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Chroniques d'Irydaë
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 La technique du rentre dedans

Aurore Seraphon
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Dim 3 Sep - 18:44
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag

« Une rencontre n'est que le commencement d'une séparation. »
~ Proverbe japonais ~

Fatiguée, Aurore n’avait pas l’impression d’avoir passé une très bonne nuit. Difficile de résumer deux jours plutôt improbables, difficile d’expliquer la suite et quelle suite. La rousse bâillait souvent, ses yeux étaient cernés et ses lèvres pas d’une couleur aussi prononcée qu’elles le devraient. Dormir en extérieur à Suhury à cette période de l’année était courant, ici, cela semblait plus compliqué. Luttant contre son envie de se rendormir, la jeune femme avait fini par se lever avec difficulté, rangeant soigneusement ses affaires dans son sac qu’elle réajusta sur son dos. Sa première pensée c’était adressée à Adalwen, celui qu’elle avait ramené à son bateau après lui avoir évité la dérouillée de sa vie, n’était-elle pas censée être pacifique ? Un léger soupir s’était échappé de ses lèvres alors que ses doigts frôlaient les quelques hématomes que son sauvetage lui avait offerts. Son regard c’était ensuite porté sur les braises mourantes qu’elle avait fini par éteindre. Comme chaque matin, Aurore avait adressé des prières à ses deux architectes, promettant de s’améliorer, de ne pas rester à son niveau si pitoyable. Difficile de savoir si les prières concernant Khugatsaa n’étaient pas un peu plus approfondies que celles adressées à Asmigal qu’elle répétait plus par acquit de conscience qu’autre chose. Un nouveau bâillement était venu interrompre ses agissements, bâillement qui manqua de lui décrocher la mâchoire, signe qu’il était grand temps qu’elle s’active, sans quoi elle risquait de tomber dans cet éternel vent de fatigue. Difficilement, la rousse avait fini par se redresser, abandonnant son lieu de campement dans l’état exact où elle l’avait laissé. Bien trop respectueuse de l’environnement, elle n’aurait de toute façon pas pu le laisser avec des traces de son passage. Le retour vers la ville de Busad fut un peu plus difficile, les paroles du discourt prononcée par le Gharyn hantant encore son esprit, Aure ne partageait inévitablement pas son point de vue, remettant ainsi en doute son côté plutôt pacifique qu’elle pensait jusque-là avoir.

Une fois devant les écuries, la jeune femme lâcha un nouveau soupir, avoir une monture était pratique c’était un fait, l’autre fait qui allait avec, c’était les dépenses que cela entraînait. Si elle se contentait du confort le plus médiocre pour elle-même, il n’était à ses yeux, pas envisageable de laisser sa jument frissonner ou encore se priver d’un repas. Ainsi l’unique dépense qui creusait doucement un véritable gouffre financier était réservée à sa fidèle alliée de presque toujours, Tempête. Aure avait passé la tête au-dessus du box, avisant la monture visiblement parfaitement épanouie dans son appartement –bien plus confortable que le campement qu’Aurore avait connu par la nuit-, cet état de fait avait tiré un sourire à la rousse, qui n’avait pas pu s’empêcher de venir flatter l’encolure de l’animal. La voix du responsable du lieu c’était fait entendre un peu plus, provoquant un léger froncement de sourcil chez la My’tränne.


- « C’est une magnifique jument que vous allez là m’mzelle, vous devriez la vendre, elle rapporterait pas mal. »
- « Je n’ai pas l’intention de la vendre. » répondit froidement la rouquine.
- « Oh. Je vois, c’est bien dommage pour moi… ‘fin, vous comptez rester encore combien de jours ? »
- « Je ne sais pas. » avoua Aure après avoir laissé un silence.
- « Enfin, vous connaissez le prix de toute façon. »
- « Oui, ne vous inquiétiez pas. »

L’homme avait fini par s’éloigner, pour le plus grand soulagement de la novice. Elle regarda un instant sa fidèle coéquipière d’aventure, lui murmurant qu’elle allait trouver une solution. De toute façon n’avait-elle pas réellement le choix que d’en trouver une. Voyager ainsi avait un coût et ce n’était pas la vente de sa chasse qui allait la faire faire fortune. Une nouvelle petite tape sur l’encolure et Aure avait disparu, repartant dans le sens inverse pour explorer la superbe ville qu’était Busad, se promettant de passer voir Adalwen, histoire de vérifier qu’il s’était remis de sa petite rencontre nocturne avec la folle furieuse. Encore un soupir, comme souvent et Aurore s’était engouffrée à vive allure dans une petite ruelle, percutant de plein fouet un individu en tournant. Le choc avait été plutôt violent et la jeune femme n’avait pas pu empêcher de se retrouver les fesses sur le sol, frottant le haut de son front encore un peu douloureux. Elle releva légèrement le visage vers l’inconnu pas si inconnu qui se trouvait encore debout, fronça légèrement les sourcils.

- « Vous pourriez vous excuser quand même » grommela la responsable de tout ça en se relevant, dépoussiérant ses vêtements par la même occasion « On ne vous a jamais dit de regarder devant vous quand vous marchez ? Le rendre dedans, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, vous savez. »

Tout en terminant sa phrase, la rouquine avait passé ses mains sur son torse, ses bras, ses fesses histoire de retirer la terre sèche et poussiéreuse qui s’était déposée. Sa voix n’avait pas été agressive, peut-être un petit peu ronchonne, tout au plus. Son regard couleur émeraude avait fini par se déposer sur la silhouette de son assaillant, qu’elle eut l’impression d’avoir déjà vu quelque part.

- «  Je vous connais, non ? » s’enquit finalement Aure « Oh, oui, je sais, vous étiez à l’assemblé étrange d’hier c’est ça ? »

Il fallait bien avouer que de toute façon, il n’y avait pas trente-six solutions. Soit l’écurie, soit l’assemblée, soit… mystère et boule de gomme. Aurore avait surveillé davantage son interlocuteur, prête néanmoins à se défendre si il démontrait une quelconque agressivité, ses yeux devaient néanmoins paraître fatiguée et son ventre n’avait de cesse de crier famine.

- « Vous ne connaîtriez pas un endroit où je pourrai manger ? Ou travailler à défaut ou quelqu’un ayant un contrat à réaliser? »

Autant ne pas faire devenir cette rencontre inutile.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Dorian Wanderst
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Dim 3 Sep - 19:23
Irys : 92641
Profession : Commis de cuisine
My'trän +1
Un service le soir, l'autre le matin. Aujourd'hui, c'est le soir qu'il travaille, alors il a pris son temps ce matin mais sa course à pied matinale lui a fait du bien et le bain aussi. Le ménage est fait, comme toujours avec lui et maintenant que le soleil risque de taper un peu, il est temps de ralentir le rythme, avant de préparer son repas. Il ne sait pas trop ce qu'il va préparer, manger trop n'est pas bon, trop peu et il risque d'être peu en forme pour le service du soir au Dos de la Fourchette. Mais il aime l'air du dehors et s'est adossé au mur du coin de sa ruelle pour observer les animaux. Parfois, il arrive à voir à travers les yeux des volatiles, souvent que des tagtas. Mais ça n'a pas marché aujourd'hui, tant pis. Il fait demi-tour pour rejoindre sa masure quand il sent un choc derrière lui et le bruit d'une chute. C'est une madame, pas encore vieille, cheveux couleur de feu. Il aime pas ça, les madames jeunes. Mais elle est toute sale avec de la poussière alors il sait pas quoi faire. En plus, elle lui parle, disant qu'il doit faire attention, mais bon, faire attention à qui regarde pas devant elle et se cogne sur son dos, c'est pas facile. Il lève sur elle un regard incrédule avant de détourner le regard. Pas vers le sol car elle y est mais vers le mur.

La dame parle encore. Ils se connaissent, dit-elle. Comment il pourrait le savoir, il regarde que le sol, pas facile de différencier les gens ainsi. Bon, elle était à la réunion, visiblement, qu'elle appelle "assemblée". En guise de réponse, il hausse les épaules pour reprendre sa route, mais elle continue de parler. C'est comme ça, les femmes, ça parle. Mais là elle l'intrigue, alors il lève les yeux et fait une grimace d'incompréhension. Un court instant, Aurore pourra voir le regard de Dorian, un regard foncé et qui la fuit rapidement, mais il a eu le temps de l'observer.

- Pas bon ! Sale. Pue. Fatiguée. Pas beaucoup des muscles.

Il renifle puis soupire.

- Faim ? Dorian sait...

Il lui fait signe de la suivre et entre chez lui et sans vérifier qu'elle le suit dit :

- Chambre m'man. Toi dormir ici, un peu. Là laver. Ca pour essuyer.

Il montre une chambre plus petite, une chambre d'enfant

- A Dorian, pas entrer !

Il se désintéresse d'elle pour regarder ce qu'il lui reste pour faire à manger pour deux et grimace.

- Soir, demander chef pour travail. Dur, mais...

Il hausse les épaules, visiblement il a tout dit et met du bois dans ce qui lui sert de four, sans visiblement savoir ce qu'il va préparer.
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Aurore Seraphon
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Dim 3 Sep - 21:50
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
L’intelligence ne va pas avec le charme et inversement. Voilà bien une phrase qu’Aurore n’aurait pas pu se voir confirmer un jour. Si sa première réaction avait été d’aboyer comme souvent, la seconde fut beaucoup plus calme. Elle avait haussé un sourcil, prise entre son envie de rire et celle d’être tout autant sérieuse que son interlocuteur. D’abord, elle avait bien cru le voir partir sans dire un mot, ensuite elle avait eu l’espoir un peu naïf de le voir sourire puis réagir de façon « normale ». Tout ça, c’était rapidement envolé, en une seconde, une bourrasque, un clignement de cils. Il avait ouvert la bouche pour formuler une phrase qu’elle n’avait pas saisie, Aurore avait bien cru qu’il avait avalé de travers, ou peut-être manqué d’air tant il lui semblait manquer un sens, dans la formulation de ses paroles. La jeune femme ne s’était nullement attendue à devoir apprendre une nouvelle langue pour communiquer avec quelqu’un, à moins que ce soit elle qui n’est simplement pas le niveau pour suivre la conversation qui était pourtant en train de se jouer. C’est pourtant bien son deuxième sourcil qui c’est surélevé quand il évoque une mauvaise odeur, une fatigue et l’absence de muscle. Est-ce qu’il parlait d’elle ? Un reniflement bruyant c’était fait entendre, en provenant des narines de l’inconnu pas si inconnu, provoquant une légère grimace chez la rousse qui ne savait plus vraiment comment réagir. La fuite aurait été sans aucun doute la meilleure des solutions.

- « Je… »

Qu’elle avait commencé à dire avant de se faire couper pour recevoir un signe, un ordre silencieux de le suivre. Quel âge avait-il, il paraissait jeune. Pas vraiment le temps d’y réfléchir qu’il était déjà parti plus loin, sans même faire attention à ce que la rouquine le suive bien. Aurore lâcha un soupir, se répétant qu’il était peut-être temps qu’elle cesse de toujours se retrouver dans des situations improbables. Il entre dans une maison, étrange. Enfin, elle ressemble à toutes les habitations ici, pas très grande, pas de fenêtre fermée, juste des ouvertures directement dans la pierre. L’architecture est froide ici. Aurore reste un long moment devant la porte, sans oser ouvrir, sans oser une mettre un orteil, elle l’entend parler, expliquer certainement les fonctions de chaque pièce, pourtant elle reste à l’extérieur. Elle aurait pu encore partir, disparaître, sans jamais ne donner plus le moindre signe de vie à cet étranger, oui, mais non. Après tout maintenant qu’elle était arrivée jusque-là… Et puis, la population ici n’était pas connue pour son agressivité, c’était même plutôt pour tout le contraire, alors bon. Après une profonde inspiration, elle était rentrée, s’arrêtant dans ce qui semblait être la pièce principale, vagabondant du regard sur les différents lieux de vies. Une chambre d’enfant, une autre qui semblait être plus « adulte », avait-il un enfant, déjà ? Non il a parlé de mère. Aurore soupire, elle ne veut pas poser de problème. Il semble ailleurs déjà, se désintéresser complètement d’elle, il cherche de quoi cuisiner. La jeune femme ne sait plus vraiment où se mettre, rêve même de disparaître pour ne pas devoir ouvrir la bouche pour en savoir davantage. Maintenant, elle ne peut cependant plus partir, ça ferait tache.

- « C’est qui Dorian ? » qu’elle demande, certaine qu’il va lui présenter un gosse.

