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Chroniques d'Irydaë
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 L'arche de Moe

Althéa Ley Ka'Ori
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Ven 22 Sep - 1:55
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury


Althéa avait les cheveux en bataille, les paupières plus lourdes que du plomb et les cernes d’un insomniaque avéré. En Khurmag, la lumière enflammée de l’aube ne venait que rarement perturber son sommeil abyssal ; en Zolios, cependant, un ménestrel conterait une toute autre histoire !
Il relaterait par ailleurs la dizaine de journées intenses, entrecoupées de nuits vivifiantes, qui s’étaient écoulées depuis sa rencontre avec Faye. Par la même, il se ferait le conteur de la soif d’aventure qu’elle avait su lui instiller en si peu de temps.

Ce jour-là pourtant, son humeur allait à la morosité et l’acrimonie. Enveloppée dans sa cape, elle tentait au mieux de contenir ses tremblements que provoquait la fraîcheur de l’aurore. Pour autant qu’elle en fût capable, la guérisseuse cherchait en outre un moyen performant d’égayer son humeur. Faye ne dormirait pas indéfiniment, or elle tenait à lui présenter un sourire à son réveil, aussi timide soit-il. Ses efforts paraissaient parfois négligeables au vu du résultat final, mais au cours de leur périple, elle s’était bel et bien évertuée d’être un miroir naturel à la bonne humeur de son amie. Que ferait Faye pour s’enthousiasmer ? en venait-elle à se demander, redressant un peu la tête comme pour faciliter la réflexion.

Althéa s’abandonna dans une contemplation passive du paysage qui l’entourait. Elle chercha un certain degré de communion avec la faune et la flore. Elle s’essaya à la méditation, à l’acceptation de soi et des autres, des circonstances réunies pour la dépouiller d’une bonne poignée d’heures de sommeil pourtant bien méritées et qui lui avaient été injustement arrachées par cette satanée lumière sans scrupule, qui provenait très certainement d’un astre sans merci aucune et… Non. Décidément, elle n’y parvenait point. Le bonheur à tout prix n’était pas son état d’esprit. Son regard tomba sur la tente qu’elle partageait avec Faye, et portée par un égoïsme sans fin, elle se leva sans bruit de son tabouret rocheux pour aller soulever le pan de tissu qui isolait sa compagne de son regard. Elle avait trouvé une façon d’estomper son air maussade.

« Faye ? murmura-t-elle »

Le chuchotement mourut presque dans sa gorge, et elle douta un instant qu’il eût jamais franchi ses lèvres. L’appelée prit une inspiration plus profonde que les autres, mais ne cilla pas même de l’œil droit. Althéa s’engouffra dans la tente et s’agenouilla à ses côtés pour secouer délicatement son épaule.

« Faye, j’aimerais vraiment que tu te réveilles. »

Une stridulation à en percer les tympans d’un sourd fit vibrer son âme, et il ne s’agissait guère d’Althéa qui tentait de réveiller Faye ! Le hurlement était semblable au bruit d’un couvert en métal qui crisserait sur une casserole, et ce avec une intensité centuplée. Les architectes merci, Althéa avait plus de manières et de sensibilité que ce griffon pour réveiller quelqu’un ! Elle ne se jeta pas moins sur l’occasion pour mener à bien son intention.

« Oui voilà, comme il l'a si bien dit : c’est l’heure de se réveiller ! »


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Sam 13 Jan - 18:30, édité 2 fois
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Faye Toen
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Sam 23 Sep - 22:37
Irys : 427500
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Faye esquiva in extremis le coup de poing propulsé dans sa direction par un habile pivot du pied, laissant exposée une faiblesse chez son adversaire que la combattante ne manqua pas d'exploiter. Ses mains chauffées sur le bras tendu qui s'offrait à elle, elle resserra son étreinte afin d'empêcher l'homme de s'en libérer, provoquant un hurlement de douleur suivi de coups maladroits de la part de sa victime dans l'espoir de la faire lâcher prise. De ses innombrables mouvements brusques, un seul parvint à son but dans un premier temps ; son opposante ne broncha pourtant pas lorsque d'autres suivirent...

« Lâche moi saloperie ! » cria-il à s'en arracher la gorge.

Son vœu fut exaucé lorsque l'un de ses camarades se jeta sur la tortionnaire pour la précipiter au sol quelques pas plus loin, mettant ainsi fin au supplice. Faye, bien que surprise, réagit au quart de tour en tamponnant violement la mâchoire de son agresseur à l'aide de son genou, mais bien que celui-ci fut rapidement mis hors combat, le temps lui manqua pour se relever : le troisième individu avait profité de l'occasion pour s'approcher et administrer un coup de pied au visage de l'adepte de Süns qui rejoignit à nouveau le sol, hébétée... Elle n'aurait plus la force de se relever, à présent. S'abandonnant à son triste sort, elle pencha la tête sur le coté et bien que sa vision fut floutée, elle réussie à distinguer plus loin la silhouette ensanglantée de son ancienne amie adossée à un mur. Althéa semblait déjà s'être envolée pour un autre monde, Faye ne tarderait plus à la rejoindre désormais...

Elle sentit ses yeux s'humidifier, sa vision devenir toujours plus trouble... Des larmes naquirent alors au coin de ses yeux : la plus intrépide et éloignée perla sur sa joue, traçant un chemin fictif avant de rejoindre la seconde pour former un seul et unique flot qui vint se perdre au sol, bientôt rejointes par des dizaines de leurs semblables... Anéantie, sanglots et cris se mêlèrent en un seul et unique hurlement de désespoir à faire frémir le plus farouche des guerriers, brisant le silence qui avait prit place depuis quelques secondes. Alors, son ravisseur se rapprocha et présenta une arme à feu prêt de son visage, canon en direction de l'un de ses yeux. Malgré la quasi-omniprésence du couloir obscur qui gênait le peu de vision qu'elle possédait encore, elle distinguait le corps sans vie de la belle chevêche et on l'entendit adresser quelques excuses à l'attention de celle qu'elle n'avait su protéger. L'homme enclencha le chien du revolver, Faye ferma les yeux, une détonation se fit entendre...

La Ju'äm se redressa brusquement et resta abasourdie l'espace d'un instant. Déconnectée du monde réel, elle du être attentive à chacun des éléments l'entourant pour comprendre où elle se trouvait. Ses mains vinrent palper son visage et tout soudain, quelque chose sembla la préoccuper plus que tout au monde : elle chercha Althéa du regard, bien que celle-ci fut présent à coté d'elle depuis le commencement - il est parfois difficile de faire preuve de calme et bon sens lorsque l'on se réveille d'un affreux cauchemar...

Une quinzaine de secondes passèrent avant qu'elle ne recouvre enfin ses émotions et, le plus naturellement du monde, vienne enlacer sa compagne quand elle constate finalement sa présence. Elle soupira longuement, son palpitant battant la chamade et ses yeux seuls témoins de la dureté de son rêve.

« Désolée. » finit-elle par lui dire, faisant échos à ce geste familier mais également à son impuissance à la protéger dans l'autre monde. « Tu es réveillée depuis longtemps ? »

Libérant la belle demoiselle de cette étreinte forcée, elle passa le doigt au coin de ses yeux pour en dénicher les dernières larmes.

« Dure journée, là bas... » révéla-t-elle en la gratifiant de son plus beau sourire.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Dim 24 Sep - 19:24
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Prise au dépourvu, Althéa se contenta tout d’abord d’adopter une immobilité irréprochable, alors que Faye l’étreignait avec force. Elle devinait son soulagement sans pouvoir en déterminer la cause. Troublée, elle jeta un coup d’œil à l’entrée de la tente, et rit intérieurement du ridicule de son angoisse. Il n’y avait nul témoin, pourquoi rendre la situation gênante là où elle ne se parait que de tendresse ? Ses bras enlacèrent à leur tour les épaules de Faye, et elle la serra près d’elle, la balançant doucement à la façon d’une mère attentive. Cependant, elle ne sut réprimer une pointe de cynisme qui perla dans sa voix de façon spontanée.

« Eh bien, quoi, tu as rêvé que tu perdais tes dents ? Ou que tu devenais adepte de Dalai ? »

Il n’y avait aucune animosité chez elle, seulement un espoir discret de lui arracher un sourire.

« Disons que je suis réveillée depuis suffisamment longtemps pour m’ennuyer ! Et l’appel de l’aventure s’est fait entendre au bon moment, je crois bien. »

Les deux jeunes femmes repousseraient bien leurs entraînements quotidiens pour un peu d’exploration ! Althéa n’avait que rarement aperçu des griffons, et celui-ci paraissait particulièrement furibond. Faye ayant une sensibilité naturelle pour les animaux, elle ne doutait pas un instant qu’elle voudrait au moins voir ce qu’il en était, au mieux lui porter secours s’il souffrait. La curiosité d’Althéa quant à elle constituait une raison suffisante pour l’inciter à se rendre sur place.

