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Chroniques d'Irydaë
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 La Chasseresse, la Voleuse et le Truand [Nät, Gwen, Saka]

Nätchakar la Gâchette
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Mer 16 Aoû - 20:26
Irys : 274954
Profession : Bandit
Daënar -1
Il faisait moins froid que d'habitude, en plein mois d'août. Même si "chaud" aurait été une exagération flagrante. C'était la belle saison, où les plantes sortaient enfin du givre et où les bonnes gens pouvaient travailler sans risquer de voir leurs doigts tomber. Evidemment, parmi ces artisans avides de travail bien fait, on ne comptait pas que des honnêtes qui rentraient chez eux le soir, embrassaient leur femme et leurs enfants avant d'aller se coucher, dormant du sommeil du juste.
Les pires racailles trouvaient cette saison bien pratique pour faire de menus trafics. Les routes étaient plus facilement praticables, plus sûres, on pouvait voyager sans véritable problème. Bien sûr, les milices se faisaient plus nombreuses et sortaient plus facilement de leur trou, mais pour qui savait les esquiver, elles n'étaient qu'un problème mineur.

En l'occurrence, Nätchakar avait reçu la veille au soir une cargaison d'un de ces hommes qui s'aventurait dans les plaines de Vereist comme dans un salon de thé. Il avait récupéré quelques caisses de lourd matériel qu'il avait confié à La Gâchette en attendant un transfert qui aurait lieu le surlendemain de l'arrivée. Après quoi, le petit homme était parti, prévenant qu'il reviendrait vite avec le commanditaire et une substantielle récompense.
Pour l'occasion, suspectant un mauvais coup, le bandit avait ramené trois connaissances, trois pillards de sinistre réputation qu'il avait déjà eu l'occasion de fréquenter lors de précédentes missions. Evidemment, la première chose qu'ils firent en arrivant fût d'ouvrir les caisses pour admirer ce qu'elles contenaient. Après tout, personne n'avait précisé qu'on ne pouvait pas regarder...

Il y avait là diverses armes, des petits calibres, des fusils et des outils de destruction qu'aucune des brutes présentes n'avait jamais vu. Curieux, les brigands sortirent l'engin de son lit de paille, constatant qu'une autre caisse contenait des munitions possédant les mêmes gravures que le bijou technologique.

L'engin se montait sur trépied et était composé de huit petits canons soudés ensembles par un assemblage de disques. Il semblait y avoir une manivelle au derrière des chambres qui, quand on la faisait tourner, les faisait pivoter. Les gredins se grattèrent la tête. Ils l'auraient bien essayée, mais dans cette petite planque à côté de la place du marché de Zuhause, ç'aurait été inutilement risqué. Ne voulant pas en démordre, ils s'amusèrent à démonter visuellement l'arme pour comprendre son fonctionnement. Quand on passait autant de temps en cavale, on en obtenait une passion pour les flingues, surtout les gros. Autant un réflexe de survie qu'un moyen de passer le temps et de se cultiver.

Enfin, la journée serait longue et déjà, entre deux commentaires sur un fusil qui leur plaisait, on préparait des parties de dés et de cartes...


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Sakari Naasoqineq
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Lun 21 Aoû - 16:44
Irys : 319940
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
« Salut Sakari.
 J'espère que ça ce passe bien, tes petites vacances. Parce que je vais devoir les écourter. Enfin, te connaissant, tu y trouverais encore le moyen de t'amuser. D'autant plus que Gwen Feien, ton ancienne partenaire, est à Zulhause. Trouve-là, transmets-lui mes amitiés et les 130 irys d'arrhes que je glisse dans cette lettre. Vous ne serez pas trop de deux.
 Je t'explique. Tu sais que, depuis mars, je cherche à récupérer autant de chargements que possible des contrebandiers que vous deux avez volé. Il semblerait qu'un chargement d'armes m'ait échappé. Je pensais pouvoir tous les tracer, mais l'un d'entre eux a dévié de sa route. Je crois qu'il est à Zulhause.
 Ta mission, enfin la tienne et celle de Gwen, est simple. Trouvez, récupérez. Et évitez de mettre la pagaille, par pitié. Je pense que ladite cargaison est protégée, et que nos amis contrebandiers doivent l'avoir planquée quelque part en attendant de trouver un acheteur. Donc fais attention, et ne prends pas dix ans pour la récupérer, car lesdits acheteurs pourraient venir, avec des renforts. Ce qui serait embêtant.
 Prends soin de toi.

Chyluun Bydassan. »


Sakari se demandait, alors qu'elle posait la lettre et levait sa tasse, ce que son patron voulait exactement lui signifier dans les quatre derniers mots. Qu'importe.


Zulhause était, du point de vue de la Marnakane, d'un climat très tempéré. Il y faisait bon. Il n'y avait pas de quoi se plaindre. Et du reste, elle commençait sérieusement à en avoir plus qu'assez de ce pays. Cerka assumait pleinement qu'il faisait chaud. Alors qu'ici, à en croire les habitants, les conditions de vies étaient dures... les hivers rigoureux... la météo impardonnable...
Mes fesses. Chochotes va.

Mais qu'importe. Le travail avant tout. Sakari n'avait aucune idée de comment retrouver Gwen, mais à force de chercher dans les tavernes, elle finirait bien soit par la voir, soit par voir quelqu'un qui la connaissait.
« Excusez-moi monsieur, je vous ai entendu râler dans votre barbe pleine de mousse de bière sur la hausse de la criminalité en ville, et justement, vous ne connaîtriez pas cette personne ? Et elle montrait un petit dessin, assez ressemblant.

Il faut croire que cela finit par payer. Vers la fin de la journée, elle trouva quelqu'un, qui l'avait vu dans une auberge quelconque, s'y dirigea, s'attabla au bar et attendit qu'elle arrive.
C'est fou, en y repensant, ce quelqu'un, une fille appellée Arabella, avait exactement le même nom que la fille dont Gwen avait laissé le nom à Chyluun s'il voulait la contacter. Les coïncidences, des fois.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Mer 23 Aoû - 9:07
Irys : 950878
Profession : Voleuse
Daënar 0
J’arrive à la taverne où je crèche pour mon séjour au Vereist passablement énervée. Les gens m’avaient à plusieurs reprises lancés des regards curieux et des paroles plus ou moins murmurées, particulièrement aux alentours des tavernes. Apparemment quelqu’un me cherchait et trouvait que c’était une bonne idée de m’associer à la hausse de la criminalité ! Comme si j’avais besoin de ça dans une ville sur les dos de même les plus petits voleurs.

À peine un pas dans la pièce centrale et je trouve le fauteur de trouble, ou plutôt, la fauteuse de trouble. J’aurai dû m’en douter, Sakari ! En même temps, ça faisait quelque mois que je ne l’avais pas vu et la dernière fois, c’était à Cerka. Ville où j’avais d’ailleurs dû me faire oublier quelque temps vu nos déboires. Un soupir s’échappa de mes lèvres, au moins ça avait valu le coup. Maintenant que mon delta’ était partie en miette j’allais de nouveau devoir amasser des sous. Quitte à le changer, autant prendre la gamme supérieure.

« Tu sais, si tu voulais me trouver, suffisait de demander à Arabella. Pas la peine de me faire de la publicité de part en part. »

Je me suis assise à côté d’elle sans lui serrer la main ou quoi. Pas besoin de jouer les retrouvailles. Mon manteau se retrouva bien vite à traîner sur le siège à côté de moi et une choppe devant moi, le barman n’avait pas eu besoin de l’affiche pour me reconnaître : ça faisait déjà plusieurs jours que j’étais ici.

« Je suppose que c’est pas pour ma compagnie que tu me cherchais ? »

Je ne suis pas d’humeur à tourner en rond, même si je ne le suis jamais vraiment.



