Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !




 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
Page 2 sur 2
Aller à la page : Précédent  1, 2


 On se met au vert chez les verts ! [PV: Meylan Lyrétoile]

Oskar Medcalfer
avatar
Dim 25 Mar - 18:15
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Haha, elle répondait bien, la P’tite Fée ! Oskar aurait pu continuer le concours de métaphores encore longtemps, même si j’suis pas sûr qu’il savait ce que c’était qu’une métaphore, mais bref. Puis d’ailleurs, il savait pas non plus très clairement qui que c’était que Süns. Ça remontait à loin la dernière fois qu’il avait parlé à des mages, oh que oui ! Puis bon, quand t’es gosse, t’essaye plus de gagner ta croûte –ou de piquer celle des autres- que de causer religion avec des gonzes qui, d’une certaine manière, s’en tapent autant que toi des Architectes. Maiiiis il appréciait l’attention quand même. Fallait pas être théologien pour comprendre qu’une prière c’était bien, surtout si elle était pour toi ! Du coup, son sourire s’élargit et il recommença à écouter la douce demoiselle.

Bon, il pigeait pas grand-chose, il fallait se concentrer pour tout comprendre et c’était compliqué en étant aussi hypnotisé par la musique et la jolie voix de la P’tite Fée. Oskar capta que ça parlait du crépuscule, vu qu’ils étaient en plein dedans c’était pas compliqué de faire la liaison, après le reste des tournures de phrase… bon. Après, pas besoin de comprendre pour apprécier un truc pareil, pour sûr !  C’était cotonneux, chaleureux, envoutant… quoi vous comprenez pas cotonneux ? Mais c’est comme quand t’es enroulé dans ta couverture après deux-trois verres ! Ça va comme ça ? Bon.

Après, la chanson s’est terminée, évidemment, et le voleur lança un regard vers la demoiselle qui, surprise, l’observait aussi. Attendant sûrement une réaction ! Elle eut pas à l’attendre longtemps ! L’Oskar se releva illico pour s’asseoir en tailleur face à elle et applaudit vigoureusement avec une banane à la place du sourire.

- Bravo ! Oh que oui, bravo ! Je savais pas que vous aviez autant de talent pour la chanson par ici… Je serais venu avant ! Franchement…

- Mais vous allez la fermer, oui ! Descendez de là !


Alors là, les yeux d’Oskar ils s’ouvrirent grands comme des soucoupes ! Il avait pas compris que dans une ville qui vit la nuit, les toits seraient peut-être pas l’endroit le plus à l’écart des gêneurs. Il leva la main vers la P’tite Fée, l’air de dire « Bouge pas, je m’en occupe. » et se leva sur ses deux pattes pour aller vérifier qui leur hurlait dessus depuis la rue comme ça ! Il pencha la tête vers en bas, et il vit qu’un ivrogne. Un mec bien amoché qui devait vivre dans la maison sur laquelle ils étaient en train de s’amuser. Du coup, ça se comprend que ça le gêne en fait. Il était vraiment bien éméché en plus. Bon, y’avait pas grands risques.

- Ah ! Désolé le vieux ! On va essayer de plus taper du pied sur ta piaule ! Retourne te coucher maintenant !

Il était pas malin Oskar, même qu’il  commença à rire du gars dans la rue. Sauf qu’ici, on est à My’trä, et à My’trä même le plus vilain des poivrots il peut être capable de tirer des boules de feu…

- Tu vas voir, p’tit merdeux !!

Pattes-de-Velours il eut à peine le temps de se remettre de son rire qu’une première boule lui passa devant la tête, comme ça ! Là par contre il a arrêté de rire, ça c’est sûr ! Il eut même un espèce de cri de surprise avant de se retourner illico presto vers la P’tite Fée qui devait pas y comprendre grand-chose.

- Faut qu’on se taille, P’tite Fée ! Ça sent le roussi… Mais vraiment le roussi !

Ouais, même dans ces moments-là il continuait à avoir de l’humour, Pattes-de-Velours… Mais il commençait déjà à réfléchir à par où passer pour échapper à ce mage taré. Derrière Meylan, y’avait une autre rue ! Ils pouvaient peut-être descendre par là et essayer de rejoindre un endroit plus fréquenté où l’autre timbré pourrait pas les retrouver.

- Range vite ton instrument, ma p’tite dame, va falloir courir !

Il était mignon celui-là, c’était un peu de sa faute s’ils devaient bouger ! Mais bon, elle l’engueulerait après, si jamais elle voulait. Pour le moment, fallait bouger !


