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Chroniques d'Irydaë
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 Epreuve 5 : La première pierre

Orshin
Orshin
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Epreuve 5 : La première pierre EmptySam 11 Juil - 23:52
Irys : 120177
Profession : Passeur de balai
RAPPEL : Soyez imaginatifs, ne restez pas accroché sur des acquis que le sujet semble vous délivrer, vous n’êtes pas obligé d’être amical avec votre contrepartie, la réciproque est vraie, on ne peut que vous conseiller de ne pas prendre les épreuves trop littéralement, mais de tout de même respecter les consignes pour ne pas faire un hors-sujet

Description :

Votre foyer a disparu, il ne reste rien, rien de ce que vous avez convenu. Il ne reste de votre ancienne vie que des ruines, et de vos anciens amis que des souvenirs. Vous êtes seul, maintenant, seul avec votre monde et il ne reste plus personne pour vous dire quoi faire.  Plus de guides, mais plus de contraintes … alors, maintenant, vous comptez bien réinventer votre univers à votre manière. Vous êtes la nouvelle première pierre fondatrice de votre monde, à vous de nous montrer ce que vous en auriez fait.

Reiko Sakane [JM]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 15:58
Reiko Sakane
Au sujet de Just Married:
 


Au sujet de Reiko:
 


_______________________________

Mes yeux s'ouvrent. Mon environnement n'est plus ce qu'il était. L'étrange sensation de m'être perdue dans un rêve oriente mon esprit cartésien vers la réalité surprenante de cette chimère. Tout est différent. Inanimé. Vide. Je déteste cette sensation amère qui me revient comme un boomerang en pleine face. La solitude. Il n'y a rien, ni personne. Je déglutis difficilement, moi qui suis d'ordinaire si solitaire, je ne me sens pas très à l'aise avec cette absence d'âmes. Je suffoque. Je sanglote. La gorge nouée, je n'ai pas remarqué que cette solitude m'asphyxiait autant. J'ai fait quelques rencontres depuis une année, celle où j'ai décidé de m'ouvrir et de ne plus vivre dans la hantise de perdre ceux que j'aime. Je n'étais pas prête à souffrir si jeune d'aimer, si bien que la carapace et le bouclier visant à repousser tous ceux désireux de s'approcher de moi, sont assez blindés. Pourquoi moi ? Une seconde fois je me retrouve isolée et privée d'amour. Le souvenir des quelques rencontres faites attriste mon cœur déjà bien meurtri par le passé.
L'incontestable n'est plus là pour dicter les mariages, lier les corps et les âmes par un calcul de compatibilité. Je n'ai rien contre ce système, l'améliorer serait une possibilité. Comment pourrais-je faire pour éviter aux hommes la souffrance qui m'accable pour la seconde fois? Est-ce qu'il ne serait pas judicieux d'intégrer la notion de bonheur à cet algorithme visant à augmenter le taux de naissance de notre pays ? Oui, j'aimerais un monde où les individus qui le constituent soient heureux. De par leur travail, vie sociale ou amoureuse, peu importe la manière... Vivre pleinement et sans se retrouver déchiré quand l'on perd notre essence de vie. Je l'ai dit étant petite, je l'ai crié... mais personne ne m'a écouté... J'aurais préféré mourir avec mes parents et mon frère dans cet incendie. J'ai traîné plus d'années tristes et lourdes depuis leur mort que de réels moments de joie. L'ironie du sort c'est de me retrouver à mon point de départ, alors que je commençais à sortir la tête de l'eau. Me noyer à nouveau. Boire la tasse. M'étouffer. J'ai froid. J'ai si froid de ne voir personne me balader, courir après un chien, jouer au ballon et écouter de la musique. Je suis glacée de ne pas entendre le rire des enfants, la musique des musiciens, les cris des hommes d'affaires dans leur téléphone. Tout ce silence est pesant pourtant il y a comme une douceur sucrée dans le décor. Elle me rappelle les pâtisseries de Sakura et son salon de thé. Le paysage est comme sa boutique, un mirage de beauté en plein milieu d'une ville. Le temps semble s'être arrêté. Comme figé, pour me permettre de mener ma réflexion de manière à ne pas précipiter une décision hâtive et catastrophe.

Murir l'idée. Le projet. Est-ce bien sain de vouloir éviter la souffrance ? Est-ce que cette émotion bien que douloureuse n'est pas une pierre à l'édifice que je suis ? Pour être honnête, je n'aurais surement pas été si empathique à l'égard de David la première fois que je l'ai vu. Lui et son humour douteux. J'aurais peut-être passé mon chemin avec un air dédaigneux sur le visage, mais au lieu de ça... Je me suis attachée à lui, à sa personnalité. Il souffrait, j'en suis certaine pourtant il vivait le sourire aux lèvres avec force et courage pour affronter son handicapent au quotidien. Je l'admire. Puis, il y aussi Tomie du restaurant à qui j'ai offert de meilleures conditions de travail. Aurais-je été passionnée par la cuisine si je n'avais pas vécu ce drame ? Peut-être pas! Alors, je n'aurais jamais rencontré ces personnes, ni mon amie Hatsumi pour laquelle je peux prétendre se sauver son estomac affamé régulièrement. Sans moi, qui lui ferait de bons petits plats quand elle n'a pas le temps de s'y consacrer par elle-même ? Un sourire fend mon visage à tous ces bons souvenirs. Une délicate chaleur m’envahie. Aujourd'hui, je ne serais pas la femme que je suis avec ses qualités et ses défauts, peut-être qu'autrement ma personnalité aurait été meilleure ou pire, mais une chose est certaines c'est que les personnes nommées n'auraient jamais fait partie de ma vie!

Qui suis-je pour remodeler un monde à ma façon, à mon image ? Personne. Mes pieds foulent l'herbe verte est grasse de ce lieu végétal. Sous les cerisiers, à l'ombre, je profite de la douceur environnante pour respirer paisiblement. Je ne suis pas seule. Ils sont tous ici prêt de moi, ils vivent en moi tant que je serais là pour penser à eux.

Et si je décide par le plus grand des hasards de ne rien faire ? D'être spectatrice de ce nouveau monde. Je m’assiérais là, sur ce banc. J'imaginerais le parc où j'ai l'habitude que tu sois à mes côtés pour ne pas me sentir seule. Pour ne pas m'inquiéter du pourquoi notre routine est interrompue... Il est trop tard pour moi, je n'ai jamais osé t'adresser plus qu'un sourire et je ne pourrais y remédier. T'imaginer, c'est un soulagement. Je regarde la nature qui se balance au gré d'une brise. Les feuillages dansants, la petite fleur qui pousse et s'ouvre un beau matin à la rosée. Le piaillement chantant des oiseaux, le parfum sucré des fleurs. J'aime ce que je vois, j'aime le fait de pouvoir observer cette nouvelle réalité telle une déesse depuis les cieux. Ne rien modifier. Juste laisser faire. Une première pierre totalement neutre pour le bonheur d'être surprise par ce nouveau monde. Confortablement installée sur mon banc avec mes souvenirs, je me prélasserais du temps et de ce monde pleins de surprises qui m'attendent.

Le bonheur!

Alexiel OT
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 16:36
Alexiel Belinski


Qui est Alexiel ::
 


Une maison qui brûle, les cris de ta famille te parviennent aux oreilles, presque assourdis par le bruit des flammes. La chaleur te lèche la peau, la brûlant petit à petit. La fumée s’insinue sournoisement dans tes poumons étouffants. Tu as les larmes aux yeux, piqués par cette même fumée. À tâtons, tu essayes d'avancer. Tu entends le bruit des fondations sur le point de s’écrouler. Tu lèves les yeux, paralysé par le peur, une poutre tombe inexorablement sur toi.

Tu te réveilles en sursaut, ton t-shirt dégoulinant de sueur. Maintenant assis au bord de ton lit, tu passes une main tremblante dans tes cheveux trempés. Ton réveil affiche dans une lumière rouge trois heures du matin. Tu soupires et te lèves pour prendre une douche froide. Tu sais que ça ne sert à rien de te recoucher, tu n'arriverais pas à dormir. A la place tu enfiles ta tenue de sport et pars courir.

Le parc était illuminé par quelques lampadaires. Tu profites du silence pour faire le point en courant. Cela fait longtemps que tu n'as pas rêvé de ce moment. Tu as tout perdu ce jour-là. Ton père. Ton petit frère. C'était uniquement grâce à un miracle que la poutre qui t'était tombé dessus t'avait évité de justesse. Après ce moment, tu es resté très peu de temps à l'hôpital. À peine une semaine. Tu étais vraiment un miraculé, comme on t'a appelé. Tu avais 18 ans à l'époque. Tu étais un adulte aux yeux de la loi, mais pour toi, tu n'étais pas encore prêt à affronter la vie d'adulte. Encore moins sans ta famille et tes amis qui se trouvaient dans un autre pays. Très rapidement tu t'étais enfermé dans une bulle de solitude. Un cercle vicieux entre dépression, deuil et espoir.

Les assurances t'avaient proposé une nouvelle maison, mais tu avais préféré prendre un appartement plus petit, pour l'unique personne que tu étais. Le reste, tu l'avais gardé comme économie. Le temps passa et une année plus tard, ton état mental ne c'était pas amélioré. Tu souriais en façade pour les clients du restaurant dans lequel tu travaillais. Tu te plongeais dans le sport à côté pour noyer ton chagrin. Tu continuais la boxe, ton sport favoris. Puis, un jour, il était arrivé. Un nouveau professeur. Un ancien champion d'une soixantaine d'année. Presque instinctivement, il t'avait pris sous sont aile. Ce ne fut pas facile au départ, tu ne laissais personne entrer dans ta vie. Puis, à force d’entraînement et de bienveillance, tu t'étais ouvert. A partir de là, les choses n'ont fait que s’améliorer. Il t'arrive quelque fois de replonger, mais il était toujours là pour te remonter à la surface. Il n'avait pas remplacé ta famille, au contraire, il était un deuxième père.

Aujourd'hui, grâce à lui, tu es devenu boxer professionnel. Grâce à lui, tu souris à la vie. Grâce à lui, tu as pu poser la première pierre de ta nouvelle vie.

[MP] Aram Faathi
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 16:55
Aram Faathi
A propos de MP:
 


Aram en vrac (comme souvent):
 


Je ne sais pas où je suis.

Ça fait des heures que je cavale dans ce lieu. Je ne reconnais rien. Et pourtant, j’ai bien exploré notre monde, hein ! En sept ans de vadrouilles à travers les régions, je pense être capable d’identifier mon environnement. Mais pas cette fois. Ici, y a des créatures que je ne connais pas. J’ai même croisé une bestiole bizarre qui ressemblait beaucoup à un Saporeau, voire un Flambino… Mais ça n’avait rien à voir quand je me suis approché. Je ne comprends rien. Ça me gave.

Je me suis posé sur un rocher. Réfléchir, ça n’a jamais été mon fort, mais il va bien falloir, à un moment. Je regarde pour la énième fois mon téléphone ; toujours pas de réseau. Si je m’écoutais, je laisserais ma rage éclatée et je balancerai l’appareil contre un arbre. Je sais que ce n’est pas une bonne idée. Je ne sais pas comment je fais pour me contenir. J’ai toujours un espoir qu’il se mette à vibrer, recevoir un message d’Illia qui me demande ce que je fous, où je suis. Je sais qu’on était à l’appart, que je m’étais endormi dans ses bras, comme souvent. Mais j’aurais dû me réveiller dans notre lit, pas perdu en pleine forêt. Peut-être… Peut-être que, finalement, me poser n’était pas une bonne idée.

Tant que je bougeais, je ne pensais pas, je me focalisais sur le présent. Maintenant, je suis doucement en train de cogiter, d’apercevoir un début de scénario catastrophe. J’ignore si je suis parano, mais je réalise que je n’ai pas croisé la moindre trace humaine. Pas vu le moindre village, même de loin. A part des pokémon étranges qui me sont inconnus, je n’ai pas croisé d’âme qui vivent. Je prends conscience subitement ; je suis tout seul. Et cette idée… Elle le met dans un état d’angoisse et de dépression intenses.

Je n’ai jamais été seul. Jamais de ma vie. Le petit dernier des triplés, j’ai toujours été au moins avec mes frères. Je n’ai jamais connu une telle solitude. Je sens que je panique, doucement, mais surement. J’essaie de rationnaliser, mais plus j’essaie, plus la pensée tenace de ne plus jamais les revoir s’immisce dans mon esprit. Et juste… Non. Je refuse, putain. Il en est hors de question. Même depuis que je suis à la Ligue, que mon planning est similaire à celui d’un ministre, j’ai toujours trouvé du temps pour eux. C’est assez compliqué, surtout que je veux aussi profiter de mes disponibilités pour être avec Illia quand il n’est pas lui-même pris par son boulot. … Putain de merde.

Illia. Je me précipite sur mon portable, je tente une nouvelle fois de l’appeler. Evidemment, ça ne fonctionne pas. Je rage. Je ne peux pas disparaitre comme ça sans qu’il sache où je suis ! Je ne veux pas qu’il panique à son tour, qu’il s’imagine que je l’ai abandonné. BORDEL. Il a déjà assez souffert de sa précédente relation. C’est bon hein, le karma, ferme ta gueule un peu ! T’as buté son ex, ça ne t’a pas suffi ?! Faut que tu fasses forcément disparaitre son nouveau petit ami ?! Surtout que je me suis engagé à pas lui faire une crasse comme ça. Je ne lui ai pas dit de vive voix, mais dans ma tête c’est un truc acté. Je me doute que c’est l’une de ses peurs et j’ai toujours voulu le rassurer sur ce point. Jamais, au grand dam jamais, je ne l’abandonnerai. Encore moins après avoir tant bataillé pour être avec lui. Je regarde une nouvelle fois mon appareil, constatant que l’écran est humide. C’était sûr.

Je suis en train de chialer.

Je m’en fous. Il n’y a personne pour me voir et cette idée m’achève un peu plus. Si ça se trouve, c’est juste un horrible cauchemar. Je vais bientôt me réveiller, en pleurs, et j’irais me nicher dans ses bras. Je profiterais de son odeur, de son toucher, de sa présence. Il me rassurera comme il le fait si bien. Je comprendrais d’autant plus les mauvais rêves qui l’assaillent quotidiennement… J’aurais dû prendre la même tisane que je lui prépare tous les soirs, à base de fleurs de Florizarre. Ça chasse les mauvaises pensées ! C’est « magique » et ça fait de l’effet, que demander de plus ? Quel con je suis. Ou, sinon… Plus proche de la vérité, je me réveillerai en étant mal, mais j’aurais tout oublié. De toute façon, je ne me rappelle jamais de mes rêves, je sais dorénavant que c’est une bonne chose. Parce que la peur, la panique et la douleur que je ressens en cet instant, je ne veux pas m’en souvenir.

Je fixe mon mobile, je m’y attache comme un naufragé à sa bouée, ou comme Jack à son bout de bois. En plus, ça me saoule, y avait large la place pour qu’il monte dessus, cette connasse de Rose l’a juste laissé crever comme une sans cœur. Je divague trop. Je reporte mon attention sur l’appareil ; j’ai changé, il n’y a pas longtemps, mon fond d’écran. Je phase complètement sur son visage… C’était une journée trop cool. Une après-midi, rien que tous les deux, dans notre monde. Son sourire parfait qui accélère, rien qu’en le regardant, les battements de mon cœur.

Je ne pourrais plus le voir, en vrai.

