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Chroniques d'Irydaë
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 [Capitale] ~ Skingrad

Bolgokh
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Jeu 18 Aoû - 12:53
Irys : 100027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Skingrad

Devise  
« On maudit l’argent mal acquis. On respecte fortune bien bâtie. »


Histoire:

La ville aux pieds d’or et à la tête de bois. C’est un surnom qui lui sied bien au jour d’aujourd’hui, mais elle n’a pas toujours été aussi prospère durant sa longue histoire, et c’est ce que nous allons voir dès à présent.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Skingrad a été fondée après l’actuelle capitale de Daënastre, Alexandria. Au vu de son emplacement, il est tout naturel d’imaginer l’inverse, mais en réalité les exilés Daënars, c’est assez drôle, ont découvert la baie de Tyor bien après qu’ils soient tombés sur son petit frère, le lac Sauveur, plus au nord. Ils s’y établirent et bâtirent ensuite la ville d’Alexandria à l’emplacement qu’on lui connait aujourd’hui. Et dès le début de cette magnifique aventure, les premiers habitants de la cité ont eu l’idée d’exploiter ce lac par la pêche, comme l’avait fait, dans son enfance, le légendaire Marc, fils d’Alexandre qui donna son nom à la cité. Ils abattirent donc des arbres, découpèrent des planches et mirent les petites embarcations à flot. Et dès la première semaine, à ce que l’on dit, des navigateurs plus aventureux, et animés par un ardent désir de ramener plus de poissons et d'espèces plus rares que leurs congénères, décidèrent de s’approcher des rives sud, encore inconnues, du lac Sauveur. Ce qu’ils y découvrirent les stupéfia. Un canal naturel, caché par de grands arbres aux longues lianes tombantes, permettait d’accéder à un autre lac, bien plus grand que celui où ils s’étaient installés quelques mois auparavant. Diverses explorations par bateau permirent de se rendre compte que ce prétendu lac jumeau était en réalité une baie, qui reliait l’intérieur du continent à l’océan, et ce grâce à une bande d’eau d’une centaine de mètres à peine entre deux terres très proches.

Tyor, c’était son nom, fut le premier de ces intrépides pêcheurs à être tombé sur ce canal providentiel. Grâce à cela, il eut le privilège de voir la baie, découverte peu de temps auparavant, nommée en son honneur. Il eut ensuite la mission vitale de bâtir une cité sur l’une ou l’autre des rives de ce canal et de la faire prospérer pour que, un jour, on puisse rallier, grâce à une route maritime, les montagnes lointaines où vivaient encore, isolés, de nombreux fils et filles d’Alexandre Ünen, avec la baie de Tyor nouvellement colonisée. Pouvoir de nouveau échanger avec leurs anciens compagnons serait une bénédiction aux yeux des dirigeants Daënars. Tyor Sang-Salé, surnommé ainsi grâce à ses fantastiques talents de marin, fonda donc la ville portuaire de Skingrad, bien décidé à en faire une cité prospère et dynamique. L’étymologie de ce nom nous est cependant demeurée inconnue jusqu’à nos jours. L’hypothèse la plus probable est qu’il soit inspiré du nom d’un ami du grand fondateur, car il était réputé jovial et très apprécié de ses pairs.

Malheureusement, le rêve de cet homme courageux sombra bien vite à mesure que le nombre de ses frasques, lui, grimpait en flèche. Très vite, Tyor usa de ce qu’il gagnait grâce à sa cité pour financer une grande quantité de plaisirs variés, tandis que les Skinarois vivaient dans la misère et la maladie. Proche d’une zone marécageuse, la ville de Skingrad était bien souvent la proie des moustiques, et donc des diverses infections qu’ils transportent. Les pêcheurs n’osaient pas protester, car le gouverneur aimait à s’entourer de gens de confiance, sachant manier le sabre, et avides de sang. C’est ainsi que l’autoproclamé Prince de Skingrad, ses enfants, ainsi que ses petits et arrière-petits-enfants perpétuèrent ce climat nauséabond qui inonda la cité durant des siècles. Très vite, les habitants prirent exemple sur leur chef, et usèrent de tous les moyens à leur disposition, même les plus vils, pour se sortir de la misère et trouver le chemin de la prospérité. C’est ainsi donc qu’en plus d’être la championne de l’injustice, Skingrad devint la Sainte-Patronne du crime. Vols, trafics, règlements de compte, enlèvements… La population plongea rapidement dans la terreur et le désespoir. Les pêcheurs étaient anxieux à chaque fois qu’ils quittaient le port en laissant femme et enfants. Qui pouvait dire s’ils seraient toujours là à leur retour ?

