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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
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 Au détour d'une plaine boisée

Laurelin
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Mar 10 Juil - 0:06
Irys : 244953
Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

Cela faisait des heures que je marchais sous un soleil de plomb dans cette belle région nommée Suhury. Au détour d’un village, j’eu la possibilité de trouver à manger et de me concocter un bon repas à base de salade et de tomates. Malheureusement, je n’eus rien à offrir à celui qui s’occupait de ce potager pour le dédommager. Mais… Une salade et trois tomates, au vu de la taille de son potager, il n’y verrait que du feu ? Il faut bien que je mange tout de même.

Des heures à marcher sous un soleil ardent, mais pourtant, je n’échangerais ma place pour rien au monde. Ce village visité quelques heures plus tôt m’ouvrit la route d’une plaine jalonnée de reliefs et parsemée de valons boisés. Bien que d’habitude je n’emprunte jamais les chemins et les routes, trop exposées aux regards du monde, je n’avais croisé personne depuis le temps que je gambadais sur cette route poussiéreuse, à part quelques oiseaux et écureuils. L’un de ces rongeurs sauvages avait réussi à capter mon attention lorsque dans sa course effrénée, il sauta d’un arbre à l’autre avec une grâce digne d’un athlète. L’espace d’un instant, je cru le voir voler dans les airs, délesté de cette force inéluctable qui attire tous les corps vers le sol. L’espace d’un instant seulement.

Que de rêveries, que d’illusions. Quelques envolées d’oiseaux succèdent aux chants des rossignols perchés dans les arbres et abrités par le couvert des feuilles, feuilles qui, soudainement, tombent en de grandes gerbes aux teintes orangées. Un léger vent vient alors soulever ce tapis de feuilles mortes qui semble prendre vie. Telles de douces volutes, les feuilles s’élèvent dans les airs en formant une danse magnifique. C’est comme si ces feuilles étaient animées d’une vie débordante. Elles dansent, virevoltent, aux grés des vents et de la vie qu’ils insufflent, spectacle féerique qui berce mon cœur et mon âme. Spectacle qui n’a que moi en spectateur car tout cela est permit par les dons de Khugatsaa. Pour le commun des mortels, ce chemin boisé n’est qu’une promenade ombragée à l’abri des rayons du soleil. Mais pour moi, tout cela n’est qu’une muse pour ma créativité débordante. Et la barrière entre illusion et réalité est si mince en mon esprit, que parfois je m’y perds moi-même. Tout ceci est si réaliste pour moi que l’illusion devient ma réalité et la réalité mon illusion. Mais à ce moment-là, je ne m’en rends pas compte et à vrai dire, je n’en ai cure. Je suis heureuse et ce que je vis est extraordinaire.

Alors je me laisse aller à mon illusion et au spectacle qui empli mon cœur. Ma marche se transforme en une danse légère faite en deux temps. Un pas à droite accompagné d’un mouvement de bassin, un pas à gauche dans le même mouvement, et une douce mélodie quitte alors mes lèvres et s’élève dans les airs. Le fredonnement devient un chant distinct. Je n’ai aucune parole en tête, mais les mots sortent. Enfin, plus que des mots, ce sont des sons qui permettent à mes pensées et mes sentiments de prendre vie et d’être exprimés autrement que juste pour moi. Ces moments-là sont exceptionnels. C’est comme si je ne faisais plus qu’un avec l’art de Khugatsaa et que cet art emplissait chaque parcelle de mon corps, de mon esprit et de mon âme. Je danse, je chante, et autour de moi tout semble prendre vie dans un ballet enivrant et ô combien fantastique. Les vents d’Amisgal portent ma voix vers des cieux inattendus mais qu’importe. Si quelqu’un entend cet air chanté de tout mon cœur, que celui-ci soit béni et qu’il ou elle puisse profiter de cette joie qui file aux quatre vents.


Khugatsaa soit loué Pensais-je en mon fort intérieur. Amisgal soit loué. Gloire aux architectes.


Les architectes furent mon seul salut dans tous les tracas et traumatismes que les Hommes mirent sur ma route. Mais dans ces moments si légers, à la féerie si envoutante, je suis heureuse. Enfin, je crois.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Flavien Teleri
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Mar 7 Aoû - 16:25
Irys : 773247
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Le soleil tapait sur les terres de Suhury avec une telle ardeur qu'on pouvait s'imaginer sans trop de difficulté que Süns en personne parcourait les terres de la Chouette. Seuls quelques mages bravaient les températures pour faire quelques courses ou s'occuper des convalescents à leur charge. Les autres restaient intelligemment cloîtrés dans leurs demeures, donnant aux quelques hameaux que Flavien traversait sans désir d'y faire halte, un petit air de village fantôme. Une vision bien dérangeante lorsqu'on savait à quel point Suhury débordait de vie. Evidemment, l'agitation de la fière région Mytränne n'avait rien à voir avec celle des grandes cités Daënares. Ici, la vie fourmillait dans chaque parcelle de terre sans se soucier qu'elle soit ou non un point névralgique de Suhury. Même sans aucun mage pour l'animer, Suhury était en tout point vivant.

C'était certainement pour cette raison que Flavien avait mis fin à de nombreuses années d'exil, se tenant résolument à l'écart de sa patrie de naissance, pour fouler à nouveau ces terres qu'il connaissait si bien.

Pendant longtemps le nomade avait refusé tout contact avec sa région natale. Dans un premier temps, il avait craint de ne pas réussir à s'en aller à nouveau s'il commettait l'erreur de revenir sur ses pas et puis, petit à petit, au fil des années, une idée parasite s'était immiscée dans son esprit. Il ne serait plus le bienvenu chez lui. Il avait changé, bien plus que ce qu'il aurait pu imaginer. Les voyages, plutôt que de l'endurcir, avait grignoté une part de la froideur dont laquelle les siens sont si fiers. Le doux appel d'Orshin lui avait ouvert les yeux sur le vivant, et ses nombreuses rencontres avaient peu à peu modifiés sa vision très cynique de l'existence.

Non, le soigneur itinérant qu'il était devenu n'avait définitivement plus grand-chose du guérisseur militaire que ses parents s'étaient efforcés à former. Flavien, évidemment, ne regrettait en rien son parcours. Cela ne l'empêchait pourtant pas d'hésiter à rendre visite aux siens. Les reconnaîtront-ils seulement après tant d'année, lui qui n'avait jamais adressé une seule lettre à sa famille ? Souhaitaient-ils le revoir, eux qui ne lui avaient jamais écrit ?

Flavien croisa les bras sur son torse et appuya son dos contre le tronc d'arbre sous lequel il avait pris refuge. Avec un soupire, il laissa tomber sa tête en arrière et ferma les yeux lorsque sa tête tapa légèrement contre l'arbre robuste qui le protégeait d'une chaleur mordante. Plus les heures passaient et plus il craignait sa décision d'être revenu.

Depuis son départ de Daënastre, il était perdu. Rapidement, il avait perdu pied, se confrontant tour à tour à la bêtise et à la compassion Daënare, se confrontant aux horreurs de la technologie comme à ses merveilles, luttant pour rester proche d'Architectes auxquels il était le seul à adresser ses prières. Manquant de mourir en remplissant un contrat pour le compte d'un personnage peu avenant, il avait récolté pour sa peine de lourdes blessures qu'il s'était entêté à refuser de soigner au moyen de la technologie, avant d'être contraint et forcé d'immobiliser son bras gauche. Sans liberté de mouvement, il se sentait emprisonné, peut-être autant que son bras qui avait interdiction de bouger.

La solution à son problème avait semblé être évidente. Il lui suffisait de rentrer aux bercails et de solliciter l'attention d'un guérisseur plus compétent que lui. Il serait prêt à courir librement les terres en un rien de temps, loué soit la grande Chouette et ses humbles serviteurs.

Flavien sourit en coin, une expression douce-amère se peignant sur son visage. La tâche était plus facile à envisager qu'à réaliser. Depuis trois jours qu'il était ici, il ne s'était toujours pas résolu à approcher l'un de ses compatriotes. Que faisait-il ici ? Pourquoi était-il revenu ?

Collé contre sa jambe, Selmac laisse échapper un miaulement doux. L'Aitah ne lui parlait pas souvent, mais il était toujours incroyablement en phase avec lui. Parfois, Flavien se demandait s'il en avait été de même avec feu sa maîtresse, une jeune femme remarquable dont il ne se rappelait même plus le visage. Aussi vite que cette pensée avait traversé son esprit, Flavien la chassa férocement, s'occupant plutôt de passer ses doigts dans la fourrure chaude de Selmac qui ronronna de contentement. Le félin posa sa petite tête sur sa cuisse et ferma les yeux à son tour.

Un moment de calme les engloba, ses créatures et lui, avant d'éclater comme une bulle de savon lorsque Selmac se dressa d'un bond. Les oreilles du félin se tenaient bien droites sur sa tête et il se focalisa sur un buisson au loin, faisant sourire son maître. Selmac avait le don pour distinguer des choses que lui seul était capable de voir.

Si d'habitude il se contentait de rester sur place, aujourd'hui l'Aitah s'élança d'un bond vers les feuillus denses, sans aucun avertissement pour son maître. Flavien était habitué aux sauts d'huemeurs de son plus vieux compagnon et le laissa partir sans trop d'appréhension. Les forêts de Suhury n'étaient pas moins sûres que n'importe quel bois de ce continent et Selmac avait l'avantage de très bien connaitre la région, même après tant d'années.

Flavien ferma une nouvelle fois les yeux, bien décidé à laisser son compagnon chasser une proie imaginaire, avant de se redresser brusquement lorsqu'une mélodie lui parvint. Douce mais entrainante, elle se laissait porter par les vents et il comprit assez vite qu'elle devait être la raison de la disparition soudaine de Selmac. Lentement, le soigneur se leva pour suivre le félin, sans pour autant se presser. Il ne souhaitait pas déranger la barde qui avait certainement choisi de s'abriter du soleil pour répéter, mais il espérait pouvoir éviter que Selmac ne lui saute dessus sans cérémonie si jamais cette idée saugrenue traversait l'esprit du félin.

Selmac pour sa part n'avait pas perdu de temps à suivre la mélodie. Bien vite, il retrouva la chanteuse. Tout aussi rapidement, il décida de ce qu'il allait faire maintenant qu'il avait identifié la source de ce chant. La jeune femme dansait joyeusement à l'ombre des grands arbres. Que pouvait-il faire d'autre, mis à part la rejoindre en sautillant avec allégresse autour d'elle ?

C'est ainsi que Flavien le retrouva, une bonne dizaine de minutes plus tard. Interloqué par la scène qui s'offrait à lui, le soigneur n'interpella en rien la chanteuse perdue dans sa mélodie, la laissant à sa rêverie.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

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Laurelin
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Jeu 9 Aoû - 19:54
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Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag
Les moments les plus simples sont les meilleurs. Ils sont exquis comme le plus fin des desserts glacés qui, inlassablement, éveille les papilles encore et encore dans d’incroyables sensations. Je m’abandonne totalement à cette simplicité qui, si elle pouvait durer éternellement, garantirait une vie heureuse et agréable.

Un pas à droite accompagné d’un mouvement de bassin, un pas à gauche accompagné du même mouvement, puis retour sur la droite et voilà que je virevolte en tournoyant sur moi-même, finissant sur un grand pas chassé. Mes bras s’élèvent dans les airs, accompagnants mes pas et mes mouvements, leurs donnant une plus grande amplitude et une grâce supplémentaire. Cette exaltation est si agréable que je souris bêtement sans pouvoir m’arrêter. Une larme perle même sur ma joue. Ce n’est pas une larme de tristesse mais une larme de joie. Dans de tels moments, la nostalgie mêlée à la douceur et la joie du moment peuvent provoquer tout un tas de réaction, et en ce lieu, en cet instant : c’est la mélancolie qui étreint mon cœur, s’extériorisant ainsi par une seule larme, descendant de ma paupière jusqu’à l’arrête de ma mâchoire sans pour autant s’en décrocher. Je tourne sur moi-même encore, avance sur le chemin en un grand pas chassé et une succession de déhanchés gracieux. Autour de moi, les illusions continuent et je les savoure d’autant plus. Les feuilles tournoient autour de moi dans un tourbillon impressionnant et pourtant étrangement calme. Pas un bruit de vent, uniquement le bruissement des feuilles. Quelques rossignols traversent ledit tourbillon tout en chantant à leur tour, accompagnant ma mélodie. Une mélodie douce, entrainante et sans paroles distinctes. Juste ma voix, celle d’une femme, fredonnant et chantant gaiement.

