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Chroniques d'Irydaë
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 Réparer les vivants [PV: Sanaë][Terminé]

Hyperion Radchen
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Jeu 8 Fév - 20:58
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Le grand déménagement avait commencé, enfin grand, c'était une façon hyperbolique de voir les choses, car ni Hypérion ni Sana ne pouvait vraiment se targuer d'avoir beaucoup de possessions, pour l'un l'ensemble tenait dans une boite de pièces détachées sanglées à l'arrière de son armure, pour l'autre un simple sac à dos avec quelques vêtements et une cane en bois.
Les deux s'étaient retrouvés à la sortie de l’hôpital. Ils c'étaient regardées comme deux voyageurs se retrouvant sans aucune voie à suivre, uniquement une destination, et tous les moyens de transport du monde pour l'atteindre.

Et assez ironiquement la première étape du voyage avait été de ne pas bouger. Le jeune homme prit connaissance de l'état de Sanae, s'inquiétant de tout et de rien avant de voir le garde du corps de Sanaë s'approcher.
Il ne doutait pas des bonnes intentions de cet homme, mais clairement le jeune homme le voyait comme quelqu'un de trop. Mais il eu la bonté de garder cela pour lui pour ne pas embêter la jeune femme avec ses pensées internes.
Le chemin jusqu’à leurs nouvelle demeure fut long et supposa l'utilisation du train jusqu'à Skingrad avant d'emprunter un bateau à vapeur pour arriver au village dont il lui avait tant parlé. Ce village se situait à l'orée d'une jungle dense que l'on disait riche en monstre de tout type, heureusement pour les villageois un solide mur d'enceinte et des sentinelles de la milice en gardait le périmètre. Au final ce village se révélait plutôt sur, et bien plus calme que les grandes villes.
Le bateau s'arrêta sur un quai en bois qui n'était pas souvent utilisé par des touristes et ils durent laisser le temps aux marins de décharger des caisses de ravitaillement, et au vu de ces dernières, il n'y avait pas de doute sur le contenu : des obus de petits calibre et beaucoup de munitions.
Une fois débarqué, le jeune se tourna vers la jeune femme en voyant des habitants arriver joyeusement vers eux

-Voilà l'endroit ou j'ai été Sana, ces gens ont fait un appel à l'aide pour se débarrasser d'un animal qui s'en prenait à eux pendant la nuit, je ne sais pas pourquoi, mais je me suis dit...

Hypérion regarda ses mains de fer, contemplant les doigts de fer et l'énorme fauchard qui était rangé dans sa jambière avant de soupirer doucement


-Je me suis dit que je pouvais leur être utile, le petit Hypérion est bien fragile, mais l’Hypérion d'acier lui est bien plus robuste et peut mettre cette robustesse au service des autres

Plusieurs personnes s'avancèrent joyeusement en reconnaissant le colosse qui les avait débarrassés de la maudite bête, tout le monde désireux de remercier encore une fois le géant de fer venant du nord.
Le jeune homme avait prévenu le chef du village et il attendait au bout d'un groupe tendant une clé non pas au colosse de fer, mais à Sanaë
En effet, il avait été plutôt clair: la maison n'était pas vraiment pour lui, mais bien pour la jeune femme avant tout. Le vieil homme donna un bref sourire avant de déclarer


-C'est avec plaisir que je vous offre une maison dans notre village madame Eshfeld, après tout c'est le moins que l'on puisse faire pour la compagne de notre sauveur, il y a quelques travaux à faire dedans mais j'ai pris soin d'envoyer des bûcherons vous apportez du bois et d'autres matériaux pour vous y aider. Si quelque chose ne va pas n'hésitez pas à venir me voir.

La petite fête dura encore quelques minutes avant qu'un guide ne les amène devant la battisse. Hypérion n'avait pas vraiment réagi au terme compagne, car d'un part il n'avait pas compris la signification des mots et d'une autre il avait été trop concentré sur la jeune femme pour s'en rendre compte.

La maison était plutôt grande, située en hauteur, suffisamment haute pour donner une vue au-dessus des murs en contrebas, ce qui laissait un large panorama sur la jungle.
L'état n'était pas exceptionnel et beaucoup de travaux étaient à prévoir, mais Hypérion prit le partis de sortir de son armure pour prendre la jeune femme doucement dans ses bras


-Et voilà la maison que je t'avais promise ! Il y aura des travaux à faire, mais je suis sûr que nous nous y plairons ! Ne t'en fais pas, des gens viendrons nous prêter main forte pour la réparer, tu verras, ils sont très gentils !


Il ponctua cette phrase par un petit câlin, attendant la réaction de la jeune femme devant sa future maison


Dernière édition par Hyperion Radchen le Lun 26 Fév - 22:43, édité 1 fois
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Sanaë Eshfeld
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Ven 9 Fév - 11:24
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Avant de pouvoir envisager de commencer une nouvelle vie, Sanaë devait s'acquitter de l’ancienne. Elle dû se rendre chez le notaire familiale afin de régler les derniers détails concernant l’horlogerie, ou tout du moins ce qu’il en restait à savoir : une pile de décombres. Très tôt, la jeune femme avait exprimé son refus de la faire rebâtir, toute belle, toute neuve, mais remplis de souvenirs doux-amers pervertis par le sang et la souffrance. La chose était donc inconcevable pour elle et comme elle se retrouvait dans l’incapacité de tenir un simple tournevis en main sans trembler, abandonner purement et simplement parut comme une évidence. Parmi ses frères, certains la comprenaient, prenant conscience de tout ce qu’elle avait du endurer, traverser et qu’elle se retrouvait, à présent, à devoir affronter tête basse. Les autres en revanche, lui reprochaient son manque de combativité, l’abandon de l’héritage, de l’histoire familiale… Mais cette fois, Sanaë réagit, calme comme à son habitude :

- Que de belle paroles, mes frères… Combien d’entre vous serait capable de différencier un mouvement d’un autre ? Combien serait capable d’expliquer le fonctionnement d’une montre, d’un balancier ? Que savez-vous des clients que nous servions, de nos livres de compte ? Aucun, ça, j’en suis certaine, je vous connais. Vous avez tous choisi votre voie, tournant le dos à cet héritage et je ne vous l’ai jamais reproché, il me semble. Au contraire, si je me souviens bien, je vous ai soutenu, toujours...Et là, après tout ça, vous osez me faire ce reproche absurde et injuste ? Si vous tenez à cet héritage, plus qu’à votre sœur, je vous invite à apprendre les bases de l’horlogerie, et je ne parle pas de simplement tourner un vulgaire remontoir.

Jamais Sanaë n’avait levé la voix sur ses frères, mis à part une seule et unique fois face à Jaread. Cette fois, la jeune femme avait besoin de s’exprimer, d’évacuer les mots qui pesaient si lourd sur son cœur, ce poids absurde qui reposait sur ses épaules depuis maintes années sans que jamais elle ne flanche. C’en était trop, la jeune femme ne pouvait plus le supporter. Elle tremblait en parlant, serrant vigoureusement les poings jusqu’à s’entailler les paumes avec ses ongles, si bien que son gardien se sentit obligé de poser une main délicate sur son épaule. Sanaë sursauta, refusant le contact de l’homme qu’elle ne connaissait pas et qui lui avait été imposé, même si celui-ci semblait gentil, avenant et paraissait réellement soucieux de son état.

Les discussions concernant cet héritage disparu continuèrent quelques heures, jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord quant à l’avenir de la famille de leur frère disparut.Tous se souciaient des enfants, Jaread en avait trois, tous en bas âge. Un compte serait ouvert au nom de l’épouse, chaque mois les septs Eshfeld survivants déposerons une sommes sur celui-ci. La veuve percevrait donc une rente lui permettant de veiller sur ses enfants sans avoir à travailler ou à devoir épouser un homme par dépit dans le seul but de se faire entretenir. Sanaë n’ayant plus d’emploi et ses maigres économies s’étaient vues grandement amputées, cette dernière ne pus que verser une faible somme, promettant toutefois bien plus une fois un certain équilibre retrouvé. Elle ne savait pas de quoi l’avenir serait fait, même si la présence d’Hyperion la rassurait, mais son futur professionnel paraissait bien sombre… Et Sanaë ne se voyait pas en bonne ménagère, certaines choses ne changent pas après tout.

