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Chroniques d'Irydaë
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 Une union couleur de vin. [PV: Ludwig Strauss]

Dolores Rossetto
avatar
Sam 12 Aoû - 2:32
Irys : 99984
Profession : Chanteuse dans un club privé
Daënar 0
On l’avait annoncé, enfin elle arrivait. Le joyau de cet établissement prestigieux. Ils sont tous là. Qu’ils soient les commandants ou seulement les héritiers, tous proviennent de familles anciennes et prestigieuses. Tous sont spécialisés dans une industrie, celle des armes. Malgré le clair-obscur qui l’aveuglait à demi, Dolores pouvait admirer leurs visages au premier rang. Albert Clairvaux, le vicomte de Gretts Jonathan Ioussoupov, Claude de Bloy, fils du célébrissime Walter de Bloy, détenteur d’un quasi-monopole sur la canonnerie navale du chantier de Fort-Felsberg. Qui suspecterait qu’une simple animatrice de bouge pour aristocrates décadents connaisse autant de détail ? Personne, comme à chaque fois. Et pourtant, elle connaissait fort bien ceux qu’elle allait faire rêver durant les prochaines minutes. Comme la sirène des légendes helléniques, envoûtant ces pauvres esprits réunis ici-bas par la simple invitation du Maître Irys, leur tortionnaire à tous. Une nouvelle religion était née sur ce continent, malgré ce que peuvent bien raconter les pamphlets des premiers exilés.

Qu’on éteigne ces lumières ! Il y en a encore trop ! Je suis là, l’unique étoile de votre ciel, au moins pour ce soir ! Je brille au moins autant que les lunes, et me décrocher de l’attraction de mon astre chéri est bien plus facile que pour elles ! Je suis si émue… Tous venus pour moi. Ils l’ont dit, je l’ai entendu. Leurs pupilles dilatées le montre. Pourquoi mentir ? J’ai envie de tous les voir, prendre leur visage entre mes mains, et de tous les dévorer un par un… La vie de riche bourgeois produit des hommes d’une allure magnifique ! S’il vous plait ! Arrêtez-moi cette horloge ! Que plus rien ne bouge ! Je veux éteindre cette flamme qui m’hypnotise avant de chanter, sinon qui sait quel incendie je pourrais allumer dans leur pauvre cœur ? Mais je ne peux pas… Je vais être obligée de faire mon travail avec un tel désir dans la cervelle ! J’ai quand même un ouvrage bien cruel…

Elle se plaça au centre de la scène, diamant enveloppé d’un velours dont on ne pouvait que supposer l’inexorable douceur. Une robe qui s’arrêtait aux genoux, mais qui laissait les épaules découvertes, et qui épousait suffisamment bien la poitrine de la chanteuse pour que, même si elle était complètement fermée à toute œillade indiscrète, permettait de se faire une assez belle idée de ce qui s’y cachait. Une paire de longs gants de tissu d’un rouge flamboyant complétait cette toilette terriblement raffinée et sensuelle. Ses lèvres brillaient comme si la demoiselle venait d’embrasser une plaie ouverte, sûrement celle qu’elle avait laissée sur la paroi vasculaire d’un pauvre malheureux. Même ses cheveux illuminaient le regard, une cascade aux reflets d’un doré sombre sur son dos. Rien d’autre n’aurait pu faire ombrage à une pareille femme, et c’était là la prestation qu’offrait humblement La Ruche pour ceux qui avaient la fortune suffisante pour y entrer. Probablement qu’aucun de ces grands noms de l’armement ne pouvait détourner la tête de la scène.

C’est ÇA le charisme. Prenez-en bonne note, politicards malhabiles. Conquérir le cœur d’une foule est bien plus sûr que de conquérir sa cervelle. Je suis au-dessus de ça encore. Ce que je mets à ma botte, ce sont leurs hormones !

Forte de son numéro, qui n’avait démarré que depuis quelques instants en plus, Dolores se sentait enfin prête à user de son arme la plus terrible. Le signal était donné au bataillon de violonistes dans le coin sombre de la scène. Posant une main d’albâtre sur son buste, fermant les yeux, elle laissa la magie se dégager de ses cordes vocales. Des artisans minuscules y brodèrent une mélodie tout droit sortie de cités célestes et Dolores se chargea de la dompter.

- Passe, le point de non-retour. Nos mains se cherchent. Le grand moment arrive, enfin l’étreinte. ♪♫

De longues syllabes, pour caresser les tympans des moins attentifs. Des mots simples, sensuels, certainement à la manière du flux de pensées qui envahissait l’esprit du plus libidineux d’entre eux. Hormis la musique offerte par Dolores et ses talentueux compagnons, tout le monde semblait s’être tut. C’était l’attraction de la soirée après tout, celle pour laquelle La Ruche se permettait tant de dépenses, car Dolores assurait toujours que les plus rebuts des bigots reviennent un autre jour pour se faire flatter la rétine et les oreilles par cette plantureuse demoiselle.

