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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Les pieds dans le sang, la tête dans les cieux. [PV: Zora]

Adramus
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Mar 3 Oct - 1:59
Irys : 532157
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
La nature, ça s’appréhende comme la surface d’un lac. Admirez la simple surface d’un lac, elle est en permanence striée d’ondes très légères, reflets éphémères de toute la vie qui bouillonne autour et à l’intérieur de l’eau. Aucune de ces perturbations n’interrompt votre contemplation, jusqu’à ce qu’un ami jette soudainement une grosse pierre dans votre tableau idyllique. Une intervention de l’homme, une interruption du cycle éternel de chaos et d’ordre. Même s’il ne s’agit que d’une petite pierre, vous savez que ce n’est pas ordinaire comme onde, comme mouvement. C’est ainsi qu’Adramus perçoit le monde lorsque ses paupières se ferment pour ne plus sentir que les courants qui l’entourent. Au bout de tant d’années de pérégrinations, on finit par reconnaitre le bruit d’un mulot qui court, celui d’un fruit qui tombe, une branche qui craque sous le poids d’un oiseau. Les perturbations dans l’air sont comme les auréoles sur le lac, ordinaires. Puis viennent des sons plus secs, saccadés, qui secouent la forêt sur des lieues à la ronde. C’est le temps de l’épée, un temps qui n’a rien à voir avec le rythme naturel de la forêt.

Et lorsque le guerrier est en pleine méditation, toute interruption peut se révéler fâcheuse.

Non seulement ça, Adramus détestait être interrompu dans cet exercice de concentration totale, mais en plus c’était des bruits de combat qui lui parvenaient. Plusieurs lames dansaient ensemble, des invectives violentes s’échangeaient, et tout cela striait les courants d’interférences insupportables pour l’oreille apaisée du vagabond. Altruiste ou non, il avait pour but de mettre un terme à ce vacarme dans la clairière voisine. Il n’était qu’à une centaine de mètres du lieu de l’escarmouche, mais déjà l’adepte d’Amisgal avait fait en sorte de concentrer son esprit sur une seule chose : le lien entre lui et l’Architecte. La Sérénissime Amisgal devait lui tendre la main, juste aujourd’hui, pour lui permettre de progresser encore plus sur la voie de l’Erel Kheg.

Ne se privant pas de faire bruisser la moindre feuille, Adramus sentaient déjà de violents chocs lui parvenir de derrière les épais buissons qui lui barraient la route. Chaque coup, chaque insulte, chaque chute raisonnait dans son esprit clairvoyant comme autant de coups de tambours. Des tambours de guerre. La scène apparut devant lui aussi claire que les plus harmonieuses toiles, et pourtant elle transpirait la mesquinerie et la souillure des âmes et des corps. Ils étaient quatre, devant une pauvre femme désarmée. Elle se défendait comme elle le pouvait, face à des agresseurs étrangement tenus dans un relatif respect. Elle devait user de magie. Laquelle ? Peu importait à Adramus. Il ne serait pas dit qu’il abandonnerait une telle âme à son piètre sort. Möchlog était, certes, le régent des destinées humaines, mais celles-ci n’excluaient pas de se battre quand même. Appuyé sur son bâton, il entama une prière avant de procéder à quelque intervention que ce soit.

- Protège-moi de la corruption, Amisgal. Je ne veux plus toucher de sang sali par la haine des hommes. A plusieurs mètres de la bataille, il poussa tout de même un profond soupir avant de lever la main vers le quintette de combattants. Todorkhoi, prononça-t-il enfin.

Une scène surréaliste se produit alors, tandis que personne ne faisait attention à cette silhouette surgit des bois, comme faisant partie d’eux, et évoluant en totale synergie avec l’obscurité des arbres de laquelle étaient projetés d’étranges éclairs blancs. Non, c’était bien moins fulgurant que des éclairs. Plus fin, plus lent, mais tout aussi dangereux. Le premier, d’abord, frappa la cuisse d’un des mécréants, tranchant l’artère, le condamnant. Une étrange lame blanche, pas plus longue qu’une main d’homme, gisait désormais dans sa jambe, mais ce n’était pas fini pour lui, malheureusement. Une paire de projectiles vinrent transpercer la hanche, puis le bras de celui qui se trouvait, bouche-bée, à ses côtés. Hurlant de concert avec son compagnon, il se tut aussitôt lorsqu’un troisième éclair vint lui trancher la gorge et tomber un peu plus loin devant lui, teintant l’herbe de sang.

Le rythme accéléra ensuite. Tels les compagnons de Persée face à la Méduse, aucun des agresseurs ne put totalement tourner les yeux vers cette menace invisible et mortelle sans se voir anéanti. Transpercés par une, puis deux, cinq, sept, douze lames blanches sifflantes, sortant tout droit du néant. Elles fauchèrent les quatre hommes sans merci. Le premier, celui avec l’artère sectionnée, ne vit pas la fin de son calvaire de sitôt. Son dos fut criblé de petites dagues, et il s’écroula au sol en levant des yeux implorants vers leur victime d’il y a quelques instants à peine. Le second, malgré la fin de son agonie, fut encore transpercé de deux ou trois projectiles jusqu’à ce qu’il gise totalement à terre. Le plus affreux calvaire fut réservé aux deux derniers de la bande, à ceux qui pouvaient voir de plein pied cet être sans nom, presque difforme tant la terreur leur brouillait la vue, ne rien faire à part lever le bras et laisser les forces divines leur faire subir l’ordalie. Sans qu’un seul des éclairs d’acier ne frôle Zora, une dizaine vint cribler le corps de chacun des deux survivants, les faisant ruisseler de sang comme des fontaines morbides. Au total, trente dagues blanches comme de l’ivoire dominaient le champ de bataille, mais s’évaporèrent en une poussière brillante au même moment. Enfin, lorsqu’Adramus ferma le poing et baissa le bras vers le sol, il ne restait plus qu’une innommable boucherie dans cette clairière, mais cette dernière avait retrouvé la paix.

- Puissiez-vous mieux servir vos créateurs dans le néant. Ceux qui se détournent de la Voie ne peuvent prétendre être épargnés. Annonça-t-il d’une voix forte en avançant calmement vers le carnage dont il était l’auteur.

Il n’affichait pas la moindre satisfaction. Son geste avait été le produit de la volonté d’Amisgal, rien de plus. C’était elle qui avait fait apparaître toutes ces armes mortelles. Elle souhaitait, du haut des cieux éternels, anéantir des êtres si vils qu’ils étaient capables de tourmenter une innocente femme en prétendant ne jamais être punis pour cela. Là où la justice humaine faillit, celle des Architectes ne connait pas d’erreur, ni de limite. Affichant un visage las et presque affligé, le guerrier s’appuya des deux mains sur son bâton, à bonne distance d’une femme qui devait au pire le prendre pour un monstre, au mieux s’en méfier au moins autant que des quatre compères. C’est pourquoi les premiers gestes d’Adramus étaient destinés à l’apaiser. Il ne leva pas la main, vu ce que ce geste avait provoqué un peu plus tôt, mais il prit une allure plus décontractée, signe que toute hostilité était enterrée.

- Ne sois pas effrayée, ils méritaient leur sort, contrairement à toi. Comment t’appelles-tu, ma sœur ? Pour ma part, je suis Adramus, du clan Godmerek. Pardon de t’avoir infligé ce spectacle.  


Dernière édition par Adramus le Mar 24 Oct - 18:09, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Mar 3 Oct - 8:33
Irys : 755379
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -2

Qui sont-ils? Par qui sont-ils envoyés? Comment ont-ils fait pour la surprendre malgré la prudence qu'elle déploie lorsqu'elle se déplace? Ces questions l'assaillent tandis qu'elle repousse les assauts sauvages de ces hommes. Et souvent à la dernière minute. Les boucliers qu'elle dresse écartent les lames de son corps. Mais les sillons sanglants qui se devinent derrière les coupures dans ses vêtements témoignent que sa défense n'est pas infaillible. Et qu'elle est davantage encore désespérée...

La morsure d'une lame lui arrache un cri alliant surprise et douleur. Elle recule à nouveau et dévie une lame destinée à sa gorge et qui, à défaut, provoque des étincelles et glissant le long de son bouclier doré. Zora ne prête pas une grande intention aux insultes qui fusent à son encontre. Et même si elle l'avait souhaitée, elle n'aurait pas pu s'octroyer un tel luxe. Son attention est focalisée sur le seul but qui importe en cet instant: rester en vie. Et c'est une entreprise bien trop exigeante pour qu'elle puisse espérer lutter à la fois par les armes et par le verbe.

La rouquine s'autorise toutefois un léger sourire lorsque son pied s'écrase dans l'abdomen de l'un des hommes grâce à une ouverture qu'elle a exploitée. C'est malheureusement le seul coup qu'elle ait été en mesure de rendre depuis le début de ce duel. Et il n'a pas l'effet escompté. Tout au plus retarde-t-il l'adversaire ciblé. L'ardeur de ces hommes ne semble pas faiblir. Ses forces, elles, continuent de décliner peu à peu. Combien de temps avant que l'une de ces lames perforent un organe vitale?
*Tout puissant Möchlog!* implore-t-elle en silence son Architecte. *Votre servante vous implore de lui accorder votre aide en cet instant délicat!*
Délicat... Le mot est sans doute faible si l'on considère la situation dans laquelle elle se trouve. Pourtant elle reste confiante. La Chouette ne l'a jamais laissée tombée. Et il ne lui tournera pas davantage le dos maintenant. Lorsque le moment décisif sera venu, Il interviendra. Elle en est certaine! Mais d'ici là...

