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Chroniques d'Irydaë
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 La bête et le bête

Joël Neara
avatar
Lun 7 Aoû - 17:38
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
*halète*

- Poussez-vous ! Dégagez de là !

Alternant entre d'habiles esquives et de lamentables gamèles en essayant de sauter par-dessus la multitude d'obstacles qui se dressaient devant lui, la fatigue de ses dernières longues minutes de course poursuite finirent malgré tout par venir à bout de l'endurance du gamin Neara, qui se retrouva plaqué au sol par l'une des énergumènes de Jeff. Perdant par la même occasion toute son expérience au combat, l'homme dont la tête avait été mis à prix essayait de ramper misérablement pour se dégager du corps du mastodonte, mais il en fallait plus pour lui échapper. Le garçon eut à peine le temps de sentir qu'on lui attrapait la tignasse qu'une demi-seconde plus tard, le chasseur de prime lui éclata la tête contre le sol. L'effroyable craquement qui s'échappa de ce son nez réduit en morceau eut l'effet d'un électrochoc. S'il ne faisait rien, il allait mourir, et comme n'importe quel animal acculé, l'adrénaline lui offrit la force nécessaire pour se retourner, saisir l'arme à feu à la ceinture de la montagne de muscle et lui éclata la cervelle d'une balle dans la tempe.

Lâchant sans réfléchir l'arme de poing, il se dégagea du cadavre, dégaina sans tarder son fusil et mis en joue le second agresseur qui lui courrait après, l'alignant comme son collègue du balle entre les deux yeux. Malheureusement, il ne savait que trop bien qu'il n'était pas encore tiré d'affaire puisqu'il entendait déjà dans les ruelles d'à-côté les insultes des passants qui se faisaient bousculé par les sbires des Brownsea.


- Putain ... *snif* ... ça n'arrive qu'à moi ce genre de conneries *snif*

Des larmes d'effrois et de douleur coulaient le long de ses joues. Joël était désemparé, son esprit était embrumé et ne parvenait plus à lui dire quoi faire pour se sortir de la situation désastreuse dans laquelle il s'était fourré. Il ne tiendrait pas bien longtemps à ce rythme-là, aussi devait-il parvenir à les semer et à fuir Aildor avant qu'ils ne le retrouvent. Il reprit donc sa course, s'élançant dans des ruelles qu'il ne connaissait que trop bien, suivant un itinéraire instinctif qui le mènerait là où plus personne ne se rendait. Ce fut donc après des minutes qui lui semblèrent être des heures et le souffle court qu'il arriva à destination. Un cul-de-sac, vestige d'une ancienne ruelle menant sur les prémices d'Aildor à sa fondation.
L'architecture de la ville souterraine avait permis à la cité de se protéger du froid comme personne d'autre, mais bâtir ce genre de prouesses n'auraient put être possible sans son lot d'échecs et de sacrifices. Les effondrements avaient emporté la vie d'une quantité bien trop importante d'honnêtes gens, si bien qu'une fois les bases fiables et solides d'Aildor posées, les accès aux anciens quartiers de la ville avaient été condamné par des monticules de débris afin d'éviter d'autres drames. Plus personne ne s'aventurait dans ces ruelles en raison du risque d'accident, mais l'ex-commandant de bord n'avait plus vraiment le choix. S’immisçant tant bien que mal entre les étroits passages naturellement formés par les débris, il déboula dans un vacarme retentissant dans la suite de la ruelle.

Finit les chaudes lumières de la ville et l'activité bourdonnante des marchands ameutant les touristes un peu trop naïfs. Ici tout était gris, désert ... mort. Le froid qui s'infiltrait par les morceaux de plafonds écroulés avait fini par recouvrir de manière épars des monticules de neige et des plaques de verglas qui promettait au trentenaire une progression difficile. Mais ce qui le serait pour lui le serait aussi pour ses bourreaux. Du bruit lui parvenait encore aux oreilles, et à la vue du sang qu'il avait laissé derrière lui, il comprit qu'il n'était qu'une question de temps avant qu'ils le retrouvent. Il s'aventura alors dans les ruines de la vieille ville d'Aildor, se cacha derrière un pan de mur encore debout et prit le temps de recharger son fusil, pestant par la même occasion sur ce modèle bien trop vieux et encombrant.


- Allons petit oisillon, sors de ton nid. Tu sais bien que t'es foutu, alors ne rends pas les choses plus compliquées quelles ne le sont.

- Jojo, viens-là mon grand. Si tu te rends de ton plein gré, peut-être que Jeff te laissera la vie sauve.

- Là, derrière ce mur chef ... murmura sans trop de discrétion l'une des sbires à celui qui semblait être le meneur.

Utilisant un morceau de verre brisé à ses pieds, la proie l'utilisa comme un miroir pour déterminer la position de ses adversaires. Ils étaient au nombre de cinq, trois hommes et deux femmes. Lentement mais surement trois d'entre eux commencèrent à contourner la cachette de l'Anomalie. Joël soupira, laissant sa tête frapper le mur qui lui servait de bouclier.


- J'crois bien que la partie est finie ...

- Allez espèce d'enfoiré, on sait que t'es planqué derrière ce mur ! Fais pas ta tafiole et ose au moins nous regarder en face ! s'énerva l'une des chasseuse de prime.

Il reconnut la voix de celle avec qui il avait eu plusieurs fois l'occasion de partager son lit.


- Cynthia ! Je suis vraiment content de t'entendre ! Qu'est-ce que tu dirais qu'on oublie tout ça et qu'on baise comme on l'a si souvent fait ? T'as quand même pas oublié que je t'ai fait grimper au rideau plus que n'importe qui ici !

- Tsss, laisse-tomber Joël ! T'as fait le con, on a plus le choix maint...

- Hey Cynthia, je croyais que c'était moi ton meilleur coup ?

- Euh ... bah disons que t'es pas mal non plus mais pour le coup, Joël est vraiment au-dessus.

- Quoi !? Tu m'avais dis que t'avais jamais autant prit ton pied qu'avec moi ?

- Cherche pas Aurora, t'es une femme on ne peut même pas comparer !

- Franchement tu me déçois Cyn', je croyais que t'étais une fe....

Fier d'être parvenu à détourner leur attention, Joël s'était mit à ramper jusqu'au croisement d'une autre ruelle avant de se remettre à courir, alors même que le groupe venait de s'apercevoir que leur cible prenait la poudre d'escampette. Malheureusement, il ignorait tout des lieux dans lesquels il vagabondait et à sa plus grande stupeur, il se retrouva dans un cul-de-sac. Il voulut faire machine arrière aussitôt, mais les cinq lascars étaient là, un sourire triomphal sur chaque lèvre.

- T'as perdu petit oiseau. L'heure est venue de te couper les ailes.

Il leva immédiatement son fusil.

- N'app ... n'approchez pas !


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Kerrah
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Lun 7 Aoû - 21:33
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
" Le meilleurs coup de tout Daënastre, quel dommage que ça ne dure jamais plus de cinq minutes cependant ... "

Une voix claire résonna dans le sous-terrain, semblant venir de tous les côtés à la fois à cause de la réverbération.

Les chasseurs de primes sursautèrent, et certains se tournèrent pour chercher d'où venait le bruit.

Kerrah sourit.

-----------------------------------------------------------------------------------

Et sourire n'avait pas été exactement sa réaction première quand on lui avait refilé le bébé. Deux mois ! Deux mois qu'elle était en campagne par monts et pas vaux. Quand elle était rentrée au QG et qu'on lui avait promis une mission tranquille elle avait pensée à un truc sympa comme un poste d'escorte d'un gouverneur quelconque. Nan ! Il avait fallu qu'on l'envoi au putain de pôle nord ... Et encore, si ce n'était que ça, mais en plus c'était pour aller gérer un fils à papa fugueur. Soit disant que l'UNE ne pouvait pas autorisé qu'un héritier d'une industrie clé de la nation soit aussi exposé et qu'il représentait un risque pour l'intégrité bla bla bla bla ...

Bon, la combinaison de Aildor plus fils à papa avait au moins légèrement attiré son attention sur le caractère original de sa mission.

Ce n'est que quand elle s'était finalement plongée dans le dossier de sa mission, lors du vol, qu'elle avait finalement commencée à reprendre intérêt.

L'héritier de la famille Neara.

" Mais qu'est-ce ce con est aller foutre à Aildor ... " Lacha-t-elle avec un sourire.

Repenser à son enfance avec Joël était l'une des rares situations où son visage se décontractait finalement, rendant à son visage froid un charme qui avait longtemps quitté la beauté naturelle de ses traits.

" Ah ouai ... Il a pas fait semblant cet abruti ... "


Désertion, homicide involontaire ... Sauf pour l'importance de sa famille sa mission aurait été toute autre si elle avait été envoyée le chercher.

Elle jeta un oeil mélancolique a ses prothèses :

" Qui a dit que l'argent ne faisait pas le bonheur ? ... "


Plusieurs disparitions de la circulation. Il avait vraiment cru qu'un civil lambda sans entraînement pouvait VRAIMENT disparaître des cartes ?

Quand elle mis enfin le pied à Aildor, elle n'eut à vrai dire aucun mal à le trouver, mais elle se contenta de le prendre en filature. Une gonzesse encapuchonnée portant un masque qui lui couvrait la moitié supérieure du visage n'était pas une vision commune dans la capitale, mais encore une fois trop banale au milieux de la pègre et autres bizarrerie pour vraiment attirer l'attention.

Bien sûr, jusqu'à aujourd'hui.

Kerrah était tranquillement, certes dans un coin sordide mais on parle d'Aildor, en train de profiter d'un thé bien chaud (Interdit de juger, on se les pèle, et l'alcool Aildorien tient plus du dégrippant pour prothèse que d'une eau de vie de qualité), quand soudainement la porte du bar fut enfoncée d'un grand coup de pied.

Elle leva les yeux seulement pour voir Joël décampé par la porte de derrière, rapidement pris en filature par plusieurs gros bras.

Kerrah soupira : Techniquement, ses ordres étaient qu'il ne représente pas une faiblesse pour l'UNE. C'était vague comme description. Elle considéra ses options, presque tentée, en terminant son thé, avant de soupire et de se lancer à leur poursuite non sans avoir laissé le prix de sa consommation sur la table.

" Putain ça caille, ils pouvaient pas attendre qu'il fasse jour pour les courses poursuites? ... "


Kerrah n'eut aucun mal à tenir le rythme avec ses prothèse, et aucun mal à les repérer avec les grands cris d'animaux qu'ils poussaient tous. Atterrant, quitte à tuer quelqu'un autant le faire avec classe et dignité ! Quel manque de professionnalisme ...

