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Chroniques d'Irydaë
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 La vie n'est qu'un mensonge [Terminé]

Allys Terasu
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Sam 23 Sep - 18:40
Irys : 1022993
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Région de malheur et peuple de zombies ! Les habitants étaient effrayants... Effrayants de lassitude. Où diable était passé leur étincelle de vie à ces gens-là ? Inexpressifs, désintéressés et absolument invisibles. On aurait des des machines. Et c'est les daënars les bizarres ? D'accord, Allys passait ses nerfs sur eux pour ne pas s'empêcher de craquer. Elle n'aurait jamais du mettre les pieds sur ce continent. Il valait mieux croire que ses parents la détestaient plutôt que de se retrouver face à une scène aussi malaisante que cela...

Flash-back

« Maman. »

Sur le pas de la porte, Allys dévisageait la femme qui venait d'ouvrir. Le regard incertain, la jeune femme tentait d'afficher un air digne. Cela faisait deux ans qu'elles ne s'étaient pas vues, pas même échangé la moindre lettre. Après le coup d'éclats de l'infirme, ses parents l'avaient littéralement oubliée.

« Allys, quelle agréable surprise. »
« Tu te fiche de moi ? »

Allys avait déjà perdu son sang froid. Il n'avait fallut qu'une phrase pour que sa contenance vole en milles morceaux. Et pour cause : le ton inexpressif de sa mère. Elle avait changé. Où était passé l'esprit maternelle de la personne la plus importante de la vie de l'ingénieur ? Même si elles s'étaient quitté en mauvais termes, Allys valait mieux qu'une phrase bateau placée là pour faire décors.

« Je suis ta fille merdes. J'ai retourné tout daënastre pour vous retrouver avant d'imaginer que tu avais pu m'abandonner complètement et retourner là d'où tu viens. Et j'ai fais ce putain de voyage, j'ai traverser ce continent étranger, bizarre et hostile à mon égard pour te retrouver, et j'ai quoi ? Juste un ça fait longtemps Allys ? »

La mécanicienne s'avança, furieuse et bouscula sa mère pour entrer.

« Et où est papa ? Ça fait deux ans ! Deux ans bon sang, je vaux même pas une lettre ? N'importe quoi qui montre que je compte un tant soit peu à vos yeux ? J'ai droit à une explication. »

La jeune femme explora la maison d'un pas pressé, jetant des regards inquisiteurs partout où elle mettait les pieds.

« Je ne vois pas de qui tu parles. Tu sais bien que tu n'as pas de père. Et comment oses-tu me parler ainsi ? Tu crois que c'était facile de t'élever ? Quand tu as fichu le camp, tu ne voulais plus entendre parler de moi. Je n'allais pas te courir après tu es une adulte maintenant ! »

Allys s'arrêta, interloquée. Elle se retourna vers sa génitrice l'expression choquée. Sa mère avait-elle perdu l'esprit ? Soit, visiblement le paternel semblait absent des lieux, mais Mélëna avait clairement abusé dans ses propos. Étaient-ils fâchés ou s'étaient-ils séparés ? Sa mère lui avait parlé avec une si grande froideur qu'elle glaçait le sang de la pourtant solide jeune femme.

« Ne me dis pas que tu m'accuse d'être la cause d'une rupture entre vous d'eux, je t'en prie c'est puéril. Je vois bien qu'il n'es pas là. Soit vous vous êtes encore fâchés soit vous n'êtes plus ensembles. Mais comme tu l'as dis, je suis une adulte alors ne reporte pas la faute sur moi. J'ai été agressée, okay ? Alors oui je suis partie en Zochlom, j'ai retrouvé ma maison d'enfance car elle était le seul repère solide que j'avais mais vous le saviez tout les deux, toi tu... Tu as carrément mit les voiles en My'tra et sans donner le moindre signe de vie. Alors, non, ne vas pas faire celle qui à été le plus blessée dans cette histoire !  Je... »

Clac
Abasourdie, Allys touche sa joue meurtrie par la main pourtant auparavant si douce de sa mère. Elle venait vraiment de la frapper ?! Le tout avec pour expression une simple irritation. Mais que diable était-il arrivé pour qu'elle change à ce point ?

« Jeune fille, surveille ton langage. »

Mélëna réajusta sa tenue d'un air désinvolte avant de poursuivre, profitant de l'air hagard de son enfant.

« Je vais le reformuler. Cesses de t'inventer des histoires pour justifier tes actes. Je l'ai élevée seule, alors non je ne sais pas ce qu'il en est de ton père. Il n'a été qu'une erreur de jeunesse lorsque je voyageais aux quatre coins du monde, dont je ne me souviens plus de rien à présent. Et, oui, j’admets que t'avoir envoyé en daënastre compte tenu de notre position n'a pas été la meilleure idée... Ce ne sont que des brutes. Cela dit, tu n'aurais pas dû te rendre dans ce fichu désert, cela ne nous à rien apporté de gratifiant de vivre là-bas, tu aurais dû revenir ici avec moi, dans ton véritable foyer et... Laisser cette idée absurde de manipuler toute cette technologie de malheur et te rappeler d'où tu viens. »
« Non... »
« Mais bien sûr que si, tu sais que j'ai raison. Je sais que j'ai été dure, mais il faut bien que je te remette les idées en places ma petite Lys. Tu es la bienvenue ici ma chérie. »
« Comment peux-tu me dire toutes ces choses... »
« C'est pour ton bien. »

Allys recula de quelques pas, assimilant l'horrible vérité. Elle avait oublié l'existence de son père, de Anar l'amour de sa vie. Tous les choix qu'ils avaient fait ensembles, tout ce qu'ils avaient traversé... Effacé à jamais, déformés pour maintenir une réalité plausible pour Mélëna. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose.

« Il est mort. »
« Qui ? »
« Tu l'as oublié. »
« Mais enfin de quoi tu parles ? »
« Tu l'as effacé de ta mémoire. Tu as annihilé l'existence de l'amour de ta vie, de mon père. Pour quoi ? Pour ces putains d'architectes ! Ils valent plus ton amour que les personnes qui sont là pour toi ? Qui t'ont toujours aimée ?! Non, tu as tout faux ! Il a existé, il nous as aimées toutes les deux et nous à protégées de tous autant qu'il à pu. Pourquoi crois-tu que nous avons passé des années sur ce fichu désert  ? Pour avoir une vie paisible et loin de ces deux peuples qui se haïssent. Papa voulait que je grandisse sans avoir à me soucier de vos problèmes et même si vous passiez votre temps à gérer ma vie comme vous l'entendiez et que vous vous battiez pour savoir qui de vous deux avait la meilleure vision du monde, je vous aimais tout les deux, malgré la famille bizarre que nous étions et même malgré la pire chose qui me soit arrivée par votre faute, je vous aurait tout pardonné. »
« Lys... »
« Et quand tes souvenirs n'étaient pas encore disparus, tu aurais pu me prévenir... J'aurai pu assister à ses funérailles, lui dire au revoir. Tu as préféré nous laisser tomber tout les deux. Je ne saurai jamais pourquoi... »

Le désarroi la submergea si bien que des larmes coulèrent le long des joues de la jeune femme. D'instinct, Mélëna tendit la main pour les chasser mais Allys la repoussa. Blessée, elle lui accorda une dernière parole avant de s'enfuir à nouveau, comme deux ans auparavant.

« Allez au diable toi et tes putains d'architectes ! »

Fin du flash-back

Allys était à présent à des lieues du village de sa mère mais complètement perdue à vrai dire. Elle s'était retrouvé dans ce qu'il s'apparentait à une grande ville. La démarche malhabile, elle errait dans une grande artère. Quoi qu'elle fasse et où qu'elle aille, elle voyait le visage impassible de sa mère et son cœur se serrait. Une obscure idée tentait de temps à autres de l'envoyer à la taverne la plus proche pour s'acheter un alcool fort mais il était hors de question qu'elle retourne à l'état lamentable qu'elle fut à l'époque.

Des regards pesaient sur elle alors qu'elle circulait. Était-ce à cause de sa démarche moins assurée qu'à l'ordinaire, la faisant boiter légèrement ? De la vision, pour eux, d'horreur face à ses prothèses ? Allys se contenta de leur jeter des regards mauvais à son tour. Pour qui se prenaient-ils à la regarder de haut comme s'ils valaient mieux qu'elle ? C'était d'ailleurs sûrement le pire peuple de My'tra, incapables de montrer ou carrément ressentir des émotions. Comment pourraient-ils être meilleurs que les autres d'ailleurs, tout ces my'trans ? Comment tiraient-ils des leçons de leurs erreurs passées s'ils oubliaient tout comme si cela n'avait aucune importance ? Autant les tuer à la naissance si la vie ne valait rien pour eux.

Allys soupira, désabusée. Il valait mieux qu'elle rejoindre Hex et qu'ils quittent ce pays de fous au plus vite. Pour cela il allait lui falloir un guide. Se rendant sur la grande place, elle partit à la recherche de denrées et d'équipement utiles au voyage. Elle en profita pour questionner les vendeurs. L'un d'entre eux lui indiqua une jeune femme rousse à l'autre bout de la place. Sans un remerciement, Allys s'y rendit alors d'un bon pas mais arrivée à proximité un détail l'intrigua. Non, en faite, intrigué n'était pas le bon bon. La rousse possédait un objet que la blonde platine aurait reconnu entre milles.


« Ce n'est pas à vous. »

Lâcha-t-elle en désignant l'objet en question.

« Vous êtes au courant que c'est un vol ou bien il est tombé par hasard entre vos mains ? »




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Dernière édition par Allys Terasu le Dim 11 Fév - 15:57, édité 1 fois
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Aurore Seraphon
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Sam 23 Sep - 20:42
Irys : 938007
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Qu’il était difficile de revenir à son quotidien après autant de temps passé à voyager, après autant de rencontre, de découverte, mais aussi de déception. Aure semblait ailleurs, malgré son envie de s’ancrer de nouveau dans son quotidien, de fuir un peu la réalité qu’elle avait découverte peu à peu, son esprit, lui, n’était pas encore tout à fait là. Tourmentée par des souvenirs, des personnes perdues de vue, ou définitivement perdues simplement, difficiles à dire. L’animation des clients, le brouhaha des passages, des ventes, des crieurs qui cherchaient à vendre toujours plus. Non, rien de tout ça ne lui apportait le réconfort qu’elle avait pourtant espéré si fortement. Partout, elle voyait son visage, à lui, cet inconnu, celui qui était venu tout chambouler dans sa vie, balayant ses croyances, ses espérances et même les espoirs qu’elle n’avait même pas encore eu le temps d’avoir. Elle était la fille d’un pirate. Sans bonne manière, sans bonne façon de parler, sans… Sans réellement comprendre, Aure avait senti de l’humidité dans son regard, elle avait passé une main sous ses yeux, retirant les perles salées qui menaçaient de s’évader. Pourquoi… Question qui resterait sans réponse, question qui ne méritait dans son esprit aucune réponse. Il devait rester là où il avait toujours été dans l’ombre. Elle n’avait plus de père, il était mort. Le biologique ne compte pas, il n’a jamais compté, jamais… Du moins, c’est ce qu’elle n’avait de cesse de se répéter. C’est le contact de l’œuf explosant dans sa main droite qui la fit revenir à la réalité, avisant cette cliente un peu surprise par cet acte incompréhensible.

- « Je suis désolée… J’étais ailleurs. » murmura simplement la rousse.
- « Vos voyages ne vous ont pas fait du bien, votre mère est plus professionnelle. » Ronchonna la vieille dame.
- « Je vous en prépare des autres. » Répondit Aure, sans relever.

Oh, évidemment qu’elle avait eu envie de lui fracasser le restant des œufs sur la tête, sans oublier de l’insulter de tous les noms. Mais aucune agressivité n’avait réussi à s’évader des traits de son visage, ou même de ses lèvres. Aurore était restée particulièrement calme, douce, laissant son esprit imaginer les tourments qu’elle avait eu envie de faire vivre à cette vieille bique. Un sourire sur les lèvres, maintenue par une illusion des plus basiques plus avait permis de conserver cette apparence avenante. Apparence qui en réalité venait de voler en éclat, tant cette idée d’avoir un père si différent la préoccupait.  Réajustant des œufs dans une petite boîte, Aurore avait rapidement complété la commande de la cliente, récupérant la somme d’argent, souhaitant une bonne journée pleine d’amertume. Pourquoi était-elle revenue à cette vie qu’elle n’appréciait visiblement plus ? Un long soupir était parvenu à s’extirper de ses lèvres, soupir qui fut interrompu par une phrase qui n’avait pas tardé à faire hérisser les poils de la rouquine.

- «  Comment ? » demanda Aure, feintant de pas avoir bien saisi la phrase «  Vous êtes en train de m’accuser d’être une voleuse ? »

C’était la première fois que la rousse répondait si froidement, sans offrir même la possibilité à la cliente de se reprendre. Les deux perles émeraude de la jeune femme c’était déplacé sur celle qui venait de lui parler, ses deux billes s’écarquillant sur la surprise. Ils étaient partout. C’est ce qu’elle avait dû penser en constatant les origines de l’inconnue. Vraiment partout. Ses deux sourcils s’étaient légèrement froncés, elle avait manqué de montrer une agressivité nouvelle, prête à repartir dans un débat qui ne connaîtrait certainement jamais de fin, avant de se ressaisir de justesse. Un nouveau soupir, un dos un peu plus droit. Aurore avait tenté de se redresser afin de paraître plus agréable, chose plutôt complexe étant donné son état d’esprit actuel :

- « Généralement, quand on essais de s’intégrer dans une société, on n’accuse pas les commerçants d’être des brigands. » Souffla la rouquine qui prit enfin le temps de regarder ce que montrait la blonde.

Aurore avait attrapé l’écusson qu’elle avait déposé là au tout début de son installation, fronça légèrement les sourcils. Elle ne le reconnaissait pas, où n’était pas franchement certaine de le reconnaître. Elle haussa simplement les épaules, avant de le tendre à son interlocutrice.

- « C’est de ça que vous parlez ? Je ne sais pas de quoi il s’agit. Il était accroché à un de mes vêtements… » elle fit une pause, ses yeux s’écarquillèrent, puis elle poursuivit spontanément «  Oh, si je sais. Ça doit être quand j’ai partagé quelques nuits avec ce Daënastre. Ça doit être à lui. Ca a du s’accrocher dans mes affaires quand nos vêtements séchaient. »

Aucune mauvaise pensée dans sa phrase, aucune mauvaise intention non plus. Aurore n’avait fait qu’énumérer des faits. N’ayant pas encore le bon matériel, Hex et elle avaient dû partager sa couverture, donc des nuits, dans son esprit il n’y avait rien d’ambigu là-dedans, dans l’esprit des autres, ce ne serait peut-être pas toujours le cas.

