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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Alerte au voleur !

July Lahry'Dryka
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Lun 28 Aoû - 17:08
Irys : 145720
Profession : Joaillière
Daënar 0
Du travail, toujours plus de travail. Je n'en voyais plus le bout. Les commandes étaient plus nombreuses chaque jour. Grâce à la foire que nous avions fait, nous nous étions fait connaître et les clients trouvaient le chemin vers notre boutique plus facilement. Dire que j'avais été contre cet évènement ! J'avais du mal à me l'avouer mais heureusement que mon oncle m'avait forcé la main ! Ce succès bien mérité était pourtant fatiguant et je m'étais surprise, avec mon oncle, à travailler jusqu'à des heures pas possibles. Nous nous étions couchés avec les cris des gens bourrés, au petit matin. Ca changeait d'avant où nous étions parfois en manque total de travail et où il fallait se serrer la ceinture. Les gens reconnaissaient enfin nos travaux à leur juste valeur. Le sonnette de la boutique qui tintait joyeusement était un son merveilleux pour mes oreilles. L'afflux de travail me plaisait pourtant : j'avais toujours préféré me réfugier dans mon univers rempli de pierres précieuses plutôt que de côtoyer le monde extérieur.

Je m'étais levée tôt ce matin-ci et mon oncle devait me rejoindre plus tard dans la matinée. J'ouvrais les fenêtres pour aérer dans tous le magasin. Même si tout ce ménage m'agaçait, il me fallait le faire où notre boutique serait bientôt un nid de poussière. Surtout qu'il suffit d'un grain de saleté pour saccager notre travail. Une fois ces taches accomplies, je m'installa à mon atelier. Chaque jour, j'étais heureuse de prendre mes pierres, mes marteaux et mes pinces et de fondre, taper et travailler mes artefacts. Pendant des heures et des heures, je me vidais la tête. J'oubliais tout, je ne pensais à rien. Adieu personnes dans la rue et foule vivante. J'étais enfin seule.

J'étais en train de délicatement tailler un saphir, coups après coups pour la faire rayonner quand je sentis un coup de vent souffler sur mon visage. Déconcentrée dans mon travail, je me levais avec l'intention de fermer les fenêtres mais passait d'abord boire un petit peu. Il m'arrivait souvent de ne pas boire ni manger pendant plusieurs heures mais j'étais tellement passionnée que ça n'avait que peu d'importance. Je me dirigeais vers la réserve où nous gardions toujours quelques bouteilles. Je me désaltérai tranquillement puis repartit vers mon atelier.

J'étais en train de réfléchir à une parure qu'on m'avait commandé et comme à chaque fois que j'étais concentrée, je ne faisais pas attention à ce qui se passait autour de moi. Je me dirigeai vers mon plan de travail mais au dernier moment, je me fis demi tour pour finalement retourner chercher ma bouteille. Il fallait mieux qu'elle soit près de moi. Je perdrais moins de temps la prochaine fois. En me retournant, j'aperçus alors un bout de tissu voler derrière le comptoir. Un intrus dans ma boutique ? J'attrapai une pince trainant par là et m'approchait doucement tout en demandant :

" Y'a quelqu'un ? "

Bien entendu, je n'eus pas de réponse. Je m'approchai en pensant que mon esprit m'avait joué des tours. C'est alors que surgit une silhouette fine et camouflée. Un voleur ! Je ne m'étais rendue compte de rien ! Heureusement que je l'avais découvert ! Mais pour l'instant, cette pensée ne m'apporta aucun réconfort. Le bandit s'était approché de moi et m'avait attrapé pour que je ne lui fasse pas entrave. Là, je réalisai totalement ma situation et commençai à paniquer. J'eus juste le temps de crier avant qu'il ne me bâillonne de sa main libre.

" Au voleur ! "

J'espérai vraiment que quelqu'un m'entendrait. J'étais terrorisée et sans force, en train de revivre un pan de ma vie que j'aurai préféré oublier. Je n'étais pas faite pour le combat.


Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:32, édité 2 fois
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Gwen Feien
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Mar 29 Aoû - 0:17
Irys : 1706828
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Ce matin je suis sortie tôt de ma chambre, laissant Cinder dans celle d’à côté récupérer de ses émotions et de ses blessures. Je n’aime pas rester enfermé et aider à sortir mon apprenti de ses problème m’avait empêcher de faire un tour du côté de chez moi. Or c’est justement pour ça que je suis dans cette ville ! Ce serait un comble de partir avant d’avoir vu ma mère et les deux mioches, de loin. Les réunions larmoyantes très peu pour moi. Évidemment la journée commence tôt pour eux. Ils n’ont que huit ans et doivent toujours aller à l’école quant à ma mère, elle quitte le nid en même temps que pour alléger quelques passants. Je les vois sortir par la porte principale de l’immeuble à peine à près une demi-heure à attendre. J’ai vu juste, les routines on la vie dur. Heureuse d’avoir pu observer le trio bien portant, je décide de passer mon chemin me mêlant à la foule matinale.

Je vogue pour l’instant de façon sage. Profitant juste de la tranquillité de la ville. Ou ce qui semble calme pour moi qui quelques jours à peine affronter un mage devenu fous sur la place de la ville. J’évite d’ailleurs de retourner dans cette zone. Heureusement que personne ne m’a associée à ce drame, je n’ai pas besoin de devoir expliquer au gouvernement à quel point ils ont été mauvais sur ce coup !

Mes yeux passent sans prêter attention aux travailleurs matinaux jusqu’à ce que je capte une silhouette connue. Un enquiquineur de première toujours avec des mauvais plans, surnommé par mes soins le Boulet. Marrant qu’il soit encore en vie. Curieuse et désœuvré, je décide de le suivre. Sait-on jamais, je pourrais lui rendre la pareil pour toutes les fois où ses manigances sont venues entraver les miennes. Pas qu’il les connaissait mais il était tellement doué qu’il attirait régulièrement la milice à lui, et par le même coup à des endroits qui ne m’arrangeait pas ! Outre le fait qu'il me cherchait régulièrement des noises pour marquer son territoire tel un babouin.

Sans grande surprise, je le vois pénétrer dans la boutique d’un joaillier, ni la subtilité ni la prudence n’avaient jamais fait partis de ses qualités ! Non, c’est juste un types stupide et méchant avec de bonne jambe. Encore heureux que ce ne fut pas un colosse, je n’imagine pas les dégâts autrement ! J’accélère le pas pour pouvoir entrer à sa suite et un : « Au voleur !  » m’accueille à peine le pas franchi. Et il n’avait que trente secondes d’avance….

