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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Au-delà du monde :: Lieux spéciaux
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 Aalz

Bolgokh
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Jeu 18 Aoû - 15:42
Irys : 100027
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Aalz, Cité des arachnides


Histoire

A l’origine du monde, bien avant qu’Irydaë ne connaisse la suprématie des êtres humains, Orshin prit conscience de l’étendue de sa tâche. L’Architecte était celui sans qui de nouvelles espèces ne pouvaient voir le jour, le façonneur de corps, un maître incontesté dans son art. Toutefois, chaque enveloppe charnelle était le fruit de plusieurs décennies de travail, le produit d’une minutieuse patience capable de s’attarder sur chaque détail. Constatant cela, Orshin prit la décision de créer des êtres à son image, aptes à le seconder dans cette rude tâche et lui permettant de soutenir le rythme de ses aînés. Aidé de son frère Möchlög, il donna naissance au peuple des Urans, de formidables araignées qui se civilisèrent peu à peu sans mal, et fondèrent les premiers jours d’Aalz, la cité des arachnides.

Désireux de ne pas empiéter sur le territoire de son précieux frère Delkhi, il aida les Urans à s’installer sur l’une des nombreuses îles volantes qui tapissent le ciel d’Irydaë. Ce ne fut tout d’abord qu’une immense parcelle de terre parsemée de tunnels, la vie des Urans étant plutôt souterraine, et pourvue d’une fine voilure de toile supposée protéger ses plaines de la colère du vent. Ce n’est que plusieurs siècles plus tard que l’île fut aménagée de passerelles consolidées, ainsi que d’une plateforme d’atterrissage : fou amoureux de sa belle Amisgal, Orshin ne pouvait en effet concevoir un lieu que son aimée ne pourrait atteindre, s’il lui prenait l’envie de lui rendre visite. Si la déesse ne fut jamais aperçue entre les murs d’Aalz, du moins les vents se calmèrent-ils à partir de ce jour, et un curieux microclimat prit racine sur l’île. La légende raconte que plus jamais une seule tempête ne daigna bousculer Aalz, navigant dans un écrin protecteur nuageux grâce à la bienveillance de la déesse dont l’égo avait été si joliment flatté.

Les années se succédèrent et bientôt l’effervescence de la création d’Irydaë s’amoindrit jusqu’à s’épuiser. Orshin se détourna peu à peu du peuple auquel il avait donné naissance, considérant que leur tâche était terminée, et que le monde n’avait plus guère besoin de nouvelles espèces avec un rythme si soutenu. Il était l’architecte créateur, le seul dont les capacités seraient toujours nécessaires, désormais en mesure de gérer l’évolution biologique des habitants d’Irydaë. Sa venue se fit rare, et de rare, devint légendaire, se perdit dans les souvenirs lointains des plus vieilles générations d’Urans. Cependant, leur civilisation avait énormément progressé entre-temps, et ce qui était autrefois un camp martial devint une cité soigneusement élevée par le savoir-faire des araignées créatrices, une véritable prouesse architecturale. Chaque Elu du peuple fit ajouter une nouvelle aire, progresser la technique, l’environnement de création et la protection des siens. Ce n’est qu’à la 20ème génération d’Elus que les Urans décidèrent d’ouvrir les portes d’Aalz au commerce extérieur, et d’aller à la rencontre de ceux qu’ils avaient façonnés durant tant de temps… Car la cité, abandonnée de son dieu, était arrivée à une impasse à partir de laquelle elle ne pouvait plus pallier à ses besoins par elle-même. Bien que fidèles serviteurs d’Orshin pour l’éternité, il est dit que certains Urans commencèrent à nourrir un semblant de rancœur envers l’Architecte, frustrés de se heurter désormais au silence imperméable du dieu qui n’est jamais plus venu voir leurs créations. Cela ne les empêcha guère de poursuivre leur tâche de façonneurs avec une rigueur étonnante, fous d’espoir qu’un jour, Orshin reviendrait prélever son dû et donner naissance à ces nouvelles espèces.


