Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
Page 1 sur 1


 Il n'est pas de complot sans Faye.

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Ven 25 Aoû - 8:33
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury

_________________________________________________________


« Faye ? C’est bien vous ?
- Une faille ? Dans mon plan vous voulez dire ? s’indigna une voix qui alliait à merveille ton mielleux et timbre strident.
- De quel plan parlez-vous ?
- Vous d’abord mademoiselle, quelle faille vous turlupine ?
- Oh une jolie rousse, grande comme cela et … c’est à peu près tout ? »

Althéa avait accompagné sa description d’un geste de la main rendu machinal par l’itération, et destiné à donner une idée plus approximative encore que ce qu’elle en avait de la taille de la Faye en question. Jeune femme à qui elle accordait par ailleurs le rang émérite de "mirage humain". Quoiqu’à bien y réfléchir, mirage eut probablement été un compliment, dans la mesure où celui-ci se caractérisait par une vision, ce qui impliquait inévitablement quelque chose de visible et d’observable. Faye était tout sauf visible et observable. On s’était joué d’elle pour sûr, il n’y avait nulle personne de ce nom sur tout le continent My’trän, elle en donnerait sa main à manger à Süns ! Pour être tout à fait honnête, elle exagérait, il y avait bien le grand-père d’une certaine Léanne rencontrée au hasard de ses trajets quotidiens dans le quartier Ouest de Darga, mais là avait avorté sa seule piste viable. Sa préceptrice demeurait introuvable, et ses préceptes le restaient d’autant plus.  

La guérisseuse la cherchait depuis si longtemps qu’elle jurerait avoir rencontré plus de rousses en quelques semaines que dans les quelques autres mille semaines et des poussières qui constituaient ses vingt années d’existence. Avait-elle jamais présumé les rousses en voie de disparition ? Quelle ironie ! Il en pullulait davantage que des pigeons en Suhury ! Vous pardonnerez la comparaison peu méliorative, mais courir après un moins-que-mirage avait eu raison de sa poésie. Cette tâche lui semblait dorénavant aussi agréable que de marcher pied nu sur des limaces malades.

« Ma pauvre, vous n’êtes pas sortie d’affaire si vous espérez trouver une personne avec cette description !
- Ne soyez pas si pessimiste, je vous prie. Après tout, elle est rousse, pas brune, ça ne peut pas si mal se passer que ça, rétorqua Althéa avec une assurance feinte.
- Je vous donne un conseil, ma chère ? Faites le tour des auberges, c’est là que les gens se rassemblent. Vous serez vite au courant si quelqu’un a aperçu une femme rousse de cette taille-là.  »

L’étrangère avait imité son geste de la main, rendant encore plus absurde sa description sommaire de la personne qu’elle cherchait pourtant avec tant d’acharnement. Cela la frappa soudain que toute la volonté du monde ne serait pas suffisante tant que les moyens manquaient. Il lui fallait croire en une volonté supérieure à la sienne pour persévérer ainsi. Or c'était le cas ! Althéa croyait en la transcendance de Möchlog, pour le reste il était suffisant de se laisser guider par l’instinct. A ses yeux, l’instinct précédait la destinée. Là, voilà de quoi raviver son optimisme.

Aussi, qu’avait-elle de mieux à faire que de venir à la rencontre de toutes les rousses qui avait le malheur de croiser son chemin pour mettre toutes les chances de son côté ? Son interlocutrice, par exemple, était certes un peu plus vieille que la vingtaine donnée à la véritable Faye, mais elle ne pouvait laisser passer l’opportunité ; il lui fallait aborder tout individu de sexe féminin et aux cheveux de braise qui fit cette taille-là environ, sous peine de rater une potentielle Faye.

Althéa voulut prendre congé de la rouquine actuelle, mais la discussion ne s’arrêta pas là. En échange de son conseil, la femme apostrophée crut bon de dévoiler à Althéa son fameux "plan". Il consistait en peu de mots à humilier l’amie de celui qui avait fait chavirer son cœur et espérer ainsi prendre sa place. Elle fut abasourdie de rencontrer en chair et en os l’archétype de la jalousie. Il est des personnes qui ne devraient exister qu’en mythes et en légendes. Althéa se vit toutefois contrainte à écouter ce plan aussi pernicieux que lacunaire jusqu’à son dénouement, en maudissant secrètement l’idiotie des hommes, et l’étroitesse de leurs ambitions. Son bon naturel (ou son authentique indifférence) la fit écouter docilement chaque partie détaillée des sornettes qu’elle déblatérait, et elle s’efforça même de commenter celles-ci avec toute la sagesse Möchlogienne dont elle était capable à cet instant de sa misérable aventure. Quoi qu’il en soit, son interlocutrice semblait plus encline à s’écouter parler qu’à entendre ses remarques.
Ah, les rousses ! Des êtres insaisissables dans tous les sens du terme.

***

Malgré tout Althéa se laissa convaincre par le conseil de l’idiote éprise. Elle n'avait guère d'alternative ; elle parcourait les rues du quartiers Ouest de Darga, celui dédié à Süns, depuis plus de jours que ses doigts ne pouvaient en compter. Elle connaissait cette ville sur le bout de ces mêmes doigts pour avoir arpenté ses rues pendant près de trois ans, mais ses rondes méthodiques n'avaient su déjouer les dons de dissimulation de Faye. De surcroît, elle envoyait des missives à raison d’une par semaine à son contact, Luka Toen, qui lui avait répondu la deuxième semaine en assurant que Faye logerait dans le quartier mentionné précédemment. Althéa n’aurait pas craché sur une précision améliorée de son emplacement exact. A vrai dire, ce quartier-là grouillait de monde, et de toute évidence c’était là qu’elle était la plus susceptible de rencontrer des rousses ! Pourquoi par l’Inconnu avoir opté pour ce quartier ! Et quel genre de personnes se donne rendez-vous sans fixer de point de rendez-vous ! Elle devait posséder le don de se fourrer dans des galères sans fins.

Le lendemain suivant sa rencontre avec une certaine rousse (il pouvait s’agir de tout jour de la semaine) elle se rendit donc dans la première taverne qu’elle vit, déterminée plus que jamais à trouver cette Faye. Elle se fondit dans le brouhaha de la salle commune, qui se transforma bientôt en un bruit de fond plus agréable que le pseudo-ménestrel qui s’époumonait dans un coin de la pièce. Elle s’approcha du client le plus proche.

« Bonjour camarade ! Vous n’auriez pas vu une rousse de…
- ’Tends, attends ! Tu m’payes à b’ire si j’te r’ponds ?
- Comment ?
- Argh, laiss’ moi b’ire en paix ! T’me f’tigues déjà…
- Hm, fort sympathique, ironisa-t-elle en tournant aussitôt les talons. Puisse Sûns sauver son âme. »

Elle s’éloigna de l’ivrogne, intérieurement en détresse. Peut-être n’était-elle simplement pas faite pour devenir une apprentie guerrière ? Elle avait fait suffisamment d’efforts pour pousser le destin en ce sens, Möchlog la voulait pure et dénuée de tout crime de sang, ne l’avait-il pas prouvé ? Cependant il lui fallait mener à bien une dernière tâche avant de retourner vaquer à ses occupations habituelles (car en effet, le chasse à la femme n’était pas partie intégrante de ces dites occupations). Il lui fallait à tout prix racheter les âmes du quartier de Süns. Et accessoirement, s’excuser pour avoir importuné toutes les rousses du quartier.
Dans le coin de la pièce, le barde scandait :

Mélinda, tu m'as oubliiiiééééé, délaissséééé,
Avec mon coeur tu t'en es alllééééée [...]


