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Chroniques d'Irydaë
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 Plongée dans les abysses

Hex Hekmatyar
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Mer 27 Sep - 21:08
Irys : 677744
Profession : Soldat de fer
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
La plaine de glace... La dernière fois que j'étais ici, c'était à moité mort de froid, luttant pour rester en vie et comprendre ce que je venais de voir la dessous. Et après beaucoup d'essais je n'avais rien pu en tirer. Aujourd'hui était le jour ou cela finirait. J'avais réuni de quoi explorer ce maudit lac et enfin en percer le secret.

Je mis lentement le scaphandre au bord du lac fixant la carapace blanche avec des yeux vides, la tenue était lourde, elle était censée m'isoler de l'eau ce qui me paraissait étrange. Le casque était extrêmement lourd et je sentis tout son poids peser sur mes épaules ainsi qu'une légère sensation de claustrophobie m'envahir. Mais cette dernière s’atténua rapidement. Je branchais le tuyau du paquetage le fermant solidement avec un loquet qui se fermerai avec la pression de l'eau. Drôle d'idée que de se dire que ma vie ne tenait qu'à ce tube. Le bruit de la respiration mécanique emplit rapidement le casque me berçant d'une douce mélodie répétitive. Je me sentais lourd, et quelque peu pataud à cause des poids qui étaient fixés sur mes bottes et mes poignets. Le trou dans la glace ne promettait rien de très encourageant, un disque noir bougeant à peine. Y avait-il de la vie la dedans ? Je commençais presque à croire aux légendes que l'on racontait sur les jumeaux. Il ne restait d'ailleurs plus aucune trace de l'aéronef qui s'était écrasé sinon quelques rivets qui avaient gelé dans la glace. Les alentours étaient vides, comme si la vie fuyait aussi ma surface du lac. Je pris une grande inspiration avant de faire un premier pas en avant. Cette fois, j'y allais de ma propre volonté. Un nouveau pas qui cette fois ne rencontra que le vide... Et je me mis à tomber dans un fracas d'eau dérangée

Je plongeais lentement dans l'eau laissant le poids du scaphandre m'attirer vers le fond
La corde était solidement attachée pour m'éviter de ne jamais remonter
À peine ma tête fut elle immergée que je me retrouvais bien seul. La seule compagnie que j'avais se résumait au bruit de ma respiration dans le scaphandre... Une inspiration lente, une expiration lente, comme un métronome, celui qui marquait le rythme de ma vie.
Je n'avais rien à faire, mon corps s'enfonçant lentement dans les abysses
Le doute m'envahit un moment, j'avais eu la chance d'y survivre une fois, était-ce une bonne idée de recommencer ?
Bien sûr que non. Mais comme beaucoup de choses dans ma vie, les bonnes idées étaient chose rare. Plonger dans l'inconnu avec pour seul compagnon que le silence...

La lumière finit par disparaître, me laissant seul dans l'obscurité. La seule luminosité provenait de l'indicateur de profondeur sur mon poignet, la petite aiguille fluorescente me faisant une petite veilleuse.
Mon visage se reflétait en partie sur la vitre me montrant comme je devais apparaître pour bien des gens. Mais rapidement mon expression se changea passant de la personne pleine de confiance à celui d'un jeune homme inquiet, le visage que personne ne voyait.
Mon corps flottait doucement mes membres suspendus dans le vide avec une certaines torpeur.
Une inspiration, une expiration comme le métronome de ma vie
Avais-je plongé pour quelque chose d'autre ? Ce qu'il y avait au fond m'intéressait il vraiment ? Où était ce juste pour éprouver cette sensation d'isolement
Aurore ma chère Aurore encore une fois je ne pus m'empêcher de penser à toi, plongé dans les abysses, oui je l'avais trouvé cet isolement.
Seul face à mon reflet, dans ce lac silencieux. Je me surpris à ne pas vouloir que ce moment s'arrête, là ou milieu des ombres je me sentais presque à ma place, loin de là violence et de la haine du quotidien.
Allys... J'aurais aimé pouvoir te montrer ce genre de sérénité, loin de ta colère.
La descente se poursuivait me laissant seul avec mes pensées. Mon corps était soumis au seul poids des plombs qui m'attirait vers le bas.

Une inspiration, une expiration.
Le fond était il encore loin ? Cela avait-il la moindre importance ? Là, personne ne faisait la danse de la mort, pas de cris seulement le silence. Lentement, je continuais ma chute n'osant même pas ouvrir la bouche de peur de briser cette sérénité
Alises, je dois te paraître un bien étrange cas d'étude, tu ne penses pas ? Comment un homme peut il être aussi attaché et solitaire ?

Je ne voyais plus maintenant que le reflet de mes yeux, la surface n'était plus visible sinon un voile gris au-dessus de ma tête.
Peut-être étais-je en train de mourir ? Un grand plongeon dans le vide. C'était cela sûrement.
Ma main gantée se leva d'elle-même comme pour tâcher d'appeler à l'aide, mais la réalité était double. Lentement, je continuais ma chute n'osant même pas ouvrir la bouche de peur de briser cette sérénité Ici perdu au milieu des abysses
Un léger sourire se dessina sur mon visage alors que je sentais le froid lentement quitter ma combinaison, je n'étais pas mort...

Une inspiration, une expiration. Combien de temps cela faisait il ? Une minute ? Une heure ? Une vie ? Je n'en savais rien et je ne tenais pas à le savoir. Ici pas de grands discours, de trahison ou de rôle à jouer. Je n'étais que Hex, Hex et seulement ça.

