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Chroniques d'Irydaë
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 Le sabre et la Hache, Rencontre [Adramus]

Saru Khan
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Lun 30 Oct - 11:25
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

"C'est ridicule... Non seulement on risque de se faire laminé! Et...
-Mais qu'est-ce que tu racontes mauviette, on leur fera bouffer leur technologie moi j'te dis!
-Ah bon? Et après? On a pas réussi à obtenir le soutien d'un seul Gharyn! Si les choses tournent mal..."

Cela faisait près de trente minutes qu'ils débattaient ainsi, se renvoyant la balle sans même chercher un quelconque consensus. Voila ce qui arrivait quand on n'avait pas de quoi payer : Il fallait faire avec les "bon sentiments" de mercenaires. Super... autant demandé à un Kharaalien d'apprendre à nager! Je me retrouvais donc aux côtés de ce groupe éparse, volontaires du dimanche qui ne voyaient dans cette purge sacrée qu'un exutoire à leurs frustrations. Ils me dégouttaient, et pourtant, ils étaient mes seuls compagnons.
Ce n'était pas la première fois que je me lançais dans ce genre d'opération, mais jamais jusqu'alors je n'en avais été l'instigateur. J'en avais en effet ras le cul des manigances des Daënars, et surtout de la passivité de nos dirigeants qui détournaient le regard, tandis que ces infidèles pillaient notre continent. Aussi, j'avais fait joué mes contacts, jouant sur la fibre patriotique que tout My'tran, bon gré mal gré, possédait, afin de rassembler quelques volontaires. Une dizaine, voila tout ce que des années de mercenariat avaient pu m'offrir. Pourtant, je n'étais pas déçu par le nombre, car après tout, moi même je ne trempais que très peu dans le bénévolat. Seulement alors que nous devions nous pencher sur un plan d'action, nous nous retrouvions bloqués dans une ruelle sombre, chicanant sur le bien fondé de cette aventure. Assis sur une caisse de bois, je cultivais ma patience, la tête posé entre mes mains. Je la sentais monter, comme l'orage lointain annonciateur du déluge, ma colère s'ennuyait de cet imprévu.

"Je pense que Rayan a raison... on devrait au moins attendre l'aval d'un Gharyn. Après tout...


-SILENCE!"

Ma voix jaillit comme un éclair, vibrant d'une rage à peine contrôlée, que personne ici ne souhaitait affronter. D'un coup, le silence revint dans l'assistance, cette bande de loups baissant la queue à l'arrivée de l'Alpha. Oui, j'étais l'alpha, et devant l'échec de la démocratie, j'allais désormais réinstaurer les bonnes vielles méthodes.

"Que ce soit claire bande de Yamaany, il est hors de question d'attendre quoique ce soit! Vous saviez tous dans quoi vous vous embarquiez en venant ici. Alors si quelqu'un a oublié ses couilles au passage, AU DIABLE!"

Quittant mon fauteuil improvisé, je m'étais rapproché de ce cher Rayan. Nous avions fait plusieurs missions ensembles, et je savais que ce disciple de Suns était sans doute le meilleur élément de ma petite troupe. Je savais que ses doutes n'étaient point infondés, et que ce n'était pas la lâcheté, mais la sagesse qui le faisait hésiter. Cependant je n'avais pas envie d'être sage! Non, je voulais fracasser le crâne de ces impies, et renvoyer leurs jouets de métal de l'enfer dont ils s'étaient échappés. Aussi, plantant mes yeux sombres dans le regard de mon "ami", je lui dévoilai, plus sincèrement que par n'importe quel discours, la folie guerrière qui m'animait. J'étais, comme tous ceux présent ici, un être belliqueux. Sauf que dans mon cas, une foi inébranlable soutenait mon fond guerrier, me transformant en la pire espèce de combattant : Un fanatique.
Non, je n'en avais pas honte, et tant que Delkhi me soutenait par sa magie, cela signifiait que lui aussi, avait besoin d'exprimer autre chose que pacifisme et tolérance. Il avait besoin de déchaîner sa colère, et j'étais cette colère!

"D'accord Saru. Je suis avec toi."

Voila qui brisait enfin la glace. Je ne pus m'empêcher de sourire, car après tout, il s'agissait là de mon plus vieux compagnon dans cette assemblée. Je savais que je pouvais lui faire confiance, et également que si même lui abandonnait sa prudence, le reste ne pouvait que faire de même. Ma main se posa sur l'épaule de mon frère d'arme, et ce dernier fit de même, me signalant par la même occasion que mon agressivité n'avait en rien entaché notre amitié. Tant mieux.
Chacun repris sa place, et plaçant la caisse de bois au milieu de la troupe, j'y déroulai une carte de My'tra.

"Voici mon plan d'action. Je suis ouvert à toute suggestion, alors n'hésitez pas..."

Je m'arrêtai au milieu de ma phrase, me mura quelques secondes dans un parfait immobilisme avant de me lever brusquement, la main sur la machette qui ne quittait pas mes hanches. Mon regard enflammé se posa sur la silhouette qui avançait dans l'ombre. Nous nous trouvions dans un cul de sac, et seule une ruelle sombre menait à ce petit comité. Aucun citoyen lambda ne marcherait aussi tranquillement vers un regroupement aussi peu fréquentable, pourtant, rien ne semblait perturber l'allure de cet inconnu.