Description

Les fondations d’Aalz ont été implantées sur une île dite céleste. Elle gravite de part et d’autre d’Irydaë à l’image d’une planète en orbite, retraçant éternellement le même cycle sur une année. Celui-ci est circulaire. La cité parcourt le continent de Daënastre durant le printemps, puis dérive jusqu’à Zochlom durant l’été, poursuit sa course vers My’trä qu’elle atteint en automne. Enfin, la boucle s’achève lorsqu’elle survole Als'kholyn, pendant l’hiver. Il est à noter que l’île gravite à une altitude inatteignable pour le commun des mortels, à moins d’y aller par monture volante ou via un objet technologique tels que les aéronefs. Ainsi, elle ne se heurte jamais aux montagnes qu’elle croise, ni même aux hautes murailles que les Hommes ont construites sur Daënastre. Il est qui plus est extrêmement difficile d’y entrer, ou même d’en sortir à moins d’être un éminent représentant des Urans. Autant dire que sans la bonne volonté des habitants d’Aalz, les voyageurs ont très peu de chance de pouvoir atteindre la terre ferme vivants. Les Urans, pour leur part, se servent du réseau de toiles qu’elles sont en mesure de créer pour aller et venir entre leur cité et Irydaë.

Aalz est un savant mélange entre matières terrestres et constructions métalliques, voire dans des matériaux pratiquement inconnus du genre humain. Le socle est constitué de l’île elle-même, parcourue de tunnels polis et propres qu’empruntent chaque jour les araignées pour leurs déplacements. Au centre de ces souterrains se trouvent la salle des pondeuses et la couveuse, dans lesquelles sont élevés et protégés les futurs habitants. Ce socle est ensuite recouvert d’une armature métallique qui forme les bases de la cité et s’élève dans le ciel en courbes élégantes : cela constitue le squelette d’un immense dôme qui recouvre toute l’île. Celui-ci est recouvert d’une étroite couche de toiles finement tressées, si serrées, qu’il est presque impossible de la découper et que toute intempérie se voit bloquée par ce dôme. La toile est bien sûr pourvue d’entrées spécifiques de part et d’autre de la cité, la plus grande étant celle allouée à la plateforme d’atterrissage dédiée à Amisgal. Tous les murs internes d’Aalz sont de la sorte constitués de cette matière souple et résistante, d’un blanc opaque immaculé, qui permet aux Urans d’évoluer en trois dimensions. Les salles sont vastes, et se découpent en aires à l’utilité précise.

Nous y retrouvons notamment l’atelier, la plus grande aire de la cité, située au nord, presque à la proue de l’île. Il s’étend en réseau aussi vertical qu’horizontal de plusieurs salles, de la conception des plans, jusqu’à la réalisation de l’enveloppe charnelle en toile. Ce n’est autre qu’un immense laboratoire dans lequel les Urans s’adonnent toutes ensembles à la création de nouvelles espèces, destinées à être soumises ensuite à l’appréciation d’Orshin. Cette cérémonie se fait à l’extrémité la plus haute de l’île, dans une salle fort particulière. A vrai dire, « salle » ne serait pas le mot juste car il ne s’agit pas d’une pièce fermée. En réalité, les Urans ont conçu une sorte de balcon en hauteur, un morceau de terre suspendu dans les toiles et l’armature, juste sous le chapeau du dôme. A cet endroit-là, ce dernier se fait d’une couleur quasiment translucide et reflète les humeurs du ciel à toute heure du jour et de la nuit… La terre est entretenue chaque jour par les Urans et a donné naissance à un splendide jardin des dieux, beaucoup plus grand qu’il n’y paraît de prime abord. Ils y installent systématiquement leurs meilleures créations, car c’est dans ce lieu qu’autrefois Orshin leur rendait visite pour émettre son jugement final. Tout cela donne un aspect curieux à ce jardin d’Eden, à la fois beau et angoissant, de multiples silhouettes d’animaux jamais vus, entièrement façonnés dans cette étrange matière blanche miroitante comme de la porcelaine ou de la fibre de verre, figés et inanimés tel un spectacle de marionnettes. Les Urans n’y mettent les pattes que lorsqu’ils doivent y installer un nouveau venu, mais l’entrée est sacrée pour eux et fortement défendue aux étrangers. Ce jardin est le territoire de leur Architecte vénéré, et nul ne devrait venir en troubler la paix sépulcrale… Sous peine d’encourir la colère d’un peuple entier.

Outre cela, il existe également des aires dédiées à la vie quotidienne des Urans. Ce qui comprend une zone réservée aux dortoirs, veinés d’une kyrielle de toiles d’araignées moelleuses. L’espace y est suffisamment important pour que chaque Uran bénéficie de son espace vital, et récemment les araignées ont ajouté à cette vaste literie une quantité non négligeable de tapisseries colorées et filées mains, d’une grande richesse. Les cours extérieures d’Aalz sont entretenues pour servir à des plantations de champignons et autres plantes goûteuses qui constituent désormais le régime principal des Urans. Autrement, ces cours servent pour les réunions du peuple auxquelles sont conviés tous les individus qui le désirent.