Ah Lizzie... Tu te serais ennuyée ici, loin du ciel et des magouilles. Le silence, et juste le silence.
Le respirateur sifflait doucement, me donnant un autre moyen de m'ancrer dans ma réalité

Il y avait-il quelqu'un qui était déjà descendu ainsi ? Avait-il été terrifié ou comme moi c'était, il sentit entié ?
Et toi Mélodie ? Qu'avais-tu ressentis quand tu m'avais trahie ? Te souviens-tu encore de ce jour ? Avais tu trouvé un sens à ton existence après avoir condamné les gens que tu aimais ?
Je haïssais les épaules au ralenti, ça n'importait plus vraiment ici-bas

Une partie de moi accueillait cette mort simulée avec joie, car une partie de moi-même aspirait à la paix intérieure, paix que j'avais trouvée ici.
Trouverais-tu quelque chose à voler ici bas Gwen ? Peu probable

Une inspiration une expiration. Et mon corps continuait à descendre. Faisait-il vraiment si noir que ça ou bien mes yeux s'étaient ils fermés ? Cela changeait-il mon état ? J'étais seul.

Asteriah ? Trouverais-tu quelque chose plaisant dans cette noirceur toi aussi ? Drôle de question. Mais si je voyais une certaine beauté dans ce vide absolu peut être n'étais-je pas le seul.
Les abysses encore et encore et pourtant, je le savais, il y avait une lumière au bout de cette obscurité. Je l'avais vu la première fois, de façon floue et indistincte et les voix avaient voulu que je reste.
Mais j'étais revenu cette fois, et je pourrais rester avec elles
Peut-être était-ce une divinité solitaire qui se morfondais dans cette obscurité
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Amisgal
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Mer 11 Oct - 20:04
Irys : 144971
Profession : Façonneuse de climats
Administrateur
Un souffle invisible ébranla les eaux, la caresse d’un dieu, le baiser d’une invisible présence ou le frisson tentateur de la mort elle-même, quelle importance… ? Certaines immensités sont chargées de rappeler à l’Homme combien celui-ci est éphémère et fragile. Fragile face aux congères démentielles des montagnes l’hiver, fragile face à l’écrasant soleil du désert et ses dunes qui filent vers l’horizon à perte de vue, fragile enfin dans cette morsure terrifiante du fond des abysses. Le temps s’égrène. Ô Möchlog, Architecte du cycle et des secondes qui s’écoulent, quand cesseras-tu de jouer avec cette pauvre âme esseulée qui s’enfonce dans la plus tangible des obscurités ? A cette profondeur, la lumière n’est plus. Radiée en quelques battements de cœur dès la plongée, anéantie par les épaisses couches de glace qui recouvrent en permanence le lac.

Les Jumeaux Dormants, quel nom étrange pour cette succession de deux grands plans d’eau… Peut-être le pressentiment des pionniers lorsque pour la première fois leurs semelles effleurèrent cette glace éternelle. Un frémissement de l’eau, le même qui vibra autour d’Hex à peine le temps d’un battement de cils, pas assez pour qu’il puisse se convaincre de la réalité ou d’un rêve. Etait-ce son imagination qui s’emballait à des mètres sous l’eau, là où nul n’avait jamais posé pieds… ? Il y avait de quoi devenir fou, même pour le plus rude et résistant des hommes habitué à la guerre et aux situations périlleuses. Ici, rien ne viendrait à son secours. Ni ses compétences de soldat, ni ses armes à feu, ni l’oxygène au goût métallique qui s’accrochait péniblement à ses lèvres. Redevenu embryon à l’origine de la vie, animal inadapté au milieu aquatique uniquement retenu à l’existence par le mince tuyau qui courrait jusqu’à la surface. Et si quelqu’un venait ? Si l'on coupait sa source d’air ? S’il n’était pas seul dans ses abysses ? Si sa vie ne tenait qu’à ce fil… ?

Impossible de le dire. Et l’eau qui avait frémi, comme un animal qui s’ébranle d’un long sommeil, un léger remous dans son pelage et ses rêves embrumés. Au sol, la végétation était rase. La température ne cessait de descendre, mortelle pour Hex s’il n’avait pas porté ses quelques couches de vêtements protecteurs et la surface métallique de son appareil de plongée. Tout irait si vite… Les membres s’engourdissent d’abord, les pensées s’effilochent. Peut-être la sensation vague d’une morsure glacée, et puis, le doux glissement vers un sommeil sans retour… Il y avait de quoi mourir sans souffrance. Probablement même avant l’asphyxie causée par l’eau s’engouffrant avec violence dans les voies respiratoires.

Mais non. Hex tenait bon. Ses épaisses et lourdes semelles soulevèrent un nuage de poussière dans les fonds marins des Jumeaux Dormants. Voilà qu’il y était, dans les tréfonds du monde d’Irydaë. Et sa présence semblait perçue étrangement par les habitants des lieux, quelques reflets d’écailles fuyant ici et là en périphérie de son champ de vision. La narration espère fortement que notre aventurier n’était guère sujet à la claustrophobie…

S’il levait les yeux, à présent, sa rétine serait blessée durant quelques instants par une fragile lueur tremblotant loin devant lui. Une lueur qu’il connaissait, le reflet fantomatique de ce lointain jour où l’aéronef avait heurté la banquise… C’était là, fugace et bleuté, en partie masqué par une forme plus sombre qui zébrait l’endroit de lignes fracturées. Un coup d’œil, une contemplation muette et… L’épave de l’aéronef. Des débris jonchant les coraux abimés, des restes de dévastations causées par le feu que l’eau était venue érodée par la suite. Oui, il devint très vite évident que si notre vaillant jeune homme désirait en savoir plus, il lui faudrait au préalable franchir ce champ de ruines métalliques plus dangereuses et tranchantes qu’un parterre de rasoirs. Devait-on lui rappeler que sa vie ne tenait qu’à son tuyau d’oxygène… ?

