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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: Zochlom
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 [Terminé] [Event mondial] Pavillon Daënar

Laura L. Greyson
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Dim 10 Déc - 6:33
Irys : 564119
Profession : Ingénieure aéronautique
Daënar +3 ~ Ünellia (femme)
ϑϑϑϑ L'accueil de ces messieurs, les regards, les oeillades, les mains qui montaient desserrés les col ou remettre les vêtement discrètement en place après son arrivée. Laura ne pouvait pas afficher un sourire plus radieux, plus félin. Elle ne faisait pas partie de ses femmes qui s'offusquait quand les hommes se perdaient sur son corps ou quand un compliment étaient trop appuyé. Elle savait bien à quoi faisait penser sa tenue, et si elle en avait été fâchée au début, cette court appréciatrice ne pouvait que la réconcilier avec cette façon de faire. Absolument,
certains lui auraient manger dans la main à présent et ce pouvoir si furtif et superficiel fut-il lui donner une confiance encore plus acérée qu'à son habitude.


ϑϑϑϑ Ses longs cils maquillés papillonnent légèrement passant de l'un  l'autre de ses messieurs. Joueuse avant de reposé son regard sur Ludwig, elle sourit au compliment, rougit peut être un peu aussi, avec ses joues de porcelaine cela complète la tenue exquise à la perfection, pourtant il n'y a aucune gène ou pudeur dans ses yeux dorés.
ϑϑϑϑ Mademoiselle, je dois admettre que votre accoutrement est des plus plaisants au regard. Si votre charme naturel suffit à embraser les passions, je ne puis vous décrire ce que votre costume peut provoquer comme incendie.
ϑϑϑϑ Et je dois être honnête et confesser que cela résulte d'une erreur de bagage. Je ne sais pas de quelle femme j'ai bien pu voler sa tenue, mais si cela vous plait messieurs, j'irais la remercier...
ϑϑϑϑ Tout en terminant sa phrase avec un clin d'oeil, l'ingénieure en profite pour venir tenir le petit bâton de bois et faire tourner un peu la sucette entre ses lèvres. Décidément, elle adore cette journée. Elle ne s'est pas autant amusée depuis longtemps, et c'est encore meilleur quand c'est au dépend des autres. L'éclair d'une idée passe dans les yeux bleus de son complice sans qu'elle n'ait rien fait, pourtant, après quelques mois de cohabitations, ce genre de chose ne lui échappe plus. Comem les autres, elle s'approche encore un peu reserrant le cercle autour de l'objet dévoilé par l'industriel.
ϑϑϑϑ Voici un nouveau modèle du revolver Faucon qui a l’avantage d’avoir un magasin de pas moins de dix cartouches, pouvant même accueillir des munitions en magilithe sans craindre de détériorer l’intérieur de la mécanique. Je vous rassure, il ne s’agit pas d’un prototype mais bel-et-bien d’un modèle finalisé et opérationnel.
ϑϑϑϑ Si tous ces messieurs savent se retenir et qu'aucune exclamation de surprise ou d'appréciation ne filtrent, il est pourtant évident pour elle que Ludwig a capté leur attention. Elle ne connait pas grand chose aux armes, même si elle sait que le chargeur à dix coups est une belle avancée. Ces armes à feu sont pratiques, les avoir vu à l'oeuvre à maintes reprises dans les derniers mois le lui a prouvé. Et l'avantage des balles en magilithe est tout à fait appréciable. Laura a même commencé à penser à en acquérir un pour elle même. Après tout, elle est maintenant impliquée dans des activités dangereuses et il est temps de s'équiper, mais son ami est apparemment toujours là pour lui couper l'herbe sous le pieds.
ϑϑϑϑ Je vous l’offre. Nous feriez-vous l’honneur de donner votre propre avis sur le revolver, Miss Greyson ?
ϑϑϑϑ Je suis loin d'être une experte mais avec un tel bijou, il serait fou de résister.
ϑϑϑϑ La lapine sort la sucette d'entre ses lèvres et avec un regard d'excuse innocente demande à ce qu'un des hommes retienne cette chose pour elle. Une promesse cachée qu'on s'empresse d'acceptait alors qu'elle prend maintenant l'arme dans la main. Au poids, elle n'est pas chargée, mais l'homme qui l'a amené lui donne déjà la pièce remplie de balle qu'il tenait à sa disposition. En s'avançant de quelques mètres, la lapine se retrouve à portée du stand de tir et vide le chargeur après les explications rapide de l'employer. Par jeu elle a écarté légèrement les jambes pour améliorer son équilibre, et sur la fin elle ne tire que d'une main. Etonnament, elle a assez peu manqué la cible sur l'ensemble, même si elle est évidemment plutôt vers l'extérieure. Avec un sourire, elle revient vers le groupe tenant toujours son nouveau cadeau à présent inoffensif ou presque dans les mains.
ϑϑϑϑ A part que mon score sur la cible doit teriblement laissé à désirer devant vous messieurs, je dois avouer que c'est impressionnant. La pris en main est très facile et agréable. Le recul n'est pas difficile à compenser contrairement à certains modèles trop lourds pour un poignet comme le mien et ... ajouta-t-elle en activant le mécanisme pour retirer le chargeur.  le chargeur a l'air extrêmement facile et pratique à remplir, ce qui est souvent le défaut de ce genre d'arme.
ϑϑϑϑ Elle sépare les deux éléments et les repose avec précaution dans le caisson de bois qu'on referme et met de côté pour elle avec un sourire, elle a donné discrètement à l'homme l'endroit où elle réside durant l'évènement, et elle sait que les services des industries Strauss sont toujours impeccables, question d'image.
ϑϑϑϑ Vraiment, un bijou pour lequel je vous remercie chaleureusement monsieur Strauss ! Moi qui est toujours cru que mes mains étaient trop faibles pour les armes à feu, vous m'avez conquise. Et je conseillerai à mes amies et nos amis ici présents de se laisser tenter...
ϑϑϑϑ Elle reprend la sucette qu'elle laisse entrer à nouveau entre ses lèvres vermeilles en laissant les hommes poser les questions qu'il souhaite à l'homme d'affaire, elle a déjà rempli la mission de show qu'il attendait d'elle... A lui de finir les contrats.


IconI wanna roll with him a hard pair we will be A little gambling is fun when you're with me (I LOVE IT) Russian Roulette is not the same without a gun And baby when it's love, if its not rough it isn't FUN, FUN
   
mechanic's queen
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Althéa Ley Ka'Ori
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Jeu 14 Déc - 1:58
Irys : 855224
Profession : Guérisseuse du Troisième Cercle
My'trän +2 ~ Suhury
~ Aile privée à l’arrière du Stand de sieur Ludwig, Strauss Industries ~


Althéa s’empara de l’arme tendue, étonnée. La rapière faisait partie de ces armes de contact qu’elle avait délaissés tout au long de sa courte vie. Elle avisa le poids de la lame qui pesait dans sa main gauche d’un air presque méfiant. Elle s’était attendue à plus lourd de la part d’un métal. A vrai dire, elle s’était attendue à ne pas détenir d’arme supplémentaire produite par l’industrie Strauss ! Il fallait croire qu’on essayer de lui refourguer l’intégralité de l’arsenal disponible. La guérisseuse était à présent équipée de neuf lames au total, soit autant que le chat n’avait de vies, mais cela n’a aucun lien avec notre histoire.

« Merci, murmura-t-elle vaguement en recevant l’arme. »

Là, elle improvisa une posture qui se voulait le reflet de celle de Sakari. Elle se trouvait des airs ridicules à adopter un comportement guerrier parfaitement étranger à son corps. Une vague inespérée de magie raffermit soudainement ses membres et lui octroya une vigueur inexistante au naturel. Stupéfaite, elle prit conscience du soutien spirituel de sa partenaire, et elle lui sut gré de son aide. Elle manqua de recevoir une lance dans le ventre tant sa surprise était grande, mais elle parvint tant bien que mal à se dégager sur le côté. Puis elle se rappela qu’elle était en possession d’une arme, et elle tenta une attaque directe, quoique maladroite, vers son adversaire.

Un échange s’ensuivit, qu’Althéa ponctua de temps à autres de coups de griffes latéraux que Sakari avait mentionnés. Aucun ne porta mais il lui sembla malgré tout gagner en précision et en ingéniosité au cours de l’échange qui se révéla plus intéressant qu’escompté. Le progrès est toujours plus flagrant lorsqu’on part de l’incompétence la plus totale. La force que lui conférait Zora prolongea le combat plus que de raison, mais elle usa de cette puissance pour frapper plus fort : elle tentait ainsi de divertir sa préceptrice afin de ménager une opportunité propice à l’emploi de ses griffes. Un élan d’audace finit par lui valoir un coup de lance sur le bras, sans violence, mais qui lui tira tout de même une moue contrariée. Le frottement avait arraché la couche superficielle de la peau, et elle s’attela aussitôt à recréer les cellules dérobées. A l’avenir, il serait peut-être avisé de se couvrir les bras. Elle s’épongea le front de son mouchoir, saluant la jeune femme qui lui faisait face, avant de lui tendre la rapière.

« Je vous remercie... de cette… instruction. »

Elle haletait d’effort, mais avait malgré tout tenté de réguler son souffle pour prononcer ces quelques mots. Elle s’approcha de Zora avant de s’asseoir, que dis-je, s’écrouler à côté d’elle. Là, elle retira ses gants qu’elle disposa soigneusement sur un étal prévu à cet effet, tout en lui glissant ces quelques paroles, un brin moqueuses sur les bords :

« Je te laisse entre ses soins, chère Angélique ! »

Althéa se reposerait quelques instants, puis irait sans doute tester son nouvel arc sur une des cibles libres tout à côté. Peut-être même, afin de se départir de ce mal du pays qui l’assaillait soudain, elle pourrait visiter le pavillon my’trän qu’elle avait boudé jusqu’alors. Pour l’heure, le repos était de mise.
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Dazen Guile
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Mer 20 Déc - 20:21
Irys : 239328
Profession : Capitaine d'un brick
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Avant d'avoir réellement compris ce qu'il se passait, Dazen se retrouvait avec la jeune femme tout contre lui, les formes qu'il avait eu l'occasion de dévorer du regard plus tôt appuyée contre son torse faisaient venir à son esprit des pensées qu'il essaya de remettre à leur place du mieux qu'il pouvait. Tashinär s'éloigna un peu mais à peine, les mains encore sur la poitrine du capitaine à qui l'envie de lui rendre la pareille ne voulait pas se taire. Il n'était pas un grand timide, pas un timide du tout même, mais il y avait dans l'attitude de cette femme quelque chose qui le désarçonnait.
De toutes façons, il n'en avait pas vraiment envie. Oh son manège lui échauffait les sang et titillait à ses bas instincts assurément mais il n'était pas venu ici pour ça. Et il ne doutait pas que la charmante demoiselle trouverait quelqu'un d'autre pour la satisfaire, surtout ainsi vêtue. Il s'écarta un peu d'elle :

« Le pistolet ne mord pas, je vous assure. En tout cas pas quand c'est vous qui le tenez. Si vous avez vraiment besoin de conseils pour l'utiliser, je me ferai une joie de vous en prodiguer mais je ne donnerai pas plus de ma personne, désolé. »

Sa réplique jeta un froid, comme il s'y était attendu. Lui conservait un air neutre.