Politique

A autre race, autres mœurs. La guerre et les contradictions civiles sont quasi inexistantes entre les murs d’Aalz, et cela se ressent dans leur organisation politique et hiérarchique. Il faut savoir de prime abord que tous les Urans sont égaux et sont des êtres d’importance aux yeux des uns et des autres. Si leur civilisation pouvait s’apparenter à l’organisation sociale des fourmis, la comparaison s’arrête ici. Contrairement à ces petits insectes indifférents aux sorts des leurs, le nombre primant sur l’individualité de chacun, les Urans prônent la valeur de chaque individu dans la société et n’excluent jamais la possibilité pour ceux qui le désirent de s’exprimer et de prendre réellement part à la direction de la cité. Cela se retranscrit par un système proche de la République, d’une façon qui paraîtrait tout à fait utopique au genre humain mais est somme toute d’un naturel incroyablement évident aux Urans. Ils ne conçoivent pas que l’un des leurs puissent nourrir des émotions négatives à l’encontre du bien commun de la cité, et ce serait tout à fait incongru, voire impossible, qu’il y ait un renversement de pouvoir ou même des courants politiques divergents.

Chaque prise de décision est faite en réunion du peuple entier, qui se regroupe, comme nous l’avons vu, dans les zones libres des cours extérieures. Les Urans ne sont toutefois pas obligés d’y assister, uniquement s’ils le désirent ou détiennent des informations importantes, contrairement à quoi il n’est pas du tout mal vu de rester occupé à ses tâches. De toute façon, la grande majorité du temps il n’y a pas de débat qui tienne, pratiquement tous les citoyens étant du même avis formel. Et quand bien même cela ne serait pas le cas, lorsqu’une décision est prise par la majorité, l’autre y adhère immédiatement corps et âme. Mais parce que les Urans ne sont pas stupides, ils conçoivent sans mal la nécessité d’élire un représentant avisé apte à parler en leur nom à toutes au regard des autres nations, voire de trancher les problèmes épineux. De ce fait, le peuple élit tous les cinq ans un Uran parmi tant d’autres, jamais le même pour la diversité des opinions. Il est à noter que malgré ce poste qui pourrait sembler clé, l’Elu ne dispose pas d’un rang particulier auprès des siens : en dehors des réunions et de ses tâches diplomatiques, il se conduit comme tous les autres, n’est pas traité différemment et accomplit les plus basses besognes s’il le faut. Ces valeurs hiérarchiques d’individu supérieur ou de noblesse sont vraiment propres à l’Homme.

Aalz ne se mêle jamais de ce qu’il se passe de par Irydaë. La seule chose qui les intéresse, et le commerce qui a été mis en place par leur soin pour la bonne tenue de la cité. Cela est dû en partie au caractère de leur race, ainsi qu’à leur origine, et ils ont une sérieuse tendance à mépriser le genre humain pour toutes ses tares génétiques et ses vices qu’ils ne parviennent pas à comprendre. Peuplades religieuses comme technologiques, tout le monde est logé à la même enseigne avec eux. L’unique effort qu’ils font, sont les Urans qui descendent faire du troc et se contraignent à une cordialité mielleuse, quoique animés d’une certaine curiosité, comme un parent observerait les babillements d’un enfant. Si vous mettez un pied chez eux, en revanche, leur politique à l’égard des étrangers devient soudainement beaucoup plus hostile…

Relation avec les autres nations, s’ils sont hors de leurs murs :
Urans <=> Humains = troc [Neutralité empreinte de curiosité]
Urans <=> Magiciens = troc [Neutralité empreinte de curiosité]


Économie

L’économie d’Aalz réside dans bien peu de choses. En fait de commerce, il s’agit principalement de trocs à travers les différents continents d’Irydaë. Il faut savoir que du fait de leur longue durée d’existence, les Urans ne se préoccupent que très peu du temps qui passe. Ils sont peu pressés, et cela même dans leurs relations commerciales. Ils ont toute la patience du monde pour attendre une année, que leur île soit située au bon endroit au bon moment au-dessus du continent pour obtenir telle ou telle denrée. Ce troc s’effectue principalement hors des murs d’Aalz, car ce sont les araignées chargées du commerce qui descendent à terre effectuer les diverses transactions. Ils ne sont pas du tout regardant sur leurs clients, car ils se fichent royalement de savoir à qui ils ont affaire : il faut que l’objet échangé soit à l’égal de ce qu’ils donnent, et c’est tout.

