les Rathras, parents des prothèses, étaient après tout un peuple pacifiste. Le summum de leur art, la prothèse, qui allait permettre aux pauvres Daënastres amputés de reprendre une vie normale, était leur plus grande fierté.

L'existence même des disgraciés était une tâche faite à leur honneur. La prothèse, détournée, avilie pour servir le but eugéniste de « super soldats ». Si le but d’un soldat reste, discutablement mais sûrement, de protéger la nation, ses citoyens, et ses intérêts ; et la prothèse un outil servant cet objectif, cela n’empêchait point que les membres mécanisés de Kerrah étaient conçus pour tuer.

Quel que soit la finalité ultime de ses actions, l’archonte de fer avait déformé l’idéologie de l’art Rathras en une arme de mort, et aucun Rathras digne de ce nom ne pouvait se ranger derrière ceci.

On pouvait donc comprendre l’art dégouté de l’homme, alors qu’il opérait quelques réparations mineures sur la prothèse encore souillée d’éclat de sang seché. Si les dégâts avaient été important, Kerrah aurait été forcée de rentrer au QG de la légion pour une réparation approfondie, cependant, les quelques égratignures qu’elle avait obtenues précédemment pouvaient être réparée par n’importe quel spécialiste de la prothèse compétent.

Kerrah quant à elle était agacée par sa présence prolongée ici. Elle avait initialement investi la région avec un groupe de légionnaire pour investiguer une cellule d’espionnage My’Träns. Si la « paix » demeurait, les actions secrètes allaient bon train. Le plus gros du travail avait été largement fait en amont par les services de renseignement du conseil. Elle avait été dispatchée avec ses frères légionnaire pour « extraire » le kyste.

Elle aurait ensuite dû rentrer au bercail, cependant ses services avaient été requis plus longtemps pour répondre au « besoin de l’industrie ». Une mission requérant plus de finesse, et donc automatiquement pour sa pomme, ce qui avait énormément faire rire ses camarades.

Kerrah avait une certaine aversion pour le fait de traiter les affaires civiles, la dernière trace de fierté que pouvait conserver un légionnaire était qu’il servait au fond toujours le bien de sa nation. Une maigre consolation pour une existence détruite et une vie d’esclavage comme machine à tuer sur ordre.

Néanmoins voici comment elle s’était retrouvée à devoir « désamorcée » la situation ici. A savoir débusquer de leur position une bande de pseudo rebelles sans faire couler le sang. Les civils …

Le dernier « clic » se fit entendre, alors que l’homme posait finalement ses outils, soulagé d’en avoir fini avec cette cliente, qu’il craignait autant qu’elle le dégoutait.

« Ça fera 200 Irys, pas un sou de moins pour les chiens du conseil. »

Kerrah soupira : Celui-ci savait évidemment qu’un légionnaire ventant sa frustration sur un civil se condamnait à mort. C’était néanmoins couillu de sa part connaissant le caractère instable de la 1ere génération de disgraciés. Certes seuls les plus stables avait été conservés en activité, mais tout de même.

Kerrah se sépara de la somme sans sourcilier : Le seul bénéfice d’être asservie au conseil était que ses frais de mission, dépenses « médicales » comprises, étaient payée par sa hiéarchie. Parlait-on de frais de santé ou de maintenance d’ailleurs ? …

Kerrah se leva et se mis en chemin. La production de fer ne pouvait être interrompue sous aucun prétexte. La petite guérilla stupide de la jeune fille avait déjà causé du retard, même si minime, ce qui était inacceptable.

Kerrah soupira : Elle voulait juste rentrée et se remplir la panse de l’alcool le plus fort avec les autres légionnaires, toute distraction de leur quotidien était toujours la bienvenue.

Le fait qui étonnait le plus Kerrah dans cette mission était le super de la population à ce petit groupe de rebelle. On pourrait croire qu’une nuisance à l’activité minière soit accueillie froidement, mais au contraire, la jeune fille et ses acolytes logeaient toujours tranquillement en ville sous l’œil vigilant de la populace. Même la milice locale fermait l’œil sur leurs activités, tant que la nourriture dérobée était tout de même redistribuée.

C’est donc accompagnée d’un drapeaux blanc que Kerrah entrepris de rencontrer le petit groupe de rebelle.