***

Le temple lui tendait les bras, chaleureux à l’image de son architecte. Quelle havre de paix, comme elle y avait aspiré ! Elle ne put qu’admirer l’architecture, portée par sa dévotion de Möchlog étrangement transposée à Süns pour ces quelques instants de contemplation. L’endroit lui donnait un sentiment d'apaisement qu’elle n’avait pas ressenti depuis une bonne poignée de jours. Il en résulta une peur irraisonnée qui lui fit freiner le pas aux abords du temple ; elle n’osa pénétrer les lieux. Ce culte n’était pas le sien, et elle aurait l’impression de trahir sa chouette tant aimée en posant un pied dans ce temple. Elle s’adressa à Süns sur le pas de la porte, agenouillée tout de même sur le pavé froid.

« Ô flamme indomptable, griffon de noir vêtu qui se doit de régner sur la basse-cour de Darga. Pardonne l’impolitesse des soûlards et l’indécence des cœurs pris. J’ai trouvé en moi la bienveillance requise à leur rédemption, je ne saurais qu’espérer que leur dévotion pour votre plumage les guide sur le chemin de la bienséance. »

Althéa porta sa main à sa tempe pour se gratter autant que se donner le temps de réfléchir à la situation. Elle lui sembla plus ridicule encore que d’interpeller toutes les rousses qui commettaient l’affront de marcher dans la même ruelle qu’elle. Süns se moquerait bien de ses paroles, elle qui niait tout autre architecte que Möchlog. Elle ajouta malgré tout en se remettant sur pieds :

« Et si une dénommée Faye se fait remarquer (une rousse de cette hauteur à peu près), n’hésitez pas à lui dire que je suis dans les parages. »

Sur cette jolie requête, Althéa s’étira de satisfaction, comme après avoir achevé un travail de longue haleine. Un sentiment de soulagement allégeait son cœur si torturé jusqu’alors. D’humeur joviale, elle afficha son sourire sincère des jours de printemps de Khurmag, ceux où l’on commence à se délester d’une couche de vêtements et où l’on se sent instantanément plus léger. Ses pas la menèrent sans effort jusqu’aux jardins adjacents au temple, et elle parcourut sans poids aucun les allées arborées parfumées par les fleurs colorées. Tout était propice à l’enchantement pur et simple !

Et puis au détour d’un chemin, le drame pointa le bout de son nez. Une rousse se prélassait, un air innocent sur le visage et profitant ostensiblement de la brise légère. Althéa poussa un soupir, partagée entre la fuite immédiate et le violent accostage. La deuxième option se détacha rapidement, la première allant ouvertement à l’encontre des préceptes de Möchlog, la seconde lui offrant l’opportunité de régler ses comptes avec les rousses. Il fallait bien prendre le destin comme il arrivait, n’est-ce pas ? Elle n’était pas venue en quête d’une rousse, et pourtant, celle-ci s’était bien matérialisée devant ses yeux. Elle ignorait son rôle, mais il était indéniable qu’elle en avait un ! Elle vint se camper devant la dame -ou le drame- dont elle ne douta pas une seconde qu’elle n’était pas celle recherchée.

« Ah, ne croyez pas m’avoir ! déclara-t-elle d’un ton calme seulement en apparence.  Vous vous appelez Faye ? Non, c’est bien ce qu’il me semblait ! Cachez donc ces cheveux que je ne saurais voir ! »


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Jeu 7 Sep - 22:36, édité 4 fois
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Faye Toen
avatar
Sam 26 Aoû - 0:33
Irys : 206923
Profession : Chasseuse d'artefacts - Aventurière
My'trän +2 ~ Zolios
« Et laissez moi vous dire que vous êtes la femme la plus remarquable qu'il m'ait été donné de rencontrer. »

Faye releva à peine le compliment, bien trop perturbée par le poids des deux regards pesant sur ses épaules. L'un provenait d'abord de cet aimable casse-pied qui, depuis quelques minutes déjà, enchainait sérénades et louanges à son égard. L'opération semblait avoir pour finalité d'emmener dans ses draps une pauvre fille naïve dans l'espoir d'en faire son quatre heures, et s'il était difficile pour la Ju'äm de se laisser charmer par de telles avances, elle reconnu au moins à sa nouvelle connaissance un physique attirant qui aurait joué en sa faveur en d'autres circonstances. Le second regard, quant à lui, avait pour propriétaire une jeune femme rousse, plus âgée qu'elle même en apparence - statut d'anomalie hors compte - qui n'avait cessé de les observer depuis l'instant ou l'homme s'était installé au guéridon de Faye. Elle tabla d'abord sur une arriérée ignorant tout du contact humain et à qui les règles de la bienséance semblaient avoir échappé, mais quelques observations supplémentaires l'amenèrent à penser que la rouquine n'avait rien d'une folle ; aussi paria-elle finalement sur une femme ivre persuadée d'être devenue invisible aux yeux de tous ou bien sur une probable connaissance de son interlocuteur. Il n'allait pas être bien difficile de le confirmer...

« Dites moi, l'interrompit-elle en pleine cacophonie, connaissez-vous cette personne qui nous observe depuis que vous êtes installé à mes cotés ? ». Elle désigna la concernée d'un geste discret de la tête.

« Pardonnez ? »

Le Don Juan eut besoin de tourner la tête pour l'apercevoir, et c'est une expression de gêne qui s'était emparée de son visage lorsque Faye le vit reprendre sa position initiale. Démasqué, pensa l'adepte de Süns qui ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire, n'aidant en rien son partenaire à reprendre assurance.

« J'imagine que vous tentiez de me charmer malgré votre promesse à une autre Dame, et ce afin d'assouvir un besoin primaire et vous convaincre que vous êtes capables de plaire. Voilà qui est bien path... »

« Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez, affirma-t-il en la coupant dans son élan. En réalité... C'est une femme qui semble s'être éprise de moi et qui souhaite, pour une raison que j'ignore, humilier mes amies. Elle est peu discrète. Allez savoir pourquoi elle raconte ses lubies à chaque nouveau visage qui à la mauvaise idée d'aller s'adresser à elle... Toujours est-il que l'information remonte toujours jusqu'à mes oreilles et je... »

« Ah ! ...» lança Faye, quelque peu décontenancée. « Et bien, je... C'est probablement une très jolie anecdote à écouter mais je me vois contrainte de vous abandonner ! »

Déjà relevée avant même d'avoir terminé sa phrase,  elle tourna bientôt le dos à sa nouvelle connaissance dont elle ne souhaita conserver qu'un éphémère souvenir. Bon courage ! lui cria-t-elle finalement après avoir passé l'encadrement de la porte, satisfaite d'échapper à d'aussi étranges individus et à la promesse d'une désagréable mésaventure.


►◄


« 'Tends, si j'résume... T'veux qu'j'dise à une bonne femme qui pass'ra probablement par ici qu'tu l'attends chez l'bon vieux Süns. S'ca ? »

« Oui. »

« Et c'ment qu'j'la r'connais moi la donzelle ? »

« C'est déjà la quatrième fois que je vous le répète ! C'est une charmante femme aux cheveux sombres, à peu prêt haute comme ca. » décrivit-elle en alliant ses paroles à un geste censé faire deviner une taille dont elle n'avait qu'une vague idée. Sa sœur l'avait pourtant bien informée des caractéristiques physiques de son amie, mais Faye ne semblait guère douée pour les retenir et son unique souvenir de la longue description jointe à ses récentes missives était celui qu'elle venait de confier à cet homme saoul, maladroitement choisit pour transmettre son message... Maladroitement ? Pas totalement  en vérité : cet individu, dont le fessier semblait s'être enraciné dans un siège salit par ses soins et reconnu volontiers de tous comme sa propriété, était un alcoolique perpétuellement présent dans l'enseigne de jour comme de nuit, ce présentait comme avantage de permettre à Althéa de tomber dessus à coup sur si elle se présentait ici. Et elle se présenterait ici, Faye s'en était assurée.