Zora continue de reculer, retardant une échéance qui pourrait bien être la dernière. Mais finalement son dieu entend ses appels. Et des frappes aussi rapides que chirurgicales surgissent du néant pour venir terrasser ses adversaires les uns après les autres. Surprise, ne comprenant guère ce qu'il se passe, Zora dresse un autre bouclier de la direction d'où provient l'improbable assaut. Mais pourtant aucun éclair blanchâtre ne vient menacer son existence à son tour.

Elle pose alors un genou à terre, vaincue par la fatigue et les plaies qui déversent son sang sur l'herbe fraîche. Puis elle darde finalement son regard sur l'inconnu qui s'approche d'elle tandis qu'elle tente de calmer quelque peu sa respiration haletante. La rouquine fait malgré tout de son mieux pour offrir un spectacle digne. Par fierté autant que par nécessité: s'il n'est jamais agréable de se sentir faible, il est davantage encore préjudiciable de laisser un potentiel adversaire le croire.

Celui-ci se présente et lui assure qu'il ne représente pas un danger. Elle est également vexée que l'homme considère qu'elle puisse être effrayée. Ou même offusquée par la perspective qu'il puisse croire qu'un tel spectacle puisse lui déplaire. Mais vu son état et la puissance déployée par le nouvel-arrivant, c'est plutôt dans son intérêt. Et ça aussi, elle en est consciente.
"Je gérais..." souffle-t-elle. "J'étais à deux doigts de m'en débarrasser!"
Elle n'est pas crédible et le sait. À tel point qu'elle se fend d'un sourire furtif qui trahit l'assurance de ses propos. Comme s'il suffisait d'affirmer quelque chose pour qu'elle prenne corps dans la réalité... Mais Zora n'aime pas l'idée de devoir être reconnaissante à quelqu'un d'autre qu'à Möchlog. Même si la présence de cet Adramus est incontestablement le fruit de la volonté de la Chouette...
"Merci quand même..."
Elle pose son autre genou au sol et lève un instant les yeux au ciel pour remercier le véritable artisan de ce sauvetage qui tombe à point nommé. Le souffle toujours court, elle détaille alors ses blessures autant qu'elle les évalue avec sa magie. Elles ne sont pas graves. Du moins pas assez pour mettre sa vie en danger. Mais elle a perdu beaucoup de sang. Et elle ne se sent guère capable de guérir toutes ses plaies dans l'état qui est le sien actuellement.

Malgré tout elle puisse dans ses dernières forces pour se redresser avec peine et saisir l'une des lames, sur l'herbe. Puis elle la plonge dans le corps de l'un de ses assaillants comme pour évacuer une part de frustration. Cet acte inutile a au moins l'avantage de lui faire du bien. La rouquine se retourne ensuite pour faire face à l'homme.
"Adramus du clan Godmerek, hein?" souffle-t-elle. "Moi c'est Zora! Et si j'ai eu un clan autrefois je n'en ai plus le moindre souvenir aujourd'hui. Nous savons ce que ça veut dire, n'est-ce pas?"
Elle le gratifie d'un vague sourire avant de tomber une nouvelle fois à genoux. Zora cherche ensuite machinalement sa gourde de sa main avant de remarquer son absence.
Une victime collatérale de l'affrontement, probablement. Elle se laisse choir plus confortablement sur le duvet douillet de verdure avant de lâcher un soupire résigné. Il y a des jours où les choses ne vont tout simplement pas comme on le souhaiterait...
"Vous n'auriez pas un peu d'eau?" se hasarde-t-elle. "Et tant qu'à faire, une petite idée quant à l'identité de ces hommes?"
Elle darde son regard sur le symbole qui se trouve sur l'épaulette du cadavre le plus proche: une tête de loup surplombant deux épées croisées. Un groupe de mercenaires? Probablement. Peut-être que cet Adramus en saura plus. Mais en attendant qu'il lui offre de quoi sustenter sa soif ou sa curiosité, elle entreprend de soigner ses plaies en y apposant ses paumes. Cela demandera un peu de temps. Mais elle a connu pire...







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Adramus
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Jeu 5 Oct - 18:59
Irys : 532157
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Malgré sa position précaire, la demoiselle affichait une fierté exacerbée. A la manière de ces guerriers, autrefois modèles d’Adramus, et dont il en faisait désormais partie, il ne fallait jamais plier le genoux involontairement. La pression, la souffrance, la mort, rien ne devait abattre un véritable guerrier. C’était donc avec étonnement que le voyageur constatait cette fierté belliciste chez la jeune femme, alors que jusqu’ici elle ne se battait pas, mais ne faisait que se défendre avec force boucliers et esquives habiles. Quelques questions flotteraient donc un moment dans l’esprit d’Adramus, mais il préférait porter attention à ce que lui disait la jeune femme.

Elle se présentait sous le nom de Zora, juste Zora. Pas de clan, plus de parents. Le vagabond n’était pas spécialement affecté par cette information. Des oiseaux solitaires étaient légions à My’trä, et il y avait autant de qualités que de défauts à ce mode de vie. C’était celui d’Adramus également, et même s’il avait à cœur de perpétuer l’héritage de son clan, via ses nombreux tatouages, il n’était pour autant pas attristé par leur funeste destin, Khugatsaa ayant déjà fait son œuvre sur les souvenirs du guerrier. Il n’eut pas le temps d’embrayer sur la question rhétorique de la jeune femme que celle-ci tomba au sol, écrouée par l’épuisement. Adramus s’approcha sans hâte, la sachant tout de même accrochée à la conscience, et donc hors de danger.

Comme elle le demanda, l’adepte d’Amisgal posa un genou à terre pour lui tendre la gourde d’eau qui trainait dans sa besace. Il s’intéressa ensuite à l’équipement des assaillants. Ils étaient équipés pour l’assassinat, non pour le combat. Une tunique de lin, quelques protections par ci par là, mais un équipement orienté vers des mouvements vifs et silencieux. Cela allait jusque dans les armes. Bien qu’ils aient attaqués Zora à coup d’épées, celles-ci étaient courtes, légères, et n’étaient sûrement pas conçues pour croiser le fer. Des marauds, des bandits, pas des chasseurs. L’insigne sur leurs épaulettes était celui plus généralement adopté par toutes les compagnies de basses besognes de ce genre. Néanmoins, Adramus savait que, pour prouver la validité d’un éventuel contrat auprès d’un commanditaire, il arrivait aux mercenaires de transporter une lettre de marque du commanditaire qu’ils présenteraient avec une preuve de la réussite du contrat à ce dernier, ou à ses subalternes. Tandis que la demoiselle récupérait de ce terrible combat, le guerrier s’appliqua donc à fouiller les maigres affaires des mécréants. La lettre, bien que protégée dans un petit sac à la ceinture d’un des hommes, ne fut cependant pas difficile à trouver. Adramus tandis le papier à la jeune femme assise.

- Tu veux savoir qui en veut à ta vie ? Je peux la détruire si ça ne t’intéresse pas. Souffla-t-il.

Sa conscience lui intimait de se méfier de quelqu’un sur qui on envoyait un quatuor d’assassins, et ce en sachant qu’elle se déplaçait sans armes. Etait-ce une victime de jeux politiques dangereux ? La fille d’un gharyn qui veut évincer toute succession désavantageuse ? Quoiqu’il en soit, c’était une adepte de Möchlog. Elle pouvait difficilement être l’instigatrice de ce pourquoi on la poursuivait. Cela restait une éventualité, mais de moindre importance aux yeux d’Adramus. Sans attendre la réponse de la jeune femme, ce dernier déposa la lettre à ses côtés, afin qu’elle décide elle-même de ce qu’elle allait en faire.

De son côté, il prit aussi place sur l’herbe mouchetée de rouge. Il réfléchit un instant sur la manière dont il venait de plier le combat. La terreur sur les visages de ces hommes, mais également le fait qu’ils ne se soient aucunement défendus. Adramus était convaincu qu’ils avaient vu en face d’eux, non pas un mage, aussi puissant soit-il, mais bien Amisgal. Elle était apparue derrière lui, crachant ces lames justicières, et ils se savaient condamnés par un Architecte en personne. Voilà pourquoi ils n’avaient pas cillés, résignés qu’ils étaient, acculés par le courroux d’un dieu. Ces mains qui avaient invoqués la colère de sa bien-aimée Amisgal, le guerrier les regardait avec solennité et fierté.
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Zora Viz'Herei
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Ven 6 Oct - 11:46
Irys : 755379
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -2

Adramus ne tarde pas à apporter une réponse à sa question sous la forme d'un pli qu'il dépose à ses côtés. Certains sont du genre à fuir les menaces qui pèsent sur eux et à se contenter d'espérer qu'elles finissent par les épargner. Cette lâcheté est étrangère à Zora qui n'est de loin pas née pour tendre l'autre joue. Elle n'a pas eu l'honneur de porter le premier coup dans ce conflit. Mais sa réplique y mettra un terme. Aussi elle n'hésite guère avant de répondre à l'outil que Möchlog a jugé bon d'envoyer à sa rescousse:
"Évidemment que je souhaite savoir..."
Comment pourrait-il en être autrement? Le ton qu'elle emploie suffit à prouver sa détermination. Mais également un bon sens élémentaire: on n'gnore par les problèmes. On les affronte à bras le corps. Et on s'arrange pour les faire disparaître une bonne fois pour toute. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut espérer avancer dans l'existence. Mais la perspective de faire couler le sang de ceux qui ont tenté de répandre le sien n'est pas étrangère au sourire qui se dessine à présent sur ses lèvres.

