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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
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 Une flamme qui s'éteint [Zora & Nätchakar]

Nätchakar la Gâchette
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Mar 19 Sep - 22:09
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
-"Vous avez la tuberculose."

La mâchoire de Nätchakar trembla, autant par le froid de sa maison que par la crainte qui venait de l'envahir. Quand un médecin payé au noir vous disait quelque chose aussi sérieusement, vous vous deviez d'avoir peur. Le bandit déglutit et lança, anxieux:

-"S'tu le dis, toubib. Qu'est-ce que je dois faire pour me débarrasser? de cette merde?"

La réponse fût tranchante.

-"Rien. Il n'y a rien à faire, vous en avez pour quelques jours, un mois et demi, au mieux."

Les yeux de La Gâchette s'écarquillèrent. Dans un mouvement de fureur, le bandit se jeta sur le praticien et l'attrapa au col, le soulevant complètement dans un effort surhumain. La bave coulait de ses lèvres et son regard s'injectait de sang alors qu'il aboyait.

-"Tu mens! Tu mens, salopard! Y'a forcément un moyen, y'a un moyen!"

D'un coup rapide mais ferme, le médecin décocha un coup de genou dans la poitrine du pillard. Instantanément, celui-ci le lâcha et tomba à genoux sur le sol, crachant ses poumons ainsi qu'un peu de sang. Le généraliste attrapa sa trousse médicale et se dirigea vers la porte, n'ayant pas un regard pour son client.

-"Personne sur tout Daënastre n'a de remède. Si vous voulez un bon conseil, mettez vos affaires en ordre et restez éloigné de tout le monde, la tuberculose est contagieuse. Au-revoir, monsieur."

Quand il claqua la porte, Nätchakar regarda autour de lui. Il était tout seul.

Le soir, on le retrouva dans le cimetière de Zuhause, seul devant un monticule de neige. Après une quinte de toux, il s'accroupit et enleva une couche de poudreuse, révélant une série de noms gravée sur une pierre. Il posa sa main dessus et cracha son cigarillo plus loin. Il resta pensif des heures dans cette position. La neige le recouvrait peu à peu, mais son esprit concentré n'y prêtait pas attention. Quand il se releva, il était décidé.

A Daënastre on ne savait pas le soigner? Alors il irait à My'trä! Ces salauds de mages devaient bien avoir une idée, une botte secrète, quelque chose que leur satané magie devait pouvoir faire! Il avait des irys issus de ses derniers larcins! Sa vie ne s'arrêtait pas là alors qu'il avait passé ces années à la défendre!


---------------------------------------------------------------------

Deux jours plus tard, il embarquait. En quelques heures à peine son corps avait perdu une masse corporelle notable et ça n'allait pas en s'arrangeant. A ce rythme il allait ressembler à un véritable mort-vivant en arrivant... Dans la cale où il avait pris place, avec d'autres galériens, il toussait de tout son saoul et n'était, il fallait le dire, pas seul.
Ces gars-là étaient-ils tous comme lui? Des pauvres hères qui sentaient leur fin approchée et qui allaient à Suhury, tanière légendaire des guérisseurs, pour être sauvé? Tout cela paraissait tellement dérisoire. Et cette femme là-bas, qui tenait un enfant momifié par la faim et le froid, qu'espérait-elle? Que les sorciers lui accorderaient leur pitié?

On le savait pourtant, à Daënastre. Ces types étaient des enculés.

Mais des enculés valaient mieux que rien, dans ce monde de merde.


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Zora Viz'Herei
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Mer 20 Sep - 10:53
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Suhury ne sera sans doute plus jamais l'endroit sûr et accueillant qui l'a vue grandir. Zora ne peut qu'accepter ce fait. Mais elle le regrette. D'une certaine façon une part de son âme a été façonnée dans ces contrées verdoyantes. Et c'est sûrement pour cette raison que ses pas la ramènent régulièrement vers l'endroit où tout à commencé. Et si elle y est considérée comme une paria, il n'en reste pas moins qu'elle est ici chez elle.

Un jour, lorsque l'hérésie aura été purgée de ces terres, on l'acclamera. Les gens comprendront qu'elle a agi dans l'intérêt du plus grand nombre et l'honoreront pour cela. Ou périront. Mais pour l'heure elle doit continuer de lutter. Pas à pas, mort par mort, elle contribue à faire de My'trä un paradis où il fait bon vivre. Où l'impureté ne sera plus qu'un lointain souvenir voué à disparaître de la mémoire collective.

Pourtant la nostalgie n'est pas la seule cause pouvant expliquer la présence de la rouquine sur le bord de cette route fréquentée. La capuche repliée sur ses cheveux chatoyants, les jambes repliées contre sa poitrine, elle darde son regard sur la foule de voyageurs qui s'activent à côté d'elle. La plupart sont du coin. Mais d'autres viennent ici dans le seul but de trouver un remède à leurs maux. Après tout cette région n'est-elle pas le berceau de la magie curative?

Cet attrait pour les guérisseurs est du véritable pain béni pour Zora qui peut ainsi distiller la rédemption sans grande difficulté. Il lui suffit de se présenter comme une disciple de Möchlog pour qu'aussitôt on l'observe avec espoir ou respect. Combien de gens a-t-elle purifié lors de ses voyages à Suhury? Difficile à dire lorsque l'on est condamnée à oublier le visage ou les noms des disparus...

Ce qui ne l'empêche pas pour autant de poursuivre la tâche confiée par la Chouette elle-même. Elle n'a pas besoin de se souvenir. Juste d'agir. Ce qu'elle s'apprête à nouveau à faire lorsqu'elle découvre un homme avec la peau sur les os, au teint cadavérique, qui s'avance sur cette route de l'espérance. Elle n'hésite que brièvement avant de se lever et de l'approcher, un sourire se voulant rassurant sur les lèvres.
"Toi!" le hèle-t-elle en le pointant du doigt. "Tu n'es plus qu'une ombre parmi les vivants. Si tu souhaites vivre alors... suis-moi!"
Elle n'a guère besoin d'en dire plus. La promesse suggérée d'une guérison suffit à convaincre la plupart des gens appréciant la vie. Et s'il ne l'aimait pas, il ne serait sûrement pas ici à l'heure actuelle. Certains acceptent leurs sorts. Et d'autre, comme cet homme, se plaisent à croire qu'ils peuvent influer sur le destin que les Architectes ont déterminé pour eux.

La rouquine l'observe encore un instant, lui et son étrange accoutrement. Un étranger? Probablement. Mais peu importe. L'impureté n'a pas de frontières. Elle ne se limite pas à un peuple ou à une ethnie. Tous les gens sont égaux face au destin. Zora l'observe encore un vague instant avant de retourner vers la tente qu'elle a dressé un peu plus loin.

Elle s'y engouffre et s'installe à genoux sur le sol, attendant la venue de celui qu'elle a choisi. Comprendra-t-il l'honneur qu'elle lui fait lorsque la mort viendra l'étreindre? Ou sera-t-il comme tous ces imbéciles qui s'obstinent à croire que l'étreinte de la faucheuse doit être crainte? Les secondes s'écoulent jusqu'à ce que le tissu qui masque l'entrée de la tente laisse place à l'heureux élu.
"Dévêtis-toi!" lui demande-t-elle simplement. "Et expliques-moi précisément ce qui t'amènes ici! N'omets aucun détail. Puisse-t-il te sembler insignifiant..."
En réalité elle se fiche pas mal de la nature du mal qui ronge cet homme. Ho elle a bien une petite idée sur le sujet. Mais ce n'est guère important, dans le fond. Elle se contente d'agir comme le ferait n'importe lequel de ces hérétiques prétendant servir Möchlog. Une manière d'endormir la méfiance des plus sceptiques. Et également de tirer un certain plaisir de ce jeu morbide.

