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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
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 [Terminé] Message de la plus haute importance !

Mary E. Burrowes
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Mar 12 Sep - 9:47
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The mission's to fight to be free again.
To stand our ground and to be immortal.


Voilà Darga !
Le simple fait d'apercevoir la capitale me rendit heureuse. Cela faisait presque deux jours entier que j'étais sur Raskhal volant au dessus des paysages de My'trä que je n'avais pu m'empêcher de trouver plus magnifique les uns que les autres. Entre la vue de la haute Tour de Busad, les plaines jaunes du Kharaal Gazar, les hauts piques des montages, les lacs autour de Darga... j'en avais pris tellement plein les yeux que j'étais surprise d'arriver à garder les pieds sur terre, ou façon de parler puisque j'étais totalement à la merci d'Amisgal ici, plutôt que sur la terre rassurante de Delkhii. J'avais bien sur continué à converser avec l'Ovshin durant les trajet, entre mon émerveillement et les petites pauses pour ne pas l'épuiser. J'avais véritablement l'impression de rêver durant cette journée, et j'étais totalement pressée de la raconter à mes amis !

Mais maintenant , le devoir me rattrapait. Nous n'étionsplus très loin des remparts du quartier de Delkhii, aussi j'indiquais à Raskhal la porte plus au Nord pour me déposer. Je n'imaginais pas que les soldats le prenne bien si j'arrivais directement au quartier décisionnel par les airs. Bien que l'Ovshin soit le familier du Primo-Gharyn du Kharaaal Ghazar, il n'avait pas tout à fait les même eprivilège que son propriétaire. Dommage, car j'aurais bien survolé un peu plus la ville, notamment au dessus du coeur de Mochlog que j'avais vu plus loin mais ce serait pour une prochaine fois.

Une fois posée, je remerciais encore une fois l'oiseau de m'avoir ramenée et promettait de leur donner des nouvelles à lui et à Zaël avant de me lancer dans la foule de la capitale. Les portes passée, je me faufilais à travers les étales du quartier marchand, puis les maisons proprettes du quartier de l'architecte chouette. Ma main sur mon vêtement, protégeant la precieuse missive, je faisais attention à rester dans les grandes allées où l'activité battait son plein à tout moment. Une précaution que je n'avais pas l'habitude de prendre, mais je me sentais autant redevable envers Zaël qu'investie d'une mission que je voulais absolument mener à bien.

Arrivée à la porte Nord-Est du coeur décisionnel, je vins me présenter aux gardes qui gardaient l'entrée avec un sourire aimable. Maintenant que j'y pensais, je me sentais un peu seule dans cette épreuve. Ca faisait une éternité que je n'avais pas eu Pilm et Pom pour m'encourager dès que j'étais un peu tendue. Je respirais profondément avant de prendre la parole devant la sentinel qui n'avait déjà pas vu mon arrriver d'un très bon oeil apparemment.

Bonjour. Excusez moi de vous déranger. J'ai besoin d'entrer dans le Quartier décisionnel. Je suis porteuse d'une misssive de la part du Primo-Gharyn de Busad, Zaël Lahzainhi, pour le conseil de la Convergence.

En prenonçant ces mots, je sortis de mon corsage la lettre écrite que Zaël m'avait remise pour le laisser voir le sceau de Busad. Par contre, hors de question qu'il l'amène pour moi !



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Dernière édition par Mary E. Burrowes le Sam 21 Oct - 16:45, édité 2 fois
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Amisgal
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Mer 20 Sep - 14:31
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L’homme qui avait visiblement la quarantaine ne put s’empêcher de suivre le geste de Mary jusqu’à l’échancrure de son décolleté, haussant un sourcil mi circonspect mi évocateur. Il demeura néanmoins de marbre, seules ses prunelles glissant du corsage ma foi fort bien rempli de la jeune fille jusqu’à la missive qu’elle lui brandissait sous le nez. C’est qu’il y en avait beaucoup des impétueux qui pensaient venir d’on ne savait quelle grande personnalité d’Irydaë, persuadés qu’ils avaient le droit de pénétrer les murs sacro-saints du cœur décisionnel ! Voilà plus de trente-cinq ans qu’il gardait ces portes, et sous ses airs apparents de dédain, c’était un homme à l’œil vif et à la mémoire prodigieuse.