Cette catastrophe politique dura longtemps, de nombreuses décennies, jusqu’à ce que des hommes braves et sages décident de fonder l’Union des Nations Évoluées. A Alexandria, on se lamentait sur le sort des Skinarois, et on mit rapidement en place une stratégie brutale et efficace pour détrôner la lignée des Sang-salé et mettre un gouverneur réellement compétent à leur place. Des hommes réputés pour leur extraordinaire discrétion furent chargés, en secret, de mettre le feu au port de la cité. D’une part, cela détournerait l’attention du prince régnant du véritable danger, et d’autre part on rasait ainsi des centaines d’années de pourriture, qui seraient rapidement remplacées par des bâtiments solides et sains pour les pêcheurs et les commerçants. Tel était l’objectif du tout nouveau gouvernement démocratique siégeant à Alexandria.

Le plan fonctionna à merveille. Les sanguinaires soldats du prince foncèrent sur les lieux du crime pour arrêter et interroger, avec un certain manque d’affabilité, quiconque se trouverait alors sur place. Il ne restait que quelques hommes armés, qui disparurent bien vite. Le lendemain, on retrouva le dernier descendant mâle de la dynastie de Tyor pendu dans sa chambre, avec à ses côtés sa femme, morte par auto-ingestion d’un puissant poison, et leurs trois filles, elles aussi empoisonnées. Une lettre se trouvait au pied du prince, ornée de son sceau officiel. Elle recelait ses derniers mots, d’une amertume affreuse à l’égard des Skinarois, et son désir ardent de partir avant qu’un quelconque plébéien n’essaye de revendiquer sa capture. Quelques heures plus tard, les portes de la ville s’ouvrirent pour accueillir le détachement militaire d’Alexandria, venu rétablir l’ordre et la justice. Un gouverneur avait déjà été choisi parmi les hommes les plus méritants du gouvernement de l’UNE pour prendre en charge cette cité maudite. Enfin, Skingrad allait avoir une chance de redorer son blason.

Les années qui suivirent, le gouverneur les passa à assainir les murs de la ville, et ce qu’ils recelaient. Les bas-fonds furent nettoyés de la maladie par le feu, on reconstruisit une grande partie des cabanes de bois, en les remplaçant par des briques d’argile ; une milice spéciale avait pour mission de traquer les plus importants criminels nichés au cœur de ces quartiers malfamés ; comme promis, le port fut reconstruit plus grand, plus solide et plus fonctionnel, afin que les pêcheurs et les navires commerciaux fassent déborder les coffres de Skingrad jusqu’alors dilapidés par la famille régnante. Depuis cet âge d’or, la ville aux pieds d’or et à la tête de bois se releva petit à petit de ses décennies de malheur. Aujourd’hui, et ce grâce au développement de la puissante Compagnie des Échanges Libres siégeant là-bas, la capitale du Tyorum est la plus importante plateforme commerciale après Alexandria. Sa richesse et sa prospérité font envie à bien des gens, mais elle conserve jalousement ses atouts, et fait tout pour que, plus jamais dans son histoire, elle n’ait à souffrir de nouveau de l’avarice d’un seul homme.

Au fait, vous vous demandez certainement, après cette histoire, pourquoi la région a gardé un nom à la mémoire si funeste. Eh bien dites-vous que c’est en gravant le nom de son ennemi sur sa peau qu’on s’assure de ne jamais l’oublier.


Description:

image proposée:
 

Ce n’est pas difficile de voir la particularité de la cité sur le plan géographique. En effet, la prospérité grandissante de Skingrad a permis à ses dirigeants de s’établir de part et d’autre du canal éponyme. Il y a deux docks, deux centre-villes, et plusieurs autres institutions se voient ainsi démultipliées pour que, même lorsque quelques dizaines de mètres d’eau séparent les Skinarois de l’est et de l’ouest, personne ne soit démuni de quoique que ce soit dans la mesure du possible. Enfin ça c’est la théorie. En pratique, si la ville s’est étendue à ce point c’est pour deux raisons majeures.

