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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: Als'kholyn :: Marnaka
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 [Terminé] Le crime ne dort jamais

Ludwig Strauss
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Dim 6 Aoû - 20:00
Irys : 358095
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
Pssshhht

Le trio de gaillards porta instinctivement la main vers leurs armes cachées dans les lourds pans de leurs manteaux, guettant du regard la source du bruit. Le chef, un grand homme large d’épaules, plissa son œil unique, tentant de percer le brouillard industriel caractéristique des ruelles d’Aildor. Un lourd silence, pesant, s’installa. Puis à nouveau ce sifflement aigu.

Wallace se détendit légèrement quand il identifia le bruit. Il s’agissait ni plus ni moins que l’un des multiples tuyaux à vapeurs délavés qui alimentaient la ville glacée d’une source de chaleur questionnable. Il fit signe à ses hommes qu’il n’ y’avait aucun danger et ces derniers reprirent leur posture nonchalante. Ils frottèrent leurs mains tout en soufflant dessus, luttant contre l’ambiance glacée de cette ruelle mal-éclairée.

Le chef fixait constamment les alentours, aux aguets. Son visage patibulaire et balafré et son œil gauche couverte d’un cache-œil lui donnaient des airs peu engageants, surtout sous la faible lumière du lampadaire urbain. Ses doigts gantés pianotaient mollement contre ses épais avant-bras, ses bottes tapotant le sol dal englué de boue.

Ils étaient en retard …

C’est alors qu’il entendit le son caractéristique d’un véhicule à vapeur qui s’approchait. Ses deux acolytes se redressèrent alors, reprenant une mine sérieuse digne d’un militaire de l’armée de fer. Wallace fit craquer l’articulation de son cou rigide. Ce n’était pas trop tôt. De la brume surgit alors une veille voiture à vapeur dont la cheminée crachait d’épais nuages de vapeur d’eau dans l’air glacé. Le véhicule s’arrêta à quelques maîtres du trio, puis en sortit quatre truands aux habits crasseux et portant des bandeaux de couleur rouge. Des membres du gang des Banshees, des racailles spécialisées dans le trafic humain d’Aildor ainsi que responsables de plusieurs délits peu glorieux.  Wallace ne s’inquiétait pas qu’ils soient en infériorité numérique, lui et ses hommes étaient d’anciens soldats aguerris tandis que ces « gamins » n’étaient que des têtes-brûlées, des amateurs de violence et des brutes sans talents. Mais prudence, ils restaient dangereux.

Celui qui semblait être leur chef avança à la rencontre de Wallace, les mains dans les poches, un sourire de rat sur son visage sournois couvert de tatouages sensés être intimidants. Ses pas, sa façon de le fixer, le fait qu’il montrait négligemment les manches de ses couteaux dans sa ceinture … il voulait lui prouver qu’il était le chef du secteur ? Qu’il continue ainsi. Wallace savait très bien que, comparé à son patron, ce blaireau n’était qu’un petit joueur.

« Vous les avez ? »

La voix narcissique du Banshee dégouta l’ancien militaire qui eut envie de lui arracher la langue avec ses propres couteaux, mais son visage n’exprima aucunement ses sentiments meurtriers. Il se contenta de jeter un regard à ses acolytes. Les deux gaillards s’emparèrent alors d’une caisse en bois avant de la déposer entre les deux chefs et dévoiler son contenu. Les yeux des Banshees pétillèrent quand ils virent les modèles tous neufs de revolvers  et carabines soigneusement disposées sur un tapis de paille fraîche. Avec tout ce petit arsenal, leur gang pourrait rivaliser avec leurs ennemis Loups et Fantômes. L’un des truands s’accroupit, désireux de s’emparer d’une des armes à feu rutilantes entre ses doigts crasseux, mais il recula rapidement la main quand les acolytes refermèrent aussitôt le coffre.

« J’espère que vous avez aussi remplit votre part. » Souffla lentement Wallace, ne quittant pas des yeux le chef des Banshees.

Ce dernier ne put défier le regard sinistre du borgne et se contenta de rire avec peu de foi en détournant le regard. Il siffla alors et un de ses hommes, un pâle et maigre gars portant des lunettes crasseuses de pilote, apporta alors un épais bouquin. Le borgne s’en empara et le feuilleta rapidement. Des plans, des cartes, des instructions … autant de choses rassemblées en un seul livre à l’odeur de poussière. Les Banshees ne voyaient en ce livre qu’un futile tas de papiers sans valeur, mais Wallace savait que le Baron ne désirait posséder une chose que si son utilité était avérée, bien qu’elle lui échappe un peu en ce moment.

« On a dû trancher quelques gorges au passage, mais on a mit la main sur tous les papiers comme promis. »

« Je vois ça … »

« Je ne sais pas ce que tu peux y trouver dans ce tas de … »

« Prends ta caisse et tires-toi, notre marché est terminé. »

« … sympa de faire affaires. Allez les mecs, mettez-moi ce joli butin dans la bagnole ! »



Chibi Ludwig
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Dernière édition par Ludwig Strauss le Ven 22 Sep - 2:17, édité 1 fois
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Lizzie Seavey
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Dim 6 Aoû - 23:03
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Profession : Chasseuse de primes - Pirate
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Lizzie s'était installée à Aildor depuis quelques temps. Le froid n'était pas spécialement son ami, mais elle s'y faisait. Elle appréciait surtout l'ambiance des bas quartiers, les magouilles et embrouilles entre gangs. Ça lui rappelait la piraterie. Et puis, certains des équipages avec qui elle partait parfois en expédition avaient pour point de repère la capitale d'Als'kholyn, c'était donc un bon endroit pour squatter. Elle allait d'auberge en auberge selon son budget, commençant à avoir ses petites habitudes. Cela lui permettait en plus de rencontrer plus de gens, et donc d'entendre plus de rumeurs.