- «  Vous le connaissez ? Si c’est ça, vous n’avez cas le prendre et le lui rendre, je ne suis pas certaine de le revoir. »

La rouquine lui avait offert un sourire plus sincère, un regard certainement plus doux. Finalement, le fait de passer un petit temps avec cet homme lui avait permis de passer outre certains de ses préjugés, notamment vis-à-vis des différences des deux peuples. Ainsi, ne lui sautait-elle pas directement à la gorge pour avoir l’audace de montrer ses prothèses à tout le monde, comme ça, sans le moindre respect.

- «  Hormis ça, je pouvais vous aider autrement ? » demanda-t-elle finalement.



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Aurore s'exprime en #ff9999
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Allys Terasu
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Sam 23 Sep - 22:52
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«  Comment ? Vous êtes en train de m’accuser d’être une voleuse ? »

C'était très exactement ce que la jeune femme sous-entendait. Et encore, elle l'avait déclaré de manière désintéressée. Cependant, si la marchande ne se justifiait pas très vite la moutarde qui commençait à monter au nez de la daënare allait finir par éclater en un flot d'injures. Ce n'était pas le moment, clairement, pour se prendre sa tête. Allys croisa les bras, l'air pincée alors que son interlocutrice répliquait froidement, les sourcils froncés d'irritation. Au moins il fallait avouer que cette My'tranne-là avait des émotions contrairement aux autres.

« Généralement, quand on essais de s’intégrer dans une société, on n’accuse pas les commerçants d’être des brigands. »
« Je n'essaie rien, j'expose un fait. »

Les deux femmes étaient aussi braquées l'une que l'autre, mais l'inconnue avait malgré tout la jugeote de vérifier de quoi parlait Allys. Elle observa l'écusson avant de le tendre à la jeune femme. Oui, elle avait bien raison, il appartenait bien à son compagnon, elle le reconnaissait parfaitement. Elle n'attendit pas que la main se retire pour se saisir du précieux objet. Apparemment, il s'agissait d'une méprise... Mais pourtant pas des moindres. Que s'était-il donc passé pour qu'une parfaite inconnue se retrouve avait un objet personnel d'Hex ?

Soudain, la rouquine s'exclama :


« Oh, si je sais. Ça doit être quand j’ai partagé quelques nuits avec ce Daënastre. Ça doit être à lui. Ça a du s’accrocher dans mes affaires quand nos vêtements séchaient. »
« Pardon ?! »

Ce fut au tour de la femme du désert d'écarquiller les yeux, non sans un hoquet de stupeur. Quelques nuits ? Leurs affaires qui sèchent ensemble ? Allys ne put s'empêcher de fixer son interlocutrice. Une très jolie femme... Et indéniablement, la blonde avait une bouffée de jalousie. S'il avait fait quoi que ce soir avec elle de louche...

«  Vous le connaissez ? Si c’est ça, vous n’avez cas le prendre et le lui rendre, je ne suis pas certaine de le revoir. Hormis ça, je pouvais vous aider autrement ? »

Allys se passa la main sur le front blasée par sa propre bêtise. Elle avait clairement sauté à la gorge de l'inconnue pour rien. Et plus de ça, la rousse restait courtoise. Finalement ils n'étaient pas tous à jeter par les fenêtres. Retrouvant une expression plus agréable, Allys soupira.

« Oui, je venais à vous car j'avais besoin d'un guide. Ce que vous aviez appartient à mon compagnon et justement j'espérais le rejoindre. Finalement je n'aurai pas pu mieux tomber. » La moue pincée, elle ajouta. « Je n'aurai pas dû vous agresser ainsi. »

En général elle ne s'en voulait jamais d'être mauvaise envers les gens, tout simplement parce qu'elle estimait qu'ils le méritaient. Cette femme n'avait en revanche rien fait de mal, au contraire. A moins que l'inconnue n'ai pas la moindre envie de refaire le chemin à l'envers.

« Écoutez, j'aimerais retourner en Karaal Gazar et j'entends bien que ce n'est pas la porte à côté et que vous venez probablement de faire le chemin inverse. Je comprendrais que vous refusiez, surtout pour une étrangère, mais j'ai de quoi vous payez même un peu plus pour le dérangement. Mais si vraiment c'est impossible... » Elle eut un soupire. « De toute manière c'était déjà une sale journée. »




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Aurore Seraphon
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Dim 24 Sep - 11:31
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Profession : Agriculture/Chasse
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- « Un fait qui n’est pas forcément très juste. » Rétorqua simplement la rouquine.

Aurore avait enfin relevé les yeux vers son interlocutrice, dont l’apparence bien que pouvant être trompeuse ne laissait que peu de doute sur ces origines. Elle n’était pas une My’tränne, pour deux raisons évidentes, la première étant la présence de prothèse bien trop sophistiquer pour appartenir au mage, la seconde plus discrète était le fait qu’elle semble un peu perdue au milieu de toute cette nonchalance.  La rousse avait effleuré du bout des doigts l’écusson qui semblait tant tenir à cœur à celle qui venait de l’agresser verbalement. Ses sourcils c’étaient de nouveau froncés, l’objet ne lui appartenait pas c’était une évidence. Difficile de savoir où elle l’avait obtenue et de quelle manière surtout, ce n’était pas une voleuse, ni même une brigand, l’idée de la maladresse était donc l’unique conclusion possible à cette réflexion. À peine l’avait-elle tendue à son interlocutrice que celle-ci l’avait récupéré, comme une pie protégeant son précieux trésor. La réaction prêtait à sourire, Aure n’en fit cependant bien, par crainte de se retrouver avec une folle furieuse lui sautant au visage. La réponse aussi soudaine que spontanée avait de nouveau tiré un sourire à la rousse qui ne savait sur l’instant, plus vraiment quoi répondre. En plus d’avoir un père biologique qui débarque dans sa vie, il fallait qu’elle reprenne le jour du marché avec la brave journée des casses bonbon. Génial. La suite des événements n’allait plus vraiment étirer le moindre sourire vers Aure, du moins, sur l’instant. Cette femme était donc la compagne du Daëanar, chose plutôt étrange lui qui avait tenu des propos très particuliers.

- «  Je ne savais pas. Il ne m’a pas parlé de vous. » Répondit en premier lieu la my’tränne. « Eh bien, vous n’aurez cas lui rendre quand vous le reverrez» souligna Aure qui n’avait nullement envie de se retrouver au milieu de crise d’hystérie d’un couple.

En couple, l’homme qui avait tenu des propos froids, qui était prêts à tuer mère et enfant sur un simple ordre avait quelqu’un dans sa vie. La rousse n’arrêtait pas de se répéter que les apparences étaient souvent trompeuses, qu’elle était bien placée pour le savoir, mais là… L’ambiance avait fini par se radoucir, comme-ci le simple fait d’avoir une explication convenable –qui aurait pu tout bonnement être le fruit de l’imagination de la mage, ou même un mensonge- avait suffi à calmer la tempête qui grondait dans le for intérieur de son interlocutrice.

- « Ce n’est rien, rassurez-vous, j’ai connu pire. Et puis, vous ne m’avez pas réellement agressé. » Un petit sourire rassurant, plus courtois que réellement sincère.

Un guide, elle avait besoin d’un guide pour retourner en Karaal Gazar, pourquoi, dans quel but ? L’autre lui avait dit qu’il était là pour une mission, qu’il était seul même. Cette femme dit qu’elle est sa compagne. Mh. Quelque chose dans l’esprit de la My’tränne n’avait de cesse de lui murmurer que quelque chose ne tournait pas dans le bon sens que cet autre ne lui avait certainement pas dit la vérité, du moins, toute la vérité. Qui emmènerait sa compagne en mission, surtout pour zigouiller une personne ? Pourquoi la cacher et ne pas en parler ? Il fallait être un peu dérangé de l’esprit, pas qu’un peu même.

- «  Mauvaise journée dites-vous ? Je pense être en mesure de le comprendre » souffla la mage, un peu dépité.

Aurore aurait pu conclure par ‘mauvaise semaine’ tout simplement ou même ‘mauvais retour’. Elle n’en fit rien, préférant éviter de trop en révéler sur elle, ou même sur son peuple. Après tout, si l’autre avait pu lui mentir sur quelques éléments –certes, sans grande importance, mais quand même- elle pouvait en faire tout autant. De plus, qu’elle était la probabilité que cette femme, en contact, en relation charnelle ou spirituelle ou les deux avec l’ancien inconnu allait venir lui demander à elle de l’aider. Très faible. Il y avait forcément une raison à tout ceci et la rouquine était bien décidée à la trouver. Si jusqu’alors, ses mouvements étaient restés presque inexistants. La rousse sembla enfin retrouver un peu de vivacité. Aurore s’était redressée lentement, avisa encore un petit instant cette femme qui semblait à l’opposé complet de celui qu’elle prétendait avoir pour amant. Elle tendit sa main vers la blonde, affichant une petite moue sympathique, du moins qu’elle espérait être perçu comme sympathique.

- «  Je me nomme Aurore, il semblerait bien que je sois votre guide pour votre retour. Quand est-ce que vous voulez repartir ?»

Un bref regard vers cette jeune femme, sans ne lui porter aucun jugement, du moins en apparence. L’esprit de la mage n’avait de cesse de se tordre en tout sens pour trouver une explication logique à tout ceci. Qu’elle était cette vague dernièrement de ce peuple, sur leur terre. Qu’est-ce que des non mages, pouvaient bien chercher ici ? Non, quelque chose ne tournait visiblement pas dans le bon sens, c’était même une évidence. Un demi-sourire plus loin, Aure avait abandonné son interlocutrice, le temps de servir rapidement une cliente, sans pour autant perdre l’autre jeune femme du regard. Pour une fois, Aurore n’était pas agressive, pensant que la sympathie aiderait plus que la violence pour obtenir tout en délicatesse quelques informations. Revenant vers sa désormais cliente, Aure offrit un plus large sourire qu’auparavant.

- « Bien, je ne sais pas vous, mais moi, je prendrai bien un verre. Je préviens ma collègue et j’arrive. Comme ça vous pourrez m’exposer vos projets et vos préférences pour le trajet, rapide, long, à pied, à cheval… Et puis ensuite en fonction de vos exigences, nous programmerons le départ. Votre moyen de transport pour rentrer chez vous se trouve en Karaal Gazar, je suppose ? »

Aure avait évidemment attendu d’obtenir une réponse avant d’aller prévenir sa collègue, qui était bien plus qu’une simple collègue plus qu’il s’agissait de sa mère adoptive de son départ, sans vraiment préciser qu’il y avait de fortes chances qu’elle disparaisse du jour au lendemain pour repartir en exploration. Au fond, la rousse n’avait pas uniquement accepté pour enquêter, bien au contraire, elle avait ce besoin de repartir et vite, pour chasser l’impression d’étouffement qu’elle ressentait depuis son retour. Et puis, plus elle était sur les routes, moins elle avait de chance de recroiser de nouveau ce Pedro.



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Allys Terasu
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Dim 24 Sep - 18:26
Irys : 1022993
Profession : Ingénieur mécanique
Daënar +1
Quelle drôle d'impression cela faisait. La situation était presque comique d'un point de vue d'extérieur. D'un côté le hasard avait permit à Allys de retrouver l'écusson malencontreusement accroché à la rousse et de l'autre, l'ironie de la situation était que le soldat avait passé plusieurs nuits avec l'étrangère sans même évoquer ne serait-ce que la présence d'Allys alors qu'elle-même indiquait le contraire. La marchande aurait très put insinuer à son tour que la daënare était une menteuse mais elle se contenta de ne pas insister. Mieux, elle décida de passer l'éponge sur le comportement de la voyageuse.

Si les choses étaient inversées, Allys n'aurait clairement pas eu le même tact. L'ingénieur aurait envoyé baladé l'étrangère et serait retournée à ses occupations. Non pas qu'elle aurait eut une réaction de rejet du peuple My'tra mais tout simplement car elle n'était pas la personne la plus sociable qui soit. Cela dit, la mage avait bel et bien la mentalité du coin, aussi ce n'était peut être pas surprenant de la voir aussi amicale et calme. Allys aurait pu tomber bien pire que dans des contrées de machines vivantes. Nul doute que certains habitants lui auraient sauté à la gorge si ses pieds avaient foulé une autre région.


« Mauvaise journée dites-vous ? Je pense être en mesure de le comprendre »

Allys lui adressa un regard entendu. Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi une daënare pouvait passer une sale journée dans une contrée normalement ennemie. Mais le soupire de son interlocutrice trahissait un réel dépit personnel. Cela dit, ce n'était pas le problème d'Allys. La seule chose dont elle aurait besoin serait que cette charmante guide accepte de réaliser ce voyage. C'est pourquoi la jeune femme se permit un soupire de soulagement lorsque la rouquine se releva et tendit sa main en signe d'accord. La mécanicienne ne lui fit pas l'offense de tendre sa main mécanique, c'est sa main de chair qui vint à la rencontre de la main my'tranne.

«  Je me nomme Aurore, il semblerait bien que je sois votre guide pour votre retour. Quand est-ce que vous voulez repartir ?»
« Appelez moi Allys. Eh bien, assez vite dans l'idéal. Demain matin ce serait possible ? »

La vendeuse n'eut apparemment pas le temps d'entendre l'entièreté de la phrase puisqu'un client pointa le bout de son nez à cet instant. Elle s'occupa de celui-ci mais le regard des deux jeunes femmes se croisèrent à plusieurs reprises. Allys tentait de faire bonne figure face à l'attitude à présent bienveillante de son interlocutrice mais elle n'avait déjà d'ordinaire pas l'expression avenante. Or, l'humeur de la jeune femme n'était pas au beau fixe. Le sourire qu'elle tenta amical n'était que pincé. C'est très exactement le moment que choisit Aurore pour proposer un verre.

« Ce n'est pas de refus, j’admets. »

Allys avait les jambes lourdes, ou plutôt la jambe lourde et l'autre traînante. Le besoin de se reposer se faisait clairement sentir depuis qu'elle s'était immobilisée. L'occasion de parler affaire assise sur une chaise et en toute tranquillité était la bienvenue.

«  Votre moyen de transport pour rentrer chez vous se trouve en Karaal Gazar, je suppose ? »

Elle hocha la tête en signe d'affirmation et attendit que la jeune femme prévienne sa collègue de son départ. Lorsqu'elle revint, elles purent se diriger vers une grande bâtisse rustique mais chaleureuse à l'intérieur. Allys était intriguée, voir même surprise de constater que la magie pouvait être utilisée à des fins divertissantes puisque sur la petite scénette se trouvait une illusionniste. C'est à cet instant que la blonde platine réalisa qu'elle n'avait pas prit le temps de s'intéresser aux coutumes des My'trans tout le long de son premier trajet. Elle n'avait eut en tête que la recherche de sa mère, rien de plus. Toute son énergie utilisée à percer le mystère de sa disparition. Et il fallait bien avouer que la magie était belle à voir, pas seulement dangereuse si bien qu'elle se détendit légèrement.

Les deux femmes s'attablèrent un peu à l'écart des autres tablées afin d'éviter les regards hostiles des autres clients s'ils avaient l'audace de poser leurs yeux sur les prothèses de la mécanicienne. Finalement, après avoir commandé à boire, ce fut Allys qui rouvrit le dialogue.


