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Chroniques d'Irydaë
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 Les bribes d'une amitié

Faye Toen
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Sam 19 Aoû - 18:58
Irys : 365259
Profession : Aventurière - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Avril 932
Quelques jours après "l'incident"
[Lien du RP précédent : Une pluie de cendre efface toutes les peines]



La bonne humeur filtrait à travers les murs de la "Cuvée des Divins" - auberge modeste mais réputée de la ville de Losos - sous la forme de cris, hurlements de joie et autres vacarmes bien communs à ce genre d'endroits, surtout lorsqu'une fête s'y déroule ! Chansons et poésies y étaient récitées depuis déjà deux jours maintenant, depuis que cette nouvelle héroïne avait fait son apparition en ville. Cela avait débuté lorsqu'elle avait accepté une invitation de la part des magiciens qui avaient combattu les flammes à ses cotés, et les festivités s'étaient depuis prolongées bien malgré elle, au grand plaisir du propriétaire des lieux...

« Et une autre tournée, de la part de la demoiselle au fond de la salle ! » annonça à haute voix le tenancier tandis que son employé approchait de la table ou Faye était installée, commandes à la main. Le serveur y déposa pour une énième fois quelques pintes, que ses compagnons de beuverie s'empressèrent de décoller pour porter le liquide doré jusqu'à leurs papilles. Certains déglutirent le tout en un instant, d'autres se voulurent plus mesurés et se contentèrent de quelques gorgées, mais tous déposèrent finalement leur verre au même moment et dirigèrent leurs regards vers le centre d'intérêt de la soirée.

« J'en reviens toujours pas qu'une p'tite femme comme elle soit venue à bout de cette affreuse anomalie ! » fit constater l'un des individus, particulièrement éméché.

« "Petite", tu dis ? » intervint l'un de ses camarades, « Mon gars, c'est une dure à cuire cette fille, elle nous l'a prouvé et j'te le confirme moi aussi. Je suis prêt à parier qu'elle te colle la raclée de ta vie au bras de fer, ou n'importe quel autre duel de force... »

« Pas bien dur de battre cet idiot. » ajouta une voix plus aigüe, celle de la seule autre présence féminine à la table. « Il serait incapable de mettre un Sesgerin à terre, même avec toute la volonté du monde. »

Sa remarque provoqua l'hilarité générale, si bien que les musiciens présents dans la pièce s'imposèrent une minute de repos, pestiférant des propos inaudibles à l'attention du groupe de joyeux lurons qui avaient osé les interrompre... Après quelques instants de fous rires, la discussion reprit enfin son cours.

« J'ai entendu dire qu'une autre femme a combattue à tes cotés. Une belle médecin des cercles de l'Aube. » reprit un des hommes, apparemment très friand des nouvelles informations qui circulaient par le bouche à oreilles.

« Ouais, une troisième voir second Cercle dit-on. C'est-elle qui aurait emmené l'anomalie dans un quartier plus éloigné du centre de la ville pour l'empêcher de faire trop de dégâts. Et elle a soigné les blessés après que la menace ait été éliminée. Dommage que je n'ai pas croisé son chemin, j'aurai voulu la remercier elle aussi... »

« C'est ce que j'aurai également aimé faire. » pensa Faye, n'ayant pas croisé à nouveau la route de sa nouvelle connaissance. Elle avait tenté de retrouver la trace de celle-ci pendant ses maigres instants de temps libre, en vain : aucun garde et aucun habitant n'avait su lui indiquer quoi que ce soit d'intéressant à son propos, pas même son nom... Le capitaine des miliciens s'était lui aussi montré introuvable, sans aucun doute indisposé par le tumulte des derniers jours et la reconstruction des quartiers réduits en cendres. Ainsi, elle se résigna à arrêter la poursuite de ses recherches, non sans quelques regrets.

« On ne peut rien vous cacher. Elle semble être une farouche combattante, je n'ai jamais vécu combat si agréable aux cotés de quelqu'un. » avoua-t-elle à ses compagnons, à moitié perdue dans ses pensées. « Si je ne devais pas partir dés demain, j'aurai probablement continué à la chercher. Ce fut une relation éphémère, mais elle me marquera tout ma vie. »

Des sourires se dressèrent sur les visages avoisinants, puis l'un des individus prit l'initiative de lever sa pinte en direction du centre de la table. Les autres l'imitèrent bientôt, et le claquement si particulier des choppes se fit entendre.

« On lève tous nos verres en l'honneur de la jolie médecin. Et pour Faye, Faye "la flamboyante" ! »

Alors, ceux qui n'en avait pas vidé le contenu s'empressèrent d'y remédier et les autres se contentèrent de commander d'autres boissons. La soirée dura encore quelques heures, puis Faye décida de prendre congé afin d'aller rejoindre sa couche aux cotés de Tim. Demain, elle rejoindrait un convoi de marchands pour s'éloigner de la ville : son régisseur ne devait plus être très loin...


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Dernière édition par Faye Toen le Lun 15 Jan - 9:48, édité 1 fois
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Luka Toen
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Jeu 24 Aoû - 18:23
Irys : 329546
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)
« Une jeune femme, haute comme ceci à peu près, les cheveux roux et les yeux verts, comme les miens, reprit Luka pour la cinquante-et-unième fois environ depuis trois jours. »

Elle brassa l’air de ses mains, mimant l’invisible présence de la demoiselle dans l’espoir que cela puisse déclencher quelques étincelles dans le regard morne de son interlocuteur.

« J’sais pas trop. Y a bien eu une ou deux donzelles avec ce portrait… Genre vous. »

Un silence pesant lui répondit. Puis, avec la lenteur d’une âme excédée, Luka traça dans le vide la silhouette élancée de son ancienne partenaire, insistant un tantinet sur l’envergure gracieuse de son fessier. Alors, magie parmi toutes les magies, le visage du soulard s’éclaira d’une conscience fort avisée :

« Aaah, elle ! Vous auriez dû le dire plus tôt ! Allez voir à la Cuvée des Divins, y avait pas mal de grabuge à son sujet hier et avant-hier. »

« Merci bien, dut-elle se forcer à articuler, tout en le gratifiant d’une légère mimique incrédule. »

Qu’à cela ne tienne, c’était son premier indice viable depuis quelques jours ! Elle n’allait rien laisser entamer son naturel enthousiaste, et c’est d’un pas vif qu’elle se dirigea droit vers la taverne indiquée. Oh ça, pour être têtue lorsque quelque chose agaçait sa curiosité, elle n’y allait pas de main morte… Luka était restée semblable à ses dix ans, assoiffée d’un feu qui la dévorait chaque fois qu’une connaissance se dressait hors de sa portée, ne respirant plus que par goulées étouffées tant qu’elle ne pouvait pas l’effleurer de ses doigts. Qui était-elle ? Qui… ? Il n’y avait dans ce refrain rouillé que le douloureux souvenir de son regard et de la chaleur de ses flammes. Et voilà qu’elle se retrouvait à retourner la ville entière, le monde entier s’il le fallait pour assouvir cette question primaire de son identité ! Elle n’aurait su le dire, mais il y avait là-dessous un mystère incontournable… Quelque chose chez cette autre éveillait une certaine avarice, cette envie animale de mieux la connaître.