« Vous pouvez nous la laisser, si vous voulez, énonça-t-il d’une voix traînante. »

En règle générale, c’était précisément le moment que choisissaient les gredins pour se désister de leur lourde charge. La jeune femme, elle, ne bougea pas d’un pouce et durant une poignée d’interminables secondes les deux interlocuteurs parurent se jauger en silence.

« … Très bien. »

Il se tourna vers l’un de ses proches collègues et lui fit un geste énigmatique, un jeune homme dont les plaques d’armure aussi symboliques que les siennes témoignaient de leur rôle de surveillants principaux du cœur décisionnel.

« Nous allons devoir vous fouiller au préalable, nous nous excusons par avance pour la gêne occasionnée. Question de sécurité. »

Il laissa patiemment faire son collègue, attendant en retrait pour sa part, une main sur l’imposante lame qui ceignait ses hanches. Professionnel avant toute chose, l’autre palpa rapidement les éventuelles poches de Mary, s’assura que son sac de voyage ne contenait rien de dangereux et surtout pas la moindre trace de technologie. Ils ne parurent pas le moins du monde s’inquiéter du coutelas : ce n’était pas les agresseurs my’träns qu’ils étaient chargés de repérer –ceux-là se feraient immédiatement exterminer par les dix mages les plus puissants du monde attablés derrière ces portes-, mais bien les assassins et terroristes daënars… Les temps n’étaient plus sûrs, même au centre de la capitale suprême de My’trä.

« Suivez-moi, ordonna-t-il à Mary lorsque tout fut en ordre. »

Il tourna les talons et s’enfonça dans les profondeurs des nombreux bâtiments dont les axes architecturaux s’élevaient haut dans les cieux sous la forme d’immenses pyramides aux couleurs saisissantes. Les quartiers du cœur grouillaient de garnisons, de visiteurs et de My’träns affairés en tous sens avec des nuées de parchemins. On ne leur jeta pas un seul regard, si ce n’est les divers postes de contrôle qu’ils durent franchir pour atteindre leur destination. Le sceau qui marquait la précieuse missive de Mary fut vérifié un nombre incalculable de fois, de multiple questions posées accompagnant cette vérification de l’identité et de la légitimité de la jeune femme entre ces murs. Car il ne s’agissait pas simplement de délivrer un courrier, ou de visiter le cœur de Möchlog, non, si elle désirait remettre sa missive en main propre, cela voulait dire entrer dans le sacrosaint espace réservé aux Gharyns et Khorog dirigeants de ce monde !

« Ne parlez que si l’on vous y autorise, énuméra pour la vingtième fois son guide entre moult recommandations d’usages. Pas de gestes brusques. »

Ils franchirent un hall richement décoré de drapés, de gravures ancestrales et de colonnes de marbre monumentales. Jusqu’à une porte aux entrelacs dignes des plus grands artisans, derrière laquelle quelques éclats de voix étouffés s’entendaient par moment. L’un des miliciens gardant cette imposante entrée frappa deux coups pour annoncer l’arrivée de son collègue et de son invitée, puis tous deux franchirent l’embrasure…

« Ô tous puissants, cette jeune fille apporte des nouvelles urgentes de la part du Primo-Gharyn de Busad, Zaël Lahzainhi. »

Il porta une main à son front qu’il éloigna respectueusement tout en ouvrant sa dextre pour en présenter la paume, ployant un instant la nuque en signe de salut. Près de mon âme.

