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Chroniques d'Irydaë
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Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 [Concours] Noël en folie [Terminé]

Bolgokh
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Jeu 21 Déc - 23:03
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Oh oh oh !

Mais qu'entends-je ? Qu'ouïs-je ? Serait-ce les grelots pris dans les plumes de Khugatsaa et Süns qui annoncent la venue du traineau de Papy Bolgokh ? Cette année toutefois, il faudra être un enfant sage (ou discret, nous ne sommes point trop regardant) pour vous glisser sous le regard avisé de Möchlog et d'Orshin ! Car ce sont toutes ces petites choses qui forment le monde merveilleux de noël et des fêtes de fin d'année.


Ah bon, les Architectes fêtent noël ?

Bien sûr ! Mais cela ne sera pas sans votre aide. Figurez-vous que nous manquons cruellement de traditions mises à l'honneur pour cette date fort particulière. Qu'en est-il de l'unique orange offerte sous le sapin ? Des cadeaux transmis à nos proches ? Des décorations étouffe grand-mère qui envahissent les demeures pour mieux nous griller la rétine ? Nous vous proposons ni plus ni moins que d'inventer vos propres traditions et célébrations noëlesques à l'occasion de ce joyeux concours de fin d'année !

Pour ce faire, il vous faudra rédiger une anecdote de noël vécue par votre personnage, en racontant à votre manière les traditions à respecter et les événements qui pourraient avoir lieu chaque année le 25 décembre. Soyez imaginatifs, n'hésitez pas à explorer des horizons inconnus, des idées grandiloquentes et farfelues à une cérémonie mortellement ennuyante ! Mais n'oubliez jamais la règle essentielle : ce noël doit être propre au monde d'Irydaë ainsi qu'à son folklore, unique en son genre.

Votre participation doit se faire au minimum sous la forme d'un texte. Aucune limite de lignes n'est demandée, car nous aimons grandement laisser vos élans artistiques s'exprimer. Après tout, les meilleurs participations sont loin d'être toujours les plus longues.


Dans la pratique

Vous avez jusqu'au 6 janvier pour envoyer vos participations par mp à Khavdar & Süriyee. Cela laisse ainsi le temps à tous les vacanciers en famille d'écrire tranquillement début janvier et d'avoir l'occasion de se manifester ! Par la suite, tous vos jolis textes seront postés sur le forum afin que chacun vote pour l'élu de son cœur. Comme d'habitude, le staff se réserve le droit de départager une éventuelle égalité.

Quant aux récompenses, vous commencez également à avoir l'habitude. Des points de réputation vous attendent, des Irys également, et surtout un familier spécial noël rien que pour vos mirettes. Si vous êtes nombreux, un podium sera parfaitement envisageable afin de récompenser davantage d'entre vous.


Vous avez tout saisi ? Alors à vos claviers, vos dindes de noël, et vos meilleures idées !


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Bolgokh
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Jeu 21 Déc - 23:03
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Les Iry'Awards

... Et oui, car on ne vous laisse pas non plus sans animation d'ici là ! Un second petit concours rejoint le premier pour vous permettre cette fois-ci de gagner des récompenses personnalisées et de mettre en avant votre présence au sein de la communauté. Pas d'inquiétude, votre participation ne prendra guère plus qu'une poignée de minutes et deux neurones combinés pour la motricité de vos doigts. Soyez attentifs, et réfléchissez bien...


Ô trophées, jolis trophées

Madame, Monsieur, approchez, approchez, les 1er Awards d’Irydaë sont annoncés.

Comme vous le savez, le forum vient de fêter sa première bougie et avec elle une année s’achève, un cycle aussi, et c'est désormais une nouvelle ère qui s’annonce riche en rebondissements. Que serait un forum sans les joueurs qui le font vivre et le magnifient avec des personnages tous aussi étranges et époustouflants les uns que les autres ? Cet événement est donc fait pour vous ! Qui vous a marqué, de quelle manière, qui allez-vous élire en tant que star de l’année ?

Le principe ? Comment, vous ne connaissez pas le fonctionnement des Awards, petit joueur. C’est très simple, un gagnant pour chaque catégorie. Vous allez trouver ci-dessous, la liste des différentes nominations possibles pour laquelle un personnage peut se retrouver élu. C’est VOUS et seulement VOUS qui décidez. Cependant, attention, un personnage/joueur ne peut être nominé que dans une seule catégorie, distribuez bien vos cartes...


Les catégories

Catégorie personnage
  • Séducteur
  • Pervers
  • Sadique
  • L’impulsif
  • Humoriste en herbe
  • Malchanceux
  • Chanceux
  • L’homme ou la femme invisible
  • Le couple de l’année
  • L’accumulateur de râteau
  • Musclor pour vous servir
  • Pickpocket, c’est mon deuxième prénom
  • Sociable, c’est mon deuxième prénom
  • L’influençable
  • L’homme ou la femme de l’ombre

Catégorie joueur
  • Le joueur le plus actif
  • Le joueur le plus floodeur
  • Le joueur qui dort avec la CB
  • Le joueur le plus ancien


Déroulement

Vous ne pouvez proposer qu'un seul joueur à la fois dans chaque catégorie, et un même joueur ne peut également apparaître qu'une seule fois. Concrètement, vous obtiendrez donc à la toute fin une liste de 20 personnages que vous trouvez particulièrement marquant dans telle ou telle catégorie. 20, et non 19, car nous aurons un joli couple au milieu huhu. Merci de ne pas proposer plusieurs comptes d'une même personne afin de valoriser la diversité ! Vous pouvez en revanche vous proposer si vous vous jugez digne d'un trophée.

Une fois votre liste en poche, vous avez jusqu'au 28 décembre pour envoyer vos participations par mp à Khavdar & Süriyee. Après dépouillement des votes, tri des égalités et fouettage des lutins de noël, nous vous annoncerons les heureux élus de chaque catégorie lors d'une soirée cb podium digne des Miss Irydars ! Mais nous vous en reparlerons en temps voulu. Sachez simplement que cette élection vous permettra de gagner un trophée personnalisé et peut-être une ou deux récompenses à côté.


Bonnes fêtes à tous sur ce, et à très bientôt pour les résultats de cette grande aventure !


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Khavdar & Süriyee
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Jeu 28 Déc - 13:48
Irys : 179964
Bonjour à tous et à toutes,

/!\ N'oubliez pas de voter pour les Awards
==> Pour les derniers retardataires, vous avez jusqu'à ce soir minuit pour voter.

Concernant le concours de Noël, vous pouvez vous rassurer, vous avez encore jusqu'au 6 janvier

Bonne journée ♥️
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Bolgokh
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Jeu 28 Déc - 22:30
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Les Iry'Awards
~ Suite et péripéties ~


Tout d'abord, permettez-nous de vous remercier, Ô communauté, pour votre participation massive à l’événement ! L'entièreté du staff baisse bien bas son chapeau devant tant de dévotion et de votes aussi nombreux que les cheveux blancs dans la toison soyeuse de Papy Bolgokh. Et parce que vous avez envoyé autant de mp pour élire vos stars préférées, nous voilà dans l'obligation d'un second tour pour certaines de nos catégories... Davantage encore de chances pour vous d'obtenir votre heure de gloire !

Les catégories Séducteur, Pervers, Sadique, L’impulsif, Humoriste en herbe, Chanceux, Le couple de l’année, L’accumulateur de râteau, Pickpocket, c’est mon deuxième prénom, Sociable, L’influençable, L’homme ou la femme de l’ombre, Le joueur le plus floodeur, Le joueur qui dort avec la CB et pour finir Le joueur le plus ancien, ont toutes trouvé un ou une gagnant(e) ! Ce qui nous laisse quatre dernières catégories en grand manque d'un personnage à choyer du fait des trop nombreuses égalités :

  • Malchanceux
  • L’homme ou la femme invisible
  • Musclor pour vous servir
  • Le joueur le plus actif

Afin de départager définitivement les concurrents, nous vous invitons à choisir un nom dans les listes suivantes des personnages que vous avez proposés jusqu'alors dans ces catégories respectives :



Liste des candidats éligibles par catégorie


Catégorie Malchanceux :
 

Catégorie invisible:
 

Catégorie Musclor:
 

Catégorie Actif:
 



A titre de rappel, merci de ne pas proposer plusieurs comptes d'une même personne afin de valoriser la diversité ! C'est la raison pour laquelle toutes vos propositions ne figurent pas dans ces listes de candidats, certains ne pouvant d'ores et déjà être réélus une deuxième fois. Cette fois-ci vous avez jusqu'au 4 janvier pour envoyer vos participations au second tour par mp à Khavdar & Süriyee.

Les résultats se feront lors d'une cérémonie cb le 5 janvier à 19h afin d'organiser une véritable remise de prix avec tapis rouge ! Un compte rendu sera bien sûr par la suite rédigé accompagné des screens shots des meilleurs moments cb. Sachez également que la date comme l'horaire sont modifiables si le plus grand nombre d'entre vous ne peut se libérer pour cette soirée.

A vos votes, Ô grand jury, pour cette décision finale qui vous revient !


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Khavdar & Süriyee
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Jeu 4 Jan - 17:53
Irys : 179964
Bonsoir, Bonsoir,

Un petit mot pour rappel, le deuxième tour des Awards prend fin ce soir à minuit (éventuellement demain matin pour les petits derniers.) La cérémonie de remise des prix, demain soir à 19h sur la CB ♥️

/!\ Il ne vous reste plus que deux jours pour participer au concours de Noël. Le tout se terminant le Samedi 6 à minuit.

Je compte sur vous ♥️
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Bolgokh
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Ven 5 Jan - 22:27
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Les Awards d’Irydaë

C’est lors d’une cérémonie des remises des prix se déroulant le vendredi 5 janvier 2018 à 19h sur la ChatBox que les premiers Awards d’Irydaë touchent à leur fin.

C’est avec une pointe d’émotion et des tremblements dans la voix que je tenais à vous remercier pour votre participation. Malgré les fêtes, vous n’avez pas été moins de 21 participants pour le premier tour et 16 pour le second. Ne parlons pas de la soirée CB démentielle qui a dû supporter avec quelques difficultés plus d’une vingtaine de joueurs tous prêts à en découdre pour connaître les heureux vainqueurs de ses Awards.

Arrêtons là, la séquence trop émotive et passons aux résultats que vous attendez certainement tous avec impatience. Malgré un Adramus obsédé par la taille de certains objets –dont nous tairons le nom-, nous avons pu sans trop de zones de turbulence annoncer les prix. Avec 15 catégories différentes, c’est bien 15 joueurs qui se sont vus offrir des récompenses individuelles et uniques.

Dans le thème de la séduction, c’est notre délicieuse et charmante gérante d’établissement qui s’est vue remettre ce premier prix -8 votes tout de même-. Il se murmure même que madame Tashinär Vélacen Malphà, aurait fait un joli clin d’œil à notre cher Dazen. Exactement, celui-là même qui aurait refusé ses avances. Une belle revanche en la matière. Qui sait, ce prix lui permettra peut-être d’obtenir une deuxième chance ? Souhaitons-le-lui en tout cas.


Dans la même catégorie, quoiqu’un peu différente, nous avons obtenu les résultats de la section pervers. Les projecteurs se sont immédiatement braqués sur notre pirate pérégrin, qui sans grande surprise est parti immédiatement fêter ça comme il se doit. Laissant sur place les 5 personnes ayant voté pour lui, conquêtes ou victimes, personne ne le saura jamais.  Attention à vos jupons, mesdames, Pedro de Sousa a bien l’intention de tous les visiter.


Fermez les yeux de vos enfants, de vos animaux et surtout de vos chats. Puisque la catégorie sadique est remportée par la non pas célèbre et légendaire Zora Viz'Herei. Le pauvre minou doit encore se souvenir de son sort, tout comme les nombreuses victimes qu’elle laisse derrière elle. Puisse les Architectes la ramener dans le bon chemin.


Dans le même ordre d’idée, nous avions une récompense pour l’impulsivité. Si souvent ce n’est pas une bonne chose. Il semble que cette fois-ci, elle ait porté chance à notre brave adoratrice de la très célèbre moustache. Sakari Naasoqineq. Félicitations à elle, souhaitons-lui de canaliser de la bonne manière ce trait de caractère.


Prenez une inspiration, préparez-vous à rire, car le roi de l’humour est dans la place. Nous nous souvenons tous de la joute verbale d’Odard Coursang et de Meylan. Si celle-ci n’a pas été remportée par le barde, il vient en tout cas de sortir victorieux de cette catégorie et remporte ce prix. Aucun doute qu’il nous prépare déjà des remerciements à nous en faire siffler les oreilles. Il est prêt pour toutes les occasions à faire preuve d’imagination.


Eux n’ont pas besoin d’imagination, plus qu’ils se retrouvent élus le couple de l’année. Mary E. Burrowes et Adramus, sont sur la bonne voie pour faire frissonner et vibrer les plus romantiques d’entre nous. Malgré une infidélité toute pardonnée, il s’agit bien du couple le plus envié de notre forum. Félicitations à vous deux. Puissiez-vous nous réaliser un merveilleux mariage. (N’oubliez pas les invitations, j’attends la mienne !)


On n’a pas toujours la chance de trouver notre âme sœur, non parfois on en trouve, deux, ou trois, qui sait. Notre heureux chanceux de cette catégorie ne peut être que Hex Hekmatyar, qui malgré une double vie rudement menée, ne se fait jamais attraper. Souhaitons-lui que son petit secret soit parfaitement gardé, sans quoi, il risque bien de passer dans une autre catégorie, si vous voyez ce que je veux dire.


Aaaaah, les joies de la séduction, parfois ça tourne bien, parfois pas… C’est le cas de notre victorieux de ce tour. Dans la catégorie accumulateur de râteaux, j’appelle : Staèl. Puisse tes roses de glace parvenir à toucher le cœur d’une femme. N’hésite pas à demander des conseils à Hex, qui sait, acceptera-t-il de t’en prêter une ?


Lui, n’a pas besoin de prêt pour faire tomber toutes les midinettes, c’est bien sa musculature qui fait succomber le cœur des femmes, ou des hommes d’ailleurs. C’est notre Musclor du forum, notre merveilleux homme à tout faire, notre brave… Aheum… Klaus Rosenwald qui n’enfilera jamais rien d’autre que des protéines. Souhaitons-lui de se gonfler davantage, sans rien faire exploser.


Attention à vos portes-feuilles, attention vos enfants, parce que Gwen Feien ne vole pas les cœurs, mais bien tout ce qui peut avoir de la valeur. Reine de la disparition de biens, elle est capable de vous faire disparaître bagues, bijoux, montres en un battement de cil.  


Malchanceux, malchanceux, ça dépend pour qui direz-vous. Vous auriez d’ailleurs parfaitement raison. Le malheureux remportant ce prix ne peut être autre qu’Aldryn Zereg, qui n’aura jamais l’occasion de connaître les histoires de l’amuuuuur. Puisque rappelons-le, son objectif est de devenir une anomalie et de rester le plus longtemps possible sous la barre des dix-huit ans.


Loin de porter malheur, cet homme est la raison de notre présence à tous ici. Ne devrait-il pas être connu et reconnu en traversant les couloirs de notre univers ? Légende vivante, on commence même à se demander s’il existe vraiment. Puisque fondateur, Joël Neara est également notre invisible du forum.


Celui-là existe bel et bien, il tire les ficelles dans l’ombre, tâche de ne pas se faire repérer, il manipule habillement à l’aide de sa moustache pour arriver à ses fins. Ses frétillements de poils sont connus de tous. Qui d’autre que Ludwig Strauss pouvait être notre homme de l’ombre ?


Elle sera très certainement une future victime de l’homme d’au-dessus, puisque notre brave et jeune  Aamu Ylimäki est nommée la femme la plus influençable. Souhaitons-lui de grandir et de faire les bons choix dans sa vie à venir.


Qui sait, peut-être que sur son chemin elle aura la chance de croiser Sanaë Eshfeld, personnage le plus sociable du forum. Douée de ses mains, elle peut confectionner n’importe quoi et réparer toutes horloges.


Nous avons, je pense suffisamment parler des personnages, récompensant à présent comme il se doit certain de nos joueurs qui se sont vus offrir certains trophées. Aurore Seraphon pour sa capacité à flooder plus vite que son ombre, Nätchakar la Gâchette pour sa présence perpétuelle sur la cb, notre mémé Luka Toen qui n’a pas encore perdu la totalité de ses dents et enfin… Althéa Ley Ka'Ori, notre membre la plus active du forum !




Cependant, n’oubliez pas qu’un forum n’est rien sans ses membres, alors MERCI à vous et encore une fois bonne année 2018 ♥️

~ Je vous abandonne sur certains souvenirs de la CB (N'hésitez pas à vous rendre sur le didi pour voir le tout)~

Spoiler:
 


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Odard Coursang
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Sam 6 Jan - 12:36
Irys : 473463
Profession : Barde
My'trän +2 ~ Khurmag
    "Mais qu'entend-je donc? Une cérémonie se serait tenue sans ma présence? Qu'est-ce donc que ces cachotteries? Teniez-vous donc tant que ça à ce que je ne vous éblouisse point de ma superbe nobles seigneurs? Aller je vous le concède aisément, mon charisme et ma verve à nuls autres pareils en auraient réduit plus d'un au silence, que dis-je? Confinés dans les ombres! C'est bien là le poids de la gloire messires!"

    "Un prix dites-vous? Ah je vous reconnais bien là un goût certain! Un prix d'humour? Naturellement! Cela va sans dire! Peut-être aurais-je pu concourir pour le prix de beauté? Nul doute que ces nobles dames auraient voté massivement en ma faveur, mais je vous accorde que cela aurait été une forme d'anti-jeu! À quoi bon concourir face à de tels mastodontes je vous le demande?"

    "Je tenais tout d'abord à remercier les grandes âmes qui ont eu le bon goût de voter pour mon humble personne, soyez assurés messeigneurs que vous avez fait le bon choix! Je redoublerai d'efforts à l'avenir pour vous divertir car n'est-ce pas là la vocation primaire de tout ménestrel? Mes remerciements également à Khugatsaa sans qui mes représentations seraient amputées d'une partie de leur sel! Aux Yamaany également cela va sans dire, nul être ne devrait considérer sa vie sans une gigantesque chèvre à ses côtés, ou du moins une partie de celle-ci! Et n'oublions pas les organisateurs qui ont, j'ai ouï-dire, accompli un travail exceptionnel que je me devais de souligner!"

    "Mes félicitations également aux autres gagnants, aucun d'entre nous n'a démérité cette année bien que je me sois naturellement élevé au dessus du lot. Je vous promettrais bien de ternir l'ombre dont je vous recouvre mais sachez que cela est absolument impensable, impossible même! Inutile d'essayer, la déception n'en sera que plus terrible. Vous avez tout de même été tous grandioses!"

    "Je dois admettre être particulièrement touché par ce trophée mes chers amis, d'autant plus que ce dernier est à l'effigie d'une bière et que serait un barde sans une passion dévorante pour ce divin breuvage? Je m'incline devant votre reconnaissance et vous adresse mon plus profond respect! Je ne serais pas la moitié du barde que je suis si vous étiez la moitié du public que vous êtes, ne changez rien!"

    "Et pour conclure sur une note plus amère, car oui nobles seigneurs malgré le sourire qui illumine en tous temps le visage de votre hôte le monde n'en est pas moins dur et cruel. Je tenais à rendre un vibrant hommage à Balthazar, pauvre bête qui a perdu la vie à la suite d'un numéro particulièrement brillant je dois l'admettre. Lâchement assassiné par une sorcière dont je tairais le nom! Je lui dédie ce trophée, sachez seigneur Balthazar que votre sacrifice n'aura pas été vain, vous êtes mort en héros et je porterai en moi chaque jour le souvenir de votre bravoure!"



- Odard s'exprime en #0099ff -
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Bolgokh
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Dim 7 Jan - 14:17
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
L'heure du vote

Le concours de Noël est désormais terminé, il n'est plus possible de participer. L'heure du vote est donc arrivée, il est grand temps de voter pour le souvenir le plus touchant, le plus imprévisible, ou celui qui vous plait plus que les autres simplement. Sachez qu'il est possible de voter pour plusieurs personnes (3 personnes.) afin que nous puissions établir un futur podium, n'hésitez donc pas à encourager vos trois anecdote préférée. Nous rappelons également que le staff pourra trancher une égalité par un vote compte double !

Comment voter ? C'est très simple, cette fois-ci vous avez jusqu'au 21 janvier à minuit pour envoyer vos votes par mp à Khavdar & Süriyee.
Pour plus de fairplay, les noms des participants resteront anonymes jusqu'aux résultats finaux, vous ne pouvez également pas voter pour vous même et pour terminer, nous vous demandons de ne voter qu'une seule fois par joueur.

Vous avez le choix entre 16 souvenirs, habitudes, tradition de noël.