« Faye ? Oui, elle était bien là hier soir. Néanmoins… Elle nous a dit devoir partir aujourd’hui. »

Luka ne put masquer son évidente déception. Elle laissa filer un profond soupir, et ses prunelles parcoururent la salle. De combien d’heures l’avait-elle ratée ? Elle se posta à l’entrée de la Cuvée des Divins, une main sur sa hanche, l’autre sous son menton. Bon, hé bien, il était grand temps de réfléchir à un plan B. Par où pouvait bien filer une évidente combattante ? Luka se remémora l’apparence de sa compagne, attentive à la facture de ses vêtements ainsi qu’à la présence évidente d’un tissu conçu pour le mouvement. Elle ne semblait pas citoyenne casanière. Ses aptitudes dénotaient plutôt d’un entraînement méticuleux, sans parler de ses chausses couvertes de la poussière des routes. Faisait-elle du mercenariat… ? Garde du corps ? Il n’y avait pas grand-chose à l’ouest, mis à part la barrière montagneuse phénoménale des Tsagaan Oi. Rien qui ne puisse entrer dans ses activités. Ne restait donc que la porte nord-est. En omettant qu’elle puisse se diriger vers un port, au sud. Elle fit volte-face, beaucoup trop consciente du temps perdu chaque fois qu’il était nécessaire de faire un choix…

¤¤¤


Benoist, de son charmant nom d’Uraldaan bafoué, retournait la terre sous ses imposantes griffes dans sa course effrénée. Luka pouvait sentir son large thorax s’enfler sous ses cuisses et produire cette impressionnante énergie de fond, tandis qu’elle l’incitait à la vitesse par de réguliers claquements de langue virulents. Les plumes de sa monture lui chatouillaient la peau, mais elle avait appris à se faire à cette étrange sensation grâce au port de Kharaan Shar. La clé de la délivrance lui avait été remise par un garde de Losos, posté à cette fameuse entrée nord-est. Une caravane de commerçants et d’itinérants était partie à peine quelques heures auparavant, et oui, il y avait bien parmi eux une jeune femme répondant aux caractéristiques recherchées. Voilà qui faisait beaucoup pour une coïncidence ! Luka, éperdue d’aventures et à court de temps, avait immédiatement jeté son dévolu sur un marchand d’Uraldaan en périphérie. Elle détestait certes monter une créature depuis la mort de Selhan, mais celui-ci ne volait pas et cela lui épargnait l’énergie qu’elle n’aurait pas su déployer à voler à tire d’ailes avec Kharaan Shar… Au moins n’avait-elle rien perdu de ces années de dressage, et n’avait absolument pas peur de se montrer ferme avec ce qui ne constituait aucune comparaison viable à un dragon !

« Nous y sommes presque… »

Fort heureusement, une caravane marchande n’avait jamais été connue pour ses prouesses en vitesse. Au loin se dessinait déjà les contours bâchés des chariots, et la poussière latente que soulevaient les bêtes sous leurs pas pesants. Luka transféra son poids vers l’arrière, incitant d’une main leste sa monture à ralentir le pas. Elle cala Benoist sur une forme de petit trot levé, avant de lui flatter l’encolure d’une main satisfaite :

« Ton ancien propriétaire n’aura pas menti sur tes capacités. »

Lorsqu’elle fut parvenue à hauteur des derniers de la file, elle les salua cérémonieusement à la manière my’trän et s’enquit de la présence de sa dénommée Faye :

« Allez voir vers les chariots de tête, elle accompagne peut-être le gérant ! »

Elle talonna Benoist, attentive à ne pas le laisser se rapprocher des bœufs qui hissaient la caravane. Elle n’aurait pas voulu avoir sur le dos une malencontreuse bravade… Et soudain, à peine une poignée de mètres plus loin, apparut la crinière de Faye, reconnaissable entre toutes. Luka sentit poindre en elle l’envolée chaleureuse d’une nuée d’hirondelles, un immanquable sourire dévoilant la blancheur de ses dents tant cette simple vision valait ces jours de recherches. Enfin !

« Ainsi donc, vous accompagnez les caravanes… ? »

Elle lui souriait avec cette note amusée dont elle avait le secret, Benoist placé à sa hauteur comme deux anciennes amies réunies.

« Vous êtes bigrement difficile à retrouver, si je puis me permettre… Faye, m’ont dit vos admirateurs. C’est bien cela ? Ce sera Luka, pour ma part. »

Elle lui tendit une main amicale par-delà l’espace créé par les animaux, un lien indéfectible jeté comme une porte ouverte.


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Faye Toen
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Mar 29 Aoû - 17:32
Irys : 365259
Profession : Aventurière - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
« Tim... Arrête... » soupira Faye, repoussant avec paresse un erveekhei bien tôt matinal à son goût.

La créature s'était émoustillée dés les premiers rayons du soleil et ne paraissait avoir trouvé meilleure occupation que celle d'importuner sa maîtresse en pleine récupération - pour une raison admise de tout les animaux de compagnie et dont eux seuls semblent avoir connaissance. Toutes les actions les plus nuisibles envers son sommeil furent accomplies : buter contre son corps à plusieurs reprises, lécher son visage jusqu'à ce qu'elle décide d'abriter sa tête sous un oreiller, tirer ses draps pour découvrir son corps... Le paroxysme fut finalement atteint lorsque, devant les yeux intrigués de la Ju'äm, il mima un besoin primaire sur le point d'être soulagé à l'aide du seul meuble de la pièce, une simple commode de bois grossier dont l'âge se reflétait sur son état. Malgré la lourdeur de ses paupières et l'état de fatigue de son corps, elle n'eut besoin que d'un centième de secondes pour réagir et se redresser, hurlant le nom de son compagnon dans l'espoir d'arrêter l'action qu'il venait d'entreprendre. Elle se précipita hors de son lit et attrapa l'animal dans ses bras, l'idée étant désormais de l'amener dans un endroit plus propice à ce genre d'affaires. Elle rebroussa pourtant chemin après quelques instants de réflexion, déposant Tim sur le matelas qu'elle venait de quitter avant de revêtir les principaux éléments de sa tenue habituelle ; même à demi-endormie, l'idée de s'afficher partiellement dénudée dans une taverne ne lui semblait pas des plus pertinentes...

