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Chroniques d'Irydaë
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 Histoires de fantômes par une nuit sans lune

Meylan Lyrétoile
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Dim 8 Oct - 12:05
Irys : 240859
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
17 août 932 sur une place du quartier de Süns de Darga

Le soleil s’était couché depuis un moment déjà et les étoiles régnaient sans partage sur le ciel en l’absence de lune pour les concurrencer.  Pas un nuage ne venait les voiler, ce qui laissait présager un matin frais le lendemain.  Pour l’heure, la chaleur de la journée venait seulement de commencer à s’échapper, laissant une agréable douceur dans les rues de la capitale suhurienne.

Comme toujours à cette heure de la nuit (ou comme toujours en général), le quartier de Süns pétillait d’animation.  Ses habitants et les nombreux visiteurs de passage par Darga allaient et venaient, alimentant la vie nocturne du quartier d’une multitude de manières différentes.  Bien que Meylan n’ait désormais plus autant besoin de jouer dans les rues comme à ses débuts, elle aimait revenir dans les lieux où elle avait commencé sa carrière.  N’ayant pas d’origines à proprement parler, c’est le début de sa vie d’artiste qu’elle prenait maintenant comme point de référence.  Cette nuit, elle se trouvait donc sur le bord de la place, dans un coin plongé dans une demi-pénombre, sa lyre sur ses genoux et un petit attroupement autour d’elle.

Elle portait une robe bleu nuit aux amples manches et par-dessus celle-ci sa fidèle cape de la même couleur.  Seuls les fils d’argent de la cape et le visage pâle de la ménestrelle tranchaient avec toute cette obscurité, lui donnant des airs de dame de la nuit.  C’était d’ailleurs l’effet recherché, car ses récits de ce soir se déroulaient tous sous le couvert de l’obscurité.  Mythes d’un autre temps, légendes des âges passés, ballades à la fin aigre-douce…  L’ambiance était sombre ce soir, menaçante par moments, envoûtante à d’autres.  La voix assurée de Meylan tranchait avec sa maigre silhouette à moitié submergée par les plis de sa cape.  Sans user d’autre magie que celle de son art, elle savait qu’elle possédait sans partage l’attention de la majorité de son public.

Elle aurait pu, comme elle le faisait souvent, terminer par une chanson à la mélodie entraînante qui enverrait ses spectateurs vaquer à leurs occupations le coeur léger et un sourire sur les lèvres.  Mais cela aurait juré avec le ton qu’elle avait donné à sa représentation de ce soir.  Elle choisit donc un mythe bien connu, l’histoire d’une lutte entre deux clans rivaux lors de laquelle l’un des gharyns abattit son rival en lui servant ses enfants comme plat principal lors du banquet censé célébrer l’armistice.  S’ensuivit un combat aux proportions titanesques qui effaça les deux clans de la surface de la terre, mettant ainsi un terme définitif au conflit.  Le récit était connu, la forme ne l’était pas, car il s’agissait d’un arrangement que Meylan avait réalisé elle-même.  C’était un choix audacieux que de terminer sur une pièce originale, mais elle ne manquait ni d’audace ni de confiance en elle.

« …Sous le ciel étoilé le silence se fit,
soudaine et totale, cette chape s’abattit.
La lune seule veillait sur l’herbe souillée,
et le temps les lieux viendrait purifier.
Plus jamais les puissants clans ne lutteraient,
ces deux frères ennemis que tout opposait.
Dans la mort comme jamais durant leur vie,
les voilà maintenant à jamais unis. »


Alors que ses doigts avaient survolé sa lyre à une vitesse de virtuose durant les couplets narrant la bataille, cette dernière partie s'était faite plus lente et solennelle, et la voix de Meylan avait baissé d'une octave.  C'était un point final à l'histoire, et tous le savaient.  La ménestrelle laissa la dernière note résonner et mourir sans bouger, attendant que ses spectateurs quittent la contrée éloignée où elle avait mené leurs esprits.  Alors seulement elle se leva, révélant qu'elle était plus petite qu'on n'aurait pu le croire pendant qu'elle jouait.  Une profonde révérence accueillit la salve d'applaudissements qui suivit.  Elle gardait l'air de grâce distante qu'elle avait adopté ce soir, même si au fond d'elle-même elle jubilait de son récent succès.  Le groupe se brisa rapidement, et Meylan se baissa pour ramasser ses recettes.  Elle se permit un mince sourire en voyant ce que cette nuit lui avait apporté, et transféra rapidement les irys dans sa bourse.  L'été avait de nombreux avantages, dont le nombre important de flâneurs dans les rues dargiennes.