La course poursuite les avait traîné jusque dans les sous-terrain en ruine, où Kerrah se trouvait aussi, juste niveau au-dessus de cette termitière pleine de trous.

----------------------------------------------------------------------------------

" Le meilleurs coup de tout Daënastre, quel dommage que ça ne dure jamais plus de cinq minutes cependant ... "

- Hein ? Qui va là? Montre ta trogne connasse, qu'on te vide dans le sens de la hauteur !

Kerrah fronça le nez, estimant l'origine des voix, avant d'ajouter, sans se redresser :

" Oups ... "


Puis d'un coup de pied sec elle frappa dans le reste d'une poutre.

Le plafond quelques mètres devant Kerrah s'affaissa, entraînant par la même occasion le plancher devant elle, juste sur la trogne de pus qui venait de l'ouvrir.

Kerrah sauta dans le nuage de poussière.

Tous les chasseurs de prime restant étaient aux aguets, prêt à tirer à la moindre menace, cependant ils ne s'attendaient pas à ce qui allait se passer.

Surgissant à la vitesse de l'éclair, Kerrah sectionna le bras d'un ennemis, le rattrapant en plein vol et le lançant à la tronche de la fameuse Cynthia qui chuta au sol sous l'impact du plus gros membre qu'on lui a jamais offert.

Sans perdre une seule seconde, Kerrah attrapa le bras restant du sbire, le tordit dans son dos, et le pressa devant elle, s'en servant comme bouclier contre les tirs qu'elle essuyait des deux chasseurs restant pendant qu'elle faisait les trois pas qui les séparait.

Au clic indicatif que leurs armes étaient déchargée, elle balança le corps plein de trou d'une main, directement sur Cynthia qui se retrouva de écrasée sous l'autre moitié du premier projectile, proprement assommée cette fois-ci.

Avec une adresse et une brutalité hors du commun, les lames de Kerrah décrièrent deux arabesques sanglants, aspergeant les mur de quelques gouttes de sang seulement, mais sectionnant proprement les deux chasseurs de primes en deux parties inégales.

Le plus sinistre, c'est l'impression "machinale" que donnait Kerrah, et non pas ses prothèses, non, l'aspect froid et détaché, presque blasé alors qu'elle tailladait dans un groupe d'être humain.

D'un geste rapide et précis, sa lame siffla, et créa une fine coupure horizontale sur le visage de la fameuse Cynthia, détruisant efficacement ses deux yeux sans ruiner son visage. Une jolie jeune femme, surtout une s'étant fait pleins d'ennemis, avec une belle valeur marchande auprès de la pègre.

Pas que l'UNE ne lui verse pas un salaire hein ! Mais Kerrah avait connu plus jeune le manque d'argent, et c'est uniquement quand on a été pauvre qu'on devient très sensible à éviter tout gaspillage.

Un coup de feu retentit.

Kerrah eut tout juste le temps d'interposer sa prothèse, faisant ricocher la balle dans le plafond dont une petite partie s'effondra droit sur sa captive, la réduisant à l'état de pulpe.

" NOOOOOON "


D'un bon puissant que seul ses prothèse de jambe autorisaient Kerrah couvri la distance la séparant de Joël. Celui-ci tenta de réarmer mais la jambe de Kerrah jailli selon un angle impossible à l'être humain et vint bloquer son coude contre le mur, alors qu'elle approchait son visage contre le sien, en relevant son masque, et en ajoutant avec un ton à la voix froid, moqueur, et amusé.


" C'est comme ça qu'on accueil les vieilles connaissances dans ce pays? ... "





Pourquoi critiquer l'arrogance d'Icare ? Se moquer de son corps brisé ?
Si nos nefs percent aujourd'hui les cieux, est-ce grâce à l'arrogance, ou à la moquerie?
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Joël Neara
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Ven 11 Aoû - 12:40
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
- Com ... comment ça seulement cinq minutes ?

Aussi interloqué que ses assaillants, Joël ne savait plus qui tenir en joue. Un fin filet de poussière qui s'écrasa sur le canon de son fusil lui fit cependant relever la tête, apercevant l'espace d'une demi-seconde une ombre dans les hauteurs de la vieille-Aildor avant que cette dernière ne fasse s'écrouler une énième structure. Le bruit de des planches de bois qui éclatent avec fracas résonna dans tout les sous-sols de la ville, soulevant à l'occasion un énorme nuage de poussière qui prit au dépourvu les mercenaires. Puis des ordres lancés dans le vent, un cri immonde qui lui rappela que trop bien ce jour où lui-même avait perdu son bras, suivi d'une salve de tir qui obligea Joël à se coucher par terre pour éviter de prendre une balle perdue. Le spectacle qui se déroulait devant lui était horrifique, il ne voyait rien et pourtant, il en apercevait déjà trop.

Les cris de rages des hommes de Brownsea furent suivi de cris d'effrois pour certains, de cris de douleurs pour d'autres, et c'est alors qu'une vision fit surface dans l'esprit de l'Anomalie : et si cette ombre qu'il avait vu ... si ce psychopathe qui était en train d'éliminer ses agresseurs n'étaient autre que son Régisseur venu le débusquer et le tuer de ses propres mains ? Cette supposition se transforma en quelques seconde en une absolue vérité, à laquelle il devait mettre fin tant qu'il en avait l'occasion. Un genou à terre, la crosse de son arme rigoureusement plaquée contre son épaule solide, les yeux rivés sur sa cible, Joël fit son possible pour garder son sang-froid. Il commença par calmer sa respiration, puis retint son souffle le temps de viser.


* Maintenant ! *

Son doigt pressa la détente, la balle fusa droit sur son adversaire, qui par un coup de chance ou une habilité divine, parvint à dévier la balle avec son bras ou sa jambe, il ne réalisa pas tout de suite. Il pesta mais ne perdit pas de temps, rechargeant aussi vite que possible son arme en vu d'un dernier tir, sa dernière chance. Mais il était trop tard, le saut que fit la monstruosité suffit à lui faire franchir la distance qui les séparait. Son pied bloqua son bras, son visage se rapprocha bien trop près du sien si bien que Joël cru qu'une nouvelle atrocité créée par les dieux allait jaillir de ce masque pour le bouffer. Lorsque ce qui semblait être une femme releva le-dit masque, le garçon ne fit pas tout de suite le rapprochement. Sa mort lui semblait inévitable aussi ne songeait-il plus qu'à sa survie.

- Lâche-moi sale fille de my'trän !

Il profita de la position de la meurtrière -qui suggérait un équilibre précaire- pour tenter un balayage, mais le bruit ignoble de ses guiboles contre celles de la femme et le stoïcisme absolu dont elle fit preuve témoigna de l'évidente inutilité de cette action.

- A ... Aïïïïïïïïe ! Mais c'est quoi ça !

Et c'est à ce moment-là que son visage interpella le daënar.

- Je ... je te ... enfin on se ... je t'ai déjà vu quelques part non ?

Il dut plonger très loin dans ses souvenirs pour parvenir à associer un prénom à la tronche de la folle-dingue.

- Kerrah ?

Elle dégagea son bras dans la foulée, lui laissant l'opportunité de le masser un peu machinalement pour calmer la douleur. Il se releva, recula de quelques mètres pour l'observer plus en détail. Il détourna finalement le regard vers le nuage de poussière qui se dissipait peu à peu et constata l'étendue du carnage. une vraie boucherie comme il en avait peu connu.

- Bordel, c'est vraiment toi qui a fait ça ? Tu n'y es pas allé de main morte ... dit-il en finissant de recharger son arme.

Puis, sans crier gare, il pointa son canon dans la direction de la jeune femme.


- Ne bouge plus salope ! Tu m'as eu une fois, pas deux. La Kerrah que j'ai connu étaient aussi souple qu'une Khippogin estropiée et avait un corps de lâche, pas moyen quelle butte cinq gars comme ça !

Il reculait prudemment vers son échappatoire, gardant en joue l'individu tout en faisant attention au moindre mouvement pour ne plus se faire immobiliser.

- Je sais ce que tu es ... et tu ne m'auras pas ... pas aujourd'hui. Montre-moi ta vraie gueule que je sache qui je vais butter quand j'aurai appuyer sur cette détente !


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Kerrah
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Ven 11 Aoû - 22:58
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Ca y est. C'était définitif, Joël Neara était complètement barjot. Alors après me direz vous, y'avait des indices, ça c'était profilé petit à petit les années, mais ça y est, son esprit malade était partie en vrille.

Kerrah se mise à sourire, son expression faciale changeant complètement :

" Ah ah ... Tu m'as eus ... Comment as-tu deviné que je te traquais depuis des années? ... Après tout ... Je suis le père fouettard ! "

Revenant soudainement à une expression sérieuse et plutôt énervée, Kerrah ajouta :

" C'est ça que tu t'attendais à ce que je dise trou du cul ? Mais qu'est-ce que tu as sniffé pour autant partir en couille ! "

Profitant de l'instant de doute et d'hésitation dans les yeux de Joël, le poignet de Kerrah se déplia avec un bruit de ressort alors que son masque en fer vola s'écraser dans la face de l'anomalie, le renversant contre le mur.

Par un réflexe du au stress, le coup de feu parti cependant, frôlant l'épaule de Kerrah et lui sectionnant quelques cheveux.

La balle néanmoins frappa le plafond derrière eux, déclenchant cette fois-ci un éboulement plus sérieux.

Kerrah serrant les dents et plongea en avant, plaquant Joël au sol sous elle pour lui faire bouclier alors qu'ils se faisaient bombardés de décombres. Kerrah planta ses prothèses dans le sol sous le bombardement de débris.

Heureusement pour eux, ils n'étaient pas à l'épicentre de la chute, sinon ils étaient bon pour passer de 3 à 2D.

L'éboulement ne dura que quelques secondes, mais cela paru une éternité pour Kerrah alors que son corps se faisait lacéré par les débris. L'un des désavantage de ne pas entièrement être fait d'acier.

Quand tout s'arrêta, Joël rouvrit les yeux pour croiser le regard rouge et doré de Kerrah qui le fixait.

Celle-ci poussa sur ses quatre membre pour les dégager de sous les débris :

" Tout le monde n'a pas eut la chance de se faire tirer d'affaire à chaque tournant par papa ... "

Furent les derniers mots qu'elle prononça avant de perdre conscience à cause de la perte de sang et de s’effondrer sur Joël, le corps meurtri de part en part.