Après avoir profité de l'occasion pour effectuer quelques emplettes en ville, Faye fit son retour dans l'auberge où plusieurs habitués la saluèrent - il lui fut d'ailleurs proposé de réitérer la fête des jours précédents. Après un refus poli, elle s'engagea dans l'escalier pour rejoindre sa chambre et n'eut pas besoin de longtemps pour réunir ses maigres possessions et compléter sa tenue, si bien qu'elle fut de nouveau au rez-de-chaussée en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Elle se rapprocha alors du comptoir pour attirer l'attention du propriétaire des lieux, avec une efficacité remarquable puisque celui-ci ne la fit pas attendre plus de quelques secondes (la « flamboyante » étant la principale source de ses revenus de la semaine, il ne jugea sans doute pas correct de la faire patienter).

« Comment je peux vous servir, Faye ? » lui demanda-t-il, tout en astiquant un verre à l'aide d'un torchon et de ce geste devenu mécanique par l'expérience.

« Vous n'avez pas de nouvelles à propos de... »

« A propos de la jolie jeune rousse ? Non rien, à part les informations habituelles... »

« Je vois. Merci tout de même.  » - il n'était pas difficile de sentir la déception dans sa voix - « Je pars ce matin comme prévu, une caravane de marchand m'attends à la sortie de la ville. La chambre est en état, je vous épargne une visite de celle-ci pour le vérifier ! » rajouta-t-elle avant de franchir l'encadrement de la porte.

« N'hésitez pas à revenir si vous êtes de passage dans le coin !  » répliqua le tavernier, plus désireux en réalité de remplir ses poches que de revoir un visage familier.



►◄



« Vous êtes en retard. »

Faye, un sourire gêné sur le visage, salua le gérant d'une révérence. L'homme rendit la politesse en ôtant le chapeau qui lui servait de couvre-chef avant de croiser les bras sur son torse, prenant un air des plus sérieux qui engendra des rires chez les autres voyageurs spectateurs de la scène. L'échange de regards entre les deux individus sembla interminable du point de vue de la Ju'äm, et elle entreprit rapidement de présenter ses excuses en espérant qu'elles suffiraient à apaiser l'apparente colère du marchand.

« Pardonnez moi, je... »

Elle fut interrompue dans son élan par une virile frappe dans le dos de la part du Gérant, à vous en décoller les poumons ! Celui-ci éclata grossièrement de rire et déplaça sa main afin que son bras vienne entourer les épaules de la jolie rousse.

« Allons, ne vous confondez pas en excuses, je ne faisais que plaisanter !  » lui avoua-t-il une fois remit de ses émotions. « Nous venons nous même d'arriver à l'instant, le convoi est prêt à partir. L'êtes vous également ? »

Elle eut un rapide regard en arrière, espérant peut être voir surgir par miracle la silhouette de son éphémère rencontre. Elle n'en fut que plus contrariée...  

« Je suis prête, nous pouvons y aller.  » répondit-elle, déçue.

La caravane se mit en route un instant plus tard. L'allure se voulu très modérée, à peine plus rapide que la vitesse de marche d'un individu normalement constitué. Faye n'en fut guère étonnée : elle était accoutumée à ce type de transport, préférant souvent "subir" la convivialité d'une famille d'itinérants plutôt que de tenter une marche en solitaire à travers plaines et déserts - qui constituaient la majorité des territoires qu'elle parcourait. Malgré leur vitesse, un panache de poussières trahissait leur passage depuis la sortie de la ville, donnant très peu de visibilité sur l'arrière du convoi. Faye ne pu ainsi apercevoir l'Uraldaan lancé à vive allure dans leur direction, qui s'arrêta quelques chariots plus tôt avant de reprendre sa course en direction de la tête de file. Finalement arrivé à leur niveau, une voix familière s'adressa à la My'tran ce qui ne manqua pas de la surprendre : celle-ci tourna vivement la tête en direction de la cavalière qu'elle identifia d'un simple coup d'œil comme sa partenaire de mésaventure.

Elle ne l'avait donc pas oubliée.

« Vous êtes bigrement difficile à retrouver, si je puis me permettre… Faye, m’ont dit vos admirateurs. C’est bien cela ? Ce sera Luka, pour ma part. »

Luka ?
Luka.


►◄


Apparence de Faye jeune:
 


« Luka ! ... Luka !! » criait l'homme pour attirer l'attention de sa fille adoptive. « Viens nous rejoindre, je voudrai te présenter quelqu'un. »

L'entraînement venait tout juste de prendre fin. La jeune Faye profitait d'un repos bien mérité en compagnie de son instructeur, Georges, dont le sourire était à lui seul capable de vous faire comprendre tout l'amour qu'il éprouvait envers la petite fille qui accourait dans sa direction. Il attrapa celle-ci par la taille et la souleva à hauteur de ses épaules avant de déposer un baiser sur sa joue. Elle rouspéta faussement - neuf ans ne lui semblait plus l'âge pour ce genre d'affections - et du contenir malgré tout un petite rire avant que son père ne la dépose au sol, mettant fin à ce "supplice affectif".

« Luka, voici Faye.» enchaîna-t-il. «C'est la jeune fille dont je m'occupe actuellement, c'est pourquoi tu me vois souvent en sa compagnie ces derniers temps. » Il tourna la tête en direction de la concernée. « Et je te présente ma petite fille, Luka, qui sera un jour la plus grande des médecins. »

Sans doute s'était-il attendu, grâce à ces présentations, à un début d'amitié entre ses deux protégées. Faye ne lui sembla pourtant guère intéressée et sa réponse le lui confirma bien assez tôt.

« Salut. » adressa-t-elle simplement à l'attention de Luka, avant de rediriger pleinement son attention sur son maître. « Quand reprendrons nous l'entraînement ? J'ai encore beaucoup d'énergie à dépenser ! » lui fit-elle constater avec toute la fougue d'une adolescente.


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Luka Toen
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Mer 30 Aoû - 2:06
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Guilde +2 (femme)
Apparence de Luka à cet âge :
 


Luka… !

... Luka !!