La rouquine hausse un sourcil comme pour signifier une forme d'impatience, attendant que cet inconnu veuille bien s'exécuter. Le tout en arrangeant les diverses potions qui trônent à ses côtés ainsi que les herbes qu'elle a pris le temps de récolter sur son chemin qui l'a menée jusqu'à ce troupeau d'impurs...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Nätchakar la Gâchette
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Jeu 21 Sep - 19:48
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
Il faisait froid.

Les citoyens mages, vêtus de leurs accoutrements bizarres et ésotériques, ils le regardaient de travers, détournant leurs yeux de sa personne ou prononçant des refus du bout des lèvres. Autour de lui, il voyait les pauvres hères l'accompagnant trouver preneurs, parfois quelques pièces s'échangeaient, parfois aussi quelques mots, guère plus. Mais lui on le fuyait, comme le pestiféré qu'il était, qu'il avait toujours été.

Pris d'une nouvelle quinte de toux, il tomba à genoux devant la force des chocs répétés à son torse. Après quelques secondes, il cracha du sang et expectora une matière noirâtre. Ses yeux brouillés par les larmes le constatèrent, sa tête brûlante de fièvre s'interrogeait sur les raisons de la profonde peur qui s'abattait sur lui. Pourquoi avait-il ce sentiment de désespoir?


-"Toi! Tu n'es plus qu'une ombre parmi les vivants. Si tu souhaites vivre alors... suis-moi!"

Le spectre leva les yeux, constatant qu'une étrange silhouette lui faisait signe. Il tenta de s'approche et de prononcer quelques mots, mais une nouvelle reprise fit taire son effort au bout de ses lèvres.
Dans tous les cas, il n'avait plus le choix, sa fin lui semblait si proche, si inévitable. Si quelque chose pouvait encore changer le destin, il le prendrait. Dans tous les cas, presque constamment courbé par la douleur et la toux, il la suivit jusqu'à sa tente. Comment pourrait-il être soigné dans un endroit pareil? Enfin, il avait déjà vécu pire et de toute façon l'heure n'était plus aux bourgeoisies.


-"Dévêtis-toi!" Lui demande-t-elle simplement. Et explique-moi précisément ce qui t'amènes ici! N'omets aucun détail. Puisse-t-il te sembler insignifiant..."

On entrait dans le vif du sujet! Bon, le déchu n'avait jamais été très pudibond, la promiscuité dans les baraquements de Zuhause étant très forte... Mais tout de même! Se mettre à nu ainsi, devant une inconnue... Il allait lancer une protestation quand une douleur au thorax l'assaillit. Elle ne dura qu'un instant, mais suffit à le convaincre qu'il était trop tôt pour se rebeller.

-"Je... J'ai toujours été... Crevard... Vie de merde, dans le froid et la neige... Mais là... Là j'ai la... La... La tuber... Tuberculose..."

Il toussa encore et un peu de sang tomba au sol, sa tête le faisait atrocement souffrir et il ne distinguait plus ce qu'il disait du brouhaha naturel. Les prochains mots se perdirent dans un début de malaise. Un réflexe le ramena à la raison, mais il ne faudrait pas trop compter dessus.

-"A Daënastre ils... Ils disent que je peux pas... J'peux pas être sauvé... Mais j'veux pas... J'peux pas... J'peux pas... J'peux... Pas..."

Pendant sa phrase, le triste écho d'humain avait tenté de retenir une énième quinte, mais il n'y tenait plus et s'effondra raide au sol, il tenta de se relever, mais il lui fallut s'y reprendre à plusieurs fois pour se mettre à quatre pattes, tant la douleur était intense. D'une main rendue rude par la peur, il agrippa les bas de la mage.

-"Faut... Faut faire vite... Toubib... J'sens... Que ça... Que ça arrive... Cette putain de tuber... tu... Putain..."


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Zora Viz'Herei
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Mer 27 Sep - 20:41
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle l'écoute distraitement tandis qu'il se dévêtit. L'altruisme n'a jamais fait parti de son vocabulaire. Elle se fiche pas mal du vécu de cet homme ou de ses inquiétudes au sujet de son trépas imminent. La chose qui l'intéresse, présentement, c'est la maladie qui ronge son corps comme son âme. Une véritable merveille. On ne peut que s'incliner devant la majesté de la mort et des différentes facettes qu'elle adopte pour prélever son dû parmi les vivants. C'est donc avec curiosité qu'elle observe ce corps marqué par la maladie. Le tout en voyant de la beauté là où la majorité des gens ressentiraient le plus pur des dégoûts. Les imbéciles!

Zora lâche toutefois un soupire condescendant lorsque son patient lui annonce que les daëners considèrent qu'il est condamné. Forcément! Ces imbéciles et le semblant de médecine qu'il pratique en marge de la magie ne sauraient être capables des mêmes prouesses que les adeptes de Möchlog. Pour eux, la plupart des maux doivent être incurables. Alors qu'ils ne sont que des désagréments aux yeux des my'träns. Encore une preuve de la supériorités des favoris des Architectes sur ceux qui ont choisi bêtement de leur tourner le dos.

Le fait est que la rouquine prend un certain plaisir à voir cet homme tomber au sol et à cracher du sang. Voilà ce qui arrive à ceux qui sont assez stupides pour renier les dieux. Elle s'agenouille à côté du mourant et l'observe, tête légèrement penchée sur le côté et sourire au coin des lèvres. Son agonie sera vraisemblablement douloureuse. Et il y a peu de choses qu'elle apprécie plus que la simple vision d'un hérétique découvrant toute l'étendue de son erreur. Pourtant cet inconnu représente également une opportunité sur laquelle elle aurait tort de cracher.
"Voyez le bon côté des choses: votre existence est sur le point de s'achever. Et avec elle, tous vos ennuis!!" s'amuse-t-elle. "N'est-ce pas merveilleux?"
Elle relève son menton de manière à ce qu'il croise son regard. Elle l'évalue ainsi, quelques secondes. L'homme semble déterminé à vivre. Une telle volonté est plutôt rare. Assez, du moins, pour qu'elle daigne lui offrir une chance. À supposer que ce terme soit adapté. Car parfois il vaut tout simplement mieux mourir. Mais cette décision, dans le fond, ne lui appartient guère.

Ainsi donc la rouquine se relève et va farfouiller dans les diverses potions et autres plantes disposées au centre de la tente. Le tout en réfléchissant à un procédé qui pourrait satisfaire ses ambitions. Ce daëner n'est qu'un cobaye, après tout. Et qui se soucie de la mort d'un cobaye? D'autant plus lorsqu'il est bien loin de chez lui comme c'est le cas ici. La présence de cet homme, dans le fond, est un véritable cadeau de Möchlog.
"D'un autre côté... Ce qui est impossible pour vos médecins ne l'est pas forcément pour les serviteurs de Möchlog!" affirme-t-elle. "Vous pourriez vivre! Ou, plutôt, survivre! Ce ne sera pas plaisant! Loin de là! Mais pour vaincre la mort il faut être prêt à faire quelques sacrifices. Vous vous en doutez, j'imagine?"
Vaincre la mort? Elle n'en est guère capable. Pas encore, du moins. Mais il n'a pas à le savoir. Et puis si elle ne peut guère le soigner - ou, plutôt, n'en a guère envie! - elle peut toujours ralentir la maladie. Le maintenir entre la vie et la mort, comme c'est le cas actuellement. Ou en tout cas essayer. Le résultat est loin d'être prévisible. Mais c'est ce qui fait tout l'intérêt de la chose!