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
Voir le profil de l'utilisateur

Meylan Lyrétoile
avatar
Mar 27 Mar - 16:23
Irys : 870307
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Face à des applaudissements aussi enthousiastes, Meylan fit ce que n’importe quel artiste digne de ce nom aurait fait, et salua son public, chapeau en main et sourire aux lèvres.  Par contre, son triomphe fut de courte durée et bien vite interrompu par les vociférations d’un individu qui ne partageait très clairement pas l’enthousiasme d’Oskar.  Tiens, ça faisait longtemps qu’elle n’avait plus eu affaire à de tels grognons.  Il faut dire qu’en près de vingt ans, elle avait eu le temps de repérer quels toits de Darga étaient accessibles et lesquels il valait mieux éviter.  Puisqu’Oskar avait décidé de prendre en main cet incident, la ménestrelle se contenta d’observer la scène, curieuse, et d’attendre la suite des événements.  

Evidemment, il ne put s’empêcher d’aller asticoter le citadin déjà énervé.  Et bon, pour le coup, elle pouvait comprendre l’irritation dudit citadin.  Pas parce qu’il avait découvert que des inconnus avaient pris temporairement possession de son toit, non.  Ca, c’était le lot de tous ceux qui habitaient une maison à toit plat en ville, et même de certains dont le toit n’était pas plat.  Non, là où il avait une bonne cause d’énervement, c’était la provocation gratuite qu’Oskar, dans son sentiment de sécurité, se permettait de lui envoyer.  Et, bien évidemment, le sang de Zolien étant proverbialement chaud, l’habitant répondit de manière parfaitement conforme aux attentes.  Sauf qu’Oskar ne partageait pas ces attentes, apparemment, comme en témoignaient son cri et son expression estomaquée.  Meylan secoua la tête.

"Tu viens de provoquer un Zolien, à quoi est-ce que tu t’attendais?"

Probablement pas à ça, et elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.  Il découvrait cette terre remplie de magie, après tout.  Probablement qu’un comportement similaire dans sa ville d’origine ne lui aurait pas valu de projectile plus dangereux qu’une pantoufle comme on en lance au chat du voisin quand il fait trop de bruit.  Enfin, le mal était fait, et une retraite stratégique était en effet à l’ordre du jour.  Son spectacle interrompu jusqu’à nouvel ordre, la musicienne fit prestement disparaître sa lyre dans sa besace.

"S’enfuir comme des voleurs pour avoir osé vouloir profiter de la vue.  Quel accueil!"

Elle prenait somme toute la nouvelle assez bien, laissant percer une trace d’ironie dans sa voix.  Apparemment, ce n’était pas la première fois qu’elle devait effectuer un tel repli précipité.  En deux bonds, elle fut dans la rue, confiante que son compagnon était sur ses talons.  Elle prit un départ en flèche, tout en gardant à l’esprit qu’ils devraient bien vite reprendre une allure plus normale s’ils voulaient éviter d’éveiller les soupçons de la fameuse milice de la ville.  Regardant par-dessus son épaule, elle ne put résister à l’envie de lancer une nouvelle boutade:

"Bienvenue à My’trä."

En une soirée, il avait manqué de se faire rouler par un illusionniste et brûler par un pyromane un peu éméché.  Eh bien, au moins il variait les plaisirs.  À ce train-là, à la fin de la semaine il aurait fait connaissance avec chacun des Architectes…

Meylan ne parvint jamais jusqu’au bout de cette pensée, car une force immatérielle lui faucha les jambes et l’envoya valser par terre.  Ses réflexes lui permirent de rouler pour amortir la chute (sauvant ainsi sa précieuse lyre) et se relever rapidement, mais son élan avait été efficacement stoppé net.  D’une ruelle perpendiculaire, deux individus émergèrent.  Individus qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître comme les deux tricheurs démasqués plus tôt dans la soirée.  Tiens, donc cela voulait dire que le second était un disciple d'Amisgal?

"Comme on se retrouve."

Un sourire torve aux lèvres, l’illusionniste lança la phrase la plus cliché qu’il aurait pu trouver, tout en s’imaginant probablement être très fin.  Navrant.  Meylan rajusta sa besace et, en attendant d’élaborer un plan d’attaque, décida de donner le change.

"'Retrouver' implique que vous nous cherchiez.  Aussi flatteur que cela soit, j’ai quelques doutes à ce sujet.  Quelque chose me dit que vous erriez simplement dans les rues après que votre chance un peu trop marquée aux dés ait été relevée."