La petite fille sursauta, arrachée à sa rêverie. Ses grands yeux clairs chavirèrent, papillonnante dans la clarté du soleil comme un étourneau pris sur le fait. Un bruissement de plumes répondit à son geste malheureux, et l’oiseau qu’elle s’était impétueusement entêtée à approcher s’envola à tire d’ailes. Sa moue déconfite témoigna pour elle de sa mésaventure, un terrible instant tentée de ramper à quatre pattes parmi ces quelques buissons pour échapper à l’appel de son grand-père… Mais il savait comment la tenir, le gredin, et il n’en fallait pas plus pour attiser sa curiosité sans cesse avide de découvertes, son attention frivole ne résistant jamais longtemps à la présence des adultes. Elle fit volte-face, allègre et oublieuse de ses désillusions fondues comme neige au soleil, courant à perdre haleine et l’éclat d’un rire joyeux sur les lèvres.

« Je suis là Ovooni ! »

Elle s’arracha à son rituel enamouré d’un râle d’agonie digne des plus grands comédiens d’Eoril, prétextant l’indolence d’un sac à patates pour forcer son grand-père à cesser ces simagrées et la reposer au sol par la même occasion. Il n’était plus temps pour ces choses-là bon sang de bonsoir, surtout lorsque cela retardait l’appât de la découverte, le plaisir insondable d’être mise dans le secret de cet appel impromptu !

« Luka, voici Faye. »

Luka s’inclina comme il le lui avait appris, ses mains menues sur ses jambes fines, buste baissé à un angle de 90°. Alors, plus vive que le vent à se redresser, elle décocha à l’adolescente renfrognée un sourire à faire tomber les étoiles, sa jolie robe blanche tâchée par la boue de ces explorations, une absolue et immédiate acceptation de ce qu’était cette Faye au fond des mirettes. Georges écrasa gentiment un large chapeau de paille sur les cheveux flammes et emmêlés de sa petite fille, tapotant affectueusement les bordures de l’écran protecteur de l’une de ses grandes mains d’homme :

« Ne reste pas trop au soleil à vagabonder je ne sais où, s’il-te-plaît. »

« Oui, oui bien sûr, répondit-elle distraitement, alors qu’il n’en serait rien. »

Devait-elle dire « salut » ? Était-ce ainsi que les adolescents communiquaient entre eux de nos jours ? Une mine très concentrée passa sur son visage, et elle parut prise dans un problème insondable, droite comme un i à ne plus savoir que faire de son corps.

« Quant à toi, reprit-il à l’intention de Faye, patience jeune fille ! J’ai à faire et toute pause est bonne à prendre. Profites-en pour revoir tes placements durant mon absence. »

Ce mot d’ordre libéra toutes les craintes de Luka. Un éblouissement naquit dans ses yeux, gagna la frontière de son sourire et affranchit sa silhouette de ses attaches. Ses prunelles s’arrondirent comme des perles, le reflet de mille et une questions non posées se bousculant dans sa gorge, incapable de décider par où commencer. Elle virevolta en avant, de cette manière qu’elle avait de se déplacer comme une danseuse enjouée chaque fois qu’un sujet la passionnait, lévitant en périphérie de la planète Faye telle une comète flamboyante :

« Tu t’entraînes ? Je peux rester regarder ? Oh ! Qu’est-ce que tu pratiques ? Le feu, comme Ovooni ? »

Ses questions qui n’en étaient pas n’avaient pas du tout pour mérite de lui demander la permission de rester en guise de spectatrice. Au contraire – déjà s’était-elle assise en tailleur dans l’herbe avec l’enthousiasme débordant des jeunes personnes, triturant ses mains inutiles, suspendue aux mots et gestes de la jolie rouquine.

« Il faut dire, j’ai déjà vu ça quelques fois. Tu sais, nous avons même eu des fidèles de Khugatsaa ! Je crois qu’ils étaient venus pour un problème de foie. »

Elle fronça les sourcils, fouillant sa mémoire déjà conséquente à cet âge. Puis elle se reprit, s’ébroua tel un bon samaritain s’embarrassant l’esprit de considérations inutiles :

« Ah mais, je voulais dire, ce que tu fais doit être très impressionnant ! Mieux qu’eux, j’en suis sûre ! »

Elle hocha consciencieusement plusieurs fois la tête, non sans faire tomber son chapeau trop large devant ses yeux qu'elle réajusta d'un geste machinal de la main. Alors se mura-t-elle dans la contemplation admirative de Faye, paraissant attendre d'elle une révélation sur la vie, le monde, ou encore la venue d'un Architecte en personne...


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Faye Toen
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Lun 4 Sep - 21:52
Irys : 365259
Profession : Aventurière - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Après l'objection de son maître, l'engouement céda sa place à la contrariété. Faye n'insista pas.

« Bien, monsieur. » se contenta-t-elle de murmurer, aigre.  

Ce n'était point un manque d'obstination ou de convictions qui l'empêcha de contester la décision du vieil homme. Quelques mois d'entraînements à ses cotés suffisaient à faire comprendre à quiconque que parmi tout les êtres vivants dotés de persévérance, Georges en était sans nul doute le spécimen le mieux garni - Süns en personne n'aurait su le contredire ! Ainsi ne jugeait-elle pas utile de s'égarer en vaines argumentation ou protestations, aussi justes furent-elles, si cela n'aboutissait qu'à la perte de sa précieuse salive et l'accroissement de son animosité envers lui. Elle se contenta d'adopter la moue exprimant au mieux son mécontentement, jurant sur les sept Architectes que jamais plus on ne la surprendrait à le gratifier d'un sourire ou d'un compliment ! Mais les promesses sont aux adolescents ce que la loi est aux brigands : rien de plus que des mots...

Dans son irritation, la Ju'äm ne releva pas les dernières paroles du dictateur. Aussi joua-t-elle le rôle de nourrisse sans même s'en douter, agacée par la trop adorable enfant qui osait tenter de s'attacher à elle. C'est avec une flegme royale qu'elle ignora la fillette, s'empêchant de se satisfaire de cette cruauté gratuite dont elle faisait preuve afin de ne pas donner à Luka l'impression d'être atteinte par ses futiles paroles. Non, ce petit singe savant n'attirerait pas son attention !

« Ah mais, je voulais dire, ce que tu fais doit être très impressionnant ! Mieux qu’eux, j’en suis sûre ! »

Une grimace se dessina progressivement sur son visage, incontrôlable. La faille parfaite : quoi de mieux que des louanges pour gonfler l'égo d'une jeune adulte en quête de reconnaissance ? Même de la part d'une demi-portion, le compliment pesait dans la balance... Faye dut cesser son mouvement, trop concentrée à exercer une légère pression de la mâchoire afin d'écraser sa lèvre inférieure, interrompant finalement son sourire. Elle feignit de nouveau l'indifférence à peine plus tard, relâchant un soupire en espérant que la spectatrice n'eut rien remarqué de ce moment de faiblesse.