Ceci réglé, restait à prévenir les agents de ce déménagement. Ceux-ci se montrèrent compréhensifs et se contentèrent de lui rappeler les conditions de sa liberté. Évidemment cela ne lui posait aucun problème, le village dont lui avait parlé Hyperion se situait non loin de la capitale et les psychiatres ne manquaient pas.

D’ailleurs, le docteur Fritz lui communiqua plusieurs adresses de spécialistes compétents à la fin de ce qui serait leur dernière séance. Le psychiatre, avait grandement encouragé se départ. Il avait d’ailleurs écrit une lettre à l’attention des autorités afin de garantir que ce changement ne serait que bénéfique pour sa patiente. Il constatait aussi quelques progrès, bien que Sanaë ne le voyait pas sous cet angle. Les cauchemars continuaient de hanter ses nuits, la torturant toujours plus et soucieuse de troubler le repos de son ami, la jeune fille restait éveillée. La fatigue s’accumulait donc, ses yeux d’azur se voyaient désormais encadrés de cernes profondes et violacées. Manquant également d’appétit, Sanaë était donc amaigrie, ses joues blafardes paraissaient bien creusées, lui donnant un air maladif. La jeune femme ne se reconnaissait plus dans ce reflet fade et triste que son miroir s’entêtait à renvoyer. De se fait, elle les avaient tous recouverts de linges. Se retrouver face à elle-même l’effrayait tout autant que la femme responsable de tout cela.

Le jour du départ, Hyperion l’attendait en bas des marches de l’hôpital. Son armure imposante donnait un certain contraste avec l’environnement urbain et les badauds, même si curieux de voir le colosse se tenir là, bien droit devant le bâtiment, aucun n’osait l’approcher et préféraient changer de trottoir. Certaines choses ne changent pas.

Ils étaient parés de leurs maigres possessions, prêt à quitter cet endroit chargé de souvenirs bien trop douloureux à supporter. Sanaë appréhendait ce changement autant qu’elle s’impatientait. Elle n’avait rien connu d’autre que cette vie simple et aussi coordonnée que ses montres, cet avenir incertain la laissait dans le doute, mais IL était là, près d’elle et la jeune femme lui faisait confiance. Plus qu’a quiconque jusque-là.

Le voyage se fit dans le calme, Sanaë resta perdue dans ses pensées tout du long, observant les paysages défiler, se modifier petit à petit. Finalement, au bout d’un temps incertain, ils débarquèrent dans ce lieu nouveau, vierge de toute histoire personnelle et de souvenir. Sanaë y voyait une page blanche ne demandant qu’à être remplie d'anecdotes nouvelles que cette nouvelle vie leur apporterait.


-Je me suis dit que je pouvais leur être utile, le petit Hypérion est bien fragile, mais l’Hypérion d'acier lui est bien plus robuste et peut mettre cette robustesse au service des autres.


-Petit ?

Étonnée par cette affirmation qu’elle n’approuverait certainement pas, Sanaë le dévisagea un instant tout en penchant la tête sur le côté afin de manifester son incompréhension. Elle n’aimait pas sa façon de se dénigrer, de se sous-estimer alors qu’elle-même savait que Hyperion de chair ou d’acier se valaient tout autant. L’armure assurait simplement une sécurité rassurante, le protégeant du regard des autres, certes, mais surtout des crocs et des griffes des bêtes qu’il désirait affronter. Finalement, elle secoua légèrement la tête, lui offrant un sourire discret tout en songeant : Si tu savais ô combien tu te trompes…

Sanaë ne s’attendait pas à pareil accueil, elle se figea en voyant ses gens inconnus les approcher sourire aux lèvres. Hyperion ne lui avait rien raconter de son passage en ses lieux, du moins, il ne s’était contenté que de lui fournir les grandes lignes. De ce fait, la chaleur émise par ces personnes, ne put que témoigner de leur respect, de leur admiration et surtout de cette reconnaissance presque palpable, envers son ami. Le cœur de la jeune femme se chargea donc de fierté. Hyperion avait trouvé sa place, l’endroit paraissait tout simplement parfait pour lui, ni trop grand, ni trop petit, assez aéré aussi et relativement peu peuplé. Elle espérait donc le voir délaisser son armure afin de vivre sa vie et de voir le monde de ses yeux bien humain plutôt qu’à travers son heaume d’acier.

Puis, un sourire aimable éclaira le visage d’un homme d’âge mur qu’elle supposa être le chef du village et une clé atterrit dans ses mains. Sanaë la fixa un moment, sans rien dire, ne comprenant pas. Pourquoi à elle ? Leur reconnaissance allait vers Hype, la jeune femme n’avait absolument rien à voir avec tout cela. Ce cadeau, bien trop généreux ne lui revenait pas...

-C'est avec plaisir que je vous offre une maison dans notre village madame Eshfeld, après tout, c'est le moins que l'on puisse faire pour la compagne de notre sauveur, il y a quelques travaux à faire dedans, mais j'ai pris soin d'envoyer des bûcherons vous apportez du bois et d'autres matériaux pour vous y aider. Si quelque chose ne va pas n'hésitez pas à venir me voir.




Comp… Compagne? À nouveau, la jeune femme se figea. Était-ce là l’image qu’ils renvoyaient tout deux ? Voilà quelque chose que Sanaë n’avait pas anticipé. Il est vrai qu’un homme et une femme vivant ensemble ne pouvaient être qu’un couple, ou frère et sœur… Et jusque-là, la tendance allait vers la seconde option. Pourtant, elle ne releva pas, ce n’était pas nécessaire... Elle-même n’aurait pas su dire quelle perspective convenait le mieux, et Hype ne semblait pas réagir à cela…Aucune importance.

- C’est...hésita-t-elle un instant avant de lever les yeux vers le géant de métal qui se tenait près d’elle. Je vous remercie pour votre générosité...

Elle se laissa donc guider à travers le village, empruntant un chemin légèrement boueux les menant sur une petite colline où la fameuse maison les attendait. La bâtisse lui plut immédiatement, mêlant la robustesse de la pierre et la souplesse du bois, elle lui rappelait un peu Hyperion. En un seul lieu, les opposés semblaient se compléter et se tenaient là, fièrement depuis de nombreuses années. Elle avait certes besoin de soin, tout comme elle certaines parties ne demandaient qu'à être reconstruites, d'autres à être améliorées. Cette maison, les représentait eux… Et Sanaë en fut si émue que les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Elle se fichait de la vue, du petit terrain qui ferait office de jardin agréable, de la dépendance sur la droite, assez grande pour accueillir un atelier de rêve… Seule comptait la maison.

-Et voilà la maison que je t'avais promise ! Il y aura des travaux à faire, mais je suis sûr que nous nous y plairons ! Ne t'en fais pas, des gens viendrons nous prêter main forte pour la réparer, tu verras, ils sont très gentils !


Lorsqu'il la prit dans ses bras, Sanaë resta comme paralysée. Elle ne l'avait pas vu quitter son havre protecteur et le geste, si nouveau l’étonna. Habituellement, Hyperion se blottissait contre la jeune femme, prenant une posture plus docile, rappelant l'enfance parfois même un animal de compagnie. Cette fois, ce fut différent… La sensation était différente. Sanaë se sentit petite, fragile, mais ô combien soutenue. Elle en lâcha sa canne, sans même s'en rendre compte, lui rendant cette étreinte douce, chaleureuse et tellement salvatrice. Ils restèrent ainsi un moment, long ou court, inconvenant ou non, Sanaë s'en fichait éperdument. Elle en avait besoin et comptait bien savourer chaque minute dans ses bras, humant son odeur, la sienne, celle d'Hyperion jusqu'à ce que son cœur ne reprenne un rythme plus régulier. La peur, les doutes, il les avait balayé…

- Elle est parfaite, murmura-t-elle en s'éloignant doucement.

