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Chroniques d'Irydaë
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 [Capitale] ~ Eoril

Bolgokh
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Mar 25 Oct - 0:24
Irys : 35029
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Eoril


Histoire

Les prémices d’Eoril remontent à des temps plus anciens que ceux connus par les mortels. Il est dit dans les récits et légendes qui accompagnent le quotidien des My’träns que les premiers Immortels sculptèrent une statue à l’effigie de Süns pour en glorifier la magnificence, puis en firent don à leur chère et tendre Architecte. En ces temps encore heureux, l’histoire raconte qu’elle était faite d’une pierre plus blanche et pure que la neige, un marbre immaculé à l’égal de la création des Dieux. Jumeaux parfaits et absolus, Süns et Khugatsaa arboraient d’ailleurs le même plumage nacré, témoignage de leur rôle au sein des autres Architectes. Le temps passa néanmoins, et si la guerre contre les Immortels ne vint point tâcher ce tableau, les conséquences dramatiques de leur nouveau statut de mortels vint frapper les griffons de plein fouet. La suite est connue de tous les Irydars : Süns sacrifia son destin et accepta de se parjurer pour sauver son frère d’une irrémédiable auto-destruction. Si elle parvint à rendre un sens à sa vie, ce pacte passé avec des forces qui la dépassaient vint recouvrir son corps et ses plumes des larmes noires de son sacrifice. Elle perdit le privilège d’être blanche et porterait désormais le poids de ses crimes pour préserver l’avenir de son frère. On raconte que cette statue, faite d’un matériaux volcanique inconnu, subit le même sort : liée à Süns qu’elle représente, sa roche si immaculée s’obscurcit d’une encre éternelle et profonde à l’instant où l’Architecte accepta de troquer son destin. Elle ne retrouva plus jamais sa couleur d’antan depuis ce jour tragique.

Les fidèles de Süns décidèrent alors de bâtir ce qui deviendrait plus tard la grande et belle Eoril en prenant pour cœur et centre cette statue déchue. Cela, en témoignage de leur soutien et de leur amour envers l’Architecte qui fit le plus beau des dons, celui d’elle-même. Ils optèrent tout d’abord pour des quartiers en anneaux autour de son effigie, mais cela causa très vite des problèmes d’organisation. Ils reconstruisirent donc, et définirent cette fois-ci le squelette en double triangle de la cité, séparés d’une immense avenue centrale dont tous les rayons aboutissent à la statue de Süns. La capitale s’agrandit ainsi paisiblement au fil des années, attirant dans la région l’intérêt et les finances nécessaires à la création de villages alentours.

Cité sans déboires ni événements palpitants, ce ne fut que le dix-septième d'avril de l'an 889 qu’Eoril eut enfin l’occasion de se révéler dans toute sa splendeur. Dommage que cela ne fut possible que par l’arrivée d’un malheur terrible… C’est en effet à cette date que débarquèrent par surprise les troupes de Lenora Boëlyn, Daënars assoiffés de revanche et de conquêtes que personne n’attendait sur cette partie du continent my’trän. Pris de court, les pertes furent terribles et la cité ne put opposer pratiquement aucune résistance : toute tentative fut violemment balayée en un instant. Les Daënars s’installèrent durablement et commencèrent à organiser la suite de leur invasion, grâce à ce premier point d’ancrage et base de réapprovisionnement brillamment obtenu. Cela fut néanmoins sans compter l’esprit combatif et très engagé des fidèles de Süns, habitués par leur éducation à engager leur vie s’il le faut pour le bien commun. Les envahisseurs découvrirent ainsi une résistance farouche et incessante, plus redoutable qu’un feu de poudre : sabotages de grande envergure, attentats, opérations d’infiltrations, espionnages et autres joyeusetés se succédèrent et ne cessèrent de s’amplifier malgré tous leurs efforts pour contenir les foules. Cette guerre interne dura cinq longues années fort sanglantes où des exécutions massives et des punitions terribles furent organisées pour tenter de réprimer les Résistants - sans succès. Jusqu’à ce qu’un jour les actions des habitants d’Eoril furent suffisantes pour permettre aux forces my’träns de reprendre le pouvoir et bouter Lenora Boëlyn hors du continent. Il va sans dire que les fidèles de Süns tirent une très grande fierté de ce passage de leur histoire, malgré les nombreux dommages collatéraux. C’est la preuve qu’ils ont été capables d’accomplir leur destin de bouclier afin de protéger autrui.