Je suis toute à ma rêverie lors-qu’approche en bondissant le félin curieux provenant de je-ne-sais-où. Je ne le vois pas tout de suite, je ne le vois même pas du tout alors qu’il s’approche et rejoins gaiement ce ballet improvisé. Mon visage regardant les cieux, je ne vois pas ce qui arrive venant du chemin, des bosquets ou du sol. Je ne me rends compte de sa présence que lorsqu’il s’approche de mes jambes et s’amuse à passer entre elles, comme les chats savent si bien le faire. Alors, je manque de tomber, mais le passage de la fourrure de l’animal sur mes jambes partiellement dénudées par mes mouvements me rassure immédiatement après cette surprise imprévue. Néanmoins, les illusions cessent directement, mon esprit étant attiré par autre chose malgré moi. Il n’y a plus d’oiseaux, plus de feuilles, plus de tourbillons virevoltants. Il n’y a que moi qui termine ma danse et qui porte mon regard vers cette présence féline.

Je suis surprise et cela se voit. Mes yeux sont écarquillés, mon nez légèrement retroussé, mes sourcils haussés et ma bouche légèrement entrouverte. Baissant ma tête pour observer cette magnifique créature, mes cheveux tombent alors sur mon visage en une cascade de vagues ondulantes, bouchant quelque peu ma vue. Pour revoir cette boule de fourrure, je passe mes mains au travers de mes cheveux pour écarter doucement jusqu’à l’arrière de mes oreilles et je m’agenouille doucement afin de caresser ce petit être charmeur.
-Hey Dis-je d’une voix douce, Que fais-tu là mon tout petit ? Tu es magnifique !

Je porte le frêle animal dans mes bras et me relève alors doucement avec lui tout en reprenant un mouvement doux, dodelinant mon corps de droite à gauche, câlinant ce petit être de douceur comme on câline un bébé ayant besoin d’être rassuré. Je reprends très vite ma danse, avançant avec lui dans mes bras. Un pas à droite, un pas à gauche, un tour sur moi-même et je recommence. Le félin à l’air d’aimer cela puisqu’il se blottit dans mes bras. Est-ce un ronronnement ? Ce doux bruit mêlé d’une vibration douce et continue réchauffe et rassure mon cœur constamment endolori. J’ai toujours voulu avoir un animal à moi, mais dans une vie de Nomade… Cela est, pour ainsi dire, impossible. Ce petit bout est adorable. Pourquoi est-il venu ? Comment est-il venu ? Est-ce là un signe des Architectes ? Loués soient-ils, eux qui, toujours, ont su m’accorder leurs protections.

Les minutes passent et un craquement vient rompre cette osmose. Il provient d’un arbuste en face de moi. Un craquement de branches suivi de bruits de pas dans l’herbe. Des feuilles s’écartent légèrement laissant passer une silhouette et un visage. Il y a quelqu’un… Il y a quelqu’un ?! Soudainement, je panique. Un homme est là, il m’observe. Il s’est approché de moi de manière si furtive que je ne l’ai aperçu qu’au dernier moment. Je me crispe, le pauvre félin doit bien le sentir lui qui est toujours dans mes bras. Il saute d’ailleurs de mes bras, ma prise devant vraisemblablement être trop forte pour lui. Mes yeux sont écarquillés révélant mes pupilles couleur d’émeraude légèrement sombre. Mon visage blêmit, les ailes de mon nez se pincent, mes sourcils se lèvent jusqu’à vouloir s’enfuir de mon visage, et ma bouche s’entrouvre seule, laissant échapper un hoquet traduisant toute ma détresse. Mes bras sont toujours enchevêtrés ensembles devant ma poitrine, fragile défense contre cet inconnu imprévu, je me redresse enfin et m’éloigne de deux ou trois pas. Mon sac en bandoulière heurte un arbre derrière moi, signe que ma retraite est prématurément coupée. Je suis surprise, si surprise que je n’ai pas le réflexe de me rendre invisible ou de dégainer mes lames. Elles sont de toutes manières bien tranquilles dans leurs fourreaux de cuir, attaché à ma jambe sous ma tunique. Difficile de les dégainer maintenant. Je suis comme le papillon prit dans une toile d’araignée : je ne sais pas quoi faire, je ne peux plus bouger et je suis à la merci de cette menace encore voilée. Que les Architectes me viennent en aide, je vous en supplie !



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
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Flavien Teleri
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Dim 12 Aoû - 14:28
Irys : 773247
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Flavien, qui aurait préféré laisser la jeune femme à ses vocalises, grinça des dents en avisant l'air fripon de son compagnon à fourrure. Si la chanteuse qu'il avait trouvée se laissait porter par l'air qu'elle fredonnait, le visage tourné vers le ciel sans aucun regard pour son petit spectateur, le simple fait de l'accompagner dans sa ballade ne suffisait pas au félin qui attendait un peu de reconnaissance de la part de sa partenaire de danse. Naturellement, la meilleure chose à faire pour se faire remarquer était de se frotter contre les jambes de cette inconnue; un acte périlleux aussi bien pour la boule de poils que pour la jeune femme qui manqua de tomber au premier coup de tête de la créature curieuse.

Les rappels à l'ordre de Flavien n'eurent aucun effet sur son familier qui fit la sourde oreille et continua plutôt à saluer sa nouvelle camarade de jeu. Bonne pâte, cette dernière accueilli cette interruption avec le sourire, offrant quelques caresses à l'animal qui ne se priva pas pour poser ses pattes avant sur la jambe de la soliste. Lorsqu'une opportunité de se faire câliner apparaissait, Selmac s'en saisissait sans aucun regard pour les indications de son maître. La sociabilité de son Aitah était une continuelle source d'inquiétude pour le soigneur.

" Selmac, reviens ici ! "

A nouveau, l'Aitah fit mine de ne pas l'entendre. D'ailleurs s'il avait pu lui tirer la langue, le félin l'aurait fait sans hésiter. C'est donc avec un air bienheureux qu'il se laissa porter par la jeune femme qui entamait quelques légers pas de danse. Toute son attention était portée sur la boule de poils ronronnant dans ses bras et Flavien n'eut pas le cœur de hausser le ton pour rappeler son familier près de lui, encore moins maintenant qu'il avait l'air aussi content que la jeune femme avec qui il dansait.

Aussi intriguant que cet étrange ballet puisse l'être, Flavien n'oubliait pas que l'inconnue n'avait rien d'une créature sauvage semblable à celles qu'il pouvait observer longuement sans lui faire part de sa présence. Il était naturel pour lui d'étudier des heures durant les mœurs de la faune, mais il était bien plus gênant d'observer l'un de ses semblables sans rien dire. La dernière des choses dont il avait besoin, c'était de ternir un peu plus sa réputation. Ce n'était simplement pas de cette manière qu'il avait imaginé sa première interaction en Suhury.

Résolu à faire part de sa présence, le soigneur s'avança vers le duo sans se presser, réfléchissant à ce qu'il pourrait bien présenter comme excuses à la femme que son familier avait interrompu en pleine envolée lyrique.

Grand habitué des pérégrinations en terres hostiles, Flavien avait appris à faire le moins de bruit possible en se déplaçant. Une façon des plus efficaces de ne pas être pris pour cible par d'éventuels prédateurs, tout en lui permettant de rester attentif aux bruits alentours. Prendre garde où il posait ses pieds était presque une seconde nature pour le soigneur qui se trouvait pratiquement à portée de bras de son Aitah avant que la jeune femme ne lève des yeux étonnés, presque effrayés, vers lui. Il se figea instinctivement, comme il l'aurait fait face à toute créature craintive, et grimaça intérieurement devant le mouvement de recul de la chanteuse.

Selmac n'eut pas l'air d'apprécier la tension soudaine qui parcourrait les bras de la jeune femme et il se contorsionna jusqu'à se libérer de son étreinte, devenue étouffante. D'un bond souple, l'Aitah rejoignit la terre ferme et fit quelques pas en direction de son maître avant de reporter son attention sur sa camarade de jeu, affolée, qui s'était collée contre un arbre. La jeune femme avait tout bonnement l'air de vouloir se fondre dans l'ombre du feuillu et ce comportement intriguait et inquiétait l'Aitah.

Réalisant que sa présence était tout sauf la bienvenue, Flavien recula à son tour. Quelques enjambées devraient suffire à rassurer la jeune femme sur ses intentions. Pour faire bonne mesure, il éloigna son bras valide de son corps, confirmant l'absence d'arme dans sa main. Encore une habitude qu'il avait intégré depuis son séjour en Daënastre. Un mage n'avait pas besoin d'arme pour faire de dégâts, après tout.

- Ah... Je ne voulais pas vous déranger. S'excusa-t-il, sincère. Je cherchais seulement... Selmac, viens là !

Flavien dirigea sa main tendue vers son familier qui avait dressé aux oreilles au son de sa voix. L'Aitah qui ne comprenait qu'à moitié la situation bondit sur le bras de son maître, se logeant comme à son habitude sur son épaule, d'où il continua à observer l'inconnue tétanisée. Selmac aurait aimé rassurer la demoiselle, mais s'il était loin d'être rancunier, il n'avait pas non plus envie d'être écrasé contre sa poitrine une nouvelle fois. Tant qu'elle était paralysée par la peur, elle ne ferait que la lui transmettre. Peut-être que son éloignement la rassurerait aussi.

Devant l'absence de réaction de la part de la chanteuse, Flavien réitéra ses excuses.

- Désolé. Je vous laisse tranquille.

Il aurait dû s'en aller sur ces paroles, mais l'air terrifié de la jeune femme l'empêchait de lui tourner le dos. Elle semblait aux prises avec des démons qu'elle seule était capable de discerner. D'une soliste enjouée et rayonnante, elle était passée à une créature terrifiée par sa simple apparition soudaine. S'il était responsable de son état, il ne pouvait décemment pas la laisser seule ainsi.

- Est-ce que tout va bien ?

Il était clair que ce n'était pas le cas, mais il pouvait au moins lui donner l'opportunité de se ressaisir.


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Laurelin
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Mar 21 Aoû - 18:38
Irys : 244953
Profession : Vagabond
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Les paysages de Suhury en cette période estivale sont magnifiques. Par cette magie offerte par la grâce des Architectes, la plus petite promenade champêtre se transforme en un voyage féerique aux mille et une senteurs raffinées et au cadre bucolique. Ces moments magiques étaient aussi reposant pour mon âme qu’ils étaient importants pour mon cœur. En ces lieux bénis des Architectes, au sein même de leurs créations, je n’ai plus peur et j’échappe à la rudesse de mes songes et à la douleur de mon esprit. Là, la moindre feuille tombant d’un arbre en tourbillonnant devient une source infinie d’imagination et de créativité. Sur un rocher surplombant les plaines verdoyantes et les vallons abruptes, je trouve le repos idéal pour méditer, dessiner ou simplement jouer un peu de musique. Un cadre magnifique, un havre pour mon âme. Et pourtant me voilà, au milieu de ce cadre paradisiaque, terrorisée, terrifiée, acculée comme le cerf chassé dans une battue de longue haleine et qui ne trouvera finalement que le flanc d’une falaise infranchissable pour ultime protection, l’obligeant à faire face à son prédateur et à l’inéluctabilité de son destin. Et tout comme la bête acculée, je suis pétrifiée. Je n’ose bouger, pas même un seul cil, pas une paupière. Mes yeux sont écarquillés, dévoilant mes pupilles dilatées et mes iris d’un vert profond, mon souffle est haletant, préparant mon corps à une fuite impossible tant l’adrénaline me clou sur place. La chaleur de mon sang semble s’être dérobée pour ne laisser place qu’à la froideur d’une rivière gelée.
- Ah... Je ne voulais pas vous déranger. Je cherchais seulement... Selmac, viens là !