♥️ Merci à tous et toutes pour votre participation ♥️






Souvenir numéro 1

Ils sont tous réunis sur la place centrale de Darga, des groupes ordonnés de personnes continuent de se déverser sur la place de toute part, sortant des plus larges artères de l’ancestrale cité, comme des plus sombres ruelles. Je les regarde de ma position en hauteur, il est impressionnant de constater la taille de la place et le nombre de personnes qui peuvent s’y placer depuis cette position. Sur le toit de l’un des plus hauts bâtiments bordant la place, J'attends depuis maintenant plusieurs heures, les jambes dans le vide, assis sur le rebords, observant simplement les choses se mettre en forme. Bientôt la place est remplie de personnes, au centre de celle-ci trônant un impressionnant amoncellement de bois, si imposant que les plus hautes branches atteignent la hauteur des premiers étages des bâtiments alentours. Mon regard se pose sur les plus grandes allées qui courent autour de la place, les gens s’y massent alors même que la place est déjà remplie, voulant absolument assister à ce grand moment, sur les toits et balcons voisins, les gens s'entassent pour pouvoir observer la place en contrebas.

Bientôt, les groupes arrivés sur la place se placent avec précision et minutie, formant de grands ensembles colorés. On peut de prime abord penser qu’il s’agit uniquement de prêtres, mais en réalité plus de la moitié sont des citoyens volontaires. Ainsi, on distingue d’en haut plusieurs ensembles de groupes qui patientent calmement en l’attente de la tombée de la nuit qui ne tardera plus.

En marron, de grands et solides fidèles de Delkhii, disposés dans le coin ouest de la place à l’opposé des fidèles de Dalaï. Leurs longues robes couverte de diverses pierres et terre ressort laisse cependant clairement apparaître une couleur marron foncée, autour de leurs cou pendent des médaillons de fer représentant un gigantesque colosse de pierre et de terre vu de profil, la tête dans un amoncellement confus que l’on devine être des nuages, alors que leur visage est peint de diverses dessins religieux représentants de l’oeuvre du Premier Architecte.

A leur opposé, on distingue sans mal les fidèles de Dalaï, également rangés en rang parfaitement tenu et précis. Autour de leur corps s’écoulent de longues robes d’un bleu marine océanique profond dont les coutures et finitions laissent apparaître des irrégularités rappelant sans le moindre doute possible celles de l’eau calme d’un lac. Autour de leur cou pendent de fins médaillons de corail représentant une anguille stylisée entourée d’élégantes formes aquatiques. Leurs visage eux, est peint d’un profond bleu océanique, prenant la forme de vagues et de spirales s’enroulant autour de leurs yeux et de leur menton.

Entre les deux groupes de fidèles rivaux, on distingue sans mal les fidèles de la grande Amisgal. Le dos droit, la posture fière et un brin arrogante dont le corps est couvert d’une très fine robe d’un bleu clair s’approchant du blanc, une robe transparente et dont le moindre coup de vent suffit à la faire virevoltée. Autour de leur nuque est attaché une fine amulette façonnée d’écailles en tout genre et de papier, cette amulette prenant la forme d’un très attendu dragon vu de face, les ailes déployées. Au niveaux de leurs pommettes et de l’arrête de leur nez sont visible des symboles stylisés sensés représenter les mouvements d’un vent violent.

Face aux fidèles de la grande dragonne, est discernable un mélange de deux types de fidèles organisés par couple. Les fidèles de Khugaatsa en violet, et les fidèles de Süns, en rouge. Inséparable et unis, le tout semble formé comme un mur infranchissable. Les disciples de Khugaatsa laissent apparaître une longue tenue pourpre tombant de leurs épaules jusqu’à leurs talons, la moitié ont également une capuche couvrant leur tête, ils sont les seuls dont la tête est cachée par un vêtement, symbolisant la grande souffrance de leur architecte par la passé. Enlacés à la peau de leur cou sont discernable de brillant médaillons de cristaux blanc représentant un griffon vu de face, dont les ailes sont largement déployés et dont le bout des ailes sont d’une profonde couleur d’ébène, leurs visages quand à eux sont vierge de toutes peintures ou symbole. A leurs côtés, les disciples de Süns laissent apparaître de longues robes d’une couleur rouge orangée flamboyante qui semblent comme partir en cendre au niveau de leurs épaules où sont présentes des sortes de petites épaulières effervescentes. Ils arborent quant à eux des amulettes de cristaux ébènes, représentant un griffon vu de face, dont les ailes sont largement déployées à la manière de leur “conjoint”, et dont l’extrémité des ailes sont nacrés d’une profonde couleur blanche immaculée. Leur visage est lui couvert de peintures et symboles évoquant la chaleur et les flammes, semblant comme flamboyants. Encore une fois, la moitié des disciples de Süns masquent leur visage dans la pénombre d’une capuche faite d’un mélange de pourpre et de rouge, car aucune souffrance qu’aurait connu Khugaatsa ne saurait laisser Süns de marbre.

Placés à côté des disciples de Delkhii, les fidèles d’Orshin n’ont rien à envier à leurs confrères. Habillés de longues robes vertes aux allures de toiles d’araignés, leur groupe est organisé de sorte à ne pas laisser le moindre interstice entre les rangs, belle représentation de la minutie et du perfectionnisme de la Grande Araignée. Ils arborent pour leur part des colliers formés de poils animaux et de carapaces dessinant ainsi une araignée stylisée vu de haut, dont les pattes sont rétractés sous elle de sorte à fabriquer quelque chose que l’on suppose être une nouvelle création. Leur visage est celui qui terrifie le plus les enfants, en effet, représentants de la grande araignées, ils arborent fièrement une multitude d’yeux peints sur leur front et leurs pommettes à la manière d’une arachnide.

Enfin, à l’opposé des fidèles d’Orshin se trouvent ceux de Möchlog, divisés en deux groupes, les plus proche de l’amoncellement de bois affichent un air serein pour la plupart, ainsi que de très longs atours d’un blanc immaculé, presque transparentes qui laissent apparaître autour de leur cou un pendentif d’un blanc éclatant et lumineux représentant une chouette vu de profil, dont la tête est tournée vers soi et dont les yeux semblent comme effervescent et lumineux. Plus en arrière, d’autres disciples de Möchlog arborent des robes d’un noir profond et ombreux, se confondant presque à l’obscurité de la nuit qui commence à s’installer. Les deux groupes arborent cependant les mêmes dessins et symboles sur leur visage, des traits renforcés autour de leurs yeux ajoutés à des traits partant vers leurs tempes, leur front et leurs pommettes, ainsi qu’un descendant sur l’arrête de leurs nez jusqu’au bout de celui-ci. Dessins blancs pour les disciples de la vie, dessins noirs pour les disciples de la mort.

Je me fends d’un lent sourire, Darga est connue pour être le coeur d’une grande tolérance et d’une grande diversité des cultes. A vrai dire, j’arbore moi même la tenue des disciples de Möchlög, mon esprit lui rendant grandement hommage même si mon corps préfère se maintenir loin de l'événement. Les fils blancs qui m’entourent parfois au gré du vent me font sourire, alors qu’une présence se fait à coté de moi. C’est celle d’une jeune femme, habillée d’une robe similaire à la mienne, mais d’une profonde couleur noir. Clara me sourit alors doucement, avant de poser son regard en contrebas.

- Je n’ai jamais compris le principe de cet événement. Enfin, pour une fois que je peux montrer à tous et toutes que je souhaite devenir une disciple de l’absence de vie, je ne vais pas me plaindre, me dit-elle en jetant un oeil à sa longue robe noire


- Je me suis posé la même question, donc figures-toi que je suis aller me renseigner aux a-, m'apprêtais-je à dire avant qu’elle ne me coupe la parole


- -aux archives, oui, et donc, qu’as-tu trouvé ? me coupa Clara, avec un regard profond et pétillant.


- On appelle ça “La Fêtes aux mémoires”, mais avant on appelait ça “La procession des oubliés”. La première à eu lieu ici même, à Darga, avant de s’étendre un peu partout dans la région, de ce que je sais, ce n’est pas quelque chose de répandu dans les autres régi-


- Vient en aux faits, par pitié, je ne suis pas ici pour que tu me récites toutes tes découvertes, on en aurait pour la nuit, et j’aimerais que tu finisses avant qu’elle ne tombe pour de bon, me coupa t-elle encore une fois avec un sourire amusé


- Je vais finir par me demander ce que tu fiches ici. répondis-je, sincèrement agacé. Cette procession a commencé à se faire aux premières grandes découvertes mythologiques et a connu une renaissance après la sécession qui a menée à la naissance du pays Daënar. Elle a pour but de célébrer ce que nous sommes.


- Des êtres intelligents ? avança t-elle de manière indécise, visiblement refroidie par mon air agacé.


- Non, des êtres dotés de mémoire. Qu’il s’agisse de nos connaissances en architecture, en maniement de nos dons, en… chasse, comportement en société, en bref tout notre mode de vie est basé sur des connaissances et des traditions hérités de ceux qui nous ont précédés. Les connaissances et les traditions restent, mais les noms et les visages disparaissent. Cette cérémonie à pour but de rendre hommage à tout ceux qui nous ont précédé, tout ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. C’est l’occasion de montrer que l’on n’oublie personne, et que même si aucun nom ne persiste réellement à travers les âges et que très peu de personnes restent individuellement dans les mémoires, elles y restent collectivement. Ce que tu vois en bas, ce sont des disciples unis, qu’importe leur architecte, qu’importe leur origine, qu’importe leur sexe ou qu’importe leur sang. Unie non pas pour célébrer un nom ou un architecte, mais pour célébrer le peuple My’trän, et leurs créateurs : Les Architectes, ceux qui nous ont donné la possibilité d’aimer, de mémoriser, d’exister. J’aimerais brandir cette grande preuve devant le nez des Daënars qui méprisent l’oeuvre de nos Protecteurs et qui crachent sur la protection qu’ils nous ont faite pour nous protéger de la disparition de ceux qui nous entoure, finis-je en me rendant compte que j’avais levé peu à peu le ton, dépassé par l’émotion suscité par ces découvertes récentes.


- Désolée... Je ne pensais pas que ça pouvais avoir une telle symbolique…, dit-elle simplement avant d’être interrompu par l’ouverture claquante de la porte derrière nous.


- Benedict ! Le Place Nord, Sud, et la Grande Place sont prêtes, la nuit est tombée, dit le nouvel arrivant, l’un des assistants de l’Avatar chargé de l’organisation de toutes les processions de la cité.

Je me relève lentement dans un léger sourire. Je suis très fier, ayant eu l’occasion et le grand honneur de rencontrer l’Avatar aux archives la journée même, ce dernier m’avait proposé de m’occuper du signal de départ des processions de l’est du Quartier de Möchlög, chose que j’avais accepté sans même avoir à y réfléchir. Se faire bien voir par un avatar était une opportunité inespérée, même si ce dernier aurait sans doute oublier mon nom dès le lendemain, après tout, je ne suis qu’un jeune adepte de 25 ans. Dans un geste ample de ma robe blanche, je fais signe aux relais placés sur les toits alentours. Sur mon geste, des pluies de feu s'élèvent dans les cieux sous la forme de gerbes incandescentes. J’observe alors avec satisfaction ces gerbes avoir l’effet de relais, et déclenché les suivantes, jusqu'à ce que l’horizon laisse apercevoir à espace réguliers des gerbes incandescentes du même type. Mon regard se pose alors sur la place, à peine mon regard se fixe sur les groupes que les lignes les plus proches de l'amoncellement de bois reculent d’un pas simultanément comme si ce ne fût qu’un seul homme. A peine la ligne eut reculé que les disciples de Süns quittent leurs partenaires pour venir se placer en file indienne, et entouré la structure de bois. A peine ce fût fait que la première ligne des groupes recula d’un pas encore et le tout simultanément, ce fût alors au tour des disciples blanc de Möchlög de former un deuxième cercle autour de leurs confrères loyaux à Süns. Sur une indication de l’une des robes rouge, les disciples de Möchlög écartent les bras en laissant apparaître un halo blanchâtre d’énergie incluant les disciples flamboyant ainsi que la haute structure de bois.Puis, sur un large mouvement de l’une des robes blanche, les robes rouges viennent alors s’activer, venant toutes lever les mains en l’air pour laisser apparaître à l’intérieur du halo blanchâtre une multitude de griffon enflammés qui viennent après quelque instants fondre sur le bois pour l’enflammer en un grand bûcher dont la taille - si elle était impressionnante auparavant - devient presque inquiétante, illuminant alors la place et les habitations d’une vive lumière rouge et orangée, ainsi que les cieux alentours.

Me fendant d’un grand sourire, je relève mon regard vers le quartier est, et me laisse envoûter par les halo lumineux rougeâtre formés par les flammes sur les places, ça et là, bientôt la fumée s’envole vers les cieux, et le ciel alentour prend une teinte rougeâtre et flamboyante qui s’étend plus loin encore dans le quartier de Delkhii. Je pousse un long soupire, laissant mes paupières se fermer en inspirant profondément l’air qui se sature peu à peu d’une odeur de fumée et de feu de bois. Là où l’endroit se fait presque trop silencieux, ne laissant entendre que quelque murmures de groupe, des inspirations fascinées et bien sûr les crépitements du bois en flamme.

- Que personne n’ose venir me dire que les Architectes ne méritent pas que l’on se batte pour eux, après ça…, dis-je dans un sourire.


- Si seulement tu te comportais comme une personne de ton âge, au lieu d’être aussi barbant qu’un homme de quarante ans, je te jure que je t’épouserais, lâcha alors Clara dans un soupire.


- Tu devrais descendre, si tu veux profiter de la nuit, Clara, je risque de rester ici un bon moment.


- On se retrouve sous les draps, lâche t-elle simplement avant de s’éloigner vers la porte.

Je soupire alors que la porte se ferme de nouveau, m’approchant du bord pour observer la procession suivre son cours. Alors que la structure de bois flambe de mille lueurs, les disciples de Süns et de Möchlög reprennent peu à peu leurs places dans un ordre et un calme exemplaire, les groupes de disciples restent autour du bois brûlant pendant de longues minutes avant que les flammes ardentes de Süns ne finisse par engloutir le bois dans son intégralité pour laisser un mélange de braises et de cendres sur le sol. Alors même que les derniers restes de bois finissent de brûler, des hurlements se font entendre en contrebas, m’obligeant à baisser les yeux. Ils se posent d’abord sur des disciples de Süns et de Khugaatsa en pleine accolade, avant de se poser un peu plus loin sur deux disciples de Delkhii hurlant de joie quelque paroles à leur Architecte. Peu à peu les vivats se font plus nombreux, et plus fort, s’ensuit un brouhaha de cri de joie que je ne peux que rejoindre. J’ai rarement l’occasion d’assister à de telles foules, et encore moins à de telles foules en joie, une telle joie de vivre me fait chaud au coeur, et je décide de m'asseoir de nouveau pour profiter de la brise fraiche qui vient refroidir doucement l’air encore brûlante de la procession.






Souvenir numéro 2

« Je déclare le Concours Annuel de « Top Pègre » ouvert ! »

C’est ainsi que débutaient les festivités d’hiver à Aildor, lors du solstice d’hiver. C’était la période de l’année qu’Eskarina attendait avec le plus d’impatience, comme la plupart des habitants de la capitale, d’ailleurs. Jusqu’au 25 décembre, une trêve entre les différents clans mafieux était instaurée et tour à tour, chaque famille parmi les plus influentes de la ville organisait un banquet, et rivalisait - dans une compétition pas toujours très loyale - avec ses concurrentes pour le titre d’ « Hôte mafieux de l’année ». Aucune récompense n’était à la clef, à part bien-sûr ce titre des plus honorifiques; mais toutes les familles se prêtaient au jeu et se livraient à une compétition acharnée. Ce serait à qui serait le plus loufoque, le plus exubérant, le plus inventif… Des sommes colossales étaient dépensées dans la nourriture, la décoration, les animations… Et toute la ville était invitée. Pourquoi une telle tradition ? Elle remontait en réalité à bien des années, au moment où les activités de la pègre avaient commencé à se développer dans la capitale. Son but était simple : rendre hommage aux habitants honnêtes de la ville, les remercier pour le travail qu’ils avaient fourni pendant l’année, et sans lequel aucune des activités illicites des brigands n’aurait été possible.

Cependant, il n’y avait pas que les vastes demeures des parrains de la mafia qui étaient décorées : tout le Bassin, ainsi que plusieurs rues à la surface étaient ornés de lanternes multicolores et de formes diverses qui projetaient sur les murs des ombres aussi festives que chaleureuses. C’est d’ailleurs une des seules périodes de l’année où vous croiserez des habitants de la ville à la surface : une petite balade romantique ou en famille dans les rues de la ville, à la nuit tombée, le danger écarté par la trêve, était une tradition. Les promeneurs pouvaient admirer ces lanternes faites à la main et destinées, selon la légende, à éloigner le mauvais sort et promettre une belle année. La neige, d’habitude redoutée par les habitants, venait ici au contraire rajouter à la féerie de la promenade, une fois que l’on était bien emmitouflé, les uns contre les autres, pour se tenir chaud.

Le dernier soir, le 25 décembre, la soirée était organisée selon la tradition par la famille Conti, et c’était la préférée d’Eskarina. Un vieux conteur, le meilleur de la ville, était engagé pour animer la veillée. L’homme, malgré son âge avancé, avait un véritable don pour raconter les histoires - et je crains que ma plume ne lui rende pas justice. Il savait vous faire voyager, vous charmer, vous donner l’impression que vous viviez votre propre aventure. Au coin du feu, les enfants assis par terre, pendus à ses lèvres et grignotant des sucreries, se laissaient emporter par les univers fantastiques et chaque fois différents que le vieillard leur proposait. C’était magique.

« C’était il y a fort longtemps, commençait le vieux conteur. »

L’histoire était toujours la même, et pourtant toujours différente, au fur et à mesure qu’Eskarina grandissait.

« A l’époque des premiers colons, il y avait un jeune soldat, qui avait longtemps trimé pour réussir mais qui vivait malheureusement toujours dans la misère, trompé par ses camarades qui lui volaient ses mérites. Un jour, le besoin eut raison de lui, et le pauvre homme perdit la raison. Il eut fait n’importe quoi pour se sortir de sa misère, quitte à mourir. Il partit au beau milieu de l’hiver, dans le froid et la neige, à la recherche d’une meilleure fortune.

Il avait quitté le camp depuis quelques heures lorsqu’une violente tempête de neige le surprit. Seul, le vent et le grésil fouettaient son visage, il n’arrivait plus à avancer, ses forces le quittaient peu à peu. Il finit par s’effondrer et sombra dans l’inconscience. Il aurait dû mourir. Il croyait mourir. Par miracle, il finit par se réveiller, couvert de neige et les membres engourdis. La tempête était passée. Lorsqu’il releva la tête, il se trouva face à un petit personnage, d’une cinquantaine de centimètres. Il était très laid : un nez crochu, des griffes acérées et surtout, un regard perfide, malfaisant et sournois. La créature prit la parole :


« Je suis Ügüyrel, et je te sens bien seul, soldat. Serais-tu perdu ?
- Non, répondit le jeune homme, méfiant. Je me suis seulement laissé surprendre par cette tempête de neige. Je retourne à mon campement, qui se trouve non loin d’ici.
- Vraiment ? Pourtant, il n’y a pas le moindre campement à moins de deux heures de marche… Et tu me sembles avoir bien froid.Tu es sûr que tu ne veux pas que je t’aide à retrouver ton chemin ? »

Le jeune soldat réfléchit : il n’avait strictement aucune idée de la direction à prendre. La tempête l’avait complètement déboussolé.

« Qu’est-ce que je devrais te donner en échange ?
- Pour qui me prends-tu, soldat ? Je ne te demanderai rien en échange, c’est par pure sollicitude que je t’aide, répondit la créature avec un sourire fielleux qui échappa cependant au pauvre homme. Enfin, si tu le veux bien, je voudrais faire le chemin avec toi, je ne rencontre pas souvent de voyageurs, et je ne refuserais pas un peu de compagnie. »

L’homme, soulagé que le prix à payer fut aussi bénin, accepta avec joie, et ils se mirent en route. La méfiance du soldat retombait petit à petit, et il se livra au fur et à mesure du voyage à la créature, lui contant ses malheurs. La créature hochait la tête, attentive, l’air compréhensif. Au bout d’un moment, elle interrompit le malheureux :

« Pauvre soldat, tu ne me sembles pas mériter tous ces malheurs qui t’écrasent. Je peux t’aider. Voici le marché que je te propose : quand tu retourneras sous ta tente, un grand sac rempli de pièces d’or et de joyaux t’attendra; il contiendra largement de quoi vivre dans l’opulence durant toute ta vie. Ce sera la fin de ta misère.
- Et alors quel est le marché ?, interrogea le soldat, à qui l’ivresse d’une telle perspective avait fait perdre le peu de raison qui lui restait. »

Il se voyait déjà, parcourant le monde, dépensant sans compter, les hommes le respectants, les femmes l’adorant, plus personne ne le dénigrerait. La richesse était pour lui la fin de ses malheurs. Il aurait pu regagner son campement sans se laisser tenter mais c’était trop tard : il avait déjà accepté le marché avant d’entendre la contrepartie, et la créature le vit bien.