Quelques jours auparavant, le dernier courrier qu'elle avait fait parvenir à sa sœur contenait l'adresse et le nom de ce lieu. Il avait été difficile pour l'anomalie de simplement donner un rendez-vous fixé à l'avance du fait de la traque que lui menait son régisseur. La jolie rousse avait du changer maintes fois de positions, allant de villes en villes pour semer son poursuivant, mais elle s'assurait à chaque fois de réduire la distance entre elle et sa future connaissance afin de pouvoir être certaine de se retrouver, un jour, au même endroit qu'elle sans risquer une rencontre impromptue. Il s'agissait finalement d'un jeu de piste dont Althéa et le régisseur étaient les deux participants, et elle même une récompense.

Le soiffard, quant-à-lui, semblait la seule variable incontrôlable du scénario. Faye le priait depuis la veille de faire preuve de concentration et d'observer attentivement toutes les femmes correspondant au profil donné, ce qui n'était pas pour déplaire à cet homme dont la dépendance à l'alcool ne semblait pas être le seul défaut...

« Quand qu'c'est qu'tu l'attends c'te bonn' femme tu dis ? »

« Justement, soupira-elle, je n'ai aucune idée de quand, et c'est pour ca que j'ai besoin de vous. J'imagine qu'elle devrait arriver demain, après-demain tout au plus. » Le temps que mon message à Luka lui parvienne, pensa-t-elle. « Ne vous inquiétez pas, je viendrai vous rabâcher la même chose ce soir et demain également. »

« Tant qu'tu m'paies 'core à b'ire... »

Elle sortit une pièce de sa bourse qu'elle déposa sur le comptoir et prit congé de l'homme, s'empressant d'aller respirer une bouffée d'air dépourvue d'arômes d'alcools et de vomi en dehors de l'établissement. La suite du programme ? Une petite virée jusqu'au temple de l'un de ses vénérés Architectes, Süns, qui selon les dires des locaux était une pure merveille d'architecture ; un édifice à la hauteur du Divin qu'il honorait. L'endroit idéal pour se ressourcer après de longues marches à travers My'trä !


►◄


« Entends mes paroles, toi qui gouverne Zolios
Süns, Ô divine, Griffon d'ébène,
Tu m'écoutais jadis dans mes prières,
Une fois encore, exauce mes vœux
Et que ton feu rayonne, pourfende nos cœurs
Ainsi pourrons-nous des cendres renaître.
»

Faye inspira profondément, releva la tête, ouvrit lentement les yeux : pas un adepte ne rôdait dans les parages, pas un insecte ne se risquait sur le marbre, pas un oiseau ne cherchait à briser de par ses chants le silence qui régnait sur le Temple aux cotés de la Divine Süns... Connaissant le pouvoir destructeur des flammes, la situation se voulait cocasse et fit légèrement grimacer la Ju'äm, qui s'en excusa aussitôt auprès de l'architecte - étant seule en ces lieux, un mauvais geste serait forcément remarqué par celle-ci ! Elle se releva finalement et sortit de l'édifice, non sans un dernier regard en arrière afin d'en contempler brièvement les finitions.

Elle ne s'attarderait pas plus longtemps ; elle reviendrait ici demain, à n'en pas douter !

Ses pas la menèrent jusqu'aux jardins avoisinant le Temple dont elle contempla avec un sourire ravi les parcelles de fleurs. Fraîcheur et magie se dégageaient de cet endroit, en totale opposition avec ces lieux qu'elle s'obligeait à fréquenter en temps habituels ; très éloigné des tavernes, auberges et autres endroits malfamés auxquels elle s'était accoutumée... C'est alors qu'apparue à quelques mètres d'elle une silhouette féminine, bien plus captivante encore que ce rosier qui retenait l'attention de Faye depuis déjà quelques secondes. Elle appartenait à une jeune femme aux cheveux sombres, d'à peu prêt cette taille-là, qui semblait bien moins calme que le ton de sa voix ne le laissait présumer.

« Vous vous appelez Faye ? » avait-elle demandé à une étrangère. Ces quelques mots ne pouvaient être le fruit d'une pure coïncidence : par le souffle d'Amisgal, il s'agissait d'Althéa en personne ! La mage de feu accourut dans sa direction et lui épargna une réponse négative de la part de l'inconnue, qui profita de l'intervention de Faye pour s'éloigner d'elles. Alors, celle-ci salua l'amie de sa soeur d'une révérence et préserva sa salive en commençant les présentations.

« Je suis Faye... » Elle plaça sa main à hauteur de la tête de son interlocutrice, la comparant ainsi à sa tare de référence. « Et vous êtes Althéa. » confirma-t-elle un instant plus tard.


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

Voir le profil de l'utilisateur

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Sam 26 Aoû - 20:02
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Le "drame " s’était raidi sur le banc, visiblement pétrifié par tant d’agressivité. En quel honneur cet énergumène venait troubler le calme relatif des jardins de Süns ? Tout véritable adepte du griffon ébène maîtrise à merveille la fièvre de l’emportement, et n’implose de fureur que lorsque toutes les circonstances sont réunies pour un tel désastre. Les plumes dont elles ornaient ses cheveux étaient blanches ; les adeptes de la chouette ne respectait donc rien à rien ! Elle avait pour seul tort de ne pas se prénommer Faye, et cela pourra vous sembler curieux peut-être, mais cette raison lui semblait bien insuffisante pour assaillir une inconnue sans histoire. Ce fut dans cette situation des plus périlleuses que la seule et unique Faye fit son entrée en tant que deux ex machina tant attendu et si inespéré à la fois.

La fausse Faye sauta sur l’occasion pour chercher le calme là où il y en avait, soit à une bonne lieue d’Althéa, maugréant malgré tout un mécontent « … me faire importuner de la sorte parce que je ne cache pas mes cheveux ! » que la chevêche entendit sans écouter. Son attention toute entière était portée vers la nouvelle venue, qui lui arrachait une émotion aussi proche du bonheur inconditionnelle que de l’incrédulité complète. Le mirage humain existait ? Comment vérifier une telle allégation ? Elle pouvait la voir, tout près, à quelques pas seulement d’elle, mais était-il même possible de la toucher ?

« Et vous êtes Althéa. »

Althéa cligna des yeux, s’extirpant de ses pensées, que les jours de " labeur" (c’est ainsi qu’elle les avait vécus) avaient probablement abruties. Faye avait placé sa main à hauteur de sa tête comme pour mesurer sa taille. Elle crut d’abord à une critique silencieuse de sa petitesse, mais une étincelle de discernement lui fit interpréter le geste autrement. Lorsqu’elle comprit la symbolique de son geste, elle explosa d’un rire soulagé. Elle se sentit obligée d’exécuter le même geste, plaçant volontairement sa main bien au-dessus du front de la jolie rousse.

« Luka vous avait bien donné un ou deux pouces de plus, elle vous connait moins que ce qu’il ne parait ! »

Althéa la prit alors par les épaules et la détailla sans gêne des pieds à la tête. Pendant un instant on eut pu croire qu’elle allait la serrer dans ses bras comme une vieille amie que l’on ne pensait pas croiser sur son chemin. Une fois son inspection réalisée, et après s’être arrêtée sur chacun de ses traits délicats et de ses courbes délicieuses, elle recula d’un pas et fit la révérence à son tour. Elle était palpable, c’était tout ce qu’il lui fallait vérifier. Il fallait pardonner sa méfiance, mais elle avait bien grandi dans un clan bercé par les illusions ! Celles de Khugatsaa évidemment.

« Passez outre mon impolitesse, je vous prie. Mais ma parole… il est plus difficile de vous trouver que de discuter avec Möchlog en personne ! On m’avait chanté vos louanges pour le combat armé, pas assez pour vos capacités de furtivité ! »

Ses mots étaient innocents, sans doute bien moins que ce qu’elle ne croyait, mais nul doute qu’elle mettait la difficulté de ce rendez-vous sur le compte du hasard et d’un sens de l’organisation contestable et pas d’une véritable nécessité à la discrétion pour son interlocutrice. Comme sa vision était biaisée, et par la même occasion bien plus propice à cette rencontre qu’une meilleure compréhension de la situation. Après tout, elle, Althéa Ley Ka’Ori, convaincue que les anomalies devaient périr, était subjuguée par la beauté de celle-ci, et était même emplie de joie à l’idée de l’avoir enfin trouvée. Quoi de plus ironique que le jeu de la destinée ?

