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Chroniques d'Irydaë
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 L'usage de la force. [PV: Edward Alday]

Adramus
avatar
Mar 21 Fév - 18:02
Irys : 224962
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
- Merci beaucoup, mon ami… Murmura l’homme, la voix tremblante. Sans vous, j’aurai perdu bien plus que ma petite fille…

Il serrait confusément l’enfant dans ses bras. Les yeux brillants de larme, et le front invisible sous l’épaisse tignasse bouclée de sa progéniture. Elle s’appelait Lara, huit hivers à peine, et pourtant elle avait failli ne pas voir celui qui allait débuter dans un peu moins d’un mois.  Adramus regardait la petite famille avec une tendresse imperceptible. Quelques grains de poussière, à peine, qui flottait sur son sourire. Ici, dans les Tsagaan Oi, survivre n’est qu’une question de prudence. Un enfant n’en est pas naturellement doté, c’est là ce qui les perd le plus souvent d’ailleurs. La jeune Lara, elle, avait cru bon de s’en aller un peu plus loin dans la forêt, pour trouver un présent à offrir à son ami du même âge qu’elle. La nuit tomba, mais elle ne revint point. Son père vivait avec quelques autres familles dans une petite grotte magnifiquement taillée dans la roche par leurs soins. Leur habile magie avait creusé des maisons à plusieurs pièces, voire plusieurs étages, et tout cela à l’abri de la montagne. Mais aucun d’entre eux n’était prêt à risquer sa peau pour s’aventurer de nuit et aller à sa recherche. Les ours infestaient le coin, et les enfants disparus n’étaient, malheureusement, pas si rares que ça. C’était tombé sur elle, un point c’est tout.

Adramus, lui, avait trouvé refuge auprès de la petite communauté pour se reposer un peu, et se préparer au périple qui l’attendait vers Khurmag. C’était sa prochaine destination. Le Khoral faisait, chaque année, des centaines de familles endeuillées dans son sillage. Si le guerrier pouvait en éviter quelques-uns, même juste un seul, cela valait la peine. Cette perpétuelle quête de gens à aider, cette hâte d’aller vers le danger, vers la mort. Adramus n’était, typiquement, pas quelqu’un qui voulait véritablement la paix dans le monde. Les gens comme lui, au cœur avide de la reconnaissance d’autrui, se retrouveraient assoiffés par tant de bonheur. Est-ce qu’un jour il aura le courage, et la sagesse, d’assumer cette facette si complexe de son caractère ? Nous verrons bien… Evidemment, lorsqu’il entendit parler de la petite fille perdue en pleine forêt, il rua sur l’occasion de rendre la pareille à ses hôtes. Il sentit venir les avertissements de tous les habitants du hameau, sauf du père, évidemment. Lui espérait réellement que ce vagabond aille à la rescousse de son enfant. Voilà pourquoi il y consentit sans demander son reste.

L’affaire ne fut pas bien difficile, au demeurant. Elle n’était pas si loin que ça, Lara, et répondit rapidement aux appels d’Adramus. Mais, que voulez-vous, les Kharaalis mettaient un point d’honneur à ne pas aiguiser leurs qualités martiales. Vu le temps qu’avait passé Adramus à vivre auprès d’eux, il s’y était habitué. Enfin, là ça devenait peut-être un peu trop proche de la lâcheté… Cela l’avait irrité pour un moment, mais il ne le montra pas à la petite fille, sachant déjà combien elle avait été secouée par les évènements de la nuit. Ils revinrent au milieu de la nuit, réveillant ainsi tout le monde au sein de la grotte. Nous nous retrouvons donc à leur retour, alors que le père étreint avec émotion son enfant revenue auprès de lui.

- Un peu de dignité, mon ami, je te conseille vivement de te préparer pour les fois suivantes. Il y a beaucoup de choses qui essayeront de t’enlever tout ce que tu possèdes. La vie est ainsi faite, la destruction l’emporte toujours. Apprends à t’en défendre, au moins autant que tes forces le permettent, et tu parviendras à garder ce qui t’es cher auprès de toi.

Il avait dit cela d’un ton paternel, moralisateur, comme à son habitude. Adramus n’était pas avare de conseils, mais la façon dont il les prodiguait pouvait en énerver plus d’un. Néanmoins, le père ne s’en offusqua pas, et il ne fit qu’acquiescer, le visage grave.