Le petit bout de félin qui venait de quitter mes bras et qui ne savait qui regarder de cet homme ou de moi haussa ses deux oreilles pointues lorsqu’il entendit son nom. De sa grâce féline, il grimpa rapidement jusqu’à l’épaule de l’homme à la barbe fournie et à la chevelure soyeuse. Je suis terrifiée mais lui semble totalement confus, comme emprunt d’un doute. Tel un enfant, on dirait qu’il ne sait ni quoi dire ni quoi faire de cet instant vraisemblablement aussi imprévu pour lui qu’il ne l’est pour moi. Soudainement, il semble bien moins menaçant, d’autant plus que l’homme avait opté pour l’éloignement et pour une posture neutre. Aucune arme visible, mais les armes, c’est bon pour les païens. Si ce mage était un adepte de Süns, il lui suffirait d’un seul geste, d’une seule incantation pour me rôtir sur place comme un vulgaire oiseau tombé du nid.

Finalement, l’étranger opte pour l’éloignement tout en s’excusant. Déjà, je sens mes muscles qui se détendent, mon cœur qui reprend un rythme plus régulier et surtout moins épuisant. Je ne ressens aucune vulgarité, aucune menace, aucune méchanceté en cet homme. Il m’impressionne de par sa taille et l’imprévu de notre rencontre, mais jamais il ne s’est montré violent ou menaçant. Pourquoi ne suis-je pas invisible en cet instant ? La peur, sans doute…

Mais l’homme se ravise et finalement retourne son visage vers moi avec l’intention de s’enquérir de mon état de santé.
- Est-ce que tout va bien ?

Pourquoi me demande-t-il cela ? A-t-il une idée derrière la tête ? Cherche-t-il finalement à prendre le dessus sur moi en jouant la carte de la gentillesse ? Je ne sais pas quoi dire ni quoi penser. J’hésite entre devenir invisible et fuir loin, très loin, aussi loin que mes pieds et que les vents d’Amisgal puissent me porter et répondre à cet homme dont le regard est celui d’un homme réellement soucieux. Il à l’air doux, gentil, et son regard luit d’une forme de pitié pour moi. Mais je décèle également une sorte de tristesse en lui… Ses iris brillent d’une lueur attendrissante mais également… Compatissante. La compassion n’est pas donnée à tout le monde ici-bas.
- Q… Qui… Qui êtes-vous ? Dis-je en bredouillant comme une enfant que l’on aurait surprise durant une frasque.

Une question très naïve, trop peut-être. Je n’en sais rien. A vrai dire, à ce moment-là, je ne suis plus en état de réfléchir tant mes pensées sont brouillées. Un méli-mélo de réflexions, tissées comme autant de fils de soie dans une toile d’araignée, collants, empêchant de s’en extirper à jamais. Mon seul souhait en cet instant c’est que quelqu’un ou quelque chose vienne à mon aide. Mon regard ne cesse d’aller et venir entre les yeux de cet homme et ceux de la créature féline que je tenais dans mes bras un peu plus tôt. Son ronronnement me manque, il était si reposant, si rassurant. Le lien entre cet homme et cette créature semble fort et vrai, bien plus que ce qui uni la plupart des Hommes sur cette terre pervertie par l’avidité et la violence.



La folie est une douce façon de vivre.
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Flavien Teleri
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Lun 27 Aoû - 0:51
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La jeune femme resta silencieuse un long moment. L'éclat de reconnaissance qui brillait dans ses yeux montrait clairement qu'elle l'avait compris, ou au moins entendu, mais elle s'appliquait à rester de marbre. Elle le toisait de son refuge à l'ombre d'un grand arbre, indécise quant à la suite des évènements. Sa posture était celle d'un animal pris au piège et incapable de s'en défaire. Elle resta figée, muette comme si son immobilité pouvait le pousser à tourner les talons et à oublier que leurs chemins se soient aujourd'hui croisés.

Flavien n'était peut-être pas aussi effrayé qu'elle, mais lui aussi hésitait quant à la démarche à suivre. Impossible pour lui de lire l'expression de son visage à cette distance, mais il n'en avait pas vraiment besoin au vue de sa réaction. Elle était terrifiée par sa présence et il ne pouvait pas y faire grand-chose. S'excuser à nouveau lui semblait redondant, d'autant plus qu'il lui avait déjà dit qu'il s'éclipserait très vite.

S'il était à l'origine d'une telle réaction, la laisse tranquille était la seule solution. Que faisait-il encore ici, dans ce cas ?

Perché sur son épaule, Selmac l'invitait à revenir sur sa décision, à tout mettre en œuvre pour réparer les tords qu'il avait à priori commis sans les réaliser. Le regard du petit Aitah était doux, curieux comme à son habitude mais en aucun cas inquisiteur. Il observait la jeune femme avec attention, fourmillant d'idées qui, il l'espérait, lui permettrait de retrouver cette chanteuse enjouée qu'il avait eu plaisir à accompagner. Pour le moment, Selmac restait interdit : sa compagne de jeu devait faire le premier pas vers eux avant qu'il ne se décide à intervenir. Il avait beau ne pas être le plus loquace de leur petite troupe, il était de loin le plus doué lorsqu'il s'agissait de désamorcer les conflits.

Enfin, la jeune femme répondit. Hésitante au possible, elle bafouilla une interrogation que Flavien peina à entendre mais compris très vite. Si elle lui demandait son nom, engageait la conversation plutôt que de le congédier fébrilement, il avait bon espoir qu'elle réussisse à s'apaiser par la suite.

- Je m'appelle Flavien, je suis soigneur animalier. Ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

La jeune femme ne lui avait certainement pas demandé le métier qu'il exerçait, mais ce dernier faisait à ce point parti de la personne qu'il était, qu'il ne put s'empêcher de le préciser. A ce même titre, il désigna du menton l'Aitah perché sur son épaule.

- Lui, c'est Selmac. Le présenta-t-il officiellement, Mais vous l'avez déjà rencontré.

L'Aitah frotta son museau contre la joue de son maître puis bondit à terre, trottinant jusqu'à l'inconnue et s'arrêtant à quelques pas d'elle. Il avait décidé de l'action à mener et cette dernière était tellement évidente qu'il s'en voulait de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il miaula doucement pour attirer l'attention de la jeune femme puis pencha la tête sur le côté. Pour lui, la question qu'il venait de poser était évidente. Pour son maître aussi. Mais la chanteuse ne saisissait peut-être pas le langage de la faune, aussi Flavien servit-il de traducteur à son familier.

- Et vous ? Comment vous appelez-vous ?

Aussi simplement que cela.

Selmac n'était pas de ceux qui se compliquaient inutilement la vie, et quoi de mieux que de se présenter pour faire retomber les tensions ? Le petit Aitah était impatient de retrouver la camarade de jeu qu'il avait découvert plus tôt mais hésitait encore à sauter à nouveau dans les bras accueillant de la jeune femme. En temps normal, il n'aurait pas hésité à lui sauter dessus pour l'inciter à jouer. A présent, il se contentait d'attendre un signe de la part de la chanteuse.

De son côté, Flavien faisait de même. Il n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'il avait saisi la peur panique qui entravait l'inconnue et espérait que sa réponse soit en mesure de rassurer la jeune femme. Il avait fait une halte dans ces bois pour réfléchir en toute tranquillité, pas pour venir perturber celle que d'autres que lui convoitaient.


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Laurelin
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Mer 29 Aoû - 18:26
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Mon regard passe de l’homme au félin, puis du félin à l’homme et vice-versa, encore et encore pendant plusieurs secondes qui semblent gênantes. Une gêne palpable tant mes réactions semblent disproportionnées. Comme à chaque fois dirait-on… Peut-on me blâmer pour ma méfiance ? Ma terreur ? Quand votre passé est lourd de chagrin et empli de souffrances, comment faire autrement que de vouloir fuir toute menace potentielle et éviter ainsi plus de souffrances ? Quand on sait combien les Hommes sont rudes, avides et sanguinaires, quel mal y a-t-il à vouloir s’en protéger ?

Mais j’avais osé poser une question, et celle-ci avait trouvé écho en l’esprit de cet homme. Ainsi donc, il se présenta lui, sa profession et son familier. A aucun moment il ne s’était montré menaçant. Il semblait même… S’inquiéter pour mon état et pour mon bien-être. Ou, plutôt que de s’inquiéter, il semblait troublé par toute cette terreur, comme si celle-ci était de son fait et qu’il était de son devoir d’y remédier. Que ferait-il s’il savait alors combien le genre humain pouvait m’effrayer ?

Le lien qui existe entre l’homme et son familier semble exceptionnel. A bien des égards, il ressemble à s’y méprendre à celui que j’avais pu observer il y a plusieurs semaines entre un dragonnier et son impressionnante monture. Sans que rien ne transparaisse jamais, le maître et son familier étaient liés par un lien qui ne souffre d’aucune limite, que personne ne peut voir ni entendre et qui, pourtant, est plus fort que le plus résistant des métaux païens. Serait-il de ceux qui sont bénis des dons d’Orshin ? La télépathie n’a aucun secret pour eux non plus, mais à quoi bon l’utiliser maintenant que je suis visible et audible ?

Puis un petit bruit, une douce parole provenant d’une langue familière et pourtant inconnue. Le petit félin avait quitté son perchoir et était de nouveau prêt de moi. Pourtant, il avait su garder ses distances, comme une ultime mesure de sécurité, lui qui, quelques minutes auparavant, s’était extirpé de mes bras lorsque je l’avais serré de terreur contre moi. Le pauvre avait dû souffrir à ce moment-là. A quel point cela fut désagréable ? A quel point cela fut douloureux ? A quel point est-il méfiant dorénavant ? Lui ai-je fais du mal ?

Mon regard se porte naturellement sur ce petit être doux au pelage soyeux qui avait très bien su accompagner mes pas et mes chants. D’une rencontre fortuite, il était devenu un compagnon agréable et rassurant. Mes joues se souviennent encore de la douceur de son pelage qui allait et venait contre elle dans une caresse agréable et ô combien rassurante. Ses ronronnements vibraient jusqu’au plus profond de mon cœur, et alors, tout devenait encore plus beau, encore plus sûrs et encore plus rassurants. L’espace de quelques instants, c’était comme si j’étais protégé et comme si je ne risquais absolument rien. Ces souvenirs se rappellent à moi soudainement et je ne peux réprimer une légère inspiration, hoquetant alors bien naïvement, alors que je m’accroupi pour accueillir ce petit être qui me fais sourire à nouveau. Car oui, un sourire un peu naïf se dessine alors sur mon visage tandis que je ne peux quitter le félin du regard. Face à lui, je ne ressens plus de peur mais seulement une profonde affection.
- Je me nomme Laurelin. Dis-je d’une voix tendre sans décrocher mon regard de la petite boule de poils. Puis, je fais apparaître quelques lucioles sous forme d’un petit nuage qui s’échappe de mes mains tendues vers le félin pour venir doucement l’englober. Sa curiosité féline doit-être attisée, tant les lucioles s’approchent de lui, se posant parfois sur son pelage. Puis je reprends de ma douce voix. Mais l’on me connait sous le nom de « fille aux milles lucioles ». Viens petit félin, me ferais-tu l’honneur de sentir à nouveau la douceur de ton pelage et l’apaisement de tes ronronnements ?

Aussi naïve soit cette demande, elle est pourtant sincère. Telle une enfant, j’oublis rapidement la source de mes maux et de mes peurs pour me concentrer sur ce petit être doux et rassurant, comme si rien ne m’avait jamais effrayée. Est-ce ça la folie après tout ?



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Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
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Flavien Teleri
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Jeu 30 Aoû - 23:44
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Seule une enfance parsemée de cours de bienséance propres à sa communauté évitèrent à Flavien de se balancer d'un pied à l'autre devant l'absence de réponse de la jeune femme. Cette dernière semblait l'avoir complètement oublié, focalisant son entière attention sur Selmac lorsque ce dernier sauta de son perchoir pour s'aventurer aux pieds de l'inconnue. Elle était, à défaut d'autre terme, complètement absorbée par le petit être assis sagement devant elle. Quand à Flavien, il campa sur ses positions, se demandant distraitement si la chanteuse n'avait jamais vu d'Aitah auparavant. Il lui arrivait aussi de se couper du monde de la sorte lorsqu'il approchait pour la première fois le membre d'une espèce qui lui était inconnue.