« Que diriez-vous de marcher ! Je vous offrirai à boire avec plaisir si nos pas nous mènent à une taverne, mais j’espère avoir un contrat avec vous avant que cela n’arrive ! »

Payer un verre pourquoi pas, avec une alliée encore mieux ! Althéa rejeta sa cape en arrière, et s’élança dans la direction opposée de le fausse Faye. Les allées étaient nombreuses, mieux valait ne pas croiser celles arpentées par les âmes ennuyées par sa désinvolture.
Elle arborait à présent un calme olympien, non sans un certain bien-être apparent, mais qui contrastait grandement avec son effusion précédente. On sentait dans sa voix une ambition alimentée d’une motivation certaine et quasi-vitale.

« D’ailleurs, laissez-moi aller droit au but, j’ai déjà attendu quelques semaines pour vous faire part de mon projet après tout. Luka vous a déjà mise au courant de mes ambitions je présume ; j’aimerais me joindre à vos aventures, quelles qu’elles soient. Vous êtes le genre de personne qui vit dans l’action, n’est-ce pas ? Je n’escompte pas vous êtes d’une grande aide, mais vos services ne demeureront pas impayés. »

Son regard glissa de l’allée qu’elles parcouraient pour se fixer dans les yeux clairs de Faye. Sa tête s’inclina naturellement sur le côté, et elle déclara d’un ton faussement dramatique :

« Et fait non négligeable en ma faveur, je connais une recette secrète pour soigner les maux de tête… »

Tenue approximative d'Althéa, avec la cape en noir brodée par ses soins ... et sans le poignard évidemment:
 


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Jeu 7 Sep - 22:37, édité 3 fois
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Faye Toen
avatar
Ven 1 Sep - 22:24
Irys : 206923
Profession : Chasseuse d'artefacts - Aventurière
My'trän +2 ~ Zolios
Bien courageuse, fût-elle, pour ne pas avoir abandonné ses recherches avec si peu de renseignements. Et visiblement faussés, pour ne pas alléger la tâche ! Combien d'individus n'auraient pas prit la peine de quitter le confort de leur vie avec la promesse de moitié moins de difficultés à affronter ? La persévérance semblait chez elle une remarquable qualité que la Ju'äm ne manqua pas de relever. Elle en vint à se demander si elle même n'aurait pas capitulé face à tant d'imprévus, ce qu'elle objecta après s'être remémoré quelques brides d'entraînements passés auprès d'un inconnu une décennie plus tôt, et la volonté dont elle avait du faire preuve pour parvenir à maîtriser un élément aussi indomptable que le feu...

Peut être se découvrirait-elle beaucoup de points communs avec cette jeune femme ? Elle disposait de bien assez de temps pour faire sa connaissance, aussi escomptait-elle mettre celui-ci a contribution...

« J'ai mis des années avant d'apprendre l'existence de ma sœur, et réciproquement. L'invisibilité doit être un talent inné dans la famille... » finit-elle par lui répondre après s'être vue doublement gratifiée pour ses "compétences". Elle eut alors une pensée pour ses parents biologiques dont elle n'avait jamais pu apercevoir le visage, abandonnée par ces derniers quelques temps après sa naissance. "Talent inné dans la famille", n'est-ce pas ?

L'adepte de Mochlög lui emboîta finalement le pas, proposant de s'arrêter dans une taverne si leur chemin les y menait. Voilà qui n'était pas pour lui déplaire ! Faye semblait avoir discerné chez elle un brin de folie - qui bien dosé peut rendre une personne attachante et inoubliable - mais l'excitation apparente d'Althea s'apaisa subitement, laissant place à un comportement à contrecourant de ce qu'elle avait laissé transparaître jusqu'à présent. Comme elle l'avait préalablement annoncé, elle alla droit au but : si Luka l'avait orientée vers Faye, ce n'était pas dans l'espoir de faire une simple rencontre amicale mais bel et bien pour quémander ses services. Il était ici question de combattre à ses cotés, sinon l'observer combattre, afin d'apprendre le béaba des arts qu'elle pratiquait. Quoi de mieux pour cela que de se joindre à elle lors de ses nombreuses péripéties - et lui faire profiter par la même occasion de ses propres compétences ? Faye, un sourire ravi, n'eut pas à réfléchir bien longtemps pour donner réponse.

« La solitude commençait à me peser ces derniers temps... » accompagna-t-elle d'un rire jovial. « Mais pensez-vous envisageable de nous accorder une journée de pause avant de débuter nos aventures ? Vous devez êtres exténuée après tant de marche, mieux vaut-il que vous preniez du repos... » fit-elle constater, soucieuse de bien être de sa nouvelle partenaire ; après quelques secondes de réflexion, elle se remémora le curriculum de sa camarade et s'arrêta brusquement, replaçant une mèche de cheveux égarée derrière son oreille afin de cacher sa maladresse. « Mais il serait bien condescendant de ma part de vous dire ce que vous devez faire, bien entendu. »

Faye dissimula sa gêne derrière un adorable sourire à son intention, bien consciente qu'une amitié naissante n'est que difficilement entachée par de telles bévues. Elle se remit finalement en marche aux cotés d'Althéa, observant celle-ci avec une attention toute particulière, captivée par la simplicité qui se dégageait de cette jeune femme et qui la rendait pourtant unique : belle mais discrète, douce mais forte, gracieuse mais sauvage... Tant d'adjectifs pour la qualifier en si peu de temps passés en sa présence !

Elle n'avait qu'une hâte à présent : en apprendre plus de sa camarade...


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

Voir le profil de l'utilisateur

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Sam 2 Sep - 21:11
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
« La tristesse dans cette histoire, c’est d’en avoir une de sœur ! »

Sa voix était rieuse, mais pas moins destinée à relativiser les peines. Voire mieux, à les alléger. Il est fort probable qu’elle usa un peu de sa magie d’apaisement à cet effet, par mesure de sûreté plus qu’en réponse à un signe de faiblesse assumé de la part de Faye.
Ce n’était pas tant qu’un altruisme irrépressible l’ait frappée en plein cœur, mais plutôt que la tristesse d’autrui l’incommodait. Or un pressentiment tout naturel s'était emparé d'elle, éveillé dans son inconscient par les émotions tout juste perceptibles de sa voix. Deux émotions s’étaient dégagées, celles de l’incompréhension et de la rancœur inavouée. Elles lui chuchotèrent toutes deux de tempérer ses propos, et ce malgré son tempérament :

« Je plaisante, évidemment. Mais si vous ne deviez que la rencontrer à un âge avancé, c’est que les architectes l’avaient écrit et voulu de cette manière. Et qui sait combien une enfance commune peut réduire une fratrie à néant, ils vous ont probablement sauvé la mise ! »

Se sentit-elle concernée ? Pas suffisamment pour exprimer quelque affliction de l’âme, mais assez pour qu’une interrogation poigne dans un creux solitaire de son esprit. Elle la chassa aussitôt pour laisser la voix mélodieuse de Faye balayer toute impression de négativité, et accessoirement lui ravir les tympans. Non, décidément les Toen étaient des êtres plaisants qui rendaient viable à eux seuls sa quête inespérée d’aventure. Elle se permit un demi-sourire, très égoïstement soulagée par la tournure de la conversation. L’attitude de son interlocutrice était fort singulière ; elle la traitait avec un respect timide, lequel Althéa se garderait bien d’étouffer pour l’instant.

Faye la pensait épuisée, mais elle ressentait bien au contraire l’adrénaline que tout novice en la matière se voit porteur à la veille d’une aventure, quand bien même il s’agirait d’un jour de préparatifs ou de banal trajet à dos de poney. L’objectif primait sur tout désagrément, et lui procurait la sensation d’être reposée pour la semaine à venir !