Drapeau qui fut habillement arraché de ses mains d’un tir précis.

« Vous savez que tirer sur un représentant du conseil est toujours un crime n’est-ce pas ? »

Demanda Kerrah avec une voix glaciale, visiblement sans se décomposer.

« Tirer sur un être humain l’est sûrement, sur un légionnaire, beaucoup moins … » Répondit un des hommes qui la mettait en joue.

« … C’est blessant vous savez. »

Une jeune femme posa la main sur l’arme de celui qui venait de tirer, lui indiquant de cesser, et s’avança d’un pas. La jeune fille était brune aux yeux noir, et avait l’aspect atypique des gens de cette région minière, à savoir farouche et têtu.

« Et que nous veut une chienne du conseil ? Réclamer que nous cession de protester ? »

Kerrah haussa un sourcile.

« ‘Protester’ ? On parle d’un acte borderline de la rébellion ouverte ici. Pour contester un licenciement les gens se contentent usuellement d’une grève de la faim vous savez, pas que ça serve à quoi que ce soit à part les faire maigrir. C’est déjà hors de mon domaine de compréhension que votre petite équipe n’ai pas déjà été alpaguée par la milice »

« Oh ? Car c’est nous les truands maintenant ? … Calvin Cashol, cette ordure, a licencié mon père, et beaucoup d’autres avant lui, après des années et des années de bon et loyaux service, et ce dès que leur santé commence à décliner ! L’activité de mineur n’est pas tendre, tout le monde ici respire de la poussière de fer à longueur de journée. Est-ce que nous nous plaignons ? Non, nous travaillons de toutes nos forces. Et dès que nous ne pouvons plus, on dispose de nous comme d’ordures ménagères ! »

Et merde … Ceci explique cela. La milice, et les instances judiciaires en générale, sont beaucoup plus frileuse dès que les syndicats sont impliqués. Ca explique pourquoi personne ne s’est mouillé jusque là …

« Vos actions puériles blessent l’intégralité de la nation, pas uniquement Cashol »

«  Nous avons assez saignés pour le bien de la nation, c’est aussi le tour de la nation de saigner pour notre bien ! Maintenant, nous t’invitons à déguerpir la queue entre les pattes et rejoindre ton maître avant que nous vérifiions si toi aussi tu peux saigner »

Sigh … et encore les métaphores canines. Le pire c’est qu’ils pensent tous être original.

Faisant preuve d’un manque d’intérêt visiblement flagrant, Kerrah haussa les épaules :

«  Comme il vous sierra, c’était l’unique avertissement que vous recevrez »

Kerrah fit demi-tour, pensive. La situation était nettement plus épineuse qu’elle ne le pensait. Elle commençait à comprendre pourquoi le conseil avait missionné sa présence tout compte fait.

Elle retourna directement à la compagnie minière, prise dans ses pensées. Elle fut demandée directement dans le bureau de Cashol.

« Alors ! Est-ce que la vermine est finalement éliminée ? ! »

Kerrah secoua la tête :

« Ils disposent d’une cause relativement légitime, et du soutien de la population. De plus ils savent pertinemment que les syndicats se rangeront derrière eux si nous utilisons la force »

Calvin abattit son poing sur la table.

« Je le savais ! Vous êtes un parasite inutile. Quand j’ai demandé l’aide du conseil pour « dénouer » la situation et qu’ils m’ont assigné une de ces choses, je savais qu’on se moquait de moi ! »

Une pointe de colère monta d’un coup en Kerrah, alors que ses lames de bras étaient à deux doigts de jaillir par simple instinct. Ses yeux tournèrent au rouge sang alors qu’elle fusillait son interlocuteur du regard, faisant déglutir ce dernier qui se rassit soudainement, soucieux de sa propre sécurité.

« J’ai dit que la situation était épineuse, pas insolvable. Cependant cela va demander plus que de jouer les gros bras … »

Elle joua pensivement avec son menton, le tapotant d’un côté puis de l’autre dans un mouvement que des doigts humains étaient incapable de reproduire, ce qui a généralement le don de mettre mal à l’aise tout le monde. Devant le regard à la fois attentif et visiblement très mal à l’aise de Calvin, Kerrah ajouta :

« Je vais avoir besoin de 5000 Irys, et de l’ensemble des lettres de demande qu’elle a probablement du vous adresser par le passé »

Calvin ouvrit la bouche pour protester mais la ferma prestement devant le regard noir de Kerrah, obtempérant.

