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Chroniques d'Irydaë
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 Epreuve 4 : NanoRP - Esquisse

Orshin
Orshin
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Epreuve 4 : NanoRP - Esquisse EmptySam 11 Juil - 0:12
Irys : 120177
Profession : Passeur de balai
Face à Face

RAPPEL : Soyez imaginatifs, ne restez pas accroché sur des acquis que le sujet semble vous délivrer, vous n’êtes pas obligé d’être amical avec votre contrepartie, la réciproque est vraie, on ne peut que vous conseiller de ne pas prendre les épreuves trop littéralement, mais de tout de même respecter les consignes pour ne pas faire un hors-sujet

Description :

C’est la guerre. Des tensions ont évolué entre vos deux univers et finalement, à force d’étincelles, la flamme du conflit s’est allumée et désormais, votre monde se prépare à affronter celui de votre partenaire. Dans ce face à face, vous nous décrirez à tour de rôle le déroulement de cet affrontement, sans oublier d’immiscer votre personnage dans cette joute entre forums. Alors faites tonner vos canons, faites trembler le sol et sonner les cors, car vous avez une guerre à mener.

Kushi Virevenlte
Kushi Virevenlte
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Epreuve 4 : NanoRP - Esquisse EmptySam 11 Juil - 19:12
Irys : 126717
Profession : Eleveur de chevaux, chasseur et marchand nomade
Pérégrin 0
Kishareera

A lire avant:
 



Dans le silence de la pénombre
Se prennent les grandes décisions.


« Bienvenue, Matriarche. L’heurore sonne et la guerre est proclamée. » La voix artificielle résonna lugubrement dans le silence de la Chapelle du Serpentaire. A travers le hublot de la salle, les innombrables étoiles de l’univers brillaient paresseusement. Nulle lumière ne troublait la pénombre des lieux, d’autant plus assombrie par l’ombre d’un astéroïde adjacent. Mauvais augures, diraient certains. Mais l’esprit de Kishareera se trouvait bien loin de telles superstitions, elle qui était éclairée par les sibyllines ténèbres du Vide. Tant d’opportunités s’annonçaient, et si peu de temps pour les saisir !  



Guerre.



Voilà longtemps que ce mot n’avait pas été prononcé dans cette galaxie gouvernée par la main de fer de la CC et dont tous les habitants étaient interdépendants. Le bec de Kishareera s’étira d’un sourire carnassier : un nouveau défi s’offrait à elle. Une opportunité sans précédent, d’une valeur indescriptible, mais qui nécessitait un choix drastique appelant toute sa sagesse, toute son expérience, toute l’ampleur de son esprit retors ; et toute la clairvoyance de la Messagère du Vide.

Par sa commande gestuelle, un hologramme de la galaxie apparut devant ses yeux calculateurs. Deux jours plus tôt, un trou noir des plus inhabituels était apparu de nulle part. Ses couleurs étonnantes, par leur existence même, mais également par leurs teintes qui apparaissaient violettes de loin mais s’avéraient qui ici bleutées qui là rosées, avaient attiré une foule de curieux experts auto-proclamés ; les savants officiels se brisaient le bec à ouvrir cette coquille insoluble. Et alors qu’ils s’échinaient sans résultat probant, d’autres phénomènes s’étaient déclenchés un peu partout dans la galaxie, révélant aux Oxtrosiens les secrets de ces failles spatio-temporelles menant vers d’autres univers. Le tissu de leur réalité s’était brisé au contact de l’envahisseur ; il n’en fallut pas plus pour déclencher les passions.

Le silence de la pièce était si assourdissant qu’elle entendait ses respirations comme les clairons des champs de bataille d’antan. A l’instar de ces généraux de temps si reculés dont même les légendes s’étaient perdues dans le temps, elle était seule devant le choix qui allait impacter des centaines d’âmes ; et elle se délectait de tenir en ses griffes un tel pouvoir. Qu’elle réussisse, et elle serait acclamée comme la plus grande des Matriarches que les Serrétoiles n’aient jamais connu. Qu’elle échoue, et son échec serait plus retentissant que la Grande Tragédie initiée par la Matriarche Rajishkarli.