HRP:
 


Couleur des dialogues : #3399ff
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Meylan Lyrétoile
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Jeu 21 Déc - 18:01
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Après-midi du 1er jour, Stand de l’Horlogerie Eshfeld

Après une matinée passée à arpenter le pavillon my’trän, Meylan avait finalement pris son courage à deux mains et elle était entrée dans l’aile daënare.  Elle avait beau savoir que l’échange entre les deux factions était le but de l’événement et que tous les stands avaient été soumis à une rigoureuse sélection, cela n’empêchait pas son coeur de battre furieusement dans sa poitrine.  Elle aurait été incapable de dire si c’était l’omniprésence de la technologie ou l’impression d’être en terrain ennemi, mais son malaise ne faisait aucun doute.  

Pendant le premier quart d’heure de sa visite, le bruit du sang lui battant les tempes obscurcit son environnement.  Sa robe émeraude de coupe typiquement my’tränne et sa cape noire ne laissaient aucun doute au sujet de sa patrie, et Meylan avait l’impression qu’une immense cible était peinte sur son dos.  Cependant, personne ne lui prêtait d’attention détaillée, et elle finit par se détendre petit à petit.  Tout en restant sur ses gardes, elle put enfin commencer à profiter de ce qu’elle voyait partout autour d’elle.

Dans les différents stands qui bordaient les allées du pavillon, tout bruissait, cliquetait, fumait, sifflait.  Pour les oreilles musicales de Meylan, le résultat était une cacophonie des plus désagréables.  Elle avait également du mal à comprendre ce qu’elle voyait dans les différents stands, tant leurs contenus semblaient hétéroclites et aléatoires.  C’est en passant devant un stand contenant ce qui lui paraissait être un générateur de poussière qu’elle arriva à la conclusion que certaines choses lui échappaient de manière on ne peut plus évidente et qu’elle n’arriverait à rien si elle ne recevait pas les explications des Daënars tenant les stands.  Plus qu’à en trouver un ayant l’air abordable.

Meylan ignora volontairement tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une arme, quoi qu’elle n’ait objectivement aucune idée de ce à quoi une arme daënare ressemblait.  Elle s’était un peu relaxée, mais elle n’était pas complètement suicidaire.  Au détour d’un couloir, elle tomba sur un stand tenu par une jeune femme blonde qui, pour le moment du moins, n’avait pas l’air occupée par d’autres clients.  Parfait.  En se rapprochant, la ménestrelle remarqua qu’une multitude de cliquetis réguliers provenaient des objets étalés un peu partout sur le comptoir et à l’intérieur du stand.  Etrange.

"Bonjour…"

Mince, est-ce que les Daënars avaient d’autres formules pour engager une conversation?  Trop tard pour s’interroger à ce sujet.

"Ma question va probablement vous paraître très bête, mais…  Quels sont ces objets?"

Et maintenant, Meylan n’avait plus qu’à croiser les doigts pour être bien tombée et pour que son accent n’empêche pas la Daënar de la comprendre (et vice-versa).



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Sanaë Eshfeld
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Ven 22 Déc - 17:05
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Premier jour, après midi, Stand Horlogerie Eshfeld avec Meylan


C’est encore émerveillée par les récents événements que Sanaë avait repris le chemin du pavillon daënar, ainsi que sa place à son stand, où l’attendaient ses deux frères fier de leurs dernières ventes. La matinée avait été particulièrement enrichissante pour l’horlogère, à bien des points de vue. Et même si la douleur de la brûlure causée par le dragonnet était encore bien ancrée dans sa mémoire, elle s’en sentait néanmoins reconnaissante pour les merveilleuses rencontres que la blessure avait rendu possible. Assister à une telle démonstration de la magie prêtée par les architectes aux mages était une chance et une joie que l’horlogère n’était certainement pas prête d’oublier.

Son intérêt, déjà débordant, pour le peuple my’tran ne s’en voyait que d’autant plus accru, tout comme son admiration. Quel dommage que les deux peuples ne puissent s’entendre, chacun avait pourtant ses bons côtés, mais aucun des deux camps n’étaient encore prêt à les reconnaître et encore moins à les accepter. Chose que Sanaë déplorait du plus profond de son âme.

Les clients se faisant à présent plus rares, l’horlogère congédia ses frères afin qu’ils puissent, eux aussi, profiter un peu de l’exposition. Ils l’avaient déjà bien aidé et Sanaë culpabilisait un peu de les avoir abandonnés aussi longtemps. Elle se retrouvait donc seule devant son étalage de montres en tout genre dont le nombre avait déjà bien diminué. Elle en profita donc pour réassortir son présentoir et regarder son livret de commande pour calculer les délais de fabrication… Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sanaë ne verrait pas le soleil avant un bon moment après cela. Il y avait largement de quoi les occuper quelques mois…

L’horlogère en était à réajuster quelques montres lorsqu’elle aperçut, du coin de l’œil, une jeune femme observer son stand avec un certain intérêt. Toutefois, son regard empli de perplexité n’échappa pas à Sanaë qui laissa sa tâche de côté pour mieux se concentrer sur la jeune femme. Sa tenue vestimentaire ne laissait aucune place quant à ses origines, ce qui arracha aussitôt un sourire bienveillant à l’horlogère.

-Bonjour mademoiselle, votre question n'a rien de bête voyons. répondit Sanaë en souriant. Ce sont des montres, elles servent à lire l’heure, voir le temps qui passe. Plutôt pratique pour ceux qui en ont l’utilité.

L’ironie voulait que, bien qu’en possédant une, Sanaë ne la regarde que très rarement. Pour elle, le temps n’était pas aussi important, une notion abstraite qui semblait dicter une ligne de conduite à certain. Elle avait bien pris soin d’observer ses clients, bourgeois pour la plupart et ceux-ci paraissaient toujours pressé. Son père, pourtant horloger lui aussi, lui répétait toujours :"la mort viendra sans annonce sur un cadran, le temps passe inéluctablement, le connaître, l’observer, ne t'apportera rien de plus." Toutefois, Sanaë aimait ses montres, en particulier pour leur mécanisme qu’elle s’amusait à rendre toujours plus complexe, s’attardant sur sa beauté, bien que personne n’y fasse attention. Les humains ont toujours eu tendance à juger que ce soit humain, animaux ou encore objets sur l’apparence extérieure, c’est pourquoi, depuis quelque temps, Sanaë commençait à s’intéresser, aussi, à l'aspect externe de ses créations.

Elle en attrapa donc une sur le présentoir, n’importe laquelle à dire vrai. Le hasard voulu qu’il ne s’agisse que d’une montre à gousset classique au boîtier d’argent vierge de toute gravure ou autre fioriture dont les bourgeois endimanchés raffolaient. Elle l’ouvrir pour montrer le cadran à la jeune femme désignant, du bout du doigt, les deux petites tiges métalliques taillées en forme de flèche.

-Voyez, ce sont des aiguilles. La petite indique les heures, la grande les minutes.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Meylan Lyrétoile
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Dim 24 Déc - 13:11
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Après-midi du 1er jour, Stand de l’Horlogerie Eshfeld avec Sanaë

La réponse qu’elle reçut permit à Meylan de se détendre un peu.  Non seulement la jeune femme blonde ne se faisait pas prier pour répondre à sa question sans la moindre trace d’agacement ou d’hostilité, mais en plus elle parlait de manière parfaitement compréhensible pour la Dargienne.  Oh, bien sûr elle avait un accent étranger, mais n’était-ce pas le cas de tous ou presque tous ceux présents à cette exposition?  Un peu de bonne volonté permettait de rendre négligeable cette difficulté.

Si Meylan comprenait maintenant à quoi servait l’objet face auquel elle se trouvait, elle se posait quelques questions quant à son fonctionnement.  Elle voyait bien les aiguilles et les démarcations des différentes périodes, mais elle voyait mal comment les aiguilles pouvaient se retrouver pile au bon endroit au bon moment.  Et il restait la question de ce cliquetis dont elle ne voyait ni ne comprenait la source. On était loin de la simplicité de fonctionnement d'un sablier, d'une clepsydre ou encore des cadrans solaires qui ornaient certains des grands édifices de Darga.  

"Hmm, je vois, mais comment pouvez-vous être sûre que les aiguilles indiquent l’heure qu’il faut quand il faut?  Elles me paraissent bien immobiles et le verre empêche d’y accéder pour les déplacer…  Et d’où vient le bruit que fait votre ‘montre'?"

Tout en parlant, Meylan observait attentivement l’objet.  Elle soupçonnait que son apparence simple était trompeuse, sans quoi il ne serait pas exposé lors d’un événement célébrant les grandes réalisations de chaque nation.  Elle était partagée entre l’envie de demander à tenir l’objet pour pouvoir le soupeser et l’observer de plus près et une réticence presque instinctive à l’idée d’un contact aussi direct avec la technologie daënare.  Elle n’avait aucune idée de voir la montre exploser dans ses mains par manque de connaissance des précautions élémentaires.



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Sanaë Eshfeld
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Dim 24 Déc - 18:08
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
La curiosité de la jeune my’tranne donna du baume au cœur à l’horlogère. Personne parmi ses clients ne l’avait jamais interrogée sur le sujet, tant et si bien que tout cela la surprenait autant que cela la ravissait. Ses questions pouvaient sembler quelque peu enfantines, mais n’en restaient pas moins logiques. Sanaë savait que les my’träns se servaient du soleil pour mesurer le temps à travers quelques cadrans solaires et autres dispositifs que certains qualifieraient de barbares. Cela dit, sa première question la prit au dépourvu, les mesures du temps étaient affaires de physiciens et autres astronomes, des scientifiques en sommes. Sanaë n’était l’horlogère et ses calculs n’étaient qu’automatismes appliqués par habitude et elle regrettait de ne pas s’être davantage penchée sur le sujet. Elle avait donc honte de ne pouvoir répondre qu’en partie aux questions de la jeune femme.

-Euh...hésita-t-elle. À dire vrai, je me base sur d’autres montres pour mettre les miennes à l’heure. Les calculs sont faits avant la fabrication même des roues, tout le reste n’est que question de mouvement et quelques petits réglages... Les aiguilles paraissent immobiles, mais c’est tout le contraire. Je vais vous montrer.

Elle retourna alors la montre afin de l’ouvrir et d’exposer ainsi ses entrailles mécaniques en mouvements à la jeune femme. Elle lui laissa à vu quelques secondes, le temps de se faire une idée, et surtout de lui prouver qu’il n’y avait rien de dangereux.