Gwen parle en #0033ff
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 24 Aoû - 13:37
Irys : 319940
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
En voyant son ancienne coéquipière, Sakari fit un coucou de la main, qui resta sans réponse. Toujours aussi professionnelle. Elle lui présenta la lettre de Chyluun. Mieux valait ça que d'expliquer elle-même, ce qu'elle ferait sans doutes moins bien que son patron. Quoique, pour être exact, elle lui donna l'enveloppe avec la lettre et les irys.
« En gros le paiement est similaire à la fois précédente, au prorata de la valeur de revente des prises. Vu le coût de ces armes, ça devrait être intéressant. Pour la tactique, on fait simple : tu m'aides à les repérer, on les tue tous et voilà. »

Petit blanc. Sakari sentit à la gêne manifeste de son interlocutrice qu'elle allait devoir détailler.
« Bon en fait, tu dois connaître Zulhause plus que moi. Donc tu m'aides à les repérer, si possible on les attire hors de la ville, pour éviter les ennuis, et on les tue. »

Non, décidément, ce n'était pas encore ça. Mais même en creusant plus, Sakari n'arrivait pas à trouver un plan plus détaillé. Déjà, quand elle était à la chasse à Nunaqortoq, ça ressemblait à ça : on les trouve et on les tue. Il faut dire aussi qu'elle avait bien plus tendance à improviser sur le moment. Les plans, il y a toujours un truc qui les fait foirer si on les planifie trop et du coup plus personne sait quoi faire vu qu'on a vidé son cerveau à la conception.

D'ailleurs, bien qu'elle parlait quand-même assez peu fort, elle ne faisait aucun effort pour dissimuler ses intentions. Vu que dans cette ville, il semblerait qu'il suffise de demander à voir un truand pour qu'il nous trouve, il suffirait aussi sans doutes de laisser entendre que deux jeunes femmes cherchaient à massacrer des contrebandiers gardant un gros tas de fusils pour que ce soient eux qui les trouve, et non l'inverse, ce qui serait bien plus aisé pour les tuer.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Dim 27 Aoû - 10:21
Irys : 950878
Profession : Voleuse
Daënar 0
Pour toute réponse, elle me file une lettre de Chyluun. Je la parcours donc rapidement des yeux. Hmm, ils veulent s’acharner sur les contrebandiers, pourquoi pas. Ce n’est pas eux qui iront se plaindre aux autorités pour une cargaison volée par contre ils sont plutôt rancunier. Donc soit on ne se fait pas prendre soit on laisse personne de vivant avec notre image en tête. En tout cas, les irys pourront servir à graisser quelques pattes. C’est pas une énorme avance mais ça devrait faire l’affaire.

« En gros le paiement est similaire à la fois précédente, au prorata de la valeur de revente des prises. Vu le coût de ces armes, ça devrait être intéressant. Pour la tactique, on fait simple : tu m'aides à les repérer, on les tue tous et voilà. »

« On » les tue, vu comment ça c’est passé la dernière fois, il est plus probable que la mercenaires les massacres tous. Ma mine est quelque peu dubitative fasse à sa stratégie : c’est simplifié au maximum ! Et c’est quoi cette discrétion nulle ?! Elle veut qu’on se fasse arrêter ?! Je lui réponds d’une voix beaucoup plus basse après qu'elle eut rajouté un peu de bon sens à son idée.

« Bon en fait, tu dois connaître Zuhause plus que moi. Donc tu m'aides à les repérer, si possible on les attire hors de la ville, pour éviter les ennuis, et on les tue.

-Pas tant que ça. Mais comme tu le sais j’ai un contact ici. Il y a moyen qu’elle nous fasse passer pour les acheteurs si on laisse personne de vivant derrière. Après on pourra choisir l’emplacement. Si tu en as un en tête qu’on prépare le terrain, s’ils acceptent de nous laisser choisir le lieu... »

Évidement Arebella prélèvera sa part. Mais si on veut les trouver vite, je ne vois pas d’autres solutions. Je l’abandonne là pour partir voir mon « entremetteuse » dans ce type d’affaire. Il me faut bien trois heures avant de revenir dans l’auberge. Le temps de mettre la main sur mon ainée, de la convaincre et de négocier le prix. Une fois de retour, j’annonce le résultat à ma partenaire.

« Ça roule, le plan est lancé. Elle nous enverra une note dès que les vendeurs auront acceptés et que le rendez-vous sera fixé ! Bien sûr, ce n’est pas un service gratuit… »

Le sous-entendu est clair, le prélèvement ne se fera pas que sur ma part. Après tout, ça nous aide toutes les deux.

«Si il y a besoin de matos, c'est le moment de l'acheter du coup.»

Je n'ai pas d'idée spécifique en tête mais c'est pas moi l'experte en élimination de vermines. Mieux on sera préparé, mieux se déroulera l'action par la suite dans tous les cas. C'est au tour de Sakari de prendre les choses en main.



Gwen parle en #0033ff
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Sakari Naasoqineq
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Lun 28 Aoû - 21:38
Irys : 319940
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
Quelle efficacité. Impressionnant. Vraiment, Sakari avait encore une fois de la chance d'avoir une telle coéquipière. Elle qui appréciait le professionnalisme, elle était servie.
Avant qu'elle parte, Sakari lui donna quelques indications :
« Idéalement... Il faudrait un coin paumé dans les bois. Pour étouffer le bruit des pistolets, pouvoir préparer le terrain tranquillement, et être éloigné de la ville. Si je me souviens, à vingt minutes de marche de la porte sud, vers l'est, il y a un coin pas trop mal, dans un bosquet. Bon, il est pas très touffu, mais c'est déjà pas trop mal. »


Pendant l'absence de Gwen, elle partit acheter deux bâtons de dynamite et un briquet. Juste au cas-où. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Ce ne fut pas aisé de trouver un magasin en proposant, mais en se promenant en ville l'autre jour, Sakari était tombée par hasard sur une échoppe de bricolage et de revente de surplus utilisés dans les mines qui en proposaient. Certes, il est un peu ridicule de proposer de la dynamite en surplus, car c'est exactement le genre de marchandises qu'on a jamais en trop, et quand bien-même, qu'on peut utiliser rapidement. C'est le cas de le dire. Mais celles-ci, ce qui expliquait leur prix modique, avaient un défaut de conception : la mèche était trop courte. Et il coûtait plus cher de les réparer que d'en fabriquer d'autres. Elle prit aussi du fil et un flacon de pétrole. Ça brûlerait bien moins bien que la mèche de base, mais justement, comme ça les bâtons ne lui péteraient pas au visage.

Quand Gwen revint et annonça qu'il y aurait des frais, Sakari répondit le plus naturellement du monde :
« J'enverrais la note à Chyluun. »
Et quand il fut question du matériel, une nouvelle idée lui vint à l'esprit :
« Tu connais un endroit où ils vendent des pièges à loup ? Ou à ours ? Et il te faudrait un pistolet. Et à moi aussi, un second ne sera pas de trop, hihihi. »

Ces quelques emplettes faites - et placées sur la note de Chyluun -, elles purent commencer à penser à un plan.
« On leur dit de venir ici, on mine le terrain, tu attends au sol, moi en haut d'un sapin, je leur tombe dessus, et on les tue. Tu en penses quoi ? »
Il va sans dire qu'elle avait mis toute sa sophistication dans ce plan.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Nätchakar la Gâchette
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Mer 30 Aoû - 22:14
Irys : 274954
Profession : Bandit
Daënar -1
Quelqu'un frappait à la porte par petits coups. Dans le code de Zuhause, cela signifiait la venue d'un indicateur ou d'un renseignement quelconque, pourtant, autour de la table de poker, les regards se firent plus sévères. Le code était partiellement connu des forces de l'ordre et on soupçonnait toujours que ça soit un mauvais coup de la maison Poulaga.