Je me garde bien de m’annoncer. J’avais fait attention en entrant de ne pas faire sonner la cloche, n’ouvrant la porte qu’assez pour me laisser passer et tout doucement.

« Tu ferais mieux de la fermer ou je volerais plus que tes biens ! »

Toujours aussi classe et bête. Tout occupé avec sa proie, il ne prête aucune intention à son environnement et tourne à moitié le dos vers d’entrée ! Certes, son cri d’angoisse n’était pas assez puissant pour porter bien loin mais quand même. La dague à la main, je n’hésite pas à lui lancer dans l’épaule tenant l’arme, le geste sûr. Pas question de laisser le temps à sa victime de faire un truc stupide qui nous mettrait en danger. L’autre dague en main, je suis prête à récidiver s’il ne prend pas ses jambes à son coup. Ce dont je doute fortement connaissant l’énergumène. En tout cas, il a perdu son arme qui a teintée bruyamment en touchant le sol...




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Gwen parle en #0033ff
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July Lahry'Dryka
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Mer 30 Aoû - 14:20
Irys : 145720
Profession : Joaillière
Daënar 0
" Tu ferais mieux de la fermer ou je volerais plus que tes biens ! "

J'avais encore plus envie de crier mais je savais qu'il ne le fallait pas. Je me retiens de faire quelque chose de stupide. Je devais guetter le bon moment. Je voyais tout avec clarté, la peur m'avait rendue lucide. Je devais être comme un chat, attendre, puis bondir. Je sentais mes muscles se tendre face à la tension mais je ne bougeais plus. Je devais faire style, donne l'illusion d'être une proie simple, pas bien épaisse et facile à maîtriser. Dans ces moments-là, ce n'était pas July Lahry'Dryka qui était en possession de mon corps. C'était un instinct de survie, une masse sombre qui dormait au fond de mon être. Il jaillissait pour me protéger. Comme lorsque j'avais été battue. Et maintenant, à chaque danger, je me laissais emporter par ce courant noir.

J'attendais le bon moment, sentant mon énergie couler dans mes veines. J'étais en rage, comme possédée mais je doutais de faire le poids face à un voleur qui me tenait fermement. Et subitement, il me lâcha en criant. Je reçus du liquide chaud sur mon bras et vit un couteau retomber sur le sol. C'était ma chance, je ne savais pas ce qu'il s'était passé, je ne voyais pas ce qu'il se passait dans mon dos mais une chose était sûre : l'arme de mon ravisseur était par terre et à portée de main. Je l'attrapai en me dégageant et en n'oubliant pas de donner un coup de coude dans le ventre de l'énergumène. Je le ferais payer !

En me retournant, j'aperçus une jeune fille, pas plus âgée que moi, un couteau à la main. C'était elle ma sauveuse ? Je n'aurais jamais pensé qu'une petite frimousse blonde puisse manier aussi bien des armes fatales. Surprise, je brandissais le couteau que j'avais ramassé, en contrôlant les tremblements qui voulaient m'agiter, mais pas vers la fille, plutôt vers le voleur qui m'avait attaquée. Ma rage avait disparu à l'arrivée du sang. J'étais libérée, il n'y avait plus de danger imminent et ma poussée d'adrénaline s'effaçait doucement. J'avais l'impression d'avoir couru un marathon et je contrôlai difficilement mes mains tremblantes. Le voleur était à terre, dans un état assez pitoyable, barbouillé de son propre sang. Le couteau avait du toucher les ligaments et lui faire beaucoup plus de mal que prévu car il ne pouvait plus bouger son bras. Il semblait vouloir se relever et courir vers la porte mais je doutais qu'il eut assez de force pour le faire : se prendre un couteau n'était jamais une partie de plaisir. Il n'était plus une menace mais je gardais quand même son arme dans ma main. S'il se relevait, je n'hésiterai pas à être brutale. Il m'avait attaquée alors que j'étais en position de faiblesse et s'il ne bougeait que le moindre doigt, il allait connaître la même situation.

Il me faisait quand même pitié. Il n'avait plus rien à voir avec le bandit qui était rentré dans ma boutique. Quand il me vit avancer vers lui, il recula et dans un dernier élan d'espoir, il se releva mais rapide, je lui fis un croche patte et il s'étendit brutalement sur le sol. Il n'allait plus bouger pour sûr. J'attrapai un bout de tissu et entreprit de le nouer autour de son épaule, pour faire un garrot de fortune, tout en me maudissant intérieurement contre ma stupidité. Pourquoi le soignais-je alors qu'il m'aurait surement tuée pour quelques bijoux ? Mais c'était plus fort que moi, je ne voulais pas voir quelqu'un mourir, ni être blessé. Tout ce sang me révulsait. Il ne méritait pas ce châtiment, pas aujourd'hui. Une fois le bandeau posé, je pris une corde cette fois-ci qui reposait sur mon atelier et lui noua les mains dans le dos, tout en accrochant la corde à l'escalier qui prenait place au fond de ma pièce. Je serrai fort, assez pour voir ses poignets rougir et espérai qu'il ne savait pas défaire ses liens, ce qui n'était pas sûr.

Tout en faisant ces multiples taches, je n'oubliai pas ma sauveuse alors quand j'eus fini mes actions qui ne prirent que quelques secondes, je la remercia cordialement :

" Merci. Une chance que tu aies été là. "

Je ne savais pas quoi dire de plus. Elle méritait sans aucun doute plus de remerciements mais je refusai de dégouliner de mièvrerie. Ca avait le don de me dégouter plus qu'autre chose.

" On fait quoi de l'autre maintenant ? Il mériterait de croupir en prison ", lançai avec une mine de dégout.


Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:34, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Mer 30 Aoû - 16:49
Irys : 1706828
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Bon, au moins eut-il la sage idée de s’écrouler au sol et d’y rester avec l’aide de sa victime. Le voyant ainsi pathétique ne m’arrache aucune lueur de compassion, il l’a bien mérité ! Et encore, j’ai été gentille. Pas autant que la bijoutière qui le bandait pour une raison obscure à mes yeux. Sans trop m’en préoccuper, je range ma dague et récupère l’autre ensanglantée sans oublier de l’essuyer sur ce médiocre voleur. Une fois cela fait, je regarde la jeune femme l’accrocher à l’escalier, ne bougeant pas un pas en sa direction.