Se pourrait-il qu'elle soit elle aussi fille d'Orshin, trop occupée à converser avec Selmac directement pour prêter la moindre attention au mage l'accompagnant ? Possible, mais peu probable. Si Selmac la comprenait sans faute, il n'adopterait pas cet air aussi perplexe.

Cette attention démesurée mettait Flavien quelque peu mal à l'aise mais n'était pas pour déplaire à Selmac qui préférait de loin voir sa nouvelle amie lui sourire que de la voir apeurée. Le félin humait tranquillement l'air, ne croisant jamais directement le regard de la jeune femme mais parfaitement concentrée sur elle. Il n'attendait qu'un signal de sa part pour reprendre le jeu qu'ils avaient dû laisser derrière eux à l'arrivée de son maître.

Flavien cligna des yeux lorsque l'inconnue murmura une réponse. Tournée vers Selmac comme elle l'était, le soigneur dû tendre l'oreille pour la comprendre. Elle se nommait Laurelin, ou plutôt la fille aux lucioles. Un nom de scène, peut-être ? De nombreux bardes en usaient pour charmer la mémoire de leur auditoire autant que leurs oreilles. Quoique, vu la nuée de lucioles que la jeune femme venait de faire apparaitre tout autour de Selmac, il n'y avait pas que son pseudonyme qui était capable de charmer son public.

Laurelin. Une illusionniste, donc.

Le soigneur observa les fragments d'imaginaire tourner autour de Selmac, éveillant l'instinct de chasseur du félin qui claqua les dents sur l'un des mirages pour le croquer, confus de n'attraper qu'une goulée d'air. Il miaula, un son plaintif et aigu que Flavien connaissait bien. Il était contrarié et bien décidé à attraper la prochaine luciole qui oserait se poser sur le bout de son nez. Il n'attendait même que cela.

La voix de Laurelin arracha Selmac à son idée fixe et il posa son regard sur la jeune femme qui lui tendait les bras. D'un coup d'un seul, l'affront que lui faisaient ces lucioles joueuses n'avait plus d'importance. Sans en aviser Laurelin, et encore moins son maître, Selmac fléchi les pattes et s'élança dans les bras ouverts de la chanteuse. Il y a peu de chose que l'Aitah appréciait plus que les câlins gracieusement offerts et il n'était pas du genre rancunier. Au contraire, s'il y avait bien un domaine dans lequel le félin excellait, c'était celui de pouvoir passer à autre chose au premier signe de remord.

Flavien accueilli ce nouveau développement avec flegme. Il était venu chercher Selmac et voici qu'il l'avait à nouveau perdu. Au moins Laurelin avait l'air de s'être calmée, ce qui était rassurant. Le seul point négatif était que maintenant qu'elle n'était plus paralysée par la peur, Selmac n'allait pas vouloir s'en aller de sitôt. Et vraiment, comment pouvait-il l'empêcher de s'amuser, même avec cette artiste clairement excentrique ? Les Aitahs étaient des créatures sociables et il ne l'avait que trop longtemps éloigné du monde.

" Flav ? " Maugréa une petite voix au fond de son esprit " Tu réfléchis de nouveau trop. "

Hua, qui endossait parfois le rôle de sa raison, avait été tirée de son sommeil réparateur par l'amertume de ses pensées. Elle était en parfaite symbiose avec lui, faisant d'elle son familier le plus proche et aussi le plus enclin à être affecté par ses changements d'humeur.

" Tu penses que Selmac serait plus heureux avec Aquila et Spook ? "

La Nokhoi qui l'accompagnait d'habitude sur les terres My'trännes avait élu domicile chez l'une de ses rares amies. Aquila s'était très vite intégré dans sa famille d'accueil, prenant sous son aile le jeune Spook, un Aitah aussi aventureux que casse-cou. Nul doute que Selmac n'en aurait jamais assez des petites attentions de la doyenne Morret qui s'occupait de tout ce petit monde comme une mère de ses enfants.

" Ouhla. Il t'arrive quoi, là ? " Gronda doucement la Tairakh " Tu sais très bien qu'il tiendrait pas deux jours loin de toi. Il est encore plus borné que moi. "
" Oui, mais s'il... "

L'exclamation surprise d'Hua l'empêcha de continuer sur sa lancée. La petite Tairakh était sortie de sa cachette pour se percher sur son épaule valide. En clignant péniblement des yeux, elle avait découvert la raison de la mélancolie soudaine de son maître.

" C'est quoi ces machins ? Et c'est qui celle-ci ? "
" Des lucioles. " Répondit-il " Elle s'appelle Laurelin. La fille aux milles lucioles. "
" Eh bah. Au moins elle porte bien son nom. Et elle sort d'où, cette Laurelin ? "
" Je n'en ai aucune idée. "

Les deux spectateurs observèrent un instant le manège de Selmac qui, non content d'avoir obtenu une place de choix dans les bras de Laurelin, ronronnait bruyamment. Flavien se voyait mal intervenir maintenant, d'autant que la magicienne ne faisait rien de mal. Selmac pouvait bien baigner dans l'attention de la chanteuse encore un petit moment.

" Bon, c'est bien beau tout ça, mais j'ai faim, moi. " Déclara Hua en détournant son attention de l'Aitah " T'as pas un truc à manger ? Tu sais. Une compensation pour m'avoir réveillée à cause de tes idées stupides ? "

Les railleries d'Hua avaient souvent pour but de distraire Flavien. Le soigneur le savait, il lui en était d'ailleurs silencieusement reconnaissant. Il fouilla dans sa besace, attrapant un paquet de viande séchée qu'il partageait souvent avec ses familiers. Hua s'empressa de se jeter sur le morceau de choix qu'il lui offrit, quant à Selmac, le bruit caractéristique du papier froissé attira son attention et il miaula bruyamment pour appeler son maître à l'ordre. Lui aussi, il avait faim. Du moins, maintenant qu'il voyait la nourriture, il était affamé.

Les câlins et la viande séchée étant placés à la même hauteur sur l'échelle de ses priorités, Selmac était bien décidé à obtenir les deux. Il miaula à nouveau, regardant cette fois Laurelin, implorant. Il avait besoin de cette lamelle de viande séchée. Un besoin vital, même.

Flavien voyait très clair dans le jeu de son familier et manqua de lever les yeux au ciel. Laurelin s'était rapprochée un peu en câlinant l'Aitah mais elle gardait toujours entre eux plusieurs mètres de distance. La jeune femme allait devoir se rapprocher si elle souhaitait exaucer le vœu de son nouvel ami.

Devinant son hésitation, Flavien tendit le paquet de friandises en direction de Laurelin.

- Vous... Pouvez lui donner un morceau ?

Ce qu'il avait imaginé comme une affirmation relevait plus de la question, mais le fond de sa pensée restait la même. Elle était invitée à s'approcher.


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Laurelin
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Lun 10 Sep - 21:31
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Mes bras ouverts attendent avec impatience la chaleur du petit félin aux ronronnements attendrissant l’âme et le cœur. Lui qui fut chassé de cette douce alcôve sans avoir eu le temps de demander son reste, celle-ci s’ouvrait de nouveau et lui. Et très vite, il s’y engouffra à nouveau. Point de rancœur, point de ressenti, point d’amertume, rien que la joie de retrouver à nouveau des bras chauds et une étreinte réconfortante. Alors que je me relevais enfin avec cette boule de poils d’amour, je me mis machinalement à le dodeliner à nouveau comme le serait un bébé. Je caressais doucement son ventre offert et son visage tandis que le félin n’en finissait plus de se tortiller pour que chaque parcelle de son pelage soit gratifiée de mes attentions. Il était si doux ! Sentir son pelage sous mes doigts est une chose ô combien agréable, loués soient les Architectes et leurs créations.

Je me prends tellement au jeu de cette farandole d’amour que j’en occulte temporairement celui qui fut à l’origine d’une peur infondée et qui, de toute évidence, était le gardien de cette douce créature. Je fus tellement subjuguée que très vite je me m’y à fredonner à nouveau ce doux air qui avait attiré le félidé jusqu’à moi. J’entame alors une danse à demi-mots, ou plutôt, à demi pas, car il n’y a que moi qui danse en ce moment. Et on ne peut pas dire que je sois réellement en train de danser non, disons qu’il s’agit plutôt d’une… Douce farandole ? Ces moments doux et innocents sont de véritables trésors qu’il faut savoir apprécier et savourer, sources infinies de bonheur et d’allégresse tandis que tourne toujours le monde.

Alors que je suis toute à ma balade et ma musique, voilà qu’autour de nous un léger vent se lève sans que je n’en sois réellement consciente. Les vents d’Amisgal animent mon esprit et ceux qui apparaissent autour de moi en de légères bourrasques soulevant jupes et jupons, apportant une douce brise dans cette comptine déjà féerique. Mais voilà qu’une drôle de sensation s’empare de mon esprit, comme si un esprit s’ouvrait à nouveau autour de moi à une télépathie que je ne connais pas. Sont-ce là les dons d’Orshin ? Je jette un regard en arrière alors que je fini de tourner autour de moi, et je vois alors une autre créature, toute petite et si mignonne, placée sur les épaules dudit Flavien. Tout deux semblent à nouveau connectés et en pleine conversation alors que le lien qui les unit se fait de plus en plus clair dans mon esprit, et en même temps de plus en plus lointain. Comme une voix audible et pourtant incompréhensible, un lien télépathique existant et prêt à être saisi et qui, pourtant, n’apporte aucun message ni aucune idée avec lui, comme un brouhaha inaudible.

C’est au tour du petit félin de s’agiter et de faire reconnaitre sa présence. A-t-il lui aussi été sensible à mes interrogations et cherchait-il, par ses miaulements, à se réaffirmer face à moi ? Pourtant, son regard se pose successivement sur moi et sur les friandises tendues par le guérisseur, dans un appelle bien audible malgré la différence de langage qui nous sépare. Il a faim, ou du moins, il est gourmand. Et d’après la demande de son maître et guérisseur, il a effectivement faim.

Un cruel dilemme se pose à moi. Je préfère mainte et mainte fois garder mes distances avec mes semblables et lorsque les contacts sont inévitables, j’essaie toujours du mieux possible à rester hors de portée de leurs viles intentions. Mais voilà que la situation ne me permet pas d’être aussi éloignée que je l’espère. Mais il faut bien le reconnaître, cet homme, jusqu’à présent, ne m’a encore pas donné une seule raison de douter de lui, ni de la probité de notre rencontre.

Alors, je me rapproche, mais cette fois-ci, je ne quitte pas du regard celui qui tend du bout de son bras les friandises tant convoitées par ce petit être blotti dans mes bras. Mais la méfiance dont je fais toujours preuve doit sans doute se ressentir dans mon étreinte. Oh, elle n’est pas aussi raide et aussi étouffante qu’il y avait quelques minutes, mais mes muscles crispés et prêts à prendre la fuite doivent se ressentir, bien que je prenne grand soin de ne pas lui faire de mal cette fois-ci. Je prends doucement du bout des doigts la friandise tendue par Flavien et le gratifie soudainement d’un regard doux et compréhensif. Les yeux sont une fenêtre sur l’âme diraient certains, et je prends grand soin de montrer ma reconnaissance et ma gratitude à cet homme qui fut bon depuis le début de notre rencontre. J’agrippe donc doucement la friandise et la porte à proximité du félin qui s’en empare presque immédiatement avant de le dévorer sous mes yeux, ce qui m’extirpe un léger sourire sincère comme on sourirait à un bébé qui gazouille et un léger hoquet d’une respiration de fascination face au félin attendrissant, tandis que ma bouche s’entrouvre devant ce doux spectacle.