Premièrement, parce que le gouverneur qui prit cette décision il y a bien longtemps avait bien compris que contrôler les deux rives du canal c’était le contrôler entièrement. Imposer une telle emprise dans un endroit aussi stratégique, c’était se garantir un monopole fructueux sur les taxes douanières et cela permettait aussi de contrôler le trafic avec bien plus d’efficacité qu’auparavant. Ensuite, et là nous entrons dans un domaine un peu plus délicat, Skingrad a colonisé l’autre rive à cause de l’afflux considérable de migrants, pauvres, qui venaient s’installer pour profiter de la prospérité nouvelle de la capitale Tyorienne. La ville, les docks, les commerces, beaucoup de secteurs avaient besoin de cette main d’œuvre vigoureuse, mais où loger tous ces gens ? Et surtout, est-ce que les faire cohabiter avec les « nouveaux bourgeois » de la cité ne risquait pas d’engendrer de graves problèmes sociaux ? Décision fut donc prise de construire des quartiers entiers sur l’autre rive du canal, de vendre et de louer à des prix dérisoires, pour que l’on puisse à la fois accueillir les populations modestes qui venaient en masse travailler, et se prémunir des différentes rixes qui pouvaient en découler.

En pratique, vous avez donc la rive est du canal où se trouve la vieille ville de Skingrad et ses beaux quartiers, et de l’autre côté vivent les prolétaires de classes sociales modestes, voire très modestes, et c'est ici qu’ils travaillent pour la plupart. Car ce qu’il est aussi important de préciser, c’est que la partie ouest de la cité appartient presque entièrement à la Compagnie des Échanges Libres. Comme précisé un peu plus tôt, les nouveaux bâtiments bon-marchés construits par le gouverneur étaient délibérément vendus à prix d’or, et lorsque la compagnie a été fondée quelques décennies plus tard, et qu’elle s’est développée, elle racheta tous les terrains résidentiels de la rive ouest pour pouvoir y imposer ses prix et, surtout, s’arranger avec ses futurs employés. En effet, si vous arrivez à Skingrad et que vous cherchez du travail, on vous dirigera automatiquement vers ce côté-là du canal, car c’est ici, au bord de l’eau, que s’est établi le Quartier Général de la CEL. Au plus près des ouvriers impécunieux, propriétaire de toutes les habitations disponibles, il est alors très facile de s’arranger un logement et un salaire si l’on est prêt à donner de sa sueur pour la fortune de l’organisation commerciale. Cette stratégie fait que, même si ces quartiers sont réputés peu fréquentables, ils demeurent bien plus dynamiques et abordables que ceux de la rive est.

D’ailleurs, parlons-en de celle-là. Elle n’a plus du tout la même apparence que lors de la fondation de Skingrad par Tyor Sang-Salé. A l’époque, tout ce qui intéressait le prince était sa richesse personnelle, et ceux qui ne faisaient pas partie de ses proches se voyaient contraints de naître, de travailler et de mourir dans un environnement presque infernal. De cette époque, il ne reste que le palais de Tyor, perché sur une hauteur au nord de la vieille ville, toujours entouré de sa solide enceinte de pierre, et où se trouve désormais le logement du gouverneur et de ses proches, la caserne des gardes locaux, et les bureaux administratifs où l’on est libre d’entrer pour requérir l’aide d’un quelconque membre du gouvernement. Le bâtiment est en granit blanc, semble immensément vaste et luxueux, et est cerné de tours gardées par des soldats qui font plus office d’ornement rassurant pour les citoyens que de véritables combattants.

Hormis ce vestige des premiers temps de la cité, le reste de la rive est de Skingrad respire la jeunesse et l’activité. Les docks exaltent toujours un brouhaha incessant de débardeurs, armateurs, navigateurs, marchands et clients de passage. Les voyageurs, aussi, s’arrêtent en masse pour profiter des chaleureuses auberges qui ont fleuri tout le long du canal. Si l’on avance un peu plus dans les rues pavées de pierre, on tombera sur le Quartier des Marchands, qui fourmille de tous les produits que l’on peut rêver d’avoir. Bouchers, herboristes, luthiers, ébénistes… Les boutiques, comme les étals, infestent les avenues et les ruelles de cet immense centre-ville, et une multitude de parfums et de sons envoûteurs nous invitent à flâner au milieu de ce bouillon de culture, et de n’en sortir qu’au soir tombé. Ne vous inquiétez pas, néanmoins, la vie nocturne de la vieille Skingrad n’est pas en reste non-plus. Lorsque les marchands ambulants ont débarrassé la grande place, c’est l’heure pour les saltimbanques, les ivrognes, et les maquerelles d’investir l’endroit. Tant que vous avez la bourse remplie, il n’y a rien d’impossible dans la ville aux pieds d’or et à la tête de bois.