« Alors voilà, l'idéal serait de voyager à cheval. Je n'ai pas de date imposée pour le retour mais il est clair que de voyager à pieds serait l'enfer compte tenu de ma situation... Physique j'entends. » Elle sous-entendait clairement sa jambe de métal. « Pour autant si nous n'allons pas au plus court cela m'irait, je ne tiens pas à croiser un trop grand nombre de My'trans. M'est avis que tout les habitants ne sont pas aussi bienveillants de vous et je ne tiens pas à risquer nos vies ni que votre réputation en pâtisse à cause de moi. »

Non pas que son bien-être soit important pour la jeune femme, mais il lui paraissait honnête de ne pas mettre Aurore dans des ennuis inutiles.




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Aurore Seraphon
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Lun 25 Sep - 15:02
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Un sourire, c’était une réponse simple et courtoise, qui passait généralement toujours bien. Cela évitait de dire des choses que l’on pouvait regretter et surtout, cela permettait à Aurore ne pas s’exprimer davantage sur des sujets qu’elle ne maîtrisait pas forcement. La poignée de main fut serrée, signe d’un accord silencieux que les deux femmes à première vue bien différentes venaient de passer. Au fond, ce n’était pas réellement le fait de l’aider qui était devenu très important pour Aure, mais bien le fait de raccompagner –encore- un membre du peuple opposé vers la sortie. Inutile de venir fouler les terres remplies d’une philosophie qu’il n’était pas en mesure de comprendre. Inutile de venir bafouer davantage les croyances et les coutumes d’un groupe d’individu vivant en harmonie avant l’arrivée de ces ennemis. Évidemment, la rouquine n’en avait rien dit, réajustant un sourire convenable sur ses lèvres. Le paraître était quelque chose d’important, Aure en avait bien conscience, ainsi ne laissait-elle jamais le moindre indice sur les pensées qui l’animaient. D’un geste de la main, la mage lui avait indiqué le chemin à suivre, Aure n’avait –pour le confort de sa cliente- pas choisi une taverne trop fréquentée, sans pour autant qu’elle soit mal fréquentée évidemment. Si l’omniprésence de la magie dans l’établissement avait de quoi surprendre un étranger, pour Aure, c’est tout juste si elle remarquait encore. Une illusionniste contait une histoire, amenant le visuel à la parole, la gérante agrémenter les tables de fleurs, verres et nappe faisant déplacer le tout à l’aide de don offert par Amisgal. Difficile pour Aure de ne pas être à son aise, difficile de perdre un sourire, alors que toute son enfance semble l’engloutir soudainement par un bon nombre de souvenirs.

Un bref coup d’œil à l’intérieur lui avait permis de se rassurer et de rassurer également cette cliente un peu singulière. Le lieu n’était pas bondé, l’odeur de l’alcool pas encore trop présente. Stratégiquement, Aure avait choisi une table un peu à l’écart afin de ne pas attirer trop les regards sur cette étrangère un peu trop mécanisée pour elle. Aucune nausée cependant, du moins, pas suffisamment forte pour ce soit perceptible. Ou bien était-ce l’habitude à présent de fréquenter ces autres ? Une fois installée, Aure avait tendu légèrement ses jambes, cherchant à détendre des muscles un peu douloureux. Elle qui avait dernièrement rarement fait de pause, ou qui n’était immobile que rarement, semblait éprouver quelque difficulté à réintégrer son ancien quotidien. La tenancière était rapidement venue prendre la commande, évitant toute réflexion déplacée, même si elles n’avaient pas manqué de lui brûler les lèvres. Commande prise elle avait disparu pour la préparer, laissant les deux jeunes femmes seules, la conversation pouvait donc reprendre.


- « Je ne suis pas bienveillante » cru bon de réajuster la rousse « J’estime simplement qu’en tant que commerçant, on ne choisit pas ses clients. » Demi-mensonge cependant « Nous ne sommes pas des sauvages. » Poursuivit-elle un peu décontenancé par les propos tenus « Je suppose que si une personne de My’trä se rendait chez vous et utilisait sa magie en public, elle attirerait les regards. C’est la même chose pour vous avec votre…équipement. »

Difficile de donner un mot, une fonction aux prothèses de son interlocutrice. Aurore n’en avait vu qu’une fois, c’était il y a bien longtemps. La conversation avait été finalement interrompue par la présence de la tenancière qui déposa sur la table les deux consommations, non pas sans un regard appuyé vers la mytränne. Ne comprenait-elle certainement pas cette soudaine passion pour l’étrangeté. Aure, l’avait remercié, simplement, sans rajouter quoi que ce soit d’autre, avant de reprendre naturellement le fil de ses propos.

- « Qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver… ainsi ? Je ne sais que cela ne me regarde pas, ne vous sentez pas obliger d’y répondre. »

La rouquine avait levé légèrement son verre avant d’avaler une gorgée. Elle n’avait rien commandé d’extraordinaire une infusion de plante, plutôt forte, mélangée à un soupçon d’alcool histoire de réveiller un peu ses papilles. Aurore était curieuse de nature, même si elle essayait généralement de camoufler ce trait de caractère un peu trop prenant à son goût. Un nouveau sourire sur ses lèvres, plus rassurant, elle réfléchissait désormais à présent au voyage. La cliente lui parlait de monture, Aurore ne pouvait que le confirmer, c’était une évidence à ses yeux. Elle hésitait à prendre un bateau, question d’efficacité, mais l’envie de la blonde de rester discrète allait à l’encontre de cette possibilité.

- « Pour les montures, ce n’est pas un problème, j’ai ce qu’il faut. Vis-à-vis de votre disons, mh, condition, il y a-t-il des choses que vous n’êtes plus en mesure de faire ou une fatigue plus importante à noter ? » c’était important pour la mage de savoir, d’anticiper les besoins potentiels de sa cliente « Deux solutions sont envisagables pour le transport, soit resté à deux, prévoir l’alimentation et quoi faire des campements jusqu’à arriver à votre destination. C’est la solution certainement qui permet le plus d’isolement. Sinon, nous pouvons prendre le bateau d’un port à un autre, mais là, cela veut dire cohabiter le temps du voyage avec d’autres voyageurs. C’est vous qui décidez, en fonction de ce choix, le matériel nécessaire sera différent. »

Aure s’était réinstallée dans sa chaise, repliant légèrement les jambes, les croissants entre les pieds du meuble. Elle réfléchissait en même temps qu’elle exposait les faits. Ses doigts jouaient doucement sur le bois de la table alors que son esprit cherchait à visualiser le trajet parfait. Beaucoup de questions venaient titiller l’esprit de la jeune femme, beaucoup qui ne concernait pas forcement ce contrat si, ou pas seulement. Est-ce qu’il était nombreux à fouler leur terre, est-ce qu’il cherchait quelque chose de précis ? Ces deux rencontres, ayant visiblement un lien n’était que le fruit du hasard, ou quelque chose de plus grave se tramait-il à l’abri des regards ? Aure avait pris une inspiration, secouant doucement la tête cherchant à se remettre les idées en place. Chaque chose en son temps, elle obtiendrait bien bon nombre d’information sur le chemin.



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Allys Terasu
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Mar 26 Sep - 22:08
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La rouquine se sentit obligée de corriger Allys. Certes, le mot bienveillance était probablement maladroit mais après tout ce n'était pas la faute de la daënar de devoir traduire elle-même les expressions... inexpressive des habitants de cette contrée, y compris celles de la marchande. Ce n'était clairement pas chose aisé, d'autant plus que l'ingénieure était, elle, tout l'opposé : un livre ouvert. Allys ne s’embarrassait pas des apparences. C'était futile et contre-productif de se cacher. Si elle n'aimait pas quelque chose, elle le faisait savoir et si au contraire elle était en accord, elle le manifestait. Les apparences mensongères avaient plutôt le don de l'irriter. Malgré tout, ce n'est pas la chose qui froissa la jeune femme mais plutôt les paroles déformées. En aucun cas Allys n'avait traité son peuple de sauvages, chose qu'elle aurait le plaisir de mettre au clair lorsque la parole sera à nouveau libre. En attendant, elle respecta les paroles, bien que maladroites elles aussi.

La tenancière choisit cet instant pour déposer les commandes non sans jeter un regard appuyé en direction de Aurore. Il était clair que la présence de la mécanicienne mettait les gens mal à l'aise. De son côté, Allys avait l'habitude. Avant de se retrouver avec des prothèses, elle avait également vécu de genre de réactions. Après tout, elle n'était pas vraiment d'une nation en particulier et ne cherchait pas à se fondre dans le décors. Allys n'était pas à son aise mais seulement parce qu'elle ignorait tant de choses à propos de ce continent si mystérieux dont parlait sans cesse sa mère. Ce ne serait plus jamais le cas. A moins qu'elle ne se sente la force d'y revenir et de trouver un semblant de place comme elle l'avait fait auparavant en daënar. Aujourd'hui elle ne s'en sentait pas la force. Le choc psychologique récent avait laissé en elle un sentiment de rejet total.

Heureusement pour elle, la rousse lui parlait suffisamment pour qu'elle ne s'égare pas dans ses pensées trop longtemps. Même si la question posée était délicate. Allys ne répondit pas sur l'instant, prenant une gorgée de sa boisson, une spécialité de la région à base de caféine semblerait-il. Aurore se plongea alors à corps perdu dans ses réflexions et cela eut le mérite de tirer un sourire, quoi que furtif, à la blonde. Sa curiosité et ses tics nerveux étaient sans doute des défauts selon son interlocutrice mais pour Allys cela révélait un véritable caractère et des émotions, ce qui la ravit. Reposa sa tasse, Allys se redressa.


« Eh bien, voilà de nombreuses interrogations. Je vais répondre aux plus terres à terre en premier lieu. J'aimerais plutôt voyager en toute tranquillité. Il s'agit plus d'une préférence, et également d'une aversion pour l'eau pour être tout à fait honnête, même si l'idée de voyager richement entourée ne m'aurait pas comblée. Non pas que je prenne votre peuple pour des sauvages. Si mes propos précédents vous ont heurtés, ce n'était pas mon intention au contraire. Je suis simplement méfiante et prudente. J'ai déjà assisté à bien plus que du simple dédain ou de la curiosité... Croyez-moi, et d'un côté comme de l'autre, les événements récents ont poussés certains à des extrêmes que je ne nous souhaite pas. »

Le premier point étant établit. Allys prit une grande inspiration. C'était une chose bien plus délicate à exprimer.

« Quand à ce que vous appelez mon équipement... Ce n'en est pas un. Je n'ai pas choisi de le porté comme on porterai une arme ou que l'on ferait une démonstration de sa magie. Ça fait parti de moi que je l'ai souhaité ou non. En l’occurrence, pendant longtemps j'ai souhaité me l'arracher. »

Allys était d'une nature franche. Ce n'était certes pas les affaires de l'inconnue mais elle ne voyait pas l’inconvénient de lui en parler, cela n'écorcherait en aucun cas son amour propre. Le passé est déjà tracé, pourquoi s'en cacher ? D'autant plus que cela lui permit de mettre en avant son point de vu de la situation présente.

« Vous semblez avoir un jugement bien précis sur moi. Enfin, à ce que je crois percevoir, vous n'êtes pas aisée à cerner. Quoi qu'il en soit, contrairement à ce que vous pensez de moi, ce sont des daënars qui m'ont fait cela, justement parce que je suis différente. Je suppose que vous n'avez vu que les morceaux de métal dans ma chair et rien de plus, pourtant il existe bien plus que deux clans ennemis. Je n'ai rien d'une envahisseuse venue prendre de haut un peuple et sa culture. »

Allys avait prononcé ses paroles avec neutralité mais son expression était bien plus profonde. Elle n'avait pas la foi de parler avec sécheresse comme à son habitude ou avec dédain. Son voyage l'ayant particulièrement troublée, elle se contenta de rester honnête et humble. Après cette longue tirade, elle ignorait la réaction d'Aurore.




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Aurore Seraphon
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Mar 3 Oct - 21:34
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Aurore avait lâché un bref soupir, non pas qu’elle ne se sentait pas dans une posture agréable, ou que la compagnie de la jeune femme la dérangeait, loin de là. Simplement, que la fatigue venait gagner doucement ses muscles, que la conversation l’obligeait à conserver une attention constante et que l’ambiance plutôt cocooning du lieu venait titiller son envie de se détendre, d’abandonner cette réserve pour quelque chose de plus naturel. La rouquine avait doucement étendu ses jambes, laissant craquer ses chevilles dans quelques mouvements maîtrisés. Son regard s’était perdu sur la silhouette de son interlocutrice, sans pour autant la regarder avec trop d’insistance. C’était plus un regard un peu flou, sans réelle intention de fixer ou de déranger, comme regarder un point sans réellement le regarder. Aure avait dû légèrement relever le visage vers la blonde quand celle-ci avait repris la parole, offrant une argumentation que la jeune femme n’avait pas forcément pris en considération. Un sourcil relevé, la mage avisait cette fois-ci son interlocutrice avec un peu plus d’intérêt, un peu plus de curiosité aussi à ne pas en douter. Croisant les mains sous la table, juste sur ses cuisses, la jeune femme écoutait. Vraiment. L’explication concernant la maladresse eut un impact plutôt positif chez la novice de deux architectes. Elle comprenait parfaitement le point de vue d’Allys et ne manquerait pas de lui souligner que ce n’était pas réellement contre son appartenance, mais plus vis-à-vis de la technologie visible qu’elle affichait, volontairement ou non. Haussant lentement les épaules, le visage d’Aurore avait finalement réussi par se détendre.

- « Ce n’est pas réellement vous le problème. Pour être aussi transparence que vous précédemment, nous avons… Par nous j’entends, les personnes vivants ici, une certaine forme de réaction désagréable vis-à-vis des éléments que l’on ne connaît pas. Vos armes par exemple, elles provoquent de profondes nausées chez moi, la réaction peut-être beaucoup plus importante chez d’autre et là, je ne parle que de vos armes. Vous pouvez aisément imaginer qu’elles ne sont pas seules à provoquer des réactions. »

La rousse afficha un léger sourire, discret, sincère. À son tour, Aurore venait de faire preuve d’une transparence, comme elle l’avait dit, en admettant ressentir des sentiments négatifs, non pas vers l’individu qu’elle représentait, mais vis-à-vis des outils, objets que la blonde pouvait être amenée à utiliser. Prenant une inspiration, la mage avait pris le temps de réfléchir au trajet, du moins d’enregistrer les éléments qu’on venait de lui exprimer. La rouquine nota mentalement que celle-ci ne devait pas être franchement farouche pour amener ainsi et aussi facilement un point faible, une crainte. Pensée qui lui tira inévitablement un nouveau sourire.