HRP : J'en profite pour rappeler que le sang de Kerrah est noir ! Pas rouge.


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Joël Neara
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Lun 28 Aoû - 17:09
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Un masque dans la gueule et un effondrement plus tard, le fils à papa se retrouva sans trop comprendre comment coincé sous le corps de l'étrange donzelle, mais ce fut avec une force qu'il ne pouvais décemment pas lui soupçonner qu'elle souleva les nombreux débris qui leur été tombés dessus.

- Tout le monde n'a pas eut la chance de se faire tirer d'affaire à chaque tournant par papa ...

Puis elle perdit connaissance, s'effondrant de tout son poids sur le trentenaire.

- Ouch ... lâcha-t-il en "accueillant" le corps de sa sauveuse. T'as bouffé quoi pour être aussi lourde ?

Il parvint malgré tout à la repousser en ne faisant preuve d'aucune douceur sur le côté avant de se relever en chancelant.

- Ce bordel qu'on a foutu ... il jeta un regard dédaigneux à l'infortunée. Si j'me barre maintenant j'ai encore une chance de ne pas me faire gauler. Démerdes-toi !

Il chercha prestement son fusil du regard, en vain, puis jugea que ce serait là l'occasion de s'en procurer un de bien meilleure qualité. Il chevaucha les monticules de gravas comme il le pouvait et chercha une sortie différente que celle par laquelle il était arrivé. Sur le chemin, il repensait au visage de cette jeune femme, de Kerrah, et des milles conneries qu'ils avaient fait ensemble. A l'époque ils étaient peut-être des déchets de la société, mais au moins il s'amusaient, vivaient et étrangement, la médiocrité de sa collègue qui avait été au moins aussi significative que la sienne lui avait permis de relativiser et de se surpasser par-moment. Était-ce par fierté mal placée, ou simplement leur façon à eux de se tirer vers le haut ? Il n'en savait pas grand chose.
Le brouhaha de la nouvelle Aildor commençait finalement à se faire entendre et les chaudes lumières de la ville transperçaient les barrages qui devaient bloquer les ruelles. Il s’accroupit, retint par précaution une poutre par peur que la structure ne lui tombe dessus, et avança.


- ...

Il ralenti.

- Tsss ...

Il s'arrêta.

- Fais chier ...

Il se retourna.

- Va bien te faire foutre Kerrah !

Et fini par faire demi-tour. Qu'il s'agisse d'un Régisseur ou bien de son ancienne camarade, cette femme lui avait sauvé la mise et il lui était insurmontable de la laisser crever là-bas, ou pire encore, quelle prenne tarif à sa place si d'aventure les écumeurs décidaient de s'aventurer jusqu'ici. Il retrouva le corps inerte là où il l'avait laissé, et s'évertua à la hisser jusque sur ses épaules, non sans mal.

- Des que t'auras fini de faire la morte ... il grinça des dents en essayant de passer par-dessus un obstacle ... il faudra vraiment que tu songes à perdre du poids !

Il se dirigea vers une apothicairerie délabrée qu'il avait repéré quelques minutes plus tôt, débarrassa le comptoir et allongea la rouquine sur le ventre. Il passa derrière et fouilla les nombreux tiroirs en quête d'ustensiles et de produits susceptible de l'aider à soigner la blessée, et en sorti divers bandages, bouteilles d'alcool, pinces et scalpels, des seringues et mêmes des flacons de morphine. Il se retourna et dégrafa les multiples apparat en cuir, découpa les vêtements dessous pour accéder au dos de sa "patiente". Le spectacle n'était pas beau à voir, pas du tout. Une multitude d'éclats s'étaient fichés profondément dans la peau et il ne comptait plus les hématomes, si bien que le travail promettait d'être long et fastidieux pour un novice comme lui. Mais ce qui attira bien plus son attention fut l'étonnante couleur de son sang. Noir comme la nuit, au début il avait cru que ce n'était là que le résultat du mélange de l'hémoglobine et de la poussière qui avait séché. Mais au cours de "l'opération charcutage" comme il s'amusait à l'appeler, il constata que cela venait bien de son propre corps.

- Joël ... tu fais une putain de connerie ... se répétait-il machinalement.

Malgré son appréhension il se montra consciencieux, désinfectant systématiquement avant et après chaque actions. A un moment, son "morceau de viande" commença a reprendre conscience, aussi il se saisit d'un seringue qu'il avait au préalable chargée de drogue et voulu planter l'aiguille dans le bras ... mais celle-ci plia.


- Qu'est-ce que ?

Il releva les manches de la jeune femme et finit enfin par comprendre que chacun de ses membres n'étaient autre que des prothèses. Il prit donc une nouvelle seringue et piqua dans la fesse, tout en se rassurant petit à petit sur le fait que des Régisseurs n'iraient surement pas jusqu'à porter ces machins juste pour tuer un pauvre type comme lui.

Presque deux heures plus tard, il avait enfin terminé. Il déshabilla la jeune femme pour mieux lui bander l'ensemble du tronc et la couvrit d'une couverture pas trop poussiéreuse. Il s'essuya le front, pas peu fier du travail accompli et se posta près d'une fenêtre brisée, scrutant "l'extérieur" en attendant le réveil de l'estropié. Lorsqu'il senti du mouvement derrière lui, il lança :


- Évite de trop t'agiter. T'as déjà fait s'écrouler deux toits, je me passerai bien d'un troisième.




PS : Comme tu n'as pas de couleur de dialogue, je me suis permis d'en mettre une qui me semble tout à fait appropriée à ton personnage =D


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Kerrah
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Mar 29 Aoû - 23:54
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah ouvrit lentement les yeux, dissipants les ténèbres qui l'entourait.

La bonne nouvelle c'est que je suis vivante.

La mauvaise c'est que ça fait un mal de chien d'être vivant ...

Kerrah jeta un coup d'oeil à sa situation alentour : Apothicaire, un lit, et Joël. Kerrah avait connu mieux comme réveil, mais au moins pas de danger immédiat, c'était déjà bon à prendre.

Remarquant que son cors était nu, et bandé, elle se lova doucement dans sa couverture en souriant :

" Oh, je vois quelqu'un a profité de mon état de faiblesse ~ "


Kerrah s'étira. Ses prothèses commençaient à devenir lourde, il faudra qu'elle mette une recharge d'air comprimé dedans avant de retenter de retenir un bâtiment entier avec son corps.

" Et si je me souviens bien, ce n'est pas exactement moi qui ai fait s'écrouler le deuxième toit ... Je déduis du fait que je sois en vie que tu as finalement repris tes esprits? "


Kerrah s'assit, et attrapa une cigarette. Les bandages couvraient à peine son corps, mais elle s'en foutait royalement. La période de "formation" de la légion avait compris une paire de fois d'être battue nue comme un ver.

" Maintenant que tu n'as plus envie de me percer des trous en plus, c'est le moment des retrouvailles ! Tu sais, les questions du genre "Mais qu'est-ce que tu as fais de tes bras de tes jambes", ou "Comment ça se fait que tu sois au milieux du cercle polaire à te faire courser par de la racaille ... présentement de la bouilli mais bon ... au lieu de tranquillement profiter à la maison? " ... Tu sais, des ce genre de de discussion mondaine. "
Kerrah ironisa.

" Ou alors tu peux m'expliquer pourquoi tu a rempli ton froc en me voyant. "


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Joël Neara
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Mer 30 Aoû - 14:10
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
L'héritier de l'empire Neara ne put s'empêcher de sourire à la remarque de son ancienne sœur d'arme. Lui, profiter de son corps ? Il était vrai que Joël avait cette réputation de coureur de jupon, mais de là à devenir charognard, très peu pour lui ! D'autant plus que l'étrange couleur du sang de Kerrah continuait de l'intriguer, aussi il préférait rester un maximum à l'écart, au cas où cette chose serait contagieuse.

- Et si je me souviens bien, ce n'est pas exactement moi qui ai fait s'écrouler le deuxième toit ... Je déduis du fait que je sois en vie que tu as finalement repris tes esprits ?

- Humpf, pas certains que ce soit moi le barjo de cette histoire ... dit-il en haussant les épaules. Puis dans les faits, si tu m'avais laissé te tirer dessus on aurait pas foutu autant de bordel.

Il profita du regain d'énergie de sa collègue de fortune pour lui réclamer une cigarette, avant d'attraper un paquet d'allumette qu'il avait trouvé derrière le comptoir quelques minutes plus tôt. Il aimait fumer, pas pour la nicotine ou le plaisir du geste machinal, mais plus pour la symbolique qu'il s'imaginait lorsqu'il recrachait cette atroce fumée, cette impression qu'à chaque fois qu'il expulsait ce tabac, il expulsait ses problèmes, qu'il réduisait "en fumée" les lourds fardeaux qu'il croyait porter. Une belle ironie bien sur pour celui qui pensait être l'homme le plus malheureux du monde, un pauvre garçon dont les fortunes du père lui reviendrait à coup sur, un pauvre garçon dont l'importance est suffisamment grande pour que l'UNE engage l'un de ses soldats d'élite pour le protéger même si à ce moment-là, il ne s'en doutait pas.

- Maintenant que tu n'as plus envie de me percer des trous en plus, c'est le moment des retrouvailles ! Tu sais, les questions du genre "Mais qu'est-ce que tu as fais de tes bras de tes jambes", ou "Comment ça se fait que tu sois au milieux du cercle polaire à te faire courser par de la racaille ... présentement de la bouilli mais bon ... au lieu de tranquillement profiter à la maison ? " ... Tu sais, ce genre de de discussion mondaine. Ou alors tu peux m'expliquer pourquoi tu a rempli ton froc en me voyant.

Le trentenaire observait la ruelle à l'extérieur de la boutique et sur le très haut plafond de la ville, il devina des lumières qui commençait à s'aventurer dans la vieille Aildor. Ils avaient encore un peu de temps pour blablater, mais ils ne devraient pas pour autant s'éterniser. Il leva alors sa fausse prothèse vers la légionnaire, et ironisa à son tour :

- Connaître mon propre accident m'ennuie déjà bien assez, alors je n'ai aucune envie ne serait-ce que de m'imaginer le tiens.

Bien entendu, il était hors de question qu'elle apprenne qu'il ne s'agissait-là que d'un subterfuge pour dissimuler la raison pour laquelle 'il s'était fait dessus" comme elle se plaisait à l'imaginer. Il remit la manche de son manteau et s'enfouit dedans, espérant se réchauffer un peu plus.