Description
Plan schématique d’Eoril:
 

Contrairement à la philosophie mouvante de ses fidèles et à ses tourelles aériennes, les fondations d’Eoril se veulent anguleuses, un vaste carré qui affleure des forêts et forme les portes d’accès à l’océan ainsi qu’à l’est du pays. Cette méticuleuse organisation est la clé de voûte de la rigueur et du sérieux auxquels s’astreignent les mages du feu. Puisqu’il y a un temps pour tout, il fut logique de construire la capitale avec une séparation claire des activités : il était impensable de bénéficier d’un repos bien mérité immédiatement à côté de son atelier, ou pire encore, des tavernes qui abritent toute la nuit durant les buveurs émérites. L’on construisit dans cette optique une ville certes carrée, mais séparée par une diagonale qui forme aujourd’hui l’avenue principale d’Eoril. Cette dernière permet la séparation de deux quartiers triangulaires, d’ailleurs très justement nommés par les habitants « triangle inférieur » et « triangle supérieur ». N’allez pas cependant y voir une marque de jugement péjoratif ou mélioratif dans ces adjectifs, ils sont simplement le témoignage de cette localisation géographique qui perdure depuis des siècles.

Le triangle inférieur est dédié au calme, au repos, et donc par extension aux quartiers résidentiels. Il est très mal vu de contrevenir au respect de ce lieu de vie, qui ne doit pas être source de festivités, de pollution sonore ou de bagarres inconvenantes. Les seules exceptions tolérées qui ne risquent pas de vous attirer les foudres divines de vos voisins restent bien entendu les naissances, décès, et tous ces passages de la vie qui peuvent frapper une famille à tout instant. Dans ces occasions-là, il n’est pas rare de descendre dans la rue pour clamer et partager son émotion avec les habitants alentours, car il y a peu de choses aussi précieuses à leurs yeux que le même sang qui coule dans leurs veines, à l’image de l’amour familial que porte Süns à Khugatsaa.

Le triangle supérieur, pour sa part et vous l’aurez deviné, regroupe en son sein la zone d’affaires de la capitale et les rues dédiées à l’amusement et au divertissement de la population. On y trouve notamment de grands amphithéâtres dont l’architecture imposante et magistrale de marbre, de verre et de pierres précieuses taillées, est conçue pour réverbérer le son et en tirer une qualité rare. Les spectacles divers et variés s’en arrachent les programmations, même s’il est tout à fait possible de réserver des salles beaucoup plus humbles pour les compagnies débutantes ou peu connues. Plus discrète également bien que véritable joyau caché d’Eoril, la Bibliothèque de Zolios y tient scrupuleusement sa mission principale d’archivages et de classement d’une partie des savoirs my’träns. C’est dans l’un de ces grands palais que le Gharyn officie et livre ses verdicts réguliers, près des casernes qui abritent la milice locale et régule l’ensemble de la région. En outre, il serait dommage de ne pas visiter lors de vos pérégrinations les quartiers « chauds » d’Eoril. Et oui, par chaud, nous entendons toutes les nuances acceptées du mot… D’ordinaire terrain dominé et revendiqué par la jeunesse, ces rues où l’alcool coule à flot et la danse se veut affriolante, attirent régulièrement leur lot de vétérans habitués.