Et la dernière en date était la plus croustillante. L'un des gangs avait reçu une commande d'un petit groupe d'hommes qui n'étaient pas comme les gens du coin. Plus... professionnels. Le genre de gars qui avait décidé de se fourrer là-dedans parce qu'ils étaient bons, pas ceux qui y étaient nés et tentaient tant bien que mal de survivre. Les Banshees devaient réunir des documents confidentiels et les filer en échange d'une cargaison d'armes qui leur permettrait de s'élever dans leur petite guerre de quartier. C'était de l'un de leurs que Lizzie tenait son information, il lui avait lâché quelques détails après une soirée à boire avec elle, et elle avait creusé par elle même pour obtenir les informations manquantes.

Lizzie avait un don pour se mettre en danger. Elle adorait ça, c'était plus fort qu'elle. L'adrénaline rendait sa vie plus palpitante. Mais elle savait qu'il y avait derrière cette histoire de documents beaucoup plus que ça. Beaucoup plus que ce que les Banshees étaient capables de voir. Une source d'informations de valeur pour de prochaines opérations. Un moyen de rendre sa vie plus facile. Et de foutre la merde aussi. La jeune femme finit par apprendre qu'en échange de ces documents, les Banshees auraient droit à une cargaison de nouvelles armes. Intéressant. Les professionnels ne négociaient pas avec des Irys mais des armes. Il fallait vraiment creuser cette histoire plus en profondeur. Se procurer des armes n'était pas chose aisée, d'où venaient-elle donc ?

Il ne fut pas très difficile pour Lizzie de convaincre Fraid Wellem, le capitaine du Sorogh flamboyant, un brik pirate, de lui prêter quelques hommes pour tendre une embuscade aux deux groupes afin de récupérer à la fois la cargaison d'armes et les documents. La cargaison pour les pirates, les documents pour elle. Fraid lui faisait assez confiance pour mettre une demi-douzaine de gars sous ses ordres. Une fois quelques pots de vins payés, Lizzie sut très exactement où elle devait se trouver et à quel moment pour mener sa mission à bien.

Ce jour-là, Lizzie était donc cachée un demi-étage au-dessus de Wallace et ses hommes, à attendre comme eux dans le froid. On avait beau être en juillet, cela ne changeait pas grand chose au climat glacial d'Als'kholyn. L'un des gars de Wellem se trouvait encore plus en hauteur, une carabine à lunette entre les mains. Un gars était avec elle, et les quatre autres attendaient un peu plus loin, là où les Banshees étaient censés arriver. Leur force résidait surtout dans leur attaque surprise, car ils n'étaient pas vraiment nombreux. Mais cela devrait normalement suffire.

Lizzie et son compagnon étaient postés dans l'ombre, sur un tuyau de vapeur. Le bruit du sifflement du gaz qui s'échappe des jointures usées semblait déranger les soldats en dessous, mais heureusement leurs yeux ne se posèrent jamais sur la jeune femme et le pirate à ses côtés. Ils attendirent patiemment la fin de la transaction puis le tireur en hauteur déclencha l'attaque. Tout se passa ensuite très rapidement. Son tir permit de mettre à terre l'un des deux soldats qui accompagnait Wallace, le tir ayant transpercé son genou. Les quatre pirates neutralisèrent rapidement les Banshees, qui avaient déjà chargé les armes dans la voiture, et prirent possession de celle-ci. Quant à Lizzie et son acolyte ils tombèrent directement sur les deux derniers soldats, qui s'écroulèrent sur leur poids. Sans pitié, l'acolyte de Lizzie acheva le sien puis rejoignit ses camarades dans la voiture. Quant à la jeune femme, assise à califourchon sur un Wallace désarmé, elle prit le temps de récupérer le livre en lui souriant, avant de l'assommer avec la crosse de son revolver. A quoi bon le tuer, puisque ses supérieurs s'en occuperaient certainement après cet échec ?

Elle se releva, prit le temps de remarquer que toutes les armes qu'ils portaient étaient des Strauss. Elle avait entendu parler de ce marchand d'armes, relativement récent dans le marché, mais qui montait à une vitesse fulgurante. Il était visiblement lié à cette histoire... La jeune femme regarda la voiture à vapeur s'éloigner, les six pirates à l'intérieur. C'était une affaire rondement menée, et Lizzie ne perdit pas plus de temps sur les lieux. Un bon repas chaud et un lit douillet l'attendaient dans une des auberges de la ville, bien qu'elle n'ait pas encore décidé laquelle.



Chibi Lizzie
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Ludwig Strauss
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Mar 8 Aoû - 20:09
Irys : 358095
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
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Un quatrième personnage était caché derrière une pile de caisses, fixant la scène digne d’un roman policier sans bouger un doigt. L’individu portait un manteau de cuir et une casquette ronde. Il était légèrement trapu et avait un visage ridé au nez crochu. En retrait, il n’esquissa aucun geste à mesure que les hommes se faisaient abattre avec une froide efficacité par ce qui semblait être un groupe organisé de redoutables flibustiers. L’embuscade semblait être méticuleusement préparée et organisée à en juger avec quelle rapidité ils avaient fondus comme des oiseaux de proie sur les dealeurs. Le spectateur ne put s’empêcher de sourire un peu, amusé par la performance meurtrière. Puis il plissa des yeux quand ses yeux de croque-mort se posèrent sur une brune en particulier. Seule femme du groupe, elle semblait aussi être au-dessus de tout ça à en juger par le fait qu’elle préféra assommer cet imprudent de Wallace plutôt que lui ôter la vie sur les froids pavés.

Elle s’empare du livre … ainsi donc c’était son but, sa petite récompense à elle. Il siffla d’un air mauvais entre ses dents jaunis. Cette diablesse n’avait que faire du tas de documents ! Elle ne pourrait en voir l’utilité … du moins c’est ce qu’il pensait. Mais au fond de lui, il craignait qu’elle y trouve de précieuses informations … des informations compromettantes. Il fallait y remédier. Heureusement qu’il veillait toujours sur les « transactions », à l’écart. On n’était jamais trop prudents, et des incidents dans ce genre étaient fréquents.

Se redressant, il tourna la tête derrière lui. Deux hommes dans un accoutrement civil des plus anodins se tenaient derrière lui. Ils ressemblaient à ces ouvriers modestes qui vivaient à travers un dur labeur et noyaient la misère de leur vie dans l’alcool. Du moins c’était l’apparence choisis par ces deux tueurs à sang-froid.