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Saru Khan
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Dim 8 Oct - 23:42
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

Comme tout mercenaire digne de ce nom, mes pas me ramenèrent de nouveau vers la capitale de My'tra. On pourrait penser que sa qualité de chef-lieux en faisait un lieu difficile pour le monde de l'ombre, Neni! De la même façon qu'on pouvait trouver de tout dans les marchés florissants du quartier commerçant, les tavernes de cette ville grouillaient de rumeurs et d'opportunités. Et je vous assurais que ces dernières n'étaient pas toujours en phase avec la légalité. Quoiqu'il en soit, je revenais tout juste d'une mission, et il n'était pour l'instant pas question de reprendre la route. Je voulais un lit sec, du pain chaud, et l'ambiance du quartier le plus animé du continent : le district de Süns.

Une bouteille à la main, j'arpentais la nuit dans un calme plutôt inhabituel. Oui, en général je chantais à tue-têtes avec les pochtrons du coin, mais il m'arrivait aussi d’apprécier ma seule compagnie, et la beauté d'une nuit étoilée. Mes pas m'emmenèrent d'eux-même vers un attroupement incongru, et sans savoir comment, je me retrouvai happé dans un nouveau monde.
Que se passa-t'il exactement entre ma promenade nocturne et ce voyage auditif? Mystère, mais je n'en restais pas moins obnubilé par la dualité sensuelle d'une lyre et d'une jeune femme. Le conte mélodieux devint ma réalité, tandis que l'harmonie des cordes pincées ajoutait une poésie à ce récit somme toute macabre. Je comprenais évidemment le sens de cette histoire, mais tout comme la foule qui m'entourait, je restai incapable de tout jugements, écoutant presque religieusement les mots de cette muse.

La salve d'applaudissement me ramena brutalement à mes esprits, et par peur de manquer la divinité ayant produit pareil miracle, je scrutai avidement la place du regard. Une petite chose s'illustrait dans l'adversité, une créature délicate et gracile que mes pas ne tardèrent pas à rejoindre. Bien qu'ayant ma propre façon d'honorer Delkhi, je restais, comme chacun des Khaaralien, sensible aux arts. Et lorsque l'artiste s'avérait être une jolie demoiselle, il était hors de question que je la laisse s'en aller sans quelques félicitations. Assurément elle préférerait des irys au plus habiles de compliments, mais j'étais un admirateur, pas un foutu mécène.

"Félicitation mademoiselle, beaucoup d'artistes s'expriment dans les rues de Darga, mais peu parviennent à envoûter un public de plus en plus difficile."

Pour l'occasion, j'avais ôté ma capuche, révélant d'office mon visage envahi par tatouages et cicatrices. Je ne cherchais pas à l'effrayer, bien au contraire, le sourire bienveillant qu'offrait mes lèvres témoignait à lui seul qu'elle n'avait rien à craindre de mon excentricité.

"Je dois toutefois saluer votre courage. En général les ménestrels se contentent de romances usées et d'exploits émoussées. D'où tenez vous pareilles légendes?"

Je n'étais pas toujours aussi doux à la première rencontre, mais cette jeune femme avait le mérite d'avoir excité mon attention. Nul besoin avec elle de feindre de l'intérêt pour une frivolité assommante. Le récit qu'elle venait de conter était réellement extraordinaire. Peut-être devais-je cela à mon manque d'éducation, mais c'était réellement la première fois que j'entendais un récit prenant source dans le cannibalisme. Si chaque légende prenait racine dans la réalité, celle-ci devait avoir une origine sacrément tordue.
M'enfin, la foule s'était effectivement dissipée, me laissant un peu d'intimité avec cette charmante inconnue. Je ne m'étais pas présenté, mais je n'avais de toute-façon pas l'allure d'un gentleman, aussi ne pouvait-il s'étonner de mon mon manque d'étiquette. Au contraire, elle pouvait s'estimer heureuse de la courtoisie inhabituelle qui m'habitait aujourd'hui.
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Meylan Lyrétoile
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Mar 10 Oct - 17:52
Irys : 240859
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
S'il était vrai que les compliments seuls ne nourissaient pas leur homme (ou leur femme, en l'occurence), il n'en demeurait pas moins vrai que Meylan appréciait quand on lui en offrait un.  Elle répondit à ce compliment avec la retenue que son rôle exigeait, d’un hochement de tête et un mince sourire, mais la sincérité de ce remerciement muet compensait du moins en partie son minimalisme.