Le centre de ces deux triangles se recoupe sous la forme d’une place centrale, extrêmement fréquentée et connue, dont la vie quotidienne est marquée de nombreux événements. Des marchés s’y tiennent régulièrement, et elle est également le lieu de passage incontournable pour toute traversée éventuelle de la ville par les caravanes, itinérants ou encore commerçants venus de loin. Elle se caractérise par l’immense temple dans lequel officie le Khorog, dédié à Süns, ainsi que la statue d’obsidienne représentant cette dernière qui orne le cœur de cette place. Dressée sur ses pattes arrières, gueule ouverte et ses larges ailes déployées comme des voiles, cette sculpture grandeur nature se pare de reflets translucides sous la caresse du soleil. Il est à noter que s’il est possible d’entrer par trois portes principales dans la ville (Nord-Ouest, Nord-Est et Sud-Est), seuls les riverains sont autorisés à entrer par l’angle Sud-Ouest d’Eoril, accès direct au triangle inférieur et aux résidences, afin de ne pas provoquer d’afflux et de passages inutiles et bruyants. Enfin, si Eoril dispose bel et bien d’un port, la décision fut prise de laisser la majorité des activités principales maritimes à Aseoru, ville portuaire officielle de Zolios.


Politique

Malgré la réputation négative de la politique agressive des fidèles de Dalai, ceux de Süns arrivent régulièrement et très volontiers à leur faire concurrence. C’est que les My’träns, trop habitués à confronter les délires et caprices conquérants de Zagash, ont tendance à sous-estimer régulièrement le potentiel guerrier de Zolios. Bien entendu, les différents Gharyn et Khorog ont très vite compris qu’il leur faudrait établir une politique viable et pacifique sur le long terme s’ils voulaient se faire oublier et plus innocents qu’ils ne l’étaient : c’est de cette volonté qu’est née la vocation d’Eoril à s’auréoler de festivité et d’une expertise dans les arts du spectacle. Mais prenez garde au feu qui dort… Les Dirigeants de Zolios ont été les premiers à crier à l’infamie face aux agissements de Zagash, dont sa tentative de s’accaparer toujours plus des terres de Khurmag. Leur politique n’est ainsi pas toujours paisible et pacifique, loin de là. Touchez leurs cordes sensibles, les sentiments personnels et fraternels, et vous découvrirez une région impliquée dans la politique et la gestion mondiale et nationale.

Néanmoins humanitaires et de très bons conseils à tête reposée, ils ont su gagner la confiance de Suhury et n’hésitent que rarement à opter pour des consensus viables pour tous les partis en présence. Ayant conscience du passé trouble de leur Divinité protectrice, ils sont en revanche très frileux sur la question des Anomalies… Si vous êtes témoins sur leur sol du moindre problème en lien avec cette déviance, vous serez instamment prié de faire comme si vous n’aviez rien vu sous peine de représailles fort désagréables. Angoissés à l’idée que l’on puisse leur reprocher leur haut taux de contamination, et que l’on s’en serve contre eux et surtout contre leurs frères bien aimés de Khurmag, les hauts dignitaires d’Eoril ont imposé des règles très strictes de silence officieux et de secrets à garder dans la tombe. Vous savez, cette manie qu’ils ont de s’imposer un contrôle intense de leurs émotions ? Hé bien, ils font exactement la même chose avec ce qui échappe trop à leur maîtrise : ils étouffent le problème jusqu’à ce que celui-ci leur explose au visage. En contrepartie, il est vrai que la corruption par exemple ne touche que très peu la capitale. Leur devoir de sacrifice de soi est tel qu’il prime même en politique et au travers des agissements des Khorogs et des Gharyns, certes pas toujours très éclairés, mais au moins souvent de bonne volonté.