L’adepte de Möchlog suggéra donc de laisser leurs affaires sur place, puisqu’elles étaient à l’abri des regards malveillants, et elle ouvrit la marche vers ce qui lui semblait être la source de la stridulation. Son hypothèse se confirma alors que des cris de plus en plus virulents se firent entendre en avant. Inconsciemment, elle hâta le pas jusqu’à déboucher sur le bord d’un plateau qui donnait sur une pente escarpée. Des rochers, qui atteignaient la taille d’une colline à ses yeux, gisaient çà et là, reposant sur un lit de pierres peu engageant. Tout portait à croire que poser un seul pied dans la descente serait susceptible de provoquer un éboulement mortel. Faye l’invita à se dissimuler derrière un des plus proches rochers et observer la scène qui se déroulait en contrebas depuis leur abri. Althéa conclut qu’elle ne souhaitait pas perturber la scène (et ses acteurs) que voici.

Un formidable griffon blanc se dressait là, maintenu à terre par de multiples cordes qui entravaient ses pattes et son cou. Ses cris auraient déchiré le cœur du plus insensible des non adeptes d’Orshin. Stupéfaite, Althéa le regardait se débattre, menacé par les multiples lances que pointaient les braconniers dans sa direction. Une nuée de griffons volait à l’horizon, et Althéa estima que quelque chose les effrayait suffisamment pour ne pas s’approcher de leur congénère acculé. Un maître d’Orshin qui leur intimait de rester éloignés ? La peur de subir le même sort que le griffon blanc ?
Quoi qu’il en soit, la véritable nature de leurs actes échappa totalement à l’entendement d’Althéa, puisque ce fut d’une voix incrédule qu’elle demanda à son amie :

« C’est comme ça que vous capturez des animaux, chez Orshin ? »


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Lun 13 Nov - 20:54, édité 1 fois
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Faye Toen
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Lun 25 Sep - 23:08
Irys : 427500
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Un son désagréable apparenté au cri d'un animal se fit à nouveau entendre. Faye, sous la bénédiction d'Orshin, y reconnu sans difficultés un appel de détresse provenant d'un Griffon que l'on devinait, sans grand mal, agité. Elle échangea un bref regard avec Alhéa qui lui suggérait son intérêt, avant que celle-ci ne propose d'abandonner sur place leurs affaires afin d'assouvir leur curiosité commune. Sortant de la tente pour s'éloigner du bivouac, elles se dirigèrent ensemble en direction de la source de tout ce tumulte et optèrent rapidement pour une approche plus prudente lorsque Faye distingua très nettement l'affolement de la nuée de créatures ailées qui noircissaient le ciel. Arrivées prêt d'un rocher suffisamment large pour couvrir leur présence, les deux femmes scrutèrent discrètement la zone afin d'identifier le fauteur de trouble à l'origine de cette agitation... Elles découvrirent alors un groupe de braconniers organisés menaçant ce qu'elle considéra d'un unique coup d'œil comme la plus belle créature qu'il lui fut donné d'apercevoir : un griffon d'une pureté éclatante, à en faire rougir Khugatsaa !

« Tengeriin khaan » laissa échapper la Ju'äm avant de tourner la tête en direction d'Althéa, sourire aux lèvres : « Le roi des cieux, j'en suis convaincue. Qu'Asmigal m'en pardonne. »  

Son regard se posa à nouveau sur l'animal et en quelques secondes, le sourire qui arpentait son visage disparu. « Il faut agir maintenant. » pensa-t-elle, mais la dizaine d'individus répartis en contrebas suffit à l'en dissuader immédiatement. Elle ne connaissait le niveau d'aucun d'entre eux, et bien que la belle chevêche à ses cotés n'aurait sans doute pas dit non à un peu d'action, elle se refusa à la mettre dans une situation qui compromettait sa sécurité...

« Nous ne capturons pas. » rétorqua-t-elle finalement sur un ton ferme qu'elle n'avait jusqu'alors jamais emprunté avec son amie, offusquée par ce celle-ci semblait sous entendre - même si elle comprit quelques instants plus tard qu'il ne s'agissait que d'ironie. « Pardonne moi. Je suis moi même affligée de constater qu'il existe de telles personnes, même parmi les adeptes d'Orshin... »

Un soupir d'exaspération accompagna ses paroles. Faye vouait sa vie à servir le bien, Süns lui en fut témoin, aussi ne comprenait-elle pas pourquoi d'autres redoublaient d'efforts dans leur lutte contre la bienséance. Qu'y avait-il de si attirant dans le mal ? Comment la souffrance d'autrui pouvait-elle satisfaire un individu ?

« Pourquoi ? » finit-elle par demander sans attendre de réponses. « J'ai bien envie d'aller leur poser cette question en face à face, mais qu'Orshin me pardonne : je ne suis pas suicidaire. »


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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 28 Sep - 0:52
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Faye paraissait plus troublée qu’escompté, et Althéa regretta un tantinet ses paroles indélicates. Faire preuve de tact était une qualité sur laquelle elle ne s’était reposée que de façon succincte par le passé. A la peine que la disciple d’Orshin éprouvait à la vue du griffon blessé et entravé s’ajoutait une antipathie évidente. Cette dernière émanait d’elle comme les flammes de leur foyer, dirigée de façon évidente à l’encontre d’un tel usage du don d’empathie animale. Les braconniers employaient leur foi à mauvais escient, et même une personne aux mœurs douteuses comme Althéa était en mesure de s’en rendre compte.

La guérisseuse porta une main à son visage pour se frotter la joue, comme pour gommer sa perplexité de son expression et s’inciter à la réflexion. Ses désirs empruntaient deux voies divergentes, et leur incompatibilité compromettait toute prise de décision hâtive. Elle souhaitait préserver sa vie autant que les bons sentiments de Faye. La confrontation nuisait à la première aspiration, tandis que la fuite l’assurait. Et quasi-vice-versa. Elle posa son regard sur la jolie rousse à ses côtés, et elle décida qu’elle était bien trop égoïste pour renoncer à l’un ou l’autre de ses désirs. Elle lui sourit, non sans une lueur malicieuse dans l’éclat de son regard :

« Moi oui ! »

Alors Althéa s’avança d’un pas seulement, trébucha sur un lit de caillasse particulièrement instable et se rattrapa de justesse sur le rocher qu’elle longeait. Le bruit engendré eut raison de l’effet de surprise, mais elle n’en prit pas moins une voix tant tranchante qu’assurée pour interpeler le groupe :

« Salutations, nobles puterelles ! Que vous a donc fait ce griffon qui justifie tant de brutalité à son encontre ? »

Déconcertés, les plus proches braconniers lui jetèrent un regard dédaigneux, tandis que les plus éloignés et accaparés par le griffon ne lui payèrent pas même l’honneur d’une moue méprisante. L’un d’entre eux planta sa lance dans la patte arrière de l’animal, pour l’immobiliser davantage que le blesser. Sans cet indispensable appui, son envol était plus que compromis. Althéa elle-même sentit sa sensibilité tourmentée et son assurance s’étioler lorsqu’une nouvelle stridulation de douleur fit vibrer l’air ambiant. Le hurlement mit un temps interminable à se dissiper, avant de se muer en des halètements furieux du griffon qui tentait tant bien que mal de bousculer ses tortionnaires. Le plus proche d’entre eux répondit comme si le mauvais traitement n’était pas même digne d’être mentionné :

« Tu crois quoi ? On va l’vendre. Casse-toi d’là avant qu’on t’ajoute à la marchandise. »

Althéa haussa les épaules avec indifférence, et tourna le pas. Elle posa une main qui se voulait rassurante sur l’épaule de Faye, et elle murmura avec empressement :

« Je vote pour la mort du malpoli ! Pour le reste, je propose qu’on leur fasse rouler un rocher dessus pour voir s’ils ont meilleure mine aplatis… et ensuite, et bien… on les neutralise, ça te va comme plan ? Super ! »

Sans attendre de réponse, Althéa appuya de tout son poids contre le bloc rocheux, et entama la première partie de leur stratégie accepté à la quasi-majorité. Elle comptait fort sur les talents guerriers de Faye, les quelques rudiments qu’elle lui avait inculqués au cours des derniers jours, et ses boucliers pour les défendre toutes les deux.


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Lun 13 Nov - 20:53, édité 1 fois
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Faye Toen
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Jeu 5 Oct - 0:35
Irys : 427500
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
L'effervescence d'Althéa s'intensifia là ou celle de Faye s'était dissipée. Cette dernière n'eut pas le temps de faire valoir son avis que sa camarade émergea à la vue de tous - non sans risquer de dévaler la côte quelques instants plus tard - afin d'indiquer maladroitement leur présence et leur position à leurs futurs adversaires... Tout du moins, pouvait-on vraiment parler de "maladresse" lorsque l'action, délibérée, semblait avoir pour simple but d'empêcher tout retour en arrière de leur part ? Faye tenta vainement de la rattraper en pariant sur les faibles chances qu'aucun des individus plus bas ne l'ait aperçue, mais la belle chevêche entreprit d'achever ce maigre espoir en prenant la parole haut et fort pour attirer leur attention avant que la Ju'äm ne puisse l'interrompre dans son élan...