Je reporte alors mon regard sur la seconde boule de poils qui se trouve sur les épaules du guérisseur. Elle semble elle aussi tout à fait amusante et tout à fait douce et chaleureuse. Le lien existant entre eux et que je n’arrive pas à comprendre m’émerveille au plus haut point, mais alors que je ne saisis pas ce que ces deux êtres se disent, je comprends un peu plus ce qui se trouve en l’esprit du guérisseur. Ma présence n’est certes pas une gêne mais pas un cadeau non plus alors que Flavien cherchait apparemment le repos avec ses familiers. Un cheveu dans la soupe en quelque sorte. Je ne suis pas du genre violente, mais s’il y a bien quelque chose que j’exècre en ce monde, c’est lorsque mes moments de méditation se trouvent dérangés par les vicissitudes de la vie et des Hommes. Aussi, en de pareilles circonstances, je ne peux m’empêcher de m’en vouloir quelque peu. Alors, c’est avec la mine basse et un regard empli d’une profonde désolation que je m’adresse au soigneur.
- Je sens que je vous ai dérangé dans un moment qui n’appartenait qu’à vous et vos familiers. Comment pourrais-je me faire pardonner et vous remercier de ce moment privilégié avec cette magnifique créature ?




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Flavien Teleri
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Dim 16 Sep - 21:37
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S'il n'avait pas été perturbé par cette rencontre et bien trop concentré sur l'étrange soliste qui se tenait à quelques pas de lui, Flavien se serait sans doute sentit un peu bête, à tendre ainsi une lamelle de viande séchée à Laurelin. Au fond de lui, il n'ignorait pas que la scène ressemblait étrangement à ses nombreuses tentatives d'approche de créatures sauvages et farouches. Etait-il sérieusement en train d'amadouer la jeune femme en l'appâtant pour qu'elle s'avance jusqu'à lui ?

La danse était la même, après tout. Quelle que soit la nature de la créature emplie de méfiance, le meilleur moyen de lui montrer qu'il ne représentait aucun danger pour elle était de lui présenter un objet d'intérêt, bien souvent de la nourriture, et d'attendre patiemment qu'elle soit tentée d'approcher.

Flavien hocha brièvement la tête lorsque Laurelin attrapa la friandise, soulagé ne pas la voir s'enfuir dans la direction opposée, Selmac dans les bras. Le visage de la jeune femme se peint d'une expression tendre et le soigneur se détendit lui aussi en retour. Il s'affaira à ranger les douceurs dans sa besace, faisant mine de ne pas observer Selmac qui se jeta sur la friandise tant attendue avec le désespoir que seul un être affamé devrait être en mesure d'exprimer. Quel incroyable comédien il pouvait faire.

Hua, qui avait depuis belle lurette engloutit sa friandise, observait la nouvelle venue avec intensité. La Tairakh n'appréciait pas la clarté du jour et Flavien aurait pu mettre son plissement d'yeux sur le compte de son affinité avec la nuit, mais il la connaissait assez bien pour savoir qu'il n'en était rien. Méfiante de nature, elle n'avait pourtant pas la même façon d'agir que Laurelin qui semblait privilégier la fuite face à l'inconnu, préférant passer à l'attaque au moindre signe de danger.

La Tairakh jaugea la mage un petit moment avant de se tasser sur son épaule, satisfaite. Elle avait l'air prêt à tolérer la présence de la jeune femme, veillant au grain sans pour autant chercher à la dissuader de rester proche de son maître. L'apaisement qu'elle transmit à Flavien à travers leur lien le fit sourire brièvement. La petite carnivore agissait de la même manière avec n'importe qui : du mercenaire armé à l'enfant blessé, elle restait sur ses gardes en toutes circonstances... Ou du moins jusqu'à ce que le sommeil l'appelle à nouveau.

Soupirant, Hua posa son menton dans le creux du cou du soigneur, clignant paresseusement des paupières. Elle avait le ventre plein et l'idée que cette magicienne (qui aurait aussi bien pu prendre peur de son ombre) puisse s'attaquer à son maître alors qu'elle souriait tendrement à l'Aitah dans ses bras était presque risible.

Selmac mâchonnait tranquillement son offrande. Ses dents étaient beaucoup moins acérées que celles de sa compatriote carnivore, l'obligeant à redoubler d'efforts pour attendrir cette viande délicieuse. Si l'Aitah manquait cruellement de patience, il ne regrettait aucunement ce genre de friandises qui transformaient les repas en moments de jeu.

Les deux mages regardèrent un instant l'Aitah se dépatouiller avec la friandise, la chanteuse souriant au petit animal et le soigneur grimaçant intérieurement en le voyant gober la lamelle dans son entièreté pour mieux la mâcher. Il allait encore finir par se la coincer au fond de la gorge, et ça ne serait malheureusement pas la première fois.

La voix de Laurelin s'éleva, arrachant Flavien à sa contemplation. Elle s'excusait de l'avoir interrompu, lui demandant ce qu'elle pouvait faire pour le remercier de l'autoriser à approcher le félin qui semblait tout à son aise dans les bras de la mage. Flavien sourit à cette déclaration attendrie. Rares étaient ceux qui considéraient avec la même révérence Dragons et Aitahs, et la jeune femme devant lui avait tout l'air de faire partie de ce cercle très fermé.

Flavien ne nia pas que la présence de Laurelin dans ces bois l’ait séparé de Selmac dans un rare moment de calme, mais il n'ignorait pas non plus que cette étrange rencontre lui permettait de se focaliser sur autre chose que les doutes qui l'assaillaient maintenant qu'il était de retour sur ses terres natales. La présence de la jeune femme et l'attention qu'il portait au félin bienheureux lové contre elle le distrayait juste assez pour qu'il oublie un instant les doutes qui le rongeaient.

- Ce serait plutôt à nous de nous excuser. Répondit Flavien en haussant l'épaule, C'est vous que j'ai entendu chanter, n'est-ce pas ?

Devant l'air gêné de la jeune femme, Flavien porta son attention sur Selmac qui finissait enfin sa friandise. Il mâchait un morceau un peu trop imposant pour être confortable mais semblait apprécier le défi.

- Ça fait un moment qu'il n'avait plus filé comme ça. Confia-t-il, Il a beau connaitre les lieux... J'ai eu peur en le voyant disparaitre.

Si ce n'était pas son cas, au moins son Aitah se sentait en sécurité dans ces bois.

Flavien cligna des yeux : il ne savait pas pourquoi il venait de penser cela. C'était pourtant la vérité. Cette région qui aurait dû le réconforter ne faisaient que nourriture ses craintes, réveillant de vieilles blessures que son séjour en Daënastre avait déterré. Le soigneur passa une main sur son visage et s'efforça de ne pas y penser, répondant au miaulement inquiet de Selmac par une gratouille sous son frêle menton.


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Laurelin
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Ven 28 Sep - 15:30
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Le soigneur répond à mes excuses par une excuse à son tour. Pourtant, aussi loin que ma réflexion puisse fleurir, je ne vois à aucun moment ce qui pourrait justifier des excuses venant de lui. Si ce petit animal avait bel et bien interrompu ma balade et la douceur de ma rêverie, c’est ma voix qui provoqua cette rencontre. Mais si, d’habitude, les rencontres imprévues sont souvent synonymes de mauvais moments, celui que je vis ici est, de loin, le plus agréable de tous. Les ronronnements du petit félin n’en finissaient plus d’attendrir mon cœur déjà facilement débordant d’amour et l’approche du soigneur durant ses réponses et l’approche de sa main contre le menton du petit animal furent, à mon grand étonnement, balayées dans mon esprit. Ni menaces, ni craintes d’aucune sorte. Cela faisait bien longtemps que la présence humaine ne m’avait pas provoquée autre chose que de la crainte et de la tristesse.

Mais alors qu’il grattait le menton du petit félin qui l’avait appelé d’un ton craintif, la proximité avec le guérisseur éveilla certains sens profondément enfouis en mon être. Je n’y prêtais pas attention, du moins, au début. Mais lorsque ma main, qui caressait la frêle créature, effleura celle du soigneur animalier, mon être fut transit d’une fulgurante tristesse. Je sentais alors en mon esprit naître l’idée d’un deuil depuis longtemps oublié et fraichement retrouvé. Je sens alors tout le poids que des révélations récentes peuvent provoquer chez une personne qui avait tout oublié depuis longtemps. Très vite, je discerne les sensations qui me sont propre et celles qui m’envahissent. Ces sentiments, cette tristesse ne viennent pas de moi. Telle une fenêtre entrouverte, mon esprit laisse parfois la brise extérieure s’engouffrer dans la demeure de mon âme, que mon empathie et ma télépathie s’empressent généralement de catalyser ce flux. Aussi, il ne me faut que quelques secondes pour me rendre compte que tout ce que je ressens provient de ce soigneur animalier ô combien gentil, pourtant.
- Vous êtes triste, vous êtes troubléDis-je doucement en relevant tendrement mon regard du petit félin jusqu’aux yeux du soigneur qui, visiblement, ne s’attendait pas à ça. vous avez retrouvé quelque chose, ou quelqu’un, dont le souvenir s’était tari et qui revit aujourd’hui, maintenant que vous êtes de retour chez vous.

Mes mots se sont échappés de mes lèvres sans que je n’en sois clairement consciente ni que ce soit réellement de façon volontaire. Je mesure mes paroles après coups, comme cela m’arrive décidemment trop souvent lorsque mes affinités empathiques et télépathiques s’emparent de moi sans que je ne puisse les contrôler. Mon regard doux se transforme en un regard quelque peu interloqué. Je ne veux pas le brusquer ni lui faire de mal, je ne veux pas qu’il pense que son esprit n’est plus à lui et entièrement à lui. Mes illusions de tout à l’heure lui ont certainement fait comprendre quel Architecte guidait mes pas, aussi, l’idée que je puisse m’approprier ses pensées et, surtout, ses émotions, doit lui paraître logique, pour peu qu’il soit au fait des capacités des enfants du Griffon. Mon regard doit certainement parfaitement trahir les craintes qui m’animent alors. Je ne veux pas l’effrayer… Au contraire, je pense juste pouvoir l’aider.
- Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous brusquer. Dis-je enfin d’une voix douce et innocente. Je n’ai pu m’empêcher de voir en vous ce qui anime votre cœur et votre âme, et mon esprit fut paraphé de vos songes comme la plume encre la parchemin. Une douce brise se lève tendrement autour de nous comme une caresse apaisante, un toucher invisible. Notre rencontre n’est peut-être pas un hasard. Puis-je vous aider ?



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Flavien Teleri
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Sam 6 Oct - 14:20
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La gravité de l'affirmation qui échappa à Laurelin ne s'imprima pas de suite dans son esprit. La jeune chanteuse émettait de simples hypothèses, essayait de comprendre son comportement étrange en lui attribuant des émotions liées à la peur dévorante de perdre son précieux familier. La disparition de Selmac avait toutes les raisons de l'attrister et de le troubler après des mois passés à ne plus se quitter d'un pouce.

La suite des paroles de la jeune femme en revanche ne laissèrent plus aucun doute quant à la nature de ses réflexions. Elle ne parlait pas de la peur qui avait saisi son cœur au départ précipité de Selmac, mais d'une frayeur bien plus terrible qui jusqu'à présent sommeillait quelque-part à l'arrière de son esprit. Qui était-il réellement ? A quel point ses voyages avaient-ils été influencés par le fantôme d'une compagne disparue dans la fleur de l'âge ? Où s'arrêtaient ses propres désirs et où commençaient ceux nés de rencontres fortuites qu'il aurait vite fait d'oublier une fois que les Architectes rappelleraient à eux ceux qui croisaient sa route ?

Flavien retira sa main, frôlant celle de Laurelin alors qu'il flattait le cou de son Aitah, comme si le doux contact l'avait brûlé. Il l'avait fait, d'une certainement manière. La blessure n'était peut-être pas visible sur le dos de sa main, mais une chaleur douloureuse s'éveillait dans ses tempes. La jeune femme avait perçu, en l'espace de quelques instants, ces souvenirs qui le gênaient tant. Les refoulant tantôt, les chérissant le reste du temps, Flavien ne savait comment aborder les révélations faites par Sanaë quelques mois plus tôt.

A défaut de s'y pencher, de risquer de se perdre et d'avoir recours à des pensées frôlant l'hérésie, il les avait complètement mises de côté. La tâche était évidente lors de son séjour sur Daënastre. Rester en vie, se cacher de la milice ou encore trouver un moyen de retourner en My'trä prenait le dessus sur ses fugaces maux d'esprit. Maintenant qu'il touchait au but, en revanche, il avait tout le loisir de penser aux dernières révélations qui lui avaient été faites et qui avaient changées son être, aussi insignifiant soit-il.