Le fonctionnement d’une montre mécanique basique n’avait en soit rien de bien compliqué, tout du moins pour une personne ayant grandi au milieu des rouages et autres pièces composant l’appareil. La jeune femme, en revanche, venait de contrées où toutes ces petites choses n’existaient pas et étaient même considérées comme hérésie. Il lui faudrait donc trouver les bons mots, simples si possible… Sanaë essaya de se souvenir de la façon dont son père le lui avait expliqué, mais cela datait de si longtemps, que les souvenirs n’existaient plus.

- Je vais essayer de faire simple, mais j’avoue ne pas trop savoir comment m’y prendre. N’hésitez pas à me couper pour que je me reprenne au besoin surtout.

Elle tendit alors la montre ouverte à la jeune my’tranne, accompagnant son geste d’un sourire rassurant afin de lui donner confiance. La magie était l’apanage des my’trans pas des daenars et une montre était tout ce qu’il y avait de plus inoffensif. Toutefois, ne voulant pas la brusquer, Sanaë se contenta de la reposer sur la vitrine, en veillant à ce que les rouages restent bien visibles. Elle attrapa ensuite de quoi écrire afin d’esquisser un schéma simple, mais néanmoins complet. Elle commença par la pièce maîtresse, dessinant une spirale emprisonnée dans une sorte de cage ronde.



-Une montre est constituée de cinq parties, toute ont leur propre travail à faire. La première, c’est le moteur, la partie qui fournit toute l’énergie à la montre,
dit-elle en désignant son dessin du doigt. En fait, il s’agit d’un simple ressort, une sorte de spirale que l’on remonte chaque jour avec une clé, appelée remontoir. En voulant reprendre sa place, le ressort va créer un mouvement qui va entraîner toutes les autres.

A la suite, Sanaë esquissa trois grandes roues dentelées reliés entre elles.

- Ça, c’est ce que l’on appelle la transmission, ces pièces continuent de transmettre l’énergie au reste, tout simplement. C’est là que ça se complique.

Le dessin suivant lui donna du fil à retordre, elle ne savait pas vraiment comment le représenter. Il s’agissait d’une sorte de couronne posée à côté d’une forme ressemblant vaguement à une ancre de bateau.

- Ici, c’est l’échappement, qui permet de contrôler l’énergie pour qu’elle ne se libère pas d’un seul coup. Il donne le rythme à l’ensemble du mécanisme. La couronne s’appelle “roue d’échappement”, ses mouvements sont bloqués par les palettes et ainsi maintenir le rythme donné par l'oscillation du balancier.

Sanaë esquissa alors une grosse roue reliée à l’ancre.

- Voilà le régulateur ou balancier, il effectue une sorte de mouvement rotatif en vas et viens. On peut dire que le ressort est le cœur de la montre et le balancier le cerveau. C’est lui qui transmet l’information. Ensuite, viennent les aiguilles, chacune reliée à une roue effectuant un mouvement identique, mais à un rythme différents. La grande, celle des minutes ira beaucoup plus vite que celle des heures. Finalement, si les aiguilles vous paraissent immobiles, chaque pièce à l’intérieur est en perpétuel mouvement. D’où le bruit que vous entendez. Et encore, celle-ci n’est pas équipée d’aiguille pour les secondes, sinon vous entendrez une sorte de “tic tac” correspondant aux secondes qui s’écoulent.

Elle observa attentivement les réactions de la jeune femme, s’attendant à d’autres questions espérant, au moins, l’avoir rassuré sur ses créations.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Lycinia Aurès
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Mar 26 Déc - 4:02
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Lundi après-midi - Stand de l’Horlogerie Eshfeld avec Sanaë et Meylan


    « Ohh ! Lys ! Lys !! Ça sert à quoi ça tu penses ? »

La forgeronne soupire malgré elle. Mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête quand elle avait accepté d'accompagner sa sœur pour cette exposition ? Encore, l'exposition en elle-même était intéressante, surtout le pavillon my'trän. C'était le pavillon daënar qui lui posait problème et ce fichu mal de tête !
    « Lys ! Regarde ! »

Devant l'insistance de sa jeune sœur, Lycinia ose un regard dans la direction qu'elle indiquait. Oh, douleur. Une autre machine, visiblement bien avancée. Le panneau à côté du stand lisait « Le Générateur de poussière 3 000 ». A quoi cela pouvait bien leur servir en effet ? La jeune femme n'en savait rien et pour être honnête en avait cure. Elle détourne le regard pour atténuer la douleur. Niniel, sa sœur (elle ne tenait pas en place), s'en était déjà allée à un autre stand, toute guillerette. C'était facile de deviner que celle-ci n'était pas indisposée par la technologie étalée devant elle. Du côté de la forgeronne, c'était une toute autre histoire. Maux de tête et nausées avaient commencé dès son entrée dans le pavillon à cause de la quantité d'engin daënar sous la verrière. Bien heureusement, elle savait garder contenance.

Passant devant un stand d'habits daënars, un psyché lui renvoit son reflet. Grande femme aux longues boucles blanches et à la peau ocre. Elle portait un pantalon en cuir et des bottes de la même matière qui montaient jusqu'à ses genoux. Comme haut, un corset en cuir par dessus une chemise blanche en lin. Ses manches étaient remontées  jusqu'au coude et sa chemise était entrouverte d'une telle façon qu'elle dévoilait un joli décolleté. Oui, parce qu'il fallait palier à la chaleur de Zochlom. Par contre, son regard vert cristallin était assombri, bien malgré elle, par un léger froncement de sourcils qui rendait son expression moins avenante qu'à l'habitude.

La jeune femme laisse son reflet pour rattraper sa sœur qui était arrivée au niveau d'une... Elle lit à nouveau l'écriteau, « Montgolfière ». La plus jeune Aurès sautillait presque sur place devant les explications de la patronne. En fait, ce système était quelque chose qu'elles connaissaient déjà, les plus jeunes Zolosiens avaient l'habitude d'utiliser les mêmes principes qui mouvaient la montgolfière pour s'amuser dans le canyon et le parcourir de long en large. La vue était assez spectaculaire. La différence ici était le brûleur qui avait automatisé le feu de Süns. Son froncement de sourcils s'amplifie. Sa sœur se penche vers elle pour lui murmurer à l'oreille :
    « Ils disent qu'on peut faire un tour pour quelques Irys ! On y...
    - Non merci. », l'interrompt son aînée qui n'était pas sur le point de monter dans un de ces engins.

Niniel fait la moue, mais ça ne dure pas longtemps. Dans un cliquetis de métal, elle s'en va vers son prochain stand. Des regards daënars suivaient ses déplacements. Certains étaient simplement curieux, d'autres étaient moqueurs. Une chose était sûre, Niniel ne se fondait pas dans la masse avec ses habits à la dernière mode Zolosienne, du tissus haut en couleurs, des bracelets en or plein les bras et une personnalité qui allait avec. En My'trä, elle aurait été considérée comme une personne à la mode, pour les Daënars c'était simplement une curiosité, pour d'autres une sauvage aux goûts exubérants. Sa jeune sœur n'était visiblement pas touchée par ces regards, aussi Lycinia n'en faisait rien. Ou du moins presque rien, elle se contentait d'asséner un regard noir à ceux qui se moquaient. Le résultat était toujours concluant.

En retrait, elle observe sa sœur qui goûtait maintenant des spiritueux de l'autre continent, le sourire aux lèvres. Lycinia voyait qu'elle était dans son élément. Un sourire attendrie éclaire son expression. Elle était tout de même heureuse d'accompagner sa sœur dans sa démarche de découverte de l'autre continent. L'autre étape serait de faire accepter son choix de vie par le clan, mais ça viendrait bien plus tard, pour l'instant, Niniel vivait une partie de son rêve et son aînée était heureuse de l'y aider.

Son œil est finalement attiré par un stand où deux femmes discutaient, l'une My'tränne, l'autre visiblement Daënare. Enfin, c'était plutôt les deux femmes qui avaient attirées son œil, l'une brune et l'autre blonde, toutes deux avaient un physique engageant. Un vrai sourire apparaît maintenant sur son visage, c'était nettement plus intéressant qu'une quelconque technologie qui n'avait de mérite que d'exister.

Niniel avait fini de goûter les différents alcools daënars et revenait avec une bouteille à la main.
    « Ah, tu as enfin trouvé un stand qui t'intéresse ? Je commençais à perdre esp...
    - Ouch... Mais ça na va pas bien ?! » s'écrit soudainement la forgeronne, causant l'attention de quelques personnes autour d'elles.

Sa jeune sœur lui avait asséné un coup de coude dans les côtes et elle n'y était pas allée de main morte. Elle se tenait devant elle, la mine passablement renfrognée, une bouteille d'alcool daënar dans la main gauche et l'autre main sur la hanche. La scène aurait été comique si Niniel ne venait pas d'ajouter à sa douleur déjà présente.
    « Tu es censée regarder les stands, pas les personnes, lui admoneste sa cadette. Toi et Meka, je jurerai que vous ne vivez que pour les femmes.
    - Sache que ma forge passe avant. Et tu peux bien parler, Madame Je-m'entiche-d'un-Daënar. » Lui rétorque-t-elle en se massant les côtes d'une main.

La plus jeune des Aurès ne l'écoutait plus et s'était approchée du stand d'horlogerie, à en croire à nouveau le panneau. Cette fois-ci, Lycinia connaissait ce qui était exhibée, sa sœur en possédait une semblable. Des montres, de toutes les tailles et formes. Sa connaissance s'arrêtait à leur utilité, elle n'aurait pas su dire comment elles fonctionnaient, mais encore une fois elle en avait cure. Sa sœur, elle, semblait très intéressée et écoutait avidement l'explication de la femme blonde sur le fonctionnement du mécanisme de la montre. Par contre, au fur et à mesure des explications, son expression changeait du tout au tout, sa sœur ne comprenait visiblement pas tout ce qui était racontée. Lycinia, elle, avait suivi et saisi tout ce qui avait été dit. Finalement, étant forgeronne, elle n'avait pu décemment rester de marbre devant un tel ouvrage. Malgré tout, l'invention d'un tel objet était contre ses principes, pourquoi vouloir connaître l'heure avec une telle précision ? Elle imaginait très bien une telle chose mener à l'asservissement de tout un peuple. Du genre, un patron vous ordonne que tous les matins vous devez vous présenter à la même heure ? Quel non-sens. Un véritable liberticide.
    « Je voudrais vous en acheter une ! »

Visiblement Niniel ne partageait pas sa réflexion philosophique car c'était-elle qui s'était exprimée.

Lycinia se demande pourquoi diable elle souhaitait une autre montre alors qu'elle en possédait déjà une. Presque comme si elle avait entendu ses pensées, sa sœur sort de sa besace une montre à gousset d'un métal de mauvaise qualité et à la vitre fissurée. Elle la leur montre, oubliant complètement le fait que l’artisane était précédemment entrain de converser avec une autre personne. C'était bien la personnalité passionnée de sa sœur. Continuant :

    « Celle-ci à une valeur sentimentale, mais elle ne fonctionne plus. Et celles que vous vendez sont plus à mon goût de toute façon. Je souhaite d'ailleurs vous féliciter. Toutes vos montres sont plus somptueuses les unes que les autres. Le travail de l'extérieur est véritablement raffiné et je sais de quoi je parle étant orfèvre et marchande de profession. Je pense que vos modèles se vendraient bien à My'trä...
    - My'trä n'a pas besoin de ces objets. » Lâche Lycinia, la voix vide de toute animosité.