Malgré l’apparence peu commune de l’homme qui venait de l’aborder, la ménestrelle ne ressentait aucune inquiétude.  Elle était dans sa ville, dans un quartier qu’elle connaissait bien et, plus important, dans lequel on la connaissait bien.  Elle était donc aussi en sécurité qu’on pouvait l’être dans une grande ville telle que Darga.  Les zones d’ombre laissées par l’éclairage imparfait sur le visage de son interlocuteur l’empêchaient d’avoir une vue claire de son maquillage, mais ce qu’elle voyait suffisait à constater qu’il n’avait pas lésiné sur les tatouages.  Un spectacle fascinant, certainement, sous une meilleure lumière.

"Qu’importe sa source, le propre d’une légende est de voyager.  Qui peut dire d’où elle vient réellement?"

Qui aurait pu deviner que sous son apparence imperturbable elle s’amusait follement à incarner son personnage actuel?  Amusement dont le guerrier (car la carrure de l’homme le désignait sans ambiguïté comme un guerrier) faisait les frais en ce moment, perdant en clarté ce que Meylan investissait dans son rôle.  Elle n’avait cependant pas l’intention de le laisser tout à fait en plan avec ses questions.  Ce n’était pas vraiment une manière de traiter quelqu’un qui venait d’offrir d’aussi sincères félicitations.

"C’est notre tâche à nous, conteurs, d’assurer ces voyages sans fin, par tous les moyens que nous ayons à notre disposition."

Oui, c’était une manière assez recherchée de dire qu’elle avait composé son répertoire en glanant des histoires ici et là, sous forme d’écrits, de chants, de pièces et de tant d’autres d’oeuvres d’art.  Elle était assez curieuse de voir quel accueil ses dérobades verbales recevraient.  Certains répondaient sur le même ton, d’autres se sentaient offensés qu’elle joue aux devinettes (jouant en même temps avec leurs nerfs.)  Seul l’avenir dirait à quel groupe cet inconnu appartenait.  Pour l’heure, Meylan se refusait toute fissure dans son masque.

S’il se prenait au jeu, ou du moins s’il ne se laissait pas démonter par des réponses évasives, cela promettait de rendre cette soirée très intéressante.  Elle n’avait pas encore beaucoup d’éléments pour jauger l’homme: ses excentriques tatouages faciaux, la carrure et le maintien d’un guerrier confirmé, un accent le marquant comme originaire de Kharaal Gazar et un aperçu de ses goûts littéraires étaient les principales informations dont elle disposait.  Elle entendait bien creuser et en découvrir plus, par exemple le pourquoi de telles marques sur son visage.


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Saru Khan
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Sam 14 Oct - 12:45
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
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Hein? Telle fut la réponse qui me vint à l'esprit lorsqu'elle m'offrit son verbiage classieux en guise de réponse. Je ne parlais pas souvent aux bardes ou autres poètes itinérants, mais j'avais toutefois espérés que leur langage fleurie s'arrête au temps de leur performance. Et ben non, la demoiselle ne brillait pas par sa simplicité. Cependant, si d'ordinaire ce genre d'attitude m'irritait, je ne répondis qu'un d'un rire discret à ses énigmes. Il faut croire que j'étais encore sous le charme de sa prestation, car sinon, comment expliquer pareille patience?

"Hum, je n'en doute pas mais... ça ne répond pas vraiment à ma question."


Oui j'étais perplexe, et mon ton s'avérait bien moins amiable que je l'eus souhaité. Je rattrapai néanmoins le coup par mon visage toujours souriant, et une phrase émi d'un ton bien plus léger.

"J'avoue qu'en vous écoutant j'avais espéré que ce conte provenait d'une histoire vécue. Mais c'est sans doute un peu bête de ma part de penser que toute histoire prend racine dans la réalité."