Mais sa curiosité devra attendre qu'elle ait terminé de se soigner. La moindre goutte de sang perdue l'éloigne davantage de sa revanche. Il convient donc de refermer les diverses plaies qui sont autant d'insultes envers Möchlog avant de songer à la suite des festivités. Ce qu'elle s'emploie à faire en jetant de temps à autre des regards en direction d'Adramus. Pour tenter de deviner ses pensées autant que pour se prémunir d'une attaque qui semble pourtant improbable.

Puis la rouquine saisit enfin le pli qu'elle déplie délicatement. Le sang qui le macule en partie ne gêne guère la lecture. Elle y découvre son nom et une récompense qu'elle juge dérisoire pour sa tête. Une insulte qui lui arrache un reniflement de dédain. Vaut-elle si peu que ça? Ce manque d'estime est sidérant. Et elle sait désormais qu'elle va se faire un devoir - autant qu'un plaisir - de corriger cette regrettable erreur de jugement.

Ses yeux parcourent la missive puis s'arrêtent sur le nom de la commanditaire. Il lui faut quelques instants pour se rappeler le visage auquel il appartient: Praetoria Alivera. Celle qui occupait alors le rôle de bras-droit du dispensaire où elle a grandi. Zora savait que tôt ou tard elle devrait renouer avec son passé. Mais elle n'imaginait pas que celle qui doit maintenant diriger l'établissement serait assez stupide pour passer à l'acte. Et tout ceci pour un simple meurtre...

La rouquine se souvient avoir apporté la mort dans les lieux qui l'ont vue grandir. Mais elle a oublié depuis longtemps le nom ou le visage des premières personnes qu'elle a purifié. Est-ce vraiment important, dans le fond? Ces âmes perdues ont eu l'occasion de renaître dans des corps qui ne représente plus une insulte aux yeux de Möchlog. Leur vie est sûrement meilleure. Peut-on la blâmer d'avoir offert un tel cadeau à ces gens? Elle en doute. Mais d'autres ne sont pas de cet avis visiblement...

Ce qui est certain, toutefois, c'est qu'il convient désormais de purger définitivement le dispensaire de ceux qui prétendent servir la Chouette. Une tâche qu'elle n'a eu de cesse de repousser mais qui s'avère désormais plus nécessaire que jamais. Le soucis, c'est qu'elle doute de pouvoir mener à bien cette entreprise toute seule. Et ça tombe plutôt bien dans le fond: seule, elle ne l'est pas. Elle pose une nouvelle fois le regard sur Adramus dans l'espoir de capter son attention.
"C'est la personne qui dirige le dispensaire d'Alythéa qui souhaite ma mort..." lui indique-t-elle. "Les gens qui y officient prétendent servir Möchlog mais ils usent d'une magie que la morale réprouve. Avez-vous déjà entendu parler de la nécromancie, Adramus?"
Zora doute que l'homme soit très enclin à semer la mort parmi les rangs des hérétiques prétendant servir la Chouette. Mais en usant des bons arguments il est possible qu'il accepte de l'aider. Et tant pis s'il ne s'agit de rien de plus que de mensonges que certains jugeraient éhontés.
"C'est d'ailleurs pour cette raison que je me suis enfuie de cet endroit il y a déjà quelques années maintenant. Mais il semblerait que ces gens souhaitent s'assurer de mon silence. J'aurais dû m'en douter, dans le fond. C'est évident..." reconnait-elle. "Ils aiment semer la mort sous couvert de leurs bonnes actions. Ces agissements méritent une punition. Et il est plus que temps qu'ils récoltent les fruits de leurs mauvaises actions!"
Elle envisage déjà des moyens pour purifier les lieux et ses occupants. Le plus aisé serait sûrement de condamner les issues du dispensaire avant d'y bouter le feu. Simple mais redoutablement efficace. Seulement elle doute que les résidents se laissent faire. D'autant plus que, de mémoire, certains d'entres eux sont capables de dresser des boucliers puissants.
"Vous m'avez aidée une première fois et je vous en suis reconnaissante. Mais vous me condamneriez sûrement à mort si vous m'abandonnez maintenant. D'une certaine façon, vous avez désormais une responsabilité envers moi!" souffle-t-elle. "M'aiderez-vous à régler définitivement ce problème? M'aiderez-vous à honorer Möchlog en tuant ces hérétiques qui prétendent le servir?"
La rouquine garde son regard résolument fixé sur le noiraud. Avec une certaine appréhension. Et l'espoir qu'il consente à apporter sa pierre à l'édifice qu'elle cherche à édifier au nom de la Chouette...







Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Adramus
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Ven 6 Oct - 15:40
Irys : 532157
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Et Zora commença son récit. Celui qui présentait à Adramus les commanditaires d’une mise à mort aussi peu honorable. Il écouta attentivement, en tailleur, les yeux clos, bras croisés. C’était tout bonnement édifiant. La jeune femme présenta les dispensaires comme des nécromanciens, la face cachée de cette pièce qui représentait la magie de Möchlog, et une des raisons pour lesquelles le guerrier ne s’était jamais risqué à vouer un culte à la Chouette. Non pas qu’elle méritait moins la vénération que ses pairs, mais parce qu’elle était tout bonnement capable de vous faire emprunter un chemin si sombre que même la mort peut être perçue comme plus lumineuse. C’était d’ailleurs le seul moyen de délivrer une âme perdue dans de telles ténèbres.

Là où Zora qualifiait ces hommes et ces femmes d’hérétiques, Adramus avait plus de retenue et préférait employer le terme d’égarés. Il ne vouait donc pas une haine particulièrement féroce à l’égard de cette minorité d’adeptes de Möchlog. Néanmoins, le sentiment qui animait sa compatriote, ce feu qui lui brûlait le cœur et qui la faisait même accepter de faire céder ce verrou de fierté qui bloquait son esprit jusqu’alors… Celui-là, Adramus le connaissait bien. Lorsqu’il entendait parler des dragonniers, de leur dogme païen, de leur cité corrompue, il se passait inévitablement la même chose que dans l’esprit de Zora à cet instant. Et pour cette raison, cette fermeté, cette clairvoyance qu’ils avaient en commun face aux insultes masquées proférées à l’encontre de l’Architecte qu’ils révéraient, l’adepte d’Amisgal savait déjà qu’il accepterait la proposition de la jeune femme, qu’il anticipait déjà bien avant qu’elle ne la mette en mots. C’est lorsqu’elle eut terminé qu’Adramus songea à rouvrir les yeux, les plongeant dans ceux de la rouquine, et se mit à disserter lui aussi.

- Pour toute lumière, il existe une ombre parfois toute aussi grande. Je comprends ta colère. On a insulté l’Architecte qui donne sens aux battements de ton cœur. Moi aussi, il est des hommes que je projette, tôt ou tard, de rayer de la surface d’Irydaë. Depuis des siècles ils insultent Amisgal, asservissent ses enfants préférés. Malheureusement, là où, pour toi, il ne faut exterminer qu’un dispensaire, c’est toute une cité que je dois détruire de mon côté.

Il soupira, les yeux dans le vague, puis rattrapa son bâton d’un geste lent et s’en servit pour se remettre debout. Désormais, il lançait un regard étrangement doux à Zora. Un regard de compassion, sans être condescendant ni pathétique. Il avait trouvé une sœur dans la colère, quelqu’un qu’il pouvait délivrer de cette camisole. Cette cage qui emprisonnait leurs bras et les empêchait de faire autre chose que des spasmes répétés, simulacres d’étranglements, en songeant aux plus grands poisons sévissant sur le monde.

- Je vais t’aider, Zora, seulement Zora. Je n’ai peut-être pas encore la puissance pour renverser un bastion, mais quelques vermines mortifères ne m’arrêteront pas.


Une idée traversa l’esprit d’Adramus. Une idée saugrenue, macabre, mais pour une fois il faisait preuve de pragmatisme. Cela faisait maintenant des années que trainaient dans sa besace les parchemins de l’Erel Kheg, et bien d’autres souvenirs des multiples aventures qu’il avait vécu depuis son départ solitaire, loin de Zochlom. Peut-être pourrait-il profiter de l’opportunité qui lui était offerte d’enfin acquérir un pied-à-terre sur ce vaste monde.

- Néanmoins, ajouta-t-il donc, nous ne détruirons pas cet endroit. Je le purifierai, sois en certaine, mais je compte tout de même conserver l’endroit intact. Je retrouverai bientôt quelqu’un qui deviendra mon épouse. J’aimerai lui offrir un endroit ou vivre, plutôt que le froid des routes et des bois sombres à longueur d’années. Acceptes-tu mon prix ?