La forgeronne n'avait pas dit un mot jusque là et avait tentée d'être compréhensive pour sa sœur, mais celle-ci lui avait seulement dit qu'elle était intéressée par la technologie, pas qu'elle voulait en ramener sur leur continent. Pour ça, elle était contre, bien qu'elle respectait les créations de l'artisane.


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Dernière édition par Lycinia Aurès le Mer 27 Déc - 12:29, édité 1 fois
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Meylan Lyrétoile
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Mar 26 Déc - 10:57
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Après-midi du 1er jour, Stand de l’Horlogerie Eshfeld avec Sanaë et Lycinia

Si Meylan regrettait parfois sa faible maîtrise de l’art de Khugatsaa, il semblait y avoir aussi des avantages à sa situation.  En ce moment, l’avantage concret qu’elle en tirait était qu’elle avait beau être entourée de technologie, le seul malaise qu’elle ressentait était lié à un blocage psychologique plutôt qu’à une quelconque réaction physique.  Par conséquent, même si elle hésita un moment avant de prendre en main la montre maintenant ouverte, la curiosité l’emporta (sans surprise).  Pour un objet capable de tant, son poids était étonnamment faible.  Elle aurait probablement dû s’y attendre: en fin de compte les seules composantes de la montre étaient celles qu’elle voyait et un tel volume de métal ne pouvait pas atteindre de poids colossal.

En tant que ménestrelle, Meylan pouvait raisonnablement dire qu’elle possédait de nombreuses connaissances.  Cependant, celles-ci lui donnaient assez peu de prises auxquelles se raccrocher pour comprendre les explications de l’horlogère.  Elle ne pouvait compter que sur son sens logique et comparer les dessins aux entrailles de la montre qu’elle tenait en main.  Le mécanisme, qui à l’origine lui avait semblé être un assemblage chaotique de pièces en mouvement, se révélait être en fait avoir une structure logique assez claire quand on savait ce qu’il fallait voir.

Absorbée par les explications, Meylan ne remarqua pas les nouvelles-venues.  Ou plutôt: une part de son esprit enregistra leur présence sans pour autant leur accorder plus qu’une bribe d’attention.  Cela changea bien entendu quand la voix de l'une d'entre elles brisa ses réflexions et lui fit lever les yeux du mécanisme en perpétuel mouvement.  

Comme toujours quand elle n’était pas au centre de l’attention, la ménestrelle en profita pour observer attentivement la scène qui se déroulait face à elle et ses intervenants.  Les tatouages claniques de la plus grande des deux jeunes femmes clamaient une appartenance au clan Aurès, tandis que leur air de famille laissait supposer qu’elles étaient soeurs, ou au moins assez proches parentes. Avec le contraste entre leur peau bronzée et leurs cheveux blancs, elles avaient une apparence qui marquait les esprits.  Les yeux verts de celle qui avait jusque là gardé le silence ajoutaient un contraste supplémentaire assez fascinant.  Par déformation professionnelle peut-être, Meylan avait tendance à ne pas classer l’apparence des personnes qu’elle croisait en termes d’esthétique, mais par rapport à des personnages de fiction.  Après tout, quoi de mieux que de visualiser les protagonistes d’un récit pour le rendre plus vivant?

L’enthousiasme de l'Aurès qui avait parlé (la plus jeune des deux, si Meylan ne se trompait pas) était assez communicatif, même si la ménestrelle avait des doutes par rapport au succès des montres à My’trä.  Il s’agissait de beaux objets, aucun doute là-dessus.  Mais l’opinion générale my’tränne était tout simplement trop hostile à la technologie pour qu’un tel produit y trouve une place d’honneur.  Quant au commentaire laconique de la seconde Aurès, il était assez abrupt et catégorique malgré l’absence de méchanceté dans le ton.  Ainsi, même la dynamique entre les deux soeurs formait un contraste, l’une prompte à l’enthousiasme et l’autre bien plus économe en mots et d’autant plus efficace.  Intéressant.

"Je doute également que la plupart des My’träns fasse bon accueil à ces montres.  Mais leur fonctionnement est très ingénieux.  Vous dites que certaines possèdent une troisième aiguille qui subdivise encore le temps?  Pourquoi un tel besoin de précision?"

Aussi organisée que Meylan soit, il y avait des limites aux contraintes qu’elle acceptait de respecter.  Pour une My’tränne (et une ménestrelle, de surcroit!) elle était ponctuelle, mais cela revenait à arriver approximativement à l’heure convenue.  Elle retourna la montre encore ouverte, veillant à ce qu’aucune pièce n’en tombe.  Comme l’horlogère l’avait prédit, la petite aiguille s’était en effet déplacée, même si son mouvement était trop lent pour être visible à l’oeil nu.  Meylan se tourna ensuite pour faire face à la jeune femme laconique (et dut lever les yeux pour établir un contact visuel, étant donné sa petite taille et la haute taille de son interlocutrice).

"C’est vrai, My’trä n’a pas besoin de ces objets.  Mais My’trä regorge d’objets ou de coutumes dont nous n’avons pas ‘besoin’ au sens strict du terme.  En quoi avons-nous besoin d’étoffes brodées et décorées, quand des tissus unis ne protègent pas moins efficacement?  En quoi avons-nous besoin de bijoux, qui sont pour la plupart purement décoratifs?  Pourquoi tant de personnes préfèrent-elles une lame au pommeau décoré de manière unique?  Partir du principe que le ‘besoin’ est la seule raison de posséder un objet me paraît quelque peu réducteur."

Il n’y avait pas la moindre animosité non plus dans son ton.  Elle donnait plutôt l’impression de réfléchir à voix haute et de demander un apport externe dans ses réflexions.  Pourquoi?  Sans doute parce qu'elle gardait en mémoire le souvenir frais d'un débat houleux durant lequel elle avait dû défendre l'art de ses confrères et elle ne voulait pas que la sympathique Daënare ait l'impression de se trouver dans une telle situation.  Ce n’était pas une coïncidence si elle citait l’exemple de la lame finement travaillée: le clan Aurès était bien connu pour ses prouesses en matière de forge et posséder une arme forgée par un de ses forgerons était une source de fierté pour de nombreux guerriers.  Meylan, elle, ne pouvait bien sûr pas juger du bien-fondé de cette fierté, seulement constater qu’elle existait.



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Sanaë Eshfeld
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Mar 26 Déc - 18:14
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
L’intérêt de la jeune femme pour les montres et plus particulièrement leur mécanisme était si plaisant que Sanaë s’en senti presque fière. Pourtant, expliquer quelque chose qui faisait parti d’elle, au point même d’être comme une seconde nature, n’était certainement pas son fort. Sanaë semblait d’ailleurs convaincue que former un apprenti lui serait totalement impossible, après tout, elle avait elle-même appris en observant les gestes de son père avant de reproduire de son côté pour parfaire ses propres créations. Le reste, elle l’avait appris à force de tentatives, d’expériences et d’essai, en autodidacte, ce n’était donc pas évident à expliquer quand elle-même ne comprenait pas tout à fait ses agissements, elle le faisait, tout simplement. Malgré tout, la jeune femme semblait avoir compris l’essentiel, ce qui rassura l’horlogère sur ses capacités et sa pédagogie improvisée.

Toutefois, elle était tant plongée dans ses schémas et explications que l’arrivée des deux jeunes femmes passa totalement inaperçu. Une fois l’attention de Sanaë focalisée sur une tâche, il était difficile de l’en sortir. C’est d’ailleurs ainsi qu’il lui arrivait d’oublier de boire ou de manger lorsqu’elle se plongeait dans son travail, chose qui irritait son frère autant que cela l’inquiétait. Néanmoins, l’une d’elle, la plus petite parlait assez fort pour dévier Sanaë de ses explications, la félicitant pour son travail. Il y avait de quoi la surprendre, en particulier en constatant leur allure loin du style commun et pincé des daënars.

Après les avoir saluées d’un hochement de tête accompagné d’un sourire ravie, bien que quelque peu perplexe, l’horlogère écouta leur bref échange portant, après tout, sur son travail et son utilité. Là-dessus, Sanaë avait, bien entendu, son idée bien à elle.

-Oh vous savez, il suffit de regarder autour de vous pour comprendre comment fonctionne le monde. Tout ce qui se trouve sous cette verrière, comme dans celle d’à côté ne répond qu’à un besoin plutôt relatif. Nous humain, quelles que soient nos origines, n’avons que peu de réels besoin : boire, manger, respirer, etc. Tout le reste n’est que superflus, je suis la première à le reconnaître. Néanmoins, il en existe beaucoup d’autre tout à fait personnel, comme c’est le cas pour mes montres. Certaines personnes ont besoin de savoir l’heure qu’il est, pour leur raison toute aussi personnelle, tandis que d’autres non. Il en va de même pour tout.lança-t-elle en souriant voyant qu’il ne s’agissait là que d’un échange de point de vue et non d’une agression. À dire vrai, il en va de même pour cette fameuse aiguille. Certain ont besoin d’avoir une meilleure précision, les scientifiques ou les ingénieurs par exemple doivent souvent chronométrer leurs tests et expériences. L’un de mes frères est médecin, la trotteuse lui sert pour prendre le pouls de ses patients.

Sitôt sa phrase achevée, Sanaë se figea s’interrogeant sur les raisons qui l’avaient poussée, il y a longtemps, à fabriquer de tels objets à l’utilité si relative. La curiosité d’abord, son père aimait son métier et lui avait transmis sa passion. Elle s’était éprise de ces mécanismes qui ressemblaient tant à un organisme vivant en perpétuel mouvement. Puis, avec le temps, elle en avait retiré un certain plaisir, poussant le vice jusqu’à relever les défis qu’elle s’étaient elle-même lancés. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle essayait d’innover sans cesse, simplement pour y rechercher ce fameux sentiment de satisfaction, l’impression d’être utile. Puis finalement, était-ce réellement le cas ?

Perdue dans ses réflexions, elle faillit perdre le fil de leur échange pourtant intéressant. Un échange de point de vue entre personnes si différentes, à bien des égards, chose assez rare et exceptionnelle pour être savouré. Elle rejoignait le point de vue de la jeune femme aux cheveux noirs, la notion de besoin était particulière et pouvait être interprétée de bien des façons.

- Je vous rejoins donc là-dessus. A dire vrai, la plupart de mes clients n’achètent pas mes montres pour leur utilité, mais simplement car c’est un objet solide qui se transmet. Un objet pour lequel on s’attache comme autant de souvenirs. On y accorde donc une valeur sentimentale. Il s’agit d’ailleurs plus souvent de cadeaux… Le besoin dans ce cas, serait de laisser son empreinte, une trace de sa vie pour ses descendants.