- Vous... Qu'avez-vous vu ?

Sa voix était accusatrice, il le savait. Les rares Khurmis qu'il avait croisé lui avaient permis de voir le meilleur comme le pire dont étaient capables les illusionnistes. Il n'avait aucunement peur des pouvoirs de la jeune femme, sachant pertinemment qu'il existait autant de perfidie parmi les adorateurs de n'importe quel Architecte. En revanche, il craignait ce qu'elle percevait de lui. Ces souvenirs dont il ignorait tout, ou du moins les conversations qui y référaient et qu'il se gardait bien de trop relater... Ils étaient précieux à ses yeux. Aussi précieux que terribles, car s'il savait que les souvenirs des disparus n'étaient pas tabous pour les Khurmis, ils l'étaient pour lui.

Flavien croisa le regard triste de Selmac et seule la moue indignée de l'Aitah l'empêcha de récupérer son familier. Les yeux de Laurelin s'assombrirent alors qu'elle prit peur de sa réaction toute justifiée.

Délicatement, la jeune femme s'excusa. Ses pouvoirs étaient-ils si puissants qu'ils lui échappaient sans qu'elle le veuille réellement ? Etait-il simplement si perturbé que sa magie l'avait senti et avait cherché à l'apaiser ? Elle disait pouvoir l'aider, vouloir l'aider. Il lui suffisait de lui dire comment.

Le soigneur cligna des yeux, interloqué. Leur rencontre n'était peut-être pas un hasard. Leurs chemins se croisaient peut-être grâce aux machinations des Architectes, ou du moins Laurelin avait l'air de le croire. L'illusionniste avait l'ai convaincue de pouvoir l'aider à y voir plus clair, à mettre de l'ordre dans ces souvenirs, ou en tout cas l'absence de souvenirs, qui le hantaient à présent. Flavien supposait que la jeune femme pouvait très bien avoir raison. Le hasard seul n'était pas responsable de leur rencontre. Restait à savoir si le destin du soigneur était d'embrasser ses souvenirs ou de les refouler au plus profond de son être, de les oublier à jamais comme il se devait de le faire.

- M'aider..., Répéta-t-il enfin, Comment pourriez-vous me venir en aide ?

Flavien secoua la tête, réceptionnant sans y prêter attention Selmac qui avait sauté dans ses bras devant son désarroi. La petite créature n'aimait voir personne en détresse, son maître le premier.

Un silence s'installa entre les deux mages, jusqu'à ce qu'une pensée intrusive s'immisça dans son esprit. Il aurait pu se braquer et accuser Laurelin, mais il la reconnu aussitôt qu'il se laissa emporter par elle. Selmac. Il était tellement rare que l'Aitah communique avec lui dans la langue des Hommes, assez rare pour qu'il y prête bien plus attention que lorsqu'Hua se lançait dans une longue tirade.

" Le carnet. " Souffla doucement le félin, " Montre-lui ton carnet. Son carnet. "

Les yeux du soigneur croisèrent ceux de Selmac avant de se tourner vers Laurelin. Il chercha un instant son regard, les recommandations de Sanaë lui revenant en mémoire alors qu'il observait la jeune chanteuse. Le vœu de l'inventrice Daënare qui lui avait rendu une partie de ses souvenirs sous forme d'anecdotes. Partager les expériences de feu sa cousine avec ceux qui croiseraient sa route. Conter les périples de cette jeune Daënare qui avait quitté sa patrie pour s'initier aux Arts de Möchlog et ainsi transmettre l'histoire de cette jeune femme pour laquelle les frontières culturelles n'existaient que pour être piétinées.

Flavien trouva rapidement le journal de bord parmi ses affaires. Sa couverture fripée était facilement repérable au toucher. Il tendit le précieux carnet à la jeune femme, attendant qu'elle s'en saisisse pour s'expliquer.

- Elle s'appelait Lize. Lize Brandtner. Confia-t-il, hésitant. Une jeune femme admirable... Je crois. C'est ce qu'on m'a raconté d'elle. Je pense qu'elle devait beaucoup compter pour moi. Je n'en sais rien.

Il était facile de parler à Laurelin de ce qui le tourmentait. Peut-être était-ce dû à sa personnalité, vibrante mais suffisamment effacée pour accueillir les peines de tristes inconnus qu'elle rencontrait, peut-être était-ce l'essence même de sa magie qui l'appelait à un peu d'honnêteté. A force de ressasser sans arrêt les mêmes questions sans réponses, son esprit s'accrochait à la moindre chance d'offrir un peu de repos à son cœur tourmenté.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

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Laurelin
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Mer 10 Oct - 9:55
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L’esprit du soigneur se referme quelque peu, dans un vigilance que d’aucun qualifierait de rationnelle et bien venue. Je sens son regard inquisiteur, j’entends son ton accusateur, je sens les soubresauts de ses pensées qui ne savent pas encore très bien quoi faire de mes paroles qui quittèrent mes lèvres sans aucun contrôle de ma part. Ce revirement soudain de la situation m’étonne à mon tour et ne tarde pas à me terroriser. Mes yeux s’écarquillent, s’illuminent d’une lueur de surprise mêlée de peur et d’une tristesse croissante alors que déjà les larmes commencent à voiler mon regard sans pour autant s’échapper de mes paupières, pas encore du moins.

La magie est ainsi faite. Vouer sa vie aux Architectes et user de leurs dons et de leurs charmes aussi souvent et avec la même aisance que le simple fait de respirer permet de développer ces dons, adorable malédiction, parfois, prenant le pas sur la raison et les réflexions pour ne laisser plus que des pulsions incontrôlables. Le lien avec l’Architecte des songes et de l’illusion est fort, il l’a toujours été et n’a fait que se renforcer à mesure que j’appliquais ses dons en son nom, et pourtant, je ne sens pas un quelconque changement dans ce lien, qu’il soit en faveur d’un gain de puissance ou d’une perte de capacité. Le soigneur endeuillé serait-il si ouvert à la magie ? Son esprit serait-il tellement offert aux dons de Khugatsaa qu’un simple contact aurait suffi à me l’approprier ? D’aucun parlerait de puissance, d’autres, parleraient de miracle. Moi, je reste convaincue qu’il s’agit là d’un signe des divinités qui souhaitent que le chemin de Flavien soit à jamais imprimé de ma venue pour qu’il puisse continuer sa route vers des cieux bien plus radieux que jusqu’alors.

La peur et l’incompréhension bloquent mon cœur qui ne bat plus pendant un temps très cours mais qui semble horriblement long, avant de repartir dans une pointe douloureuse à la poitrine. L’angoisse est là. Immédiatement, ma respiration s’accélère, défense de mon organisme face à cette pause cardiaque imprévue et à ce qu’elle avait déjà engendrée dans mon corps. Moins de sang, même pendant seulement quelques secondes, voilà qui déclenchait toute une cascade de réaction. Je respire plus vite, plus superficiellement aussi. J’ai chaud, je deviens pâle et le bout de mes doigts se met à fourmiller. Mes yeux s’humidifient un peu plus encore alors que mon regard se tourne vers le sol comme pour éviter de faire face à la vérité. Ma bouche entrouverte laisse entendre ma respiration saccadée, ultime signe d’une angoisse bien présente. J’en oublie la présence si rassurante jusqu’alors du petit félin, mais celui-ci se rappelle à moi alors qu’il se tourne et se retourne dans mes bras avant de bondir vers son maître en désarroi. Aucun doute dans mon esprit sur le fait que le lien présent entre l’animal et le soigneur est l’explication de cette désertion soudaine du creux de mes bras. Je ne peux m’empêcher de penser au fait que le félin s’était enfui sur ordre de son soigneur et maître, et que quelque chose de plus grave ou de plus désagréable encore allait arriver. Telle une âme en peine, je n’ose plus bouger. Mes bras restent ouverts, dans la position depuis laquelle le félin s’était élancé pour rejoindre son maître. Cela doit être si comique à regarder : rester là, les bras ouverts, attendant je ne sais qui ou je ne sais quoi, le visage baissé, le regard absent de toute forme de sentiment autre que la peur et l’angoisse. Quelle pitié.

Consciente de cette situation ô combien désagréable pour moi, mais également pour le soigneur, à n’en pas douter, je relève enfin mon visage pour la première fois depuis un temps qui me parut si long. Il faut dire que je n’avais pas décroché mon regard du petit félin depuis que celui-ci était revenu dans mes bras, et je n’avais pas relevé mon regard non plus lorsqu’il les abandonna, trop occupée à éviter de pleurer devant cet homme qui avait besoin de tout sauf de cela. Mais la tête se relevant laisse choir une larme depuis le bord de ma paupière jusqu’au saillant de ma mâchoire. Je n’y prête pas attention, du moins, pas tout de suite. Comme à chaque fois, je détruis l’harmonie qui résidait entre un individu et moi. Comme à chaque fois, la vie en société semble hors de portée pour moi. Pourquoi m’évertuer alors à agir de la sorte alors que tout semble se liguer contre moi ?
Ô Architectes, la mission qui guide mes pas semble se rapprocher de moi comme le fait l’horizon, et tout comme lui, elle m’échappe continuellement. Suis-je digne de vos dons ? Serait-ce là le fardeau impossible à dissocier de vos cadeaux ? Ou suis-je vouée à être accablée de chagrin et tourments ? De grâce, aidez-moi

Je n’attends ni paroles de la part du soigneur, ni jugement, ni sentence. Je me prépare à faire marche arrière. Un pas, puis un autre, un demi-tour et voilà que j’agrippe mon sac pour reprendre ma route et laisser cet homme à sa vie bien plus paisible sans moi, lorsque soudain, j’entends de nouveau sa voix dans mon dos, informative et pleine d’espoir alors que j’aperçois un carnet qu’il me tend. Son regard est à la fois pétillant d’espoir mais également nimbé d’un brouillard d’incertitude et de tristesse. Cette présence féminine que j’avais ressentie lors du touché furtif un peu plus tôt aurait-elle une plus grande importance que celle ressentie tout à l’heure l’espace d’un instant ? Aussi vite que je m’étais saisie de mon sac, je le repose doucement avant de retourner vers le soigneur, les yeux rivés vers ce carnet qu’il me tend avec l’énergie du désespoir. Ce geste, cet acte, ce carnet même, vibrent ensemble d’une puissante symbolique qui n’a rien de magique, et qui reste purement sentimentale. Rien n’est plus fort, plus puissant, plus poignant, que les sentiments, quels qu’ils soient. Je suis comme subjuguée par ce carnet, tant à cause de ma magie que de ma faculté empathique, ressentant absolument tout aux alentours. Je m’en saisis doucement, et me met à le lire.




La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Flavien Teleri
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Dim 28 Oct - 14:20
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Lize Brandtner

Lize préférait la lecture à l'écriture et cela se ressentait dans ses premières tentatives avortées de tenir un carnet de bord à jour. Des entrées courtes, un flot de pensées hachées et incomplètes. Un enthousiasme et une énergie sans borne.

Attirée par sa sobriété et son prix plus qu'attractif comparé aux autres carnets exposés, elle l'avait acheté dans une petite boutique de Prorig juste avant son départ en se disant qu'elle n'aurait que l'écriture pour s'occuper le temps de la traversée de l'océan. Emporter avec elle les ouvrages qu'elle affectionnait le plus aurait pu mettre la puce à l'oreille de ses parents et s'il y avait bien une chose qu'elle refusait de voir arriver, c'était qu'ils la rattrapent pour la ramener de force dans sa prison dorée. Il était temps qu'elle prenne ses propres décisions.

Par peur d'attirer des ennuis à sa confidente, Lize se refusait à envoyer de ses nouvelles à Sanaë. Elle n'avait personne d'autre qu'elle, aussi se retrouva-t-elle obligée d'écrire pour elle, déversant ses pensées en vrac, ses peurs et ses espoirs, sur les pages vierges du carnet qui devint son seul compagnon durant les premières semaines de son voyage.