"Nous avons de la visite, murmurai-je, tenez vous prêt à l’assommer, nous n'avons pas besoin d'oreilles indiscrètes."

Le groupe s'ouvrit légèrement, formant une sorte de V dont j'incarnais la pointe. J'attendais impatiemment que l'ombre cesse de voiler cet invité surprise. Espérant sans trop y croire qu'il ne s'agisse qu'un d'un ivrogne égaré. Cela n'aurait après tout pas été surprenant dans le quartier de Suns.
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Adramus
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Lun 30 Oct - 16:49
Irys : 645740
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Le vent amène beaucoup de choses aux hommes. Il sème leur grain, amène la pluie, mais permet aussi au feu de se répandre et fait s’effondrer les plus fragiles bâtisses. En bref, le vent n’est pas l’ami des hommes, il est le garant de l’équilibre entre création et destruction, apportant l’un quand l’autre manifeste une trop riche présence. Parfois aussi, le vent amène aux oreilles humaines quelque chose qui n’est ni chaos, ni ordre, quelque chose de neutre, quelque chose qu’il appartient aux hommes d’exploiter, ou non, pour influencer l’équilibre apporté par les courants. Parfois, le vent vous transmet des rumeurs.

Aujourd’hui, des bruits discrets avaient guidés Adramus jusqu’à un étrange rassemblement. Il serait logique de se demander comment, au fil de ses pérégrinations urbaines, le guerrier avait réussi à dénicher cette réunion qui avait pourtant lieu dans un endroit prévu pour son inaccessibilité et sa discrétion. Le fait est qu’Adramus n’était pas tout seul à enquêter, Pilm, l’un des oiseaux de Mary, l’avait accompagné dans sa tâche. En effet, il paraitrait, selon les dires de la jeune femme, qu’il se soit proposé pour surveiller le jeune homme, alors autant l’utiliser à bon escient. A l’entrée de cette sombre ruelle, l’adepte d’Amisgal laissa donc encore le vent le renseigner sur ce qu’il s’y tramait véritablement. Visiblement, on se chamaillait pour savoir si, oui ou non, on tentait véritablement le coup.

Puis une voix s’éleva parmi les autres, d’une puissance qu’Adramus reconnut immédiatement, bien qu’il mit quelques instants avant de véritablement se l’avouer. Autant de sourde colère, autant de puissance. C’était là la voix d’une véritable montagne. Une montagne que le guerrier avait déjà rencontrée par le passé. Un colosse du Kharaal Gazar, au courroux plus que célèbre. Mais Adramus n’était pas certain d’avoir bien affaire à la même personne qu’il avait connu dans sa jeunesse. Il se risqua donc à entrer, sans vergogne, dans la ruelle où s’était réunie la petite bande. Le bruit de ses pas ne tarda pas à arriver aux oreilles de leur imposant chef, qui intima l’ordre à ses hommes de se préparer au combat. Ne portant qu’une simple tunique sans manche et au large col, le guerrier espérait que voir les tatouages qui ornaient ses bras et son torse suffiraient à empêcher le fauve du Kharaal de lui sauter à la gorge. Comme preuve de bonne foi, il tendit sa main gauche vers eux. Il distinguait à peine leurs visages inquiets, mais la silhouette de Saru Khan se distinguait très bien des autres, c’est donc à lui qu’il s’adressa.

- Calme ta colère, Saru, elle ne te servira à rien contre moi. Prononça-t-il d’une voix calme, mais claire.

- Mais t’es qui toi ? Dégage de là !

Malheureusement, un de ses hommes avait perdu patience et s’était rué sur Adramus, une épée courte à la main. Le guerrier d’Amisgal n’eut d’autre choix que de faire apparaître un petit couteau dans sa main gauche pour parer l’assaut du mercenaire. Leur échange de regard ne dura qu’un instant. Adramus fit glisser sa lame vers la main de son adversaire jusqu’à pouvoir saisir ses deux mains jointes en même temps. De l’autre main, il l’attrapa par le col et le plaqua contre le mur de pierre de la ruelle. Le regard du voyageur se fit plus froid, tandis qu’il dévisageait le sous-fifre de Saru.

- Ne sous-estime pas quelqu’un qui est désarmé, petit, surtout dans nos contrées. Le corps peut être l’arme la plus redoutable qui soit. Dit-il d’un ton sentencieux.

D’un geste puissant, il jeta le mercenaire vers le Kharaalien et ses hommes, étonné que ces derniers ne se soient pas déjà rués sur lui. Saru devait les avoir empêchés. En tout cas, c’est ce qu’il espérait. Il n’était pas venu ici pour tous les massacrer, et ça il était peut-être temps de l’avouer.

- Je ne suis pas là pour me battre contre vous ! Saru, le vent m’a rapporté la rumeur que tu étais en ville. Tu ne m’as pas encore reconnu ? Adramus ! Moi et ma tribu on n’arrêtait pas de vous aider, toi et les autres Gardiens, face aux Zagashiens !