Et je chiale encore plus à cette idée. Mes mains tremblent, je tente de les serrer contre le métal de l’appareil. Je me loupe, il s’échappe et s’échoue bêtement au sol. Je devrais vérifier s’il est encore en état de marche. Mais je suis en train de pleurer. Toutes les larmes de mon corps. L’idée même de ne plus pouvoir voir mon petit ami me tue. L’idée de ne plus jamais pouvoir voir mes frères, mon père, mon agente, mes collègues, m’achève. Je regarde autour de moi, d’autant plus inquiéter par l’absence de Samaël. Mon Démolosse adoré… ça fait tant d’années qu’on traverse tout ensemble ! POURQUOI t’es pas là, Sami ? Sérieusement ? La seule fois où tu m’as laissé seul t’as pas suffi ? Tu veux que je finisse dans le même état, c’est ça ?! Je me trouve égoïste de reporter la faute sur lui. En plus, peut-être qu’il essaie de rassurer mon chéri tout en s’inquiétant pour moi, actuellement. C’est le plus fidèle de mes alliés. Le plus attachant, le plus… Putain merde, j’ai une idée. Elle a surgi dans ma tête. Maintenant faut que je tente le coup.

Depuis tout à l’heure, je tergiverse, mais je ne cherche pas de solutions au problème. Mais faut que je teste un truc. Ça m’agace que je n’y aie pas pensé plus tôt. J’essuie ma face couverte de larmes, parce que si Bélial s’amène, il va se foutre de ma gueule. Mon Dracaufeu a du mal avec les sentiments humains, je n’ai pas envie de me vexer bêtement. Ce n’est pas le moment. J’arrête de m’apitoyer et je siffle. Aussi fort que mes pauvres poumons le peuvent. Clairement, j’ai l’air con si je me tape une crise d’asthme maintenant. L’absurdité de la situation a, au moins, le mérite de m’arracher un petit sourire. Je lève les yeux au ciel. Pas de réponse. Hum… Il est peut-être trop loin pour m’entendre. Qu’à cela ne tienne, je retente. Je siffle une deuxième fois, une troisième… Je continue, parce que je suis un acharné.

Et toujours rien. Mon corps entier tremble. Bélial ne m’a jamais abandonné. Ni Samaël… Personne. Ou presque. Mais sérieusement, ce n’est pas le moment de penser à ma mère. Je porte la main à mon torse, récupérant un collier que j’affectionne, sans jamais expliquer pourquoi. Je ne suis pas matérialiste, loin de là, mais cet objet, je le garde toujours avec moi, caché sous mes vêtements. Pour cause ; il me permet d’appeler Reshiram. Même s’il ne pourra pas forcément m’aider à retourner dans mon monde – dans ma tête c’est un sale coup de Dialga et Palkia, donc bon -, il pourra au moins me permettre de parcourir le monde facilement sans me tuer à la tâche. Et je trouverais peut-être d’autres humains, un moyen de retourner dans mon monde. Ça va être compliqué de rester positif, je suis complètement dévasté, au fond.

Mais je ne veux pas abandonner. Je refuse d’abandonner. Me battre dans l’adversité, quand tous les compteurs indiquent que c’est une peine perdue, ça je sais faire. Après tout, qui aurait cru qu’un crétin comme moi finisse à la Ligue, hein ? Un nomade qui ne connait strictement rien au monde de la haute et qui, en plus, à quelques difficultés à parler la langue commune. J’ai fait des progrès, de ce côté-là. J’ai réussi à me faire un nom, malgré tout. C’est tout ce que je retiens : quand je veux, je peux. Et là…. Je veux carrément, ouais. Je trouverai un moyen de rentrer chez moi.

Fuck you, le karma. Je ne suis que de passage.


Cal [Gifted]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 17:40
Cal Gray

La présentation ~:
 


la première pierre /
épreuve 5

Un grand bruit.

Et puis plus rien.


Le silence. Gênant ; il l’a toujours détesté, le silence n’amène jamais rien de bon. Il fait trop chaud. Il a beau marcher lentement, il a l’impression d’étouffer. Il a fini par ralentir, le sable pesait trop lourd sous ses pieds et il peut sentir l’écorchure se creuser sur sa peau, sous la sangle du fusil qui frotte contre son épaule. Ça lui est bien égal, de toute façon.
La sueur lui pique les yeux, il passe un revers de manche machinal sur son visage et quand il regarde sa manche, il y a du rouge. Etalé, partout sur la toile épaisse. C’est rouge et ça s’estompe, ça dégoutte le long de sa mâchoire, dans son cou et ça s’infiltre dans son col.

T’as encore l’oreille qui siffle ?

Il faisait trop froid. Et maintenant, il fait juste chaud. Trop chaud.
Pourquoi tu continues d’avancer ?

Retourne-toi !


Sa mâchoire se serre en même temps que ses ongles raclent la bandoulière. Non. Non, il ne se retournera pas, il a fini par le comprendre. Il n’y a plus rien qui l’attend derrière lui. Son pied bute contre quelque chose et l’espace d’une seconde, il continue d’avancer.

Et puis le monde bascule.

Le choc force l’air en-dehors de ses poumons, il peut presque sentir ses dents s’entrechoquer. Ses phalanges se replient, grattent le sable, s’enfoncent dedans. Même avec les gants, il peut le sentir. C’est chaud, ça lui brûle la joue ; il la frotte encore contre sa manche et retire un peu plus du rouge qui s’est collé à sa peau.

« Merde… »

Il lui faut quelques secondes pour réaliser. Le mercenaire secoue légèrement la tête pour chasser les dernières spirales du choc avant de sauter sur ses pieds. Sa paume râpe la pierre fade du muret derrière lequel il disparaît.

Jamais rester à découvert.

Alors tu te caches dans ce qu’il reste. Des ruines.
Y a peut-être une route, pas loin, qu’est-ce que t’en sais ? T’es à bout de souffle et tu comprends même pas pourquoi. T’as mal à la tête et ta salive se transforme en goudron sur ta langue.

Tu restes là.
Tu guettes. Un bruit, n’importe quoi. Mais y a rien.

Il se passe rien.


Un soupir lui échappe et Cal se laisse glisser le long des restes de constructions. Un mur devant lui ; ce qui en fut un dans son dos. Il vire son casque d’un coup sec, balance le fusil devant lui en grimaçant quand son épaule bouge. Le sac suit rapidement, jeté sans ménagement, le rabat s’ouvre. Le tout s’enfonce dans le sable devant lui. Pas assez. Il les voit toujours, les fusille du regard comme si ça allait les faire disparaître, croise les bras.

Rien ne bouge. Le sac reste là, gueule béante, il laisse son contenu s’enterrer au milieu des ruines, effacer le peu de souvenirs qu’il a emportés. Tout ce qu’il pouvait porter. Des petits rectangles blancs s’étalent, ils font mal aux yeux, l’obligent à plisser les paupières.

Les photos.

Il prenait toujours des photos, vous étiez ses gars.
Il voulait garder des souvenirs de vous, comme s’il avait deviné depuis longtemps ce qui allait se passer.

Putain ce con, s’il avait su. Tu peux pas t’empêcher de ricaner et tes doigts s’accrochent à tes manches.


« Arrête de me regarder comme ça, il lance d’une voix sourde.

Il peut voir la petite figure, sur la photo. Elle le fixe, elle sourit et Cal se fend d’un rictus nerveux. Il détourne légèrement la tête, se mord la lèvre. Un goût de fer se dépose sur sa langue, y reste.

« T’es mort. »

Le constat claque au milieu des vieilles pierres qui s’effritent. Mais le sourire ne s’efface pas du papier vernis. Ça l’énerve. Son cœur s’accélère. Ses mains lâchent ses manches et ses doigts se replient autour de son crâne, ses ongles raclent à moitié son cuir chevelu.
Il n’y a que du sable, entre ses pieds, les éraflures sur ses bottes. Celle en travers, au niveau de la cheville, juste parce qu’il avait trébuché. Un jour.

« T’es mort, il répète machinalement, à mi-voix et presque sans trop y croire.

Un nouveau ricanement lui échappe. Il relève la tête, les paumes appuyées sur sa nuque, son regard passe de la photographie au bleu trop éclatant du ciel ; Cal déglutit machinalement. Toujours le même sourire nerveux agrafé à son visage, ses lèvres lui font mal. Elles craquèlent, la gourde est vide depuis le matin. Plus d’eau pour pleurer et il refuse obstinément de rendre son regard à ce petit bout de papier qui le fixe sans ciller.

« T’es mort ! T’es mort comme tous les autres, putain !

Tu lui en veux.

Il avait pas idée de se tirer une balle, franchement ?
Fallait qu’il pense qu’à sa gueule, hein, bien évidemment ! C’tait trop facile de rester ici, de rester avec toi, fallait qu’il se casse.

Définitivement.


Il revient sur ses pieds en un instant, Cal. Le sable crisse sous ses semelles, le muret ne lui sert plus à rien, maintenant. Plus d’abri. Il s’en fout bien, qu’est-ce que ça a servi aux autres, de toute façon ? A rien. Il peut sentir le poids du semi-automatique accroché à sa hanche, comme s’il ne l’avait pas remarqué plus tôt. Il est lourd, mais moins que le regard de la photo.

Moins que le sourire figé qui le dévisage depuis le sol. Il serre les poings, le mercenaire ; t’en es encore un.

Va pas te faire d’illusions.


« Ça t’arrange bien d’me laisser ici, hein ? T’es tranquille, toi, maintenant, tu t’en fous ! il accuse d’une voix forte. « Tu t’en es toujours foutu d’toute façon, qu’est-ce que ça change pour toi ? »

Parce que tu crois qu’il va te répondre ?
Regarde la vérité en face.

Il a juste eu le cran de faire ce que t’oseras jamais essayer.


Son pied cogne le sable devant lui. Il s’avance d’un pas, continuant d’accuser la photo du regard, du doigt.

« T’as rien trouvé de mieux à faire que crever en me laissant là !

Sa voix résonne au milieu de nulle part, elle dérange les pierres ; encore un peu plus, un peu plus fort et il pourrait les sentir frémir autour de lui. Ses doigts se saisissent du cliché, il pince les coins à sentir ses tendons tirer jusque dans ses épaules.

Et puis plus rien.
T’oses pas le faire, c’est pas la photo qui se déchire, c’est ta voix.


« Et j’fais quoi, moi, hein ? Tu peux me l’dire, ça ? il demande en regardant le visage qui lui sourit sur le papier glacé.

Ses mains retombent, ses doigts laissent s’échapper la photo. Soufflée par une légère bourrasque qui décide de passer, juste là et il suit le mouvement du papier des yeux. Il s’enfuit, lui aussi ; il y a peut-être une route en face de lui. Dur à dire. Ses épaules retombent en même temps qu’un soupir vide sa cage thoracique et il retourne à l’abri derrière ce qu’il reste du muret.

Rien n’a bougé, tout est toujours là. Le casque, le sac ouvert, le fusil abandonné dans la poussière et ça lui donne envie de dire. Lui qui faisait tout pour que l’arme reste le plus à l’abri possible. Elle va s’enrayer.

De toute façon, t’es mort, toi aussi.

Y a un bruit.
Tu l’entends, il se rapproche.


Son cœur qui bat trop vite dans sa poitrine. Il se redresse aussitôt, jette un coup d’œil par-dessus le mur ; il y a une route, pas loin et la poussière soulevée par un véhicule. Le danger que ça représente, il n’y pense plus. Il remballe aussi vite qu’il peut, ne prend même pas la peine de retirer le sable qui vient alourdir le sac. La sangle du fusil fait toujours mal contre son épaule, il garde son casque à bout de bras.

Ta main râpe la pierre du muret quand tu passes par-dessus.
Ton pied manque de trébucher sur le même putain de caillou.

Tu sais même pas pourquoi t’agites la main en espérant que cette bagnole s’arrête, t’auras sans doute pas le temps d’atteindre la route.
Comment t’arrives à courir ?


Il manque de s’arrêter. Bêtement. Quand le véhicule s’immobilise, il peut apercevoir la bâche estampillée de l’US Army ; il a envie de rire, comme un con. Son pied bute, toujours les mêmes putains de caillasses qui traînent dans tous les coins et à peine au sol, il abandonne l’idée de se relever.

De toute façon on vient vers lui et il ne peut pas s’empêcher de sourire. Y a une pierre juste devant tes yeux. Juste une seule.

T’es mort, toi, aussi.
Mais mourir c’est comme tout.

Ça dure qu’un temps.





TOTAL : 1 569 mots
(j'ai pas compté les guillemets) (j'appelle pas ça des mots contrairement à word)


ASv07tC.png

Ren [TFB]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 19:03
Ren


The Fifth Being:
 

Ren:
 


La première pierre

Le vide…

C’est cela que tu ressens Ren ? Enfin, tu comprends cette sensation, toi qu’on a si souvent associé à cet élément sans que tu n’en comprennes réellement la signification. Comment pouvais-tu être l’Enfant du Vide, toi, être de chair et de sang ? Et pourtant… Ca y est… Tu flottes dans le néant le plus total, sans la moindre once de clarté. Partout autour de toi, il n’y a que les ténèbres. Comment te sens-tu en l’instant ? As-tu peur ? Plus rien n’existe. Il n’y a plus ni Royaume, ni Contrées. Plus de Souverains, plus de Gardiens. Plus de pierres, plus d’arbre magique décidant de ta destinée. Tout cela s’est éteint. Il n’y a plus que toi, l’enfant dont on ne voulait pas. L’homme qu’on haïssait autant qu’on redoutait.

Tu es seul et cela ne t’effraie pas. Au contraire, tu ressens une certaine plénitude t’envahir. Plus de politique, plus de diplomatie, plus de guerre. Plus besoin de régner. Plus de cette couronne, trop lourde à porter. Tu n’en as de toute façon jamais voulu. Tu fermes les yeux, n’ayant pas besoin de voir et un sourire étire doucement tes lèvres. Toi qui souris si peu. Sauf pour une personne.

Auriane…

Tu rouvres les yeux brusquement et ton cœur manque un battement. Ah… Voilà la peur. Où est-elle ? Où est cette femme pour qui tu aurais donné ta vie ? Où est ta sœur ? Ton trésor le plus précieux ? Soudainement, tu ne veux plus de ce néant, de ce vide sans fin. Tu veux la retrouver. Tu regardes de tous les côtés, tu veux hurler son nom mais aucun son ne t’échappe. Tu veux avancer, courir, mais tu restes sur place. Le néant Ren, il n’y a rien de plus que le néant.

Et soudain, une lumière… Là-bas, au loin. Tu hésites, tentant de calmer les battements de ton cœur. Puis, tu avances. Cette fois-ci, tu progresses car la lumière se rapproche. Tu t’approches et tu commences à distinguer une silhouette. Un objet. Une table sur laquelle est allumée une bougie. Et ton cœur, à nouveau, manque de s’arrêter. La flamme illumine le visage de ta sœur, assise autour de la table. Elle sent ta présence et se redresse, te voit et te sourit. Elle te fait signe d’approcher et tu sens déjà ton regard te brûler en la voyant face à toi alors que tu pensais l’avoir perdue il y a peu. Elle est bien là, vivante, illuminée par une aura de gaité et elle respire la joie de vivre. Elle n’a pas le teint cireux de la maladie, elle n’a plus les cernes ni la maigreur. Tu ne vois plus la souffrance. Tu es assis face à elle et tu l’observes, tu l’écoutes tandis qu’elle parle, qu’elle rit et qu’elle te raconte sa journée. Que ressens-tu à l’instant ? De la voir ainsi, en si bonne santé et simplement heureuse de vivre ? N’est-ce pas là ton souhait le plus cher qui se réalise ? Oui… Tu songes à tes parents. Tu aurais tellement aimé qu’ils puissent la voir ainsi. Qu’ils ne périssent pas avant l’heure et ne laissent deux orphelins au cœur brisé et au destin bien trop lourd.