Si les hommes les plus proches tournèrent la tête dans sa direction, interpelés par cet étrange bout de femme qui souhaitait se mêler d'une affaire qui ne la regardait aucunement, ce ne fut pas le cas de tous : une bonne partie des braconniers s'intéressaient bien plus aux animaux capturés par leur soin - dont ce sublime griffon blanc - qui n'avaient de cesse de s'agiter, refusant leur sort et s'insurgeant vainement contre ces prisons de métal qui les privait de la liberté... Althéa, après une proposition de tactique que Faye jugea tordue, se mit en tête d'utiliser un rocher comme arme afin de mettre hors d'état de nuire certains des forbans en contrebas. Si de prime abord la stratégie ne fit pas écho chez la jolie rousse, quelques réflexions plus poussées lui intimèrent d'exploiter un avantage qui ne manquerait pas de surprendre leurs adversaires : s'ils avaient pu clairement apercevoir la demoiselle aux cheveux d'ébène, ce n'était pas le cas de Faye !

« Ton rocher n'en touchera aucun, ils ont les yeux rivés sur nous. Ou plutôt, sur toi ! » affirma-t-elle.

La flamboyante retrouva alors l'excitation qui la parcourait habituellement à l'idée de servir une cause juste et elle gratifia sa compagne de l'un de ces sourires probablement devenus familier pour elle au fil des jours. Elle comprendrai quoi faire, nul doute à cela !

« Je te fais confiance pour la suite. On se rejoint en bas ! Et fais attention à toi... »

Sans son consentement (il fallait bien lui rendre la pareille) Faye abandonna la demoiselle à sa tâche et s'éloigna de plusieurs pas. Quand elle jugea la distance correcte, elle prit une grande inspiration sur place et s'élança à vive allure en direction du vide, bondissant dans les airs après que son pied ait foulé une dernière fois le sol. Les quelques curieux qui scrutaient attentivement cette direction furent alors irrémédiablement attirés par cette acrobatie - et c'était évidemment là son attention ! Des flammes vinrent rapidement l'envelopper, alimentées par la brise provoquée par la chute et elle n'eut pas à déployer de grands efforts pour réduire l'impact qui s'ensuivit, projetant un souffle de flammes autours d'elle lorsque ses membres heurtèrent le terrain... Les individus les plus proches furent précipités au sol tandis que leurs camarades restaient étourdis, les yeux fixés sur l'anomalie. Finalement, l'un d'eux réussit à reprendre ses esprits et prit position face à la mage de feu.

« Les gars, c'est juste une adepte de Süns qui s'est prise pour une héroïne. Vous laissez pas impressionner ! » hurla-t-il à l'intention de ses congénères.

« Ce n'est pas de Süns dont vous devriez vous préoccuper, pour le moment... »


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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 5 Oct - 22:30
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Althéa ne fut pas assez prompte à réagir. Alors qu’elle s’évertuait à faire bouger son maudit rocher, la belle Faye s’était élancée dans la pente, et vers sa perte. Et si même dans cette chute elle conservait la grâce d’un félin, la dangerosité de l’action glaça le sang de la guérisseuse. Les adeptes de Süns partageaient-ils tous l’intrépidité folle des jeunes chiots sans expérience ? Stimulée par le désir poignant de ne point faillir à Faye, elle redoubla d’effort. Lorsqu’elle sentit le rocher sur le point de basculer, elle invoqua un pouvoir qu’elle n’avait invoqué depuis longtemps. Une sensation vivifiante de force décuplée parcourut ses avant-bras ainsi que ses jambes, qui lui servaient d’appui sur la terre ferme. Sur un à-coup, elle parvint à déloger le rocher de son confortable cratère, et par la même, à ne pas s’écrouler à sa suite. Il se mit à dévaler la piste, comme s’il avait consacré sa vie entière à espérer un tel afflux de sensations fortes et de liberté mêlés.

L’adepte de Möchlog pria son architecte de daigner préserver Faye de ses idées folles, et jeta simultanément sa cape au sol, puisqu’elle l’entraverait dans ses mouvements. Elle entreprit alors de descendre la piste, suivant le parcours du rocher qui l’avait précédée. Ce dernier arriva à destination bien avant elle ; ce fut la mort la moins épique qui soit d’au moins un des braconniers, et l’immobilisation durable d’un second d’entre eux, dont la jambe avait été affreusement amochée. Althéa détourna le regard, autant parce que cette vision la dégoûtait que parce que son pas s’était dérobé sous elle. Elle se reçut tête la première dans les pieds d’un braconnier qui parvint par une sorcellerie inconnue, ou un hasard inopportun, à ne pas être totalement désarçonné. Il lâcha sa prise sur le griffon pour agripper sa lance à deux mains et l’abattre dangereusement vite sur l’impertinente. Un bouclier fragile dévia quelque peu sa trajectoire, et elle se planta dans le sol à quelques pouces du bras droit d’Althéa. Elle attrapa le bâton ainsi offert, et lui transmit le mouvement inverse, suivant sa direction actuelle mais dans le sens opposé. A l’autre extrémité, son agresseur reçut le bout de la lance en pleine poitrine.

Les deux my’tränes eurent tôt fait de constater que les braconniers n’étaient pas des guerriers aguerris. Ils savaient attaquer du bétail, capturer de petits familiers, emprisonner à un contre sept un griffon, aussi majestueux soit-il, mais n’avaient pas la rapidité d’exécution d’un duelliste confirmé. Néanmoins, leur supériorité numérique jouait en leur faveur, de même que les talents limités d’Althéa en compétences martiales. Celle-ci jeta un coup d’œil malvenu à sa comparse, inquiète pour son sort, ce qui lui valut une lacération douloureuse à l’épaule. Elle ne sut retenir un cri de rage et de souffrance mêlées, et elle employa toute la puissance qui lui octroyait son inertie (encouragée par la pente) pour envoyer un méchant coup de pied dans le ventre du malappris. Dans les côtes, là où les os pouvaient se briser et où le souffle venait à manquer, lui avait-on appris.

L’apprentie guerrière n’eut pas le temps de constater la légitimité de ce savoir. Avant même que l’homme n’ait le temps d’atterrir, la vue d’Althéa fut couverte par une blancheur extrême, pâleur qui n’était pas sans rappeler les neiges de son enfance. Une aile, à la douceur contestable en cet instant, gifla son flanc, puis son visage, la propulsant sur le côté. Elle se reçut sur la caillasse, et dut retenir un gémissement de douleur, qui eût été bien plus perçant si elle était tombée sur son bras meurtri. Elle avait négligé un aspect vital pour tout combattant digne de ce nom ; l’environnement. Le griffon enragé avait profité de sa semi-liberté recouvrée pour tenter une nouvelle contestation qui fit mouche. Seuls deux braconniers tenaient encore ses brides, et sa force surpassait de loin leurs vigueurs couplées. C’était un facteur extérieur à leur confrontation, qui pouvait aller dans leur sens comme dans celui de leurs agresseurs (ou de leurs agressés en l’occurrence).

« Maîtrise le griffon ! Qu’il les attaque elles ! »

La voix provenait d’un homme en contrebas. Il espérait ainsi, de façon assez déraisonnable, donner une idée nouvelle à son adepte d’Orshin. Après tout, cela était plausible, vu l’intensité du combat de son côté. Il était en cet instant aux prises avec une Faye déchaînée, et n’avait certainement pas la possibilité de penser à une meilleure stratégie que l’auto-défense. Althéa, tentant de se redresser, voulut venir en aide à son amie en matérialisant un bouclier isolateur dans son dos pour la protéger d’un coup lâche qu’elle ne verrait venir.

Mais ce fameux coup lâche fut pour elle ! Un homme bien discourtois se saisit de son épaule ouverte, lui faisant subir en cet endroit un point de pression des plus douloureux. Althéa se saisit d’une pierre de sa main aveugle pour lui lancer en pleine figure. Il grogna mais ne lâcha pas prise, malgré le sang qui s’écoulait maintenant de sa narine. Une sensation étrange, désagréable même parcourut son bras. Elle frissonna, autant par la gêne de sa blessure qui protestait d’être ainsi traitée que par ce sentiment anormal qu’on drainait son énergie. Dans un élan instinctif de peur, elle fortifia son corps et bloqua quelque peu la sensation. Pourtant il n’était guère un altérateur de corps, non. Sa magie était différente de la sienne, laquelle ne parvenait pas totalement à bloquer l’inexorabilité de ses dommages. Le disciple de Dalai la tenait entre ses mains depuis seulement une poignée de secondes, et déjà son bras entier souffrait d’une douleur aiguë et incompréhensible à son entendement, quand bien même le corps et ses maux n’avaient que peu de secrets pour elle. Dans un cri rageur et désespéré, elle projeta tout son poids contre l’homme accroupi pour le désarçonner. Ils chutèrent ensemble, mais sa main semblait maintenant être une extension de son épaule tant elle la serrait avec violence.


Dernière édition par Althéa Ley Ka'Ori le Lun 13 Nov - 20:52, édité 1 fois
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Faye Toen
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Ven 6 Oct - 18:27
Irys : 427500
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
Faye admira sa comparse dévaler la pente, précédée de peu par l'énorme rocher autours duquel la chevêche avait fondé son plan d'attaque. Celui-ci entraîna deux malchanceux dans sa course effrénée, tuant l'un d'entre eux immédiatement et handicapant gravement le second. « D'une pierre deux coups ! » pensa ironiquement la rouquine, tandis que ses adversaires tentaient malhabilement  de se repositionner malgré leur apparente panique... Il n'y eu pas besoin d'observations supplémentaires pour faire comprendre à la Ju'äm que ces individus ne possédaient pas réellement d'aptitudes guerrières, et si leurs armes pouvaient intimider les moins téméraires, Faye ne comptait pas se laisser impressionner par si peu !