Doucement, Nät' sortit son revolver, imité par ses compères, puis il se dirigea lentement de l'entrée, une simple porte en bois renforcé pourvue d'un œil de bœuf. En un sens, une descente de milice ne lui aurait pas déplu, il avait déjà perdu 1500 irys en seulement deux parties et l'arrêt des frais ferait plaisir. A la place, son regard se posa sur ce genre de petits être fourbes, ceux dont on sentait que la vie honnête n'était pas fait pour eux. D'un autre côté, leur apparence simplette et passe-partout ne leur donnait que peu de passe-droit pour les plus hautes fonctions du crime. Alors on les utilisait comme mouchards, indicateurs, espions, traîtres. Un métier assez dangereux, mais généralement suffisamment bien payé pour pouvoir se permettre une retraite dorée au bout de quelques années... S'ils survivaient jusque là.

En l'occurrence, il s'agissait de Discret. Un nom de code qu'il s'offrait à lui-même, sans vraiment le démériter d'ailleurs. Son corps moyen, son visage moyen, ses habits moyens, sa démarche moyenne, sa voix moyenne, son habileté moyenne... Tout en lui était si commun qu'on l'aurait confondu avec n'importe qui d'autre. Ainsi il était une fois parvenu à espionner pendant deux heures une patrouille de miliciens sans que personne ne s'aperçoive de sa présence. A vrai dire, dans le milieu, on craignait qu'il nous suive, tant nos chances de le repérer étaient minces.
Enfin! Rassuré, le bandit lui ouvrit la porte, accueillant la voix par trop sérieuse de son interlocuteur.


-"Salut Didi. Qu'est-ce qui t'amène?"

L'individu épousseta son vieux veston ainsi que son chapeau, nonchalant alors que la porte se refermait derrière lui.

-"C'est pour la transaction, Gâch'."

-"Parc'que c'toi qui t'en occupes maint'nant?"

Le petit homme laissa s'échapper un soupir et passa un regard blasé sur les caisses ouvertes et les armes sorties. Il devait y en avoir pour équiper un petit régiment sans compter la mitrailleuse lourde. Fronçant les sourcils, il se tourna vers son interlocuteur. Son ton se voulait dur mais il n'y arrivait qu'avec peine.

-"Devriez avoir tout rangé avant demain matin. Ca se casse à la première heure. Et vous accompagnerez."

Nätchakar leva une arcade. On l'avait prévenu qu'il faudrait veiller sur la cargaison jusqu'au lendemain, mais pas aider à l'escorter ensuite...

-"Ca part à la gare direction plein Sud. Les papiers sont d'jà fait d'après le chef. On viendra les chercher vers sept heures. Le train part à huit heures trente, à un buck près hein, les trains c'pas une science exacte."

-"Et j'suppose qu'il y a gros risque d'attaque hein?"

Discret se pinça l'arête du nez et posa sa main sur l'épaule de La Gâchette.

-"Gâch, Gâch, Gâch... Malgré ton nom de scène t'es un peu long à la détente. Tu vois ce tas de ferrailles? Avec ça tu peux mettre le feu à la plus grande banque du Tyorium. Tu peux tenir tête à la milice de Zuhause, tu peux te pointer chez les mages et faire tellement de victimes qu'ils se chieront dessus en racontant ta légende. Tu te doutes bien qu'on doit avoir la moitié des collègues de la ville qui vont vouloir notre peau, hein? Allez, sois gentil et remballe-moi ce bordel. On viendra te voir demain matin, promis. Si t'es encore vivant à midi, tu pourrais te payer toutes les putes de Zuhause rubis sur ongle, et vous autres pareil!"

Saluant rapidement sous les regards d'un Nätchakar qui changeait de couleur pour taper dans le rouge vif, Discret s'en retira, fier de son petit discours. Le pied propulsé par son notre héros le frappa direct dans le popotin, l'envoyant voler dans la neige avant que le bandit ne claque la porte. Ses acolytes déglutirent: quand Gâch' se mettait dans un état pareil...

Poliment, un d'entre eux lui rempli et tendis un vert d'eau-de-vie, Nät le remercia puis attrapa la bouteille, laissant son collègue coi.

La nuit allait être longue.



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Gwen Feien
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Dim 3 Sep - 12:12
Irys : 950878
Profession : Voleuse
Daënar 0
La réponse ne se fait pas attendre et est évidement positive. Guère surprenant connaissant les méthodes de la mercenaire.

« Tu connais un endroit où ils vendent des pièges à loup ? Ou à ours ? Et il te faudrait un pistolet. Et à moi aussi, un second ne sera pas de trop, hihihi. »

« Les pièges ce n’est pas trop difficile d’en trouver, des chasseurs de grosses bestioles ça ne manque pas dans le coin. Par contre, ils ont plus des gros calibres. Si tu en veux un ne te gène pas mais à moins que tu veuilles que je me tire dans le pied, je m’en passerais. Je n’ai pas le temps d’apprendre à m’en servir. Et t’inquiètes pas je serais efficace avec mes dagues, c’est tout aussi mortel et bien plus silencieux ! »

Une fois cela dit, je l’entraîne dans les rues glacées de Vereist. Comme prévu, le vendeur ne pose pas de question devant nos emplettes. Il n’y a pas que les hommes qui chassent dans le coin et si ma silhouette peut paraître bien fine pour une traqueuse, Sakari est là pour donner le change. Les pistolets par contre c’est moins évident, il fait ces manières le type, insistant sur la beauté d’un fusil et des améliorations disponibles. Rien qu’un peu d’insistance ne parvienne à lui faire comprendre. Sympathique, le bonhomme nous vend même le sac permettant de transporter les quatre pièges bien ficelés pour éviter tout incident. Une fois cela « en poche », nous voilà de retour dans le froid, la discussion peut reprendre :

« On leur dit de venir ici, on mine le terrain, tu attends au sol, moi en haut d'un sapin, je leur tombe dessus, et on les tue. Tu en penses quoi ? »

Son idée même si elle n’est pas très élaborée peut fonctionner, faire simple à ses avantages et vu qu’il est probable qu’on soit en sous-nombre, il faut absolument les piéger et les prendre en embuscade. Malheureusement je n’ai ni le temps d’élaborer ma réponse ni n’avons nous le temps d’atteindre l’endroit dont à parler Sakari, ou même sortir de la ville, qu’on se fait accoster pas un gars tout pantelant.

« Ah, vous voilà ! Je dois vous remettre ça ! »

Il me file une mince note avant de repartir toujours en courant. J’ouvre et reconnaît sans surprise l’écriture d’Arabella. Son message quant-à lui m’étonne :

Ses mufles on REFUSÉS ! Je compte sur toi pour le faire regretter. Je n’ai pas mis longtemps pour apprendre qui m’a doublé et ou va le chargement. Il doit partir par le train du matin vers le sud
Si je suis au courant d’autres le sont probablement, soit prudente !


Évidemment ce n’est pas signé. Il n’y en pas besoin et laisser son nom sur des papiers incriminant n’est jamais une bonne idée. Je passe sans dire un mot la note à ma partenaire. Changement de plan. C’est le train qui va être piégé. La question est : détourne ton le train en chemin ou faisons nous le travail à quai ? La seconde option serait plus discrète et à ce moment là les charognards se seront sûrement taper les uns sur les autres…

« Je te propose qu’on embarque dans le train et qu’on détache le wagon où sera chargée la marchandise en cours de route. Va falloir faire un tour à la gare pour cuisiner un des cheminots et récupérer un max d’infos pour demain ! »

Savoir où piéger pour faire ça de façon efficace quoi ! Et aussi pour embarquer discrètement… Si ma collègue en est capable.