- Ces gars étaient des hommes de Jeff Brownsea, le parrain d'une famille locale pour qui j'ai bossé il y a une demi-douzaine d'année. Une mission a ... "mal tournée" ... du coup je me suis barré, mais pour des raisons qui me regardent j'ai du revenir à Aildor, et malgré mes efforts j'ai pas réussi à passer inaperçu. La suite ... tu la connais. Il se retourna, faisant désormais face à son interlocutrice. Et c'est bien ça qui m'intrigue. Qu'est-ce que toi tu fou-là. J'ai du mal à croire que "Bolgokh le bienveillant" ait bien voulu faire "converger nos destins" manière d'organiser d'émouvantes retrouvailles. Comment savais-tu que j'étais ici ? Si c'était vraiment pour passer me dire bonjour, pourquoi avoir attendu que je me retrouve dans la merde ?

Il marqua une courte pause. Inconsciemment il avait ressorti des expressions perdues dans un passé lointain, un passé ou sa mère my'trän était encore en vie et où elle essayait de lui inculquer que daënar ou my'trän, ça ne faisait aucune différence. Il inhala une grosse bouffée de fumée qu'il laissa refroidir dans sa bouche, avant de l'expulser aussi loin qu'il le pouvait.

- Et ton sang noir on en parle ? Parce qu'autant les prothèses ça ne me surprend pas, autant ça il faut avouer qu'on ne le voit pas tout les jours ... Il se leva et s'approcha d'une autre fenêtre. Je pense vraiment que tu n'es pas là par hasard, qu'est-ce que tu me veux Kerrah ?


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Kerrah
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Ven 1 Sep - 22:14
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Profession : Légionnaire disgraciée
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Kerrah inspira longuement, avant de reposé son bras tenant la cigarette sur son genou.

" Tu te souviens quand tu étais gamin, et que tu faisais des conneries un peu plus costaud que d'habitude ? Ton père envoyait en général quelqu'un te sortir de la merde. Et bien voilà ce qui arrive quand on ne dispose pas de ce privilège "

Dit Kerrah en levant son bras gauche en évidence et en faisant jouer les articulations mécaniques.

" Quand au fait que tu ne sache pas ce que c'est, tu as vraiment vécu dans une putain de grotte ces dix dernières années ? Jamais entendu parlé du projet LEGION ? La grosse idée des archontes de fer et de sang de créer une toute nouvelle armée, mais sur plan de coup-ci.

Ils ont pris tous les trous du cul du continent, les paumés, les mecs condamnés au billots, bref toute la viande qu'il pouvaient acheter au poids et pas trop cher sur le marché noir. A priori je devais être en réduction, la consommation excessive c'est pas terrible pour le prix des organes vendus au détail. "


Kerrah tapota lentement sa cendre, la laissant doucement volé au léger courant d'air de la boutique miteuse.

" Bien sur ça a déraillé. Déjà que si tu prends le pire du pire que l'humanité a à offrir dans des conditions normales, c'est pas jojo, mais là on parle de transformer des mecs à la conscience déjà douteuse en machine à tuer dénuées d'humanité, puis de les pomper remplis de stéroïdes et de magilithe pour que ça tienne. Putain avec du recule je suis contente que les prothèses coutent aussi chère à fabriquer car sinon ils nous auraient attaché des gilets explosif en rab. Pratique quand tu dois trucider quelques My'Trans qui te bombardent de feu après, mais cette bande de cons en aurait été capable. "

Kerrah semblait perdue dans ses pensée, se souvenant d'une époque tumultueuse.

" On ne valait rien pour eux, tout juste le prix des travaux de réaménagement. Quand le projet est finalement parti en couille dans un usage militaire, ils nous ont regardé mourir. Pas face à l'ennemi, non, en cage, alors qu'on crevait les un avec les autres du manque de ça "



Kerrah fit apparaître une petite fiole contenant un liquide rouge et brillant, puis se l'injecta. Elle était, après tout, dut pour sa dose. Elle grimaça, puis frissonna quelques secondes, avant de se ressaisirent. Ses blessures commencèrent à se refermer plus vite, presque à vu d'oeil, même si l'effet post injection ne dura que quelques secondes.

" Après, j'ai fais parti des chanceuses, ceux qui sont parvenus à conserver leur esprit malgré le manque. Ce qui nous a valu une libération, et une promotion. Maintenant, au lieux d'être la chair à canon de l'UNE, on sort le conseil, on fait leur sale boulot, les missions suicides pour les humains, c'est notre quotidien. Ceux qui ont survécu jusqu'aujourd'hui, nous sommes même devenus en quelque sorte des gradés, surtout ceux qui se sont démarqués par des prouesses hors du commun. Moi, comme tu le vois, on m'a un peu sorti du système, le fait que j'arrive à me contrôler et à poser les questions avant de commencer à prélever les parties non nécessaire de l'anatomie. "

Kerrah soupira. Préférant repousser les souvenirs qui l'assaillaient, puis elle ajouta avec un ton cynique :

" Et toi "Golden boy", quelle terrible tragédie t'amène ici. Tu as mis la gonzesse d'un archonte en cloque ? "


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Joël Neara
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Dim 31 Déc - 14:50
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
- Ouais c'est un peu ça l'idée.

Joël coupa court à la conversation, faisant mine avec brio qu'il se fichait complétement de ce que venait de lui raconter Kerrah. Bien entendu il n'en pensait pas moins, et il se demandait bien pourquoi une femme comme elle, têtue, violente mais pas nécessairement méchante, avait put en arriver à devoir subir toute ses atrocités. Rien qui ne puisse cependant également sa propre condition à ses yeux, mais quand même.

- Des lumières ... baisse-toi ! souffla-t-il à sa camarade en faisant des signes de main évocateur. Disons que j'ai accumulé un peu trop de ... différents avec des personnes qui rêves de m'utiliser comme tapis dans leur salon. Je prétexte donc d'aller contrôler les comptoirs Neara installé à My'trä pour me faire oublier quelques temps.

Toujours accroupi, il rassembla les affaires de la mutilée et l'invita à le suivre pour sortir par l'arrière-boutique, lui rappelant de faire preuve de discrétion même si, il le savait, elle était bien plus capable que lui de se fondre dans l'obscurité. Évitant les grandes avenues désertes de l'ancienne Aildor, ils se faufilèrent à plusieurs reprises sous des débris, se frayant un passage parmi les décombres pour contourner les chasseurs de tête. Lorsqu'ils se retrouvèrent à quelques mètres de l'issue qu'il avait emprunté pour venir ici, il fit signe à la Légionnaire de s'arrêter.

- Ils ont posté un gars ... le trentenaire s'assit en tailleur, essayant de détendre ses quadriceps avant une éventuelle course poursuite. J'suis désolé pour ce qu'il t'es arrivé ma grande, c'est pas ... cool. Mais j'imagine que maintenant t'es une sorte de "super-soldat", c'est pour ça que mon vieux t'a demandé de me protéger ?

En réalité il n'avait aucune information à ce sujet-là, mais il n'imaginait pas qu'une autre personne ou une autre entité ait put sollicité une recrue aussi performante pour assurer la sécurité d'un type comme lui. Il marqua un court instant de silence avant d'enchainer.

- Ce connard n'a pas l'air de vouloir bouger. Tu n'aurais pas une solution ? J'ai plus mon fusil et de toute façon un tir risquerait d'attirer les autres merdeux. Si on arrive à passer on ira se réfugier chez Miss.Scarlett, elle tient un bordel près de l'Oasis.


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Kerrah
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Mar 2 Jan - 16:40
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Son père qui envois quelqu'un le protéger? Se planquer dans un bordel? Kerrah ne pu s'empêcher de froncer le nez : Une chose de sure, elle ne s'était pas plantée de gars.

Kerrah soupira. Elle remettait rarement en cause le jugement des dirigeants de l'UNE. Ces hommes et femmes de pouvoir grisonnants était absolument effrayants quant il était question de manoeuvre politique, Kerrah se considérait elle-même comme une habile joueuse sur l'échiquier du pouvoir, mais elle ne se faisait aucune illusion, elle faisait partie des pièce de l'échiquier, et était bien loin de ceux qui les manipulait, que ce soit en terme de pouvoir ou de vision.

Elle rendait compte directement au conseil, bien que "directement" fasse intervenir, quelques missions spéciales mise à part, un intermédiaire "pousse-papier". Les rares fois qu'elle avait eus l'occasion d'échanger avec les dirigeants de la nation Daënastre, elle n'avait pu empêcher son sang de se glacer.

L'UNE vois tout, entends tout, contrôle tout, et agit en conséquence. S'ils pensaient que Joël représentait une menace quelconque à la sécurité de l'UNE, en tout cas une menace suffisante pour l'envoyer garder le jeune homme, c'est qu'ils devaient avoir raison.

Kerrah se souvint de la deuxième parti de ses ordres, à savoir, en aucune circonstance, ne laisser l'atout tomber vivant entre les mains d'un tiers parti. L'emphase sur le mot vivant présentait clairement le plan B prévu par ses supérieurs en cas d'impondérable.

" Va pour le bordel, mais tu payes ... "

Kerrah s’étira pour tester l'état de son corps. C'était douloureux, mais le gros des blessures semblait derrière elle, tant qu'elle ne dépassait pas 70% de ses capacités usuelles, elle ne devrait pas aggraver ses blessures.

" Je m'occupe de la baston, c'est ce pour quoi j'ai été envoyé, ça ou jouer le rôle de ta conscience et t'éviter les décisions stupides. "


Kael plia ses jambes, emmagasinant la puissance dans ses prothèses pendant que celle-ci réarrangeait la forme de ses pieds pour augmenter sa prise au sol.

Du coup, elle bondit. Si d'aucun n'a jamais vu un chat bondir sur sa proie, il est dure de concevoir la violence et la vitesse d'un traqueur déclenchant l'assaut qu'il a soigneusement préparé mentalement.

Le saut de Kerrah l'arracha à la gravité, la faisant apparaître brusquement dans la ruelle, son pied s'écrasa contre le mur, utilisant sa vitesse pour charger à bloc, tel un ressort, son énergie, et rebondir à 90° droit sur le garde.

Si cela prend quelques temps à décrire, il ne se passa en réalité qu'une seconde entre le bon de Kerrah, et la gerbe de sang marquant la séparation de la tête du vigile de ses épaules. L'expression de son visage à jamais figée en une expression d'effort, voulant crier, mais sans que ses lèvres ais eus le temps de se décollée.

Kerrah essuya ses lames et interpella Joël.