- Peut-être… puis-je vous remercier avec des provisions ? Ou même un peu d’argent ! Nous n’avons pas grand-chose ici, mais je me sentirais mal de vous laisser repartir les mains vides. Annonça-t-il, le visage tourné vers Lara, toujours dans ses bras.

- Si tu y tiens tant, répondit le voyageur, l’argent suffira. Tu en auras moins besoin que vos réserves, une fois que l’hiver commencera.

Il prit donc cordialement les pièces qu’on lui tendait, et consentit à rester pour le reste de la nuit, mais à l’écart des autres habitants. Chacun montrait son soulagement à la petite fille, alors que, comme Adramus, son unique souhait n’était sûrement que de dormir. C’est elle qui le réveilla d’ailleurs, à l’aube, alors qu’il s’était allongé sur une paillasse, une fourrure par-dessus lui. Il ouvrit les yeux sur un large sourire d’enfant, de quoi lui réchauffer le cœur alors que, dehors, une brume glacée flottait nonchalamment.

- Je vous apporte quelque chose à manger, dit-elle.

Elle lui tendit un morceau de pain, sur lequel étaient disposés des champignons blancs, qu’ils devaient trouver dans les cavernes naturelles voisines. Adramus se risqua à croquer. Ce n’était pas trop mauvais. Il avala la première bouchée sans difficulté.

- Merci, ma petite. Tu as pu te reposer, cette nuit ? Ils ne t’ont pas trop embêté ? Demanda-t-il, désireux de converser un petit peu.

- Non, ça va. Papa leur a dit que j’étais certainement fatigué, et ils m’ont lâchés peu après que vous soyez parti dormir.

- Parfait. Lança-t-il en croquant à nouveau dans son petit-déjeuner. Tu es une brave petite fille, ne perds jamais cette qualité, d’accord ? Rien n’est plus important que de faire face à la vie avec courage.

- Je sais, monsieur, ne vous en faites pas. Répondit Lara, un large sourire aux lèvres. Vous comptez aller où maintenant ?

- Hmm… Adramus fit mine de réfléchir, mais en réalité son itinéraire était déjà tout tracé. Je vais à l’ouest, vers Khurmag. Tu connais ce nom ? Là-bas, l’hiver est très dur, bien plus dur qu’ici. Ils auront besoin de moi.

-       Pourquoi vous aidez tout le monde, comme ça ? Demanda-t-elle, timidement.

- Parce que c’est pour ça que je suis né. Je ne suis pas malin, mais je suis fort. Même à ton âge, j’étais déjà fort. Il y a beaucoup de gens qui auraient besoin de ma force, plus que moi, alors je leur donne. Pour moi, c’est comme ça que j’aide à maintenir l’équilibre dans ce monde.

Il ne regardait même plus Lara. Ses yeux se perdaient dans le vide. C’est à ce moment que la petite fille songea à le laisser tranquille. Malgré le fait que c’était son sauveur de la nuit précédente, il restait tout de même intimidant, et elle ne voulait pas rester avec lui plus que sa gratitude ne l’exigeait.

Quelques dizaines de minutes plus tard, Adramus avait quitté la caverne ouvragée, dessinant un dernier adieu de la main à ses hôtes et à Lara. Il était satisfait de son bref séjour, mais l’heure était maintenant venue de reprendre la route. Cap à l’ouest ! Mais plus facile à dire qu'à faire. Le vagabond passa bien une heure à descendre l'abrupte pente recouverte d'une forêt de sapins. Il glissa, souvent, mais cela l'amusait en quelques sortes. Il s'aidait de son bâton de marche pour prendre appuie sur le sol d'épines brunes, et continua comme ça jusqu'à déboucher sur le vide. Pas bien haut, ne vous en faites pas, mais il surmontait bien la route de trois mètres environ. Mieux valait ne pas atterrir en trop mauvaise position, on pouvait bêtement y perdre une jambe sur cette affaire.