Sanaë ramassa sa canne, réajusta son chemisier et disparut à l’intérieur de la bâtisse. Elle parcourut chacune des pièces, avisant les meubles se trouvant là et qui demandaient également quelques soins. La table trônant au centre de la pièce principale était branlante, le plateau légèrement gonflé par l'humidité… Mais tout, absolument tout pouvait être réparé, avec du temps, de la patience et… beaucoup d'amour. Ils étaient chez-eux.


~~~~~



Les jours suivant furent consacrés  au ménage et à l'amélioration de la maison. Tout du moins de la partie habitable en l’état. Les villageois, toujours plus reconnaissant et particulièrement gentils leur offriront lignes propres, vaisselle, et même nourriture. En à peine une petite semaine, la maison prit des airs de foyer chaleureux. L'humeur de la jeune femme suivait, se claquant presque à la maison.

Sanaë s'était rendue deux fois en ville, rendre visite au docteur Dovaz, son nouveau psychiatre. Elle le trouvait très à l'écoute et plutôt bienveillant. Soucieux de son état de fatigue, il lui prescrivit quelques plantes à infuser, qui devaient selon lui, lui garantir des nuits paisibles et reposantes. Néanmoins, cela n’eut malheureusement pas l’effet escompté. Oh, les plantes lui permirent de s’endormir, mais n'éloignèrent pas pour autant les cauchemars. La jeune femme n’avait plus la force de lutter, et passait ses nuits à hurler, sangloter durant son sommeil ...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Ven 9 Fév - 23:31
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Les premiers jours furent une sorte de festival de bonheur, ou chaque jour, ils reconstruisaient leur nouveau foyer, le tout était simplement de prendre son temps et de laisser faire les spécialistes dans certains cas. Hyperion s'il était doué en mécanique maîtrisait mal le gros œuvre et les rares fois où il s'y essaya se soldèrent par de cuisants échecs, il finit donc par simplement porter les charges lourdes et positionnait les poutres neuves, ce qui en soit était plutôt un travail utile malgré tout.

Au bout de quelque jour tout fut donc finis et la maison principale était devenue le refuge des deux compagnons. Ils occupaient chacun une des chambres de l'étage, et le jeune homme avait insisté pour que Sanaë prenne la plus grande, c'était elle qui en avait le plus besoin.
Sa chambre était encore relativement vide, et seul son compagnon de toujours était posée dans un coin attendant patiemment que son maître lui donne un ordre.

Mais chaque nuit était un véritable crève-cœur pour le jeune homme qui ne parvenait pas à dormir en entendant les sanglots de l'ancienne horlogère. Tout était parfait et la journée, elle semblait réellement heureuse bien que ses traits soient en permanence tirés, signe d'une extrême fatigue.
De fait lui-même se fatiguait de plus en plus à force de rester éveillé, luttant contre l'envie d'aller la voir et la bienséance qu'il devait avoir. Ce qui se traduisait par des jours long et compliqués ou son principal projet restait à l'état de plan et de pièce détachés.
Chaque matin, il se levait pour filer dans l'atelier ou des dizaines de pièces diverses étaient posées sur un établi, rangées selon un ordre que seul Hypérion comprenait.

Il y avait de tout, un barillet gigantesque, des nombreuses lames, des obus, et même des pièces métalliques plus exotiques donc la fonction exacte semblait plutôt compliquée à déterminer au vu de leurs différences.
Mais voilà que la table finissait par s'encombrer de boulettes de papiers froissées, alors que le jeune homme peinait à trouver la moindre inspiration.
Son idée, il la tenait, et dans son esprit, mais n'arrivait pas à lui donner forme, jusque-là ses créations avaient toujours été faite par instinct, et voilà que ce même instinct s'échappait l'empêchant de travailler


Un soir, il rentra dans sa chambre, sortant tout juste de la salle de bain, son pantalon enfilé et une serviette autour de son cou. Il prit un moment pour regarder au-dehors observant la forêt qui même si elle renfermait de nombreux dangers semblait particulièrement belle.
S'allongeant sur son lit il faillit presque s'endormir avant qu'un sanglot ne le retienne dans son sommeil.
Comme par réflexe il se releva d'un bond, collant son front contre le mur comme il avait pris l’habitude écoutant les plaintes de la jeune femme. Mais ce soir, il se sentait si fatigué, si las de l'entendre ainsi tous les soirs.... Cela finissait par lui peser sur la conscience et cette retenue le rendait fou.
Il imaginait sans peine la jeune femme qu'il aimait tant seule dans ce lit....

Prenant son courage à deux mains, il déposa sa serviette sur son lit et sortit de sa chambre, lentement il arriva devant la porte de la jeune femme et la poussa lentement, faisant rentrer un fin rai de lumière dans la pièce qui fit scintiller ses cheveux blancs.
Mais contrairement à d'habitude, il ne dit rien se contentant de fixer la jeune femme de ses yeux vairons luisant. Elle était dans un triste état et n'écoutant que son cœur il s'approcha du lit lentement avec un sourire amical sur le visage avant de se glisser sous les draps à côté de la jeune femme,prenant sa tête dans ses bras pour la coller contre son torse.

-Allons ma Sana tout va bien je suis là...



Son cœur s’emballait alors que le parfum de la jeune femme commençait doucement à l’enivrer, mais sa simple présence était agréable et c'était la première qu'il était aussi proche d'elle, il sentait la chaleur de tout son corps contre le sien, et quelque chose à mi-chemin entre le soupir et le ronronnement s'échappa brièvement de sa gorge.
Étrangement, il ne ressentit pas le besoin de lâcher la jeune femme, ni le besoin ni l'envie d'ailleurs. il se contentait d'écouter la jeune femme avant de finalement s'enfoncer dans le sommeil.
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Sanaë Eshfeld
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Sam 10 Fév - 15:59
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Ses cauchemars étaient toujours les mêmes. Les ténèbres d’abord, toujours, noir intense et silencieux. Sanaë se trouvait au centre, si une telle chose fut possible. Puis une voix, profonde, rocailleuse et surtout familière perçait brusquement le calme angoissant. Celle de son frère, son aîné, Jaread. Il ne disait rien de bien extraordinaire, en tout cas, elle ne se souvenait jamais de ses paroles, seulement du son de sa voix. L’horlogère commençait donc à marcher, pied nu sur un sol froid, voir glacial et noir comme le reste. Elle suivait la voix, cherchant désespérément son frère. Elle l’appelait en silence, car jamais un son ne perçait… Du moins à l’intérieur du songe, car à l’extérieur Sanaë hurlait à plein poumon. La jeune femme courrait, regardant partout, le cherchant encore et encore… Jusqu’à l’apparition de la féline… Zora… Droite comme un i, la fixant de son regard ambré… Elles se retrouvaient à l’horlogerie… La main de Sanaë couverte de sang tenait la faux du monstre, Jaread se trouvait allongé au sol, blessé, écorché et à demi-aveugle...Il l’implorant du regard “tue-moi Sana, pitié”... Et la jeune femme s’exécuta, pleurant, implorant son pardon encore et encore, hurlant son désespoir tandis que la féline riait aux éclats.

C’est toujours à ce moment-là que Sanaë s'éveillait brusquement, tremblante d’effroi… Le froid pénétrant insidieusement sa chair, jusque dans ses os… Allongée en boule dans son lit, Sanaë tentait vainement de calmer ses sanglots ou de simplement se réchauffer. L’idée même de se rendormir, malgré l’infusion, malgré son état d’épuisement, lui était intolérable. Elle voulut se lever, mais en fut incapable tant son corps était parcourut de spasmes incontrôlables du à la peur panique qu’elle ressentait.

La porte s’ouvrit alors… Hype...Elle l’avait réveillé ? Ne voulant pas se montrer dans cet état misérable, Sanaë enfouis sa tête sous la couverture, espérant presque qu’il s’en aille. Seulement, le jeune homme fit tout le contraire, en allant jusqu’à s’installer dans le lit, sous les couvertures qui n’avaient plus rien de protecteur. L’instant d’après elle se retrouva contre lui, lovée dans ses bras, la tête reposant contre son torse nu… Nu… En temps normal, Sanaë se serait offusquée d’une telle proximité qui se plaçait bien au-delà des convenances. Et ses paroles :


“-Allons ma Sana tout va bien je suis là…”


Ma… Autre chose qui aurait dû la faire tiquer, puisque ce simple mot allait bien trop loin, loin de ses convictions personnelles. Pour elle, aucun être vivant, fait de chair et de sang, ne pouvait décemment appartenir à un autre. Elle y voyait une sorte de privation de liberté, l’appartenance n’existant que pour un objet, sans vie, sans rêve, sans pensée… Habituellement… Pourtant, cette fois, Sanaë ne réagit pas, ne pensa pas tout cela, bien au contraire. Elle ne pensait tout simplement plus, se contentant de savourer ce contact étrangement agréable, bien que particulièrement frustrant. La jeune femme fut bien incapable de trouver l’origine de cette frustration qui prenait naissance dans son ventre, allant jusqu’à son cœur le faisant s’emballer au même rythme que celui d’Hypérion.

Sans réfléchir, elle se colla à lui, le serrant fort contre elle comme si chaque partie de son être avait besoin de se retrouver en contact avec lui. Cela lui semblait si naturel… Bien qu’elle n’en comprenne la raison. Toutefois, Sanaë laissa de côté toutes ses interrogations, cela n’avait plus d’importance, il était là et la peur, l’effroi, la tristesse apportés par le sombre songe disparurent peu à peu, la faisant sombrer dans un sommeil sans rêve et ô combien réparateur.