Malgré le dédain apparent de Faye, la terrain d'entrainement ne fut jamais aussi bruyant - agrémenté d'innombrables commentaires de la petite fille, véritable moulin à parole imperturbable. La langue de la Ju'äm s'agitait également mais pour une raison tout autre : son seuil de patience avait été depuis longtemps atteint, c'était la le seul moyen non violent qu'elle avait trouvé pour évacuer son agacement. Malgré cela, elle sentit rapidement cette colère non justifiée progresser encore et encore, suffisamment pour que la jolie Luka finisse par lui arracher une demi-seconde d'attention, une demi-seconde de trop... Ses jambes se croisèrent, elle bascula en arrière et chuta.

« Teneg khükh !! » jura-t-elle en langue ancienne

La douleur ne fut pas la goutte de trop qui l'avait poussé à insulter la Toen d'enfant stupide. La honte de trébucher et d'atterrir sur son fessier devant une jeune spectatrice semblait elle la véritable coupable... Se rendant compte de ses mots, elle se releva in extremis et s'inquiéta bien plus d'une probable réaction de Georges que du mal qu'elle aurait pu provoquer chez la petite fille. C'est alors qu'elle constata l'absence de celui qu'elle pensait en simple récupération : où diable Georges était-il passé ?


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Luka Toen
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Lun 25 Sep - 22:51
Irys : 329546
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)
Luka rentra la tête dans les épaules, une amorce de grimace sur son visage juvénile, vivant par procuration la chute malencontreuse de l’adolescente. Même du haut de son grand enthousiasme, elle pressentit que le rire qui lui démangeait la gorge serait fort mal perçu dans la relation sociale qu’elle essayait de construire. Aussi sa grimace se transforma-t-elle en une bouche tordue, et ce fut à peine si elle pouffa derrière sa main.

Loin d’être de la moquerie, Luka restait malgré tout une enfant : la moindre situation pouvait se révéler désopilante pour une jeune âme perdue dans un monde d’adultes. Les compagnons de jeu étaient rares, les moments d’allégresse également… Etudier, étudier, George et ses comparses n’avaient toujours que ce mot-là à la bouche ! Quand bien même la perspective la réjouissait la grande majorité du temps, la présence amicale d’une autre enfant lui manquait cruellement… Les moutards en maraude devaient passer quelques moments de légèreté si l’on voulait faire d’eux des adultes équilibrés.

Elle suivit le regard irrité que jeta Faye aux alentours, devina qu’elle guettait la silhouette de son grand-père dans les fourrées. Elle lissa les plis de sa robe blanche, s’appuyant sur une fesse puis l’autre pour rajuster sa position délicate qui lui donnait des fourmis dans les jambes.

« Il ne reviendra pas avant vingt minutes, il fait toujours ça. »

Une mine sérieuse marquait soudain ses traits, et l’on devinait dans sa mimique la présence de cette lointaine Luka de 932. Elle leva l’immensité de ses prunelles attentives dans le regard de Faye, le ton aussi doctoral qu’un professeur d’école ayant maintes fois récité et appris sa leçon :

« Il est parti rejoindre Mamy Adeline, ils disent que c’est pour travailler sur certains dossiers graves mais moi je sais très bien que ce n’est pas vrai. »

Elle laissa filer un profond soupir de petite fille, se releva d’une détente à nouveau aussi enjouée que s’il ne s’était strictement rien passé. Libre à l’adolescente d’interpréter à sa manière ces indices disséminés, il était néanmoins clair que la relation que les deux chefs de guilde entretenaient était plus solide que de la simple gestion de dossier. Il n’était pas rare que George s’absente mystérieusement, et tous au Quartier Général ignoraient royalement l’affaire. Il valait mieux souvent prétendre ne rien savoir que de prendre le risque de gâcher les années d’or qui régnaient sur les Cercles de l’Aube : il faisait beau, il faisait chaud. Quoi de plus essentiel ?

« Oh, montre-moi comment tu fais ! Tu m’apprendrais quelques mouvements… ? Tu étudies pour Süns ? »

Elle vint se placer aux côtés de Faye, et tâcha d’imiter sa posture avant que celle-ci ne puisse avoir son mot à dire. Il y avait quelque chose de fascinant dans cet entraînement que Luka découvrait à peine. La nouveauté tout d’abord, à l’attrait irrésistible, et les airs de cénacle privé que ces entretiens entre George et Faye avaient. Seuls les adultes ont le droit de se battre lui répétait-on souvent, même s’il fallait parfois acquérir quelques gestes de légitime défense. Or pourquoi Faye bénéficiait-elle de ce droit incroyable qui la projetait irrémédiablement dans le cercle des adultes… ? Elle ne comprenait pas, et mieux encore, ressentait une terrible admiration envers cette jeune fille qui n’avait que quelques années de plus qu’elle… Mais à neuf ans et deux mois et demi, les nuances étaient plus importantes que les généralités : trois années supplémentaires, et c’était un gouffre infranchissable à ses pieds.


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Faye Toen
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Jeu 2 Nov - 13:26
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Profession : Aventurière - Danseuse
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Faye ne pu s'empêcher de rougir suite aux révélations de la jeune spectatrice. "La vérité sort de la bouche des enfants" comme le dit le proverbe, et l'innocence dont faisait preuve Luka en cet instant n'avait d'égal que l'esprit en ébullition de sa sœur - pour qui aux secrets et vices de l'amour ne manquait que la pratique ! Elle plaça une main devant sa bouche et dévia légèrement la tête pour échapper au regard inquisiteur de la Toen puis, lorsque sa gêne s'évapora, elle constata impuissante la petite fille s'installer à ses cotés dans l'espoir de soutirer à son éphémère nourrice un entraînement au maniement du feu.

Un soupir lui échappa et la Ju'äm dévisagea l'enfant quelques instants avant de se résoudre à adopter un comportement plus mature : aussi abandonna-t-elle sa mine contrariée d'adolescente rebelle pour celle d'un simple petit bout de femme. Et si la présence de ce bout de chou se révélait toujours indésirable, Faye, dans un comportement plus adulte, prit sur elle et passa outre son mécontentement afin de laisser une chance à la fille du maitre de monter dans son estime. Après tout, ne lui avait-on pas elle même accordé un tel privilège ?