Il sauta donc, et prit soin de réatterrir à la fois sur le bout de ses pieds, mais aussi sur ses mains. Bien, voilà un obstacle de moins. Enlevant d'un revers de la main la poussière qui recouvrait ses vêtements, il leva distraitement les yeux pour voir si le petit éclair rouge qui avait l'habitude d'habiter son épaule n'était pas dans le coin. Aucun signe de lui. Peut-être avait-il trouvé quelque chose à grignoter un peu plus haut. Ma foi, il finirait bien par revenir. Au moins Adramus se trouvait-il maintenant sur un chemin plus praticable, même si la perspective de faire encore un peu d'acrobaties dans la forêt ne lui déplaisait pas. Par contre, est-ce que avoir atterri sur une portion de chemin sous les yeux d'un autre voyageur allait lui être aussi agréable ?
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Edward Alday
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Lun 13 Mar - 15:16
Irys : 103742
Profession : Marin
My'trän 0
Au milieu de ces montagnes, seul le cri des différents oiseaux parcourant les cieux de ces montagnes troublaient leurs quiétudes, C'était un de ces endroits ou la nature était seule maître et ou les fidèles de Delkhii sont seuls habitants. L'hospitalité de ces monts pouvaient être comparés a celle des océans, seuls les initiés pouvaient y vivre quotidiennement et a se nourrir aisément, pour les voyageurs occasionnels, ces étendues  n'étaient recouvertes que par la neige. C'est ce dernier point qui a encouragé Edward a s'y rendre, la présence de l'élément de Dalaï ainsi que la hauteur ou se déchainait les vents d'Amisgal avait quelque chose de rassurant.


Edward avait commencé sa traversé des monts deux jours plus tôt afin de rejoindre la ville d'Eoril au sud, des rumeurs sur l'activité portuaire de la ville avaient atteintes les oreilles du marin et il souhaitait donc voir de ses propres yeux si la prospérité de la ville était réelle ou si c'était une simple rumeur avec pour seul but d'attirer de nouveaux clients en ville. Edward espérait pouvoir utiliser la barque qu'il devait hériter de son père la bas afin de pouvoir amasser de l'argent et développer son projet de société de transport, mais avant de ramener la barque au port il souhaitait étudier le lieu et les environs. C'est ce projet qui avait amené Edward sur ces monts inhospitalier, le début de l'ascension avait permis au marin de s'habituer aux environs, mais la véritable épreuve avait commencé a l'approche des hauteurs avec l'apparition de la neige qui avait eu pour effet de ralentir sa progression tout en faisant chuter drastiquement la température. Edward avait réussi a trouver un abri a l'intèrieur des grottes pour passer la nuit. A l'aube du troisième jour, Edward empaqueta  toutes ses affaires et reprit la route. Il commença par descendre un peu le long du versant de la montagnes jusqu'a trouver une route, la perpective de croiser quelqu'un, un marchand avec carriole de préférence, ne lui aurait pas déplu. La traversée en solitaire pourrait plaire a un fidèle de Delkhii, Edward ne comprenait pas comment on pouvait préférer la présence étouffante de cet amas colossale de roche se hissant dans les hauteurs du monde jusqu'a empieter sur le domaine d'Amisgal aux magnifiques étendues céruléennes se déplaçant au gré des courants marin et des vents de l'architecte draconnique. 


Alors qu'il était perdu dans ses pensées sur les architectes, Un colosse tomba au milieu de la route, l'homme a la carrure imposante semblait avoir sauté directement sur la route sans être attardé sur les détails autre que la hauteur de la chute. L'homme portait une tunique lui permettant d'exhiber ses différents tatouages. L'apparition de cet homme tira immédiatement Edward de ses réflexions. 


Vous êtes perdu ?


Par cette simple question, Edward souhaitait signifier sa présence et montrer qu'il n'était pas quelqu'un d'hostile au cas ou il était face a un fugitif ou tout autre illuminé.


Code couleur d'Edward : #0099CC
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Adramus
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Mar 14 Mar - 17:01
Irys : 224962
Profession : Aventurier, maître d'armes
My'trän +2 ~ Mistral
Une voix étrangère raisonna non loin de lui presque aussitôt après l’atterrissage du voyageur. Raisonner ne pouvait pas être plus approprié, car une telle chute avait eu plus d’effets secondaires que prévu. Le crâne d’Adramus tanguait comme le ferait un navire au milieu d’une mer calme. De l’extérieur, rien ne peut sembler plus paisible, tandis qu’à l’intérieur on ballote d’un côté puis de l’autre comme un objet de divertissement pour l’océan. C’était presque exactement la même sensation pour notre pauvre acrobate. Il ne répondit donc pas immédiatement à la voix qu’il venait d’entendre, et ne savait même pas d’où elle pouvait bien provenir. Il se sentait seul, plongé dans une épaisse brume, et dû attendre quelques infimes instants avant que sa conscience ne reprenne le dessus.