Détachant son regard de son amie, elle concentra toute son attention sur les deux combattants qui l'avaient choisie comme adversaire : l'un était un homme dans la trentaine dont la carrure le rendait beaucoup plus intimidant que ses congénères, tandis que le second possédait une allure beaucoup plus élancée, aux frontières de la maigreur, si bien qu'on eut tôt fait de se demander si celui-ci ne s'était pas retrouvé au milieu de ce groupe par le plus grand des hasards... L'expression sur son visage trahissait les émotions qu'il tentait de dissimuler en adoptant une posture "solide" - bien que complètement réduite à néant par ses tremblements incessants - et en faisant face à la belle rousse sans tressaillir, à l'instar de son partenaire. Une cible de choix !

« Hey, toi ! » lui adressa-t-elle après l'avoir jaugé. « La douleur engendrée par une de mes brûlures est terriblement douloureuse et physiquement irréversible. Si forte qu'on ne peut pas tomber dans l'inconscience et que la seule échappatoire est une mort prématurée ou une atroce attente... Je te laisse le choix entre l'imaginer et l'expérimenter. »

Bien plus par pitié que par désir d'exposer gratuitement son talent, elle décida de décupler la taille des flammes qui l'enveloppaient ainsi que leur température, donnant aux deux braconniers - bien qu'éloignés de plusieurs mètres - un avant-goût de ce qui les attendait. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle aperçu le frêle garçon prendre ses distances malgré les complaintes de son allié, qu'elle finit par identifier comme le chef de ce joyeux groupe de futurs rôtis humains !

« Pfeh ! Saleté de mioche. Orshin n'a donc que des pleutres à son service... » fit-il maladroitement constater sans perdre en assurance.

Un trait de feu fusa sans prévenir dans sa direction et il ne l'esquiva que par réflexe, roulant au sol sur plusieurs mètres et se relevant avec peine, crispé par la douleur... Une seconde vint alors le cueillir  dans ce moment de faiblesse sans qu'il n'ait pu reprendre contenance, le projetant violement dans les airs malgré son poids pour le laisser finir sa course contre un amas de roches, brisant au passage l'une de ses cotes. La demoiselle ne cacha pas son admiration lorsqu'elle le vit se hisser de nouveaux sur ses deux pieds, bien qu'amoché, avant qu'il n'hurle un ordre à l'attention du fuyard qui avait trouvé refuge au delà de la zone de combat.

« Maîtrise le griffon ! Qu’il les attaque elles ! »

Faye fut surprise de constater le dévouement du dit "pleutre" qui, bien qu'ayant abandonné l'idée de se battre, continuait toujours à servir sous les ordres de la brute. Il abandonna son abri pour se diriger vers le griffon à une allure soutenue, et il n'était pas question pour l'adepte de Süns de tenter quoi que ce soit à cette distance : les chances de le tuer étaient énormes, et rater sa cible signifiait prendre le risque de toucher l'animal à qui les deux femmes tentaient de venir en aide...  Soudainement, son regard flamboyant fut attiré au loin par les silhouettes d'Althéa et de son ravisseur, toutes deux entrainées hors de son champ de vision après quelques secondes de combat dont elle ne su désigner le vainqueur... Son cœur sembla se décrocher de sa poitrine un court instant et elle ne prêta plus une once d'attention à ses adversaires, accourant en direction du point de chute de sa protégée.

« ALTHEA ! » hurla-t-elle à s'en décrocher la mâchoire.

Elle sauta sans évaluer le terrain et atterrit violement à quelques pas de l'adepte de la chouette. Distribuant un crochet du droit à l'homme qui tentait de se relever à peine plus loin, elle reporta aussitôt son attention sur les blessures de sa partenaire avant maintenir le visage de celle-ci entre ses deux mains, nouveau ensoleillée.

« Plus question de se séparer... Mon dieu, mais dans quel état tu... »

Une douleur la foudroya avant qu'elle ne puisse achever sa phrase et ses yeux se dirigèrent instinctivement vers la pointe de lance qui transperçait son corps, noyée de son propre sang. Ses yeux s'écarquillèrent, et bien que la souffrance semblait vouloir l'en empêcher, elle trouva la force de se relever afin de saisir la tête du chef des braconniers dans son dos. Une flamme naquit au creux de sa main, l'homme agrippa alors le bras de la guerrière dans l'espoir de la faire lâcher prise mais la volonté lui fit défaut et Faye se surprit à faire éclater le crâne de celui-ci malgré ses dernières supplications. La poigne de son adversaire disparue peu après, son bras tomba en position neutre et la vie s'échappa de son corps. Se débarrassant de la carcasse, elle essuya le sang qui recouvrait son visage avant de chuter à genoux auprès d'Althéa.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Dim 8 Oct - 14:48
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Althéa entendit une voix familière hurler son nom comme à travers une brume isolatrice qui rendait son ouïe obsolète. Ses sens étaient tournés vers une sensation plus pressante d’assèchement imminent. Il lui sembla que bientôt la main de son adversaire serait apte à lui arracher le bras entier d’un simple à-coup, et cela avait de quoi alimenter sa terreur. Le picotement s’était transformé en souffrance innommable, et se répandait dans sa poitrine comme un détestable parasite. Elle tenta de donner des coups de botte à son tourmenteur à plusieurs reprises, mais sa position allongée et sa force dérisoire la désavantageaient.

Et puis soudain, alors que les larmes commençaient à perler inutilement dans ses yeux, alors que ceux-ci auraient été avisés de ne pas gaspiller ces précieuses gouttes, la sensation disparut. Complètement. Du noir au blanc, sans transition. Il lâcha prise, et elle fut d’autant plus sensible au monde qui l’entourait, comme si l’expérience avait affuté ses sens.

Des mains douces se posèrent sur ses joues, et ce fut comme si elles avaient toujours appartenu les unes aux autres, entre main et joue. Elles épousaient leurs formes avec délicatesse, et la soulagèrent de sa peur. Elle cligna des yeux à maintes reprises pour chasser le flou qui couvrait sa vision, mais elle ne recouvrit la vue que trop tard. Une lance transperça Faye en travers du ventre et son cœur manqua un battement. Puis un second, et bien d’autres à leur suite. Faye lâcha son visage pour poser ses paumes jusque-là réconfortantes sur la tête de son agresseur, cette fois meurtrières et dangereuses. Althéa fit une tentative pour se redresser, et un faible « Faye… ? » mourut dans le craquement sonore du crâne explosé.

Elle se fit violence pour lutter contre sa nausée au vu de la violence de la scène, et préféra plutôt se lever pour cueillir Faye. Elle s’évertua alors à lui insuffler un peu de sa magie. Elle souhaitait ainsi non pas guérir la blessure, qui prendrait plus de temps et d’application à se régénérer, mais limiter sa douleur actuelle.

Il demeurait deux braconniers encore conscients ainsi que le disciple d’Orshin, qui s’était rapproché de l’affrontement pour maîtriser le griffon comme on le lui avait commandé. L’oiseau blessé était à redouter, Althéa pouvait en témoigner. Aussi tenta-t-elle d’amener sa partenaire hors de sa portée. Mais à son plus grand étonnement, ce fut les deux hommes qui se relevaient qui furent à nouveau attaqués, sans pitié aucune, à coups de serre cette fois-ci. A chaque charge, celui-ci poussait une stridulation aiguë qui rappelait les blessures mortelles qui lui avaient été infligées. Paniqué, l’un d’entre eux hurla à l’adresse de l’adepte des animaux, tout en essayant de se dégager de fuir de cette zone létale :

« Tu t’es trompé de cible ?! »

Althéa tourna la tête par-dessus son épaule ; stupéfaite, elle observa l’adolescent, qui ne regardait pas dans leur direction, mais concentrait son attention sur ses prétendus compagnons. Elle y lisait la rage et la vengeance, la colère et l’euphorie. Il s’était retourné contre eux, et toute l’aversion qu’il leur vouait s’exprimait via le griffon avec lequel il communiquait. Ses mauvais traitements devinrent évidents, et sa haine déforma partiellement son visage. Althéa détourna le regard, écœurée par le sang supplémentaire qui était versé, pour plutôt se préoccuper de Faye.

« Allonge-toi là. J’ai été si irréfléchie… »

Elle s’en voulait, d’avoir été téméraire, d’avoir voulu jouer les sarcastiques, puis les agresseurs. Elle s’était emballée dans l’adrénaline de l’aventure qu’elle quêtait aux côtés de Faye. Mais elle avait payé sa leçon au prix fort. Pour vivre l’aventure durablement, il fallait faire preuve d’une certaine retenue.