- « Concernant vos contraintes, ne vous inquiétiez pas, les vôtres sont les miennes. Après tout, vous êtes la cliente, c’est à vous d’imposer vos conditions. Le plus important à mon sens, c’est votre satisfaction. Il en va de même de ma réputation, vous n’avez nullement à vous faire du souci de ce côté-là, j’ai toujours préféré me faire mon propre avis sur diverses questions. La connaissance de votre peuple en fait partie. » Elle replaça ses mains sur la table, jouant en faisant tourner le liquide de son verre « Nous prendrons plutôt deux montures terrestres, des chevaux certainement, je n’ai pas mieux pour l’heure à vous proposer. Nous passerons très certainement par les montagnes, cela nous permettra de faire des pauses dans des établissements ou bien de monter un campement, encore une fois, là-dessus, la décision vous revient. »

C’était tout, du moins, pour l’instant, concernant ce point de la discussion. La suite n’avait pas tardé à tendre vers autre chose, vers d’autres éléments plus intéressants, peut-être un peu plus déroutant à comprendre pour la novice en magie. Aurore avait relevé le visage, abandonnant son occupation avec la substance. Comment pouvait-elle ne pas choisir de porter un élément aussi, voyant, deux éléments même. La rousse avait dégluti lentement, prenant le temps d’avaler une gorgée de sa commande, un peu perplexe face à autant de choses qu’elle n’était pour l’heure pas en mesure de comprendre entièrement.

- « Je suis navrée » souffla-t-elle sincère « je crains de ne pas être en mesure de comprendre… Je n’ai pas vécu au milieu de cette normalité. » Aurore fit une pause, sans réellement savoir comment formuler sa pensée « Je n’avais jamais vu quelque chose comme ça, j’ignorais même son existence jusqu’à notre rencontre. Mon avis sur la question n’est donc pas très objectif, puisque je suis poussée par mes nausées à ne pas l’accepter, du moins à ne pas envisager cette normalité-là. Ce n’est pas contre vous, c’est un instant, un murmure qu’on ne peut pas gérer. Du moins, j’ai cette sensation. Je ne suis pas certaine de bien formuler ce que je veux dire, j’en suis désolée. »

Elle laissa un silence, pas forcément très long, pas forcément très court non plus, suffisamment pour laisser le temps à son interlocutrice de prendre en considération ses paroles. D’envisager le fait que cette haine, ou cette sensation désagréable de ne pas être intégré ou observer en permanence pouvait tout simplement être physique, du moins vis-à-vis de la technologie qu’elle pouvait utiliser.

- « Je suis peut-être naïve, mais je veux bien croire que vous n’avez rien d’une envahisseuse, votre présence est simplement délicate vis-à-vis du passé de nos peuples… Cependant, le passé doit rester passé justement, à mon sens, il ne faut plus refaire les mêmes erreurs, c’est pourquoi j’accepter de vous aider. Vraiment. Quand souhaitez vous partir et pourquoi être venue ici, en groupe en plus ? »

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Allys Terasu
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Mar 10 Oct - 21:40
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Allys étant de nature observatrice, elle put constater que son interlocutrice montrait des signes de fatigue. Celle-ci tentait de se tendre et de focaliser son attention afin de suivre le fil de discussion, preuve en est qu'elle faisait de gros efforts. La jeune femme à la chevelure argentée, en revanche, ne sentait pas poindre la fatigue, et pourtant elle venait de voir défiler quelques bons kilomètres de paysage sans prendre le temps de s'arrêter auparavant. La faim commençait seulement à se faire sentir tant ses sens étaient titillés en ce lieu. Mais qu'à cela ne tienne, Allys n'y prenait toujours pas attention. Vous connaissez les étapes d'un deuil ? La daënare était perdue au milieu de tout cela. D'un côté elle accusait le coup et de l'autre elle plongeait pour l'instant dans le déni le plus total. S'avouer la mort de son père ne ferait que raviver la colère sourde que lui procurait le souvenir de la scène surréaliste auquel elle avait pourtant assistée, impuissante, il y a quelques heures. Alors à quoi bon se relâcher si cela voulait dire qu'elle serait submergée par un trop pleins de sentiments douloureux ?

Autant se focaliser sur le présent. En l’occurrence, Aurore soulevait un point intéressant. Les My'trans ne supportaient pas physiquement les objets typiquement daënars. C'était à la fois curieux et intéressant. Cela expliquait les réactions étranges que sa génitrice avait souvent eues lorsqu'ils vivaient sur le continent opposé. Sur l'instant, Allys eut une réaction inattendue. Pour une fois, elle s'intéressait au bien-être d'une autre personne puisqu'elle redescendit sa manche et sorti l'un de ses gants afin de l'enfiler sur sa main de métal.


« Oh, je ne savais pas. Rassurez-vous à par cela, je ne crois pas posséder quelque chose qui vous causerait de troubles. Mes armes sont rudimentaires, je n'ai que des lames. Rien de sophistiqué. »

La rousse reprit à nouveau la parole, mais pour rebondir sur un autre sujet, plus terre à terre. Allys hocha doucement la tête. Aurore était visiblement une personne intéressante. Tout en restant professionnel, elle laissait échapper une information intéressante. Ainsi elle était ouverte à un dialogue plus profond avec le peuple opposé. Et après tout pourquoi pas ? Les deux femmes s'étaient montrées franches depuis le début, cela pourrait être intéressant. Cependant, Allys ne fit aucun commentaire là dessus, se contentant de répondre aux questions pratiques.

« Le voyage en cheval me conviendrait tout à fait, quant aux points de repos... Si le passage en ville est nécessaire je n'y verrai aucun inconvénient mais établir des campements me suffiront amplement. Pas besoin de se rouler dans la soie pour bien dormir. »

Allys afficha ce qui pourrait s'apparenter à un léger sourire mais difficile à dire. Quoi qu'il en soit, elle ne voyait vraiment pas l’intérêt de dépenser de l'argent là où il n'y en avait pas besoin. Et pourtant les Architectes savent à quel point elle n'est pas dans le besoin question argent. Allys a tout simplement passé une bonne partie de sa vie dans un milieu hostile et rude. C'était peut être étrange, mais la blonde avait beau être une ingénieure renommée dont l'indifférence pouvait s'apparenter à une sorte de prétention mais elle menait en réalité une vie relativement simple. Enfin du moins, son mode de vie n'avait rien de faramineux.

Et puis, la discussion s'était faite bien plus profonde en une poignée de secondes. Allys n'avait fait qu'évoquer la dure réalité de son état mais pour Aurore c'était une chose si nouvelle et inattendue qu'elle semblait déboussolée, cherchant les mots capables de formuler correctement ses pensées. Comment blâmer la rousse pour cela ? Elle était une pure My'tran, ayant probablement vécu ici depuis toujours, avec les préjugés sur les daënars véhiculés depuis son enfance. Voir les choses autrement qu'en noir ou blanc est difficilement possible dans ces conditions. Aurore était pourtant pétrie de bonnes intentions, prête à ouvrir sa confiance face à cette étrangère.


« Oh, en groupe, on ne peut pas vraiment dire ça. Nous sommes venus tout les deux car nous avions des choses importantes à faire. Différentes, d'ailleurs. Pour être franche avec vous, mes raisons étaient plus que personnelles. Je comprend que ce genre de chose puisse vous échapper, mais, pour ma part, j'ai toujours eu une vision de normalité assez décalée même si je dois admettre pour une fois être aussi perdue que vous.

Avez-vous déjà pensé à ce que pourrait être le monde si les My'trans et les Daënars étaient capables de vivre ensemble ? Disons que j'en ai eu une vision sous les yeux pendant longtemps. C'est étrange mais faisable. Enfin... Jusqu'à présent, je pensais que les choses pouvaient êtres vues sous un autre angle que simplement deux peuples si différents l'un de l'autre qu'ils ne parviennent à vivre ensemble en harmonie. Seulement, il semblerait que cette réalité-là soit aussi absurde que les autres
. »

Allys poussa un profond soupire. D'un côté, elle était tentée de raconter de grosses parts de sa vie afin de se confronter à l'avis d'une my'tranne, mais de l'autre, était-ce raisonnable ? Elle en avait beaucoup dit déjà. Et cela remontait en elle un sentiment de mal-être qu'elle tentait pour le moment d'éloigner. En parler plus avant serait remettre sur le tapis une chose qu'elle préférait oublier le plus longtemps possible.

« Écoutez, si cela vous intéresse, nous pourrions échanger nos opinions demain après une bonne nuit de sommeil, histoire de pimenter notre voyage. Non pas que je ne veuille me débarrasser de vous ce soir, mais vous me semblez épuisée, et je dois avouer qu'un peu de repos ne me ferai pas de mal non plus. »




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Aurore Seraphon
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Mer 11 Oct - 17:44
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Cette femme était différente des autres étrangers, bien trop pour qu’elle puisse paraître anormale aux yeux de la rousse. Aurore la détaillait avec cette fascination des grands instants, avec l’impression que quelque chose d’important est en train de se jouer, juste là sous notre nez sans pour autant l’identifier. Elle semblait si différente de Wendy, d’Hex, ou d’autres non My’trän qu’elle avait pu croiser, bien trop pour que la jeune femme conserve cette méfiance permanence. Comment faisait-elle avec cette douceur, cette fragilité, cette non-nécessité des choses surplus pour supporter ce type avec qui Aure avait dû collaborer. Ses deux prunelles émeraude avaient dû s’écarquiller sous la surprise de son questionnement, lentement elle avait terminé son verre le redéposant sur la table. Haussant les épaules, secouant doucement sa chevelure pour se remettre dans les idées dans le bon ordre, Aurore tâchait de se reconcentrer sur son interlocutrice un peu particulière. Uniquement des lames, pas d’arme à feu trop moderne ? Cette femme était réellement intéressante, peut-être un peu trop au goût de la mage. Allys était spéciale et parvenait à attiser la curiosité de la my’tränne avec brio. Les dernières interrogations venaient de se régler, le choix de la mouture était fait, le chemin à emprunter choisit, il ne restait plus qu’à rassembler les affaires nécessaires pour se mettre en route. Demain. Les dernières paroles de la jeune femme auraient pu provoquer un débat jusqu’à pas d’heure, mais Aure était d’accord avec elle, mieux valait se laisser de quoi discuter pour le trajet qui lui s’annonçait plutôt long.

- «  Vous avez raison, nous avons tous deux besoin d’une nuit réparatrice. D’autant plus que le trajet sera long et certainement animé. Nous voyagerons uniquement de jour, à la fois pour soulager nos montures, mais aussi pour éviter les mauvaises rencontres, animale, ou humaine. » Aure se pinça les lèvres, puis avait poursuivi « Je vous propose de me retrouver à notre point de rencontre de tout à l’heure, disons milieu de matinée. Chacune aura ainsi le temps d’acheter ce qui lui manque pour le voyage. Il faut prévoir de quoi manger et boire et le minimum vital pour le trajet. Ça ira ? »

Aure opina légèrement de la tête, se releva doucement pour lui tendre la main histoire de sceller définitivement cet accord. Une fois ceci fait, elle inclina légèrement le visage puis disparu jusqu’au comptoir pour régler les différentes consommations, elle s’éclipsa ensuite par la porte principale où elle se retrouvera enfin dehors. Une grande respiration plus loin, Aure avait rapidement rejoint sa mère adoptive sur le stand, juste le temps pour elle de tout rangé, rechargé afin de rentrer vers le domicile. La jeune femme était plutôt de nature discrète, elle n’étalait pas ses rencontres ou ses projets, ainsi ne jugea-t-elle pas encore utile de révéler le contrat qu’elle venait d’accepter. Le retour à la ferme fut silencieux, trop au goût de la mère qui n’avait pas tardé à faire sombrer sa fille sous une montagne de question. Un soupir las s’était échappé des lèvres de la rousse, qui une fois toute déchargée au domicile avait disparu pour préparer son voyage. Les éléments pour les deux cheveux n’avaient pas mis longtemps à être rassembler, tout comme la préparation de son sac quasi tout le temps prêt à l’avance. Une corde, de l’alimentation, des dagues, une gourde, son arc, des flèches, une peau pour faire office de couverture, une autre qui assembler formerait une tente plutôt agréable et diverse d’autres objets utiles qui pouvaient servir. Le repas fut de nouveau silencieux, ou presque, Aure jugeant qu’il était temps de prévenir de son futur départ.

- « Je pars demain matin, pour sept jours au moins. Je dois accompagner une voyageuse jusqu’à Busad. »
- «  Tu pars encore alors, tu ne penses pas qu’il serait grand temps que tu t’installes ici, définitivement, que tu fondes quelque chose à ton tour ? »

Aurore avait simplement haussé les épaules, elle n’avait pas envie de débattre, pas envie de s’expliquer encore quant à son besoin de liberté et d’exploration.  La jeune femme avait débarrassé la table avant de rejoindre sa chambre pour passer la nuit. Celle-ci fut calme, reposante, chose plutôt positive vue la suite qui attendait la jeune femme et sa cliente. Aurore s’était habillée de sa tenue habituelle, avait descendu les marches son sac sur le dos, l’arc et le carquois sur son côté, scella les deux cheveux. Alezane pour elle et Focus pour sa cliente. La rousse s’était hissée sur sa jument, faisant attention que l’étalon la suive attentivement jusqu’au point de rendez-vous. Une fois là-bas, Aurore avait attendu le temps qu’il fallait, elle n’avait nullement eu besoin de faire des achats, puisque tout ce dont elle avait besoin était déjà en sa possession. La rousse avait laissé les bestioles grignoter à droite à gauche sans réellement y faire attention, à quoi bon, les deux montures étaient de véritables ventres sur sabots. Quand la silhouette de la blonde se dessina au loin, c’est un sourire de soulagement qui s’était affiché sur les lèvres de la jeune femme, heureuse de ne pas s’être vu poser un lapin. Alors qu’elle s’approchait elle la salua d’un geste de tête avant de reprendre la parole d’une voix douce et particulièrement calme :

- «  Bonjour, je suis ravie de vous revoir, j’espère que vous avez bien dormi, nous avons du chemin à faire. Vous savez monter à cheval, avec vos… aides mécaniques, ça ira ? »

La jeune femme lui avait tendu le licol de sa monture, l’avisant du coin de l’œil avant de monter sur la sienne.

- « Il se nomme Focus. Il a un peu de caractère, adore manger… Il ne devrait pas vous poser de problème, il faut encore passer quelque part pour vous, où nous pouvions y aller ? »



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Allys Terasu
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Mer 18 Oct - 20:34
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Daënar +1
La my'tranne était d'accord. Allys avait été direct dans ses propos en mettant fin à la discussion mais par chance elle avait du faire preuve de tact. Suffisamment pour ne pas froisser son interlocutrice. La rousse donna les dernières instructions avant le grand départ puis les deux femmes se serrèrent la main en signe d'accord. Un dernier signe de la tête et Aurore disparu du champs de vision de la jeune femme... qui s'autorisa un long soupire. Comment en était-elle arrivée là ? Sa vie avait basculé en si peu de temps... Qui était-elle devenue à présent ? Après avoir tant été déçue de ses origines daënares, voilà maintenant que sa moitié my'tranne l’écœurait. Au moins, dans son malheur, elle avait réussi à se montrer gentille avec une inconnue. Et lui demander de l'aide. C'est dire à quel point les changements récents dans sa vie la rendaient aussi inoffensive qu'un Erveekhei.