Les dernières paroles ont fait mouche dans son esprit, il parle d’emploi, elle a besoin d’argent ça tombe bien. Aure prend sur elle, évite de paraître trop désagréable, retire son sac pour venir le déposer contre un pan de mur, dépose son arc, son épée également afin de ne pas paraître plus agressive que son naturel. Son regard s’arrête de nouveau sur cette chambre trop enfantine pour être celui de l’homme, ou presque qu’homme qui se tient à quelque pas d’elle. La jeune femme n’a rien à lui offrir, pas de quoi payer, enfin si mais elle se refuse de dépenser ses économies, cet argent est réservé pour les imprévus, les coups durs, les vrais, pour le reste elle doit toujours trouver d’autre solution. La convenance veut qu’on complimente un logement quand on est invité, qu’on le pense ou non, pour Aurore c’est complexe, elle ne sait pas vraiment quoi dire. Bien qu’impressionnante l’architecture de la ville n’a pas trouvé grâce à ses yeux, néanmoins elle fait une tentative, tout en restant évasive.

- « Ça reflète bien Busad votre maison, elle vous ressemble un peu. »

Étrange. Oui. Pour lui ressembler, ça lui ressemble. Cette fois-ci son attention se porte sur l’autre chambre, celle où elle peut se rendre pour faire un brin de toilette, retirer les restants de terre dans sa chevelure, rafraîchir un peu les hématomes qu’elle a reçus après son altercation d’hier soir. Elle fait le tour de la table, un doigt posé sur celle-ci, comme pour vérifier qu’elle est bien réelle, qu’elle n’est pas en train de faire un de ses rêves étranges qui n’ont pas forcement toujours du sens, Aurore va même jusqu’à se pincer, discrètement afin de réaliser que non, elle est bien chez une personne d’ici, une personne qui n’a peut-être pas tous ses esprits. La rousse abandonne de nouveau son poste, pour retourner à son sac, elle récupère des vêtements propres, s’arrête juste devant la chambre où elle doit aller, hésitante. Discrètement en bougeant un peu sa cheville, elle vérifie la présence de sa dague dans la botte, au cas où, prend une grande inspiration, puis après un énième coup d’œil à son hôte, entre. Difficile de parler d’intimité ici, difficile de s’y retrouver, des ouvertures en guise de fenêtre ou quiconque passe à l’extérieur, voit ce qui se passe à l’intérieur. Elle trouve un seau d’eau, utilise sa magie de l’illusion pour se dévêtir tout en donnant l’impression d’être encore vêtue, puis se débarbouille, un peu, le minimum. Le contact de l’eau sur sa peau la fait frissonner. Après avoir terminé ce petit moment de détente, elle enfile ses vêtements propres et c’est les cheveux humides et sans illusion qu’elle revient dans le lieu où se trouve le jeune homme.

- « Merci… » murmure-t-elle simplement.

Au fond Aurore est reconnaissante, du moins, c’est l’impression qu’elle semble avoir. Jusqu’à présent, côté rencontre la chance lui a plutôt souri et même si certaines se sont retrouvées être délicates, cela a toujours plus ou moins bien fini. Elle tire une chaise, s’installe dessus, avise une nouvelle fois son interlocuteur. La jeune femme n’a pas l’attention de vraiment se présenter et cela n’a pas l’air de chiffonner son hôte, tant mieux.

- « C’est quoi votre travail ? » puisqu’il en a parlé et qu’il veut l’y amener, autant poser la question.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Dorian Wanderst
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Dim 3 Sep - 23:11
Irys : 92641
Profession : Commis de cuisine
My'trän +1
Dorian laisse à celle dont il ignore le nom une liberté totale, ne surveillant pas ses gestes. Là, il réfléchit à quelque chose d'original pour les nourrir, l'inconnue et lui. C'est qu'il n'a jamais cuisiné pour quelqu'un d'autre que lui... et que les produits que son chef prépare, ben il en a pas chez lui. C'est que ça coûte cher. Mais quand on bosse pour un chef pareil, on doit pouvoir faire original. Bon, il y aurait bien une tarte, même de légume, c'est facile, c'est bon, mais côté originalité... puis il n'aime pas jeter les restes. D'ordinaire, il s'en fait une salade. Alors, une pâte à pain, mais réduite et aplatie, pour faire comme une assiette et dessus, saupoudré les restes et les faire cuire, ça lui semble être une bonne idée, surtout s'il ajoute du fromage. Ah tiens, en parlant de fromage...

- Souriceau ?

Il sait qu'il n'aura pas à appeler deux fois pour que son petit ami le rejoigne. Il est à la préparation de sa pâte, bon, il a sa propre levure qu'il fabrique lui-même mais il met deux tomates au four pour radoucir la peau et en faire une purée, ça permettra de coller les ingrédients tout en donnant du goût. Faudra assaisonner. C'est qui Dorian qu'elle demande.

- Ben, moi...

Elle est dans la chambre de sa mère pour se laver, parfait, ça lui laisse du temps. Il sort les tomates, les épluche, en fait sa purée, l'assaisonne et laisse sa création dans le bol. Il prend des herbes au jardin pour faire des épices. Ah, voilà souriceau, il le laisse monter sur son épaule. Il fait une découpe grossière des légumes en trop et de la viande blanche qu'il lui reste. Aubergine, oignon, piment et ce fromage que souriceau adore. Il coupe le fromage avec une précision telle qu'on dirait qu'il la rape, c'est un art qu'il maîtrise. La dame lui parle encore, de sa maison qui ressemble à Busad et à lui. Il fait oui de la tête tout en poursuivant sa découpe, puis il coupe sa pâte en deux, l'aplatit, met la purée de tomate, puis au-dessus les légumes et viandes qui lui restent, il saupoudre d'herbes et d'épices et rajoute le fromage par-dessus, sous l'oeil intrigué de souriceau. Un peu de farine pour que sa tarte de restes à cuire glisse sur son porte-plat qu'on glisse dans le four. Il place sa première création au four, suivi rapidement de la seconde. Elle le remercie. Il sourit, pour la première fois.

- Dire merci seulement si c'est bon !

Le temps de la cuisson, très court, lui permet de nettoyer le plan de travail et de dresser les assiettes et les couverts, tout en évitant le plus possible de regarder Aurore. Mais il le fait et a un pas de recul.

- Oh... Jolie...

Bizarrement, même si le mot est gentil, il ne ressemble pas à un compliment, plutôt un constat. Il se retourne vers le four

- Attention, chaud !

Il récupère sa "galette" avec son porte plat en bois et la dépose adroitement sur l'assiette d'Aurore, puis fait de même avec la sienne et s'installe à table. Il coupe son plat en huit puis goûte et semble plutôt content de lui.

- Premier essai. Sympa ! Mais peut mieux faire !

Aurore pourra découvrir que le gaillard est plutôt pointilleux. Pour une première, c'est une sacrée réussite. En tout cas, c'est du jamais vu dans le coin. Et ça se fabrique assez facilement. Le fait de se détendre en mangeant l'aide à sourire et à se montrer plus sociable, il oublie qui il a en face de lui. Et répond d'autant plus facilement.

- Commis... de cuisine. Là-haut !

Pour Dorian, là-haut, c'est les beaux-quartiers, les quartiers riches. Il présume que tout le monde le sait.

- Pour ça, tout propre, bien habillé. Très important !

Il la regarde et lui sourit, mais son regard ne dure qu'une seconde. Il se replonge dans son plat, qu'il déguste avec appétit. Si elle le met mal à l'aise, visiblement elle ne le dégoûte pas. Il donne un petit bout refroidi à souriceau, qui apparemment aime bien aussi, ce qui réjouit Dorian.

- Sieste important ! Travail tard ! Dame dormir un peu. Dor... dor...

Un soupir

- Dorian ré... veillé dame pour traaaaaaaaaaaa... vail

Il parlait à voix normale, la fin s'est faite sur un murmure
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Aurore Seraphon
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Lun 4 Sep - 14:14
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Ben lui, c’était ça qu’il avait dit que Dorian c’était lui. Aurore avait mis un temps à réaliser que l’homme en devenir qu’elle avait devant elle possédait une chambre d’enfant. Soit il faisait vraiment plus âgé que son âge, soit il avait un problème psychique important… Les deux suppositions étaient probables, plus que probables même. Un nouveau soupir s’était échappé de ses lèvres, alors qu’elle se demandait encore si rester était une bonne idée, si elle ne ferait mieux pas de déguerpir d’ici avant que la situation ne dégénère. Assise sur sa chaise, Aure ne bouge pas vraiment, ne cherche pas non plus à faire davantage la conversation, qu’est-ce qu’elle aurait pu dire de toute façon, pas grand-chose. Et puis, moins il parlait, moins elle avait l’impression d’être face à un homme dénué de bon sens, ou d’apprentissage. Elle culpabilisait même d’avoir cette image médiocre de lui, alors qu’il venait de lui offrir un brin de toilette et surtout un repas, potentiellement même plus tard un emploi. Pas très reconnaissante la novice. À cette pensée, elle se renfrogna un peu, communicant avec sa propre personne, débâtant sur le bien-fondé de son comportement peu agréable, il faut bien l’admettre. Il met la table, elle ne l’aide pas, termine de ranger, elle ne l’aide toujours pas, fini par avoir un mouvement de recul en la regardant, lançant un compliment comme-ci il venait de prononcer une insulte. De nouveau pas d’aide, pas de merci, un simple sourire semblant coûter énormément à la rouquine qui ne savait définitivement pas comment se positionner face au jeune homme. Il avait fini par sortir le plat, le déposant dans son assiette, ne s’autorisant pas le moindre compliment. Qu’est-ce qu’il ne trouvait pas de réussi dans son plat ?

- « Attends » dit-elle « Regarde »

Elle se concentre un peu dépose un doigt sur l’assiette pour avoir un contact, avise longuement son interlocuteur puis tente de jouer d’une illusion pour lui donner l’impression de voir ce qu’il souhaite. Mais rien. Elle fronce un peu les sourcils, se concentre davantage et fini par réussir sa petite manœuvre, cela lui permet de visualiser ce qu’il pourrait améliorer pour la prochaine fois. L’illusion ne tarde pas à se dissiper, ce n’est pas encore le point fort de la jeune femme.

- «  C’est mieux comme ça ? »

Aurore avait posé la question, tout en connaissant déjà la réponse, cela lui semblerait de toute façon toujours mieux puisque c’est ce qu’elle avait pu tirer de son esprit. Le regard de rousse se perd un instant sur la souri qui se trouve toujours l’épaule de Dorian, cela ne dérange pas vraiment la jeune femme qui de toute façon ne semble pas trouver grand-chose à redire vis-à-vis de ça, rien ne pouvait la surprendre davantage la situation était déjà suffisamment particulière. Aure abandonne un instant son observation préférant porter toute son attention vers le plat et les grognements de son ventre qui lui ordonne de manger. Elle picore simplement, coupe, mâche, trouve le tout plutôt agréable, souligne mentalement l’exigence culinaire de son interlocuteur. Il lui propose de se reposer, elle hausse simplement les épaules. Dormir chez un inconnu ce n’est pas vraiment habituel chez la rouquine.

- « Aurore, pas dame… Je ne suis pas encore suffisamment âgée pour ça » souffle-t-elle « d’ailleurs quel âge tu as ? »

Parce que c’était bien la question qui la dérangeait le plus, cela lui semblait important de résoudre ce premier mystère. Terminant lentement son assiette, la rouquine avait fini par se lever, récupérant la vaisselle afin de la faire profitant d’un brin de vent parfaitement contrôlé pour la faire sécher plus vite. Une autre question commençait à trotter dans l’esprit d’Aurore, l’architecte que le jeune homme avait bien pu choisir. Elle ne le posa cependant pas, jugeant certainement son interrogation trop intime. Lentement, elle était revenue à table, avisant toujours son interlocuteur :

- « Tu vis ici avec ta mère alors, c’est ça ? Cela ne la dérangera pas si j’emprunte sa chambre pour une sieste ? »

Parce qu’un affrontement à la semaine, c’était largement suffisamment, alors deux, en deux jours, c’était difficilement imaginable pour Aure, surtout que ses hématomes et les jolies petites marques bleues lui rappelaient encore à quel point elle avait été stupide d’intervenir. Haussant doucement les épaules, comme se signifier à elle-même qu’il était inutile de regretter elle porta une nouvelle fois son attention sur son interlocuteur, haussant encore s’intéresser un peu à cet individu si singulier.