" C'est toi le guide. "


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Joël Neara
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Mer 3 Jan - 23:20
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
- Je m'occupe de la baston, c'est ce pour quoi j'ai été envoyé, ça ou jouer le rôle de ta conscience et t'éviter les décisions stupides.

Il observa avec attention les prothèses de sa partenaire se réagencer, et ne put qu'attester de l'incroyable savoir-faire de ces péquenauds de Rathram. Comme bien souvent depuis qu'il était anomalie, il se disait qu'il aurait mille-fois préféré se faire amputer que de devoir hériter d'un bras de magilithe. Avec les prothèses mécatroniques, on pouvait au moins avoir le luxe de faire preuve d'exotisme en matière d'équipement. Il laissa tomber son regard sur sa fausse-prothèse, simple gantelet habilement "déguisé" et soupira.
Kerrah quant à elle s'expulsa à une vitesse prodigieuse, soulevant poussière et débris sur son passage si bien que Joël dut se couvrir le visage pour éviter tout projectile perdu. Il n'eut pas vraiment le temps d'assister au massacre mais le spectacle suffit à lui arracher un sourire.


- Oh ça oui ... tu vas devoir t'en occuper de la baston ma vieille ...

Pour dire vrai, l'héritier se croyait désormais invincible. Il avait enfin un allié sur lequel compter, et les galères des derniers jours allaient enfin pouvoir prendre fin. Partir pour My'trä ? Oui, mais pas tout de suite maintenant qu'il avait une arme mortelle avec lui.

Il se releva en époussetant grossièrement ses vêtements, puis lança à la folle-furieuse :


- Franchement, si c'était pour faire autant de bruit, j'aurai put m'en charger moi-même !

Il se pencha sur le cadavre encore chaud du pauvre homme et le fouilla, récupérant quelques irys, sa cartouchière en bandoulière et pour son plus grand plaisir, une splendide carabine.

- Putain, il sait équiper ses hommes ce bâtard de Brownsea. C'est une Wendigo si je ne me trompe pas ! Il examina le magasin, puis exposa son arme dans un fin rayon de lumière pour observer avec des étoiles plein les yeux la finesse des gravures sur le canon. Aller hop, de toute façon ça ne lui servira plus. Suis-moi.

Les deux complices finirent de s'extirper de la vieille ville pour débarquer une nouvelle fois dans les ruelles toujours aussi animées d'Aildor. Ils se dirigèrent vers la planque du daënar, en prenant soin de se fondre dans la masse pour éviter les regards de ses traqueurs qui avaient visiblement perdu sa trace. Il se pencha vers Kerrah et lui souffla :

- T'es déjà venu à Aildor ? L'avantage de cette ville c'est que tu peux foutre le boxon, tout le monde s'en branle. Regarde-les tous. Ils ont entendu tout notre vacarme, mais ici, chacun se mêle de ses oignons, parce que tout le monde a quelque chose à se reprocher. Il attrapa discrètement un linge étendu à l'une des fenêtres et se l'enfila sur la tête en guise de capuche rudimentaire. Finalement les seuls emmerdant ce sont les "familles" comme ils aiment s'appeler entre eux. Une bande d'abruti qui se considèrent comme des frères jusqu'à ce qu'il y ait de l'argent ou leur vie en jeu. Et comme ils n'osent pas taper sur les couillon de leur espèce, ils viennent faire chier ceux qui n'ont rien demandé, autrement dit les innocents comme moi.

Se sachant absolument pas crédible, il se permit d'ajouter un clin d’œil à la jeune femme.
Il arrivèrent après plusieurs dizaines de minutes devant "Le mirage", modeste maison close du quartier de l'Oasis dont le concept, bien que d'origine my'trän, avait eut raison des irys du trentenaire. Il attrapa la bourse qu'il avait "emprunté" à la victime de la Légionnaire et la lui glissa dans la poche, avant de lui donner une petite fessée.


- Tu as bien mérité un peu de bon temps ma grande ! Et ne te laisse pas surprendre par "le concept", soit honnête et tu prendras ton pied ! J'ai des choses à faire de mon côté, si tu le veux bien retrouve-moi dans trois heures en haut, dans le salon business, Rebecca te laissera passer.

"Le concept", comme Joël s'amusait à le décrire, consistait à ce que des catins maîtrisant les pouvoirs de Khugatsaa puisse assouvir le moindre fantasmes de leur client en leur offrant des illusions plus vraies que nature. Bien entendu, cela impliquait de se livrer quelque peu pour que "la magie opère". Il franchit finalement la porte de l'établissement et fut accueillit à bras ouvert par la propriétaire.

- Ô mon garçon, Khugatsaa l'immaculé soit loué, tu es vivant ! Quoiqu'un peu abimé ... Et cette belle demoiselle, qui est-ce ?

- Une collègue qui m'a un peu aidé. Dis à tes hommes, ou tes filles -dit-il en lançant un regard interrogateur à sa salvatrice- de prendre bien soin d'elle. Nous aurons besoin du salon dans quelques heures, tu pourrais nous le réserver ?

- Tout ce que tu voudras mon chéri, après tout ce que tu as fait pour nous.

- Je te remercie.

Il se dirigea finalement vers les escaliers pour prendre congé dans une chambre que Rebecca lui louait depuis quelques jours, mais avant de disparaître il lança à Kerrah :

- Et ne les abimes pas !


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Kerrah
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Sam 6 Jan - 18:49
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah secoua la tête doucement avec un mélange d'exaspération et d'amusement : Joël ... Damn le gars n'avait pas changé d'un yota.

Kerrah soupire en le voyant partir au bras de deux prostituées haut de gamme.

Kerrah n'avait rien contre le concept, homme ou femme, cependant, quant à "se laisser aller" aux illusion, c'était une toute autre histoire.

La légionnaire avait passées trop de nuit à trembler de froid et à sentir son coeur s'arrêter au moindre bruit, trop d'éternité à attendre, essayer de deviner si elle allait vivre ou mourir.

Cela faisait une éternité qu'elle ne parvenait plus à dormir profondément. La drogue? Même si celle-ci avait encore un effet sur son organisme suite à l'accoutumance au sang de démon, elle n'y toucherait plus. La moindre sensation de glissement, de perte de contrôle, lui causait des crises d'angoisse maintenant.

Elle observa l'une des prostituée de la tête au pied cependant.

" Illusion ou non, cela fera l'affaire "

La jeune femme en question jeta un regard horrifié aux yeux de Kerrah, avant de se tourner vers sa matrone avec un regard suppliant. Les légionnaires n'avaient pas une très bonne réputation, il était dur de déterminer si les Daenastre ou les My'Tran détenaient la palme de qui les craignait le plus.

La matrone barra le chemin de Kerrah, la dévisageant. La bonne femme ventripotante étant dans sa cinquantaine, et avait probablement été jolie à un âge moins avancée, maintenant, malgré une pointe d'inquiétude dans son regard, c'était pourtant l'image d'un cerbère qui ressortait de ses traits.

" Je suppose que ce regard veut dire "Pas de coups, strangulations, ou autre actes barbares du genre" c'est ça? "

Kerrah soupira. L'étiquette "légionnaire" ne partait pas au lavage ... A la place, elle offrit à leur hote un sourire carnassier :

" Je sais me tenir, et je saurais me tenir parfaitement, bien sûr, tant qu'aucun petit oisillon ne pipe mot de notre présence, si vous voyez ce que je veux dire. "L'or a la même couleur en tout pays, le sang aussi". Deal? "

La matrone sembla calmement calculer et comparer profits et risques. La vente d'informations était une source de revenue presque égale à la vente de passe pour un bordel. Cependant, irriter un psychopathe était universellement considéré comme un "bad business". Elle fini par hocher la tête, s'écartant pour laisser passer Kerrah.

La jeune femme était maintenant pâle et passablement terrifiant. Sans lui laisser le temps de parler Kerrah la chargea sur son épaule sans cérémonie avec un petit sourire amusée :

" Ce ne sera pas des cris de douleurs ... ~ "

Le lendemain, Kerrah était déjà debout en train de siroter une boisson locale à base de racine, assez amer, semblable à du café, quand Joël descendit. Kerrah le gratifia d'un salue désintéressé avant d'ajouter :

" Les dispositions ont été prises pour notre retour à Unelia, à partir de là cela devrait être une promenade de santé "


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Joël Neara
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Lun 15 Jan - 13:32
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Arrivé jusque devant sa chambre, Joël congédia les deux filles de joies qui lui tenaient les mains.

- Allons Monsieur Neara, ça ne vous ressemble pas.
- J'ai eu une journée ... difficile.
- Justement, nous sommes ... Mmmm dit-elle en venant lui susurrer à l'oreille. des professionnelles des journées difficile.
- Pas cette fois Maggie.
- Bon ... très bien.

Étrangement, ou pas, le désir de se donner était absent. Une sensation qui lui était encore inconnue l'affectait depuis le matin même, une boule au ventre qu'il assimilait habituellement à de la peur, mais il s'agissait ici d'une autre forme de peur. Il verrouilla sa porte, plaça un linge pour obstruer la serrure et tira les rideaux de toutes les fenêtres avant de retirer son manteau et sa chemise. Il s'affaissa dans le large fauteuil de son bureau, puis attrapa un tournevis pour désassembler son gantelet. Lorsque la dernière pièce tomba, il ressentait comme à chaque fois une forme de délivrance, car bien qu'il soit de magilithe, son avant-bras n'en avait pas pour autant perdu la sensation de toucher. Les lumières de la pièce se dispersait dans les cristaux et renvoyaient sur les murs une kyrielle de couleur qui pouvait presque rendre la scène jolie. Presque, car une nouvelle fois, les appendices qu'il s'était évertué à raccourcir avaient dors et déjà commencé à revenir.

- Faut vraiment que je trouve une solution ... soupira-t-il.

Il prit alors le temps de se purifier dans la salle de bain, avant de sombrer dans une sieste si profonde quelle se transforma en une véritable nuit de repos. Au petit matin -bien que sous-terre, cela ne fasse aucune différence- le trentenaire ramassa ses effets, se vouant à son habituel rituel de taille de son bras défectueux avant de se rééquiper et se rendre jusqu'au salon réservé par Rebecca, avec toujours cette étrange sensation dans le corps.

- Ah Joël ! Je vois que les draps ont été plus efficace que mes filles. Tu as meilleure mine.
- Il serait vraiment temps que tu ailles te faire ausculter les yeux. Elle est toujours là ?
- Oui oui, je l'ai aperçu là-haut. Visiblement elle aussi a eu besoin de plus de trois heures pour récupérer.
- Merci, tu peux me préparer un café ?
- Bien sur, je t'apporte ça tout de suite.