Gwen parle en #0033ff
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Sakari Naasoqineq
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Lun 11 Sep - 14:39
Irys : 319940
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
L'achat du pistolet avait été difficile. Sakari avait une petite expérience des armes à feu, existence passée à Aildor oblige, mais choisir un outil qui allait faire la différence entre sa vie et sa mort mettait une certaine pression. Elle finit par opter pour un fusil de chasse au canon scié aimablement par le vendeur. Il serait plus utile à courte portée. Elle en profita au passage pour l'enrober dans une étoffe de laine grossière, moins pour le dissimuler que pour masquer le bruit qu'il ferait, et cela moins par souci de discrétion que par souci de protection de ses oreilles. Le bruit que ça faisait, cette saleté.

Pour ce qui fut des pièges, après un examen très minutieux de sa part, qui importuna presque le vendeur, elle envoya le sac les contenant sur ses épaules.

Par contre, quand on lui apprit que le combat se déroulerait finalement dans un train, Sakari se décomposa sur place. Un combat en intérieur passait encore. Un combat en intérieur sans possibilités de fuite dans un espace en mouvement passait subitement moins. D'un autre côté, l'idée de Gwen lui semblait tout à fait viable.
« Cuisiner des cheminots... t'es sûre de ne pas être allé à Aildor des fois ? Enfin bref, si par là tu veux dire leur soutirer des informations, ça me semble bien. On n'aura pas l'avantage du terrain, par contre, vu que des pièges dans un wagon à marchandises, même si je n'en ai jamais pénétré, ça doit se voir. Je leur trouverais une autre utilité. Je te propose ceci : on s'invite dans le wagon arrière, tu remontes le train l'air de rien, je te suis, pareil. Les wagons de marchandises c'est plutôt à l'arrière. Je crois. Il me semble bien. Dès qu'on a localisé nos ennemis, je passe par le toit, détache le wagon, ce qui va couper leur possibilité de fuite vers l'avant. Puis on les tue. Ou alors on attend jusqu'à l'arrivée, mais ça risque de provoquer la police locale. Quoique moins que de saboter une ligne de chemin de fer. Je suppose. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Nätchakar la Gâchette
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Sam 16 Sep - 16:25
Irys : 274954
Profession : Bandit
Daënar -1
Le matin pointait et Nätchakar émergeait à peine, réveillé dans son mauvais sommeil par les coups de marteau d'un compagnon sur les caisses en bois. Chacun avait dormi, à tour de rôle. De moins en moins sages, les bandits avaient sans doute vus tous les modèles de fusils, de pistolets et détaillés si proprement la mitrailleuse qu'ils auraient pu la reconstruire... Mais toute bonne chose avait une fin: les patrons n'allaient pas tarder, il fallait tout remballer.

Evidemment, il manquerait un pistolet ou deux et, avec un clin d'œil complice, le Gros Guy embarquait un fusil à répétition, une arme d'un genre nouveau et qui coûtait une fortune. Notre héros préférait ne pas savoir comment des contrebandiers avaient bien pu obtenir une technologie pareille... Il était même surprenant que la Milice ne soit pas encore là!
En tout cas, quand à l'aube on frappa à la porte, tout le monde était prêt. Ils étaient en tout une vingtaine, en comptant les équipiers de la Gâchette et lui-même. Une forte troupe, trop forte pour un simple transport de marchandises, mais à cette heure-ci il n'y aurait pas ou peu de passants ou de flicaille, alors autant en profiter...
Le déménagement fût difficile, il fallait se mettre à trois ou quatre hommes pour déménager une seule boite et on en comptait plus d'une demi-douzaine! Faut voir que Discret ne rigolait pas en disant qu'avec ça on pouvait tenir un siège... Que ces armes soient utilisées par un même groupe ou vendues à différentes bandes, elles allaient faire du bruit.

Les deux chevaux qui tenaient le chariot hennirent de concert sous le poids. Qu'importe! Ils pouvaient tenir bien plus. La charrette s'ébroua et chacun attrapa son arme silencieuse fétiche. La plupart avait des couteaux, quelques uns avaient des matraques. On voulait à tout prix éviter les tirs, c'était le meilleur moyen de faire annuler le départ du train et de rameuter une troupe d'hommes-d'armes qui se chargeraient d'éliminer la menace...

Les autres malfrats ne se firent d'ailleurs pas priés. A plusieurs coins de rues, dans les petites artères, on voyait des ombres qui se déplaçaient, ce qui inquiétait la troupe. Dans moins de cinquante mètres ils arriveraient à un croisement tranquille, un peu éloigné du centre-ville, la dernière étape avant la gare... C'est là que tout se jouerait.

Ca ne manqua pas.

A peine le groupe eut-il quitté le boulevard pour rentrer dans un quartier résidentiel qu'une vaste armée de brigands, gredins, voyous et canailles en tout genre. La mêlée ne tarda pas à devenir générale: on se tabassait, se cognait, se massacrait sans distinction. Là, un homme prenait un coup de canne plombée, là un autre finissait à terre, assommé d'un coup de bâton, là encore, un autre quittait le champ de bataille, un coup de couteau dans la hanche.
Echappant à un poursuivant, Nät sauta sur le chariot, déjà abordé par d'autres camarades. Les chevaux prirent peur devant le bruit et la pagaille et foncèrent droit devant eux. Il fallut toute les prouesses du cocher pour les empêcher de renverser la carriole et pour les ramener sur le bon chemin.

Il était 7h30 quand le groupe, désormais composé de cinq personnes, arriva aux abords du train... On commençait déjà à le charger et les employés du chemin de fer montaient le fret pendant que les voyageurs prenaient place dans leurs wagons.
Ici, on ne viendrait pas les chercher, trop risqué, la gare était surveillée et proche d'une planque de miliciens...

On commença à décharger alors que quelques hommes encore en à peu près bon état arrivaient. C'était gagné, pour cette fois.


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Gwen Feien
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Mer 20 Sep - 18:21
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Profession : Voleuse
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Quelle drôle de question ? Ils n’ont sûrement pas de cheminot là-bas… Pour le reste, je suis plutôt d’accord. La reconnaissance nous permettrait d’infirmer ou confirmer nos hypothèses. J’aime bien travailler avec Sakari, si ça devient souvent sanglant, on ne tourne pas autour du pot. Rien d’aussi alambiquer qu’avec M.Strauss ! Il faudra tout de même que je monte dans un train de marchandise ce soir que je me fasse une idée des coins de replis. Surtout si je me retrouve seule contre plusieurs même avec l’avantage que j’aurais dans un couloir étroit.

« On est d’accord alors ! On peut se mettre en route avant de prendre un bon repos. Demain, il faudra se lever tôt si on veut être là-bas avant eux. »

Sur ce je m’avance d’un pas décidé vers la gare. Une bonne vingtaine de minute est nécessaire pour l’atteindre. La soirée est déjà bien avancée mais pas assez pour que le lieu soit désert. Des gens patientent pour le dernier train tandis que d’autres traînent là. Des pickpockets quoi. Parfait, moins de chance qu’on nous repère ou qu’on se rappelle de nous. Je me tiens un moment un poil en retrait du quai et des gens qui attendent. Le temps de trouver un cheminot qui fasse l’affaire. Au pire ce sera le mec de l’accueil : il finit dans moins d’une heure.

Ou alors, ce train qui est mis de côté, « rangé » sur la troisième voie, celle la plus éloignée du public. Je la montre à Sakari et lui fit signe de me suivre. On pourrait faire d’une pierre deux coups ! Je prends garde de ne pas traverser devant la masse agglutinée, pas la peine d’attirer l’attention sur nous. Personne aux alentours, je remonte à pas de loup le long du train, du côté du vide pour intercepter le conducteur à sa sortie de cabine sans être vu par des témoins gênants même si je n’ai pas de mauvaise intention. C’est juste au cas où ça tournerait un peu mal ou qu’il se montre pas assez bavard…

Nous serons vite fixé, voilà qu’il met pied à terre. Pour l’instant, il ne nous à pas encore vu. Il nous fait dos. Pas bien grand le bonhomme, les cheveux grisonnants sous sa casquette, un peu voûté. La cible parfaite à priori.