Son ton se faisait plus empressé. Il n’avait aucune envie de se battre maintenant, et certainement pas à deux pas de la place où ils résidaient avec Mary. Si la colère de Saru était légendaire, provoquer celle d’Adramus n’était pas non plus la plus brillante idée qui soit.
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Saru Khan
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Lun 30 Oct - 17:47
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

Lentement la panthère s'avançait, s'échappant de son manteau d'ombre avec le calme glacial du prédateur. Elle prononça mon nom, brisant par la même occasion ma concentration alors à son paroxysme. Je m'attendais à bien des choses, mais pas à cela, or il n'en fallut pas plus que mon désarroi pour qu'un de mes hommes perde patience. Grave erreur, on ne charge pas impunément un félin, et ce dernier ne tarda pas à montrer ses crocs.
Cette lame blanchâtre n'échappa pas à mon regard, ni les tatouages étrangement familiers qui parcouraient la peau offerte de cet étranger. Alors qu'il balança un mercenaire parfaitement entraîné comme s'il ne s'agissait qu'un d'un garçon d'écurie, je fis moi même un pas en avant. Retenant au passage le bras d'un autre de mes compagnons. En d'autre temps ils auraient déjà corrigé cet insolent, mais l'étrangeté de mon attitude retenait leur agressivité. Tous connaissaient mes colères faciles, et pourtant, voila que je marchais d'un calme souverain.

Ce n'était pas tous les jours que mon passé refaisait surface, et je n'eus point besoin qu'on me rafraîchisse la mémoire pour reconnaître un ancien allié. Les tatouages de dragon, les lames faites de nuage, je n'avais côtoyé qu'une seule tribu de nomade arborant ce genre d'artifices, et leur vaillance au combat leur avait valu une place de choix dans mes souvenirs. Seulement, Adramus ne s'adressait pas à moi. Il faisait référence à une époque où je pouvais encore, fièrement, porter le titre de Protecteur. Il s'adressait à un passé que je ne souhaitais guère devoir confronter, car la plupart de ceux se souvenant de mon ancienne profession, savaient également le pourquoi de mon exil. Non, je ne t'accueillerais pas avec l'accolade des vieux amis Adramus, car nombreux de ceux qui m'estimaient à l'époque m'affublent désormais du surnom d'Hérétique.

"Adramus Godmerek, quelle surprise. Que me vaut donc la visite d'un fantôme du passé?"


Si mon silence avait tout d'abord jeté la confusion dans mes troupes, tous remirent de suite la main sur leurs armes, lorsqu'ils perçurent l'hostilité à demi masquée sous le ton glaciale que j'offrais à ce "vieil ami". Je n'avais rien contre lui en soi, bien au contraire. Je me souvenais de son ardeur au combat, de sa bravoure d'âme, et ne venait-il pas de démontrer qu'il ferait un allié de choix? Il valait sans doute autant que cinq de mes hommes, si ce n'était plus, vu qu'il avait sûrement progressé depuis tout ce temps. Hélas, il n'était pas le premier démon du passé que je voyais ressurgir, et les morsures d'anciens amis étaient encore trop vives pour que je baisse ainsi ma garde. Désolé Adramus, mais je ne comptais pas me faire mordre une nouvelle fois par un spectre de mon ancienne vie.

"Je pensais que ton clan avait péri... Ravi de voir qu'il n'en ait rien."


Je savais bien que j'appuyais sur une corde sensible, mais je n'avais pas le temps de mimer de fausses retrouvailles. Je me tenais toujours un peu en avant par rapport à mes hommes, bien plus pour protéger ceux-ci d'un éventuel assaut, que pour empêcher quiconque de tenter quelque chose de stupide. Tout comme moi, le temps avait prélevé sur lui son du. Seulement, alors que je m'efforçais de maintenir une attitude sévère, je nous revis côte à côte, mes murs de pierre le protégeant des assauts des Zagashiens, tandis que ses lames tranchaient leur chair. Un sourire brisa malgré moi mon masque grave, suivi irrémédiablement d'un profond soupir. Mon attitude n'était pas juste, mais je n'avais pas vraiment le choix. Au moins, à défaut d'excuses, je pouvais fournir une explication.

"Désolé pour ma rudesse, mais je n'ai plus le luxe de croire en mes amis d'antan. Par respect envers un ancien frère d'arme, si tu viens m'apporter une prétendue justice, fais le maintenant."

Malgré notre proximité, je me tenais prêt à intervenir, conscient que sous estimer pareil combattant pouvait être fatal. Oui, je n'étais point délicat, mais j'aurais tout le temps de me faire pardonner ma rudesse, pour peu que mes soupçons soient infondés.
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Adramus
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Mar 31 Oct - 17:17
Irys : 645740
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Saru manifestait une froideur de circonstance, et Adramus ne lui en voulait pas un seul instant. Selon les rumeurs qu’il avait entendu lors de sa dernière visite à Busad, l’ancien Protecteur était affublé d’une sombre réputation. Dans une contré où l’on fait l’apanage du pacifisme, de l’artisanat, en bref, de la construction, sa destructrice colère était perçue comme de la pure et simple hérésie, bien que les Kharaaliens, comme en toute chose, soient plutôt cléments envers ceux qu’ils affublent d’un tel sobriquet. Le guerrier des airs, malgré cela, considérait le jeune homme comme un frère d’arme, avec tout le respect qui lui était dû. Malgré tout, il semblait que regagner sa confiance serait une tâche complexe. L’adepte d’Amisgal était également sur ses gardes. Les hommes de Saru avaient visiblement envie d’en découdre, et plus que leur chef. Même s’il venait de faire une sacrée démonstration de force, Adramus n’était pas à l’abri d’un élan de hardiesse de leur part. Il garda donc une distance compréhensive entre lui et son vieil ami, toujours prêt à devoir se défendre si besoin. Lorsqu’il senti que le moment de parler était enfin venu, il s’obligea à détendre ses muscles, pour ne pas paraître aussi nerveux qu’il l’était.