Ils cherchent principalement des graines, de nouvelles plantes qui tiendraient les rigueurs de l’altitude et seraient tout à fait à leur goût. Ils aiment aussi très étonnamment toutes sortes de bibelots, surtout ce qui est coloré, tortueux, et bien souvent inutile pour eux. Ils raffolent des tapisseries, et de toutes sortes de petits trésors brillants qu’ils conservent jalousement à l’abri des murs de leur cité. Ils n’ont guère besoin d’eau, car leur espèce n’a besoin que de quelques gouttes par jour, ce que leur apportent les pluies quotidiennes sans peine et qu’ils récoltent dans des récipients adaptés. Ils n’ont que faire de ce qui se lit, et n’auront que trop tendance à s’intéresser davantage à la couverture rutilante d’un livre qu’à son contenu. Leur système de transaction échappe donc très souvent à la logique des êtres humains, qui ont bien du mal à les comprendre… Et ratent souvent leur coup en cherchant à leur échanger des choses précieuses mais fades d’aspect.

En échange de tout cela, les denrées proposées par les Urans sont d’une extrême valeur. Ils usent de leur faculté à tisser la toile pour créer des artefacts étranges, tarabiscotés, mais dotés de capacités rares et souvent totalement aléatoires. Ils sont tous du même aspect blanc, dans cette matière si étrange. En plus de cela, vous pourrez trouver chez eux une kyrielle de liquides dangereux, secrétés par les leurs et mélangés à des plantes pour obtenir différents résultats, allant du poison aux substances paralysantes et anesthésiques. Voire même parfois certaines drogues. Enfin, ce qui est le plus recherché chez eux, sont des morceaux d’étoffes de leur précieuse toile. Cette denrée-là n’est jamais mise en avant, à moins d’être étroitement surveillée, car c’est leur plus chère richesse. Pour en obtenir quelques centimètres, vous devrez débourser des trésors de patience, d’objets et de subtilité. Ils ne vous l’échangeront qu’à moins d’être enfin satisfaits d’avoir trouvé une valeur équivalente, c’est-à-dire pour eux une véritable fortune.

Par conséquent, il n’est pas rare de croiser des Urans dans les grandes villes, ou dans les centres névralgiques des petits commerces locaux. Bien entendu, dû au cycle migratoire d’Aalz, elles reviennent aux mêmes périodes de l’année selon l’endroit, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, pour une poignée de jours seulement chaque fois. Les Hommes s’abstiennent soigneusement de les approcher au-delà du strict commerce.


Force armée

En fait de force armée, il s’agit d’une brigade d’araignées combattantes nées tout spécialement pour le combat. Elles sont très peu, une vingtaine en tout et pour tout, car leur cité se suffit à elle seule en ce qui concerne la défense du territoire. Accessible qu’aux initiés, protégée d’un dôme de toile, il faudrait une force de la nature en puissance pour ne serait-ce que commencer à les inquiéter. Par conséquent ces Urans combattants se succèdent à tour de rôle dans l’accompagnement et la protection rapprochée des araignées destinées au commerce extérieur, les accompagnant sur Irydaë de sorte à ce qu’il ne reste toujours que cinq d’entre elles sur Aalz. Il faut également savoir qu’une Uran lambda dispose déjà de suffisamment d’armes naturelles pour se défendre seule contre la grande majorité des espèces… Celles qui s’aventurent sur terre ne sont accompagnées que parce que les Urans ne font confiance à personne et sont méfiantes de nature à l’égard des étrangers.