« Suivez-là … »

Aussitôt les hommes de main s’engouffrèrent à travers la ruelle où avait disparut la jeune femme, rapides et véloces comme un duo de rats sournois. Leur chef pouvait être sûr qu’ils traqueraient discrètement la voleuse sans se faire remarquer, mais plus important encore ils n’allaient pas l’égorger dans la rue. Non pas qu’ils craignaient de se faire voir par un quelconque mendiant ou alcoolique, mais il fallait voir si cette demoiselle pourrait les conduire vers un potentiel groupe rival qu’ils devraient alors éliminer prestement en rétribution pour l’embuscade.

Le trapu se pencha alors vers Wallace qui commençait lentement à reprendre ses esprits, une couleur violacée envahissant l’arrête de son nez. Grognant et jurant sous sa moustache épaisse, il porta son œil unique en direction de l’autre individu, resta silencieux puis jura à nouveau.

« Pas de commentaires, Stewart … je suis pas d’humeur. »

« Je vois ça, Wallace … cela ne change rien au fait que tu t’es fais avoir comme un bleu. Le Patron risque de ne pas aimer ça. »

« Il n’en saura rien ! Et puis que fais-tu ici ?! »

« Je veille à ce que tout se passe comme prévu. C’est ton jour de chance, tu n’auras pas à te justifier devant notre chef. Stewart veille une fois de plus sur le bon déroulement du plan. »

Wallace grogna à nouveau, la tête endolorie. Stewart était un rat, perfide et sournois, sa compagnie était très désagréable. Mais il devait admettre qu’il savait faire son travail. Il détestait l’admettre mais sur ce coup-là il lui sauvait la mise.

Le soldat toucha son nez douloureux et pesta. Il espérait que les sbires de Stewart mettent la main sur cette catin, car désormais il désirait plus que tout de l’étrangler entre ses mains pour cette humiliation. Cette garce allait payer cher son audace.



Chibi Ludwig
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Lizzie Seavey
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Sam 26 Aoû - 17:01
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Loin de se douter qu'elle était suivie et fière de sa performance, Lizzie filait dans les ruelles d'Als'kholyn, la ville qu'elle avait fait sienne. Il faisait encore très froid sur le continent glacé, le maigre soleil de juillet n'étant pas suffisant pour empêcher de la buée de sortir du corps de la jeune Seavey à chacune de ses respirations. Elle avait très envie d'un repas chaud, mais savait qu'elle d'abord mettre les documents en sécurité. Il n'y avait personne de confiance dans cette ville de gangsters, aucun endroit sûr dans ce dédale glacé. Elle continua à courir un moment, jusqu'à arriver dans une petite ruelle où se trouvaient des sortes de petits hangars, ressemblant plutôt à des boîtes métalliques et fermées par de lourds rideaux en métal. La jeune femme avait obtenu la clé de l'un d'entre eux quelques temps auparavant et en avait fait son repère.

Elle savait que comme le reste de la ville, l'endroit n'était ni secret, ni en sécurité, mais elle pouvait au moins y stocker quelques affaires et il lui était arrivé une nuit ou deux d'y dormir quand ses finances l'empêchaient de se payer une nuit à l'auberge. Il y avait un matelas miteux posé contre le mur, une planche de bois abîmée posée sur deux seaux en métal de différentes tailles et calés avec un livre pour faire une table à peu près stable et droite. Dans un coin, un vieux placard tordu était fermé par une solide chaîne. Il y avait une caisse en bois qui servait de chaise à Lizzie, mais elle préféra se dépêcher pour rester le moins longtemps possible ici. Ne jamais rester trop longtemps au même endroit après un délit. C'était l'une des règles que lui avait appris son père. Parfois, il fallait aussi savoir contredire cette règle pour surprendre son adversaire - les forces de la loi en général, bien que dans ce cas-là, elle doutait que les malfrats préviennent la milice pour qu'ils viennent la chercher, ils s'occuperaient certainement personnellement de son cas. Sur un fin parchemin, Lizzie écrivit une courte lettre à Billy, son acolyte et l'un de ses seuls amis: "Fais une copie et retrouve moi. Je t'expliquerai. Alexandria 25 juillet, les courses de frégates. LS". Elle glissa ensuite le parchemin dans le carnet, enroula celui-ci et le mit dans un tube en cuir qu'elle ferma avec de la cire et enroula d'une ficelle rouge et solide.

Lizzie ressortit du hangar et regardant vers le ciel, porta ses doigts à sa bouche et glissant son pouce et son index entre ses lèvres, émit un court sifflement aigu et sonore. Delkhar, son faucon, lui répondit quelques secondes plus tard et fendit les nuées de vapeur pour venir se poser sur son poing. La jeune femme lui confia le tube et lui recommanda de rester auprès de Billy. Le faucon lui mordilla le doigt pour lui montrer son agacement quant au fait de servir encore une fois de pigeon voyageur, mais content de quitter la contrée glacée pour des terres où la chasse serait plus simple, il prit rapidement son envol. Lizzie retourna à l'intérieur du hangar, fourra toutes ses affaires dans un gros sac à dos et sortit sans fermer derrière elle, les clés toujours sur le rideau. Elle partait, elle n'aurait plus besoin de l'endroit. Si elle devait revenir, elle pourrait très bien retrouver un hangar.

Il fallait qu'elle déguerpisse. Elle allait rentrer à Daënastre, un peu de soleil à Ünellia ne lui ferait pas de mal. Cela lui permettrait d'étudier avec Billy les documents qu'elle s'était procuré, et de monter leur prochain plan. Elle passerait cette nuit à l'auberge, et le lendemain matin elle se travestirait et prendrait une place de marin ou de mousse dans le premier aéronef partant pour le continent. Elle s'était certainement encore fait des ennemis avec son dernier coup d'éclat, et peut-être même que l'équipage du Sorogh flamboyant était en danger, mais ils le savaient en acceptant de marcher dans son plan. Maintenant, c'était chacun pour soi, et Lizzie avait bien l'intention de mettre une grande distance entre les ennuis d'Als'kholyn et elle.