Malgré son esprit chevaleresque, Adramus n’hésitait pas à demander rétribution pour ses services. On ne peut se nourrir de sa foi, et la réalité d’un potentiel futur foyer s’étaient rappelées à lui aussi subitement qu’il avait accepté ce « contrat ». Comme quoi, l’esprit était d’une intelligence merveilleuse.
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Zora Viz'Herei
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Ven 6 Oct - 17:21
Irys : 755379
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -2

Elle s'était attendue à une longue et épuisante bataille pour rallier cet homme à sa cause. La liste des arguments qu'elle a dressés à la hâte n'attend d'ailleurs qu'à être exploitée. Pourtant Adramus n'a guère besoin d'être convaincu. Et là où elle s'imaginait se heurter à ses doutes ou à l'une des innombrables nuances de moralité qui pervertissent ce monde, c'est avec un enthousiasme que certains pourraient qualifier de débordant qu'il accède sa requête. Comme ça. Tout simplement. Zora est si surprise par la facilité avec laquelle elle a obtenu l'approbation du noiraud qu'elle entrouvre les lèvres de surprise, se demandant si son esprit ne lui joue pas des tours à cause du sang qu'elle a perdu.

Pourtant ses plaies sont à présent refermées et son corps, bien qu'ébranlé par les traumatismes reçus, ne montre pas de signes inquiétants. Elle s'en assure néanmoins une nouvelle fois à l'aide de sa magie avant de succomber à l'évidence: cet homme est réellement prêt à lui apporter son aide pour massacrer ceux qui l'ont élevée et qui tentent à présent de la priver de la vie octroyée par Möchlog. À croire que la Chouette ne s'est pas uniquement contentée de lui apporter du soutien mais également un compagnon de jeu. Une personne susceptible de la comprendre. Et, mieux encore, de l'approuver...

Et peut-être même de la surpasser, d'ailleurs, si elle se fie à son désir de détruire une citée entière. Zora hésite: est-ce la preuve d'une forme de folie? Elle-même n'irait pas aussi loin. Déjà parce qu'il n'existe aucune ville suffisamment souillée par le pêché pour qu'elle envisage une option si radicale. Mais en soi, si c'était le cas, agirait-elle différemment? Toujours est-il que si certain estiment qu'elle frôle la folie elle se demande l'avis qu'elles auraient alors d'Adramus.
"Nous étions faits pour nous rencontrer..."
Elle se contente de cette simple phrase tant la surprise a encore l'ascendant sur elle. Mais il y a également une part de reconnaissance. Et c'est suffisamment rare pour qu'elle prenne le temps de s'en étonner. Elle reprend toutefois ses esprits lorsqu'il est question de la récompense de son partenaire. Ainsi donc il souhaite garder le dispensaire pour en disposer selon ses souhaits. Une idée qui ne la dérange pas outre mesure dans le sens où elle se fiche pas mal des lieux en questions. Tant que ses résidents sont purifiés, le reste lui importe peu. Elle n'hésite donc que brièvement avant de hocher la tête pour lui signifier son approbation:
"Ton prix me semble correct, oui! Nous avons donc un accord!" confirme-t-elle. "Je suis d'ailleurs tout à fait certaine que ton épouse et toi apprécierez l'endroit. Si l'on excepte la vermine qui y grouille encore, il est tout à fait charmant!"
Elle lui décoche un sourire qu'elle perd en découvrant la douceur de son regard. Décidément cet homme n'est pas comme les autres. Et cela fait bien longtemps qu'on ne l'a pas traitée avec autant d'égares. C'est... dérangeant. Le fait est qu'il pourra donc faire ce qu'il souhaite du dispensaire. Même y perdre du temps pour faire fructifier un sentiment aussi dérisoire que l'amour qu'il voue à sa promise. Pathétique...