~~~~~

Sanaë s'éveilla bien avant l’aube, toujours lovée dans les bras du jeune homme. Peu désireuse d’échapper à cette étreinte salvatrice, l’ancienne horlogère resta à sa place, écoutant les battements cardiaque de son… quoi? Son ami? Son frère? Qu’était-il pour elle finalement ? Il était tout et pas assez à la fois...Malgré ses réflexions, aucun mot ne parut alors suffisamment fort pour le qualifier lui… Lui qui avait prit une grande place dans sa vie et dans son coeur. Hypérion.... Son Hypérion? Non… cela semblait trop injuste, il était libre et l’idée même qu’il puisse appartenir à quelqu’un lui fut intolérable… Tout comme cette cicatrice ancienne et profonde sur son torse qu’elle se voyait en train de frôler, caresser du bout des doigts sans même s’en rendre compte. Quelle était son histoire? A elle, marque incrustée dans la peau anormalement pâle du jeune homme… A lui aussi, qui ne lui avait jamais parlé de son passé. Sanaë en savait si peu…

Cet attachement était-il normal? Pourquoi cette proximité ne l’effrayait plus, mais au contraire, la rassurait… La comblait tout en la frustrant jusqu'aux tréfonds de son âme blessée. Pourquoi le simple fait de l’entendre respirer, tout près d’elle semblait si doux et rassurant?

Tout cela lui parut si étrange… Si nouveau… Et si normal à la fois. La jeune femme n’était pas encore capable de comprendre tout cela, ses sentiments, ses émotions que Hypérion faisait naître en elle. Son cœur, son âme semblaient écorchés, bien trop blessés pour laisser une place à autre chose de plus doux et chaleureux.

Elle s’écarta en soupirant, ressentant comme une sorte de déchirure douloureuse. Elle ne voulait pas s’éloigner de lui, mais elle le devait, il le fallait. Sanaë se releva, lentement pour ne pas réveiller la douleur de son genou, enfila sa robe de chambre avant de descendre silencieusement les marches pour se rendre à la cuisine. Elle avait faim, chose étonnante, la sensation l’avait abandonné depuis longtemps, et pourtant ce matin-là la jeune femme rêvait d’une omelette et de toast grillés.

Aussi, c’est ce qu’elle prépara, en s’appliquant, prenant soin de ne pas laisser un morceau de coquille dans le plat, de ne pas la laisser trop longtemps sur le feu. Elle dressa la table pour deux, disposant les toasts, le beurre, quelques fruits de saison, du jambon. Elle alla ensuite à l’atelier, donner sa part à l’agent qui y logeait sans jamais se plaindre du froid des nuits printanières ou de l’inconfort du lit de camp sur lequel il dormait. Le plateau déposé sur l’établi d’Hypérion, Sanaë retourna ensuite dans la cuisine afin de préparer un café qui lui faisait tant envie.

Hypérion se trouvait là, au milieu de la pièce dos à elle. Sanaë sentit une étrange chaleur se diffuser dans ses joues… Elle rougissait, non pas que cela soit inhabituel la connaissant, seulement, cela faisait des semaines que son corps ne réagissait plus, ni à la faim, ni à la soif ni à aucune autre émotion que la tristesse et le désespoir. Elle se mit à sourire, posant la main sur son cœur comme s’il se mettait en marche après une longue période silencieuse. Ce n’était évidemment pas le cas, néanmoins, la jeune femme se sentait alors comme si son cœur avait été pourvu d’un remontoir et dont Hyperion détenait la clé.

-Bonjour, lança-t-elle joyeusement lui offrant un sourire radieux des plus sincère.


Sanaë s'exprime en #cc99ff



Dernière édition par Sanaë Eshfeld le Dim 11 Fév - 7:06, édité 2 fois
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Hyperion Radchen
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Dim 11 Fév - 1:19
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Une nuit calme, reposante, voilà la seule chose dont avais manqué Hypérion d'ici là et si proche de Sanaë cette dernière le fut. Au début il se sentit affreusement gêné de la situation, craignant une réaction négative de la jeune femme. Et à cela il fallait ajouter son cœur qui s'emballait tout seul, passant du calme habituel à la vitesse d'une pompe à haute pression.
Mais finalement cette frénésie fut remplacée par un bien être étrange qui l'enveloppa comme un cocon.
Ses yeux se fermèrent doucement alors que ses bras toujours autour de Sana se resserrèrent un peu plus en réponse à son étreinte.
Il avait un sentiment étrange qui commençait à le tenailler, un arrière gout dans la bouche et un sentiment d'urgence et de nervosité qui montait en lui sans raisons mais quand il vit les yeux clos de la jeune femme, ce sentiment finit par disparaître, remplacé par la douce semi-mort d'une nuit sans rêve.

...

Hypérion fut réveillé doucement sentant le corps chaud qu'il avait serré contre lui s'échapper, encore trop engourdi par le sommeil, il eu comme premier réflexe de retenir la jeune femme mais ses membres engourdis ne lui permirent pas de réaliser ce geste.
Avec la chaleur disparut également quelque chose, une sensation de satisfaction bien vite remplacée par un vide froid qui n'était pas que dû à la température. Son œil vert s'ouvrit pour découvrir la magnifique jeune femme devant lui et ses manière encore non filtrée laissèrent échapper un sourire d'admiration; il regarda la jeune femme se préparer, prenant sa cane pour descendre dans la cuisine.
Il ne la suivit pas immédiatement, tachant lui même d'analyser ce qu'il c'était passé.
Croyant en la mécanique comme il l'était, le jeune homme voyait toujours les choses comme un enchaînement logique tout comme une montre tournait car on remontait son ressort.
Mais quel étrange mécanisme le rapprochait autant de la jeune femme ? Difficile à dire, et c'était peut être bien la première fois qu'il y pensait.
Le jeune homme se retourna dans le lit plongeant la tête la première dans l'oreiller ou il eu une bouffée du parfum de Sanaë, ce petit rappel lui procura un étrange sentiment de manque ainsi qu'une sensation dans le bas ventre qu'il n'arriva pas à identifier autrement que comme un dysfonctionnement passager.
Finalement Hypérion sortit de sa réflexion prenant à son tour le chemin des escaliers, passant une chemise pour couvrir son torse presque guéri désormais.