La salle, quant à elle, était époustouflante. Un ruisseau courait entre la pierre nue, découpée par une main de toute évidence magique puisqu’aucun outil en ce monde n’aurait pu rendre le naturel de la terre sur un tel matériau minéral. Une immense table de verre était posée en son centre, illuminée de multiple reflets doux par la lueur de flammes bleutées qui environnaient la pièce comme autant de feu follets en lévitation paisible. Tout le monde n’était pas présent, mais la conversation paraissait tendue une fraction de seconde avant leur arrivée, car un homme affichait la frustration sur son visage, les bras croisés sur sa poitrine – peut-être le Khorog alloué à Amisgal, si Mary devait en croire le dragon brodé d’argent qui filait sur tunique noire… ? Des six personnes présentes, une seule lui parut clairement identifiable. Une femme à l’âge indéfinissable par sa laideur, et pourtant, il expirait d’elle une sorte de puissance implacable et tranquille, plus délicate que la beauté des plus jeunes femmes. Son Architecte lié fut d’une évidence implacable lorsque à ses côtés un énorme et splendide Aimshgiin était assis. Ses yeux d’un doré animal contemplaient Mary, et à travers lui il lui parut être fouillée par les yeux même de sa maîtresse, Maître parmi les Maîtres d’Orshin.

« Ah, fit la vieille femme, bienvenue ma chère enfant, sang de mon clan. N’ayez pas peur de vous présenter. »

Elle posa sur elle son regard presque aveugle, un sourire avenant sur les lèvres. Les autres Gharyns et Khorog présents tournèrent alors leur attention vers la nouvelle venue, suspendant un instant leurs discussions en cours.

« Hé bien, donnez-nous cette lettre, intervint un homme assez sec, probablement un fidèle de Möchlog de par la vaste tunique de plumes blanches qu’il arborait. »

« Notre lointain cousin, Zaël Lahzainhi, avait-il quelque chose à nous dire en plus de cette missive ? »

C’était une jeune femme curieuse qui avait parlé cette fois-ci, porteuse du même uniforme que son Khorog frustré à ses côtés : la Gharyn d’Amisgal.




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Mary E. Burrowes
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Jeu 21 Sep - 7:32
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Les yeux du soldat puis la fouille au cœur méthodique. Je les laissais faire leur travail. Je n'avais rien à cacher et si je venais de faire deux jours de voyage dans les airs ce n'était pas pour me prendre la tête avec deux soldats. Enfin, le premier me demanda de le suivre et de passer les portes. Ce fut alors que les recommandations commencèrent. Si je n'avais pas eu la lettre je crois que je l'aurai assommé. Il croyait que j'avais été élevée avec les chèvres ou quoi !? Je savais me tenir. J’avais passé ma vie dans cette capitale ! Et finalement j'étais monté tout en haut de la tour de Busad, j'avais rencontré le Primo-Gharyn et tout s'était très bien passé ! Comment est-ce que les... innombrables -d'accord j'ai perdu le compte- contrôles de sécurité pouvaient être moins énervant que mon guide à lui seul. Il en gâchait presque la beauté des lieux sur laquelle je n'arrivais même plus à me concentrer. Pourtant par Khugatsaa, je voulais absolument me souvenir de chaque détail ! De la plus belle plante à la plus lisse colonne, et la panoplie incroyable de couleurs qui défilaient jusqu'au ciel. J'étais surprise du monde aussi. C'était idiot mais on oubliait souvent que des My'trans travaillaient ici en plus du Conseil auquel nous finissions enfin par accéder.

A cet instant je ne savais même plus quel élément avait remporté mon souffle. La beauté de la salle, l'impressionnante assemblée, la cérémonie du soldat ou cette écrasante impression d'être passée à la loupe par chacun des membres présents du Conseil. Les deux coups annonçant notre arrivée sur la lourde porte de bois peut-être. Est-ce que ma poitrine s'était soulevée depuis pour attraper un peu de l'air précieux pour ma vie ? Honnêtement je n'en étais pas sûre, mais il allait très vite falloir que mon corps se remette en marche si je voulais réagir à quelqu'une de leur question au lieu de rester plantée devant eux comme une idiote.

Ah bienvenue ma chère enfant, sang de mon clan. N’ayez pas peur de vous présenter.
Eh bien, donnez-nous cette lettre.
Notre lointain cousin, Zaël Lahzainhi, avait-il quelque chose à nous dire en plus de cette missive ?