Politique:  

Il est d’autorité commune que la Compagnie des Échanges Libres a une place très importante au sein de la cité de Skingrad, mais des gens bien plus audacieux et complotistes s’imaginent que la gestion de la ville revient entièrement à cette puissante organisation. D’un point de vue historique, ça a déjà été indirectement le cas. Qu’un haut décideur de la CEL devienne gouverneur de Skingrad, ça s’est déjà vu, mais que tous ses successeurs aient suivi le même chemin, là on entre dans la paranoïa. En réalité, si l’on rapproche autant les dirigeants de Skingrad et ceux de la compagnie commerciale, c’est parce que les deux poursuivent le même but : la prospérité de la cité. C’est vrai que, du point de vue de la CEL, c’est un objectif totalement intéressé car si la ville est dynamique et riche, du fait qu’elle en possède la moitié, elle en recevra automatiquement des bénéfices. Mais son but n’est absolument pas le pouvoir, si l’on va dans cette direction, c’est simplement l’augmentation de ses profits et de sa puissance commerciale. Donc à partir de maintenant, nous allons écarter la compagnie de tout ce qui concerne ce sujet sur la politique de Skingrad car les deux ne sont absolument pas liés.

Il est important de noter que cette magnifique ville, dès sa fondation, a été bâtie pour faire de l’argent. Seulement, au départ, il n’était destiné qu’à aller dans les poches de Tyor et de sa famille. Puis lorsque l’UNE a repris la main lors de l’effondrement des Sang-Salé, il était évident que l’argent serait investi dans la croissance de Skingrad, car si la ville devenait puissante, toute la baie de Tyor, jusqu’au Lac Sauveur, en profiterait. Néanmoins, cela montre que, même lorsque le gouvernement a changé, le sang de la cité a toujours été versé pour huiler des machines à faire de l’argent. Ses habitants sont des commerçants, ses gouverneurs sont des commerçants, sa devise est celle d’un commerçant. Tous les vœux de Skingrad vont vers sa prospérité et le développement des voies maritimes et ferroviaires.

Voilà pourquoi on peut dire qu’il est difficile de trouver une ville avec autant de libertés sur Daënastre. Si ça s’accorde avec les intérêts économiques de la ville, et avec la morale du gouvernement, c’est autorisé. Voilà pourquoi prostitution et jeux d’argents vont bon train, car même si ce sont des mœurs douteuses pour beaucoup, le fait que ce soit autorisé par la loi réduit considérablement les crimes qui peuvent découler de ces secteurs. C’est vrai, si posséder une maison de passe est légal, quel est l’intérêt pour un hors-la-loi d’y faire du trafic par exemple, ce serait s’exposer à de gros risques puisque les établissements sont régulièrement inspectés lorsque des problèmes sont rapportés. Malheureusement, les deux rives ne sont pas égales du point de vue de la criminalité. La rive ouest est bien plus mal lotie, car beaucoup plus éloignée des institutions gouvernementales. Il y a peu de gardes officiels, et ceux qui maintiennent l’ordre sont le plus souvent engagés par la CEL et ne font pas dans la dentelle. Il règne donc une sorte d’équilibre, dans ces quartiers populaires, entre les criminels en puissance qui essayent de s’installer, et une organisation influente qui tente de combattre ce fléau en misant sur l'intimidation.

Sinon, un petit mot sur le gouverneur actuel. Il se nomme Erwan Brand, cela ne fait qu’un an qu’il occupe ce poste. Aimable et juste, il a cependant une grosse dent contre les mages et soupçonne que certains d’entre eux aient monté une organisation entre les murs de Skingrad. Mais il a surtout été élu pour sa promesse de vider les côtes du Tyorum des quelques bandes de pirates qui commencent à croître en puissance depuis quelques années, et qui menacent grandement les intérêts de tous.