Et cette lueur qui ne se dévoilerait pleinement qu’ensuite, trop lointaine encore pour être saisie dans son entièreté ! Affairé à son problème préoccupant, Hex ne remarquerait probablement également pas tout de suite que ses tremblements glacés avaient cessé. La température se réchauffait-elle au fur et à mesure de son avancée… ?


[Hrp : Toutes mes excuses pour le retard, je reprends du service ! T.T]




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Hex Hekmatyar
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Ven 13 Oct - 20:34
Irys : 677744
Profession : Soldat de fer
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Des lourds pas de scaphandrier voila une nouvelle mélodie qui semblait avoir remplacé celle de la respiration. Chaque pas déclenchait une petite vibration qui se repercutaient dans tout mon corps. Chaque pas soulevait une petite couche de poussière qui venait s'élever paresseusement autour de moi avant de retomber doucement.
Je dus pencher mon torse pour apercevoir ma surface mais même la il n'y avait que l'obscurité et seul le câble qui me maintenait en vie était visible comme si je n'avais été que le pantin d'un dieu
Cette comparaison me tira un petit sourire était ce vraiment un dieu qui me maintenant en vie ici bas ? Pas vraiment, mais ce genre de solitude aurait pu me le faire penser.
Une lueur se mit à m'irriter les yeux et je dus lentement lever ma main pour protéger mes rétines deshabituees à la moindre lumière.
Cette dernière dessinait les restes de l'épave d'un aéronef. L'aéronef... Oui celui là même... Ça ne faisait pas si longtemps mais... C'était comme voir les traces d'un passé lointain.
J'aurai aimé que cet endroit n'ai pas été sous marin, pouvoir enlever mon casque pour jouer de la musique.
La forme lumineuse était partiellement cachée par l'épave et la contourner allait s'avérer compliqué.
C'était un véritable champ de débris, des plaques tordues, parfois noircies par le feu dépassaient des coraux, me genre de petit débris qui pouvaient éventrer un homme.
Je me mis à parcourir ce cimetière métallique dirigeant mes pas la ou le terrain se voulait le plus conciliant.
La carcasse de l'appareil sortait du sol comme une épée rouillée, comme si un géant avait tenté un baroud d'honneur dans ces abysses.
Le tuyaux se frayant un chemin parmi les débris, je fis de mon mieux pour le guider, tâchant de trouver un chemin parmi les débris.
Je me rapprochait de la carcasse, cette dernière ayant déjà commencée à être rongée par les eaux.
Un mouvement maladroit me fit percuter la queue de l'engin, un grincement se fit entendre, déchirant le silence dans ce qui me sembla être le cris de souffrance d'une bête blessée, mais la bête de fer était déjà mort et ce ne fut qu'un de ses os rongé qui tomba près de moi s'enfonçant profondément à côté de moi.
C'était une coïncide bien sur... Mais cette coïncidence sonnait comme un avertissement : celui de ne pas aller plus loin et d'abandonner tant qu'il était encore temps.
Abandonner ? Je connaissais bien, mais cette fois il n'en était pas question, je n'avais pas plongé dans les abysses pour remonter sans réponses
Cette plongée était autant pour trouver des réponses aux mystères du monde que des réponses à mes propres question
Y arriverais-je ? Pourquoi continuer maintenant ?
Bien des questions qui se mirent à tourner en moi, question que je du repousser alors que quelque chose me sauta aux yeux, il allait falloir escalader l'épave pour passer.
J'avais pris ma lame sur moi et je m'en servis comme d'un appuis pour grimper sur la coque, cherchant la moindre traîtrise dans le métal.
Sous l'eau, mon poids me semblait bien moins important mais chaque respiration sonnait dans le casque donnant à cette simple action un écho désespéré.
Le temps passait à son propre rythme, et je finis par me retrouver au dessus de l'épave, je ne pris pas le temps d'admirer le paysage, redescendant aussi vite pour continuer ma route. Dans la périphérie de mon casque j'apercevais parfois des reflets d'écailles me rappelant soudainement que j'avais jusque là pensé être seul mais non... Même dans cet endroit hostile, la vie semblait s'accrocher...
J'avais fait un demi tour pour regarder l'épave une dernière fois prenant une grande inspiration avant de me retourner vers la lumière, la seule chose qui m'avait guidé jusque là. Je regardais le câble aussi souvent que je le pouvais vérifiant que rien ne venait couper mon seul moyen de survie.