Tes parents…

Auriane se détourne de toi et se penche vers le côté. Ta mère est là, caressant affectueusement les longs cheveux de ta sœur tandis qu’elle lui raconte la suite de sa journée à l’Académie où elle étudie assidument. Pétrifié, tu observes ta mère, que tu n’as pas revue depuis tant d’années. Tu réalises alors qu’elle est encore plus belle que dans ton souvenir. Tu as ses yeux. Ce beau bleu profond qui semble lire dans l’âme des gens. Sauf que le regard de ta mère a toujours été chaleureux là où le tien était froid. Tu sens une main se poser sur ton bras et le presser et tu te retournes brusquement de l’autre côté. Ton père est là et t’observe, attendant une réponse à la question qu’il vient de te poser. Tes mains tremblent, tu les serres contre tes genoux. Est-ce un rêve… ? Non, c’est bien trop réel. Ils sont là. Autour de la table. A déguster un bon repas. Tu reconnais alors cette table.

Votre maison…

Le salon apparait peu à peu alors que la lumière chasse les ténèbres. Tu reconnais chaque meuble, chaque détail. La harpe d’Auriane est toujours près de la fenêtre. La bibliothèque surchargée des livres de ton père. Ton regard est attiré par la fenêtre et tu aperçois votre rue. Saphir. Aap. Tu es chez toi Ren, ne le réalises-tu pas ? Non… Tu ne comprends toujours pas. Tes parents sont morts voilà longtemps et pourtant ils sont bien là. Ta sœur est malade et vit avec toi au palais. Pourtant, elle étudie à l’Académie, bien loin d’Akasha et de ses complots. Aurais-tu remonté le temps ? Non, car ta sœur a l’âge qu’elle avait hier, lorsque tu l'as vu pour la dernière fois. Tu baisses le regard sur tes mains, sentant la douleur t’envahir. Ton monde, tu t’en souviens. Les morts, le trône, la gemme. Toi, Souverain au cœur emprisonné sous une montagne de glace. Toi, tentant de protéger ta sœur tout en cachant au monde entier qui elle est. Toi, essayant de survivre dans ce monde dont tu ne veux pas. Gouverner, non. Etre Souverain, non. Que faisais-tu déjà avant ? Tu sais… Dans ce passé révolu depuis longtemps ?

Ta passion…

Tu relèves le regard lorsque ta mère te demande comment se passe l’Académie pour toi ? Alors ainsi, tu es bien revenu dans le passé ? Non. Car elle ne te demande pas ce que tu fais en tant qu’étudiant mais bien en tant que professeur. Professeur à l’Académie de Saphir. T’en souviens-tu maintenant Ren ? C’était cela ton destin. Avant que la marque sur ton bras ne te rattrape.

La marque…


Brusquement, tu relèves ta manche et un long sanglot t’échappe. Elle n’y est plus, cette marque maudite, celle qui scella ton destin le jour de ta naissance. Non Ren, elle n’y est plus, tu n’as pas besoin de vérifier sur ton autre bras. Tu n’es plus l’héritier du Vide. Tu n’es plus Ren le Régicide. Tu es simplement Ren. Celui que tu voulais être. Celui que tu n’as pas pu choisir. Cette vie est la tienne. La seule pierre de ton monde à présent, c’est celle que tu as apposé en choisissant de transmettre ton savoir. Les pierres fondatrices de ton monde ne sont plus celles qui, chargées de magie, sont venues t’enlever le bonheur simple auquel tu aspirais. C’est terminé. Tu es seul maître de ton destin, de ta vie. Te souviens-tu Ren, de ce que tu as appris sur ta véritable nature dans cet ancien monde où tu as tant souffert ? Que tu étais le chaos, que tu serais le renouveau de ce monde. Tu es ton propre renouveau. Tu es ton destin. Tu es celui que tu dois être.

Tu observes ta sœur, ta mère et ton père. Tu observes ta famille et une larme coule sur ta joue. Tes mains ne tremblent plus et tu viens prendre celles de ta mère et de ton père. Tu les serres fort, si fort. Tu ne les lâcheras plus. Tu souris à ta sœur. Un vrai sourire, comme cela ne t’était pas arrivé depuis si longtemps. Tu sais ce qu’il te reste à faire à présent. Tu oublies Akasha, tu oublies Seele. Tu oublies tout ce qui fut et ce qui aurait dû être. Du chaos et du néant est apparue la vie. Et cette vie tu vas la chérir. De toute ton âme, de toutes tes forces. Tu vas emplir tes poumons de ce souffle brûlant et glaçant à la fois. Tu vas tomber, te relever, tomber puis te relever à nouveau. Jamais tu ne resteras à terre. Car cette vie, tu la veux plus que tout. Tu l’as désirée de toutes tes forces en secret, en silence, dans l’obscurité de ta chambre sinistre.

Ils t’observent tous, curieux, se demandant ce que tu as. Tu pleures toujours, tu ne t’en es pas rendu compte. Ils sont inquiets et ta mère serre ta main entre les siennes. Elle te sourit, doucement, tendrement, comme lorsque tu étais enfant et que tu avais fait un mauvais rêve. Le cauchemar se termine maintenant. A travers tes larmes, tu leur souris. Et de tes lèvres, s’échappent quelques paroles tremblantes. Un murmure vibrant d’émotion que tu tentes encore de contenir.

« Je suis rentré. »

Codage par Libella sur Graphiorum

Shiro Scarlet [FT - TND]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 19:11
Shiro Scarlet

Spoiler:
 


La première pierre


Shiro vivait avec sa famille pourtant une nuit ses parents ont été assassiné, il avait réussi à s’enfuir dans sa maison, mais pour sa survie, il devait tout abandonner…

Alors il avait choisi de s’appeler Shiro Scarlet avant de quitter la ville. Le jeune homme rencontra son maître qui lui a appris la magie et il avait aussi rencontré deux personnes pendant son voyage…

C’était le début de ses aventures, mais il devait commencer sa nouvelle vie, car il voulait fonder une guilde pour protéger les individus contre les criminelles. En arrivant à Magnolia, il avait rencontré Yuki qui était master de Golden, elle lui donna des conseils. Puis le mage de la dislocation avait appelé ses amis pour parler de son idée de fonder la guilde First Wing, après avoir longuement discuté, ces deux amis ont accepté.

Quelques jours plus tard, il déposa la première pierre pour construire le QG de sa guilde, avant de voir ses amis avec un large sourire.

- Ma nouvelle vie commence maintenant en déposant la première pierre !

Il avait déposé son regard sur Yuki avant de sentir que son cœur battait très fort, c’est ce jour où il était tombé amoureux d’elle.



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Alias 2
De petites notes ici


203 mots

Ludovick Perron
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 19:34
Ludovick Perron

Epreuve 5 : La première pierre Unknow12

Mon monde et mon personnage:
 



Ludovick ouvrit les yeux en sursaut. Quelque chose clochait et il le sentait au plus profond de ses tripes. Il venait de faire un cauchemar où tout Montréal était en ruines. Il se promenait à travers ces ruines, reconnaissant tant de choses : le gym où il s'entraînait, la brûlerie où il achetait ses cafés vanille-noisette préférés, le Tim Horton, le McDonald's, le garage où travaille Liam, le Musée des beaux-arts, le casino, son appartement… Il en reconnaissait les fondations des bâtiments et arrivait à les situer grâce aux rues encore identifiées à moitié. Il ne saurait dire ce qu’il ressentait exactement, à ce moment précis. De l’incompréhension, de la peur, de l’insécurité, du chagrin, du désarroi, une douleur à la poitrine, un déchirement au ventre et là. Là c’est carrément son coeur qui cesse de battre en réalisant qu’il y a tous ces corps inertes au travers des ruines. Quelque chose se brise en lui. La panique, l’angoisse, l’incapacité de respirer.

Quelque part, il sut que c’était un rêve, mais il avait beau se pincer, se donner une claque, il ne se réveilla pas. Ce fut donc durant ce qu’il lui semblât des heures qu’il erra comme un corps vide, fantomatique, sans âme. Il avait passé ce point de rupture où il avait tellement eu mal qu’il avait éliminé tout sentiment. Était-ce donc ça, de réellement errer sans but? Il avait tout perdu et il ne le réalisait que trop bien. Même ses larmes l’avaient abandonné.

C’est alors qu’il remarqua une espèce de gouffre noir, comme un portail. Serait-ce enfin la sortie de son rêve? Une lueur commença à apparaître dans ses yeux et il fonça sans hésiter sur la masse indéfinie. Il n’avait plus rien à perdre de toute façon et il ne souhaitait que se réveiller.

BIENVENUE LUDOVICK PERRON

Ludovick ouvrit les yeux en sursaut. Quelque chose clochait et il le sentait au plus profond de ses tripes. Il venait de faire un cauchemar et normalement il devrait se trouver dans sa chambre, mais non. Le voilà debout au milieu du néant. Enfin, il fallait supposer que ce soit le néant, parce que ce n’était pas tout noir. En fait, c’était tout jaune… Pourquoi jaune? Mystère… Il y avait cette bulle au milieu du vide qui lui souhaitait la bienvenue par écrit. Il s’en approcha et un menu apparut. Cela lui fit l’impression d’être dans un jeu de réalité virtuelle, ou même un ordinateur. Il regarda le menu et vit une notification “nouveau message”. Il passa sa main au travers et le message s’ouvrit...

Il devait faire quoi? Réinventer le monde? Là, il avait l’impression de s’être enrôlé dans une secte ou un truc du genre. Lui? Désigné par le Créateur pour refaire le monde? Il ferma le message, maintenant plus que perdu face à tout cela et il regarda les outils. Une pelle, de l’herbe, des arbres, des murs… Cela lui rappela un jeu auquel aimaient particulièrement jouer deux amies: Les Sims.

Est-ce qu’au lieu de se réveiller, son cauchemar s’était transformé en rêve? Et bien alors, pourquoi ne pas en profiter un peu? Petit à petit, il se laissa emporter dans la création d’un monde qui n’était pas séparé en pays. Il y avait certes quelques dirigeants, parce qu’il faut un dirigeant pour aller quelque part et pas qu’un seul pour éviter les dictatures, ou un être qui pourrait trop en profiter. Il se laissa aller à mettre plus de végétation que d’industries, parce que la nature a tellement à offrir si on sait en prendre soin. Pas besoin de la détruire avec  des machines, il suffit simplement d’apprendre à l’utiliser sans abus. Il retira aussi le nucléaire et les armes à feu. S’il y a bien une chose qui a détruit  le monde, c’était ces horreurs. Il se doutait bien que cela n’empêcherait pas la violence, mais peut-être que les humains  seraient moins tentés? Ludo reste un grand rêveur après tout.

Il réalisait qu’il aimait bien être en mesure de créer son monde parfait. On dit toujours “dans un monde parfait, il y aurait”, “dans un monde parfait, ce serait” et le barman se laissa guider par ces phrases qui résonnaient en lui. Pas de famine, pas de guerre, pas de maladies, pas d’argent  afin d’éviter la pauvreté et il sélectionna quelques derniers paramètres. Le paysage s’était petit à petit construit et il regarda autour de lui, fier de reconnaître Montréal, sa rue, son appartement. Bon, la ville avait quand même un peu changée, moins dense, plus de verdure, beaucoup moins de gratte-ciel.

Une nouvelle option apparue sur le menu, parce qu’évidemment, dans un monde parfait, il y a des gens. Il se découragea un instant, se disant que ça allait être laborieux, puisqu’il y en avait beaucoup de personnes à créer, mais heureusement, il découvrit rapidement qu’il y avait des profils préétablis. Il en fit énormément, des milliers en changeant quelques caractéristiques et en se disant qu’il avait hâte de pouvoir les rencontrer un jour. Un vrai gamin ce Ludo!

Il s’affaira ensuite à créer des personnes plus personnalisées. Commençant par les voisins qu’il connaissait bien, les dirigeant pour éviter de plonger le monde dans le chaos, les gens qu’il croise au gym, ensuite les amis de longue date qu’il n’avait pas vus, d’autres amis, sa famille… Il regarda son père et sa mère, qu’il venait de terminer, mais il ne lança pas officiellement leur création dans le monde. Il les fixa un moment et il décida d’aller se promener du côté du port. Il avait besoin d’une pause. Pourtant, ils ne sont que deux personnes à créer en plus de ses parents. Il avait gardé les meilleurs pour la fin. Sa meilleure amie, Mélodie et son petit ami, Liam.

Il ne savait pas pourquoi, mais il avait soudainement eu envie de se changer les idées. Il  s’assit sur un banc du port et contempla le fleuve doucement. Ça faisait du bien cet air plus frais, avec une pollution bien plus faible qu’avant. Après plusieurs minutes, il se rendit compte que des larmes coulaient sur ses joues. Même s’il souriait, ce n’était pas des larmes de joie. En repensant à ses parents, à Mélo, à Liam, il avait réalisé. Il était seul. Même en les créant, ils ne seraient jamais réellement eux. Plusieurs en auraient peut-être profité pour les améliorer, mais Liam et Mélodie… Ils étaient parfaits. Ils n’avaient pas besoin d’améliorations. Il ne voulut qu’aucun d’eux ne soit différents, ne serait-ce que d’une seule molécule d’ADN. Pas question!

Bien que Ludovick était doué pour continuellement voir le côté positif des choses, cette fois, il n’y arrivait tout simplement pas. Il avait beau être dans ce nouveau monde idyllique, voire parfait, il était inconcevable que ce soit positif si ce n’était avec eux. Les VRAIS eux. Maintenant, plus rien n’avait de sens et la solitude était plus que présente.

Le jeune homme continua de fixer éternellement le fleuve, pleurant en silence. Pourquoi n’arrivait-il pas à se réveiller de ce cauchemar?


Emrys
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 20:17
Emrys

Emrys & Ezylone:
 

Au cœur de la nuit, une silhouette solitaire foule le sable du désert, ses pieds nus soulevant la poussière à chacun de ses pas. Sa robe et sa chevelure blanches flottent au gré du vent, reflétant la lumière de la pleine lune. Des larmes silencieuses roulent le long de ses joues alors qu’elle avance telle une ombre. Une rescapée de cette terrible guerre, seule au milieu de nulle part. Mais contrairement aux apparences, Emrys n’est pas perdue, lentement mais sûrement, elle se rapproche de sa destination. Et alors qu’elle marche, elle se souvient.

Koniake, le prince charmant à la voix d’or. Leukos, la sirène maladroite au grand cœur. Shäan, son mentor. Zei, son partenaire de coups fourrés. Ses amis. Chacun à leur manière, ils l’ont sauvée, mais elle, qu’a-t-elle fait pour eux ? Rien, elle n’a rien pu faire pour les sauver quand la colère des Chimères a ravagé les terres d’Ezylone. Ces créatures titanesques qui ont créé toute chose en ce monde, et qui un jour, ont décidé de reprendre ce qu’elles avaient donné. Pourquoi ? Nul ne le saura probablement jamais.

Les questions tournent en boucle dans la tête de la jeune femme. Elle ne sait si c’est la chance ou le destin qui lui a valu de réchapper au massacre. Elle n’est même pas sûre d’être heureuse d’être encore en vie. Peut-être ; elle le saura bientôt. En attendant, ses pensées gambergent, elle aimerait comprendre comment le monde a bien pu en arriver là. Pourquoi les Chimères, donneuses de vie, ont-elles soudainement décidé de détruire leur propre création ? Pour quel vice si impardonnable ont-elles décidé de punir chaque être vivant sur terre, sous la mer et dans les airs ? Et si tout était à refaire, seraient-ils capables de faire mieux et d’éviter cette tragédie ?