A vrai dire, Kerrah aurait pu s’en sortir avec la moitié de cette somme, mais elle avait appliqué le forfait insulte majoré de celui « j’aime pas ta tronche ».

«  Parfait … »

Sur ce, Kerrah tourna les talons, et s’en alla en ville.

Elle rentra tard, longtemps après le couché du sol, et trouva le contre-maître en train de l’attendre, se tordant nerveusement les mains :

« C’est fait, elle est morte ? »

Kerrah retira son masque et le regarda avec un air ahuri :

« Vous êtes malade ? Vous voulez une foule de mineurs armées de pioche et de torches au pied de votre exploitation demain matin pour planter nos têtes sur des piques ? Non ! Bien sûr qu’elle est encore en vie ! Cependant … Elle se prépare à une mauvaise surprise … »

N’en disant pas plus, kerrah se rendit pour attraper quelques heures de sommeil.

Le lendemain, le groupe était au rendez-vous devant l’exploitation, faisant blocus et scandant leurs slogans.

Calvin et Kerrah étaient aux première loges celle fois-ci, lui, nerveux, elle, regardant la jeune femme menant la troupe d’un air détaché.

« Toujours pas décidé à une conclusion tranquille de ce conflit ? »

« Toujours pas décidée à faire rédemption de ton âme, chienne ? »

« Pourquoi les insultes ? »

Voyant un détachement de milicien arriver, Kerrah haussa les épaules avec un sourire narquois :

« On dirait que votre petit spectacle prend fin »

« Ce n’est que partie remise, ils peuvent nous disperser autant de fois qu’ils veulent, nous ne fléchiront pas ! » Dit la jeune femme, en commençant à reculer comme pour rompre pacifiquement la manifestation et éviter ainsi se provoquer l’ire de la milice.

Néanmoins, cette fois-ci les choses n’allèrent pas dans son sens.

Au lieu d’un simple rappel à l’ordre, la jeune femme fut appréhendée et menottée :

Myranda Kalys, au nom de la fois, vous êtes arrêtée pour trahisons à la patrie, incitation au désordre publique, et collusion avec l’ennemie pour avoir orchestrée une révolte de mineur en collusion avec des espions My’Trans ! Vous autres, si vous foutez le camp immédiatement, il ne sera retenu contre vous qu’avoir été manipulé, si vous restez, vous serez jugés complices !

La jeune femme perdit toute couleur avec que le sang désertait son visage et que son estomac se nouait. Tous les mineurs quittèrent rapidement leurs positions.

Calvin exulta : « Tout le monde à son poste, maintenant que cet acte de terrorisme est terminé, tout le monde au travail ! «

Myranda, elle, était abasourdie. Choquée. Elle ne luttait que pour la reconnaissance des travailleurs malades, comment les choses avaient pu en arriver là. Elle croisa le regard de Kerrah, et dans un élan de rage en se mit à vociférer et lui cracha au visage avant de se faire entraîner.

Kerrah s’essuya la joue, sans colère, ni liesse. Elle n’éprouvait aucune fierté dans ce qu’elle venait de commettre.

Calvin s’approcha d’elle et lui chuchota : « Mais comment ? »

Kerrah tourna son regard froid sur Calvin :

« Connaissance et anticipation. Nous savions que la cellule d’espion que nous avions démantelée possédait une cache ici. Il m’a suffi d’utiliser les lettres comme modèle et un faussaire pour reproduire son écriture, et créé plusieurs documents incriminants que j’ai laissé dans la fameuse cache. Je savais que l’enquête sur cette cellule d’espion serait communiquée à la milice aujourd’hui, pour qu’ils démantèlent ce qu’il reste du réseau. Je n’avais qu’à attendre que les choses se déroulent »

Calvin la regarda avec une crainte mêlée de respect toute nouvelle, alors que son estomac se nouait en se demandant s’il n’avait pas sous-estimé la nature impitoyable de Kerrah.