Chibi Lizzie
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Ludwig Strauss
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Lun 28 Aoû - 19:16
Irys : 358095
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
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« Vous savez ce qu’il vous reste à faire … »

Le duo hocha lentement la tête, l’un d’eux vérifiant que sa matraque était bien cachée sous son épais manteau, l’autre se permettant un petit sourire assassin en caressant presque sensuellement la pointe de son couteau de chasse. Les deux hommes se regardèrent. L’un se nommait Frank. Un homme de grande taille, la mine sévère et légèrement ridée, une casquette sur sa chevelure noire et des sourcils qui semblaient être scellés dans une attitude de froide colère. Un vrai bloc de glace menaçant. L’autre se faisait connaître sous le surnom de « Trois-Mains ». Il était le portrait parfait du voleur au visage sournois qui vous égorgerait dans un recoin de rue. Un visage de fouine, des cheveux rasés courts et un sourire de croque-mort.

Les deux assassins savaient qu’ils allaient commettre un nouveau crime sanglant, voilà pourquoi ils se regardaient un bref instant, chacun vérifiant si l’autre était prêt à éteindre une nouvelle vie sur Irydaë. Aucun d’eux n’allait hésiter, aucun d’eux n’allait avoir de remords. Ils étaient des tueurs à sang-froid, l’un étant presque privé de toutes émotions tandis que l’autre y éprouvait un pervers plaisir.

Avec un commun accord, ils entrèrent dans l’auberge, laissant derrière eux Stewart. Le sournois comploteur regarda calmement autour de lui avant de quitter la rue en compagnie de Wallace. Ce dernier affichait un visage furieux, marmonnant un nombre incalculable de jurons sous sa moustache. L’air lassé, Stewart le regarda de côté tout en marchant et lui lança :

« Non, Wallace. J’insiste sur le fait que ce n’est pas à toi de t’occuper de la fille. »

« Et pourquoi ? Je te signale que j’ai la folle envie de lui faire payer son coup. »

« Justement. Tu risquerais de la tuer avant même qu’on ne parvienne à récupérer les documents. Les gars avaient bien dit qu’elle avait utilisé un oiseau. Si on parvient à la faire parler peut-être qu’on pourra l’intercepter. Tu es aveuglé par la colère, je ne peux prendre le risque qu’on perde des informations précieuses. Frank et Trois-Mains la feront parler. Et puis tu dois t’occuper de nos autres amis. »

« Les pirates ? Ouais … ça devrait calmer ma frustration. Va falloir leur rappeler qui fait la loi dans cette ville, à ces flibustiers. »

En pensant au carnage qu’il leur réservait, sa main trembla légèrement en caressant le manche de sa machette. Tandis qu’ils s’éloignaient, les deux coupe-jarrets discutaient avec l’aubergiste. Ce dernier se montra très coopératif avec les deux assassins, surtout quand il avait eu droit à une bourse sonnante et trébuchante en échange de son silence. Dans un milieu comme Marnaka, les gens de confiances étaient une denrée rare et chacun était apte à vous trahir pour quelques pièces scintillantes. Le seul regret de l’aubergiste était qu’il allait probablement devoir nettoyer la chambre de la jeune brune au matin … Il se consola en faisant tinter la grosse bourse entre ses doigts.

Frank montait en premier, suivit de près par Trois-Mains qui continuait à jouer avec son couteau entre ses doigts fébriles. Le meneur repéra rapidement la chambre de leur cible, le numéro 9 d’après l’aubergiste. Il porta instinctivement sa main dans les plis de son manteau, sa matraque prête à sévir violemment. Trois-Mains lui s’accroupit devant la taille et, armé d’aiguilles métalliques taillées par lui-même, il se mit à crocheter silencieusement la serrure. Ce n’était plus qu’une question de secondes avant qu’ils n’entrent doucement dans la chambre pour s’occuper du cas de Lizzie.



Chibi Ludwig
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Lizzie Seavey
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Mar 12 Sep - 14:24
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Profession : Chasseuse de primes - Pirate
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Après un maigre et rapide repas dans la cantine, Lizzie avait réglé le prix du repas et de la nuit par avance, ayant pour intention de partir le plus tôt possible le lendemain matin. Ce n'était pas la première fois qu'elle dormait ici, même si elle ne restait jamais au même endroit, et l'aubergiste avait pris son argent avec un grognement signifiant un "au revoir" blasé. La jeune femme avait fait l'inventaire de ses affaires, mis d'un côté les choses inutiles et rangé le reste dans son sac à dos. Et maintenant, elle tournait en rond dans sa chambre, ne sachant pas quoi faire. La jeune femme n'avait pas pour habitude de se coucher tôt, et si les rues froides d'Aildor n'étaient pas les plus indiquées pour les balades nocturnes, elle passait en général ses soirées dans les tavernes ou les bordels de la ville, à la recherche de travail, de ragots, ou tout simplement de chaleur. Mais ce soir, elle n'avait pas envie, elle préférait rester seul. Elle aurait apprécié au moins la compagnie de son faucon, mais celui-ci devait déjà être loin, en train de survoler la mer en direction d'Alexandria. La jeune femme revit la gigantesque capitale de Daënastre dans ses souvenirs. C'était sa prochaine étape, à elle aussi. La prochaine avant... quoi ? Difficile à dire. Elle n'avait pas de but, et cela la minait.

La chasseuse de primes commençait enfin à acquérir une certaine stabilité financière, même si c'était quelque chose qu'il fallait toujours assurer, mais elle ne comprenait pas pourquoi elle faisait ce qu'elle faisait. Parce qu'elle était bonne pour ça ? Oui, mais encore ? Elle n'avait pas d'endroit à choyer, de maison où retourner après les épreuves, pas de patrie à défendre, rien que sa propre liberté, celle pour laquelle elle avait tout abandonné. Elle en viendrait presque à le regretter. A regretter le temps où elle avait une famille et une maison, en la présence de son équipage et la caraque de Will Rackvan. Le soulagement qu'elle avait ressenti après le naufrage était loin maintenant, il avait laissé la place à la nostalgie. Lizzie avait découvert ces derniers mois, notamment avec Billy, qu'elle avait de nouveau envie d'avoir de la compagnie, d'être entourée, et elle voulait maintenant avoir quelque chose pour lequel continuer à se battre.

