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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Als'kholyn :: Marnaka
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 Le crime ne dort jamais

Ludwig Strauss
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Dim 6 Aoû - 20:00
Irys : 72389
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
Pssshhht

Le trio de gaillards porta instinctivement la main vers leurs armes cachées dans les lourds pans de leurs manteaux, guettant du regard la source du bruit. Le chef, un grand homme large d’épaules, plissa son œil unique, tentant de percer le brouillard industriel caractéristique des ruelles d’Aildor. Un lourd silence, pesant, s’installa. Puis à nouveau ce sifflement aigu.

Wallace se détendit légèrement quand il identifia le bruit. Il s’agissait ni plus ni moins que l’un des multiples tuyaux à vapeurs délavés qui alimentaient la ville glacée d’une source de chaleur questionnable. Il fit signe à ses hommes qu’il n’ y’avait aucun danger et ces derniers reprirent leur posture nonchalante. Ils frottèrent leurs mains tout en soufflant dessus, luttant contre l’ambiance glacée de cette ruelle mal-éclairée.

Le chef fixait constamment les alentours, aux aguets. Son visage patibulaire et balafré et son œil gauche couverte d’un cache-œil lui donnaient des airs peu engageants, surtout sous la faible lumière du lampadaire urbain. Ses doigts gantés pianotaient mollement contre ses épais avant-bras, ses bottes tapotant le sol dal englué de boue.

Ils étaient en retard …

C’est alors qu’il entendit le son caractéristique d’un véhicule à vapeur qui s’approchait. Ses deux acolytes se redressèrent alors, reprenant une mine sérieuse digne d’un militaire de l’armée de fer. Wallace fit craquer l’articulation de son cou rigide. Ce n’était pas trop tôt. De la brume surgit alors une veille voiture à vapeur dont la cheminée crachait d’épais nuages de vapeur d’eau dans l’air glacé. Le véhicule s’arrêta à quelques maîtres du trio, puis en sortit quatre truands aux habits crasseux et portant des bandeaux de couleur rouge. Des membres du gang des Banshees, des racailles spécialisées dans le trafic humain d’Aildor ainsi que responsables de plusieurs délits peu glorieux.  Wallace ne s’inquiétait pas qu’ils soient en infériorité numérique, lui et ses hommes étaient d’anciens soldats aguerris tandis que ces « gamins » n’étaient que des têtes-brûlées, des amateurs de violence et des brutes sans talents. Mais prudence, ils restaient dangereux.

Celui qui semblait être leur chef avança à la rencontre de Wallace, les mains dans les poches, un sourire de rat sur son visage sournois couvert de tatouages sensés être intimidants. Ses pas, sa façon de le fixer, le fait qu’il montrait négligemment les manches de ses couteaux dans sa ceinture … il voulait lui prouver qu’il était le chef du secteur ? Qu’il continue ainsi. Wallace savait très bien que, comparé à son patron, ce blaireau n’était qu’un petit joueur.

« Vous les avez ? »

La voix narcissique du Banshee dégouta l’ancien militaire qui eut envie de lui arracher la langue avec ses propres couteaux, mais son visage n’exprima aucunement ses sentiments meurtriers. Il se contenta de jeter un regard à ses acolytes. Les deux gaillards s’emparèrent alors d’une caisse en bois avant de la déposer entre les deux chefs et dévoiler son contenu. Les yeux des Banshees pétillèrent quand ils virent les modèles tous neufs de revolvers  et carabines soigneusement disposées sur un tapis de paille fraîche. Avec tout ce petit arsenal, leur gang pourrait rivaliser avec leurs ennemis Loups et Fantômes. L’un des truands s’accroupit, désireux de s’emparer d’une des armes à feu rutilantes entre ses doigts crasseux, mais il recula rapidement la main quand les acolytes refermèrent aussitôt le coffre.

« J’espère que vous avez aussi remplit votre part. » Souffla lentement Wallace, ne quittant pas des yeux le chef des Banshees.

Ce dernier ne put défier le regard sinistre du borgne et se contenta de rire avec peu de foi en détournant le regard. Il siffla alors et un de ses hommes, un pâle et maigre gars portant des lunettes crasseuses de pilote, apporta alors un épais bouquin. Le borgne s’en empara et le feuilleta rapidement. Des plans, des cartes, des instructions … autant de choses rassemblées en un seul livre à l’odeur de poussière. Les Banshees ne voyaient en ce livre qu’un futile tas de papiers sans valeur, mais Wallace savait que le Baron ne désirait posséder une chose que si son utilité était avérée, bien qu’elle lui échappe un peu en ce moment.