Zora a bien quelques idées sur la façon dont elle devrait procéder pour prolonger son existence. Et aucune d'elles n'est réjouissante pour lui. Reste à savoir à quel point il souhaite vivre. Et, dans un registre plus pratique, ce qu'il est prêt à offrir en échange de cette opportunité.
"Toutefois je m'interroge! En échange de mon temps et de mes efforts, que suis-je en droit d'espérer en retour?" s'enquit-elle. "L'argent ne m'intéresse guère et votre reconnaissance, encore moins. Alors comment comptez-vous vous acquittez de la dette que vous auriez envers moi? Qu'avez-vous à m'offrir?"
Toute la question est là, dans le fond. La rouquine n'est guère pressée par le temps contrairement à cet inconnu aux portes de la mort. Et, de ce fait, elle possède l'avantage sur lui. Une sensation des plus agréables. Et qu'elle aurait sûrement tort de ne pas exploiter, non?




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Nätchakar la Gâchette
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Sam 30 Sep - 0:28
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
Il faisait froid.

Tellement froid.

Le paria tremblait de mille façons en se relevant. Il se sentait faible, incroyablement faible. Tout lui paraissait flou et, pendant un instinct, il se crut même sourd, si bien qu'il n'entendit que ses dernières phrases. Elle voulait un marché? Vraiment? Alors qu'il était au seuil de la mort? Les journaux avaient raisons: ces mages n'étaient que des enflures.


-"J'peux... J'peux... Buter qui tu veux... Bandit... Mercen... Mercenaire... Roi... Architecte... .J'suis un des criminels les... Les plus... Re... Recherchés... Du Nord... Ha... Ha..."

Un filet de sang et de pus noirâtre sortit de sa bouche alors qu'il finissait, il tomba en arrière. Respirant difficilement il haletait en se relevant. La bête immonde était prête à frapper, il n'en avait plus pour longtemps, il sentait son souffle vital s'échapper par ses narines et sa bouche. Si personne ne faisait rien, il serait mort avant le crépuscule. Assis, Nätchakar reprit son souffle autant qu'il le pu. Les choses allaient déjà mieux, son envie de tousser avait diminuée.

-"J'suis La Gâchette... Un des mecs les plus crains d'tout Daënastre... Sérieux... Si vous m'sauvez la vie... J'peux en prendre une pour vous... Récup' un objet si vous voulez, faire peur à des types qui vous font chier... Tout ça, j'sais faire..."

Il toussa encore. Ca finissait par devenir lassant.


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Zora Viz'Herei
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Sam 30 Sep - 8:09
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Lorsque les gens craignent pour leurs vies, ils ne sont guère objectifs. C'est une règle fondamentale qu'elle a pu éprouver au fil des années. Lors de son apprentissage de la magie, notamment. Aussi lorsque le daënar lui affirme qu'il peut tuer n'importe qui, allant même jusqu'à étendre cette offre aux Architectes, Zora ne peut que douter de la pertinence des propos tenus. Et bien que les limbes qui doivent commencer à étreindre l'inconnu l'empêchent sûrement de le remarquer, le scepticisme qui s'affiche sur le visage de la rouquine ne fait que souligner ses doutes.

Elle hoche la tête d'une manière qui signifie qu'elle n'y croit guère tout en observant la danse macabre de son patient. Il n'est pas du genre à se laisser vaincre facilement par la maladie, celui-là. Ses efforts presque ininterrompus pour se relever malgré son état de faiblesse tendent à le confirmer. La plupart des gens sensés resteraient couchés. Mais pas lui. Un autre signe de l'attachement qu'il a pour sa pitoyable existence.

Toujours est-il qu'il finit par se présenter: Lagachette. Un drôle de prénom s'il en est. A-t-il une signification particulière? Ou témoigne-t-il seulement de l'absence de logique des daënars? Une question qui l'intéresse quelques secondes seulement. Un rire cristallin finit par ponctuer l'épilogue des propos du mourant tandis qu'elle se rapproche d'elle et s'agenouille à sa hauteur.
"Ho oui, une vraie terreur avec sa petite tuberculose!" ironise-t-elle, l'infantilisant en lui pinçant la joue. "Ici, tu donnerais peut-être des cauchemars à nos enfants. Et encore..."
Pourtant elle se contentera de ce qu'il a à lui offrir. Elle a bien une idée de la manière dont elle pourrait utiliser les talents de cet étranger, d'ailleurs. Et en y réfléchissant bien, il est même le candidat idéal pour ce qu'elle a en tête. Mais c'est encore de la musique d'avenir. Pour l'heure il s'agit avant tout de sauvegarder ce qu'il reste de sa vie. Elle lui demande donc de s'allonger en appuyant sur son torse.

Puis elle va chercher son nécessaire d'herboristerie et revient s'installer à ses côtés. Elle sélectionne quelques potions ou herbes avant de les aligner parfaitement face à elle. Puis elle saisit une petite lame qu'elle enfonce sans ménagement dans la cuisse de son patient. Un geste purement gratuit, n'ayant pas grand chose à voir avec un quelconque processus de guérison.
"Ho, pardon! Quelle maladroite je suis!" s'amuse-t-elle. "Ça m'arrive de temps à autre lorsque j'entends un daënar annoncer qu'il est capable de tuer un Architecte..."
Vous conviendrez qu'une telle hérésie méritait une punition. Et si l'état de l'étranger n'était pas si grave, elle aurait sûrement fait preuve de moins de délicatesse. Mais la condition du patient, justement, n'est pas encore assez dégradée pour qu'elle puisse commencer sa petite expérience. Pour l'heure elle ne peut que s'y préparer. Et bien sûr, il n'est pas question de soulager la souffrance de l'intéressé. Où serait le plaisir dans tout ça?
"On va attendre encore un petit moment avant de commencer, d'accord? Les conditions ne sont pas encore toutes réunies pour que je puisse te traiter efficacement!" affirme-t-elle avec un grand sérieux. "Mais bien sûr si je suis trop lente à ton goût, rien ne t'empêche de ramper hors de cette tente en espérant vivre assez longtemps pour atteindre la capitale. Personnellement, j'en doute. Mais - crois-le ou non! - il arrive que je me trompe..."
Zora commence à réunir divers plantes qu'elle s'emploie ensuite à broyer. Le tout avec un détachement apparent qui contraste avec la concentration qui l'accapare. Elle prête à peine l'attention nécessaire à son patient, s'assurant de temps à autre de son état en le sondant avec sa magie. Et bien sûr, qu'il ne représente pas une menace pour elle. On est jamais sûr de rien avec ces gens-là...
"Dis-moi, terreur: connais-tu la région appelée Kharaal Gazar? Elle se situe à l'Est de Suhury. Je t'épargne les détails sur son climat ou son peuple qui ne sont, de toute façon, pas d'un grand intérêt. Mais le fait est qu'elle est dirigée par un primo-gharyn - un roi si tu préfères - du nom de Zaël..." lui explique-t-elle patiemment. "Et ce Zaël, vois-tu, me serait plus utile mort que vivant. Alors tu vas le tuer! Enfin... essayer, en tout cas!"
Elle se fend d'un sourire amusé. La rouquine se fiche bien du sort de ce daënar tant qu'il arrive à provoquer une guerre entre deux continents. Qu'il échoue ou réussisse, le résultat sera le même pour peu que Daënastre soit mis en cause. Ce qui ne devrait pas être trop difficile vu l'attirail de Lagachette. Toujours est-il que Zora doute sérieusement que cet étranger soit capable d'un tel coup d'éclat.
"Maintenant, dans un registre plus pratique, voici ce qui va se passer: je vais arrêter le processus destructif de la maladie qui te ronge. Ton état ne s'aggravera plus. Ceci dit j'ai bien peur qu'il ne s'améliorera pas non plus..." glisse-t-elle, haussant les épaules. "Mais si ça peut te rassurer je vais également forcer ton corps à ignorer la souffrance. Je te passe les détails exacts, tu succomberas avant d'avoir réussi à les appréhender. Alors pour simplifier disons que tu te situeras quelque part entre la mort et la vie. En fait... je ne sais pas ce que tu seras exactement! Mais nous allons le découvrir ensemble!"
Ses propos sont teintés d'un enthousiasme qui n'aurait rien de bien rassurant pour une personne lambda. Mais si Lagachette est sur le point d'entrer entre deux mondes, la disciple de la Chouette pénètre également sur un terrain inconnu. Et c'est justement cette exploration de l'inconnu qui lui donne des ailes. Si Möchlog le souhaite, elle progressera un peu plus sur la route de la connaissance.
"Puis-je considérer que nous avons désormais un accord?"
Comment pourrait-il en être autrement?