L’adepte de Möchlog avait la bouche rendue pâteuse par l’effort de la confrontation, la douleur de son épaule ouverte, les démangeaisons désagréables dans toute la partie gauche de son corps et surtout, par l’effroi écrasant que lui procurait la vue de la blessure de Faye. Elle n’avait jamais perdu son calme, ne s’était jamais sentie réellement investie dans les soins qu’elle prodiguait. Elle savait son pronostic vital bon, mais sa respiration n’en était pas moins hachée. Pourtant, elle refoula au mieux sa panique, au plus profond d’elle-même. Ses gestes étaient calmes, là où son esprit était en ébullition. Elle affichait une impassibilité qui traduisait mal son trouble. Elle souleva quelque peu le haut de Faye, et ses mains ne tremblaient plus. Si Faye protesta, elle ne releva pas, se contentant d’employer son don à refermer la chair, à retracer les veines, à tisser la peau. Un violent mal lui pourfendait le crâne comme une barre de métal placée là par hasard mais elle n’en avait cure.

Alors qu’elle était à l’œuvre, le disciple d’Orshin s’était approché d’elles. Il affichait un air désolé et reconnaissant à le fois sur son visage redevenu jeune.

« Je m’excuse… Je n’ai jamais voulu de ça… Cela fait quelques jours qu’ils me torturent pour que j’obéisse à leurs méfaits, vous m’avez libéré et je n’ai pas su voir l’opportunité assez tôt pour prévenir vos blessures… »

Althéa ignora son approche et son discours pathétique, préoccupée par l’état de Faye, et peu désireuse de cracher son venin sur ce frêle bout d’humain qui croyait pouvoir effacer ses mauvais actes par quelques paroles. Il était lâche, et en cela même il ne méritait pas même un regard sa part.


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Faye Toen
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Mer 18 Oct - 16:03
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La douleur s'estompa rapidement sous l'effet des soins que lui procurait Althéa si bien qu'elle ne parut bientôt plus qu'un éphémère souvenir ; pour toute remplaçante, cette agréable chaleur transcendait désormais son corps, inhabituelle et réconfortante, bien éloignée de celles que l'adepte de Süns avait l'habitude de côtoyer... Silencieuse, elle observait sa blessure se refermer lentement sans gêne aucune ou sensation de malaise, la vision de son corps meurtrit n'étant plus un problème pour elle depuis de nombreuses années déjà. Bientôt, la plaie se guérirait complètement et il n'en demeurait plus qu'une cicatrice imprimée dans sa peau, se joignant aux autres qui, déjà, parsemaient ici et là sa chair.  

Son attention se redirigea vers le disciple d'Orshin lorsque celui-ci fit son apparition auprès d'elles. Désolé, le jeune homme présenta des excuses ainsi que les raisons de ses agissements mais ses explications ne semblèrent guère atteindre la chevêche, toujours concentrée dans la réalisation de son "art". Faye décida de prendre la parole pour elles, consciente que ses mots ne représenteraient en rien la vision de sa camarade mais désireuse de rassurer l'adolescent qui, malgré de mauvaises actions, semblait bien plus proche d'une victime que d'un véritable criminel.

« Il n'est rien d'impardonnable. Qui plus est, tu as sauvé nos vies, je ne peux que t'en remercier. Que comptes-tu faire à présent ? »

Le garçon se permit un maigre sourire, rassuré par les paroles de la belle rousse, puis il entreprit de rejoindre les deux comparses pour porter assistance à Faye et l'aider à rejoindre la zone supérieure. Après quelques efforts, le trio remonta et la Ju'äm échappa aux prises de ses camarades, tombant au sol en projetant un panache de poussières autours d'elle dans l'opération. Elle prit une grande inspiration, soulagée, et porta soudainement son regard en direction du sublime Griffon qui déjà venait la gratifier d'une caresse à l'aide de son bec. Elle attrapa la tête de ce dernier entre ses mains et un frisson parcourut son échine lorsqu'elle constata la douceur de son plumage ; jamais elle n'avait touché quelque chose d'aussi agréable ! Cet animal semblait plein de surprises...

Mais il n'était pas encore l'heure de se détendre. Son état actuel lui permettait de se tenir debout seule, et si elle ne pourrait pas effectuer de tâche difficiles avant quelques temps, la rouquine comptait cependant aider son amie et sa nouvelle connaissance à rendre la justice. Désormais en position assise, elle scruta la zone du combat quelques instants pour en repérer les derniers survivants et s'adressa alors à Althéa.

« Celui qui a la jambe prise sous le rocher semble en piteux état... Tu devrai essayer de lui porter secours ! De mémoire, les deux restants n'ont rien de bien affolant. Quand à toi... » Elle désigna du doigt les cages de fer dans lesquelles des animaux de toute genre s'agitaient encore. « Tu vas m'aider à libérer tout ces animaux. C'est la moindre des choses, après ce que tu leur as fais subir. »

Elle tendit sa main dans la direction du jeune homme que celui-ci attrapa, aidant la flamboyante à se relever avant que tout deux ne partent effectuer leur besogne.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Lun 23 Oct - 16:27
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Althéa se fit violence pour délaisser Faye aux mains du jeune garçon. Lorsque la guerrière éprouvée prit appui sur lui pour se remettre sur pieds, la guérisseuse fut submergée par une vague de jalousie incompréhensible, qui enserra sa poitrine dans un étau oppressant. Par-dessus l’épaule de sa compagne, elle foudroya le jeune homme du regard, l’avertissant ainsi que ses erreurs seraient comptées et renvoyées au centuple. Il pâlit visiblement, mais Althéa s’éloignait déjà vers le plus mal en point des braconniers vivants. L’homme avait des airs de cadavre, et elle douta un instant qu’il respirât encore. Elle pressentit plus qu’elle ne constata son énergie vitale, et en fut presque désolée ; la mort tranquille semblait préférable à l’agonie sans fin. Or elle avait causé ce mal qui le tourmentait tant physiquement que mentalement, et si elle ne ressentait que peu de compassion pour la souffrance d’autrui, il est vrai en revanche qu’elle culpabilisait un tantinet de l’avoir engendrée.

« Vous feriez mieux de rester immobile… souffla-t-elle, la bouche sèche. »

Docilement, elle appliqua le semi-ordre de Faye à la lettre, et tenta au mieux de porter secours à l’homme qui l’avait si injurieusement envoyée paître auparavant. Le corps de son patient se contracta à plusieurs reprises sous ses mains expertes mais elle comprit qu’il lui faisait suffisamment confiance (ou pour le moins qu’il était suffisamment désespéré) pour lui obéir ; il affronta courageusement la douleur sans s’agiter. Par un miracle de Möchlog en personne, sa jambe ne s’était pas détachée, et les blessures bien que majeures n’étaient pas insurmontables.
Elle s’attela donc de longues minutes, pendant lesquelles elle perdit le fil du temps, à la tâche que lui avait assignée son amie. Lorsqu’elle fut satisfaite de son travail, elle le couvrit du manteau de l’homme de Dalai non sans lui avoir lancé un coup de pied dans le flanc auparavant afin de vérifier s’il était toujours inconscient. Alors seulement elle s’empressa de rejoindre Faye.

« Faye, que faisons-nous des braconniers à terre ? »

Le gamin ouvrit la bouche, rencontra le regard ambré et réprobateur d’Althéa, et reporta son attention sur la rouquine. Il sembla puiser dans son expression bienveillante pour recouvrer son timide courage, et l’implorer :

« La plupart le faisait pour envoyer un peu d’argent à leur famille… Moi-même, j’étais employé comme esclave pour payer une soi-disant dette dont écopait ma famille. C’est le magicien de Dalai qui orchestrait tout… ça ! Ces machinations, ces manipulations ! C’est le seul qui mérite un véritable jugement. Je vous en supplie, soyez clémente avec les autres, laissez-les partir… Ce ne sont pas des criminels, ce sont juste des … des … rustres un peu simplets. »

Althéa leva les yeux au ciel. Pour elle, chacun méritait une lourde peine en justice, que les faits soient forcés ou consentants. Vers quel métier se reconvertiraient ces bandits s’ils ne subissaient aucune punition quelle qu’elle soit ? Elles n’avaient aucune garantie qu’ils ne formeraient pas un nouveau groupe une fois rétablis, quand bien même le chef serait jeté à la garde. Elle s’apprêta donc à faire connaître son mécontentement qui prit la forme suivante :

« Tes mots n’ont aucun sens, et aucune valeur ; vous êtes responsables, quand bien même il vous y forçait. D’ailleurs nous ferions mieux d’attacher les autres avant que… »

La disciple de Möchlog s’interrompit, bousculée sans ménagement, mais sans violence non plus, par quelque chose de bien plus vigoureux qu’elle. Elle se reçut sur son pied d’appui, agitant les bras pour ne pas perdre l’équilibre, puis se retourna brusquement vers son assaillant, pour se retrouver nez à bec face au griffon blessé. Irritée, elle déclara sans pour autant hausser la voix :

« Hey, le piaf, tu vois pas que je parle ? »

Malgré sa tension palpable, l’adepte d’Orshin ne put s’empêcher de pouffer, et même Althéa fut attendrie par la sincérité de son hilarité. Elle haussa un sourcil inquisiteur vers le gamin, l’exaspération cédant le pas à la curiosité. Il ne se fit pas attendre, retrouvant presque instantanément son sérieux et sa gêne :

« Je crois qu’il est contrarié que vous n’ayez pas pensé à lui. Sa patte lui fait très mal.
- Mais enfin, qui va payer pour ces soins, hein ? demanda-t-elle, avec une pointe d’amusement, au griffon qui l’observait.
- Je ne crois pas qu’il comprenne les concepts d’argent, s’empressa de préciser le garçon.
- Ma foi, heureusement que tu es doté de magie pour deviner cela ! Il fallait bien quelque chose pour compenser ton absence de sens commun. »

Et Althéa se retrouva à nouveau immergée dans un altruisme qui lui déplaisait lorsqu’elle prit en charge la blessure du griffon ivoire. Elle se consola tant bien que mal en parvenant à se convaincre qu’elle le faisait uniquement pour savourer le don de son architecte, ainsi que goûter derechef à la communion qu’elle partageait avec la chouette lorsqu’elle se vouait à sa magie. A ce maigre réconfort s’ajouta celui octroyé par son omission à la pénible décision qui incombait à présent Faye : livrer les hommes ou les libérer.