HRP:
 



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Sakari Naasoqineq
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Dim 24 Sep - 0:46
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Profession : Homme de main
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Arrivé à la gare, Sakari suivit Gwen, en essayant de se faire remarquer le moins possible. Quand il fut question de mener un interrogatoire sur un agent des chemins de fer, elle se sentit obligée de faire valoir ses arguments, en la présence d'un « Hép, monsieur ! » suivi d'une main sur la bouche et de l'autre sur le torse, d'une poussée contre un mur du train pour éliminer toute fuite et d'un regard clairement hostile, mais à l'agressivité mesurée, d'un geste rapide sortant l'énorme couteau de sous un pli de manteau, puis de quelques paroles prononcées doucement et lentement. Portez un gros couteau et parlez doucement, vous irez loin, disait le chef de la tribu.

« Chuuut... Tu reverras ta bourgeoise ce soir si tu veux bien m'accorder deux minutes. Tu n'as rien à voir avec ceci, tu vas d'ailleurs tout oublier dans cinq minutes. J'vais pas t'interrompre longtemps. Okay ? On fait comme ça ? »
-Pas qu'j'ai l'choix...
-Ah, ça non, c'est clair. Bon, alors, on va commencer par une facile : combien de wagons dans ton train ?
-Vingt-deux.
-Tu dis pas : « madame » ? Je sais que bon, j'en ai pas trop l'air mais quand-même,
hein. »


Il loupa un battement de cœur. Sakari se retint de ne pas pouffer comme une gamine.
« Désolée, c'était méchant. Bon, on reprend. Combien destinés au fret ?
-Mm... Seize, ouais, c'est ça.
-D'accord. Et combien sont vides, et sont prévus pour le rester, jusqu'au départ ?
-Quatre, si j'me souviens bien.
-Leurs numéros ?
-Les quatre derniers.
-D'accord. Merci mon gars. Si ça te dérange pas, j'aimerais que tu ailles prendre une pause café. Loin.
-Bin ça, c'est la première fois que je ferais plaisir à quelqu'un en prenant une pause.
-Holàhée, on est pas amis pour autant. Aller, file. »

La chose faite, elle se tourna vers Gwen.
« Bon, ça, c'est fait. Je te propose de piquer sa boîte déjeuner qu'il a sûrement dû laisser dans la cabine et d'aller se pieuter dans le septième wagon en partant de l'arrière. »
Éclair de génie.
« Maintenant que j'y pense, y'aurais pas moyen que tu nous fasses suivre ? Demande juste à ta contact de nous louer un petit dirigeable qui suivra le train. Ce sera plus pratique que se les trimbaler sur leurs immenses ponts, là. Dis-lui que je me charge de payer la location. »
Il fallait comprendre ; Chyluun se chargerait des frais excédentaires.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Jeu 28 Sep - 8:10
Irys : 950878
Profession : Voleuse
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Évidemment, Sakari y va de la manière forte et directe. Au moins si le bonhomme a fait sur lui, il a répondu à toutes les questions. Les seules qui nous intéressent. Je ne prends donc pas la parole restant en retrait, à faire le guet. Je suis légèrement surprise quand elle le laisse partir sur ses deux pattes avec encore un souffle à exhaler. Je suis sceptique et s’il blablatait ? Pas comme s’il a grand-chose à dire mais quand même…

« Ce sera pas la première que j’aurai chouré ! »

Mais il faut dire que dernièrement j’ai plus tendance à payer mon repas et voler des choses plus intéressantes. Sauf si c’est une tourte traînant sur une fenêtre : qui pourrait y résister ?! Je monte donc dans la cabine avant, trouve sans peine un petit panier contenant la nourriture. Le temps que je saute du wagon de tête la mercenaire a eu une idée surprenamment prévoyante. Je suis choquée de ne pas y avoir pensé ! Cependant je ne suis pas convaincue que ce fut possible dans les temps impartis. Dans le meilleurs des cas il viendra après la bataille. Enfin, qui ne tente rien n’a rien.

« Je te laisse ça du coup. Garde m’en un bout. Je serais de retour dans une petite heure je pense ne me tire pas dessus quand je reviendrais ! »

Sur ce je file dans la nuit pour retrouver pour la deuxième fois de la journée Arabella. J’eus de la chance qu’elle soit à sa demeure et pas de sortie. Grâce à la frustration du refus des malfrats, je n’eus pas besoin de beaucoup argumenter pour obtenir son aide. Malheureusement, comme je le pensais le transport ne serait pas de la plus grande qualité ni immédiate comme elle me l’annonça clairement. Je ne suis pas vraiment en position de faire la fine bouche. Cette mission a intérêt d’être un succès si on veut rentrer dans nos frais, que Chyluun paye l’addition ou non !

Le wagon n’a bien sûr pas bougé de place et ma collègue est bien présente à mon retour ainsi que ma maigre pitance. Je l’engouffre tout en l'informant du résultat de ma requête avant de plonger dans un sommeil léger. Même en « été » il ne fait pas trop chaud à Vereist et encore moins dans ce wagon fait de métal.

La grasse mate n’est pas pour aujourd’hui après une petite nuit, les préparatifs s’imposent. Déjà prévoir grâce à la lumière du jour où se planquer dans le wagon en cas de contrôle puis se positionner pour observer leur arrivée. Je laisse Sakari faire ce qu’elle souhaite avec ses pièges.

Vers sept heures le train est déplacé mis à quai pour recevoir marchandise et passager. À travers le bruit, on distingue à peine les coups de feu au loin. Par contre, quelques dizaines de minutes plus tard je ne manque pas de remarquer le groupe arrivant à bride abattu pour embarquer dans le train. Quelques regards se tournent vers eux même si dans l’ensemble les personnes présentes sont plutôt pressées de monter à bord, ce sont les retardataires. Notre wagon déjà rempli est bien sûr resté non-concerné par le chargement des marchandises. Le contrôle des miliciens se fait strict, je me demande si c’est dû à notre agression de la veille.

Enfin, je suis soulagée de voir que la cargaison visée n’est accompagnée que de cinq personnes. Je ne les distingue pas bien à cause du monde entre nous, principalement des miliciens en train de leur parler. Mais je vois clairement deux bonhommes les rejoindre. Ceux suivant la marchandise jusqu’à la prochaine gare ? Je regrette presque de n’être pas descendu pour laisser traîner mes oreilles. Il faudra patienter pour voir ce qu’il se passe et attendre que le train se mette en marche pour passer à l’action...



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Nätchakar la Gâchette
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Lun 9 Oct - 0:39
Irys : 274954
Profession : Bandit
Daënar -1
La lourde cargaison était enfin complètement rentrée et les hommes suaient à grosses gouttes. Ces trucs pesaient au moins une tonne chacun! La ferraille militaire avait tendance à s'empiler un peu trop bien... Enfin! Tout était fini et Nätchakar rêvait déjà de son matelas et de sa couverture douillette. Celui qui passait pour être le chef de la petite escouade de huit hommes, La Gâchette compris, s'adresse d'ailleurs à ce dernier, agitant dans sa main un billet de train.

-"Alors Gâch', on a une place de trop, si j'compte bien. Ca te dirait d'nous suivre jusque dans le Sud? Côté Alexandria qu'on va! C't'un peu long, mais y'aura une belle prime en plus à l'arrivée..."