Oui, on avait déjà vu transition plus douce, mais bon mon allure indiquai clairement que j'étais tout sauf un gentleman. Tandis que la place retrouvait une circulation habituelle, nous marchâmes au travers des passants, sans autre but, pour moi, que de passer le temps. Je ne savais pas vraiment quoi dire, et pourtant je ne voulais pas abandonner là cette nouvelle rencontre. Bon ben dans ce cas, commençons par les classiques.

"Saru Khan, je m'appelle Saru Khan. J'ai oublié de me présenter plus tôt. Et vous?"

Pourquoi donc agissais-je comme un adolescent timide en sa présence? Peut-être sa maîtrise des mots me rappelait ma propre insuffisance, ou peut-être les Suns m'avait soumis, en ce jour, au fardeau de la timidité. Quoiqu'il en soit il n'y avait qu'un seul remède à mon manque de verve.

"Hum, je ne connais pas très bien la cité, mais si ça ne vous dérange pas peut-être connaissez vous un endroit sympa? Je n'ai rien contre la place mais bon, c'est un peu bruyant non?"
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Meylan Lyrétoile
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Jeu 19 Oct - 22:11
Irys : 240859
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
Bon, clairement, elle devrait faire quelques ajustements à ses réponses si elle voulait éviter de mettre son interlocuteur mal à l'aise.  Peu importe: comme tout acteur digne de ce nom, Meylan était capable d'altérer légèrement un personnage tout en en gardant l’essence.  À plus forte raison encore si ce personnage était une pure création personnelle source d’une improvisation continue.

"Détrompez-vous, vous pouvez vous fier à votre intuition.  La réalité est un terreau des plus fertiles en matière de légendes… bien sûr, toute récit se développe ensuite libre des contraintes de la réalité."

Elle ne ressentait aucun scrupule à déformer les faits pour enjoliver une histoire ou la rendre plus poignante.  Si l’un des devoirs des ménestrels, bardes et autres conteurs était de garder la mémoire d’un peuple, ils avaient également la tâche non moins importante de faire rêver leur public, de les laisser s’évader le temps d’une chanson.  Les livres d’histoire et autres registres pouvaient bien se contenter de faits, les artistes, eux, leur donnaient une nouvelle vie sous leurs mots.  Histoire de ne pas laisser entièrement son interlocuteur patauger dans ses métaphores, elle décida de lui fournir une petite pièce d’information plus complète.

"On dit que dans une certaine clairière de Zagash on peut toujours entendre les échos de cette dernière confrontation."

Parce que, bien évidemment, les deux tribus impliquées étaient composées pour la plus grande partie de fervents disciples de Dalai.  Ca ne s’inventait pas.  

La foule se faisant à nouveau plus dense autour d’eux, Meylan marcha un temps sans parler.  Elle voulait laisser au guerrier le temps de déterminer si cette fois il était satisfait par sa réponse.  De son côté, la ménestrelle n’éprouvait aucune gène à cause de ce silence.  Pas étonnant dans ces conditions que ce soit son compagnon de promenade improvisé qui finisse par rompre le silence.  Ah oui: les présentations.

"Meylan Lyrétoile, à votre service Saru Khan."

Niveau tournure de phrases, elle restait fidèle au style qu’elle avait choisi pour cette soirée (à moins qu’à cette heure "nuit" soit plus approprié?)  En revanche, son visage affichait un sourire mince mais bien réel, sourire qui s’étendait jusqu’à ses yeux.  À moins que ce ne soient les flammes des multiples torches éclairant leur chemin qui se réfléchissaient dans ses yeux.

"‘Bruyant’ est une des caractéristiques premières du quartier de Süns."

Cette fois, pas de doute possible: une lueur d’amusement dansait dans les yeux noirs de Meylan.  Saru était en veine: elle connaissait la ville sur le bout des doigts et n’aurait aucun mal à lui indiquer les endroits typiquement connus uniquement des habitants.  Choisissant le chemin le plus rapide, elle le mena rapidement dans le quartier de Khugatsaa, plus calme en général que celui dédié à l’autre griffon.  À quelques pas de l’endroit où elle avait prévu de mener son compagnon, elle se tourna vers lui.