Il trouva dans la cuisine une table parfaitement préparée, et avec bien plus d'attention que d'habitude. En effet depuis leurs déménagement Sana se montrait bien peu désireuse de manger, que ce soit le matin, le midi ou bien même le soir. Voir ainsi une table préparée avec un repas pour deux lui redonna un peu d'espoir pour l’amélioration de l'état de l'ancienne horlogère.
Un bonjour le fit se retourner, et par la même découvrir un joli sourire qui emporta son cœur en même temps. Il s'approcha d'elle déposant un bisous sur sa joue en guise de bonjour, ressentant par la même occasion un sentiment d'échec, ce petit geste avait été normal mais.... il semblait qu'il n'avait pas été au bon endroit selon son instinct, un instinct nouveau, bien différent de celui purement logique. En fait ce dernier lui disait même que ce genre de geste était bien trop peu.
Mais cela importait peu pour le moment.
Hypérion ouvrit son deuxième œil bleuté et les rayons du soleil firent luire ses deux pupilles d'un éclat de saphir et d'émeraude mêlés aux blanc pur de sa chevelure.
A son tour il dit doucement.

-Bonjour Sanaë, j'espère que tu as bien dormis.


Il n'y avait pas de sens caché la dedans, il était réellement soucieux de savoir si elle avait passé une bonne nuit, elle ne c'était certes pas réveillée mais il n'était pas très sur pour le moment, nul doute que bien d'autre nuit de sommeil seraient nécessaires à la jeune femme cependant son visage semblait moins tiré et bien plus rieur qu'auparavant.
Il s'installa doucement à la table regardant la jeune femme avant de se saisir délicatement d'une tartine, remarquant que ses mains tremblaient étrangement.
Le jeune homme dissimula cela en se concentrant sur l'application du beurre tachant d'optimiser la répartition de la matière sur la surface en guise de point de focalisation.
La chose faite il reporta son attention sur la jeune femme, humant l'odeur du café.

-Que comptes tu faire aujourd'hui ? J'ai entendu dire qu'un bateau marchand passait pour réapprovisionner le village je ne penses pas que nous manquions de quoi que ce soit mais ça pourrait être amusant d'y faire un tour tu ne penses pas ?


Qu'elle veuille y aller ou non il ne comptais pas trop s'éloigner car maintenant que la nuit finissait il se rendait compte peu à peu que l'avoir si loin de lui commençait à lui manquer, et il devait lutter pour ne pas se rapprocher d'elle.
Le simple souvenir de la nuit près d'elle lui donna un petit sourire joyeux qui illumina son visage
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Sanaë Eshfeld
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Dim 11 Fév - 14:23
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Un soupir d’aise, venant de la jeune femme, accompagna le chaste baiser d’Hypérion. Trop ou pas assez, Sanaë ne savait plus qu’en penser, ou simplement que ressentir. Tout cela paraissait à la fois simple et compliqué, évident et inimaginable, tant et si bien qu’elle se perdait elle-même dans tout cela.

Son sourire, son regard… Rien avait changé, il s’agissait du même garçon que la veille...Alors pourquoi semblait-il si différent? L’était-elle, elle aussi?


-Bonjour Sanaë, j'espère que tu as bien dormis.


La question, si innocente, raviva instantanément les sensations de la veille. Il ne s’était pourtant rien passé… Mais, gênée, le visage de la jeune femme prit une teinte plus cramoisie.


-Euh… Oui... begaiya-t-elle en se dirigeant vers la cuisinière. Je me sens bien plus reposée… Grâce à toi...

Sa dernière phrase n’était qu’un murmure, bien trop gênée pour formuler la phrase voix haute. La situation lui parut si ridicule alors, risible, Hyperion semblait agir comme à son habitude, alors pourquoi se tracassait-elle autant? Excédée par tout cela, ses réflexions stupides qui ne la menaient nulle part, Sanaë soupira en se retournant, cafetière en main.

Elle en remplie ensuite deux tasses, avant d’entamer son omelette. Si la faim était la, se faisant grandement ressentir, ses papilles restaient endormies. Cela n’avait rien de nouveau, puisqu’elle était née ainsi, mais manger un aliment n’ayant aucun goût avait le don de couper rapidement l’appétit. Sanaë en fut presque déçue, elle qui s’était pourtant appliquée…


-Que comptes tu faire aujourd'hui ? J'ai entendu dire qu'un bateau marchand passait pour réapprovisionner le village je ne penses pas que nous manquions de quoi que ce soit mais ça pourrait être amusant d'y faire un tour tu ne penses pas ?


Sanaë réfléchit un instant. Elle n’avait rien prévu pour la journée, mis à part ses tâches quotidiennes dont elle tenait à s’acquitter, ne serait-ce que pour rester active. La semaine avait été chargée, et bien que la maison paraissait en meilleur état, il restait encore beaucoup à faire. Et si l’ancienne horlogère se voyait incapable de tenir un outil dans l’optique de fabriquer quelque chose, elle réussissait néanmoins à manier marteaux et rabots pour rattraper quelques meubles. Ce jour-là, elle comptait d’ailleurs s’attaquer à une vieille bibliothèque. Car même si elle ne possédait à présent plus aucun livre, sa collection étant partie en fumée avec le reste de sa vie passée, pour Sanaë il s’agissait du meuble indispensable à avoir. De ce fait, la proposition de Hypérion lui rappelait tout cela, ce besoin presque viscéral, qu’elle avait de parcourir les différents ouvrages qui peuplaient autrefois les murs de son salon. Cela lui manquait, énormément.

- Oh, mais ça me plairait beaucoup, dit-elle avec un léger sourire. Nous ne manquons de rien, néanmoins… J’aimerais acheter un livre. Cela fait longtemps que je n’ai pas eut l’occasion de lire et… enfin… C’est une très bonne idée, Hype.

Son sourire se fit plus radieux, répondant à celui, si touchant du jeune homme. Pressée de se rendre au village, Sanaë abandonna son assiette vidée de son contenu. Elle débarrassa rapidement son couvert dans l’évier puis déposa un tendre baiser sur le front d’Hypérion avant de lui offrir un nouveau sourire. Une envie, un besoin, elle n’aurait su le dire, néanmoins Sana refusa d’y résister.

- Merci Hype, lança-t-elle avant de s’éloigner. Je vais m’habiller, je suis plutôt lente, alors prends ton temps.


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Hyperion Radchen
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Lun 12 Fév - 0:07
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Un livre ? il était vrai que pour le moment la maison était relativement peu pourvue en livre ainsi qu'en décorations diverses. Lui n'avait rien de particulier à prendre la bas, son projet étant au point mort il ne savait pas vraiment quoi ajouter pour le rendre fonctionnel. En fait il hésitait même à le laisser tomber définitivement. Ce projet était peut être une mauvaise une idée, ou quelque chose d’irréalisable... Mais contrairement à hier, la forme de l'engin finissait par se dessiner dans son esprit comme auparavant.
Hypérion hocha la tête, content que son idée soit plutôt bien reçue.
Il finit donc gaiement son petit déjeuner recevant un délicat baiser sur le front qui le fit rougir quelque peu.
Finalement il finit par débarrasser la table, nettoyant les assiettes avant de finalement les ranger à leurs place laissant une cuisine impeccable.
Là il remonta dans "sa" chambre, la découvrant dans le même était que la veille, Centurion l'attendant dans un coin de la pièce. Mais il ne servirait pas aujourd'hui, car ce jour allait être consacrée à Sanaë.