« Merci beaucoup. Une chance que tu aies été là !

-Tout dépend pour qui. »

Je ne suis pas sûre que notre prisonnier en dirait autant, pas qu’on lui demande son avis mais bon… Ou que j’y tienne. Je ne sais juste pas faire face à des remerciements, ce n’est pas vraiment dans mes habitudes de venir en aide aux autres. Et là non plus ce n’était pas mon objectif, un simple dommage collatéral. Le cynisme c'est plus naturel chez moi, j'y peux rien.

« On fait quoi de l'autre maintenant ? Il mériterait de croupir en prison »

En voilà des propos plus intéressants. Si je suis restée, ce n’est évidemment pas pour papoter ou pour la prunelle des yeux d’une fille bien trop gentille. Certes, elle lui a donné un petit coup mais après ce qu’il s’apprêtait à faire, il méritait plus. Pas la prison, envoyer un confrère en prison aussi mauvais soit-il n’est pas une bonne idée. Le risque qu’il blablate à votre sujet est trop grand, entre autre.

« Je doute que ça lui fasse ni chaud ni froid, il a l’habitude de la côtoyer. »

Je me tais un instant. Le laisser partir ainsi, avec juste une petite blessure, serait trop facile. En même temps, il ne mérite pas que je déploie des efforts monstres. Je décide donc de proposer un remède simple à la demoiselle sans me justifier d’aucune sorte : qu’elle en déduise ce qu’elle souhaite.

« Je suggère de le laisser croupir ailleurs : dans les égouts »

En prenant le soin de le dépouiller avant même si je doute qu’il ait quoi que ce soit de valeur sur lui.  À moins qu’on lui ait donné. Évidemment, il est impossible de faire ça dans la rue passante en face de sa boutique à cette heure de la journée. D’ailleurs en y pensant, je ferais bien de vérifier un détail...

« Si vous avez une sortie arrière ? Je suppose que tu ne travailles pas seule ici ? »

Ce n’est pas impossible, après tout Wendy n’est pas bien plus âgée et a sa propre boutique. Bien que je ne sois pas sûre que la comparaison soit très flatteuse. Je ne connais juste pas d’autre jeune propriétaire.




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Gwen parle en #0033ff
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July Lahry'Dryka
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Jeu 31 Aoû - 18:22
Irys : 145720
Profession : Joaillière
Daënar 0
La jeune fille ne semblait pas vraiment heureuse de me voir saine et sauve mais dans ce cas-là, pourquoi était-elle venue à mon secours ? Connaissait-elle ce gars avant de le rencontrer ici ? Venait-elle se venger d'une quelconque action qu'il lui avait faite ? En tout cas, malgré sa petite frimousse et sa tête blonde, cette fille n'était pas l'ange qu'on aurait pu croire qu'elle était. Le masque se fissurait doucement dans mon esprit.

L'inconnue était bien plus cruelle que moi. Je pensais vraiment qu'elle serait d'accord pour le rendre à la police mais le mettre dans les égouts étaient trop horribles pour que j'y aie ne serait-ce que penser ! Je refusais d'être comme avant, comme les gens du gang... Si je pouvais éviter des dommages collatéraux, je le ferais. Et puis, je n'imaginais pas la réputation néfaste que pouvait tirer ma boutique si je sortais dehors en trainant un mec ensanglanté dans la rue. Les bons avis que nous avions durement acquis viendraient fondre comme neige au soleil. Mais je devais de toute façon enlever cet individu de chez moi. Et nettoyer au plus vite le sang qui allait finir par s'infiltrer dans le bois si ça continuait.

L'inconnue semblait réfléchir à comment faire et posait des questions qui faisaient presque penser qu'elle avait déjà vécu cette situation.

" Je travaille avec mon oncle aussi mais il n'est pas là. "

Penser à mon oncle me réchauffa le coeur. C'était une des rares personnes en qui j'avais confiance et il m'avait toujours soutenu, même quand il ne savait pas ce qu'il s'était passé. Il fallait d'ailleurs que je range tout le bordel que cette attaque avait mis ! Je ne voulais pas mettre mon oncle en colère à cause du bazar. Et puis, s'il n'était pas énervé, il serait inquiet et voir ses petits yeux scruter mes moindres mouvements en attendant que je dises quelque chose, c'était encore pire. Je répondais ensuite à la deuxième question de la fille :

" La seule sortie que tu vois, c'est celle où tu es entrée. Je suis d'accord qu'il mérite pire mais au moins, appeler la police permettrait de s'en débarrasser facilement. Et sans que tout le monde se demande pourquoi on traine un gars plein de sang dans la rue, devant ma boutique. "

Le gars était fin mais l'inconnue et moi l'étions encore plus alors le soulever allait en plus être compliqué. Il fallait élaborer à un plan d'attaque. Je tenais encore dans mes mains la dague de mon agresseur et m'amusait à la faire tourner tout en réfléchissant. J'étais dos au voleur alors je ne vis pas qu'il avait défait ses liens. Il me sauta dessus sans que je m'y attende et je laissai un sursaut sonore s'échapper de ma bouche. Il avait osé recommencer et encore une fois, je m'étais faite avoir. Sauf que l'individu, dans sa hâte de pouvoir sortir au plus vite avait oublié que j'avais toujours son couteau. Cette fois-ci, je n'hésitai pas et lui plantai dans le ventre, à l'aveugle. J'étais recouverte de sang mais au moins, il m'avait lâché. Avec ce nouvel assaut, l'homme était dans un état encore plus mauvais. Je me retournai et lui murmurai, passablement énervée :

" Je te jure que si tu recommences, aucun médecin ne pourra soigner tes blessures. "

Si il me rattaquait, cette fois-ci, je ne donnai pas cher de sa peau. Il ne fallait pas me prendre pour une petite bête apeurée non plus ! Je l'avais soigné car tout le monde peut faire une erreur, m'attaquer l'avait été pour lui mais recommencer, ce n'était plus une erreur, c'était de la connerie humaine. Heureusement pour moi par contre qu'il ait été blessé préalablement car je n'aurai pas pu riposter autrement. Le fait qu'il n'ait pu se servir que d'un seul bras avait été une bénédiction.

" On a un vrai problème maintenant. Il va avoir du mal à bouger, " lançai à l'inconnue qui était restée à sa place.

J'étais pragmatique et réaliste, ça me permettait de cacher le fait que j'étais un peu secouée d'avoir poignardé quelqu'un. Certes, c'était pour me défendre mais psychologiquement, ce geste me rappelait d'horribles souvenirs.


Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:40, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Dim 3 Sep - 13:03
Irys : 1706828
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
« Je travaille avec mon oncle aussi mais il n'est pas là. »

Son oncle pas son père ou sa mère ? Marrant, je pensais que ce genre de boulot ne se filait qu’à la descendance directe. Mais qu’est-ce que j’en sais ? Quant au reste de la réponse, je le vois bien qu’il n’y a personne d’autre avec nous et s’il avait été là, il serait sûrement intervenu pour aider sa nièce ! Non, ce qui aurait été intéressant à savoir, c’est s’il risquait de débarquer bientôt…  

« La seule sortie que tu vois, c'est celle où tu es entrée. Je suis d'accord qu'il mérite pire mais au moins, appeler la police permettrait de s'en débarrasser facilement. Et sans que tout le monde se demande pourquoi on traine un gars plein de sang dans la rue, devant ma boutique. »

Une moue quelque peu dubitative laisse transparaître mon opinion. Déjà un magasin avec une seule entrée c’est pas terrible en cas d’incendie et pas terrible pour nous voleurs, mais je suis sûre que le Boulet n’a pas vérifié avant de venir faire son braquage lamentable ! D’autre part, moins j’ai de contact avec la milice mieux je me porte. Je n’ai aucunement le temps de partager mes idées que l’autre remets ça avec un assaut. Cette fois je n’interviens pas, pas la peine. La bijoutière semble apte à se défendre finalement. Même si je comprends pas pourquoi poignarder un type ne la gêne pas alors qu’elle le rechigne à le mettre aux égouts là où il appartient ! Les gens ont de drôles de contradiction des fois.

« Je te jure que si tu recommences, aucun médecin ne pourra soigner tes blessures. »

S’il survivait à celle-là. Il avait l’air un peu blanc à côté de tout ce sang. Je crois qu’il ne va pas bouger tout de suite ou retenter un truc stupide dans l’immédiat, la preuve : il n’a même pas l’énergie de répliquer. Un grand soulagement pour nos oreilles !

« On a un vrai problème maintenant. Il va avoir du mal à bouger »

Certes, cela compliquait la chose pour le mettre aux égouts mais pas pour faire appel à la milice. De toute façon, ce n’est plus vraiment mon problème. Je pourrai partir et m’en laver les mains, il n’y a aucune trace sur moi du sang qui a été versé. Rien qui me liait à cette agression si ce n’est la jeune femme. Et ce regard perdu… Après tout, je n’ai rien de prévu aujourd’hui, je peux rester encore un peu pour être sûre que l’autre ne tente pas une autre entourloupe et surtout ne mette pas encore plus sa victime dans l’embarras.

« Il suffit de le mettre dans un tonneau et de le rouler jusqu’où tu veux... »

Je ne suis toujours pas très fan de la partie force de l’ordre. Avec de la chance, elle voudra bien se contenter d’un coin perdu à défaut des égouts. Au pire, je l’abandonnerais avant. En attendant je me charge de lier ses bras dans le dos correctement. Une fois cela fait je me relève et je complète le plan d’action. Rester les bras ballant ne va rien arranger et la boutiquière semble avoir besoin de bouger. D’une voix ferme mais douce, je poursuis donc :

« Je peux en trouver un dans la rue sans trop de problème, par contre va falloir que tu te changes. Tu as de quoi faire dans ta boutique ou je te ramène un truc ? »

Dans tous les cas, la blanchinette -ou quoi qu’on dise pour les gens aux cheveux blancs- devrait attendre seule ici avec son agresseur le temps que je trouve ce qu’il nous faut. Vu son état, ça ne pose pas vraiment de problème je pense. À moins qu’elle veuille m’accompagner, même si je ne pense pas que soit une bonne idée : qu’est-ce qui se passerait si son oncle arrivait et voyait ça sans personne pour lui expliquer ?!




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Gwen parle en #0033ff
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July Lahry'Dryka
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Mar 5 Sep - 22:53
Irys : 145720
Profession : Joaillière
Daënar 0
Le temps était quelque chose d'extrêmement intéressant. Parfois, il s'écoulait très lentement, goutte par goutte, minute par minute mais d'autre fois, il accélérait et s'écoulait à une vitesse folle. C'est ce qu'il se passait en ce moment. La crainte d'être repérée avec un homme blessé dans ma boutique, les cheveux ébouriffés et les vêtements plein de sang me donnait des poussées d'adrénaline. J'étais sur le qui-vive. Surtout que je ne voyais aucune solution possible pour m'extirper de ce guêpier.

Heureusement, l'inconnue semblait connaître les petites astuces des bas-fonds et des galères. Elle me proposa de le faire rouler dans un tonneau. Je fus très surprise par cette proposition et l'ahurissement transparut sur mon visage. C'était vraiment une idée saugrenue mais pas si dénuée de raison que ça quand on y réfléchissait. La probabilité que ça marche était quand même haute alors je me mis à réfléchir réellement à cette idée alors qu'à peine cinq secondes avant, je pensais que c'était irréalisable et un petit peu idiot.

" Vas-y, j'ai une blouse pour les travaux salissants, ça fera bien l'affaire. "

La jeune femme sortit alors de la boutique et mon instinct reprit le contrôle. J'étais maintenant seule avec le dangereux individu et je m'attendais toujours à ce qu'il me saute dessus. Après l'avoir regardé brièvement je me fis la réflexion que je devais pas trop m'inquiéter : il n'avait même plus la force de s'asseoir. Je l'aidai en le redressant et partit ensuite dans mon atelier, récupérer ma blouse et un tee-shirt. Il n'était pas très propre et sentait la sueur mais il conviendrait parfaitement à l'utilisation que j'allais en faire. J'enlevai précipitamment mes habits tachés de sang et enfilai ce que j'avais. Je remis en place mes lunettes goggles sur mon front et revient dans la salle de vente.

Une fois l'inconnue revenue avec un gros tonneau, je me dis que finalement, ce n'était pas une bonne idée de mettre changer vu que nous allions devoir déplacer le gars. Je regardai la jeune femme et jaugeai ses muscles. Elle semblait en avoir déjà plus que moi ce qui ne pouvait être qu'une bonne chose ! Je me plaçai alors derrière le bandit, prêt à le soulever et le mettre dans le tonneau. Il n'avait vraiment pas choisi son jour : être trimbalé dans un tonneau n'allait pas être d'un grand confort. Entre la dureté du bois, le roulement du tonneau qui allait lui donner envie de vomir et l'étroitesse où il allait être, les minutes qu'il allait passé là-dedans allait être longues. Très longues. Mais c'était bien fait pour lui. Il avait joué, il avait perdu. Peut-être qu'il ferait plus attention la prochaine fois ! Si prochaine fois il y avait !