Mais tant qu'il est prêt à servir ses intérêts, peu lui importe dans le fond. Elle se relève avec difficulté avant de stabiliser son équilibre et soumettre ses jambes vacillantes à la puissance de sa volonté. Puis elle prend la direction des hérétiques qui ont eu l'audace de s'en prendre à elle. Et au passage, elle invite d'un simple signe de tête le noiraud à la suivre...

~~~~~

La distance qui les séparait de leur objectif n'avait rien d'impressionnante. Pourtant il leur faut tout de même de nombreuses heures pour atteindre le dispensaire. Et lorsque la bâtisse est enfin en vue, la nuit étale déjà ses premières ombres sur la contrée qui l'abrite. On y devine pourtant encore les contours de la grand bâtisse ainsi que des gens qui s'affairent derrière les fenêtres éclairées.


Retranchés derrière un petit muret de pierre qui leur accorde à la fois une protection contre les regards égarés et un point d'observation stratégique. Zora s'y adosse et décrit les lieux à l'instrument de sa vengeance: la partie inférieur du dispensaire abrite les réserves de nourriture ainsi que les cuisines. Le rez-de-chaussé, quant à lui, abrite les lites dévolus aux malades ainsi que les chambres des hérétiques qui prétendent servir Möchlog. Le premier étage, quant à lui, abrite les quartiers de la maîtresse des lieux. Praetoria y dispose d'un vaste espace ainsi que d'une bibliothèque abritant le savoir recueilli en ces lieux. La partie supérieure, de son côté, est accaparé par les pigeons chargés de transmettre les messages aux différents endroits entretenant des relations avec ce lieu.

Zora est étonnée de ne pas ressentir une quelconque émotion en posant le regard sur cet endroit qui l'a vue grandir. Les souvenirs resurgissent, évidemment. Les odeurs, le souffle du vent frais sur sa peau ou encore les chants des oiseaux sont autant d'éléments qui lui rappellent son passé. Mais elle se rend compte à présent qu'elle est prête depuis longtemps à tirer un trait sur ce dernier.
"Comment comptes-tu t'y prendre?" demande-t-elle à Adramus. "L'endroit n'est pas spécialement gardé mais est peuplé d'une vingtaine de résidents permanents. Et il faudra composer avec les gens qui y sont soignés. Des gens probablement contaminés par la nécromancie, de plein gré ou non..."
Une manière de lui rappeler - est-ce nécessaire? - que personne ne doit survivre aux minutes qui vont suivre. À moins que le noiraud préfère attendre la nuit complète? Elle lui laisse volontiers l'honneur de diriger cette mission. Pourquoi s'investir alors qu'il suffit de laisser cet homme châtier l'hérésie à sa place?

Elle, elle n'aura qu'à savourer...







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Adramus
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Dim 8 Oct - 18:19
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Les conditions de l’accord furent acceptées. La mission d’Adramus avait désormais une double valeur : Celle d’un banal contrat, et celle d’un devoir envers les Architectes. Le commanditaire de cette mission avait l’air passablement étonné de l’attitude du guerrier. Il était certain que les anciennes connaissances d’Adramus seraient également surprises devant une telle ferveur, une telle détermination à détruire, même ce qui pouvait sembler unilatéralement mauvais. Le corps du mage était celui d’un Kharaalien, issu d’une volonté de créer quelque chose de puissant, de pérenne, mais on ne pouvait lui retirer l’attachement de son cœur pour Amisgal. Celle qui maintenait, depuis l’aube des temps, l’équilibre entre la pure création de Delkhii et la pure destruction de Dalai. Aujourd’hui, pour pouvoir maintenir l’équilibre sur Irydaë, Adramus, adepte de la Déesse des Cieux, devait détruire ces hérétiques. C’était la volonté des Architectes, il en était persuadé.

Le duo se mit donc en route vers le bastion des mages impies. En quelques heures, ils atteignirent le sommet d’une petite crête. Et c’est au-dessus d’une large vallée que s’élevait la bâtisse qui, de l’avis d’Adramus, n’avait pas l’allure d’un repère de nécromanciens. Puis cette pensée suspicieuse fut prise de vitesse par le sentiment que l’endroit était, effectivement, des plus charmants. Mary serait sûrement heureuse de vivre ici, entre deux voyages. Pour elle, et pour assouvir la volonté de Zora, qui transmettait certainement celle de Möchlog, tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur périraient par l’épée. Jetant un regard vers la demoiselle, le guerrier fut soulagé de voir qu’elle semblait tout aussi déterminée que lui. Aucun doute, aucun remord, seulement quelques questionnements pragmatiques d’une voix froide et calme. Un plan ? Adramus en avait bien un, qui était simple, mais qui avait de grandes chances de marcher.

- Nous attendrons la nuit. Il y a des femmes et des enfants. Ce ne sont pas des guerriers, juste des nécromants. Même si je le voulais, je ne pourrais pas leur donner une mort de combattants. Je vais simplement les massacrer. La plupart n’auront même pas le temps de se préparer au combat. Viens, éloignons-nous le temps que la nuit tombe. Lança-t-il à la jeune femme.

Ils patientèrent ainsi, à la lisière du bosquet faisant face au dispensaire. Ils n’échangèrent qu’un petit nombre de mots, Adramus préférant consacrer cette poignée d’heures à méditer, concentrant sa puissance, priant pour sa victoire. Il n’attendait pas de Zora qu’elle participe à la tuerie. Ce n’était pas son rôle, car c’est elle qui avait engagé le mage, en quelques sortes. Elle serait tout de même utile malgré tout. Elle se mettrait face à l’unique porte d’entrée, empêchant de son mieux les potentiels fuyards de s’échapper. La nuit tomba tardivement, nous étions en plein été, mais elle finit par plonger complètement le dispensaire et ses alentours dans l’obscurité. De surcroît, le guerrier avait l’assurance que la plupart des cultistes impies étaient déjà couchés, ou du moins dans leur chambre, à une heure aussi tardive.

L’heure était venue.

Adramus lança un dernier regard à Zora. Ni satisfait de ce qu’il allait faire, ni désolé de ses futurs actes. Il assumait complètement, sans joie ni peine. C’était sa mission, son devoir, son destin. Il eut un geste d’acquiescement avant de diriger ses pas vers le dispensaire. Il avait laissé tomber sa cape, laissant son torse complètement nu, arborant ses tatouages claniques. Ce serait probablement la dernière chose que ces âmes perdues verraient. A quelques mètres de la porte, ses mains se mirent à luire relativement peu discrètement, mais pendant une simple poignée de secondes. Habitué à ne manier qu’un seul sabre relativement long, c’était désormais un duo d’épées courtes, au tranchant effilé et fait de cet acier blanc si spécial qui allaient le seconder dans sa tâche. Maintenant face à cette porte, il colla son oreille contre cette dernière, espérant peut-être ne rien entendre. Raté, il y avait bien une respiration de l’autre côté. Quelque chose de calme, régulier, mais pas aussi placide que quelqu’un qui dormirait. Tant pis, qui que ce soit dans la pièce adjacente, il aurait une fin terrifiante.

Utilisant sa main droite pour tenir ses deux lames luminescentes, Adramus prit une grande inspiration, un large élan pour son bras gauche, et frappa la porte de la paume de sa main. La magie aidant, une puissante onde de choc fit s’écrouler l’épaisse porte qui tomba sur la malheureuse personne qui se trouvait devant. C’était un homme. Et le voilà hurlant d’étonnement et de douleur en empêchant la porte de bois de l’écraser complètement. Finalement, il bondit vers l’arrière en laissant tomber la structure, et se condamna par ce geste, une des lames du guerrier transperçant son abdomen. L’onde de choc avait fait s’agiter tout le dispensaire. Adramus devait agir vite, avant d’avoir des ennemis trop préparés en face de lui.

Devant ses yeux, un long couloir. Une pièce, à droite. Une antichambre vide, sans porte. Il pouvait donc remonter le corridor. A toute allure, il débarque dans la pièce suivante, un grand séjour. Les premiers nécromants, descendus de leurs chambres, viennent en curieux. Une femme, âgée et un homme brun de grande taille, une bougie à la main. Il lâche la bougie, commence à protéger son visage, mais une épée blanchâtre se fige entre l’estomac et le foie. La vieille femme se retourne, commence à courir, à hurler. Son dos est lacéré par la morsure de l’acier. Les deux s’effondrent. Plus que dix-sept survivants.

Arrachant sa lame du ventre de sa victime, Adramus continue son chemin,  monte l’escalier. Un cri, « Mais qu’est-ce qu’il se passe ?! » et voilà qu’une femme, vêtue d’une robe de chambre s’effondre dans l’escalier, la gorge tranchée. Le torse, le visage, et les lames maculées de sang, Adramus arrive dans un autre couloir, cette fois rempli de pas moins de six adultes, préparés à se défendre. Un septième surgit d’une pièce voisine, un couteau dans la main. L’assassin lâche ses deux armes, le saisit par le col avec une grande puissance et le pousse devant lui. Des hurlements s’en suivent. Un autre nécromant, voulant tuer Adramus d’un carreau d’arbalète, vient de transpercer son compagnon, le condamnant.