La jeune femme jeta un coup d'oeil par la fenêtre. Les rues étaient à peine plus agitées qu'en hiver, les gens préférant aller se réfugier près d'un feu, ou au marché toujours en agitation. De la buée sortait entre les lèvres des quelques passants chaudement habillés. Lizzie eut soudain l'envie d'aller se balader une dernière fois dans ces rues gelées. Elle s'habilla, prit son sac à dos et ses armes, ne sachant pas si elle allait finalement revenir passer la nuit, et s'avança vers la porte. Quand elle posa sa main sur la poignée, elle sut qu'il y avait un problème. La poignée tremblait, comme si quelqu'un la manipulait de l'autre côté. Quelqu'un de très doué, elle n'avait rien entendu, perdue qu'elle était dans ses pensées. La jeune femme n'avait que quelques secondes pour réagir. Elle lâcha son sac à dos, qui tomba au sol avec sa carabine, dont la lanière s'était prise dans ce dernier. Tout le corps de Lizzie, sensible à l'adrénaline, se mit en mouvement: ses jambes la propulsèrent en arrière tandis que ses mains attrapaient son revolver et son sabre à ses hanches. Dans le même mouvement, la porte s'ouvrit en trombe sur deux hommes armés et visiblement, expérimentés. Ils ne s'attendaient certainement pas à trouver leur cible armée elle aussi, mais cela ne les arrêta pas. Ils entrèrent dans la pièce mais restèrent dans l'entrée dans un premier temps, maintenus à distance par le revolver de la jeune Seavey.

Lizzie n'y réfléchit pas à deux fois et tira immédiatement sur le plus près des deux, celui à la matraque. Sauf qu'au lieu de la détonation habituelle accompagnée de l'explosion et de la gerbe de sang, la jeune femme n'eut droit en réponse de son revolver qu'un simple claquement sonore. Son vieux revolver s'était enrayé. Il ne fallut pas plus longtemps aux assassins qu'à Lizzie pour comprendre ce qui s'était passé, et ils lui foncèrent dessus. La jeune femme évita de justesse la matraque du premier homme en faisant un pas de côté puis para un coup de couteau du deuxième à l'aide de son sabre. Faisant son tourner son revolver dans sa main pour le tenir par le canon, elle le lança sur l'homme à la matraque, qui l'évita sans trop de mal. La pirate se servit alors de sa main libre pour dégainer une dague tout en évitant un deuxième coup de l'homme au couteau.

Le combat se poursuivit pendant quelques dizaines de secondes sans que la jeune femme, mieux armée mais acculée, ne puisse prendre l'avantage. Elle commença à comprendre comment les deux hommes fonctionnaient. L'homme au couteau, qui avait une arme plus dangereuse, s'en servait pour occuper la défense de Lizzie, la forçant à parer des coups de plus en plus retords, tandis que le deuxième attendait une brèche dans la défense de la pirate pour la frapper d'un violent coup de matraque, qui soit la touchait, soit la déséquilibrait dans son esquive. Les deux hommes étaient parfaitement rodés et ce n'était certainement pas la première fois qu'ils faisaient ce genre de petit "nettoyage". Néanmoins, une fois le petit manège maîtrisé, il était facile de les contrer. Après avoir renvoyé le coup de couteau suivant, la jeune femme baissa sa main droite, laissant son épaule à découvert pour la matraque du deuxième, qu'elle vint cueillir de sa dague, la plantant dans son flanc. Il recula en haletant, tandis que son compère le couvrait. N'ayant plus à se préoccuper du coup en douce de la matraque, Lizzie chargea le deuxième homme, qui avec son simple couteau de chasse ne put longtemps retenir les assauts du sabre. L'ayant acculé contre le mur, la pirate lui saisit la main directrice, l'empêchant de continuer à utiliser son arme, puis planta son sabre profondément dans le torse de l'homme.

La jeune femme ressentit alors une douleur aiguë dans l'épaule, et se retournant alors que l'homme au couteau s'effondrait, elle s'aperçut que le deuxième homme avait enlevé la dague de son flanc et l'avait lancé dans son épaule. Elle retira la dague alors que la plaie laissa s'écouler son sang en grande quantité puis s'avança vers le blessé. Désarmé, il tenta de prendre la fuite, mais sa blessure au flanc le ralentissait. Lizzie le rattrapa dans le couloir et lui trancha la gorge. Elle tira ensuite son corps à l'intérieur de la chambre avec celui de son compère. Elle s'assura que plus aucun souffle n'habitait les deux hommes puis les abandonna là. Elle récupéra son matériel et quitta la chambre. Il n'y avait étonnamment personne au comptoir. Lizzie passa derrière et entra dans l'arrière chambre sous les regards étonnés des quelques poivrots de la salle. Elle dégaina sa dague encore ensanglantée. Le tenancier était là, en train de souper avec l'un de ses employés. L'un mouvement vif de la dague, elle fit comprendre à celui de déguerpir, tandis que le tenancier se leva précipitamment, hissant ses bras au-dessus de sa tête et balbutiant quelques mots terrifiés. Lizzie le plaqua contre le mur, posa sa dague sur sa gorge et lui intima de se taire s'il ne voulait pas que son arme aille plus loin.

- Qui étaient-ils et combien t'ont ils payé ?

Hélas, aucune réponse convaincante ne sortit de la bouche de l'homme, qui n'avait visiblement aucune idée de la provenance de ces assassins. Ils étaient très certainement là pour le cahier qu'elle avait volé plus tôt dans la journée, mais elle voulait savoir qui tirait les ficelles. Lizzie attrapa la bourse que l'aubergiste avait reçu de leur part, en dédommagement, puis nettoya le sang de sa dague sur les vêtements de l'homme. Elle ne pouvait se permettre de se faire plus d'ennemis dans cette ville, elle la quittait certes, mais avait l'intention d'y repasser un jour, après tout...