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Nätchakar la Gâchette
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Lun 2 Oct - 18:57
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
Pour une fois, La Gâchette songea qu'il aurait dû écouter les conseils des anciens en ne posant jamais le pied sur My'trä. Cette cinglée était encore pire que l'autre dégénérée avec son couteau et son flingue qu'il avait croisé sur ce train à Zuhause. Il avait décidément le chic pour trouver la lie de l'humanité, mais peut-être était-ce l'effet imperceptible de son propre comportement? Un homme lui avait dit un jour qu'en se comportement bien on rencontrait des bonnes personnes... Cela voulait-il dire qu'il allait faire la connaissance de toutes les ordures du monde?

La douleur vive à la cuisse interrompit sa rêverie.


-"Putain! SALOPE!"

S'ensuit une quinte de toux qui le dissuade d'attraper son revolver pour coller une balle dans la tête de sa soigneuse. Les larmes aux yeux, avec un sourire en coin, il lance:

-"Pour moi les archi' c'les mecs qui font les baraques, hein!"

Avec un rire rauque, il se repositionne. Cette fille attendra, car elle a malheureusement raison: ses forces déclinent trop vite, simplement sortir de la tente serait une épreuve, alors entamer une longue marche... Même sa détermination à vivre a ses limites. Par contre, il tend l'oreille à sa proposition. Tuer un roi? A Daënastre il aurait sans doute refuser, pas suicidaire le bougre, mais ici, chez les mages... Au vu des airs ruraux des chantres du coin, leurs seigneurs ne devaient pas être bien mieux lotis.. De toute façon, le choix se faisait vite, après tout il ne l'avait pas.

-"On a un accord... Mais faudra m'donner deux-trois infos... J'ai d'jà vu d'la magie et j'aimerais pas lui laisser une chance d'me sortir le grand numéro... Ha... Ha..."

Il cracha un glaire visqueux de muqueuses et de pus. Il y avait sûrement assez de microbes dans ce semi-liquide pour empoisonner toute une ville... Par contre, un point le dérangeait.

-"Et... Comment ça "ent' la mort et la vie"? J'veux vivre moi, putain... J'veux pas claquer... Pas comme ça. T'es sûr de ce que tu fais, sorcière?"

La fièvre commençait sa dernière ascension. Bientôt il atteindrait le point fatidique, le mélange de chaud et de froid qui l'envahissait le lui faisait sentir...


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Zora Viz'Herei
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Mar 3 Oct - 6:59
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Lgachette ne semble donc pas réfractaire à l'idée d'assassiner Zaël. Sûrement parce qu'il n'a guère le choix de toute manière. Même le daënar qu'il est aura compris ce... détail. Mais peut-être pense-t-il également que ce sera facile. Les hérétiques placent une telle confiance en Technologie qu'ils en oublient sûrement la puissance de la magie à laquelle ils ont tourné le dos. Qu'importe... Cet homme aura le temps de se rendre compte de toute l'étendue de son ignorance. Et s'il réussit malgré tout et bien... tant mieux!

Zora acquiesce, lui indiquant ainsi qu'elle lui transmettra les informations dont il pourrait avoir besoin. Es-ce l'expression d'une certaine conscience professionnelle ou simplement de la prudence. Dans un cas comme dans l'autre, c'est encourageant. D'autant plus qu'il semble conscient des risques qui se dresseront face à lui. Se pourrait-il que Lagachette soit à la hauteur de la réputation dont il s'affable?

Mais il a également compris que ce dont il doit se préoccuper pour l'instant, c'est de sa survie. Et lorsqu'il interroge Zora sur les circonstances qui lui sauveront la mise, il n'a pas vraiment l'air rassuré. C'est le moins que l'on puisse dire. À sa place, elle ne serait pas non plus sereine. Et d'ailleurs elle prend la peine de se féliciter d'être sur ses jambes et non à la place du mourant. Elle le sent sombrer dans les méandres de la fièvre. Là, au seuil de la mort. Et juste avant qu'il perde connaissance, elle le gratifie d'un sourire énigmatique.
"Si je suis sûre de ce que je fais?" répète-t-elle d'une voix douce. "Absolument pas..."
Et elle ne ment guère. La main posée sur le front de l'étranger, elle guette l'instant fatidique tout en sondant ce corps rongé par la maladie pour ne pas lui laisser l'occasion de la surprendre. Et au dernier moment, quelques secondes avant le dernier souffle de l'homme, elle intervient. Sa magie se déploie avec force dans l'anatomie de Lagachette, se heurtant violemment à la folie destructrice de la tuberculose.

La lutte est acharnée, sans la moindre concession. Des perles de sueur commencent à parler sur les tempes de Zora tandis qu'elle ferme les yeux pour mieux se focaliser sur le combat qu'elle livre contre la maladie. Mais les assauts de cette dernière s'essoufflent peu à peu, comme des vagues perdant en intensité après une longue et destructrice tempête.

Il fait nuit lorsque Zora ouvre à nouveau les yeux. Elle lâche un léger soupire de satisfaction tout en adressant une énième prière à son Architecte. Non pour le supplier de l'aider dans cette entreprise mais tout simplement pour le remercier pour le soutien qu'il lui a accordé lors des dernières heures. Ceci fait elle verse quelques gouttes de l'une de ses potions entre les lèvres du survivant. De quoi stabiliser les effets de sa magie sans la forcer à maintenir une emprise constante sur la maladie.

La partie la plus délicate de ce... rituel est désormais terminée. Du moins, l'une d'entre elles. Car il s'agit maintenant de priver l'homme de ses nerfs. Et pour cela, elle doit forcer une partie de ce que l'on appelle grossièrement son système nerveux - la rouquine préfère largement le terme âme - à oublier ce qu'est la douleur. Ou, plutôt, à l'ignorer. Un véritable saut dans l'inconnu pour la mage qu'elle est. Mais également un défi passionnant!