Le bandit se gratta la barbe. Descendre dans le Sud pour l'hiver faisait certainement envie, mais il préparait quelques plans pour tuer le temps et les abandonner d'un coup serait à la fois trop difficile et trop risqué... De là à ce qu'un ami pense qu'il le double, il n'y avait qu'un pas, dans le milieu du crime. Et on avait bien du mal à esquiver la balle qui venait dans le dos...

-"Désolé les gars... J'ai à faire dans l'coin et pour le moment j'vous juste me pieuter. Paye-moi c'que tu me dois et j'me tire."

Un peu vexé, le bonhomme sortit d'une poche une petite liasse d'irys qu'il laissa négligemment tomber dans la main du pillard. Après avoir souhaité bon voyage à tout le monde, Nätchakar rentra chez lui, évitant soigneusement les ruelles encore ensanglantées par les affrontements. Une fois arrivé, il alluma son réchaud et se laissa tomber sur son lit.

Enfin un peu de repos!


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Sakari Naasoqineq
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Ven 13 Oct - 17:35
Irys : 319940
Profession : Homme de main
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Cinq... non, quatre. Mais c'est parfait ! Sakari avait embarqué avec elle trois pièges, 24 balles de pistolet et 30 de fusil, soit plus qu'il n'en fallait. Alors que le train se mettait lentement en branle, elle quitta son petit poste d'observation - un interstice dans la coque - et s'assit en tailleur, devant Gwen.
« Quatre pégus. Mais ils ont l'air à cran. Et poursuivis. Je te propose d'attendre deux bonnes heures, puis on remonte le train. Dès qu'on est proche d'eux, je sors, passe par le toit, du coup on les encercle, je coupe le lien entre leur wagon et le train, puis on les tue. »
Le désavantage, ou l'avantage c'est selon, c'est que le plan de Sakari pouvait très facilement s'adapter aux légers revirements de situation. Cela tenait sans doutes à sa finalité somme toute assez simple.

Après deux heures, les deux compagnonnes avancèrent avec précaution vers l'avant. Les trains daënars avaient ceci de pratique qu'ils permettaient, grâce à un hublot placé sur les portes reliant les wagons, d'observer l'intérieur avant de s'y engager. Mais elles préférèrent regarder par le chas de la serrure, afin d'éviter qu'on ne les voie. En parlant de serrures, elles sautèrent vite, ou bien grâce aux efforts de crochetage de Gwen, ou bien grâce au couteau de Sakari. Assez vite, elles arrivèrent devant le wagon ennemi. D'autant qu'on pouvait en voir, les quatre étaient sur leurs gardes.

Dans le wagon précédent, Sakari et Gwen aménagèrent avec quelques caisses presque vide un sorte de petite cache où se replier et s'abriter si ça tournait mal.
« Bon, c'est l'moment. T'sais quoi ? Je vais te filer mes pièges. Je t'explique comment ça marche. Pose-les au sol. Appuie fort sur les deux mâchoires, voilà, comme ça. Active le déclencheur au centre. C'est bon. Tout ce qui le frôlera sera haché. Mon idée, quand j'ai su qu'on serait en train... c'était de leur balancer à la gueule depuis les trappes d'évacuation sur le toit des trains. »
Elle arborait un immense sourire.

« Alors voilà le plan. Là, y'a un gros sac de sciure, on va l'étaler au sol, placer deux pièges activés dedans, puis tu vas grimper en haut avec un piège activé et leur lâcher dessus. Moi, j'vais aller détacher le wagon, puis je reviens, je me planque derrière notre abri, quand t'as lâché le piège, je fais tout un tintamarre au fusil pour qu'ils se pointent, et y'en aura encore quelques uns qui vont avoir une sale surprise. Et s'il en reste, toi qui est en haut, tu devrais pouvoir t'infiltrer à l'intérieur, prendre une mitrailleuse ou je-ne-sais quoi et la vider sur leur gueule. T'en penses quoi ? »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Mer 18 Oct - 11:09
Irys : 950878
Profession : Voleuse
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Les choses ne se goupillent pas trop mal pour l’instant. Je suis d’accord avec la mercenaire, mieux vaux agir de deux côtés, avec l’avantage de la surprise on devrait s’en sortir. Il ne faut surtout pas leur laisser le temps d’accéder à l’arsenal qu’il gardait. Et isolait les wagons de marchandise avait toujours fait partie du plan. Pendant deux heures, je n’avais donc rien d’autre à faire qu’observer le paysage défiler. Aucun préparatif à faire pour l’instant, juste patienter.

À l’heure dite comme prévu, on se mit en marche. Ouvrant les portes sans difficultés et prêtant attention à ne pas se faire voir par les hublots par les mercenaires, les seuls présents en file de train. Un avantage indéniable pour notre mission. Les passagers auraient été une sacré épine dans le pied. On s’arrête à l’orée de leur territoire pour préparer une zone dont nous aurons le contrôle et pour se mettre bien d’accord sur notre marche à suivre.

« Ça me semble faisable, même si on en aura pas deux comme ça. »

Et puis, au niveau timing faudra pas se planter. Ni se faire repérer au moment de l’ouverture. Une opération délicate sur un train en mouvement. Mais je pense pouvoir le faire. La discrétion, ça me connaît. Si je ne lui rends pas son sourire j’acquiesce en attendant la suite, parce qu’il y en a une évidemment.

« Tant que tu détaches ce wagon aussi dans le lot ça devrait marcher. Par contre, la mitrailleuse c’est pas pour moi sauf si tu veux prendre des balles perdues ! D’ailleurs évite de tirer en l’air tout à l’heure. »

Je ne lui demande pas comment elle saura que j’ai lâché le piège, même en train je pense que leur réaction se fera entendre du wagon d’à côté. Il faudra que je sois particulièrement attentive à ne pas me faire trouer la peau ! La sécurité a beau leur avoir pris leurs armes sur eux au moment de l’embarquement, ils sont montés avec des caisses pleines d’armes.

Le plan aussi au point qu’il le serait jamais, j’embarque le piège non activé pour le déplacement dans un sac et je grimpe depuis notre wagon sur le toit. Prudemment et plus lentement que sur le sol ferme je m’avance jusqu’à sa limite. Je jette un coup d’œil vers l’avant pour vérifier qu’aucun virage ou mouvement intempestif ne risque de venir me déstabiliser et je saute. Pour atterrir de façon pas très élégante mais qu’importe, je suis au bon endroit et en vie. J’avance jusqu’à la trappe et observe le couloir sous moi. Personne sous l’ouverture mais ça ne tarderait pas. Crocheter la serrure du cadenas est un jeu d’enfant. J’arme le piège avant d’ouvrir rapidement la trappe en me plaçant sur un côté parallèle du battant. Le vent qui s’engouffre maintenant dans l’habitacle ne manque pas d’attirer l’attention des gardes, comme prévu. M’étant aplatie pour ne pas être visible, le garde intrigué ne prend conscience de ma présence que trop tard, le piège déjà en bonne route vers sa tête. Les réactions des trois autres ne tardent pas et les coups de feu ainsi que les cris fusent, j’espère que Sakari est bien en position !

Malgré ma rapidité à reculer, je sens une douleur me traverser le ventre. Pour l’instant je ne peux rien faire si ce n’est sortir mes dagues pour riposter dès que leur attention serait ailleurs. Et supporter la douleur...



Gwen parle en #0033ff
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 19 Oct - 21:36
Irys : 319940
Profession : Homme de main
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Comme Gwen acceptait le plan, Sakari commença les préparatifs. Elles purent aménager un abri assez solide pour résister aux balles en empilant plusieurs caisses, répandirent la sciure, planquèrent les pièges.
« C'est à que ça devient sportif. »
Une teinte de lassitude était perceptible. Il faut dire que l'épreuve qui allait suivre était assez exigeante physiquement, et pas passionnante pour un sou.