« Dans dix ans, je reviendrai te voir. Où que tu sois, je te retrouverai. Et voici ce que je te propose : si tu as dilapidé l’intégralité du sac, je te ramènerais en Als’kholyn, si d’aventure tu en es parti, et je te transformerai en loup. Tu garderas cette forme, tu seras rejeté par tes anciens frères, ils te chasseront. Il n’y aura qu’en décembre, pour le solstice d’hiver, que tu recouvreras l’usage de la parole, mais ce pouvoir, qui t’obligera à garder une part d’humanité, t’empêchera de te fondre dans une meute, et tu seras également rejeté des loups. Tu seras à jamais seul, pourchassé et obligé de fuir.
En revanche, si tu arrives à me montrer une seule des pièces d’or du trésor que je t’offre, alors j’exaucerai le plus cher de tes voeux, quel qu’il soit, puis je te transformerai en loup. Ton voeu pourra bien entendu consister à ne pas subir cette transformation.
»

Le jeune homme, qui n’avait connu toute sa vie que le rejet et la solitude, se dit qu’il valait mieux connaître dix ans de richesses, puis de retourner à la solitude plutôt que de passer tout sa vie dans la misère. Et puis, comme l’avait précisé la créature, il pourrait toujours échapper à la transformation. Garder une toute petite pièce, c’était facile. Il accepta donc de bon coeur, se disant qu’il ne perdrait de toute façon pas grand chose s’il était transformé en loup. Sitôt le marché conclu, la créature disparut, et lorsque l’homme regarda autour de lui, bouche-bée, il découvrit qu’il se trouvait aux portes du campement. Il courut jusqu’à sa tente, où il trouva, comme la créature l’avait promis, le sac rempli de trésors. Au comble du bonheur, le jeune soldat quitta l’armée, et s’embarqua pour rentrer sur sa terre natale. Il parcourut pendant huit ans le continent, dépensant des millions, profitant de la vie, enchaînait les conquêtes, vivant au-dessus de ses moyens. Il avait peu à peu oublié la créature, et l’ultimatum qu’elle lui avait donné.

Au bout de huit ans d’un mode de vie autant discutable que peu viable, le jeune homme tomba amoureux. Une histoire d’amour comme tant d’autres, mais c’était la première fois que cela lui arrivait, et il lui semblait que ce qu’il vivait était extraordinaire. Il était le plus heureux des hommes : elle l’aimait en retour. Ils s’installèrent dans une petite maison d’une ville tranquille. Bientôt, un petit garçon naquit : Laël. C’était un bébé souriant, auquel personne ne pouvait résister.

Cependant, au cours de la dixième année, sa femme tomba gravement malade. L’ancien soldat était désespéré : il ne savait plus quoi faire pour la soigner. Il dépensa ce qui lui restait de son trésor en requérant l’aide de plusieurs adeptes de Möchlog, mais leur magie resta sans effet. L’état de sa femme ne faisait qu’empirer. L’année arriva à son terme, et la créature se présenta à l’homme :


« Alors ? Est-ce qu’il te reste une pièce ? »

L’homme se jeta aux pieds de la créature et le supplia de soigner sa femme.

« Un marché est un marché, répondit la créature. Je ne peux rien faire pour toi si tu n’as plus aucune pièce. »

L’homme pleurait, il pensait à Laël, qui allait se retrouver orphelin à cause de l’immodération de son père. Alors que la créature avait commencé à murmurer l’incantation fatidique, un éclat sous la table attira le regard du soldat. Une pièce du fameux trésor, dont il s’était servi pour caler le meuble. Au comble du bonheur, il interrompit la créature et lui présenta la pièce. Celle-ci devint hargneuse :

« Quoi ?, grinça-t-elle. Tu as réussi à garder une pièce ? »

Elle croyait son pari perdu, et qu’elle n’engendrerait pas le malheur comme elle aimait tant le faire.

« Bien, dit-elle à contre-coeur. Quel est ton voeu ? »

Il y eut une dernière hésitation dans le coeur de l’homme. Maintenant qu’il avait connu le bonheur d’être entouré de personnes qui tenaient à lui, la vie solitaire à laquelle il se condamnerait en sauvant sa femme serait insupportable. Il jeta cependant un regard à son épouse agonisante, blême et tremblante dans le lit. Elle ne passerait probablement pas la nuit. Il ne pouvait pas se sauver. Quel que soit son choix, la souffrance était inévitable.

« Sauve-la, je t’en prie, finit par dire le misérable »

La créature, satisfaite, s’exécuta puis emmena le pauvre soldat avec elle.

Condamné à errer sous la forme d’un loup, l’existence du soldat fut comme l’avait promis la créature : solitaire et effrayante. Les moments de répit étaient rares : il était pourchassé à la fois par les hommes et par les loups. Les autres animaux le craignaient. Il regretta plusieurs fois son avidité, sa cupidité qui l’avaient poussé à accepter le marché de la créature, et ce, même si cette opportunité lui avait permis de trouver le bonheur. Le malheur obtenu en retour était trop grand. Il aurait pu, il aurait dû trouver ce même bonheur sans le trésor. Las de cette vie de souffrance et de regrets, le soldat dépérit peu à peu, et finit par se laisser mourir, dans le froid de l’hiver.


Voilà les enfants, l’histoire du soldat se termine ici. Cependant, tendez bien l’oreille lorsque vous sortirez de la ville, des animaux pourraient vous murmurer leur histoire ce soir, les victimes d’Ügüyrel sont nombreuses.
»

Un silence tomba sur la petite assemblée, qui fut rapidement interrompu par des bruits de raclements de bancs. Les adultes avaient fini le festin. Il était temps d’aller se coucher. Ce soir, c’était la nuit d’Ügüyrel : c’était le moment où il venait chercher ses pièces d’or. Ainsi, tous les habitants de la ville se devaient de dormir avec une pièce sur leur oreiller, et, avant de sombrer dans l’inconscience, ils faisaient tous un voeu. Si au petit matin, la pièce avait disparu, le souhait se réaliserait. Eskarina faisait toujours le même voeu, mais personne à part elle ne le connaissait : car quiconque répétait son voeu connaissait le même sort que le soldat.






Souvenir numéro 3

« Brisez-le ! »

Le boulet de démolition s’écrasa dans un triste fracas contre le traîneau rouge et doré, le réduisant en un clin d’œil à l’état de kyrielles de débris colorés éparpillés sur le sol grisâtre de la ferraillerie des nouvelles industries de Noël Strauss, anciennement propriétés du non moins célèbre Père Noël avant que ce dernier ne soit viré de son poste pour être remplacé par le bureaucrate efficace et impitoyable qu’était Ludwig Strauss, appelé désormais sous le doux surnom de Père Lud’Noël. Mais vous devez sans-doute vous poser cette question essentielle : comment l’industriel passionné des profits est-il devenu le nouvel espoir (ou cauchemar) des Irydars pour la grande fête de Noël ?

La réponse est que les temps changent, de même que l’industrie des jouets. La demande croit de façon exponentielle et les anciennes méthodes traditionnelles de notre grand-père à la barbe blanche et à la panse plus ronde que les courbes d’Amisgal (oubliez ça) ne pouvaient plus répondre adéquatement au flux croissant d’enfants gâtés et d’autres adultes tout aussi enjoués. Pire, on commençait déjà à chercher des alternatives, des produits de substitution ! Noël perdait de sa splendeur et de sa magie, surclassé par d’autres fêtes païennes telles que Hall-eau-Win et ses abominations séduisant les jeunes aussi efficacement qu’un individu louche avec sa camionnette à bonbons magiques. Il fallait agir et vite ! Hors ce bon Père Noël, non content de garder les bonnes vieilles méthodes sous prétexte de préserver l’esprit de Noël, avait fait la tragique erreur de laisser son traîneau en parking à Vereist pour un besoin urgent né d’une consommation un peu trop abusive de jus de Delkhii (jus qui, selon certains, serait la cause du pacifisme un peu trop excessif d’un certain seigneur de My’trä dont on censurera le nm par souci d’esprit de Noël). Hélas, c’était justement à ce moment là qu’un certain bandit notoire réputé cannibale et tuberculeux décida d’assouvir sa soif de vengeance envers ce monde cruel qui avait fait de lui un paria et abattit froidement les rennes du traîneau rouge, non sans récolter au passage quelques boyaux bien chauds pour assouvir son appétit vorace.

Bien entendu, cette négligence de la part du boss avait suscité une vague d’indignation de la part des lutins agacés par le laxisme ambiant. C’est des travailleurs fanatiques du boulot qui adorent se faire gronder, cravacher et travailler des heures supplémentaires sous pression. Ils ne voulaient plus d’un bisounours barbu et bedonnant, ils désiraient un homme à la poigne de fer. Le conseil des actionnaires lutins représentant tous les continents d’Irydaë se réunirent alors avant de finalement virer le Père Noël, le laissant finir l’année dans un camping-car à Khurmag. Au fil des mois, ses lamentations nocturnes et ses tentatives de voler la nourriture des villageois locaux alimenteront la légende de l’abominable homme des neiges, mais ceci est une autre histoire.

Ah, oui ! Le choix du nouveau dirigeant ! Qui de mieux pour diriger les lutins que monsieur Strauss lui-même dont la réputation en tant que symbole même de l’industrialisation monopolistique n’était plus à prouver ? Un bureaucrate qui les payerai au SMIG, les châtierait et leur imposerait des horaires de travail inhumains, c’était juste le candidat parfait ! Le choix a été vite fait et monsieur Strauss fut contacté par le biais de l’amie intime et ancienne amante de feu monsieur Noël, la marraine la bonne fée. Si le premier contact avec monsieur Strauss s’était résumé à un gentleman affolé braquant son fusil sur la fée à la chevelure grisonnante et aux lèvres pulpeuses (par piqûre d’abeilles, médecine my’tränne recommandée par Althéa !). Mais après une longue discussion sur le business, monsieur Strauss avait finalement accepté de devenir le nouveau maître SM … euh non, le nouveau patron des lutins. Et le changement fut radical, notamment par l’installation d’usines monstrueuses là où avant il n’y’ avait que le chalet de grand-père. Si écologiquement parlant cela restait désastreux à en juger par le flot de bonhommes de neige qui quittaient les lieux pour immigrer clandestinement à Marnaka, la production elle battait son plein, et les elfes étaient heureux ! On avait instauré un réseau de quartiers-maîtres hargneux tous droits sortis du Mordor (surnom qu’on donne aux esclavagistes de Zochlom, selon Adramus le Tyran). Inutile de dire que la douce mélodie des claquements de fouets avait vite animé l’ambiance autrefois trop féérique des lieux. Le travail à la chaîne portait ses fruits et on notait déjà l’accroissement notable du stock de jouets pour tous les Irydärs sages. D’ailleurs, pour déterminer ces derniers, le nouveau dirigeant de la société à but non lucratif (officiellement en tout cas) avait engagé une certaine diablesse à la chevelure écarlate pour palier à ce problème de référencement. Cette dernière veillait à réduire drastiquement le nombre d’Irydärs sur la liste de l’industriel, facilitant grandement la distribution anticipée des jouets. Quant à savoir s’ils étaient sages ou non et bien, seuls les Architectes le sauront.

Enfin, cela explique donc la destruction du traîneau du Père Noël, dont le bois sera utilisé pour tailler une chaise plus confortable que l’ancien siège un peu trop large pour le postérieur du nouveau CEO. Les restes furent utilisés pour la vente de cure-dents aptes à nettoyer les crocs d’un dragon.

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C’était le grand jour ! La distribution des jouets ! Tout avait été prévu, calculé et même simulé dans les salles d’entraînement où les lutins devaient faire un parcours infernale sous le feu de gamins armés de lance-pierres, de chiens enragés et de chasseurs myopes qui les confondraient avec du gibier. On avait engagé un certain soldat aux problèmes de couples devenus célèbres et au sexe douteux pour les entraîner à faire face à toute éventualité, même à une politique de contrôle aérien de la part du colonel Henry dont la paranoïa devenait très problématique pour les affaires.

Préparés, entraînés à se défendre au corps-à-corps et au lancer de cookies, les lutins les plus compétents furent sélectionnés pour monter à bord du nouveau traîneau de Noël, un vaisseau à magilithe à la pointe de la technologie et portant le comique surnom de « Straussmobile ». Ludwig en personne la pilotait, son contrat l’obligeant à être aux commandes de l’opération annuelle cruciale. Bien qu’il ne soit pas un homme d’action, il dut se plier à la pression des syndicats et des actionnaires conjoints. C’est donc déguisé dans un uniforme rouge plus moderne et classe que celui de son prédécesseur que le Père Lud’Noël accompagné de son équipe de choc quitta la base secrète pour distribuer la joie et la magie à travers la terre plate.

À grande vitesse, la Straussmobile parcourait les continents, les lutins quittant le vaisseau avec leurs combinaisons à aéro-magilithes inspirées de celle d’une kleptomane incorrigible aux boucles dorées, fusaient d’une maison à l’autre et larguaient leurs paquets de cadeaux, cookies et publicités sur les industries Strauss comprises.

« Ho ho ho … c’est ridicule. On devrait supprimer cette réplique. »

« Oui, monsieur. »

« Et peut-être penser à une nouvelle utilité à l’élevage de rennes. J’ai bien l’idée d’instaurer une nouvelle chaîne de fast-food à Aildor, on pourra palier au manque de viande de bœuf. Le Mac'Sakari, ça sonne bien ?»

« Oui, monsieur. »

« La cadence de production n’a pas été satisfaisante à mon goût. Penses-tu que si nous ajoutions plus de coups de fouets, la productivité augmenterait ? »

« Oh oui, monsieur ! »

C’est alors que la Straussmobile fut secouée par une violente secousse tandis que l’alarme sonnait à en faire saigner les tympans du pilote.

« Mais que … ?! »

Près du vaisseau, un navire pirate décoré de guirlandes et de sapins tentait de les aborder. Et il reconnut aussitôt le capitaine du navire, déguisé en bonhomme de neige et agitant un sabre d’abordage. C’était Pedro de Sousa !

« Rah ! Il en veut aux nudes de Tristan que Sanaë a souhaité pour Noël ! L’ordure, il veut les vendre à prix d’or, mais il ne s’en tirera pas à si bon compte ! »

S’armant d’un sucre d’orge de la taille d’une épée, il s’apprêtait à repousser les hommes en pain d’épice déguisés en pirates qui allaient passer à l’attaque. Ludwig allait chèrement défendre les cadeaux, promettant au rival des airs qu’il le fera sommeiller aussi longtemps qu’Evrann et son inspiration. Une lutte sans merci s’annonçait dans le ciel d’Irydaë. Mais c’était ça, Noël à Irydaë : la guerre sans merci dans une ambiance festive et joyeuse !

Joyeux Noël à tous et n’oubliez pas, si vous n’êtes pas sages la vilaine fangirl de Möchlog viendra vous pincer les oreilles (ou les arracher).






Souvenir numéro 4

C'était il y a maintenant sept ans, la boutique Narcisse était éclairée, à son habitude, malgré les douze coups approchant. Les volets étaient clos, et l'intérieur était caché aux yeux des braves âmes qui osaient affronter les neiges de Zuhauze, en recherche tardives de présents à offrir. Derrière la porte du magasin, alors en meilleur état, la propriétaire se baladait entre les rayons, habillée comme pour une cérémonie d'une robe noire et bleue, élargie sur les hanches et se finissant en voûte. Elle déposait des yeux attentifs sur ses créations, comme une mère regarde ses enfants avant de souffler la chandelle. Elle replaçait de ses doigts fins les poupées déplacées par les nombreuses visites de la journée, et mieux encore, tous avaient payé.

Il allait bientôt être l'heure tant attendue pour la jeune tenancière. Tout devait être parfait, comme chaque année. Elle s'assit sur son comptoir, jambes croisées, et laissa échapper un soupir dans un sourire. Ophélia avait allumé les quelques ampoules qui étaient disposées sur ses étales, plongeant la boutique dans une demi-pénombre chaleureuse. Et aujourd'hui, comme chaque année, la jeune femme était heureuse, à sa façon. Elle entendit toquer à l'entrée, mais elle ne se dérangea pas, et ignora les coups. Elle allait monter ses escaliers, lorsque la porte se mit à trembler.

Des secousses la faisant sauter de ses gonds, au rythme de lourds battements. Paniquée, la propriétaire se précipita derrière le comptoir alors qu'entraient deux individus. C'était un couple, sans doute deux parents désespérés d'offrir à leur enfant quelque chose pour cette soirée qu'ils aimaient tant. La créatrice se cachait, dos serré au comptoir, coeur battant comme un tambour de guerre. Des fosses se creusèrent sous ses yeux, prise par la peur. Elle se mit à ramper dans son arrière salle, et remonta les escaliers. Au travers des trous, elle entendait les deux intrus chuchoter.


- Ce n'est pas correct Ilian ! Il y a sans doute quelqu'un qui travaille ici !


- Je sais ... mais je ne supporterai pas de passer un noël de plus en voyant leurs mines déconfites. Allez, trouvons leur quelque chose.

A travers son plancher, Ophélia regardait les deux visiteurs se balader dans son magasin, entre ses allées. Ils touchaient ce qui les intéressait, déplaçaient sans ranger et laissaient de la neige partout sur le sol. Assistant à ce spectacle, la jeune propriétaire fut prise d'un profond malaise, était-ce de la tristesse, de la déception ? Ou juste le sentiment que ses efforts ont été vains ... Ces deux personnes ruinaient sa nuit, qui était pourtant si sacrée à ses yeux. Elle fit balader sa main sur le plancher de bois, et attrapa le câble qui grimpait du voile à côté de la caisse jusqu'au premier étage.

Les étrangers avaient choisis trois poupées, deux à l'image de princesses, et une autre à l'image d'un corsaire. Ils se concertèrent et se dirigèrent vers la sortie. En haut, Ophélia libéra un peu du câble qu'elle tenait, faisant remuer le voila à côté de la caisse. Ce détail n'échappa pas au couple, et la plus curieuse des deux se dirigea vers le drap, disposé sur une effigie, plus grande. Elle souleva la couverture et fit signe à son mari de la rejoindre.


- Elle est si bien faite ...

Du haut de ses ouvertures, la propriétaire esquissait un sourire spastique, raidit par la joie qu'allait lui procurer ce petit châtiment. Elle laissa filer le câble, et plus rien n'empêcha la clé de Lamelle, la poupée sous le voile, de tourner, et elle fit son office, dégainant ses deux bras bordés de lames, elle tournoya sur elle-même.

La jeune tenancière redescendit ses escaliers, traversa le rideau de l'arrière-salle et avança dans l'allée centrale. Elle constata avec satisfaction la mort des deux intrus. Lamelle avait fait un bon travail avec leurs gorges. Le mari, dont l'entaille était moins profonde, agonisait au sol, se tenant désespéramment la gorge, essayant d'empêcher son sang de couler. Mais Ophélia n'y fit pas attention, elle se dirigea vers la porte, plantant le talon de sa chaussure dans la plaie déjà ouverte du père de famille, qui sentit sa vie s'achever de longues et délicieusement douloureuses secondes plus tard. La gérante referma la porte, dont le loquet était brisé, et abaissa une planche pour la bloquer.

Elle fit volte-face, prête à nettoyer les restes de cette soirée, lorsqu'elle remarqua un détail particulier. Un bijou, qui dansait sur la lame de sa poupée., un collier de fer bon marché duquel coulait encore le sang de son ancienne propriétaire. Il avait été arraché du coup de la femme qu'elle avait abattu. Subjuguée par une telle apparition, Ophélia avança vers sa précieuse amie.

- Un ... cadeau ? elle leva ses yeux dans les iris artificiels de sa création, et ne put retenir la larme qui coula le long de sa joue. M-merci ... Lamelle.


Et elle étreignit son effigie de rouages et de métal, avant d'aller quérir ses outils de ménage. Et une fois que tout fut à nouveau nettoyé, elle sentit une masse s'échapper de ses épaules.
Un frisson lui parcourut le dos, et elle monta à son deuxième étage, une simple pièce carrée, baignée dans la lumière de la lune, pénétrant à travers un oeil de boeuf sur la façade. Au fond de la salle était installé un autel, Ophélia avait déjà tout préparé, la table, le drap, les chandelles, et un portrait de son regretté père.

Car aujourd'hui était l'anniversaire de sa mort, le jour où il a laissé sa fille proie à un destin qu'il n'aurait souhaité à personne sur ces terres. Elle s'agenouilla devant son mémorial, et resta silencieuse un court instant. Elle se souvenait de lui, revivait ses meilleurs souvenirs, comment il lui avait appris le fonctionnement des rouages, et la manière de par laquelle il faut construire les poupées.

Et ce soir-là, elle tenait dans sa main le cadeau d'une précieuse amie. Elle serrait le médaillon contre son coeur, comme s'il pouvait s'échapper à tout instant. Et dans sa contemplation, elle susurra d'une douce voix ...

- Joyeux Noël, papa.


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Bolgokh
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Dim 7 Jan - 14:18
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Souvenir numéro 5

Le barde oeillait régulièrement le sapin nu qui trônait fièrement près de l’âtre, frêle et chétif il n’avait rien du panache majestueux de ses ainés qui se balançaient au gré des vents, nonobstant le froid qui rôdait comme un démon implacable et ôtait insidieusement la vie à toute créature assez imprudente pour se perdre au dehors. Mais pas eux. Pas ces fiers seigneurs des forêts qui couvraient de leurs bras les âmes vagabondes, égarées ou bien trop téméraires pour ne pas se garder des étendues glacées de Khurmag.