- Seuls les Architectes sont aptes à juger de nos actes, Saru. Ce sont eux nos créateurs, nos parents. Je ne peux pas affirmer que jamais du sang d’innocent n’a sali mes mains, mais tout comme toi je ne compte pas laisser n’importe qui me dire si c’était bien ou mal.

Le guerrier sourit, à la manière de celui qui lui faisait face. Un sourire de nostalgie, car il se souvenait à quel point la ferveur guerrière de l’ancien Protecteur avait pu les sauver sur le champ de bataille. Les Kharaaliens étaient des gens simples, humbles, accueillants, mais ils étaient effrayés par toute forme de violence, et c’était bien là ce qui jouait contre eux lors des combats inévitables qui les opposent aux fidèles de Dalai. Ces derniers ne rechignaient, quant à eux, à aucune forme de combat pour détruire leurs adversaires. Ils étaient terrifiants, et jusqu’à présent c’était bien Saru, et son courroux légendaire, qui s’était montré le plus capable à leur faire face. Adramus, en entendant son nom flotter dans les rues de la capitale, s’était rappelé tout cela, et une indescriptible envie de se battre de nouveau à ses côtés pointa dans son esprit.

- Mon clan a peut-être péri tout entier, mais aujourd’hui je les représente tous ensemble et je peux t’affirmer qu’ils auraient été les premiers à te venir en aide. Accepte que je me joigne à toi, mon vieil ami. Un dragon et un lion dans le même camp, aucun ennemi ne nous arrêtera, j’en suis persuadé.

S’avançant prudemment d’un pas, un sourire avenant sur le visage, Adramus tendit une main amicale vers quelqu’un dont il était certain de l’appui considérable qu’il pouvait représenter s’ils étaient amenés à suivre le même chemin. S’il y avait bien une personne sur Irydaë capable de chasser les Daënars de leur bien aimé continent c’était bien ce terrifiant duo.

- Alors, Saru, acceptes-tu qu’un fantôme refasse surface à tes côtés ?
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Saru Khan
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Jeu 2 Nov - 21:06
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

Il y avait cela de magique dans le funambulisme que, parmi les milliers d'options menant à la chute, l'artiste parvenait toujours à prendre la bonne décision. Cet inconnu venait de pénétrer dans une fosse aux loups, et malgré son calme apparent, il ne suffisait qu'un d'un faux pas pour que l'ordre d'attaque résonne. Pourtant, il ne perdait pas son calme, et bien au contraire, le fils d'Asmigail fit grand honneur à son architecte. Des années de méfiance jouaient contre lui, le moindre faux pas pouvant lâcher l'épée de Damocles. Néanmoins Adramus choisit soigneusement ses mots, témoignant de la sagesse légendaire de la Dragonne qu'il vénérait.
J'aurais donné bien peu de crédit à un ancien ami prétendant ignorer mes crimes, mais le guerrier nomade prit une voie bien plus sincère. Il s'enlevait du rôle de juge, préférant l'habit que seuls les amis pouvaient revêtir : m'accepter avec mes exploits et mes crimes. Ses mots firent mouche, tant est qu'on pouvait constater le relâchement de mes chaînes musculaires. Petit à petit, j'enlevais mes verrous de méfiance, rendant par cette confiance naissante l'atmosphère bien plus léger. Mes hommes réagirent instinctivement à mon amabilité nouvelle, et si certains tiquèrent lors de son rapprochement, ma main rejoignant la sienne clôtura définitivement toute animosité.

"Avec plaisir! En espérant que tu saches toujours tenir une épée!"


Cette taquinerie était évidemment sans fondement, mais elle avait le mérite de sceller notre accord. Et de la même façon que ma défiance passée avait emplie l'air, la chaleur de la camaraderie envahit mon être. Attirant le guerrier contre moi, je transformai cette poignée de main un peu trop formelle en l'accolade que j'aurais du, normalement, offrir à un viel ami.


"Désolé pour tout à l'heure, mais tu comprendras sûrement la nécessité de tout cela. Quoiqu'il en soit bienvenu parmi nous."


Tout en disant ceci, j'invitai Adramus à me suivre, tandis que le groupe reprenait sa position initiale. L'affection que je montrai envers le nouvel arrivant suffisait à lui octroyer le respect de ces mercenaires, et si leur sympathie serait bien plus difficile à conquérir, on pouvait au moins être sûr qu'ils ne tenteraient rien contre lui. Je jetai toutefois un coup d’œil à la tête brûlée qui l'avait précédemment assailli, et à mon grand regret, il ne tentait même pas de cacher son animosité. Tant pis, je n'avais pas besoin de joyeux lurons, mais de combattants. De plus, le Godmerek savait surement se défendre.
Reposant la carte au centre du groupe, je rapprochai la lanterne afin que tout le monde puisse suivre la suite. J'aurais certes aimé papoter un peu avec mon ancien compagnon, mais sincèrement le moment était mal choisi, et s'il décidait de nous suivre, nous aurons tout le loisir de rattraper le temps perdu.