Relation avec les autres nations :
Eoril <=> My’trä = Dépendance [Alliés]
Eoril <=> UNE = Méfiance, mais les intérêts priment [Neutralité fragile]


Économie

Outre les secteurs d’activités communs à l’entièreté de la région de Zolios, Eoril a dû apprendre à se démarquer économiquement parlant des autres villes alentours afin de maintenir sa légitimité de capitale. Intéressée par l’étrange nature de son sol, elle s’est donc tout d’abord penchée sur la question de la culture. N’oublions pas en effet que les nombreux sédiments qui parsèment sa terre sont une véritable épine dans le pied des quelques cultivateurs qui s’acharnent encore à rendre florissant leurs hectares de fruits et de légumes, et s’il y a bel et bien des exceptions avec l’existence de champs fertiles, cela relève très souvent et pour beaucoup des efforts acharnés de leurs propriétaires. Dans ce contexte, donc, imaginez la renommée qu’Eoril est parvenue à retirer par la création de pans entiers réservés à la vigne, dont les plans semblent se porter à merveille et fournissent chaque année un nectar divin ! Véritable tour de force et fruit de nombreux millénaires d’études et d’adaptation, les habitants de la capitale sont ainsi devenus capables de tirer parti de la diversité des minéraux présents dans les sols pour créer des terroirs inimitables et extrêmement riches. Ces hectares sont équitablement répartis autour de la cité bien qu’ils soient plus nombreux au Sud-Est, là où le soleil peut le mieux les atteindre afin qu’aucune vigne ne gèle possiblement en hiver. L’année est par ailleurs rythmée par les viticulteurs et vinicoles de la capitale qui imposent à la cité de grands moments incontournables comme les vendanges ou la dégustation des premiers vins. Il est à noter que ce commerce particulier place derechef Eoril en tant que principale concurrente mondiale de Rathram, son alter ego daënar. Certains grands noms de domaines s’imposent de fait comme maîtres dans leur spécialité et s’expatrient très bien aux quatre coins d’Irydaë : le Sable de l’Ünench pour le rosé, le Franc Chamaria pour le blanc et les Coteaux Pourpres pour le rouge. Il en existe bien entendu beaucoup d’autres, même s’ils ne bénéficient pas d’une aussi belle renommée.

A présent que les plus fins buveurs d’entre vous sont rassurés, sachez qu’Eoril saura également vous satisfaire avec sa connaissance particulièrement poussée des divertissements. Elle s’est notamment spécialisée dans les arts du spectacle, à commencer par celui du Cirque. Acrobates, dompteurs, et effets spéciaux en tout genre sauront vous surprendre si vous prenez place dans l’un de ces nombreux chapiteaux itinérants ! Attention toutefois, rien n’est jamais gratuit. Ces artistes et professionnels du corps humains ont ainsi appris à utiliser les bienfaits des Architectes et leurs dons propres dans le but de faire rire et rêver la foule – mais aussi et surtout de pouvoir vivre de leurs contorsions. S’il est très loin d’être rare de croiser l’une de leurs caravanes sur les chemins de Zolios, peu s’aventurent malgré tout derrière les frontières des autres régions de My’trä. Mis à part peut-être Khurmag et Kharaal Gazar qui du fait de leurs relations privilégiées bénéficient d’un tourisme assez élevé de la part des fidèles de Süns, ces derniers ne tentent que fort peu souvent de se faire connaître à « l’étranger ». Et pourtant… ! Leur rareté à l’extérieur leur garantit un succès financier de grande envergure, et c’est d’ailleurs ce qui a permis à deux ou trois Compagnies de cirque de s’imposer parmi les noms à connaître lorsque l’on s’intéresse au milieu. La plus imposante et la plus incroyablement connue se fait appeler la Grande Compagnie du Cirque Solaire, ou GCCS pour les habitués. Y travailler est le signe que vous êtes compétent, et l’on raconte même que l’un de leur dresseur, disciple d’Orshin, présente régulièrement à la foule des animaux parmi les plus exotiques tel qu’un matar ou encore un aimshgiin apprivoisés. N’oublions pas non plus les classiques cracheurs de feu et les frères hypnotiseurs de Khugatsaa… La GCCS s’est d’ailleurs allié récemment avec ses deux concurrents directs, la Caravane Colorée et l’Étoilé pour créer une école de cirque entre les murs même d’Eoril afin de dispenser un savoir concret et professionnalisant sur cet art à part entière.