« Ma foi je préférais la randonnée à l’ennui, même si la frontière entre les deux m’a semblé ténue à plusieurs reprises. De là à dire que cela m’a exténuée, tout de même pas. Je suis plutôt décidée à me divertir. »

Elle marqua une pause stratégique destinée à se donner quelques instants de réflexion. Les deux jeunes femmes quittaient à présent les jardins floraux de Süns via de splendides portails forgés, qui débouchaient tristement sur une rue pavée (le concept était sans doute de la paver de trous). La somptuosité du parc jurait scandaleusement avec l’apparente pauvreté qui régnait à l’orée du quartier. C’est souvent à la périphérie des villes que s’opèrent les brusques retours à la réalité. Des odeurs fétides s’échappaient de masses informes accolées aux murs des maisons étroites, et de misérables mendiants revenaient de leurs tours de manche depuis les artères menant au centre. Althéa dégagea un mouchoir de sous sa cape et s’en couvrit délicatement les narines, menant le pas à contresens du mouvement naturel des manants.

La guérisseuse avait bien quelques connaissances en ville avec qui se divertir, mais il lui semblait fort approprié de convier Faye à des festivités. N’était-ce pas le moyen le plus aisé de faire plus ample connaissance ? La rue suivante tombait nettement moins dans la débauche que la précédente. Elle s’autorisa à retirer son tissu pour reprendre la parole, non sans une certaine lueur de malice illuminant ses iris sombres :

« Pour être honnête… l’absence de mes frères commençant à me peser, j’aurais apprécié un peu de compagnie aux fêtes traditionnelles du centre-ville. Je pourrais vous vendre leurs faste par mille mots, sans jamais égaler ce que vous ressentiriez en vous y rendant directement. »

Il y avait peu de choses pour lesquelles Althéa s’extasiait ; au hasard, le chocolat à la violette et les fêtes traditionnelles de Darga. On les disait incroyables, elles étaient exceptionnelles, on chantait leurs merveilles, quand elles engendraient de véritables miracles. La foule qui s’y rendait était somme toute fort semblable aux braves gens que l’on rencontre quotidiennement, quoique habillés avec davantage de goût et plus soignés. Quelles meilleures prémices à une épopée qu’une soirée d’hommage aux architectes pour bénir leurs avenirs scellés ?

« Il s’agit un peu d’une invitation forcée, je vous l’accorde. »


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Jeu 7 Sep - 22:36, édité 2 fois
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Faye Toen
avatar
Mer 6 Sep - 17:14
Irys : 206923
Profession : Chasseuse d'artefacts - Aventurière
My'trän +2 ~ Zolios
Le duo avait troqué couleurs et joie qui émanaient des jardins du temple pour la grisaille et la monotonie d'un quartier malfamé de Darga. A peine un pas y fut franchi que des effluves nauséabondes vinrent accueillir leur odorat, subtil bouquet de différentes émanations si agressives pour les narines que la belle Althéa dut se couvrir le nez afin de s'en préserver partiellement. Faute de posséder également un mouchoir, Faye ne l'imita pas, et quand bien même aurait-elle eut la possibilité de le faire, on aurait aisément pu parier sur les chances que la Ju'äm n'effectue pas un tel geste. Elle ne porta cependant aucun jugement envers sa camarade - il était parfaitement compréhensible de ne pas supporter ce genre d'exhalaison - mais elle n'aurait su se pardonner elle-même un tel agissement si le regard d'un des innombrables miséreux qui vagabondait dans ces ruelles venait à croiser le sien. Elle possédait cette qualité et ce défaut, cette "sensibilité" si développée qui la poussait à chaque instant à se projeter en son prochain ; hypersensibilité, lui avait-on dit ! Une incapacité à faire preuve d'apathie, le besoin d'aider ses semblables et la quasi-impossibilité de rester impassible devant une injustice, dans la mesure de ses compétences. La traversée s'avéra ainsi bien plus douloureuse pour son estomac, noué dés leur arrivée dans la zone pavée, que pour ses naseaux accoutumés aux odeurs fétides courantes dans les lieux qu'elle fréquentait.

Elle remercia intérieurement sa partenaire lorsque celle-ci détourna son attention à l'aide d'une proposition alléchante : une visite de la fête traditionnelle au centre-ville, pratique de Darga réputée jusqu'aux frontières de Suhury et plus loin encore ! Faye feignit l'étonnement, ses lèvres s'écartant légèrement pour mimer la surprise et l'intérêt. Devait-elle lui avouer que, durant les trente années de son existence, elle avait participé à plusieurs reprises à ces festivals ? Elle n'avait pas eu besoin que pareille proposition lui soit faite afin d'en découvrir la beauté, la popularité de cet événement étant déjà très grande quelques décennies auparavant... Ne pouvant conserver ce secret plus longtemps, elle esquissa son contentement et chantonna, telle une enfant, quelques vers dont elle avait conservé le souvenir :

« Plumes-au-bonnet et sourire-au-visage, pourpoints-de-soie mais souliers-d'un-autre âge... » entonna-t-elle mélodieusement, claquant entre elles la paume de ses mains et récitant les paroles d'une des musiques dansantes usuelles de la ville,  incontournable lors de cet événement !

Après quelques instants, sa mémoire lui fit finalement défaut et elle s'interrompit brusquement. Ses yeux se posèrent alors sur l'adepte de Mochlög à ses cotés, espérant ne pas avoir gâché par cette révélation la joie qui semblait l'avoir transcendée quelques secondes plus tôt.

« Je suis ravie que vous me forciez à vous y suivre, pour ne rien vous cacher. Le goût des légendaires brochettes de khippogin commençait à me manquer... » avoua-t-elle, savourant ce plat local dans son imaginaire. « C'est la première fois que je m'y rend accompagnée, aussi devrions rester proche l'une de l'autre, à moins que vous n'escomptiez me chercher une fois encore ? »


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

Voir le profil de l'utilisateur

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Ven 8 Sep - 16:44
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Une fois l’étonnement passé, Althéa se joignit promptement au chant entamé, et les heureuses demoiselles se mirent à scander en cœur :

Bandit-sans-peine et courtois-du-village, balourd-du-coin et talentueux-page,
Venez à la fête, vivre des amourettes,
Vanter les minettes, viser des comètes,
Voir des belettes, vendre des violettes,
Vouvoyer une serviette, vexer une courgette,
Valser sur une trompette, vomir votre luette,
Et enrichir les malhonnêtes, en l’honneur des architectes !


Althéa s’était prise au jeu, trop heureuse de reconnaître les vers chantés et d’en connaître les vers suivants. Elle n’avait pas quitté Faye des yeux si ce n’est pour ponctuer la chanson d’accès de rire et s’assurer de surcroît qu’elle ne percutait aucune victime malencontreuse de leur humeur festive. Ce fut au cours de ce moment de joviale communion qu’elle se résolut à tenter coûte que coûte d’entrer dans ses faveurs.

Ses motivations vous échapperont sans doute. Certains aspirent à s’épancher en confidences, à pouvoir user d’une épaule sur laquelle s’appuyer, d’autres à disposer d’un compagnon de misère, ou de relations influentes. La guérisseuse ne recherchait qu’une seule et unique chose ; la connaissance, animée par son trait de caractère le plus poignant, la curiosité. Qu’est-ce qui poussait les autres à se lier d’une amitié fusionnelle ? Comment faire confiance à qui ne partage pas son sang ? Et plus que tout, si deux personnes n’avaient pas grandi et mûri côte à côte, sur quel support se forgeait une telle relation de complémentarité ? Il lui semblait incongru que deux individus de différentes origines fassent même l’effort de se trouver des bases communes.

Mais elle était déterminée, et c’était sans doute la seconde fois en deux décennies qu’une aspiration prenait forme et se cristallisait dans son esprit pour rejoindre celle intitulée Reconnaissance de mon frère.