- Passent, les liens du cœur, du sang. Pourquoi se battre ? Abandonne aux excès l’ultime enceinte. ♫♪ Vers quel enfer affluerons-nous ? Parviendrons-nous jusqu’à sa porte ? Quel grand brasier est là pour nous ? ♪♫


Oh… j’espère qu’il me voit. Par Alexandre, je sais qu’il me voit, je sais qu’il aime. En cela, il n’est pas différent des autres, mais ça me fait tout de même chaud au cœur. Je lui rends la pareille après tout. Quand nous nous sommes rencontrés la première fois, il a gagné ce petit jeu. Mais ce soir, tu vas perdre…

*flashback*

- Dolores ! Je te présente Ludwig Strauss. Il dirige un important complexe d’usines d’armement. C’est un cador de l’Union ! Il voulait discuter avec vous en privé. Je vous laisse, j’ai d’autres clients qui m’attendent…

*fin du flashback*


J’adore quand mon patron m’organise ce genre d’entrevues. En plus, mais qu’il était bel homme… Je me demande comment on peut aimer autre chose que les fils de la grande bourgeoisie ? C’est le summum du raffinement ! Vous ne faites pas plus galant ! Et vous ne faites pas meilleurs coups surtout.

*reprise du flashback*

- Je.. suis enchanté, monsieur Strauss. Vraiment. Mais venez, ma loge est par ici, on pourra y faire plus ample connaissance. Avait-elle lancé, en appuyant sa proposition du plus éloquent des regards.

Mais il ne fallait pas s’y méprendre, ce qu’elle aimait surtout chez ces hommes du monde, avant d’admirer leur vigueur au grand jour, c’était leur conversation. Se mettre à quatre pattes sans dire un mot, c’est bon pour les trainées, même de luxe. Dolores était d’aussi haute naissance que la majorité de ces dandys en haut-de-forme. Elle avait donc un rituel très divertissant avant l’inévitable moment où il fallait tout de même consumer ce qu’ils avaient dans leur bas-ventre et qui les empêcherait de trouver le repos une fois dans l'intimité de leurs draps, seuls.

L’originalité de cette soirée du 5 juillet 932, c’est que ce moment n’arriva jamais, et ce par le consentement des deux personnes qui étaient entrées dans le vestibule. Quelque chose de bien plus prometteur était née de leur entrevue.



Code couleur Dolores: #9900cc
Joseph le majordome: #9999ff
Parties en italique: Pensées du personnage
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Ludwig Strauss
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Lun 14 Aoû - 18:46
Irys : 72389
Profession : [Officielle] Propriétaire d'industries de l'armement [Officieusement] Baron du crime
Daënar -2
Un nuage de blancheur, écumeux, flottait paisiblement. Des bulles aux tailles différentes se mêlaient et s’entremêlaient gracieusement dans un bal somptueux et délicat, tournoyant lentement autour d’un point invisible avec légèreté, tel un vol de gracieux cygnes aux ailes immaculées. Ce nuage mystique surmontait un univers liquide ambré, ou orangé. Seuls les jeux capricieux de la lumière indiquaient si ce monde étrange allait prendre une couleur de miel éclatante ou se renfermer dans un sombre teint d’apaisement. Deux joyaux d’acier surmontaient cet univers mélancolique, s’abreuvant de ce spectacle à la fois immobile et pourtant palpitant de mouvement. Le spectateur contemplait calmement les fines petites herbes qui semblaient léviter dans ce monde liquide, rappelant les contes sur les âmes des mortels qui, une fois débarrassés de leurs fardeaux de chaire et de sang tentaient de s’élever vers les cieux pour y trouver la quiétude tant promise de la mort. Les joyaux métalliques remontent, s’intéressant désormais à l’ascension infatigable d’une colonne de vapeur, danseuse immatérielle qui se mouvait en de lentes rondes sensuelles, décrivant des arabesques sulfureuses et voluptueuses avant de lentement d’estomper dans l’air, ne laissant plus qu’un parfum. Il inspire doucement cette odeur et jubile silencieusement. Il s’enivre de ce mélange de douceur et de volupté, cette chaleur exquise, ce délicat parfum d’herbes aromatiques, cette caresse sucrée à en faire pétiller ses narines …

« Le spectacle va enfin commencer ! »

Retour vers la réalité.

Ludwig se força à ne pas soupirer bruyamment tant l’irritation provoquée par la remarque banale de son voisin l’énervait. Il était en pleine dégustation d’un thé si bon et raffiné, préparé par de vrais maîtres de l’art en mêlant les plus exquises des herbes parfumées … et ce primate s’excitait bêtement comme un enfant dans un cirque. La simplicité humaine de certaines personnes était désespérante.