Les sabres du guerrier n’étaient plus, remplacés par des couteaux diablement acérés. L’un d’eux termina sa course sous l’aisselle d’une femme aux cheveux roux, qui tendait, déterminée, une main vers l’avant. Le second eut le temps de dresser une barrière pour arrêter la lame de l’assaillant. Ce n’était pas important. En quelques enjambées, Adramus arriva devant l’homme qui se tenait dans le dos du premier. Un long sabre d’argent, nouvellement né, lui transperça le ventre dans toute sa longueur. Lâchant subitement prise, le guerrier se retourna. Dans un mouvement vif, il percuta le torse de l’homme au bouclier d’un coup de coude en plein diaphragme. Ne pouvant plus respirer, le nécromant ne put que lever des yeux impuissants vers son meurtrier, qui venait de lui enfoncer une dague dans la gorge. Malheureusement, l’arbalétrier devait avoir bientôt rechargé. Adramus n’avait d’autre choix que d’augmenter la vitesse de ses mouvements, ce qui le fatiguerait encore un peu plus. Le premier carreau lui frôla l’épaule de justesse. Le mage constata, dépité, que les trois autres mages s’étaient employés à dresser une barrière protégeant tout le couloir. Leur bourreau aurait pu paniquer, mais le mur était trop solide pour que le prochain carreau puisse le traverser.

Pendant que le tireur rechargeait, Adramus tandis les mains devant lui, se concentrant encore un peu pour invoquer les dernières armes qu’il pourrait supporter. Comme au début de sa funeste besogne, il s’équipa de deux épées de même taille, qui naquirent de la paume de ses mains, sous l’œil terrifié des protecteurs. Deux femmes, et un « homme » d’une quinzaine d’années. Celui-là, particulièrement, semblait sur le point de s’effondrer. Une telle magie devait le fatiguer. A l’unisson, ils firent sauter le bouclier, permettant un nouvel essai au tireur qu’ils protégeaient. Encore une fois, la vitesse augmentée d’Adramus le sauva de justesse. Tant pis, devaient-ils se dire. On dresse un nouveau bouclier. Sauf que l’un des mages ne put suivre la cadence. Le pauvre jeune homme terrifié et à bout de force. Ils ne s’en rendirent compte que trop tard, et le guerrier avait déjà bondit sur lui pour le transpercer d’une lame en plein cœur.

Là où on aurait pu s’attendre à une immense panique de la part de ses ainées, Adramus fut cependant étonné de voir que la jeune femme hurla, non pas de terreur, mais de rage. Alors que le prolifique assassin se préparait à en finir avec le vieillard qui l’arrosait de carreaux, il fut tout bonnement plaqué contre un bouclier lumineux, et fut même incapable de récupérer son épée dans le torse du garçon. Acculé par l’essoufflement et la rage d’un combat aussi pénible, Adramus devait aussi composer avec le troisième protecteur. Ayant dégainé un couteau de sa ceinture, il bondit sur l’assaillant qui n’eut d’autre choix que d’user d’une nouvelle onde de choc contre le bouclier de son adversaire. Evidemment, l’énergie fut entièrement absorbée et renvoyée contre le guerrier qui fut repoussé d’un bon mètre en arrière par sa propre attaque. Il évita donc le coup de couteau du jeune homme. Animé par une énergie nouvelle, probablement la colère, il attrapa la seule épée qui lui restait des deux mains et frappa latéralement son adversaire qui s’était tourné vers lui, animé par la surprise. Sa tête roula sur le sol, le corps sans vie s’écroula aux pieds d’Adramus, déversant toujours plus de sang sur le sol.

Se jetant ensuite sur la dernière protection du vieil homme, le bourreau se heurta de nouveau à un puissant bouclier qui fit jaillir des étincelles au contact de sa lame. L’arbalétrier ne pouvait pas tirer, au risque de tuer sa camarade. Il devait donc attendre de voir qui s’épuiserait en premier. Un vent de mystère planera longtemps sur le résultat de ce face à face puisque, alors qu’il semblait qu’elle pourrait encore résister, ne serait-ce qu’un peu, à Adramus, la sage-femme du dispensaire fit s’effondrer la protection qu’elle avait dressée. C’était inéluctable, de toute manière. Le vieillard ne pourrait tirer sur Adramus si elle était toujours devant, alors autant accepter le cycle dès maintenant. Elle ne mourut pas sans lancer à son meurtrier un regard empli de mépris et de rage. Si sa vie s’achevait ici, celle de leur innommable bourreau n’allait pas tarder à se terminer également. Elle laissa donc Adramus la transpercer de son épée, sachant qu’à la seconde où il la retirerait, l’adepte d’Amisgal ferait s’écrouler son corps et affronterait donc la morsure mortelle de l’arbalète du grand-père.

Effectivement, le corps s’écroula lentement en arrière, tombant sur le sol, soulevant de la poussière. Le vieillard tira, persuadé de toucher, mais un grave bruit métallique contredit ses certitudes. Le guerrier avait profité du temps qui lui était alloué par la chute de la jeune femme pour user des dernières secondes d’accélération qu'il lui était possible de déployer. Retirant sa seconde arme du cadavre de l’adolescent, il s’était ensuite préparé à un pur jeu de technique et de chance. Le tireur visait bien, il visait le poumon, mais le carreau heurta la lame de leur assaillant qui, face à la puissance d’un tel tir, fut obligé de lâcher son arme et d’esquisser un pas de côté. L’épée et le carreau tombèrent sur le sol lourdement, à côté des corps de tous ceux qui avaient protégé leur doyen. Essoufflé par tant de magie, assourdie par la douleur qui lui ceignait le bras gauche, Adramus était tout de même en position de force. Son adversaire ne pouvait plus recharger, et il lui restait une arme, encore profondément enfoncée dans l’abdomen de la courageuse sage-femme. A l’aide de son pied, il la retira du corps inanimé, et s’approcha du dernier obstacle qui le séparait de ce qui reposait dans ces chambres.

Devant cette vision horrifique, cet homme de haute taille, le torse tatoué, couvert de sang de la tête au pied, et le regard plus froid que le souffle du Khoral, l’homme ferma finalement les yeux, et accepta la fin de cette étape du cycle, accueillant l’épée d’Adramus qui transperçait son cœur comme une délivrance. La fin de sa vie, et surtout des dernières minutes de cette dernière, qui furent si douloureuses à contempler. Le guerrier, quant à lui, entendit des pas dans l’escalier qu’il avait gravi quelques instants plus tôt. Il savait que c’était Zora. C’est pourquoi il prit son temps pour nettoyer son épée ensanglantée sur les vêtements du vieillard, laissant à la jeune femme le plaisir de contempler l’œuvre de son contracté. Il fallait avouer aussi que la nécessité de reprendre son souffle, de poser le genou à terre, s’était faite des plus pressantes lorsque le combat se termina. Il ne restait plus que les enfants et les malades. Peut-être encore une ou deux sages-femmes, probablement. Mais le plus dur était fait. Soufflant plus fort qu’un bœuf, Adramus réussit néanmoins à trouver la force de s’adresser à sa facétieuse employeuse.  

- J’espère que Möchlog appréciera le présent que tu lui as fait. Lança-t-il malgré sa respiration hachée. Pour ma part, je cherche toujours les nécromanciens parmi ceux que je viens de tuer.

Il n’était pas spécialement en colère contre Zora, il n’en avait pas la force. Néanmoins, il avait la pleine conscience d’avoir été dupé, d’avoir massacré des adeptes de Möchlog tout à fait ordinaires. En se repentant suffisamment auprès de l’Architecte qu’il avait bafoué, il pourrait peut-être se faire pardonner le meurtre de mages entrainés et préparés à la mort, mais si la jeune femme voulait la mort des malades et des enfants, elle devrait se salir les mains, elle aussi. Les remords ne seraient que trop grands s’il s’en occupait seul. L’adepte d’Amisgal se leva lourdement, entouré du corps de ses innocentes victimes. Cette nuit n’allait pas finir de sombrer dans les ténèbres. Il s’approcha de celle qu’il avait sauvé, l’épée à la main, non pas dans l’optique de lui réserver le même sort que ceux qui les entouraient, mais seulement pour lui en tendre la poignée.

- Tiens, Zora. Il ne reste que les enfants et les infirmes. Tu les tueras avec moi, ou bien toi non plus tu ne survivras pas à cette nuit. Il y a une porte à droite, une porte à gauche. Choisi celle que tu veux, je prendrai l’autre. Je finirai probablement avant. Je te laisse vérifier qu’il n’y a plus de survivants ensuite, tu connais mieux l’endroit que moi.

Lui tournant ensuite le dos, il ramassa l’épée abimée qui avait entravé la trajectoire du carreau et attendit que la jeune femme fasse son choix.
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Zora Viz'Herei
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Lun 9 Oct - 11:51
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Elle écoute Adramus lui expliquer la façon dont il souhaite procéder. Zora ne se soucie que fort peu de la présence des enfants. Quant à celle des femmes, elle l'indiffère. Mais elle s'interroge: le noiraud pense-t-il qu'elles sont moins aptes à combattre que les hommes? Peut-être est-ce le cas dans la tribu d'où il vient... Le fait est que cette considération purement masculine n'est pas pour lui plaire. Mais ce qui l'exaspère avant tout, c'est la décontraction avec laquelle il considère ses adversaires.
"Juste des nécromants?" relève-t-elle. "Ces gens-là n'ont pas grand chose à voir avec les autres serviteurs de Möchlog. Ne fais pas l'erreur de les sous-estimer!"
Elle n'a jamais eu l'honneur de rencontrer un mage usant des arcanes les plus sombres de la magie octroyée par la Chouette. Mais elle a assez fréquenté les hérétiques prétendant le servir pour entendre des choses inquiétantes à leur sujet. Pourtant elle ne cherche pas à défendre les morts en puissance qui résident au dispensaire mais bien ce qu'elle deviendra dans le futur. Pour peu que Möchlog daigne lui offrir le secret de la non-vie. C'est avant tout l'ego de la rouquine qui s'exprime en cet instant...
"Mais soit! Nous attendrons donc la nuit..." ajoute-t-elle en guise de conclusion.
Et elle lui emboîte le pas pour rejoindre un endroit moins susceptible d'attirer l'attention d'éventuels curieux.