Il était temps de s'activer avant que son esprit ne s'égare trop loin. Elle avait plusieurs choses à faire. Premièrement, récupérer des provisions pour le voyage. Allys possédait déjà le strict nécessaire mais quelques denrées supplémentaires seraient les bienvenues pour le retour. Ensuite, elle s'attarda chez un vendeur d'armes afin d'acheter deux couteaux de lancés dont les manches étaient joliment illustrés de gravures purement my'trannes et s'offrit un long gant de cuir sur un étale de marchand. Une fois ses transactions effectuées, la mécanicienne loua une chambre à l'auberge la plus proche et s'offrit le luxe d'un bon repas chaud lors d'une représentation d'un groupe de maîtres de l'air. Cela eut le mérite de captiver son attention. Et puis, lorsqu'elle n'eut plus de raison de s'attarder, elle rejoignit sa chambre.

A présent elle était entièrement seule. Poussant un long soupire, elle laissa tomber au sol l'ensemble de son paquetage et ne tarda pas à s'écrouler elle-même. Il n'y avait plus rien pour la distraire, lui faire oublier cette journée aussi absurde que douloureuse. Elle avait perdu à tout jamais son père et sa mère aussi, d'une certaine manière. Au fond, que lui restait-il ? Toute sa vie durant, elle avait fait en sorte de se tenir éloignée des autres, indifférente, solitaire... Pourtant elle aurait tant rêver se consoler dans les bras maternels de Mélëna. Mais il fallait se rendre à l'évidence, l'amour de ses architectes était plus grand que celui qu'elle éprouvait pour sa famille. Pourquoi ? Qu'avaient-ils de mieux ? Qu'avaient-ils fait pour elle à part lui voler sa vie, son histoire, presque même son identité ? Quels genre de monstres étaient-ils ces tout puissants pour corrompre ses souvenirs ? Après l'amour de sa vie, ils finiraient un jour par lui faire oublier sa propre fille.

Recroquevillée contre le mur, Allys fondit en larmes.


**

Au matin, Allys avait gardé la mine grave mais la nuit de sommeil au creux des bras de morphées lui avaient offert un répit à sa souffrance. La jeune femme se vêtit d'un pantalon et d'une chemise longue avant d'enfiler ses lourdes bottes de voyages. Une tenue simple mais efficace pour des traversées. Une fois ses affaires rassemblées, elle attrapa son paquetage et descendit au point de rendez-vous. Aurore l'y attendait, montée sur son propre cheval et parée au départ visiblement. Allys lui adressa un signe de tête avant de la rejoindre.


« Bonjour Aurore. Oui, suffisamment pour tenir jusqu'à la nuit tombée rassurez-vous. Vous semblez en meilleure forme également. »

Allys attrapa le licol de sa monture d'une main tendit qu'elle flatta de quelques caresses l'animal. Son fier Alky lui manquait mais Focus ferait très bien l'affaire. Il était robuste et calme de caractère. La combinaison parfaite pour un voyage en toute tranquillité. La jeune femme monta alors le cheval avec une certaine facilité malgré ses jambes inégales. Son aisance avait été difficile à acquérir mais avec une aussi grande monture en sa possession Allys avait eut de quoi s’entraîner.

« Il me conviendra parfaitement. Je suis prête également, j'ai fait quelques achats hier pour que nous soyons tranquilles. »

Sur ces paroles, la blonde extirpa de son attirail le long gant de cuir dont elle avait fait l'acquisition la veille. Elle l'enfila aussitôt. Celui-ci recouvrait la totalité de sa main et de son avant bras mécaniques. Sa jambe de métal était quant à elle déjà recouverte par ses habits du jour.

« J'ai pensé que cela vous serait plus agréable de voyager sans haut-le-cœur. »

Puisque les deux femmes n'avaient plus rien à prévoir, elles intimèrent à leurs montures de s'élancer en direction de la sortie du village. Le voyage débutait sur une note amicale, cela n'augurait que du bon pour le reste du chemin. Enfin, du point de vue d'Allys en tout cas. Après tout, les rares fois où elle s'était montrée agréable s'étaient révélées positives.




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Aurore Seraphon
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Jeu 19 Oct - 20:09
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- «  En effet, je suis moins fatiguée qu’hier. C’est un grand chemin qui nous attend, j’espère que celui-ci sera plutôt calme. »

Si Aure ne fit aucune réflexion vis-à-vis du gant, c’est une attention qui la toucha sincèrement. Difficile de croire qu’elle était la compagne de l’homme qu’elle avait rencontré peu de temps avant, tous deux étaient royalement opposés. Elle flatta l’encolure de sa jument, laissa ses doigts glisser jusqu’à sa crinière avant de donner la première impulsion pour lancer le départ. Alezane se mis directement en route et Focus par réflexe avait très certainement suivi, tout en restant attentif à sa cavalière. La rouquine conserva d’abord le silence, plus par concentration, le temps de sortir définitivement de la ville. En y regardant bien il était évident que la population ne portait pas un regard bienveillant vis-à-vis des étrangers. Un bref soupir d’agacement avait fini par fuir ses lèvres. Ses deux perles émeraude s’étaient déposées sur sa camarade de route, comme pour vérifier qu’elle n’est pas trop touchée par les possibles réflexions qu’elle avait pu entendre.

- «  Ne faites pas attention à eux » souffla la mage « Je crains que comme partout, notre peuple ne soit pas encore prêt pour le changement. Que voulez-vous les méfaits passés d’un côté ou de l’autre ont troublés la quiétude des deux peuples. »

C’était la conclusion logique qu’Aure avait fini par tirer de tout ça. D’abord parce qu’elle était elle-même sujette au rejet des étrangers et qu’elle avait dû faire preuve de beaucoup de réflexion pour admettre que tous n’étaient pas à mettre dans le même panier. Le rythme fut ensuite un peu plus prononcé, un trot léger, mais efficace afin de confirmer l’éloignement de la ville, direction la crique blanche, lieu qu’elle avait eu envie de faire voir à cette inconnue, afin qu’elle prenne elle aussi conscience des joyaux que pouvait avoir la région.

- «  Nous allons passer par la crique blanche, est-ce que vous connaissez ? On ne montera pas notre premier camp là-bas, mais un peu plus loin. Trop de rumeurs circulent autour de cet endroit, je n’ai pas dans l’intention de les infirmer ou de les confirmer. »

Elle afficha une moue un peu enfantine, un peu perdue. Il était vrai que le lieu était magnifique en plein jour, ou à la tombée de la nuit, elle ne risquerait cependant pas d’y traîner une fois l’astre définitivement couché. Le grand galop fut finalement ouvert et c’est dans des bruits de sabots mélangeant la terre que l’aventure s’était poursuivie. Si la mage semblait faire attention en permanence à sa cliente, elle la laissait cependant respirer et agir comme bon lui semblait. La jeune femme espérait que les paysages verdoyants feraient leur petit effet, que les plaines et les quelques animaux qui avaient accepté de pointer leur nez trouvent grâce aux yeux de celle qui vivait certainement au milieu d’une technologie omniprésente. Lentement, Aurore avait fini par caler le rythme de sa jument sur celle de Focus, afin de tenter de communiquer un peu avec sa binôme d’aventure :

- «  Alors, dites-moi, comment vous avez rencontre votre compagnon ? Si ce n’est pas trop indiscret évidemment. »

C’était histoire de faire la conversation, de s’intéresser à la seconde cavalière, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur celle-ci, de comprendre la raison personnelle qui l’avait poussé à venir ici. La conversation avait fini par perdurer si bien que le duo un peu particulier ne s’arrêta qu’une fois à la destination finale du jour, ou presque. La crique était un point d’eau abondant de la région, positionné au centre de My’trä. L’étang est très peu profond et rempli de petits cailloux déposant parfois de la surface, tant la profondeur n’est pas importante. Aurore laissa la blonde admirer le lieu, quitte à descendre un peu de sa monture, d’ailleurs la rousse n’hésita pas longtemps avant de le faire, histoire de laisser la paume de ses mains entrer en contact avec l’eau et de se mouiller l’arrière de la nuque. Si le voyage avait été sans imprévu, il n’en restait pas fatigant. Sa jument était déjà venue s’abreuver, profitant de l’herbe bien verte pour mastiquer un peu.

- « Les habitants de la région offrent bon nombre de superstitions à ce lieu. On dit que Dalai en personne vient ici parfois en son centre, ou alors que des enveloppes d’Orshin viennent ici sans jamais être agressives. »

Les croyances du peuple des mages étaient nombreuses et leur croyance ne semblait jamais avoir de limite, personne ne pouvait se détourner de son architecte, du moins sans prendre le risque de tout perdre, jusqu’à risquer de devenir une anomalie. Aure lui laissait finalement le temps de prendre ses marques de profiter, de converser ou de découvrir davantage avant de repartir pour dresser un campement un peu plus loin. Dans l’esprit de la mage, il était toujours hors de questions de passer sa nuit ici. IMPOSSIBLE.



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Allys Terasu
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Dim 22 Oct - 19:45
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Allys se mura dans l'impassibilité qui lui était caractéristique. Alors que les deux femmes quittaient la ville à dos de cheval, les quelques passants dévisagèrent lourdement la daënare. Quelques uns osèrent même faire des réflexions. En ces temps troublés, Allys représentait une menace ou au moins un inconnue dérangeante, sans doute la cause de récits diabolisant le peuple qui leur était opposé. Après tout, Allys avait vu les mêmes sur le continent adverse. Aurore se tourna brièvement vers la blonde, le visage froissé par l'irritation. La jeune femme leva alors vers elle son regard ambré avant de hausser les épaules bien que son corps soit tendu.

Pour toute réponse, la mécanicienne donna une légère pression du talon afin de faire accélérer l'allure de sa monture. Focus dépassa sa camarade dans un trot et garda la tête quelques minutes. D'ordinaire Allys aurait royalement ignoré les habitants ou bien aurait rétorqué avec son amabilité habituel une pique bien sentie, cependant sa carapace s'était nettement fissurée cette dernière année. Quelques foulées plus loin de sa guide, elle se permettait ainsi de quitter plus rapidement cette ville. Une fois à bonne distance, elle laissa son cheval se remettre au niveau de la jument.

Aurore lui indiqua leur première destination. La crique blanche... Allys secoua la tête négativement. A l’allée, elle n'avait pas prit la peine d'explorer correctement. Elle était allée de ville en ville en suivant la trace de sa génitrice. C'était son seul objectif et elle n'avait pas pour habitude de faire des détours. En Zochlom, le tourisme se révélait mortel. Aller d'un point A au point B, voilà la seule chose qu'il fallait faire pour survivre. Pour ce voyage, un peu de distraction ne serait pas de refus. Cela lui redonnerait peut être une meilleure image de My'tra. De toute manière, c'était le but de sa complice de route, qui donna un nouveau tempo en lançant sa monture au galop. Allys intima à son tour à sa monture de s'en donner à cœur joie.

Les paysages étaient splendides, il est vrai. Des kilomètres de verdure vallonnées que les sabots de Focus foulaient avec aplomb. Cela changeait des infinités sablées de Zochlom et des architectures des métal omniprésentes de Daënastre. Ici la nature était reine. C'était vivifiant, à vrai dire. Suffisamment pour mettre Allys de bonne humeur.

Après un moment de course libre, les deux jeunes femmes laissèrent leurs chevaux respirer en décélérant l'allure. Aurore posa alors la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur rencontre : Comment diable avait elle rencontré Hex ? Il fallait bien avouer que c'était peu commun de rencontrer deux daënars en peu de temps, d'autant plus en relation.


« C'est la rencontre la plus improbable que j'ai fais de ma vie. A vrai dire, ça avait plutôt mal commencé... En général je suis plutôt difficile à aborder. D'autant plus de la manière brute de coffre dont il a fait preuve. J'avais clairement sorti les griffes lorsqu'une sirène d'alarme à retentit dans toute la ville. On se faisait attaquer par des pirates du ciel. Heureusement pour nous, Hex s'est révélé un tacticien de génie.... »

Allys se lança alors dans le récit de leur mésaventure. Comment leurs caractères forts que tout semblait pouvoir opposer s'étaient révélés faire d'eux une équipe complémentaire et par quelle chance ils avaient retourné la situation à leur avantage. Elle lui expliqua le plan suicidaire que le soldat avait imaginé pour mettre fin à l'attaque et comment du haut de la tour, ils avaient faillit y rester.

Allys n'eut pas le temps d'en dire plus. Les deux femmes avaient discuté tout le long du trajet et pourtant les voilà déjà arrivées à destination. Aurore mit pied à terre la première, rapidement suivie par la blonde dont le regard s'adoucissait sous l'émerveillement du lieu. Cela n'avait rien d'incroyable, pourtant pour Allys c'était un cadre unique. L'ingénieure se rapprocha de l'étang, admirant sa drôle d'architecture. Les cailloux semblaient former un cercle en son centre ; ce qui était étrange mais beau à regarder. La jeune femme s’agenouilla devant l'étendue et disposa ses mains en coupole afin de se désaltérer.


« Les habitants de la région offrent bon nombre de superstitions à ce lieu. On dit que Dalai en personne vient ici parfois en son centre, ou alors que des enveloppes d’Orshin viennent ici sans jamais être agressives. »

Le regard de la blonde s'assombrit aussitôt à la mention des architectes. Ces tout puissants soit-disant dignes d'être vénérés par les My'trans. Allys n'éprouvait aucune rancœur envers les habitants. Ils n'étaient que des humains. Mais en revanche elle commençait à nourrir de la colère envers ces entités. Par le passé, ils n'avaient été que des chimères, des évocations étranges issues des récits de sa mère. Aujourd'hui, ils étaient des fantômes invisibles qu'Allys se mettait à détester.

« J'les met au défi d'venir tient. J'voudrais bien voir ça... »

Marmonna-t-elle à voix basse, les dents serrées. Elle se redressa alors et plongea son regard ambré dans celui de la rousse. Des questions envahissaient son esprit et lui brûlaient les lèvres. Elle ne put les retenir.

« Vous pensez que ces rumeurs soient vraies ? Est-ce que... Ça vous est déjà arrivé d'en voir un ? » Comment les My'trannes pouvaient les vénérer alors qu'ils ne leur apportaient rien d'autre que de la punition s'ils osaient douter un instant. « J'avoue je... Je ne comprend pas. »

La rouquine devaient sentir la profondeur du trouble de son interlocutrice mais pas son sens. Il y avait plus que de l'ignorance et de l'incompréhension typique d'une daënare. Sur les traits de la jeune femme se reflétait un réel désarroi. Allys voulait plus que tout comprendre. C'était la seule solution pour elle de ne pas renier sa mère, du moins la seule possibilité. Mais cela impliquait de se confier à cette inconnue. Le dilemme était grand. Devait-elle aller plus loin dans ses paroles ?