L'héritier grimpa les marches de l'escalier trois par trois puis entra dans le salon, saluant sa partenaire d'un signe de la main avant de s'installer sur un sofa.

- Les dispositions ont été prises pour notre retour à Ünellia, à partir de là cela devrait être une promenade de santé.
- Notre retour à Ünellia hein ... Je te remercie, mais avant ça j'ai une dernière chose à faire ici. Les bouffons qu'on a affronté hier, ils sont peut-être utile à Aildor, mais c'est une vraie plaie pour Alexandria. Cela fait des années qu'Ünellia essaie de mettre Brownsea six pieds sous terre pour tout les tords qu'il cause à Daënastre. Prise d'otage de personnalités de Daënastre, meurtres, braquage, actes de piraterie et j'en passe, bref. Un bon rosier dans le pied de tout un pays. Et dans ce pays, il y a moi, qu'il cherche à buter plus que quiconque.

Rebecca entra dans la pièce, offrant sa boisson au daënar avant de s'installer parmi eux.

- Je ne partirai pas d'ici avant d'avoir placé une belle balle entre ses deux yeux d'abruti. Rebecca est prête à nous aider, elle peut nous fournir deux de ses filles. Je comptais sur elle pour faire diversion et essayer de m'infiltrer, mais si tu es là, je suis certain qu'il y a moyen d'opter pour une meilleure stratégie.
Avant de te donner plus d'info, j'ai besoin de savoir si tu veux être dans le coup ?


- Mes chéries sont efficaces, et j'ai déjà vu Joël à l'action et il n'est pas si maladroit que l'on pourrait le croire. Mais l'aide d'une Légionnaire nous serait inestimable. Ces bâtards ont déjà tué trois de mes employées, et ont des dettes non-négligeable envers "Le mirage".


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Kerrah
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Dim 21 Jan - 18:11
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah soupira, avant de répondre avec un ton fatigué :

" C'est ça votre plan? On fait pénétrer Joël, dont la tête est mise à prix, plus une légionnaire, assez repérable avec quatre prothèses et les yeux rouges en général, dans le QG ennemi, déguisé en prostitués, ni vu ni connu? C'est vrai que ça va être crédible à l'entrée. Quand à compter sur vos demoiselle pour nous laisser une fenêtre ouverte, c'est sous-estimer le niveau de sécurité en vigueur dans la résidence de Brownsea. "


Kerrah sirota sa boisson en ajoutant :

" Admettons que l'une des plus grande puissance criminelle de notre temps n'ai effectivement que des gardes du corps grabataires à moitiés aveugles, et que nous arrivions à entrer, il y a encore très peu de chance que des gens comme nous puissions ne serait-ce qu'approcher de la cible, et même dans cette situation, il resterait son détail rapproché qui sera constitué de combattants de ma trempe plus ou moins. Le genre de combat que je ne serais même pas sur de remporter si j'étais accompagné par des soldats d'élite. "

Kerrah posa sa tasse en soupirant :

" Maintenant, admettons qu'effectivement une balle perdue vienne se loger entre les deux yeux du cher Brownsea, ce qui effectivement ferait très plaisir à l'UNE, vous vous échappez comment? Vous espérez quoi? Une flotte de nefs pour venir vous extraire? "

Atteignant le paroxysme de l'agacement, Kerrah ajouta finalement :

" Poussons la rhétorique jusqu'au bout. Tu as tué Brownsea, tout le monde s'est échappé et tout et tout, tu crois vraiment que ça s'en finirait là? Je te rappelle que je suis assez identifiable, et il ne faudrait pas plus de 4 heures aux malfrat pour découvrir que les demoiselle d'un bordel, sur leur territoire, nous a aidé. "Le moine peut s'enfuir, pas le monastère", vous serviriez d'exemple, et l'UNE se retrouvait dans la situation exacte qui fait que nous n'avons jamais bougé pour régler son compte à Brownsea : Impliqué dans le meurtre en plein jour d'un riche dignitaire.

Malfrat ou pas. Croyez-le ou non, mais si l'UNE avait vraiment voulu Brownsea mort coute que coute, il y a bien longtemps que les nefs de guerre auraient percée la couverture de nuages pour transformer sa résidence en cratère fumant. Cependant, l'UNE tient plus à son image qu'à un unique malfrat, s'il est mort, un autre le remplacera, par contre si l'UNE montre qu'elle peut librement abuser de sa force, il sera impossible de travailler avec quiconque petit à petit "


A vrai dire, des sales types comme Brownsea, l'UNE en avait un paquet dans le collimateurs, cependant ils avaient aussi parfois leur utilité, maintenant le statut quo. Là où Joël avait raison cependant, c'est que Brownsea était un cas particulier. Il avait été initialement mis en place et aidé par l'UNE pour prendre le contrôle de certains ... services discrets, et certains trafics. Cependant, il avait depuis retourné sa veste, irritant nettement plus l'UNE qu'il ne leur rapportait. Sa tête était effectivement à prix au Tyorum pour avoir encouragé pas mal d'actes de piraterie, mais PAS n'importe comment.

" Nous avons quelques avantages en manche cependant : Brownsea voit Joël comme un insecte tout au plus, ils ne se méfie pas donc, nous allons utiliser ça à notre avantage pour lui faire commettre une erreur. Bien sur, un homme comme Brownsea est arrivé là car il ne commet jamais d'erreurs, mais les années et le pouvoir tendent à rendre arrogant, surtout envers ceux qu'on considère comme de la vermine. Notre meilleurs force, c'est le fait que Joël soit le parfait looser. Nous allons pouvoir passer complètement sous le radar. "

Kerrah sourie avec un air mauvais :

" Bien sur, si on veut pousser Brownsea à l'erreur, il va falloir que l'insecte en question attire son attention. Le seul moment où on remarque un insecte c'est quand il nous pique, et on va le piquer là ou ça fait très mal pour le mettre très en colère ... "

Kerrah était plus ou moins renseignée sur l'opération de Brownsea, elle connaissait les grandes lignes de son organisation, et les niveaux de sécurité liés.

Viser un des gagne-pains de son organisation était du suicide, Brownsea avait ses propres ennemis, donc tout ce qui avait de la valeur était bien gardé. Par contre, il y a beaucoup de choses qui n'ont pas de valeur et pourtant qui font nettement plus mal quand on les perds.

" Quant à aller vider son coffre fort, même 100 personnes comme nous ne saurait le faire, par contre il y a un autre moyen de lui faire mal : Son comptable. Un Homme comme Brownsea ne peut pas laisser trop de rapports écrits de ses opérations financières, il embauche donc un cabinet, le cabinet GreyCoin, pour gérer la partie financière de son opération. Si nous le frappions là, même si dans l'absolu il ne serait pas "moins riche", il serait dans l'incapacité totale d'utiliser sa propre richesse efficacement, c'est à la fois un coup violent dans son opération et dans son égo. "


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Joël Neara
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Jeu 22 Fév - 13:56
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Joël écouta avec intérêt le raisonnement de Kerrah, et par chance pour lui comme pour elle, il n'avait que faire de son honneur ou de sa fierté, lui permettant d'encaisser les nombreuses remarques désobligeante sans vraiment broncher. Qu'importe s'il fallait qu'il soit considéré comme un boulet pourvu que cela lui permette de se débarrasser de son ancien employeur. Cependant, un détail le tracassait :

- Et après, quoi ? Je te rejoins sur le fait que tuer Hank Rayburn fera bien chier le boss, mais ce n'est pas lui qui se déplacera pour constater l'ampleur des dégâts. Tout au plus il enverra un certain nombre de ses gars pour fouiller la ville à la recherche du responsable, laissant la surveillance de son QG et de sa personne à une poignée de ses meilleurs hommes, mais rien qui puisse nous permettre de l'atteindre lui sans risquer de se faire buter. Par contre ...

Une bribe d'idée vint lui traverser l'esprit, qui avait dors et déjà fait son petit bout de chemin en même temps qu'il donnait son avis sur le plan de Kerrah. Le groupe avait un avantage que la Legionnaire avait sous-estimé, un avantage que même Bronwsea redoutait et qui était la raison pour laquelle Joël avait passé son temps à ce cacher depuis son arrivée à Aildor. Le daënar avait travaillé pour lui, avait gravi un certain nombre d'échelon avant de prendre la poudre d'escampette. Il connaissait le fonctionnement de son organisation, l'emplacement et l'architecture de sa cachette, ses habitudes, ses hommes de confiance et tout un tas de paramètres qui laissait au groupe une marge de manœuvre non-négligeable.

- Tu m'as donné une idée. Plusieurs idées même. Éliminer son comptable l'affaiblira mais ne nous avancera pas beaucoup plus, par contre on sait où il est, je sais à quoi il ressemble et je connais la relation qu'il entretien avec Brownsea. Il se déplace personnellement tout les Jeudi soir, accompagné de deux gros balèze et de son chien Kiki, jusqu'à son cabinet qui n'est pas bien loin de la station d'épuration dans le quartier de Dalai. Nous pourrions capturer son comptable, laisser les filles l'étudier pour copier sa voix et ses mimiques pour organiser un rendez-vous d'urgence. De mon côté je fais en sorte de croiser sa route pour qu'il se lance personnellement à ma poursuite. Là j'aurai besoin de toi Kerrah pour éliminer ses gardes en cours de route. De mon côté j'attire le patron dans les égouts, où on sera sur d'être peinard, et on le plante une bonne fois pour toute en toute "discrétion".
L'avantage c'est qu'on sera amené à affronter un minimum d'hommes, le défaut c'est qu'il va me falloir une sacré paire de couilles et une chance insolente pour réussir à ne pas mourir avant d'atteindre les égouts.


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Kerrah
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Mer 7 Mar - 10:33
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah réfléchie en se grattant le menton pensivement.

Je pense que tu as tords, mais ton idée a un certain mérite. Ne pense pas à Brownsea comme un simple leader ou capitaine d’industrie. C’est un mafieux de la pire espèce, son pouvoir est intimement lié à sa propre réputation. S’il se cache derrière les murs de sa forteresse alors qu’il se fait ridiculiser, sa réputation s’effondre, ses partenaires commerciaux perdent confiances, et ses hommes se laissent aller.