- « Ça te plaît comme travail au moins, où tu fais simplement pour gagner ta vie ? Tu penses que ton patron pourra me prendre quelques jours histoire que je puisse payer le charlatan qui tient l’écurie. Il demande une sacrée somme pour à peine quelques nuits, tout ça parce qu’il veut que je lui cède ma jument… »

Elle ronchonne un peu contrarié, elle a bien pensé à le rouler dans la farine cet homme, lui offrir des pierres en guise de paiement en lui donnant l’illusion que ce soit de l’argent, mais elle est encore trop honnête pour l’instant pour faire ça. Beaucoup trop honnête même. Son regard se stoppa par la suite sur la bestiole, elle fronça un instant les sourcils avant de se détendre :

- « Et ça, c’est ta bestiole ? »



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Dorian Wanderst
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Lun 4 Sep - 18:13
Irys : 92641
Profession : Commis de cuisine
My'trän +1
C'est la première illusion à laquelle Dorian est confronté. Sa grand-mère lui avait dit que des my'tran pouvaient user de ce don, souvent des gens de l'étranger, parfois des busadiens comme lui. Mais vu l'isolement dans lequel il vit, il n'en avait jamais subi les effets. C'est pas forcément désagréable, son plat a l'air meilleur, mais quand il le goûte, le goût reste le même.

- Plus joli. Mais goût le même.

Puis il lui pose la question qui lui brûle les lèvres

- Etrangère ?

Il écoute son laïus sur le fait qu'elle n'est pas dame mais Aurore, parce que pas assez vieille pour se faire appeler dame. Mais c'est une madame quand même. Alors se pose un cas de conscience, qu'il résoud à sa manière

- Dame Aurore !

C'est plus long à dire, mais ça se dit facilement, alors ça va. Il est plutôt content d'avoir trouvé la formule et ne réfléchit pas trop quand elle lui demande son âge

- Dix-sept !

Il la regarde faire la vaisselle, un peu gêné de son initiative. C'est lui qui s'occupe de ça, depuis longtemps. Et de la cuisine depuis qu'il vit seul. Et il semble plus impressionné par le vent qu'elle produit pour sècher ses assiettes en terre cuite que par son illusion quelques minutes plus tôt.

- Dame a a a avoir d d d d deux magies ?

Sa surprise est tellement forte qu'il n'a même pas remarqué qu'il la regardait et qu'il a bégayé. Et il poursuit, admiratif.

- Dame fooooooooooooooorte ! C'est cool !

Il se rembrunit quand il lui demande si il vit avec sa mère et hoche négativement la tête, puis il hausse les épaules quand elle lui demande si ça ne dérangerait pas sa mère si elle dort dans sa chambre, mais fait l'effort d'expliquer.

- M'man partie il y a deux ans...

Il fait un geste qui signifie "et des poussières", n'ayant visiblement pas envie d'en dire plus. Difficile de dire comment sa mère réagirait si elle découvrait Aurore en train de dormir là. Mais bon, s'il fait l'effort de garder sa chambre en ordre pour le cas où, il n'espère plus trop un retour. La mélancolie qui s'empare de lui disparait bien vite quand elle l'interroge sur son boulot.

- Argent p p p pas important ! Dorian aime a a a apprennnnnnnnndre. J'aime cuisiner. Patron le meilleur. Dorian veut saaaaaaaaavoir.

Il l'a regardée, d'un regard beaucoup plus clair que plus tôt et en le réalisant, il a rougi et baissé le regard, semblant même disposé à fuir. Mais il fait l'effort de lui répondre.

- Chef pas b b beaucoup d'employyyyyyyyyyyés. Mais boulot dur. Gens pas rester. Dame p p p pas c c c cuisiner. Mais con con con con con con... rooh... concierge ? Ou serrrrveuse. Ou plongeur. Faut f f f f faire du boulot im im im im hein ? peccable. Sinon crier. Moi commis. Couper. Et goûter.

Il lève un bras, comme s'il était en train de voler

- Super palais !

Elle lui parle de bestiole, il met du temps à réaliser qu'elle parle de Souriceau

- Souriceau. Mon ami ! Gentil ! Mange puis parti ! Si froid, revenir ici. On s'aime bien

Visiblement aucune magie dans cette amitié. Ou, s'il y en a, il n'en est pas conscient.

- Faire sieste. Si boulot, vite faaaaaaaaaa... fatigué
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Aurore Seraphon
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Lun 4 Sep - 19:36
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
- « Malheureusement le coût ne change pas non. » Répondit-elle simplement « Peut-être plus tard si j’arrive à obtenir des faveurs de Khugatsaa »

Parce que c’est bien de ça qu’il est question, parvenir à attirer le regard, la sympathie de son architecte en qui la jeune femme n’a finalement jamais eu du lien. Elle était là-bas à Suhury destinée à croire en Möchlog ou bien par non-choix en Asmigal, ce fut dans le plus grand des secrets qu’elle avait voué tout son amour à Khugatsaa. Ou presque, plus que visiblement son père adoptif était au courant. Instinctivement elle a fait porter sa main à la poche intérieure de son haut, vérifiant que le précieux ouvrage si trouvait encore, ce qui était le cas. Aurore semblait beaucoup plus détendue, certaine qu’elle ne risquait rien en compagnie de son hôte, sans pour autant le prendre pour un individu stupide, contrairement à précédemment. La rouquine avait terminé la vaisselle réfléchissant aux différentes questions qui venaient de lui être posées, grinçant un peu des dents sur le « dame Aurore. »

- « Juste Aurore » tenta-t-elle de reprendre maladroite « Je viens de Suhury, c’est un peu loin d’ici, je ne pense pas que tu as déjà voyagé… Je ne vis cependant plus là-bas, j’ai décidé de voyager, c’est pour ça que je suis ici. Découvrir. »

Il est jeune sans trop l’être, ça ne la dérange pas plus que ça finalement. À force de l’entendre s’exprimer, sa difficulté de parole devient presque quelque chose de non dérangeant. Elle affiche un sourire quand il lui exprime son admiration vis-à-vis des deux magies, puis secoue la tête négativement. Elle est très loin d’avoir un niveau élevé, niveau qu’elle aurait sans aucun doute si son cœur et sa raison cessaient de se battre en duel. Elle range les différentes assiettes, puis revient à sa position initiale, s’installant sur la chaise pour l’aviser un long moment, plus sérieuse cette fois-ci.

- « Je ne suis pas très forte. Mon affection pour Asmigal vient de ma mère adoptive, ce n’est pas un choix, c’est plutôt un devoir… Alors que Khugatsaa, c’est différent, c’est de ma propre volonté… C’est plus fort que moi, quelque chose m’attire et je ne me sens pas la force d’y résister, tu comprends ? » elle sourit, certaine qu’il ne peut pas comprendre de toute façon « En tout cas, crois-moi, chaque mage détient une très grande force, avec une source de magie ou plusieurs. Il n’y a pas de sous-magie. »

Difficile de savoir la pensée profonde d’Aurore vis-à-vis de la suite de la conversation, elle reste silencieuse, presque incrédule. Il est visiblement seul, sa mère est partie, alors il se débrouille. Ceci expliquant cela. Un petit vent de colère et d’injustice vient animer le bas ventre de la rouquine qui ne comprend définitivement pas comment on peut abandonner son gamin comme ça, surtout pendant notre période. Surtout ici. Elle grommelle pour elle-même, ronchonne un peu plus fortement avant de se canaliser un peu, n’offrant qu’une mine plus ou moins compatissante. Si certain pense que les difficultés renforcent –d’ailleurs Aure en fait partie-, il n’est pas non plus complètement faux de croire que les débuts dans la vie son important, afin de ne pas se retrouver dans la nature sans un certain encadrement, sans connaître les limites qui nous permettraient de survivre.

- « Ne t’inquiète pas, le travail, ça me connaît… Si tu aimes ton travail, c’est le plus important. »

Si quelque chose vient surprendre la jeune femme, c’est sa faculté à discuter, à échanger naturellement avec lui sans se fermer, sans refuser ou fuir la conversation. Elle lui offre un nouveau sourire, simple signe de courtoisie. Au fond, il n’est vraiment pas méchant ni stupide comme elle aurait pu le penser au début, il est simplement différent de ce qu’elle a l’habitude de voir, c’est tout. Elle comprend que la bestiole est son ami, cela ne la dérange pas, elle a bien sa jument, même si le lien semble un peu plus particulier pour lui et son souriceau. Quoi qu’il en soit Aurore a fini par comprendre qu’il tenait vraiment à la voir dormir, ou bien est-ce lui qui a besoin de sommeil et qui préfère savoir la jeune femme dans l’autre chambre que vadrouiller dans la demeure ? Quoi qu’il en soit Aurore avait fini par opiner dans sa direction afin de se relever définitivement cette fois.

- « Bon, je vais m’installer dans la chambre alors, n’oublie pas de me réveiller… »

Elle était certaine qu’il n’oublierait pas, c’était surtout une façon de lui dire qu’elle allait faire la sieste donc. La rouquine n’avait pas oublié de récupérer ses affaires dans le coin de la pièce, avant de disparaître – ou pas vraiment en fait, vu l’absence de porte- dans la chambre de la « mère », lâchant son sac au pied du lit avant de s’y poser. Drôle de façon de vivre, n’avait-elle de cesse de se répéter un peu perdue. Tout était ouvert, l’intime n’était pas particulièrement présent, l’impression de dormir un peu au milieu de la rue. Aure avait lâché un bref soupir, s’autorisant à fermer les yeux, juste un peu, un tout petit peu, jusqu’à finalement sombrer lamentablement dans le sommeil. La nuit n’avait vraiment pas été suffisamment réparatrice, et là, avec le ventre plein, il était impossible de résister à l’appel du rêve et du repos.



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Dorian Wanderst
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Mar 5 Sep - 10:20
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Profession : Commis de cuisine
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- Aurore. Juste Aurore ! Dorian. Wanderst Dorian ! C'est cool !

Elle lui parle de Suhury. Sa grand-mère lui a bien parlé du monde, des capitales, des my'trans et des pauvres Daenars devenus fous parce qu'ils ont perdu foi en les architectes, que si Delkhii est l'architecte d'ici, les autres peuplades ont d'autres architectes sans être fondamentalement inférieurs ou des trucs pas bien. Certains ont deux magies en eux. Du haut de ses 7 ans, à l'âge où sa grand-mère espérait encore l'éveil de sa magie et ignorant qui était le père, elle avait soupçonné que le gamin pourrait avoir deux magies en lui et avait voulu l'y préparer, pour le cas où, mais il avait pas tout compris. Suhury, ça reste vague, et les mages qui ont deux magies, c'est... euh, oui, magique. Pour lui, ils sont deux fois plus forts, tout simplement.

- Découvrir cool ?

Il n'a jamais quitté Busad. Pour tout dire il a du mal à quitter sa demeure s'il y a des gens dehors, sauf pour travailler. Et sinon il se cachait, depuis que les gens se sont montrés agressifs avec lui quand il était avec sa mère. Sa mère, il s'y est fait, mais les autres, non. Maintenant qu'il ne les regarde plus, les gens ne lui crient plus des horreurs. C'est sans doute pour ça qu'il supporte mieux que les autres les remarques acerbes de son employeur. Même s'il y en a de moins en moins.

Par contre, s'il ne la regarde pas, il est fasciné par son discours sur les deux magies qui l'habitent et l'attrait qu'elle a pour un autre architecte que celui qu'elle devrait forcément avoir. Cet attrait, il l'a. Il le sent confusément en lui. Sa facilité à nouer des liens avec les animaux puis quand il plonge dans le corps d'un Tagta, il sait que c'est pas commun aux autres habitants d'ici. alors il s'est déjà demandé s'il n'avait pas un lien avec Orshin. Question qu'il n'a jamais posé à personne, parce que ça ferait vantard de faire croire qu'il est un mage puissant, parce qu'il aurait lui aussi deux architectes, lui à qui on n'a même pas appris à maîtriser sa magie de terre.

- Ohhhhhhhhhhh oui ! Dorian comprend !

L'enthousiasme de l'adolescent pourrait presque faire plaisir à voir. Et il a un vrai grand sourire quand il relève son regard vers Aurore, qu'il regarde un court instant sans "timidité" (c'est en tout cas l'explication que les gens ont trouvé à son trouble dès qu'il est en présence d'une personne du sexe opposé et jolie) et ajoute :

- Adoptée ? Cool ! Ton p'pa et ta m'man t'ont choisie. Ils t'aiment. Beauuuuuuuuuuu !