Peuple et densité

Ah, comment décrire ce peuple hors du temps, créé par les mains mêmes de l’Architecte Orshin ! Elles sont à son image, immenses araignées qui atteignent les deux mètres, parfaitement civilisées. Il s’agit d’une race d’une extrême intelligence, quoique non dotée d’une logique compréhensible pour le commun des mortels. Elles s’expriment dans un langage qui leur est propre à base de sifflements, mais sont capables de parler n’importe quelle autre langue de par le monde si elles en font l’effort, ce qui n’est le cas que pour les Urans commerciales. En effet, il s’agit d’un peuple très orgueilleux, qui n’a d’yeux que pour Orshin, et méprise dans une certaine mesure le reste du monde. Elles n’apprécient personne, ou presque, et ne s’astreignent qu’au strict minimum pour ce qui est du troc -bien qu’elles se laissent parfois envahir par l’amusement à la vue de cette maladresse propre aux êtres humains, qui s’acharnent malgré tout à vouloir bâtir à l’image de Delkhii. Car méfiez-vous, civilisation et intelligence ne veulent pas dire bienveillance… Elles ne le sont que pour les individus de leur race. Seriez-vous bienveillants avec un morceau de viande sur pattes, pour lequel vous n’avez pas plus de considération que s’il s’agissait d’un bovidé destiné à vous divertir ? Nombreux sont les aventuriers à oublier que les Urans sont une espèce d’origine carnivore, qui n’a changé de régime alimentaire que pour s’éviter la fatigue de la chasse et de l’élevage sur une île en autarcie. Elles sont donc herbivores par facilité, sauf lorsqu’elles n’en voient plus l’utilité et que faire disparaître votre existence de la surface d’Irydaë leur semble être un plan ravissant… Conclusion à laquelle elles viennent extrêmement vite dès lors que vous n’avez rien d’intéressant à leur proposer et que vous n’éveillez plus leur curiosité. Pour elles, vous n’existez que parce qu’Orshin a daigné créer quelque chose à votre sujet. Vous lui devez votre vie, et par extension, vous la leur devez aussi.

Elles sont pratiquement dénuées de sentiment, et n’entendent rien à ce qui agite d’ordinaire l’existence humaine tel que l’amour et autres simagrées du même type. Elles ne comprennent que leurs tâches, l’existence importante des leurs, la bonne tenue de la cité et éventuellement la curiosité dont elles peuvent faire preuve à l’égard des objets brillants et de certaines créations des êtres humains. Et bien sûr, l’approbation d’Orshin, unique être en ce monde capable de les faire verser dans une transe énamourée de jeunes filles en fleurs ! Toutefois, elles ne sont pas indifférentes à un discours bien tourné, et il peut arriver qu’elles admettent entre leurs murs un être humain. Voire même qu’elles se montrent cordiales avec lui ! Cela peut arriver si vous sauvez l’une d’entre elles, ou que vous parvenez à rendre de grands services à la cité, voire à leur offrir des objets de grandes valeurs à leurs yeux. Auquel cas, elles vous autoriserons à mettre le pied à Aalz, et concluront à votre égard une trêve de non violence : félicitation, vous serez passés du statut de viande à celui d’invité toléré. Néanmoins cette situation reste d’une extrême rareté, et peut très vite régresser à la moindre bêtise faite. Gardez en tête qu’une Uran qui s’exprime dans votre langue sur son territoire sera d’ores et déjà une grande concession et donc la preuve qu’elle vous tient dans un certain respect. Auquel cas elle ne se donnerait jamais cette peine. Il y a qui plus est plusieurs avantages à s’immiscer dans leur société. Non seulement pour les nombreux trésors dont la cité regorge, mais aussi pour leurs connaissances médicales plus poussées que n’importe où ailleurs. En effet, ce sont des créatrices d’enveloppes charnelles, et à ce titre, nulle autre qu’elles sont en mesure de les soigner et de les recréer ! Elles peuvent ainsi guérir des blessures d’une gravité sans précédent, voire re-façonner certains membres, sur un temps très long. Ce traitement n’est bien sûr offert qu’aux invités énormément appréciés, car cela représente de l’énergie qu’elles pourraient consacrer à Orshin. C’est bien moins compliqué de vous laisser mourir et de se régaler ensuite.

Leur société se divise en métiers, car chaque araignée est destinée à un rôle précis, façonnée pour y convenir en tout point. Ainsi l’aspect et les capacités des Urans divergent selon les postes qu’elles doivent pourvoir, et la naissance de nouveaux individus dans ce domaine est contrôlé de sorte à avoir toujours un nombre identique. Elles peuvent vivre jusqu’à 1000 ans consécutif, et gèrent la plupart des choses en communauté.


Les principaux secteurs

Il ne s’agit ici que de donner une liste exhaustive des types majoritaires d’Urans, afin de donner une petite idée au lecteur de leur construction sociale. Bien d’autres castes existent ! Il est à noter que toutes sont capables de produire un filin de toile pour leurs déplacements quotidiens, puisqu’elles sont capables d’adhérer aux surfaces verticales. Cela leur permet également de descendre et remonter à volonté d’Aalz, par un système de toiles qu’elles projettent pour les hisser.