Ses paumes se posent sur les tempes de Lagachette tandis qu'elle prend place derrière lui, lui offrant ses cuisses en appui. La disciple de Möchlog sonde le corps de l'étranger à la recherche des connexions nerveuses de son corps décharné. Elle sait où les trouver. Mais se focaliser entièrement sur ces dernières est un exercice demandant une grand patience et la plus absolue des concentrations.

Elle doit d'ailleurs s'y reprendre à de multiples reprises avant d'arriver finalement à isoler les zones concernées. Le corps étant un organisme complexe et connecté, la moindre erreur lors de ce processus pourrait se révéler fatale. Il s'agit d'altérer uniquement ce qui doit l'être sans interagir avec le reste. Et c'est tout bonnement éreintant. Malgré tout elle se force à poursuivre, sachant que le temps lui est compté. Ce n'est pas le genre d'entreprise que l'on peut décider d'interrompre à sa convenance. Loin de là...

La rouquine s'emploie à couper les nerfs de l'âme de son patient de manière à ce que cette dernière soit incapable de les interpréter. Et, donc, de provoquer de la souffrance au corps qui l'abrite. Lorsque ce long processus est terminé, l'obscurité est toujours là. Ou, plutôt, à nouveau là. Zora dépose de nouvelles gouttes entre les lèvres de Lagachette avant de s'allonger à ses côtés, le coude replié sous sa tête en guise d'oreiller. Et elle ne tarde évidemment pas à tomber dans un sommeil aussi bienvenue que réparateur.

~~~~~

Lorsqu'il se réveille, cela fait déjà des heures qu'elle est assise en face de lui. Elle l'a observé comme une mère lionne veillerait sur l'un de ses lionceaux. Pas par altruisme et encore moins par affection. Mais simplement parce que cet homme est une forme d'investissement dont elle entend bien récolter les fruits. Aussi lorsque ce dernier ouvre à nouveau les yeux c'est par un soupire de soulagement qu'elle l'accueil à nouveau dans le monde des vivants. À supposer que le terme convienne pour cet homme qui vient d'échapper à la mort.
"J'ai longuement réfléchi à ce que je pourrais te dire si tu finissais par te réveiller..." commence-t-elle, amusée. "Alors que penses-tu de: Lève-toi et marche!"
Elle n'a guère trouvé mieux. Sa main en appui de son menton, un doigt relevé contre sa joue, elle attend que Lagachette veuille bien concilier son ordre et la réalité. Le tout en l'observant avec toute l'attention qu'un médecin devrait témoigner à l'un de ses patients. Les premiers résultats sont encourageants. Mais c'est sur la durée que la réussite de l'expérience sera déterminée. Pour l'heure, ce ne sont que des signes d'un probable succès qu'elle peut observer. Mais elle s'en satisfaira.
"Normalement c'est l'instant où tu me sautes au cou pour me câliner et me rappeler à quel point tu m'es reconnaissant! Mais on se passera volontiers de cette irritante procédure, n'est-ce pas?" glisse-t-elle avant de poser les mains sur les armes de l'homme, à ses côtés. "À la place je vais me contenter de garder tes jouets, d'accord? Au cas où ta parole n'aurait pas la moindre valeur et que tu estimais pouvoir te passer de moi..."
Elle le gratifie d'un sourire qui trahit sa décontraction avant de lui désigner de sa main libre les trois fioles qu'elle a déposées devant lui. Les armes de l'étranger ne sont qu'une garantie à court terme. Mais elle n'est pas assez stupide pour croire qu'elle pourra garder l'ascendant sur lui lorsqu'il aura quitté cette tente. Et comme deux précautions valent mieux qu'une...
"En parlant de garantie..." reprend-t-elle sur le même ton amusé. "Ces fioles contiennent un mélange qui te sera nécessaire à ta survie. Parce que, bien sûr, je ne serai pas toujours derrière toi pour te chaperonner, tu t'en doutes... Les effets de ma magie doivent être maintenus pour qu'elle continue de repousser la mort. Tu connais la magilithe, j'imagine? Tu sais, ce précieux minerais que les tiens adorez venir piller chez nous!"
Elle repense à Althéa et à la mine Daënar où elles se sont rencontrées quelques semaines plus tôt. Ce simple souvenir de cette hérésie réanime une colère sourde qui menace bien vite de la submerger. Zora se force malgré tout au calme avant de reprendre sur un ton davantage tendu qu'auparavant.
"Tu en prendras trois gouttes par jour. Cinq au grand maximum. Tu en as une quantité suffisante pour deux mois. Peut-être trois. C'est le temps dont tu disposes pour tuer Zäel!" précise-t-elle avec le plus grand des sérieux. "Si tu réussis, je te donnerai les instructions nécessaires pour la fabriquer toi-même lorsque tu viendras me rendre compte de la mort de ta cible. Tu pourras ainsi subvenir à tes propres besoins! Si tu échoues..."
A-t-elle vraiment besoin de terminer sa phrase? Un échec sera vraisemblablement puni d'une mort immédiate sur les lieux de la tentative d'assassinat. Et dans le cas contraire, elle ne l'aidera évidemment pas. Le temps sera alors son plus grand adversaire. Mais il pourra se réconforter en se disant qu'il aura réussi à obtenir quelques mois d'existence supplémentaire...
"Mais je manque à tous mes devoirs, pardi!" s'offusque-t-elle faussement. "Comment te sens-tu, Lagachette?"
Bien, sûrement. Du moins davantage que lorsqu'il est venu la trouver. Mais elle espère qu'il n'a pas oublié ce qu'elle lui a dit: même si son corps croit désormais ne plus ressentir la douleur, ce n'est qu'une illusion. Une blessure mortelle ne sera pas perçue comme une menace par son organisme. Mais le résultat, lui, sera le même...




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Nätchakar la Gâchette
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Mer 4 Oct - 23:21
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
Au début il y avait cette fièvre, cette impression de chute libre vers l'abysse. Sa vue s'est brouillée, ses yeux se sont refermés et ses lèvres on déglutit pour la dernière fois. Il n'y avait rien, là-derrière. Pas d'Autre-Monde, juste le Néant, le Vide, le plus grand Rien qui soit. Des bruits étranges venaient de partout et lui, incapable de dire ce qu'il faisait là, errait dans les ténèbres. Il ne pensait pas. Il n'existait pas réellement, Il était, voilà tout.

Où qu'Il regarde, où qu'Il tente d'aller, Il ne voyait rien. Il ne savait même pas qui était ce "Il", Il n'en conclut d'ailleurs rien. Il ignorait, voilà tout.

Il ne vivait plus, voilà tout.

Quand les yeux de Nätchakar se rouvrirent, ils tombèrent sur cette petite écervelée qui baragouinait des choses insensées. Ainsi, à sa première réplique, le revenant se contenta de répondre:


-"Jdfj... Fafjiea..."

Ce qui était fichtrement bien envoyé! Elle continua ensuite alors qu'il discernait de mieux en mieux les tenants et aboutissant de ce qui venait de se produire. Il eut des yeux ronds quand il remarqua qu'elle avait embarqué ses armes et allait protester quand elle continua derechef.

Ainsi elle ne l'avait pas vraiment sauvé, elle avait "juste" stoppé la maladie? La nouvelle était déjà un miracle en soit mais cette histoire de fiole ne lui inspirait aucune confiance. La magilithe, connue chez les daënars, n'était pas bien perçue, pas bien du tout même, on disait qu'un simple contact avec elle pouvait provoquer des séquelles inimaginables, alors la perspective d'en avaler... Bon, ce n'était que trois gouttes, mais quand même.. Et puis ça lui faisait un trop bon point d'appui, il était complètement à la merci de la garce qui l'avait sauvé. Le bandit n'aimait pas ça.