Économie:

Vous vous en doutez sûrement, mais si la ville aux pieds d’or et à la tête de bois parvient à se maintenir à flot entre les deux parties du Tyorum, c’est seulement grâce à une chose : le commerce. Skingrad ne produit rien, enfin presque. Il n’y a pas de mines proches, elle est entourée de forêts et de marais, donc pratiquement aucune agriculture, la pêche constitue son principal secteur de production, mais la cité est loin d’être le seul port de la baie, et ce n’est pas le plus grand. Ses docks, et les entreprises d’ingénieries navales qui y siègent, mettent à flot de nombreux bateaux grâce au bois récolté dans les forêts alentours. Mais tout cela est bien dérisoire comparé aux profits colossaux qu’engendrent les échanges avec le reste du continent. Que ce soit par bateau ou par train, les marchandises affluent en masse à Skingrad et proviennent des quatre coins de Daënastre. Les minerais des Brumènes, les machines militaires d’Alexandria, les produits agricoles, les voyageurs… La ville n’est qu’une gigantesque artère sanguine dont la pression permet l’irrigation du cœur du pays et des autres parties qui le composent.

Mais le commerce n’est pas affaire d’état, heureusement, sinon plus personne n’achèterait plus rien car n’importe quoi verrait son prix triplé à cause des taxes. La Compagnie des Échanges Libres est celle qui gère la plupart des échanges commerciaux internes, et surtout externes à la ville. Elle paye un lourd impôt à celle qui lui a permis une telle prospérité, mais cela n'est pas suffisant pour alimenter la machine Skingrad. En effet, elle tire aussi un gros profit de son contrôle total du canal (l’histoire des deux rives, tout ça), car cela lui permet de déployer très rapidement de petits bateaux à vapeur chargés d’accoster les navires plus gros, de passage ou qui souhaitent accoster quelques temps, pour leur soudoyer une somme plus ou moins importante en fonction de leur taille et de leur projet. C’est comme ça que le monde fonctionne par ici. Un dicton populaire décrit parfois Skingrad comme une sorte de prostitué avide et peu scrupuleuse : Plus t’en veux, plus tu payes, mais plus tu payes, et plus tu vas aimer. C’est la loi du libre-échange, et c’est celle qui prévaut sur les rives du canal de Skingrad, tâchez de vous en souvenir.


Force armée:

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Skingrad n’est pas une ville où règne une pression martiale très forte. Les gouverneurs du Tyorum, en règle générale, ne sont pas réputés pour affectionner la puissance brute et préfèrent développer le commerce et les relations diplomatiques de bonne entente. La cité portuaire ne fait pas exception à la règle, d’autant plus que c’est un carrefour important. Une trop grande présence militaire découragerait les investisseurs audacieux qui ne verraient pas grands bénéfices à vendre dans une ville où chaque habitant ne peut pas s’accorder le moindre instant de folie face à la rigueur imposée par les gardes.

Malgré ça, des gardes, il y en a, et à l’instar de ceux de l’ancien palais des Sang-Salé, ceux qui patrouillent dans les rues ont plus pour objectif d’impressionner et de rassurer que de réellement faire régner l’ordre. Tunique en laine rouge avec boutons et épaulettes métalliques pour être bien visibles, tricorne de feutre, fusil sur l’épaule, épée au côté, démarche cadencée, mécanique et bruyante, il leur arrive même parfois de chanter pour se donner le rythme. Autant dire qu’ils ont bonne réputation dans les rues animées de Skingrad. Mais ils ne sont pas entièrement fantoches non plus, si on requiert leur aide, ils répondront toujours présents, fiers de servir la Milice Rouge et de protéger les citoyens. Il est vrai que, dès l’annexion de la cité par le gouvernement de l’UNE, il semblait important de redorer le blason des hommes en arme qui servait, depuis trop longtemps, à terroriser le peuple pour assurer sa soumission.

Mais s’il devait y avoir des hommes à craindre, ce ne serait pas eux, car encore une fois c’est la Compagnie des Échanges Libres qui a le plus d’intérêts à arrêter voleurs et fauteurs de troubles. Il faut donc faire très attention à leurs hommes de main, totalement camouflés dans les foules compactes qui s’amassent dans les quartiers populaires ou les docks. Leurs yeux remarquent le moindre problème, et leurs méthodes musclées se chargent du reste. Cela peut aller de la simple menace à des disparitions temporaires, mais qui apportent beaucoup d’enseignements en général. Ne venez pas à Skingrad en pensant y dicter votre loi. Ici, la seule loi qui compte, c’est celle de l’argent.