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Aurore Seraphon
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Lun 23 Oct - 0:32
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Si pour la non-mage il était complexe de comprendre la croyance qui pouvait unir le peuple des mages à leur architecte, pour Aure il était complexe de comprendre le lien qui l’unissait à l’autre non-mage. S’accroupissant devant l’étang, Aurore récupéra un peu d’eau au creux de ses mains, laissant le liquide rafraîchir un peu les traits de son visage. La jeune femme n’avait pas choisi de répondre directement à la question, non pas par contrariété, mais bien pour prendre le temps de réfléchir. Aurore avait eu le temps de comprendre à force de fréquenter les étrangers que c’était étrange, presque non humain pour eux que d’accepter le fait que les architectes puissent exister, mais aussi avoir un impact positif et/ou négatif sur les personnes. Se relevant lentement, les genoux de la rousse avaient fini par légèrement craquer, le choc de la chevauché  à ne point en douter avait dû user et fatiguer les os de la rousse. Une fois relevée, elle se dépoussiéra légèrement, pivotant vers celle qui venait de lui poser les questions dont elle avait visiblement besoin de réponse. Comment comprendre quelques choses qui restent abstrait, c’était bien par là qu’Aure avait choisi de débuter :

- «  Je n’ai jamais vu quelconques architectes, je ne vais pas vous mentir. En revanche, je peux vous montrer ce qu’ils font pour nous. » Le partage de connaissance, enlever la crainte pour rassurer « Sans eux, nous n’aurions pas de magie, c’est notre croyance qui nous permet de nous servir de notre don, plus celle-ci est forte, plus notre magie deviendra puissante. »

Lentement, Aurore s’était immiscée dans l’esprit de la jeune femme, sans la toucher, tout était une question de concentration. Aure ne fouilla pas son esprit, non, elle ne voulait pas la brusquer et n’était de toute manière pas certaine d’être capable de partir en exploration dans le subconscient de cette non-mage. La rousse répéta simplement sa dernière phrase, juste histoire de lui faire comprendre une partie de son don, une infime partie. Ensuite, lentement, elle tourna sur elle-même, changeant d’apparence, ou du moins offrant la sensation d’avoir changé d’apparence. Elle n’avait à présent devant elle, non plus la magnifique rousse, mais son amant. L’illusion était plutôt réussie, à première vue rien ne pouvait lui permettre de faire la différence entre le vrai et elle. Hormis peut-être la tonalité de la voix, qu’elle ne maîtrisait pas encore entièrement :

- «  Je crois en la magie de l’illusion, c’est l’architecte que j’ai choisi. Celui à qui je dévoue mon existence, celui qui me permet de jouer sur les apparences, sur l’esprit. Ceci n’est qu’un petit tour de passe-passe sans grande importance. » elle fit une légère pause «  J’ai perdu mon père. Je le sais, parce que j’ai ses écrits avec moi en permanence, il raconte des choses dont je n’ai aucun souvenir. »

Aurore ne semblait pas attristée, ni même en colère contre cette fatalité. Elle avait accepté tout ça, elle était faite mentalement pour ça depuis sa naissance. Rien ne pouvait la choquer, ou la perturber dans ce mode de vie, puisque pour elle, il s’agissait de la normalité.

- «  Je n’ai pas eu le temps de ressentir de tristesse, ou de faire ce que vous nommez le deuil. Parce que j’ai tout simplement oublié cette personne. J’espère que mon architecte m’offrira la possibilité de conserver mes souvenirs… Pas pour avoir l’opportunité d’avoir mal, pas pour ressentir la tristesse qu’on m’a racontée. Juste pour offrir à l’homme dont j’ignore à présent tout, lui rendre la place qu’il avait dans ma vie et tout ce qu’il a pu faire pour moi. »

La rouquine s’était rapprochée de sa monture, le temps de lui offrir quelque caresse. Son apparence était redevenue normale, une belle et longue chevelure rousse, une silhouette féminine, rien de particulier.

- « Je sais que tout ceci doit vous sembler abstrait. Chacun peut croire d’une manière différente chez nous, il n’y a pas de façon de croire parfaite. Ce qui donne des croyances parfois très extrêmes je le conçois. » Elle se pince la lèvre « Je suis incapable de retirer votre crainte, mais sachez que j’accepte les vôtres. Que ce soit vos armes, ou vos vêtements ou vos non-croyances vis-à-vis de notre magie.»

Soudainement, c’est un vent de culpabilité qui anima la mage, elle venait de donner une explication profonde et sincère à son interlocutrice, sans être animée par une quelconque obsession loufoque pour qui que ce soit. Un léger soupir s’échappa de ses lèvres, alors qu’elle s’était de nouveau approchée de l’eau, l’avisant un long moment. Les rumeurs étaient-elles fondées ou non ? Difficile à dire, est-ce qu’elle regrettait d’être une mage ? Absolument pas. À aucun moment elle n’avait remis en question ce qu’on lui avait enseigné, ce qu’elle avait appris.

- «  Je n’ai pas d’explication plus simple que ça, c’est une forme d’amour, aussi étrange que ce soit, c’est de l’amour… Une famille, un reste réconfortant qui après moult trahisons sera toujours là. Toujours là. »

La sincérité pouvait impressionner, pouvait rendre nostalgique. Ce n’était pas du fanatisme, juste une réalité. Khugastaa faisait partie entièrement d’Aure, tout comme Amisgal, c’était un tout, un ensemble qui avait fini par façonner sa personnalité, jamais elle ne pourrait se séparer de ce côté rassurant, de ces uniques en qui elle avait entièrement confiance. En revanche et aussi honnête soit-elle, Aure faisait parfaitement la part des choses, entre sa croyance et la réalité de la vie. [/b]

- «  Je suis désolée, si mes explications ne conviennent pas, je n’ai que ça à offrir. Une possibilité, une vie différente, une façon autre de vivre, d’exister. Chaque chose que je vois est une création, chaque difficulté que je rencontre un motif de poursuivre, d’exister. »

Ramassant une pierre sur le sol, en la laissa au loin avec une force non retenue.



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Allys Terasu
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Lun 23 Oct - 22:47
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Profession : Ingénieur mécanique
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Les architectes avaient une part infinie dans le cœur de la mage. Un amour étrange et inconditionnel... Aussi étrange que celui qui unissait Allys et Hex, il est vrai, mais il était bien moins égal. La mécanicienne connaissait en parti le lien qui unissait les my'trans à leurs créateurs grâce à sa mère qui, maintes fois, avait tenté d'influencer sa jeune enfant. Sa magie était cependant bien différente. C'est donc avec un hoquet de stupeur que la daënar vit l'apparence de la belle Aurore se changer en son... En son amant. La ressemblance était saisissante. C'était même relativement effrayant quand on y pense. Aurore estimait quant à elle que ce n'était pas grand chose. Jusqu'où pouvait donc aller sa magie ?... La mère d'Allys était une guérisseuse, sa magie n'avait jamais effrayé la jeune femme, même enfant. En revanche, entre savoir que les My'trans avaient chacun leur propre magie et le voir de ses propres yeux était d'autant plus impressionnant.

Et puis, Aurore évoqua une chose douloureuse. La mort -très probable- de son père et le lien avec ses souvenirs inexistants. Allys sentit monter une nouvelle bouffée d'émotions négatives qu’elle tenta de contenir. Mais cela exploserait tôt ou tard... A présent, la mécanicienne éprouvait de l'injustice pour cette pourtant inconnue. Son architecte avait les pleins pouvoirs sur ses souvenirs. C'était ignoble d'éprouver de l'amour pour celui-ci alors qu'il décidait seul de si elle avait le droit ou non de se souvenir. D'autant plus que la rousse aurait aimé connaître ces émotions volées. A cet instant, Allys peinait à écouter les paroles de son interlocutrice. Son esprit était envahit de pensées puissantes. Cet amour était à sens unique. Comment celui-ci pourrait-il être d'un réconfort ?


«  Je suis désolée, si mes explications ne conviennent pas, je n’ai que ça à offrir. Une possibilité, une vie différente, une façon autre de vivre, d’exister. Chaque chose que je vois est une création, chaque difficulté que je rencontre un motif de poursuivre, d’exister. »

« J'hésitais à vous en dire plus mais, je crains que cette fois-ci je ne puisse même pas me retenir. Pardonnez-moi si mes paroles vous paraîtrons brusques ou... Injuste, ou peut importe ce que c'est. Seulement vos paroles m'ont touchées plus que ce que je pensais être capable de supporter. »

Allys se laissa retomber sur l'herbe fraîche, contemplant son reflet dans l'eau sans pour autant réellement le voir.

« Je me sens perdue. Désemparée et cruellement blessée. Cela n'a rien à voir avec vous. Je respecte votre amour et votre croyance envers vers architecte autant que j'ai pu le faire avec ma mère. Je ne l'ai certes pas compris. Je n'ai pas grandi ici, je n'ai pas eu la même enfance que vous. Comment faire un choix quand vos deux parents vous bassinent à longueur de journée que leur mode de vie et leurs croyances sont les meilleurs pour vous ? Je n'ai jamais réellement voulu faire de choix et pourtant dès que je tend une main vers un côté, c'est pour mieux détester ce monde.

Lorsque j'ai fais un pas en daënastre, mes parents se sont installés avec moi. Ma mère à ouvert une boutique herboristerie et mon père à triplé son temps de travail pour m'offrir des études d’ingénierie. A cela ma mère à gagné de se faire vandalisé son magasin à plusieurs reprises. Quant à moi on m'a traitée de monstre, passée à tabac et tenté de me tuer. J'ai récolté de ma vie en daënastre de mettre fait amputer deux membres qu'on à remplacé sans mon accord par de la ferraille immonde. Et puis, après avoir perdu le contact avec ma famille j'essaie à nouveau de retrouver une partie de mes origines. Tout ça pour quoi ? En une journée j'ai perdu un père et réalisé que pour ma mère notre vie entière n'est devenue qu'un doux mensonge soufflé par vos architectes. Comment peuvent-ils seulement avoir le droit d'arracher l'âme des gens ainsi à ceux qui les ont aimés ? Vous l'avez dit vous-même, vous n'avez jamais vu votre architecte chéri et pourtant vous pourriez lui donner votre vie sans hésiter. Pourtant que vous donnent-ils en réponse ? Une carotte. Vous les aimez, vous avez le droit à leur magie, vous doutez ils vous enlèvent ces dons, vous avez la malchance de mourir ? Et bien vous n'existez tout bonnement plus, ni vous, ni vos souvenirs, ni la vie et les choix importants que vous avez pris. Pourquoi auraient-ils le droit de décider si vous avez le droit à ça ? Quant on aime, on donne tout, sans limites, sans raison. On se moque de ce que l'on reçoit ou non en retour, c'est le bonheur de l'être chéri qui vous importe. Ma mère les a tant aimé qu'elle leur à laissé son amour malgré la dégénérescence de ses souvenirs de l'amour de sa vie. Et vous croyez que son architecte chéri lui aurait rendu un peu de son amour en lui laissant ne serait-ce que le sentiment d'avoir fait quelque chose de bien de sa vie ? Non. Elle ne sait plus qui il est, pourquoi elle à tout quitté pour son plus grand amour, elle ignore tout les sacrifices qu'elle à pourtant accompli pour nous deux, elle ignore quelles ont été les difficultés de la vie qui l'ont rendue si forte et sage. Tout ce qui fait d'elle ce qu'elle est à été balayé. Ce n'est pas à des tout puissants invisibles à nos yeux d'être les maîtres de ce que l'on fait de nos vies. C'est injuste et égoïste.

Quant à votre père. Qu'il soit en vie ou non. C'est à vous de décider si vous souhaitez le connaître. C'est votre vie, pas la leur. S'ils aiment leurs créations, ils doivent vous respecter. L'amour c'est donner. Pas prendre. Sinon à quoi nous sert-il de vivre ? De poursuivre, d’exister comme vous dites. Autant se tuer sur le champ si c'est pour disparaitre comme si l'on n'avait jamais existé !
 »




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Aurore Seraphon
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Mar 24 Oct - 18:13
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Profession : Agriculture/Chasse
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Aurore s’était laissée glisser sur l’herbe humide du lieu, passant ses doigts dans les tiges d’herbes. Elle savait à présent que c’était au tour de son interlocutrice de s’exprimer et qu’il y avait peu de chance que celle-ci comprenne, puisse appréhender ce mode de vie sans avoir un regard négatif sur la croyance des mages. Non loin d’elle, la non-mage semblait prendre une inspiration pour se lancer dans ses propres explications, sa propre vision des choses, ce qui ne gêna pas outre mesure Aure, qui n’avait rien contre la libre expression de chacun. Se penchant légèrement en arrière, la rousse écouta la blonde, fronçant à certain moment les sourcils, signe qu’à son tour, elle n’était visiblement pas apte de comprendre. Les lèvres d’Aure s’étaient entrouvertes sous la surprise, cette non-mage n’était pas uniquement une non-mage, mais quelque part en elle devait forcément sommeiller une once de magie, une once d’espoir, puisqu’elle était issue d’une union improbable entre un Daënar et une My’tränne à moins que ce soit uniquement deux mages… Non. C’est bien un vent d’incompréhension qui anima la rouquine, qui devait se faire violence pour ne pas laisser ses mauvaises expériences avec ce peuple d’étranger prendre le dessus. Une grande inspiration fut nécessaire pour lui permettre d’écouter de suivre le récit de celle qui avait l’air beaucoup plus tourmenter que ce que la jeune My’tränne avait pensé.

- « Justement, quand on aime, on n’attend rien en retour. Je n’ai pas l’intention de compter les points entre ce que j’offre à mon architecte et ce qu’il m’offre en retour. Je suis simplement reconnaissance d’être là, d’avoir la chance d’exister. La mort n’est qu’un passage obligatoire du cycle, nous prenons tous vie pour la terminer et c’est nos choix qui détermineront la manière dont elle finira. Je ne redoute pas cette étape, ni pour moi ni pour mes proches. »

Si Aure pouvait comprendre que cet amour inconditionnel soit difficile à percevoir vis-à-vis d’un être potentiellement irréaliste, elle avait beaucoup plus de mal avec la notion de coupable. En regardant Allys, la rousse ne voyait qu’une femme perdue, qui cherchait désespérément un responsable à sa souffrance, à cette douleur qui devait sans aucun doute lui briser le bas ventre. Est-ce pour cette raison que les mages ne se souviennent pas ? Pour ne pas ressentir l’envie de se détruire ou de s’autodétruire.