Kerrah claqua ses mains, et ajouta :

Imagine le ragot : Brownsea, blessé et ridiculisé par un rat des rues, le genre de « looser » que les gens de sa conditions méprisent. Si nous parvenons à rendre l’humiliation suffisamment publique, nous pouvons même assurer que tu survives à la course poursuite, car il voudra t’attraper vivant et t’écorcher en place publique … Le mieux, c’est si nous pouvions pousser le vice à le faire sous ses yeux.

Kerrah ponctua sa réflexion d’un claquement de langue étrangement à la fois sensuel et sinistre.

Nous allons retenir ton idée, mais légèrement l’améliorer … Nous allons bien enlever son comptable pour définir d’un rendez-vous, mais tu vas ouvertement lui tendre une embuscade, en plein jour, en pleine rue, et lui faire profiter de la tête de son trésorier empalé sur une pique. Une attaque d’amateur contre lui, en plein jour, s’il ne répond pas immédiatement, inutile d’essayer de le tuer nous-même, ses partenaires se chargerons pour nous de le mettre à la retraite.




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Joël Neara
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Jeu 15 Mar - 17:21
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Le trentenaire acquiesça aux remarques pertinentes de sa collègue. Il n'était pas nécessairement convaincu que sa stratégie soit foncièrement meilleure que la sienne, mais elle avait le mérite d'ajouter un facteur on ne peut plus motivant pour le daënar : celui de pouvoir regarder Brownsea dans les yeux en l'humiliant. Il lui ferait payer toutes les atrocités qu'il a commandité, lui ferait payer ce jour où il l'a envoyé à Vereist pour tuer une gamine, et par extension, lui permettrait de soulager les naseaux d'Ünellia de l'un des plus gros tas de merde que l'U.N.E. a eu le malheur de déféquer sur Aildor.
Il frappa la paume de sa main de son autre poing, un sourire carnassier sur les lèvres :


- Cet abruti ne va pas comprendre ce qui va lui arriver ! Ne perdons pas plus de temps, le temps d'arriver jusque chez Rayburn il devrait être aux alentours de midi, il devrait sortir bouffer dans un bistrot à côté. On s'infiltre, on en profite pour choper des documents compromettant s'il y en a, on attend le retour du petit gros et l'affaire est dans le sac !

L'Anomalie se releva et se tourna vers Rebecca :

- Tes filles resteront ici, je ne souhaite pas les mettre en danger inutilement pour le moment. Quelles se tiennent prêtes pour notre retour, elles auront du pain sur la planche.

Il attrapa son fusil et indiqua à Kerrah de le suivre, dévalant les escaliers en toute hâte, récupérant au passage un manteau et un chapeau qu'il enfila prestement afin de passer plus ou moins inaperçu, et commença à parcourir les rues d'Aildor en direction du bureau du comptable.

- Hank n'est pas un mauvais bougre. Je sais que pour la réussite de la mission il vaut mieux qu'il soit mort, mais si jamais on a moyen de l'épargner, je t'avouerai que j'aurai la conscience tranquille. Ou au moins, offrons-lui une mort rapide et sans souffrance.

Le daënar se savait recherché par les hommes de Bronwsea, et si plusieurs fois ils en croisèrent sans éveiller les soupçons, le subterfuge fut mis à mal dans d'autres cas, obligeant les deux partenaires à presser le pas et à s'éclipser au détour d'une ruelle pour échapper à ceux qui dont le regard s'était fait un peu trop insistant. Fort heureusement, Aildor était une fourmilière à toute heure du jour et de la nuit et les années passées à arpenter ces rues avaient développer chez l'héritier un sens aigu de l'orientation, leur permettant d'emprunter des chemins et raccourcis que peu connaissaient. Les quarante minutes qui suivirent furent donc ponctuées de petites poussées d'adrénaline, de pauses derrière un container et quand la situation l'obligeait, d'élimination. Mais le calvaire fut enfin terminé lorsqu'ils arrivèrent devant le petit bâtiment à deux étages, le rez-de-chaussé étant réservé à une boutique d'antiquité, le premier au bureau de Rayburn et le dernier étage à des appartements de bonnes. Joël attrapa la légionnaire par le bras et la tira vers lui afin qu'elle se cache à ses côtés derrière un tas d'ordures.

- La fenêtre de son bureau est fermée, il a dut sortir comme prévu. Le brocanteur ne nous emmerdera pas s'il nous voit monter, par contre il faudra réussir à forcer la serrure sans tout exploser. On fouillera son bureau en attendant son retour. C'est toi la cheffe désormais, j'te suis.

Ils sortirent ensemble de leur cachette et se dirigèrent vers la bâtisse, mais une étrange sensation stoppa net l'Anomalie. Légèrement penché en avant, les épaules rentrés, le visage incliné tel un animal à l'affut, son front commença à se perler de sueur tandis que ses yeux cherchaient dans un horizon que lui seul voyait la raison de cette soudaine peur. Il déglutit, et petit à petit cette étrange sensation se dissipa. Il pressa le pas pour rejoindre Kerrah en se demandant ce qui lui arrivait depuis la veille, et bien qu'il n'allait pas le comprendre tout de suite, l'Anomalie se rendrait compte tôt ou tard qu'un danger plus terrible encore que Brownsea venait d'arriver en ville.


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Kerrah
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Sam 14 Avr - 1:50
Irys : 50420
Profession : Légionnaire disgraciée
Daënar +2 ~ Cerka (femme)
Kerrah saisie le bras de Joël et le tira prestement à couvert dans la ruelle, et lui montrant du doigt une sentinelle en train de patrouiller sur le toit.

" Que son comptable soit là ou pas, l'ensemble des transactions de Brownsea sont stockées dans ses livres. Crois-moi que la maison est bien plus surveillée qu'elle n'en a l'air. Je suis sur qu'au moindre signe de fumée tu as l'escouade entier de pompier qui rappliquent ... "


Kerrah se gratta le menton. Quand elle préparait une mission de cette envergure, elle avait d'habitude accès à tout le personne de l'UNE dont elle avait besoin : Espion, guetteurs, artificiers ... Là, sans même parler de l'effectif très limité de l'UNE à Marnaka, elle pouvait oublier tout support qui risquerait de relier leur action à ses propre dirigeants.

Elle attrapa l'épaule de Joël, et ajouta juste :

" Une opération de ce type demandes généralement des mois, voir des années de préparation. Nous répétons à blanc l'opération, en simulant les temps de celle-ci, et comparons notre exécution aux mouvement en temps réel de tous les acteurs concernés. Si je suis conscientes que tu n'as pas prévu de passer la prochaine année dans ce trou à rat, nous avons néanmoins l'énorme avantage d'être absolument invisible au yeux de nos ennemis. Autant en profiter pour bien nous préparer. "


L'histoire, si elle tient grand compte des batailles, des coups d'états, des révolutions et des couronnement, oubli souvent de mentionner les longues et monotones périodes de préparation que sous entends tout coup d'éclat. Ici, ce fût prêt de 8 jours que Kerrah et Joël passèrent à scruter le moindre des mouvements des Brownsea, de ses associés, de son comptable. Des journées et des nuits entière passées à explorer les égouts pour en connaitre le moindre recoin, à mêle calculer les temps de trajets exacte entre tous les points clés de leur opération.

De toute ceci, autre que l'assurance de la faisabilité de leur opération, il en vinrent à une observation clé : La demeure du comptable était inviolable. Il était le seul à avoir le droit d'y mettre les pieds. Même pour voir une prostituée, il devait louer une chambre en ville. Par moins d'une douzaine de gardes émérites, voir plus si certains civils faisaient parti de l'effectif de Brownsea, patrouillaient à toute heure du jour et de la nuit pour s'assurer que la maison était inviolable.

Quant à kidnapper le comptable en ville, cela leur laisserait une fenêtre bien trop courte pour préparer quoi que ce soit.

C'est finalement dans les égout, armés d'une carte topologique de la ville, et de différents outil, que Kerrah et Joël se trouvaient finalement.

- Quelle idée de merde


"Tu veux prendre le pari sur le fait que ça va fonctionner? "

Kerrah et Joêl était très exactement SOUS la résidence du comptable. Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'ils venaient, à chaque fois qu'il était de sorti pour éviter qu'il les entende, saboter les fondations en un point très précis.

Un bruit d'eau courante se fit entendre.

Kerrah tendit l'oreille, et ajouta :

" A l'heure, comme toujours ! "


- A toi l'honneur ma grande, c'est ton plan ...

Kerrah sourit, et se saisie de sa pioche, l'abattant de toute ses forces sur la fondation déjà fragilisée. Avec un bruit de gravas, le plafond s’effondra devant eux d'un coup, créant un monticule de brique sur lequel trônait le comptable, le pantalon sur les cheville, toujours assis sur ses toilettes malgré la chute d'un étage.

La situation était tellement absurde que son cerveau semblait gelé, incapable d'analyser ce qu'il se passait.

" Je t'avais dis que ça marcherait ! Tu serais surpris du nombre de fois que cette technique m'a permis d'atteindre des cibles normalement impossible à toucher. "


Comprenant soudainement ce qu'il se passait, le comptable se prépara à crier, uniquement pour être cueilli en pleine machoire par la botte de Joël, le mettant KO.


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Joël Neara
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Ven 4 Mai - 19:40
Irys : 314862
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Dès le départ l'idée semblait foireuse. Venir à Aildor avait été une idée foireuse. Se faire remarquer par Brownsea avait été foireux. Et désormais, vouloir s'en prendre à lui et en finir était une décision encore plus foireuse. Mais Kerrah et Joël n'étaient pas réputé pour leur plans infaillible. Déjà quelques années plus tôt ils jouaient un duo folklorique mais efficace, mais l'efficacité n'avait pas suffit à convaincre leur supérieur que l'originalité appelait la surprise, et l'effet de surprise, la victoire. Un beau gâchis selon certain, et pourtant c'était pour lui et sa patrie que l'héritier prenait aujourd'hui autant de risque.