Car oui nobles seigneurs, c’est en ces terres gelées de Foreal qu’est né le mythe à la fois le plus formidable et le plus improbable qui soit. J’entends messires, qui aurait bien pu avoir l’idée d’illuminer un arbre au beau milieu de la nuit? Mais eussiez-vous été à leur place, auriez-vous agi différemment? Nul ne le saura jamais! Est-ce pour le mieux? Peut-être bien messeigneurs, peut-être bien!”

La grande salle de la taverne de La Plume Roussie était comble, pleine comme chaque année de badauds venus se délecter des fameux contes de Noël que chaque barde se devait de connaître sur le bout des doigts. Celle-ci était connue de tous, mais chaque ménestrel, chaque conteur avait sa propre version. Et tous étaient naturellement persuadés de détenir l’originale, l’unique véritable histoire du sapin de Noël. Qu’en était il vraiment? Difficile à estimer pour une tradition qui remontait à plusieurs siècles et dont les racines se perdaient dans la mémoire collective. Quelqu’un avait vu, puis raconté, et naturellement les choses s’étaient emballées. Impossible de démêler le vrai du faux, mais impossible de nier que ce jour là quelque chose d’extraordinaire c’était produit.

Le reste appartient à la légende. Et un barde n’est il pas en soi un faiseur de légendes?

Vous devez comprendre ô mes amis que c’est une terrible nécessité qui a conduit une famille entière à braver les étendues hostiles de Khurmag pour se rendre à Foreal, un soir de Noël désormais perdu dans les brumes du passé. Qu’était ce besoin impérieux? Quel mal fuyaient ils? Nous l’ignorons messires, et peut-être est-ce pour le mieux! Imaginez que la réalité soit en deçà de vos espérances? N’en seriez-vous pas terriblement déçus? Probablement! Et soyez certains que vous auriez toutes les raisons de l’être!”

C’était une histoire somme toute banale, qui commençait comme bien d’autres histoires. À cela près qu’elle était devenue une légende, puis un mythe qui avait gravé en lettres d’or son nom dans l’histoire du monde. Une fable fabuleuse que personne n’oublierait jamais. Encore une fois il avait fallu le secours d’un mage pour que la magie de Noël prenne réellement tout son sens et que la tradition prenne définitivement racine dans le coeur des hommes.

On sous estime souvent l’importance d’une bonne mise en scène, que les éléments du décor soient placés avec soin afin que tout concorde et que l’histoire puisse se jouer sans anicroche. Comme si l’on déroulait un tapis rouge, que l’on pavait une allée pour que le conte n’en soit que plus beau! Vous me suivez n’est-ce pas chers amis? Pourtant celle-ci est des plus simples, presque banale, à la limite de l’insipide. Et quand on sait ce qu’il en est advenu, n’est-ce pas merveilleux messires? Assurément, totalement!”

Il est dit qu’une horde de loups s’était lancée à leurs trousses quelques heures à peine après qu’ils aient quitté la ville, que leurs hurlements se perdaient à travers la neige et les arbres et que nul n’aurait su dire d’où ils provenaient. Tous connaissaient cette partie de l’histoire. Mais le barde usa de ses dons pour instiller dans l’esprit de son public le bruit du vent, les grincement des branchages qui se courbent et les cris des loups distants, parfois proches. Tout le monde s’était tu et seul le feu de l’âtre brisait encore le charme de par ses crépitements intempestifs.

Acculés au pied d’un sapin majestueux, blottis autour d’un feu qui ne tiendrait les bêtes en respect que peu de temps, nos aventuriers s’étaient résignés à ne voir ni Noël, ni le jour se lever. Les flammes vacillantes projetaient des ombres éparses dans lesquelles brillaient le regard des loups, cruels et affamés. Et alors que la fin approchait, le mage du groupe dont on ignore le nom se leva et au risque de se vider de son énergie, insuffla toute sa force dans un sort désespéré. Ultime acte de bravoure et dernier rempart à la férocité des bêtes.”

Le barde se leva, écarta théâtralement les bras, les mains tendues devant lui paumes vers le haut. Et insuffla sa propre magie dans le petit sapin qui jouxtait l’âtre. Illuminant ses branches de couleurs vives et chaudes qui allaient et venaient, changeaient sans cesse et irradiaient la taverne d’une lumière enchanteresse. Provoquant ainsi les cris stupéfaits des enfants, et les rires des parents qui bien qu’habitués à une telle mise en scène n’en étaient pas moins ravis chaque année.

Exactement comme ceci messeigneurs! Ah! N’est-ce pas merveilleux? Qui d’autre qu’un illusionniste aurait pu sauver Noël et nous offrir cette histoire dont nous nous régalons encore et toujours? Un Daënar? Je doute que leurs gadgets soient capables de telles prouesses! Toujours est il que le sapin illuminé eut l’effet escompté sur les loups qui détalèrent sans demander leur reste et que nos rescapés purent gagner Foreal et fêter ainsi Noël avec les leurs, en sécurité!”

Il s’inclina sous les applaudissements et les vivats de son auditoire et leva sa chope à leur santé avant de s’emparer de son Luth et de laisser place à la musique et à la fête.

Merci à vous nobles seigneurs! Je vous souhaite à tous un très joyeux Noël! Mais par pitié, n’ayez pas l’outrecuidance de braver la nature ce soir, nul ne saurait affirmer que ce tour fonctionnera une seconde fois! Imaginez que les loups aient appris la leçon? Ah il vous en cuirait! À la votre messeigneurs, à la votre!”






Souvenir numéro 6

Le 24 Décembre 932, à Blumar, au Tyorum, Daenastre.

Il était le jours de Noël, un jours si particulier à mes yeux que je ne pouvais me résoudre à l'oublier. Ainsi, c'est avec une énorme fierté que j'avais coupé le plus jolie sapin de la forêt, tué le cochon de lait et emballé les cadeaux qui m'étaient destinés. La maison était vide, mais c'était mieux ainsi. Quoi de plus agréable que de contempler ce bon vieux paysages enneigé dans la plus grande des discrétions, à l'abris des regards malsains et jugeurs de nos confrères, nos voisins, eux aussi soumit au silence que nous imposait nos croyances... Posé sur ma chaise de bois formée, j'ouvrai cet ouvrage datant des temps de ma jeunesse, signe de mon innocence passée, là où tout était noté, mes pensées, mes peurs et mes envies, tout ce qui faisait de moi un être de chair et d'os, espérant me remémorer non sans peine, les temps où cette famille n'était pas encore l'ombre d'elle même. Balayant l'épais dépôt de poussière stagnante en provenance du grenier à blé, je me préparais au couronnement de mon illustre hôte des bois.

†††††

"Chronique d'un petit Noel à Blumar, le Tyorum, Daenastre, le 24 Décembre 920.

Noël... Ah, sacré Noël ! Il était de coutume dans notre belle famille de célébrer l’événement en comité restreint, dans le cloître qu'était cette maison de famille perdue au beau milieu des vergers et des champs. Ainsi, mes grands-parents, mon oncle, ma tante, ma cousine, père, mère, et moi même, étions les seuls privilégiés, seuls membres de la branche principale de la Famille Aldebarra, à pouvoir y participer. Les autres me direz-vous ? Et bien, ils le feront plus loin ! Nos grands-parents n'aimaient pas tellement faire entrer sang de bâtard dans l'enceinte de notre maison, déjà qu'ils avaient grande difficulté à accepter leur propre descendance.

C'était une journée extraordinaire, durant l'année de mes six ans, alors que ma première année d'école à Blumar arrivait à son terme, alors je rentrais de cette dernière un A en guise de note en biologie, mon sac bien accroché sur mes frêles épaules d'écolier, affichant fièrement les résultats de longues heures de travail acharné... L'imposant sapin dressé au beau milieu du salon boisé et chauffé par l'immense cheminée de pierre qui ornait le salon, le plancher reflétant les incandescences formées par les flammes grandissantes, naissantes, au sein du foyer de bois, moi, assis sur mon petit tabouret de chêne, contemplant leur superbe, ma petite chaussette remplie de confiseries à la main, me goinfrant mains après mains, sous leurs regards assassins.

Je me souviens également de cette table dressée, où siégeait comme à son habitude le cochon de lait qui venait d'être égorgé, sa mère hurlant à la mort dans l'étable d'à côté, savant son heure proche, le regard figé. A l'autre bout de la pièce se jouait un morceaux de Jazz que ma mère avait confectionné, le piano à queue prônant fièrement son sons aux alentours du buffet, faisant danser, chanter, les ombres vagabondes de nos familiers encore sous l'emprise de l'alcool et de l'herbe à chiquer, tandis que certain, plus distingués, s'en allaient au cellier s'injecter les quelques doses de sédatifs que mon père médecin de fortune avait préparé.

Mais ce qui faisait la particularité de cette famille le soir du réveillon, c'était cette tradition des plus morbides qui consistait à éventrer la truie mère porteuse de notre dînée, et d'en accrocher les composants ensanglantés aux imposantes épines de notre verdâtre sapin adoré. Les entrailles enroulées autour de ce dernier, les sabots de boules tournantes, ils servaient... La tête, ultime trophée de mon père ce fou à lier, marquait d'un point nommé l'achèvement de la décoration de Noel, et l'ouverture des cadeaux, et ceci en commençant par les enfants qui ensemble, allaient chaque année, planter cette ignoble carcasse sur le pic le plus élevé de notre sapin, l'illuminant d'un rouge condensé, d'hémoglobine et de plasma, il était fait.

S'en suivait alors la fameuse chanson des Aldebarra, les voix graves étant maîtresses de cérémonie, nous nous laissions guider par leurs octaves et leurs imposantes notes écrasantes, une hymne à la gloire de nos ancêtres et des générations à venir, élogieuse mise à mort de nos ennemies de territoire, acte de méprise caché, dans nos campagnes adorées :

*Fracas de pieds contre le plancher*

La-la, l'âme des... Alde-barra,
A jamais perdura !
Oh-oh, tremblez... sacrés mages,
A jamais trépasseront !
†††††
Hum-Hum, chantons haut et fort,
La mélodie d'nos coeurs !
Hi-hi, les Alde-barra,
A jamais tueront !
†††††
La-la, l'âme des... Alde-barra,
A jamais vous suivra !
Oh-oh, tremblez... sacré monde,
A jamais entererront !
†††††
Hum-Hum, i-mmortalité,
Voici qu'elle est célébrée !
Hi-hi, les Alde-barra,
A jamais domineront !


Luciole Aldebarra, 6 ans, élève de l'école de Blumar."


*Le livre se referma*

"Que d'émotion ! Hi, hi, hi... Cela faisait si longtemps que je n'avais pas célébré Noel en famille, ou du moins, en comité réduit. Ah, chère mère, voilà notre heure de gloire, les Aldebarra en tête d'affiche ! Et chère grand-mère, ne me regardez pas comme cela ! Vous devriez être heureuse d'être la reine de la soirée, la luxure et la célébrité, c'est tout ce dont vous avez toujours rêvé ! Alors... Que la fête commence !", disait-il à voix haute, tout en se dirigeant vers la table du buffet, où pouvait se distinguer des membres découpés de chair humaine, et trois têtes. Celle de sa mère, Leyla, qu'il avait tué quelques mois auparavant, puis enterrée dans le jardin, -ce qui en disant long sur l'état de la dépouille-. Celle de sa grand-mère, Tomenn, qu'il l'avait toujours haï, et pour finir, celle de son grand-père Anthérops, un homme aigri et avare comme le Diable. Alliant chansonnettes et petits bonds, Luciole décora lui aussi son sapin avec les décorations qu'il avait fait maison, et l'acheva en accrochant la tête de sa défunte mère en haut de celui-là, trône jadis, de la tête d'un animal devenu Roi.


"Cette femme est une STAR ! Ah, ah, ah...", enchaînais-je, un verre de vin rouge à la main, hilare de la situation dans laquelle je me trouvais, le meilleur des Noëls que je n'avais jamais fait.






Souvenir numéro 7

Le château dans les cimes

Parfois, on pense avoir eu une mauvaise idée en entreprenant un voyage. Le doute nous accable et l’on hésite mille et une fois à faire demi-tour, à revenir sur ces pas. Mesdames et messieurs, l’histoire qui va suivre, je l’espère, vous convaincra que chaque voyage doit être achevé, car on ne sait jamais quelle récompense peut se trouver au bout. Cette histoire, c’est celle d’Adramus, un noble et fier guerrier nomade qui n’a pour rêve unique que de devenir la quintessence de l’art martial dont il a hérité des valeurs. Pour réussir sa mission, il lui arrive souvent de faire des choses insensées, de se confronter à des difficultés insurmontables, mais il en est toujours ressorti grandi.

Malheureusement, ce fut peut-être, en ce soir de décembre, le risque de trop. Khurmag était connue pour ses hivers rudes, c’est vrai, mais peu de gens ont eu réellement à devoir affronter ce qu’il avait de plus redoutable. Perché à des centaines de mètres d’altitude, Adramus s’était lancé à la conquête d’un des sommets les plus inatteignables de cette effrayante chaîne montagneuse. Au départ, la météo était de son côté, ce qui le rendit confiant. Mais au fur et à mesure, l’hiver khurmis s’est révélé dans toute sa sauvagerie. Les nuages obscurcirent le ciel et un blizzard assourdissant souffla sur la montagne dénudée de tout abri, hormis quelques grottes salvatrices. Seulement, arriva un moment dans l’ascension où même les cavernes avaient désertés la surface pure et sans tâche de la montagne. Une vue magnifique, mais que le voyageur ne pouvait pas déceler tant la tempête assombrissait sa vue et affaiblissait sa volonté. C’est là, dans ces moments d’extrême perdition, qu’il songeait véritablement à abandonner, pour la première fois de sa vie.

Mais je vous l’ai dit, persévérez et il tombera toujours les meilleurs fruits pour celui qui continue de grimper. Il ne sut, le pauvre, si c’était un mirage de son esprit à bout de force, ou bien si véritablement une vision si onirique était véritablement sous ses yeux. A quelques dizaines de mètres seulement, le blizzard se calma suffisamment pour se laisser transpercer par des hauts murs couleur de givre, des tours imposantes garnies de tentures, de sculptures et de dorures. Comme si on l’avait planté dans la montagne, un gigantesque château d’un bleu pur se laissait deviner derrière les flocons de neige.

L’esprit d’Adramus était malheureusement trop assommé, trop épuisé et trop émerveillé pour ordonner une quelconque prudence. Le guerrier d’Amisgal avança simplement, avec peine, levant toujours plus la tête en direction de ces flèches qui perçaient littéralement le ciel. Une brume légère s’échappait de ses lèvres, mais c’était désormais la seule chose capable de brouiller la vue du vagabond. Plus ses pas s’approchaient de l’immense porte double de cette étrange demeure, plus la tempête s’éloignait, et le soleil revenait.

Le regard d’Adramus avait beau être plus proche, à chaque pas, des murs de ce château, il n’en restait pas moins qu’il croyait de moins en moins aux informations qu’il lui envoyait. Ce n’était tout bonnement pas croyable. Une bâtisse si haute, si imposante, si belle, faite entièrement de glace. Tout, des briques aux portes, des fenêtres aux sculptures, du sol à la girouette qui se mouvait avec lassitude, ce n’était que de la glace parsemée çà et là d’ornements métalliques. Le guerrier leva tellement le cou vers tout ceci qu’il ne se rendit compte que trop tard qu’on le menaçait d’une paire de lances. Les gardes de la porte, en armure d’acier aux reflets bleutés, avaient arrêtés cet individu des plus étranges avant qu’il n’entre dans l’antre qu’ils étaient chargés de protéger.

- Eh, vagabond ! On ne passe pas ! Comment tu es arrivé là, d’ailleurs, hein ? Le blizzard fait rage !

Les yeux d’Adramus étaient bien obligés de se poser sur son interlocuteur, mais ses lèvres étaient comme scellées par le froid et la surprise. Il se contenta d’un long regard énigmatique, ce qui rendit les deux hommes nerveux. L’un d’eux, d’ailleurs, s’apprêtait à renchérir sur de plus amples menaces, mais une voix puissante, dans leur dos, le stoppa net dans sa course.

- Allons, calmez-vous ! Cet étranger est tout de même parvenu à nous rejoindre, au milieu de cette effroyable tempête. Il ne repartira pas avant d’être nourri et réchauffé ! Lança-t-elle en achevant d’un rire sonore.

Le guerrier ne put voir distinctement qui était précisément ce joyeux personnage, mais il inclina la tête pour remercier les soldats qui, à présent, levaient leurs guisarmes pour le laisser entrer dans ce Jardin d’Eden. Un jardin aux allures de domaine divin, bâti dans quelque chose qui, par essence, vous glisse entre les doigts et est aussi éphémère qu’un vol de papillon. Pourtant, tout l’édifice dégageait autant de majesté et de grandeur que n’importe quelle autre œuvre de pierre ordinaire. Il avait beau être en glace, le château des cimes semblait sortir de l’éternité, se complaire dans le temps sans jamais en subir la funeste mission.

Tout d’abord, Adramus se vit escorté par son jovial partenaire dans un immense couloir aux murs si hauts qu’il semblait qu’on se briserait le cou à essayer d’en apercevoir les flèches vertigineuses. Les décorations étaient, étonnamment, très colorées. On s’attendrait à voir la monochromie du givre, mais c’était bien de longs tapis en velours pourpre qui tapissaient le sol, des tentures parmes brodées de fils argentés couvraient les murs de glace nue surmontés de bas-reliefs discrets sculptés dans du métal brillant que le voyageur ne reconnut pas. Il n’en croyait pas son propre corps, bien qu’on soit dans un véritable couloir de glace, jamais il ne se sentit plus au chaud qu’entre ces murs nimbés de splendeur hivernale. Son guide l’aidait bien à se sentir chez lui, par ailleurs, puisque, probablement déjà sagement aviné, il tenait la conversation à Adramus d’un ton rieur, mais amical. Il lui parlait du temps effroyable de l’extérieur, louait le courage du vagabond tout en mettant l’accent sur sa probable folie, mais Adramus restait muet, affichant sans réserve son admiration pour l’endroit.

Après plusieurs minutes, qui auraient pu être des heures, les deux mages s’engouffrèrent dans une salle aux proportions démesurées. Tout d’abord, par sa hauteur à laquelle Adramus commençait tout doucement à s’habituer, étant donné que cela semblait être la marque de fabrique de ce château, mais sa simple largeur suffisait à lui faire écarquiller les yeux. Sous ses yeux s’étalait une sorte de salle de réception, tout de glace évidemment, mais aussi richement aménagée que le simple couloir qu’il venait de traverser. En plus des tapisseries, on avait étalé çà et là de la fourrure sur une grande partie du sol, permettant à tous ceux qui le souhaitaient de s’y installer, voire d’y dormir, comme certains le faisaient déjà. De longues tables drapées de blanc présentaient à toute l’assistance de quoi manger et boire, suffisamment pour pouvoir encaisser un siège de plusieurs jours, sans aucun doute, et ce rien que sur les tables. Car oui, si la démesure était le maître mot de cette mystérieuse demeure, la surpopulation devait, en revanche, lui être inconnue.

Oh, n’affirmons pas non plus que cette salle fût vide, mais comparé à l’espace investi, le nombre de personnes qui l’occupaient semblait ridicule. A vue de nez, une centaine de serveurs, gardes, danseurs, ménestrels et autres amuseurs, mais aussi des hommes et des femmes tout bonnement assignées à la plus pure détente des invités. Certains conversaient, d’autres massaient et d’autres encore permettait la purgation d’instincts plus animaux, mais tous les employés se reconnaissaient aisément, en cela qu’ils portaient des tenues d’un bleu céruléen, tous sans exception, et étaient vêtus bien plus humblement que les autres personnes présentes. Ils étaient au moins une cinquantaine, sûrement plus, car Adramus ne pouvait voir ce qui se cachait derrière l’escalier vers le centre de la pièce qui permettait d’accéder à une autre partie de la salle surélevée à au moins deux mètres de hauteur. De la musique orchestrale s’en échappait toutefois, alors il supposa rapidement que c’était une sorte de salle de bal. Un léger coup sur son épaule lui rappela qu’il n’était ni invisible, ni muet.

- Aller, arrête de soupirer comme un enfant devant l’océan. Tu sais dire que ça ? Que des « C’est… magnifique. » ou « Par Amisgal… » ? Demanda-t-il avec espièglerie.
- Pardonnez-moi, s’excusa Adramus, pataud, c’est simplement que j’ai beau avoir voyagé toute ma vie je n’avais jamais vu un tel endroit auparavant…
- Haha ! C’est normal ! S’esclaffa l’homme. On a fait cet endroit justement pour que personne y arrive trop facilement. Mais toi, t’as des tripes, mon bonhomme ! Et une case en moins, sûrement !