Il pris donc une partie de ses affaires, dont sa tenue en cuir bouillie qui de toute façon était la seule qu'il avait, il laça tout l'avant de la tenue, laissant cette fois tomber les manches qui cachaient ses bras, ils n'en avaient plus besoin depuis quelques temps, Sana ne l'avait pas encore vu mais ses bras étaient redevenus aussi blanc que neige, reprenant leurs couleurs naturelles.
C'est donc de particulièrement bonne humeur qu'il redescendit. Même s'il connaissait bien les habitants du village il ne pu s'empêcher de prendre son revolver qu'il dissimula au niveau de ses hanches. Le coin était plutôt calme mais il ne savait pas vraiment si ces murs étaient infranchissables ou non et de ce qu'il en avait vu, la forêt abritait bien plus dangereux que de simples loups des bois.
Étonnamment il fit un saut dans l'atelier pour saluer le garde de Sanaë, chose assez rare pour être soulignée tout de même.
Finalement il attendit la jeune femme à la porte profitant un instant du soleil jusqu'à ce qu'elle arrive.

L'astre était tout et chaud et si l'on oubliait le picotement qu'il ressentait sur ses bras nu, c'était agréable, presque comme dormir avec Sana... Dormir avec Sana... voilà qui était bien étrange, lui qui a peine quelques mois plutôt c'était presque résolu à mourir seule avec une ou deux connaissances...
Il repensa pendant un court moment à Allys avant de la chasser de son esprit, le bruit d'une cane sur les marches se fit rapidement entendre et Hypérion se tourna pour redécouvrir l'ancienne horlogère avec beaucoup trop de bonheur pour une simple amie.

-Ah ! Jolie tenue comme toujours ! J'ai hâte d'y être il parait que les gardes vont recevoir du nouveau matériel également peut être que ça me donnera des idées pour mon projet

Ce projet même s'il restait incertains allait vite être vital, car il n'avait pas encore osé dire à la jeune femme qu'il allait devoir s'absenter toute une journée.
En fait il essayait autant que possible de déserter la maison quand elle même se rendait chez le médecin, il avait vu sa réaction quand il était rentré avec une trace de griffe sur le plastron et ne souhaitait pas qu'elle s'en fasse inutilement.
Il viendrait une époque ou elle saurait tout, mais pour le moment il la jugeait encore trop fragile et ne voulait pas l’inquiéter pour rien.

Il lui prit donc joyeusement le bras, s'adaptant au rythme de ses pas pour la conduire jusqu'au petit marché qui avait été installé. Étrangement il y avait beaucoup d'objets simple que l'on aurait facilement trouvés dans une grande ville mais qui ici étaient des biens précieux. Des livres, des ustensiles de cuisines, même des armes et des outils. C'était un marché bien étrange et si l'on observait bien, on voyait que la bateau à peine déchargé commençait à embarquer un bon nombre de fournitures : des écailles, des griffes, des carapaces.... tout un ensemble de morceaux de monstres divers que le jeune homme reconnu sans peine, et pour cause certaines de ses parties provenaient de monstres qu'il avait lui même chassé.
Un détail qu'il n'avait pas mentionné à la jeune femme était que ce village survivait principalement grâce à ses voisins bestiaux, qui fournissaient un excellent revenu, pour peu qu'on daigne les chasser.
C'était donc devenu son travail, un travail honnête un peu dangereux mais qui rapportait énormément. Mais de tout cet argent il ne savait pas vraiment quoi en faire et une petite pochette contenant une petite fraction de ses économies était solidement attachée à sa ceinture.
Il remarqua sans trop de difficultés le stand de livre et en avisa la jeune femme avec un sourire.

-Ce serait dommage de ne pas en profiter, tache de te faire plaisir surtout !
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Sanaë Eshfeld
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Lun 12 Fév - 11:12
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Empressée, Sanaë ne mit guère de temps à s’habiller, et ce, malgré son genou douloureux. La douleur, à présent sourde, la jeune femme avait appris à vivre avec. Le docteur Duran, son médecin, lui avait assuré que la canne ne serait plus de grande utilité d’ici quelques semaines. En attendant, elle faisait avec, même si parfois, selon son activité de la journée ou simplement un changement de temps, la douleur se réveillait de façon brutale, au point de l’empêcher de marcher. Mais ce n’était pas le cas ce jour-là. Sanaë parvint aisément à enfiler sa tenue simple, composée d’une jupe marron sombre, d’un chemisier blanc sans fioritures recouvert d’une veste courte assortie à la jupe. Rien de bien exceptionnel en soi. La jeune femme n’avait jamais accordé d’importance à la mode et se contentait généralement de se plier aux convenances, même en pensant qu’elle serait plus à l’aise en pantalon. D’ailleurs, sa garde-robe, certes modeste, en comprenait un ou deux qu’elle n’avait encore jamais osé porter.

Une fois prête, Sana descendit lentement les escaliers avant de rejoindre Hype et l’agent Neal, fidèle au poste, comme toujours. Elle le salua d’un mouvement de tête timide qu’il lui rendit, avant de reporter son attention sur son “ami”.


-Ah ! Jolie tenue comme toujours ! J'ai hâte d'y être il parait que les gardes vont recevoir du nouveau matériel également peut être que ça me donnera des idées pour mon projet


Le compliment inattendu lui fit monter le rouge aux joues. Hypérion ne prêtait aucune attention à ce genre de chose, et comme elle, se contentait de peu… Elle nota toutefois un immense progrès de sa part : il se trouvait face à elle dans sa tenue de chair et de cuir, sans son armure. Avait-il assez confiance en lui, ou en ce village pour se promener sans aucune barrière protectrice. La jeune femme nota également ses bras nus, aux cicatrices à présent à peine visibles… Et en un sens, cela la dérangea. Elle était évidemment heureuse que ses horribles blessures aient disparu, mais quelque chose la gênait, sans réussir à mettre le doigt sur la raison exacte.

Puis, passé ce petit moment d’égarement, Sanaë s’attarda sur ses paroles… Et un mot en particulier. Son “projet”. Hypérion n’avait jamais évoqué en sa présence un quelconque projet. Il ne lui en avait jamais rien dit… Un nouveau secret donc… Elle se sentit triste d’être ainsi mise de côté, et même si elle n’en laissa rien paraître, ses yeux d’azur prirent une teinte plus grise, argentée, seule marque de son trouble intérieur. Habituée à taire ses émotions, enfiler son masque ne lui demanda aucun effort, et peu étaient capable de discerner la vraie jeune femme blessée sous celui-ci. Elle ne releva pas, donc, se contentant de lui offrir un sourire avant de prendre la route du village. Quoi qu’elle en dise, les secrets du jeune homme pesait sur son cœur, au point même de douter de son importance à ses yeux. Peut-être ne restait-il avec qu’elle que par devoir ou pitié… Elle ne devait pas compter assez pour que celui-ci ne se confie… et cette pensée la fit plus profondément souffrir qu’elle n’aurait pu le croire.



Néanmoins, à nouveau, Sanaë enferma ses émotions dans un coin de son âme et se laissa guider par le jeune homme. Arrivés au village, les yeux de la jeune femme se posèrent absolument partout. Elle n’y était pas redescendue depuis leur arrivée, mais le trouvait métamorphosé et particulièrement animés. Elle nota également les regards des habitants se poser sur le trio étranges, les yeux des jeunes femmes dévorant tour à tour l’agent derrière elle et le jeune homme à ses côtés. Hypérion ne se montrant pour ainsi dire jamais, quelques éclats de surprise se lisaient dans leurs regards. Sanaë se tourna alors vers son “ami”, mot paraissant de plus en plus dérangeant, en particulier face à de telles oeillades ampli de gourmandise.




Le jeune homme n’était certainement pas aussi grand que l’agent Neal, ni même aussi imposant, néanmoins force était de reconnaître qu’il ne manquait nullement de charme… Il était tout simplement beau, presque irréel le tout amplifié par son teint d'albâtre, ses cheveux étrangement blancs et ses yeux… Il n’en existait pas de pareils… Sanaë comprit immédiatement ce que les jeunes femmes présentes sur cette place voyaient en lui… Un beau parti… Encore une pensée dérangeante… Cela commençait à faire beaucoup, trop. Triste et agacée à la fois, l’ancienne horlogère reporta son attention ailleurs, cherchant le stand qui l'intéressait.