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Faye Toen
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Mer 8 Nov - 21:33
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La femme et le jeune garçon s'exécutèrent, s'empressant de rendre leur liberté aux animaux emprisonnés par les braconniers. Si aucune des créatures ne pouvait comprendre le geste des deux adeptes d'Orshin et les en remercier, la vision de ces derniers s'éloignant du campement suffisait à ravir leurs bienfaiteurs, faisant naître un sourire sur le visage de Faye qui, une fois la dernière cage ouverte, savoura le devoir accomplit en se permettant de contempler un couple d'Erveekheis prendre leurs jambes à leur cous. Lorsque la majorité des animaux furent hors de son champ de vision, elle se tourna vers sa nouvelle connaissance et le gratifia d'un geste de la tête.

« Tout ca ne sera pas oublié. » le rassura-t-elle avant qu'Althéa ne les rejoigne.

Alors que l'adepte de la Chouette s'inquiétait du devenir des braconniers, l'adolescent entreprit de défendre ses anciens "camarades" qui, selon ses mots, n'agissaient que par obligation sous le joug du maître de Dalai. La chevêche entreprit de lui répondre et ses explications, bien que froidement présentées, sonnèrent cohérentes à l'oreille de Faye. Il n'y avait aucun doute dans son esprit : il fallait livrer ces hommes et aucun argument ne pourrait jouer contre cette décision !

Son amie se retrouva subitement à guérir le magnifique griffon qui avait "subtilement" requis son aide. L'observant, pensive, la jolie rousse tentait de réunir les mots les plus justes pour faire part de sa décision au garçon. Si dans cette affaire il n'était qu'une victime exploitée par des individus bien plus forts que lui, il n'en demeurait pas un malfrat qui avait a plusieurs reprises mal agit et bien que Faye ressentait un peu de sympathie envers lui, il n'y avait aucune chance qu'elle le laisse s'en tirer sans peine ! En revanche, elle n'hésiterait pas à plaider en sa faveur en précisant sa position délicate et son revirement de camp à l'instant crucial, permettant de sauver la vie des deux femmes...

Lorsque tout fut décidé, elle attira son attention et plongea ses yeux dans les siens.

« Je ne peux pas vous laisser partir, désolée. Mon amie a raison. » commença-t-elle tandis que le visage du garçon abandonnait son expression joviale. « Je te crois sur parole et je suis persuadée qu'il n'y avait pour la plupart d'entre vous aucune méchanceté derrière tout vos agissements, mais toujours est-il que vous avez malgré tout décidé de suivre cette voie... »

« Mais nous étions... »

« Laisse moi finir. » l'interrompit-elle. « J'ai bien conscience que tu n'avais aucun moyen de te défendre et qu'il était sans aucun doute difficile pour toi de te rebeller, mais concernant ceux là - elle désigna du doigt les carcasses des vivants comme des morts l'entourant - il n'y a aucune excuses. Aussi, je compte bien les faire enfermer, non pas pour les punir de leurs actes mais pour qu'ils puissent y réfléchir et se poser les bonnes questions. Il y a bien d'autres solutions que la criminalité, ils ont simplement choisi la voie la plus simple qui s'offrait à eux. S'ils ont été victimes d'un malfrat, ils n'en demeurent pas moins des criminels au même titre. Et te concernant... » Elle marqua une pause, augmentant sans le vouloir la tension que subissait son interlocuteur. « Je pense pouvoir faire en sorte que ta peine soit moindre. Ne vois cependant pas cela comme un pardon de ma part, mais plus comme une opportunité que j'ai décidé de t'offrir pour que tu puisses retourner à ta vie antérieure sans trop de problèmes. Tu ne peux pas être quelqu'un de mauvais, mais sache que si je me trompe et que nos chemins viennent à se recroiser, je rattraperai vite cette erreur. »

Il n'y eut pas besoin d'explications supplémentaires : il avait déjà eu un aperçu des compétences de la Ju'äm et ne semblait pas vouloir s'y frotter. Aussi se contenta-t-il de valider la décision par un oui de la tête, et bien que son expression n'affichait plus que tristesse, il gratifia Faye d'un « Merci. » qu'il adressa également à Althéa.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Lun 13 Nov - 14:30
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Des ondes positives et enthousiastes lui parvenaient du griffon ; sans qu’elle n’en prenne réellement conscience, un sourire enfantin s’était déposé, progressivement, sur ses lèvres. Elle ressentait plus de gratitude dans ces émotions éparses et grossières (pour le peu qu’elle en percevait) qu’aucun homme blessé n’était à même d’en témoigner. Dans cette douleur qui caractérise irrémédiablement la guérison, l’être humain se pare de l’égoïsme le plus insensé, comme si la souffrance justifiait un tempérament atrabilaire.

Après ses soins, elle voulut donc assimiler cette reconnaissance en le remerciant à son tour. Elle avança une main timide vers la tête de la créature blanche. Sa jovialité totalement recouvrée, le griffon tapota sa paume de son bec pour précipiter la caresse, mais Althéa demeura figée de peur. Il la surplombait largement, et son instinct de survie lui dictait de se méfier de cet être vigoureux et massif. Et pourtant, il émanait de cet animal une telle aura de bien-être et de joie qu’elle ne pouvait se résoudre à rétracter sa main. Elle fit un pas en avant, et entra en contact avec la douceur des plumes sous son bec. Elle se sentait maladroite dans ses mouvements, mais le griffon bascula la tête pour offrir son gosier, comme le ferait un chat ronronnant. Elle jugea que c’était de bon présage, et elle osa même gratouiller avec ses ongles.

Alors le griffon se détourna d’elle, s’écartant de quelques mètres pour reprendre son envol, et la guérisseuse ressentit une profonde tristesse, plus proche du sentiment d’abandon que de la déception. Faye posa une main sur son épaule, et son regard glissa des plumes pâles pour retrouver la jeune femme flamboyante à ses côtés. La blancheur de son visage n’avait d’égal que la couleur des plumes du griffon. Il était temps de partir.

« Tu ferais mieux de t’allonger, je vais panser ton flanc. Et c’est la guérisseuse qui l’ordonne, pas l’amie qui le suggère. »

Elle avait ajouté la précision avec un sourire en coin, presque persuadée que le repos ne serait pas son choix favori. Elle la soutint sout l’aisselle pour la mener jusqu’à une charrette, où deux étalons s’étaient écartés de concert du chemin pour brouter un peu d’herbe en bordure. Là, Althéa allongea Faye sur les planche de bois, et pressa une bande autour de la blessure pour maintenir les chairs scellées, et prévenir une réouverture de la plaie. A regret, elle dut se séparer d’elle, non sans vérifier une énième fois ses indices vitales (respiration, température, battements du cœur, …). Elle se releva ensuite et indiqua au garçon de la suivre. Elle n’avait aucune garantie de sa loyauté, et refusait qu’il demeure trop près d’une Faye affaiblie par le combat.

« Si tu t’écartes à plus de quelques mètres de moi, je te… Hm. En fait tu n’as qu’à courir pour le découvrir. »

Sa voix empruntait aux plus intimidants des accents menaçants et une intonation qui aurait dissuadé un Mogoï de piétiner un intrus sur son propre territoire. Par la suite, Althéa et le garçon travaillèrent de pair dans un même intérêt, l’une observant l’autre qui s’exécutait pourtant docilement. Il lui dénicha suffisamment de corde pour accrocher les survivants, et notamment le maître de Dalai. Par mesure de sécurité, elle lui banda les yeux, puis ils durent les transporter jusqu’à la charrette. Sa magie fut plus que bienvenue une nouvelle fois. Elle confia à Faye un lourd gourdin dans le cas où l’un d’entre eux se réveillerait, le déposant tout près d’elle. Elle n’aimait pas l’idée de lui faire partager la charrette avec des criminels, mais il n’était pas raisonnable de les laisser en liberté. Les Architectes ne le voudraient pas, et Faye elle-même semblait tenir à ce que justice soit faite. Cela lui importait peu en ce qui la concernait. Elle secoua néanmoins le maître de Dalai une dernière fois pour vérifier qu’il était assommé sur le long terme avant d’aller chercher les autres, et rencontra le regard quelque peu exaspéré (ou était-ce de l’amusement ?) de Faye. Elle haussa les épaules, car elle ne parvenait à s’expliquer son soudain instinct protecteur.