La première entrée qu'elle y inscrivit était la preuve formelle que la jeune fille n'avait pas l'habitude d'organiser ses pensées. Son esprit vif et tournant à plein régime depuis qu'elle goûtait à la liberté ne lui permettait pas de faire la part des choses. Malgré la toux sèche qui ralentissait sa plume le temps de quintes assez puissante pour faire remonter le goût métallique du sang jusqu'à sa gorge, elle écrivit tout ce qu'il lui passa par la tête ce premier soir où elle embarqua sur un navire en destination d'Etsiin.

Lize a écrit:
Je l'ai fait ! Je n'arrive pas à croire que je l'ai fait ! J'ai eu peur d'avoir des soucis à l'embarquement vu que je suis à peine majeure. Si jamais ils contactaient mes parents. Mais le boucanier tenant le registre ne m'a rien dit, et me voilà !

Je me demande en quoi Etsiin sera différent de chez moi. Il parait que la région est chaude en cette période de l'année. J'ai hâte d'y être !

Pour l'instant j'ai juste croisé quelques passagers. Je n'aime pas rester trop longtemps sur le pont, le vent marin est plus irritant que ce à quoi que m'attendait. Mais bon ! Je crois que l'un d'eux se dirige vers Busad. Je vais lui demander si je peux l'accompagner.

Ses entrées étaient disparates durant son voyage en bateau, se résumant souvent à l'état de la météo, tristement mauvaise. Lize préférait rester enfermée dans sa cabine, serrant les dents et se nourrissant à peine lorsque la houle frappait de plein fouet le navire, pourtant robuste, qui tanguait. Elle n'aurait de toute façon rien pu digérer avec un tel assaut. Les larmes perlaient souvent aux coins de ses yeux ces jours-ci, mais elle refusait de pleurer. Elle savait que le prix à payer pour son bonheur, pour son salut, était immense.

L'unique entrée notable dans cet amalgame de douleur difficilement contenue au bout d'une plume avait été griffonnée à l'arraché un soir d'orage. Recroquevillée sur son lit, Lize serrait entre ses mains son carnet comme si sa vie en dépendait. Nerveusement, comme si c'était l'unique façon de calmer les battements fous de son cœur qui frémissait à chaque nouvelle attaque de la houle, elle écrivait. Pour la première fois depuis le début de son voyage, elle évoqua sa foi naissante et les espoirs qu'elle plaçait dans cette terre promise qui lui échappait.

Lize a écrit:
Ô Architectes, vous qui êtes la source de toute chose, vous qui gouvernez sur ces terres sans régner sur les êtres qui s'y épanouissent. Excusez mon impudence. Je ne suis qu'une jeune inconsciente, qu'une âme parmi tant d'autres.

Pourquoi écouteriez-vous mes prières ? Pourquoi moi, plutôt qu'une autre ? Je ne le sais pas. Dalai me punirait-elle en envoyant à mon encontre la rage de son océan ? Non. Qui suis-je pour penser ainsi ? Je ne suis pas la seule sur ce navire. Je ne vaux pas mieux qu'une autre. Mais s'il vous plait. S'il vous plait. Accordez-moi une chance. Une simple chance. C'est tout ce que je demande.

Möchlog, entendez mes prières et accordez-moi la force de continuer mon voyage. Je ferais tout en mon pouvoir pour vous rendre fier.

La jeune Daënare n'était pas sûre qu'elle s'adressait de la bonne façon aux Architectes, ni même qu'ils prêteraient attention aux pensées d'une petite impudente. Tout ce qu'elle espérait, c'était que les vagues cessent bientôt de frapper le navire.

Une nouvelle ellipse apparue dans son carnet après cet incident. Lize n'avait pas eu la force de continuer à écrire tant que la tempête faisait rage, abandonnant son carnet et priant simplement que le voyage prenne fin au plus vite. Elle fut récompensée quelques jours plus tard, lorsque le soleil montra pour la première fois le bout de son nez et qu'elle réussit à se trainer de sa cabine pour chercher de quoi grignoter. Du pain sec sera suffisant, elle pouvait difficilement avaler plus, et tant pis si sa gorge la grattait, n'appréciant pas ce repas des plus irritant. Après autant de jours passés sans manger, elle se contenterait d'un quignon de pain. Elle refusa difficilement le bouillon offert par la cantinière soucieuse de la voir s'alimenter correctement. Elle avait faim mais savait bien qu'elle ne supporterait pas un bouillon de viande avant quelques jours de transition.

Lize retrouva sa joie de vivre habituelle une fois arrivée à bon port. Etsiin était si différent de Prorig qu'elle en avait le tournis. Ses journées, elle les passa à découvrir un peuple inconnu, baigné de légendes et de mystère. Tellement occupée qu'elle l'était à retrouver goût à la vie qu'elle en oublia complètement son carnet pendant un certain temps, ne le repêchant dans ses affaires qu'un bon mois plus tard.

Lize a écrit:
J'ai un petit compagnon de route !

Je n'ai jamais eu le droit d'avoir un animal à cause de ma maladie, mais il a besoin de moi, je ne peux pas l'abandonner si vite. Ce pauvre Aitah était tout seul et il est encore plus maigre que moi. Je lui ai donné un peu de viande et depuis il me suit. Je crois qu'il m'aime bien, il s'approche de plus en plus facilement.

Quand il sera à nouveau sur pieds, je quitterais Etsiin. Pour l'instant, je prends soin de lui.

Mes parents avaient tort. Ses poils ne me font pas tousser. Je tousse toujours, de toute façon.

Quelques jours plus tard, une autre entrée avait été griffonnée à la va-vite.

Lize a écrit:
Je l'ai appelé Selmac. Il a décidé de m'accompagner !

S'en suivit le récit d'un pénible voyage à travers les terres My'trännes. Kharaal Gazar et son climat changeant, l'émerveillement face à Busad et ses constructions de sable. La tristesse de devoir écourter son séjour dans la grande ville suite aux températures trop hautes et au sable trop volatil qui irritait ses voies respiratoires déjà bien endommagées. L'excitation de s'approcher de son but. La tristesse d'être loin de sa cousine et la joie douce-amère d'avoir à ses côtés un petit compagnon farceur qui lui faisait oublier ses tourments.

La peur de ne pas trouver sa place malgré l'accueil chaleureux qu'elle avait reçu de la part des nombreux My'träns et Pérégrins qui l'avait aidé dans son voyage. La peur de ne pas trouver de réponse à ses questions. La peur d'être rejetée par cet Architecte qu'elle affectionnait tant. La peur de flancher avant d'avoir atteint Suhury. La peur de réaliser, trop tard, que ses parents avaient raison et qu'il n'y avait plus rien à faire. La peur, la peur, la peur-.

Et puis, brusquement.

Lize a écrit:
Aujourd'hui, j'ai rencontré un garçon étrange. Il ne m'a même pas dit comment il s'appelait alors que je me suis présentée comme il se doit ! Je sais que les coutumes d'ici sont différentes, mais quand même, c'est la moindre des choses de donner son nom à une inconnue, non ? Surtout quand c'est pour lui voler son bouquet de fleurs !

Enfin, il ne me les a pas vraiment volé, vu qu'il les a jeté dans un buisson en m'insultant. En me grondant ? Je sais pas, il est bizarre. Pas bizarre comme Sanaë, juste... bizarre. Selmac l'aime bien pourtant. Mais bon, Selamc aime bien tout le monde alors je ne sais pas si ça compte.

Il dort. Pas Selmac. Enfin si, Selmac aussi, mais je parle du garçon. Il a dit qu'il allait m'accompagner jusqu'à son village. Valvonta, je crois ? C'est un village de guérisseurs ! Des fils et des filles de Möchlog qui vont pouvoir m'aider à suivre la voie. Quand je lui ai demandé s'il était guérisseur lui aussi, il a juste levé les yeux au ciel. Pourquoi ? C'était une question légitime, non ? Raah, je ne sais pas. Je vais dormir maintenant.

L'air est moins lourd ici qu'à la maison.

__________

Quelques années plus tard, Lize dira que leur rencontre avait été un signe des Architectes. Une façon de la guider jusqu'à sa destinée. Elle finit par apprendre le prénom de son étrange guide, la matinée même du réveil qui suivit la dernière entrée. Il s'appelait Flavien, un apprenti guérisseur de Möchlog. Lui aussi avait dix-huit ans, bien qu'il s'exprime comme s'il en avait déjà une cinquantaine. Son air pincé la faisait rire et la légère inquiétude qui peignit son visage lorsque son éclat de rire se mua en quinte de toux la fit redoubler de rire.

Les deux jeunes gens n'avaient pas eu la plus douce des rencontres. Lize, qui profitait d'une courte pause, consciente qu'elle avait de la chance que sa condition était bonne au point qu'elle pouvait marcher et qu'elle ne devait jamais trop pousser sa chance, avait cueilli un bouquet de fleurs aux couleurs chatoyantes et inspirait doucement leur parfum étrange quand une main inconnue les arracha à sa prise et les envoya voler dans un buisson voisin. La jeune fille cria, croisant le regard vert d'un jeune homme qui fronçait les sourcils. Ses cheveux courts étaient impeccablement peignés mais la simple chemise de lin qu'il portait était maculée de terre, tout comme son pantalon.

- Vous essayez de vous rendre malade ?
- Comment ç... Quoi ? Non mais ça va pas ?!

L'inconnu avait l'air las, comme si la colère de Lize lui passait totalement au-dessus. Il croisa les bras et se lança dans une petite tirade au sujet des fleurs si belles que Lize avait cueilli. Leurs pétales étaient couvertes qu'une infime pellicule vénéneuse. Les approcher ainsi de ses lèvres était tout bonnement inconscient.

- J-je ne savais pas, excusez-moi ! Elles sont tellement belles !
- Les Dragons aussi sont magnifiques, ce n'est pas une raison pour les approcher dans l'espoir de les caresser.
- Je sais bien ! Il y a une différence entre des fleurs et un Dragon !
- Peut-être, mais pas entre les idiots. Ils finissent tous par être blessés.

Elle aurait dû être offensée par son discours, mais ce dernier lui arracha un rire. Le jeune homme sembla étonné par la situation, haussant un sourcil avant de s'approcher d'elle, inquiet de la voir tousser furieusement.

- Vous avez ingéré du poison ?
- Non. Non, je n'ai pas touché ces pétales. Je suis malade... C'est normal.
- Malade ? De quoi souffrez-vous ?
- Personne ne le sait. Je suis malade, c'est tout. C'est pour ça que je suis ici, en Suhury. Je veux rencontrer les fils et les filles de Möchlog.

Ainsi, le jeune inconnu lui promis de la guider jusqu'au village de guérisseurs le plus proche. Valvonta. Le village natal de son étrange guide, un hameau paisible où les enfants étaient élevés dans l'amour de Möchlog, éduqués pour devenir les guérisseurs de demain.

Bientôt, les entrées dans le journal de Lize se firent moins nombreuses. Plus courtes, plus professionnelles aussi. Elle avait réussi à convaincre le Gharyn de Valvonta de lui laisser une chance. Supervisée par la famille Teleri qui ne lui fit pas de cadeaux malgré l'affection grandissante entre leur fils unique et elle, elle suivit une initiation à la magie de la grande Chouette.

Sa maladie l'empêchait de suivre des enseignements tous les jours malgré la magie puissante des guérisseurs qui la prirent sous leur aile. Ces jours-ci, Flavien ne manquait pas de lui rendre visite, mettant de côté ses propres enseignements pour lui tenir compagnie. Lui qui avait été élevé dans un village de guérisseur, il ne comprenait pas pourquoi Lize souhaitait suivre la voie de cet Architecte aussi bienveillant que stricte. Evidemment, il comprenait qu'elle veuille guérir. Mais pourquoi suivre la voie de Möchlog alors que des guérisseurs autour d'eux pouvaient très bien s'occuper d'elle ?