Peut-être est-ce là une chance de tout recommencer à zéro, de bâtir un monde nouveau sur les ruines de l’ancien ; qui soit meilleur que le précédent. Un monde où chacun serait libre d’emprunter le chemin qu’il souhaite et d’aimer la personne de son choix, quel que soit sa race ou son origine. Où un Phénix n’aurait plus à craindre pour son cœur, un Styrge ne serait plus craint et rejeté, un Change-Forme serait l’égal d’un Technologue. Un monde sans toutes ces organisations douteuses et peu scrupuleuses, telles que les Scorpions et leurs trafics de drogues et d’esclaves, ou encore les Attrape-Cœurs, cruels et sans pitié. Un monde sans ces trop nombreuses sectes d’illuminés, propageant leurs idées haineuses, racistes et réfractaires. Où l’argent et le pouvoir ne feraient plus la valeur d’un homme. Un monde simple et paisible, où chacun aurait sa chance…

Le fil des pensées de la blanche est coupé net, alors que ce qu’elle redoutait entre finalement dans son champ de vision. La cité de Garamï n’est plus, en son lieu trône un amas de pierre et de sable, dévasté par la Chimère Apophis à n’en pas douter. Son cœur se serre dans sa poitrine et elle avance plus rapidement, courant à présent sur le sable froid. Cet endroit est celui de ses cauchemars, où elle a passé les premières années de sa vie d’adulte en tant qu’esclave, et où elle a perdu ses parents. Mais malgré cela, Emrys avait prié le ciel que la ville soit encore debout. Car c’est également ici que son frère était toujours retenu prisonnier. Aïonn, son jumeau, la prunelle de ses yeux. Arrivée à hauteur des décombres, elle hurle son nom, mais seul l’écho de sa propre voix lui répond. Les larmes brouillent sa vue alors qu’elle cherche frénétiquement du côté des quartiers des esclaves.

Et soudain, la jeune femme s’immobilise, comme foudroyée. Il est là. Allongé sur le sol, les yeux clos, ses longs cheveux blancs encadrant son visage pâle maculé de sang et de poussière. Tremblante, elle s’agenouille et pose ses doigts sur la veine du cou, mais elle sait déjà qu’il n’y a plus rien à faire. Caressant la peau de ce visage qui lui a tant manqué avec une infinie douceur, la blanche laisse sa tristesse prendre le dessus. Tant d’années, tant d’efforts pour tenter de faire libérer son frère, mais elle n’aura même pas eu la chance de le revoir une dernière fois. Tout ce qu’elle peut faire à présent est de se laisser glisser dans la poussière, posant son front contre l’épaule inerte et passant son bras autour du corps sans vie, dans une dernière étreinte. Fermant les yeux tout en serrant le corps d’Aïonn un peu plus fort, la blanche se remémore les jours heureux avec sa famille, étirant ses lèvres en un faible sourire. Cela lui semble si lointain… Mais bientôt, ils seront à nouveau réunis.

Emrys aurait pu être la première pierre d’un nouveau monde, mais à quoi bon bâtir un monde meilleur si l’on ne peut le partager avec ceux qu’on aime ?

Meuh (Terrae)
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 20:39
Leona Tsukuyomi (Meuh)

Contexte et personnage:
 

/ Disclaimer : Attention, ce post contient des scènes au contenu sensible qui peuvent heurter la sensibilité des personnes (la mort, la maladie, etc...). /

C’est la fin. Une explosion vient de retentir a l’extérieur du cinéma où je me trouve et c’est une vision d’horreur qui se manifeste, alors que je viens de sortir. L’Académie est détruite. Fumante. Il n’en reste plus rien.

- Non… Non c’est pas possible.

Les mots s’étrangle dans ma gorge alors que mes yeux deviennent embués et, complètement horrifiée, j’accoure vers les lieux sans me retourner, allant à contre-sens des gens qui rejoignent l’enceinte de Terrae. Ce n’est pas possible, ça n’a pas pu arriver. Pas dans l’enceinte, pas avec tous les masters ! Je cours comme jamais je ne l’ai fait, mais contrairement à ce que je pensais, je ne croise personne que je connaisse en chemin.  

Lorsque j’arrive sur place, la scène est à couper le souffle. Je m’écroule à genoux, abasourdie. Des draps étendus sur des corps, des gens blessés… Je n’arrive pas à en croire mes yeux et pourtant, il n’y a aucun doute possible. J’aperçois Ys, un master, qui passe à côté de moi complètement furieux et déterminé alors je me relève en vitesse, essuyant mes yeux d’un geste brut :

- Ys ! YS ??! Où est Aaron ? Et où sont les autres ?

Il dégage son bras de la main que je viens de poser pour le retenir, me disant que tout est perdu, que les anti-Terraens paieront pour ce qu’on a perdu, mais il part sans me laisser une quelconque possibilité de comprendre. C’est quoi, ces anti-Terraens ? Aaron, ou Mitsuki, il faut que je trouve l’un d’eux pour comprendre ce qui se passe !

Je cours frénétiquement vers des gens en tenue blanche, en train de hocher la tête, remontant un drap sur un visage qui me glace le sang. Cette fille, Pearl, une fille de ma classe qui était arrivée en même temps que moi à l’Académie. On s’entendait bien mais je ne lui ai jamais laissé le loisir d’apprendre à se connaître, de passer du temps ensemble… Sa gentillesse et sa maladresse, ça la rend attachante… La rendait attachante… Ça aurait pu être une amie, une bonne amie même. Mais ça n’arrivera pas. Mes lèvres se pincent alors que je baisse la tête, puis j’entends une voix hurler derrière moi, à laquelle se joint la mienne.

- Senri, NON !!!

Non, non pas lui. Pas Senri. C’est pas possible. Il faut toujours qu’il soit là où on ne l’attend pas, qu’il fasse des choses qu’on ne comprendra jamais, qu’il agresse tout le monde tellement il est entêté, qu’il joue les gros bras pour impressionner ou pour se rassurer… Senri. Si seulement j’avais osé te dire tout ce que j’ai en tête depuis qu’on s’est rencontrés. Depuis ces heures de colles à ranger la salle, le premier jour de ma rentrée. Depuis ce tête à tête improbable dans l’arène, à comparer nos forces et à faire n’importe quoi. Depuis ce jour où j’ai finalement compris que je craquais pour toi. Peut-être que rien n’aurait changé, si tu étais resté avec cette fille que tu affectionnais sans être certains de tes sentiments. Ou alors peut-être que ça se serait passé autrement, si j’avais réussi à t’avouer les miens… Espèce d’idiot, pourquoi toi…

Pourquoi fallait-il que vous soyez là, dans l’Académie à ce moment précis. Pourquoi faut-il que Tiago et Elisha soient allongés l’un à côté de l’autre comme Tonks et Lupin dans cette scène horrible de ma saga préféré, mais sans s’être franchement avoué ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre.

Et enfin, je trouve Aaron.
Celui qui m’a amené ici après mon Vide.
Celui qui m’a apporté l’occasion de me reconstruire et je n’ai jamais su remercié.
Pourquoi faut-il que tout ceux que je connaisse périssent, alors que je pensais déjà avoir tout perdu en arrivant ici…

Avant… Avant c’était dur. Papa venait de passer des mois à voir son corps le lâcher petit à petit, à perdre sa motricité en gardant toute sa tête. Des mois longs et horribles, des mois à essayer de le faire sourire pour que ça soit moins douloureux. Des mois à se soutenir avec maman et à se passer le relai pour être à ses côtés. Des soirées ensemble à s’enlacer pendant qu’il dormait… Jusqu’à ce qu’il ne se réveille plus.

Je m’éloigne des ruines de l’Académie, les yeux ruisselant de larmes et sort de l’enceinte de Terrae pour rejoindre le lac. Mes pas sont lents et quand j’arrive à destination, je m’assois au bord de l’eau, abattu et n’arrivant à penser à rien d’autres que les jours qui ont suivi avec Maman.

Maman, si seulement tu avais été là, là pour moi. Si tu ne m’avais pas rejeté, si tu avais su me regarder en face… Je sais bien que je ressemble à Papa, que c’était douloureux pour toi mais… moi aussi j’en ai souffert. Moi qui pensait qu’on se serrerait les coudes, qu’on traverserait ça ensemble… Tu m’as complètement laissée tomber et ça a laissé ces traces. Cette peur que ça arrive encore… Comment puis-je me résoudre à m’attacher à quelqu’un si toi tu m’avais abandonnée ?

A cause de toi, de cette phobie et… finalement à cause de moi, je n’ai laissé personne d’autres s’attacher à moi, je ne me suis attachée à personne, je me le suis interdit pour éviter que ça se reproduise et pourtant… je les ai perdu. Ceux que je voulais apprécier de façon détachée, je… je me rends compte que j’aurai aimé les connaître. Aimé les apprécier à leur juste valeur, partager nos secrets, passer des soirées avec eux sous les étoiles à rire des bêtises des autres… Si seulement j’avais dépassé tout ça et pris mon courage à deux mains !

- Et pourtant, j’ai tout perdu. J’ai tout perdu une fois de plus.

Je fixe la surface de l’eau, où mes larmes finissent leur chemin. Des larmes qui noient mes joues, qui ruissellent en continu et que je n’arrive plus à contrôler. Comme si j’avais jamais su contrôler quoique ce soit durant cette fichue éclipse d’ailleurs…

Le soir s’installe et je fixe la lune qui commence à apparaître derrière les nuages.
Une lune pleine, brillante à souhait, comme si une lueur d’espoir se pointait.
Un peu trop tard maintenant.

La surface se déforme à chaque larme qui tombe, la surface se trouble puis commence à prendre forme. Surprise et perturbée, je me recule comme pour me protéger alors qu’elle prend une silhouette humaine. Mon esprit me joue des tours ?

- Mon enfant, que fais-tu ?
- Comment ça, mon enfant ?

Je me lève, sur mes gardes et à la fois enragée :

- Si c’est une blague c’est horrible ! Je n’ai plus de mère, plus de père… je n’ai plus personne !
- Tu m’as moi. Nous sommes ensemble depuis ce jour. Depuis ce Vide que tu as ressenti et que j’essaie de combler. Comme l’eau arroserait une plante pour la maintenir en vie.
- Arrêtez vos métaphores, je suis seule plus seule que jamais et je ne sais pas qui vous êtes !
- Je suis ton affinité Leona. Ne vois-tu pas la Lune briller de tout son être et t’éclairer ? Ne vois tu pas ton reflet apparaître à ma surface ?

Je m’approche précautionneusement, me rendant compte que les rayons de lumière font apparaître ma silhouette pile à la surface de la sienne. C’est quoi ce délire ? Comment c’est possible ?

- Comment ?
- Je te l’ai dit, mon enfant. Nous sommes un et il faut que tu l’acceptes. Je serai avec toi pendant le reste de ta vie, comme une rivière coulerait du sommet d’une montagne pour se jeter dans la mer.  Acceptes moi et je te montrerai que tout ça n’arrivera jamais.

- N’arrivera jamais ? Que… Mais c’est arrivé, je les ai vu !
- Tu as vu ton pire cauchemar, mais ce rêve peut encore changer. Tu peux te réveiller et prendre les choses en main.
- Mais… Et si j’acceptais, mais qu’eux me refusaient ? Si je ne faisais jamais vraiment parti des leurs ? S’ils ne voulaient pas de moi dans leur…
- Famille ? Si c’est bien ce que tu cherches, tu la trouveras. La meilleure famille que l’on peut avoir, c’est celle que l’on se crée.

Je regarde l’esprit de l’Eau s’approcher et me tendre les bras, hésitante, puis me résous à tendre les miens pour l’étreindre. C’est un sentiment étrange qui me vient, comme si après m’être battue contre moi-même, je trouvais enfin la paix.

Je ferme les yeux et me réveille dans ma chambre, clignant plusieurs fois des yeux sans le croire. L’Académie est là, je suis entre ses murs et rien n’a bougé.

- Il y a toujours une première pierre à poser. Un élément solide pour continuer à se construire et il faut qu’on soit soudé.

Je bondis hors de mon lit et accoure dans la chambre de Pearl, ouvrant la porte en trombe pour la réveiller.

1494 mots sur Libreoffice

Thresh [VB]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 20:53
Avant de lire:
 

Attention, ce rp contient des scène pouvant être capable d'heurter la sensibilité des plus jeunes, ou du moins foutre en l'air toute leur éducation.

Des champs désolés, meurtris par les ravages du fléau. Les arbres qui autrefois coloraient avec les fleurs le paysages ne sont désormais plus que des troncs biscornus, comme souffrant d’un mal qui ne les avaient jamais atteints auparavant. Le soleil avait été remplacé par une brume épaisse et omniprésente. Ce lieu que l’on appelait les Îles bénies, havre de paix où la magie étaient étudiée n’est plus qu’une simple île ou seule la mort règne désormais en maître.
Au milieu de ces terres noircis, quelques être écervelés se battaient pour un dernier morceau de cuisse ou un muscle de bras qui dépassait du sol lorsque soudain, un pas lourd attira l’attention d’une de ces goules. Le cliquetis des chaînes en alertant une deuxième, puis une troisième, avant que la lacération rapide d’un de leur congénère n’alerta la totalité du groupe pour les faire déguerpir. Sortant des ombres, un spectre au manteau usé par le temps, avec un crâne pour simple visage, s’avança vers sa cible. Il pencha la tête pour observer de ses orbites la dépouille du corps de l’ancien humain mais également de la goule pour laisser échapper un simple râle, un long soupir qui résonna dans cette forêt comme une plainte d’insatisfaction.

-Trop rapide…
Thresh repris sa route, sa mémoire embrumée et avec peu de souvenir de ce qu’il s’est passé. Il prit le temps de s’asseoir sur une souche, de sortir un bras sectionné de sa besace pour le contempler, l’étudier. Que s’était-il passé ? Pourquoi la chevalière située sur l’index lui rappelait quelque chose, et que voulait dire ce tatouage sur ce biceps ? Le Gardien essaya de refaire le chemin des événements dans sa tête.

Les oiseaux chantaient encore, la milice était déjà active depuis l’aurore et tout le monde était à son poste, lui compris. La prison était son royaume, il était le roi et les prisonniers ses sujets dans un règne de peur et d’oppression qui était imprégné jusqu’au mur de la bâtisse. Chaque personne enfermée ici le savait : de tous les géôliers, la seule lueur d’espoir était de ne pas avoir affaire à lui. Cependant, l’un de ces individus allait devoir y passer, la séance d’interrogation du bourreau, dont les cris de douleurs avaient calculé par ses soins pour résonner le long de l’aile ou dormait la victime, ou les craquements d’os et l’explication de la procédure avait été dûment répété pour que cela reste gravé dans la mémoire de tout le monde, et qu’en plus d’infliger une torture physique, toutes les personnes alentours subissent une torture psychologique.

Lorsque Thresh fouilla le registre pour effectuer sa séance d’interrogation, le premier qui apparut fut celui de Maxwell. Selon les rapports, il avait été emprisonné ici pour des expérimentations illégales et non éthiques dans le but de faire progresser la science et la médecine, impliquant la mort de 15 personnes lors de ses tests. Le Gardien, avec un grand sourire aux lèvres concoctait son plan alors qu’il se dirigeait vers son terrain de jeu favori : sa salle d’interrogatoire. Le prisonnier était déjà là attaché à la chaise, et les yeux cachés par un voile noir opaque. Lorsque la porte se referma, le scientifique avait un léger sursaut, sa tête partait dans toutes les directions, cherchant d’où venait le bruit. Il commença à poser LA question lorsqu’il avait entendu des bruits de verres s’entrechoquer devant lui.

- Qu’allez-vous me faire ?