~~~~~~~~~~

Zora attend à l'entrée de la bâtisse, adossée contre le cadre extérieur de la double-porte qui en définit les limites. Là où elle n'aura qu'à tendre le bras pour enfoncer par surprise sa petite dague dans le buste d'un éventuel fuyard. Elle savoure les différentes gammes de cris quittant les gorges qu'Adramus s'acharne à réduire au silence. Le tout en imaginant la façon dont la vie quitte le corps de chacun des hérétiques qui succombent aux assauts sauvages du noiraud.

Ce n'est que lorsque les cris cessent qu'elle s'autorise à pénétrer dans l'endroit qui l'a vue grandir. La rouquine ne tarde pas à enjamber des corps dont elle observe brièvement les visages. Et lorsqu'elle découvre la vieille Praetoria allongée au milieu d'une flaque de sang aux contours harmonieux, la rouquine s'agenouille à ses côtés en lui adressant un sourire mauvais que la défunte n'est malheureusement plus en mesure d'observer.
"Tu aurais dû réfléchir à deux fois avant d'envoyer cette meute à mes trousses, la vieille!" souffle-t-elle au cadavre. "Espérais-tu sincèrement que Möchlog privilégierait ton existence à la mienne?"
Sombre folle! La jeune femme laisse son regard vagabonder sur les traits figés de la quinquagénaire avant de poursuivre sa progression. Il lui faut un certain temps pour rejoindre l'étage supérieur où elle découvre un Adramus visiblement marqué par l'effort qu'il vient de faire. L'efficacité a donc un prix, semblerait-il! Voilà qui rassure quelque peu Zora qui ne tarde pas à s'approcher de l'instrument de sa vengeance.
"J’espère que Möchlog appréciera le présent que tu lui as fait. Pour ma part, je cherche toujours les nécromanciens parmi ceux que je viens de tuer."
"Ho je suis certaine qu'il appréciera cette offrande, oui!" sourit-elle. "Quant aux nécromants... Je suppose que tu es si efficace qu'ils n'ont pas eu l'opportunité de faire étalage de leurs sombres talents. Ce qui est plutôt une bonne chose, non?"
Il s'attendait peut-être à ce qu'ils aient des cornes sur la tête ou portent des couronnes d'ossements? L'idée arrache un vague rire cristallin à la rouquine tandis que son regard se pose sur les divers tatouages de l'homme qui a si efficacement servi ses desseins. Quelle signification ont-ils? Symbolisent-ils les vies qu'il a ôtées? Sont-ils voués à honorer Amisgal? Mais ces interrogations disparaissent lorsque Adramus s'approche d'elle avec une lame. Souhaite-t-il mettre un terme à leur fructueuse collaboration?

Elle résiste à la tentation de faire un pas en arrière mais se prépare à dresser un bouclier pour repousser un éventuel assaut. Pourtant elle est rassurée quelques instants plus tard lorsqu'il pointe dans sa direction la garde et non la lame de cette épée. Elle s'en saisit après une brève hésitation tout en écoutant les exigences que le noiraud ne tarde pas à lui imposer. Puis elle hoche la tête pour lui signifier qu'elle les accepte.
"Je ne vois pas pourquoi tu seras le seul à profiter de cette soirée, après tout!" approuve-t-elle en observant le sang qui macule le tranchant de l'épée. "Je prends la porte de droite!"
Elle ne perd pas davantage de temps et franchit la porte en question avant de refermer le loquet derrière elle. Ce n'est pas un hasard si elle a choisi cette pièce: c'est ici que les enfants dorment, qu'il s'agisse de ceux des personnes soignées sur place ou des futurs serviteurs de Möchlog. Des cibles autrement plus faciles que des infirmes encore susceptibles d'user de la magie. Ceux-là, elle les laisse à Adramus...

Les jeunes sont tous amassés dans le coin opposé de la pièce. Et l'un d'eux est en train d'enjamber la fenêtre qui offre une vue imprenable sur les environs. De jour, du moins. Zora met un terme à cette tentative de fuite en dressant un bouclier entre le fuyard et la liberté. Puis elle s'accorde un bref instant pour observer les gamins présents. Le plus petit doit avoir dans les six ou sept ans. La plus âgée, elle, peut-être un peu plus du double.
"Zora? C'est toi?"
La voix qui s'adresse à elle est vacillante, étranglée par les sanglants d'une gorge soumise à l'émotion. La rouquine tourne les yeux vers l'origine de cette question et y découvre une adolescente aux cheveux blonds comme le blé. Ces traits lui disent quelque chose. Tout comme le regard d'un bleu profond qui croise le sien. Et elle se souvient!
"Gwendoline..." souffle-t-elle, surprise. "Tu as bien grandi..."
La gamine en question était sa préférée. Son espièglerie était sans égale à un âge ou Zora la portait sur son dos ou la faisait sautiller sur ses genoux. La rouquine avait beaucoup d'affection pour cette enfant abandonnée. Et ce point commun qui les unissait était de nature à créer des liens bien plus forts que ceux qu'elle partageait avec les autres enfants qui évoluaient à leurs côtés.
"Ces cris... Tous ces morts..."
"Elles étaient nécessaires!"
"Nécessaires?"
"L'hérésie doit être châtiée avec la plus exemplaire des sévérités!"
Le regard d'incompréhension qui lui répond se mêle aux pleurs des plus jeunes. Ce qui arrache un soupire d'exaspération à l'adepte de Möchlog. Doit-elle vraiment se justifier? Endurer le jugement moral d'une adolescente qui ne connaît rien aux enjeux de ce monde ou à la vie qui existe au-delà des murs de ce dispensaire?
"Et maintenant?"
"Je ne peux pas vous laisser vivre. Tu t'en doutes, n'est-ce pas?" la questionne-t-elle en haussant les épaules. "Si ça ne tenait qu'à moi j'épargnerais l'un de vous pour qu'il puisse rapporter ce qu'il s'est passé ici. Mais la personne qui m'accompagne ne partage pas cet avis..."
"Je ne te laisserai pas nous faire du mal!"
"Je ne crois pas que tu sois en mesure de m'en empêcher..." murmure-t-elle. "Mais je ferai en sorte que vous ne souffriez pas trop! Et je prierai pour que vos prochaines vies soient épargnées par le pêché!"
Une maigre consolation, elle en convient. Et le groupe d'enfants en arrive à la même conclusion puisque l'un d'eux tente de la contourner pour rejoindre la porte dans son dos. Elle l'intercepte en l’agrippant par les cheveux avant de lui enfoncer brièvement la lame dans la gorge. C'est à ce moment qu'elle sent un étau se refermer autours de sa gorge. Un bouclier? C'est la seule conclusion qui lui vient à l'esprit lorsque sa main rencontre une résistance invisible mais néanmoins bien présente lorsqu'elle approche sa main de son cou.