Le temps de finir leur chanson, que quelques passants avaient gaiement repris sur leur chemin, et la clameur des festivités les enlaça de sa chaleureuse étreinte. Elles distinguaient déjà des ivrognes qui n’avaient guère attendu la nuit pour descendre une bouteille, des familles propres sur elles qui comptaient leurs enfants, des my’träns de haute importance qui circulaient d’un air pédant, et quelques jolies dames qui marchaient sur leurs traînes.

« Croyez-moi, je vous ai suffisamment cherchée pour une vie entière ! Allons donc du côté des scènes, et tâchez de me suivre, autrement, je vous retrouverai, et je me vengerai comme il se doit ! »

Althéa entraina sa nouvelle comparse jusqu’aux lieux mentionnés, où se déroulaient les spectacles les plus éblouissants de ces quelques jours de festivités. La foule se faisait de plus en plus dense alors qu’elles s’enfonçaient dans le quartier de Möchlog. Les places avaient été aménagées pour l’occasion, habillées par mille estrades. Une en particulier semblait amasser un auditoire important, et Althéa fit des coudes pour se frayer un chemin vers elle, Faye à sa suite. Une bonne femme rouspéta lorsqu’elle se fit un peu bousculée, et Althéa rétorqua d’un ton sec :

« Ne me faites pas croire que vous n’avez pas fait la même chose pour arriver jusqu’ici. »

La scène se laissait à présent deviner. En son centre, un ballet d’art et de feu mêlés avait lieu. Des danseurs, drapés de quelques morceaux de tissus pour les filles et d’étoffes tout en longueur pour les hommes, virevoltaient au rythme d’un orchestre qu’Althéa aurait jugé compétent, mais que le fin musicien aurait déploré pour ses quelques dissonances.

Sur l’estrade, des couples se joignaient puis se séparaient dans des explosions de flammes qui détonnaient au rythme des tambours. Les hommes n’étaient pas moins souples que les femmes, bien au contraire ! Ils enchainaient sauts périlleux et sauts majestueux, accompagnant chaque mouvement d’une traînée de flammes tandis que leurs partenaires faisaient fuser des étoiles filantes enflammées. Althéa dut se rapprocher de l’oreille de Faye pour couvrir le vacarme de sa voix tranquille. Elle savait pertinemment qu’il y avait plusieurs lectures à son interrogation, mais c’était là un aspect qu’elle chérissait tout particulièrement.

« Il parait que c’est votre domaine d’embraser le public, vous n’voudriez pas rejoindre leur troupe ? »
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Faye Toen
avatar
Jeu 14 Sep - 18:20
Irys : 206923
Profession : Chasseuse d'artefacts - Aventurière
My'trän +2 ~ Zolios
Althéa se prit au jeu avec facilité ; il n'y eut alors besoin de rien de plus pour stimuler la part de fillette qui demeure en Faye ! Les deux compères battirent ensemble la mesure dans une synchronisation presque parfaite. Elles avaient échangé tout du long un regard complice, ne se quittant des yeux que pour éviter d'éventuels obstacles et s'assurer qu'elles suivaient le bon chemin - quand bien même une oreille un tant soit peu attentive aurait suffit à repérer la bonne direction ! Lorsque les derniers vers furent prononcés, la Ju'äm s'abandonna à un rire sincère qui laissait aisément deviner la voie que semblait emprunter leur début de relation : une amitié franche et épanouie, agréable.  

Elle se rendit bientôt compte que leurs pas les avait guidés, le temps de pousser la chansonnette, jusqu'aux premiers ateliers de braderie qui pullulaient autours du principal centre d'intérêt des festivités. C'est vers ce dernier que l'adepte de Möchlog paraissait vouloir l'entraîner, sans même se laisser séduire par ces alléchants arômes de nourritures qui torturaient d'ores et déjà les narines de la jolie rousse à chacune de ses respirations. Elle se jura de revenir lorsque les pulsions de joie de son amie seraient calmées.

Quelques bousculades, plusieurs dévisagements et de nombreuses insultes plus tard, le duo arriva enfin devant une scène installée pour l'occasion : on y trouvait nombre d'artistes compétents parmi lesquels des danseurs, athlètes et autres acrobates de tout genre mais également un orchestre dont il fut difficile de déterminer le talent tant le brouhaha de la foule en masquait la qualité. Néanmoins, cette même foule n'en semblait pas le moins du monde gênée et hormis quelques éternels mécontents, la quasi-totalité des individus présents - dont Faye - exaltaient d'allégresse et de satisfaction. Elle observa comme s'il s'agissait de la première fois les flammes parcourir l'espace, leurs propriétaires jouant avec elles comme si elles n'avaient été que de simples jouets et les spectateurs, dont l'écrasante majorité n'était pas constitué d'adepte de Süns, s'amusaient de cette vision positive d'un élément pourtant si dévastateur...

Après s'être rapprochée suffisamment pour se faire entendre, Althéa choisit cet instant pour s'adresser à Faye. La Ju'äm, enthousiasme à revendre, prit les paroles de la jeune femme au mot et, comme mise au défi, lui rendit en guise de réponse un sourire malicieux. L'écartant d'une pousse sans réelle force, elle profita de l'espace autours d'elle pour se replacer afin de faire face à la scène et concentra son attention sur les danseurs flamboyants, attendant le moment propice pour agir... Lorsque celui-ci arrive enfin, la femme subtilisa l'art de chacun d'entre eux afin de le faire revenir dans sa direction sous la forme de rouleaux de flammes, faisant s'accroupir instinctivement la populace qui cru d'abord à une attaque d'un adorateur du griffon d'ébène. Faye - identifiée comme la fauteuse de troubles - fut bien entendu l'une des rares personnes à rester debout ; elle profita de sa liberté de mouvement nouvellement acquise pour se repositionner à nouveau, tirant profit de l'espace libéré pour manipuler au mieux ce qui ne paraissait pour le moment qu'un grossier panache de flammes. Pourtant, lorsqu'il fut à sa portée, elle divisa admirablement le tout en deux sublimes déflagrations parfaitement égales qu'elle fit s'envoler verticalement. Alors semblèrent-elles s'entremêler, sans pourtant jamais se toucher, et elles ne furent de nouveau qu'une seule et unique flamme qu'au moment ou Faye le jugea propice. La boule de flamme gigantesque demeura immobile au dessus des spectateurs, désormais plus admiratifs qu'effrayés, et c'est par un mouvement brusque que la responsable du tumulte la fit exploser en un milliers d'étincelles, remplissant le ciel de milliers de flammèches qui n'eurent pas à attendre de toucher le sol pour se consumer.

Faye ne sembla nullement inquiétée par le lourd silence qui s'était imposé depuis son intervention. La foule s'était tue sans requérir à un consentement mutuel et l'orchestre n'avait semble-t-il pas jugé correct de continuer à interpréter sa musique. Pendant quelques secondes, tous les regards se dirigèrent simplement dans la direction de la belle rousse et ce n'est finalement que grâce à l'intervention d'un inconnu que le calme fut brisé.

« C'était excellent ! » cria-il sans qu'elle ne puisse l'apercevoir.

La foule, comme libérée par ces simples mots, offrit un tonnerre d'applaudissements, sifflements et autre tapages festifs et Faye distingua difficilement les compliments qui lui furent adressés. Un des artistes sur la scène lui fit également signe d'escalader les marches pour le rejoindre ce dont elle ne se fit pas prier. Un sourire jusqu'aux oreilles dressé sur le visage, elle ne pu difficilement cacher sa satisfaction et se contenta de tirer une révérence pour saluer son public, ne manquant pas de fixer un instant Althéa pour lui certifier qu'elle ne l'avait pas oubliée.  « Au moins, elle n'aura pas à me chercher... » pensa-t-elle avec ironie.

« C'était.. Waw. » se contenta de commenter l'homme à ses cotés, visiblement encore surprit par cette intervention non planifiée. « Savez-vous également danser ? Permettez moi de vous demander de nous faire une démonstration. » demanda-t-il alors sans attendre réponse.

Il recula, saisit la main de la jeune femme et plaça une main dans son dos sans consentement, avant d'indiquer à quelques musiciens - par un geste de la tête - d'accompagner leur danse.