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Amisgal
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Sam 14 Oct - 0:14
Irys : 144971
Profession : Façonneuse de climats
Administrateur
Les coraux proliféraient à présent, gangrenant un sol dénudé à peine quelques mètres plus loin comme si une véritable frontière invisible avait frappé la terre d’aridité. Des êtres aux formes élancées dansaient autour de leur invité à quatre pattes, la mine curieuse, un brin de malicieuses dérobades en guise d’invitation au jeu. Des poissons qu’un habitant du nord n’avait probablement jamais vus, aux écailles si diaprées qu’elles réverbéraient la faible lumière en million de faisceaux colorés, tantôt longs comme des anguilles, tantôt drôlement rondouillards à la manière de ballons d’enfant. La végétation, dense, tendait ses feuilles marines dentelées aux différents appétits de la population locale, errant avec paresse dans les minces courants rois à cette profondeur. Oui, Hex semblait avoir pénétré le sacrosaint lieu d’un paradis tropical, invraisemblable à cette latitude du continent, absolument impossible face à toute explication scientifique. Là où nul ne venait la chasser, la nature vivait heureuse et libre, inconsciente de la nature bestiale de l’être humain. Et l’on venait se prélasser entre ses doigts de fer, frotter ses écailles à cette silhouette nouvelle venue qui ne pouvait être autrement qu’amicale, pas un instant soucieux de son titre de prédateur millénaire…

Il leva pourtant les yeux. Oh, l’être humain était-il si éphémère qu’il avait d’ores et déjà omis sa précédente expérience ? Le bleu, cette couleur omniprésente qui pulsait en face de lui, envahit ses rétines comme un raz-de-marée. Alors, un hurlement horrifique lui déchira l’esprit pour la deuxième fois.

L’eau parut bouillir d’une violente torsade et il n’y eut plus en une fraction de seconde la moindre âme qui vive autour de lui. C’était , ça vibrait d’une colère sourde, vorace, un puits de souffrance et de haine rentrées sans fond qui paraissait vouloir crisser derrière ses orbites, arracher à coup de crocs la moindre parcelle de stabilité mentale. Impétueux être humain, fourmis minuscule, quel orgueil avait-il pour se tenir ici à une place qui ne lui revenait pas ?! Il sentit, derrière le hurlement absolu qui lui vrillait le crâne, un lent tâtonnement de conscience. Il y avait… Il y avait quelque chose dans sa tête. Un être qui n’était ni vivant ni mort, un être qui était d’ici et d’ailleurs et dont la volonté était impérieuse. Cela parla une langue ancienne, incompréhensible pour un hérétique, mais dont les accents veloutés éveillèrent un infime instant une profonde nostalgie dans le cœur d’Hex. La nostalgie d’un enfant à l’égard de ses parents. Ces mots-là n’étaient pas destinés à une oreille humaine, qui sait quelles répercussions néfastes se graveraient dans son esprit… ?

Alors, le cri cessa. Laissant son infortunée victime pantelante à des mètres de la surface de l’eau dans un oxygène raréfié. Une forme immense et lumineuse semblait prise dans la glace, coincée sous la ville à quelques bonds sous-marins d’Hex, pulsant de cette fameuse lueur bleue dont ses pensées n’étaient plus parvenues à se détacher. Il sut. Il sut que c’était vivant et que cela l’observait. Cette étrange surface aux arrêtes affutées comme de la magilithe, énorme noyau inconnu qui soutenait la ville et reliait les deux lacs des Jumeaux Dormants. Etait-ce hostile ? Cela paraissait au moins en suspens, attentif. Sondant son âme à la recherche de réponses que personne n’avait. Lui, enfant qui avait rejeté les Architectes, ses créateurs, pour se tourner vers l’hideux attrait de la technologie... Y avait-il seulement encore quelque chose à sauver chez lui ? Allys, Alises, Aurore, tous ces visages, toutes ses connaissances défilaient en rafale autour de lui. Que pensaient-elles qu’il y avait à sauver chez lui… ? Ces noms auxquels il s’était raccroché en plongeant, ce fil vers sa vie, sa raison de ne pas verser dans la folie… Etait-ce vraiment légitime ? Et le poison du doute s’infiltrait dans son cœur, de seconde en seconde plus mordant s’il s’obstinait à fixer et contempler l’étrange noyau bleu.

Pars.

L’ordre était indirect, insufflé dans sa conscience comme une bribe de murmure. A moins qu’il ne s’agisse plutôt d’un conseil… ? Car voilà qu’il sentait l’effroyable cri proche de revenir, et l’infime, très légère sensation d’une note de regrets chez cette présence qui le dépassait. Il désirait des réponses, et c’était son âme qu’il y perdrait s’il s’acharnait en cet instant. Il avait vu, néanmoins. Et peut-être bien qu’il n’était pas le premier à découvrir ce phénomène, peut-être qu’on en avait laissé la trace, quelque part dans ce vaste monde… Qui savait ?




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Hex Hekmatyar
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Sam 14 Oct - 14:44
Irys : 677744
Profession : Soldat de fer
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le paysage avait changé, bien trop pour que ce soit naturel, et je me retrouvais bien vite au travers d'une véritable jungle sous-marine. Ma main gantée de fer effleura une feuille avec douceur. Certains des habitants se faisaient bien plus visible maintenant, certains venaient même frotter leurs écailles à moi. Je souriais doucement, m'attardant lentement dans ce paradis qui ne semblait plus si hostile que cela maintenant. Les poissons venaient lentement, certains passant sur mes doigts avec curiosité.
Il y avait une certaine sérénité ici, quelque chose de primaire et d'harmonieux. Et je fis de mon mieux pour ne pas la briser, observant en silence cette vie inattendu. J'avais vu trop de paysage modifié pour avoir l'envie d'introduire quelque chose d'humain ici.
Après tout je ne faisais que passer, et ne pas laisser de marque extérieure me paraissait un impératif. Je laissais les poissons un cours moment pour regarder la pierre en face de moi.