Zora cède un bref instant à la panique avant de se rappeler qu'elle n'est pas dénuée d'arguments pour se défendre. Elle crée sa propre barrière magique entre sa peau et la force qui entend l'étrangler, permettant à l'air d'envahir à nouveau ses poumons. Puis elle relève un regard mauvais en direction de l'adolescente responsable de cette attaque et sur la main tendue dans sa direction.

La rouquine contre attaque en créant un second bouclier qui ne tarde pas à englober la poignée d'enfants blottis les uns contre les autres. Puis elle en réduit la circonférence peu à peu à la manière d'un serpent cherchant à étouffer sa proie. La surface ne cesse de se réduire, se heurtant bientôt à la surface de ces corps entassés. Mais elle ne réduit pas la pression exercée sur le bouclier. Elle l'accentue. L'accentue encore. Et tandis que son propre poing tremble sous l'effet de l'effort consenti, elle sent l'étau autours de son cou perdre en intensité.

Des craquements succèdent aux cris apeurés lorsque les membres se brisent sous l'effet de la pression. Zora à genoux, haletante. Sa peau se recouvre d'une file pellicule de sueur tandis qu'elle puise inlassablement dans sa foi pour maintenir la barrière qui, loin de protéger des vies, est en train d'en emporter. Puis après de longues secondes elle fait finalement disparaître le bouclier doré qui déverse sur le sol une masse difforme de corps.

~~~~~~~~~~

Lorsqu'elle quitte la pièce et referme d'un air absent la porte derrière elle, son visage porte encore les stigmates de l'effort. La disciple de la Chouette prend appui un bref instant sur le mur avant de rejoindre Adramus qui - il fallait s'y attendre! - l'a devancée. Elle se laisse ensuite choir à ses côtés, appuyant la tête contre la paroi qui accueille son dos. Il lui faut encore quelques secondes avant de tourner la tête en direction du noiraud.
"L'étage supérieur attendra quelques instants..." lui glisse-t-elle d'une voix lasse. "Dis-moi plutôt ce que tu penses de ta nouvelle demeure. Est-ce vraiment ici que tu souhaites vivre avec l'élue de ton coeur?"
La jeune femme jette un regard aux cadavres éparpillés en face d'eux comme pour souligner le sens précis de sa question. La décoration laisse à désirer. L'avantage, cependant, c'est que la pièce dévolue aux enfants est désormais purgée de ses occupants. Le couple aurait ainsi tout le loisir de la peupler à nouveau...
"Un ancien repaire de nécromants... On a déjà vu mieux comme nid d'amour..."
Elle se fend d'un léger sourire en l'observant encore quelques secondes, tentant de chasser les vertiges consécutifs à une utilisation trop soutenue de sa magie. Puis au bout d'un certain temps elle se force à se relever avant de se diriger vers le dernier étage de la demeure. Praetoria étant morte, elle doute que quiconque s'y cache. Mais on ne sait jamais...







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Adramus
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Sam 14 Oct - 23:29
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My'trän +2 ~ Mistral
Zora choisit la porte de droite. Adramus pria silencieusement pour ne pas avoir eu le droit à la pièce où dormaient les enfants du dispensaire. Il hésita un instant, l’épée sanguinolente à la main, avant de finalement pousser la porte de bois et de pénétrer dans la pièce. Ses yeux se posèrent sur des lits, nombreux, où les malades les plus graves n’avaient guère eu le loisir de bouger, se contentant de gémir, de réclamer une pitié que le guerrier n’avait pas le choix de leur accorder. Ceux qui étaient le plus en forme s’étaient entassés au fond, protégés par deux femmes au visage furibond, mais également terrorisé. Cette espèce de frénésie du désespoir qui vous prend dans des moments pareils. Le seul désir de vivre vous guide, et comme les plus humbles lièvres protégeant leur terrier, vous êtes prêt à n’importe quoi pour satisfaire ce désir.

Adramus avait clairement le mauvais rôle dans ce tableau. Il était le bourreau, le découpeur d’innocents. L’antagoniste des pires tragédies. Le personnage que l’on souhaite extirper de la scène pour le tuer de nos propres mains, l’empêcher de faire plus de mal, tant ses méfaits et l’impunité de ceux-ci vous exècrent. Malheureusement, aussi passionné que nous sommes à vouloir sa mort, on sait qu’il finira tôt ou tard par tuer chaque personnage, un à un, sans jamais s’inquiéter de quoique ce soit. Comme chaque victime de ces êtres antipathiques, les deux dernières guérisseuses du dispensaire étaient bien déterminées à faire face l’arme à la main, ou du moins ce qu’elles avaient pu dénicher. La plus vigoureuse et la plus grande s’était armée d’un long bougeoir préalablement éteint. On aurait dit une fourche d’acier, mais elle ne ferait pas grand-chose d’un ornement. L’autre jeune femme, on se demande bien comment, avait trouvé un immense couteau à désosser. L’avait-elle dérobée à la cuisine sans se faire voir d’Adramus, ou soignait-elle réellement les malades avec une telle lame ?

Le vagabond n’avait guère l’envie de s’étonner d’un détail pareil. Tout ce qui se trouvait ici n’était plus qu’un détail, un épisode de sa vie qui allait s’effacer aussi rapidement et facilement que s’il eut agi d’une bête commission. Sa culpabilité était trop grande, et il comptait bien la brûler en même temps que cette maison de malheur. Il hésitait encore à ajouter Zora sur le bûcher. Elle était l’instigatrice de tout cela, de ce carnage. Mais ce serait trop facile d’en faire la seule coupable. Le bras qui avait massacré, sans poser aucune question supplémentaire, une telle population était là, l’arme au poing, résolu à continuer. Ce serait certainement les dernières proies de son épée.

S’avançant au milieu des lits gémissants, il ne comptait pas les tuer directement. Les deux soigneuses demeuraient une menace qu’il fallait écarter avant de vraiment en finir. La première d’entre elle, armée de son bougeoir, entama une dernière charge héroïque contre l’adepte d’Amisgal, qui leva tout simplement son arme pour parer l’attaque. Du moins, il essaya. La seconde devait dresser un bouclier contre son corps, il ne pouvait tout simplement pas lever le bras. Avant d’élaborer une autre stratégie, il se prit un violent coup de la lancière d’un jour en plein ventre qui lui fit pousser un gémissement étouffé par la coupure momentanée de sa respiration. Sans avoir le temps de se reprendre, il prit un autre coup, dans la cuisse droite cette fois. Un autre, encore un autre. Le guerrier fut contraint de plier le genou, alors que la jeune femme, hurlant de rage en frappant Adramus, s’apprêta à lui porter un violent coup sur le crâne. De son côté, le mage était au moins aussi enragé qu’elle saisit d’un geste vif l’arme de son adversaire et la tira vers lui en se relevant. Surprise, la guérisseuse n’eut le temps que de se retourner à demi avant de voir la lame d’Adramus lui transpercer la poitrine.

Grognant de douleur, ce dernier se souvint qu’une deuxième jeune femme se trouvait dans son dos lorsque cette dernière hurla face à la défaite de sa consoeur. L’adepte d’Amisgal fit une poignée de pas vers elle, mais fut stoppé net par une pression démesurée contre son cou. En dernier recours, la pensionnaire levait les mains vers lui et invoquait tout bonnement un puissant bouclier pour lui serrer la gorge. Par réflexe, Adramus lâcha son épée pour tenter de combattre cette puissance qui l’étranglait, mais c’était impossible. Levant des yeux bouillonnant vers son ultime adversaire qui faisait rempart de son corps pour protéger les plus faibles, le guerrier parvint, malgré l’étranglement à approcher suffisamment de la jeune femme. Elle fermait les yeux, hurlant de désespoir en maintenant son bouclier. Elle ne put donc voir arriver la riposte d’Adramus, qui combattit son réflexe de survie pour venir serrer le cou de la guérisseuse de ses puissantes mains.

Le combat tourna cours, Adramus étant si enragé qu’il mit toute sa force dans cette strangulation. Bientôt, la jeune mage n’avait plus assez de conscience pour maintenir sa magie, tandis que son bourreau continuait de resserrer l’étau autour de sa nuque. Quand elle cessa de respirer, il la relâcha finalement, luttant pour reprendre son souffle. Les yeux injectés de sang, le corps recouvert par la même substance pourpre, il n’était pas déraisonnable de penser que les pensionnaires du dispensaire n’avaient jamais eu une vision plus terrifiante sous les yeux. Une fois son souffle de nouveau fonctionnel, la rage d’Adramus ne s’était pas apaisé, et il saisit vivement son épée tombée au sol et moissonna ces pauvres hères appuyés contre le mur. Il nourrissait une colère croissante envers tout ce qui l’entourait. Cet horrible dispensaire, la diabolique Zora, et lui-même, impardonnable tourmenteur de tous ces innocents qui n’avait d’autres choix que de les délivrer d’une nuit aussi horrible par l’acier et la mort.

La gorge fortement irritée, il poussait un grognement animal à chaque expiration, mais cela ne l’empêcha pas de tourner le dos à la boucherie qu’il venait de causer. Sans aucun mot, il termina son œuvre sur les plus alités de l’établissement. Tous périrent, les uns après les autres. Ils devaient tous mourir, pour ne pas vivre avec Adramus peuplant leurs cauchemars à jamais. Une existence de souffrance attendait ces suppliciés, voilà pourquoi il fallait qu’ils meurent. Peut-être était-ce pour autre chose ? Peut-être que Adramus avait peur. Peur d’être attrapé, jugé pour des crimes aussi atroces, ne laisser comme héritage que cette ruine abandonnée flanquée d’une plaque « Ici furent massacrer plus de trente femmes, enfants et malades de la main d’Adramus Godmerek. » Il ne fallait pas que cela arrive non plus, mais pour le bien de sa santé mentale, il fallait que l’esprit du guerrier se protège d’une vision aussi pragmatique, aussi pathétique des choses. Il faisait ça par devoir, voilà ce que sa conscience devait croire.

Sa besogne terminée, Adramus abandonna sa lame dans le corps de sa dernière victime. Elle disparaitrait rapidement, de toute manière, et il n’avait plus envie de tuer qui que ce soit ce soir. Si Zora méritait la mort, ce ne serait pas de sa main. Refermant la porte derrière lui, il n’eut aucune espèce de dégoût à s’asseoir contre le mur du couloir, pile entre les portes face à face, contemplant tous les corps sur lesquels il avait dû passer pour continuer de massacrer. Le vieillard à l’arbalète gisait sur le ventre juste devant lui, mais les yeux du guerrier se fermèrent et il piqua du nez, épuisé par une telle nuit. Une main distraite passa sur son cou, vérifiant que le bouclier ne l’avait pas endommagé plus que de raison. Il était en parfaite santé, à part un large bleu au ventre.

Finalement, Zora sorti à son tour de la pièce qu’elle était chargée de nettoyer. Elle aussi semblait en avoir bavé avec les derniers défenseurs du dispensaire, mais elle ne souffrait d’aucune blessure signifiante. Tombant à côté d’Adramus, ce dernier n’osa pas la regarder. Amisgal sait ce dont ses bras se seraient animés en voyant son visage. Il s’était juré de ne pas la tuer, de ne plus tuer. Aussi lui répondit-il avec calme lorsqu’elle lui demanda s’il comptait vraiment conserver cette demeure.

- Non, nous allons la brûler. Ce sera mieux pour nous deux de ne plus voir cette horreur dans le paysage. Va nettoyer le dernier étage, je t’attends à l’extérieur.

Il la laissa se lever et s’éloigner avant de se remettre debout à son tour. Il restait quelques bougies allumées dans les diverses pièces de cet étage et une profusion de literie qui suffiraient bien à embraser tout l’endroit. Adramus s’évertua donc, mu par des gestes mécaniques, à rassembler tous les draps, les taies d’oreillers, les couvertures suffisamment fines qu’il trouvait et éparpilla le tout au rez-de-chaussée de sorte à ce que le bâtiment s’enflamme entièrement sans leur intervention. Cela n’allait pas être bien compliqué. Constitué en grande partie de bois, le reste était suffisamment fragile pour s’effondrer une fois grignoté par le feu. Son travail achevé, il prit donc un bougeoir allumé, s’en servit pour allumer une torche un peu plus grande qu’il emmena à l’extérieur. Là, il attendit patiemment que Zora revienne, prêt à envoyer ce manoir dans les limbes de l’oubli cendré.
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Zora Viz'Herei
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Dim 15 Oct - 20:29
Irys : 755379
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -2

Elle se contente de hocher la tête positivement lorsqu'il lui indique qu'il ne souhaite plus posséder cette demeure. Elle le comprend. Comment pourrait-il vivre en ces lieux en faisant abstraction du décor macabre qui se présente sous leurs yeux. Il verra toujours le sang ou les visages des hérétiques ayant souillé l'endroit. Quelle que soit la pièce, quel que soit l'étage, il n'aura jamais ce sentiment de plénitude qui est sensé caractériser un foyer. Pourtant Zora ne voit pas ce que ce spectacle à d'horrible. Il est même parfaitement réjouissant. Elle doute cependant que partager cette observation avec le noiraud soit des plus judicieux...

Elle se relève donc quelques instants après lui pour rejoindre l'étage supérieur. Elle s'accorde un court instant de pause sur le palier de la porte en bois. La dernière fois qu'elle est venue ici c'est pour porter une première fois la mort dans le coeur du dispensaire. Mais malgré ses efforts elle ne se souvient plus de la façon exacte dont les choses se sont déroulées. La rouquine se rappelle encore la fierté et le sentiment du devoir accompli qui l'avait étreint. Mais le visage ou le nom de l'hérétique qui a succombé sous ses coups ne sont plus rien d'autre qu'un souvenir caché derrière les limbes de l'Oubli.

La poignée s'abaisse et la porte s'ouvre docilement, dévoilant un vaste espace surplombé par la charpente massive. Zora promène son regard sur les divers détails que le temps s'est chargé de lui faire oublier, les redécouvrant avec un mélange de nostalgie et de curiosité. Puis elle s'aventure entre les diverses étagères et autres meubles recouverts de livres ou de parchemins éparpillés dans un chaos qui semble pourtant organisé. Elle sélectionne ensuite divers ouvrages. Pas autant qu'elle souhaiterait en emporter. Mais assez pour égayer ses futures soirées.

Puis elle s'attarde un instant sur le bureau au centre de la pièce. Ses doigts glissent sur sa surface tandis qu'elle en fait le tour. Puis elle s'y installe et ouvre un premier tiroir pour en sortir une foule de documents en tout genre. Elle les parcourt avec hâte, lâchant de vague soupires agacée alors que les secondes s'écoulent et qu'elle ne trouve pas son bonheur. Puis elle marque un temps d'arrêt lorsqu'elle reconnait son nom sur l'un des dossiers.

Les maigres informations qu'elle a sur son passé sont là-dedans. Et elle hésite à nouveau quelques secondes avant d'ouvrir la reliure de cuir déjà marquée par le temps. Son regard glisse sur les diverses informations qui, malheureusement, ne lui apprennent rien de nouveau. Si ce n'est la nom de la personne qui l'a emmenée au dispensaire lorsqu'elle était gamine. Une information qu'elle n'avait pas jugé utile de demander à l'époque. Mais qui revêt maintenant une certaine importance à ses yeux.
"Tu auras peut-être les réponses qui me font tant défaut..." souffle-t-elle sans vraiment s'en rendre compte.
Elle plie le papier et le glisse dans l'une de ses sacoches avant d'appuyer sa tête contre le dossier de la chaise, jambes croisées à la surface du bureau. Combien de temps reste-t-elle ainsi, pensive, avant de redescendre rejoindre Adramus? Elle ne saurait pas vraiment le dire... Mais le fait est que le noiraud n'a guère chômé en son absence. En témoigne les tas de matelas et autre objets aisément inflammables qui attendent le feu qui ne tardera pas à les dévorer.
"Il est temps que cet endroit disparaisse dans les flammes..." indique-t-elle simplement au guerrier, lui faisant comprendre qu'elle en a terminé.
La torche ne tarde pas à se muer en un océan de flammes voraces. Les fenêtres explosent sous la chaleur tandis que les langues écarlates commencent à lécher les flancs de la bâtisse. Ce flamboyant spectacle réchauffe le corps comme le coeur de Zora tandis que son regard ambré se noie dans cette ode à la gloire de Möchlog et de Süns. Elle a désormais l'esprit festif, bien loin des préoccupations inhérentes aux devoirs de l'inquisition qu'elle mène contre les faux disciples de la Chouette.

Alors ses yeux se posent sur Adramus, sur les tatouages recouvrant un torse mis en valeur par le jeu subtil de l'ombre et de la lumière du brasier. Ses doigts se posent à sa surface comme pour mieux attirer l'attention du noiraud, caressant les sillons formés par ses muscles recouverts de sang. Il lui aura été parfaitement utile. Et à ce titre, il mérite une récompense. Ou peut-être est-ce simplement elle qui cherche à obtenir davantage que ce qu'il lui a offert jusqu'à présent?

Lentement, elle commence à défaire les lanières de cuir qui garantissent l'intimité de son propre corps. Sa cape choit à terre. Et le reste de ses vêtements ne tardera pas à en faire de même. Là, sous le regard des Architectes et devant ce brasier purificateur, elle s'apprête à lui faire un cadeau tout à fait particulier. Un cadeau qu'il est pourtant encore en mesure de refuser...







Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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