Sa voix était ferme et un brin moqueuse, un coin de sa bouche relevé en un demi-sourire et son sourcil droit levé également.  Toujours feindre l’assurance avec ce genre de personnages.  Leur laisser flairer la moindre trace de peur ne faisait que les rendre plus acharnés.  Bon, au moins, ils étaient selon toute apparence seuls.  Deux contre deux, les pronostics n’étaient pas encore trop mauvais.  D’accord, Meylan n’était pas une combattante, mais elle compensait par d’autres moyens.

HRP:
 



x6

Voir le profil de l'utilisateur

Oskar Medcalfer
avatar
Dim 1 Avr - 17:37
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Elle s’enfuyait vite la garçonne, vindieu ! Même en rangeant ses affaires, elle arriva bin vite à dépasser Oskar à la course ! M’enfin, les deux se retrouvèrent vite fait dans la rue à cavaler pour échapper à un gonze qui les poursuivrai pas de toute façon. Mais bon, autant mettre de la distance avec des mectons aussi tarés ! Le plus bizarre, c’était que la barde avait l’air contente de s’enfuir comme ça, à toutes jambes, comme une voleuse qu’elle disait. Plus le temps passait, plus une idée faisait son petit bout de chemin dans la tête d’Oskar. Mais non, elle accepterait sûrement jamais. Maaais, il y avait des chances quand même. Bon, à part ça ils étaient toujours dans la mouise, parce que deux jeunots qui caracolent comme ça en descendant d’un toit, ça va faire jazzer les gens du coin, donc autant déguerpir vite fait. Mais Pattes-de-Velours partageait le sourire de la P’tite Fée, sûrement parce qu’il était habitué à pire. Bienvenue à My’trä, qu’elle disait même ! Franchement, elle en avait dans les chausses ! Plus que certains zigotos du coin !

- Plus ça va, plus ça me plait My’trä ! Foi de baroudeur !

Ouais, autant se présenter comme un vagabond un peu maladroit que comme le cambrioleur de génie qu’il était. Mais tiens, en parlant de zigotos qui manquent clairement de courage, voilà t’y pas que, sans raison, Meylan se casse la figure au milieu de la rue. Eh, on la lui faisait pas à l’Oskar. Elle venait de grimper sur les toits, de galoper sur trois-cent mètres, elle était vraiment pas maladroite. Bon, gentleman comme il était, Pattes-de-Velours s’empressa de laisser la ménestrel se relever toute seule et alla vérifier la ruelle d’où provenait ce courant d’air magique qui venait de la mettre au sol. Mais pas le temps de passer la tête que déjà trois zozios tous fiers en sortaient pour admirer le spectacle. Ils étaient gonflés quand même ! A Aildor, ils feraient pas long feu, pour sûr ! Ils étaient complètement en train de snober Oskar, bien trop concentré sur la pauvre d’moiselle en train de se relever. Elle s’amusait à les provoquer d’ailleurs. Ah ça, elle restait fidèle à elle-même ! Bon par contre, ça serait pas dit que Pattes-de-Velours ferait pas ce qu’il avait promis de faire, à savoir la protéger de ce genre de débiles ! Il tapota l’épaule du maraud le plus proche, qui tourna les yeux un peu incrédule. Il se prit une tarte magistrale dans la figure !

- Mais j’vous permet pas de maltraiter la d’moiselle ! Bande de p’tits merdeux !

Bon, il aurait pu continuer les politesses longtemps, mais un des copains du mec qu’il avait cogné lui rendit le coup avec une rapidité incroyable. Il avait même pas eu le temps de le voir venir ! Bon, après il tapait pas bien fort, mais il frappait vite, le con ! Oskar se prit une pêche en pleine face, une dans le ventre, deux sur les côtes, mais la cinquième il réussit à arrêter cet enfoiré avant qu’il achève de le tabasser. Comme avec son copain, le voleur le mit au sol avec un bon gros coup de poing en pleine mâchoire. Ah ça ! Il lui laissa pas le temps de se relever ! Un coup de pied en plein visage histoire de l’assommer, et deux coups dans les côtes histoire de se défouler. Sauf que bon, le premier qu’il avait foutu au sol avait eu le temps de se relever. Et alors qu’Oskar, le nez saignant comme un steak pas assez cuit, s’approchait de ce malfrat pour en finir avec lui, le couard tandis une main vers l’avant et un flash lumineux aveugla complètement le voleur qui se cacha le visage dans les mains en gémissant.