Le même hurlement que la dernière fois se mit à me vriller le crâne alors que j'osais lever les yeux vers la chose. Ce fut aussi terrible que la dernière fois mais cette fois je n'avais pas le luxe d'être emporté au loin par un baril. Non cette fois j'étais campé sur le sol, mes deux pieds enfoncé dans le sol.
Je me contentant de tomber lentement à genoux, mes mains se portant à mon casque avant de m'apercevoir que ce dernier m'empêchait de faire quoi que ce soit.
Le souffle court je dus me résoudre à me détendre. J'avais déjà entendu ça, ici mais aussi lorsque des dizaines de personnes se faisaient massacrer. C'était juste une habitude à prendre non ?
Lentement je me relevais, laissant cette douleur derrière moi, remplacée par une seule certitude, cette chose n'étais pas un simple caillou posé au fond d'un lac, c'était... Vivant ?
Et ça parlait ! J'en étais sûr. Derrière les hurlements j'avais cru entendre des mots, des mots que j'avais déjà entendu par le passé, mais enfoui si profondément dans mon esprit qu'ils ne m'avaient jamais encore sauté aux yeux.
Ma mémoire, parasitée par quelque chose fit remonter des souvenirs qui n'auraient sans doute jamais du être redécouvert: un paysage que j'avais déjà vu en Mytra, de grands oiseaux de pierre, et quelqu'un qui me portait. Le visage était flou, mais la partie rationnelle qui restait dans ma tête l'associa instantanément à quelque chose.
"Papa"... L'histoire du jeune mytran enlevé par Daenastre m'avait paru trop invraisemblable pour y croire, mais voilà que maintenant cette chose me faisait voir des souvenirs qui aurait du être oubliés.
Je m'immobilisais un instant, prenant une grande inspiration. Si tout cela était vrai... Ça voulait dire que cette histoire que j'avais rejeté en bloc était...
Au lieu de chercher à résister à la présence qui rampait dans ma tête, je fis un effort pour la laisser faire ce qu'elle voulait. À quoi bon essayer de lui mentir, cette chose était puissante et il lui aurait suffit d'un petit éclat de volonté pour me rayer de l'histoire.
J'aurais aimé pouvoir lui répondre dans cette langue, mais ma mémoire était bien trop vieille pour me rappeler ce vocabulaire que j'avais dû entendre par le passé.

Cette chose se posait des questions, et elles me parvenaient par écho, comme des informations primaire jeté au visage. Sauver quelqu'un ? Qui y avait t-il à sauver ici ? Cette chose était elle remontée à la surface ? Je ne savais pas trop quoi en penser, je me sentais insignifiant par rapport à ça.
Elle me fit revoir des visages connus, ce qui m'arracha un petit rire à l’intérieur de mon casque. Oui c'était des gens que je connaissais certains étaient même mes amis, certaines beaucoup plus que ça. Il y avait bien sur d'autres choses dans ces souvenirs, un espoir...
Mais au-delà de ça elle me fit clairement comprendre quelque chose

Partir ? Maintenant ? Quelle étrange absurdité... J'avais luté pour venir le voir, je n'allais pas repartir aussi vite. Je savais bien sur que m'attarder dans ces fonds étaient risqués et si jamais je remontais un jour ça allait sûrement être au prix de quelque chose. Mais j'avais sauté, sauté dans ces abysses justement pour venir. À dire vrai je m'étais même préparer à ne jamais remonter.
J'avais préparé une lettre au cas où par politesse.
Non je n'allais pas partir pas maintenant. Je fixais mes pieds en avançant de quelques pas, sentant comme une note de regret dans cette présence.

*Tu me semble bien seul au fond de ce lac*


Je me mettais à parler tout seul, peut être que cette chose m'entendais ? Peut-être pas

*Tu compte chasser ton seul visiteur ? Même si celui-ci veut bien rester suffisamment longtemps pour que tu lui extirpes tout ce que tu voudrais savoir ?*


Même en fixant mes pieds j'apercevais la luminosité qui provenait doucement de la pierre. Je devais être à peine à quelques centimètres d'elle. J'aurai presque pu le toucher, mais j'avais comme dans l'idée que c'était trop tôt. Non avant cela je sentais les hurlements revenir. Je tombais déjà à genoux, ma mémoire remontant d'elle-même une prière aux architectes. Laquelle était-ce ? Je n’aurai pas su le dire, mais mes lèvres se mirent à bouger d'elle-même.
Je n'avais jamais choisi d'être Daenastre ou Mytran, quelqu'un avait décidé pour moi, et je n'avais fait que suivre ces décisions. Mais pour une fois, j'avais mon propre choix à faire, partir ou rester.
Et bien soit s'il fallait mourir je mourrais.

*Allez, vas y... De toute façon, je n'aime pas laisser les gens seuls au fond d'un abysse pareil*
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Amisgal
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Dim 15 Oct - 13:51
Irys : 144971
Profession : Façonneuse de climats
Administrateur
Cela se mura soudainement dans un silence interloqué. Puissance parmi les puissances, omniscient de mille et une façon, voilà qu’un temps d’arrêt était marqué face à ce mortel dont le comportement semblait déviant. Il… Ne fuyait pas… ? Pour la seconde fois, la chose parut réfléchir. Cela ne parla pas. Mais un fort sentiment de méfiance enroula ses anneaux autour d’Hex, étrange émotion presque animale qui ne venait de toute évidence pas de lui, prodiguée par le lien mental dans lequel il s’était volontairement englué.

Pourquoi ?