Ils déposèrent le dernier homme à l’arrière, et Althéa dut enjamber les braconniers pour rejoindre Faye à l’avant. Le garçon se retrouva aux reines, puisque son affiliation avec les chevaux le permettait. Plus à l’arrière, se trouvait quelques corps inertes et saucissonnés. Des cages encore occupées, mais pourtant ouvertes, faisaient office de barrière artificielle entre leurs agresseurs et les deux jeunes femmes. Althéa s’adossa au côté latéral, afin de bénéficier d’une bonne vision sur le cochet à l’avant, sur Faye en face d’elle, et sur les prisonniers à sa droite. Elle indiqua au gamin de faire le tour de la bute pour retourner à leur campement, puis de les guider jusqu’au plus proche village.

« Faye ? Il faut que tu restes éveillée. »

Avec une douceur étonnante, elle avait posé une main sur son épaule en constatant que ses paupières effectuaient un clignement bien trop long pour ne pas être le signe d’une somnolence grandissante. En attendant de retrouver les couvertures qu’elles avaient laissées dans leur tente, elle la recouvrit de sa cape.

« Tu dormiras quand je saurai que tu ne manques de rien. Il faut que tu me dises si tu as froid, chaud, faim, soif, et plus que tout, si tu as mal quelque part. Si tu t’endors je n’aurai plus ce genre d’informations… »

Elle adoptait les conseils de ses précepteurs passés, désireuse de mener au mieux son rétablissement. Elle la savait hors de tout péril, mais on n’était jamais trop prudent. Son attitude tendre, par ailleurs, jurait avec le comportement qu’elle avait adopté avec le garçon plus tôt, et ce dernier osa un regard de surprise en arrière. Elle l’ignora, attirée par un mouvement blanchâtre dans le ciel. Le griffon planait là, certes plus bas que le reste de son clan, et la patte repliée sur le côté où il tanguait quelque peu, mais majestueux tout de même.

« Regarde, Faye. Le griffon, il veille sur toi ! … Tu devrais lui donner un nom. »

Elle avait suggéré la chose à tout hasard, saisissant l’opportunité offerte pour maintenir sa comparse éveillée un peu plus longtemps. Le voyage ne serait pas de tout repos.
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Faye Toen
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Ven 17 Nov - 22:39
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Faye n'aimait guère s'avouer en situation de faiblesse, mais l'inquiétude de son amie et les attentions à son égard la persuadèrent d'écouter ses conseils et de simplement prendre repos. L'adolescent se retrouva à l'avant du convoi, les rênes entre les mains, sa position justifiée par les compétences conférées par l'architecte Orshin et Althéa, elle, préféra rejoindre la rouquine, l'empêchant de s'enfoncer dans un sommeil duquel la guérisseuse ne pourrait veiller sur elle. Faye maugréa son mécontentement, même si consciente des bonnes intentions de sa camarade qui, en l'empêchant d'agir comme elle le souhaitait, s'assurait du bon maintien de son état de santé et de sa récupération.

« J'ai surtout envie d'arriver le plus tôt possible au village, que je puisse aller dormir dans un bon lit chaud. » râla-t-elle auprès de la belle chevêche tout en maintenant ses yeux fermés.

Lorsqu'Althéa lui indiqua la présence de leur ange gardien au dessus d'eux, l'adepte de Süns força l'ouverture de ses paupières pour observer le majestueux griffon qui semblait s'être éprit du trio d'aventuriers. Celui-ci, bien plus rapide que le convoi, devait régulièrement effectuer des demi-tours afin de conserver la distance et fit ainsi profiter de sa majesté aux deux femmes, visiblement conquises par le noble animal.

« Tu as toi même veillé sur lui, la logique voudrait que ce soit toi qui... » commença Faye, se ravisant lorsqu'elle aperçu le regard insistant de la chevêche. « Eh bien, laisse moi réfléchir un peu (...) Que penses-tu de Moe ? » finit-elle par lui demander, toujours concentrée sur l'animal.

►◄

Le temps défila rapidement sans que Faye n'en prenne réellement conscience, bien trop focalisée sur la douleur qui la tiraillait. Elle comprit néanmoins que la troupe avait effectué bon nombre de kilomètres lorsque le jeune homme à l'avant se tourna vers les deux femmes, le chariot s'interrompant au même instant.

« Nous sommes arrivés. C'est un petit village, mais il possède une garnison et de quoi nous... Nous livrer à la justice. »

Son expression trahissait à la fois son inquiétude et ses remords et s'il ne semblait pas avoir pour objectif premier de persuader le duo de revenir sur sa décision, on pu sentir sans grande difficulté qu'il espérait obtenir un traitement de faveur afin de lui épargner le désagréable destin qui l'attendait dans ce village.

« Je n'avais aucune mauvaise intention et je sais qu'avoir des remords ne rattrapera pas mes actes, mais je tenais tout de même à vous dire encore une fois que je suis désolé.
»

Il ne prit même pas la peine de regarder Althéa lorsqu'il prononça ces mots, préférant miser sur la flamboyante Faye qui avait jusque là fait preuve de bien plus d'amathie à son égard.


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Althéa Ley Ka'Ori
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Dim 26 Nov - 0:24
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Althéa laissa le nom à l’unique syllabe caresser son oreille le temps d’une brève seconde. Le sentiment fut éphémère et intense ; un rejet instinctif, un mépris biologique tout d’abord de ceux que l’on éprouve à l’égard de toute nouveauté. Puis le mot gagna en familiarité en l’espace de quelques instants, et une sorte d’affection se mit à poindre, probablement facilitée par son amitié pour Faye. Les trois simples lettres trouvèrent refuge en son coeur, et s’imprimèrent sur le pelage blanc qui ponctuait les cieux comme l’encre imprègne le papier d’un nom signé à la plume.

« Va pour Moe. Tu aurais pu trouver un nom plus facile à se rappeler. »

Un sourire goguenard s’affichait à présent sur ses lèvres. A l’évidence, elle n’avait pas perdu un brin de son sarcasme. L’étincelle dans ce regard, quant à elle, exprimait un ravissement sans fin.

***

Le village se découpa bientôt à l’horizon, et Althéa surveilla davantage le gamin qui les menait qu’auparavant. Elle n’écartait pas la possibilité que la proximité de son jugement le pousse à prendre ses jambes à son cou. Mais il fit preuve de plus de courage que la disciple de Möchlog n’en aurait attendu de sa part. Une certaine indulgence lui vint, car après tout elle estimait mieux les personnalités courageuses qu’elle n’adulait l’application sans faille de la justice. Ils avancèrent jusqu’au bâtiment de la milice locale sous son minutieux guidage, et Althéa interpela le seul garde qui trainait à l’extérieur.

« Nous avons des braconniers à vous remettre, vous feriez mieux de vous hâter tant qu’ils sont inconscients.  »

Le garde vint jeter un coup d’œil à leur cargaison à l’arrière, s’attardant sur Faye qui reposait à ses côtés. Sa présence parmi les corps des criminels l’intriguait, de même que les cages encore habitées avaient de quoi le laisser perplexe.

« Nous vous expliquerons davantage une fois que ces gars-là seront enfermés. La jeune femme et le gamin sont avec moi.  »

Du coin de l’œil, elle put constater que l’adolescent était frappé d’étonnement, mais reprit rapidement contenance en croisant le regard inquisiteur du garde. Althéa pour sa part, demeura parfaitement impassible, quoiqu’assurée. Elle ne daigna pas même lui jeter un coup d’œil discret qui l’aurait peut-être trahie. Elle n’avait aucun intérêt ni à l’emprisonner ni à l’innocenter, mais elle pressentait qu’il serait plus utile en liberté que derrière les barreaux. Moe en témoignait par ses stridulations !

« Hey, Edmil, viens par ici, paraît qu’il s’est enfin passé quelqu’chose dans les environs !  »

Le dénommé Edmil passa sa tête hors de la bâtisse, avant de rejoindre son partenaire.
Ils porteraient tous deux les hommes assommés pour les enfermer, au moins momentanément, le temps que les trois alliés de fortune leur fassent un rapport.
Althéa posa une main maternelle sur le front de Faye. Elle-même avait la bouche pâteuse et un début de gerçure sur les lèvres ; le Zagashien l’avait manifestement déshydratée par ses dons mais elle n’en avait pris conscience, trop préoccupée à maintenir son amie éveillée.

« Tu veux te reposer ? Je peux m’occuper de faire le compte-rendu, ne t’inquiète pas, suggéra-t-elle calmement.
- Faudrait qu’elle vienne témoigner aussi, interrompit le garde avant de soulever avec effort le maître de Dalai.
- Sieur Edmil,  rétorqua-t-elle avec une civilité presque féroce, vous ne voudriez pas nous indiquer où trouver un sceau d’eau potable plutôt que de presser ainsi une blessée qui s’est chargée de faire votre travail ? »
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Faye Toen
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Ven 8 Déc - 20:13
Irys : 427500
Profession : Chasseuse d'artefacts - Danseuse
My'trän +2 ~ Zolios
« Il y a fort à parier qu'Orshin t'as doté de ce visage angélique pour émousser le tranchant de ton caractère... » fit remarquer Faye sur le ton de l'humour lorsque Edmil s'éloigna du chariot, décontenancé. « Je me ravis de ne pas être l'une de tes cibles ! Crois moi bien que si c'était le cas, et avec toute la volonté du monde, je finirai tout de même par t'abandonner en m'enfuyant discrètement pendant la nuit... »

Elle fut prise d'un rictus éphémère, instantanément interrompue par une légère toux. Lisant l'inquiétude sur le visage de son amie, elle la rassura en posant une main délicate sur sa joue et en la tirant doucement, esquissant un sourire volontairement exagéré pour la rassurer sur son état de santé : si elle n'était pas physiquement dans ses meilleurs jours, elle conservait toute sa tête et son énergie !