"Le fait que tu aies trouvé notre petite réunion signifie que tu as eu vent des rumeurs. J'assume donc que tu es prêt à te battre, à Ma façon."

La petite pause que je marquai était autant pour lui donner le temps de répondre, que pour m'assurer de ses intentions. Il n'avait pas pu trouvé cette réunion par hasard, aussi assumai-je qu'il était au fait de mes intentions. Nul besoin qu'il en connaisse tous les détails, mais au moins qu'il soit, comme tout le monde ici, prêt à assumer les possibles débordements de cette chasse aux sorcières.
Qu'il accepte ou non, je devais de toute-façon continuer mon explication, et je n'avais nul doute que mes compagnons se ferait un grand plaisir de le renvoyer. Mais espérons que nous n'arriverons pas à pareilles extrémités.

"Ici se situe notre objectif final, une exploitation de Maghilite. Mon doigt pointa sèchement une zone au Nord de Kharaal Gazar, proche de la chaîne de montagne. Autant j'aimerais autant que vous délogez tout de suite ces ordures, il serait suicidaire de tenter le coup sans en savoir un peu plus sur leurs défenses. De plus, tous ici n'ont pas l'habitude de combattre des Daenars, et croyez moi sur parole, ses salauds savent se défendre."

Une vague de rires parcourut l'assistance, une hilarité bien insuffisante à cacher l'incertitude des ces lascars. Oui, la majeure partie d'entre eux n'avait effectivement que peu d'expérience contre la technologie, et je perçai sans peine les craintes qu'ils tentaient de masquer. D'ailleurs, les rares personne ayant affronté les hommes de l'Ouest ne participèrent pas à cette mascarade, et mon silence finit rapidement par ramener le calme.

"Nous allons commencer par des cibles isolées. La Maghilite a besoin d'être transportée, et aussi protégé qu'il soit, un convoi fera une cible bien plus facile qu'une usine. Ne vous inquiétez pas, même leur oiseaux de métal peuvent être abattus."

Je sortis alors quelques croquis représentant des moyens de transports Daenars. Il y avait là des véhicules terrestres et maritimes, mais les représentations d'aéronefs eurent un sacré succès. L'auditoire se rapprocha d'un coup, intrigué par ces créations horribles, mais, il fallait l'avouer, au combien géniales.

"Ne prenez pas ces images à la lettre, il s'agit d'anciens croquis. J'ai moi même croisé une diablerie volante récemment, et elles ont bien évolué."


Alors que d’ors et déjà diverses questions fusaient parmi les mercenaires, Rayan prit le relais, tentant au mieux de calmer l'effervescence nouvelle. Les photos passaient déjà de mains en mains, me laissant un peu de temps avec l'invité surprise.

"Je sais que ça sonne un peu gratuit comme tentative, mais crois moi, si on attend sur les politiques pour faire quelque chose, Darga portera bientôt l’emblème Daënar. Un sourire amère parcourut ma face, tandis que je posai ma main sur l'épaule d'Adramus. Tu peux encore faire marche arrière, mais ton aide nous sera précieuse. D'ailleurs, que penses-tu de ce plan? Tu as sûrement quelques informations sur les Daënars non? N'hésite pas à prendre la parole!"
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Adramus
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Ven 3 Nov - 3:59
Irys : 645740
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Il flottait dans l’air quelque chose d’étonnement léger. Là où la gravité de retrouvailles qui pouvaient tourner au massacre avait dominé tout le long de cet échange, il y avait désormais une subtilité nouvelle, une appréhension optimiste. Le moment précis où chacun de ces hommes compris que l’hostilité n’avait plus lieu d’être. Une libération progressive, avant qu’enfin les mains amies ne se joignent dans un geste si souvent répété par le passé et qui prenait aujourd’hui tout son sens. Non, Adramus ne condamnait pas les actes de Saru, car il y avait bien mieux à faire que de se battre, frère contre frère, pour une simple question d’honneur. Aujourd’hui, Adramus mettait l’avenir de My’trä avant son honneur, pour la première fois depuis bien trop longtemps.

- Je n’ai jamais su faire que ça de ma vie, mon vieil ami.

Avec un rire chaleureux, le guerrier enlaça son compagnon d’arme dans un élan qui apaisa l’animosité de tous les mercenaires alentours. Bien évidemment, celui qui avait été quelque peu brutalisé par Adramus continuait de lui jeter de lourds regards haineux, mais qui s’en souciait ? Saru s’excusait auprès du voyageur pour son comportement. Un comportement que ce dernier jugeait complètement normal. Saru était un lion solitaire et, bien que fort comme trois de ces bêtes, il demeurait bien plus facile d’abattre un lion solitaire qu’une meute de ces prédateurs. N’allez pas croire que la bande de forbans recrutés par le Kharaalien valent d’être appelée ainsi, mais il avait déjà regagné en force, et Adramus comptait bien allier sa redoutable puissance à la sienne. Désormais intégré dans la petite bande, le guerrier d’Amisgal approcha de la caisse où était posée la carte que le combattant éclaira grâce à une lanterne. Le continent de My’trä y était représenté, avec un repère sur ce qui était très certainement leur cible. Adramus ne put s’y concentrer plus de quelques instants qu’il devait déjà se justifier de nouveau auprès de ce monceau de méfiance. Esquissant un sourire, il s’accroupit auprès de la carte déroulée au centre du cercle.