-Ce serait dommage de ne pas en profiter, tache de te faire plaisir surtout !
lui lança-t-il en lui offrant un immense sourire.

Sanaë lui rendit, balayant toutes ses pensées perturbantes et se rendit directement jusqu’au stand. Elle fut surprise de le trouver aussi bien garnis, il y avait de tout, ou presque. Des romans en tout genre, quelques manuels, des recueils de poésies… Ses yeux se posèrent sur un ouvrage destiné aux horlogers et qu’elle connaissait bien. Ce livre ne datait pas d’hier, son père en possédait un exemplaire... Sanaë avait passé son enfance à en parcourir les pages, découvrant les différents mécanismes et mouvements. C’est une main tremblante d’émotion qui se posa sur la couverture, elle la caressa, du bout des doigts, avant de l’ouvrir, d’en tourner les pages, avisant schéma et explications comme s’il s’agissait de son histoire à elle.

- Mademoiselle s’intéresserait à l’horlogerie ? l’interpella la voix joyeuse du commerçant. Il est rare de voir une aussi jolie jeune femme s’intéresser à tel sujet. Je peux vous faire un prix pour celui-là.

-C’est très aimable à vous, mais cela ne m’intéresse pas, répondit-elle en fermant le livre avant de le reposer là où elle l’avait trouvé. Cela fait une éternité que je n’ai pas ouvert un roman, qu’avez-vous de récent à me proposer ?

Elle écoutant le marchand exposer les différents romans en sa possession. De temps à autre, ses yeux se posaient, bien malgré elle sur l’ouvrage horloger, lui provoquant, chaque fois, un sentiment de malaise étrange. Son travail lui manquait, souvent, tout du moins le fait de fabriquer divers objets, les animécaniques en particulier. Son incapacité à le faire, résultat de son traumatisme, la rendait triste… Atrocement triste.

Finalement, après plusieurs minutes à discuter avec le libraire ambulant, la jeune femme acheta deux romans avant de passer à un autre stand… Celui des armes. Ses yeux parcoururent l’étalage de lames et d’armes à feu. Elle n’y connaissait rien, absolument rien et jusque-là n’y voyait qu’engin de mort… Pourtant, lorsque son regard se posa sur un pistolet, la jeune femme vit la chose autrement…

- Mademoiselle?

Sanaë se retourna vers la voix provenant de son dos. L’agent Neal la fixait étrangement, se demandant probablement pourquoi la jeune femme semblait si passionnée par les armes à feu… Elle soupira avant de lui offrir un sourire rassurant.

- Ce n’est rien, c’est juste que parfois, je me dis que si j’avais eut un de ces objets en ma possession ce jour-là… Rien de tout cela ne serait arrivé… Je serais probablement en train de purger ma peine en prison, mais mon frère serait en vie...

L’homme déposa une main sur son épaule… Un geste doux, mais qui sonnait comme une agression pour Sanaë. Bien que détestant cela, elle n’émit aucun mouvement de peur que celui-ci soit mal interprété par son gardien. Bien loin d’être à l’aise en sa présence, Sanaë avait l’impression de marcher sur des œufs avec lui.

-Ce n’est pas votre place, et cet objet n’a rien à faire dans des mains incapables de l’utiliser, sans quoi il peut être bien plus dangereux encore. Ne vous torturez pas avec des “si”, les éventualités sont nombreuses, mais vous n’en saurez jamais rien.

Il avait raison, elle le savait… Toutefois, il lui était bien difficile d’accepter cela. Elle s’éloigna en soupirant, avant de se retrouver devant un autre étal, bien différent… Celui des vêtements masculins. Il y en avait pour tous les goûts, du simple au costume trois pièces que les hommes de la ville affectionnaient. Elle songea alors à Hypérion… Ce dernier ne possédait que deux tenues qui commençaient à s’user… Aussi, même si elle n’aimait pas choisir à sa place, elle en acheta trois nouvelles, comprenant chemises et pantalons semblables à celles qu’il portait habituellement. Puis, fière de ses acquisitions, elle s’en alla le retrouver. Avec un grand sourire, la jeune femme lui tendit le paquet.

- J’espère ne pas m’être trompée dans les tailles, si cela ne convient pas, le marchand reviendra la semaine prochaine et tu pourras les échanger… Ou même si cela ne te plaît pas... dit-elle en rougissant. J’en ai fini ici, du moins pour ma part, je vais rentrer préparer le repas, mais tu peux rester si tu as besoin de plus de temps.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 12 Fév - 18:44
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La place était remplie de monde, des hommes, des femmes, des enfants. Et si de nombreux regards de jeunes femmes convergeaient vers lui, Hypérion n’avait d’yeux que pour la belle jeune femme qui marchait à côté de lui. C’était d’ailleurs étrange mais à chaque fois qu’un regard masculin se posait sur elle il avait comme reflexe de serrer sa main un peu plus fort par esprit de protection. De protection ou….
Toujours est-il qu’ils finirent par se séparer pour inspecter les stands, chacun cherchant son propre bonheur ailleurs pour une fois.
Hypérion s’approcha de l’étal d’arme avec un peu d’admiration, il prit un revolver dans la main le manipulant avec toute l’expertise non pas d’un utilisateur mais d’un fabricant, jouant avec le barillet pour vérifier son équilibrage ainsi que le jeu entre les différents mécanismes.
L’arme était… correcte, surement fabriquée à la chaine par un gros fabricant, il manquait donc toute la passion d’un véritable artisan, et les traces de moulages étaient encore grossières. En tout point c’était une arme qui fonctionnerait, mais guère plus. Il faudrait un entretien régulier et surement un changement de pièces tout aussi régulier.
Le marchand s’approcha du jeune homme avec un sourire commercial.

-Notre best-seller ! Un modèle très réputé de chez Strauss la meilleure qualité possible.


Le jeune homme reposa l’arme sur son présentoir, déclarant en toute bonne fois

-La meilleure ? Je n’irais pas jusque-là, c’est une arme fonctionnelle bien qu’un peu grossière, elle tirera mais ne supportera pas grand-chose.

L’homme en parut piqué et rétorqua de façon un peu moins commerciale cette fois-ci

-Car Monsieur est un grand connaisseur ? Si vous trouvez quelque chose de mieux je veux bien vous offrir ce revolver !


Sans aucune prétention, il lui tendit le sien. C’était un modèle bien plus compact et surtout bien mieux finit. L’arme avait été faite dans un métal de bien meilleure facture et avait été anodisé avec soin de telle sorte à ce que l’arme soit d’un noir mat. Le barillet avait été réalisé de sa main, et chaque réceptacle avait été usiné progressivement avant d’être poli pour faciliter l’insertion des balles.
Le point qui le différenciait des autres, hors sa finition digne d’une œuvre de maitre armurier était un système extrêmement simple de déplacement du barillet : au lieu de simplement tourner sur son axe, ce dernier translatait à chaque armement ce qui empêchait les gaz de s’échapper ailleurs que par le canon, fournissant à la balle une vitesse bien plus élevée et donc un potentiel bien supérieur.
Le marchand ouvrit la bouche en l’examinant le tournant, retournant sous toutes les coutures ouvrant le barillet, le refermant, jouant avec la détente bien plus sensible et observant le barillet effectuer ses mouvements hors du commun.
Il grommela quelque chose avant de saisir une loupe sous son comptoir, étudiant les finitions de l’arme qui étaient sans aucun défaut. Beau joueur, il reposa son matériel, sortant une boite en bois dans laquelle il rangea le revolver Strauss avant de la tendre à Hypérion en plus de son arme.

-Je serais un bien mauvais marchand si je ne respectais pas ma propre parole, tenez il est à vous !


Hyperion prit la boite avec suspicion avant de la ranger soigneusement dans un petit sac, s’approchant d’un étrange fusil à deux canons

-Et celui-là ? Comment fonctionne-t-il ?