Je récupérais la parole à la mention du nom de Zaël. Est-ce que le Roi de Busad m'avait confié une chose en plus ? Nos échanges s'étaient surtout concentrés sur Raskhal à vrai dire, les sentiments de l'Ovshin et leurs aspirations à tous les deux. Mais je ne pouvais rien omettre face au conseil j'imagine. Et je me sentais suffisamment sondé par le regard blanc de celle qui était la plus proches d'Orshin parmi les miens et de son familier pour ne surtout pas donner un prétexte à ceux qui servait Khugatsaa pour vérifier. Étrangement et contrairement à mes attentes, je ne pouvais m'empêcher de ressentir une certaine gêne alors que j'avais imaginé seulement de la bienveillance.

Je me nomme Mary Burrowes, j'habite dans le quartier de Süns et j'ai reçu cette missive des mains du Roi de Busad il y a deux jours. expliquai-je calmement en posant avec respect la missive sur la table en verre sceau vers le haut.

Les quelques pas supplémentaires que j'avais dû faire pour atteindre la table m'avait paru le plus difficile que je n'avais jamais fait. Sans compter qu'en plus de leur regard, je devais faire attention à ne pas bouger trop vite pour ne pas me retrouver avec la large lame de l'autre rigide de la porte sous la gorge. Je rassemblais mes idées en une respiration avant de reculer d'un pas.

Zaël Lahzainhi ne m'a rien confié de plus et je ne sais pas ce qu'elle contient. Il m'a cependant bien dit que les choses étaient tendues en Kharaal Gazar et que nous avions besoin d'unité durant ces temps troublés.

Je regardais quelques secondes vers l'adepte d'Orshin en me souvenant d'une chose supplémentaire. Malgré ce visage qu'un enfant aurait qualifié de visage de sorcière, elle et son familier me semblaient les personnes les plus rassurantes de l'assemblée. Depuis le début mon don était en sommeil, je refusais de me laisser envahir par leurs émotions, j'avais déjà bien assez à faire avec les miennes. Mais dans ses yeux j'avais l'impression de lire un encouragement auquel je m'accrochais pour continuer. Qu'il soit réel ou le fruit de mes émotions. Peut-être était-il déjà au courant ? Mais il m'avait posé la question eux-mêmes.

J'ai aussi... entendu le récit d'une réunion que le Primo-Gharyn aurait conduit à Busad pour demander l'union notamment avec la région de Khurmag. Mais je n'étais pas encore présente à Busad à cette date, je ne saurais vous dire exactement comment l'idée a été accueillie.



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Amisgal
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Mer 11 Oct - 19:26
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Ah que la politique my’trän était complexe ! Une roue perpétuelle dans laquelle se succédaient depuis la nuit des temps Khorog et Gharyn pour la modique période de six ans de bons et loyaux services… Jusqu’au jour fatidique où leur personne était propulsée dans les rangs du Conseil de la Convergence, anciens révérés dirigeants de leur capitale, désormais égéries d’une société si ancienne qu’elle frayait avec la création d’Irydaë. Et voilà que six d’entre eux contemplaient Mary au cœur de cette immense salle, le feu de leur attention plus vif que jamais et parfois loin d’être bienveillants pour certains. Les rivalités entre Architectes n’étaient pas nouvelles, encore que notre messagère puisse se targuer d’être l’honorable disciple d’une Araignée neutre dans les divers conflits qui agitaient ses frères et sœurs.

« Lisons donc cela, reprit la voix pincée du Gharyn de Möchlog. »

Il s’accapara prestement la lettre qu’il décacheta sans une once de cérémonie. Derrière la fine paroi de ses verres finement ciselés, l’un de ses sourcils se haussa sur un scepticisme muet.