- Je suis prêt à me battre pour notre liberté, pour notre futur. Je connais ta manière de combattre et tu sais le respect que je lui voue. Tant que tu ne me demandes pas quelque chose que l’Erel Kheg réprouve, tu auras tout mon soutien ainsi que celui de ma lame, Saru.


Les mercenaires autour d’eux semblaient satisfaits de sa réponse, bien qu’ils exprimaient encore une circonspection compréhensible. Le jeune homme n’escomptait pas obtenir leur confiance tout de suite, mais tant qu’ils n’ouvraient pas la bouche pour exprimer une opposition futile c’était déjà très bien ainsi. Le silence revint et Saru put enfin commencer à développer le plan d’action qu’ils allaient suivre. La cible était, il fallait s’y attendre, une exploitation de magilithe. Située au Kharaal Gazar, près des Tsagaan Oï, elle avait l’avantage d’être isolée. Un avantage pour eux, mais aussi pour les assaillants dont Adramus faisait désormais partie. En effet, un endroit loin de tout serait moins susceptible d’attirer l’attention immédiate s’il se faisait attaquer. Ils auraient ainsi tout le loisir d’enquêter sur l’exploitation, d’analyser leurs méthodes et leur industrie, avant d’apercevoir de quelconques renforts arriver sur place. Mais pour le moment, il s’agissait simplement d’être observateurs et prudents.

Lorsque le chef de groupe se permit une remarque sur les compétences martiales des Daënars, une vague de rire sonore envahit la ruelle. Saru, Adramus ainsi que d’autres ne cillèrent pas, pour la simple et bonne raison qu’il disait la simple vérité. Les Daënars n’étaient pas des ennemis à prendre à la légère et s’ils étaient méprisables pour leur impiété ils l’étaient beaucoup moins pour leur capacité à se défendre. En parlant du loup, le Kharaalien sortit de sa poche quelques croquis étonnants représentants les aéronefs orientaux. Ils dataient un peu, comme le précisait le dessinateur, mais ils étaient tout de même d’une étonnante précision. Saru avait vraiment vu de près ces monstres d’acier. Bien plus près qu’Adramus, et ça il l’admettait sans peine. Tandis que l’adepte d’Amisgal voyageait, s’entrainait ardemment à devenir toujours plus fort, son frère d’arme se battait déjà, résistait déjà. Une détermination qui forçait le respect, mais l’expérience de l’ennemi n’avait-elle pas supplanté l’excellence au combat ? Avait-il progressé durant ces années de résistance, ou bien ne s’était-il concentré que sur la mission qu’il s’était confié, oubliant qu’un guerrier étant avant tout une arme qu’il était nécessaire de perfectionner pour la rendre toujours plus puissante ? Des questions qui trouveraient sûrement réponse plus tard. Pour le moment, Saru prenait à part le guerrier nomade pour lui toucher deux mots dans un simulacre de conversation privée.

- Je n’ai jamais rien attendu de la politique, c’est l’avantage d’être aussi libre que le vent. Il sourit avant de poser à son tour une main amicale sur l’épaule de Saru. Je suis déjà entré dans un de ces complexes que tu cherches à détruire. Et j’ai effectivement de tristes informations à te transmettre. A toi et à tes hommes.

Sans un mot de plus, il se leva au milieu du cercle et dévisagea un à un les visages de tous les lascars qu’il avait en face de lui. Même celui qui nourrissait une logique amertume contre cet importun aux tatouages ostentatoires se tut pour écouter ce qu’il avait à dire.

- Je tiens à vous mettre en garde. La magilithe qu’ils récupèrent là-bas, ils ne font pas que la transformer en cristaux purs comme nous. Leur industrie raffine la magilithe d’une façon que je n’avais encore jamais vu et la transforme en véritable poison pour notre peuple. Les hommes usant de magie, lorsqu’ils sont trop en contact avec le matériau qu’ils produisent, finissent par perdre toute possibilité d’user du don des Architectes. Ils deviennent faibles, de plus en plus faibles, et certains même périssent à force d’exposition. Je le sais, car j’ai déjà dû me rendre dans un de ces complexes pour une mission diplomatique. J’ai vu ceux qui travaillent là-bas, et parmi eux il y a des enfants de My’trä.

Il marqua une pause, laissant planer la douloureuse révélation qu’il venait de faire puisrepris un ton au-dessus.

- Des enfants de My’trä sont enlevés par ces chiens pour travailler pour eux ! Ils sont empoisonnés, petit à petit, puis rejetés dans la nature une fois qu’ils sont trop faibles ! Les Daënars prennent l’essence même des Architectes et en font quelque chose de maléfique ! Ils enlèvent des êtres humains et les réduisent en esclavage pour leur industrie de malheur ! Je vous en conjure. Une fois qu’on aura trouvé cette magilithe corrompue, ne la touchez pas, détruisez-la simplement.