L’extase envahissant peu à peu le Gardien, il posa ce qu’il faisait pour se retourner vers son invité et lui retirer le bandeau, afin de dévoiler la scène dans laquelle le spectacle allait se produire : Maxwell était sanglé à une chaise au milieu, les deux mains sur les accoudoirs respectif, sans possibilité de bouger le moindre muscle. Tout autour de lui, rien de ce qui pouvait ressembler à une salle de torture n’y figurait, il y avait des fioles sur les tables, contenant toutes sorte de liquides dont l’étiquette lui était illisible, il y avait des plantes de toutes les régions, un livre grandement usé par le temps et tous les outils nécessaire qu’un guérisseur n’aurait jamais pu rêver. Après l’inspection rapide des lieux, le prisonnier observa la porte pour voir les traits de son geôlier. Thresh se tenait là, gardant son sourire de satisfaction et observant le malheureux.  Le silence fut brièvement brisé par le Gardien, qui s’approchait lentement mais de manière inéluctable vers son jouet.

- Je vais extraire des informations de toi, et te faire réfléchir à tes pêchés…


Il saisit depuis sa ceinture un marteau, qu’il abattit violemment sur la main droite du prisonnier. Les os brisés résonnèrent à travers la pièce et le hurlement qui en suivi fut sans précédent.
-Mais simplement poser des questions ne servirait à rien… J’attend beaucoup de chose de ta part.…
Un autre coup de marteau brisa la seconde main, leur hurlement se faisant toutefois plus faible.

-Je veux que tu me donne les noms de tes victimes pour commencer… Toutes tes victimes…

La peur, la confusion, la douleur et la panique s’emmêlait pour former le pire cocktail possible pour l’interroger : un amnésique... Les bras convulsant légèrement, le guérisseur balbutia faiblement

-Je… ne sais pas... je ne sais plus…


Agitant son index de manière négative, le Bourreau saisit alors une fiole de la table en répondant de manière sadique, accentuant le frisson de peur que Maxwell ressentait jusqu’à maintenant.

- Mauvaise réponse… Mais nous trouverons… J’ai tout mon temps !
Malgré une résistance devenue rapidement vaine, le contenu de la fiole dans la gorge du prisonnier, puis détacha les sangles du médecin. Dans un rire puissant, le spectre ajouta :

- Tu as… il regarda la fiole …2 heures pour créer l’antidote sinon tu ne t’en sortiras pas… et nous devrons alors tout recommencer. Je suis sûr que tu peux y arrive avec tes connaissances.

Le spectre se souvenait que le jeu avait duré un temps considérable. Plusieurs heures ? Plusieurs jours ? Il était incapable de le dire. Mais il était assuré d’une chose, la fin de la partie avait laissé un prisonnier brisé, incapable de bouger davantage, et un bourreau grandement satisfait. Il avait rempli son objectif et obtenu des informations que Maxwell voulait désespérément garder pour lui.

Cependant, il était incapable de se rappeler davantage, il n’avait que des bribes de mémoire : une secousse, des hurlements, puis le silence et ce décor. Lentement, le Fantôme des îles continua sa route vers une ville en ruine. Les pierres jonchaient les rues et ce qui auparavant semblait être la grande place était méconnaissable. Les racines dépassaient du sol pavé, certaines parties s’étaient effondrées dans un souterrain et il était possible d’apercevoir les grilles des cachots entre deux blocs de pierres. Durant de longue minutes, Thresh fixa un point précis des décombres, un buste sans vie était compressé entre des barreaux et un bloc de pierre, mais les chaînes qu’il portait au poignet eurent un effet immédiat sur sa mémoire.

Alors qu’il avait fini sa séance, Thresh trainait un Maxwell inconscient dans sa cellule lorsque qu’une explosion lointaine avait retenti. La puissance de celle-ci fut telle que le bourreau fut déstabilisé et fut obligé de lâcher son jouet et la porte qu’il avait déverrouillée. L’instant qui a suivi lui est encore flou avec le choc qu’il a reçu, mais le déroulement lui est clair : les prisonniers, profitant de la porte encore ouverte s’échappèrent de leur cellule et en profitèrent pour saisir Thresh, le privant de ses clés. Ils libérèrent les autres cellules pour s’échapper et, profitant de la confusion générale, se servirent des chaînes du bourreau pour le pendre haut et court. Le souffle court, se débattant dans le vide pour survivre, les dernières paroles du spectre résonnèrent à travers toute la prison. Une rancune sans limite et une torture sans fin a tous ceux qu’il trouverait.
Contre toute attentes, il se réveilla plusieurs jours plus tard, sortant de terre avec la forme et l’apparence qu’il possède encore actuellement. Lorsqu’il regardait autour de lui, tout était à son image : sans vie et désolé. Malgré la plupart de ses souvenirs perdus, son désir de torture était encore présent, plus fort que jamais. Le seul objet qui était nouveau pour lui était la lanterne, brillant d’une lueur verte et contenant quelques âmes, les malheureux qui n’ont pas pu en réchapper et qui ont perdu la vie près de lui.
Soudain une pierre tomba non loin de lui, et des pas légers résonnèrent, s’éloignant progressivement de lui. Serrant son crochet, un rire caverneux retentit sur la place. Le spectacle peut reprendre…

Shadock M. Phantom [SNKR]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 21:32
Shadock M. Phantom

En savoir plus sur Shadock:
 


Il laisse parcourir ses doigts sur son corps froid et déjà rigidifié. Elle n’a pas encore perdu de fluide corporel, mais cela ne saurait tarder. Elle est pourtant si belle, malgré les coups, malgré ses lèvres cousues l’une à l’autre, malgré la robe blanche écarlate de son propre sang. Ce même sang qui stagne à présent dans son corps si fragile, et pourtant. Et pourtant, elle avait été si forte.

Shadock ouvre les yeux. Il ne peut pas la laisser partir. Il ne veut pas, la laisser partir. Elle ne le lui permet pas. Elle a disparu, et a emporté avec elle tout son univers. Son seul repère, la seule clef qui lui permettait de ne pas perdre la tête : disparue. Froide et rigide, entre ses bras. Sa peau de porcelaine, habituellement rosée d’un air taquin, est si terne, si éteint. Elle est si vide, elle qui remplissait sa vie de chacune de ses apparitions. Elle est si vide à présent, elle qui était la source de toutes ses joies mais aussi de toutes ses peines. Son existence n’a plus de sens, sans sa présence. Vaut-elle encore le coup ? Cette vie qui se présente à lui, sans elle, vaut-elle encore le coup ?

Son cœur hurle un chagrin sans nom, sans fin. Un chagrin qui le ronge, qui le mange, qui le dévore. Un chagrin si grand qu’à chaque instant c’est comme si on lui comprime la cage thoracique si fort que son cœur explose. En mille morceaux. En mille maux. En mille mots, qu’il ne pourra jamais lui dire. Mille mots qu’elle n’entendra jamais, mille mots doux, suaves, faits de miel et de soleil, qu’il ne prononcera plus jamais pour elle. Plus jamais, pour personne. Mille mots, mille maux comme mille aiguilles qui jamais ne se lasseront de se planter l’une après l’autre dans le creux de son torse. Dans un ballet qui n’aura jamais de fin. Il pensait que leur histoire n’aurait jamais de fin.
Elle n’est plus là, c’est fini. Elle est morte. Elle est si froide et si rigide, entre ses bras. Lorsqu’il la soulève pour la serrer contre lui, il sent l’odeur du sang séché, l’odeur de la mort. L’odeur de sa mort. Il s’en nourrit. Elle est si vide, mais elle le remplit à nouveau.

Elle a disparu, et a emporté avec elle tout son univers. Toute sa force, toute la force qu’elle lui octroyait. Mais aussi sa plus grande faiblesse. Elle avait été son plus bel atout, mais aussi sa plus grande Némésis.
Aujourd’hui, elle n’est plus là. Elle est vide, si froide et si rigide qu’elle le dégouterait presque s’il n’en était pas aussi amoureux. Ça le ronge, ça le démange, ça le hante, à chaque instant depuis que ses yeux se sont posés sur les siens, absents. Depuis qu’il l’a vue, étendue dans son propre sang dans une macabre mise en scène. Tout ça pour le faire tomber, lui. Tout ça pour le réduire au néant. Tout ça pour qu’il meurt lui aussi. Et il sait, que chaque jour qui allait suivre celui-ci, ce serait mourir. Son existence n’a plus de sens, si elle n’est pas ici, chaude et légère, avec lui. Son existence n’a plus de sens, si sa peau blanche et douce, devient aussi froide et figée. Elle n’a plus de visage. Elle n’aura jamais plus le même visage. Il aurait préféré la voir sourire une dernière fois, et il se moque de lui-même de cette pensée futile. C’est pathétique. Il lâche un souffle ironique, et lève ses yeux sur le plafond décrépi, pour contempler ce qu’elle avait vu avant de partir pour toujours. Il la plaint. Il la plaint sincèrement de s’être amourachée d’un être comme lui. Plus jamais.

Plus jamais ils ne pourront le faire tomber.
En voulant l’exterminer, le réduire au silence, le pousser à un acte suicidaire ou à la folie, ils avaient juste réussi à le rendre invincible. Plus rien ne peut l’arrêter à présent. Plus rien ne lui fera aussi mal que ça. Et il survivra, il le sait, même s’il aurait préféré mille fois mourir à la place. Esprit de contradiction oblige, ils avaient voulu faire de son existence un véritable cauchemar. Il fera de son cauchemar celui de tout le monde. Il les fera souffrir, autant qu’il avait souffert. Il les fera regretter d’être venus au monde, il les fera le supplier de les pardonner. Il les fera ramper à ses pieds, comme ils auraient dû ramper à ses pieds. Plus rien ne le retient, plus rien ne le contraint. Plus rien ne peut l’atteindre.
Ils ont joué leur dernière carte, et il va rafler la mise.

Le Renard, meurtri, dépose la tête de feu sa bien-aimée sur le sol froid et sale. Il se résout à entasser des débris de bois sur elle. Il souffle une flamme, un dernier artifice, qu’elle aimait tant regarder, lorsqu’il tirait les feux pour les bals des nobles. Caboum, disait-elle. Caboum, lui dit-il, alors qu’elle s’embrasait. Elle sent le cochon grillé. Elle ressemble à tous ceux qu’il a brûlé. Désillusion. Il leur fera regretter aussi cela.

La détonation a attiré le regard de passants. Il remet son manteau blanc et parcourt ses gants blancs salis par le sang de sa si belle. Il ne ressent que le vide dans sa poitrine, son absence. Il l’a aimée autant qu’il l’a détestée. Il détestait le fait qu’elle le rende si vulnérable. Il adorait quand elle le rendait si faible. A présent, c’est fini. Elle n’est plus là. Il n’a plus aucune raison d’avoir peur. Plus aucune raison d’avoir peur de perdre, puisque c’est déjà fait.
Il renifle, le cadavre emplit ses narines de l’odeur de chair brûlée. La fumée lui pique les yeux. Il n’a même plus de larmes pour la pleurer. Il se sent si vide, mais bientôt rempli d’une haine sans nom. Ils ont fait une énorme bêtise en lui arrachant son Amour. Tout le contraire de ce qu’ils avaient prévu.

Maintenant, il ne trouverait peut-être plus jamais la paix à l’intérieur de lui-même. Mais sur le monde, entre les trois murs qui retenait l’Humanité, il allait faire déferler toute sa douleur. Il n’aurait jamais de cesse de les poursuivre, de les torturer, de les faire plier comme ils avaient voulu le faire plier. Tous. Tous sans aucune exception. Tous, parce que personne ne lui arriverait jamais à la pointe de la cheville. C’était un non-sens, qu’elle ne puisse pas vivre, et qu’eux se le permettent. Il ferait en sorte de la satisfaire, de chercher sans cesse à se rappeler son souvenir.
Plus rien ne peut l’arrêter, à présent. Plus rien.

Il n’avait plus rien. Plus rien à l’intérieur. Mais tout à raser, là-dehors.

Ayano [KHS]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 22:04
Ayano Tsuno

Epreuve 5 : La première pierre 200712100947601432

Contexte et personnages ::
 

 
Pierre qui roule


Vous l'aviez manqué à Tokyo, de peu, depuis son message préenregistré passait en boucle sur votre radio dès que vous vous sentiez flanchés.  Vous y étiez presque, bientôt vous serez enfin ensembles. Sentant vos pieds flanchés, vous allumez la radio. Il avait fallu qu’elle aille sur une montagne...  

Grésillement de radio, puis la fréquence se stabilise et une voix vous parvient.


“... grr.... Pluie... shhhrrr...Et là en une seconde, alors que vous êtes en train de parler avec votre meilleure  amie, tous les gens autour de vous disparaissent, comme balayés par le vent.  D’eux, il ne vous reste que leurs vêtements, et un petit tas de poussière.  Imaginez,  les  avions tombant un  à  un  sur  la  ville, les  voitures  se  rentrent dedans.  Les trains derraillent et foncent dans des immeubles ou des champs. Vous clignez des yeux, vous avez a peine le temps de comprendre ce qui se passe, et tout le monde est déja mort. Vous êtes seule.

Si vous entendez ce message, c’est que je me suis trompée, c’est que je ne suis pas si seule que ça.
Soupir Mais ça m’étonnerait,… “

Vos bottes font craquer la neige alors que vous avancez difficilement, vous êtes exténué, fatigué, affamé....  À votre cou, la radio diffuse la petite voix chantante que vous écoutez depuis des semaines avec espoir. Vous, vous continuez d’y croire, grâce à elle.  

“Je pense que, si vous m’écoutez, comme moi, vous avez vécu tout ça. Les premiers jours d’incompréhension, l’isolement, l’espoir de trouver quelqu’un... Et au final, quand vous retournez à la maison de vos parents, vous ne trouvez que des vêtements et des souvenirs du passé.
 
Puis vous vous mettez à sillonner votre environnement, pour moi c'était la ville de Kobe, je ramassais çà et là des photos, des souvenirs de lieux où j’avais été, je crois qu’à cette époque, j’avais peur de quitter le seul endroit qui me rattachait à ce que j‘étais.

Plus d’électricité, plus de réseau. Les pluies d’étoiles filantes le soir signifiaient sûrement que les satellites n‘étaient plus. Plus d’internet, plus de gens dans la rue, plus rien, plus personne.

Oh mais je ne me suis même pas présentée, pour ceux qui nous rejoignent, enfin pour celui ou celle qui me rejoint, plutôt, je m‘appelle Ayano Tsuno. Je suis une japonaise et j’ai.... 26 ans, je crois, si je n‘ai pas oublié de jours dans mon calendrier improvisé. Ça fait déjà 7 ans, depuis la disparition du reste du monde... Donc oui, 7 ans...

J’ai pas mal voyagé dans l’archipel durant ces dernières années, et après n’avoir trouvé personne... Enfin, disons que maintenant je continue d’être en mouvement, plus pour voir différents paysages que pour l’espoir de tomber sur quelqu’un. C’est mieux comme ça. “


Sous vos pieds des traces de pas dans la neige, elles ne sont pas vieilles, peut être d'un ou deux jours. Un humain et un chien. Ça fait tant de temps de vous attendez ça, comme allait-elle réagir, comment allez-vous réagir ?  Est-ce que vous allez seulement bien vous entendre ou vous entre tuer ?  Il n’y a plus de police, plus de loi, il pourrait arriver n’importe quoi.  

“Être en mouvement et voir le monde m’aide à ne pas craquer. Actuellement je suis à Tokyo, dans la Tokyo Skytree, mais je prévois à partir de demain donc euh c’est le.... 26, jusqu’au mois prochain d’aller à Hottarakashi Onsen, près du mont Fuji, si quelqu’un veut venir me rejoindre là-bas pendant mon bain de minuit il ou elle est plus que bienvenue.  