Cela semble le réjouir pour elle. Puis il retrouve vite son attitude fuyante, plus que gêné. Il ne réagit pas quand elle dit qu'elle sait travailler. Elle connaît pas son patron. Il laisse rien passer. Dorian non plus et pourtant il se fait parfois crier dessus. Parce qu'il coupe moins vite quand la madame du chef le regarde ou quand la jolie serveuse elle vient chercher les plats. Ou quand il dit qu'un plat c'est de la merde alors qu'il y a juste un assaisonnement qui n'est pas parfait. Il est goûteur, pas chef. Le second est au-dessus de lui. Oui, même s'il fait de la merde. Mais les taquets pour l'autre commis, il peut. Mais il y arrive que quand c'est un monsieur. Une madame, il ose pas. Ca énerve son patron, d'ailleurs, ça aussi. Le gamin est doué, mais il se fiche de sa réputation comme de sa première tétine (qu'il n'a pas eue, d'ailleurs) et perd tous ses moyens en présence d'un jupon. Comme tares, c'est pire qu'être simple d'esprit, ça, pour sûr. Il lui lâche un timide "bon dodo" à peine audible quand elle part faire la sieste.

Il attend, assis à sa table, d'entendre le bruit d'une respiration apaisée typique du sommeil. Il sait les reconnaître. Quand il vivait seul avec sa mère, il attendait ce bruit-là pour se détendre et ne plus vivre sous la pression qu'elle lui imposait. Surtout à l'heure du coucher, parfois, où elle voulait être "gentille". Il frissonne en y repensant. Mais trêve de mauvaises pensées, Aurore Juste est pas comme ça et elle dort. Faut agrandir le jardin pour nourrir deux personnes. Il quitte sa masure pour se pencher sur son petit carré qui lui sert de jardin. Il écarte les doigts et se concentre, pour faire un travail tout en douceur, faire descendre la roche, faire remonter la terre, doubler le volume du jardin et rendre la terre fertile pour que des plantes y poussent. Il espère que ça poussera vite et est surpris d'un métal qu'il a senti dans les profondeurs, sans l'extirper. La nature des minerais, il ne la maîtrise pas. Il use ensuite de son bon sens pour rajouter des salades et de nouveaux légumes. Son travail a été fait en toute discrétion, sans réveiller Aurore. Mais le jour avance et bientôt viendra l'heure de bosser. Il est temps pour lui de réveiller Aurore, de se raser, se laver et de partir. Il n'entre pas dans la chambre et parle à voix haute et calme, pour être sûr qu'elle l'entende.

- Bientôt l'heure ! Faut se laver et se faire beaux ! Peut-être que chef aura du travail pour Aurore Juste. Sinon peut revenir ici.

Lorsqu'il entend le bruit de son réveil à elle, il rejoint sa chambre et s'y prépare. Lavage, rasage, habillage, avec des gestes précautionneux. Ses mains surtout sont impeccables, mais il les lavera à nouveau une fois arrivé au boulot. Il se permet un dernier conseil.

- Prendre chaussure confortable. Beaucoup marcher. Beaucoup rester debout. Faire mal au p p p p p pied.


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Aurore Seraphon
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Mer 6 Sep - 19:58
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Profession : Agriculture/Chasse
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Aurore avait finalement sombré, abandonnant l’état de conscience pour celui d’endormissement profond. Si la jeune femme avait bien évidemment essayé de lutter au début, elle n’avait cependant pas tardé à abandonner le combat, sa nuit ayant été visiblement trop peu confortable et non réparatrice. Impossible pour la rouquine de percevoir les éléments autour d’elle, impossible de rêver non plus tant son sommeil était profond, presque imperturbable. Presque, parce que quand la voix du jeune homme avait résonné non loin, elle était quand même sortie de cet état de presque inconscience, pour rentrer dans celui de la somnolence. Un œil ouvert, l’autre encore fermée, un peu de bave au coin des lèvres, difficile de se remettre les idées dans le bon ordre quand tout notre être hurle qu’une seule chose, dormir, encore et encore. Pourtant, Dorian continu explique qu’il va falloir bientôt partir pour travailler, Aure avait camouflé une grimace avant de finalement se relever, quel genre d’apparence faut-il pour travailler dans ce qu’elle avait compris être un restaurant ? Elle remonte sa longue chevelure rousse en une queue de cheval haute, puis un chignon, hésite, la détache de nouveau. La voyageuse ne sait plus vraiment ce que c’est que « travailler » au fond, elle était plutôt libre elle, dans son travail avant… Elle met un genou à terre, fouille dans son sac avant de finalement conserver sa tenue vestimentaire. Dans tous les cas, elle pourra aisément –ou presque- faire croire qu’elle porte autre chose. Aurore avait donc fini par rejoindre le lieu où le duo un peu particulier avait pris un repas, elle attendit sagement que son hôte la rejoigne. Celui-ci avait naturellement insisté vers le fait de porter des chaussures confortables et la rousse avait simplement répondu par un haussement d’épaules, supposant que les voyages étaient hautement plus éprouvants qu’un service de restauration.

- « Ne t’inquiète pas pour ça. » Répondit-elle simplement « Est-ce qu’il faut une tenue particulière, ou est-ce que je peux rester comme ça ? »

Par comme ça, elle entendait évidemment son pantalon en cuir, son haut fait de la même matière camouflant ses avant-bras et la peau qui pouvait venir se poser par-dessus ses vêtements pour conserver une certaine chaleur. En chaussure, elle portait des bottes qui montaient jusqu’à ses genoux, simples, mais efficaces. Son regard avait par la suite coulé vers son arc et son épée, difficile de se résigner à devoir abandonner tout ça ici le temps de ‘travailler’. Bougonnant un peu, Aure se maudissait de vouloir toujours être honnête, faire un petit jeu de passe-passe avec des pierres et faire passer le tout pour de l’argent aurait été tellement plus simple. Mais non. Il fallait qu’elle reste dans le droit chemin, c’était beaucoup plus fort qu’elle. La rousse avait laissé son hôte terminer de se préparer, profitant d’un peu de tranquillité pour sortir de la maison et aviser un peu le contour. Elle remarqua enfin le petit jardin, les légumes et surtout la qualité de la terre qui semblait plus que convenable. La jeune femme s’était légèrement penchée récupérant dans le creux de sa main la précieuse terre avant de la relâcher dans l’air. Un adepte de la terre. Quoi de plus logique ici.

- « Tu te passionnes en plus de la cuisine pour les plantations ? » dit-elle suffisamment fort pour être certaine d’être complètement entendu

Aurore était ensuite restée sur le pas de la porte, attendant sagement qu’il pointe le bout de son nez pour le suivre jusqu’à son employeur, son lieu de travail. Elle semblait toujours être déterminée à mener son projet à bien, sans toutefois démontrer un engouement extrême. Difficile de savoir à quoi elle pensait en ce moment, elle était encore finalement dans une sorte de découverte de la ville un peu particulière. La réunion de la veille occupait encore pas mal de ses pensées, sans forcément parvenir à mettre des mots sur ses opinions.

- « Tu mets toujours autant de temps à te préparer ? Tu es en cuisine, non ? Donc on ne te voit pas forcément… Si ? »



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Dorian Wanderst
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Mer 6 Sep - 21:03
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Profession : Commis de cuisine
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Elle lui demande des conseils sur sa tenue, il est obligé de regarder autre chose que les bottes d'Aurore. Une fraction de seconde, mais assez pour voir. Il va tenter de faire une réponse complète et constructive.

- Si faire vaisselle, attacher cheveux. Si serveuse, chef a robe.

Une inspiration, il parle rarement autant

- Si concierge, Do' sait pas, jamais vu. Mais concierge cool, peut dormir là.

Nouvelle inspiration, il est concentré pour ne pas bégayer. Même s'il l'a déjà fait un peu, il aime pas ça, même si elle doit se douter qu'il a un problème d’élocution.

- Si pas place pour Aurore, chef connaître fournisseurs, peut dire "là, ils engagent". Pas commis, pas seconde du chef, ça poste où faut connaître. Et chef trrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrès e e e exigeant.

Merde, il avait presque réussi. Bon, elle ne relève pas et parle visiblement de son jardin. S'il se passionne autant pour l'agriculture que pour la cuisine. Il fait non de la tête et réalise qu'elle est dehors.

- Fermier super b boulot. Mais dur ! Juste jardin, c'est moins cher que... acheter. Do pas riche du tout.

Voilà, c'est aussi simple et basique que ça, c'est de la débrouillardise. Ce qu'il cultive, ce qu'il fabrique, il ne le paie pas. Sa mère lui a laissé la literie, trop lourde à transporter et quelques vêtements à lui, c'est tout. Il s'est débrouillé pour le reste, se nourrir, trouver un travail honnête, avoir la tenue pour remplir son ambition de devenir un bon cuisinier. Et il a choisi le meilleur chef de la région, sans doute même de tout le continent. Et il apprend, énormément, juste en le regardant faire. Le reste est en terre cuite et ça lui va.

Quand elle lui parle des soins qu'il fait avant le boulot, il l'a rejointe sur le pas de la porte et répond oui de la tête

- Dorian manipule nourriture. Hygiène doit être p p p parrrrrrrrrrfaite. Mains propres, pas de poil, pas de chhhhhhhhhheveux dans nou, nous? non ! nourriture. Ohhhhhhhhhhhhhh bligatoire !

Il se lave une fois arrivé au Dos de la Fourchette, parce que le chemin est long et poussiéreux. Sur ce plan, il est totalement irréprochable. Il a trop parlé, il lui fait signe de le suivre et entame la longue montée vers les sommets de Busad. Il connait le chemin, il fait mal aux cuisses. Lui y est habitué mais pour Aurore, c'est une autre paire de manche. La dame a l'air courageuse, mais il ne la testera pas. Il monte les marches et les rues, observant le sol, souriant parfois en voyant un caillou. Une fois sur les sommets, alors qu'Aurore pourra voir sur la droite l'enseigne du Dos de la Fourchette, il fait un arrêt au puits et retire de l'eau.

- Enlever crasse, poussière, pou pou pour faire b bonne impression !

Il se rafraîchit lui-même puis lui laisse le seau et lui tourne le dos. Même pour une toilette sommaire des mains et du visage, il respecte son intimité. D'ailleurs, de tout le trajet, il ne l'a pas regardée. Là, il regarde l'entrée des fournisseurs et du personnel, l'oeil brillant. Et un soupçon d'inquiétude aussi. Si son chef ne trouve pas de travail à la dame, il va devoir l'héberger un sacré moment, et il préfère largement la solitude. Ou héberger un homme, ça serait bien plus simple. Mais on ne choisit pas à qui on offre l'hospitalité. Et il est heureux de servir Delkhii ainsi, il n'en avait jamais eu l'occasion. Mais la Dame serait mieux chez des gens qui ont le sou, ou le parler, ou le savoir qu'il n'a pas appris. Lui, il sait juste couper des légumes et observer.
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Aurore Seraphon
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Jeu 7 Sep - 21:56
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
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Une robe ? Son visage avait dû subitement devenir encore plus pâle, encore plus cadavérique –bien qu’ici il avait déjà pris quelque couleur-. La rousse avait dû déglutir bruyamment, à la fois pour signifier sa gêne et à la fois pour avaler physiquement l’information qui venait de lui être donnée. Elle n’avait pas répondu, pas signifier son mécontentement non plus, avec un peu de chance elle pourrait gérer une petite illusion pour offrir l’apparence souhaitée tout en conservant réellement sa tenue, ainsi tout le monde serait content. Quoi qu’il en soit, pas un mot de protestation n’était sorti de la barrière de sa lèvre, même pas un soupir, chose plutôt rare quand on commence à connaître la bonne femme. Elle avait haussé les épaules au moment de l’évocation de la concierge, si Dorian ne l’avait jamais vu c’est peut-être qu’il y en avait pas, où que c’était un homme, ou alors que la concierge était trop vieille et qu’elle a fini par disparaître. Au fond, Aurore est plutôt reconnaissante vis-à-vis du jeune homme, même si elle ne le remercie pas oralement, elle le montre par cette gentillesse et cette communication finalement plutôt rare. Aure l’écoute, ne le coupe pas quand il parle, ne se moque pas de lui et ne s’acharne pas à lui faire répéter des mots qui seraient bien trop compliqués et qui le mettrait sans aucun doute très mal à l’aise. Alors, quand finalement il vient lui dire que son patron connaît du monde un peu partout, elle sourit, sincèrement, reconnaissante de trouver une situation pour conserver sa monture et payer la note plutôt amère de l’écurie. Le Basket’curie c’est bien, mais quand même –quoi vous avez jamais fait un Basket’restaurant ? Bah là c’est le Basket’curie-.