" Je prends les bras, tu prends les jambes ? "


July parle en #0099cc


Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:42, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Mer 6 Sep - 11:01
Irys : 1706828
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
J’ai presque envie de rire quand elle me regarde avec ses gros yeux. Il faut bien savoir se débrouiller quand on fait ma taille ! Et mon métier… Enfin, au moins ne la rejette-t-elle pas en bloque comme pour l’égout. Je crois que je l’aurais laissée se débrouiller seule pour le coup ! Ma sympathie pour les inconnus est très limitée.

- Vas-y, j'ai une blouse pour les travaux salissants, ça fera bien l'affaire.

Pas besoin de me le dire deux fois, en quelques enjambées je suis dehors. Je remonte la rue jusqu’à la cave à vin que j’ai dépassée pour arriver à sa boutique. Dans la ruelle à côté de l’établissement, il y a pile ce que je cherche : des tonneaux vides à jeter parce qu’ils sont troués ou que sais-je encore. D’un pas décidé je me dirige vers le tas, en choisi un qui peut tourner sans se désassembler et je repars avec le faisant rouler devant moi. Le proprio à l’intérieur n’a pas dû se rendre compte de mon chapardage, ou il ne s’en soucie guère car personne ne me court derrière en criant au voleur alors que je retourne sur mes pas avec ma prise.

« Et, vous là, c’est fermé ! Il y a des travaux ! »

La dame en robe comme il faut bien pomponnée avec à sa main une ombrelle pour bien garder la peau blanche tourne sa tête vers moi tout en laissant son autre main sur la poignée. Un sourcil relevé alors qu’elle se rend compte qui l’a alpaguée.

« Excusez-moi, vous êtes qui d’abord ! Vous ne faites pas partie des employées, je le sais ! »

Je souffle, qu’est-ce que c’était pénible de discuter avec des nantis qui se croient tout permis ! Non seulement je laisse transparaître mon ennui mais aussi mon mépris quand je lui réponds. Au pire, elle s’en plaindra à la miss à l’intérieur une autre fois. Et si je ne lui dis pas « vous êtes bêtes ou quoi », c’est fortement sous entendu.

« Vous voyez bien que je suis là pour aider aux travaux ! Maintenant poussez-vous, vous me gênez ».

Et encore, je me suis retenue. J’ai fait l’effort de la vouvoyer. Tout ébahit par ce qui lui arrive, elle m’obéit machinalement. Je lui passe donc devant pour ensuite lui refermer la porte au nez. Ce n’est pas une mince affaire que de basculer le tonneau pour qu’il passe à travers l’ouverture tout en ne la laissant pas trop ouverte pour que la pimbêche ne jette pas un coup d’œil à l’intérieur. Pas besoin qu’elle hurle à la mort non plus.

« Je prends les bras, tu prends les jambes ? 

-N’importe, mais d’abord mets ton panneau fermé : il serait ennuyeux que quelqu’un nous surprenne... »

J’en profite pour traîner le conteneur jusqu’au corps toujours inconscient de monsieur le Boulet. Il pourra profiter de son prochain séjour dans l’odeur écœurante de la piquette pour méditer de ses méfaits, s’il se réveille.

Le bourrer dans le tonneau n’est pas si simple que ce que je pensais. Non pas qu’il se débatte, il est juste encombrant. Il aurait certainement été plus simple de le faire monter de lui même à l’intérieur. Tant pis pour lui, les bleus seront pour sa pomme. Ce sera la juste rétribution pour nous avoir fait suer ! Au moins, si ce bouseux m’a fait une tâche de sang, ça ne se verra pas sur mes habits sombres. Je ne dirais pas qu’ils sont prévu pour ça, mais ça m’a plusieurs fois été bien utile dans ce domaine. Une fois le couvercle fixé, nous somme prêtes à partir.

« On devrait le glisser jusqu’à la porte et ne le faire rouler qu’une fois dehors. C’est plus simple que de devoir relever le tonneau pour qu’il passe l’embrasure. »

Un minimum de coordination est nécessaire dans cette entreprise après tout. J’en profite qu’il n’y ait pas d’oreille indiscrète pour lui demander une dernière chose :

« Tu veux le rouler jusqu’où le bonhomme ? »

À défaut d’égout, je l’aurais bien foutu à la mer mais ça faisait une bonne trotte d’ici. Du coup, à peu près n’importe où faisais la faire tant que c’est un brin éloigné de sa boutique. De mon point de vue en tout cas.




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July Lahry'Dryka
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Mer 6 Sep - 23:17
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" On devrait le glisser jusqu’à la porte et ne le faire rouler qu’une fois dehors. C’est plus simple que de devoir relever le tonneau pour qu’il passe l’embrasure. "

Des conseils de pro, sans aucun doute. Et comme tout bon conseil, il valait la peine d'être écouté car c'était une bonne astuce qui ménagerait à la fois mes bras et mon dos, ce dont j'étais extrêmement heureuse. Il fallait que je puisse me mouvoir sans problème pour accueillir les clients ou attraper un outil tombant au sol ! Quelle serait la vision des personnes rentrant dans ma boutique si ils voyaient une jeune femme aux allures de grand-mère ? Ils ressortiraient aussi vite qu'ils étaient rentrés sans aucun doute. En même temps que je pensais à ça, je m'empressai de vérifier que ma boutique indiquait bien qu'elle était fermée. Heureusement, c'était bien le cas et je pus en même temps fermer les fenêtres et les rideaux.

Avec l'aide de la jeune fille, nous avons déplacé le gars dans le tonneau. Ce fut assez laborieux et avec nos force de mouche, cela prit du temps mais finalement, nous y sommes arrivées ! L'état du bandit n'avait d'ailleurs pas du s'améliorer entre temps étant donné qu'il s'était fait cogner un peu contre tous les présentoirs. Une fois arrivés au tonneau, il fallut soulever l'énergumène et ce fut de loin la partie la plus compliquée mais encore une fois nous avons réussi et le tonneau commença doucement à rouler sous l'impulsion de notre force.