Au-delà de ces deux principaux secteurs d’activité Eoril étend son économie à l’art de la danse. Dans ce cas précis pas toujours payant, toute une kyrielle de spectacles sont organisés chaque mois dans la capitale. Ils s’ancrent soit dans des salles conçues pour la représentation, soit prennent place à des endroits improbables telles que les rues elles-mêmes et les places publiques les plus actives de la cité. Il s’agit bien souvent de performances artistiques données par des troupes indépendantes et surtout amatrices dans le but à long terme de se faire connaître, les professionnels ayant pour leur part des salles de spectacle attitrées et des programmations précises dont les places peuvent parfois être chèrement acquises. Même si tous les types de danses sont abordés, la spécialité d’Eoril consiste en des gestes amples, des longs drapés soyeux et des jeux de lumières, de reflets et de matières par le mouvement. Souvent souple et aérien, le geste se doit d’être sensuel mais s’achève régulièrement sur des torsades rythmées et endiablées. S’il y a duo, toute la complexité de la danse devient alors de ne jamais toucher pleinement l’autre, sans jamais cesser de l’effleurer ou de le frôler.


Force armée

En tant que capitale Eoril dispose bien sûr de son propre dispositif de surveillance et de régulation des crimes. Scindé en deux sections à part entière et non interchangeables, leurs devoirs envers les concitoyens s’articulent autour de deux thématiques très distinctes. Le premier ordre de cette « milice » n’est en réalité pratiquement pas armé, et ne s’occupe de criminalité que dans de très rares cas. Officiellement nommés Marcheurs, les membres de cet organisme ont pour but de parer à toutes catastrophes naturelles dans la cité et ses environs. Et par naturelle, nous entendons plutôt acte inconscient d’un adolescent écervelé n’ayant pas encore assimilé les responsabilités inhérentes à sa maîtrise du feu… Garde-forestier et agents anti-incendies, ces hommes et ces femmes se tiennent donc prêts à toute heure du jour et de la nuit à utiliser leurs pouvoirs pour éteindre tout départ de flamme, même minime. Dans une région aussi sèche et venteuse, des cendres mal gérées pourraient avoir des conséquences drastiques. Entrer dans ces rangs n’est pas une mince affaire, puisqu’il vous faudra de toutes évidences acquérir une très haute maîtrise de votre art : il faut un sang froid à toute épreuve pour gérer une forêt sur le point de partir en fumée, ou encore voler la maîtrise d’un feu à son créateur fou. Ces postes sont en général tenus par d’excellents mages de Süns dont les plus gradés ont la capitale elle-même à charge. La hiérarchie suivante se répartit les villes et villages de Zolios afin que tout le territoire soit couvert en cas de problèmes. Sachez qui plus est que les Marcheurs sont très appréciés des habitants. Ces agents aux grands pouvoirs ont su se bâtir une réputation de protecteurs bienveillants, raison pour laquelle ils sont respectés et aimés, y compris dans des conditions difficiles. Fait étonnant, ils ne dépendent en aucun cas du Gharyn d’Eoril, contrairement au système politique traditionnel des My’träns. Leur supérieur direct n’est autre que le Khorog de la capitale, seul habilité à leur donner des ordres immédiats. Ce n’est guère étonnant si l’on considère que pour les fidèles de Süns, tout ce qui a trait à son don divin - le feu - ne doit dépendre que d’elle et de nul autre. Qui est mieux placé que son représentant mortel, incarnation de leur lien spirituel avec elle ?