« C’est fini donc ? Elle est bonne pour le gibet ? »

« Peu de chance, tout au plus un an et demi dans une prison haute sécurité pendant qu’un tribunal étudiera les preuves, jusqu’à statuer qu’elles sont inconcluante, et le crime pas assez grave, pour justifier d’autre chose qu’une relaxe après cette période d’emprisonnement. C’est suffisant en tout cas pour la discréditer, et effrayer suffisamment les dissidents. » [ /b]

Elle jeta un regard moqueur à Calvin, un regard empreint d’un cynisme sans fin.

« Bien sûr, d’ici là, le père de la pauvre femme sera probablement mort, faute de support financier, et elle n’aura plus rien à perdre. Moi, je serais loin d’ici là, donc je dois avouer m’en moquer un peu. J’entendrais probablement parler de la suite dans la gazette. C’est toujours un délice de lire les conséquences futures de ses actions. »

Kerrah se détourna et fit un signe de main à Calvin en riant d’un ton à glacer le sang.

« Sauf, bien sûr, si quelqu’un voyait à ce que ce qu’on prenne soin de ce mineur malade, ainsi que de ses collègues. Bien sur ce n’est que l’opinion d’une « chose », je laisse soin à des mains plus avisées de décider quoi faire de la suite »

Kerrah soupira : Dieu qu’elle détestait les civils.


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Ingrid & Sigurd
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Sam 12 Aoû - 10:05
Irys : 14997
Calvin était retourné dans son bureau depuis à peine dix minute qu’un de ces laquais, lèche-bottes et sale traître pour les autres mineures entra craintivement dans le bureau. La mine déconfite à cause de ce qu’il devait annoncer. Pourquoi les choses ne pouvaient se terminer paisiblement ? Se tordant les mains dans un sens puis dans un autre, déglutissant plusieurs fois et mettant à rude épreuve la patiente éprouvée du contre-maître.

-Heu, comment dire…

-Eh bien dit, ce que tu as à dire bon sang !

-Je ne sais pas comment vous dire ça, les mineurs ne se sont pas dispersés pour aller travailler…
Devant le regard furibond de Calvin, le jeune homme se tassa un peu plus. À peine, vous aviez les talons tournés, vous la milice et cette chienne qu’ils sont aller chercher leur famille. Tout le monde est là à protester…. Ils prévoient même d’aller faire un tour en ville que tout le monde sache que Miss Myranda a été arrêté injustement
Sa voix n’était plus qu’un murmure à la fin. Grâce à son travail « d’espion », il n’avait pas à descendre à la mine mais Hanss était en train de se demander s’il ferait pas mieux plutôt que de se retrouver dans ce type de situation.

Le point sur la table et les grondements de rage se firent instantanément entendre. Peut-être que c’était une collusion entre ces deux garces !

-Merde, merde, merde. Cette chienne nous a mis dans un pétrin encore plus profond, qu’elle nous en sorte ! Tu vas me la chercher et la ramener fissa ici !

Peut-être en menait-il pas large devant elle tout à l’heure mais là elle n’était pas là. Raison de plus de laisser déborder encore plus sa rage.

-Et quand je dis ici, c’est directement dans le sac de nœud à l’entrée de mes mines !

Hanss n’osait demander ce qui se passerait s’il ne pouvait lui mettre la main dessus, si le Conseil ne pouvait lui dire où la trouver et si…

Les mineurs quand à eux avaient triplés leur nombre. Les enfants, les malades assez vaillant pour venir, les maris et les femmes, ils étaient tous là pour crier leur indignation, demander qu’on relâche  Myranda Kalys. Qui allez s’occuper de son père autrement ?! Les décideurs, où ceux remplissant ce rôle après l’arrestation de cette dernière, étaient en train de se disputer pour la marche à suivre : il fallait une démonstration de force, ou une lettre ouverte, ou une manifestation devant le Conseil ou juste rester là ou… Les arguments fusaient de part et d’autres. Ils n’étaient pas près de bouger ! La seule chose pour laquelle ils avaient été d'accord, c'était de rameuter encore plus de gens passer ça,  passé ça rien n'était défini.
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Kerrah
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Jeu 17 Aoû - 21:30
Irys : 20890
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah grimaça en mâchonnant un morceau de réglisse.

"Sigh ... Quelle bande de joyeux abrutis ... "

Le contre-maître était assiégé, pas la peine de compter sur lui, d'autant qu'ils ferait probablement un meilleurs travail d'acteur s'il était persuadé que sa tête allait bientôt finir sur une pique.