" Tu veux le rouler jusqu’où le bonhomme ? "

C'est vrai que c'était une bonne question. Les égouts, c'était trop sombre et il risquait plus de ne jamais être retrouvé qu'autre chose. A vrai dire, je connaissais l'endroit parfait et ce n'était pas très loin. Il fallait juste trouver un passage peu fréquenté pour s'y rendre et ça irait parfaitement !

" Je connais un endroit pas loin. Que dis-tu des poubelles d'un restaurant ? Un tonneau s'y fond parfaitement. "

L'idée fut approuvée et c'est à deux que nous avons poussé le tonneau dans les ruelles d'Alexandria. C'était bien une première pour moi et je ne recommencerai pas de sitôt ! Certains disent aimer l'adrénaline, j'en avait été sevrée quelques années avant et maintenant, je voulais faire le moins de vagues possibles. Tout l'inverse de ce que je faisais mais je n'avais pas d'autres choix. Avec du recul, je me dis qu'appeler la police n'était pas forcément une bonne chose, tout le monde aurait été au courant et j'aurai du mentir des dizaines de fois pour que les agents fassent leur rapport. J'aurais fini par me contredire et c'était plus que mauvais. Faire les choses dans l'ombre ça avait du bon. Nous finîmes par arriver et c'est avec joie que nous laissions le bonhomme. Avec un peu peine, j'ouvris le couvercle du tonneau. Au moins, l'individu pourrait sortir. Quelqu'un finirait bien par le retrouver de toute façon. J'en avais définitivement fini avec ce bandit mais pas avec la fille, qui était toujours une inconnue malgré nos péripéties ! Je lui proposai de s'éloigner et alors que nous marchions, la remercia pour son aide :

" Merci encore pour ton aide. Mais au fait, comment t'appelles-tu ? "

J'écoutai sa réponse avant de répondre à mon tour. Son nom ne me disait rien, elle devait être une citoyenne lambda comme tant d'autres dans la ville. La capitale était grande et je ne sortais jamais, ça ne m'étonnait donc pas de ne pas avoir entendu parler d'elle. Après un temps d'hésitation, je lui proposai une idée qui m'avait trottée dans la tête pendant tout notre périple :

" Dis, tu ne voudrais pas... Heu... M'apprendre à manier les couteaux comme tu l'as fait ? Je ne sais pas me défendre et après aujourd'hui, je compte bien y remédier. "


Je ne la connaissais presque pas mais elle m'inspirait confiance et après ce que nous avions traversé, j’espérais qu'elle dise oui même si vu la nature de la personne, c'était aussi probable qu'improbable.


Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:47, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Dim 10 Sep - 11:28
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Enfin, une bonne idée ! Les poubelles est tout à fait le lieu où entreposer de tel déchet. Avec de la chance il restera à croupir dans son tonneau plusieurs jours. En tout cas il eut la bonne idée de ne pas en sortir en cours de route et si on l’a roulé sans ménagement, on a évité de le fracasser contre un mur ou de le laisser glisser par « inadvertance ». Dévoiler le contenu de celui-ci aurait été plutôt embarrassant. Je ne suis pas mécontente de me débarrasser de ce fardeau ! Par contre, le fait que ma complice ouvre le couvercle me fait grimacer. Il y en a-il vraiment besoin ? Qu’il se débrouille pour sortir du pétrin dans lequel il s’est mis !

Je souffle alors qu’on sort de la contre-allée. Sa gentillesse la perdrait ! Enfin, ce n’est pas vraiment mon problème, ce n’est qu’une inconnue que je ne croiserais sûrement plus. J’allais partir de mon côté quand elle décida de jouer les présentations et de me remercier une seconde fois !

« Gwen »

Pas besoin d’un réponse fleurie non plus. Je hoche la tête alors qu’elle me donne son nom à son tour. Un prénom commun que j’aurais vite fait d’oublier.

« Dis, tu ne voudrais pas... Heu... M'apprendre à manier les couteaux comme tu l'as fait ? Je ne sais pas me défendre et après aujourd'hui, je compte bien y remédier. »

Je tourne la tête vers elle, surprise. Et m’arrête brusquement. Les passants derrières moi râlent mais je n’y prête pas attention. Drôle de demande, en même temps à qui une bijoutière pourrait demander de l'aide dans ce domaine ? Je repars tout en réfléchissant. Ce n’est pas vraiment dans mes habitudes mais j’ai bien pris un piètre voleur sous mon aile alors pourquoi pas aider une fille débrouillarde ? Par contre, ce ne serait pas gratuit ou sans condition. Il ne faut pas pousser non plus.

« Je peux t’apprendre à lancer les couteaux, cela ne tiendra qu’à toi de ne pas hésiter au moment venu. »

Une mise en situation s’imposerait sûrement, si cette July persistait sur cette voie, si sa motivation ne retombait pas comme un soufflet.

« Par contre ce ne sera pas gratuit. Si je suis là à t’apprendre les ficelles, je ne suis pas ailleurs à gagner ma croûte. Mais disons qu’aujourd’hui je suis plutôt libre. »

C’est pas trop mal comme activité faire travailler les autres et ça ferait du bien à mon corps, même si je ne compte pas rester auprès d’elle tous les jours de mon séjour dans la capitale d’Ünellia. Rester inactive, c’est impossible ! Et puis la miss a aussi un travail à faire. Ainsi qu’un bon nettoyage des sols !

« Si ça te va et que tu peux payer d’une façon ou d’une autre. Je te donne rendez-vous au terrain vague près des docks à dix-huit heures. Le premier sur lequel on tombe en venant du quartier marchand. Tu vois où c’est ? »

Celui où j’ai fait mon apprentissage n’est plus évidemment. Mais celui que je lui indique devrait faire l’affaire, le soir les bâtiments alentour devraient être déserts et même s’ils surplombent la palissade personne ne verrait deux jeunes filles jouer du couteau.




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July Lahry'Dryka
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Sam 30 Sep - 14:54
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Profession : Joaillière
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La petite frimousse qui se tourna vers moi avait pris un air sérieux et surpris. Elle ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui demande de l'aide. Je n'aimais d'ailleurs pas me reposer sur quelqu'un mais j'avais beau voir le problème dans tous les sens : j'étais toujours trop faible, incapable de me défendre. Un maître accompagné d'un apprentissage s'imposait et si cette femme avait accepté de m'aider une fois, je pouvais toujours demander l'improbable. Que se passerait-il au pire ? Je me ferais envoyer balader et l'histoire serait close.