Donc oui, voyager m’aide et quand je ne suis pas sur les routes, j‘apprends des nouvelles choses, botanique, survivalisme, self défense, menuiserie, mécanique… Je trouve beaucoup de bouquins sur ma route que je lis tous les soirs. Ça m‘aide à rester active même dans ma tête. J’ai aussi trouvé des panneaux solaires portables pour charger mon téléphone... Même sans réseau, j’ai pas mal de trucs dessus. Des messages audios, des photos, des vidéos... Ça aussi, ça m‘aide, à dormir notamment.

Tout ça m‘aide à ne pas craquer, ne pas abandonner, j’avais peur au début de commencer à entendre des voix, maintenant, j’ai peur de ne plus jamais entendre que la mienne. Oui, bien sûr, la solitude est là, elle est même omniprésente. Mais au fond de moi, j‘ai espoir, en toi.
J’ai espoir que ce soir, tu viennes toquer à ma porte, et je vais même aller jusqu‘à espérer que tu sois quelqu‘un de bien en plus. Peut-être même... Quelqu‘un que j’ai connu avant. Un camarade de KHS (Kobe High School), ou alors une princesse venue du bout du monde en suivant ce signal radio... Qui sait...
Vous savez, je suis quelqu’un d’assez tactile, ne plus pouvoir toucher les autres me manque. Notamment les rapports plus intimes, je me souviens dans les douches du club de natation... “


Enfin, vous voyez l’onsen et vous coupez la radio. Ceci marque sans doute la première rencontre entre deux êtres humains depuis des dizaines d’années. La première pierre vers un renouveau ou vers un nouvel éboulement.  

Alors que vous vous arrêtez, essoufflé devant la porte d’entrée, celle-ci s’ouvre d’un coup et une jeune femme que vous avez imaginé dans vos songes de nombreuses fois au court des derniers mois vous lance un grand sourire, les yeux pétillants de joie.  

Elle n’est pas très grande, ses longs cheveux roses lui tombent sur les épaules, elle n’est habillée que d’une simple serviette, sortant visiblement des sources chaudes. Dans sa main, une machette, et dans l’autre, une tasse d’une boisson fumante.  

“Salut !”

Elle vous tend la main qui tient sa machette en s’approchant avant de se raviser. Se rappelant surement sa tenue et qu'elle devrait se méfier, tout comme vous.

“Je... Sacrée surprise, Ah, si on m’avait dit ce matin... enchantée de faire ta connaissance !”

Ses yeux semblent humides, tout comme vous elle est bouleversé de revoir quelqu'un . C’est le premier être humain que vous croisez tous les deux depuis 7 ans après tout.
           
“Je vous en prie entrez... On va tranquillement apprendre à se connaitre tous les deux. Ne soyez pas timide, entrez ! Il y a une tasse pour vous aussi. Je vous conseille de ne pas faire n’importe quoi par contre... prince(sse)”

À côté d’elle, un chien, un husky, vous guette, et vous comprennez très bien l’avertissement. Il n’y a plus qu'à espérer que tout se passe comme dans vos songes...


Codage par Libella sur Graphiorum

Parcimonie [Lacrimosa]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 22:37
Parcimonie


Parcimonie a la loupe:
 


Tout ne s'était pas fait d'un coup. La maladie avait commencé par emporter les uns, la folie s'était emparé des autres, et pour les survivants, ne restèrent que des fanatiques qui finirent par faire imploser le minimum de confort que notre bête avait trouvé. Puis, un beau jour, il n'y avait plus rien. Laissé seul au milieu d'un champ de ruine et de désespoir, Parcimonie, qui avait essayé jusqu'à présent de garder la tête haute, craqua. Lui, le Dragon, se retrouvait seul. Tout seul. Sa première réaction fut de se demander ce qu'étaient cette substance liquide sur ses joues. Puis, bientôt, cette pluie imaginaire devint un torrent de larme. Il n'y avait plus rien, plus personne, et surtout il était seul. Il n'avait jamais été seul, et la solitude le terrifiait.

Il resta d'abord debout et stoïque face aux terres désespérées devant lui. Puis il se recroquevilla tel l'enfant qu'il était. Il se recroquevilla autour de lui-même, dans cette étreinte qu'il n'aura jamais plus, et s'abandonna à ses sentiments les plus premiers : la terreur, la terreur froide qui paralyse, la terreur profonde et viscérale. Il était seul, et plus rien ni personne n'était là pour veiller sur lui-même. Plus encore, il n'y avait plus personne pour veiller à sa survie. Il fut tenté de s'allonger dans les ruines de ce qui fut son ancienne vie, et d'attendre. Attendre que le soleil ne se couche, attendre que le froid, le vrai, le tangible, vienne l'emporter. Mais ce n'était pas son genre.


Après avoir évacué sa panique, il laissa la dure et brûlante résolution de vivre envahir et défaire la froidure qui venait de s'enliser en lui, pour finalement redresser la tête, maintenant couronnée de soleil. L'aube venait de terminer de s'étendre, et le feu qui brûla dans les prunelles étriquées du monstre renvoyait une image terne de l'astre solaire. Déterminé à vivre, Parcimonie commença par trouver sa priorité : la nuit venue l'atteindra, lui et son sang froid. Il avait donc toute une journée pour s'improviser Robinson Crusoe. Et cela commençait par réunir les informations qu'il avait. Il avait assez vécu d'aventures littéraires pour savoir comment y faire. Trouver un abri. Heureusement il avait de longues ailes lui permettant de voler sur de longues distances, et de bons yeux permettant de trouver ses proies de loin. Mais il n'eut pas besoin de prendre son envol pour voir les tissus abandonnés un peu partout.

Draps, vêtements, tentures, tout ce qui pourrait le garder au chaud la nuit lui fut intéressant. Il ne s'encombra pas à trouver de grands morceaux de tissus, car la plupart étaient coincés sous les décombres. L'idée était de trouver un moyen de se protéger rapidement. Et il y avait tant de choses ici, qu'il n'était pas difficile de se servir. Une fois ses mains encombrées de tissus épars, il déploya ses ailes, et chercha maintenant une grotte. Un abri, une cave, un bunker, quoi qui fusse un rempart face au vent. Et il trouva plus qu'il ne voulut. Dans les explosions fanatiques, de larges morceaux de gravats s'étaient éparpillés çà et là au gré des paysages. Il trouva sans mal une pierre lui offrant assez d'espace pour s'abriter en dessous. Laissant donc cet endroit comme son nid provisoire, il alla ensuite réunir de quoi faire du bois.

Le plus difficile serait de trouver des silex afin de créer l'étincelle providentielle. Et le problème c'était que la chimère n'avait pas la moindre idée de la pierre, ni de son apparence. Sauf le nom, il n'avait jamais eu besoin d'en savoir plus. Alors, il se contenta de faire voyager son regard d'une pierre à l'autre. Toutes celles qui semblaient apte pour devenir un outil furent sélectionnées et ramenées au nid du dragon. Maintenant se posa la question de quoi faire brûler. Le tissu était une bonne idée, mais Parcimonie craignait vraiment d'avoir froid cette nuit. D'un côté, s'il parvenait à faire du feu, il n'aurait pas froid. Et donc pas besoin des tissus...

Laissant cette énigme pour une heure plus avancée de la journée, le bipède décida d'aller explorer ces ruines. Mais l'idée de croiser une âme désespérée l'en dissuada. Il n'avait pas envie de se battre, il n'avait pas envie de se retrouver face à autrui. Son nid était suffisamment éloigné de la zone de guerre pour être menacé. Maintenant qu'il avait trouvé des tissus, des pierres, il chercha du bois. Planches et autres copeaux pour alimenter les flammes d'une nourriture plus épaisse que de simples pour de fibres. Alors qu'il délogeait une poutre relativement épaisse de son nid de débris, Parcimonie trouva quelque chose ressemblant à un tesson de verre. Il le prit immédiatement, et revint « à la maison ».

Juste avant de pénétrer en dessous de la bâtisse branlante, il se dit que c'était véritablement son chez-lui. On ne lui avait pas imposé, on ne lui avait pas dicté, il était libre. Et passé l'effarement des premières heures, finalement être seul ouvrait tout un tas de possibilité : il voulait un potager, il voulait cultiver la terre, il voulait des animaux. Pas pour les manger, mais pour se dire qu'il n'était pas différent d'eux. Dans son monde, il n'y avait pas d'humain. Seuls les oiseaux, les poules et les chèvres le peuplait. Alors il se mit au travail. Les pierres qu'il avait donc trouver plus tôt étaient inutiles maintenant qu'il avait le petit bout de verre. Il prit d'ailleurs quelques secondes pour regarder en souriant le petit triangle vert :


- Peterkin me semble pas mal, comme prénom, vu d’ici.


Grâce aux pierres amassées plus tôt, il parvint à se fait une sorte de plateforme au-dessus du feu. Il n'avait aucune idée de ce à quoi ça pourrait lui servir, mais il l'avait. Ensuite, avec le bois trouvé, qu'il s'épuisa à réduire en charpie, il essaya de se faire du petit bois et du bois moins petit. Malheureusement la poutre était trop épaisse et conséquente pour plier sous les assauts de cet insecte à écaille. Il décida alors de la stocker dans son abri de fortune, placée en biais au-dessus de lui. En réalité il n'avait pas fait attention à la longueur de l'objet, et elle s'était retrouvée coincée à la verticale au milieu de l'abri. Et ce fut avec raison, car quelques jours après, la pierre qui faisait le toit de son abri, secoué et gonflé par la chaleur du feu, n'avait pas tardé à s'effondrer au beau milieu de la nuit. Parcimonie n'avait dû son salut qu'à sa maladresse et à cette poutre qui l'avait protégé.

Parcimonie retrouva aussi le plaisir simple de creuser la terre. Ses mains griffues et écailleuses étaient parfaites pour cela. La terre molle et meuble ployait sans difficulté sous ses griffes, lui permettant sans mal de semer maladroitement les quelques aliments qu'il avait trouvé. L'odeur de la terre humide et fraîchement retournée, c'était une odeur qu'il découvrait avec délice. Il avait pris aussi plaisir, loin de tout regard inquisiteur, à mettre son visage dedans, à sentir ce contact doux et rugueux à la fois. Pour la première fois de sa vie, il se sentait en harmonie avec sa nature. Un animal, revenu à la Nature. Il avait trouvé du poisson qu'il n'avait eu aucun mal à pêcher et à faire cuire sur la plateforme qu'il avait faite. Le feu n'était plus un problème, et maintenant il avait ses premières plantations qu'il venait tout juste de mettre au sein de leur Mère à tous.

Bientôt, tandis que les premières pousses sortirent, Parcimonie caressa doucement sa barbe, et regarda autour de lui. Un Animal de retour à la Nature, un potager disparate, qui ne répondait à plus aucun critère de beauté, car ceux-ci étaient morts avec tous les autres. Parcimonie se sentait, pour la première fois de sa vie, tel le dominant qu'il était. Le Dragon dont l'ombre recouvrait son monde, le Dragon dont le monde pliait sous l'impulsion. Le Dragon n'ayant plus une seule contrainte. Le Dragon libre.


Et si, au début, cette nouvelle vie l'avait terrifié, il avait été stupide de l'être : ça avait toujours été sa nature, d'être là, dehors, les pieds dans le sol, gorgé de vie, et de soleil, pêchant pour se nourrir, cultivant des fruits et des légumes pour le simple plaisir de le faire. Il n'avait jamais eu besoin de plus, vivre simplement était la plus parfaite des expériences. La Chimère était revenue à la maison. Et la maison était la Nature qui l'avait accueillie à branches ouvertes.

Vrankiel (Nanoroleplay)
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 22:55
Pallas

Nanoroleplay est un forum  au concept simple : Pas plus de quatre lignes !  Il autorise ses joueurs à faire évoluer 10 personnages dans six univers différents. Parmi ces univers, on retrouve  Xmen,  le médiéval-fantastique, le steampunk, le space opéra et enfin école de magie.

Pallas est née  sur la ville-monde de Celur  avec des malformations des membres supérieurs. Ils seront remplacés par des bras cybernétiques.  Elle est atteinte du syndrome Asimov qui fait qu’elle se considère comme une machine et non comme un être vivant.  La jeune Pallas devint une développeuse de jeux vidéo du Studio Alpha Perdu  puis se rendit fugitive après avoir piraté une entreprise médicale développant une arme biologique.  


                                       #   Touche Reset

J’ai supprimé l’univers.

Comment ?

En supprimant les lois Asimov de la mémoire des Intelligences artificielles. Et en m’auto-accordant les droits d’administrateurs de l’univers d’Oxtros. Le règne de la caboche intemporelle du PNJ Chancelier Nostromos  est terminé. Celui de l’Administratrice Pallas Ludrian ne fait que démarrer.

Pourquoi ?

Pour reset le monde.

Mais encore ?

C’est une analyse de mes motivations ?

OK. Je vais répondre.

Pour régler les bugs. Surpopulations, marée noire, Pollutions, Crimes, etc...

C’est un projet digne de vous  Administratrice !

Merci 2B.

Mais vous ne vous sentez pas seule  dans l’univers maintenant ?

Non.  Le programme « solitude » n’est pas activé dans mon système.  Pourquoi le serait-t-il ? Je vais enfin pouvoir coder le projet « Alpha Perdu » grâce à la mise hors-service de toutes les Intelligences Biologiques de l’univers.

Veuillez définir le terme Intelligence Biologique Administratice.

Une Intelligence Biologique… C’est un être vivant capable de penser des concepts scientifiques et abstraits et d’éprouver des  émotions.  Capable de s’exprimer par la parole ou les gestes.

Ajouté au Dictionnaire.  Vous semblez distraite par ce corps Administratrice. Analyse du statut des fonctions vitales : décédé.  Est-ce vous  le reconnaissez ?

Je confirme.  

D’après ma base de donnée sur les structures faciales, ce visage identifié comme appartenant à un hybride Telun-Humain  ne correspond pas aux standards de la beauté  Telune. Motif : absence de corne.  En ce  qui concerne les standards de beauté humaine, je ne puis être exhaustive  en raison d’un certains nombre d’appariement d’Humains avec des Teluns (Humanoïdes bleu avec des cornes), des Shreeks (Volatiles bipèdes), des Nemiens (des poissons humanoïdes aux yeux globuleux) et des Valeths  (des félins amateurs de sucre) enregistrées.

Il avait un bug dans la matrice, il n’avait pas beaucoup d’autres dialogues que  « euh… ».  Je n’ai pas pu trouver le temps d’en chercher l’origine. Ce devait être un petit oubli de balise quelque part.

Une atteinte aux fonctions cognitives,  vous voulez dire Administratrice ?

Erreur. Mon logiciel estime plutôt qu’il s’agit d’un défaut de programmation de personnalité du PNJ.  L’odeur de putréfaction attaque mes capteurs sensoriels.

Je vous suggère de vous éloigner Administratrice.

Bonne idée 2B.

Administratrice,  puis-je utiliser le terme  miraculeux pour qualifier votre découverte d’une usine intacte et fonctionnelle ?

Tu peux 2B. C’est incroyable que  les combats entre Intelligences Biologiques et Intelligences Artificielles ne l’aie pas endommagée. Je vais pouvoir appliquer la seconde phase de mon projet  « Alpha Perdu » : Réparer les bugs commis par les Intelligences Biologiques aux planètes. Il faut que je code une Intelligence Artificielle qui analysera l’atmosphère et l’environnement des planètes  puis produira des machines  destinées à la dépollution. Ensuite, je  devrai  créer un sous-programme pour qu’elle puisse assurer la maintenance de l’usine  et un troisième sous programme pour la récolte des matériaux nécessaire à cette maintenance.

Comme attendu de votre génie Administratrice.

Ce n’est que la seconde phase de mon projet 2B.