Eh, mettez-vous à sa place un peu ! L’autre, évidemment, il en profita et continua le boulot de son copain ! Notre pauvre gars se prit bien une demi-douzaine de coups, dont un dans le visage, avant de réussir, sans trop savoir comment, à attraper la tête de la brute qui continuait de le frapper. Sans réfléchir, il termina de lui broyer sa face déjà bien amochée depuis tout à l’heure avec un énorme coup de boule qui envoya valser l’autre abruti par terre. A moitié aveugle, la gueule déglinguée, l’Oskar s’autorisa une petite pause en s’affalant contre le mur. Il savait pas comment s’en sortait la P’tite Fée, mais vu comment ça gueulait autour, des passants étaient certainement venus l’aider, pour sûr !

- Putain de merde… My’trä c’est vraiment pas *tousse* pour les p’tites bites…

Une réflexion fine, ouais. Vous vous attendiez à quoi ? Il pas été élevé à Alexandria, le lascar !


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
Voir le profil de l'utilisateur

Meylan Lyrétoile
avatar
Lun 2 Avr - 21:48
Irys : 870307
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Souvent, le meilleur moyen de se tirer d’un mauvais pas était une diversion qui changeait la donne.  Cette diversion, c’est Oskar qui s’en chargea cette fois, envoyant au tapis l’illusionniste joueur de cartes.  Si Meylan avait voulu fausser compagnie à ses assaillants, maintenant aurait été le moment idéal.  Il y avait seulement deux légers hics: 1. son acolyte était en train de se faire passer à tabac et 2. la chute de l’illusionniste avait révélé un troisième complice qui, lui, gardait le yeux sur elle.  Bon, eh bien pas de fuite, alors.

"Je m’attendais à tomber sur plus coriace."

De la tempe gauche à la mâchoire droite de l’homme, une impressionnante cicatrice lui traversait le visage, révélant son identité probable.  En dehors de cela il avait un physique assez commun: petit, trapu, brun, sans traits sortant de l’ordinaire.  Rien ne l’identifiait comme le meneur d’une bande de malfrats de bas-étage, ce qui était très certainement un avantage pour lui.  De sa voix suintait une assurance probablement non feinte, alors qu’il mettait Meylan en joue à l’aide d’une petite arbalète.  L’arme avait sans doute une portée assez courte, mais à bout-portant comme c’était le cas maintenant, elle devait faire de sacrés dégâts.

"Ne le prends pas personnellement, Suhure, mais je ne peux pas laisser mes hommes se faire tourner en ridicule sans réagir.  Ce serait mauvais pour ma réputation.  Dommage que toi et ton ami n’ayez pas eu la bonne idée de quitter la ville tant que vous le pouviez."


Contrairement à ses deux comparses, il n’y avait pour lui rien de personnel dans tout cela, ce qui le rendait plus sinistre que s’il avait été en quête d’une revanche.  Les affaires étaient les affaires.  Deux gêneurs avaient fourré leur nez dans ce qui ne les regardait pas et devaient disparaître.  Une situation sordide, mais ô combien simple.

Face à la menace d’une telle arme, Meylan avait assez peu d’options.  Sa plus grande chance consistait à gagner du temps, en espérant que les deux lascars à qui Oskar avait affaire ne viendraient pas renforcer leur meneur dans l’immédiat.  Rassemblant toute sa concentration, elle tendit son esprit vers son Architecte protecteur tout en prenant la parole.

"Ne le prends pas personnellement, Krof… Parce que j’imagine que c’est toi, Krof, pas vrai?  Eh bien, Krof, je suis navrée de te dire que je n’apprécie que moyennement le fait d’employer les dons de l’Immaculé à de telles fins.  Duper son monde ainsi donne une pauvre image du Griffon Blanc et est une bien piètre manière de lui faire honneur.  De plus, jouer à un jeu de hasard tout en refusant le hasard est une décision hypocrite.  Que celui qui veut un plus grand contrôle sur son jeu opte pour un jeu de stratégie…à moins, bien sûr, que l’intellect ne suive pas."