Gênée, Sanaë baissa la tête, cherchant à cacher ses joues rouges de honte. Comme à chaque fois qu’un sujet l'intéressait, elle se laissait emporter dans un débit de paroles plutôt conséquent ce qui avait le don d’agacer ses frères. Face à ces trois femmes étrangères, l’horlogère se sentait stupide d’avoir à nouveau trop parlé…


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Lycinia Aurès
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Mar 26 Déc - 22:03
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Lundi après-midi - Stand de l’Horlogerie Eshfeld avec Sanaë et Meylan


Devant sa remarque, la plus jeune ne se laisse pas démonter, étant une marchande, elle avait nécessairement la langue bien pendue et une volonté de fer. Les mots de Lycinia ne lui valent qu'un haussement d'épaules de la part de Niniel qui décide de l'ignorer et d'écouter attentivement la réponse que lui avait donné l'autre My'tränne.

Celle-ci ne croyait pas que les autres My'träns accepteraient la venue de ces objets daënars, ce qui confortait Lycinia dans son opinion. Mais, sa congénère n'en reste pas là et se tourne vers elle, levant la tête pour accrocher son regard. Elle part sur la notion de « besoin » et lui rétorque qu'en My'trä beaucoup d'objets ne proviennent pas d'un besoin particulier, mais qu'ils étaient quand même présents sur leur continent, comme des étoffes brodées et décorées, les bijoux ou encore une lame au pommeau décoré de manière unique.

La forgeronne accueille sa réponse d'un sourire aimable, son expression se faisant moins fermée. La jeune femme n'avait pas entendu discuter philosophie lorsqu'elle s'était exprimée, sa remarque étant plutôt destinée à l'esprit d'entreprise de sa sœur et pour le coup, elle n'avait pas pensé qu'on aurait accordé plus de sens à ce mot. Son esprit vif appréciait tout de même les joutes verbales et ainsi, la réponse qu'avait bien voulu lui apporter cette autre My'tränne.

Son interlocutrice avait entendu la notion de « besoin » dans son sens le plus réducteur, cependant si l'on se penchait sur la chose et les exemples qu'elle avait donné, quelqu'un l'avait dit un jour que « l'homme est un animal social », après avoir assouvit ses besoins vitaux, il avait encore des besoins sociaux, les parures et autres vêtements dont l'ouvrage était perfectionné leur servait donc à montrer une certaine image d'eux. Certains y accordaient plus d'importance que d'autres, il était vrai, mais dire que ce n'était pas un besoin était, selon elle, se tromper. De ce qu'il en était de  la nécessité de la personnalisation du pommeau d'une lame, il ne fallait pas lancer Lycinia sur le sujet, elle ne s'arrêterait pas.

En tout cas, tout était relatif et discutable par contre, dans le cas de la montre, elle ne viendrait pas combler un besoin existant, My'trä avait déjà de quoi calculer le passage du temps, notamment grâce à la nature. Son arrivée sur leur continent contribuerait à créer un besoin. S'en suivrait alors un cycle sans fin de la surenchère si unique aux Daënars, vouloir toujours plus et plus vite, au delà de ce que la nature pouvait leur donner. C'était une façon d'être, destructrice. C'était peut-être beaucoup mettre sur le dos d'un si petit objet, mais ne disait-on pas que la plus grande des tempêtes venait du plus petit battement d'ailes ?

La réponse de l'horlogère conforte sa réflexion, ces besoins bien que superflus dont elle parlait, n'étaient-ils pas créés par le mode de vie daënar ? Les Architectes avaient fait en sorte de pourvoir à leurs besoins que ce soit par la nature ou la magie. Les disciples de Mochlog n'avaient pas besoin de montre pour soigner les malades, ils se servaient de leur dons que l'Architecte leur avait octroyé.

Un petit moment passe avant que la Daënare continue sa réflexion, ajoutant que ces objets avaient aussi une valeur sentimentale. A la fin, elle abaisse sa tête et Lycinia remarque que le rouge lui était monté aux joues. Quelque peu interloquée sur la raison de son embarras, elle n'a pas le temps de se poser la question plus longtemps car sa sœur, qui avait attendu que les deux femmes finissent de parler, s'exprimait à nouveau, parlant directement à l'autre My'tränne :
    « Une mentalité ça se change ! Tout comme j'ai changé la mienne... »
    *Par amourette pour un Daënar.* pense Lycinia, sceptique.
    « ...Ces montres sont un bon point de départ pour faire avancer les choses. Leurs apparences rivalisent avec les plus beaux bijoux my'träns. » finit-elle avant de se tourner vers la Daënare : « Nous n'avons certainement pas les mêmes besoins que vous Daënars, mais nous apprécions aussi la beauté d'un objet et je persiste en disant que vos modèles pourraient être appréciés à leur juste valeur par d'autres My'träns, tout comme moi je les apprécie.
    - Niniel, ta passion pour la technologie daënare a de grandes chances d'être la raison pour laquelle tu as perdu tes pouvoirs auprès de Süns. Souhaites-tu le même sort aux autres My'träns ? » Interjette Lycinia qui décide de ne plus prendre de pincettes avec la naïveté de sa sœur sur le sujet.

La plus jeune des Aurès ne trouve cette fois-ci plus rien à redire. Son visage pourtant habituellement rayonnant se ferme soudainement. Elle s'incline envers les deux femmes et dit simplement :
    « Veuillez m'excuser, je me rappelle qu'il y a un spectacle que je n'ai pas envie de rater. Je vous souhaite une bonne journée. »

Elle s'en va sur ces mots, peut-être un peu trop rapidement pour que son excuse semble véritable, et sans un regard pour Lycinia qui la suit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans la foule de visiteurs. Un soupire passe la barrière de ses lèvres quand elle la perd de vue. C'était son rôle de veiller sur sa petite soeur, mais peut-être qu'elle avait été un peu dure. Quoiqu'il en soit, un blanc s'était installé à cause de leur scène. Alors pour balayer le malaise, elle fait part aux deux femmes de sa précédente réflexion sur les montres, mot pour mot, juste histoire de répondre au débat qui avait été lancé, bien que l'instigatrice n'était plus présente.

Puis, finissant :
    « Je m'excuse envers vous pour cette scène causée par mon manque de tact. Mon but n'était pas de causer une quelconque animosité, mais de recadrer ma jeune sœur. En tant que forgeronne, j'apprécie un travail méticuleux, ce qui est le cas pour vos créations. »


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Tashinär Vélacen Malphà
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Jeu 28 Déc - 22:03
Irys : 169971
Profession : Courtisane
Daënar +1
Avec Dazen, 1er jour

Il s'éloigna et répondit à mes avances par une froideur :

- Le pistolet ne mord pas, je vous assure. En tout cas pas quand c'est vous qui le tenez. Si vous avez vraiment besoin de conseils pour l'utiliser, je me ferai une joie de vous en prodiguer mais je ne donnerai pas plus de ma personne, désolé.

Je me retirais et tirais plusieurs coups d'affilé, toutes touchant leur cible. Je le regardais en rangeant leur pistolet :

- On n'approche pas une fille comme moi sans vouloir donner de sa personne, comme vous dites. Sur ceux, je vous laisse monsieur et vous souhaitent une bonne journée

Je me rendis vers le stand et aperçus enfin un homme correspondant à la description de Ludwig Strauss. De quoi laver mon honneur bafoué.

- Monsieur Strauss ! Vous ne me connaissais pas directement mais j'ai passé une commande pour une dizaine de petites armes pour ma protection personnelle et celles de mes amies. Comment allez vous ?
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Meylan Lyrétoile
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Jeu 11 Jan - 15:31
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Après-midi du 1er jour, Stand de l’Horlogerie Eshfeld avec Sanaë et Lycinia

Maintenant que c’était au tour de l’horlogère de s’exprimer, Meylan reporta son attention sur elle et en profita pour l’observer comme elle venait d’observer les deux My’trännes.  Elle aussi avait les cheveux clairs, bien que pas complètement blanc comme c’était le cas des Aurès.  Son teint était celui d’une personne qui passe le plus clair de son temps à l’intérieur, à tel point que Meylan se demanda même comment elle était parvenue intacte sous le dôme frais du pavillon: le soleil de Zochlom ne devait pas faire de bien à quelqu'un à qui il manquait la moindre protection naturelle.

Clairement, une fois son intérêt piqué, la Daënare ne se faisait pas prier pour participer à une conversation.  Si son sourire n’avait pas suffi à rendre son intérêt plus que clair, la réflexion qu’elle mettait dans ses réponses s’en serait chargé.  Réponses qui permirent de conclure que la fameuse "trotteuse" était une invention typiquement daënare: à la connaissance de Meylan, aucune profession my’tränne n’avait besoin d’un tel degré de précision.  Ca ressemblait fort à l’art de se compliquer la vie, mais après tout ce n’était que son point de vue externe et pas forcément très informé.  Le brusque rougissement et mutisme trancha avec l’enthousiasme de l’horlogère, et Meylan se demanda à quoi il était dû.  Peut-être que l’empreinte que chacun laissait dans le monde après sa mort était un sujet tabou chez elle?  Il était parfois délicat à My’trä aussi, après tout…

Il y avait en tout cas de quoi alimenter le débat, et la nouvelle intervention de la plus jeune de ses compatriotes ajouta encore de la matière, soulevant cette fois le thème des mentalités adaptables.  Cependant, avant que quiconque puisse creuser le sujet plus loin, sa soeur la reprit d’une manière que Meylan ne put s’empêcher de trouver un peu brusque.  Apparemment la jeune femme dut ressentir la réprimande de la même façon, car elle s’éloigna sans tarder après avoir à peine pris le temps de prendre congé.  Quelles que soient les blessures que ce commentaire avait rouvertes, Meylan sentit son coeur se serrer un bref instant.  Elle-même se sentirait probablement désemparée si elle devait perdre sa maigre maîtrise de l’art de Khugatsaa.

Toute à ses réflexions, elle ne remarqua tout d’abord pas qu’un silence quelque peu gênant était tombé après le départ de la plus jeune des soeurs.  Ce n’est que quand la seconde brisa ledit silence qu’elle fut ramenée à la réalité.  Au moins, elle reconnaissait qu’elle avait manqué de tact.  Mais étant donné que la principale intéressée par cette concession n’était plus là, épiloguer manquait cruellement d’intérêt.  Restait à savoir dans quelle direction relancer la direction.

"Je n’ai jamais entendu dire que les Architectes sanctionnaient ceux qui s’intéressaient à la technologie en leur retirant leurs dons…  À vrai dire, d’après ce que j’ai compris, la technologie s’est développée après le schisme qui a séparé ceux qui s’étaient détournées des Architectes et le reste de la population."

Elle avait un ton pensif, car elle tenait ses informations de diverses sources assez anciennes et pas forcément toutes aussi fiables qu’elle l’aurait voulu.  Elle supposait qu’à la période du schisme, il devait y avoir eu une bonne dose de propagande des deux côtés, rendant la tâche difficile à quoi voulait démêler le vrai du faux.  Tout compte fait, pas grand-chose n’avait changé depuis le temps.