Sur ces mots échangés, le guide d’Adramus le mena jusqu’à une longue table qui servait à disposer boissons et nourritures à l’odeur alléchante. Le vagabond se demanda d’ailleurs comment ils pouvaient être cuisinés ici, mais c’était loin d’être sa seule question, ni la plus urgente. Répondant à l’invitation du jovial personnage en s’emparant de quelques petits fours pour calmer sa faim il réfléchit d’ailleurs à laquelle il pouvait poser en premier, tandis que celui à qui il comptait bien extorquer le plus d’informations était en train de servir une rasade de vin dans une coupe dorée.

- Mais… qui a construit ça, au juste ?
- Aaaah ! Ce sont les maîtres de Dalai, ni plus ni moins ! Si tu fais le tour de la pièce, tu les verras tous ! Tous ceux de Zagash ! A l’exception du primo-gharyn, qui peut pas se payer ce genre de vacances.

Il fit un geste du menton pas tellement discret vers un homme à gauche d’Adramus. Affalé dans un fauteuil, contre un mur, il passait du bon temps en compagnie de courtisanes bien peu vêtues quand on savait que leurs pieds nus foulaient un carrelage assez spécial.

- Lui, c’est le célèbre Celimbor, un grand combattant, pour sûr ! Et sa tribu est l’une des plus grandes du continent, j’en suis certain !

Peut-être était-ce exagérer, qu’importe. Adramus n’était pas là pour contester quelque affirmation que ce soit. Envouté par la musique, les petites étoiles brillantes qui tombaient du plafond comme des flocons de neige, ou même simplement cette idée si brutale : il se trouvait dans la même pièce que tous les plus grands hommes de ce pays, quelques-uns des meilleurs guerriers du monde, et rien que cela suffisait à inhiber toute envie de riposte face au chauvinisme évident de ce Zagashiens remonté par l’alcool qui lui rougissait les joues.

Le regard du guerrier passa avec lenteur et respect sur ces visages qui ne se préoccupaient pas de lui, sauf un. Un seul de ces éminents personnages observait Adramus en même temps que celui-ci faisait le tour de l’assemblée. Il stoppa, intrigué par des yeux si bleus et d’une telle insistance, un regard flamboyant qu’il mit pourtant du temps à resituer. C’était normal, rien n’était plus volatile que les souvenirs d’une bataille. Rien ne gagnait plus à être oublié que les visages de ceux que l’on affronte, mutile et tue pour la cause que l’on défend. Sauf que cette loi que l’on pense universelle ne prévaut pas à Zagash. Ici, on forge ses amitiés dans la bataille, ses rivalités dans la lutte et l’on écrit sa mémoire avec le sang que l’on verse, qu’il vienne de nos veines ou de celles des autres. Visiblement, cet homme un peu à l’écart, seul à boire de son unique main valide, l’autre bras se terminant sur un moignon, reconnaissait sans peine Adramus. Pourtant, ce dernier ne pouvait resituer ce visage qui avait énormément changé en quinze ans, et il en était bien gêné.

Voyant la détresse du fidèle d’Amisgal, l’homme se mit à rire bruyamment, tant et si bien que même à plusieurs mètres de lui, dans une pièce grondant d’un vacarme continu, Adramus entendit son rire raisonner dans ses oreilles. Et comme une madeleine de Proust salvatrice, cet éclat de voix raviva la mémoire du maître d’armes qui revoyait, pendant un court instant, la dernière fois qu’il avait entendu ce rire, aussi clair et rayonnant, en plein milieu de la mêlée. Oui, il se souvenait de ce guerrier, cet adepte de Dalai, qui affrontait avec ses frères les troupes de Kharaal Gazar dans une énième escarmouche. Les mages de Delkhii purent compter sur le soutien de la tribu Godmerek, qui demeurait non loin du lieu de l’attaque. La bataille fut courte, mais si intense qu’elle força le respect à tous les confrères d’Adramus, et lui tout particulièrement. Les Zagashiens avaient une telle rage de vaincre, un tel plaisir dans le combat, une telle synergie les uns avec les autres que, même avec leurs forces combinées, nomades et indigènes du Kharaal ne défendirent que très difficilement, et au prix d’innombrables heures de lutte acharnée, la cible de ce violent assaut. C’est pendant cette bataille, l’une des plus pénibles qu’Adramus n’eut jamais mené, que ce rire retentit pour la première fois.

Le voyageur obéit à l’invitation du mage, qui lui faisait signe de le rejoindre, mais il était toujours absorbé par ses réflexions. Tant et si bien que, lorsque il s’assit sur le fauteuil en face, le regard un peu ailleurs, il eut le droit à une de ces boutades si chères au cœur des Zagashiens de tous horizons.

- Hey, grand dadet ! Oui, toi ! Je sais pas ce que t’as pris pour avoir cette tête de planeur parjure, mais j’en veux bien un p’tit peu ! Muhahahaha ! Aller, reprends-toi. Toi et moi, ça fait longtemps que l’on doit se parler.

Adramus était d’accord, même empressé. Il avait tellement de question à poser à ce souvenir enveloppé dans une tunique couleur océan. Tellement de mystères qui lui embrumaient l’esprit, et que ce mage pourrait chasser en quelques phrases. S’entama alors une longue conversation, de cette espèce de conversation qui semble faire s’écouler plus rapidement le sable des sabliers, faire coucher le soleil avec plus de hâte qu’à l’accoutumé et vider les verres comme l’on respire de l’air. Partageant avec l’adepte d’Amisgal un verre de vin, ce fut cet étrange personnage qui parla le premier.

- Te souviens-tu de moi, au moins, dragonnet ? Tu sais, moi, je me souviens très bien de toi. Au Kharaal on croise rarement des gars qui combattent avec autant de hargne que ceux de ton peuple. Tu te souviens de ce jour, au moins ? Vous aidiez les petits Kharaaliens à se défendre de notre attaque.

- Oui oui, je me souviens de toi, répondit Adramus avec un sourire. C’est ton rire qui m’a réveillé la mémoire. Toi et les autres fidèles de Dalai, vous êtes bien les seuls à rire en plein combat.

- Et c’est bien triste ! C’est l’une des choses les plus drôle que j’ai fait de ma vie, de taper sur les Kharaaliens ! Enfin… maintenant j’ai d’autres responsabilités qui me retiennent dans mon pays. Oh, depuis cette bataille, j’en ai vécu des choses ! Je suis devenu gharyn de ma tribu, j’ai une femme, j’ai des mômes, par contre pour le combat… j’ai peut-être un peu perdu la main ! Acheva-t-il avec un rire sonore.

- Je suis heureux pour toi. Même si on n’était pas du même côté, j’ai toujours respecté cet homme que j’ai… que j’ai entendu éclater de rire alors que tout le monde déversait sa haine sur son adversaire. Nous, on aidait à cause d’un concours de circonstance. Les Kharaaliens étaient nos amis, donc on les a soutenus, mais très honnêtement… votre peuple m’a toujours fasciné.

- Oh, mais c’est réciproque, dragonnet ! Ah d’ailleurs, te vexe pas si je continue de t’appeler comme ça, mais c’est parce que, à l’époque, on a appris qu’en face il y avait un guerrier d’Amisgal qu’on appelait « Le Cri du Dragon ». Donc on s’est dit « Mais ça doit être le chef celui-là ! » et là on voit débarquer un gars un peu sec, torse nu, qui faisait que hurler et donner de violents coups d’épée dans tous les sens ! Tu peux pas savoir comment on se foutait de ta tronche le soir venu ! Mais on buvait à ta santé quand même, tu sais, parce qu’on espérait qu’un tel phénomène terminerait pas sa vie si tôt, pour de telles broutilles.

Adramus était… tout bonnement fasciné. Oui, il venait d’apprendre qu’il avait été un objet de moquerie, mais l’histoire remontait onze ans en arrière, et puis My’trä entière était source de moquerie pour les Zagashiens, donc autant ne pas se vexer pour si peu. Non, il préférait se concentrer et réfléchir sur les paroles de cet homme goguenard. Jamais autant de sagesse n’était sortie d’une bouche aussi incongrue. Le voyageur buvait les paroles de son interlocuteur, car il savait qu’il était en train de dessiner un portrait de sa civilisation, de son peuple, et c’était quelque chose de plus précieux que toutes les dorures qui ornaient les murs de ce château. Par contre, quelque chose ne collait pas dans ce que disait ce guerrier de Dalai.

- Mais… je ne comprends pas. Des broutilles ? Je pensais que votre rivalité avec le Kharaal Gazar comptait beaucoup à vos yeux ?

- Oh ça, c’est ce que te raconteront les jeunes. Ces petits empotés qui ne voient pas plus loin que ce que disent leurs parents. Depuis que je suis devenu chef et maître de la magie de notre vénérée Dalai, il y a des choses que j’ai compris. Il but une gorgée de vin et se pencha vers Adramus. Dis voir, Dragonnet, quand on te dis Delkhii, tu penses à quoi ?

- A.. à l’importance de créer, de bâtir ? Répondit le vagabond.

- Très bien, maintenant quand on te dit Dalai, c’est à quoi que tu penses ?

- Aux passions, à la destruction.

- Très bien, et c’est pour ça que tous les gamins de mon peuple se trompent, que tous les Kharaaliens, même les maîtres, se trompent, et qu’on se retrouve à faire ces petits combats pour s’asticoter l’égo.

- Comment ça ? Que veux-tu dire par là ?

- Laisse-moi finir. Les Kharaaliens nous aiment pas parce qu’ils considèrent que Dalai a détruit l’œuvre de Delkhii, mais c’est là qu’ils ont tout faux. Dalai a créé les océans, elle les a créés. Elle a créé tout ce qui permet à la vie d’y prospérer, elle a créé des paysages magnifiques, des continents entiers comme Als’Kholyn, et tout ce qu’on retient d’elle c’est son penchant pour la violence. Oui, Dalai est violente, c’est pour ça qu’on l’aime et la craint, mais nous on n’a pas fait la guerre au Kharaal parce qu’on considérait que notre Architecte avait été insulté. Et puis Delkhii, n’est-il pas surnommé le Grand Sculpteur par ses fidèles ? Comment un sculpteur fait pour travailler ? Il casse, il coupe, il détruit. Cette guerre est idiote, parce qu’elle oppose création et destruction dans la tête des gens, sauf que Dalai et Delkhii n’ont rien de différent. Les deux créent et les deux détruisent. Tu m’as compris ?


L’intéressé ne répondit pas, rendu muet par une réflexion si… profonde, si belle. Ce maître de Dalai venait de démolir une à une toutes les idées reçues sur son peuple qui habitaient l’esprit d’Adramus, et en quelques phrases avait réuni Delkhii et Dalai, deux Architectes réputés se détester depuis l’aube des temps, dans le même panier. C’était donc ça le pouvoir des maîtres ? Tout le monde se concentrait sur leur puissance magique, mais il était facile d’oublier que c’était aussi les plus puissants fidèles de leurs Architectes, des gens avec une sagesse aussi grande que celle-là !

- Je… J’ai beau avoir compris, je reste stupéfait. Vraiment. On doit avoir presque le même âge, et pourtant je dois m’avouer vaincu, sur tous les plans. Tu es devenu un plus grand guerrier que moi, un penseur plus sage que je ne le serais jamais, mais mon code d’honneur m’interdit d’être envieux, alors je me contenterai simplement de mes deux mains encore en place. Termina Adramus avec un sourire amusé.

- Tu as raison, ne m’envie pas, dragonnet. Le savoir est une chose qui est précieuse pour bien des gens, mais que tout sage regrette une fois qu’il a atteint son but. Savoir, c’est comprendre, et comprendre c’est perdre. Que penses-tu qu’il arrive à un croyant de Dalai qui affirme le lien étroit qui existe pourtant entre la pensée zagashienne et la pensée kharalienne ? Et bien ça. Il leva son moignon sous les yeux d’Adramus. On m’a capturé et tranché la main avant de me libérer. Les sages sont persécutés, dragonnet. Reste ignorant, pour ton propre bien et celui de tes proches. Il vaut mieux être un ignare heureux qu’un savant manchot.
Une chape de plomb semblait être tombé sur les deux hommes, l’un n’était pas encore un guerrier accompli, l’autre avait déjà surpassé ce stade. Pourtant, Adramus se prit soudain à penser qu’il ne souhaitait pas devenir comme lui. Même ça, le maître de Dalai l’avait prévu. Mais tout sage qu’il était, on enlevait jamais à un Zagashiens sont envie irrépressible de vivre avec passion. Comme pour chasser les nuages qui les surplombaient, le mage aquatique se mit à rire en regardant son verre.

- Dis, à ton avis on appelle comment une femme de Zagashiens qui lui hurle dessus ?

- Je ne sais pas.

- On l’appelle pas, on s’enfuit ! Hahahaha !
Allez savoir, c’était peut-être le comique relief qui s’était installé avec cette plaisanterie, mais Adramus se mit à rire, un véritable fou rire, alors que les deux hommes vidèrent petit à petit leur verre tout en continuant de se raconter les pires plaisanteries qu’ils connaissaient.

- Et à ton avis, à quoi ressemble un khurmis qui se bat ? Demanda Adramus.

- Aller, dis.

- Au Khar Darsan !

- Mais… on peut pas savoir, on l’a jamais vu !

- C’est bien ce que je dis ! T’as déjà vu un khurmis au combat toi ?

Et on continua ainsi durant des heures, la nuit obscurcissait le ciel de plus en plus, mais les deux hommes ne tarissaient pas de traits d’humour ou de discussions philosophiques. Personne ne vint les interrompre. L’étranger ne les attirait pas, et la réputation du maître de Dalai incitait à les garder à l’écart. Seules quelques braves servants et servantes revenaient leur servir de quoi boire et manger, bien qu’après seulement deux heures aucun n’était plus vraiment en état de demander convenablement. Leurs paroles était si éloignées de la langue commune qu’on jurerait qu’ils s’exprimaient dans le parler ancien des Architectes.

Finalement, l’obscurité enveloppa même l’esprit d’Adramus, qui ne récupéra sa conscience qu’au petit matin, quand de la froide neige lui picota la joue. Il s’éveilla brusquement, assailli par un horrible mal de tête et l’incompréhension de se retrouver dans une petite caverne, très éloignée du château qu’il visitait la veille. Son cerveau était bien incapable de rassembler les souvenirs qui lui restaient. Il n’était même pas certain que ce qu’il avait vécu était réel ou non. Dehors, le blizzard faisait rage, et rien ne permettait au voyageur de reprendre sa route, pas même l’espoir de se trouver près d’un endroit habité. Un peu dépité par cet état de fait, Adramus s’affala contre une des parois de la grotte et buta avec étonnement sur quelque chose. Dans son dos se trouvait une planche de bois avec, sur celle-ci, un sac de toile et un mot. La curiosité du mage le poussa à regarder d’abord ce qui se trouvait dans le sac et c’était de la nourriture. Etrange. Il s’empara ensuite du papier et y lut ceci.

Adramus,
J’ai eu grand plaisir à revoir ce petit dragonnet que j’avais affronté sur le champ de bataille il y a plus de dix ans maintenant. Tu as beau être un nomade, tu seras toujours accepté dans ce château, mais il doit rester le secret de mon peuple. La prochaine fois que tu voudras venir, un autre vingt-cinq décembre, tu n’auras qu’à escalader la montagne, comme tu l’as fait hier. On viendra te chercher et on t’escortera.
Je souhaite que tu trouves le bonheur sur la voie que tu as choisi. Si tu souhaites trouver l’érudition, la puissance ou même simplement la tranquillité d’une vie paisible, fonce, fais-le. Nous avons pour tradition, dans ce château, d’offrir des cadeaux à nos amis. Je n’avais pas un seul ami entre ces murs avant que tu n’arrives, donc j’ai dû me débrouiller avec ce que j’ai trouvé, le tout complètement ivre ! J’espère tout de même que ça te plaira.
Je sais que l’on se reverra un jour, j’espère juste que ce ne sera pas dans dix ans de nouveau.
Que Dalai, notre mère, t’accompagne et te protège, le dragonnet.
Ton ami manchot, Daïdi na Nollag.

En silence, le guerrier referma la lettre et la reposa sur la planche de bois. Il n’avait pas cœur à entamer la nourriture que Daïdi lui avait trouvé, mais se promit d’en profiter une fois qu’il aurait tout remis en ordre dans son esprit. Cet homme, qu’il avait rencontré ce soir-là, c’était souvenu de lui alors qu’ils ne s’étaient rencontrés qu’une fois en dix ans et sur un champ de bataille. Pourquoi… être aussi gentil ? Aussi attentionné ? Les hommes qu’Adramus avait l’habitude de rencontrer n’était jamais aussi avenants, ni aimables. Il ne s’attendait sûrement pas à voir ces qualités chez un fidèle de Dalai. Puis le voyageur se remémora cette conversation qu’ils avaient eu sur les idées reçues qui empoisonnaient la vision que les gens avaient de son peuple et il eut un petit rire gêné. Décidemment, rien n’était vrai sur ce que l’on racontait d’eux. Ils n’étaient pas plus sanguinaires que vulgaires, en tout cas, pas Daïdi, pas ce maître dans leur école de magie qui était respecté de tous, bien que personne ne lui ai jamais dit. Un homme qu’Adramus n’égalerait jamais, il le savait, mais il pouvait au moins se promettre d’essayer et c’est ce qu’il fit.






Souvenir numéro 8

La magie d'une fête


De tous temps, le début de l’hiver était un temps de paradoxes. L’espoir de voir le soleil grossir petit à petit paraissait souvent bien maigre comparé à la certitude des longs mois de glacés qui ne faisaient que commencer. Pas étonnant que, dans cette période d’incertitude, les Irydars redoublent de créativité pour se donner espoir et courage. Pour lutter contre l’obscurité, bougies et lampions de formes aussi diverses que les Architectes auxquels ils étaient dédiés ornaient les rues et les habitations. Pour donner à petits et grands l’énergie nécessaire pour lutter contre le froid, pâtisseries et confiseries circulaient plus que jamais.

Tout cela, Meylan, comme n’importe quel autre enfant de Darga, le savait parfaitement. Tout cela, comme n’importe quel autre résident de l’orphelinat, elle ne l’avait jamais observé qu’en tant que spectateur. Car les bougies décorées et les sucreries étaient des produits de luxe, bien hors de portée des maigres ressources que les sœurs Melkar parvenaient jour après jour, année après année à rassembler pour leurs jeunes résidents. Et si la période froide était celle durant laquelle elles recevaient le plus de dons, elles étaient assez prévoyantes pour garder bien précieusement ce pécule en prévision des périodes creuses (inévitables) à venir.

Heureusement, nécessité est mère d’invention. En l’occurrence, la nécessité consistait pour les deux adeptes de Möchlog à égayer cette période de festivités pour éviter que « leurs » enfants ne passent à côté de toutes les réjouissances. Quand on servait l’Architecte incarnant la vie par excellence, passer une telle période dans une ambiance d’enterrement était bien entendu hors de question. Leur détermination aidant, elles avaient au fil du temps établi leurs propres traditions, certaines dérivées de coutumes existantes, d’autres inventées de toutes pièces.

Tout débutait lorsque le vent froid de Khurmag annonçait la venue des premières neiges. Les sœurs descendaient alors du grenier de l’orphelinat un vieux tapis certes aux couleurs un peu passées, mais épais et moelleux. Pendant les trois jours qui suivaient, tous les habitants de l’établissement, du plus petit au plus grand, redoublaient de créativité pour ajouter leur marque à l’immense pièce de tissu. L’un y accrochait une poupée de chiffon, l’autre un bout de tissu brodé, une autre encore rehaussait l’un ou l’autre motif de fils de laine neufs. Ces petites touches feraient désormais partie intégrante du tapis, comme autant de témoignages de l’année écoulée et de marques laissées par ceux qui la voyaient s’achever.

Au bout de trois jours, ceux qui avaient déjà vécu une telle période au sein de l’orphelinat savaient que son point culminant arrivait. Au coucher du soleil, tous se rassemblaient dans la salle commune et coussins et couvertures couvraient le tapis fraichement redécoré. Alors que la nuit affermissait petit à petit sa prise sur le monde et plongeait la salle dans une pénombre que seul le feu de cheminée perçait, les contes et légendes entraînaient les enfants dans de nouveaux mondes. Chaque année, il semblait que les deux sœurs parvenaient à en raconter de nouveaux, tous aussi captivants les uns que les autres. Elles auraient probablement fait d’excellentes conteuses, si elles n’avaient pas eu cette vocation d’offrir un toit à ceux qui n’en avaient pas. Souvent, certains des pensionnaires les plus âgés mettaient du leur aussi, offrant des récits qu’ils avaient entendus d’un barde de passage à Darga ou des anecdotes dont ils avaient été les témoins.

Petit à petit, les plus jeunes finissaient par sombrer dans le sommeil, jusqu’à ce que seuls les plus résistants au sommeil ne restent. Le cercle se resserrait et les échanges continuaient à voix basses jusqu’aux petites heures du matin. Ô combien de discussions à cœur ouvert avaient eu lieu durant ces heures les plus sombres avant le lever du soleil, sous l’éclat mourant d’un feu dont il ne restait que les braises ? Car cette précieuse nuit était un des rares moments où tous se rassemblaient, l’esprit temporairement libéré des autres tracas de la vie de tous les jours. C’était une forme de magie toute particulière que celle qui donnait son ambiance à cette nuit-là.