Son hôte avait fini par la rejoindre à l’extérieur, proche du jardin. Aure avait de nouveau laissé se perdre son regard sur les plantations, difficile de croire que ça lui semblait difficile, surtout qu’elle était presque prête à parier qu’il était plus petit quand elle était arrivée. Quoiqu’elle n’avait pas franchement fait attention. Quand il avait évoqué l’argent, elle avait simplement haussé les épaules, un peu mollement mi-compréhensives, mi un peu curieuses de savoir comment quelqu’un vivant seul, ayant une maison pouvait avoir des difficultés financières. Quoi qu’il en soit, elle n’était personne pour juger, absolument personne. La suite s’était faite plus silencieuse, moins courtoise, plus de bavardage, plus de questions, le silence enfin, le calme. Aure trouve ça un peu étrange cette obsession de la propreté, du moins pour un homme, non pas qu’elle ne soit pas d’accord pour une certaine égalité, mais elle a toujours plutôt eu cette vision de l’homme dans la boue, qui réalise un travail physique, dur. Elle avait encore une fois haussé les épaules, plus pour elle-même cette fois. Abandonnant sa réflexion pour profiter un peu de l’architecture si singulière de la ville. Le sol était poussiéreux, malgré le fait qu’elle faisait attention à ne pas trop taper des pieds en marchant afin d’éviter de faire grossir le nuage de poussière. Aure ne voyait pas réellement de différence entre les maisons du quartier d’avant et celui-là, l’unique chose qui n’avait de cesse d’attirer son œil n’était d’autre que l’énorme tour.

La pente qui mène à l’établissement est plutôt raide, la rouquine ne s’en plaint pas, elle grimpe silencieusement jusqu’à arriver au sommet et trouver sur sa droite l’établissement visiblement. Dorian fait une pause lui, le temps de récupérer l’eau du puits, elle le regarde faire un instant avant de l’abandonner du regard pour surveiller l’enseignement. C’est un établissement visiblement convenable, du moins au premier coup d’œil, après n’était-elle pas la mieux placer pour savoir que parfois, les apparences n’étaient pas le reflet de la réalité. Il avait fini par abandonner le seau d’eau pour lui laisser et si elle n’avait pas compris immédiatement ce qu’il attendait d’elle, elle n’avait pas tardé à s’en rapprocher pour s’humidifier à peine les joues. C’est qu’elle avait eu chaud en montant aussi rapidement jusqu’ici et malgré l’habitude, la température élevée de la ville ne faisait pas encore partie de sa routine.


- «  Je suis prête » avait-elle simplement formulée en se rapprochant de lui « Tu sais, je ne mords pas, j’ai toujours préféré regarder mes interlocuteurs quand je parle, mais si tu préfères que je ne te regarde pas ? »

Si la rousse avait finalement osé poser cette question, c’était simplement parce qu’elle était soucieuse de bien faire, de ne pas le mettre davantage mal à l’aise que ce que ça simple présence faisait. Elle était aussi un peu inquiète vis-à-vis de l’impression qu’elle allait faire sur le patron, peut-être devrait-elle user un peu de sa magie de l’illusion, peut-être pas, elle n’en savait trop rien. Comme pour encourage Dorian, elle avait avancé de quelques pas jusqu’à arriver à la porte menant à l’intérieur, c’était à lui de rentrer le premier de toute façon et de la présenter, ne pouvait-elle compter qu’uniquement sur lui… Il ne lui restait plus qu’à espérer, rien de plus.



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Dorian Wanderst
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Sam 9 Sep - 14:56
Irys : 92641
Profession : Commis de cuisine
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- Naaaaaaan. Aurore Juste peut regarder Do' ! C'est bien de regarder les gens ! Ici, pour personnel.

Aurore s'est dirigée vers l'entrée principale, celle des clients. Peut-être de là aura-t-elle vu l'intérieur, ce que voient les clients ? Mais pour Dorian, c'est l'autre entrée qui doit être prise. Il observe les pieds de la demoiselle pour s'assurer qu'elle le rejoint bien, puis entre en premier, traverse la zone de livraison pour rejoindre les cuisines où le patron et son épouse sont en pleine conversation.

- Je sais, mais cette équipe a deux bons commis, j'en déplace un dans l'autre équipe et je promeus le plongeur comme commis. Oui, ça lui fera un surplus de travail au gamin mais c'est un bon bosseur. Trouver quelqu'un pour la plonge sera... Ah, Dorian, ta journée d'hier ? Tu es resté silencieux j'imagine ?

Dorian est visiblement gêné qu'on fasse attention à lui, mais il fait non de la tête. Il a pris la parole. Bon, c'était pas forcément volontaire. Johan Ghilbert est le patron du lieu, impossible d'en douter. C'est un leader, avec du charisme. Il présente bien. Cheveux poivre et sel, oeil vif et brillant, il a le profil de l'homme qui sait décider. Il est plutôt fin pour un cuisinier, qu'on imagine aisément avec de l'embonpoint, comme toutes les personnes qui aiment la bonne chaire. Et il déborde d'énergie. Et là, en le voyant sourire à la réponse de Dorian, on l'imagine sympathique et avec Dorian il l'est. Il l'appelle "le gamin" souvent, mais c'est affectueux. Mais c'est un homme exigeant, comme ceux qui savent exactement ce qu'ils veulent. Il l'est avec lui-même et avec les autres.

- Voilà qui est nouveau, le gamin qui prend la parole en public. C'est bien ! Très bien ! Il y a du nouveau ici aussi, tu vois qui est Sylvanus, le commis de l'autre équipe ? Bien, il nous quitte pour rejoindre sa dame et s'installer à Khurmag. C'est ton collègue qui le remplace dans l'autre équipe. Ed' va quitter la plonge pour devenir commis. Tu vas le former !

Dorian lève un pouce approbateur suivi d'un grand sourire, sourire qu'il maintient quand il se tourne vers Aurore pour lui offrir le même sourire, droit dans les yeux. Visiblement la nouvelle l'a mis d'excellente humeur, ce qui ne l'a plus bloqué.

- Encore une nouveauté. Ta petite amie ?

Le ton est là beaucoup plus surpris, comme s'il s'agissait d'une chose impossible. Et alors qu'il allait faire une remarque à Aurore, Dorian parle.

- Non, elle Dame Aurore, de Suhury. Faire vent et illusion. Et chercher travail !

- Et tu l'héberges ? Une dame ?

Le patron lui passe une main approbatrice et d'encouragement dans les cheveux, conscient de l'effort que cela représentait et fier du fait que son apprenti respecte les us et coutumes de la région, parmi lesquelles l'hospitalité. Qu'il puisse héberger un homme, il n'en doutait pas trop, mais une dame, vu la timidité du garçon, ça tient de l'exploit. Dorian prend bien le geste, heureux que son patron soit fier de lui, même s'il ne l'a pas fait pour ça. Par contre, il remet un peu nerveusement sa coiffure en place, ce qui fait rire l'épouse de Johan, une brunette dans la trentaine, pétillante et très apprêtée, tenue impeccable mais visiblement plus posée que son époux. L'entente dans le couple semble évidente, et elle l'est. Les deux visiblement se complètent bien. Johan lance un regard à son épouse, qui acquiesce de la tête, puis se tourne vers Aurore et l'inspecte du regard.

- Vous avez de l'expérience dans la restauration ? Je présume que non. Ca n'est pas très grave pour l'heure. Propre sur vous, bonne présentation, même si je préfère du noir. Tenue confortable, bonnes chaussures. C'est important car le mal aux pieds est le souci majeur pour le travail en cuisine. L'illusion en cuisine est un cache-misère, c'est mentir au client. Ca ne fait pas partie de la politique de la maison. Soit c'est impeccable, soit on recommence, mais on ne cache pas. Par contre, le vent est intéressant, non seulement il permet de sécher plus vite et offre un réel gain de temps, et le temps, c'est ce qui nous manque le plus, mais en prime il permet d'offrir une certaine fraîcheur. On évite les odeurs de renfermé et on peut garder les denrées au frais. Un vent frais dans le restaurant avant l'arrivée des clients sera apprécié par mon épouse, la superbe brune qui rit derrière moi et un ou deux passages dans la cave pour rafraîchir la pièce aussi. Si ça ne vous consomme pas trop d'énergie, évidemment. Pas d'aération dans la cuisine par contre, l'odeur des cuissons est notre meilleure publicité, on ne la cache pas.

Le patron fait silence, observant la réaction d'Aurore. Puis il poursuit.

- Hormis pour cette aération bienvenue, vous n'aurez aucun contact avec mon épouse. Ici, les postes sont bien séparés. En salle, il y a mon épouse, qui gère l'accueil des clients, les réservations, la mise en place et la gestion des boissons. Nous avons aussi une serveuse, qui amène les plats et rapporte la vaisselle. C'est elle aussi qui s'occupe du ménage dans la salle. Et c'est la seule, avec moi parfois, qui passe des cuisines en salle et inversément. Dans mon cas, c'est quand le client souhaite parler au patron pour faire une remarque ou poser une question. Ca arrive souvent. Bon, là, c'est votre poste. Vous laverez les plats, les assiettes et les couverts, et jetterez les restes dans cette poubelle. Ce sera votre travail principal, mais pas prioritaire. Si le cuisinier, qui est le chef en second, doit se laver les mains, vous lui laissez la place. Si nos deux commis le doivent, vous vous bougez aussi. Si le second a besoin d'un couvert, d'une assiette, d'un plat, vous lui remettez immédiatement, mains sèches. On ne dérange pas le cuisinier, sous aucun prétexte ! Ni question, ni remarque. Si Dorian vous dit de nettoyer un plan de travail, c'est prioritaire aussi, vous abandonnez votre vaisselle. La réactivité est le mot-clé de votre poste. Un bon service se joue à la minute, votre rôle est aussi important que celui des autres. Si vous avez une question, adressez-vous à Dorian. S'il est trop occupé, c'est moi que vous viendrez voir. Sauf si lui ou moi goûtons un plat. Là, hors de questions de nous déconcentrer. Tout ceci est clair ?

Dorian, pendant le laïus du chef, transporte déjà des victuailles et prépare visiblement le boulot à faire en cuisine et étrangement, alors que le chef explique son poste à Aurore en la fixant, il semble savoir exactement ce que fait Dorian et ce qu'il transporte. Il abandonne l'observation un court instant, semblant remarquer un fait inhabituel, mais revient à sa nouvelle plongeuse.

- Bien, de mon côté je suis un peu le superviseur. Je vérifie que tout se passe bien en cuisine, je gère les stocks, les commandes, les relations publiques et je travaille à mes futures créations. Si vous avez une question et que Dorian n'est pas disponible, vous venez me voir, vous n'hésitez pas. De toute manière, j'aurai un regard sur vous. Ce n'est pas le boulot le mieux payé de la capitale et il est dur et frustrant. Je le sais pour l'avoir occupé, moi aussi. Mais vous aurez un repas en fin de service et une expérience que vous pourrez valoriser ici ou ailleurs, ce qui n'est jamais perdu. Je vous laisse avec mon épouse pour l'aération, elle vous indiquera la cave. Dorian, il y a des choses en trop dans ce que tu ramènes, tu m'expliques ?

Dorian regarde le patron, surpris, puis explique :

- Nouveau commis. Apprendre découpe. Mal faire. Pas servir client.

Le chef l'écoute, acquiesce de la tête et l'invite à continuer.

- Jeter mal. Faire soupe mieux ! Nous manger soupe ce soir !

- Oui. Et ?

- Et Dorian faire pain. Aimer pain avec soupe. Juste temps avant que second arrive. Pain tiédi suuuuuuuuuuuuuuper bon. Et y avoir trop beurre !

Le chef a un éclat de rire et délaisse Dorian, indiquant par là son accord pour la proposition de son étrange commis, qui prépare d'ailleurs déjà la pâte à pain.

- Tu vas avoir plus de travail que d'habitude et ça sera pas simple. Tu penses que ça ira pour gérer tout ça ?

Dorian lui répond d'un grand sourire, puis baisse le regard. La serveuse vient d'arriver dans la cuisine avec le second et le commis. Mais il prend son courage à deux mains pour demander au patron.

- Plus de travail, Do ok. Peut avoir deux morceaux viande après service demain ?

- Accordé. Viande ou volaille, on verra selon le stock. Quelques pommes de terre aussi.

Il se retourne alors vers l'ancien plongeur.