Une tirade envoyée d’un calme olympien malgré son contenu.  Contenu qui, d’ailleurs, irriterait probablement le malfrat…mais c’était le but.  Le faire fulminer ferait baisser certaines défenses mentales et faciliterait la tâche à Meylan.  Car son petit discours n’était rien d’autre qu’une diversion, un écran de fumée destiné à cacher les coulisses de son art.  Tandis qu’elle parlait, son esprit s’était frayé un chemin vers celui de Krof, s’arrangeant pour que toute son attention aille aux mots qu’elle prononçait, l’obligeant à ignorer les déplacements de celle qui lui faisait face.  Petit à petit, centimètre par centimètre, la ménestrelle sortait en effet de la ligne de mire de la dangereuse arme pointée vers elle.  Et celui qui la tenait n’y voyait que du feu.  Un tour de passe-passe, généralement utilisé sur scène pour simuler la téléportation…mais bien efficace dans cette situation-ci!  

Une fois en terrain sûr, Meylan attrapa un pot de fleur qui trainait sur un rebord de fenêtre à côté d’elle et l’envoya de toutes ses forces sur la main qui tenait l’arbalète.  Cela brisa certes l’illusion, mais la douleur fit lâcher l’arme à son possesseur et le fracas du pot se brisant sur le sol attira du monde des maisons et ruelles avoisinantes.  Irrémédiablement en sous-nombre, le chef de gang décida de limiter les dégâts et s’enfuit sans demander son reste.  Sans compter que, déjà, quelques personnages portant l’uniforme reconnaissable de la milice se frayaient un chemin au milieu de la cohue.  Rassurée quant à l’issue de la rencontre, la ménestrelle s’autorisa elle aussi à souffler et tourna la tête vers l’endroit où Oskar devait se trouver, juste à temps pour entendre son dernier commentaire.

"Raffiné.  Je te laisserai être juge de ce point."

Mais, malgré sa pique, elle était rassurée d’entendre la remarque de son complice.  Vu l’état dans lequel il se trouvait, constater qu’il avait encore la force de parler était une bonne chose.  Parce que, très franchement, ses deux adversaires n’avaient pas fait dans la dentelle.  Elle avait vu des maquillages de scène moins extravagants que le patchwork qui ornait désormais le visage de l’homme.  Entre le sang qui avait ruisselé et les ecchymoses qui commençaient à se former, c’était à se demander comment il tenait encore debout.  Une main se posa sur l’épaule de Meylan, interrompant ses pensées.

"C’est bien vous deux qui venez d’être impliqués dans le combat?"

L’individu à qui la main appartenait avait la carrure de l’emploi et bien deux têtes de plus que Meylan.  Il jetait sur elle et Oskar un regard interrogateur et gardait un ton neutre et professionnel.  Clairement, c’était un homme habitué à garder la tête froide en toutes circonstances.

"En effet.  Meylan Lyrétoile, à votre service."

La situation ne se prêtait pas aux extravagances, et elle se contenta donc d’une présentation sobre.  Bien lui en pris, car sa réponse lui valut un coup d’oeil approbateur.

"Olmen Mozdan, chef de patrouille.  Je vous demanderai de nous accompagner au poste de garde afin de faire une déposition."

Une formalité, probablement, car il était on ne peut plus clair qu’ils avaient agi en légitime défense.  D’accord, les deux malfrats en train de se faire arrêter étaient en piètre état, mais cela n’enlevait rien au fait que c’est eux qui avaient été les assaillants.

"Bien sûr.  Est-ce que le poste compterait aussi un soigneur, à tout hasard?"

Pas besoin d’être un génie pour comprendre que ce n’était pas pour elle qu’elle posait la question, et le chef de patrouille hocha la tête en réponse.  Bon, et bien nouveau détour imprévu de cette soirée: en route pour le poste de garde!



x6

Voir le profil de l'utilisateur

Oskar Medcalfer
avatar
Jeu 19 Avr - 18:55
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
On peut dire que l’Oskar voyait pas trop clair, là, tout de suite. La faute à un peu trop de sang sur sa gueule et parce qu’il en avait un peu trop pris pour pas avoir le tournis. Ses yeux firent trois fois le tour de leur orbite avant qu’il arrive à les poser enfin sur Meylan, qui était en train de parler à un gars. Il avait une dégaine de garde. A la bonne heure ! Z’avaient toujours le talent pour arriver après la bataille, ces gars-là. Le voleur appréciait pas spécialement de les voir débouler, mais il se souvint, en mettant quelques secondes quand même, qu’ici il avait le casier judiciaire aussi vierge qu’une fille de bonne famille ! Alors il suivit la marche, autant que faire se peut. Pfah ! C’était fendard de le voir tituber et manquer de tomber, comme une espèce de soiffard en fin de soirée !