« Effectivement, il cite l’existence de cette réunion que vous évoquez Demoiselle. Il demande l’approbation du Conseil de la Convergence dans cette entreprise, du fait des nombreux incidents tragiques que nos ennemis ont semé sur nos terres ces derniers mois. Une union my’trän serait à envisager selon ses dires. »

A l’autre bout de la table, une femme d’une quarantaine d’années bondit sur son séant et parut vouloir prendre expressément la parole, une haine tenace sur le visage. Le Gharyn de Möchlog l’arrêta pourtant d’un geste, une pointe d’agacement dans sa voix si particulière :

« Oui Jaelya, nous savons déjà tous combien tu estimes peu le Primo-Gharyn de Busad et son avis sur la question, néanmoins nos guerres intestines ne sont pas le propos ici présent. Laisse-moi terminer. »

La magnifique couleur bleu qui ceignait la tunique de l’inconvenante coupeuse de paroles traduisit pour Mary ce que nul n’avait dit à haute voix : il s’agissait de la combattive et non moins conquérante Khorog de Dalai.

« Il évoque également l'existence d'un groupuscule Daënar-My'trän qui aurait agi par le passé et semblerait à nouveau actif, reprit-il. Voilà qui arrive à point nommé après notre discussion ! »

Il laissa tomber la missive sur la table d’un geste théâtral, une certaine frustration sèche toujours visible sur ses traits. Jaelya n’attendit pas une seconde de plus pour s’engouffrer dans la brèche silencieuse laissée par cette annonce, plus guerrière et martiale dans son attitude que les gardes du cœur décisionnel :

« Il est hors de question qu’un mage de Delkhii gère cette situation et plus encore soit nommé à la tête d’un tel rassemblement ! Ce serait une hérésie, une absurdité sans nom ! Laissons cela à ceux qui sont nés pour diriger… »

Ses lèvres fines se muèrent en une mimique fière et digne, drapée dans son courroux.

« Toi, peut-être ? Nous aurons tout entendu… railla un homme en face, mi-figue mi-raisin, des flammes brodées sur ses vêtements. »

« Allons allons, calmons-nous mes amis, intervint la Gharyn d’Amisgal. Cela ne change en rien nos plans et se situe tout à fait dans la continuité de ce que nous comptions faire. »

« Il est vrai qu’il est plus aisé de laisser les Primo-Gharyn et Khorog de nos capitales s’entretenir pour nous soumettre par la suite une synthèse de leur réunion. La décision finale appartiendra dans tous les cas au Conseil de la Convergence. Nous avons tous déjà pu constater combien les événements s’accéléraient ces derniers temps… »

Une pointe de tristesse fila dans sa voix, songeant probablement à son peuple frère, les fidèles de Khugatsaa qui n’avaient pas l’honneur d’être représentés aujourd’hui.

« Vous avez également mon approbation, nous aimons le calme propice à l’étude. Et si je ne suis pas pour la guerre nous aurons au moins la sécurité d’un pays uni. »

Ce fut à cet instant que la Khorog d’Orshin – qui n’avait guère détaché son regard de Mary -, s’adressa de nouveau à elle en toute indifférence des échanges virulents qui volaient toujours de part et d’autre de la table entre ses cinq confrères :

« Avez-vous des nouvelles de l’extérieur, vous dont les pas vous mènent régulièrement de régions en régions ? Comment se porte le monde ? »

Un léger sourire énigmatique fendit ses lèvres, ses longs doigts crochus grattant distraitement le poil de son compagnon à quatre pattes qu’un doux ronronnement remuait. La question était faussement trompeuse. Pour une mage passée au rang de Maître, aucun secret ne régnait plus entre elle et les millions de vies animales qui s’ébattaient paisiblement à des milles à la ronde. Des consciences innombrables dont la rumeur bruissait aux oreilles de qui savait écouter… Non, cette interrogation surprise n’avait d’autre but que de savoir l’avis objectif de sa disciple, l’opinion d’une jeune génération sur un sujet par trop complexe.