Kerrah était restée derrière car elle souhaitait justement observer comment la situation allait se dérouler. Si elle était à 100% sur de la suite des évènements pour la jeune fille, la milice et la justice suivant des protocoles assez précis, une foule en colère présentait elle un certain nombre de variable.

Le plus ridicule, aux yeux désabusés de Kerrah, était l'inutilité d'une telle démarche. Quand il ne s'agissait encore que d'une manifestation "un peu trop" mouvementé, le système judiciaire et militaire de l'UNE pouvait difficilement intervenir, cependant, maintenant, on tombait dans une situation de rebellion ouverte et d'entrave à la justice, ce qui présageait une réponse toute autre.

Si en soit Kerrah n'avait rien contre une petite rivière de sang de temps en temps, il est un adage qui dit qu'un travailleur est nettement plus productif quand il est encore vivant.

Ce qui voulait dire qu'il lui appartenait à elle d'intervenir avant que ce joyeux bordel et ces abrutis heureux se fassent tuer ou arrêter.

Le don le plus sinistre de Kerrah n'était pas son corps créé pour tuer, ou son esprit froid et calculateur, c'était sa capacité à lire le coeur humain et à étayer ses plans en connaissance de cause.

" Sigh ... "

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Myranda était encore abasourdie, alors que sa vie s'écroulait sous ses pieds, et tout ça à cause de cette chienne menteuse.

Elle venait de passer toute la journée en interrogatoire, et son visage était marqué d'un bleu ou deux, rien de trop sérieux. Elle avait été martelée de question sans aucune pause. Bien sûr c'est un peu léger de monter l'intégralité de sa défense sur "C'est un coup monté" quand on a aucune preuve pour défendre sa position.

Quand enfin les miliciens en eurent assez, ils la jetèrent dans une cellule.

La nuit était maintenant tombée, mais cela ne l'empêcha pas de voir une ombre bouger à côté d'elle.

La jeune fille se recroquevilla sous la terreur, s'attendant déjà à se faire violer pas un prisonnier comme une partie prolongée de sa torture.

Au lieux de ça elle sentit une main froide comme la mort venir lui toucher le menton et lui relever le visage doucement :

" Hmmm, quel intérêt de battre un prisonnier alors qu'un aveux sous la contrainte ne servira à rien devant un tribunal ... Si au moins ils avaient des questions intéressante à poser ... Amateurs ... "

La jeune fille frappa la main d'acier de Kerrah, son regard oscillant entre terreur et fureur. Se demandant si sa dernière heure était arrivée.

" ... Toi ! "

" Hmmm ? ... Ah oui moi. Ignore mes divagation professionnelle. "


Kerrah se laissa tombée sur la banquette, s'adossant confortablement au mur. Voyant la réaction de Myranda elle ajouta :

" Inutile de chercher une arme, même avec tu ne ferais pas le poids, quant à appeler à l'aide ... Quel intérêt ? Ce n'est pas comme si ma présence ici était un secret d'état. Je représente le conseil après tout. "

La jeune fille la foudroya du regard et hurla :

" J'aurais du te tuer quand j'en avais l'occasion ! "


Kerrah sourit, s'approchant brusquement de Myranda qui se recroquevilla sous la lueur maléfique du regard de la légionnaire :

" Tu aurais du, oui, mais cela aurait fait de toi une tueuse non ? Sans même parler de la justice, tu n'as pas ça en toi de prendre une vie. Moi, au contraire ... "


Voyant la jeune fille au bord des larmes Kerrah recula doucement en rigolant :

" Je plaisante ! Si j'avais voulu te tuer il m'aurait suffit d'obéir tranquillement aux ordres de ce trou du cul de Calvin. Putain mais qu'elle con ce type ... Non, vois-tu, malgré tout ce qu'on puisse en penser, le conseil est actuellement dévoué au bien être et à la sécurité des citoyens de l'UNE. Tu serais actuellement surprise, contrairement à notre réputation, tu peux de fois que les légionnaires font couler le sang. Torture mise à part bien sur. Pas que j'ai quoi que ce soit à voir dans ta présente situation bien sur"

Kerrah oscillait dangereusement entre douceur rationnel et sociopathie, laissant la jeune fille avec une horreur non simulée sur son visage.