Le guerrier attendit un instant avant de reprendre sa place auprès de Saru. Les langues se déliaient face à ses mots, et l’on pouvait sentir la colère des mercenaires s’élever petit à petit. Ça y est, Adramus avait enclenché un processus qui s’annonçait long, mais qui profiterait allègrement à leur cause. Faire en sorte que, petit à petit, ces hommes attirés ici bien plus par le gain et l’appel du sang qu’autre chose deviennent des défenseurs redoutables de leur patrie. Transformer l’avare en fanatique. Bien que les desseins d’Adramus ne soient pas aussi retors, complexes et machiavéliques, il y avait cette idée tout de même. Il voulait galvaniser leur petite troupe et cela semblait plutôt réussi.
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Saru Khan
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Mar 7 Nov - 0:13
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2
Comme je m'y attendais de la part d'un voyageur émérite, Adramus avait effectivement sa valeur ajoutée. Hélas, je n'aurais pu prévoir qu'elle serait si lourde à porter. Il prit la parole sans même que je n'eus à intervenir, et si ce fut d'abord un sourire de fierté qui siégeait sur mes lèvres, mon visage prit rapidement une teinte bien plus sombre. Je me doutais bien que ces usines de malheur apportaient ruines et désastres, mais entre les élucubrations de mon esprit fanatique et la froide vérité, il y avait un fossé. Ma mâchoire se contracta sous l'effet de la colère, tandis que mon regard assombri fixait le porteur de cette triste nouvelle. Non, je n'avais rien contre lui, mais il m'était pour l'instant impossible de contenir l'amertume qui m'assaillait.
Décidément, ces impies n'avaient non seulement aucune considération pour leurs créateurs, mais la race humaine ne trouvait même pas merci à leurs yeux. S'il me restait une quelconque once de pitié à leur égard, elle s'évanouit dans l'abysse de ma rage. Pourtant, je ne me pouvais pas me laisser emporter, et déjà, par delà les murs de mon silence, j'entendais les murmures devenir paroles, et les paroles se transformer en cris. Oui, moi qui m'attendait à devoir, une nouvelle fois, calmer l'incertitude de ma troupe, je rencontrai un regain étonnant de motivation. Évidemment, si jusqu'alors la loi ne justifiait pas notre guérilla, au moins, maintenant, la morale était de notre côté.

Quittant le confort de mon siège de fortune je remerciai d'un signe de tête le fils d'Asmigail, pour moi aussi entrer dans cette assemblée frémissante. Je n'eus point à exiger le silence, et c'est avec une certaine délectation que je regardais la braise timide qui venait de naître dans les yeux de mes compagnons. Parfait, cette flamme deviendra bien vite un brasier purificateur, un incendie que métal et vapeur ne pourra jamais arrêter.

"Voila qui, je l'espère, balaye ce qui reste de vos doutes."

Je laissai passer quelques secondes, offrant à quiconque l'occasion d'exprimer son opinion. Certes, ma voix grondante n'encourageait pas vraiment la démocratie, mais si quelqu'un voulait me lâcher, qu'il est au moins les couilles pour me le dire lui même.

"Très bien, dans ce cas nous partirons demain dans la matinée. Je vous attendrai aux portes Nord-est. Je marquai une pause, puis changeai ma dureté pour un sourire narquois.Saluez vos femmes de ma part, bonne nuit!"

L'ordre fut lâché, sonnant le glas de cette humeur officielle. L'ambiance passa en instant du silence religieux à la cacophonie vocale, jurons  et rires s'entremêlant dans un chaos propre à l'acabit de ces mercenaires sans foi ni loi. Au moins aujourd'hui avaient-il trouvé une raison de se battre. Je pris le temps de saluai ma troupe, accolades et rires s'enchaînant tandis que cette petite troupe se diluait dans les rues de Süns.
J'avais enfin l'occasion de déposer ma couronne, seulement, la révélation d'Adramus m'empêchait de lui offrir plus qu'un regard ennuyé. Je soupirai longuement, m'exprimant cette fois d'un ton bien moins impérieux, mais tout aussi concerné.

"Ces idiots n'ont aucune idée de ce qu'ils vont affronter. M'enfin, au moins je suis sûr qu'ils ne manquent pas de bravoure. Mais ça m'emmerderait quand même que l'un d'eux perde sa magie à cause de moi..."


Oui, je tenais à eux, car malgré leurs caractères de chiens et leurs mannières de chameaux, nous avions tous combattu plus d'une fois ensemble, or peu de choses soudaient les hommes autant que l'adversité. M'enfin, je pouvais toujours me consoler en sachant qu'ils se paieraient ma tête dans toutes les tavernes de My'tra s'ils savaient que je me préoccupais de leur bien être! Et puis, là tout de suite, quelque chose d'autre méritait mon attention.
J'avais cassé mon arme lors de ma dernière rencontre avec les Daënars, et l'expérience avait été suffisamment instructive pour m'informer qu'une machette ne suffisait pas à affronter ces vauriens. Il me fallait quelque chose de plus concret, et j'avais déjà pris des dispositions en ce sens. Invitant Adramus à me suivre, nous quittâmes cette ruelle étriquée pour les rues du quartier de Süns.

"Je ne sais pas si tu as quelque chose de prévu, mais j'ai une petite affaire à régler avant demain. D'ailleurs ça pourrait peut-être t'intéresser. J'ai perdu mon arme il y a peu de temps dans le crâne d'un Daënar! Non pas que ce soit là un outil indispensable, mais j'aimerais bien avoir quelque chose dans les mains si l'on doit commencer une guerre non?

Mon ton était tout de suite bien plus léger, et petit à petit, le chef de guerre laissait place au compagnon, un peu rustre certes, mais rien d'insurmontable!