Indirectement, Kerrah l'avait une nouvelle fois sauvé. Joël n'était pas un habitué de l'infiltration. Il était un exécutant, pas un tacticien et si la Légionnaire n'avait pas remarqué la présence des gardes tout autour du petit immeuble, il ne faisait aucun doute qu'il se serait prit une balle entre les deux yeux. Alors ils observèrent, le trentenaire aiguisant ses sens autant que possible afin de se montrer utile, s'entraînèrent et se synchronisèrent pour espérer passer outre les défenses du comptable, mais c'était peine perdue. Il ne leur fallut pas plus de quelques jours pour se rendre à l'évidence. Ils ne pourraient pas faire sortir Brownsea de cette façon. Son plus proche soutien était hors de portée, jusqu'à ce que la daënar ait une idée. Une idée absurde à laquelle Joël ne pouvait qu'adhérer, plus par curiosité que par conviction. Mais il obéit. Pendant quelle se munissait de ce qui leur servirait à accomplir leur méfait, lui s'occupait d'explorer les égouts de la ville et de les cartographier jusqu'à trouver l'emplacement exact des fondations des bureaux de Rayburn, ou plutôt, ses toilettes pour être exact. La suite fut autrement plus pénible et redondante, puisque les deux daënars s'évertuèrent à briser chacune des fondations jusqu'à attendre "l'assaut final", c'est à dire qu'Hank Rayburn aille déféquer à 14h11 exactement pour briser la dernière colonne et faire s'écrouler son plancher dans la plus grande discrétion possible.

Si la notion de discrétion fut toute relative, Joël ne put qu'admettre que le plan avait fonctionné, et mieux que ce qu'il ne l'avait imaginé. Rien de plus, rien de moins ne s'était écroulé que ce qui avait été prévu, Rayburn était en parfait état et sous le choc. Le plus compliqué était fait, mais le plus dangereux restait à faire.


- Je t'avais dis que ça marcherait ! Tu serais surpris du nombre de fois que cette technique m'a permis d'atteindre des cibles normalement impossible à toucher.

- Qu'est-ce que ... Joël ? A l'a...

~ SBAF ~

L'Anomalie fit taire le comptable d'un formidable coup de pied en plein visage, lui laissant ressentir l'ensemble de son nez se briser sous la semelle de sa botte, une sensation qui lui fit froid dans le dos.

- Bon ... j'avoue, ce n'était pas une "trop" mauvaise idée. Maintenant les filles, à vous de jouer.

Les deux filles de Khugatsaa sortirent de leur cachette et s'avancèrent vers les deux fauteurs de trouble, mettant immédiatement en œuvre les ordres qui leur avait été donné. La capture du comptable n'était que la partie émergé de l'iceberg. Kerrah et Joël avait en réalité besoin de lui pour que les illusions des deux jeunes femmes soient irréprochables. D'un signe de la tête, Joël indiqua à Kerrah d'aller prendre position, tandis que lui et l'une des prostituées se hissèrent jusque dans l'appartement. Dès lors, la magie opéra. L'illusionniste fit un travail remarquable et personne n'aurait put se douter que derrière la fausse apparence du comptable se trouvait en réalité la plus grosse épine dans le pied de Brownsea. Afin de pousser le vice, un voile d'illusion fut posé sur l'ensemble de la surface qui s'était écroulée, et alors la mission de Joël débuta.

Ces derniers jours d'intense observation lui avait permis d'appréhender l'ensemble des habitudes et mimiques du gestionnaire, aussi il n'aurait que pour mission d'assurer le rendez-vous avec son "employeur", puis de l'humilier et le pousser à le poursuivre fissa dans les égouts. La soirée ne tarda pas à arriver, ce qui laissa malgré tout le temps à l'intrus de détruire toute la paperasse, à l'exception de celle dont il aurait "besoin" pour son entretien. Comme ce fut le cas la semaine précédente, le rendez-vous hebdomadaire du jeudi soir eut lieu. Les deux gardes du patron restèrent à l'entrée afin de protéger le bâtiment de quiconque voudrait y entrer, tandis que le boss frappa au bureau du sosie d'Hank Rayburn. Cigarette à la main, et l'ensemble des contrats et autres documents de valeur soigneusement déposés sur le bureau, Joël accueillit son ancien employeur chaleureusement. Il lui fallut bien cela pour évacuer le stress, n'étant jamais tout a fait sur que Jeff Brownsea soit bien victime de l'illusion.


- Et bien Hank, je t'ai rarement vu aussi organisé. Quelles sont les nouvelles ?
- Après tout ce temps et vu la profusion de document suite à notre "succès", il était temps que je fasse un peu de rangement.

Joël invita son adversaire à s'assoir et prit place également, puis attrapa un à un les documents les plus précieux du mafieux pour en exposer les chiffres, colossaux pour la plupart.

- Les Darlington ont enfin réglé les dettes qu'ils nous devaient depuis 928, non pas sans quelques dégâts collatéraux et autres bénéfices. Benedict Miller a tenté de nous la faire à l'envers il y a trois jours, mais ta judicieuse intervention lui a cloué le bec ... et tout le reste. D'ailleurs, je tenais à vous adresser tout mon respect pour l'immense prouesse d'anticipation dont vous avez su faire preuve sur cette affaire, un coup de génie, vraiment. Sinon, la nouvelle taxe que vous avez instauré sur nos ventes de magilithes "purifiées" fait également des merveilles. Pas moins de 1.461.849 Irys dans les poches de la maison, de quoi réinvestir et agrandir notre zone d'influence à Aildor et Alexandria. En bref, une affaire qui roule mieux que ce qu'elle n'a jamais roulé.

Le daënar lui proposa alors un verre de whisky, qu'il accepta volontiers.

- Cela faisait bien longtemps que la famille ne s'était pas tenue en aussi bonne forme.
- Des nouvelles de Cynthia, Aurora et ... les trois autres gars dont j'ai oublié les prénoms.
- Une sale histoire. Ils ont été retrouvé mort dans la vieille Aildor, mais rien qui ne puisse mettre à mal nos affaires. Après tout, ce n'est "que" Joël, un lâche doublé d'un idiot. Quand je l'aurai attrapé il n'aura pas le temps de crier que je lui aurait fait bouffer ses couilles avant de laisser Kiki n'en faire qu'une bouchée.

Joël écoutait d'une oreille distraite tandis qu'il rassemblait les précieux documents, puis il se leva et contourna le "parrain". Interloqué par ce comportement inhabituel, Jeff se retourna et ses yeux s'écarquillèrent. Allumette à la main, son plus fidèle allié mettait le feu aux seules preuves qui lui permettait d'assurer la pérennité de son business.

- Hank, qu'est-ce que tu fous !

Il se jeta sur les documents, essayant tant bien que mal d'éteindre le début d'incendie, mais ses efforts furent vain. Joël quand à lui avait ouvert la porte et s'était reculé jusque devant l'entrée des toilettes, rapidement rattrapé par son ex-patron, furax. Il l'attrapa par le col et le plaqua contre la porte.

- Toi mon vieux, je sais pas ce que tu as fumé ce soir mais crois-moi, putain crois-moi que tu vas regretter ce que tu viens de faire.

Joël afficha d'abord une mine faussement effrayée, avant que son sourire carnassier ne vienne se dessiner sur son visage en même temps que l'illusion prenait fin.

- J... Joël ?
- De la part du lâche et de l'idiot, fils de pute.

L'Anomalie enclencha le levier de la porte et les deux tombèrent à la renverse, plus bas sur le tas de gravas. Sonnés, ils tardèrent un peu à se relever, mais l'effet de surprise donna l'avantage au trentenaire qui commença à prendre la poudre d'escampette. Énervé comme jamais, Brownsea attrapa son revolver et tira, mais l'attaque manqua, ce qui suffit malgré tout à attirer les deux gardes à l'intérieur.

- Cet emmerdeur de Joël a buté Rayburn et s'est enfui dans les égouts. Rejoignez-moi bande d'abrutis et aidez-moi à le rattraper !

Les deux mastodontes se jetèrent dans le trou et prirent la suite de leur chef. La troisième partie du plan venait de débuter. Au détour d'un virage, Joël dépassa Kerrah, dont la mission était de laisser passer Jeff et d'intercepter ses deux chiens de guerre. Le daënar quant à lui courrait à en prendre le souffle jusqu'à arriver volontairement jusque dans un cul de sac, rapidement rejoint par l'un de ses principaux ennemis.

- Depuis tout ce temps ... halète ... depuis toute ces années Joël ... halète ... tu n'as cessé de me casser les couilles.

Joël aussi était à bout de souffle. Mains sur les hanches, il faisait des va-et-viens et tenter de reprendre sa respiration, ignorant parfaitement la menace qui se tenait devant lui et qui se rapprochait pas à pas.

- Quel gâchis ... un gars comme toi aurais put faire tellement plus ! Imagine tout ce que j'aurais put t'offrir si ce jour-là tu avais pris la bonne décision.
- Héhé, la seule bonne décision que j'ai pris tête de gland ... reprend son souffle ... c'est de te cracher à la gueule et à celle de toute les branleurs qui te lèchent la raie.
- C'est fini, t'es coincé gamin.

Jeff voulu se saisir de son arme, mais à la place il y trouva une banane, ou plutôt, l'illusion d'une banane, qu'il jeta au loin sous le coup de la colère.

- C'est quoi ce b...

Le pas suivant lui fut fatal. Le piège à loup dissimulé par la seconde illusionniste se referma sur sa cheville et un râle de douleur lui arracha la gorge alors qu'il tombait par terre, se tenant la jambe sans trop savoir quoi faire pour soulager la douleur. Joël se rapprocha de son ancien employeur, détacha sa ceinture et urina au visage de l'un des plus gros escrocs d'Aildor.

- TU VAS ME PAYER ÇA, JE JURE QUE TU VAS ME PAYER ÇA !
- Non je n'crois pas ... conclu-t-il en reboutonnant son pantalon.

Il claqua des doigts, et la totalité de l'illusion s'estompa enfin, révélant non seulement à Brownsea que ce qu'il croyait être une banane était bel et bien son arme à feu, mais aussi et surtout que tout autour de lui était entreposé des kilos d'explosif.

- N ... non ... non Joël fait pas ça. J'ai de l'argent, des femmes, pleins de femmes ! Dis-moi ce que tu veux, quel est ton prix ? Tu le sais aussi bien que moi que tout à un prix.
- Raaah ferme-la Jeff, t'es foutu alors à quoi bon ?

L'héritier fouilla l'une des poches du blessé et en sorti un briquet, qu'il utilisa pour mettre le feu aux poudres.

- Joël ... Joël non attends, tu ne peux pas me faire ça !

N'ayant que faire des supplications du condamné, Joël attrapa l’illusionniste par la taille et la pressa de grimper à l'échelle qui menait tout droit vers la sortie.

- JOËL ... JOËËËËËËËËËËL !
- Et ... Et la légionnaire ?
- T'inquiète pas pour elle, elle va se débrouiller.

L'anomalie avait tout fait pour respecter au mieux le timing que sa partenaire avait établi, aussi espérait-il qu'elle n'ait pas eu de mauvaises surprises avec les deux noirauds.


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