"Mais il est vrai que je vois mal un mage plus avancé se prendre d’intérêt pour quoi que ce soit de technologique.  Les désagréments seraient tout simplement trop importants pour cela.  Et si le prix à payer est de perdre de vue les Architectes…je ne suis pas sûre que le jeu en vaille la chandelle."

Entrainée par ses réflexions, elle avait commencé à réfléchir à voix haute plus qu’elle n’apportait de véritable élément de discussion.  Sans compter qu’elle courait le risque que la sympathique horlogère prenne mal ses réflexions, ce qui n’était pas le but.  Elle n’était pas venue pour blesser quiconque, a fortiori pas les personnes aimables qu’elle rencontrait.

"Pardonnez-moi, je me suis laissée entraîner, c’est une question qui n’a pas sa place ici et maintenant."

Le but de l’exposition était d’ouvrir les yeux aux deux peuples rivaux sur les réalisations de l’autre, mais pas de faire de l’occasion une compétition, ou du moins ce n’était pas ainsi que Meylan voyait les choses.  Oui, ils avaient des différences fondamentales.  Cela voulait-il dire qu’il fallait à tout prix que l’un convainque l’autre de s’adapter?  Non.  Comment les Daënars s’arrangeaient chez eux était leur affaire, et la ménestrelle était ravie de découvrir ces éléments qui leur étaient propres tout en n’envisageant pas de s'y adapter elle-même.

"Pour ce qui est de la qualité du travail, je me fie à l’expertise de plus qualifié que moi.  Tout ce que je peux dire est que vous avez quelques oeuvres d’art parmi vos créations.  Où est-ce que vous puisez l’inspiration pour les décorations de vos montres?"

Y avait-il chez les Daënars une mythologie et une culture folklorique aussi riche que là d’où elle venait?  Ou étaient-ils tous, montre en main, trop pressés pour ce genre de distractions?  Meylan espérait sincèrement que la réponse à cette seconde question était négative, car sinon elle ne pouvait s’empêcher de les plaindre.  Vivre sans rêver et s’évader dans d’autres univers lui semblait inhumain.



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Sanaë Eshfeld
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Sam 13 Jan - 20:46
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë suivait l’échange sans intervenir. À dire vrai, elle ne savait plus où se mettre, se sentant presque de trop dans cette conversation au sujet ô combien épineux. Son regard passait inlassablement des jeunes femmes à ses montres, se demandant comment de si petites choses avaient pu provoquer un tel débat. Elle ne savait que peu de chose sur ces peuples des terres de l’ouest du monde, trop peu pour comprendre réellement les enjeux énoncés. Pour elle ces objets n’étaient que de simples accessoires, beaux, pratiques, petits, fragiles et délicats. Elle les aimait, comme une mère aime ses enfants. Chacune d’elle lui avait demandé des heures de travail, et chaque nouvelle mise en route, en remontant le ressort pour la première fois, représentait toujours une grande joie. Une grande fierté aussi, puisqu’il s’agissait d’un aboutissement. Voir l’objet tant imaginé, parfois même rêvé, prendre vie devant ses yeux avait en soi quelque chose de magique pour l’horlogère.

Évidemment, pour ses interlocutrices, la magie avait une toute autre nature, aussi tangible que spirituelle. Quelque chose que Sanaë ne pouvait hélas comprendre, et ce, malgré sa curiosité insatiable pour le sujet. Architectes, magie… Un rêve pour l’horlogère, un autre monde aussi, tellement différent du sien.

Elle observa, avec regret, la plus jeune de ses interlocutrices s’éloigner après une remarque plutôt dure de son aînée. Là encore, le sujet la dépassait. Elle avait bien compris que les relations entre daënars et my’träns étaient mal perçues par le reste du monde, mais ne comprenais pas pourquoi avoir un certain intérêt pour la technologie tout en respectant et vénérant son architecte puisse vouloir la priver de ses pouvoirs. De ce qu’elle avait apprit, ses ancêtres avaient perdu les leurs après avoir renié leurs divins créateurs, bien avant d’apprendre à fabriquer quoique ce soit. Ce que d’ailleurs, la jeune femme brune confirma avant qu’elle n’eût le temps, et le courage, d’ouvrir la bouche. Sanaë avait, dans tous les cas, le sentiment que ce n’était pas à elle d’intervenir sur le sujet. Comme si cela n’était pas légitime… L’horlogère ne ressentait aucune honte quant à ses origines, elle respectait les choix de ses ancêtres autant que les croyances de ce peuple.

Sanaë avait d’ailleurs tendance à voir ces deux peuples opposés comme un arbre. Porté par les mêmes racines, le même tronc, mais aux branches écartées, éloignées, cherchant simplement les rayons de l’astre ailleurs… Seulement, dans la réalité Irydar, les branches se méprisent entre elles, réfutes leurs liens… Et entrent en conflit continu. Une chose que Sanaë déplorait, et même si elle mourait d’envie d’exprimer son point de vue à ses femmes visiblement en désaccord, elle n’en fit rien. Ne connaissant pas leur point de vue sur le sujet, l’horlogère préféra garder le silence, par peur de heurter quelques sensibilités ou de simplement les vexer et provoquer, par la même, une catastrophe dont elle serait involontairement responsable.

Elle sourit en voyant la réaction de la jeune femme brune, comprenant que les mots lui avaient échappé et qu’elle aussi craignait d’ouvrir un débat houleux… Son sourire s’effaça brusquement, réalisant que leurs peuples ne feraient aucune avancée simplement pour cette raison : le débat était tabou. Non pas qu’il y ai réellement sujet à débattre, pour Sana chacun était libre de vivre sa vie comme il l’entend, à condition qu’il le fasse dans les respects des uns et des autres. Mais comment réussir à s’entendre si la moindre conversation, le moindre désaccord pourraient mener une simple discussion à prendre des proportions désastreuse ?

- Ne vous excusez pas, à dire vrai, je trouve le sujet intéressant. Je ne sais malheureusement pas grand chose de votre peuple, de vos coutumes, et je dois avouer que j’adorerai en savoir plus, dit-elle en rougissant, par peur de dire une bêtise.

L’ignorance menait indéniablement à l’incompréhension, l’incompréhension à la peur, et la peur à la violence, de cela, Sanaë en était certaine. Néanmoins, malgré son manque de connaissances, la curiosité de l’horlogère lui avait longtemps permis de vivre sans aucune crainte pour les my’träns, même en étant considérés comme ennemis légitimes et héréditaires.

Au moins, les deux s’accordaient à dire que son travail était intéressant, tout du moins dans l’esthétique plus que dans le technique. En un sens, cela constituait une sorte de victoire pour l’horlogère, car même si l’utilité de l’objet leur échappait, ce qui en soi était parfaitement logique, elles ne le rejetaient pas en bloc comme certains l’auraient pensé.

- Mon inspiration ? lança-t-elle avant de prendre une pause pour réfléchir à sa réponse. Partout, je suppose, ce serait compliqué à expliquer, mais j’aime la vie, le vivant pour être exacte. Le mouvement. Et contrairement à ce que vous pourriez penser, je ne m’intéresse plus particulièrement à la beauté du mécanisme, même si ce n’est pas celle qui saute aux yeux. Les gravures et décors sur le boîtier ne sont malheureusement qu’effet de mode, même s’il m’arrive d’avoir la chance de travailler sur des commandes bien plus intéressantes que ce soit esthétiquement que techniquement. Mais pardonnez-moi, je me suis laissée emporter. Je ne suis pas particulièrement douée pour m’exprimer…

L’horlogère, honteuse, une fois de plus baissa la tête avant de passer nerveusement sa main derrière le crâne. Tout cela était bien difficile à expliquer pour la jeune femme. On lui reprochait souvent son manque d’attention, or ce n’était pas tout à fait vrai. Sanaë percevait le monde autrement, passant volontairement sur certains détails jugé important par les autres, mais qui ne représentait pas grand chose pour elle et qui préférait se focaliser sur autre chose bien moins visible. Si cet aspect-là de sa personnalité ne se reflétait en aucune façon sur ses montres, tout du moins pour les non-initiés, cela était tout autre avec ses animécaniques…


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Lycinia Aurès
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Mer 17 Jan - 2:48
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
Elle avait vraiment manqué de tact, autant envers sa sœur que les deux femmes avec qui elle conversait. Bien qu'elle n'avait pas eu, au départ, l'intention de leur adresser la parole ou même de s'approcher du stand, c'était elle qui avait instigué ce débat épineux. La forgeronne était véritablement irritée par la tournure des événements. Elle avait été éduquée dans l'ouverture d'esprit et l'acceptation d'autrui. Ses paroles insensibles lui donnait l'air de posséder un esprit aussi étriqué que celui d'un disciple de Dalaï. Même si elles étaient à l'intention de sa sœur, elle ternissait l'image de son clan et ne faisait pas honneur à l'éducation que sa famille lui avait donné.

Sa compatriote reprend la parole, non pour répondre à ses excuses, mais à la remarque qu'elle avait faite plus tôt à Niniel :
    « Je n’ai jamais entendu dire que les Architectes sanctionnaient ceux qui s’intéressaient à la technologie en leur retirant leurs dons…  À vrai dire, d’après ce que j’ai compris, la technologie s’est développée après le schisme qui a séparé ceux qui s’étaient détournées des Architectes et le reste de la population. »

Lycinia passe de la contrition à la nervosité. Comme à son habitude quand elle est préoccupée, elle entrechoque les bagues de son index et de son majeur, créant des étincelles qui s'éteignent aussitôt. La déclaration de la My'tränne avait eu pour effet de lui faire perdre sa flegme naturelle.  Même si son expression n'avait pas changé, à l'intérieur, elle n'en menait pas large. La raison de son émoi ? Le sujet de la perte partielle du don de sa sœur, et plus précisément sa cause, l'inquiétait au plus au point.

Bien évidemment, la femme brune avait raison. Lycinia n'ignorait pas cette partie de l'histoire, ayant eu un précepteur. Simplement, quand Niniel lui avait avoué qu'elle avait perdu une partie de sa magie, c'était ce qu'elle avait avancé comme raison et son aînée n'avait pas cherché à creuser plus. Ou plutôt fallait-il dire qu'elle n'avait pas voulu le faire car la véritable raison, les deux sœurs la connaissait toutes deux, mais l'une ne pouvait pas l'accepter et l'autre n'avait pas le courage de l'avouer.