" Que me voulez-vous ... "

Kerrah sourit :

" Du vousoiement maintenant ... Bien. Vois-tu nous avons une situation sur nos bras. Tout tes petits amis dehors ont décidé de tout mettre à feu et à sang. Ce qui, contrairement à ton petit cinéma, va se traduire par une répression brutale.

De plus, cela risque de ne pas exactement jouer dans ton sens quand tu devras expliquer aux juges que tu ne cherchais pas à fomenter une révolte, si tu vois ce que je veux dire ... "


Myranda se calma, sentant soudainement que sa journée atroce allait peut-être prendre un tour pour le meilleurs.

" J'aimerais que tu m'aide à calmer tout ce petit monde, tu sais, avant qu'ils se fassent tuer. De mon côté, mon objectif est simple, que tout le monde retourne au boulot, du tiens, je suppose qu'éviter un bain de sang est un bon début. Qu'en dis-tu? ... "


Kerrah était remarquablement calme. Elle avait, après tout, les cartes en main, et même quelques as encore en manche. Il lui restait juste à espérer que son amie ici présente n'était juste pas effectivement une anarchiste finie.


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Ingrid & Sigurd
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Hier à 10:00
Irys : 14997
Le contre-maître tournait comme un lion en cage dans son bureau. Comment osaient-ils se comporter de la sorte, assiéger ses mines, le couvrir de ridicule devant le Conseil. Pour la énième fois de la journée il hurla :

« HANS ! »

L’autre, toujours là à la nuit tombée, n’avait pas le droit de rentrer : après tout, ses camarades siégeaient toujours devant la mine et surtout cette Kerrah n’était nul part en vue ! Il accouru donc prêt à recevoir de nouvelles admonestations.

« Qu’est-ce qu’elle t’a dit ! Pourquoi il y a toujours rien de fait ! Pourquoi on est encore dans cette mer** jusqu’au cou ! »

Le mineur secoua la tête impuissant comme le savait très bien son patron maintenant, il n’était au courant de rien. « Leur sauveuse » n’avait rien daigné lui dire. S’il n’avait pas été aussi trouillard, le jeune homme aurait certainement répondu : à cause de toi. Mais bon, là il espérait juste ne pas se faire passer à tabac lors de l’arrestation inévitable…



Terrifiée était un bien faible mot pour décrire l’état de Myranda. Rien ne s’était passé comme prévu après que la chienne du gouvernement soit apparue. Tout était allé à vau l’eau. Elle s’était faite arrêtée sous de fausses et graves accusations, rouée de coup pour le plaisir de quelques pervers et jetée dans une cellule miteuse, ignorante de ce qui l’attendait pour enfin de nouveau rencontrer cette « femme ». Elle puait la folie, la travailleuse n’avait aucun moyen de savoir quand elle passerait de cette apparence calme à une rage meurtrière. La menace était réelle et pourtant elle n’arrivait pas à s’en inquiéter.

" J'aimerais que tu m'aide à calmer tout ce petit monde, tu sais, avant qu'ils se fassent tuer. De mon côté, mon objectif est simple, que tout le monde retourne au boulot, du tien, je suppose qu'éviter un bain de sang est un bon début. Qu'en dis-tu? ... "

Un espoir terrible l’étreignit en même temps qu’un désespoir profond. Elle savait qu’elle ne pourrait résister longtemps ici, même avec sa volonté, en face il y avait des pros à briser les esprits. Et cette meurtrière. Peut-être n’était-ce qu’une nouvelle torture, un marché de dupe. Ou pire encore un vrai marché dont elle ne sortirait pas indemne quelque soit sa décision.

« Pourquoi vous-faites nous ça ?! Pourquoi vous me faites ça... »

La tête dans les mains, elle avait laissé échapper cette faible complainte. On était loin de la jeune femme vindicative et pleine de fougue de ce matin. Ce n’était pas comme ça que devait se passer les négociations.

« Vous croyez qu’ils vont m’écouter en me voyant dans cet état ? Qu’ils vont renoncer sans rien en retour ? On ne demande pas tant... »

Des larme chaudes et salées vinrent couler sur ses joues, brûlant les entailles sur son visage.

« À quoi bon nous sauver pour nous condamner à une vie de misère ? »

Question rhétorique qui en cachait une autre plus essentielle, existentielle : « Si j’accepte, que deviendrais-je ? »
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