Et en mentionnant ce sujet, il me semble important de préciser que la ville possède également une flotte d’honorable taille. Si on enlève les petits bateaux, dont on a déjà parlé, et qui servent à récolter les taxes de séjour et douanières, il demeure toutefois quelques bâtiments de guerre impressionnants qui mouillent sur l’une ou l’autre rive, et qui œuvrent pour la défense de Skingrad. Ils permettent également de dissuader les éventuels mauvais payeurs qui penseraient quitter la ville sans s'acquitter des impôts légitimement dus aux coffres du gouvernement. Il vous est également possible de trouver d’autres navires armés, mais ils appartiennent en général à la CEL ou à un autre particulier quelconque qui offre ses canons pour escorter les navires marchands traversant les zones maritimes dangereuses au sud du pays, ou ses cales pour faire un peu de concurrence à la compagnie commerciale.  

Maintenant, si Skingrad devait essuyer une attaque de plus grande envergure, elle aurait toujours l’appui immédiat de Fort-Felsberg qui enverrait au plus tôt ses gigantesques galions afin de rétablir la paix et la sécurité dans la baie de Tyor. La ville pourrait également s’attendre à recevoir le soutien de la capitale elle-même, et de ses aéronefs modernes, pour repousser la menace. Cette ville n’est pas sans ressources, il ne faut pas l’oublier.


Peuple et densité:

Lorsque l’on débarque à Skingrad, malheureusement, on a peu de chance de croiser de véritables natifs de la ville. Un brassage ethnique constant nous rappelle l’effrayante réalité qu’un dynamisme économique aussi fort brouille le sang des hommes et rend toute noble filiation plus ou moins impossible. Chacun, dans cette ville, est le fils d’un marin de passage, issu d’une union secrète, orphelin… Enfin bref, il y a très peu de Skinarois qui peuvent se revendiquer d’avoir une famille qui remonte bien loin dans l’histoire de la cité. Et c’est peut-être mieux ainsi, car les histoires d’hérédité causent un grabuge inutile et, bien souvent, dévastateur pour le commerce. Lorsqu’un propriétaire décède, ses biens sont rapidement revendus aux plus offrants, et c’est la norme ici-bas. Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore, alors on s’occupe du présent, et de faire de l’argent.

Le peuple de Skingrad est réputé méfiant par-dessus tout. Il n’est pas facile d’obtenir leur confiance, trop habitués qu’ils furent à être abusés et serviles, même dans leur histoire. La marque de Tyor Sang-Salé et de ses descendants a laissé un goût amer dans la bouche des Skinarois, qui sont, depuis, de fervents individualistes qui ne se préoccupent que de leurs intérêts et ceux de leurs proches. Néanmoins, ce caractère fait aussi d’eux des amis loyaux, qui aiment aider ceux qui leur sont chers. S’intégrer parmi eux est compliqué, mais le jeu en vaut la chandelle. Habiles commerçants, manquant peut-être de scrupules parfois, les populations de la rive est ont souvent une solide éducation qui leur permet d’embrasser les carrières les plus diverses, c’est pourquoi de nombreux jeunes s’en vont parfois de Skingrad à l’âge adulte pour aller parfaire leurs talents autre part.

Les ouvriers de la rive ouest, au contraire, manquent souvent de moyens pour éduquer correctement leur progéniture. Ils ne savent donc, bien souvent, ni lire ni écrire, mais compensent ces lacunes par une grande détermination dans ce qu’ils font et une débrouillardise fort utile. En général, ils sont plus avenants que leurs voisins de l’autre côté du canal, et partagent volontiers leur maigre pitance avec des voyageurs sans-le-sou ou des gamins qui dorment dans la rue. Ils sont plus discrets, aussi, là où les bourgeois de Skingrad se complaisent en fêtes et jeux. Ils préfèrent les soirées calmes, la pêche… Se nourrir, et nourrir décemment sa famille, est la seule préoccupation de la classe populaire, qui ne recule devant rien pour atteindre cet objectif.

Tout voyageur est bienvenu dans ce pays, s’il peut y vivre, il vivra bien, s’il veut s’y amuser, il s’y amusera bien, mais en aucun cas on ne tolère les fauteurs de troubles et de plus en plus d’habitants militent pour l’interdiction du port d’arme dans les rues de Skingrad. Ce serait un pas de plus vers une ville au pacifisme inégalé dans le passé.