Mais à la différence de sa mère, Kishareera possédait un atout qui l’auréolait d’une légitimation sacrée ; et la Boussole du Vide venait d’acter son choix. La huppe agitée de l’excitation d’une nouvelle chasse, la Shreek quitta la Chapelle pour retourner sur le pont. Qu’ils mènent donc cette guerre, à en laisser la Reine sans surveillance, c’était dans les ombres que s’ouvraient les troisièmes voies.

Il était temps de mettre le cap sur Alpha Perdu.





Dans le fracas rougeoyant de fureur
S’expriment les feux de la violence.




« Bienvenue, Matriarche. Midi sonne la cinquième année de la guerre. » La voix de l’intelligence artificielle ne fut qu’un murmure inaudible alors que l’onde de choc d’une violente explosion martelait la coque du Serpentaire. Kishareera observait les opérations au sol d’un air sombre, son plumage rehaussé des lueurs incandescentes qui s’embrasaient dans le ciel d’un rose écarlate.

Le hublot fut soudainement illuminé des écailles cramoisies d’un dragon qui piquait pour cracher ses gerbes de mort contre une meute d’Objets dont la férocité égalait la fournaise de la bête. Par-delà les volutes de fumée, les silhouettes d’orcs et de trolls avançaient en légions désordonnées au-devant d’arbres doués de vie dont les racines jouaient mille tromperies. Plus silencieux étaient ces fanatiques qui parsemaient les rangs de leur foi tranchante et ne craignaient nulle Tempête dévastatrice, rassurés par la présence de leur divinité. Des Entités aussi âgées que le concept de la guerre avait été réveillées de leur sommeil alors que de vieilles armes nucléaires se mêlaient au ballet de leurs lasers et que des mutants aux pouvoirs variés contraient ici et là des créatures défiant toute logique. Et les armées coalisées lâchaient parfois sur l’envahisseur conquis les foules des mort-en-marches qu’il suffisait ensuite d’annihiler par la puissance des vaisseaux oxtrosiens ; la terreur s’installait dans le mugissement d’une terre affligée, mais matée.  

Pathétiques créatures, tous autant qu’ils étaient !

Kishareera pinça du bec, les yeux furibonds, la huppe dressée d’outrage, les griffes plantées dans le sol. Et dire que les Serrétoiles ne déparaient en rien les rangs de ces incapables ! Ils n’avaient jamais trouvé Alpha Perdu. Toutes les forces de l’AAG, toute l’expertise de la CC, tous les espoirs des Oxtrosiens n’y étaient pas arrivés mais elle avait vraiment cru que, le champ des recherches libéré de l’ombre géante du Chancelier, il serait plus aisé d’investiguer. En fin de compte, la mythique Alpha Perdu n’était finalement qu’une légende plus vivace que les autres.

Tous des menteurs ! Tous des voleurs ! Tous des trompeurs ! Elle ne se ferait plus manipuler.

Ni par cette garce de Kolirisha qui avait osé la défier une fois de trop et qu’elle avait étranglé de ses serres puissantes avant de la jeter dans le Vide ; personne n’avait contesté cette prompte décision de la Messagère.

Ni par le Chancelier Nostromo qui croyait pouvoir contrôler ses faits et gestes à sa guise ; la guerre avait pressé à son terme leurs planètes qui s’éteignaient depuis longtemps, et il n’en resterait bientôt plus rien.

Pas plus par Rerrarsha, son compagnon, son confident, son plus fidèle allié, qui finirait bien par la trahir ; elle n’avait eu de cesse de le surprendre en train d’intriguer dans son dos.

Son pas perfora le rugissement agité qui avait pris possession du pont en son absence. « Partons d’ici, nous y perdons notre temps. Nous n’avons rien à gagner dans cette guerre si ce n’est une nouvelle aire de nichée. » Il ne serait pas retenu que Kishareera, Matriarche des Serrétoiles et Messagère du Vide, mènerait son peuple à sa perte ! Dans tout le désordre d’escarmouches de cette guérilla ensanglantée, elle comptait bien dénicher son petit bout de territoire pour remplacer les cimes fanées de Keeshak au crépuscule de sa vie.