A nouveau ce pic de souffrance qui lui déchirait la chair, trifouillant son esprit avec le peu de délicatesse d’un bulldozer. Un langage qu’il ne comprenait que par à-coups : l’intention se devinait, les intonations restaient incompréhensiblement anciennes.

L’être humain détruisait par nature. Des images défilaient dans le crâne de cet aventureux invité sous-marin, effilochées entre ses doigts gourds s’il tentait de les saisir… Un nombre innombrables de poissons éventrés se dévidant de leur sang, laissés pour morts sur les abords de la banquise, des mages brûlés, démembrés, des guerres incessantes dont les résidus néfastes étaient rejetés à l’océan. Et ces autres, tous ces autres qui violaient son espace, détérioraient un territoire si beau autrefois… Cette ville au-dessus n’était pas mieux. Ce ramassis de bipèdes alléchés par la cendre et la suie dont les mains baladeuses s’introduisaient de force dans les derniers retranchements de la vie. Flashs de couleurs, tourbillon d’encre qui monte jusqu’au ciel, pluie sombre et mortelle. La pollution retombe. Et emporte avec elle l’écosystème marin qui vivait ici il y a bien longtemps. Ces ouvriers qui toute la journée durant extrayaient des kilos de glace de ses étendues d’eau, venaient souiller de leur peau impropre ces jardins d’Eden savamment entretenus. Et cette épine terrible dans sa moelle, carcasse sombre et désossée de l’aéronef , ce jour fatidique où une explosion avait balayé sa paix éternelle, était venue écraser un pan entier de ses coraux qui ne pouvaient hélas guère fuir la folie des hommes.

Alors oui. Que faisait-elle là, cette fourmi impertinente ? S’il ne venait pas détruire, s’il ne venait pas dénoncer, attaquer, exterminer des espèces entières, que faisait-il ici ? N’était-ce pas pour provoquer ? Il n’était encore en vie, campé sur ses deux pieds, que pour une seule raison. Les images mentales se muèrent en reflet de lui-même, ces fragments de souvenirs prélevées directement à leur source par cette conscience qui exigeait des réponses. Il se vit, lui. Du sang sur le visage, une pluie écarlate sur sa peau, l’arme au poing ce mai 932 où sa volonté avait décimé une armée de Daënars en compagnie d’Allys. Car ils n’étaient que cela aux yeux de cette présence millénaire, des Daënars, des hérétiques frappés du sceau de l’infamie, qu’ils servent ou non le gouvernement. Tant qu’il y avait de la technologie… Une joie sauvage et carnassière inonda l’esprit d’Hex, ressassant avec un bonheur évident ses batailles passées, ces innombrables fois où sa main avait tranché les corps, fait sauter salement des têtes par la pression d’une balle minuscule. Oui, s’il était encore en vie, c’était uniquement de par son potentiel destructeur envers sa propre race. Oh, quel plaisir extrême que de voir les Daënars s’entretuer entre eux, balayer par eux-mêmes leur présence hideuse de la surface d’Irydaë !

Et puis soudain, le calme silencieux. Un tâtonnement mental plus délicat, une touche de… Douceur ? Il se vit à nouveau. Revêtu d’un scaphandre, prenant garde à ne pas abîmer cette flore exotique qu’il découvrait, jouant avec les poissons qui offraient leur ventre rond aux caresses. Il était venu sans brandir le fanion de sa haine, avait pris garde à ne pas détruire ce cocon de nature libre et heureuse par ses gestes de maladroit bipède. Cette nature à laquelle cette conscience tenait par-dessus tout, car elle était son peuple et la raison pure de son existence. Il ne mourrait ainsi pas tout de suite… N’avait-il pas après tout éveillé la curiosité de cet être ancestral ? Il y avait néanmoins une chose dont il ne paraissait pas conscient. Lui qui était animal, d’ordinaire mû par le plus incroyable des instincts de survie.

Tu te meurs.

Flèche de souffrance, cette éternelle compagne. Ce cri réverbéré dans son esprit, un crissement d’ongle sur un tableau de craie. Il n’était pas Maître, pas Khorog d’un Architecte. Qui était-il alors pour désirer entendre l’ancien langage, celui qui n’était pas destiné aux hommes ?! Il en mourrait, tôt ou tard. Chaque mot directement prononcé graverait en lui d’irrémédiables dégâts. Le rendrait-il fou ? Anomalie ? Assisté destiné à se faire haïr des siens, guère plus capable de bouger et réfléchir par lui-même ? Avait-il même décidé de se laisser mourir, lui qui restait là dans l’espoir d’une conversation avec une forme d’existence infiniment trop pure pour être acceptée par l’oreille d’un mortel ? Il ne devait pas avoir saisi pleinement les enjeux, pour désirer rester. Car aussi sûr que le soleil brûlait d’un feu absolu, la présence ne pouvait nier ce qu’elle était. Ses mots pouvaient être rares – car sa curiosité envers ce bipède lui donnait une infime envie de le maintenir un peu plus longtemps en vie – elle ne pouvait cependant ni réduire ni effacer les plaies que sa voix gravait chez son invité…




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Hex Hekmatyar
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Dim 15 Oct - 17:03
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Profession : Soldat de fer
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Un nouveau cri manqua de me déchirer l'esprit, résonnant dans mon crâne assez sauvagement. Je dus me contenter de supporter la douleur en serrant les dents, tachant surtout de ne pas m'évanouir sous la pression mentale que cela supposait.
Mais cette chose était curieuse, et elle semblait se demander ce qui me retenait ici.