En avant la musique !:
 


Ainsi, le spectacle sembla reprendre un court normal, et Faye se laissa entraîner par les mouvements de son partenaire sous les yeux de centaines de spectateurs claquant des mains au rythme de la chanson. Après quelques secondes et de maladroits écrasement de pieds, la danseuse réussit finalement à se synchroniser et accompagna son partenaire sans trop de difficultés, guidée principalement par celui-ci. Aussi, lorsqu'elle sentit qu'elle en avait la capacité, elle choisit de rendre le spectacle un peu plus impressionnant en embrasant partiellement certaines parties de son corps par instant, captivant ainsi l'attention de la foule pour mieux dissimuler ses faibles prouesses de danseuses. Puis, l'homme jugea opportun de faire basculer la demoiselle en arrière lorsqu'elle n'y fut pas préparée ce qui provoqua irrémédiablement la chute de celle-ci au sol et le fou rire de la horde agglutinée autours de la scène. L'homme se confondit en excuses tandis que Faye riait à gorge déployée, bien plus impressionnée que blessée. Elle se releva en empoignant le bras de son partenaire et tout deux saluèrent la foule dans un mouvement identique. Alors, son regard se posa à nouveau sur Althéa.


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

Voir le profil de l'utilisateur

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Sam 16 Sep - 19:00
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Lorsque Faye scruta la foule de ses yeux enjôleurs en quête d’une Suhur particulière, cette dernière avait quitté son emplacement supposé depuis plusieurs minutes déjà.  Elle avait certes assisté au grand spectacle, lequel elle avait indirectement provoqué ; comment détourner son regard de la magnificence des flammes ? Faye avait subtilisé l’attention des spectateurs aux artistes sur scène. Loin de s’en formaliser, ils demeurèrent tout d’abord immobiles puis improvisèrent un accompagnement volontairement effacé. Althéa avait plié les genoux et couvert sa tête, effrayée par les lames incendiaires qui s’étaient propulsées droit dans sa direction. Ce fut donc dans un instinct de survie des plus rationnels qu’elle prit ses distances.

Bien vite son regard fut toutefois attiré par la colonne de flammes et la spirale doublée qu’elle dessinait. Le mouvement de la foule lui fit perdre l’équilibre, et elle dut s’extirper d’entre deux soldats Suhurs qui la compressaient (et la dépassaient d’un bon pied par ailleurs) pour être à même de reprendre une inspiration salvatrice ; juste à temps pour assister au bouquet final du spectacle. La kyrielle d’étincelles se réfléchirent dans ses iris, qui n’exprimaient à présent qu’émerveillement et ivresse. Non pas celle que l’on attribue à l’alcool et ne fournit qu’une maigre chaleur réconfortante au creux de l’estomac, mais plutôt l’euphorie qui vient après avoir trop peu rêvé pendant trop longtemps lorsque l’on assiste à une merveille du monde.

La responsable de cette joyeuse représentation fut invitée sur scène, et Althéa ne sut réprimer un sourire fier. Elle serait vue comme l’amie d’un prodige ! Elle aurait crié « elle est avec moi ! » si les applaudissements tonitruants et l’orchestre avec sa mélodie arythmique n’avaient pas étouffé toute velléité de hurler. A défaut, elle se rapprocha du mieux qu’elle put de l’estrade, son avancée facilitée par sa petite taille mais certainement pas par sa force de projection ! Faye achevait sa danse avec un charmant adepte de Süns, et elle était forcée de l’admettre : elle était sublime ; et elle avait sublimé le spectacle de sa présence.

« Faye ! appela Althéa, alors que son amie parcourait la foule d’un air confus. Reviens ici avant que je te perde de vue ! »

La plaisanterie devenait récurrente ! Il ne lui sembla pas moins nécessaire de l’avoir à portée de main. Faye accepta de délaisser sa place d’honneur pour descendre aux côtés d’Althéa. Celle-ci attrapa son bras comme pour l’entraîner hors de la foule, mais Faye sembla résister. La guérisseuse se retourna vers sa compagne avec étonnement, auquel elle répondit par un sourire fort déplaisant tant il annonçait quelque fourberie. La rousse lui attrapa la hanche et força sa main dans la sienne avec une douceur résolue, et entama les pas de danse nouvellement appris.

« Non vraiment, ce n’est pas ce que j’entendais par "aventure", protesta Althéa d’un ton sec. »

Mais sa partenaire de danse ne semblait pas en avoir cure, puisqu’elle poursuivit ses lancers de jambe, forçant Althéa dans ses écarts. Elle se fit réticente pendant ce qui sembla être une éternité, par principe autant que par gêne ; elle, danser avec une partenaire ? Ses joues avaient rosi et elle priait Möchlog pour que la lumière du crépuscule soit insuffisante à dévoiler les couleurs sur ses pommettes. Elle connaissait nombre de danses traditionnelles Khurmis, mais aucune qui se dansât exclusivement en couple. Pourtant, Althéa n’eut pas le cœur de lui faire défaut plus longtemps. Elle analysa quelques pas supplémentaires, tentant tant bien que mal de suivre ses mouvements, et s’appliqua maladroitement à les reproduire. La danse se fit désordonnée et lente au premier abord, puis elle gagna en vigueur et en rythme. C’est ce que l’on désigne comme "prendre son pied".

Dans leur folie dansante, et gaieté de leurs pas, elles heurtèrent un autre couple et se rendirent bientôt compte que la foule s’étaient joints à elles. La danse n’avait plus lieu uniquement sur scène, mais également sur les pavés ! C’était la magie des festivités de Darga, telles que même les architectes ne sauraient la manier.

« Hey, salut toi… ! Ça te dirait pas un p’tit verre… ? Dans ma piaule, dis donc ? J’suis aussi bon au lit qu’tu l’es avec les flammes ! »

Un jeune romantique stimulé par ce qui devait probablement constituer son tout premier verre de cidre s’était accroché l’épaule de Faye. Althéa répondit à son impulsivité la plus primaire et lui asséna un coup en pleine face comme elle n’en avait probablement jamais délivré. Son inexpérience devint évidente lorsqu’elle secoua sa main meurtrie, et souffla sur ses jointures endolories. Sa partenaire de danse la regardait avec surprise, et elle crut nécessaire de se justifier, feignant un calme que ses phalanges ne prônaient guère :

« Quoi ? Il nous a interrompues, j’ai bien le droit de lui rendre la pareille ! »

Althéa s’écarta alors de l’estrade, prenant garde à ne pas perdre Faye. Il ne fallait surtout pas rater un autre numéro de ces festivités. La ville en regorgeait par milliers, au risque de noyer le public dans la quantité autant que le perdre dans différents degrés du qualitomètre. Elle fit halte pour leur payer quelques beignets de Sorogh, et son regard se retrouva inexorablement attiré par une couleur pourpre vif sur l’étable voisine du vendeur de confiseries. Althéa en demanda aussitôt un pot, et se retourna vers sa victime :

« Chacun son tour, tu m’as fait danser, je te peinturerai ! »

Peu de ses fréquentations l’auraient reconnue ce soir-là. Le fait est qu’Althéa lâcha prise. Son masque de cynisme s’était dissout, et les émotions affluèrent dans son cœur qu’elle ouvrit sans hésitation aucune. Ces sensations étaient aussi belles que nouvelles, et allégeaient son coeur pour la première fois depuis bien longtemps. Elle songea que la soirée était réjouissante, sa nouvelle partenaire ravissante et qu’elle avait plus que mérité sa part de bonheur au cours des deux dernières décennies.
En ligne Voir le profil de l'utilisateur

Faye Toen
avatar
Mer 25 Oct - 16:08
Irys : 206923
Profession : Chasseuse d'artefacts - Aventurière
My'trän +2 ~ Zolios
Encline à porter assistance au jeune homme qui l'avait invité à partager sa couche, Faye se ravisa lorsqu'elle constata que le coup avait probablement plus impacté Althéa que sa cible elle même. La chevêche agita sa main dans le but d'en faire disparaître la douleur ; la flamboyante ne la quitta pas des yeux et bien qu'elle ne tolérait pas la violence gratuite, aussi insignifiante soit elle, la justification qu'apporta son amie suffit à la convaincre de ne pas lui en porter préjudice. Mieux encore, elle se contenta de lui renvoyer cet énième sourire dont elle avait le secret avant de se laisser emporter loin de l'estrade sans mot dire. « Au fond, pensa-t-elle, mieux vaut-il que cet homme soit frappé par elle maintenant que par moi plus tard ! ».