La jeune pirate quitta prestement l'auberge et se dirigea vers le port. A mi-chemin, elle planta son sabre dans la neige pour en enlever le sang. L'eau glacée rougit comme si elle avait été gênée. Ce n'était pourtant certainement pas la première ni la dernière à nettoyer une arme ensanglantée dans cette ville. Arrivée au port, Lizzie chercha tout de suite le bateau le plus agité, celui qui partirait donc le premier, et paya son voyage. Elle s'installa dans la cabine qu'elle avait loué, où elle se disait qu'elle serait plus en sécurité si une nouvelle attaque devait survenir. S'asseyant sur le matelas dur, elle souffla enfin. Tuer n'était pas une chose qu'elle faisait avec plaisir, même la mort de ces inconnus lui était bien égale, surtout si elle permettait sa survie. Pour se sortir de la tête la vue des deux cadavres, la jeune femme prit son revolver, le nettoya et mit un peu d'huile dans le mécanisme pour que l'événement ne se reproduise plus. Son arme commençait à se faire vieille, mais elle refusait d'en changer pour l'instant. Ce genre de fait était extrêmement rare, et l'arme restait tout à fait fiable dans la grande majorité des cas, contrairement aux nouvelles armes qui avaient tendance à exploser trop vite dans les mains des jeunes qui les manipulaient.

Ce ne fut que quand elle fut complètement calmée que la douleur dans l'épaule de Lizzie vint lui rappeler qu'elle aussi avait été sévèrement blessée. Elle avait traversé la ville et était montée sur le bateau sans se poser de questions, et personne ne lui en avait posé non plus car il semblait logique dans cette ville de voir passer quelqu'un de blessé, mais elle commençait enfin à avoir mal. Très mal. La jeune femme essaya de se bander l'épaule, mais c'était chose difficile à une main. Elle sortit alors de sa cabine, cachant ses armes sous une cape, et partit à la recherche d'une bonne âme. Heureusement, l'équipage comptait un médecin, et moyennant une petite somme d'argent qu'elle sortit de la bourse des assassins, il accepta de la prendre en charge.

Il venait de finir de la bander, après avoir stoppé l'hémoragie, quand le bateau se mit en marche vers Ünellia. Le port de Laurgal, la ville où Lizzie était née, serait visible d'ici une grosse semaine, exactement ce qu'il faudrait à la jeune femme pour se reposer et guérir de sa blessure...



Chibi Lizzie
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Ludwig Strauss
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Jeu 14 Sep - 23:51
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Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
BANG !

Le corps du dernier pirate roula lourdement sur le sol, les yeux écarquillés, le visage scellé dans une expression d’effroi et un trou fumant au centre de son front suant. Wallace enjamba le cadavre de sa victime et s’empara d’une bouteille de whisky qui trônait sur le comptoir. Il gratifia la tenancière du bar d’un sourire amical, amusé de la voir recroquevillée dans un coin, complètement terrorisée.

Dans le bar, quatre autres corps pendaient mollement au bout des tables renversées, leur sang se mêlant aux liqueurs renversées et formant un large tapis vermeil sur le plancher. Le borgne n’y était pas allé de main morte et il reposa sa machette ensanglantée sur ses jambes, prenant alors une longue gorgée à même la bouteille.

Vint alors Stewart, maigrichon et furtif comme un rat, jetant des regards dégoutés sur la scène de meurtre. Rien de très abominable, Als’Kholyn a connu dans son quotidien mouvementé des boucheries plus atroces que cette petite « dispute de gangs ». Stewart enjamba du mieux qu’il pouvait les flaques de sang afin d’éviter à ses chaussures noires luisantes et neuves d’être souillées, puis rejoignit l’ancien militaire qui s’allumait tranquillement une cigarette. Le fourbe jeta un bref regard à la tenancière terrorisée puis reporta son attention sur Wallace.

« Voilà qui devrait calmer les autres flibustiers. Si jamais ils se frottent à nouveau à nous, on les fera couler avec leurs navires. »

Stewart ne répondit pas à l’instant, ruminant ses pensées. Quand il était furieux, Wallace était un personnage très intimidant et redoutable, une machine à tuer implacable et efficace. Pas étonnant que leur chef l’avait recruté comme un de ses meilleurs hommes du continent criminel. Stewart lui était plus du genre à manigancer, à manipuler et gérer toute chose dans l’ombre plutôt que se salir les mains. Tuer n’était pas sa spécialité, il ne pouvait pas rivaliser avec l’instinct de prédateur de Wallace. Oh non, il était bien à l’aise dans son rôle de responsable.

« C’est parfait, Wallace. Au moins avons-nous réglé un de nos soucis. Mais le problème central reste encore vivant et en fuite. La brunette a butté Frank et Trois-Mains … »

Wallace plissa son œil unique et le darda vers Stewart qui, malgré lui, frissonna légèrement devant ce regard de meurtrier.

« Impossible, ces deux assassins sont des pros. Jamais personne n’a réussit à leur échapper. »

« Tu n’auras qu’à dire ça à leurs cadavres qu’on a retrouvé chez l’aubergiste. Cette traînée est une véritable furie, je vois que ça. En plus elle a disparue sans laisser de traces, à croire qu’elle se soit volatilisée. »

« C’est malin … si on la perd on va devoir s’expliquer devant le boss. On est mal. »

« Pas tout à fait … j’ai appris quelques astuces de la part de notre patron. Je me suis douté que la folle furieuse allait probablement prendre le premier navire partant au-delà d’Als’Kholyn, alors j’ai veillé à y glisser un de nos gars. Avec lui on ne suspectera rien. »

Wallace haussa un sourcil, s’offrant une nouvelle gorgée de whisky avant de pousser un râle de plaisir et ajouter :

« Le my’trän ? »