Levant le regard, il balaya le paysage. Il était perché sur une sorte de promontoire surélevé par rapport au reste de la forêt en contrebas. La route remontait le long de la montagne, et surpassait alors la cime de quelques pins toujours verts, mais de ce vert un peu grisonnant, un peu malade, qui signifie tout de même l’épreuve que représente l’hiver pour n’importe quel être vivant. Toutefois, le guerrier laissa la place au poète dans l’esprit d’Adramus. C’était une facette, certes timide, certes discrète, certes souvent absente, mais sûrement la plus surprenante d’entre toutes. Beaucoup de gens s’étonnaient de sa force, à ce géant tatoué et au torse découvert par presque tous les temps, mais peu ont réellement eu accès à la véritable beauté de cette âme si prodigieusement pieuse. Il vénérait les cieux, comme un enfant vénère sa mère, de cet amour pur et exclusif qu’il ne réserve qu’à elle.

A cet instant, en voyant ce spectacle de vie endeuillée, endormie, il esquissa un sourire soulagé. La grande horloge du monde ne s’était pas encore déréglée, et chaque chose avait encore une place, un destin bien particulier, et ne s’en éloignait pas. C’était quelque chose de profondément rassurant, lorsque l’on était habitué à voir son monde et ses habitudes évoluer chaque jour qui passe. Une seule chose à laquelle se raccrocher : le monde lui-même, et son caractère résolument neutre et indifférent face aux hommes. Il resterait toujours le même, peu importe l’endroit, peu importe la mort. Les Architectes avaient créé une entité parfaitement stable, dénuée de toute entropie, qui ne faisait que suivre un cycle écrit il y a des millénaires et qui se répétait sans cesse. Une fois dans cet état de quiétude propre aux seules véritables hommes d’arme, il se sentit enfin prêt à répondre à son interlocuteur. Le discours aurait été par trop incohérent sinon.

- Non, je pense savoir où je dois aller, mais merci de t’inquiéter, camarade. Prononça-t-il sans même regarder Edward.

Puis il pivota la tête seulement, le reste du corps demeurant face à ce champ de soldats verdoyants, alignés en rangs étroits, et pointant le soleil grâce à leur crâne gigantesque. Il n’arborait aucun sourire, mais le ton de sa voix devait suffire à transmettre ses véritables, et somme toute très pacifiques, intentions.

- Et toi ? Puis-je te demander ce que tu cherches dans ces montagnes ? Crois-moi, à part des Hommes des Cavernes, il n’y a rien au-delà de cette route. Le seul moyen de tomber sur une ville, c’est d’aller là d’où tu viens.

Il le savait, car c’était exactement la faute qu’il avait commise quelques jours plus tôt. Croyant être sur le bon chemin pour se rendre sur le littoral de Zolios. De là, il voulait remonter vers Khurmag et ses plaines bientôt frappées par le Khoral. Malheureusement, il avait avancé trop longtemps, et n’avait pas tourné au bon carrefour pour rejoindre le pays des adeptes de Süns. Résultat, il s’était retrouvé à monter, encore et encore, jusqu’à débouler sur ces petits villages à-même la montagne. S’il pouvait éviter à un autre voyageur de faire la même erreur, et de perdre du temps, il fallait sauter sur l’occasion. Ceci étant dit, Adramus pointa du doigt la forêt de conifères sous leurs yeux.

- Il doit y avoir une intersection, que toi et moi n’avons pas vue, et qui traverse cet endroit-là pour rejoindre les côtes ou le centre du pays. Monter là-haut ne sert à rien, malheureusement. J’ai eu la bêtise de le faire quelques jours avant toi.

Il aurait pu dire ça de manière burlesque, mais il préféra esquisser un simple sourire. Cela ne l’avait pas vraiment dérangé de s’aventurer aussi loin. Tout voyage est bon à entreprendre, et on ne se perd jamais vraiment lorsque l’on sait survivre un peu partout. Par contre, il n’avait aucune idée des compétences de l’étranger, même s’il n’y avait pas de doute sur sa témérité. Il voyageait à pied, tout comme Adramus, ce qui représentait déjà un défi de taille.
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