    Les Urans commerciales → Elles se présentent sous l’aspect le plus inoffensif de leur espèce, dotées de grands yeux ronds et dénuées de défenses naturelles. Elles sont les seules à partir hors des murs de la cité, mis à part la caste combattive qui les accompagne, et ont une maîtrise poussée des langues dites « barbares » par les leurs. Elles sont douées d’un sixième sens exemplaire qui leur permet de retrouver leur île dérivante peu importe combien de temps elles sont restées sur Irydaë.

    Les Urans combattantes → Caste armée de la cité, elles présentent des épines dorsales coupantes comme une lame de rasoir, des crochets acérés et un dard venimeux. Leur poison drogue leur victime, et la prive généralement d’un à deux de ses sens. Souvent la vue, puisque c’est beaucoup plus drôle ainsi. Elles sont également cuirassées dans une certaine mesure. Leur nombre, défini, est de vingt.

    Les Urans pondeuses → Elles sont destinées à la création des futurs habitants. Leur système de procréation leur permet de sélectionner les gênes dont elles auront besoin pour réguler le nombre d’individus destinés à une certaine tâche : elles peuvent choisir de donner naissance à des œufs de commerciale, ou de pondeuses… etc. Ce sont essentiellement des femelles, les mâles se présentant à tour de rôle pour l’accouplement afin de varier les origines. Ce sont elles qui s’occupent aussi des œufs ensuite, de sorte à ce qu’elles ne soient pas toujours des pondeuses pour reposer leur organisme. Il est à noter qu’elles possèdent un dard capable de paralyser de longues et atroces minutes.

    Les Urans créatrices → Elles sont les seules à pouvoir créer ce filin si spécial à partir duquel sont façonnées les nouvelles enveloppes charnelles. Car si les brouillons et les idées peuvent être proposés par tout le monde, ce sont elles qui les rendent ensuite concrets. Le processus prend des siècles, sans compter la phase durant laquelle elles peaufinent leurs œuvres. Il est rare qu’une Uran fasse plus de deux corps dans sa vie. Plus rare encore que ce corps soit jugé suffisamment acceptable pour être accepté dans le jardin d’Orshin. Ce sont également les médecins de la cité. Elles sont dotées de crochets venimeux, enduits d’une substance capable d’insuffler les pires souffrances à leur cible, sans qu’elle n’en décède pour autant. Les effets s’estompent au bout de cinq minutes.


Traditions

Il est de coutume, lorsque Aalz passe au-dessus de Dyen, cité des dragonniers, que les Urans offrent en l’honneur d’Amisgal une effigie en toile à son image. A cette occasion, les dragonniers les plus éminents de la cité utilisent la rampe d’atterrissage d’Aalz pour se présenter au peuple d’Orshin et récupérer l’offrande. Celle-ci est ensuite livrée aux dragons sauvages qui règnent plus loin dans la montagne, au bon vouloir de la justice d’Amisgal. Les deux cités profitent de ce rare moment pour échanger toutes sortes de denrées, et les Urans ne sont jamais aussi nombreuses sur la terre ferme que lors de cet événement supposé relier Orshin à sa belle.

Outre cela, lorsque l’une d’entre elles meure, le peuple s’adonne à une véritable cérémonie d’usage, fort étonnante pour une race de leur trempe réputée pour son incroyable indifférence. Le corps est emmailloté dans un linceul de soie fine, ensuite suspendu au-dessus du dôme protecteur, offert au ciel. La soie y durcit et forme un cocon dans lequel le cadavre se transforme peu à peu en poussière, dispersée aux quatre vents. Il est de mise par la suite d’entretenir le silence durant les prochaines 24 heures et de ne pas prononcer le nom de la défunte.

Enfin, une autre occasion de réjouissances se présente à la naissance d’une nouvelle espèce sur Irydaë. Pour peu que celle-ci ait quelque chose en commun avec l’une des sculptures proposées dans le jardin d’Orshin par les Urans, celles-ci considèrent que c’est là une bénédiction de leur dieu et la preuve qu’il est toujours présent à leurs côtés. Cela n’arrive qu’une fois tous les millénaires, mais c’est suffisant pour les rendre hystériques et frivoles durant six mois entiers. Le premier mois est la source d’une débauche considérable, les Urans se livrant à d’incroyables festins à base même de viande, mettant le feu à d’immenses buchers et… Oui, elles consomment aussi des litres d’alcool forts. Et croyez-moi, une Uran ivre morte vaut le détour !
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