*Pourquoi ? Pourquoi ? Hum... Bonne question... Je crois que dire que j'en ai envie est la chose la plus simple, mais tu pourrais considérer que je cherche aussi une raison de continuer mon chemin*

Elle se mit à fouiller dans ma mémoire, avec autant de délicatesse qu'un Chuluun, mais je pris le parti de la laisser faire, lui résister aurait seulement rendu les choses plus douloureuses. Je vis alors je pense ce que pensait cette chose. C'était un tableau bien sombre, fait de destruction et des effets néfastes de la technologie. Je haussais les épaules autant pour moi que pour elle. Toutes ces avancées techniques n'avaient été faite que pour notre survie, car si nos ancêtres avaient rejeté les architectes, nous n'avions eu d'autre choix que de suivre ce chemin contre notre gré. La technologie était un peu notre magie à nous.
Elle me fit revoir également les nombreux champs de bataille que j'avais arpenté et je sentis une joie féroce à l'idée qu'autant de gens aient pu mourir. Elle semblait occulter les batailles contre les Mytran, mais la joie qu'elle éprouvait était aussi la mienne car j'avais toujours aimé cela. La bête en moi se mit même à hurler en revoyant ces scènes macabre.

*Hm, tu n'aimes vraiment pas notre technologie hein ? C'est bizarre, pourtant nous ne faisons qu'exploiter les possibilités que vous nous avez donné, c'est étonnant qu'aucun de vous n'ai pensé à ne s'en servir, tu n'imagines pas un dieu de la technologie ? Si tu n'aimes pas que les Daenars détruisent ce qui te tiens à cœur mieux vaut qu'ils te vénèrent. Et crois moi si tu deviens le seigneur de la technologie, je serais ton premier fidèle. Et puis d'un autre côté cette dernière est plutôt bénéfique. L'épave de l’aéronef même si elle à dévasté les coraux, c'est maintenant un endroit remplis de vie ! Il y beaucoup de développement à l'intérieur, je suis sûr qu'il fera un parfait petit îlot de vie supplémentaire*

Dis-je en me mettant à rigoler doucement. La situation aurait pu paraître ridicule... Je parlais à une grosse pierre, et cette dernière me répondait. Je ne savais pas vraiment ce que c'était, mais quelque chose me disait qu'il y avait une histoire d'Architecte la derrière. Ce que je ne m'expliquais pas cependant, c'était pourquoi quelque chose d'aussi puissant avait été relégué au fond d'un lac sur notre continent.
J'avais fini par m'asseoir, sans pour autant m'appuyer contre cette chose. En tailleurs devant la pierre, je tachais d'observer les alentours, fixant parfois cette étrange lueur. Elle disait vrai sur un point, j'étais en train de mourir, et à chaque fois qu'elle fouillait un peu plus dans ma mémoire, je sentais que quelque chose de mal arrivait.
Un goût métallique dans la bouche venait progressivement, mais c'était bien là le cadet de mes soucis, je parlais à quelque chose de bien supérieur à moi, et rien que ce fait était fascinant. Du reste, j'avais passé ma vie à manquer de me faire tuer que ce soit par des mages ou des soldats. Ce n'était donc pas mon corps qui allait me trahir pas plus que ma raison, non je sentais que si jamais j'en ressortais je ne serais tout simplement plus le même, ce qui avouons le risquait d'être bien plus grave.

*Je me meurs ? Bien sûr ! Tout le monde meurt, que ce soit maintenant ou dans trente ans, c'est un peu notre lot commun, parfois on meurt de façon naturelle, parfois, on se fait tuer, parfois, on fait des choses très bêtes comme maintenant mais au final on finit tous par mourir, mais merci de ta sollicitude même si je ne suis qu'un "hérétique?" Je crois que c'est le terme qu'emplois les mages *

C'était assez stupide dit comme ça, mais passer sa vie à tuer d'autre personne avait finit par me rendre fataliste. D'autant plus que comme elle l'avait dit ma mort se rapprochait à chaque fois que je lui parlais. Pour autant, c'était loin d'être fini
Je pris une poignée de sable dans ma main, la levant devant mon visage, regardant ce dernier s'écouler entre mes doigts. C'était une drôle d'allégorie, mais ça devait plus ou moins être le temps qu'il me restait à vivre.
Quitte à mourir après être remonté, mieux valait rester ici. Et puis le monde qu'avait créer cet architecte était bien plus reposant que ceux de tout les autres, du silence, de l'harmonie. Même s'il n'apprécierait pas la comparaison, cet écosystème était une mécanique parfaite

*Et... Loin de moi l'idée de te manquer de respect mais pourquoi est tu plongée au fond de ce lac dans ce... Truc ? Je veux dire... Tu me sembles puissant, tu es peut-être même un architecte, mais je ne m'explique pas pourquoi tu es exilé ici... Et si tu étais un de ceux connus, pourquoi aucun mage ne viens jamais ici... *


Ça me paraissait étrange, j'étais seul ici et pourtant il y avait quelque chose avec tant de pouvoir... Quelque chose clochait. Je n'étais pas très au fait des relations entre les architectes mais quelque chose devait poser problème ici non ?
J'aurais aimé savoir face à quoi je me trouvais....
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Amisgal
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Ven 20 Oct - 21:56
Irys : 144971
Profession : Façonneuse de climats
Administrateur
Un « Seigneur de la technologie », un Architecte destiné à l’évolution mécanique… ? Que ce petit humain avait de drôle d’idées ! Sans doute était-ce parce qu’il ne savait guère encore à qui ses propos s’adressaient, car de toutes les rencontres imprévues, celle-ci était probablement l’une des pires possibles. Oh, Cela ne se jugeait pas caractériel, si tant est que des notions aussi humaines puissent s’appliquer à une puissance supérieure. Mais cela avait soif de destruction, de conquête et d’annihilation pour que le règne des eaux survienne… A ce titre, militaire et rocher bleuté n’étaient pas si différents. Hex et son interlocuteur ne recherchaient-ils pas la même chose sous leurs abords civilisés, cette soif de sang et de chair à mordre qui leur donnait du cœur à l’ouvrage ?