- « Il faut toujours un responsable n’est-ce pas ? De la souffrance. Il faut toujours une raison à ce qui arrive, c’est bien ça ? » nulle agression dans sa voix, une question sincère « Malheureusement, je ne crois pas qu’ils soient responsables de vos malheurs. Nous avons nos croyances, mais sommes libres de faire nos propres choix. Votre mère est partie par amour pour votre père vivre dans un autre continent… Elle a dû conserver ses dons, n’est-ce pas ? »

Parce qu’un architecte ne reprend pas, il donne, c’est tout, et si notre amour perdure, tout est parfaitement maintenu. Tout reste dans les normes, qu’on reste sur nos terres, où qu’on disparaisse dans d’autres contrées ou l’herbe doit sans aucun doute paraître plus verte. Glissant ses doigts dans le tissu de sa tenue, Aure avait rabattu ses jambes contre elle, posant son menton en haut, sur ses genoux.

- « Ils ne sont pas responsables de la bêtise humaine. Puisqu’avant d’être mages, ou non-mages, nous sommes humains. Ils ne sont pas responsables de la haine qu’il existe entre nous et de la distance. Ils ne sont pas responsables de notre idiote, vraiment pas. » Aure prit une légère inspiration « Votre mère n’a pas oublié, pas entièrement, cela doit juste lui paraître si lointain que son esprit ne s’en souvient pas. C’est une façon de ne pas être ravagé par le chagrin. Une façon de nous protéger, de ne pas faire une chasse au coupable, ne pas chercher à se venger. »

Finalement, ce n’était nullement une personne qui était coupable, mais l’humanité dans son entier. Aurore pouvait le comprendre, sans réellement imaginer la souffrance que cela devait être. Aure avait perdu son père et n’en éprouvait ni regret, ni difficulté, ni douleur. C’était un peu comme-ci il n’avait jamais existé, ou si loin que la douleur qui n’avait pourtant jamais existé avait cicatrisés.

- « Cela n’enlève rien à l’amour que vos parents vous portez, et aux souvenirs que vous allez continuer à entretenir vous. Votre mère ressentira toujours ces sentiments inconditionnels qui unissent enfants et parents. Et ceux peu importe que la réalité soit déformée ou non. Ils existeront toujours, sans jamais s’estomper. »

Un fin sourire prit naissance sur les lèvres de la rouquine, qui ne savait pas réellement quoi ajouter. Tout ceci était intime, peut-être trop pour celle qui fuyait sans relâche toute relation sérieuse, qu’elle soit amicale ou non. Au fond, elle culpabilisait sans doute de ne pas avoir de raison valable de le faire. Peut-être que face à cette femme qui avait l’air tant souffert, Aure avait fini par prendre conscience qu’elle ne savait même pas elle-même ce qu’elle fuyait ainsi sans relâche ?

- « Je suis libre de faire ce que j’entends dans ma vie, en respectant ou non mes croyances. Libre d’aimer, de prendre la vie. Ma vie est identique à la vôtre, à l’exception que pour l’instant, chaque mort, n’entraîne nul regret, ni remord ni tristesse ni esprit de vengeance. Au fond… » elle hésita puis se lança tout de même « A votre mort, souhaiteriez-vous que votre amant souffre ? Qu’il se jette dans cet esprit de vengeance, qu’il reste des mois, des années à pleurer, voir peut-être même qu’il mette fin à ses jours à cause de cette douleur ? Ou bien si vous en aviez le pouvoir, souhaiteriez-vous simplement que tout ceci reste un souvenir lointain et agréable qui lui permettrait de continuer, de vivre sans aucun soupçon de culpabilité ni larme ? »

N’était-ce pas la plus belle preuve d’amour que pouvait faire un être ? S’abandonner, s’éloigner pour permettre à l’autre d’être heureux ? Mettre de côté son égoïsme pour voir l’autre s’épanouir ?

- « Je suis navrée pour votre passé » murmura doucement la rouquine. « Je suis certaine que vous avancerez et que votre cycle sera plus doux, plus avenant. »



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Allys Terasu
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Dim 26 Nov - 19:41
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Profession : Ingénieur mécanique
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La vision de la rousse était si claire et si limpide. Il n'y avait pas de place au doute dans son cœur. Était-ce de la raison ou une foi aveugle et stupide ? Allys reconnaissait au moins la logique de ses propos. Oui, les êtres humains, pauvres âmes errantes qu'ils étaient devaient leur existence aux architectes. C'était indéniable. Était-ce par amour que ceux-ci les avaient-ils créer ou tout ce ceci n'était qu'une simple expérience tordue de ces êtres immortels et tout puissants ? Ils offraient la vie mais la rendaient terriblement mortelle. Ils offraient des dons autant qu'ils les retiraient à leur bon vouloir et par dessus tout, ils avaient laissé se déchirer les hommes au points qu'ils n'étaient plus que des êtres que tout oppose. Mais. Oui. Si l'on a grandit baigné par la bienveillance de ces dieux vivants cela devait changer la perception du monde. Allys, contrairement à Aurore, avait peur de la mort car elle l'avait confrontée à plusieurs reprises et en saisissait les conséquences.

Il est vrai que la mécanicienne projetait sa frustration sur ces êtres immatériels mais elle était en état de choc. L'incompréhension et le déni se mêlaient à la colère et la tristesse, formant un nœud abominable en son cœur. Oui, il lui fallait un coupable. Quelqu'un à qui blâmer la mort aussi injuste que surréaliste de son père. Un responsable à son impuissance. Il était plus facile d'en vouloir à des entités qu'elle ne comprenait pas plutôt que céder à ses émotions et prendre ses responsabilités.

Pourtant... Pourtant l'étrangère n'avait pas non plus tout à fait raison. La réaction de sa mère n'avait pas été de protéger son enfant mais de s'enfermer égoïstement dans le déni et la solitude. C'était clairement une décision d'autruche. Ou d'enfant. Mélëna avait perdu son mari et au lieu de prendre conscience de ce qui importait réellement, elle a préférer s'enfuir loin de la famille qui lui restait. N'aurait-elle pas dû rejoindre son enfant bien aimé et profiter de la vie si précieuse qu'elles possédaient encore toute deux ? Qui était alors dans le déni ? Elle ou Allys ? Vraiment ?  

Aurore avait une vision de la vie aussi tranchée que la métisse, à ceci près qu'elle ne voyait pas toutes les nuances des émotions. Comment pouvait-elle être libre de sa vie si elle ne laissait rien impacter dans son existence ? Elle semblait dire qu'elle faisait ce qui lui chantait de sa vie mais pourtant cela sonnait creux. La mort ne l'affectait pas au point que cela n'avait aucun impact positif ou négatif. Aucun attachement, aucune conséquence. Elle n'était donc pas totalement libre de sa propre existence. Comment prendre des décisions importantes si cela ne représenterait rien pour elle ensuite ?

«  A votre mort, souhaiteriez-vous que votre amant souffre ? Qu’il se jette dans cet esprit de vengeance, qu’il reste des mois, des années à pleurer, voir peut-être même qu’il mette fin à ses jours à cause de cette douleur ? Ou bien si vous en aviez le pouvoir, souhaiteriez-vous simplement que tout ceci reste un souvenir lointain et agréable qui lui permettrait de continuer, de vivre sans aucun soupçon de culpabilité ni larme ? »

La question prit Allys de court. Cela méritait réflexion, certes, mais il était clair que pour Aurore il ne devait y avoir dans la mort aucun effet positif. Ce n'était pas tout à fait vrai.

«  Je suis navrée pour votre passé. » murmura doucement la rouquine. «  Je suis certaine que vous avancerez et que votre cycle sera plus doux, plus avenant. »

La jeune femme se passa la main dans son imposante chevelure. Étrangement, discuter à cœur ouvert avec cette femme si différente l'avait apaisée. Pour le moment, elle avait laissé de côté ses rancœurs pour se plonger plutôt avec intérêt dans un débat fort constructif. Adressant un léger sourire à son tour, Allys reprit finalement la parole.

« C'est la chose la plus gentille que l'on m’ait dites depuis bien longtemps. Merci. »

La jeune femme était sincère. Aussi dur que soit d'être confrontée à une parfaite étrangère, Aurore avait fait preuve d'une douceur sans pareille auquel la blonde ne s'était pas attendue.

« Pour répondre à votre question... Je dirais que les choses ne se passent pas forcément de la manière que vous pensez. Contrairement à votre peuple nous conservons nos souvenirs mais cela n'implique pas forcément que nous nous plongions dans une détresse si terrible et sans fin que nous souhaitions notre mort. Oui, nous souffrons, c'est un fait, mais dans une mesure propre à chacun, en fonction de notre vie passée, de nos liens avec cette personne et les circonstances de cette mort. Nous recevons nombre de sentiments parfois terribles, il est vrai, mais nous nous souvenons de tout. Nos joies, nos surprises, nos déceptions, nos moments partagés ensembles et ce que cela à pu apporté à notre vie. Je n'aimerais pas qu'il souffre mais je sais qu'il gardera toujours en lui une partie de moi à travers ses souvenirs et l'amour que je lui aurait porté.

Et c'est ça qui nous fait tenir. Nous tirons des leçons de nos actes. Nous sommes capables de gérer nos bons et mauvais sentiments. Et... Contrairement à ce que vous avez dit, si je devais ôter la vie, j'en mesurerai pleinement les conséquences. Cela me ferait quelque chose et cela n'a rien de mauvais. La vie est précieuse, bien plus que ce que vous appréhendez d'elle. Je sais que la mort est inéluctable, je ne suis pas sotte, cependant j'en saisi plus sa valeur. Je suis capable de souffrir autant que de vivre pleinement ma vie car je n'ai de barrière que ma propre volonté et mes valeurs. Chaque décision que je prend à des répercussions qu'elles soient positives ou négatives.

Tenez. Vous avez dit que vos décisions n'entrainaient nul remord ou regret ? Comment donc pouvez-vous prendre de décisions par la suite qui aient un sens ? Si vous blessez quelqu'un que vous aimez, si vous n'éprouvez rien, comment pourriez-vous redresser vos tords envers elle ? Nous sommes des êtres doués d'intelligence et de sensibilité, c'est ce qui nous différencie des morceaux de métal que mon peuple exploite. Si nous sommes aussi froids que ces choses, en quoi serait-ce une bonne chose ? Comment prendre de bonnes décision ? Avancer ? Tirer les leçons de nos erreurs si on ne les voit même pas ?

Je pense que la bonne réponse se trouve entre nous. Continuez à croire en votre architecte, je comprend mieux votre façon de voir les choses, mais non, vous ne vivez pas pleinement votre vie. Je me trompe peut être, mais j'ai l'impression que vous la fuyez au lieu de la vivre.
 »




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Aurore Seraphon
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Lun 27 Nov - 15:03
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Aurore était installée juste là, face à cette femme qu’elle ne connaissait finalement que trop peu, se livrant à cet échange si intense, si profond. Si la rouquine semblait entièrement convaincue par ses propos, elle réalisait aussi au même moment des chaînes qui la liait à sa vie, des chaînes pourtant invisibles entravant son âme et son esprit. Conservant un sourire qui se voulait plus convaincant que plein de douceur, elle détaillait de ses deux prunelles vertes la silhouette féminine. Son interlocutrice semblait avoir enduré beaucoup, sans pour autant que son visage, sa façon de se comporter ne trahisse autant la souffrance qui avait pu l’animer à plusieurs reprises. La my’tränne écoutait attentivement les paroles que son interlocutrice formulait, prenant le temps d’y réfléchir, sans s’autoriser à penser. Le doute, le regret, des mots que la jeune femme ne connaissait que trop bien, élément omniprésent dans son être depuis maintenant un peu plus d’un mois. L’unique décision qu’Aurore avait prise provoquait un énorme vide dans son esprit, une énorme vague de culpabilité, une sensation d’être passé à côté de quelque chose d’important. Était-ce la peur qui avait motivé ce choix, ou au contraire sa relation si privilégiée avec ses architectes, avec son peuple ? Instinctivement ses doigts s’étaient resserrés sur le tissu de son pantalon, alors qu’une douleur à l’épaule lui rappela à quel point elle avait vécu l’improbable avec lui. Un lui, quelconque, un lui étrange, déroutant, perturbant, mais un lui important. Les lèvres de la jeune femme s’entrouvrirent légèrement, laissant échapper un souffle chaud :

- «  Les décisions que je prends ont forcément des répercussions positives ou négatives, tout comme les vôtres. Elles sont souvent accompagnées par des doutes ou des regrets. »

L’industriel qu’elle avait rencontré il y a un mois, avec qui elle avait manqué de perdre la vie, avec qui elle avait dû survivre en était bien la preuve. Il lui avait proposé de venir avec lui, de découvrir Daénastre, de se faire sa propre opinion sur les non-mages… Aurore avait refusé, elle avait dit non, avec la voix qui tremble, les yeux brillants et cette vague qui remue les tripes. Chacun était reparti de son côté, chacun avait poursuivi sa vie, ses habitudes avec juste ce vent de promesse lancé à la mort, celle de se revoir un jour, de venir fouler les terres inconnues. Frissonnant légèrement, Aurore avait eu du mal à conserver son inexpression ou au contraire, son sourire qu’il ne la quittait plus réellement, depuis bien longtemps. Cette aventure lui avait permis de comprendre l’importance de la vie, l’importance de réaliser des actes qui resteront, qui ne pourront pas s’oublier, pas comme un souvenir abstrait.

- «  Il n’y aucune façon de prendre une bonne décision. Un choix doit être fait, c’est seulement par la suite qu’on réalise si elle est bonne ou mauvaise… » parfois ça va trop vite, beaucoup trop vite. Un nouveau soupir s’échappa, alors qu’elle poursuivait « Ce n’est pas parce qu’on ne se souvient pas de nos morts qu’on ne peut pas prendre conscience des erreurs réalisées. Bien au contraire. Heureusement la mort n’est pas quelques choses de très présents, du moins pas tous les jours, normalement. Vous devez avoir raison, le juste milieu doit se trouver juste entre nous… »

Aurore laissa un silence s’installer, sans pour autant le trouver imposant, elle s’était relevée, se dépoussiérant légèrement, à ses yeux, il était temps de s’éloigner un peu du lieu pour trouver un endroit où s’installer pour la nuit. Malgré la saison, il faisait toujours plus froid lorsque l’obscurité décidait de tomber. Elle s’approcha lentement de sa monture qu’elle câlina quelque peu avant de reprendre la parole, posant une interrogation plutôt honnête :

- «  Pensez-vous que deux personnes aussi éloignées qu’un mage et un non-mage peuvent réellement s’entendre ? Je veux dire, au-delà de ce tolérer, est-ce possible de lier un lien sincère et profond sans faire souffrir l’un des deux ? »

Tirant légèrement sur le licol d’Alezane, la rouquine indiqua d’un petit signe de tête qu’il était grand temps de se déplacer, de remonter à cheval afin de s’installer plus loin, pas ici. Elle ne changerait nullement d’avis à ce sujet. Se hissant tout en douceur sur sa monture, Aurore ne semblait pas pleinement présente, son esprit abandonnant l’instant présent pour imaginer l’instant futur ou revoir l’instant passé. Avait-elle pris les bonnes décisions, avait-elle simplement fait une erreur ? Ordonnant à sa monture d’avancer, elle eut cette question un peu étrange, un peu intime :

- «  C’est sérieux avec cotre compagnon ? Il est… plutôt extrême dans ses pensées contrairement à vous… Qu’est-ce que vous comptez faire après tout ça ? Rester ici, rentrer chez ‘vous’ ? »

Des questions plutôt banales finalement, mais pourtant tellement essentielles. Les deux jeunes femmes ayant échangé sur l’importance d’avoir des objectifs, à but, ne fallait-il donc pas savoir dans quelle direction chacun des deux se dirigeait ?  L’affirmation qu’elle avait tenue à la fin de leur échange, perturbait la rouquine qui n’avait de cesse de se demander si elle était réellement en train de fuir quelque chose, ou si au contraire elle se persuadait de se protéger elle et ceux qui lui était proche.