La demande avait beau être maladroite, la dénommée Gwen accepta. Elle parut surprise mais hocha quand même la tête et secrètement, je me réjouis. J'en avais assez d'être faible et de devoir toujours puiser dans mes ressources pour m'en sortir... Et frôler la catastrophe au passage. Tout le monde me voyait comme une jeune fille belle mais secrète, toujours seule et c'est vrai que je l'étais mais mon physique ne correspondait pas à mon caractère et bientôt, je pourrais être une vraie surprise pour les plaisantins qui s'amuseraient à me pousser dans mes retranchements les plus profonds. Il allait découvrir la bête derrière la femme.

J'écoutai patiemment ses indications et approuva d'un hochement de tête lorsqu'elle parla de prix. Evidemment, je ne m'attendais pas à ce que ça soit gratuit. Tout le monde a besoin d'argent et personne n'est généreux à ce point. La société ne marche qu'avec des billets et tant pis pour les autres. J'approuvai donc son raisonnement et après quelques petits détails en plus, nous nous séparions pour nous revoir le soir même.

J'arrivai au terrain vague pile à l'heure, dans un soucis pratique de ne rien manquer. Je connaissais déjà ce terrain vague. Les docks étaient une véritable mine d'or de marchandises pour tout marchand et je revenais souvent pour faire quelques bonnes affaires. J'avais revêtu une tenue propre, sans trace de sang, où les plis amples du tissu masquaient ma véritable silhouette. J'avais emmené avec moi le petit poignard qui m'accompagnait de partout mais n'étais pas vraiment sûre de son utilité réelle.

J'aperçus alors Gwen et me dirigeai vers elle. Sa démarche assurée mais feutrée me fit penser à un félin près à bondir et je me demandai – pour la dixième fois de la journée au moins – qui est-ce qu'elle était réellement. La question m'intriguait mais tant qu'elle acceptait de me donner des leçons, je n'avais rien à redire et les secrets de l'une et de l'autre resteraient bien gardés. Je lui tendis ma bourse, pleine du montant décidé et cette fois-ci, l'apprentissage commença réellement. Au vu de mes bases quasi inexistantes, Gwen allait soit s'arracher les cheveux, soit abandonner. Mon corps était aux antipodes de ce qu'on pouvait appelé de muscler. Je passais plus de temps à sculpter mes pierres que mon corps.

Cependant, pour l'instant, j'étais sur un terrain vague, prête à apprendre le maniement des couteaux. Gwen savait ce qu'elle faisait et nous n'avions pas besoin de toutes les politesses de début de rencontre alors j'attendis simplement qu'elle commence à m'expliquer ce que je devais faire. Ni l'une, ni l'autre n'avions de temps à perdre. Pour ça au moins, nous étions pareilles.


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Dernière édition par July Lahry'Dryka le Sam 7 Oct - 12:49, édité 1 fois
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Gwen Feien
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Mar 3 Oct - 8:51
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Une bonne chose que la bijoutière soit à l’heure, je ne l’aurai pas attendue en vain. Et même si je n’ai pas fait de gros préparatif pour la première séance d’entraînement, c’est toujours bien que ce ne soit pas pour rien ! J’avais « emprunté » un drap à l’auberge puis je l’avais installé grossièrement sur deux bouts de bois mis en croix pour faire un semblant de cible. Pas trop difficile à se procurer dans ce terrain vague !

Je fais disparaître la paye dans ma tunique et sans préambule, je commence à parler de la raison de notre rencontre.

« Le but est assez simple pour ce soir : toucher la cible »

Je désigne la silhouette à une distance moyenne de nous. Immobile bien sûr avec la palissade en bois derrière pour rattraper les lancers manqués. Enfin, j’ai placé l’épouvantail là pour qu’elle serve à ça. Il y en aura des nombreux à n’en pas douter.

« Fais voir ce que tu as comme couteau. »

Ça ne me vient même pas à l’esprit qu’elle puisse se pointer les mains vides. Mais elle aurait aussi bien pu vu le poignard qu’elle sortit : pas du tout adapté au lancer.

« On va faire avec les miens . »

J’en sors deux, ceux de mes manches, et lui en tend un. Ce n’est pas l’idéal pour commencer même si pour ma part je n’ai jamais eu de couteau de débutant. Faudra faire avec, il sera un peu plus dur de les faire tourner. Je lui montre la position à prendre autant au niveau du bas du corps pour pouvoir donner l’élan au couteau qu’au niveau du bras. Avant de lancer à proprement dit le couteau, je lui explique le tout et le geste final qui accompagne le couteau pour qu’il aille se planter perpendiculairement. Pour l’instant, je ne lui explique pas les subtilités des distances et de l’adaptation au niveau du pliage du bras. Une chose à la fois.

Mon couteau va se figer dans la tête de la cible. Je lui laisse ensuite la place pour qu’elle puisse tester par elle-même. Il serait surprenant que son couteau atteigne la cible du bon côté au premier coup. L’apprentissage est loin d’être instantané et demande un nombre conséquent de lancer avant de se faire la main. Heureusement que j’en ai trois, ça réduira le nombre d’aller-retour. Et donc augmentera le temps d’entraînement réel entre maintenant et le couché du soleil.




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July Lahry'Dryka
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Mar 3 Oct - 23:07
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Profession : Joaillière
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Visiblement, je n'avais pas vraiment apporté les bonnes affaires et m'en retrouvait un peu vexée car mon poignard fut tout bonnement éjecté et je me retrouvais avec un couteau de Gwen dans les mains. Il n'était pas trop lourd et tout doucement, je passais le doigt sur la lame. Mon doigt se mit à saigner. Plus affuté, ça n'existait pas. L'objet était clairement fait pour trancher tout ce qui lui passait autour. Et je ne voulais pas du tout me trouver sur sa trajectoire car je savais déjà que ça me serait fatal.

J'écoutai calmement les consignes de Gwen. Je ne voulais pas briller par ma médiocrité alors je me concentrai pour écouter tous ses conseils et instructions. Devant nous se trouvait une toile avec deux bouts de bois installés en croix. C'était bien entendu la cible et l'écart entre elle et nous m’inquiéta un peu. Comment pourrais-je la toucher de si loin ? J'étais contente rien que si j'arrivais à toucher la cible même si cela me paraissait plus probable que mon couteau vienne se ficher dans le sol. Gwen me démontra son talent en jetant d'un coup sa lame qui atterrit pile au milieu de la tête de la cible. J'avais affaire à une experte.