En arrivant, enfin, à rejoindre la P’tite Fée, il essaya de regarder son visage. Elle s’en était vraiment bien tirée de son combat contre le gros lourd. Chapeau bas ! Il voulait bien lui dire, d’ailleurs, mais vraiment il avait la tronche trop en bazar pour bien voir quoique ce soit. Il tapota l’épaule du garde devant lui.

- S’cusez moi… Vous auriez pas un mouchoir, ou un tissu… auquel vous tenez pas trop ?


L’armoire à glace rigola, mais l’Oskar était pas dans le meilleur état pour partager sa joie. M’enfin, l’important c’est qu’il lui donna, son mouchoir !

- Tenez, monsieur… Nettoyez-vous un peu. Il faudrait que les soigneurs puisse reconnaître un visage avant de le soigner.

Et il recommença à rire, avec ses collègues. Eh bah, la connerie chez les représentants de la loi avait l’air universelle…

- Merci, et faites pas trop les malins, moi j’avais pas cinq kilos de ferraille pour me cacher derrière.


Il savait pas comment le prendrait ces messieurs, et s’en foutait pas mal à vrai dire. Maintenant, il pouvait dégager ce qui l’empêchait de bien voir, et faire l’état des lieux entre ce plusieurs catégories : Les endroits où ça fait rien, les endroits où ça pique, les endroits où ça brûle, et les endroits où même approcher le mouchoir ça le fait pas. Il était vraiment mal en point le lascar. Enfin ! Il pouvait quand même voir un peu mieux la P’tite Fée, et même lui sourire. Au moins essayer…

- T’as l’air de bien l’avoir corrigé, l’autre débile. J’suis admiratif !


Bon après, pas le temps de faire plus la conversation. Ils étaient arrivés au poste de garde ! C’est peut-être dans les gènes, mais l’Oskar il était pas serein de s’approcher d’un truc pareil. Dans le milieu, si tu finis là c’est que ça s’est passé vachement mal. Mais bon, on se détend, ils venaient en victimes après tout ! Bon, d’accord, y’a eu quelques dommages collatéraux, mais aucun n’est mort ! En bref, Pattes-de-Velours il balisait pas mal. Mais c’était surtout un bon baratineur, et derrière sa gueule toute déglinguée, il affichait un parfait air innocent. Quoi ? La gueule déglinguée aide vachement ? Mauvaises langues que vous êtes…



Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
Voir le profil de l'utilisateur

Meylan Lyrétoile
avatar
Mar 24 Avr - 14:02
Irys : 870307
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Pour être honnête, la seule raison pour laquelle Meylan était en meilleur état qu’Oskar était un sacré coup de chance.  Elle avait eu de la chance que Krof ait été assez confiant pour la tenir en joue aussi longtemps au lieu de tirer tout de suite, tout comme elle avait eu de la chance que le fracas quand le pot s’était brisé ait attiré l’attention des miliciens.  Sans ces deux éléments, elle serait sans doute en aussi piètre état que lui, voire pire.  Un carreau d’arbalète, ça ne faisait pas dans la dentelle.  Enfin, l’essentiel était qu’ils étaient tous les deux saufs, à défaut d’être entièrement sains, et que deux de leurs agresseurs avaient été pris en charge par ceux dont c’était le métier.  Faire une déposition au poste de garde serait une formalité comparé au mauvais pas dont ils venaient de se tirer.

En d’autres circonstances, la langue bien pendue d’Oskar aurait pu lui attirer des ennuis avec les gardes, mais ceux-ci semblaient considérer que l’homme avait déjà eu assez de problèmes en une soirée et aucun d’eux ne réagit au reproche à peine déguisé qu’il leur fit.  Même Mozdan se contenta de lui jeter un regard qui devait être l’équivalent d’un haussement d’épaules avec les yeux.  Une fois aux abords du poste de garde, Meylan put constater qu’il était toujours capable de sourire…enfin, plus ou moins.

"Un tour de passe-passe et beaucoup de chance, c’est tout."

Sans compter que c’était une sacrée exagération de dire qu’elle avait corrigé quiconque.  Elle avait évité de se faire transpercer de part en part par un carreau et son adversaire aurait probablement un beau bleu sur la main pendant les jours à venir.  C’était encore modeste comme résultat, sans compter que Krof avait filé sans demander son reste à l’arrivée de la milice.