Strauss déposa lentement sa tasse de thé sur l’assiette de porcelaine couleur de neige prévue à cet effet et croisa ses doigts gantés de noir. Son regard d’un bleu de glace se dirigea discrètement vers son voisin. Gordon Smith, héritier du renommé Brandon Smith, un riche homme d’affaires détenant une forte part du marché des armes polymorphiques à Vereist. Ludwig se souvenait de cet homme pour l’avoir rencontré lors d’une invitation à une exposition des premiers prototypes d’armes magithèques. Un homme de caractère, intelligent et ferme, appliquant d’une poigne d’acier les lois du business en écrasant ses concurrents en toute légalité. Tout le contraire de cette ombre insolente qu’était Gordon. Ce freluquet avait un faible esprit d’investissement et un goût assez prononcé pour les divertissements en toutes sortes, délaissant ainsi la puissance industrielle qui avait fait le succès de son défunt père.

Le regard de l’élégant moustachu analysa vivement Gordon malgré lui. Un tic ? Non, pas vraiment. C’était … sa nature. Un esprit aussi développé, une intelligence aussi vive et un regard aussi minutieux exigeaient, non poussaient leur détenteur à toujours tout décortiquer dans le coffre-fort qu’était sa psyché. C’était son arme la plus terrible mais aussi sa malédiction, son fardeau. Un fardeau qu’il avait réussit à en faire une force plutôt qu’un poids. Gordon passa ainsi, en quelques secondes seulement, sous le peigne-fin invisible de son voisin silencieux. Rien ne pouvait échapper à ses prunelles bleues qui captaient le plus infime détail et le gardaient en mémoire comme on graverait des mots dans l’argile frais. Vêtements de grande qualité mais légèrement froissés, cheveux taillés avec le plus grand soin et visage bien entretenu si ce n’est quelques poils au niveau de ses oreilles. Ongles non découpés … cet homme veille donc sur son apparence mais pas trop non plus, il ne s’investit pas totalement dans l’apparence tout en préférant garder une attitude correcte, preuve qu’il est de nature paresseuse mais veut faire bonne impression à cause de son entourage. Ludwig inspire. Une forte odeur de parfum émanait de l’homme. Son regard se pose sur ses mains. L’un des doigts porte une trace creuse et circulaire. Très probablement une bague de mariage, Gordon l’enlevait en absence de son épouse pour aller se pavaner comme un paon chez les dames. Monsieur semble s’ennuyer de sa pauvre épouse.

« Quelle voix … quelle beauté ... Elle est extraordinaire, n’est-ce pas monsieur Strauss ?»

Strauss cligna des yeux furtivement, arrêtant aussitôt ce flux d’informations. Son palais mental prend soin de transformer toutes ces images en dossiers ordonnés et les classer dans un placement adéquat. Il n’avait guère besoin de sonder d’avantage la nature banale et sans intérêt de Gordon, il ne tirerait rien de cette épave libidineuse. Mais sa présence, aussi déplaisante soit-elle, allait être cruciale ce soir.

Grâce à sa nouvelle amie très particulière. Ses yeux bleus se portent vers la scène, plus précisément vers le rossignol aux charmes d’Aphrodite. Sa voix était de miel et de stupre, un délicieux poison qui vous invitait à plonger dans une lente perdition, à se laisser consumer dans le brasier de la passion et les flammes du péché. Il devait admettre que sa voix était absolument mélodieuse. Portant sa tasse vers ses lèvres, il en préleva une fine gorgée, laissant la boisson chaude caresser ses papilles gustatives à la manière de la plus passionnée des amantes. Puis il soupira longuement et répondit

« Elle a un avenir très prometteur. »

Flashback

Il entra dans la chambre de Dolores, y trouvant la décoration de luxe qu’il s’était imaginé de la part de cette perle de nacre aux charmes dignes de la plus sulfureuse des succubes. La rencontrer en vrai fut un moment très particulier. Elle avait une forte réputation chez les bourgeois, riches marchands, aristocrates et politiciens et force était de constater que les éloges qu’on faisait sur elle étaient fondés. Divinement ravissante aurait été un euphémisme pour décrire cette beauté humaine.

« Miss Rossetto. »

Avec toute l’élégance et la prestance du monde, Ludwig retira avec grâce son haut-de-forme, dévoilant ses longues mèches sombres et coinça d’un geste vif sa canne sous son aisselle. Se penchant avec la délicatesse d’un cygne sur un lac, il s’empara de la main de Dolores et l’approcha à ses lèvres. Ces dernières ne touchèrent nullement à la peau de la chanteuse, se contentant de souffler doucement dessus comme le voulait la règle de la galanterie que l’homme lambda avait tendance à pousser et déformer pour profiter de la saveur d’un contact grisant avec le sexe-opposé.

« Quel immense plaisir de rencontrer, enfin, l’astre éclatant qui illumine la Ruche. »


~ Celui qui détient l'or, établit les règles ~
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