Juste avant l’aube, les quelques irréductibles encore réveillés sortaient dans la petite cour du bâtiment. Là, empilés sous un porche, se trouvaient des débris de bois en tous genres, caisses, tonneaux et autres planches vermoulues. Le froid du petit matin réveillait bien vite les veilleurs, qui en un rien de temps empilaient le combustible au centre de la cour. Alors, le plus jeune encore réveillé s’avançait avec un flambeau. Tandis que le ciel s’éclaircissait, annonçant l’arrivée imminente de l’astre du jour, les flammes s’élevaient dans les cieux, comme pour l’aider à chasser les ténèbres de la nuit. Une nouvelle année commençait.

* * *

Dix ans après avoir quitté l’orphelinat, Meylan pouvait raisonnablement dire qu’elle avait coupé tous les liens qui la reliaient à son précédent foyer. Et pourtant, quand elle vit tomber les premiers flocons de neige, une inhabituelle vague de nostalgie la saisit et ses pas la menèrent presque inconsciemment sur le pas de la porte des sœurs Melkar. Neria avait les cheveux maintenant plus gris que bruns et Rowen devait s’aider d’une canne pour marcher. Pourtant, à ces détails près, ses anciennes tutrices n’avaient absolument pas changé.

Si les deux femmes s’étonnèrent du retour si brusque de leur ancienne protégée ou des changements qui s’étaient effectués en elle, elles n’en laissèrent rien paraître. Pour une veillée, une veillée seulement, Meylan s’autorisa à redevenir Diniel. Elle prit place sur le tapis, toujours aussi moelleux et chargé de dix ans de souvenirs en plus, elle écouta les récits et chanta, elle fit remonter quelques souvenirs et en laissa d’autres remonter d’eux-mêmes. Et quand les quelques irréductibles allumèrent le feu au petit matin, elle ferma les yeux et savoura la chaleur des flammes face à elle. Une nouvelle année commençait.


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Bolgokh
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Dim 7 Jan - 14:18
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Souvenir numéro 9

Une nuit à Vereist


Ce 24 décembre, c'est à une riche table de Zuhause que le Colonel en chef Henry Farstadt dinait. En effet, suite à un arrangement convenu quelque mois plus tôt lors d'une rencontre intra-militaire, il avait été décidé que les fêtes de fin d'année seraient fêtées chez le Colonel en Chef Ivan Baustroff de Vereist.

La tablée était dans l'idée même qu'on se faisait d'un repas traditionnel des régions glacées: peu de végétation, du gibier en bon nombre mais surtout du poisson comme s'il en pleuvait. Des sauces faites à partir de tissus d'animaux et de gros sel étaient disposées partout, agrémentant et relevant la saveur des mets.
En terme de boissons, aucune boisson dite "du Sud" n'était présente. On ne trouvait que de la vodka de blé et de seigle ainsi qu'un type de bière vereistienne que l'hôte disait faite de pain fermenté: le kvas.
Durant toute la soirée, Henry, son épouse Séverine, leur fille Anastasia ainsi que leurs hôtes Ivan et Karine discutèrent de bien des sujets. On discutât politique, finance, pauvreté, industrie, armée et toutes ces choses qui ne viendraient jamais à l'esprit d'hommes aux ventres moins repus.

Mais l'important de ce repas n'était pas là. A 23h45 précises, un domestique, débarrassa la table et annonça l'horaire, ce qui fit se lever paisiblement le colonel nordique. Quand Henry lui lança un regard étonné, son collègue lui demanda de rester assis, promettant qu'il ne serait pas long. Les Farstadt pensaient à une envie pressante - à son âge, c'était normal, mais le militaire revint bientôt avec d'étranges objets: cinq bouteilles sans étiquettes contenant un liquide blanc-jaunâtre, des nappes de sol ainsi qu'une quinzaine de gobelets de bois dans un panier. Une fois revenu dans la pièce, Ivan demanda simplement à ses invités:


-"Avez-vous déjà participé à un 25 décembre vereistien?"

Ils furent bien obligés de reconnaître que non, Ivan se proposa donc pour leur montrer.

Chacun enfila son manteau et les Farstadt, assez surpris, se virent demander de sortir seuls pour le moment. De fait, il y avait dehors un spectacle glaçant. L'allumage public du quartier bourgeois était complètement éteint, il n'y avait que la lumière des lunes se réfléchissant sur la neige pour orienter les yeux. Mais, partout, de petites lumières s'allumaient. Devant chaque porte, une petite lanterne à gaz était déposée, allumée, et les flammes vaillantes combattaient les ténèbres avec l'ardeur que leur permettait le vent qui filtrait dans les cages de verre.

Le spectacle de ces silhouettes sombres qui faisaient jaillir la lumière avait quelque chose de saisissant, même si la luminosité ne s'en trouvait guère augmentée. Leurs hôtes les rejoignirent bien vite, imitant leurs voisins et armés d'une deuxième lampe à pétrole portative allumée, des tapis ainsi que du panier contenant les verres et les bouteilles.


-"Je vous expliquerai en chemin..."

Une colonne de silhouettes éclairées par le même type de lampe commençait à se former. Le groupe les suivit, l'éclaireur en tête, traversant les rues en se guidant des éclairages disposés devant les maisonnettes.

-"Vereist est une terre âpre et difficile, les colons étaient nombreux à ne jamais revenir des expéditions dans les terres glacées. Nous leur rendons hommage ici."

En traversant une artère plus large, Henry eut la surprise de constater qu'une véritable marée humaine se formait. Des dizaines, des centaines de personnes, toutes avec un éclairage dans la main. Une lampe à pétrole, à gaz, des bougies parfois. Toutes s'éclairaient à la lueur de leur outil et s'orienter grâce à ceux déposés devant chaque habitation, sans exception.

-"Ils partaient souvent au loin et ne revenaient jamais, perdus dans la neige. Alors leurs familles restées au village éclairaient leurs maisons, dans l'espoir de les orienter."

Henry demanda, intrigué:

-"Où vont ces gens?"

-"Ils vont aux différentes portes de la ville. Nous irons à la porte Est, c'est la plus proche."

La foule marchait d'un pas lent et déterminé, mais dans un silence absolu. Absorbé par la sérénité du moment, Henry observait, intrigué, cette étrange procession. Mais ce fût une fois sortit de la ville par la grande porte que tout s'éclaira.
Là, une grande tour de bois traité et de métal se dressait et les citoyens y déposaient leur lampe. Trois cents mètres plus loin, une seconde tour, telle un phare éteint, brillait d'une aura quasi similaire, une troisième faisait de même encore plus loin, d'ailleurs. Des miliciens urbains, présents un peu partout, guidaient la foule.


-"Ce sont les Flamboyantes, des phares auxquels chacun rajoute une touche de lumière pour honorer ceux qui ne reviendront jamais. Quand une est pleine, la colonne est guidée vers la suivante. Ainsi, selon la tradition, nous faisons plus qu'appeler ceux qui nous sont cher, nous appelons tous les vereistiens perdus, loin de chez eux."

Des grands attroupements se formaient et certains s'asseyaient déjà dans la neige, d'autres sortaient des tapis et les posaient au sol avant d'y mettre leur fessier. C'est ce que firent les Baustroff, créant ainsi une grande étendue sur laquelle les Farstadt et eux mêmes purent s'asseoir. Les locaux sortirent d'ailleurs leurs gobelets qu'ils remplirent du liquide avant d'en proposer à leurs invités ainsi qu'à quelques inconnus autour d'eux.

-"Ici on appelle ça le "Vodkidania", la vodka sauvage. Quand les premiers colons sont arrivés, pour se réchauffer, ils faisaient de l'eau de vie avec les plantes sauvages qu'ils trouvaient. La tradition veut maintenant que nous veillons jusqu'à l'aube pour vérifier que les lampes ne s'éteignent pas et que nous échangions la vodkidania avec tout ceux autour de nous, comme les colons le faisaient. D'ailleurs, la pure tradition veut que chacun distille son propre alcool, même si aujourd'hui c'est bien moins le cas...

Et de fait, une étrange nuit commença. Il n'y avait plus vraiment de riche ou de pauvre, chacun avait ramené une bouteille et on partageait, on s'enivrait, on se racontait des histoires. Quand une bougie ou une lampe s'éteignait, on se précipitait pour la rallumer.

On termina en commémorant le souvenir de ceux qui avaient disparus, loin, très loin de leur foyer. Et quand l'aube se leva, chacun récupéra sa lampe, les lumières s'éteignirent et, au final, le feu n'avait ramené que des bons souvenirs.







Souvenir numéro 10

ϑϑϑϑ Une fillette avec de belles bouclettes aux reflets de miel brun poussa lentement la porte de l'atelier où le vieil homme travailler. D'une douzaine d'années, elle était déjà prête. La gouvernante avait coiffé ses cheveux avec un ruban rouge, allant avec le manteau de la même couleur qu'elle avait enfilé. En dessous sa robe d'hiver lui tenait bien chaud dans l'expectative des températures hivernales. C'était une journée importante pour elle d'une certaine façon après tout. Une journée de tradition chaleureuse, parce qu'il en fallait bien une pour lier les classes sociales de la belle cité technologique, capitale de l'UNE. Le bois grinça légèrement quand elle entra en faisant bien attention à n'écraser aucune des pièces qui jonchaient le sol de l'atelier du mécanicien, toujours concentré sur son moteur à vapeur. Elle posa ses points sur ses hanches avec impatience quand il releva les yeux de son engin.
ϑϑϑϑ J'ai tout fini de préparer, tu sais ! Cette année tu ne pourras même pas te vanter de m'avoir aidée à la cuisine ! gronda-t-elle d'une voix trop sérieuse pour son âge.
ϑϑϑϑ Le vieil homme éclata d'un rire jovial avec calme en se penchant la tête pour mettre un ressort à sa place. Il lui fit signe d'approcher pour qu'elle regarde la réaction du mécanisme qu'il allait enclencher dans un fatras assez assourdissant au vu de la taille de la machine. Elle plissa les yeux et les lèvres l'air aussi concentré que lui. Le bruit était bizarre, pourtant tout avait l'air de tourner correctement. C'est ce dont elle avait l'impression du moins. Puis la pré-adolescente secoua la tête et releva les yeux vers le regard satisfait de son grand-père. Lui, le bruit n'avait pas l'air de le déranger en tout cas. Peut-être même qu'il s'y attendait. Le vieil ingénieur s'attendait toujours à tout un tas de choses que les autres n'arrivaient pas à prévoir, elle la première. Elle savait qu'elle finirait par y arriver, pour être comme lui et puis pour le battre un jour ! Parce que c'était le but que devait avoir chaque inventeur de Daénastre pour faire avancer l'UNE.
ϑϑϑϑ Je pense que ça fait déjà quelques années que tu n'as plus besoin de moi pour confectionner le pain aux épices Laura.
ϑϑϑϑ Il se leva pour aller ranger sa pince à la place exacte qu'elle avait sur le mur. Laura avait toujours trouvé cela étrange que l'atelier soit à demi-rangé. Les outils eux, avait une place parfaite, des clous plantés dans le mur définissaient une place précise pour chaque chose, rendant le rangement des pinces, marteaux et autre tourne-vis presque trop simple, tandis que par terre on pouvait trouver écrou, ressort, clou ou vis en se baissant à n'importe quel endroit. Comme si la personne qui avait forcé son grand-père à ranger ses outils, n'avait ensuite plus eu aucune emprise sur son travail. Elle soupçonnait sérieusement sa grand-mère d'être à l'origine de cette dichotomie d'organisation mais c'était censé porter malheur de parler des êtres disparus le jour du partage de la fête de l'Hiver, aussi garda-t-elle sa question pour une n-ième fois dans un coin de sa tête.
ϑϑϑϑ C'est vrai, mais tu es censé participer quand même, en plus tu avais promis que tu travaillerais le moins possible aujourd'hui ! Il est presque la moitié de l'après-midi, je suis prête à descendre dans les quartiers pauvres et toi tu es encore en... tenue de travail.
ϑϑϑϑ Elle n'était pas sûre que le mot soit extrêmement bien choisi. Mais le patriarche de la maison Greyson ne serait certainement jamais sorti de la maison dans cette tenue ! Une chemise blanche qui avait dû être lavées des centaines de fois sans arriver à en enlever les tâches d'huile et de graisse. Ce pantalon pratique mais sale au point que même les domestiques grimaçaient quand il rentrait dans la maison avec une espèce de gilet dont l'état n'était guère meilleur. Non Laura n'irait certainement nulle part avec lui dans cet état ! Et même pour passer de l'atelier attenant à la maison, son grand-père cacha son accoutrement sur un manteau vaguement usé.

ϑϑϑϑ En revenant dans la maison cossue, Laura retira son manteau qu'elle posa avec application sur un porte-manteau avant de rejoindre le majordome et sa femme dans la cuisine de la maison. Déjà sa contrariété vers le vieil homme s'était envolée, il ne tarderait de toute façon pas à redescendre des chambres, tiré à quatre épingles maintenant. La domestique accueillit la petite fille avec un sourire complice un morceau de pain aux épices entre les mains.
ϑϑϑϑ Votre pain d'épices est plus délicieux d'année en année miss Greyson. Nous avons beaucoup de chance.
ϑϑϑϑ Je vous en prie ! Je suis contente qu'il soit bon ! C'est surtout qu'il va bien avec les autres mets du repas d'hiver !
ϑϑϑϑ Vous avez absolument raison. Nous vous avons préparé un panier pour pouvoir le transporter plus facilement dans les autres maisons.
ϑϑϑϑ Vous avez compris que c'était censé être votre jour de repos !
ϑϑϑϑ Elle éclata de rire. Garrett n'a jamais su prendre un jour de repos depuis toutes ces années, mais c'est une chose que Laura admire chez lui. Chaque année, le jour du solstice d'hiver et le lendemain, elle l'entend râler de cette perte de temps pour faire des choses absolument indispensables à la bonne tenue de la maison : refaire un coup de poussière dans la bibliothèque, refaire les cuivres de la cuisine, ranger le garde-manger avant de faire les réserves pour l'hiver... Tout cela, elle est sûre que la majordome l'a déjà fait faire à peine quelques semaines auparavant, mais rien à faire pour l'obliger à démordre de son obsession. Pourtant, la tradition de l'Hiver est claire chez les Greyson comme chez tous les gens de Daénastre. Repos pour les domestiques, les boutiques, les ateliers autant que possible. Tout le monde doit pouvoir profiter du repas du soir pour s'empiffrer autant qu'il le peut et faire des réserves pour le rude hiver à venir.

ϑϑϑϑ La théorie de son Grand-Père était que cette tradition avait été déformée par les premiers Daénastre à s'installer à Ünellia. A l'époque, toute la population ne vivait pas dans des villes permettant d'être à l'abri et on devait inviter les nomades de passage pour les aider à se prémunir du froid et des difficultés qu'ils allaient traverser. Laura n'était pas encore décidée sur le fait de croire ou non son Grand-Père à ce propos. Est-ce qu'il n'avait pas juste voulu rendre ça plus noble et plus épique pour elle ? Où est-ce que c'était vraiment l'origine de la tradition d'aujourd'hui... En tout cas, et depuis qu'elle l'avait aidé pour la première fois, elle avait décidé qu'elle continuerait à donner du pain aux épices à tous ceux qui travaillaient pour les Greyson. Comme toutes les grandes familles appréciées d'Alexandria, les Greyson offraient un des plats que chacun allaient déguster pour le soir de la nuit la plus longue aux moins aux moins riches qu'ils connaissaient de plus près. Les Greyson se faisaient également régulièrement recommander une ou deux familles de basse extraction méritantes sur l'année, soit par les journaux, soit par ceux qu'ils connaissaient. Parce que cela ne leur coûtait pas grand chose et que cela les faisait connaître, mais pas de mauvaises langues aujourd'hui !

ϑϑϑϑ Bien sûr, la découverte de la passion de Laura pour la cuisine et la pâtisserie en particulier quelques années auparavant, permettait à la famille de scientifiques de jouer le jeu encore plus que les autres. Si à l'origine chacun devait confectionner le plat de ses propres mains (et non de celles de ses domestiques qui font déjà le reste !), de plus en plus de personnes aisées avaient tendance à faire appel à des magasins pour produire et même parfois livrer les mets qu'ils offraient. Laura considérait aujourd'hui que c'était de la triche et une sacrée entorse à une tradition qu'elle aimait beaucoup ! Mais bon, cela aidait certains à faire une bonne fin d'année.

ϑϑϑϑ Elle prit le panier d'osier avec les deux ou trois pains à l'intérieur en entendant son Grand-Père redescendre les escaliers de la maison. Ils allaient se rendre dans les quartiers et distribuer ce qu'il leur devait à ceux qui n'avait pas pu se déplacer à la maison. Un moment privilégié entre le grand-père et sa petite fille qui remettait déjà son manteau et ses gants en laine avant d'ouvrir la porte.
ϑϑϑϑ Hey Grand-Père venez vite ! Il neige comme vous l'aviez promis !






Souvenir numéro 11

Alchimiste en Herbe


Le mystère qui enveloppe la recette d’un alchimiste est bien plus vaste que le néant dans les yeux d’un Yamaany. L’herboriste de son clan maniait les mots comme elle jouait avec ses ingrédients, avec autant de facilité pratique que d’expertise occulte. Des notions quantitatives lui échappaient presque entièrement, tandis que les apparences avaient pour elle une perspective bien différence de celle qu’une enfant approchant sa première décennie ne saurait discerner. Au premier mot, elle avait trébuché, au second hémistiche, elle avait désespéré. La jeune enfant était partie dans l’optique de produire une potion essentielle de Bonheur à ses trois frères aînés, mais était presque rentrée avant de cueillir les herbes nécessaires à sa réalisation. En un poème flou, qui laissait une grande marge de manœuvre et de jugement pour l’alchimiste en herbe qu’elle était, Nihel avait rédigé la recette en ces termes.


Face à sa perdition, elle avait fait preuve d’une bravoure relative, et d’un entêtement motivé par la fierté pour mener à bien la mission qu’elle s’était imposée.

Les membres de sa tribu s’étaient dirigés vers la frontière quelques jours auparavant, pour quêter un peu de la chaleur dont leur privait le Khoral, et avait établi leur campement pour les fêtes à venir. L’emplacement idéal avait été décidé plusieurs années plus tôt, par ses propres géniteurs, et ils y retournaient invariablement à cette même période de l’hiver. Pourtant, Ayalys et Léandre Ley Ka’Ori étaient absents. Cela touchait davantage Althéa qu’elle ne voulait bien l’admettre. Alors elle s’était mise en tête de donner des réjouissances d’une autre nature à sa fratrie, par le biais de l’alchimie, et cela expliquait la portée de sa détermination. Après deux jours d’intense recherche des ingrédients requis et une petite heure de cuisine, elle avait fini par obtenir un liquide bleuâtre dont l’odeur neutre paraissait synonyme de réussite.

A l’heure de la pénombre, elle s’était dirigée fièrement vers ses aînés, et leur avait présenté la gourde, ignorant tout de l’insipidité du breuvage. Un Quevven tout juste majeur, assis près du feu, avait refroidi sans ambages sa bonne volonté :

« Je ne voudrais pas mourir empoisonné. »

Si elle avait eu des oreilles animales, elles se seraient rabattus comme celles d’un chien battu. Elle baissa plutôt le regard, pour se détourner de l’hostilité blessante de Quevven. Comment avait-elle pu croire que ses efforts lui feraient plaisir ? Yecht, sensible à sa peine, avait tendu la main avec un large sourire. Il n’avait certes pas confiance en ses talents naissants d’alchimiste, mais il ne pouvait se résoudre à cette mine triste par un soir de fête.

« Moi j’veux bien de ton concentré de bonheur, petite sœur !
- Pourquoi c’est bleu ? avait demandé Leryan par-dessus l’épaule de Yecht.
- Je sais pas ! avait répondu Althéa, consolée par leur intérêt. Mais les yeux de maman sont bleus aussi, alors ça doit être un signe qu’elle est avec nous ! »

Quevven avait soupiré d’exaspération, mais Yecht et Leryan s’étaient prêtés au jeu et avait bu leur portion de la concoction. Par tous les Architectes, comme ils dissimulèrent bien leur nausée ! La gourde à moitié pleine fut déposée à même le sol et les festivités purent commencer. Les tambours initiaient le rythme et la danse d’ouverture était lancée par les plus pressés. Quevven, taciturne, resta assis, pendant que ses trois cadets prenaient part au mouvement.

Le lendemain, Yecht et Leryan étaient pâles de maladie et des tâches bleuâtres et inquiétantes se répandaient sur leur peau. Althéa à leur chevet tentait au mieux de réparer le mal qu’elle avait fait avec sa potion. Le bonheur recherché avait fait son apparition grâce aux festivités, mais c’est surtout une pathologie que sa potion avait apportée ! Un air désolé sur le visage, elle se confondait en excuses alors qu’elle œuvrait au mieux pour atténuer leur mal-être. Leryan, encore jeune, ne cachait pas sa rancune, mais Yecht, plus attentionné, lui enjoignit de ne plus y penser et d’aller prendre l’air. C’était peut-être le pire Noël qu’il lui avait été donné de vivre, et elle était seule responsable de leur mauvaise fortune. Peut-être si ses parents avaient été là, ils auraient eu la présence d’esprit d’empêcher ses trois frères d’expérimenter sa toute première potion. Ils lui manquaient. En quête de réconfort, elle alla jusqu’à la tente de Quevven, mais fut reçue comme un moustique inopportun.