- Bon, tu es promu commis suite à une restructuration. Dorian va te former. Ecoute ses conseils et évite de le mettre en pétard, il a le taquet facile. N'essaie pas de suivre son rythme, ça fait des mois qu'il travaille à ton nouveau poste. Apprends les gestes, sois concentré et tout ira bien.
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Aurore Seraphon
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Sam 9 Sep - 18:10
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
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Aurore avait eu cette réaction un peu enfantine, un petit sourire agréable qui démontre qu’elle ne se serait pas offusquée s’il lui avait demandé de ne pas le regarder. La rousse avait simplement opiné, sans chercher à faire davantage la conversation. Il était étrange Dorian, étrange, mais jeune aussi, sans expérience, de quoi s’enthousiasmer sur tout et n’importe quoi, surtout sur n’importe quoi. La jeune femme l’avait par la suite abandonné, pensant naïvement qu’elle aurait la chance d’arriver dans l’établissement par la porte principale, raté. Après avoir jeté quelques œillades indiscrètes à l’intérieur, elle avait fini par rejoindre son hôte jusqu’à l’entrée des employés. Évidemment, Dorian ne l’avait pas regardé elle, il s’était simplement concentré sur ses pieds, comme souvent finalement. Même si Aure ne semblait toujours pas particulièrement à l’aise avec cette attitude fuyante, elle commençait à s’y faire.  La rousse avait même imité son comportement une fois la porte, ou plutôt l’ouverture passée. C’est qu’elle ne connaissait pas vraiment le lieu, pour ne pas dire pas du tout, n’avait absolument aucune qualification dans la restauration ou encore le service… Se retrouver devant le patron ne lui semblait soudainement plus aussi simple que ce qu’elle avait imaginé. Dorian l’avait délaissé pour saluer son patron et ce qui semblait être sa femme, Aure était restée en arrière un peu bête, un peu timide. Lançant quelques regards vers le petit groupe qui venait d’entamer une nouvelle conversation.

Si elle ne semble que peu surprise par le fait que le patron pense que Dorian ne soit pas exprimé durant la réunion de la veille –et quelle réunion !- elle l’est davantage quand il sous-entend que le duo puisse former un couple. Son nez s’était pincé légèrement, alors qu’instinctivement son visage c’était légèrement relevé pour aviser le coupable de fausses rumeurs. Heureusement pour elle, le jeune homme n’avait pas tardé à remettre les choses dans le bon ordre, octroyant un soupir de soulagement chez Aure qui ne se voyait absolument pas jouer la comédie d’un couple aussi… Étrange. Les deux billes émeraudes de la rouquine avait délaissé le groupe pour découvrir l’environnement, plutôt agréable, plutôt adressé à des gens avec le sou, que sans. Étrange pour une ville qui veut offrir l’accueil et la bienveillance à tous, comme quoi, même ici l’inégalité pouvait exister. Un nouveau mot vient faire relever la tête d’Aure vers le groupe, l’identification de ses capacités. Elle grimace peu habituée à admettre ou à dévoiler ainsi le peu qu’elle sait faire, le peu qu’elle possède finalement. C’était un peu comme se retrouver nu comme un vers au milieu d’une foule en acclamation. Terriblement gênant.

Fatalement, Aure finit par détecter le regard de l’autre femme, puis du patron sur sa silhouette, elle avait conservé son visage impassible, presque sans expression, faisait disparaître son sourire, comme pour se protéger de « cette agression ». L’homme s’était adressé à elle, envahissant son espace vital par sa prestance, sa manière de s’exprimer et de la juger. Il dénigre sans le vouloir sa tenue vestimentaire, indiquant qu’il préfère le noir, instinctivement elle avait eu envie d’user d’une illusion, mais elle n’en avait finalement rien fait. Aure n’était pas là pour tricher, simplement pour obtenir un peu d’argent histoire de payer le bougre qu’il tente de lui voler sa jument. Il lui parle ensuite d’aération, de courant d’air et la rousse ne peut s’empêcher d’opiner simplement sans dire mot. Il lui demandait de faire des choses basiques, des petits tours de passe-passe que même un enfant serait capable de réaliser. Quand il fait silence, elle a envie d’ouvrir la bouche pour lui signifier qu’elle ne maîtrise pas réellement l’illusion, qu’il ne doit pas s’inquiéter, bref mentir pour rassurer. Sauf qu’elle n’en fait rien, par craindre de voir Dorian démontrer ou argumenter le contraire. Drôle de situation. Il reprend la parole, poursuit son explication, Aure à cette interrogation un peu moqueuse de savoir comment il fait pour dépiter autant sans respirer, serait-il lui aussi un croyant d’Asmigal. Elle hausse les épaules en guise de propre réponse, avant de comprendre au moment où il fait de nouveau silence que cette fois, il attend une réaction.


- « C’est parfait pour moi. Merci de me laisser une chance »

Se rendre invisible et réaliser des tâches, c’était tout à fait dans les cordes de la chasseuse, d’ailleurs, être dans l’ombre était une chose plutôt rassurante pour elle. Il lui signifie qu’elle aura un repas, un peu d’argent, ça lui convient, surtout l’argent. Il s’en va la laissant seule avec une femme et si généralement elle n’appréciait pas les moments en compagnie d’une autre silhouette féminine, cette fois elle sourit. Aure ne ressent pas cette gêne, ce jugement, ou la compétition qui occupe généralement l’environnement des femmes. Comme-ci le fait que deux personnes du même sexe pouvaient mettre en danger l’autre. Au contraire, la brune lui offre également un sourire et lui fait visiter un peu le lieu, pendant que le patron discute avec celui qui la ramené ici. La salle de service se retrouve rapidement animée par un petit courant d’air frais, agréable, mais très peu violent pour éviter de renverser ou de faire bouger l’organisation et les tables déjà dressées. Une fois à la cave, qui se trouve inévitablement sous terre, il en est de même.

- «  Il est un peu étrange, mais gentil. »
C’est la voix de la patronne, du moins de celle qui sort avec le patron. Aure se sent dans l’obligation de stopper son activitée pour la regarder. Un peu naïvement, elle demande :
- «  Qui ça ? »
- « Dorian. »
-      « Ah… Oui, c’est un bon gars » répondit simplement Aurore en haussant les épaules.

La patronne avait eu un sourire différent, un peu moqueur, un peu surpris, mais surtout rempli de sous-entendu. Elle avait dû certainement se dire que les deux individus n’étaient pas si différents que ça, que la rouquine n’avait pas l’air bien bavarde non plus. Pour Aurore, cela n’importait pas grand-chose, elle venait de terminer son premier boulot, l’aération du lieu et s’apprêtait déjà à remonter les marches pour retrouver Dorian, le patron et certainement les autres employés.

- « Attends, Aurore. » Avait formulé la brune « Pourquoi est-ce que tu as besoin d’un travail ? Tu veux t’installer dans la ville ? »

Un silence avait fait son apparition, léger, furtif, le temps pour la jeune femme de réfléchir. Elle avait simplement secoué la tête de gauche à droite.

- « J’ai une jument à entretenir. Dès que j’aurai suffisamment pour payer l’écurie et de quoi m’acheter un équipement pour mon voyage, je repartirai. »
- « Et Dorian ? »

Aure avait stoppé une nouvelle fois son occupation, visiblement secouée par la question. Elle avait eu cette envie d’aboyer « Quoi et Dorian ? », mais n’en avait rien fait. Elle ne le connaissait pas, n’avait pas l’intention de le connaître davantage, il était simplement son hôte et même si elle lui était reconnaissante pour ça, cela s’arrêtait là.

- « Il pourra reprendre son quotidien plus calmement. » Murmura Aure, avec simplicité, sans avoir l’impression de convaincre sa supérieure.

La rousse avait haussé les épaules, remontant en compagnie de la femme du patron pour rejoindre le petit groupe dans la cuisine. Discrète, Aurore avait repéré son lieu de nettoyage et l’avait rejoint formulant un simple « bonjour » courtois vis-à-vis de la serveuse et du nouveau commis. Difficile de trouver sa place dans une équipe déjà construite. Elle avait dessiné un sourire agréable sur ses lèvres, même si l’envie n’était pas là, la rouquine était bien placée pour savoir que les apparences étaient très importantes.  

- « Bien, le service va bientôt commencer, appliquez-vous. » Déclara la brune.



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Dorian Wanderst
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Sam 7 Oct - 19:06
Irys : 92641
Profession : Commis de cuisine
My'trän +1
Ce qui peut être marquant lorsqu'on intègre une brigade, du moins celle de Johan Ghilbert, c'est le silence. Oh, du bruit il y en a. Les pas, les objets qu'on déplace, les découpes, le feu qui crépite, la vaisselle qui s'entrechoque et rapidement, le restaurant où ça discute, ça boit, ça fête parfois, mais de façon assez feutrée. Dans la cuisine par contre, ça ne cause pas, chaque personne et chaque chose est à sa place. Et la difficulté pour Aurore sera de savoir où ranger les choses, une fois nettoyée. L'aide de Dorian lui sera précieuse, car il lui indique par des gestes simples où se trouvent les choses et où les ranger quand elle hésite. L'autre commis, durant tout le service, n'a quasi jamais levé les yeux de ses boulots de découpe. Nerveux, emprunté, voulant bien faire, il s'est pris deux taquets. Le premier, il l'a bien compris, il a mal placé ses doigts, et quand on manipule un couteau, risquer de se couper appelle une réponse rapide et efficace. Dorian a pris le temps, patiemment, de lui montrer le geste. Le second, c'est quand le commis a eu une moue de lassitude quand, après s'être appliqué, son collègue lui a dit que ça n'était pas parfait.

- Pouvoir râler quand parfait, pas avant !

Une remarque qui a mis le patron, qui avait vu le geste de dépit de son nouveau commis, de bonne humeur. Si Dorian est resté attentif à conseiller Aurore quand il la sentait en difficulté et lui apportait ainsi un petit réconfort dans le boulot, le patron a été plus froid. Aurore se sera probablement sentie observée fort souvent, et par deux fois Johan sera venu vérifier son travail, ou remettre une pile d'assiette dans un alignement impeccable. Ce qui l'aura finalement le plus surpris, c'est la vitesse avec laquelle elle séchait les ustensiles, mais il se sera fendu d'un "bon boulot" à l'égard de sa nouvelle plongeuse, évitant de lui caresser les cheveux comme il le fait avec Dorian. Etre femme a ses avantages.

C'est plus compliqué par contre avec le cuisinier en second, peu souriant, qui bouscule Aurore quelquefois, est sec dans ses ordres et ses demandes et ne fait rien pour permettre à la nouvelle recrue d'être à l'aise. Mais l'action de la serveuse compense. Souriante, lui lâchant un bon mot ou un compliment quand elle ramène de la vaisselle sale, elle semble ravie d'avoir du personnel féminin en cuisine et ne s'en cache pas.

L'autre sourire est venu du commis en second. Dorian a préparé la décoration du plat principal, montrant à son collègue comment faire et l'a laissé faire les autres assiettes. C'était un travail plus concret et le nouveau commis s'est appliqué à faire des assiettes à l'identique. Et le fait de voir partir ses "créations" en salle sans remarque du patron a illuminé sa soirée.

Dès les desserts servis, le chef en second est rentré chez lui, les commis ont remis la cuisine en ordre, Aurore a dû terminer la vaisselle et la soupe a été préparée, ainsi que la nouvelle recette du patron testée. Elle a l'air délicieuse mais ni le chef ni Dorian ne semblent pleinement satisfait du goût. Visiblement, il y aura encore du boulot avant que cette création ne soit au point, ce qui ne semble inquiété personne.

Alors que les derniers clients quittent le restaurant, tout le monde souffle un coup et s'installe autour du potage, accompagné de larges tranches de pain et de beurre avec lequel Dorian tapisse sa tranche sans timidité aucune. Il se fend d'un commentaire.

- Dur... Mais on a bien bossé !