Sakari sortit par la porte arrière, grimpa à l'échelle de secours et rampa lentement mais sûrement sur le toit. C'était trop risqué de grimper directement par l'interstice entre wagon et celui des ennemis, car ils pourraient la voir par le hublot. Gwen put donc entendre quelques bruits qui résonnaient et marquaient la progression de sa collègue. En arrivant au niveau du premier trou la séparant du wagon où se terraient leurs ennemis, elle profita d'un léger virage qui réduisait le précipice pour le franchir sans trop de bruit, et reprit sa progression. Elle fit tout son possible pour éviter le moindre bruit qui résonnerait dans le wagon du dessous et trahirait automatiquement sa progression. C'est donc après s'être mangée plus du vent, de froid et de lumière du soleil matinal qu'il n'en fallait que Sakari parvint enfin à se glisser dans l'interstice entre le wagon des ennemis et celui qui suivait mais était inoccupé. Là, elle prit quelques minutes pour souffler.

Le mécanisme de jonction de ce train était simple, mais solide, et il demanda une bonne dose de force physique - et un levier en la présence de son fusil à canon scié - pour faire sauter le loquet. Avant de remonter, Sakari regarda l'horizon. Le train avait fini de monter l'aqueduc, et filait à pleine vitesse vers Cerka. On ne pouvait rêver condition plus idéale. Le Thyorum était plus bas que Vereist, car plus proche de la mer, donc l'Aqueduc descendait naturellement ; suffisamment pour ne pas ralentir trop la vitesse du wagon détaché mais pas assez pour ne pas pouvoir s'arrêter.

Quoique, tout compte fait, si, on aurait pu rêver situation plus idéale : l'absence de ce foutu aqueduc qui interdisait de quitter le train en marche, donc obligeait Sakari et Gwen à faire un travail sans anicroche. Il arrive assez souvent que la réussite d'un boulot soit déterminée par la marge de manœuvre qu'on s'accorde.

Lentement mais sûrement, Sakari remonta sur le toit puis, avec une précaution redoublée pour contrebalancer l'excès de confiance qu'elle aurait pu avoir en réussissant à traverser la première fois sans éveiller de soupçons, elle rampa vers son wagon.

« Bon voilà, c'est fait. Ils devraient... ils devraient pas sentir l'effet de la décélération avant plusieurs minutes, c'est le moment. Ah, et fais gaffe là-haut, il fait frisquet. Avance doucement surtout. Attends mon coup de feu pour lâcher le piège, ce sera le signal. »

Sur ce, Sakari alla se cacher et préparer ses munitions derrière son abri. Dès qu'il y aurait une ligne droite, elle se lèverait, tirerait au pistolet pour traverser les 2 hublots et prévenir ses ennemis de sa présence, puis sans doutes qu'à se moment Gwen lâcherait le piège pour tuer quelqu'un. Tout reposait sur la parfaite coordination : si Gwen lâchait le piège trop tard, elle ne toucherait personne, si elle le lâchait trop tôt après que le coup de feu ait été tiré, elle serait prise pour cible. L'idéal serait de toucher le dernier de la file.

Ce fut le moment. Sakari avait attendu assez longtemps. Elle profita de la fin du virage pour se lever d'un coup et tirer une balle de pistolet qui traversa les deux hublots de sa porte et de celle du wagon ennemi. Le coup frôla l'oreille d'un bandit. Dommage, mais pas mal quand-même. Deux secondes plus tard, le temps de déverrouiller les deux portes, deux hommes et une femme entraient en trombe, fusil à la main, délivrant un tir de couverture qui obligea Sakari à se planquer sous les caisses. Le premier fit un pas de trop, et le piège se referma sur son tibias mais sans le briser. Il hurla de douleur, tomba au sol et tenta de se débarrasser de la mâchoire d'acier, mais il s'y prenait tellement mal et en paniquant tellement qu'il parvint juste à aggraver la blessure et à tellement pisser le sang que ses collègues reculèrent dans le passage entre les deux trains, pour y être à couvert.

Sakari hésita à abattre le blessé qui hurlait et implorait à sa mère de venir l'aider.
« Hohéééé ! Je le bute votre copain ou pas ?
-Va te faire foutre petite merde ! On va te crever ! »
C'était la femme. Sakari tira dans la paroi du wagon derrière laquelle elle devait se cacher. Le choc la surprit.
« Non, sans déconner, je le tue ou pas ? Parce que si vous êtes pas capable de le soigner, autant abréger ses souffrances, non ? Croyez-moi, je fais ça par pure humanité.
-Ta - »
Sakari tira un coup dans le torse du blessé, qui cessa sur le coup de hurler.
« Bon, puisque vous ne sembliez pas prêts à répondre, j'ai pris une initiative. C'est pas grave dites ? »
On lui répondit par une grenade artisanale, qui l'obligea à reculer précipitamment et à se cogner l'arrière du crâne contre le mur. En riposte, elle tira sur le mur, rechargea en vitesse, puis vida à nouveau son fusil sur ses ennemis qui voulaient tenter une percée, mais manquèrent justement de se faire trouer. Sakari n'avait cependant plus d'abri de fortune, et salement mal à l'oreille. Le bruit résonne vraiment beaucoup trop dans ces wagons.
« Ça vous dérange si j'ouvre un peu ? On crève de chaud ici. »
D'un coup de couteau, elle fit sauter le loquet de la porte glissante latérale du wagon, qui servait à charger les marchandises, puis la poussa d'u coup sec. Le vent froid et bruyant entra dans le wagon, et le cadavre adossé de celui qui avait perdu sa jambe tomba dans le vide.
« Oups ! J'espère qu'il n'était pas trop attaché à une sépulture votre pote. »
Léger blanc.
« Alors ça... qu'est-ce qu'on va te crever ma grosse...
-Je suis pas... Hmf. Oh et puis allez vous pendre. »
Encore un coup contre le mur, pour les dissuader d'entrer.

Si avec tout ça Gwen n'avait pas eu le temps d'entrer et de prendre une arme lourde.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Dim 22 Oct - 12:29
Irys : 950878
Profession : Voleuse
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Heureusement que Sakari joue son rôle à la perfection et arrive à les attirer de son côté. On ne va pas dire qu’ils m’oublient pour autant. Ils ont dû m’entendre crier quand la balle a percé, ils doivent me supposer morte. Et avec tout le raffut qu’ils font en bas, aucune chance qu’ils m’entendent sur le toit. Je profite d’un moment d’accalmie dans les tirs pour descendre côté ennemi et me retrouver dans leur dos. Je n’ai pas bien atterrie et dans le sang de l’autre en plus, mais comme une grenade explose à ce moment personne n’y prête attention. Je prends le temps d’essuyer grossièrement mes bottes histoire de ne pas glisser bêtement et je me dirige dagues en main vers la porte séparant les wagons m’arrêtant à hauteur d’une caisse histoire de pouvoir me replier. Ainsi qu’éviter les balles de ma partenaire !

Enfin, là, je tire du mieux que je peux avec ma blessure. Ma dague va se figer profondément dans l’épaule du dernier loubard de la file. Attirant immanquablement son attention sur moi en plus de lui faire lâcher son arme.

« Eh, mais c’est que t’es pas morte ! »

Pour toute réponse je lui lance une seconde dague qui vient cette fois se figer au bonne endroit : dans la tête. Il s’affale en tombant à moitié sur sa collègue de devant, la forçant à avancer. Dommage qu’elle ne se prenne pas un des pièges ! Au moins se trouve t’elle entre « deux feux » sans savoir où donner de la tête ! Je n’ai plus qu’une dague mais ça, elle l’ignore. Et Sakari de l’autre côté à toujours son fusil. Mais je ne me précipite pas, il serait bête de foirer maintenant et j’avoue avoir déjà été en meilleure condition. Ce ne sera pas une mince affaire de déplacer toutes ses caisses non plus. Encore moins si l’aéronef ne se pointe pas, quand j’étais sur le toit il n’y avait encore rien à l’horizon.