Inconsciente de ce qu'elle a provoqué chez la forgeronne, l'autre My'tränne continue dans sa réflexion :
    « Mais il est vrai que je vois mal un mage plus avancé se prendre d’intérêt pour quoi que ce soit de technologique.  Les désagréments seraient tout simplement trop importants pour cela.  Et si le prix à payer est de perdre de vue les Architectes…je ne suis pas sûre que le jeu en vaille la chandelle. »

*Je suppose que ça dépend pour qui...* se dit-elle, un mince sourire amère se dessinant sur son visage. Décidément, les mots de la My'tränne faisaient mouche. Ils avaient plongé la forgeronne dans ses propres pensées, lui faisant occulter la présence des deux autres femmes. Son regard cristallin était fixé sur une montre du stand à l'enveloppe transparente d'où on pouvait voir le fameux mécanisme qui mouvait en rythme. Pourquoi Niniel avait décidé de délaisser les Architectes ? Elle observait avec attention les rouages de l'objet technologique, espérant presque que ceux-ci lui donneraient la réponse à son questionnement. Mais, elle ne vient pas et trop absorbée, Lycinia n'entend pas le reste de ce qui est dit.
    « … Je ne sais malheureusement pas grand chose de votre peuple, de vos coutumes, et je dois avouer que j’adorerai en savoir plus. »

Cette phrase prononcée par l'horlogère lui fait pourtant relever la tête. Voilà ce qu'il lui fallait pour trouver sa réponse ! Apprendre à connaître Daënastre, ses habitants, leur façon de vivre et... la technologie. Peut-être comme ça, elle comprendrait Niniel et pourrait vraiment l'épauler.

Rassérénée, Lycinia dévisage pour la première fois celle qui lui avait apporté un élément de réponse. Ses joues avaient à nouveau pris une teinte cramoisie. Teinte accentuée par la blancheur prononcée de sa peau. Pourtant, quand la My'tränne lui pose une question quant à son inspiration, c'était comme si son embarras précédent n'avait pas existé, balayé par la passion qu'elle portait pour son art. Jusqu'à ce que, l'embarras colore ses traits une fois de plus, cette fois-ci encore plus flagrant.

La forgeronne se surprend à avoir son véritable premier sourire depuis qu'elle est arrivée sous cette verrière. Elle la regardait passer d'un état à un autre, s'oubliant quand elle parlait de la mécanique de ses créations. Lycinia trouvait ça charmant et il était clair pour elle que cette Daënare possédait le feu de Süns, cette passion dévorante qui animait les fidèles de l'Architecte. Une flamme qui malgré tous les efforts ne pouvait pas être éteinte, domptée ou atténuée. C'était quelque chose qu'elles avaient en commun. Si c'était une telle personne qui lui en apprenait plus sur Daënastre et sa technologie, la forgeronne serait beaucoup plus réceptive.

Aussi se décide-t-elle de se joindre à la conversation, cette fois-ci un peu plus aimablement :
    « Votre passion est toute à votre honneur. Tout le monde ne peut pas se targuer d'être habité par le feu de Süns comme vous l'êtes. »


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Meylan Lyrétoile
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Jeu 1 Fév - 11:19
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
C’était en rencontrant des personnes comme cette Daënare que Meylan comprenait comment le projet (fou) de l’exposition avait pu voir le jour.  Son ouverture d’esprit et sa soif d’en savoir plus se mêlaient à une candeur qui donnait tout simplement envie d’oublier les siècles d’inimité entre leurs deux peuples.  Le passé pendait certes au dessus de leurs têtes, mais c’était dans le présent qu’elles vivaient, ou du moins que Meylan vivait.  Et il était absurde de se couper de toute une partie du monde sur base de rancoeurs infiniment plus vieilles qu’elle.

Il y a tout de même une chose qui intriguait Meylan au plus haut point, et ce depuis le début de la conversation: l'alternance apparemment aléatoire entre envolée passionnée et brusque silence gêné de la part de la Daënare.  C’était dans des moments pareils qu’elle se demandait ce qu’il se passait dans la tête des gens.  Timidité intermittente?  Autre chose?  Mais même si Meylan avait été capable d’aller chercher la réponse à ces questions (d’après ce qu’elle avait entendu, certains disciples de son Architecte tutélaire en étaient capables), elle ne l’aurait pas fait.  Question de courtoisie et de respect de la personne face à qui elle se trouvait.  Timidité ou non, la ménestrelle fut ravie de voir que sa compatriote tentait de mettre à l’aise l’horlogère qui avait à nouveau repris une teinte pivoine après sa dernière intervention passionnée.  Meylan, elle, ne put retenir un petit rire amusé.

"Mais pourquoi vous excusez-vous de donner la réponse à une question qui vous a été posée?  Laissez-vous seulement emporter, vous n’êtes pas la seule à vouloir en apprendre plus au sujet de vos voisins, et aucun de nous n’arrivera nulle part si le dialogue s’arrête dès que quelqu’un est emporté par sa passion."

Elle gardait son ton léger, un poil amusé afin d’éviter de brusquer la jeune femme blonde, mais était en fait parfaitement sérieuse.  Etait-ce un trait commun aux Daënars que d’être embarrassés quand ils se laissaient entrainer par un sujet qui leur tenait à coeur?  Certainement pas un trait que Meylan partageait: il suffisait de voir son visage entier s’illuminer quand sa propre passion, la musique, était abordée.  Et apparemment, la forgeronne (et adepte de Süns, si Meylan interprétait correctement ses propos) était du même avis.

"Puisque notre but commun est d’en apprendre plus au sujet les unes des autres, je vous propose ceci: pour chacune de vos réponses, posez une question à laquelle vous voudriez connaître la réponse.  Et, tant que vous acceptez que les réponses que vous recevrez seront peut-être tout aussi passionnées que les vôtres, ne soyez donc pas gênée si vous vous laissez emporter."

Elle avait conservé son sourire tout au long de sa proposition, tentant du mieux qu’elle le pouvait de mettre l’horlogère assez à l’aise pour qu’elle ne ressente pas le besoin de se limiter dans ce qu’elle disait.  Tout en parlant, Meylan jeta également un coup d’oeil en coin à l’autre My’tränne, lui demandant du regard si elle voulait bien se prêter au jeu.  Car si Meylan ne parlait bien sûr qu’en son propre nom, elle espérait de tout coeur que l’autre la rejoindrait dans cette expérience.  Probablement, si elle se fiait au dernier commentaire de la disciple de Süns.



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Sanaë Eshfeld
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Jeu 1 Fév - 21:00
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Votre passion est toute à votre honneur. Tout le monde ne peut pas se targuer d'être habité par le feu de Süns comme vous l'êtes.

-Le feu de Süns ? hésita-t-elle un instant plaçant une main sur son menton.

L’image que Sanaë se faisait des adeptes de l’architecte n’était qu’entaché par de vieux souvenirs flous… Une image de flammes et de morts carbonisés sur le sol pavé d’une gare dont elle avait oublié le nom… Pourtant l’image même du feu semblait plus vivant, chaleureux et dans la bouche de la my’tränne blonde dont elle ignorait encore le nom, cela sonnait comme un compliment. Ce que confirmait d’ailleurs l’immense sourire que la femme lui offrait. L’horlogère essaya d’assembler les éléments afin de lui permettre de visualiser l’expression, pour mieux la comprendre, l’appréhender.

- Vous parlez de la passion, n’est-ce pas ?

La passion… C’était effectivement le cas. Sanaë aimait chacune de ses créations, y mettant tout son cœur et son âme… Elle vivait, respirait pour cela, seulement pour elles et en était particulièrement fière.

Mais pourquoi vous excusez-vous de donner la réponse à une question qui vous a été posée?  Laissez-vous seulement emporter, vous n’êtes pas la seule à vouloir en apprendre plus au sujet de vos voisins, et aucun de nous n’arrivera nulle part si le dialogue s’arrête dès que quelqu’un est emporté par sa passion.

Piquée dans sa timidité, Sanaë se mit à rougir, encore… Passant nerveusement sa main à l’arrière de son crâne, l’horlogère finit par éclater de rire.

- Pardonnez-moi, je ne suis guère habituée à converser ainsi. Je passe le plus clair de mon temps seule dans mon atelier avec mes montres, et … elles ont beau être jolies et faire du bruit, elles ne sont que très peu bavardes, dit-elle entre deux éclats cristalins avant de se reprendre sans de dépêtrer de son sourire joyeux. Je dois avouer que vous m’intimidez toutes les deux, oh je ne parle pas de peur, mais je ne peux m’empêcher d’admirer ce lien que vous avez avec votre architecte au point même que celui-ci vous prête sa magie. Nous n’avons rien de la sorte...et c’est dommage

Ses frères connaissaient sa façon de penser, elle ne leur avait jamais caché. Venant d’une famille cultivée et relativement ouverte, personne ne lui avait reproché ses croyances et ses convictions. Certains croyaient à la “fée technologie” comme s’il s’agissait d’une entité vivante… Ce qui finalement était faux, puisque chaque objet n’était finalement façonné que par la main d’un homme animé par cette fameuse passion, cet amour si particulier, cette curiosité qui devait forcément venir de quelque part… Ou de quelque chose, peut-être. Son peuple ne croyait pas en l’existence de ces entités vénérées par les myt’räns, pire, ils les rejetaient… Tout cela à cause d’un conflit si vieux que plus personne n’en connaissait réellement l’origine. Sanaë, quant à elle, voulait comprendre, apprendre toujours plus, voir aussi…

"Puisque notre but commun est d’en apprendre plus au sujet les unes des autres, je vous propose ceci: pour chacune de vos réponses, posez une question à laquelle vous voudriez connaître la réponse.  Et, tant que vous acceptez que les réponses que vous recevrez seront peut-être tout aussi passionnées que les vôtres, ne soyez donc pas gênée si vous vous laissez emporter.

Les sourires bienveillants des deux my’trännes, ennemies ancestrales et héréditaires, comme le pensaient certains, la mirent aussitôt à l’aise. Sanaë les observa, tour à tour, le cœur débordant de cette curiosité toute particulière… Si la jeune femme blonde avait très vite énoncé son métier, l’horlogère ne savait rien de la brune… Son regard, l’utilisation de ses mots, sa posture. Pour Sanaë, il était sure que si l’une travaillait une matière tangible, l’autre savait manier quelque chose de bien plus subtile… Et elle mourrait d’envie d’apprendre à les connaître, toutes deux.