Comme toute ville de grande surface et de diversités, le taux de délits est plus élevé à Eoril que partout ailleurs dans la région. Il n’est pas rare qu’il y ait des altercations, des vols, ou des soucis d’énergie mal dépensée notamment chez les jeunes. Les quartiers fêtards de la cité ne parviennent pas toujours à catalyser cette nervosité latente qui peut les rendre colériques, même si elle l’amoindrit déjà considérablement. Fort heureusement il ne s’agit toutefois dans la majorité des situations que de crimes mineurs à moyens, le meurtre restant un fait inhabituel. C’est du moins suffisant pour que la seconde section du dispositif de surveillance soit chargé de la protection et du contrôle direct de la population. Milice telle qu’on l’entend au sens militaire du terme, les patrouilles sont très nombreuses et fréquentes, et les gardes peu ouverts à l’humour ou à la perte de temps. Ils ont la poigne forte, la lame acérée, et n’hésite pas à faire ce qu’il faut pour que l’ordre demeure à Eoril ! Il faut au moins cela pour tenir la bride aux fidèles de Süns. Ils n’ont de plus vraiment pas un rôle facile à tenir… Car n’oublions pas que Zolios reste la région dans laquelle le plus d’Anomalies naissent. Ce phénomène est décuplé par trois ou quatre dans la capitale à cause de la grande concentration d’habitants. Et qui dit Anomalies… Dit comportement dégénérescents, et surtout, Régisseurs. En effet, des ombres inquiétantes circulent de jour comme de nuit dans les rues d’Eoril, et nombre de gens disparaissent horriblement sous la férule des terrifiants Régisseurs qui écument la zone sans relâche. Et il arrive régulièrement que des dommages collatéraux soient à constater, même sur les habitants non Anomalies… La Milice se retrouve donc à devoir composer avec les uns et les autres pour le bien commun de la cité, et ne cesse de faire tampon entre ces êtres divins et les citadins qu’ils doivent protéger. Les gardes mènent par conséquent une traque permanente et extrêmement brutale des Anomalies à Eoril, dans l’espoir d’éliminer le problème à sa source et donc de désintéresser les Régisseurs, plutôt que de se confronter à eux, ou pire, attendre que ces derniers détruisent tout. N’allez pas espérer vous faire prendre en pitié, la survie de la cité passe avant toute chose. Cette tentative de désengorger la contamination massive par l’annihilation du moindre infecté a pour répercussion immédiate une profonde suspicion des habitants, une paranoïa collective, ainsi que de nombreuses dénonciations et règlements de compte. Il y a peu de choses qui les fasse davantage frémir qu’un Régisseur à leur porte.


Peuple et densité

Ville la plus peuplée de Zolios, les habitants d’Eoril ont cela de particulier que tous leurs traits de caractère habituels en sont exacerbés. Au vu des exodes massifs et réguliers des populations vers la capitale à chaque périodes phares de l’année, ceux qui y vivent à plein temps ont commencé à développer une légère tendance au chauvinisme local et poussé. Les jeunes générations sont particulièrement touchées par ce phénomène, capables de se montrer assez imbues d’elles-mêmes lorsqu’elles croisent le chemin de quiconque vivant en zone rurale. Comment pourrait-on accepter de vivre loin de la ferveur des nuits dansantes et chantantes d’Eoril, où les breuvages coulent à flots, si ce n’est pas par manque profond de goût… ? Cela, jusqu’à ce que la taloche vigoureuse et bien placée d’un ancien ne les remette strictement à leur place et ne leur apprenne une once d’humble respect.

Il y a d’ailleurs par trop souvent une certaine incompréhension entre les générations, adultes, enfants et grands-parents n’étant que trop peu souvent sur la même longueur d’ondes pour entretenir des relations saines. Le fardeau du feu n’est pas le plus aisé à porter mais donne à terme une grande sagesse à ses fidèles, si tant est qu’ils acceptent de se prêter au jeu. C’est pour cette raison que les adultes n’hésitent jamais à se montrer très rigides et exigeants lorsqu’il s’agit de calmer leurs progénitures, une éducation qui peut parfois paraître un tantinet trop extrême pour les étrangers. Mais comprenez que si cette étape cruciale de l’apprentissage du respect et du sacrifice de soi est ratée, les fidèles de Süns offre au monde un potentiel danger vivant… Ce qui reste inadmissible dans les enseignements de leur culture. Au-delà de ces quelques points, rien ne les fait diverger d’un habitant standard de Zolios.