« On a dû trancher quelques gorges au passage, mais on a mit la main sur tous les papiers comme promis. »

« Je vois ça … »

« Je ne sais pas ce que tu peux y trouver dans ce tas de … »

« Prends ta caisse et tires-toi, notre marché est terminé. »

« … sympa de faire affaires. Allez les mecs, mettez-moi ce joli butin dans la bagnole ! »


~ Celui qui détient l'or, établit les règles ~
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Lizzie Seavey
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Dim 6 Aoû - 23:03
Irys : 66834
Profession : Chasseuse de primes - Pirate
Pérégrin 0
Lizzie s'était installée à Aildor depuis quelques temps. Le froid n'était pas spécialement son ami, mais elle s'y faisait. Elle appréciait surtout l'ambiance des bas quartiers, les magouilles et embrouilles entre gangs. Ça lui rappelait la piraterie. Et puis, certains des équipages avec qui elle partait parfois en expédition avaient pour point de repère la capitale d'Als'kholyn, c'était donc un bon endroit pour squatter. Elle allait d'auberge en auberge selon son budget, commençant à avoir ses petites habitudes. Cela lui permettait en plus de rencontrer plus de gens, et donc d'entendre plus de rumeurs.

Et la dernière en date était la plus croustillante. L'un des gangs avait reçu une commande d'un petit groupe d'hommes qui n'étaient pas comme les gens du coin. Plus... professionnels. Le genre de gars qui avait décidé de se fourrer là-dedans parce qu'ils étaient bons, pas ceux qui y étaient nés et tentaient tant bien que mal de survivre. Les Banshees devaient réunir des documents confidentiels et les filer en échange d'une cargaison d'armes qui leur permettrait de s'élever dans leur petite guerre de quartier. C'était de l'un de leurs que Lizzie tenait son information, il lui avait lâché quelques détails après une soirée à boire avec elle, et elle avait creusé par elle même pour obtenir les informations manquantes.

Lizzie avait un don pour se mettre en danger. Elle adorait ça, c'était plus fort qu'elle. L'adrénaline rendait sa vie plus palpitante. Mais elle savait qu'il y avait derrière cette histoire de documents beaucoup plus que ça. Beaucoup plus que ce que les Banshees étaient capables de voir. Une source d'informations de valeur pour de prochaines opérations. Un moyen de rendre sa vie plus facile. Et de foutre la merde aussi. La jeune femme finit par apprendre qu'en échange de ces documents, les Banshees auraient droit à une cargaison de nouvelles armes. Intéressant. Les professionnels ne négociaient pas avec des Irys mais des armes. Il fallait vraiment creuser cette histoire plus en profondeur. Se procurer des armes n'était pas chose aisée, d'où venaient-elle donc ?

Il ne fut pas très difficile pour Lizzie de convaincre Fraid Wellem, le capitaine du Sorogh flamboyant, un brik pirate, de lui prêter quelques hommes pour tendre une embuscade aux deux groupes afin de récupérer à la fois la cargaison d'armes et les documents. La cargaison pour les pirates, les documents pour elle. Fraid lui faisait assez confiance pour mettre une demi-douzaine de gars sous ses ordres. Une fois quelques pots de vins payés, Lizzie sut très exactement où elle devait se trouver et à quel moment pour mener sa mission à bien.

Ce jour-là, Lizzie était donc cachée un demi-étage au-dessus de Wallace et ses hommes, à attendre comme eux dans le froid. On avait beau être en juillet, cela ne changeait pas grand chose au climat glacial d'Als'kholyn. L'un des gars de Wellem se trouvait encore plus en hauteur, une carabine à lunette entre les mains. Un gars était avec elle, et les quatre autres attendaient un peu plus loin, là où les Banshees étaient censés arriver. Leur force résidait surtout dans leur attaque surprise, car ils n'étaient pas vraiment nombreux. Mais cela devrait normalement suffire.

Lizzie et son compagnon étaient postés dans l'ombre, sur un tuyau de vapeur. Le bruit du sifflement du gaz qui s'échappe des jointures usées semblait déranger les soldats en dessous, mais heureusement leurs yeux ne se posèrent jamais sur la jeune femme et le pirate à ses côtés. Ils attendirent patiemment la fin de la transaction puis le tireur en hauteur déclencha l'attaque. Tout se passa ensuite très rapidement. Son tir permit de mettre à terre l'un des deux soldats qui accompagnait Wallace, le tir ayant transpercé son genou. Les quatre pirates neutralisèrent rapidement les Banshees, qui avaient déjà chargé les armes dans la voiture, et prirent possession de celle-ci. Quant à Lizzie et son acolyte ils tombèrent directement sur les deux derniers soldats, qui s'écroulèrent sur leur poids. Sans pitié, l'acolyte de Lizzie acheva le sien puis rejoignit ses camarades dans la voiture. Quant à la jeune femme, assise à califourchon sur un Wallace désarmé, elle prit le temps de récupérer le livre en lui souriant, avant de l'assommer avec la crosse de son revolver. A quoi bon le tuer, puisque ses supérieurs s'en occuperaient certainement après cet échec ?