Il a abattu un travail de titan et le sait, mais il est heureux car les autres ont bien bossé aussi. Le nouveau commis a envie d'apprendre et Aurore a fait du bon boulot. Ca l'a bien aidé. Mais nul doute que l'adolescent dormira bien cette nuit. Il fait silence et se nourrit solidement. Il y a assez de toute façon. Et sa soupe est goûteuse.
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Aurore Seraphon
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Dim 8 Oct - 20:17
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Aurore n’a jamais fait de service, n’avait même jamais assisté de prêt ou de loin à un service. Alors, quand la femme du patron indique qu’il va falloir s’accrocher et être courageux, la rousse ne comprend pas forcément. Personne n’a pris le temps de lui montrer avant de commencer, l’emplacement de tout, elle ne se décourage pas, prend une grande inspiration et survie au coup de pression du lancement. La serveuse est agréable, vient à sa rencontre lui sourit, l’aide quand elle peut. Aurore use et abuse de son don d’Amisgal pour faire voler les assiettes, pour sécher plus rapidement, pour éviter de casser des verres qui lui glissent des mains. La rouquine papillonne un peu partout, cherche à aider, à bien faire, réellement, mais parfois elle se sent seule dans toute cette agitation et lance des regards pleins de désespoir à l’adolescent qui vient alors à son secours pour son plus grand plaisir. L’autre, celui qui a eu une promotion est moins agréable, la pousse, ne la regarde pas, ne s’intéresse pas du tout à son épanouissement. La jeune femme manque de chuter à cause d’un de ses mouvements, mais ne dit rien. Elle se contente de se redresser et de redoubler d’efforts, la pression du dirigeant de l’établissement se fait toujours plus forte, il repasse juste derrière elle pour réajuster au millimètre prêt une assiette, un bol, ou un autre élément qu’elle vient juste de nettoyer et de ranger. Comme à chaque fois, la mage lui adresse un sourire, un peu perdu, masque de sincérité qu’elle ne ressent absolument pas. Si Aure avait été capable de tout envoyer balader, elle tachait de garder à l’esprit qu’elle faisait ça pour Alezane, pour sa fidèle monture qu’elle puisse manger et être dans un endroit adapté à ses besoins.

Plus l’heure avance, plus les minutes défilent plus la rouquine semble dans son élément, ses gestes sont plus précis, sont regard moins fuyant, elle va rechercher moins d’aide auprès de Dorian ou de qui que ce soit. Finalement, le fin du service approche, puis sonne. Les derniers clients s’en vont, laissant le lieu dans un nouveau silence, différent. Chacun termine ce qu’il fait, les dernières couverts sont séchés puis rangés, tout est propre, tout est parfait, trop au goût de la rouquine, pas suffisamment du point de vue du gérant. Peu importe. Elle regarde de loin la troupe s’installer pour profiter du repas préparé par Dorian. Après quelques instants d’hésitation, la rousse avait fini par rejoindre le personnel, tirant une chaise prenant sa part pour le repas qu’elle avale silencieusement. L’ambiance est particulière ici, elle va finalement à la perfection aux traits de caractère du jeune homme. La jeune femme termine son assiette, opine en direction de Dorian puis débarrasse ceux ayant fini pour faire la vaisselle restante. En revenant, Aure avisa un instant Dorian, attendant certainement qui lui indique quoi faire, rester, rentrer, discuter ? Non, elle n’était pas très forte en bavardage, lui non plus. Son regard émeraude balaya les personnes à table, mauvaise idée, très mauvaise idée, car la serveuse ne tarda pas à poser sa multitude de questions.


- « Vous formez un joli couple, quoi que, tu es un peu trop âgé pour lui si tu veux mon avis. » Les yeux d’Aurore s’étaient écarquillés « Enfin, ça me regarde pas hein, mais bon, tu viens d’où alors ? T’vas travailler avec nous longtemps, parce que c’était plutôt pas mal ce soir quand même. »
- « Heu… Je ne sais pas. » Réponse par réponse, Aure tire de nouveau une chaise pour s’y installer lourdement « Je viens de Suhury… Je voyage depuis peu. Je n’ai pas l’intention de rester éternelle dans votre ville… Pas qu’elle ne soit pas agréable, mais je préfère… plus la verdure. »
- « Ah t’entends ça Dorian, tu vas devoir suivre la demoiselle ? Bon alors, vous vous connaissez depuis quand hein ? Enfin, je sais je suis trop curieuse, mais Dorian avec une femme, c’est un peu un semblant de miracle. Tu vas avoir du boulot avec lui. »

Aurore prend une grande inspiration, lâche un bref soupir et abandonne toute forme de discussion. Elle se relève doucement, exprime le fait qu’elle va terminer le nettoyage puis disparaît dans la cuisine.  

- « Je vais terminer les assiettes restantes, tu n’auras cas me dire Dorian quand on rentre. »



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Ingrid & Sigurd
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Jeu 19 Avr - 10:39
Irys : 654876
La routine s’installa vite et une travailleuse comme Aurore n’eut pas de mal à s’intégrer dans les rouages du restaurant. Tout se passait sans heurt quelques assiettes de cassées ou de verre allant rencontrer malencontreusement le sol mais de façon rare. Et si la serveuse lui en voulait toujours un petit peu pour son manque de ragotage, elle était bon vivant. Son idée n’avait pas disparue, elle était tenace, elle lançait toujours des regards aux deux, sans pour autant en reparler. Ce soir là, après le service, elle interpella la rousse. Elle lui avait déjà dit plus tôt qu’elle avait un truc à lui demander mais sans plus, il y avait pas le temps de flâner au boulot.

« Voilà, il paraît que tu sais manier les illusions ?»

Ce n'était pas vraiment une question, simplement une façon d'entrer dans le vif du sujet. D'ailleurs, elle n'attendit pas pour enchaîner sur la suite. Juste toutes les deux sur le pas de la porte de service, sa collègue la dépassant d’une bonne tête dévoila enfin son idée après cette accroche.

« Tu sais on est pas trop fête par ici par rapport aux Khurmis ou aux autres mais ça nous arrive aussi ! Tu penses que tu pourrais faire un petit truc à l’anniversaire de la fille de ma cousine au second degré ? C’est pas un truc énorme il y aura cinq enfants max. Puis il y aura d’autres trucs de prévu. J’ai demandé au patron c’est ok avec ton après-midi de congé, c’est dans deux jours. J’y serais pas moi, c’est pas un jour très chargé mais quand même. Bref, tu veux bien ? Un service contre un service ! »

Elle souriait incertaine de que pouvait bien en penser son interlocutrice. La brune pensait avoir bien vendue son histoire, cependant elle avait encore du mal à cerner sa collègue. Si au travail ça donnait l’impression qu’Aurore était là depuis toujours, alors que ça ne faisait que cinq jours, niveau personnelle c'était loin d'être pareil : Mia ne connaissait pratiquement rien d’elle. C’était un peu une situation inédite pour celle qui aimait bien fouiner. D’autant plus frustrant que la nouvelle habitait avec Dorian. C’était énorme pourtant aucun des deux ne disaient rien. Ce serait peut-être l’occasion de changer la donne. Maya, sa parente, aurait probablement plus de chance qu’elle pour lui tirer les vers du nez, en tout cas elle ne pouvait en avoir moins.

« Puis, les gâteaux seront bon, ils viendront d’ici ! »

Elle avait dit ça sur le ton de la conspiration. Un rien l’amusait. Même si la personne en face d’elle restait de marbre, ça ne l’empêchait pas d’être joyeuse. Un atout de taille dans son métier. Tous les clients n’étaient pas souriants ou aimable. Même ici où le service et la nourriture étaient de qualité.

« D’ailleurs si tu peux les porter ça serait top ! Il faut juste les récupérer à treize heure ici. »

Voilà, c’était tout. À aucun moment, elle n’eut l’impression d’abuser ou d’imposer sa petite histoire. Cette fois elle attendit la réponse avant d’ouvrir de nouveau la bouche. Inutile d’en rajouter avant l’approbation de la rousse. En cas de refus, elle avait bien d’autres plans pour la faire parler !

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Aurore Seraphon
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Mar 1 Mai - 14:42
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag


Les jours s’écoulaient et se rassemblaient, la rouquine commençait à avoir pris ses marques et une agréable rouquine s’était installée. Aurore suivait Dorian jusqu’au restaurant chaque jour, la jeune femme à a chevelure flamboyante s’appliquait à faire ce qu’on attendait-elle, servir, sourire, laver, sécher. Ses cheveux de feu étaient tout le temps attachés, ses ongles courts et malgré son aspect plutôt froide, peu bavarde, aucun client ne semblait se plaindre de la croyance en deux architectes. Ce soir-là, le service c’était bien passé, les clients avaient été nombreux et Aure n’avait eu que très peu de temps de pause, savoura-t-elle pleine ce petit vent frai qui s’était levé. A l’extérieur, elle attendait sagement que Dorian la rejoigne pour rentrer, mais ce ne fut pas l’homme en devenir qui la rejoignit en premier, mais bien une autre serveuse. Mia était une boule de curiosité, une femme têtue qui quand elle avait quelque chose derrière la tête ne semblait nullement abandonner, jamais. A peine à son niveau, qu’elle avait directement annoncé la couleur. Roulant des yeux, Aure ne put s’empêcher de maudire Dorian, pourquoi avait-il fallu qu’il parle de son autre capacité.


- « Un service pour un service, cela sous entendrait que tu me devrais quelque chose ? » souffla Aure dans un demi sourire « Tu sais, je ne suis pas certaine d’être très doué avec les enfants » préféra mettre en garde la rouquine vis-à-vis de la serveuse « j’suis pas certaine d’avoir clairement compris qui était cette personne vis-à-vis de toi, les familles nombreuses me donnent toujours la migraine. »

Comme pour illustrer ses propos, la my’tränne avait passé une main dans sa chevelure, détachant sa crinière qui ondula presque immédiatement jusqu’au milieu de son dos. Elle n’était pas là pour faire de la garde d’enfant et l’idée même de se retrouver encercler de ces mini-humains réclamant de l’attention, posant une multitude de questions à en devenir fou, ne l’emballait pas plus que ça. A moins, d’avoir une très bonne chose en contrepartie, il y avait peu d’espoir qu’Aure accepte. Mia ne semblait pas réellement l’entendre de cette oreille et se sentit obliger de souligner que les gâteaux allaient venir du restaurant, donc de Dorian. L’étrangère de la ville, haussa simplement les épaules, un peu dépité, le jeune homme n’avait de cesse de lui répéter qu’il était important de s’intégrer, découvrir les cultures ça passaient aussi par la sociabilisation.

- « Si les gâteaux viennent d’ici, comment refuser ? » ironisa la jeune femme, perplexe

Les bras sous sa poitrine, dans une position plus fermée, elle avait laissé son regard se porter sur le lointain. Dans le fond, prenait-elle conscience très lentement qu’elle n’avait pas réellement le choix. Un petit « mh »
perplexe avait fui ses lèvres, alors qu’une envie semblait l’animer fuir. Si elle voulait une chance de s’en sortir, devait-elle trouver un service tout aussi fort, ou alors qui lui apporterait beaucoup.


- « C’est d’accord » fit-elle brusquement « Mais, j’veux que tu parles de moi à tous les commerçants, qu’ils me demandent pour réaliser des p’tits services à droite à gauche… Ça sera une première approche pour comprendre le fonctionnement de la ville. » elle coula un regard vers la jeune femme « Si tu fais ça, j’irais chercher les gâteaux et j’animerai l’anniversaire de ta famille par alliance lointaine. »

Retirant ses bras de sous sa poitrine, elle s’approcha de sa collègue tendant la main vers elle :

- « Marché conclu ? C'était tout ce que tu avais besoin? »




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Aurore s'exprime en #ff9999
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Ingrid & Sigurd
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Ven 11 Mai - 8:57
Irys : 654876
Totalement imperméable à l’ironie, elle ne retenu que le « d’accord ». Tout le reste, c’était facile. D’ailleurs, le travail était déjà à moitié fait ! Avec un grand sourire elle hochait la tête vigoureusement. C’était super ! Au lieu de lui serrer la main, elle lui sauta dans les bras avant de s’écarter pour lui répondre, le sourire toujours aux lèvres. La petite allait être contente et elle aussi. Même Aurore y trouvait son compte.

« Oui et oui ! Tu peux compter sur moi, c’est comme si c’était fait ! »

Sur son petit nuage, elle était déjà en train de repartir lorsqu’une idée mortifiante lui traversa l’esprit. Elle se détourna la main sur la poignet de la porte pour questionner la rousse, très inquiète soudainement.

« Dis, ça ne veut pas dire que tu vas quitter le restaurant hein ? »

Une fois ce point éclairci, elle put reprendre son chemin sereinement. Si elle se dépêchait, elle pouvait même passer ce soir chez sa cousine et la mettre au courant pour l’arrangement ! Ça allait être parfait, dommage qu’elle n’y serait pas. Elle devrait se contenter de ce que lui dirait Lise.

Cette dernière comme s’en rendrait vite compte Aurore, était un peu moins exubérante. Déjà, lorsqu’elle arriva chargé des gâteaux – parce que oui, il y en avait plusieurs – elle avait salué sobrement la nouvelle venue, préférant l’aider et la soulager du poids. Elle l’introduisit naturellement à l’intérieur encore calme et dénué de tout cris d’enfants, la conduisant vers la cuisine toute simple où elle posa son paquet. Il y avait un peu de temps avant que les petits monstres débarquent et elle comptait s’en servir pour se mettre un peu au point avec cette personne qui pour l’instant était une parfaite inconnue.