Traditions

Capitale dressée en l’honneur de Süns la majestueuse, Architecte du feu et donc souvent reliée à l’astre solaire qui en symbolise la puissance, Eoril ne pouvait décemment pas passer à côté du retour tant attendu de l’été. Le premier jour officiel de la période estivale est par conséquent secondé d’une fête nationale où tout un chacun à Zolios est invité à venir participer afin que les célébrations soient à la hauteur du griffon noir et de ses bienfaits. A cette occasion, une vaste parade est organisée avec tout ce que la cité compte d’artistes, de cirques, et d’animations. L’immense procession franchit la foule et les quartiers, un par un, jusqu’au cœur d’Eoril signalé par la statue à l’effigie de Süns, derrière laquelle siège le Khorog local. Il est alors de coutume de laisser une offrande sur la place, aux pieds de l’Architecte bienveillante, pour signifier sa gratitude et s’attirer de bonnes auspices pour l’année à venir. Il s’agit en général de nourriture, mais les habitants n’étant que peu regardant car seul le geste du sacrifice et du don de soi compte, il est souvent possible de découvrir des cadeaux totalement absurdes et inédits. La place centrale restera par la suite quasiment inaccessible durant plusieurs jours le temps que les autorités compétentes soient parvenues à déblayer les monceaux d’offrandes déposés ce premier jour d’été. S’il existe comme partout des Hommes corrompus, la tradition exige que la nourriture soit redistribuée aux plus nécessiteux et que les Irys servent à financer des améliorations pour la ville. L’on dit que c’est un événement qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie. Par ailleurs, les jours suivant sont également sacrés pour la population, période de l’année où les peintres et les artisans escaladent les grandes tourelles de verre pour les recouvrir d’une couche de pigments opaques, comme des vitraux. Elles serviront de protection durant tout l’été contre l’omniprésence du soleil, tout en dessinant dans les rues des arabesques colorées. Une fois l’hiver venu, ces couches seront méticuleusement grattées et nettoyées pour ne plus laisser à nouveau que le squelette cristallin d’Eoril.

Autre tradition mineure mais non moins négligeable, la cité est régulièrement marquée au cours de l’année par les différentes périodes qui animent le travail des vignes. Ainsi septembre est le mois incontournable des vendanges : chaque habitant en âge de prêter main forte et sans tâche prioritaire est cordialement sommé d’aider à la cueillette du raisin frais. Les voyageurs assistent alors au spectacle de cette nuée d’habitants qui œuvrent dans les vignes comme des abeilles à l’aurore, car la chaleur des journées est susceptible d’abîmer les fruits. Il est communément admis que le Responsable du domaine doit par la suite offrir le déjeuner en reconnaissance du travail accompli. Cela se traduit souvent par un buffet libre et ouvert dans les champs où chacun peut apporter une part de nourriture (volaille, fruits, légumes, sucreries…). Il faut ensuite attendre deux mois minimum durant lesquels les premiers breuvages sont finalisés, et ce n’est qu’en novembre que la dégustation des vins primeurs est effectuée. N’importe qui peut venir goûter l’une de ces jeunes bouteilles dans une taverne d’Eoril, toujours moins chères que celles qui seront mises à vieillir afin d’en peaufiner les saveurs.

Enfin, ce qu’il vous sera le plus important de savoir si d’aventure vous décidez de visiter Eoril, concerne le profond respect qu’ont les habitants pour la séparation des quartiers. N’allez pas vous aviser de faire du bruit et de provoquer des problèmes dans le Triangle inférieur, vous risqueriez de vous apercevoir qu’il s’agit d’un acte presque criminel. Tout comme il est très mal vu de paresser dans le Triangle supérieur qui se doit d’être animé et/ou travailleur ! Si la ville a été définie comme cela, c’est bien pour que l’ordre et l’organisation en soient respectés. Tous les habitants savent cela et ont ancré en eux cette règle tacite et absolue – et les enfants qui l’ignorent encore le découvrent très vite à leurs dépens.
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