Ordre affilié:

Enseigne de la compagnie:
 

Sans surprise, nous allons ici décrire plus précisément la magnifique (et redondante) Compagnie des Échanges Libres. Fondée en l'an 830 par une coalition d’armateurs et de marchands, ces derniers avaient pour objectif de s’acheter le port de la rive ouest de Skingrad afin d’avoir un solide appui dans tous les échanges commerciaux de la région. Quelques années plus tard, les voilà propriétaires de la moitié de la ville de Skingrad, et de nombreux autres ports sur les côtes Daënars. Leur prospérité grandissante a profité à tout le pays qui réservera toujours une place d’honneur au panthéon de ses héros à ceux qui décidèrent un jour de reprendre en main un commerce intérieur presque inexistant et très mal géré.

Au fur et à mesure, les dirigeants de cette compagnie investirent dans de nombreux secteurs de recherche, en particulier dans le développement des technologies de transport. Ils furent parmi les mécènes de ceux qui inventèrent les trains, par exemple, ou les téléphériques qu’ils aidèrent à démocratiser partout dans les montagnes des Brumènes. Bien évidemment, la CEL se réserva, au passage, une grande partie des gares ferroviaires qui allaient être bâties, et le réseau téléphérique entier de la chaîne montagneuse est géré par l’organisation. Bien peu d’autres guildes commerciales leur font concurrence, et pratiquement personne ne peut (ou ne veut) remettre ce monopole en question. Ce serait affronter un géant presque indestructible.

Contrairement aux idées reçues, la CEL ne cherche pas à atteindre les hautes sphères du pouvoir par son influence ou ses capitaux. Leur but est de généraliser le commerce libre, afin que la prospérité de tout le pays grimpe en flèche, en même temps que leurs bénéfices. En général, ils ne cherchent pas à couler les entreprises concurrentes, ce n’est pas ainsi qu’ils procèdent, mais si le nom d’une autre compagnie revient souvent dans les discussions, la CEL lui proposera une offre financière afin de racheter l’entreprise pour la prendre sous son aile et en accélérer le développement. C’est une ligne de conduite ultra-capitaliste, mais dont personne ne peut contester la puissance ou la réussite.

Le Quartier Général de la compagnie se trouve, bien entendu, à Skingrad. C’est un immense bâtiment de pierre, bâti pour résister au temps et à toutes les catastrophes qui pourraient bien tomber sur la ville. Les dirigeants de la CEL sont au nombre de trois, et ils vivent tous dans de somptueux manoirs à des endroits différents de Skingrad. Actuellement, les grands patrons sont : Declan Leuvardeen, Roy Hadler, et Brian Cartis. Autant dire que leur opinion compte énormément dans la ville aux pieds d’or et à la tête de bois. Ils sont respectés, voire appréciés par beaucoup de gens, même si leurs apparitions sont rares. Pour finir, le gouverneur de la cité, même si n’étant pas issu de la Compagnie des Échanges Libres, a un contact régulier avec eux et leurs conseils sont toujours écoutés avec la plus grande attention.


Traditions:

Il faut savoir que comme la population de Skingrad évolue beaucoup au fil des ans, ce sont rarement les mêmes gens qui y vivent tout le long de leur vie, il y a très peu de traditions qui remontent à des siècles et des siècles et que tous les habitants connaissent sur le bout des doigts. On fête, bien entendu, les nombreuses cérémonies communes à tous les Daënars, comme la Fête d’Alexandre, ou la Cérémonie des Moissons. Les Skinarois sont, en général, très friands de fêtes et d’évènements en tout genre, et ils n’hésiteront pas à invoquer n’importe quel prétexte pour donner lieu à un grand banquet en place publique, ou à une simple beuverie générale dans une auberge des docks. Lorsqu’un marin célèbre rentre au port, ou qu’un mariage suscite les plus folles rumeurs, aucun doute que cela engendrera une nuit festive et agitée.