"J’ai dit que la réalité est un terreau de légendes fertile…  Que diriez-vous d’une excursion hors de ce terreau?"

Et voilà: elle retombait dans les commentaires cryptiques.  Son but était bien entendu de chatouiller la curiosité du guerrier dans l’espérance qu’il la suivrait.  Elle se tourna donc, parcourut encore deux mètres, pivota vers la droite face à un pan du mur recouvert de plantes grimpantes et…traversa le mur.  Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un véritable mur, mais d’une illusion créée par la tenancière de l’établissement où elle avait prévu de mener Saru.

S’il décidait de lui faire confiance et de la suivre, il déboucherait sur une place à ciel ouvert de dimensions modestes.  Au milieu de cette place se trouvait une fontaine aux lignes fluides incrustée de pierres précieuses avec assez de goût pour ne pas paraître kitsch.  Le ciel étoilé mettait en valeur cette fontaine, faisant scintiller les pierres colorées.  Autour de la fontaine se trouvaient des tables, des chaises, des bancs, des coussins…  Cet endroit connu seulement de ceux à qui on l’avait déjà montré était un repère pour un public très divers.  Artistes, mages, artisans…  Leur seul point commun était qu’ils avaient eu la chance que quelqu’un leur fasse découvrir ce lieu enchanté.  Car enchanté il l’était, dans le sens le plus libéral du mot.  La tenancière, une disciple de Khugatsaa d’un certain âge, avait une maîtrise de l’art de l’illusion qui aurait fait pâlir d’envie n’importe qui.  Les murs, le sol et même l’ouverture qui donnait sur les étoiles pouvaient à tout moment s’orner d’une apparition inattendue et plus vraie que nature.  C’était un spectacle continu et fascinant, rehaussé encore par une multitude d’illusions mineures dissimulées dans les moindres recoins de l’endroit.  La rumeur voulait qu’on puisse passer sa vie sur cette place et ne jamais la voir présenter deux fois le même visage.  Pour qui était moins porté sur la poésie et préférait des constatations terre-à-terre, la nourriture et la boisson servies (bien réelles) étaient excellentes, et il y avait toujours de places confortables libres.


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Saru Khan
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Jeu 26 Oct - 18:16
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

Zagash hein... j'aurais du m'en douter. Seuls les adeptes d'une architecte aussi lunatique pouvaient commettre pareille atrocités. Oui, un acte barbare pour des hommes barbares, voila qui expliquait tout! Cependant, je n'eus pas le loisir de pester contre mes ennemis naturels (après les Daenars, naturellement), que la barde capta de nouveau mon attention.
Comme si elle ne fut composée que de brume, elle s'effaça, quittant ma compagnie pour fendre la foule pourtant compacte. Je me mis automatiquement à la suivre, non sans bousculer quelques passants, afin de ne pas perdre la demoiselle. Si elle virevoltait au travers de cette masse humaine, je me montrai bien moins habile, la suivant avec la grâce de l'Ours, et la finesse du Veau. Qui l'eut crut qu'une simple promenade dans Darga s'avérait si ardue? M'enfin, la danseuse arrêta enfin son charmant manège, et ce ne fut qu'alors que je remarquai le changement de décors. Je n'avais jamais foulé le quartier de Khugatsaa, et grand Dieu, ce fut un choc. Jamais de ma vie je n'avais été époustouflé par la beauté d'un lieux, et pourtant... je fus sans voix. Je ne pouvais trouver aucun défaut d'architectures, pas la moindre tache, pas le moindre déchet traînant dans la rue. Tout ici était parfait, tant est, que ça en devenait presque angoissant.

"Eh... d'accord?"

Elle aurait pu me proposer ce qu'elle voulait que j'aurais sans doute accepter. Je n'avais qu'une seule idée en tête : je devais me rendre en Khurmag. Malgré tous mes voyages, je n'avais jamais encore visité cette région. Cette jeune femme venait de m'en convaincre.
Pourtant, la conteuse avait encore bien d'autres tours dans son sac. Après m'avoir convaincu de...foncer dans un mur, je me retrouvai dans un lieu véritable hors du réel. J'avais beau être conscient de la nature magique de l'endroit, je n'en restai pas moins "enchanté" par cette découverte. Oui, je n'avais rien d'un poète, mais le mélange contre nature de quiétude et d'émerveillement qui habitait l'endroit pouvaient émouvoir le moins sensible des hommes.