- «  Je ne fuis pas, vous savez. J’ai juste l’impression que parfois, notre choix ne doit pas être fait d’une manière purement égoïste, mais doit prendre en considération le reste. Nos deux peuples risquent de finir en guerre, c’est une réalité qui approche, personne ne peut rien y faire. Il faudra bien se positionner à ce moment-là et ceux peu importe les affinités. »

Le duo avait progressé quelque peu, avançant dans la nuit tombant jusqu’à s’installer dans un lieu un peu à l’abri du vent, mais surtout suffisamment éloignée de la crique. Ne restait-il plus qu’à installer le campement, chose que la my’tränne n’avait pas tardé à commencer une fois le pied sur le sol dur et plutôt froid.



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Allys Terasu
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Mar 19 Déc - 21:18
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Profession : Ingénieur mécanique
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Allys avait toujours eu la fâcheuse tendance à se montrer indifférente. Pourtant, elle était arrivée à un tournant dans sa vie qui remettait une nouvelle fois tout en question. Aurore était venue à point nommée. Oh, certes, elle ne l'avait clairement pas fait exprès, mais leur rencontre hasardeuse avait un effet positif sur l'ingénieure. Se confronter à une opinion opposée à la sienne avait ouvert un réel échange entre les deux femmes. Même dans leurs différences elles parvenaient à se trouver des points communs. Ainsi, bien caché par son sourire et son assurance sans failles la belle Aurore avait déjà connu le doute, les regrets et l'indécision.

Ou plutôt, Allys avait appuyé sur un point sensible. Le sourire pourtant inébranlable de son interlocutrice se fendit. La blonde ignorait totalement ce qui perturbait ainsi son esprit mais il était probable qu'elle réalise que certains actes passés avaient en réalité impacté sa vie. La jeune femme garda pourtant le silence, ne tenant pas brusquer la my'tränne. Elle la laissa s'exprimer, évoquer indirectement ce souvenir qui l'avait visiblement ébranlée.


« Je comprend. C'est quelque chose que nous partageons tous. Qu'on ait pleinement conscience ou non des répercussions de nos actes, on fait des choix, on prend des risques. Le véritable problème de la mort, au fond, c'est ce qu'elle implique pour nous. Le résultat de mauvaises décisions, des regrets, de la culpabilité. »

C'était peut être maladroit dit comme cela, mais Allys tentait d'exprimer le juste milieu du problème entre l'oublie et l'omniprésence des souvenirs. Ce n'était pas chose facile. Mais elle comprenait que finalement, même s'ils se masquaient une partie de la vérité, les My'trans éprouvaient eux aussi des émotions à la mort d'un proche.

Lorsque la rouquine se releva, la jeune femme réalisa qu'elle frissonnait. La nuit commençait à tomber et l'air se faisait frais. A son tour, elle se releva et se dirigea vers sa monture. Elle lui flatta la crinière avec douceur avant de venir fouiller dans sa lourde besace, sortant un châle épais qu'elle ne perdit pas de temps pour s'en couvrir.


«  Pensez-vous que deux personnes aussi éloignées qu’un mage et un non-mage peuvent réellement s’entendre ? Je veux dire, au-delà de ce tolérer, est-ce possible de lier un lien sincère et profond sans faire souffrir l’un des deux ? »

La question était pertinente. Allys hausse légèrement les sourcils, surprise d'une telle question. Pour être honnête, elle avait une réponse toute tracée mais celle-ci était induite par son expérience. Une réponse trop subjective pour être recevable. La jeune femme tenait à répondre au mieux à cette question et elle profita de la situation pour éluder la question pour l'instant. Montant à son tour sur son cheval, elle se mit au pas au côtés de la rousse.

«  C’est sérieux avec cotre compagnon ? Il est… plutôt extrême dans ses pensées contrairement à vous… Qu’est-ce que vous comptez faire après tout ça ? Rester ici, rentrer chez ‘vous’ ? »

Les questions étaient personnelles mais elles arrivaient cependant à point nommé pour l'ingénieure. Il était grand temps qu'elle se pose les bonnes questions, qu'elle prenne sa fameuse bonne ou mauvaise décision. Allys soupira, mais elle n'éluda pas la question.

« Je sais, il est extrême, tête brûlé, il a un caractère de cochon et... Pourtant je ne peux pas me le sortir de la tête. Je vais retourner à Daënastre. Je ne peux pas réparer les pots cassés ici, pas dans l'immédiat du moins, mais je peux au moins clarifier les choses avec lui. Il est du genre tout ou rien et je n'ai pas arrêté de jouer au chat et à la souris avec lui. »

Bien qu'elle ne sache plus où elle en était, elle prenait au moins une réelle décision pour une fois. Après tout, elle verrait bien où cela la mènerait. Mais alors que le silence s'était de nouveau fait sentir, tendis qu'elles entreprenaient de monter le campement, la My'träne brisa à nouveau le silence.

«  Je ne fuis pas, vous savez. J’ai juste l’impression que parfois, notre choix ne doit pas être fait d’une manière purement égoïste, mais doit prendre en considération le reste. Nos deux peuples risquent de finir en guerre, c’est une réalité qui approche, personne ne peut rien y faire. Il faudra bien se positionner à ce moment-là et ceux peu importe les affinités. »

« Nos peuples ont tord. » Rétorqua Allys avec désolation, s'arrêtant dans son geste. « Je n'ai pas répondu tout à l'heure mais, oui, je pense que nos deux peuples peuvent réellement s'entendre. A mon sens la différence ne devrait pas nous opposer. On devrait s'enrichir du savoir-faire, des connaissances et de la philosophie de l'autre. On devrait en tirer le positif et non l'inverse. Jamais nos peuples n'auraient dû en arriver à se haïr pour la simple raison qu'ils avaient des opinions différentes. Vivre ensemble n'a rien d'impossible tant est que l'on ouvre son foutu esprit. »

La jeune femme leva les mains au ciel avec dépit et frustration. C'était bien là toute la problématique de sa vie. Ses parents avaient certes choisi de vivre leur vie ensemble au mépris de leurs différences mais comment ? En se cachant à Zochlom et en passant leur temps à se disputer et se renvoyer leurs convictions à la figure. Et comble de tout, à mêler leur enfance dans un choix qui ne devrait même pas exister.

« Si vous voulez savoir le fond de ma pensée, j'en ai juste ma claque de tout cela. Les My'träns sont là dans leur continent à pester sur les non mages et les Daënars sont dans un autre à traiter les premiers de sauvages. A vivre séparés et s'obstiner à ne vouloir observer que son petit confort et ses préjugés sans avoir le bon sens d'aller voir et s'y confronter c'est... Stupide, puéril et tellement ridicule et... Et bah non ! On peut très bien se lier à qui l'on veut. Le risque de faire souffrir l'autre ? On ne peut que si on reste buté dans sa vision des choses et que l'on critique sans arrêt l'autre. Si tant est que l'on reste ouvert et compréhensif des différences de chacun cette question ne se pose même plus. C'est le bon sens le plus basique qui soit. »

A nouveau, la jeune femme soupira, un long cette fois-ci, alors qu'elle se remettait à fixer la tente avec une énergie renouvelée par son agacement face à son impuissance.

« Le problème c'est que personne ne pense ainsi. Ou trop peu. Et qu'il est trop tard pour changer les choses... Ce rassemblement des peuples il y a deux mois à été un véritable désastre. »




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Aurore Seraphon
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Mer 27 Déc - 12:29
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Aurore avisait son interlocutrice, s’appliquant à installer le campement provisoire d’une nuit. Si une fois l’obscurité présente, la fraîcheur s’installait, elle n’en était pas pour autant frigorifiante. Par habitude, la rouquine installait les petits piquets dans la terre froide, nouait la petite corde qui allait permettre à l’énorme toile de peau et de fourrure de se tendre, de se dresser telle une bâtisse de fortune fragile, dont le moindre courant d’air provoqué quelques mouvements. A l’intérieur de la couche se trouvait également une peau, parfaitement tendue, recouverte d’une fourrure importante, elle permettait de ne pas attraper un coup de froid. À côté de la première, une deuxième bâtisse venait de se dresser, permettant à chacune des jeunes femmes de conserver un semblant d’intimité. La porte d’entrée des demeures éphémères était faite tout comme la structure de peau, qu’il fallait nouer pour fermer complètement la ‘porte’. Devant elle, un peu plus loin, la rouquine rassemblait des pierres rondes, grosses imposantes qu’elle installait en cercle afin de structurer le futur feu. Ne restait-il plus qu’à récupérer quelques branches, afin d’alimenter les flammes en devenirs. Relevant le regard vers la femme à la crinière d’un blond particulièrement clair. Celle-ci venait de reprendre la parole, exprimant quelques sentiments que la my’tränne ne connaissait que trop bien. Aurore s’était pincé la lèvre, quelques secondes à peine, le temps de réaliser cette pensée bien trop réaliste pour elle.

- « Je comprends, je suppose que l’amour ne s’explique pas » concluait-elle avec simplicité, cherchant à ne pas s’imposer une évidence de plus en plus présente « J’espère que la clarification ira dans votre sens, même si je ne doute pas que chaque individu mérite d’être aimé autant qu’il aime. Je ne peux que vous souhaiter de trouver ce que vous cherchez. Les personnes aussi ouvertes d’esprit sont rares. »

La jeune femme avait fini par se relever, dépoussiérant lentement la poussière qui venait de se déposer sur ses genoux. Une fois debout, Aure avait relevé les yeux vers son interlocutrice, la questionnant du regard. Comment avait-elle pu tomber sous le charme d’un homme comme Hex. Il était drôle avec un physique peu commun, mais de là à tomber amoureuse d’un individu plutôt séducteur, c’était autre chose. Le bas ventre d’Aurore s’était noué, cherchant à se remémorer cette nuit qui n’avait aucun sens et qui ne constituait qu’un grand trou noir dans sa mémoire. Devait-elle échanger, lui évoquer le fait qu’il était possible qu’elle ait une relation consentit ou non avec cet homme qui semblait hanter son esprit ? Elle n’en était pas réellement sure et c’est dans un nouveau pincement de lèvre qu’elle avait repris la parole.

- « j’ignore si ce rassemblement a été réellement un désastre, et ce malgré les événements. » Dit-elle de manière honnête « Égoïstement, elle m’a permis de rencontrer des individus avec qui je n’aurais jamais été converser de moi-même… Elle m’a permis également de faire la rencontre d’une personne particulière, puis de vivre une aventure…. » elle sembla hésiter quelque peu « disons particulière. Cependant, sans celle-ci, je n’aurais nullement pu ouvrir les yeux sur certains états de fait. »

La rouquine se massa doucement le bras, remontant ses doigts jusqu’à l’emplacement de sa cicatrice. Les souvenirs étaient encore bien présents, ancrés dans son esprit, ne faisant que se ressasser encore et encore. Devait-elle ? Perdait-elle à ce point la tête, pour envisager le fait de quitter son pays pour retrouver un homme qui ne devait sans doute même pas penser une fraction de seconde à sa petite personne. La rouquine n’avait pas pu retenir un soupir, long, intense, aussi indécis que sa pensée de l’instant. Pourtant, elle s’autorisait l’honnêteté vis-à-vis de cette femme qu’elle ne connaissait d’aucune façon, mais dont sa faculté à être très franche touchait Aurore plus qu’elle ne le devrait.

- « Je pense que ce n’est pas aussi simple que ça… L’attachement envers une personne, c’est une chose, mais envers son peuple c’est autre chose. J’ai envie de croire, comme vous, évidemment, que tout n’est qu’une question de volonté, qu’avec un soupçon de persévérance tout est possible… Malheureusement, ce n’est pas aussi simple que ça… En cas de conflit, il faudra bien faire un choix… Que choisir entre son propre sang et des potentiels sentiments ? »

La jeune femme lâcha un nouveau soupir, un peu perdu, un peu incertaine vis-à-vis des décisions qu’elle devait prendre, des choix qu’elle avait fait maladroitement ou non. Aurore avait simplement haussé les épaules, secouant sa tête de droite à gauche, remuant par la même occasion sa chevelure d’une façon un peu floue.

- « Peu importe, la dernière fois que j’ai quitté vos conjoints, il paraît pour une nouvelle mission. Dois-je comprendre que vous allez rejoindre daënastre seule ? » Hésitante, la rouquine ajouta un peu trop spontanément « Pensez-vous que vous pourriez m’emmener avec vous ? Je voudrais retrouver quelqu’un… Je crains que tant que je n’aurais pas revu cette personne, je ne serais pas en mesure de poursuivre ma vie ici… Cependant, je ne sais pas trop comment me rendre là-bas… Ni même quelle manière procéder pour le retrouver… » elle secoua de nouveau la tête « C’est stupide, je sais… Je vous laisse terminer, je vais chercher quelque morceau de bois »

La jeune femme avait été soudainement prise par cette vague d’émotion inexplicable, comme-ci admettre oralement à une autre personne qu’elle-même que Ludwig lui manquait si fortement qu’elle avait ce besoin de le retrouver avait déverrouillé la notion de sentimentaliste chez elle. Au fond, Aure ne s’attendait pas à grand-chose de ce voyage, elle imaginait même voir une porte fermée, un refus d’échanger avec elle, tout sauf quoique ce soit de positif. Cependant, elle était convaincue que faire face à une réalité plutôt qu’à une montagne de peut-être était un événement plus adapté. S’éloignant un peu, Aurore, câlina le museau de sa jument, avant de partir un peu plus loin, pour ne revenir que bien après, les bras chargés du précieux sésame. La rouquine n’avait pas pu s’empêcher de couler un regard vers son interlocutrice, tout en installant ce qu’il devait être installé, sans forcément prendre la peine de prendre la parole. La rouquine avait réalisé le feu sans trop de difficulté, signe d’une habitude non négligeable, tout était dans le geste et dans le fait que le bois devait être sec.

- « Vous devez être fatigué, nous prendrons la route demain dès les premières lueurs du jour. »

Avec cette simple phrase, la guide indiquait qu’elle laissait au choix de sa cliente le choix de dormir, ou de discuter encore un peu. Quoi qu’il en soit, la conversation précédente semblait avoir un peu perturbée la jeune my’tränne qui ne parvenait pas clairement à se décider. Au fond, si Allys acceptait sa demande, elle n’aurait plus vraiment le choix que de sauter le pas.



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