Stewart se contenta de sourire cruellement en se frottant les mains. Wallace regarda la tenancière en pourléchant ses lèvres pleines d’alcool. Peut-être qu’il allait encore s’amuser un peu …

~~~~

Sur le navire, une agitation se faisait sentir à l’avant de la coque, et pour cause : Un petit spectacle avait lui pour le plus grand plaisir des passagers. Un groupe de comédiens et d’acrobates venus des quatre coins d’Irydaë amusaient la foule par des acrobaties, des jeux, des démonstrations de force et d’adresse.

Certains semblaient maîtriser la magie à les voir souffler des flammes qui se tordaient en arabesques compliquées, commander tout un groupe d’animaux et même jongler avec de l’eau ! Les spectateurs époustouflés criaient et riaient de bonheur, applaudissaient ou levaient leurs choppes pleines à ras-bord. L’ambiance était festive, ça permettait d’oublier l’ambiance froide et inhospitalière de Marnaka.

L’un des membres de ce petit cirque glissa discrètement hors de vue. C’était un jongleur de couteaux, barbu, transpirant une forte odeur d’alcool et de fourrure (sans doute son étrange manteau en peau animale hirsute). Agile comme un singe et discret comme un furet, il disparut bien vite du champ visuel des rares sentinelles veillant à la sécurité  des passagers.

Il sauta soudain par-dessus bord, mais aucun éclat d’eau caractéristique ne se fit entendre. En réalité, l’homme n’avait pas transpercé la surface des eaux, mais il marchait dessus comme sur la terre ferme ! Sa foi en Dalaï lui permettait pareil miracle et il courut aisément sur les vagues intrépides de l’océan qui léchaient la coque du navire. L’agile personnage contourna alors le vaisseau à pas rapides avant de s’arrêter au-dessous d’un des nombreux hublots des cabines des passagers. Il avait minutieusement préparé son coup et savait quelle cabine appartenait à celle qu’il se devait de tuer, une redoutable brune armée.

L’épiant le long du trajet, il avait attendu l’occasion rêvée de l’égorger silencieusement dans sa propre chambre. Si les deux précédents tueurs avaient tenté de la surprendre dans sa chambre, cette fois-ci c’était lui qui allait tendre une embuscade dans sa cabine ! Profitant donc que Lizzie ne soit pas dans sa chambre, il ouvrit l’hublot après quelques minutes et s’y engouffra avec souplesse avant de refermer la petite fenêtre. Inspectant rapidement la chambre, il sut comment surprendre sa proie.

Il tira sa longue dague recourbée de sa ceinture et la glissa entre ses dents. Le goût froid du métal lui procura une sensation prédatrice revigorante. Se frottant les mains, il grimpa agilement le long du mur avant de camper sur le plafond, bras et jambes écartées sur chaque ongle de l’étroite cabine. Ainsi campé tel un fauve prêt à fondre sur sa proie, il attendait, étant habitué à rester pendu pendant des heures d’affilées.

Le silence régnait désormais, l’assassin se faisant aussi silencieux et immobile qu’une macabre statue. Il attendra patiemment que Lizzie pénètre dans sa chambre, s’installe tranquillement. Puis au moment où elle s’y attendra le moins, il chutera avec sa lame mortelle …



Chibi Ludwig
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Lizzie Seavey
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Jeu 21 Sep - 12:56
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Profession : Chasseuse de primes - Pirate
Pérégrin 0
La blessure de Lizzie était quasiment refermée, et la jeune femme s'était prise à penser qu'elle était peut-être en sécurité sur le bateau. Elle avait réfléchi à ce qui lui était arrivé à l'auberge. Les deux assassins étaient certainement là pour récupérer le carnet, mais ils ne venaient pas de la part du gang qu'elle avait neutralisé. Ils venaient de l'autre parti. Celui avec les armes Strauss. Ces gars-là n'étaient pas des petites frappes des bas quartiers d'Aildor, même s'ils n'étaient pas forcément non plus au niveau d'un assassin de l'Ordre de la Pénitence. Lizzie n'avait jamais eu l'occasion d'en rencontrer, mais elle avait entendu des histoires. Qui les dirigeait ? A qui avait-elle donc volé ce carnet ? Toute cette histoire titillait énormément la curiosité de la chasseuse de primes et elle avait hâte de voir la suite des événements. Même si visiblement, de nouveaux assassins n'avaient pas embarqué avec elle, puisque cela faisait déjà une semaine qu'elle voyageait tranquillement, elle restait néanmoins sur ses gardes. Son arrivée à Laurgal serait certainement plus mouvementée.

En attendant, le repos était de mise, et Lizzie se faisait discrète. Ce n'était pas le moment de faire des vagues. Ce soir-là, un spectacle était prévu à l'avant du bateau, et la pérégrine se mêla à la foule pour y assister. Certains des participants semblaient être des my'träns, tant leurs tours se démarquaient des simples illusions des autres. La jeune femme trouvait le tout fascinant, mais elle était moins émerveillée que les autres passagers. Elle avait passé plusieurs mois à My'trä, et eut l'occasion d'assister maintes fois à des manifestations magiques. Tout le monde là-bas en était capable, et on lui avait soutenu que cela venait de leur foi en des entités divines qu'ils nommaient Architectes. Elevée par des pirates en Daënastre, Lizzie avait appris jeune que ce n'était que des sornettes et des histoires inventées par les mages, mais ses maints voyages lui avaient fait comprendre qu'il devait bien exister quelque chose pour que ces gens-là en soient aussi convaincus.

Le spectacle finit alors que la jeune femme était encore en train de divaguer. La foule se dissipa, et Lizzie décida de rentrer dans sa cabine, il commençait à se faire tard et sa présence sur le pont serait bientôt mal vue. Elle irait lire son "Mécanique des aéronefs" pour la énième fois, à la chandelle avec une bouteille de rhum, jusqu'à ce que le sommeil la cueille. La jeune femme ouvrit la porte de sa chambre, qui se bloqua anormalement avant la fin de sa course. La pérégrine n'y prêta pas attention, dans ce genre de vieux bateau il ne fallait pas s'attendre à ce que les portes soient bien huilées. Elle alluma sa bougie et posa ses armes sur son lit pour pouvoir s'asseoir et enlever ses bottes. Pourtant elle n'en eut jamais le temps. Un lourd poids vint s'écraser sur elle, la couchant à plat ventre sur le sol de sa cabine. La porte ne s'était pas bloquée à cause d'un manque d'huile, il y avait quelqu'un au plafond, et comme celui-ci était bas, la porte avait dû le cogner. Il était bien endurant pour n'avoir émis aucun bruit, et certainement que l'éclat de la lame que Lizzie apercevait entre ses dents n'arrangeait rien. Elle qui se croyait en sécurité, elle allait encore devoir lutter pour sa vie...