Ne soyez pas trop modeste Administratrice. Le projet Alpha Perdu est sans commune mesure d’après ma base de donnée. Aucun fichier ne mentionne le génocide de l’univers d’Oxtros  puis la programmation d’Intelligences Artificielles pour restaurer les planètes dans leur état originel.

C’est vrai.

Si je puis me permettre Administratrice, vous devriez prendre plus soin de votre santé ; il n’existe plus de médecins à l’exception des robots médicaux pour vous soigner. Et encore, je ne puis vous garantir qu’ils n’ont pas été endommagés par la guerre et le temps.

Mais… Le projet Alpha Perdu ne peut attendre. Ça fait deux décennies que je progresse dans l’exécution des tâches !

 Si vous disparaissez, le projet Alpha Perdu n’aboutira jamais Administratrice.

Nom d’une puce ! Mille Milliards de Pixels ! OK ! Je prends une pause !

Merci d’avoir pris en considération ma remarque Administratrice.

2B ?

Que désirez-vous me demander Administratrice ?

Comment est mort Nostromos ?

Selon l’enregistrement vidéo du robot-ménage responsable de son décès, il fut attaqué pendant qu’il se trouvait aux toilettes en train de satisfaire un besoin naturel Administratrice. Souhaitez-vous que je projette  la vidéo ?

Non merci 2B.  Je me demande quel était la couleur de son papier toilette.

Pas la marque AlienTex que vous utilisez actuellement Administratrice.

Seconde phase terminée. Elle m’aura pris trente ans.  La tâche des Intelligences Artificielles que j’ai créé est…

Puis-je vous suggérer le mot prométhéenne Administratrice ?

I like it. Prométhéenne… Oui…  Elle prendra fin bien après ma date d’obsolescence.   Quel est ton nom petit robot ?

WALL-E !

Ta tâche ?

Ramasser les déchets et les recycler  Administratrice !

Brave robot ! Tu peux poursuivre ta tâche.

Vous semblez satisfaite Administratrice.

J’éprouve le programme « satisfaction » parce que mon logiciel sait que le projet Alpha Perdu est entre de bonnes mains.   La Troisième phase  doit avoir une exécution retardée et conditionnée à l’achèvement des tâches  données aux Intelligences Artificielles de la seconde phase sinon elle échouera 2B. Il s’agit du repeuplement. Et la Quatrième étape consiste à rétablir les Lois Asimov et créer des Intelligences Artificielles qui veilleront à que ces bugs ne se reproduisent pas.

Tu me manques Administratrice.  Je vois l’Alpha Perdu  pour lequel tu as travaillé pendant  soixante-dix ans  avant de mourir.  Je vois les mers à nouveau pleine de vie marine et débarrassée de sa pollution, je vois les forêts luxuriantes et animées par les bruits des oiseaux et les cris des autres créatures. Je vois  les différentes espèces d’Alpha Perdu coexister dans la bonne entente  sous l’oeil bienveillants des Gardiens que tu as créé.  J’ai décidé de créer une réplique de toi qui profitera de ton Alpha Perdu.

Elenor Kingston
Elenor Kingston
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 22:57
Irys : 276165
Profession : Haute Générale commandant des forces navales de Daënastre
Daënar +3 ~ Tyorum (femme)

Présentation du monde d'Irydaë:
 

Présentation d'Elenor Kingston:
 

Contexte à l'épreuve a écrit:
Au cours d’une mission diplomatique, Elenor se retrouva, un peu par hasard, en possession d’antiques plan sur une arme qui aurait la faculté de détruire les Architectes. Après des années d’études menées dans le plus grand secret, de travaux maintes fois vérifiés et de prototypes plus ou moins stables, elle et son équipe réussirent à créer un engin qui devait drainer les Architectes de leurs pouvoirs et se faisant mettre un terme à leur existence. Toutefois, et malgré d’innombrables nuits blanches passées à y réfléchir, Elenor n’avait pas réussi à comprendre où irait la magie ainsi extraite.
Malgré cela, et contre l’avis de ses proches collaborateurs, elle ordonna son activation.


Elenor se rappelait le bruit terrible de l’engin, comme un rugissement qui montait du plus profond de la terre, et les arcs d’énergie qui crépitaient à travers la pièce, rebondissant sur les murs d’acier, saturant l’air d’une écœurante odeur d’iode. Un éclair toucha quelqu’un et, sans un bruit, sans même un infime grésillement, il fut effacé de l’existence aussi simplement que l’on aurait rayé un résultat erroné. Il y eut des cris, plutôt des hurlements, Elenor sentit qu’on l’attrapait par l’épaule. L’engin cessa de trembler et un épais silence tomba sans crier gare. Nul n’osait bouger. Elenor eut l’impression que le sol se souleva sous ses pieds et une lumière  illumina la pièce, si vive qu’elle en faisait disparaître toute ombre, donnant à la scène l’allure d’un dessin sans perspective. Puis le noir s’abattit devant les yeux d’Elenor et une seule pensée parcourut ce qu’il restait de son esprit :

« Les calculs étaient pourtant parfaits. »

Elle se tenait au milieu du cratère, sans souvenir de s’être réveillée ou d’avoir ouvert les yeux. Balayant son environnement du regard, elle constata qu’elle était entourée par les ruines de ce qui avait été un laboratoire. Ton laboratoire. La pensée parvint à son esprit, sans qu’elle ne puisse comprendre d’où elle venait. Au milieu des gravats gisaient des corps calcinés, tordus dans des positions invraisemblables par quelque force étrange. Par la douleur. Encore une fois l’information apparue dans ses pensées comme un écho dont elle ne pouvait saisir l’origine. Il y eut d’autres échos : une certaine tristesse, des voix qu’elle ne reconnut pas tout en sentant qu’elle aurait du, des rires, des caresses, des noms qui s’effacèrent avant qu’elle ne les retienne… tout semblait lui filer entre les doigts comme du sable emporté par une vague.

Ce fut un discret clapotement irrégulier qui la détourna de ses pensées : le cratère était situé juste au bord de l’océan et chaque vague venait déborder légèrement à l’intérieur, s’écoulant le long de la paroi de terre jusqu’à un petit bassin qui commençait à se former. Quelque chose dans ce mouvement la gênait plus que tout : il n’y avait pas le même temps entre chaque arrivée d’eau, laquelle ne tombait pas en quantité constante et n’empruntait même pas le même chemin à chaque fois, traçant une multitude de sillons inutiles. Un spectacle si… imparfait. Cela ne tenait pourtant pas à grand-chose, il n’y avait que quelques secondes de décalage, si on les supprimait et que l’on creusait un peu la pente pour canaliser le flux l’incertitude devrait disparaître. A peine l’eut-elle pensé que le changement prit forme sous ses yeux, sans qu’elle ne s’en sente le moins du monde perturbée. Elle se posa un instant la question de savoir si elle aurait du, mais le glougloutement enfin régulier de l’eau l’arracha à ses hésitations pour le contempler avec satisfaction.
Enfin, régulier… pas vraiment ! Elle le percevait maintenant, ce mince décalage qui faisait voler en éclat son plaisir, comme du verre mal refroidi. La cause était plus profonde, elle le percevait, il lui fallait remonter à la source. Désormais elle percevait l’océan, d’un bout à l’autre du monde, pouvait sentir le déplacement de chaque goutte d’eau, de chaque vague, la naissance de chaque tempête. Ce n’est pas normal. Un autre écho, qu’elle chassa d’une pensée, elle n’avait pas le temps de s’en occuper, maintenant qu’elle voyait tout elle se rendait compte du travail qu’elle avait à faire pour obtenir quelque chose qui fonctionne aussi régulièrement qu’un pendule. Elle s’y attela aussitôt, ajustant toutes sortes de choses : nombre de vagues, hauteur, fréquence, courants de surface et de profondeur… Il lui suffisait de se représenter les équations qui soutenaient son œuvre pour que, sans un effort de sa part, le monde s’y conforme.

A chaque fois qu’elle commençait à approcher d’une solution elle se rendait compte d’un nouveau paramètre qu’elle devait prendre en compte : comment pouvait-elle avoir un océan stable avec un soleil dont la température variait de façon si aléatoire ? Comment obtenir des marées régulières avec des côtes aussi biscornues et des fonds marins aussi chaotiques ? Alors à chaque fois elle faisait de nouveaux calculs et patiemment, un problème après l’autre, les rouages se mettaient en place avec une précision parfaite. Après le soleil et les côtes se furent le tour du vent qui n’arrêtait pas de changer de direction, des nuages qui se formaient au petit bonheur la chance, des montagnes et des roches qui s’érodaient sans cesse, des îles volantes qui se baladaient en pleine anarchie et des plantes qui se développaient trop tôt ou trop tard.
Finalement, ne restèrent plus que ces parasites de toutes tailles qui se mouvaient de leur propre volonté, sans respecter le plan qu’elle avait décidé, sans même sembler le comprendre ou le voir. Étaient-ils trop insignifiants, trop stupides ou ne disposaient-ils seulement pas des sens requis ? Elle n’arrivait pas à le savoir. Elle allait se débarrasser d’eux, puisqu’ils ne pouvaient se conformer à son plan, mais une indescriptible sensation retint sa volonté. Ces échos qui l’agaçaient depuis qu’elle avait commencé à améliorer son monde se firent plus forts, plus précis, alors que son attention se portait sur les parasites. Des souvenirs lui revinrent en mémoire, des émotions, des visages… Elle avait été l’un d’eux, un de ces êtres limités, incapable de saisir l’ensemble de leur monde, approximant sa réalité sans voir le tableau d’ensemble, à essayer de contrôler le peu qu’elle pouvait comprendre… une existence bien vaine, elle s’en rendait compte désormais. Mais néanmoins la sienne, pendant des années. Elle hésita.

Et puis tout disparut. Les souvenirs, les émotions, les visages, les échos… les parasites. Il ne restait plus qu’elle et son monde, qu’elle regardait tourner comme une montre bien réglée, se délectant de chaque mouvement, de chaque bruit, comme autant de tic et de tac parfaitement synchronisés. Il n’y avait rien de plus, rien de plus à faire que de contempler son chef d’œuvre. Il lui faudrait au moins une ou deux éternités pour s’en lasser.


Fiche
Elenor parle en : #ffcc66

Ithen Levenski [DT]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 23:05
Ithen Levenski

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La recette de ma tambouille (::
 

Le temps, champ de vie
La vie, chant de temps
Vent sifflant, fleuve ondulant
Toute fin vient sans prix

Au commencement, il y avait la liberté.

Sa liberté.

La liberté de savoir qu’il vivait dans un tout petit coin de monde un peu corné, de voir les bords que formait les courbes de ce paysage si familier qu’il n’avait jamais quitté. Qu’il n’avait jamais voulu quitter. De savoir que ces limites n’étaient en réalité que fictives et qu’il aurait pu courir le monde si l’envie l’avait effleuré. De savoir quelle était sa vie et quelle pourrait être toute autre si seulement il le décidait.
Il y avait une famille, à ses côtés. Une mère, seulement, mais c’était bien assez. Assez pour avoir la liberté d’aimer, de détester, d’enlacer comme de repousser. Il avait le choix, le droit de la quitter. Il y avait des amis, aussi. De quoi réchauffer un peu lorsque l’hiver se faisait trop présent.
Tout ceci, tout ce qui avait pu faire sa vie, du crépitement rassurant dans la cheminée surannée à l’ombre gigantesque des pins qui dominaient le paysage en passant par le ciel où parfois le soleil ne venait même plus se lever, il l’avait perdu. Parce qu’il avait eu le choix et fait le mauvais, parce qu’il avait voulu jouer et n’avait pas gagné.
Il s’était retrouvé seul, dans un habitacle d’acier qui l’avait emmené loin de tout. Loin de son petit coin de monde qu’il n’avait pas même fini d’explorer, loin de cette mère contre qui il s’était déjà tant déchaîné, loin de ses amis qui l’avaient abandonné. Il roulait droit vers une cage qui allait le priver du ciel et des pins et du crépitement de sa cheminée.

Avancer
Continuer

Il aurait dû y arriver, dans cette cage métallisée, mais il n’en a jamais vu l’enceinte.

Certains comptent en heures
Certains comptent en jours
Certains comptent en pleurs
Mais tous comptent sans retour

Il était apparu entre ces murs aux angles si différents de la forme que prenait la neige aux abords d’une boucle de rivière, dans cette ville que tout opposait au village dans lequel il vivait. Il avait toujours autant de mal à se rappeler de la suite d’évènements qui l’avaient conduit dans cette cabane, au beau milieu des bois qui hurlaient sous les assauts du vent que déchaînait la tempête, mais il était certain de ce que ce lieu lui assurait : un renouveau. Un nouveau départ, une nouvelle vie, un recommencement qu’il allait croquer à pleines dents. Et cette fois-ci, il n’y avait plus les serres si terriblement agaçantes du courroux de celle qui l’avait mis au monde, ni la menace d’une vie d’enfermement planant au-dessus de son crâne, ni la perspective désolante des trahisons que pouvait présenter l’amitié.
Au matin, l’orage envolé, ses deux compagnons disparaîtraient de la même façon que la foudre se tairait et il serait alors le nouveau maître de sa destinée, le seul à choisir où ses pas pouvaient le guider, l’unique être à décider de ce qui allait désormais lui arriver.
Il pouvait rester dans la forêt pour en apprécier la grandeur, le calme et l’ombre rassurante des cimes qu’il ne se lasserait jamais d’admirer. Il pouvait tout aussi bien rejoindre la ville, flâner dans ses rues et s’y dénicher quelques murs qui lui feraient oublier qu’il ne restait de chez lui qu’un lointain souvenir. Il n’aurait qu’à le décider et il pouvait tout changer, façonner cette nouvelle vie à son image. Son image. Pas celle de sa mère. Pas celle de cette religion qu’elle avait tenté de lui imposer.

Sans reculer
Sans regretter

La sienne. La seule qui comptait vraiment, désormais.

Le temps compte en vie
La vie ne compte point
La vie n’est qu’envie
Emotions et besoins

La liberté à laquelle il avait cru goûter dans ses jeunes années laissait place à une toute nouvelle sorte au goût plus exquis encore. Une faim de se reprendre en main le tenaillait, le poussait à se confronter à ce qui l’attendrait au moment où le rideau de pluie daignerait se lever. Un monde de possibilités que seule son imagination pourrait réfréner. Au diable les grandes figures de cette ville, il ne se laisserait plus emprisonner. Il n’y avait plus à hésiter, plus à se borner à un confort routinier. Seulement à avancer, à façonner, à se donner la chance de devenir, de faire, de vivre ce dont il avait toujours rêvé.
Mais de quoi avait-il seulement rêvé ? A quels songes s’était-il abandonné ? Avait-il jamais eu une quelconque idée de ce que pourrait être son monde hors des sentiers que les autres lui avaient goudronné ? Ses moindres choix avaient été faits par dépit, pour riposter contre l’invasion que représentait sa mère, pour se tailler une place au sein de ceux qu’il avait toujours considérés comme ses amis rapprochés… Mais sans envahisseur à contrer, sans personne à impressionner, que valait-il, qu’aimait-il ? C’était une question que même la tempête au dehors ne parvenait à étouffer. Et il lui fallait la résoudre s’il voulait espérer se construire dans ce monde nouveau. Et qui lui imposait donc de savoir y répondre ? Il avait la vie entière pour se découvrir, s'inventer. Pierre par pierre, mur par mur, faille après faille et doute après doute, il lui incombait désormais d'écrire ses propres règles, de les défaire s'il lui chantait. Et s'il devait commencer par les fondations, alors il pousserait les portes de l'hôtel de ville et ancrerait ses deux pieds dans cette nouvelle réalité. Il n'attendrait pas même que le tout ait séché, il s'attaquerait à l'exploration de chaque repli de ces immenses étendues boisées pour qu'aucun coin de ce monde aussi corné qu'il soit ne puisse lui échapper, il érigerait ainsi les premiers remparts de sa maison de pensée, les ornerait de rencontres peinturlurées et s'en satisferait jusqu'à ce que d'autres idées ne germent dans ses pensées, jusqu'à ce qu'un métier ne lui vienne à l'idée. Pas de ceux qui ne font que vous renflouer tout en vous faisant sombrer. Une passion qui le tiendrait éveillé jusqu'à ce que le ciel daigne se lever et le ferait émerger tout sourire dès que disparaîtrais la voûte étoilée. Il recommencerait alors à travailler sur sa forteresse imaginée, la garnirait de tuiles aux reflets boisés que sa soif de curiosité inspirerait, il percerait les secrets de la cité. Et ne s'arrêterait qu'au crépuscule lorsqu'une autorité plus grande que sa volonté viendrait le chercher et mettrait à bas tous ses efforts de s'élever.