« Sors de là, Althéa. »

Elle fut étonnée de constater qu’il était encore alité, plus encore qu’il ne la rejette avec tant de véhémence et d’agressivité dans le ton. Il ne s’était pas couché tard pourtant. Alors elle vit, dans la faible clarté qui régnait dans la tente, des tâches azures sur sa joue présentée. Bouche bée, elle resta interdite sur le pas de l’ouverture. Il… Il avait bu de sa potion également ? Elle sursauta quand il rouspéta à nouveau, puis partit sans attendre rejoindre le foyer principal du campement. Là, contre la souche qui avait servi à Quevven de siège, reposait sa gourde à cordon. D’une main tremblante, elle s’en empara. Elle était vide de tout breuvage. Un sourire triste et ravi à la fois prit d’assaut ses lèvres, et elle serra la gourde contre sa poitrine.






Souvenir numéro 12



Les bruits de caillou rebondissant sur la fenêtre tirèrent l'enfant de son sommeil. A nouveau une pierre s'écrasa sur le bois du volet rustique qui protégeait sa couche de la lumière avant qu'elle aie eu le temps de se redresser. Il faisait encore totalement nuit dans la capitale my'tranne mais pourtant Mary se releva d'un coup en se souvenant de la raison pour laquelle les autres enfants du clans étaient venus la réveiller. D'un seul coup, la fillette sauta sur ses jambes et poussa le volet en faisant attention de ne pas prendre la pierre suivante. Un mouvement de la main et elle leur indiqua qu'elle avait entendu. Heureusement que son meilleur ami et les autres possédaient toujours la magie de Süns pour l'apercevoir dans l'obscurité noire juste avant l'aube, et que les adultes rentraient toujours trop tard pour entendre leur mascarade sitôt endormis.

A l'affut du moindre bruit, du signe d'une respiration moins régulière ou de l'interruption d'un ronflement sonore, elle descendit, enfilant une tunique cachée sous son matelas depuis quelques jours déjà pour déjouer la surveillance du précepteur et des autres adultes qui l'hébergeaient depuis que ses parents avaient disparus. Heureusement qu'elle n'était pas loin de l'échelle pour se rendre au rez-de-chaussée, cela diminuait le risque de faire crisser le parquet sous son poids plume. En quelques minutes, elle passa la porte de la maison de Darga en refermant la battant avec précaution.

C'est bon, ils t'ont pas entendu ?
Non c'est bon ! Tout le monde dormait et Tham était pas rentré de la fête.
Okay, on y va alors. Faites attention si le Gharyn a laissé des gardes quand même. dit l'apprenti forgeron en prenant la direction du petit groupe d'enfant de la tribu.

Mary fronça les sourcils, concentrée. Beaucoup étaient un peu plus grands qu'elle. Mais après tout, c'était leur idée à tous et elle avait bien aidé depuis le début des préparatifs ! Alors, elle ne voulait pas tout faire foirer, mais surtout elle se sentait assez fière que les autres ne l'aient pas laissée derrière pour une fois. Depuis que le Khorog avait laissé un précepteur, adepte d'Orshin venir pour s'occuper des enfants de la tribu quelques semaines, tout se passait beaucoup mieux d'ailleurs. Bon, certains étaient encore surpris quand la déterminée enfant de Süns criait haut et fort qu'elle ne maîtriserait pas le feu, mais ce qui passait au début pour un caprice d'une enfant turbulente, était de plus en plus reconnu dans la tribu comme le véritable changement d'une enfant peut-être un peu plus mature que les autres.

En file indienne, les enfants prirent le chemin de la place de la tribu. A quelques mètres, sous les fenêtres d'une auberge où l'on entendait encore les chants que leurs oreilles n'auraient pas du saisir à leurs âges - quoique les plus vieux venaient d'avoir douze ans quand même !-, ils ouvrirent un tonneau soigneusement préparé. Tout était encore là ! Mise en place par leurs petits doigts en cachette, morceaux de fers brillants, guirlandes de papier grossier, pierres enfilées sur une cordelette ou encore bougies récupérées au petit bonheur depuis bientôt un mois étaient tous encore là. Les enfants se regardèrent et chacun se chargea d'une partie des breloques de décoration qu'ils pouvaient.

Çà, c'était la partie la plus simple du plan. Se réveiller, se glisser à l'extérieur, Mary et le leader improvisé l'avait fait des centaines de fois au grand damne des guerriers de la tribu d'ailleurs. Mais si leurs parents se réveillaient au moins ce ne serait pas le bran le bas de combat... p'têtre pas assez vite pour les démasquer en tout cas ! Les décorations de la fête du passage de Bolgokh, c'était bien la benjamine du groupe qui avaient aidé à les cacher. Mary était imbattable durant les parties de cache-cache et le sourire que lui adressa son frère d'aventure confirmait qu'elle avait été parfaite pour remplir cette mission. Mais maintenant ! Il allait falloir infiltrer la place de la tribu et surtout la salle où le Gharyn et le Khorog rendait leurs décisions sans se faire chopper !

Remontés d'enthousiasme et de bravoure, les enfants chargés de leurs trésors se remirent en marche. Une véritable épopée épique si on comptait qu'il faudrait éviter de se faire voir de qui que ce soit. A cette heure, il y avait de tout dans les rues du quartier de Süns. Les adultes qui rentraient de la fête, ceux qui se levaient plus tôt que les autres pour remplir une mission ou l'autre, les gardes qui restaient parfois en place pour protéger les intérêt de leurs frères et sœurs, même certains insomniaques gâcheurs de plaisir.

Pourtant à force de se cacher dans les ombres, les recoins des murs et derrière tout ce qui traînait dans la rue -et aussi surement parce qu'ils ne croisèrent absolument personne en réalité- les garnements parvinrent à la maison de leurs chefs de clan sans trop de difficultés. Un des petits malins avaient subtilisés à son père de quoi ouvrir les grands battants qui protégeait le siège principale et qu'ils pourraient refermer pour préparer leur surprise en paix. Ah ! La tête qu'ils allaient faire ces grands qui refusaient leur aide pour préparer les décorations de la fête ! La seul fête de l'année où personne ne disait aux enfants d'aller se coucher. Même le quartier de Süns devenait raisonnable et chacun pouvait saluer les architectes à sa façon tant qu'il célébrait la jeunesse, le renouveau des générations et la naïveté candide des enfants. Dans la tribu des Burrowes, les enfants portaient pour l'occasion une tenue traditionnelle de Zolios de leur cinquième année jusqu'à leur seize ans. Toute la journée, la plupart leur donnait gâteau, cadeau ou simple sucrerie encore plus gentiment que le reste de l'année.

Mais ce que toutes les tribus partageaient à Darga, encore plus que cette fête des enfants, c'était la bataille des décorations ! Chaque tribu voulait avoir les plus belles, les mieux assortis, les plus magiques sur sa place. Certains en avaient fait une véritable spécialité ! D'autres ne jouait que pour le jeu, mais pour les voyageurs là à l'occasion, il pouvait être tout à fait envoutant de se promener de quartier en quartier, de tribu en tribu pour découvrir chacune.

Cette année, ce serait donc leurs créations qui seraient admirées ! Il avaient même imité une tradition en creusant de gros légumes pour qu'une fois une bougie à l'intérieur, on puisse distinguer, dessiné dans la chaire, le symbole de chaque architecte. Dans l'euphorie provoqué, ils se mirent à décoré, rajoutant chaque élément avec une grande réflexion, se disputant parfois plus ou moins bruyamment sur l'emplacement de tel ou tel élément. Jusqu'à ce qu'un bruit près de la porte les fige tous instantanément alors que Mary et une autre fille coiffé les deux sièges de couronnes de fleurs et de glands. Les garçons leur faisaient des grands signes avec une grimace qu'elles ne comprirent pas tout de suite.

Bah quoi !? On les a mis comme on a dit.
Hum... difficile à dire. Qu'est ce que c'est ? demanda le Khorog de Süns d'une voix calme.
Oh... oh...
C'est les décorations pour la fête !

Le serviteur de l'architecte d'ébène s'approcha avec une certaine curiosité, regardant autour de lui les aménagment fait dans son officine. Autour de lui, certains enfants avaient l'air près à pleurer, pris la main dans le sac, alors que d'autres semblaient bien plus déterminés à faire valoir les efforts qu'ils avaient manifestement mis dans tout ça.

Vos décorations ?
Bah... d'habitude on a jamais le droit d'aider ! Alors on voulait montrer !
En plus on a bien réfléchi ! On a mis tous les symboles de la tribu et de Süns ! On a aussi mis des chouettes parce qu'on est à Suhury et on a rajouté des araignées pour Mary ! Oui c'est vrai ! Vous pouvea pas tout enlever ! protestèrent les enfants avec de plus en plus de véhémence avant que le Khorog ne les ramène au silence en levant la main.
Vous avez beaucoup travaillé et avec sérieux! Je suis certain que Süns, et Orshin, seraient très fiers de vous mais dans ce cas... pourquoi ne pas attendre que les autres aussi soient levés ? Comme cela, on pourra utiliser vos décorations sur toute la place, avec celles des autres ?

Têtes et visages s'échangèrent des regards plus ou moins convaincus entre les décorateurs improvisés. C'était que c'était difficile de contredire le Khorog ! Mais en même temps, comment être sûr que les adultes n'allaient pas simplement tout retirer en arrivant ? Ou qu'ils tiendraient parole simplement ? Et si les autres n'aimaient pas leurs décorations ?

Pour vrai, on peut les laisser ? Attention hein ! C'est déjà le jour des enfants, vous avez pas le droit de mentir ou de nous gronder !
Je promets qu'on les utilisera ! Mieux, est-ce que vous voulez dormir ici ? Je vous fais un feu et vous terminez votre nuit avant le jour des enfants ici ?
Ah ouais trop bien !

Le Khorog secoua la tête en riant avec indulgence. Il fit rapidement amené quelques couvertures pour les chenapans entraient par effraction et avant même que le messager ne soient allé prévenir les familles, la demi-douzaine de décorateurs étaient déjà achevés par leur travail nocturne.






Souvenir numéro 13


Les enfants du Tyorum


« Et votre compagnon, là, il sait pas parler tout seul ?! »

« Euuuuuh... C'est-à-dire qu'il est peu bavard. Et un peu dérangé par son costume, si vous voulez tout savoir. Mais je pense surtout que le Voile d'Hiver le rend un peu grincheux... Il s'en remettra ! Je vous assure ! Allez, on se dépêche, ta famille nous attend ! »

Empoignant le bras de son silencieux compagnon, la noblesse s'échappa de ces deux gardes bien trop curieux qui venaient de l'interpeler. Après tout, des gens de la haute noblesse n'avaient rien à faire près des quartiers pauvres de Skingrad, et cela attirait tout particulièrement l'attention que de croiser deux d'entre eux s'y promener à une heure tardive.

Après avoir vérifié que personne ne les avait suivis, Catherina - qui était transformée en une véritable princesse de la société - s'arrêta et haussa le ton.


« Tu ne peux pas paraître plus jovial ?! Plus souriant ?! On a failli se faire repérer avec ton air de meurtrier. Arrête donc d'avoir l'air de quelqu'un qui veut tuer tout le monde à chaque coin de rue, Valduis ! »

Serré et gêné par cet attirail qui empêchait de faire des mouvements, Valduis ne prit même pas la peine de répondre à cette remarque pourtant si évidente aux yeux de Catherina : il était incapable de sourire et encore moins lorsque la situation lui imposait de devoir se déguiser en un noble grotesque... qui plus est dans des vêtements trop petits pour lui.


« Aaaah.. Bon, dépêchons-nous, ils nous attendent, souligna Catherina avant de conduire Valduis à travers les couloirs rudimentaires des quartiers pauvres. »

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Car comme à chaque fois que l'année se terminait et que le Voile d'Hiver recouvrait Irydaë d'un immense drap blanc, les mœurs et coutumes de chaque région faisaient surface, toutes différentes et pourtant motivées par une seule et même valeur : le partage. Bien entendu, l'Ordre ne dérogeait pas à cette règle de savoir-vivre qui était reconnue comme essentielle - et enseignée à tous ses assassins.

A chaque Hiver, l'Alvaga en personne donnait comme mission générale aux assassins de l'Ordre, et sous forme de contrat rédigé, ce qu'il avait l'habitude d'appeler l'obligation formelle de bienfaisance. Il s'agissait d'une mission au titre amusant où chaque assassin devait choisir une cible, une seule fois dans l'année et lors de l'hiver seulement, qui recevrait un cadeau unique afin de la rendre heureuse. La liberté était ensuite laissée aux assassins de rester discrets et d'offrir des cadeaux anonymes, ou bien de montrer leurs visages si la cible choisie était digne de confiance. Le plus important était cette notion de partage et d'offrir du plaisir à autrui, car comme le répétait à chaque fois l'Alvaga :


« Le don du bonheur est un enseignement qui ne doit être pris à la légère par personne. Il est à placer au même titre que n'importe quel enseignement reçu. »

Cette année et comme chaque année, Valduis ne passait ce moment unique qu'en compagnie de Catherina, la seule personne assez patiente pour le supporter et l'apprécier comme il était. Elle prenait la décision d'effectuer sa mission à ses côtés pour qu'ensemble, ils puissent s'évader de l'univers de l'assassinat pour une journée et vivre des moments exceptionnels. Pour cet hiver, leur cible était de choix puisqu'il s'agissait des enfants du Tyorum. L'année précédente, ils avaient choisi les enfants d'Ünellia, et l'année encore avant, les enfants de Zagash. Une seule information permettait à ces orphelins de les préparer à l'arrivée de Valduis et Catherina : une simple rumeur volontairement lancée qu'ils laissaient se répandre dans toutes les oreilles juvéniles du quartier.


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« Et alors là, le vilain bonhomme attrapa son sabre et essaya de me trancher avec. Mais, agile comme une panthère, je l'esquivais ! Sauf que le coup passa suffisamment près pour découper les lanières qui retenaient mon haut, et comme je n'en portais qu'un, tout se déchira ! Ce pervers essaya de plonger sa tête dans ma poitrine ! C'est alors que ... »

Adossé sur le mur de l'une des voûtes de la place centrale, Valduis observait la scène avec beaucoup d'amusement : Catherina, assise au milieu de plusieurs dizaines d'enfants qui buvaient la moindre de ses paroles. Il se demandait sans cesse comment un tel besoin de reconnaissance avait pu permettre à Catherina de s'élever au rang de Shudarga. Puis il se convaincu que c'était peut-être lui qui incarnait un cas extrême d'insociabilité et que la normalité se rapprochait plutôt d'un profil comme Catherina que d'un profil comme le sien.

Il se remémora les années précédentes, comme à chaque fois qu'il avait du temps pour lui. Aux côtés de Catherina, Valduis n'était pas seulement désarçonné par toute cette joie de vivre qui l'habitait quotidiennement et qui s'opposait à sa taciturnité dérangeante. Il la jalousait pour ce qu'elle était, elle et sa facilité à pouvoir embrasser la vie, à n'éprouver ni remords, ni amertume, ni désir de vengeance et ce malgré son passé douloureux qui aurait dû la ternir à jamais. Valduis n'avait pas et n'aurait jamais cette force à pouvoir surmonter les épreuves à l'aide d'un simple sourire : il faisait partie de ceux qui subissaient les mauvaises expériences comme un immense fardeau qui prenait parfois des années à s'en débarrasser et dont la douleur ne s’effaçait jamais complètement.

C'est ainsi qu'il fut forgé, un être rejeté pour ce qu'il était et détesté pour ce qu'il incarnait. Une engeance de tristesse; une affliction vivante qui répandait la mauvaise humeur autour de lui et qui effaçait tout sourire ayant l'audace de se dessiner. Valduis souffrait terriblement de cette solitude qui n'était que le fruit de sa personnalité dérangée... et tout son opposé se trouvait là, à seulement quelques mètres de lui, aussi clair que de l'eau de roche et aussi réel que ce feu qui crépitait au milieu de la place. Il était capable de l'atteindre, de s'y intéresser, d'en saisir son essence, mais jamais de l'assimiler. Catherina était devenue une telle obsession à ses yeux qu'il s'imposa lui-même d'être distant pour ne pas lui faire subir cette jalousie mal placée, elle qui était la dernière personne à l'accepter pour ce qu'il était.

Tandis qu'il ruminait en silence et que Catherina captivait toute l'attention des enfants, il sentit quelque chose tirer son manteau à plusieurs reprises. Lorsqu'il observa de plus près par-dessus son épaule, il aperçut dans la pénombre l'un des enfants qui s'était visiblement isolé du reste du groupe.


« Rejoins tes amis au milieu de la place, petit. C'est ici que tu pourras assister au spectacle. »

Mais il ne bougea pas et se contentait de fixer Valduis avec cet air naïf qui était propre à celui des enfants : la bouche grande ouverte et les yeux rivés sur lui comme s'il avait vu un fantôme. Que semblait-il vouloir pour venir déranger Valduis dans sa tranquillité? Il avait l'impression avec ce visage ébahi que cet enfant cherchait un souvenir enfoui dans son esprit et que la vue de Valduis l'aiderait à se le remémorer.

« Toi... »

Un simple éclat de brasier suffit à éclairer leur visage, et ce fut la révélation. Cela remontait à plusieurs mois maintenant, mais Valduis se rappelait très bien de cette même expression qui avait retenu toute son attention lors d'une mission d'assassinat très risquée. La famille de cet enfant avait été gardée captive pendant plusieurs mois car le père détenait d'importantes informations au sujet d'un très populaire restaurateur qui avait fait éclore son petit commerce en plein cœur de Skingrad. En vérité, ce restaurateur se fournissait en cadavres des basses-cités de la ville pour remplir son stock et faire croire à ses clients qu'il s'agissait de viandes rares et tendres de bêtes fraîchement chassées dans les jungles du sud.

Cet enfant avait vu sa mère et son père mourir de la torture sous ses yeux innocents, dans l'impuissance de pouvoir les aider. Et lorsque Valduis était venu mettre un terme aux atrocités de ce restaurateur, il en profita pour briser les chaînes qui retenaient cet enfant - un geste simple mais qui lui avait valu une reconnaissance inattendue de sa part, avant de le fournir en vivres et de lui indiquer là où il pourrait survivre dans cette cité aux côtés d'autres orphelins.

Et aujourd'hui, c'est ce même regard qui se lisait dans les pupilles humides de ce rescapé. Il venait maintenant de reconnaître Valduis et ne put retenir les sanglots sur son visage pour avoir enfin retrouvé celui qui avait changé sa vie. Il ne pouvait pas lui faire meilleur cadeau que d'être présent en ce soir béni du Voile d'Hiver. Les larmes chaudes de l'enfant étaient déviées par les pommettes de son sourire baveux et sincère avant de venir tremper son col déchiré. Valduis était subjugué par un tel déferlement de joie qu'il ne pensait pas être capable de provoquer en assassinant des meurtriers. Il était incapable de s'échapper du regard poignant de ce petit. Il dévorait ce héros qui se trouvait face à lui, l'enviait et l'aimait, de ses énormes pupilles scintillantes qui surplombaient ce visage joufflu.

Il y lisait une reconnaissance sans pareille; un amour si pur et si sincère qu'il ne pouvait être l’œuvre que d'un enfant naïf prêt à s'offrir dans son entièreté et sans même se soucier ce ce qu'il avait à perdre. Le bonheur simple d'apprécier la présence d'un individu et de pouvoir le contempler sans que l'esprit ne soit perverti par des désirs égoïstes. Non, cet enfant là avait vu dans le geste de Valduis une manière à lui d'offrir sans ne rien demander en retour. Et de tous les gestes qui pouvaient exister en Irydaë, le don du bonheur était de loin le plus beau que l'homme était capable d'incarner sans son immense bonté.



« Vous pouvez me prendre dans vos bras ? »


« Je-... »

L'enfant s'élança de lui-même sans n'attendre aucune réponse de la part de Valduis. Il l'attrapa par réflexe avant de sentir ses bras se glisser autour de son cou et le serrer de toutes ses forces. Dans un sourire traître, il hésita puis déposa une main sur l'arrière de son petit crâne fragile avant de le cajoler. Au loin, Catherina observait la scène avec tendresse et fierté avant de reprendre ses folles histoires.


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Bolgokh
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Dim 7 Jan - 14:19
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Souvenir numéro 14

- «  Debout, debout, debout, viiiiiiiite vous savez le jour où nous sommes »

La petite fille saute d’un lit à un autre, secouant délicatement les draps entourant les corps de ses aînés. N’ayant visiblement pas obtenu satisfaction, puisque hormis des grognements, aucun corps plus âgé n’avait semblé sortir du sommeil. Tapant du pied sur le sol, la petite fille à la longue chevelure brune avait froncé les sourcils. Cadette de la famille, elle n’avait pas pour habitude d’être ignorée de la sorte, surtout ce jour précis en particulier. Gonflant les joues, l’enfant n’avait visiblement pas abandonné son idée, elle c’était approché des trois autres lits, sorti un bout de draps de chacun, enroulant le tout autour de ses mains, tirant doucement jusqu’à ne plus offrir un confort chaud à son frère et ses sœurs.