Serrant un peu plus fort mon couteau, je me plaçai en face de ma cible. Il fallait que j'essaye d'imiter le plus possible Gwen qui avait les bons gestes. Mes yeux se verrouillèrent sur la toile tandis que mes muscles se tendaient. Ma main tenait fermement le manche du couteau et dans un mouvement de poignet, je le jetai. Mon impulsion fut complètement ratée et la direction prise par l'objet était loin d'être celle que je voulus qu'elle soit. Je serrais les dents, bien décidée à ne pas m'énerver, ni me décourager. Qui pouvait se vanter d'être un professionnel dès le départ ? Personne et je devais m'en souvenir tout le long de mon apprentissage. Il y aurait tout le temps quelqu'un de plus fort que moi et j'aurais toujours des choses à améliorer et à apprendre.

Un autre couteau me fut donné et je recommençais sous l'oeil acéré de Gwen. Si elle n'était pas encore patiente, elle allait sûrement l'apprendre avec moi. Le résultat fut le même si ce n'est pire mais je résistai et à part le fait de serrer les dents, rien ne me trahissait. Je fis plusieurs fois des allers-retours pour aller chercher les lames disséminées à chaque fois dans le terrain vague. Ma professeure me donnait des conseils et à la fin, je pouvais presque dire que je m'étais améliorée même si on passait de très très nulle à un peu moins nulle mais toujours pas du tout douée. J'observai Gwen mais ne réussit pas à décrypter ses expressions faciales. Il n'y a que quand elle se mit à faire son petit bilan de fin de séance, lorsque la nuit était en train de tomber que je pus avoir son avis.

" L'expérience était enrichissante en tout cas. " conclus-je avec un petit sourire pas très marqué.

Nous convînmes de dates pour d'autres entrainements, moyennant encore un peu d'argent et chacune repartit alors de son côté. J'étais assez contente de cette journée. Je n'avais par contre pas du tout travaillé et ça, j'allais le payer dès le lendemain. Je ferais une bonne nuit et demain, quelques heures me suffiraient. Je savais de toute façon que je m'endormirais très facilement, mes muscles étant endoloris et mon corps fatigué. Alors que je rêvais de mon lit, je passais quand même à portée d'un garde. Il me restait une tâche à réaliser aujourd'hui.

" Bonjour Monsieur, je tenais juste à vous signalez que j'avais vu un homme en mauvaise état derrière le restaurant des Papilles Savoureuses, dans l'Est de la ville. Cependant, je n'ai pas voulu m'approcher, je crois qu'il ressemblait terriblement à un homme des avis de recherche. "

J'usais sans vergogne de mon apparence frêle de jeune femme. Ca marchait toujours et le garde s'empressa de me répondre, d'un air viril qui me faisait rire intérieurement :

" Nous irons voir Mad'moiselle mais merci de vos renseignements ! S'ront précieux. Et vous avez bien fait d'pas vous approcher ! On sait jamais d'quoi sont capables ceux-là. "

Gwen n'était peut-être pas d'accord pour laisser ce bandit croupir en prison mais j'estimais qu'il fallait purger la ville dès qu'on le pouvait. Avec mon air innocent, je serais loin d'être soupçonnée, surtout sans témoins. Et puis, qui pouvait dire si le voleur serait encore en vie ? Et puis vu sa blessure et ses coups, il aurait surement peu de souvenirs vis-à-vis de son expérience traumatisante. Après un dernier sourire charmeur et faussement gênée, quelques compliments en direction du garde et de son travail, je m'écartai et repartit chez moi. Au moins, je n'aurais pas à vivre avec les remords de l'avoir abandonné dans un ruelle sombre. Mon coeur et mon esprit étaient de nouveau en accord.

Spoiler:
 


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Gwen Feien
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Sam 7 Oct - 12:03
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Évidemment, elle n’arrive pas à toucher au premier lancer ni même à planter la lame dans le bois. Mais ce n’est pas grave tant qu’elle n’abandonne pas ! J’apprécie le fait qu’elle ne traîne pas des pieds ni ne baisse les bras. Aucune complainte. Je lui donne mes instructions d’un ton neutre, concentrée pour l’aider à rectifier sa position, sa posture, la façon dont le geste doit se finir. Je ne sais pas exactement pourquoi, je n’ai jamais fait ce type d’entraînement avec Cinder, mais elle me semble plus compétente. Peut-être parce qu’elle ne s’est pas plantée le couteau dans le pied ? Ou qu’elle a réussi à nettoyer sa boutique sans se faire arrêter…

« Ça suffira pour ce soir. Le geste commence à venir. Il va falloir l’automatiser avant de songer à changer les distances. C’est le minimum aussi pour que tu puisses t’entraîner seule ! Il va falloir que tu te procures des couteaux de lancer aussi ou au moins un. »

C’est concis, cependant je ne vois pas l’utilité de lui redire ce que j’ai dit tout au long de la séance. Et un temps repos est toujours bénéfique à l’apprentissage, pour laisser le corps s’imprégner de ce qu’on lui enseigne et se reposer. Là, il va y en avoir besoin si elle veut encore bouger son bras. Je ne  sais pas si elle trop l’habitude des efforts physique dans sa boutique. Son oncle doit se charger des grosses livraisons si jamais ça existe. D’ailleurs, ce ne serait pas inutile de prendre des informations sur ce qu’il y a de valeur dans les bijoux. Apprendre des « trucs » de pro que je ne connaîtrais pas encore !

« L'expérience était enrichissante en tout cas. »

« Oui, ce n’était pas inintéressant. »

Je n’ai pas encore l’habitude de montrer mes techniques à d’autres. C’est nouveau pour moi aussi. Je ne l’aurai pas fait sans avoir un bon sentiment à propos de cette July, malgré son côté justicier. Bref, je n’ai pas vraiment envie de m’y appesantir. Ça me va comme ça et ça suffit, ce n’est l’histoire que de quelques jours. Une bonne occupation le temps que je trouve un constructeur de deltaplane et qu’il m’en fabrique un. Et accessoirement que mon apprenti voleur se remette de ses blessures. Il est loin d’être encore prêt à être livré à lui-même dans la rue ! Au moins n’est-il pas aussi abruti que le Boulet dans son tonneau. Je crois que je l’aurai moi-même mis dans le pétrin autrement.

« On se revoit demain une heure plus tôt. Et pour la suite on adaptera en fonction de nos emplois du temps si la même heure ne convient pas »

Ça devrait me laisser le temps de faire ce que je veux et d’aller faire un tour dans les établissements de jeux histoire de ne pas perdre la main.




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