« Lorsqu’ils auront fini de débattre, vous allez probablement devoir rapporter notre réponse au Primo-Gharyn de Busad. Cela vous dérange-t-il ? »




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Mary E. Burrowes
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Dim 15 Oct - 15:12
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Trouver ma place dans cette salle ? Je n'y songeais même pas. A vrai dire, je semblais tellement invisible dans leur débat que je me demandais s'il n'avait pas simplement oublié de me renvoyer. Comme une statue qui aurait été là par un des sculpteurs de Delkhii, pierre sans oreille ni yeux réels. Pourtant je n'en perdais pas une miette. La fougue de la Khorog de Dalaï, la neutralité d'Amisgal. Le Gharyn de Süns m'inpressionnait également. Je n'avais quasiment plus aucun souvenir du Gharyn et du Khorog de ma tribu qui avaient un jour siégé ici. Une simple impression de respect et du rêve d'une enfant qui n'aurait jamais déranger la méditation ou un conseil de ces enfants de Süns si puissant. Et pourtant une chaleur amusante durant les nuits plus délurées de leur pouvoir. Mais c'était intéressant de voir les rivalités des architectes, les alliances naturelles et les avis de chacun s'exprimaient malgré tout.

Il semblait que si sa provenance ne faisait pas l'unanimité, l'idée de Zaël trouvai un certain mérite auprès des membres de ce conseil si respecté. Ce n'était pas pour me déplaire. L'alliance de tout notre peuple serait malgré tout seulement la seule chose qui nous permettrait de nous opposer aux machines de nos cousins de l'autre continent si un conflit devait éclaté. Aussi inévitable soit-il. Mais malgré tout ce que mes yeux tentaient de capter, il y avait un point dans les yeux de la Khorog qui représentait ma croyance que je n'arrivais réellement jamais à quitter. Elle donnait l'impression de n'avoir que faire de tous ces échanges qui me fascinaient pourtant. La seule à être concentrée sur autre chose que leur petit monde. Et cela était pourtant tellement typique de notre don.

Avez-vous des nouvelles de l’extérieur, vous dont les pas vous mènent régulièrement de régions en régions ? Comment se porte le monde ?

Des nouvelles ? Que pourrai-je vraiment lui apprendre de plus. C'était étonnant comme la simple douceur de sa voix avaient effacés toutes celles des autres. Malgré l’écrasante puissance qui m'entourait, une parole d'elle me donnait l'impression d'être au coin d'un feu avec une veille grand mère. Une grand mère qui lirait en mon âme comme un livre ouvert. J'étais toujours en train de rassembler les bribes de ma réponse quand la suite tomba comme une lame sur ma gorge.

Lorsqu’ils auront fini de débattre, vous allez probablement devoir rapporter notre réponse au Primo-Gharyn de Busad. Cela vous dérange-t-il ?
Et bien... en réalité je n'avais pas prévu de quitter à nouveau Darga dans les prochains jour. avouai-je en me mordant la lèvre inférieure.En fait, j'ai trouvé un œuf de dragon dans les plaines il y a quelques temps, et il devrait bientôt éclore. J'aurais... je pense que ce serait mieux si j'étais là. Je suis désolée...

J'avais tellement rougis de mon audace que j'avais les joues en feu. Mon excuse balbutiée d'une voix hésitante était pourtant tout ce que je pouvais leur offrir. Je n'imaginais pas abandonné le petit dragon à son sort malgré l'importance de ce qu'il me confiait. Mais, ils avaient forcément une ribambelle de gens prêt à bouger au moindre signe non ? Je n'attendais pas vraiment leur réactions -indignées?- pour continuer ma phrase et me protéger.

A l'extérieur, on parle souvent des actes violents qui éclatent un peu partout. Contre les mines chez nous, mais aussi sur le continent de la Technologie. On dit que des mages y font des choses terribles, mais que les réponses des Daénars sont toutes aussi violentes en retour. Chez nous... je marquais une légère pause. je trouve affreux que ces histoires d'attaques mais quand on sait que les Daénars enlèvent les nôtres pour travailler dans leur mines, et que de plus en plus reviennent en ayant perdu leur magie.... J'ai peur de comprendre ceux qui perdurent ce genre d'action.