Une fois dans le poste, leur affaire fut traitée avec une efficacité qui révélait une certaine routine.  Les deux escrocs n’étaient pas une bien grosse prise, et les événements de leur soirée mouvementée n’étaient pas franchement extraordinaires.  Histoire d’épargner le visage d’Oskar, Meylan se chargea de relater la succession des événements, depuis le moment où elle avait révélé la tricherie aux dés jusqu’à l’arrivée de la milice.  Elle se garda par contre de préciser que la deuxième rencontre avait eu lieu alors qu’Oskar et elle s’encouraient d’un toit dont le propriétaire venait de les déloger.  Ca n’apportait rien à son récit et elle tenait à éviter de devenir elle-même suspectée d’intentions peu louables.  La réputation, ça ne se perd qu’une fois.

Enfin (et, très honnêtement, Meylan pensait qu’ils auraient pu commencer par là), une femme portant un uniforme différent de celui des gardes entra dans la pièce.  Une disciple de Möchlog, à en juger par la silhouette de chouette qui ornait sa tunique.  Ses yeux ne mirent pas longtemps à trouver qui avait besoin de ses compétences, et ses sourcils se levèrent légèrement quand elle découvrit l’étendue des dégâts.

"Eh bien, ils n’y ont pas été de main morte."

Sans plus de formalités ou même un regard pour le garde qui venait de mettre le dernier point à leur déposition, elle traversa la pièce pour observer de plus près le visage d’Oskar d’un oeil expert.  Meylan avait beau être habituée aux adeptes de la Chouette (elle habitait Darga, après tout), même elle trouvait le regard perçant de cette femme maintenant silencieuse un poil perturbant.  Enfin, son examen fini, celle-ci ferma brièvement les yeux, probablement pour canaliser les pouvoirs de Möchlog.  Sa main gauche s’entoura d’un faible halo de lumière.

"Si ça peut te rassurer, la magie de Möchlog n’est pas désagréable: la seule chose que tu sentiras est un légère chaleur."

Elle préférait le prévenir avant un éventuel réflexe malheureux face à ce phénomène qu’il ne connaissait probablement pas.  La soigneuse lui adressa d’ailleurs un léger hochement de la tête après cette explication, puis approcha sa main du visage d’Oskar.  Décidément, il faisait le tour des Architectes ce soir!



x6

Voir le profil de l'utilisateur

Oskar Medcalfer
avatar
Jeu 26 Avr - 15:59
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Bon, Oskar il était pas bin familier avec les procédures comme ça. Tu m’diras, ça veut dire que c’est un vrai pro s’il s’est jamais fait pincer. Après, c’est pas complètement vrai non plus. Quand t’es un bleubite, en général, tu vas vite finir chopé par les poulets, mais vu que tu commences rarement par cambrioler une banque, tu t’en tires pas trop mal.  Par contre, même s’il était passé dans le camp des victimes, il était pas serein le lascar ! Déjà, son nom. Il sonnait vachement My’trä quand même. Du coup, c’est avec un poil d’anxiété qu’il le balança.

- Oskar… Medcalfer.


- Med… quoi ?

- Medcalfer ! C’est pas d’ici, mais c’est pas de Daënastre non plus !

Même quand il avait rien fait, il pouvait pas s’empêcher de justifier tout ce qu’il disait. Après, le reste de l’interrogatoire ça allait, vu que c’était la P’tite Fée qui parlait. Franchement, l’Oskar était épaté, elle arrivait même à mentir ! Nan mais il était tombé sur une perle ! Muhahaha ! Par contre, ce serait possible d’amener une infirmière là ? Jolie, s’possible. Parce qu’il était toujours en train de gonfler comme un allergique aux piqûres de guêpes. Mais ses prières furent exaucées, mes amis ! En voilà justement une qui arrive, vu ce qu’en disaient les autres autour de lui. Après, on pourrait se demander pourquoi elle lui tripotait le visage pendant mille ans avant de lâcher son diagnostic.

- Eh bien, ils n’y ont pas été de main morte.

- Vos talents me laissent sur le cul…

Ouais, il avait eu le temps, le réflexe, l’énergie de baragouiner ça alors que la m’dame lui levait le menton comme à un marmot qu’on enguirlande. Après, la P’tite Fée était toujours là, et elle rassura l’Oskar pendant que la main de la m’dame se transformait en lampe à huile sans que le voleur comprenne trop pourquoi.

- La magie de… ?