Elle entreprit finalement de répondre à son interlocutrice pour la première fois depuis qu'elles avaient fait "connaissance" :

« Bien évidemment, pour qui d'autre pourrai-je étudier ? » répondit-elle avec une pointe de cynisme, n'en déplaise à Orshin. « Mais n'attends pas de moi que je puisse t'apprendre quoi que ce soit, je n'ai pas encore le niveau pour... De toute façon, tu ne serai même pas capable de contrôler ne serait-ce qu'un début de flammèche. Manipuler la magie, ce n'est pas donné à tout le monde. »

Après quelques mouvements effectués dans le vide, Faye finit par réaliser la dureté de ses mots et de son intonation et ne pu s'empêcher d'échanger l'espace d'un instant sa place avec celle de la petite fille. Que diable lui avait-elle fait pour métier un tel traitement ? Elle mordit sa lèvre inférieure et dut jouer sur sa culpabilité pour arborer un demi-sourire parfaitement forcé à l'attention de sa soeur. Elle reprit alors d'un ton plus agréable :

« Tu t'appelles Luka, c'est ca ? Quand tu seras plus grande et moi plus douée, peut être que je t'apprendrai. Amlalti, je le promet. »


►◄


« Luka !! Luka Toen ! » hurla-t-elle une fois sortie de ses songes.

Faye se releva in extremis mais un équilibre précaire la fit basculer dangereusement en dehors de la caravane, avant qu'elle ne vienne percuter la cavalière dont la monture, surprise, se cambra. Les deux rousses furent alors précipités en arrière et s'effondrèrent dans un panache de poussière. Quelques secondes furent nécessaire avant que leur champ de vision soit à nouveau dégagé et que l'adepte de Süns puisse à nouveau contempler le visage de sa charmante partenaire de mésaventure.

« C'est moi Faye ! Tu ne te souviens pas ? Amlalti, la promesse ! Les entraînements... »


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Luka Toen
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Jeu 9 Nov - 19:26
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Recouverte de poussière et autres saletés plus obscures, Luka mit un sérieux moment pour se remettre d’aplomb. Que diable lui racontait-elle ? De quoi s’agissait-il ? Fouillant les traits de la jeune femme qui lui renvoyaient à l’identique son exact reflet, elle ne voyait décidément pas par quel hasardeux miracle leurs pas auraient pu se croiser par le passé. Un visage aussi singulier, cette façon de l’observer, de combattre…

« … Faye… ? Faye ! »

Cette fois-ci, ses prunelles s’arrondirent comme deux perles de jade, parfaite représentation de son atterrement qui lui fit perdre jusqu’à l’utilité de ses deux bras : elle demeura figée sur le bas-côté de la route plus inutile et moins vivace qu’un sac de farine.

« Par les Architectes, dut-elle pourtant s’ébrouer, Faye ! C’est bien toi ! »

Peut-être qu’à force de répéter l’exclamation, son esprit finirait par l’assimiler. C’est du moins le seul recours auquel elle put se résoudre, incapable de prononcer autre chose en cet instant. Fort heureusement, son corps fut plus prompt à la spontanéité et l’honnêteté. Elle s’élança donc vers son amie d’antan pour la soumettre à une poignante embrassade, le flot infernal de ses questions se déversant d’ores et déjà d'un seul souffle enfiévré :

« Comment est-ce possible… ? De tous les endroits du monde ! Comme tu as grandi, qu’es-tu devenue depuis tout ce temps ? Et cette manière de combattre, ces armes, cette caravane, as-tu progressé ? Tu vis près d’Eoril ? Et Georges qui… »

Elle se tut subitement, reculant pour mieux contempler les expressions de sa presque sœur d’adoption. Devait-elle évoquer son grand-père devant elle ? Elle n’en aurait probablement aucun souvenir, si sa voie avait persisté du côté des Architectes qu’elle servait déjà autrefois. Lui qui était mort, désormais oublié. Luka ne doutait pas néanmoins qu'il n’aurait vu aucun inconvénient à disparaitre de la mémoire de Faye, car il avait trop contemplé au cours de son existence les dommages que le deuil pouvait provoquer.

« Non qu’importe. Nous avons déjà trop à nous raconter. Si tu savais ! Je n’ai cessé de voyager ! »