Que pouvais-je dire d'autres ? Les exactions de certaines brutes nous poussaient à haïr les masses tout comme nos frère non croyants. Une vérité qui nous renvoyés plusieurs siècles en arrière quand les non croyants avaient dû fuir notre continent à cause de la peur de nos ancêtres.

Beaucoup pensent... que la guerre est de plus en plus inévitable avec les enfants du continent de la technologie. soufflai-je finalement.



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Amisgal
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Ven 20 Oct - 21:47
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La mage d’Orshin ne dit rien. Un sourire énigmatique se faufila sur ses lèvres gercées par la vieillesse, le regard pourtant aussi bienveillant qu’une mère sur son enfant. Bien rares étaient les personnes capables de dire ce qui passait par l’esprit de cette femme d’un certain âge dont le visage était aussi mystérieux qu’il était laid. Ne serait-ce qu’au sein de ce Conseil regroupant pourtant les Mages les plus puissants d’Irydaë, aucun n’aurait pu s’avancer sur son opinion sans craindre de se tromper : elle ne s’exprimait que peu, et toujours lorsqu’il s’agissait uniquement de prendre une décision finale. Débattre ne l’intéressait pas, écouter les clameurs excités des jeunes gens non plus – son esprit semblait résider à des mille d’ici dans le rythme de battements d’ailes d’un oiseau, la langueur d’une marmotte paraissant au soleil et tous ces fourmillements qu’un non fidèle d’Orshin ne pouvait même imaginer. Néanmoins…

Il y avait bien cette lueur de compréhension dans ses prunelles, et l’écoute plus attentive et aiguisée qu’une lame de rasoir. Elle était loin d’être aussi rêveuse et sénile que l’on aurait cru, et c’était précisément ainsi qu’elle était parvenue à ce poste si distingué de la société my’trän. On la sous-estimait très souvent. La terrible tactique d’une grand-mère habituée à compter sur les présomptions de ses rencontres, car l’on ne s’inquiétait guère de trahir des secrets devant quelqu’un paraissant sourd ou absent… Que Mary se rassure toutefois, notre Khorog n’escomptait en aucun la piéger et ne désapprouvait pas son compte-rendu. Elle ne l’approuvait pas non plus, là était la subtilité, mais il y avait tant d’opinions de par le monde que le sien avait depuis longtemps cessé de compter.

« Un œuf de dragon dis-tu ? se contenta-t-elle de répéter pensivement, omettant volontairement de rebondir sur ses autres propos. »

Le passage au tutoiement n’avait dans sa bouche rien de vulgaire. Bien au contraire cela témoignait à ses yeux du rapprochement immédiat qui s’était créé entre elles deux. Mary avait peut-être décliné l’offre qu’on lui faisait, mais elle l’avait fait pour prendre soin d’un animal auquel elle souhaitait se lier. Il n’y avait aucune cause plus importante, plus primordiale que celle du lien avec une création d’Orshin, et s’il fallait construire une maison ailleurs pour le bien-être d’un nid d’écureuil, la Khorog l’aurait fait sans l’ombre d’une hésitation. Non, sa chère enfant avait brillamment remporté la courte épreuve qu’on lui avait proposée. Aimer ses compagnons importait davantage que de remplir ses obligations.

« Ton dragon sera chanceux, vous irez loin ensemble je le sens, approuva-t-elle. »

Elle marqua un autre silence, pencha la tête de quelques degrés à la manière de quelqu’un qui tiendrait une conversation télépathique lointaine. Puis un air satisfait passa sur ses traits, et elle hocha plusieurs fois la tête en signe d’assentiment.

« Notre bienveillant Raskhal accepte de rapporter la réponse du Conseil directement à son compagnon. Ainsi tu es libérée de tes obligations, jeune fille. Je leur expliquerai. »

Elle désigna du menton les autres Conseillés attablés, trop pris au piège de leurs négociations pour suivre la discussion qui avait lieu entre les deux femmes.