Dans la mélancolie éclairée
S’élance l’étoile qui se meure.


« Bienvenue, Matriarche. L’heurpuscule sonne et… » Kishareera coupa calmement le timbre métallique. « Et la guerre fête sa dixième année. » Son regard se perdit dans les lueurs des étoiles qui brillaient d’un éclat mélancolique. Keeshak lui manquait atrocement. Ses hauts arbres verts, son ciel bleu, et l’aire de nichée construite en des temps antiques. Son ancienne vie l’appelait à elle, avec ses Chemins de Migrations ancestraux, ses rituels immémoriaux et ses dangers naturels.

Tout n’était désormais plus que chaos sans queue ni tête duquel n’émergeait… rien. Ni gloire, ni crédit. Aucune trace d’Alpha Perdu. Et la nouvelle aire de nichée avait été consumée par les feux de haine qu’elle avait elle-même allumés. Les cris des oisillons, et les petits becs affolés qui tentaient tant bien que mal de percer leur coquille dans une fuite effrénée mais vaine, la hantait encore.

Par toutes les étoiles d’Oxtros, comment en étaient-ils arrivés là ?!

Elle ne s’en souvenait même plus. Les raisons de ses actes s’étaient perdues dans le poids des ans qui s’accrochaient à ses vieux os et leur lourdeur ne la ployait que davantage devant la preuve évidente de son Echec. Tant de petits perdus ! Tant de vaisseaux détruits ! Tant de confiance écrasée par sa paranoïa ! Elle avait échoué, pour la première fois de sa vie, en une longue décadence qu’elle n’avait même pas su déceler.

« Quelle tragédie inutile ais-je construit dans mon arrogance stérile ? » La Shreek vieillie ne sentait plus aucune force circuler dans sa carcasse rabougrie. Elle n’entendait pas le Vide, comme s’il l’avait abandonnée, ou était-ce elle qui lui avait tourné le dos ? L’aiguille de la Boussole Sacrée restait figée depuis des années, et elle n’avait pas su lire sa perdition dans ce signe. Qu’avait-elle encore à apporter aux Serrétoiles ? « Nous avons survécu, Matriarche. » Ses griffes caressèrent doucement le sol entaillé à maints endroits. « J’avais demandé à rester seule, Rerrarsha. » Elle n’osait même pas le regarder tant la honte avait percé sa fierté de mille crevasses. « Tu n’as pas le droit de fuir, Matriarche. Nous sommes sans cap et sans guide. Tu as encore du travail. »

Alors qu’elle se tournait enfin vers lui, le brasier chaleureux d’une étoile s’accrocha aux éclats bleutés de son plumage et aux nuances verdoyantes qui se paraient d’une teinte ternie par les années, et les peines. « Te rappelles-tu le départ de tout ce désastre, Rerrarsha ? » Son vieil ami secoua la tête d’un air désolé. « Non, tout est confus. Mais tu ne peux pas abandonner maintenant. » Certes, il avait raison : les Serrétoiles ne devaient pas s’éteindre quand bien même les étoiles d’Oxtros se mourraient ; elle soupira d’un air las.

Mots : 1502 sur word


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Kushi s'exprime en #ff6600

Stilgar [Es]
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Epreuve 4 : NanoRP - Esquisse Empty
Epreuve 4 : NanoRP - Esquisse EmptySam 11 Juil - 22:16
Résumé :
 


Crevette
Ma belle amie,
Ô toi ma seule amie, c’est la fin.