-"J'me sens... Bizarre... Il me manque un truc, j'me sens pas comme avant... C'est... C'est... J'sais pas..."

Il toussa et regarda ses mains. Elles lui paraissaient irréelles, comme si elles ne lui appartenaient pas. Après quelques secondes qui lui firent comprendre que le pas qu'il avait franchi le changerait à jamais, il fixa la sorcière de ses yeux assassins.

-"Merci toubib, mais va falloir m'rendre mes flingues quand même. J'sais pas qui est le roi qu'il faut que j'descende, mais j'sais qu'sans armes ça va pas être possib' et moi je suis pas revenu à la vie pour re-crever comme un coin sur le parpaing derrière. D'ailleurs, si t'pouvais m'filer une discrétion, ça serait sympa."


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Zora Viz'Herei
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Jeu 5 Oct - 5:26
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle constate avec plaisir que l'homme semble conscient du monde qui l'entoure et que les ombres de la mort n'ont pas emporté son esprit. Si Lagachette avait été privé de son âme, l'expérience n'aurait été qu'un fiasco et une perte de temps faramineuse. Combien d'autres malades aurait-elle pu purifier pendant le laps de temps qu'elle a consacré à cet étranger? Toute cette énergie, heureusement, n'aurait pas été vaine. Aujourd'hui, elle s'est approchée davantage du secret de l'union entre la vie et la mort. Un petit pas, rien de plus. Mais un pas tout de même...

La rouquine, enjouée, lâche un rire aussi cristallin qu'amusé lorsque son patient remarque qu'il lui manque quelque chose. Elle doute qu'il puisse mesurer toute l'étendue de la différence entre l'homme qu'il était et la chose qu'il est devenue. Zora elle-même n'est pas certaine du qualificatif qui convient désormais le mieux pour définir Lagachette. Mais le temps se chargera d'inculquer à l'intéressé toutes les subtilités de son nouvel état. Du temps qu'elle ne possède, en revanche, pas en quantité suffisante pour évaluer autant qu'elle le voudrait son cobaye.
"Il te manque quelque chose, en effet..." s'amuse-t-elle. "Mais en considérant que tu aurais pu tout perdre, dis-toi plutôt que tu as pu sauver une partie de ce qui te définissait comme un être humain. Ou, tout du moins, comme un daënar..."
Les hérétiques de l'Est sont vivants, c'est un fait. Mais de là à les considérer comme de véritables humains. Leur morphologie et leur anatomie est semblable, certes. Mais aux yeux de la rouquine ils se placent quelques part au-dessus de l'animal et largement en dessous des my'träns. Mais cette considération n'a que peu d'importance en ce moment, dans le fond.

L'homme emploie ensuite un vocabulaire étrange dont les subtilités lui échappent quelque peu. Si elle imagine volontiers que toubib est un mot utilisé pour qualifier un soigneur daënar elle ne comprends en revanche pas ce qu'il souhaite en lui demandant une discrétion. Il n'imagine tout de même pas qu'elle puisse le rendre invisible?
"La discrétion, ce n'est pas vraiment le genre de la maison!" souffle-t-elle, un sourire au coin des lèvres. "Quant à tes armes, je ne te les rendrai pas. D'une part parce que j'en ai besoin. Et de l'autre parce que j'aime l'idée de te compliquer un peu la tâche. Mais je suis certaine que tu trouveras de quoi t'armer auprès de la meute qui pille la magilithe sur nos côtes..."
Elle saisit d'ailleurs l'une des armes après avoir précautionneusement enfilé l'un de ses gants. Pour elle ces bâtons cracheurs de métaux sont bien plus contagieux que la tuberculose qui se tapis toujours dans le corps en face d'elle. Elle l'observe sous toutes ses coutures avec un air de dégoût qu'elle ne cherche pas à réprimer. Qu'est-ce que c'est grossier...
"Je ne serais pas une bonne soigneuse si je te laissais partir maintenant. Tu vas rester encore un petit moment avec moi. Le temps que je vérifie toute l'étendue de ma réussite. Tu me dois bien ça, d'ailleurs, considérant le fait que je t'ai sauvé la vie!"
Et comme elle l'a fait quelques mois plus tôt à Aildor, elle pointe l'arme en direction de cet homme. Mais contrairement à cet épisode sombre de son existence, Zora est maintenant en position de force. Et bien plus apte à viser juste cet homme qu'un De Sousa au milieu d'une foule fort peu docile. La rouquine pointe donc le bâton en direction de la jambe droite de Lagachette et appui sur la petite pièce de métal ceinturée d'acier. Le coup part immédiatement. Si la magie est un art qui requiert patience est foi, Technologie est soumise à un simple doigt, visiblement...

La rouquine constate avec plaisir que la chose dans le tube a atteint sa cible. Le sang qui s'écoule de la plaie de Lagachette est un signe on ne peut plus clair. Mais pourtant il ne semble pas incommodé par la douleur. Un premier résultat encourageant mais qui mérite un examen plus approfondit.
"Retire la... petite bille de ta cuisse, allez!" lui intime-t-elle, impatiente. "Il y a déjà un trou! Tu n'as qu'à y glisser tes doigts, ce n'est pas compliqué! Et comme ça, je pourrai te soigner! Tu ne vas tout de même pas te balader avec cette flèche daënar dans la cuisse, si?"
Elle se penche en avant comme pour ne pas perdre une seule miette d'un spectacle qu'elle n'a guère l'habitude de voir. Pourtant c'est bien un intérêt... disons... professionnel qui l'anime en cet instant, non la simple curiosité. Ce Lagachette a beau être un animal un brin évolué, il n'en reste pas moins très distrayant...




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Nätchakar la Gâchette
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Jeu 5 Oct - 18:54
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
Cette rouquine lui filait mal à la tête et même sans ça il l'appréciait de moins en moins. Visiblement elle ne savait pas de quoi elle parlait et s'y connaissait autant en assassinat précis que Nät' en trombone à coulisse, pour autant elle se permettait de lui faire des remarques qu'il n'apprécie pas trop et, surtout, cette mage refuse de lui rendre ses armes. Furieux, il commença:

-"Bon écoute-moi bien poupée, je..."

Il déglutit en la voyant pointer son revolver vers lui et tirer. Il hurla par réflexe mais s'arrêta en quelques secondes quand il s'aperçut ne pas ressentir la moindre douleur alors que l'impact était clairement visible. Son cerveau pédalait dans la semoule: comment pouvait-il ne ressentir aucune souffrance alors que visuellement toutes les conditions étaient réunies?

-"Bordel, c'était vrai..."

Les encouragements à retirer lui-même la balle ne lui plaisent pas des masses, il n'apprécie pas l'idée de s'arracher un éclat pareil des chairs. Enfin! Si elle a pu le soigner une première fois, elle pourra bien recoudre une plaie. Il se lance à l'assaut et, malgré la douleur fantôme, il faut reconnaître qu'il ne ressent rien. Elle prend le temps de le soigner, autour de la tente quelques personnes ont dû se méfier car des pas se font entendre. Un hurlement et une détonation, ça ne passe pas inaperçu et, au vu de sa demande, il n'y a aucun doute sur le fait qu'elle ne veut pas forcément être remarquée...