- Voilà une proposition qu’il serait bien idiot de refuser. C’est une chance et un honneur que vous m’offrez toutes deux. Commençons par le plus simple dans ce cas, je me nomme Sanaë, et je suis plus que ravie de rencontrer deux artistes.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Lycinia Aurès
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Ven 9 Fév - 2:33
Irys : 261810
Profession : Forgeronne itinérante
My'trän +2 ~ Kharaal Gazar
A ses paroles d'encouragement, celle à qui appartient le stand semble hésitante. Une main sur le menton, elle réfléchit quelques secondes avant de demander :
    « Vous parlez de la passion, n’est-ce pas ? »

Lycinia toujours souriante, hoche de la tête à sa question et s'explique plus longuement :
    « C'est bien ça. Süns nous a donné à tous une personnalité, c'est grâce à elle que nous pouvons ressentir tout ce que nous ressentons. My'träns comme Daënars. Et en plus de cette grâce, certains sont animés par le feu de Süns, la passion. Par lui, nos actions sont...Elle cherche le mot le plus adéquat,  ...transcendées. Je pense que c'est un cadeau encore plus grand qu'elle nous a fait là. »

Ses mots lui sont insufflés par son amour pour son architecte et pouvoir les prononcer lui permet de grandement améliorer son humeur. Elle en oublie presque où elle se trouve.
    « Mais pourquoi vous excusez-vous de donner la réponse à une question qui vous a été posée? Laissez-vous seulement emporter, vous n’êtes pas la seule à vouloir en apprendre plus au sujet de vos voisins, et aucun de nous n’arrivera nulle part si le dialogue s’arrête dès que quelqu’un est emporté par sa passion. »

D'accord avec sa compatriote, elle hoche à nouveau de la tête. Elle note tout de même que la femme brune est extrêmement avenante envers la Daënare. Que ce soit par son ton, sa gestuelle ou ses mots, elle fait son possible pour ne pas la froisser et, au contraire, la dérider. Lycinia ne comprenait pas forcément les personnes qui voulaient à tout prix mettre les autres à l'aise, car, elle, de son côté parlaient souvent sans filtre et tant qu'elle n'avait pas l'intention de nuire, si ses interlocuteurs prenaient mal l'une de ses réflexions, elle haussait les épaules. Malgré tout, cela permet à la forgeronne de ranger l'autre My'tränne du côté des personnes bienveillantes. Non que ça la dérange véritablement, c'était plutôt un bon trait de caractère. Et elle l'était aussi, à sa manière.

Un instant, elle croit que la tactique de la femme brune tombe à l'eau car la destinatrice de ses propos rougit à nouveau tandis que sa gestuelle démontre une certaine nervosité. Mais à sa grande surprise, elle éclate de rire avant de dire :
    « Pardonnez-moi, je ne suis guère habituée à converser ainsi. Je passe le plus clair de mon temps seule dans mon atelier avec mes montres, et … elles ont beau être jolies et faire du bruit, elles ne sont que très peu bavardes. Je dois avouer que vous m’intimidez toutes les deux, oh je ne parle pas de peur, mais je ne peux m’empêcher d’admirer ce lien que vous avez avec votre architecte au point même que celui-ci vous prête sa magie. Nous n’avons rien de la sorte...et c’est dommage »

Lycinia hausse légèrement les sourcils à la dernière phrase et lui dit le fond de sa pensée :
    « Peut-être que ma compatriote le verra d'un autre œil et donc je ne parle que pour moi en disant cela, mais le lien que j'ai avec Süns et Delkhii est le même lien que j'ai avec ma famille. Ils sont pour moi comme ma mère et mon père. Par là je veux dire que l'amour que j'ai pour ma famille est exactement le même que j'ai pour eux. En retour de ça, j'ai la magie, certes. Mais, je reçois aussi quelque chose de ma famille : Une force incommensurable. Je sais que je suis en tout temps de leur pensée et ça me donne la force d'aller de l'avant. Leur soutien me donne aussi de l'assurance. C'est beaucoup moins tangible, mais tout aussi puissant. Peut-être avez des personnes qui comptent autant pour vous ? Dans ce cas, c'est bien un signe que vous possédez un tel lien, sinon, ce n'est pas perdu. »

Après tout, comme elle l'avait dit plus tôt, toutes les créations avaient reçu une personnalité et des sentiments tels que l'amour étaient ce qui permettait de créer des liens. Aux souvenirs de ses proches, une tendresse lui remplit le cœur  et elle sourit intérieurement, avant que le visage de sa sœur ne vienne troubler le tableau.
    « Puisque notre but commun est d’en apprendre plus au sujet les unes des autres, je vous propose ceci: pour chacune de vos réponses, posez une question à laquelle vous voudriez connaître la réponse.  Et, tant que vous acceptez que les réponses que vous recevrez seront peut-être tout aussi passionnées que les vôtres, ne soyez donc pas gênée si vous vous laissez emporter. »

La bienveillante My'tränne cherche son assentiment du regard après avoir prononcé ces paroles. Lycinia lui sourit en retour et lui fait un signe de tête pour l'assurer de son accord. Ça collait justement avec sa réflexion. La jolie blonde semblant bien heureuse de cette proposition leur jette des regards puis répond :
    « Voilà une proposition qu’il serait bien idiot de refuser. C’est une chance et un honneur que vous m’offrez toutes deux. Commençons par le plus simple dans ce cas, je me nomme Sanaë, et je suis plus que ravie de rencontrer deux artistes.
    - Je suis Lycinia du clan Aurès. », se présente-t-elle sans s'embarrasser de plus de civilités, si ce n'est une légère inclinaison de la tête en guise de réponse aux mots de Sanaë.

Elle observe ensuite celle qui est de son côté du comptoir. Il fallait avouer qu'elle avait également piqué son intérêt, aussi attendait-elle de découvrir son identité.


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Meylan Lyrétoile
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Mar 13 Fév - 19:42
Irys : 830315
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
La dévotion à un Architecte comme un lien familial?  Peut-être l’analogie avait-elle du mérite.  Meylan, elle, en savait trop peu par rapport à ces deux sujets pour pouvoir se prononcer.  Elle avait beau vénérer Khugatsaa, il lui aurait été bien difficile de décrire ce lien.  C’était quelque chose de trop subtil, trop diffus pour y attribuer des termes précis.  Alors elle se contenta de garder le silence pendant l’explication de la forgeronne et d’esquisser un demi-sourire qui cette fois n’atteint pas ses yeux.  Clairement, cette femme avait une foi solide comme les rocs de Delkhii et des certitudes qui manquaient à la ménestrelle.  Mine de rien, Meylan aussi admirait de tels individus, qui irradiaient littéralement la confiance en leurs divinités protectrices.  Peut-être était-ce ce qu’elle-même avait perdu en n’étant pas élevée au sein d’un clan?  Un de ses rares regrets, si toutefois elle s’autorisait à ressentir le moindre regret au sujet d’une chose sur laquelle elle n’avait jamais eu la moindre prise.  Oh, elle sentait ce lien qui l’unissait au griffon blanc, tout comme elle entrevoyait des bribes de sa force dans ses propres illusions et celles des autres…  Mais c’étaient des impressions fugaces, qu’elle ne comprenait pas toujours entièrement.  Quant à ce fameux soutien familial, la force puisée dans le clan, voilà un concept totalement étranger à la vie de Meylan, même si bon nombre de ses ballades contenaient ce thème.

Enfin, réflexions religieuses et philosophiques mises à part, l’échange de questions avait à nouveau pris un tour beaucoup plus immédiat et…banal?  Si du moins on pouvait considérer la rencontre entre trois femmes aussi différentes dans un cadre aussi exceptionnel banal.  Question de point de vue, probablement.  Banalité ou pas banalité, connaître les prénoms de ses deux interlocutrices au lieu d’uniquement leur nom de famille était toujours plus sympathique.  Et, chose promise, chose due, elle se présenta à son tour avec un élégant salut typique de sa profession.

"Meylan Lyrétoile, ménestrelle de Darga.  Le plaisir est pour moi."

Son sourire s’étendait à nouveau jusqu’à ses yeux, y allumant de petites étoiles, et elle gardait le même ton plaisant.  Cela suffisait-il à la qualifier de "bienveillante"?  Peut-être…  En tout cas, ce terme s’appliquait bien à elle en ce moment.  De là à en faire une généralité…  Trop dépendait de son environnement et des personnes avec qui elle interagissait.  Mais dans l’ensemble, il était vrai que Meylan n’avait rien à gagner et tout à perdre à se faire des ennemis, et elle évitait donc cela autant que possible.

"Au cas où le nom de Darga ne vous serait pas familier, il s’agit de la capitale de Suhury et également de tout My’trä."

Autant éclaircir ce point tout de suite.  Elle ne s’attendait pas à ce qu’une Daënare connaisse les différentes villes my’trännes, elle-même ne connaissant absolument aucune ville de Daënastre.  Encore un signe que leurs nations, autrefois soeurs, s’étaient fort éloignées au fil des siècles.  Après cette précision, elle laissa retomber le silence, curieuse de voir quelle direction ses deux interlocutrices choisiraient pour ce nouveau tour dans leur conversation.



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Sanaë Eshfeld
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Jeu 15 Fév - 13:36
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
L’horlogère écouta avec attention la my’tränne blonde évoquer son lien particulier avec ses architectes, le comparant à une sorte d’amour plus familiale. Elle se sentit touchée profondément par ses mots, se souvenant de l’amour et du respect qu’elle portait à son père aujourd’hui disparu. Un lien fort, particulier qu’elle ne pouvait que comprendre. Évidemment, comparer un homme à un dieu pouvait sembler étrange, mais Sanaë réussit tout de même à s'identifier à cette histoire. Son père ne lui avait certes pas transmis de magie, néanmoins, il lui avait enseigné un métier, partagé sa passion avec elle jusqu’à ce qu’elle ne s'approprie le tout pour évoluer seule, faire perdurer ce savoir qui se serait définitivement perdu sans ce fameux lien, cette amour mutuelle entre un père et sa fille.

-Je pense comprendre, affirma-t-elle en souriant. C’est une merveilleuse façon de voir les choses.

Elle les écouta se présenter, tour à tour, accueillant leur nom par un sourire radieux et un hochement de tête léger. L’horlogère était réellement ravie de cette rencontre, pouvoir enfin converser naturellement avec deux femmes désignées par son peuple comme ennemies héréditaires, voir même génétique. Sanaë quant à elle, ne voyait là que deux jeunes femmes, deux artistes venant d’un autre milieu, exerçant dans un tout autre domaine que le siens. L’une maniait les mots avec aisance et grâce, l’autre l’acier tandis que la troisième assemblait simplement quelques pièces entre-elles pour en créer une nouvelle.

Elle appréciait également les précisions de la ménestrelle, ne connaissant rien du continent my’trän le nom ne lui disait rien. Néanmoins, grâce à ses explications, si le nom restait flou quant à son emplacement, cela lui permit au moins de comprendre son importance.

-Je viens de Blumar, une ville au nord du Tyorum, j’y ai grandi et ne l’ai jamais réellement quitté. Par conséquent, j’avoue que la géographie de Daënastre m’échappe totalement, à quelque exception près. Alors, je vous laisse imaginer mes connaissances en ce qui concerne My’trä...

-Excusez-moi, mademoiselle? l’interpela une cliente.J’aimerais voir vos montres et j’ai quelques questions à vous poser.

Sanaë sourit à la femme, regrettant d’être ainsi interrompue. Quelques autres personnes arrivèrent alors, encerclant presque le stand de l’horlogère. Les affaires reprenaient…

-J’arrive tout de suite, madame, lança-t-elle à la cliente avant de s’en retourner vers les deux jeunes femmes. J’en suis navrée, mais il semble que notre conversation doive s’arrêter là.

Elle leur tendit alors deux de ses cartes de visite. Sanaë doutait de les revoir un jour, mais dans le doute et l’espoir du contraire elle préféra mettre toutes les chances de son côté.

- Si jamais vos pas vous mènent un jour sur le continent, n’hésitez pas à me rendre visite. Je vous recevrais avec plaisir.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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