     Comment en sommes-nous arrivés-là ?
     Il n’a jamais été du genre de Crevette de se poser ces questions. Elle était arrivée dans l’Esquisse par hasard, sans vraiment que cela ne lui pose problème. Porté son prénom attribué au détour d’une conversation sans s’en soucier, en faisant avec. Prénom qui était devenu son nom de guerre ; un étendard, un slogan. Dans les grottes obscures, dans les fortins et nids d’aigles des Monts Vêtus, dans les maquis du Désert de Craie, on arborait le sabre rose sur fond noir, le drapeau du jihad. Pour tous ces étrangers, « Crevette » voulait dire « châtiment ».
     Seule dans une chambre faite de béton, d’un mobilier pauvre, d’air brassé par un ventilateur grinçant et d’une faible lumière jaunâtre, elle se regardait dans le miroir. Sa tenue grisâtre, informe et délavée, ses cicatrices, son visage dur, figé. Quand, dans son bunker souterrain, elle avait commencé le combat, il y a dix ans de cela, elle n’arrivait pas à la moitié de la psyché qu’elle y avait installée. Maintenant, son reflet occupait presque toute la hauteur. Son corps, ce réceptacle de chair, avait vingt ans, aujourd’hui. Elle était une des plus jeunes guérilleros par son corps, mais avait bien dépassé la cinquantaine dans son esprit, sans toutefois atteindre les dix ans dans ses souvenirs. Son existence n’avait été que cela : un combat fanatique, éperdu, éternel, le goût du sang empuantissant l’air jusque dans la bouche, les repas froids, les traversées d’un abri miteux à un autre, la peur permanente des raids aériens, les plans d’assaut, les attentes interminables.
     Se souciait-elle seulement de ceux qui combattaient sous ses ordres, de ceux qu’elle défendait ? Elle avait évolué dans cette guerre sans se poser la question de savoir pourquoi combattre. Il fallait combattre, c’était tout. Elle n’avait, sinon quelques compagnons de lutte qui lui étaient proches, pas de personnes qu’elle pouvait appeler les « siens ». Il n’y avait rien à gagner, pour elle. Tous la redoutaient pour cela, alliés comme ennemis. Seule comptait la victoire, dans sa vacuité en tant que but. Pas les vies perdues, ou les sacrifices, y compris les nombreux qu’elle avait fait elle-même.

La fin de nos plans élaborés,
La fin de tout ce qui a de l’importance.

     Où tout ceci avait_do commencé, Crevette en avait un souvenir qui devenait de plus en plus flou avec le temps. Elle se repassait régulièrement la trame des événements, qui lui échappait pourtant, comme du sable dans sa paume. C’était là le peu d’existence qu’elle avait.
     L’arrivée du portail entre les mondes avait mené à des premiers contacts entre une civilisation intergalactique et les quelques milliers d’humains désunis, dispersés et mal équipés de l’Esquisse. Puis, à une tentative de colonisation. Et en réponse, à la guérilla. Au trafic d’armes au bénéfice des Esquisséens – partout où il y a de la demande, il y a de l’offre qui se créée –, à la constitution de fortifications, de planques, de réseaux terroristes dans les zones occupées, de militarisations des Objets. Une résolution nouvelle, un fanatisme guerrier s’était emparé des habitants de ce monde autrefois onirique.
     Crevette n’avait jamais perçu la beauté de ces espaces. Que leur dangerosité. Où était la beauté, dans le massacre, désormais ? Dans la torture de prisonniers, les raids éclairs sur des positions isolées, les attentats-suicides ?
     Comprenant le caractère très peu rentable de la colonisation de ces terres incroyablement revêches, les forces régulières s’étaient progressivement désengagées. Vers la cinquième année de la guerre, elles avaient été remplacé en grande partie par des rapaces de toutes sortes. Des aventuriers en quête de fortune, de petits gains arrachés à la pointe de l’épée, de fiefs à se tailler. De leur côté, les Esquisséens n’avaient pas célébré leurs succès, mais avaient été agités par Crevette d’une envie toute différente. Il ne fallait plus repousser l’envahisseur, il fallait le châtier. Lui faire payer le moindre arpent de terre, mais pas nécessairement reprendre celle-ci. « Pour chaque naissance, un enterrement. » avait-elle promis aux étrangers. Les Esquisséens n’avaient pas de nation à défendre, et pas vraiment de patrie à protéger : il y avait bien assez d’Esquisse pour ces petits colons et les autochtones. Nombreux avaient toutefois continué la lutte, ne connaissant plus qu’elle, ne sachant plus faire qu’elle. La spirale d’une violence infinie.
     Crevette se déshabilla, face à son reflet. Il n’y avait rien d’érotique dans ce corps – il n’y avait jamais rien eu de tel. Que les stigmates du passé. Une peau rendue pâle par le manque de soleil, un pied artificiel suite à la perte du précédent sur une mine, une large balafre sur le torse laissée par l’épée d’un orc, l’épaule lacérée des serres d’un homme-oiseau.