La belle la lança dans une course effrénée à travers les centaines de personnes venues assister aux festivités sans qu'elle ne puisse deviner vers où les guidait leurs pas. Elles s'arrêtèrent finalement pour déguster quelques mets qui ravirent les papilles des deux gourmandes avant que l'adepte de Mochlog ne décide de peinturlurer son visage, douce vengeance que l'anomalie accepta de subir sans broncher. C'est ainsi qu'elle se retrouva affublée de plusieurs traits horizontaux pourpres sous les paupières sans pour autant que son charme n'en subisse de conséquences : tout au plus semblait-elle retombée dans l'adolescence, et son hilarité n'avait pas pour conviction d'en persuader du contraire !

« Je me sens seule désormais... Tu permets ? » demanda-t-elle sans attendre de réponse.

Saisissant à son tour le pot, elle effleura du doigt son contenu et vint soutenir le visage de sa partenaire à l'aide de sa main inoccupée. Avec une assurance mêlée de douceur, elle appliqua le baume sur ses joues toujours rosies par les précédents événements et y dessina deux paires d'yeux ouverts. Son méfait accomplit, elle s'éloigna de quelques pas avant de prendre de faux airs de contemplation, brisé aussitôt par un rire qui fit tourner quelques têtes autours du joyeux duo.

« Désolée, je n'ai jamais été douée en dessin... » s'excusa-t-elle en essuyant une larme nichée au creux de son œil. « Mais tu restes très charmante, je te rassure, tu me voles sans aucun doute la vedette ! D'ailleurs, que... »

Faye s'interrompit brusquement et la joie présente quelques instants plus tôt sur son visage fondit comme neige au soleil. Elle resta de marbre quelques secondes avant de tourner la tête dans une direction sans qu'elle ne puisse en justifier la raison. « Il y a quelque chose là bas. » pressentit elle simplement, et un sentiment de curiosité mêlé de peur s'empara d'elle. Althéa la prendrait à coup sur pour une folle désormais, une lunatique au mieux !

« Je... J'ai sentis quelque chose. » avoua-t-elle avant que son amie ne l'interroge. « Un appel à l'aide, comme si l'on attentait à la vie de quelqu'un. Comme si... »

Son cœur manqua un battement. Non, il n'y avait plus de pressentiments : c'était désormais une certitude ! Quelque chose se tramait non loin d'ici, et par Dieu Süns quelles raisons Faye pouvait le ressentir... Alors, persuadée qu'elle n'aurait pas besoin de se faire prier pour être suivie par la jeune femme, elle s'élança à vive allure dans cette "direction" vers laquelle son instinct la guidait, bousculant au passage de nombreuses personnes qui l'injurièrent de tout les noms. Son amie n'aurait au moins qu'à suivre les insultes...


Code couleur dialogues de Faye : #ff6600
Code couleur alternatif : #33cc99

Voir le profil de l'utilisateur

Althéa Ley Ka'Ori
avatar
Lun 30 Oct - 16:06
Irys : 355154
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Althéa admira son travail ; elle avait tenté au mieux de reproduire les peintures tribales de son enfance, mais sans l’appui bienfaiteur d’un pinceau, les traits en étaient ressortis plus grossiers que dans sa mémoire. Ma foi, elle ferait mieux une fois qu’elle serait mieux équipée ! Ces symboles feraient l’affaire pour la soirée, d’autant qu’elle jugeait avoir été fidèle à la représentation mentale qu’elle s’en était faite.

Elle prit goût au jeu, et laissa sa nouvelle amie étaler la peinture sur ses joues de ses doigts délicats, lui dévouant une confiance aveugle. A sa décharge, le contact était agréable et trompeur. Ses mains semblaient dessiner à la perfection les contours d’un symbole qu’elle ne parvenait guère à deviner seulement par le toucher.
Pourtant Faye semblait quelque peu déçue du résultat. Althéa la gratifia tout de même d’un sourire reconnaissant. Elle attendit que les couleurs s’imprègnent à son épiderme, puis elle plaqua une main sur sa joue et observa l’empreinte de l’œil qui était apparu sur sa paume.

« Pour une première fois, c’est pas mal ! l’encouragea-t-elle avec douceur. »

Mais son commentaire, qui se voulait rassurant, n’eut pas l’effet escompté. Le visage de Faye se décomposa, et une détresse soudaine déforma ses traits pourtant si délicats. Inquiétée, Althéa s’empressa de reprendre :

« Non vraiment, je t’assure ! C’est vraiment un bel … (elle jeta un coup d’œil furtif au dessin, tentant de détermine ce qu’il représentait) œil ? acheva-t-elle d’une voix presque interrogative. »

Faye lui fit alors part de son ressenti, et elle s’en trouva égoïstement soulagée de ne pas être la cause de son tracas. Elle ignorait comment réagir dans le cas probable où elle vexait un jour une amie dont elle désirait la sympathie avec autant de ferveur qu’elle désirait celle de Faye.

« Hey, ce n’est pas grave, tu veux qu’on s’éloigne ? »

Sa comparse lui jeta un regard choqué, et elle comprit sa méprise. Elle avait tenté le coup, mais il semblait que la fête était bel et bien terminée.

« Je plaisante, Faye, je te suis. »

Les deux jeunes femmes s’engagèrent dans les petites rues transversales aux grandes allées surpeuplées, et la clameur festive se dissipa dans l’air ambiant comme une goutte d’eau lumineuse dans un océan d’obscurité. L’anxiété de Faye lui était contagieuse, et elle ressentit bientôt une tension remonter le long de son échine. Elle douta que se précipiter à la rescousse d’un individu mal en point dans des ruelles sombres fût un scénario qui connût un dénouement heureux.

Elles aboutirent sur une impasse étroite, et Althéa regretta que les instincts de Faye eussent vu bon. Un homme gisait à terre, et une quantité de sang inquiétante teintait le sol poussiéreux d’un vif écarlate. Althéa se précipita à ses côtés, et s’agenouilla près de lui, sans prendre garde au liquide poisseux qui imbiba aussitôt ses vêtements. Elle avait beau avoir semblé indifférente plus tôt, elle était à présent toute impliquée dans sa tâche, emprisonnée dans un dévouement remarquable. Elle mit en veille les parties indemnes du corps blessé pour limiter les dégâts de celles endommagées, et tenta au mieux de retenir la faible énergie vitale qui l’animait encore.

« Je… Ca ne sert à rien… peina-t-il à déclarer, grimaçant sous l’effort. »

Althéa avait évalué ses chances de survie, et elle les savait déjà plus que minimes. D’expérience, elle estimait à environ un sur mille ses chances de survie, aussi elle balaya la remarque d’un bref hochement de tête ; il lui restait une chance, elle ferait en sorte de la saisir. Elle continua donc à prodiguer ses soins, se méprenant visiblement sur les dires du blessé puisqu’il crut bon de préciser, de sa voix hachée :

« Même si vous me sauvez… la secte me tuera… »

La guérisseuse lança un regard suppliant à Faye. Elle ne parvenait à se concentrer tout en démêlant les propos entrecoupés et incohérents de l’homme qui agonisait sous ses mains. Elle espérait que son amie parviendrait plus ou moins à le distraire, afin qu’elle puisse s’occuper de sa survie davantage que de ses délires !
En ligne Voir le profil de l'utilisateur