« Si tu lâches ton arme, on se contentera de te ligoter »

Je cris accroupie derrière mon abri de fortune, la voix légèrement cassée. C’est un mensonge évidemment. Laisser des témoins derrière nous est la dernière chose à faire dans ce type de situation ! Mais avec de la chance ma coéquipière suivra l’idée ou mieux encore l’achèvera.



Gwen parle en #0033ff
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Sakari Naasoqineq
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Lun 23 Oct - 23:25
Irys : 319940
Profession : Homme de main
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Il ne restait plus que la fille qui avait dû troquer sa rhétorique contre de l'énervement vide. Elle avait vite constaté qu'en moins de quelques secondes, la situation était totalement tombée en sa défaveur.
« Oui, bon, euh, je dois dire que ça me semble pas être la plus conne des idées.  »

Elle lâcha son arme. Sakari avança prestement à pas légers vers le bord du wagon, sortit son couteau et le plaça à l'aveuglette là où elle estimait que le cou de sa survivante devait se trouver. Celle-ci recula d'instinct et se cogna la nuque, mais à son vif soulagement, la lame stoppa net, alors qu'elle aurait aisément pu lui ouvrir la gorge.
Profitant de l'effet de surprise, Sakari déboula, attrapa la fille par le col, la plaqua au sol du wagon - en prenant garde d'éviter le piège à loup encore actif dont la présence avait été trahie par le vent qui s'engouffrait dans le wagon et faisait voleter la sciure - et lui lia les mains dans le dos avec une corde qui traînait dans son sac. Sans ménagement ni tenir compte des énergiques protestations de la contrebandière, qui devait sans doutes très mal interpréter la fouille approfondie, Sakari retira tous les couteaux, fusils et autres armes rigolotes qu'elle portait.

« Un ceste... deux dagues de lancer... un pistolet de manche à trois coups... un couteau de cheville. Hé bien.
-C'est bon, t'as fini ?
-Ben oui... pourquoi tu me regardes avec cet air ? Aller, debout. »
Maintenant qu'elles étaient toutes les deux debout, Sakari remarqua, à son attitude et ses traits, qu'elle devait avoir au moins 5 ans de plus que sa prisonnière. Ce qui aurait pu en faire sa petite sœur. Décidément.

« Euh, Gwen ? Je te laisse, je vais l'emmener au dernier wagon puis le détacher. Elle nous posera pas de problèmes. »
En chemin, les deux anciennes adversaires purent papoter un peu.
« Bon, sans rancune, hein ? De toutes façon, on peut balancer autant de trucs pour te foutre en prison que toi.
-Rah ouais, ça c'est bien vrai. Je savais que c'était une idée de merde. Tu peux pas trimbaler autant de ferrailles sans que ça se remarque. Vous comptez faire comment vous ?
-T'as sans doutes pas vu, mais on a détaché votre wagon, et... »
La petite regarda Sakari avec un air de merlan frit.
« Mais comment vous avez fait ?
-Ben j'ai escaladé le train.
-Ouah. Avec ce vent ? Trop fort. Mais du coup, vous allez faire comment pour quitter l'aqueduc ?
-C'est un secret. Bon, on est arrivées en queue de train. Je vais récupérer ma corde...
Rah, bouge pas, j'arrive pas à défaire le nœud. C'est que, du chanvre de cette qualité, ça coûte cher.
Bon. Ben, bonne chance pour la suite. Tu vas devoir rentrer toute seule à Zulhause, mais sinon tu peux attendre que la flicaille débarque et te faire passer pour une passagère clandestine qui a rien compris à l'histoire. Ça a marché pour moi une fois. »

En fait non, et principalement parce que Sakari venait d'inventer cette tactique sur le pouce, mais aussi parce que jamais elle ne s'était retrouvée dans une situation aussi embarrassante. C'était juste histoire de compatir un peu avec elle. Et après les derniers salamalecs d'usage, et lui avoir rendu son couteau de cheville - mais certainement pas ses armes à feu - Sakari la laissa tranquille, détacha le loquet du wagon, puis attendit un peu qu'il soit trop éloigné pour que la contrebandière puisse rejoindre le train principal. La mansuétude s'accompagne de sécurité.

« Bon, ben voilà... Oh, me regarde pas comme ça, la dernière fillette que j'avais à ma merci et que j'ai pas tué c'était toi. J'ai fait une affaire ce jour-là. »




«  »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Gwen Feien
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Jeu 26 Oct - 10:30
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De façon guère surprenante, elle se rend. Par contre, ce qui me surprend c’est que Sakari la laisse faire. Je l’ai vue plus expéditive lors de mission. Au moins, prend-elle soin de lui faire les poches. J’en profite pour récupérer les deux dagues de lancées, pas aussi bien que les miennes mais ça peut toujours être utile d’en avoir plus !

« Ok ? »

Décidément, je la trouve très laxiste aujourd’hui, à moins que ce soit une façon de dire qu’elle compte la balancer dans le vide. Est-ce son « jeune » âge – elle doit pas être plus jeune que moi en vrai- qui la freine ? Je sais que ce n’est pas son sexe. Enfin, tant pis je n’ai ni l’énergie ni l’envie de la tuer de sang froid.

Pendant qu’elles sont parties, je m’évertue à faire un pansement de fortune autour de ma plaie. J’aurai bien mangé un truc aussi pour calmer mes vertiges mais je n’ai pas prévu de quatre-heure dans mon sac. Il n’était pas censé y en avoir besoin. Erreur sans nul doute. Enfin, je ne peux rien y changer maintenant. J’attrape mon sac resté derrière l’abri de fortune et me dirige vers les caisses d’armes dans l’autre wagon. Pour voir les caisses à prendre en premières. Je ne suis pas sûre qu’on pourra tout prendre autant à cause de la place que du temps. Les transborder ne sera pas une mince affaire, on ne pourra pas les faire passer par la trappe trop petite. Les pousser jusqu’à la porte transversale, les harnacher puis les tracter à bord de l’aéronef sera forcément chronophage. D’autant plus que sans cette dernière, on ne peut pas préparer grand-chose ! N’ayant rien de mieux à faire, je m’installe au bord du wagon les jambes dans le vide et j’observe le ciel.

Il faut bien une heure avant que le son d’un moteur perce le silence presque étouffant qui nous enveloppe. Une frégate pas de toute première jeunesse fait son apparition peu de temps après dans mon champ de vision. Ce n’est vraiment pas le genre de véhicule dont l’aspect donne confiance. Ce n’est pas la peinture défraîchie qui me gène mais les bosses que je devine sur ça carlingue. C’est vraiment loin d’être le premier choix pour voyager ! J’espère qu’elle pourra faire le chemin inverse sans rencontrer une avarie…

L’un des membres de l’équipage nous fait signe depuis le côté de l’appareil avant de laisser tomber une corde. Évidemment, on ne l’attrape pas au premier coup, beaucoup trop loin de nous et du train. Il faut plusieurs ajustement de la frégate avant de pouvoir l’agripper. Et c’est partie pour charger les caisses ! Je ne suis pas d’une grande aide pour Sakari avec ma blessure limitant mes mouvements, je lui fait donc une proposition honnête :

« Je vais monter à bord, m’assurer qu’ils ne s’en aillent pas sans nous une fois que la cargaison est chargée ! »

Après tout, on ne les connaissait pas. Et ma confiance dans des malfrats inconnus est plutôt limitée pour ainsi dire. Je préfère assurer nos arrières.



Gwen parle en #0033ff
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