L'homme appuyait de tout son poids sur la jeune femme, et semblait bien avoir l'intention de l'égorger ici même avec le couteau qu'il tenait dans sa bouche. Lizzie était immobilisée et ne pouvait se débattre d'aucune façon. Elle réfléchit rapidement en regardant autour d'elle. Son revolver était à portée de main, mais encore aurait-il fallu qu'elle puisse bouger son bras. Donner un coup de tête en arrière lui était même impossible, autant par le risque que présentait la lame, que par l'avant bras de l'homme qui bloquait tout mouvement de sa nuque. Pourtant, l'occasion se présenta. Pour pouvoir l'égorger, l'homme devait récupérer son couteau, et pour cela, affaiblir sa prise sur la jeune femme. L'agilité de félin et la rapidité de la jeune femme lui permirent d'attraper son revolver avec son bras dégagé. Faisant passer ce dernier au-dessus de sa tête, elle bloqua la lame de l'homme, qui vint s’imbriquer dans le canon du revolver. N'y réfléchissant pas, la jeune femme tira, ressentant la secousse dans tout son poignet. Elle fut obligée de lâcher son revolver, mais c'était encore pire pour l'homme, dont le couteau avait été projeté en arrière, et dont la main formait maintenant un angle étrange. Il releva son torse en criant de douleur et Lizzie en profita pour se mettre sur le dos et lui asséner un coup de poing.

L'homme se reprit rapidement, évitant le coup de poing. Le sang qui s'écoulait de sa main sembla soudain changer de forme, se solidifier pour renforcer sa main blessée. Un mage ? Un mage du sang ? Lizzie n'avait jamais entendu parler de telle chose. Mais non, ce n'était pas le sang qu'il manipulait, mais l'eau. Il avait solidifié l'eau de son sang et formé un poing de glace autour de sa main, et maintenant il s'acharnait à l'abattre sur la jeune femme. Celle-ci releva ses bras pour protéger son visage, et prit appui sur ses jambes en posant ses pieds à terre, remontant ses genoux. A la première occasion, elle saisit le bras gelé du mage, et de l'autre main, le frappa au visage. De la même main, elle agrippa l'homme au cou, sonné, et le força à rouler. Dans un plus grand espace, elle se serait retrouvée sur lui, mais là tout ce qu'elle réussit à faire fut de lui cogner la tête contre le lit et se retrouver bloquée par ses genoux qui étaient entremêlés avec ceux de l'homme.

Tout à coup le hublot de la cabine se brisa sous la pression d'une énorme quantité d'eau qui envahit la cabine. Lizzie eut à peine le temps de prendre son souffle et de jeter sa carabine en hauteur, sur une étagère, pour éviter que la poudre ne prenne l'eau. Elle ne put faire la même chose pour son revolver et maudit le mage en pensant au fait qu'elle devrait encore une fois le nettoyer complètement et débloquer le mécanisme. Décidément, tous ces combats allaient lui coûter la mort de son arme favorite, et cela ne lui plaisait vraiment pas. L'homme s'était dégagé et respirait tranquillement sous l'eau, envoyant des éclats de glace à Lizzie, qui n'avait aucun moyen de les éviter. L'un d'eux vint la toucher précisément à l'endroit où elle s'était blessée la semaine d'avant, et la jeune femme laissa s'échapper tout l'air qui lui restait dans un cri de douleur. Elle eut alors la bonne idée d'ouvrir la porte avec les quelques forces qui lui restaient, faisant baisser le niveau de l'eau de la chambre, qui s'échappa par cette providentielle sortie. Reprenant son souffle, Lizzie se retourna pour voir que l'homme avait disparu. Elle courut au hublot et s'aperçut qu'il courait sur l'eau. La voyant à son tour, l'homme lui envoya encore une fois des éclats de glace, plus grands que les précédents. La pirate les évita de justesse alors qu'ils transperçaient le bois du bateau. Elle attrapa alors sa carabine encore sèche, et mit l'homme en joue. Il se cessait de bouger en l'attaquant, aussi le tir était extrêmement compliqué, mais il devait à chaque fois s'arrêter quelques secondes pour concentrer l'eau autour de lui et l'envoyer. Lizzie tira une première fois, l'atteignant au flanc. L'homme fut déstabilisé, mais continua son petit jeu, blessant une nouvelle fois la pérégrine, dont les vêtements étaient maintenant rouge sang. Actionnant le mécanisme pour recharger, elle se dit que c'était certainement sa dernière chance. Elle prit sa respiration pour s'éviter de trembler, visa, et tira au moment où il s'arrêta. La balle fit le trajet entre eux en un claquement de doigts, venant se loger entre les deux yeux de l'homme. Il s'enfonça dans l'élément qui avait été le sien jusqu'à sa mort, et Lizzie s'écroula.

~~~

Quelques heures plus tard, la jeune femme ouvrit les yeux. Elle était couchée dans un lit qui n'était pas le sien, mais cela ne la dérangeait pas. Le fait de ne plus sentir ses bras et ses jambes par contre, était un peu plus inquiétant. Le médecin qui l'avait soigné à son arrivée la calma alors, lui expliquant qu'il lui avait fait boire un remède aux plantes anesthésiantes pour qu'elle ne ressente pas la douleur, le temps qu'il puisse soigner ses blessures. Sa chambre ayant été complètement détruite par le combat, elle resterait à l'infirmerie jusqu'à la fin du trajet, moment où normalement, vu sa résistance, elle devrait de nouveau être sur pied. Ses affaires avaient été transférées, et sa bourse sembla beaucoup plus légère à Lizzie, qui comprit que le médecin avait dû se servir pour payer ses frais. Si c'était le coût de sa vie, elle était plus que prête à le payer de toutes façons. Il restait juste à espérer que c'était le seul assassin embarqué dans le bateau...



Chibi Lizzie
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