En tout cas, à part ça, la mesure était comble. Ras le bol de cette cintrée et de ses délires psychopathiques. S'il n'avait pas eu besoin d'elle, La Gâchette se serait contenté de la désarmer et de l'abattre comme l'animal sauvage que son peuple représentait.


-"Je reprends la ch'tiote: il me FAUT mes armes. C'pas une blague ou quoi, avec' j'pourrai descendre ton roi avant qu'y se rende compte de c'qui lui arrive. Donc t'vas gentiment cesser de jouer et me rend' mes flingues plutôt que d'te fourrer avec les canons. Tu l'veux mort ou vivant ton mec là? Et puis dis-moi à quoi y ressemb', si j'commence à l'chercher y va se méfier, ce couillon."


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Zora Viz'Herei
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Ven 6 Oct - 11:01
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Tandis que Lagachette s'amuse à explorer sa chair à la recherche de la petite bille, Zora observe le canon encore fumant de l'arme. La simple vision de cet objet la met mal à l'aise. Pourtant si elle endure cette désagréable sensation c'est avant tout à des fins pratiques: si elle souhaite parcourir Daënastre avec Althéa, il vaut mieux qu'elle s'habitue au plus vite à ces étranges ustensiles. Qui sait la forme que Technologie adoptera sur place? Se contenter d'ignorer la magie tangible des hérétiques serait une erreur alors qu'il est peut-être envisageable de s'y habituer. Et le jour où la guerre éclatera la rouquine sera peut-être ainsi moins déstabilisée par ces machines...

Son patient, lui, ne semble pas vraiment ravi. Il exprime sa frustration par des propos qui n'ont rien de bien élégant et dont elle à parfois de la peine à saisir le sens exact. Mais alors qu'elle devrait se sentir irritée par l'énergie que déploie ce résidu humain pour étaler son mauvais goût, elle est au contraire amusée par ses réactions. Que ce soit l'étonnement de ne pas ressentir la douleur et qui trahit un manque de foi évidente en ses capacités à maîtriser la magie du divin Möchlog ou simplement la façon dont il s'adresse à sa sauveuse. Ils ne sont guère sur un pied d'égalité contrairement à ce qu'il semble penser. Mais il se rendra bien assez compte que la servitude lui sera plus bénéfique que cette infantile rébellion verbale...
"Que de poésie..."
Elle se limite à cette observation dans un premier temps. Elle amplifie son ouïe et se concentre à présent sur les bruits de pas qui s'approchent. Il doit y avoir entre cinq et si personnes qui s'approchent de la tente. Et ils ne seront guère ravis de ce qu'ils y découvriront, c'est certain. Zora s'imagine mal subir la désapprobation de ceux qui trouveront entre ses mains les outils daënars de Lagachette. Et même si elle devrait s'en moquer dans la mesure où ils sont voués au trépas, cette idée l'irrite. Comme si des hérétiques pouvaient porter le moindre jugement sur la favorite de la Chouette...

La rouquine n'hésite donc que brièvement avant de jeter aux pieds de l'hommes les deux armes de métal, l'invitant d'un regard à en reprendre possession. Puisqu'il semble incapable de s'en prendre à Zaël sans ces vulgaires outils. Pourtant ce n'est guère le souverain qui la préoccupe en cet instant. Mais plutôt les bruits de pas qui deviennent de plus en plus clair à mesure qu'ils se rapprochent de leur position.

S'il y a un donc une considération pratique à ce geste, c'est avant tout la curiosité qui pousse Zora à faire un pas vers son patient. Elle souhaite voir de quoi il est véritablement capable. Il n'a pas été avare en compliments lorsqu'il s'agissait de se décrire. Mais entre ce qu'il a pu dire sur ses capacités et la réalité, elle suppose qu'un énorme gouffre se terre. Elle ne tardera pas à en avoir le cœur net de toute façon...
"Je t'ai donné le nom de la personne que tu dois abattre et t'ai indiqué où le trouver. Le reste, tu devras le découvrir par toi-même! J'imagine que ce n'est pas trop demander au grand Lagachette?" ironise-t-elle avant d'adopter un air plus sérieux. "Mais pour l'heure tu devrais surtout songer aux prochaines minutes. Quelque chose me dit qu'elles seront plutôt mouvementées..."
Elle se lève et se place à l'entrée de la tente. Zora tire alors une petite dague de son fourreau et attend patiemment que le premier my'trän fasse son apparition. Ce qui ne tarde pas. Elle gratifie le nouvel arrivant d'un sourire avant d'enfoncer délicatement la lame dans le coeur de l'inconnu, ne lui laissant guère le temps de comprendre ce qu'il se passe exactement. Puis elle s'écarte pour inviter Lagachette à lui offrir un échantillon de ses capacités.
"À toi l'honneur!" lui indique-t-elle. "Montre-moi ce que la p'tite terreur sait faire! Mais je tiens à ce que l'un de ces intrus reste en vie!"
Et le ton qu'elle emploie montre bien que ce n'est guère négociable. Elle souhaite que les siens sachent qu'elle a apporté une nouvelle fois la mort dans leurs rangs. Mais pour cela il faut d'abord que Lagachette l'emporte face à ses adversaires. Et à cette fin, elle puise dans sa foi pour amplifier la vitesse de son patient. Il en aura bien besoin pour espérer gagner face à ce qui doit être des mages capables de maîtriser une partie des dons de Möchlog de toute façon.

Un hérétique tuant des hérétiques. Cette simple idée lui arrache un sourire mauvais:
quelle délicieuse perspective...




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Nätchakar la Gâchette
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Ven 6 Oct - 18:12
Irys : 314947
Profession : Bandit
Daënar -2
La situation commençait à dégénérer. Cette cinglée entendait visiblement des voix, à voir comment elle se concentrait sur l'extérieur. Quelle ne fût pas la surprise de Nätchakar quand il aperçut un my'trän passer la tête et le corps à travers l'entrée de la tente, visiblement intrigué par ce qu'il se passait. C'était bien normal d'ailleurs et sans doute de nouveaux visiteurs allaient-ils arriver. Sans attendre, la mage lui transperça la poitrine, le tuant net. Un meurtre visible. A ce rythme, ça serait bientôt la pagaille. Le bandit soupira, tout plutôt que de devoir repartir dans des combats sans fin: il avait envie de se reposer, pas de courir le nigaud.

Ayant ramassé ses armes principales, son révolver et son fusil, le criminel jeta un regard interrogatif à la non-nécromancienne quand elle lui indiqua qu'il devrait faire usage de ses capacités. Elle s'attendait à de la visite dans quelques minutes. La Gâchette ramassa dans un sac ses potions, deux-trois vivres et équipa ses munitions en bandouillères. Par contre l'idée que sa "protectrice" ne soit arrêtée pour meurtre ou tuée ne lui plaisait pas beaucoup. Elle ne lui serait d'aucune utilité morte ou en prison, là où il ne pourrait plus récupérer la recette.
Se rapprochant de l'entrée pour se placer à côté de sa soigneuse, il l'a voit faire quelques gestes bizarres et se sent soudainement bien mieux! Ses mouvements sont plus rapides, plus que jamais, il lui semble pouvoir courir à des vitesses folles... Circonspect, il commence à penser à l'étendue des possibilités qu'offre la magie. D'ailleurs, profitant de sa rapidité de réflexion tactique habituelle, une idée lui vint qui lui permettrait de sauver leurs vies à tous deux.


-"Reste là et accueille-les, j'vais passer par la toile arrière et m'occuper de ces connards quand y s'y attendront pas... La Gâchette sait faire les meilleurs plans..."