« Désolé de vous décevoir, mademoiselle la guérisseuse, mais je souhaite venir témoigner à vos cotés. J'aurai tout le loisir de dormir pendant la suite de notre voyage ! Crois mois, me reposer pendant le trajet a suffit à me remettre d'aplomb. »

« Mesdemoiselles, monsieur, pardonnez-moi de vous interrompre... » fit une voix dans leur dos qui attira leur attention. « Je me présente : Edmond, Capitaine de la garde du village. L'un de mes hommes m'a avertit par un résumé concis de vos péripéties. Vous avez été attaqué par un groupe d'individus pratiquant des activités criminelles. Braconnage, c'est cela ? »

« Enchantée Capitaine, et pardon de vous corriger, intervint Faye, mais c'est nous qui avons prit la décision de les attaquer. Ils ne nous ont porté aucune atteinte, du moins dans un premier temps, mais je ne peux pas rester indifférente devant l'injustice. J'ai décidé d'intervenir, tout ne s'est pas déroulé comme prévu comme vos yeux le constatent - elle désigna sa blessure par un geste de la main - et j'ai du mettre fin à la vie de plusieurs d'entre eux. Mes deux partenaires ont neutralisé ceux qui sont encore vivants. »

Le regard de la Ju'äm croisa celui de ses compagnons : mentir n'était ici pas un moyen de s'attribuer des lauriers, mais plutôt de les préserver de la justice si leurs actions étaient jugées inadéquates par rapport à l'acte criminel auquel ils avaient mit fin. Le capitaine croisa les bras et son expression sérieuse ne fit que s'accentuer. Faye déglutit avec la plus grande discrétion possible et, alors que tous trois s'attendaient à une réponse de la part du chef de la garde, les mots qui sortirent de la bouche de celui-ci ne furent pas ceux attendus :

« EDMIL, JOSHUA ! Pouvez-vous me dire pourquoi ces jeunes femmes ne sont-elles pas déjà à table avec des cervoises et du petit lait ? » hurla-t-il, faisant décoller l'adepte de Süns de quelques centimètres. « Veuillez les excuser, les jeunes recrues ne sont pas toujours aussi disciplinées que nous le voudrions. Je vous convie à notre table afin que vous poussiez prendre un repas plus que mérité, si votre état vous le permet bien sur... Nous aurons ainsi tout le temps pour discuter plus en détails de vos faits d'armes. Et vous êtes également convié, jeune homme. » jugea-t-il nécessaire de préciser.

Tandis qu'Edmond contournait le chariot pour se diriger vers le baraquement, Faye profita d'une dernière occasion avant quelques heures de glisser un mot à l'oreille d'Althéa.

« Merci de ne pas l'avoir dénoncé. »


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Althéa Ley Ka'Ori
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Sam 16 Déc - 18:33
Irys : 825229
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
Les ardeurs de sa clémence, Althéa les devait autant à son affection qu’à l’état affaibli de son amie ; à ses côtés lui venaient des pulsions spontanées d’altruisme et de prévenance. D’ordinaire, elle y était docile qu’en l’endroit de ses frères, mais il semblait que Faye avait pris une telle importance tout au long de ces quelques jours de promiscuité qu’elle éveillait en elle une bienveillance assemblée là, à la va-vite, en son honneur seulement. Quant au garçon, elle se moquait éperdument de son destin, quel qu’il soit, mais si elle gagnait un peu d’estime de la jolie flamme en épargnant sa vie, alors il lui était tout naturel de le faire. L’avantage lorsque l’on ne se préoccupe que de ses propres intérêts, c’est que tout ne se caractérise plus que par la binarité ; il ne reste qu’à choisir ce qui nous profite le mieux. L’hésitation est mise de côté, là où la certitude d’avoir bien fait devient monnaie courante.
Aussi, un sourire sincère apparut sur ses lèvres en réponse aux remerciements de Faye.

Alors que le capitaine de la garde les invitait à sa table, Althéa soutint Faye pour qu’elle se redresse, respectant malgré elle sa volonté de participer à la conversation. Elle ne pouvait lui en vouloir. Après tout, il y avait de la cervoise et un plat chaud à la clef ! Joshua tint à prendre le relai, comme pour s’excuser de sa prétendue discourtoisie reprochée par Edmond. Ce fut à regret qu’elle lui offrit son fardeau. Une idée fugace avait néanmoins motivé son acte ; une fois la rousse remise à Joshua, elle attrapa l’avant-bras du jeune adolescent avant qu’il ne puisse emboiter le pas à la petite troupe. Déboussolé, il papillonna des paupières, partagé entre plonger dans son regard, ou l’éviter à tout prix. Leurs tailles étaient équivalentes pourtant, et la silhouette de la guérisseuse demeurait chétive. C’était son visage implacable et la fermeté de son expression qui l’intimait silencieusement de s’écraser devant son autorité.

« Je… je… merci, balbutia-t-il avec difficulté pour couper court à l’embarras d’un silence.
- Je ne veux pas de tes remerciements. (Elle marqua une pause calculée.) Je veux bien modifier l’histoire pour t’innocenter, en contrepartie je demande à ce que tu t’occupes d’eux. Que tu les ramènes à leurs propriétaires. »

D’un geste de la tête elle avait désigné les cages ouvertes où les familiers les plus apeurés se réfugiaient toujours, traumatisés par leur expérience, et sans doute incapables de retrouver leurs compagnons humains. Möchlog seul savait combien de lieux les séparaient à cet instant.

« Leurs… propriétaires… ils me tueraient s’ils me voyaient à nouveau !
- Tu préfères tomber sur eux par hasard, que les affronter de ton propre chef ? Si tu quêtes la rédemption d’Orshin, alors sache que l’initiative doit être tienne. Ils ne te pardonneront peut-être pas tous, mais qu’est-ce que cela peut bien te faire ? L’essentiel, ce n’est pas leur jugement, c’est celui de ton Architecte, qui estimera plus tes efforts de repentance que ton aptitude à fuir.
Il n’y a rien qui importe plus en ce monde que ta foi. Faye et moi t’accompagnerons. Si tu refuses, Edmond, Edmil et Joshua sauront bien quoi faire de toi.
»

La menace prononcée à demi-mot demeura en suspens, hors de portée ; l’enfant n’écoutait plus. Les yeux perdus dans le vide, il semblait contempler son appréhension de croiser le chemin des victimes du passé. Peut-être la peur était plus grande que lorsqu’il s’était fait capturer. Mais il se trouvait à l’intersection de deux fils de destins contraires, et l’argumentation dévouée d’Althéa (transposée de Möchlog à Orshin) lui indiquait volontiers le chemin salutaire. Il finit par opiner de la tête, et déclara avec emphase :

« Pour Orshin je laverai les crimes que j’ai commis dans ma faiblesse. »

La détermination dans sa voix convainquit la guérisseuse, et elle accompagna son affirmation d’un regard approbateur. Plus haut, Moe planait en cercles concentriques, comme pour saluer leur décision. Reprendrait-il un jour le chemin de sa meute ? Combien de temps encore allait-il les seconder ?

« Vous avez gagné un compagnon ! osa avancer l’adolescent, à présent plus assez timide au goût d’Althéa.
- Hmph… me manquait plus qu’un griffon dans les pattes. »

Toutefois, la guérisseuse se donna un moment pour assimiler un peu de sa magnificence, et lui envier la liberté qu’il revendiquait en volant de la sorte. La blancheur de son pelage faisait honneur à la clarté du soleil ainsi qu’à l’idée qu’elle se faisait de son propre Architecte. Sous son masque d’insensibilité, Althéa l’admirait.
Alors la jeune femme et le garçon rejoignirent le petit comité qui s’engouffrait dans une bâtisse, laissant la créature à ses prouesses de voltige. Pour sûr, la discussion prendrait une majeure partie de cette fin de journée, et il leur semblait préférable de ne pas s’attarder. Althéa refoula un désir inavoué de retrouver l’oiseau lorsqu’ils en auraient fini avec le capitaine.

Comme promis, on leur servit à boire, de la bonne cervoise pour les jeunes femmes, un verre de lait pour l’adolescent. La disciple de Möchlog n’en fut guère ravie, aussi elle repoussa sa bière en direction de l’adepte d’Orshin, pour s’emparer de son verre lactescent. Il confondit ce geste avec de la bienveillance, et un sourire ravit apparut sur ses lèvres. L’interrogation éternelle revenait à la charge : sommes-nous bons par conviction, ou seulement parce que les autres veulent bien y croire ? De tout cœur, la chevêche espérait que sa flamme veuille bien y croire.


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