"Eh...que...quel est cet endroit?"

Ma voix avait perdu toute pointe d'assurance, tandis que lentement, comme un enfant perdu, j'avais pris place sur un des canapés délicieusement offerts. Mes yeux passaient sans cesse d'une chose à l'autre. Tout d'abord ce fut la fontaine, et les couleurs toujours changeantes qu'offraient le mariage de la lumière et de l'eau. Puis je remarquais ces dalles de pierre dont je ne pouvais identifier la nature, puis ces cocktails dont le contenu semblait...luire?
J'avais déjà affronter des illusionnistes, mais aucun d'entre eux n'avait démontré un tel nouveau. La magie de Khugatsaa empreignait si bien le lieux que je me sentais...vulnérable? C'était difficile à expliquer, mais il était aisé de voir que j'étais absolument désemparé par cette abondance d'illusions. Quoi de plus normal après tout, pour un adepte de Delkhi, dont l'essence même du pouvoir était ancré dans la terre, l'immatérielle était une chose tout à fait terrifiante. D'ailleurs, ma main avait naturellement cherché celle de ma guide du jour. Il n'y avait là rien d'impure, rien de coquin. C'était simplement la main d'un enfant cherchant un appuis dans un chaos.

"C'est...C'est merveilleux. Mais... est-ce normal? Je...je crois que j'ai peur?"

C'était sans doute la stupidité de ma déclaration, mais je pouffai de rire au moment même ou je prononçai ses mots. Oui, j'étais effrayé, et pour un homme de ma carrure, cela ne manquait pas de ridicule. Ma main dans la sienne montrait clairement que j'étais mal à l'aise. Rassurez-vous, je ne souhaitais pas quitter l'endroit, mais il me fallait un peu de temps pour m'habituer à ce monde étrange.
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Meylan Lyrétoile
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Sam 28 Oct - 13:40
Irys : 240859
Profession : Ménestrelle
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Etant elle-même une disciple de Khugatsaa, Meylan était parfaitement dans son élément entourée de toutes ces illusions.  Elle était fascinée par la perfection qui semblait atteinte dans cet endroit, entièrement sous le charme, et à mille lieues d’avoir envisagé que tout le monde ne réagirait pas forcément avec le même enthousiasme immédiat.  Une erreur qu’elle ne tarda pas à remarquer, d’abord en entendant le ton vacillant du guerrier, puis en sentant une main tout aussi incertaine venir chercher la sienne.  Et là, elle se demanda si elle n’avait pas fait une grosse erreur.  Si elle n’avait aucun scrupule à faire frissonner les publics de ses représentations à l’aide de l’ambiance qu’elle créait, ce n’était certainement pas l’effet recherché en ce moment.

Temporairement prise de court, elle s’assit elle aussi sur le canapé.  Une conséquence directe de ce geste fut qu’elle fut particulièrement frappée par le contraste entre elle et Saru.  Aussi bien sa hauteur que sa carrure la dépassaient très largement.  Sous la lumière qui baignait l’endroit, meilleure que l’éclairage des rues, elle remarqua pour la première fois les cicatrices qui se mêlaient à ses tatouages, comme autant de vestiges d’aventures vécues.  Un guerrier, pas de doute là-dessus.  Un homme qui avait (sur)vécu (à) des événements dont Meylan serait ressortie en petits morceaux éparpillés.  Et pourtant, c’était lui qui en se moment se raccrochait à elle en quête d’un élément rassurant.  La situation était contraire à toute attente, presque comique peut-être pour un observateur externe.  Mais l’idée de rire ne traversa même pas l’esprit de la ménestrelle.  Personne ne choisissait ses peurs.

S’il y avait un moment pour sortir de son rôle de composition, c’était très certainement celui-ci.  Elle répondit en resserrant légèrement la main qu’il avait attrapée autour de la sienne.  Cette pression était toute symbolique: elle ne doutait pas un instant que sa poigne ne représentait presque rien par rapport à celle du guerrier.  Une manière non verbale de lui dire que, oui, tout allait bien, qu’il pouvait se détendre.