Je chevaucherai le vieux serpent à la peau froide
Jusqu’à l’ancien lac.

     Une dernière opération l’attendait. Une dernière avant la prochaine, certes.
     Il fallait attendre. La dernière livraison d’armes de contrebandiers étrangers. De ceux dont elle appelait à leur meurtre et à qui elle promettait les souffrances éternelles s’ils venaient à tomber entre ses mains, une vengeance infinie qu’elle ne ferait prendre fin qu’une fois morte elle-même, et encore. La valse du cynisme ; des intérêts bien compris et du discours idéologique.
     L’objectif était simple. Faire sauter le portail dimentionel. Déchaîner la fureur de la première Tempête artificielle, testée avec succès dans un ancien laboratoire souterrain.
     Le bruit d’un hélicoptère qui décollait à la surface. Les heures d’attente, troublées uniquement par ces quelques bruits. Elle s’était promis du repos, il devenait une torture.
     « Je vais me réveiller, et je serai de retour au combat. »
     Quelques phrases, à peine chuchotées. Peut-être même pas prononcées.
     « J’ai à peine lâché un mot à Effie, quand elle m’a annoncé son départ. »
     « Dès que j’étais avec elle, je n’avais envie que de revenir ici. »
     « Dès que je suis ici, je ne veux que retourner au combat. »
     « Cela fait une semaine, maintenant. J’attends la mission. »
     « Je m’affaiblis. »
     Fixer le ventilo tournant. Le mur.
     « Je m’affaiblis de minute en minute à rester dans cette pièce. »
     « Et chaque minute où mes ennemis sont dehors, ils se renforcent. »
     « Les murs se rapprochent à chaque fois que je les regarde. »
     Crevette tendit un bras. Le laissa, flottant. Puis l’autre. Un mouvement léger parcourut son corps. Elle ferma les yeux. Recula d’un pas, d’un autre, sans cadence, sans même l’illusion d’une. Dodelina de la tête. Fit un tour sur elle-même. Un deuxième, dans l’autre sens, puis quelques autres, irréguliers. Attrapa un pistolet, tira sur le ventilateur. Plus aucun bruit, plus même le rythme régulier de ses pâles. Lança son arme, sortit une bouteille.
     Elle souffla, inspira, tourna, fit osciller son torse, quelques pas hagards, désordonnés, laissa bouger ses bras comme des algues dans un cours d’eau, sautilla d’un pied sur l’autre, se pencha en arrière, décrivit quelques autres mouvements sans ordre, sans chorégraphie. Du seul mouvement, pour accompagner le bruit de ses pensées qui s’éteignaient sous l’alcool.
     De plus en plus vite, balançant sa tête de tout côté jusqu’à avoir mal au crâne, lâchant de petits cris étouffés, se trémoussant dans des poses improbables.
     Elle manqua de se vautrer sur le coin du lit, se redressa en tremblotant, lâcha sa bouteille, ne l’entendit pas tomber.
     Ouvrit les yeux un instant. Se retrouva face à son reflet. Le dévisagea, ferma les yeux. Lui envoya un coup. Il se brisa. Continua ses gesticulations, plus fort.
     Chuta sur son lit, y rampa, jusqu’à tomber de l’autre côté, tachée de son propre sang.
     S’effondra en larmes.

C’est la fin des rires et des doux mensonges.
C’est la fin de ces nuits où on essayait de se tuer.

C’est la fin.

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