- «  Léooo sérieux ! » Grognèrent ensemble les trois jeunes gens.
- « Debout, debout, debout, c’est le grand jour ! » s’exclama le petit être qui avait fêté sa sixième année il y a peu. « On va préparer la soupe, puis ensuite on ira danser. »

Se redressant, le plus âgé de la fratrie, passa une main sur son œil, le frottant légèrement. Même si lui aussi avait dû partager le plaisir du respect des traditions, actuellement ce n’était pas le cas. Il se serait bien vu traîner encore un peu plus longtemps au lit, sans avoir une véritable petite boule d’énergie à gérer. Les deux autres sœurs, elles, semblaient déjà avoir accepté cet état de fait. Celle ayant une année de plus que Léonie étant d’ailleurs tout aussi enjouée que la plus jeune. Les deux jeunes filles avaient récupéré l’enfant, l’entraînant dans la salle d’eau afin de faire un brin de toilette et enfiler des vêtements plus convenables que le minimum enfilé pour la nuit. Damien, l’aîné en profita quelque peu pour se laisser retomber sur le dos, laissant l’oreiller venir se positionner sur son visage.

- «  Par Delkhii pourquoi trois sœurs… je n’ai pas envie. »

La petite tête brune avait refait son apparition dans l’encadrement de l’entrée de la chambre grommelant un « je t’entends, tu sais. ». Sa réaction spontanée avait réussi à faire rire le jeune homme, qui se força à se relever, enfilant simplement un pantalon. Rejoignant sa mère dans la cuisine, il avisa la multitude de légumes qu’il allait falloir éplucher, pourquoi fallait-il que la tradition de la famille Morret soit ainsi tournée vers les autres. Tirant une chaise, le garçon lança un regard encore semi-endormi vers sa génitrice retenant qu’à peine un soupir.

- «  Oooooh toi, ne commence pas à râler, je te vois venir. Tu sais très bien que tes sœ-
- « Quoi les sœurs ? C’est Damien qui râle déjà ?! »
- « Il râle tujur’heu, Damien. »

Un rire un peu amusé, trois autres chaises qui se tirent et la famille étaient quasiment au complet. Les légumes furent répartis en fonction des capacités de chacun et la corvée pour la bonne œuvre avait débuté. Chaque année, a la même période de l’année, la famille Morret réalisait un potage en grande quantité, qu’elle allait ensuite distribuer gratuitement à ceux dans le besoin, ou ceux qui n’avaient pas forcément les moyens de s’offrir un bon repas. C’était une façon pour les parents de transmettre à leurs enfants, l’envie d’aider les autres, mais aussi de faire attention à son prochain. Même si quelque grognement de l’aîné avait ponctué l’activité, les éclats de rire avaient été eux omniprésents. La plus jeune s’amusait à faire des longues chevelures rousses à ses sœurs avec des épluchures de carottes, les autres balançaient des morceaux de pommes de terre au visage de celui qui n’avait pas vu dans le moment un seul point positif. La mère aimant, avisait la petite troupe avec cette étincelle satisfaite dans le regard. La période des fêtes n’avait-elle pas pour but de réunir les familles ? L’épluchage terminé, pour le plus grand plaisir de Damien qui s’était déjà éclipsé pour sortir avec une jolie demoiselle. Aaaah la période de l’adolescence.

Mélangeant le tout dans une marmite à la taille impressionnante, rajoutant de l’eau, il ne restait plus qu’à attendre que la cuisson se termine. Moment préféré de la petite tête brune, qui n’allait plus quitter le tout du regard pendant un très long, très très long moment.

~ ~ ~

- « C’est cuit, c’est cuit, c’est cuit » s’exclama l’enfant en tapant dans les mains.
- «  Je vois ça, tu peux aller chercher le reste de la troupe, vous allez pouvoir faire la distribution »
- « Supeeeeeeeer ! » s’écria la gamine, dont le hurlement de joie n’avait pas pu passer inaperçu dans la demeure.

La gamine n’avait pas eu à aller bien loin, bien au contraire, la tête de ses sœurs et celle de son frère venant déjà de faire leurs apparitions. Les multitudes de gourdes furent rapidement remplies et c’est les bras chargés que la petite troupe avait quitté la maison pour faire la distribution. Plusieurs heures c’était écoulé, longue, ou les enfants discutaient avec les personnes plus âgées, distribuaient la soupe dans les gourdes à qui en voulait. La famille commençait à se faire connaître avec cette tradition et chacun prenait conscience que tous, n’avaient pas leur chance. L’après-midi s’écoula sans même que la petite famille ne puisse réellement s’en rendre compte, si bien qu’après une journée de partage. Tous, rentrèrent dans la demeure pour célébrer comme il se doit la fête légendaire, un barde était présent pour la soirée, jouant et chantant et la petite troupe n’avait fini par se coucher que très tard dans la nuit et les pieds un peu douloureux.






Souvenir numéro 15

Il y a cette main dans la tienne. Ces doigts refermés avec soin contre ta peau, un effleurement des sens et le souffle d’une vie qui palpite. Tu frémis, un sourire sur tes lèvres, de ceux que l’on ne décroche pas après minuit et qui reste un moment gravé dans l’abime : tu es heureuse, et tu le sais. Il y a des temps comme cela qui ne durent jamais et sont si bons à savourer.

Luka rit. La foule est dense, mouvante. Elle ressemble à un banc de poissons pris d’euphorie, de multiples écailles aux reflets d’argents, d’or et de soleil au coin des yeux. Elle s’écarte et se tend sous la paume de sa main, se faufile dans sa poigne pour n’être jamais saisie, un perpétuel mouvement de carpes qui s’ébattent autour d’elle. Il lui semble discerner les têtes blondes et nues des enfants, des femmes plus âgées aux seins lourds mais richement parés, le cou royal et le port altier. Les hommes ont des hululements festifs, leurs pas amples et cérémonieux glissent sur le sol de terre souple de Kharaal Gazar, et nul givre ne croît sous la plante de leurs pieds. Comment le pourrait-il ? Ils sont investis du feu sacré de Süns, des murailles inébranlables de Delkhii et bien d’autres divinités encore en ce public réuni. Luka se serait crue fourmi si la main chaude de Faye n’avait résidé dans sa dextre, une ancre dans ces bas-fonds lumineux, la proue de son navire tout personnel.

« Tu verras. Noëlkha a quelques surprises à t’offrir. » Oh, ce n’est pas sa première cérémonie d’usage, mais c’est du moins la plus exotique. A chaque peuple son Noëlkha délicieusement approprié, et qui des Daënars et des My’träns de s’en disputer l’origine. Elle met de côté le peuple de la technologie : sa rumeur est silencieuse à cet endroit du monde, étouffé par les rires et les chants des Kharaaliens en proie à la plus sublime des félicités. Les tentes colorées ont été déplacées sur le côté, leurs voilures à l’attente à leur port d’attache comme toute autant de frégates immobilisées pour un temps. Luka songe à ces grands fauves de Zochlom, ces formes alanguies et sombres dans les recoins du feu lui rappellent ces prédateurs à l’affut, un instant saisis de fascination devant les ombres. Car la place dégagée est immense, elle ondule et bascule au rythme des silhouettes qui s’y amoncellent au cœur de la nuit, pères, mères, enfants et esseulés pour quelques heures réunis.

Le cercle qu’ils forment est immense autour du feu. La foule soudain s’assagit comme mue d’un même pressentiment, et aucune main ne vient ce soir reprendre la fougue un peu trop vivace d’un moutard – voilà qu’ils sont déjà tous assis, obéissants une soirée par an. Luka cherche des yeux le regard de sa sœur. Faye lui rend un sourire et cet éclat minimaliste a d’ores et déjà tous les attraits d’une étincelle de connivence. Attends, lit-elle le conseil sur les traits de sa sœur, et sa position se corrige, un tailleur patient désormais sur son confortable coussin brodé. Alors un homme prend place au centre de la scène, et sa parure chamarrée n’a d’égal que l’éclat qui luit dans ses prunelles. Sa cape est longue, si longue qu’elle recouvre ses pieds de plis gondolés, des bandes de couleurs évasées tel l’arc-en-ciel, repliées sur sa tête en un stupéfiant masque animal : un griffon d’ébène à huit yeux. Le feu répond à la terre, et l’oracle divin apostrophe la foule d’une voix gutturale. Savez-vous d’où vient Noëlkha ? A qui nous le devons ? Prenez garde chers inconscients, car il est des dettes que l’on ne peut ignorer… Ses mots roulent sur les consciences, pétris les esprits d’une théâtralité exquise. On prétend ne pas savoir, on s’amuse de cette redondance annuelle, tradition et usage pour l’inciter à débiter sa litanie maintes fois répétée. Ne faut-il point ouvrir le bal… ? Il y consent. Et le feu se fait un peu moins éclairé pour laisser le soin à sa prophétie de s’accomplir…


Sur le ciel nuit cendrée ploie l’Architecte,
Soie moirée et fine poussière,
Ainsi va le monde selon son affect,
Animaux, gens et forêts prirent vie naguère.

Aurore pointait chassant lune et comètes,
Et la sage chevêche fit de son interprète,
Destin et âme liés.

De coquilles elles étaient pourtant dénuées,
Nues et solitaires dans ce frimas,
Appelant de leurs vœux bien d’autres aléas.

Aranéide fit alors de son fuseau toile et merveille,
Pour qu’aussitôt d’incendiaires corpulences
S’activent, chantent et dansent.

Si nous nous aimons, amie,
En notre enveloppe richement parée,
Pour rire, vivre et espérer,
A Orshin nous en devons l’acquis.

Nous irons réjouis par-delà les hivers,
Et des hivers au printemps à cœur tendre,
Tendres proches par trop éphémères,
Ephémères effigies échangées en décembre.

Arachnide téméraire aux délicates aiguilles,
Tisse, coud et file toute la journée allant.
D’aucuns disent, ce n’est qu’une escarbille,
Mais elles sont de celles à prendre feu joliment.


« Ainsi, nous remercions Orshin d’avoir effacé l’hiver pour que le printemps vienne en nous offrant un corps où nous établir ? » Elle ne sait pourquoi mais l’idée l’amuse considérablement. Ce n’est plus qu’une ancienne légende, et pourtant bien des My’träns dédient encore des offrandes à l’araignée ce jour fatidique de l’année. Une façon de prier pour les beaux-jours et les récoltes, les ventres arrondis et les ciels étoilés. De prier pour ses proches, amis, famille et connaissances plus lointaines mais non moins présentes. La foule s’agite, on extrait de besaces, escarcelles et sacs de tissus légers des poupées diaprées. Le bruit des voix fait écho à celle de l’étonnant oracle qui désormais n’est plus qu’un homme pour les douze prochains mois à venir. Luka n’a guère le temps de se remettre, Faye lui tend à son tour un paquet en toile. C’est mou et doux sous ses doigts, et cela prend l’apparence d’une jeune femme aux cheveux flammes : son miroir, très exact, poupée de chanvre et de fils brodés.

« Amar amgalan. » prononce Faye, les mains croisées sur sa poitrine, la nuque incurvée. Paisible éternité se souhaitent tout un chacun, et Luka, navrée de ne pas avoir su apporter son propre cadeau à sa sœur bien aimée, lui rend volontiers son salut. Qu’à cela ne tienne pourtant, elle dessine dans le sable la forme de la Flamboyante : « Amar amgalan. » peut-elle alors enfin lui répondre.


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Galerie des poupées

On dit que tout le monde reçoit la sienne de par le monde, qu'elle signifie un attachement profond ou un charme pour repousser le mal. Nous avons recueilli pour vous quelques-unes de ces offrandes en l'honneur d'Orshin chez certains Irydars ayant fêté Noëlkha...



















Poupées à paraître (réservez dès maintenant !)
• Poupée Zora « Introuvable en rayon Daënar »
• Poupée Faye « Attention, à tenir hors de portée d'une source de chaleur. »
• Poupée Sakari « Appuyez sur son ventre pour qu'elle vous récite ses plus fameux détournements ! »
• Poupée Nätchakar « Elle mange ta main, et garde l'autre pour demain ! »
• Poupée Luciole « Elle change d'apparence chaque jour ! »
• Poupée Zaël « On a jamais vu poupée plus virile ! »
• Poupée Joël « Bras amovible (mais c'est une anomalie de fabrication) »
• Poupée Billy « Déconseillée aux plus de 12 ans »
• Poupée Aurore « Vendue sans sous vêtements (les croq-culottes ont encore frappé !) »






Souvenir numéro 16

Une des comptines chantées pendant le solstice d'hiver à Dyen, pour célébrer la retour progressif du jour contre la nuit. On pardonnera le traducteur oriental, qui n'aura pas su rendre entièrement la beauté de la poésie dyennoise mais aura quand même tenté de mettre des alexandrins dans sa traduction !


Gonflez-vous, ô fleuves, la longue nuit repart,
Ronflez, vous, autres feux, car le soleil revient,
Vhaelia est chassée : elle a osé dompter
La monture d’Amisgal. Sur son dos reviendra
Notre mère, notre reine. Elle revient enseigner
A son peuple, ses enfants, à devenir le vent.

Vhaelia a dressé la plus divine monture,
Le dragon est pour elle un cheval de feu,
Dans les déserts perdus, entre les solitudes,
Elle lie son âme aux flammes, elle embrasse le destin
De Drakas le Grand-Ver, son époux et son fils,
Dont l’haleine embrasée caresse la peau sacrée.

Gonflez-vous, ô fleuves, la longue nuit repart,
Ronflez, vous, autres feux, car le soleil revient,
Vhaelia reparaît : de l’Est surgit, grondant,
La monture d’Amisgal, dont l’haleine embrasée,
Mêle à l’aube sa flamme. Son vol incendiaire
Brûle les mécréants et ses crocs broient leurs troupeaux,

Les guerriers ont fondu et l’ennemi s’enfuit.
L’astre est à son midi, les vallées désertées
Tremblent devant le Ver, qui rugit sa victoire.
Les hommes ploient devant Vhaelia et Drakas.
Notre Mère, notre Reine, reviens nous enseigner,
Nous tes filles et tes fils, à devenir le vent.


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Khavdar & Süriyee
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Jeu 18 Jan - 17:46
Irys : 179964
Bonsoir, Bonsoir, ♥️

Un petit  rappel, le temps des votes touche à sa fin. Vous avez jusqu'au Dimanche 21 Janvier 2018 à minuit pour voter.


/!\ Il ne vous reste plus que trois jours pour participer aux votes du concours de Noël.

Je compte sur vous les vilains ♥️
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Khavdar & Süriyee
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Dim 21 Jan - 16:53
Irys : 179964
Attention, Attention, les votes se terminent ce soir à minuit.

Dernier votant, je vous attends ♥️
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Bolgokh
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Dim 21 Jan - 23:07
Irys : 290014
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Attention, attention, la date butoir des votes est passée. Nous avons attrapé notre calculette, notre cerveau, bien mélangé les deux et nous en avons obtenu les résultats. Il est cependant à noter que le tout était très serré, nous avons même dû trancher sur certaines égalités... Naaaaah, en fait, nous avons choisi de ne pas trancher et de récompenser les égalités ! Vous avez de quoi être fiers, en tout cas, nous, nous tenons à vous remercier pour votre participation, vos votes, votre bonne humeur. Trêve de bavardage, passons aux choses sérieuses :

J'appelle donc sur notre podium...

Eskarina Hellaraxë, Althéa Ley Ka'Ori & Valduis, sont en troisième position pour l'invention des souvenirs numéro 2, 11 & 13 !
Leurs 5 votes leurs permettent de gagner 1.200 points de réputation dans l'affiliation de leurs choix, 15 000 Irys, et un succès à débloquer dans la grille de leurs choix.

En deuxième position nous retrouvons monsieur Strauss Ludwig pour son souvenir numéro 3 !
Ses 6 votes lui permettent de gagner 1.700 points de réputation dans l'affiliation de son choix, 35 000 Irys, et deux succès à débloquer dans la grille de son choix.

Et voilà, c’est donc terminé… Comment ça il manque le premier ? Je plaisante, je plaisante… Notre grand gagnant n’est autre que :

 
La famille TOEN, j’appelle donc Faye & Luka le tout accompagnées de leur souvenir numéro 15!

Les 9 votes, permettent au duo de remporter 2.200 points de réputation dans l'affiliation de leur choix (Soit 1.100 points chacune.), 50 000 Irys (soit 25 000 chacune), et trois succès chacune à débloquer dans la grille de leur choix. Ce n’est pas tout, il y a également la récompense mystère, qui sera dévoilée, en cas d’acceptation. Un animal, que dis-je une monture, que dis-je un familier unique. Cependant la bête restant un mystère, nos heureux gagnants sont dans le droit de refuser cette récompense. Si c’est le cas, celle-ci sera proposée à notre gagnant numéro deux, puis trois…

♥️ Une multitude d’applaudissements, de cris, de pétales et de feu d’artifice pour nos six gagnants ! Quant à nos autres participants, une haie d'honneur pour ces courageux créateurs : ♥️


  • Souvenir numéro 1, de Benedict O'enhärt;
  • Souvenir numéro 4, de Ophélia Narcisse;
  • Souvenir numéro 5, de Odard Coursang;
  • Souvenir numéro 6, de Luciole Aldebarra;
  • Souvenir numéro 7, de Adramus;
  • Souvenir numéro 8, de Meylan Lyrétoile;
  • Souvenir numéro 9, de Henry Farstadt;
  • Souvenir numéro 10, de Laura L. Greyson;
  • Souvenir numéro 12, de Mary E. Burrowes;
  • Souvenir numéro 14, de Léonie Morret;
  • Souvenir numéro 16, de Gaers Stenner.




Et puisque nous souhaitons vous remercier de votre participation au concours, nous vous offrons à tous 700 points de réputation bonus dans l'affiliation de votre choix, ainsi que 1 500 Irys.

Ce n’est pas tout, nous avons également pensé à vous, votant, heureux courageux armé de vos lunettes qui ont réalisé une lutte sans merci avec la flemme pour terminer la lecture entière de tous les textes. Pour vous remercier, nous offrons à nos  22 votants la somme de 1000 Irys.


~ A tous les participants ~
Merci de nous signaler à la suite de ce sujet l'affiliation dans laquelle vous désirez reverser vos points de réputation (précisez s'ils doivent être négatifs ou positifs), les succès à débloquer voulus,

♥️ Encore bravo à tous ♥️


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~
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Adramus
avatar
Dim 21 Jan - 23:16
Irys : 599647
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Je veux ma réputation auprès des nomades d'Amisgal siouplait o/
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Valduis
avatar
Dim 21 Jan - 23:23
Irys : 348699
Profession : Assassin
Guilde +3 (homme)
Bonsoir et merci à ceux qui m'ont donné leurs 5 votes ! Félicitations aux grands gagants (Luka et Faye) et à tous les participants !

Pour ma part, je choisis de placer les points de réputation positive dans L'Ordre de la Pénitence au risque de choquer la majorité Very Happy


Dernière édition par Valduis le Dim 21 Jan - 23:25, édité 2 fois
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Ophélia Narcisse
avatar
Dim 21 Jan - 23:23
Irys : 1171243
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Heyo ! je veux bien de la réputation négative à Vereist s'il vous plait ! o7


 x23
Aemy s'exprime en #cc0099
Ophélia s'exprime en #cc0066
Nima s'exprime en #cc0033
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Luka Toen
avatar
Dim 21 Jan - 23:25
Irys : 579381
Profession : Historienne et naturaliste à ses heures perdues, médecin officiellement
Guilde +2 (femme)
Merci beaucoup pour les votes, et merci surtout à Faye qui aura fait 90% du travail avec son formidable boulot sur les poupées ! ♥️

Je lui laisse du coup très volontiers l'animal mystérieux si elle le désire, ayant pour ma part déjà fait l'acquisition récente d'un dragon. =D

Je voudrais débloquer les succès 3 et 23 de la grille my'trän, et le succès 13 de la grille daënar. Et je vais prendre ma réputation du côté de Zolios (positive) siou plaît, merciii !


Apparence complète de Renkhii
CODE COULEUR = #FFA500

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Léonie Morret
avatar
Dim 21 Jan - 23:25
Irys : 470816
Profession : Protectrice confirmée de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)
Bonsoir, Bonsoir !

Bravo, c'était de très très très beaux textes ! Félicitations à tous et toutes.

De mon côté, je choisi de mettre mes +700 points pour Delkhii !

Merci beaucoup


Léonie vous parle en #ff9933
x3
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Aurore Seraphon
avatar
Dim 21 Jan - 23:29
Irys : 914110
Profession : Agriculture/Chasse
My'trän +2 ~ Khurmag
Hop moi je passe juste encore vous féliciter tous et toutes ♥️

Je me suis régalée à vous harceler pour vos votes, à vous lire, à sourire devant vos textes!!!


Un graaaand bravo \o/



x3
Aurore s'exprime en #ff9999
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