"Nous sommes dans une auberge comme il y en a des douzaines dans cette ville.  Ce qui la différencie des autres est que Tezen Tulag, la tenancière, est l’illusionniste la plus douée que je connaisse et qu’elle a mis son art au service de sa profession.  Mais même les plus puissante des illusions qui nous entourent sont aussi inoffensives que mes chants.  Leur unique but est de créer une certaine ambiance, de donner l’impression que nous sommes entrés dans un monde plus fantastique que notre réalité."

Le voile de mystère dans lequel elle s’était drapée jusque là était tombé, révélant une personnalité plus chaleureuse.  Son sourire se voulait rassurant et s’étendait jusqu’à ses yeux, son ton était calme et assuré.  Bien qu'elle soit capable d'atteindre des hauteurs vertigineuses quand elle chantait, Meylan avait une voix qui tendait naturellement vers les tonalités plus basses de l'alto quand elle parlait.  Elle ne relâchait pas sa prise sur la main de son interlocuteur pour le moment et ne le ferait pas tant qu’il ne serait pas plus à son aise.  Elle espérait sincèrement que son calme serait communicatif, mais n’avait aucune certitude à ce sujet.  Pourvu qu'amener Saru dans cette partie de la ville n'ait pas été une mauvaise idée...


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Saru Khan
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Sam 4 Nov - 15:51
Irys : 111932
Profession : Mercenaire
My'trän -2

Quel minable. Une part de moi même riait à grands éclats de ma phobie soudaine, comme un enfant mesquin se moquant d'un cheval blessé. Oui, je me faisais de la peine, et loin de me sortir de ma petite terreur, cela ne rajoutait qu'une couche de honte à mon émoi. Tant pis, même le plus brave des lions pouvaient être surpris, et heureusement, ma compagne du jour se fit étonnement compréhensive.
Oui, elle savait parfaitement user des mots, autant pour se rendre majestueuse et souveraine, que pour revêtir le masque de l'amitié. Elle ne fit pas grand chose, mais sa poigne légère, mais ferme, la douceur de sa voix, tout ceci représentait beaucoup pour moi en ce moment. Ce n'était pas suffisant à m'enlever cette appréhension agrippée à mes entrailles, mais je pus néanmoins lui offrir un sourire timide, signalant que tout ira bien. D'ailleurs, tout ira bien. Prenant une profonde respiration, je me mis soudainement à éclater de rire, tandis que ma main trouva le courage de quitter celle de la demoiselle.

"Et ben, qui aurait cru qu'un jour je serais terrifié par de simples mirages!"

En d'autres occasions l’adjectif "simple" aurait pu être offensant, mais il suffisait de se remémorer ma terreur soudaine pour comprendre que je me gardais bien de sous-estimer les arcanes de Khugatsaa. D'ailleurs, même si je semblais plus relaxer, on ne pouvait pas dire que je respirais la sérénité. Non, si mon regard avait cessé de bondir un peu partout, mes muscles restaient toujours tendus, comme si, malgré moi, mon corps se préparait à recevoir des coups.

"Pour ma défense, malgré des années de mercenariat, je n'ai que très peu côtoyé les arcanes de Khugatsaa. Il faut dire que de toutes les magies, celle-ci reste la plus mystérieuse... ou l'une des plus mystérieuse, car Orshin s'est également appliqué à complexifier son don!"

J'étais soudainement bien plus loquace, mais il fallait avouer que suivre une conversation me permettait de me détourner un peu des étrangetés de l'environnement. Non, je ne cherchais pas à ignorer l'endroit, car qui sait quand j'aurais l'occasion de voir un illusionniste de ce niveau à l’œuvre, mais avoir un point d'ancrage me permettait de mieux supporter ces artifices.

"D'ailleurs... il paraît que les disciples de Khugatsaa pourrait... se souvenir?"


Délicat sujet que voila, j'en étais parfaitement conscient, et pourtant je n'abaissai même pas voix. Oui, j'avais perdu mes moyens un peu plutôt, mais je restais tout de même le Kar Khan. Il fallait bien plus que quelques conventions pour me museler. De plus, je m'adressai à une barde, et au vue de l'histoire qu'elle avait précédemment déclamé, je me doutais bien qu'il en fallait un peu plus pour la déstabiliser.
En attendant une réponse, je me contentai d'observer la liste des boissons, tentant vainement de donner du sens à ces noms étranges, et à ces mélanges contre nature.
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