Et sans éclaircir ses propos sibyllins, elle entraîna la jeune femme à l’arrière du convoi, là où l’espace libre d’une charrue pourrait leur apporter un brin d’intimité ainsi que de quoi s’asseoir.


~~~


« Jamais je ne serai Second Cercle ! s’exclama une Luka échevelée, couvrant d’injures d’adulte le rebord d’un muret qui ne lui avait rien fait. »

Elle s’autorisa même un coup de pied, pour la forme, dans une posture qui contrevenait fortement à ses allures de petite fille modèle avec ses robes colorées. Le temps avait passé, les jours s’étaient installés sur un rituel sacré. Luka retrouvait Faye à l’arrière des quartiers résidentiels, un espace de jardins qui n’appartenait qu’à elles et que les adultes ignoraient. L’adolescente avait bien tenté de la repousser, rien n’y avait fait… Depuis ce tout premier jour, Luka avait décrété son absolue fidélité à cette autre si flamboyante.

« Il ne veut même pas m’écouter, c’est injuste ! Il n’arrête pas de dire que les dragons me mangeront, que ce n’est pas mon avenir, mais qu’est-ce qu’il en sait ? Je l’ai lu en plus, ajouta-t-elle au paroxysme de sa bouderie, les dragons ne mangeraient jamais leur cavalier. Je crois ? »

Elle tourna ses yeux curieux en direction de Faye, attendant probablement d’elle son assentiment. Cependant, son interlocutrice semblait plongée dans un tout autre problème… Peut-être ce jeune apprenti de Mathis, arrivé il y a quelques semaines, qui lui retournait le cœur… ?

« ... Ça ne va pas ? »


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Faye Toen
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Ven 1 Déc - 20:40
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Accoudée sur le mur maltraité par sa sosie miniature, Faye demeurait rêveuse, le regard égaré à une infinité de lieux loin de la pensée, du temps et de toutes les futilités du monde qui l'entourait. Aucun des mots qui lui fut adressé par la petite fille à ses cotés ne sembla percer à travers son esprit, et c'est étonnement l'absence de ses bavardages incessants qui réussit à la faire sortir de ses songes - il n'y avait dans ce monde rien de plus improbable qu'une Luka silencieuse ! Si elle n'avait pas entendu les complaintes de sa jeune amie, Faye déduit cependant que celle-ci s'inquiétait désormais de l'absence de réponse de la part de son ainée. Ce n'était plus pour elle un désir cruel de blesser la Toen qui la poussait à l'ignorer mais une préoccupation bien plus importante dont l'ampleur rendait toute autre considération futile : une préoccupation brune aux yeux noisettes, quatrième cercle et du doux nom de Allen...

Cela faisait maintenant trois semaines, deux jours et vingt-trois heures passées que le jeune garçon était entré dans sa vie et c'était pour elle comme si il y avait été toujours été ! Quel jour mémorable... Elle avait eu la chance, au hasard de l'une de ses pauses, de l'entrapercevoir au travers d'un vitrage accompagné d'autres élèves ainsi que de ses mentors : il était en effet de coutume - et logique - que les enseignants fassent visiter les locaux des cercles de l'aube aux jeunes recrues, probablement pour qu'il n'y ait pas d'excuses à ce qu'un individu confonde bains pour femmes et pour hommes !

C'est ainsi que, lors des présentations, le groupe s'attarda dans le domaine de la Ju'äm, là ou la demoiselle passait la majorité de son temps. Si l'attention des apprentis semblait à son comble, Mathis - en charge de la conduite du groupe de jeunes hommes - constata que celle-ci était en faveur du flamboyant bout de femme assit à quelques mètres d'eux, au delà des épais murs qui les en séparait, parfaitement inconsciente du nombre de regards rivés sur elle... La voix du second cercle s'éleva, rappelant à l'ordre sa "bande de corniauds" tout en attirant malgré lui le regard de Faye, intriguée par le son qu'elle venait de distinguer derrière elle.

Et c'est alors qu'elle croisa son regard...

Faye soupira longuement, désespérée. Depuis ce jour, elle n'avait eu l'occasion de le croiser dans les couloirs du quartier général qu'une petite centaine de fois, toujours "par pur hasard" bien entendu ! Aussi professionnelle qu'un espion, elle guettait les sorties de cours du garçon et avait établi l'emploi du temps de celui-ci. Il n'était pas rare, depuis leur "rencontre", qu'elle avorte ses entrainements aux cotés de Georges pour pouvoir frôler son bien aimé aux détours d'un corridor, et elle s'invitait même parfois aux cours de celui-ci lorsque l'enseignant le lui permettait... Mais cela ne suffisait pas à attirer son attention !

« Il y a ce garçon... » commença-t-elle, ses joues prenant subitement des couleurs lorsque son visage lui apparut en tête. « Mais je ne l'intéresse pas. Comment je pourrai, d'ailleurs ? Je ne suis pas destinée à devenir médecin, je ne suis pas comme toi, je suis le vilain petit canard ici. »

Toujours accoudée, ses mains vinrent se plaquer sur le mur et sa tête se poser sur celles-ci. Elle aurait voulu profiter des conseils d'un adulte, mais Adeline n'avait que très peu de temps à lui accorder, Mathis ne semblait guère la porter dans son cœur et Georges n'avait pas l'air d'un expert en la matière. Quand à ses autres relations... Ses yeux se posèrent pour la première fois depuis de longues minutes sur Luka. C'était une enfant, rien de plus qu'une enfant. Pourtant, malgré son âge, Faye devait reconnaître qu'elle était sa meilleure alliée en ces lieux. Pourquoi pas... Oui, pourquoi pas ?

« Tu... Tu n'as pas une idée de ce que je pourrai faire, toi ? »


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Luka Toen
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Jeu 7 Déc - 19:10
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Durant un interminable instant Luka contempla son aînée avec toute l’incrédulité d’une adulte sexagénaire expérimentée dans les affres de la vie, une ridule consciencieuse au milieu des sourcils et la bouche aussi pincée qu’une feuille froissée. Nom d’un Trochilidae – le mot lui avait été appris hier soir, il était donc évident qu’il se devait d’être prononcé le plus de fois possibles -, depuis quand sa suprême déesse se dépréciait-elle autant pour les beaux yeux d’un garçon pas même intéressant ?! Enfin, il était mignon, Luka devait bien l’admettre, mais tout de même… Elle avait ouïe dire qu’il ne connaissait pas même par cœur la table généalogique des cucurbitacées, lui qui se destinait pourtant en partie à l’art de l’herboristerie ! Et il n’avait pas le charme de Clément, son adorable commis de cuisine. Un charmant jeune homme de 18 ans qui ne manquait jamais de la soulever dans ses bras solides pour un tour dans les airs dont elle ne se remettait qu’à moitié, ses joues rougies d’excitation et un rire frénétique sur les lèvres. Ne lui avait-il pas promis sinon de l’épouser, du moins de lui consacrer son deuxième ou troisième mariage lorsqu’elle serait assez âgée ?

Voilà dans quelles turpitudes s’engouffrait son esprit imaginatif d’enfant, malheureusement éduquée par de trop nombreuses personnes à la fois : ses mœurs s’en voyaient fâcheusement dépravées, beaucoup trop convaincue du bienfondé d’une amante, d’une bagarre de taverne ou encore de la beauté d’une injure bien choisie. Les infirmiers les premiers ne cessaient d’insulter leurs mères respectives, concept qu’elle n’était pas certaine de comprendre pleinement…

« Tu racontes vraiment n’importe quoi ! »

Et sur ces entrefaites, elle se jeta tout bonnement à l’abordage de son dos, s’accrochant tel un babouin de seconde zone à ses épaules malgré ses beaux collants blancs. Georges en aurait probablement eu un arrêt cardiaque, convaincu qu’une jolie jeune fille de bonne famille devait se tenir droite en robe de velours et froufrous, et non tenter la prise d’une forteresse combattive… Fort heureusement, il n’était pas là. Tout était donc permis.