« Ils prendront la bonne décision pour nous tous, n’aies crainte à ce sujet. Notre Primo-Gharyn de Busad recevra une réponse positive d’ici quelques jours. »

N’était-ce pas là une étincelle d’amusement pétillant dans ses yeux voilés par l’âge ? Elle qui avait pressenti la curiosité de Mary à l’égard de ces échanges de courrier, à la manière d’une adorable enfant.

« Vas maintenant, poursuis ta route. »

Elle inclina légèrement la nuque en signe de salut, réitérant la gestuelle que le garde avait accompli à son entrée. Près de l’âme.




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Mary E. Burrowes
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Sam 21 Oct - 16:45
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L'intensité de l'échange de je ressentais avec la Khorog me surpris au point d'oublier totalement les autres membres du conseils. Le brouhaha des discussions s'éclipsaient comme un fond sonore, une de ces boîtes daénars mal réglée que j'avais déjà vu sur des bateaux en Zolios. Tout l'avenir de My'trä se jouait pourtant autour de moi, mais j'étais obnubilée par la vieille femme bienveillante.

Sans même demander l'avis des autres, elle scella ma réponse comme une bonne chose. J'avais l'impression d'avoir une sorte de test. Est-ce qu'elle était au courant de la naissance à venir chez moi ? Imperceptiblement j'en avais l'impression. Comme si tous les secrets du monde animal de My'trä et peut être même d'Irydaë se murmuraient à l'oreille de cette femme si simple, cette grand mère douce et un peu distraite. Sa bénédiction était le plus beau cadeau que je pouvais imaginer. Pour la première fois dans cet antre du pouvoir, je me permettais de sourire avec ma sincérité habituelle. De toute façon, personne ne faisait vraiment à nous et je pouvais la remercier tout mon saoul. Elle l'avait ressentie, je le savais. Je dû me retenir d'approcher en la voyant devenir légèrement absente pour utiliser son pouvoir. J'aurais tellement voulu pouvoir l'observer pourtant. Mais le prodige fut éphémère.

Notre bienveillant Raskhal accepte de rapporter la réponse du Conseil directement à son compagnon. Ainsi tu es libérée de tes obligations, jeune fille. Je leur expliquerai.
Merci infiniment. Je serai ravie de vous servir si l'occasion se présente à nouveau.

Je me penchais devant elle et seulement elle, occultant les autres. Mais c'était une liberté qu'elle m'offrait et dont je ne pourrais jamais assez la remercier. Bien sur qu'elle comprenait ce lien si particulier, mais elle aurait pu décider de l'ignorer pour le bien du pays. Elle ne l'avait pas fait, elle comprenait que pour moi le sort de ce bébé dragon était plus important que les alliances ou que la guerre.

Comme si elle avait lu un livre, elle m’expliqua la décision de la réunion. Oui cela me soulageait réellement qu'à ce niveau le plus élevé de notre nation, malgré toutes les tensions, les rivalités et les ambitions de chacun, nous savions faire fit des différences et nous serions capables de nous unir pour faire face à un ennemi commun, le jour où cela serait nécessaire. Elle semblait connaître le déroulé de la réunion, alors qu'elle ne donnait même pas l'impression de les écouter. Vieille femme sous estimée? Magicienne à l'apogée de son art qui voyait à travers chacun des sentiments, et connaissait certainement mieux nos sentiments que nous même. Une question d'expérience ? Non ce serait trop facile, la grâce que lui accordait l'architecte araignée allait bien au delà de la simple empathie. Zaël serait content de leur réponse j'en étais certaine à présent.

Vas maintenant, poursuis ta route.
Merci à nouveau de l'honneur que vous m'avez fait en m'accueillant. Qu'Orshin veille toujours sur nous.

A nouveau je saluai profondément ce conseil de sage avec la marque de respect que nous partagions. Près de l'âme. L'âme de toutes les créatures. Je me jurai de la rejoindre dans cette communion des plus complètes tout en quittant la salle. Le garde me rejoint immédiatement pour à nouveau me faire traverser tous les postes de garde et autre installation de sécurité avant de me laisser finalement retourner chez moi.



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Les paroles en italique sont les discussions de Mary utilisant le don d'Orshin avec les animaux.

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