« Merci d’être venue aujourd’hui, je sais Mia peut-être un peu entêté des fois. »

Elle lui sourit de façon complice avant d’entrer dans le vif du sujet. Que l’illusionniste est les infos nécessaires avant de se retrouver submerger. Bien sûr, elle serait toujours là, mais répondre à des questions entouré d’une dizaine d’enfants et plus c’était moins pratique disons.

« Ma fille s’appelle Mary, elle a cinq ans aujourd’hui. Et il y aura onze autres enfants plus ou moins de son âge. La plupart n’ont jamais vu de la magie d’illusion. C’est pour leur faire découvrir autant que les émerveillés. Juste faire des démonstrations, ce serait énorme si vous pouvez raconter une histoire en plus c’est encore mieux ! Mais faites comme vous le sentez. Et ne vous sentez pas obligée de rester jusqu’à la fin, même si vous pouvez, je sais que c’est votre jour de congé. Et j’ai à peu près tout dis... Ah, si on les laisse pas en intérieur, il y aurait pas la place ! L’anniversaire se passera dehors dans la petite cours derrière la maison, je vous y emmène. »

Multitâche, elle n’avait pas fait que parler, elle avait aussi rangé les gâteaux en hauteur sur des étagères surplombant le plan de travail contre le mur. Comme ça pas de grignotage avant l’heure. Pour ça, elle avait du déplacer des bocaux déjà présents et faire un empilement un peu précaire. Mais dans la pièce, il n’y avait pas beaucoup de possibilité, c’était ça ou la table. L’autre étagère de plein pied était déjà rempli avec les ustensiles, ou des légumes pour les étagères les plus basses.

Une porte menait directement dehors depuis la cuisine. La cour devait faire à peu près trente mètre carré, de la même taille que les deux maisons voisines et probablement toutes la rangé, même si la courbe de la rue empêchait de s’en rendre compte. À l’intérieur de cet espace, il y avait un peu de plante le long de la maison et sinon de la terre caillouteuse où émergeait difficilement des herbes sauvages. Un espace dénué de tout obstacle, ou de jeu. Du moins en apparence. Les pierres et leur modelage consistait en un bon passe temps, d’allieurs certaines au sol n’avait pas vraiment une forme naturelle et d’autres restaient empilées de façon improbable.

« Voilà, c’est ici que ça va se passer. Vous avez des questions ? »

Comme le défilé d’enfant allait bientôt commencer, la mère présenta sa fille. Une petite rousse aux yeux verts et très timide. Elle resta à côté de sa mère tout le long, regardant avec de grands yeux l’inconnue. Son regards ne se déplace que lorsque la première des invitées arriva, bien moins timide, elle fit un signe de main à Aurore avant d’aller jouer avec sa cousine. Puis se fut le déferlement, Lise n’avait plus une minute à elle occupée à accueillir les parents à l’entrée et à diriger les enfants vers l’extérieur. La « volontaire » se retrouva donc seule dans la cour momentanément. Inévitablement, elle attira la curiosité des enfants déjà présents et un ne tarda pas à venir la questionner.

« Tu es qui ? Tu fais quoi là ? »
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Aurore Seraphon
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Ven 25 Mai - 21:21
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag


- « Non, je voudrais juste saisir entièrement le fonctionnement de la ville, quoi de plus simple pour ça que de rendre service à droite à gauche ? »

La rouquine semble s’être quelque peu détendue, détaillant son interlocutrice du coin de l’œil. Celle-ci semble également soulagée de voir la my’tränne accepter cette proposition un peu maladroite. Après un dernier bref échange, les deux jeunes femmes avaient fini par se séparer dans un sourire courtois et sincère. La croyante en deux architectes s’était naturellement laissé entraîner dans une visite spontanée de la ville, qu’elle continuait chaque jour à redécouvrir encore et encore.

--- Jour de l’anniversaire ---

Aurore s’était levée tôt, comme souvent, comme à son habitude, dès que les rayons du soleil passaient l’encadrement des fenêtres, ses yeux s’ouvraient et elle se relevait prête à affronter la journée qui l’attendait. Aujourd’hui, c’était un peu particulier, son planning était plus chargé qu’habituellement. Installée à la table de Dorian, la rouquine ne lui avait adressé que quelques paroles courtoises, l’un comme l’autre n’était pas des grands bavards, après quelques dernières banalités, la my’tränne avait fini par quitter la maison, afin de se rendre sur son lieu de travail. Le regard interrogateur de ses collègues ne la surprit qu’à moitié, elle était en congé, devait-il ne pas comprendre sa présence. Aurore avait évidemment expliqué le minimum se contentant d’énoncer le fait qu’elle n’était là que pour récupérer la commande de gâteaux. Évidemment, la rousse n’avait pas pu s’empêcher de rouler des yeux lorsqu’elle constata la quantité de gourmandises préparées, si on lui avait parlé d’un seul gâteau, elle ne fit qu’à moitié surprise finalement de l’ensemble.

Récupérant le tout, en essayant tant bien que mal de ne provoquer aucun incident qui serait fort regrettable, elle prit la direction de l’habitation, faisant jouer sa mémoire pour ne pas se tromper de chemin. Aure n’était finalement pas là depuis très longtemps et malgré sa curiosité qui la poussait chaque soir après les services à vagabonder dans Busad afin d’y prendre ses marques, elle n’en était pas une habituée aussi prononcée que Dorian. Arrivant enfin devant la demeure, elle s’activa à faire suffisamment de bruit pour être repérée. La femme qui lui ouvrit sembla identifier immédiatement qui elle était, la salua sans surplus exagéré, la libéra de quelques paquets avant de l’inviter entrée. Sans être nerveuse, mais sans être entièrement à l’aise, la my’tränne l’avait suivi, jusqu’à déposer les gourmandises sur le comptoir de la cuisine. Relevant ses deux prunelles vertes vers sa désormais interlocutrice, il lui sembla naturel de se présenter, du moins d’essayer.


- « C’est normal, vous devez vous en douter, mais je suis Aurore, mais tout le monde m’appelle Aure » ce n’était pas vraiment la réalité, mais instaurer une proximité lui semblait plus simple « Vous connaissez Mia mieux que moi, elle sait se montrer convaincante. »

L’hôtesse de maison semblait savoir où elle voulait aller, ce qui arrangea quelque peu la rouquine. Pas de question à poser, pas de bavardage inutile à mettre place, son interlocutrice allait directement à l’efficace. Aurore se contentait d’opiner simplement la tête afin de démontrer une écoute attentive, tout en mémorisant les données. Il y aurait donc douze enfants au total, très jeune, et il fallait l’admettre, les enfants, ce n’était pas réellement le point fort de la serveuse en formation. L’ensemble semblait angoisse un peu plus la croyante en deux architectes, qui se demandait un peu maladroitement comment elle allait parvenir à attirer l’attention de douze enfants, sans les perdre et surtout, comment elle, elle allait parvenir à supporter le tout. Aurore n’avait pas une patience à toute épreuve, du moins, le pensait-elle. Suivant la responsable des lieux, elle s’était rapidement retrouvée dans la petite cour agréablement décorée. Du plus loin qu’elle se souvienne, la rouquine n’avait jamais réellement ses anniversaires, toujours trop tournés vers les croyances, toujours trop tournée vers l’apprentissage même dans les passes temps. Tâcherait-elle de se concentrer sur l’amusement et rien d’autre. Stoppé dans son élan, pas la demande de nouvelle information, elle offrit un sourire :

- « Non aucune… Oh si, votre fille a-t-elle des animaux préférés ? Ou une histoire favorite ? »

Autant dire que la my’tränne et chasseuse ne connaissait pas les histoires ou conte et légende que les enfants aimaient. Ne serait-elle pas contre un petit topo, sans réellement oser le demander. Après avoir obtenu la réponse, brève ou longue, elle se dirigea dans le jardin avisant les enfants déjà présents. Un frisson remonta sa colonne vertébrale, alors qu’elle aurait voulu pouvoir se glisser dans un trou de souris et disparaître. Ce n’était simplement pas envisageable, trop de petites têtes, trop de futures questions brbrbr, si jusqu’à maintenant elle était calme, cette fois-ci une véritable vague de stress semblait l’envahir. Tirant un petit banc, installant avec ce qu’elle voyait un petit coin propice à toute forme d’histoire, elle fut interrompue par un gamin qui la fit sursauter.

- « Je suis Aure et je suis magicienne » débuta-t-elle dans un sourire « Je suis tout et personne à la fois, qu’est-ce que tu aimerais que je sois ? » demanda-t-elle simplement prête à jouer sur son apparence.

Un enfant avait un esprit simple et la manipulation ne serait pas bien complexe, c’était l’avantage de la situation. Comme pour confirmer ses dires, elle attrapa un brin d’herbe du sol, et le montra à l’enfant.

- « Regarde… Avec un brin d’imagination et de confiance, la plus commune des plantes peut devenir un magnifique papillon »

D’un mouvement de poignet permettant de cacher une seconde le brin d’herbe, quand elle le retendit convenablement n’était plus, seul un joli papillon semblant apparent. Celui-ci battait doucement des ailes avant de s’envoler, sur le sol ne retomba que doucement le brin d’herbe.

- « À moins que ce ne soit des apparences qu’il faut toujours se méfier, qu’est-ce que tu en penses ? A ton avis Mary, elle aimerait bien voir tout ça, elle aime quoi ta copine ? »





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Aurore s'exprime en #ff9999
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Ingrid & Sigurd
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Mar 19 Juin - 19:19
Irys : 654876
La question tira un sourire à Lise, l’illusionniste devrait s’en tirer avec cette ligne de pensée. Même si elle ne se l’était pas avouée, elle avait été un peu inquiète quand sa cousine lui avait présenté son idée « lumineuse ». Entre la théorie et la pratique des fois il y avait des couacs.

« En ce moment c’est les vers de terre ! Mais sinon il y a aussi les tagtas. Quant aux histoires, elle aime beaucoup celle de Lily, la tortue voyageuse qui va partout et se fait de nouveaux amis à chaque arrêt. Sa préférée c'est celle où elle affronte sa peur de l'eau. »

Les raconter toutes était exclu, de toute façon Mary se ferait un plaisir de le faire. Ce n’était pas du tout une enfant timide et elle adorait raconter les histoires entendues. D’ailleurs, avec le façonnage des pierres, c’était sa principale distraction. Là au fond de la cour avec six de ses camarades, elle s’y adonnait. C’était à qui ferait la meilleure tortue. Trop concentré, seule une avait remarqué l’étrangère et était venue lui parler.

« Un nuage, non une protectrice ! Ils sont trop forts ! »

Elle applaudit alors que le brin d’herbe se transformait en papillon. Naturellement, elle essaya de le toucher sans y parvenir. Ce qui ne l’empêcha nullement de continuer d’essayer ou de sauter quand il commença à être hors de porté. Son attention était clairement tout à l’illusion et elle n’écouta vraiment que lorsqu’elle posa une question.

« La même chose que moi ! Tu peux le faire encore ? »

Maintenant, ce n’était plus la seule spectatrice. La troupe d’enfant au fond de la cour s’était rassemblée autour de l’inconnu, Mary aussi évidement. D’autres arrivaient de derrière elle mais plus lentement au compte goutte. Ils étaient à peine plus que la moitié. Pourtant avec le bruit qu’ils faisaient on aurait bien les dire deux fois plus nombreux, les voix des garçons se reconnaissants à peine de celle des filles à cet âge.

« C’est toi la dame qui fait des illusions ? Tu t’appelles comment ? Moi, c’est Mary. Aujourd’hui c’est mon anniversaire et j’ai cinq ans ! »

Elle rayonnait de fierté alors qu’elle disait ces mots. Aussi blonde que sa mère, il n’y avait pas de doute quand à la filiation, c’était la seule du groupe. Par contre, tous les enfants regardaient comme elle l’inconnue attendant un tour. Quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu. Pour la plupart, ils n’étaient habitués qu’à de la magie concrète et solide, de celle qui façonne les maisons et les routes. C’était une grande première pour tous. Les adultes, les cousins et amis de Lise, qui étaient restés étaient toujours à l’intérieur se préparant à boire une infusion. Quelques uns curieux regardaient de temps en temps par la porte ouverte ou la fenêtre dans la direction  du groupe.
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