« Toi, le vilain canard ?! Tu es aussi belle qu’un Trochilidae ! – qu’est-ce qu’on vous avait dit ? »

Riant joyeusement, elle lâcha tout aussitôt sa victime considérant que cela suffirait comme punition pour le moment. Gare à Faye s’il lui reprenait l’idée de dire des absurdités sur sa personne ! Mais n’était-ce point là son ancestral ton docte qui reprenait le pas sur sa personnalité… ?

« Tu sais, ce n’est pas très compliqué. Il faut que tu fasses réagir son instinct d’homme qui le pousse à la reproduction, cela libérera dans son corps cette réaction étrange qui fait qu’un être humain se sent amoureux ! »

Elle hocha plusieurs fois la tête, aussi satisfaite et fière qu’un coque en pâte.

« Il ne pourra pas te louper, impossible. Im-po-ssible. Tu vaux cent fois plus que toutes les gourdes qui lui tournent autour. »

Et puis, l’illumination, le chemin d’une idée qui la foudroya avec toute la splendeur d’un génie du mal épanoui :

« Je sais ! La clé c'est d'être entreprenante. On va trouver du maquillage. Et de jolis vêtements. Si je lui demande de venir au nom de mon grand-père, il ne pourra pas dire non… Tu n’auras alors plus qu’à lui rentrer dedans dans les couloirs avec un maximum de choses dans les bras, et le tour sera joué ! Ça a fonctionné pour Clément et moi, nous formons un couple heureux à présent, ajouta-t-elle très sérieusement, sans se douter un seul instant que le pauvre homme la traitait simplement en mignonne petite sœur aux lubies loufoques. »

Vanilla et le Gharyn amoureux ne pouvait décemment se tromper sur le déroulement d’une romance, elle qui l’avait lu pas moins de cinq fois tout en prenant des notes consciencieuses. C’est qu’il fallait bien s’occuper dans ce monde d’adulte sans partenaire de jeu !

« On y va tout de suite ? »


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Faye Toen
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Mer 17 Jan - 23:16
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Incrédule, Faye observa la petite filles prunelles grandes ouvertes et, quelques instants plus tard, éclata d'un rire franc qui n'aurait eu grand mal à faire sourire la personne la plus insensible au monde, et pour cause : si la candeur de la Ju'äm était d'un niveau anormalement élevé, la merveille d'innocence que représentait Luka n'avait pas à en rougir... La fille de Georges semblait persuadée par ses propres paroles et son imaginaire débordant ; qui sait encore quelles autres anecdotes aurait-elle à lui raconter à l'avenir !

Hilare, l'initiée de Süns réussie à calmer son éclat et passa un doigt sous chacun de ses yeux pour en essuyer les larmes naissantes. Quelques restes perdurèrent encore avant qu'elle ne reprenne totalement le contrôle, ce faisant elle enlaça son amie et la remercia pour sa présence, véritable rayon de soleil dans une vie déjà bien trop adulte.

« Désolée, ce n'est pas bien de se moquer. Je suis persuadée que Clément à hâte de pouvoir se marier avec toi ! » mentit-elle à sa sœur non sans réprimer un nouveau rire.

Faye relâcha enfin son étreinte et laissa à nouveau libre de ses mouvements sa copie miniature. La liberté ne dura cependant que peu de temps car, large sourire aux lèvres, elle attrapa celle-ci sous les bras et la fit s'envoler à la manière de Georges - bien qu'elle n'eut pas la possibilité de lui faire contempler le sol de la même hauteur que ce dernier. Ses bras, enhardis par les entraînements du Chef des Cercles de l'Aube, lui permettaient des actions que les filles de son âge ne pouvaient guère entreprendre - voir même imaginer - et c'est donc sans grand mal qu'elle continua à faire virevolter sa camarade en effectuant quelques tour sur elle-même, avant de s'avouer vaincu par un vertige qui entraîna le Duo dans une chute au sol. Luka se retrouva bien vite avachie sur la flamboyante, à nouveau prise d'un rictus infernal, le souffle légèrement diminué de par la présence de la petite fille sur son ventre... Faye soupira pour reprendre son calme et releva simplement le buste, déplaçant plus bas son amie afin que ses fesses demeurent sur ses jambes.

La Ju'äm constata alors que plus rien de ses tourments ne demeuraient encore, et que la joie avait bonnement et simplement supplanté la tristesse qui s'était emparée d'elle.

«Hey, Luka ? Et si on t'apprenait la magie maintenant ? Là, maintenant ! »

Sur ces mots, elle leva l'une de ses paumes en direction du ciel et y fit apparaître une flammèche, bien trop petite pour intimider qui que ce soit mais preuve formelle que ses entraînements avec "le vieux" portaient leurs fruits : elle n'avait jamais eu, avant de le rencontrer, la possibilité de faire naître une flamme de par sa propre volonté. Sans doute aussi admirative que sa soeur, elle finit par croiser le regarde celle-ci et lui offrit son plus beau sourire.

« Dans peu de temps, je suis sur que tu arriveras à faire la même chose, et... »

« FAYE ! » l'interrompit une voix plus loin qui fit bondir les deux demoiselles. « Viens là, je te prie. »

La jeune femme n'eut pas à demander à Luka de se déplacer, celle-ci ayant d'elle même comprit que le vieillard, dans une colère noire, n'attendrait pas indéfiniment la venue de sa seconde protégée... Faye, relevée, passa une rapide poussette sur ses vêtement pour en nettoyer la terre et s'approcha de lui avec très peu d'entrain. Son visage glacial la fit frissonner, et l'ambiance devint encore plus désagréable lorsqu'il décida de s'adresser en premier lieu à son enfant.

« Luka s'il-te-plaît, va t'occuper avec Adeline, je dois parler à Faye. » ordonna-t-il avant d'observer le dernier membre de sa descendance s'éloigner à petits pas.

Quand enfin il la crue hors de portée, il redirigea son attention en direction de l'apprentie, imperturbable.

« Laisses la en dehors de la magie. Ce sera mon premier et seul avertissement. » dit-il simplement sans élever la voix. « Prépare toi, j'ai du temps libre pour l'entraînement. »

Il n'ajouta rien et se contenta de tourner dos à la magicienne avant de s'éloigner. Seule, elle jeta alors un bref regard dans la direction que venait d'emprunter Luka et, tout sourire envolé, suivit les traces de l'homme qui la précédait.



►◄



« Et à ce moment, le rocher que j'avais fragilisé quelques instants plus tôt s'est brisé et un morceau est tombé sur la tête de l'homme ! Il a finit par être assommé et a lâché l'artefact que je recherchais. Un Od Sheelin, tu sais, ceux dont on dit qu'ils sont aussi rares qu'une nuit sans étoiles ? » Elle dessina rapidement une forme dans le vide en espérant que son ancienne partenaire de jeux en devine l'apparence. «C'est en tout cas ce que Georges m'avait dit... »

Le nom était sortit de sa bouche comme s'il avait toujours été présent dans son esprit, mais à aucun moment elle ne réussit à se rappelle l'existence du dénommé Georges. Déstabilisée, elle ne trouva même pas nécessaire de relever la chose et se contenta de rebondir pour effacer ses dernières paroles, ne voulant guère qu'un tel ressentit prenne le dessus sur la joie de ses récentes retrouvailles.

« J'ai encore tellement d'autres histoires à te raconter ! Et toi, qu'es-tu devenue depuis l'époque où le beau Clément t'étais promise ? » demanda-elle sur le ton de la moquerie. «Sais-tu que pendant ton absence, il a fait la rencontre d'une charmante Daënar et s'est éprise d'elle ? Elle n'a cependant pas un quart de ton charme... »


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