Sans arrêter
Sans hésiter

Rienthal
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 23:36
Rienthal

Quelques mots sur Rienthal:
 

Un cri. Inarticulé.

Il sort de ta bouche.

Une voix. Cassée d'avoir trop hurlé.

Tu mets un moment à te rendre compte que cette voix, c'est la tienne.

Pourquoi tu cries petit bout?

Personne ne te répondra, tu le sais. Tu es tout seul dans le noir depuis un temps infini. Avançant sans but, à la recherche de quelqu'un. Criant à la cantonade en espérant avoir une réponse, où ne serait-ce qu'un écho.

Disparu l'étage où tu étais venu prendre un peu de repos. Parti, l'aincrad qui est ton monde depuis deux ans.

Noir. Tout est noir.

Un bug? C'est comme ça qu'on dit?

Tu n'en est même pas sûr. Tu te demande juste pourquoi tu es toujours conscient. Est ce que les autres sont là, quelque part? Est ce qu'eux aussi se sont retrouvés coincés tous seuls dans le noir? Vas tu finir par disparaître toi aussi ?

Une boule obstrue ta gorge tandis que ta respiration s'accélère.

Tu connais cette émotion. C'est la peur.

Ton monde, ton refuge devenu prison avait disparu. Encore une fois tu te retrouves tout seul.

À cette pensée, tes jambes cèdent sous toi. Tu tombes à genoux, te recroquevillant sur toi-même. Puis tu en appelles à celle que tous finissent par prier dans les moments difficiles.

- Maman...

L'obscurité avale ton chuchotement, semblant se gausser de ta pathétique supplique. Après tout, ta maman est partie, et même son souvenir que tu chéris, conservé dans ton cerveau qui ne te laissais rien oublier ne pourrait la faire revenir.

- Maman...

Tu te remémores son odeur, sa chaleur, les vêtements qu'elle portait le jour où elle est partie. Tu te rappelles son sourire, son regard, la douceur de sa peau.

Mais de maman tu n'as point.

Un gémissement guttural franchit la barrière de tes lèvres.

Pourtant, ce n'est pas le souvenir de ta maman qui te fais le plus mal.

Une famille, on l'aime. Mais les amis sont la famille qu'on choisit. Et toi, petite ombre, petit stalker comme dit Ari, tu as fini par t'en faire des amis dans ce monde.

La boule dans ta gorge grossit alors que ton cerveau, impitoyable te renvoie par flashs, la vision d'une épée, un sourire agaçant, une touffe de cheveux verts. Un maelström de souvenirs, une crise comme tu n'en as plus eu depuis plus d'un an.

Tu n'as plus la force de lutter contre. Tu te laisses emporter.

La crise te laisse sans force, allongé dans le noir complet. Tu mets un moment à te rendre compte que tu pleures.

Depuis la première fois où tu as tué, tu n'as plus versé une larme. Mais cette humidité sur ta joue ne trompe pas.

Mais tu ne t'attendais pas à ce que cette larme, en tombant sur le sol, fasse s'ouvrir une fenêtre pareille à celle de ton inventaire.

Sur le rectangle bleu, tu vois un espace pour écrire. En dessous, un bouton pour valider. Mais c'est le kanji au-dessus qui te laisse perplexe.

Créer.

Qu'est-ce que cela voulait dire? Est ce qu'on t'a donné des accès administrateur?

Comme hypnotisé, tu tapes sur l'espace numérique, ce qui fait apparaître un clavier virtuel. Tu réfléchis à ce qui te manques le plus.

La lumière.

La chaleur.

Tu tapes le mot flamme.

La fenêtre disparaît. Doucement, tu vois une étincelle surgir du néant qui grandit jusqu'à ce que brûle devant toi un feu de taille respectable.

Pour la première fois, depuis, tu ne sais combien de temps, tu vois, tu sens la chaleur sur ta peau. Tu peux même contempler ton aspect.

Tu as mauvaise mine, petit bout...

- Je peux...Créer?

Ce qui sonne comme une question formulée d'une voix hésitante suffit pourtant à faire réapparaître la fenêtre.

Cette fois-ci tu demandes de l'eau.

Une gourde apparaît dans ta main. Le liquide qui coule dans ta gorge, même s'il n'est que virtuel te fait un bien fou. Tu oses même un sourire.

Soudain, une idée complètement grotesque te vient à l'esprit. Quelque chose d'impossible à générer pour n'importe quel système. Quelque chose qui peut te renvoyer dans l'obscurité si cela rate. Parce que cela ne peut que rater.

Non?

Cette idée, elle monte dans ton cerveau avant de faire son trou comme une petite souris.

Elle devient plus insistante à chaque seconde qui passe.

Tu dois le faire. Pour ton monde, pour ceux que tu as suivi, pour ceux qui t'ont aidé, pour les joueurs, pour tout le monde.

Pour tes amis. Pour ces petits ruisseaux qui ont réussi à percer ta carapace.

-Créer.

Ta voix ne tremble pas. La fenêtre réapparaît. Doucement, tu tapes ton ordre suivant: Monde.

À l'instant où tu valides, tu comprends le prix à payer. Il te fait sourire. Une ombre doit disparaître pour que la lumière renaisse.

Alors, tu offres au système ce que tu as de plus précieux, la seule chose qui peut s'échanger contre ce que tu demandais : ta mémoire.

Tu offres au système tes souvenirs de forêts, de mers, de plaines et de montagne.

Un monde apparaît.

Tu lui donnes tes jours d'été, tes promenades, tes printemps, tes hivers. Tu lui offres la chaleur et le froid.

Un climat se met en place.

Tu lui montres l'aube et le crépuscule, les étoiles et mille autres choses.

Tu offres au système tes souvenirs, tes connaissances et bien plus encore.

Tu lui montres l'amour qu'on peut avoir pour sa famille, et plus important pour ses amis. Tu lui offres ces émotions que le temps passé dans l'aincrad t'as permis de découvrir.

À la surface de ce monde que tu viens de créer, des silhouettes apparaissent. Quand elles ouvrent les yeux, une dernière larme roule sur ta joue. Elle tient un instant, en équilibre sur la pointe de ton menton avant de tomber à terre.

Quand elle touche le sol, la larme se cristallise, formant une petite pierre en forme de goutte.

Une main la ramasse.

Des yeux étonnés la contemplent.

Tu souris.

Sur cette pierre, ils bâtiront leur nouveau monde. Ton rôle à toi est terminé petite ombre.

Sur cette dernière pensée, tu te fonds totalement dans le système, devenant la pierre angulaire du monde que tu viens de créer.

Merci petit bout, tu as bien travaillé.

Syrion Niveren [Teyolia]
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 23:43
Syrion Niveren

Introduction:
 

Il fait sombre. La lumière traverse tout juste la lourde porte blindée par laquelle il a été possible d’entrer. Dans ce qui semble être un laboratoire en ruines, rongé par le temps et la nature, un petit sifflement semble y résonner. En passant les paillasses dégradées et les écrans de contrôle qui ne se rallumeront plus, le son persiste et grandit au fur et à mesure. À rejoindre le fond de la grande pièce ovale, neuf sarcophages de verre reposent sous la poussière qui les recouvre. Cependant, l’un d’eux daigne s’ouvrir, et un homme affublé d’une combinaison moulante en sort avec une grande difficulté. Une fois sur ses deux jambes, il s’étire et s’éloigne de quelques pas pour faire l’état des lieux.

« Bordel… c’est pas trop tôt. »

Je me tourne vers les autres lits de « long sommeil », espérant une réaction ou au moins voir d’autres personnes en sortir.

« Hein les gars ? »

Mais visiblement, le suspense semble vouloir me tenir davantage en haleine.

« Ben alors ? On a perdu sa langue ? »

Je me rapproche de la boîte du milieu. Passant ma main sur sa surface pour laisser la lumière y pénétrer. Mon ton est joueur, presque moqueur d’être le seul déjà debout.

« Commandant Uther ? Il est l’heure… ! L’heure de se réveiller… ! »

Mais toujours aucune réponse. Le vieux bougre ne bouge pas d’un cil malgré l’appel. Je suis tenté de l’y sortir de force, mais je n’ai aucune idée de comment m’y prendre ni des conséquences que cela aurait sur lui. Et après enquête sur les autres lits, la situation semble être la même pour mes autres camarades. Que faire ? J’ai beau observer l’endroit, comparer ma machine à la leur, à part constater que je suis le seul éveillé je n’arrive nulle part.
Les heures passent et les rayons de lumière s’amenuisent. Fatigué de chercher, je m’installe sur un tabouret abîmé tandis que la frustration grimpe. Leur sarcophage va-t-elle les laisser sortir ? Et si tel est le cas, seront-ils toujours vivants ? Pire… sont-ils au moins vivants ? Tant de questions qui parcourent mon esprit pendant cette fouille acharnée, sans pouvoir obtenir de réponses. Si mon lit m’a sorti de là, c’est qu’il doit bien y avoir une raison non ? Plus aucune machine n’est alimentée, j’irais même penser que c’est ce gaz dans lequel on a baigné qui nous a préservé de la coupure de courant. Mais comment expliquer mon réveil ? Est-ce un dû à un dysfonctionnement ? Est-ce parce que la machine a consommé ses dernières ressources que les autres ne peuvent plus fonctionner ? Comment alimenter correctement de pareilles machines ?

Je tape du poing sur la paillasse. Je ne sais plus quoi faire ! Pourquoi faut-il que ce soit moi qui vive aux dépends des autres ?! Pourquoi de mes frères et sœurs, la seule famille qu’il me reste, tout ce que j’ai c’est leur corps ?! Pourquoi perdre une deuxième fois la raison de tout ce sang dans mes mains ?! … Pourquoi… Pourquoi j’ai vécu toutes ces années ? J’ai tué par milliers, causé des pertes civiles, rayé des villes entières de la surface du continent… Et une fois que je me rends compte de la chance de les avoir à mes côtés je les perds ? À quoi a servi ce foutu temps passé éveillé dans ce lit ? Seul, isolé du monde extérieur, et incapable de faire le moindre geste… Tout ça… à cause d’une guerre interraciale débile dont ma propre espèce est l’origine.
J’en serre le poing quand la pensée me traverse l’esprit, puis une autre vient la remplacer… Qu’en est-il du reste ? Je retourne à mon lit. Mon sabre, transmis de génération en génération dans la famille Niveren, reposait tout ce temps à mes côtés dans son fourreau. Et il n’attend plus que moi pour le reprendre, intact. Je l’attache à ma ceinture et sors donc de cet endroit vide de réponses.

Dehors non plus. À part mère Nature et ses enfants les animaux, il ne reste pas une seule trace de vie humaine. Du moins, vivante. Je suis surpris de remarquer un bidonville et plus loin un gigantesque mur, autour de la place centrale. À la base de la cité volante qui surplombe le tout. Mais personne pour me voir sortir des tréfonds. Serais-je le seul habitant restant ? Pourtant, cette plateforme dominant les cieux est le signe de la victoire passée des humains sur les autres races. Je devrais le retrouver écrasé quelque part, disparu du ciel ou carrément peuplé de ces sydhes. Non, à la place j’ai droit au silence complet et la présence de bêtes charognardes pacifiques. Aucune piste sur un départ de la population, aucun cadavre. Juste une faune et une flore s’étendant sur tout Citadelle. Si mes trouvailles de papiers administratifs, dont le nom présumé du lieu était systématiquement présent en signature, ne me mentent pas.
Rapidement, une habitude s’installe pour approfondir mes recherches. Pour vivre, j’habite dans une petite bicoque qui semble reliée maladroitement à un réseau électrique. Pour m’entraîner et reprendre mes forces encore endormies par le long sommeil, je fais mon sport matinal. Et pour me nourrir, je pars à la chasse aux charognards et la cueillette dans les diverses cultures automatisées pour ensuite stocker les vivres dans le réfrigérateur. Une chance que les câbles rejoignent les panneaux solaires qui jonchent la cité haute, je préfère ça que de devoir habiter là-haut. C'est un gain de temps surtout que je vais certainement devoir voyager pour comprendre ce qu'il se passe.

C'est après plusieurs semaines de fouilles intensives parsemées d'embûches et de découvertes que je tombe sur des plans de Teyolia, avec les routes aériennes empruntées par leurs dirigeables. Ainsi que l'un d'eux qui semble installé pour la maintenance. Étrangement, ce n'est pas le seul indice montrant qu'ils avaient l'intention de revenir, puisque le véhicule est à peine démonté. Mais ces faits expliquent quelque chose : S’ils n’ont pas quitté les lieux, que la végétation et les charognards abondent, et qu’il n’y a aucun cadavre nulle part… Aurait-on tué d’un seul coup toute la population qui s’est ensuite faite dévorer entièrement ? La faune est presque entièrement composée de ces charognards. Qu’ils soient volants, à quatre pattes… cela expliquerait pourquoi l’odeur de cadavre imprègne certains lieux de la cité haute, puisque seuls les volants n’ont pas besoin d’utiliser le matériel d’ascension et sont donc moins nombreux à réaliser ce travail de nettoyage. Cependant, qu’en est-il des autres races ? Des sydhes ?
Souhaitant un au revoir à mes compagnons prisonniers de cet état de vie incertaine, je finis mes préparatifs du dirigeable et pars alors à l’aventure à travers Teyolia. Faisant de mon mieux pour garder l’espoir de trouver d’autres humains, voire des sydhes à qui parler, et contredire cette théorie. Après tout… Teyolia est suffisamment grand pour accueillir les rescapés d’une guerre génocidaire sans fin non ?

Non ?

Audebert
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Epreuve 5 : La première pierre EmptyDim 12 Juil - 23:45
Audebert

Contexte HRP:
 

Qui de meilleur que mon Chroniqueur
Pour chanter le monde et charmer vos coeurs ?

Nul n'a connu son apparition,
Mais je vis la levée de son bâillon.
Égaré, exilé, condamné,
Oublié, il s'était enraciné.

Il se délivra de sa torpeur
Quand il se mut d'un élan créateur ;
C'est une autre folie qui l'a pris
Que la peur : le verbe d'un bel-esprit.

Ses bois se dissocièrent des branches
Et, prestement, il me saisit le manche,
Pausa, et, mirant tous azimuts,
Décrivit le monde en une minute.

La lumière en un vers sans césure,
Un autre qui borne terre et azur,
Un mètre ternaire crée la vie,
Il refait le ciel d'un rose au lavis.

Vient ensuite le règne animal,
Parachevé par un être anormal :
Le Dessinateur. Puis il souffla,
Et, drôlement, ne me laissa pas là.

Nous partîmes pour une épopée
Qui poursuivra tant qu'il peut galoper.
C'est dans cette course que je sus
Ma raison d’être, née à mon insu.

Dès lors, où qu'il conte je le suis.
Au diable univers ; le monde, c'est lui.

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