A nouveau, l’eau se troubla. Les alentours jusqu’alors désertés de toute présence frémirent d’un phénomène étrange. Une ombre se lova contre l’armure de fer de notre aventurier, effleura sa visière pour se mouvoir dans l’obscurité. Un museau long garni de crocs ivoire se dessina dans son champ de vision, un corps effilé qui serpenta près du sable, lent et macabre. Cela se déplaçait avec la grâce et la souplesse d’un prédateur mortel, aussi fascinant que la danse envoûtante d’une vipère venimeuse. Une murène. Une murène dont les proportions n’étaient pas cohérentes, pas décentes. Les voiles de ses nageoires frémissaient dans l’eau tiède et renvoyaient par à-coups quelques reflets zébrés, comme électrisés d’une lueur d’un blanc cru violent. L’être, car il s’agissait assurément plus que d’un animal en cet instant, observait son invité d’un regard bleuté transperçant.

J’étais là avant les Hommes.

La murène glissait silencieusement autour d’Hex, traçant un cercle autour de lui sans jamais paraître vouloir briser cette distance invisible.

Je suis innombrable.

Poissons, murènes, raies, requins et grands mammifères, tous ses habitants des profondeurs aquatiques étaient son Royaume, son peuple et son avatar. Une image mentale zébra l’esprit du militaire, brillante, exsudant une puissance triviale venue tout droit des origines même d’Irydaë. Celle de cet étonnant rocher qui pulsait d’une lueur éternelle, ce bleu divin présent dès la création du monde, le cœur d’un Architecte. La murène retroussa ses babines sur l’éclat brutal de ses crocs, presque un rire ample et sourd au fond des entrailles.

Je suis l’Océan.

Un souvenir jaillit à son tour, celle de continents arrachés aux eaux par la main gigantesque d’un géant de pierre, le déchainement des éléments lorsque la pluie battante et le tonnerre viennent fracasser leur puissance sur la cime des vagues que Dalai soulève. Et Ô comme la sauvagerie de sa sœur Amisgal lui emplit le cœur et l’âme, soulevant ses montagnes entre leurs ailes célestes et maritimes comme des fétus de paille ! La vie éclate en son sein entre les pattes habiles d’Orshin, oui, il lui dessinera les requins pour trancher ses victimes, il lui façonnera les Chotgors, Seigneurs de ces immensités aqueuses…

Au fond des Jumeaux Dormants, la pierre bleutée s’agita. Une onde de chaleur densifiée vibra sur sa surface de plus en plus trouble, agitée de soubresauts de lumière condensée. Des filaments ne tardèrent pas à se tracer dans les abysses, jouant avec la silhouette de la murène à son aise avec sa propre magie créatrice. Elle n’était pas exilée. Elle n’avait pas récemment atterri ici. C’était ces autres, ces Hommes, les indésirables squatteurs, ceux qui étaient venus lui disputer le territoire de sa paisible retraite. Elle n’était pas complète, certes, car il y avait tant de morceaux d’elle-même, tant d’avatars que celui-ci n’était que son cœur originel lorsque son corps naviguait infiniment plus loin dans ce vaste monde. Etait-ce là des considérations que pouvait envisager un mortel ? Dalai comptait bien le lui imposer.

Car bientôt l’un des faisceaux de lumière le traversa de plein fouet, parut fourrager quelque chose de coincé dans les tréfonds de sa conscience, si loin qu’il l’avait autrefois oublié. Toi qui ne crois plus en rien, toi qui semble lassé par la vie. Toi qui est né à My’trän et a oublié jusqu’à tes origines. Il sut aussi brutalement que la conscience d’exister qu’un déclic s’était opéré en lui. Ses mains, c’était étrange, impossible… Mais… S’il bougeait son bras comme ceci, s’il concentrait sa volonté… Alors… L’eau bougeait ?! Lui qui n’était rien auparavant, soudainement béni de la maîtrise de l’eau, ce liquide qui se condensait en glace pour répondre à la moindre de ses envies, serpentait le long de son corps en courants joyeux plus vivants que la terre elle-même… ! Et tout en était changé, des profondeurs des abysses désormais chaleureuses, presque enivrantes, véritable masure retrouvée d'un ancien soldat rentrant chez lui après de longues et épuisantes années. Il était maître de cet élément. Pourquoi l'aurait-il craint ?

La murène tentatrice esquissa un sourire féroce dans les ténèbres. Qui savait combien de temps cela allait durer, combien de temps Dalai serait magnanime et joueuse retorse. Que cherchait-elle à faire ? Un fait était certain : il ne restait à Hex qu’une poignée de secondes avant que l’Architecte ne prenne une décision finale à son sujet. Et quoi qu'il advienne, cette sensation de magie coulant dans ses veines ne serait bientôt plus qu'un faible souvenir dans son esprit...




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