Mais si l’on veut évoquer une tradition vraiment endémique à Skingrad, dont on ne parle que là-bas et qui a vraiment un sens particulier pour ses habitants, il y a la Crémation de Tyor. Dit comme ça, on s’imagine une grande effigie de paille et de bois brûlée en place publique avec des hommes en blanc qui entonnent des incantations étranges et mystiques pendant que la population se prosterne et prie tout son saoul pour la paix et la prospérité. Mais n’oubliez pas, à Daënastre on a banni toute manifestation de ce genre. Certes, lors de cette fête, on brûle bien une effigie du tyran Tyor Sang-Salé, mais cela respire plus la joie et la moquerie que la solennité. La poupée de bois est, souvent, très grande et possède un large ventre, représentation caricaturale de l’ancien bourreau du peuple de Skingrad. Lorsque l’on allume enfin la poupée, les gens présents à la manifestation se mettent à danser sur le son d’une musique folklorique, et on s’amuse à jeter des cailloux ou de la nourriture avariée sur le pauvre Tyor. C’est l’occasion pour les Skinarois de se rappeler, chaque année, que l’âge sombre est révolu et que c’est maintenant la fortune et la joie qui doivent dominer la cité.
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Bolgokh
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Mar 28 Fév - 14:26
Irys : 100027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Enseigne: Croc-Rouage

Spoiler:
 

Ancienneté : 55 ans (créer en 873 par Claferd Heswan)
Structure : "Sur quatre étages, le rez-de chaussé étant réservé exclusivement à la boutique, et les autres servant de logements au propriétaire des lieux, ainsi qu'à sa famille. Son entrée est imposante et vieillissante, on peut le voir grâce à la présence envahissante de craquèlements du bois de vert peint, ce vert pistache salit par les années passées à accueillir les mécaniciens du continent, les enfants imprudents, les criminels... Ainsi que ces vitrines de verres poussiéreuse où seules les ombres laissent la trace de leurs passages, la marque de leurs présences. On peut également voir le nom de l'enseigne sur une petite plaque de cuivre accrochée sur le côté de la bâtisse. L'inclinaison abrupte de cette demeure ancienne et principalement dû aux énormes poutres (dénombrées au nombre de quatre), permettant une suspension dans l'espace des tonnes de gravats et morceaux de bois ayant permis sa  construction. l'intérieur de l'enseigne en elle-même est extrêmement encombré, on retrouve une allée centrale menant à l'arrière boutique, cette allée est entourée d'étals en tous genres, comportant matériels de bricolages, d'entretien du potager et des vergers, de médecine (basique, premiers soins et matériel opératoire de bas-étages) et pour finir, des objets de collections tels que mécanisme steampunk, pièces d'aéronefs et autres babioles née de la technologie grandissante." (tiré de "Croc-Rouage, ou le voleur de boulons !")


Propriétaire : Claferd Heswan
Sexe : Homme
Age : 73 ans

"Claferd Heswan était ce que l’on pourrait appeler un vieux de la veille. Il avait construit sa fortune par ses propres mains, même si en fait de fortune il s’agissait plutôt d’une confortable retraite qui excluait simplement les caprices les plus frivoles. Un honnête travailleur, pourrait-on dire, si son caractère n’était pas aussi revêche que celui d’un ours dans sa caverne. Il n’était pas aisé d’approche, il fallait le dire, et se méfiait facilement. Il était de ceux qui préféraient présupposer le pire de leurs interlocuteurs pour que le meilleur arrive… Si cela se produisait, alors l’effet n’en était que plus positif. A l’inverse pouvait-il marmonner dans sa barbe des préceptes de grand-père –et que le père de son grand-père disait déjà avant lui- sur des « je vous l’avais bien dit » sentencieux et aussi colériques et roués qu’une vieille armure assistée.
Le Croc-Rouage était encore son plus formidable trésor. Son enfant, son empire, son héritier manifeste. Chacun des objets ici-bas étaient empreints de sa dévotion envers la mécanique, ainsi que de l’énergie phénoménale qu’il avait déployée pour hisser ces murs et ses couleurs dans une rue passante et populaire de Skingrad. Les loyers étaient chers et se revendiquaient presque à l’échelle de tournois dont ne sortaient vainqueurs que les plus riches et les plus teigneux. A ce stade du portrait de ce personnage, il est facile de dire à quelle moitié appartenait le plus Monsieur Heswan, qui était allé jusqu’à sacrifier femme, mariage et enfant pour la digne réussite de ses objectifs. Il n’y avait guère que les machines qui appréciaient ses mains rugueuses et rognées par le temps, et il aimait leur murmurer ses rêves la nuit, lorsqu’il hissait des rouages plus lourds que lui à l’arrière de son atelier. Les êtres humains, eux, ne sentaient pas cette délicieuse odeur d’huile et de métal qui lui rappelait tant son enfance."
(tiré de "Croc-Rouage, ou le voleur de boulons !")


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Fiche écrite par Luciole Aldebarra. Merci à lui !


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