Elle se releva, prit le temps de remarquer que toutes les armes qu'ils portaient étaient des Strauss. Elle avait entendu parler de ce marchand d'armes, relativement récent dans le marché, mais qui montait à une vitesse fulgurante. Il était visiblement lié à cette histoire... La jeune femme regarda la voiture à vapeur s'éloigner, les six pirates à l'intérieur. C'était une affaire rondement menée, et Lizzie ne perdit pas plus de temps sur les lieux. Un bon repas chaud et un lit douillet l'attendaient dans une des auberges de la ville, bien qu'elle n'ait pas encore décidé laquelle.


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Ludwig Strauss
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Mar 8 Aoû - 20:09
Irys : 72389
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
Un quatrième personnage était caché derrière une pile de caisses, fixant la scène digne d’un roman policier sans bouger un doigt. L’individu portait un manteau de cuir et une casquette ronde. Il était légèrement trapu et avait un visage ridé au nez crochu. En retrait, il n’esquissa aucun geste à mesure que les hommes se faisaient abattre avec une froide efficacité par ce qui semblait être un groupe organisé de redoutables flibustiers. L’embuscade semblait être méticuleusement préparée et organisée à en juger avec quelle rapidité ils avaient fondus comme des oiseaux de proie sur les dealeurs. Le spectateur ne put s’empêcher de sourire un peu, amusé par la performance meurtrière. Puis il plissa des yeux quand ses yeux de croque-mort se posèrent sur une brune en particulier. Seule femme du groupe, elle semblait aussi être au-dessus de tout ça à en juger par le fait qu’elle préféra assommer cet imprudent de Wallace plutôt que lui ôter la vie sur les froids pavés.

Elle s’empare du livre … ainsi donc c’était son but, sa petite récompense à elle. Il siffla d’un air mauvais entre ses dents jaunis. Cette diablesse n’avait que faire du tas de documents ! Elle ne pourrait en voir l’utilité … du moins c’est ce qu’il pensait. Mais au fond de lui, il craignait qu’elle y trouve de précieuses informations … des informations compromettantes. Il fallait y remédier. Heureusement qu’il veillait toujours sur les « transactions », à l’écart. On n’était jamais trop prudents, et des incidents dans ce genre étaient fréquents.

Se redressant, il tourna la tête derrière lui. Deux hommes dans un accoutrement civil des plus anodins se tenaient derrière lui. Ils ressemblaient à ces ouvriers modestes qui vivaient à travers un dur labeur et noyaient la misère de leur vie dans l’alcool. Du moins c’était l’apparence choisis par ces deux tueurs à sang-froid.

« Suivez-là … »

Aussitôt les hommes de main s’engouffrèrent à travers la ruelle où avait disparut la jeune femme, rapides et véloces comme un duo de rats sournois. Leur chef pouvait être sûr qu’ils traqueraient discrètement la voleuse sans se faire remarquer, mais plus important encore ils n’allaient pas l’égorger dans la rue. Non pas qu’ils craignaient de se faire voir par un quelconque mendiant ou alcoolique, mais il fallait voir si cette demoiselle pourrait les conduire vers un potentiel groupe rival qu’ils devraient alors éliminer prestement en rétribution pour l’embuscade.

Le trapu se pencha alors vers Wallace qui commençait lentement à reprendre ses esprits, une couleur violacée envahissant l’arrête de son nez. Grognant et jurant sous sa moustache épaisse, il porta son œil unique en direction de l’autre individu, resta silencieux puis jura à nouveau.

« Pas de commentaires, Stewart … je suis pas d’humeur. »

« Je vois ça, Wallace … cela ne change rien au fait que tu t’es fais avoir comme un bleu. Le Patron risque de ne pas aimer ça. »

« Il n’en saura rien ! Et puis que fais-tu ici ?! »

« Je veille à ce que tout se passe comme prévu. C’est ton jour de chance, tu n’auras pas à te justifier devant notre chef. Stewart veille une fois de plus sur le bon déroulement du plan. »

Wallace grogna à nouveau, la tête endolorie. Stewart était un rat, perfide et sournois, sa compagnie était très désagréable. Mais il devait admettre qu’il savait faire son travail. Il détestait l’admettre mais sur ce coup-là il lui sauvait la mise.

Le soldat toucha son nez douloureux et pesta. Il espérait que les sbires de Stewart mettent la main sur cette catin, car désormais il désirait plus que tout de l’étrangler entre ses mains pour cette humiliation. Cette garce allait payer cher son audace.


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