"Une connaissance m'attends dans le quartier de Süns. C'est un excellent forgeron, peut-être trouveras-tu quelque chose à ton goût? En tout cas je profiterais bien de l'avis d'un expert!"

Oui, je le gourmandais, mais il fallait dire que j'étais vraiment heureux de sa présence. Non, n'y voyez rien de trop nostalgique. Même parmi les mercenaires, peu de My'trans maîtrisaient réellement leur magie, et encore plus rares étaient ceux capables de l'appliquer au combat. Oui, cela était totalement stupide : nous avions à notre portée la puissance des Dieux, mais personne ne se souciait d'apprendre à l'utiliser.
Et puis après tout nous avions au moins dix bonnes minutes de marche, alors autant en profiter pour raviver les braises d'une ancienne amitié.
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Adramus
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Dim 19 Nov - 0:38
Irys : 645740
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Il fallait reconnaître aux deux colosses un talent certain pour motiver les troupes. D’un côté, les discours brûlants d’une flamme sincère d’Adramus permettaient de transmettre la ferveur qui l’animait comme une contagion inexorable tandis que Saru savait se débrouiller pour mettre cette flamme sous une cage de fer, un écrin qui permettrait de la contrôler sans l’éteindre, de l’attiser sans en perdre le contrôle. Ensemble ils pourraient convaincre n’importe qui de les suivre dans leur croisade, mais ce n’était pas encore le moment de prêcher à ciel ouvert. Les plus grandes vagues naissent toujours dans le secret des eaux, sous la surface, et lorsque l’on se rend compte de leur existence elles sont déjà impossibles à arrêter. Adramus et Saru, le dragon et le lion, allaient faire trembler terres et mers très bientôt.

Enfin pour l’instant, comme le signalait le Khan, il était plus que temps de terminer cette petite réunion où le jeune homme s’était invité de lui-même. Chacun se sépara gonflé à bloc, ce qui arracha un sourire à Adramus qui, quelques instants plus tôt, faisait face à une bande de bandits qui ne brûlaient que d’une envie vénale. Maintenant, il savait qu’ils étaient sur un chemin plus noble. Ils s’y engageaient timidement, lentement, mais aucun ne semblait vouloir emprunter une autre route pour le moment, et c’était bien là le principal. Les yeux de l’adepte d’Amisgal glissèrent vers son confrère quand tout ce beau monde se fut éloigné. Il affichait un visage las, probablement à cause des révélations qu’il avait apporté. Malheureusement, il n’avait pas tout dit à cette joyeuse bande et il hésitait encore à transmettre le secret le plus sombre qu’il connaissait sur ces complexes sordides. Finalement, il renonça à le faire, du moins pour le moment, se contentant simplement d’afficher un sourire qui se voulait rassurant.

- Nous aurons l’effet de surprise avec nous, ne te fais pas de souci pour eux.


Saru eut le droit à une tape sur l’épaule alors qu’Adramus ouvrit la marche pour sortir de la sombre ruelle ou, ironiquement, une lumière nouvelle et encourageante semblait s’être allumée. Tandis que les deux guerriers s’évertuaient à reprendre une allure ordinaire, le Khan fit une proposition à son camarade nomade qui éveilla l’intérêt de ce dernier. Effectivement, même s’il lui était coutumier de créer ses propres armes grâce à sa magie, Adramus ne se permettrait pas de refuser une arme de bonne qualité pour l’accompagner au combat. Quelque chose à tenir dans les mains quand l’anxiété les rendrait moite, c’était une bonne manière de se donner du courage. Il avait d’ailleurs déjà une petite idée sur son futur achat. Une arme kharaalienne par essence, mais que le mage avait complètement laissé de côté quand il apprit comment se créer ses propres lames. Adramus acquiesça donc, le visage lumineux.

- Je t’accompagne avec plaisir, mon frère. Je ne dirai pas non à une arme bien faite non plus.

Ensemble, ils remontèrent d’une la rue dans laquelle ils se trouvaient afin de se rendre dans la grande avenue du quartier de Süns. Le point névralgique de cette partie de la ville, mais visiblement le forgeron de Saru ne se trouvait pas dans un endroit aussi fréquenté. Il était peut-être temps d’en profiter pour ressasser des vieux souvenirs, bien qu’Adramus n’ait jamais été bien bavard de ce côté-là. Il préférait questionner son ami sur ce qu’il s’était passé depuis la –lointaine- dernière fois qu’ils s’étaient vus.

- Alors, mon ami, pourquoi ne te bats-tu plus aux côtés des autres Protecteurs de Busad ? Le nouveau Gharyn ne te revient pas ?
Dit-il sur un ton léger.

N’ayant jamais rencontré le dénommé Zaël, arrivé fraîchement à la tête du Kharaal Gazar, le jeune homme ne savait rien de ses méthodes ni de son tempérament, hormis ce qu’il en entendait au hasard de ses pérégrinations. Et autant dire que le portrait était ou bien respectueux sans être intéressant ou bien peu flatteur. Malgré tout, il se disait que le primo-gharyn avait récemment fait un discours remarqué devant son peuple réuni pour l’occasion, prêchant la paix et la mesure. En sachant cela, Adramus pouvait comprendre l’éventuel départ du Khan, si c’en était bien là la raison.

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