Attrapant un scalpel sous la table, il découpe avec ferveur la sortie improvisée et, quand elle est assez large il y passe. Arrivé à plus de la moitié du corps, il interpelle son alliée du jour.

-"Ah, juste avant que je fonce! J'espère qu'tu sais jouer la comédie."

La mage ne le voit pas, mais elle a un revolver pointée droit sur elle. Quand elle s'est retournée, avec un sourire carnassier, Nätchakar lui tire une balle dans le bas ventre, la laissant là.

-"On s'revoit quand j'ai buté Zaël, bon courage."

Avec un peu de chance et si elle jouait le jeu, en la voyant dans une mare de sang à côté d'un cadavre et avec dans son bide une balle de plomb, ses confrères penseraient qu'elle avait soigné un Daënar qui s'était ensuite retourné vers elle et l'autre mage. Une idée audacieuse, mais entre ça et combattre un nombre inconnu de personnes... Une option valait mieux que l'autre! Et puis les mages devraient pouvoir la soigner, elle l'avait bien fait pour lui...

Profitant de sa nouvelle vitesse, il fonce droit devant lui, à travers champs et faubourg, priant pour que les mages ne soient pas capables de s'en prendre à lui à distance... A moins de cent mètre, un adepte devait lui prouver que ça ne serait pas si simple.


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Zora Viz'Herei
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Sam 7 Oct - 12:51
Irys : 2011503
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Peu importe comment Lagachette ôte la vie de ces curieux qui s'approchent, finalement. Dès lors, lorsqu'il lui annonce qu'il va s'amuser à faire le tour pour les prendre à revers, Zora se contente d'un haussement d'épaule pour lui signifier son indifférence. Qu'il use des moyens qui lui semblent appropriés. Tant que le résultat est à la hauteur de ses attentes, elle n'a aucune raison de lui imposer quoi que ce soit. Tout ce qu'elle espère, c'est que le spectacle soit distrayant. Ou, à défaut, à la hauteur de ses attentes...

Elle se focalise sur les bruits de pas qui s'approchent en envisageant les options qui s'offrent à elle. La rouquine doute que ces nouveaux intervenants se focalisent sur elle. Un daënar en liberté - et armé - ne les laissera pas indifférents, en revanche. D'autant plus qu'il est sensé avoir tué l'homme aux pieds de la disciple de Möchlog. Donner le change ne sera rien de plus qu'une simple formalité. D'autant plus qu'elle dispose d'un bouc émissaire parfait en la personne de Lagachette.
"Ne t'en fais pas pour m..."
Elle ne peut guère terminer sa phrase lorsqu'une détonation lui vrille les tympans. Les secondes semblent s'allonger indéfiniment tandis qu'elles s'écoulent un bref instant comme si elles n'étaient plus soumises à l'exactitude du temps. Une douleur fulgurante inonde son bas ventre et se répand rapidement à travers tout son être. La rouquine baisse alors le regard vers l'origine de cette souffrance, découvrant avec un mélange de surprise et de résignation le sang qui se répand à la surface de ses vêtements.

La disciple de Möchlog tombe à genoux et pose par réflexe l'une de ses mains sur la plaie qui défigure son ventre. Puis elle observe un instant le sang qui macule bien vite sa paume  avant de relever le regard vers Lagachette qui disparaît à travers la sortie qu'il s'est créée. Voilà qui est... inattendu. Ce n'est pourtant pas de la colère qui succède à la surprise mais plutôt de l'incompréhension: ne souhaite-t-il donc plus vivre?
"Est-ce que ça va?"
Elle pose les yeux sur l'origine de cette voix et y découvre un visage inquiet. Est-ce que ça va? Elle grimace et pousse une plainte pour lui répondre tandis que la douleur la submerge avec une violence inouïe. Zora perd presque le contact avec le monde qui l'entoure mais puise finalement dans sa magie pour rester consciente et canaliser la souffrance qui entend la soumettre.
"Est-ce que j'en ai l'air?" siffle-t-elle.
Deux hérétiques restent avec elle tandis que trois autres se lancent à la poursuite du daënar après un vague regard à destination de leur collègue qui gît au sol. On aide la rouquine à se relever et à l'installer sur le semblant de lit qui a accueilli Lagachette ces dernières heures. Puis elle sent une magie extérieure se coupler à la sienne pour faire face aux dangers de la blessure. Cette union dont elle ne peut se passer au vue des circonstances l'irrite peut-être plus encore que le geste stupide de Lagachette.

Pourtant elle a déjà usé de beaucoup d'énergie pour transformer le daënar. Et elle n'entend pas rester dans un tel état de faiblesse bien longtemps. Ses deux soigneurs apportent donc la magie curative nécessaire à un rétablissement plus prompt qu'espéré. Suffisamment, du moins, pour qu'elle puisse à nouveau analyser la situation. Et comprendre les mots qu'on lui adresse:
"Il y a eu deux détonations! Pourtant vous n'avez qu'une seule blessure et Philbert ne semble pas avoir été tué par une arme daënar!" lui fait-on remarquer.
"Que s'est-il passé ici?" surenchérit le second.
Les deux hommes échangent un regard qui trahit les soupçons qui commencent à les habiter. Zora cherche brièvement une réponse qui pourrait avoir un soupçon de sens avant de se résigner, vaincue par la douleur et le manque de patience qui la caractérise. Ses mains se referment sur les petites serpes destinées à la récolte d'ingrédients qui pendant sur les flancs de ses sauveurs. Le plus curieux des deux est le moins vif à réagir et sa gorge tranchée l'envoie rapidement vers sa prochaine existence.

Le second, quant à lui, est plus chanceux. La lame courbée destinée à son cœur est bloquée en plein élan par un bouclier qui englobe son extrémité. Un mince filet de sang coule le long du torse de l'intéressé. Une semi-victoire qui ne sera guère suffisante pour espérer l'emporter. Zora rabat alors son autre main sur le dos de l'outil d'herboristerie et amplifie sa poussée, parvenant finalement à faire céder la carapace dorée et, par extension, à ses fins.

Elle retombe ensuite lourdement sur le tas de couvertures, haletante. La rouquine s'accorde quelques brèves secondes de repos puis se force à se redresser, prenant appui sur le support en bois au centre de la tente pour s'y aider. Elle reste encore un instant pour chasser les vertiges qui l'étreignent avant de se glisser péniblement hors de l'écrin de toile, sa main toujours sur le ventre pour résorber les effets de la plaie.

Elle emprunte ensuite le chemin inverse que celui qu'a adopté Lagachette. Qu'il entraîne ses poursuivants loin d'elle. Et lorsqu'ils reviendront - ou non! - ils auront tout le loisir de comprendre qu'ils ont poursuivi la mauvaise proie. Zora peste un bref instant en se rappelant que ses affaires sont encore dans la tente qu'elle vient de quitter. Mais dans le fond, ce n'est pas si grave. Elles serviront à rappeler aux faux disciples de Möchlog que sa croisade à leur encontre est loin d'être terminée. Pour peu, du moins, qu'ils soient capables de faire le lien...

La jeune femme jette un bref regard en arrière, dents serrées pour contenir une douleur qu'elle commence à apprivoiser. Puis elle continue sa fuite vers une région plus clémente. Lagachette est condamné. Et elle a pu étendre ses connaissances. Dans le fond, elle ne s'en sort pas si mal...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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