Ouais, il avait un peu perdu ses petites connaissances sur les Architectes quand sa paupière commença à avoir la tronche –et la taille- d’un grain de raisin en train de murir. Sauf que, même s’il se rappelait plus du p’tit nom de Möchlog, sa magicienne elle faisait son travail, et elle le faisait bien ! Comme qu’elle disait la P’tite Fée, Oskar sentit juste une espèce de chaleur, comme le soleil en plein sur ta face, et la douleur qui s’en allait au fur et à mesure. Ça dura, j’sais pas, deux semaines ? Nan, deux minutes, ou moins. Bon, le principal c’est qu’à la fin, la soigneuse lâcha enfin son menton et l’Oskar put secouer la tête comme un chien mouillé.

- Bordel… Je sens plus rien ! Eh en fait vous êtes des gens sympa ici !

Ouais, ça aurait pu être plus fin, mais faut le comprendre. A Aildor, les mages c’est des Croque-Mitaines, à Daënastre, pareil, et du peu qu’il en avait vu ici tu pouvais pas dire que c’était tous des perles ! Le visage tout rafistolé, le voleur passa les yeux tour à tour sur la gentille magicienne, le garde qui s’était occupé d’eux, puis enfin sur la P’tite Fée.

- Eh, elle m’a rendu beau gosse au passage ?


Et nan, trouduc, par contre elle a pas réussi à soigner ton humour de chiotte…


Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
Voir le profil de l'utilisateur

Meylan Lyrétoile
avatar
Dim 6 Mai - 9:05
Irys : 870307
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Si Meylan ne devait retenir qu’une chose de la soirée, ce serait la suivante: elle ne risquait pas de s’ennuyer avec un compagnon de voyage pareil.  Même là, dans un post de milice étranger, le visage plus proche du steak haché que de la figure humaine et confronté pour la première fois à une forme de magie tout de même assez impressionnante, son premier réflexe était de faire le pitre.  Plus inattendu était qu’elle en était déjà à penser "typique" avec un petit sourire en coin en entendant ses réflexions un tantinet décousues.  Amusée, oui, surprise, absolument plus.

Le garde et la soigneuse, par contre, ne savaient pas encore à quel drôle d’oiseau ils avaient affaire et échangèrent un regard perplexe.  En particulier le "en fait" dans "en fait vous êtes des gens sympa ici" semblait les faire hésiter à propos de comment ils devaient l’interpréter.  Venaient-ils de recevoir un compliment ou une insulte?  La ménestrelle les laissa déterminer ça eux-mêmes et passa directement à la question suivante.

"Je remarque une nette amélioration, en tout cas."


Par rapport à la ruine que les brigands avaient fait de son visage, mais ça, elle ne le précisait pas.  La disciple de Möchlog n’avait en rien changé l’apparence d’Oskar, simplement guéri ses blessures.  Ce qui voulait dire qu’il était physiquement identique à ce à quoi il ressemblait avant qu’ils se fassent coincer par les escrocs locaux.  Cela faisait-il de lui un "beau gosse"?  La réponse à cette question était purement subjective et dépendait donc de la personne répondant.  Mais force était de reconnaître qu'il y avait des personnes moins gâtées que lui de ce côté-là.

"Merci pour votre coopération, et prévenez-nous si vous repérez de nouveau ce Krof."

La probabilité que ça arrive était trèèès basse.  Avec la milice sur ses talons et deux de ses hommes de main emprisonnés, il était probable que le chef de bande se terrerait le temps que les choses se tassent.  C'était une bonne nouvelle pour les deux voyageurs, qui avaient donc de fortes chances d'être débarassés de lui pour de bon, moins pour les protecteurs de la ville, qui risquaient de voir la plus grosse des trois prises de la soirée se volatiliser.  Chacun ses soucis.

Et ainsi se conclut donc leur "petite" mésaventure.  Quelques poignées de main furent échangées, la soigneuse fut remerciée, et bientôt les deux compères étaient à nouveau à l’air libre.  Tout cela avait pris un certain temps (voire un temps certain), et les lunes brillaient maintenant bien haut dans le ciel.  Au loin, les notes gaies d’une musique typiquement zolienne rythmaient la nuit.  Evidemment: la ville ne serait pas la même sans sa vie nocturne éternellement animée!

"On y retourne?"


D’accord, ils avaient été un peu secoués, mais ce n’était pas une raison pour ne plus oser s’aventurer dans les rues de la capitale, pas vrai?  Et pendant le trajet menant au poste de milice, Meylan avait repéré un auvent qui leur faciliterait l’accès aux toits de la ville.  Pourquoi se frayer un chemin à travers la foule quand on pouvait se déplacer plus vite et plus librement en prenant de la hauteur?



x6

Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

Aller à la page : Précédent  1, 2
Page 2 sur 2