Lize a écrit:
Je devrais laisser Möchlog s'occuper de moi et ne rien lui offrir en retour ? La vie ne va pas ainsi. Je veux aider les autres. Je veux vivre, me sentir utile. J'ai besoin d'exister sur cette terre. Je n'ai pas peur de la mort. Ils m'ont averti que même leur magie ne pourra pas me sauver. Peu importe. Je veux continuer de croire. Je suis arrivée jusqu'ici alors que je ne m'en croyais pas tout à fait capable. J'ai mérité de vivre, même s'il ne me reste que quelques années. Je veux vivre pleinement. Qu'on puisse compter sur moi. J'ai tant reçu de ces gens. Je ne veux pas être un poids pour eux. Pour lui.


Sa plume trembla légèrement alors qu'elle dictait à son cœur de s'apaiser.

Lize a écrit:
Je l'aime tellement. Il n'en a pas la moindre idée.

Plusieurs entrées se succédèrent, toutes aussi impersonnelle les unes que les autres. Des notes de cours, des informations concernant les plantes vénéneuses de la région et les remèdes nécessaires pour les contrer. Des prières formelles à Möchlog, qu'elle s'évertuait à réciter jour après jour.

Entre elles, coincées comme si elles n'étaient que des pensées fugaces, se trouvaient de petites phrases griffonnées à la va-vite, toutes ayant comme sujet le même jeune homme distant qu'elle affectionnait tant. Toujours présent malgré sa distance, il prêtait attention à la moindre dégradation dans son état de santé. Lui qui n'accordait que peu d'importance à Möchlog, fuyant le village pour explorer les environs au risque de se faire remonter les bretelles par son père, il avait repris les études avec assiduité pour soulager ses maux les plus minimes.

Et puis, au dos d'une page froissée.

Lize a écrit:
Selmac a piqué mon journal ! Je suis sûr qu'il l'a fait exprès ! Il sait combien je pense à lui, je lui raconte tout. Il lui a apporté et il l'a lu. Il l'a lu ! J'avais tellement honte. Je suis partie et il m'a rattrapé. Je n'aurais jamais pensé... J'ai cru mourir.

Ils s'étaient embrassés ce fameux jour et Lize avait très vite perdu l'envie d'étriper l'Aitah polisson qui s'était mis en tête de dévoiler son plus grand secret.

Après ce jour, les entrées dans son carnet ne furent plus que professionnelles : des patients à visiter, des remèdes à préparer. Elle débutait un apprentissage comme herboriste et adorait son métier. Flavien cherchait pour elle les différentes plantes dont elle avait besoin et elle vivait sa vie pour la première fois libre.

La maladie la rongeait toujours, certains jours plus cruellement que d'autres, mais elle y prêtait le moins d'attention possible, profitant de la chance qu'on lui avait offert. Elle n'avait plus besoin de confier ses doutes à son carnet, les glissant plutôt à l'oreille de l'homme qui partageait désormais sa vie et qui les apaisait du mieux qu'il pouvait.

Elle vécut à Valvonta les plus belles années de sa vie et bien que la maladie ait finalement raison d'elle, elle ne reprocha jamais rien à son Architecte d'adoption. Elle lui devait tout, à Möchlog comme à ses enfants qui l'avait accueilli malgré les premières réticences à l'idée d'intégrer une fille de technologistes dans leurs rangs. Les jours précédents sa mort, elle sentit son état se dégrader mais se garda bien de le dire, cachant ses symptômes par des décoctions dont elle maitrisait à présent la fabrication. Ses écrits ne trahissaient en rien son état.

Lize a écrit:
8h30 - Mme K'Olin, massage au baume d'Harpagophytum.
10h - Zéphyr, soutien/révisions exam. fin de cycle.
12h - Flav, déjeuner.
Promenade ? Cuisine/pâtisserie ?

Lorsqu'elle se coucha cette nuit-là, elle se doutait qu'elle n'ouvrirait plus les yeux le lendemain, mais si elle avait appris une chose, c'était de ne pas craindre la mort.

Elle déposa comme à son habitude un baiser sur le front de son compagnon, plongé dans un livre sur les créatures de My'trä. Elle le lui avait offert il y a peu, le récupérant auprès d'un marchand de passage. Elle savait combien les créatures d'Irydaë l’intriguaient et n'espérait qu'une chose. Que sa mort ne l'attriste pas. Elle avait vécu, pleinement vécu à ses côtés. Elle priait pour qu'il ne l'oublie jamais. Sa disparition ne devait pas le détourner de la voie que les Architectes lui destinaient.

Elle ne craignait pas la mort, non. Elle ne regrettait pas sa courte vie. Son seul regret, peut-être, était de ne pas pouvoir être présente à ses côtés les jours de doute qui allaient suivre, comme lui avait été là pour elle. Elle espérait que Selmac puisse prendre le relai à sa place. Sans pouvoir combler le vide que sa disparition représenterait, l'Aitah pourrait veiller sur son compagnon maintenant que l'exercice lui était impossible.

HRP:
 


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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Laurelin
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Dim 11 Nov - 1:06
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Ô Architectes ! Ô cœurs meurtris. Ô âmes endeuillées par tant de douleurs. La vie peut être vraiment atroce, même lorsqu’elle est bénie par les Architectes. Combien de souffrances un esprit peut-il subir avant de se briser comme un vase chutant de son piédestal ? La douleur physique est une information, c’est un signal que la formidable machine organique envoie au centre de la vie, le cerveau, afin d’agir ou de réagir à une situation donnée. Elle peut être domptée, adoucie ou même oubliée lorsque l’esprit en prend le dessus. Mais la douleur psychologique… La douleur sentimentale… La douleur propre à l’âme et à l’esprit, celle qui nait des propos des autres ou des évènements propres à la vie et qui s’enrichit des pensées torturées des âmes tourmentées… Cette douleur est la pire. Elle brise la volonté, détruit le moral, teinte de nuances de noir et de gris la vie qui vous entoure… L’amour, l’amitié, la passion, se payent d’une monnaie qu’ils fabriquent eux-mêmes et que beaucoup d’âmes peinent à appréhender.

Je lus le carnet, debout face à lui, alors que les tremblements de mes mains et les secousses de mes respirations se calmaient enfin. Je fus aspirée par ces écrits et ne leva la tête en aucune occasion. Je fus tellement plongée dans cette lecture que je me mis inconsciemment à faire les 400 pas sur quelques mètres. Chaque mot s’imprégna en moi avec la violence d’un marteau cognant sur une enclume. C’est comme ci toutes les sensations, tous les sentiments, toutes les peurs et toutes les joies qui furent consignées dans ce carnet, jaillissaient à mon visage et imprégnaient mon cœur et mon âme, comme si tout cela… M’appartenait. Ce ne sont pas mes sentiments, mais je les ressens. Ce ne sont pas mes craintes, mais j’en ai les frissons. Ce n’est pas ma peine… Mais j’en ai le cœur désemparé.

Quelle abnégation. Quel courage. Une technophile soucieuse des dons des Architectes et décidant de tout quitter pour servir Möchlog et toutes les âmes dans le besoin. Est-ce une envie liée à la maladie qui la ronge et qui, finalement eut raison d’elle ? Cette même maladie contre laquelle elle lutta toute sa vie, épargnant son entourage des affres de cette affection et des conséquences sur son corps. Même la magie de Möchlog ne pouvait rien pour elle, et malgré cette sentence… Elle ne laissa rien transparaître, à aucun moment, pas même à celui dont elle s’était éprit d’un amour sincère et véritable, amour visiblement partagé, et par nul autre que… Flavien, le soigneur animalier, passionné par les animaux dont il est visiblement très entouré. La dernière ligne résonne en moi comme le son du glas, funeste, se réverbérant dans mon esprit comme l’onde d’un caillou tombant dans l’eau, ou l’écho d’un appel perdu dans les montagnes. Je comprends tout. Je mesure tout. Le poids de cette perte qui pèse sur le cœur de Flavien sans qu’il ne sache ni comment ni pourquoi… L’affreuse et douloureuse vérité, cachée derrière l’absence de souvenirs, terrible conséquence de la dévotion d’une âme à un Architecte. Seuls les enfants du Griffon sont épargnés par cette malédiction… Ou bénédiction ? Longtemps, je pensais que perdre les souvenirs, qu’ils soient bon ou mauvais, permettait de vivre avec un seuil de bonheur minimum. Maintenant, je me rends compte que, bien qu’ils soient perdus, enfouis au plus profond de l’âme elle-même, les conséquences n’en sont que plus graves… Vivre, avec un poids oublié et qui, pourtant, est bel et bien présents, est une malédiction bien plus terrible que le fait de se souvenir. Ne pas savoir d’où vient cette tristesse profonde et impossible à expliquer… Vivre dans un but sans savoir l’origine de celui-ci… Souffrir sans savoir pourquoi…

Les larmes se mirent à imbiber mes yeux et à brouiller ma vue. Très vite, le flot incessant de ce liquide salé échappa à mes paupières et coulèrent le long de mes pommettes et de mes joues, s’arrêtant sur le coin de mes lèvres, tombant au sol depuis le saillant de ma mâchoire ou de mon menton ou continuant simplement leurs routes le long de mon cou. Mon esprit s’embrume également, mes propres pensées se heurtant à celles qui proviennent des écrits chers à cette homme. Lize, la technophile amoureuse d’un mage. Le mage, amoureux d’une technophile ayant tout quitté pour s’adonner aux arts de Möchlog… Selmac, la créature se liant à la jeune et qui fut investit de la mission de prolonger sa présence auprès du soigneur… La mort de cette femme courageuse, et la disparition de cette femme dans l’esprit du mage en mal de souvenirs… Voilà donc pourquoi il avait quitté les siens et parcouru le monde. Cela ne se limitait pas seulement à sa passion pour les animaux, mais aussi par son besoin de souvenirs, imperceptible, intangible, et pourtant bien présent.

Enfin, je lève mes yeux vers l’homme en question qui porte toujours le petit félin dans ses bras. Il semble attendre beaucoup de moi, ou… Fonde-t-il un quelconque espoir ? Je ne sais pas… Je perçois tellement de choses que je n’arrive plus à démêler ce qui vient de moi de ce qui provient de ce livre ou du soigneur… Tout n’est que méli-mélo, pensées incohérentes, incomplètes, impossibles à démêler…

Je regarde les deux âmes en peine. Je sui submergée d’émotions, et eux, semblent effrayés par ma réaction. Mes yeux rougis par les larmes discernent vaguement les deux acolytes. Mon visage est lui aussi rouge, et mes cheveux, animés par les vents, fouettent mon visage par endroits tandis que ma respiration se fait plus profonde mais également plus bruyante. Je peine à parler, je n’arrive même pas à sortir un mot alors que je veux en prononcer des centaines. Quelle piètre image dois-je renvoyer à cet homme et à son compagnon félin, alors que je suis là, debout devant eux, les bras ballants, le visage rougie et humidifié de larmes, n’ayant plus que mes cheveux qui s’animent de doux mouvements insufflés par le vent. C’est comme ci le temps s’était figé à cet instant précis. Les battements de mon cœur sont comme ralentis, tout comme ma respiration, profonde et calme, alors que mon esprit est en proie à toutes les agitations possibles et imaginables… Je ne peux rester indéfiniment ainsi.
-Je… Je peux vous aiderDis-je enfin d’une voix tremblotante en sanglotant, les yeux fixes et le regard rivé dans celui du soigneur dans un désarroi presque total. Je… J’ai… Suivez-moi

A peine ai-je prononcé ces mots que je pris la direction des buissons d’où le soigneur et le félin étaient sortis plus tôt. Je ne sais pas vraiment où je vais, ni ce que j’ai en tête… Je n’ai aucun schéma prédéfini, aucune tactique réfléchie… Mais c’est comme si, dans le même temps, tout était clair pour moi. Je dois l’aider, je sais l’aider… Je peux l’aider. Je marche à travers les fourrés, passe entre les arbres, et me retrouve rapidement sur le versant d’une petite colline à la pente douce. Par endroits, des pierres et des zones plus plates permettent de s’asseoir tranquillement, suffisamment pour se détendre sans avoir à maintenir un certain effort sur ses pieds pour rester en position. Vous voyez ? Le genre de petits reliefs parfaits pour une pause prolongée. Là, je m’agenouille et invite le soigneur à faire de même, prête à faire ce pourquoi les Architectes m’ont gardés en vie jusqu’ici, grâce leur soit rendue.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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