-Ah c’est un nouveau modèle à canon brisé, vous voyez le canon bascule par l’avant pour permettre d’insérer les cartouches. Il vous intéresse ?

À vrai dire ce n’était pas le cas et il le pris dans les mains uniquement pour avoir une approche du mécanisme, apercevant quelques ressorts destinés à éjecter les cartouches. Et il eu un flash au même moment.
Il venait de trouver ce qui lui posait tant problème depuis le début de son projet. Il lança presque le fusil dans les mains du marchand, le remerciant brièvement pour l’arme et acheta un set complet de piston de petite taille.
Le commerçant eu une simple question alors que le jeune homme partait

-Qui a conçu votre revolver, c’est un travail digne d’un artisan hors du commun !

Hype se retourna avec un grand sourire innocent, répondant avec innocence :

-C’est moi.

Puis il s’en retourna vers Sana joyeusement la boite du revolver dans son petit sac. Il avait remarqué l’intérêt de la jeune femme pour les armes à feu et avoir gagné ce dernier lui donnait une idée.
Peut-être serait-elle heureuse d’en avoir une ? Mais il ne pouvait pas se permettre de lui offrir une arme qui même si elle valait extrêmement cher était en dessous de ses propres standard de qualités. Il lui offrirait donc après l’avoir retravaillée à sa façon.
Il y avait peut-être autre chose également… Voir l’agent de police lui déconseiller ainsi d’en avoir et la toucher… Cela avait déclenché un sentiment non identifié chez lui qui lui avait fait légèrement serrer la mâchoire en signe de contrariété.

Un peu plus loin il trouva la boutique de livre dans laquelle il se saisit de l’ouvrage sur l’horlogerie que Sana avait reposé. Sans même y réfléchir il l’acheta sans doute pour quand la jeune femme irait mieux, il accompagna ce choix d’une dizaine d’autres ouvrages de mécanique diverse, allant de l’armement léger au lourd en passant même par les traitements thermiques des métaux.
Il rejoignit Sana peu après ses achats soigneusement rangés et un sourire sur le visage.

-Je crois que j’ai fait le tour et que mon problème d’inspiration est réglé ! Je pourrais peut être bientôt te la présenter !

Hyperion déclara tout cela d’un ton enjoué, si tout marchait comme prévu il prendrait plaisir à monter à Sanaë sa dernière réalisation, en espérant que cette dernière marcherait comme prévu. Ce ne fut qu’alors qu’il vit le paquet qu’elle lui tendit, et sans réfléchir il la prit dans les bras en signe de remerciement lui murmurant doucement :

-Merci…. C’est déjà le deuxième cadeau que tu m’offre


Il ne doutait pas vraiment de la taille, et à vue de nez ils étaient exactement comme il fallait, sobre solide, et parfaitement à ses gouts. Il relâcha progressivement son étreinte avant de lui demander.

-Je crois avoir fait le tour de ce qu’il me fallait ! Et toi ?

Il pensait avoir fait le tour du marché et était prêt à rentrer, attendant de savoir si la jeune femme était elle aussi prête.
Hypérion avait déjà hâte de pouvoir se remettre au travail, surtout maintenant que son problème d’inspiration était réglé.
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Sanaë Eshfeld
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Mar 13 Fév - 11:09
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À nouveau, il la prit dans ses bras. Et comme à chaque fois, le coeur de la jeune femme s’emballa, tandis qu’il lui murmura quelques mots à l’oreille. Le deuxième...En un sens, c’était bien le cas, la première étant une montre sur laquelle ils avaient tous deux travaillés… Mais cela datait d’une autre vie, celle d’avant, à l’époque où Sanaë vivait une toute autre existence, où elle était une horlogère douée et reconnue. Où elle était simplement quelqu’un… Ce n’était plus le cas, plus maintenant. Elle n’était plus rien.

Peu désireuse de lui montrer son trouble, encore un de plus, Sanaë s’écarta, lui offrant un sourire quelque peu voilé par ses émotions entremêlées entre bonheur et tristesse. La joie de voir le sourire du jeune homme, de lui avoir fait plaisir avec de simples vêtements, et la nostalgie qui la poussait à ne pas oublier celle qu’elle avait été, autrefois.

-Non, non, j’ai fini. Je voulais justement rentrer.

Ils reprirent donc la route de leur foyer, attendant sagement sur cette colline. La vue y était des plus agréables, la jungle  aussi dangereuse que belle d’un côté et le village surplombant la baie de l’autre. Sanaë aimait cet endroit, paisible et chaleureux... Il lui offrait d’autres possibilité, d’autre perspectives d’avenir, bien qu’elle ne soit pas encore en état de le voir. Incomplète… Voilà tout. Il lui manquait encore quelque chose pour se sentir entière, elle-même, regagner une identité perdue… ou en obtenir une nouvelle. Son psychiatre ne se faisait aucun souci sur le sujet. Il jugeait la jeune femme suffisamment intelligente et débrouillarde pour parvenir à continuer sa vie malgré tout. Encore une chose qu’elle ne voyait pas, et ce, malgré tous ses efforts.

Elle notait toutefois des progrès. Il était loin le temps où la jeune femme passait ses journées à pleurer prostrée dans son lit, comme un animal blessé. Le simple fait de pouvoir enfin se déplacer, lui avait fait le plus grand bien, tout comme quitter la ville de son enfance.

A peine rentrée, elle déposa ses acquisitions sur la table trônant au milieu de la pièce principale, et qui ne leur servait jamais. Ils prenaient leurs repas dans la cuisine, probablement par habitude tout comme ils le faisaient dans son petit appartement. Puis tandis qu’Hypérion alla s’enfermer dans l’atelier, Sanaë disparut dans la cuisine. Elle y passait énormément de temps, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Elle prépara un poulet. Chose des plus facile, il suffisait de le placer au four et attendre que celui-ci ne cuise. Chose à la portée de n’importe quelle cuisinière, même de la plus mauvaise. La cuisson étant longue, cela laissait le temps à Sanaë de s’occuper d’autre chose en attendant. Elle fit donc le tour de la maison, à la recherche d’un objet à ranger, un meuble à épousseter, un sol à balayer. Tout était parfaitement propre, néanmoins, la jeune femme n’en tira aucune satisfaction, bien au contraire, elle vit cela comme un échec des plus désolant… En l’espace de quelques jours, l’ancienne horlogère s’était métamorphosée en parfaite ménagère…Et elle venait de le réaliser…

Dans sa chambre, à présent parfaitement rangée, Sanaë déposa ses livres sur son couvre-lit. Elle s’y laissa tomber, s’étalant à moitié laissant ses pieds reposer sur le sol. Bien qu’elle trouvait que ces petites choses constituant son quotidien avaient quelque chose de rassurant, elle comprit que tout cela n’était pas fait pour elle. Sanaë avait beau s’occuper, autant qu’elle le pouvait, mais ce n’était pas assez, pas pour elle. La création lui manquait, utiliser son imagination dans le but de confectionner divers objets utiles ou non. La Sana d’avant lui manquait, tout du moins en un sens. Cette nouvelle vie avait ses bons côtés, évidemment, elle n’était pas malheureuse dans ce village, dans cette maison, avec Lui. Tout cela grâce à Hypérion...

Elle observa ses mains, tremblantes, mal assurées, mal habiles, depuis ce jour fatidique où sa vie d’alors lui fut arrachée. Comme elle maudissait ses traîtresses qui l’avaient abandonné. La jeune femme sentait sa vie lui échapper sans qu’elle ne puisse la retenir. Cette loque, seulement utile à l’entretien d’une maison, pleurant de tout son soûl chaque nuit… Ce n’était pas elle. Et Hypérion lui-même devait en avoir assez de devoir supporter une pâle copie de celle qu’il avait connu… Et aimé?

Que leur restait-il de leurs points communs ? Ceux qui les avaient fait se rapprocher grâce à leur passion commune. Leur admiration réciproque qui les mettait sur un point d’égalité. De cela, il n’en restait rien. Il se lasserait bien vite de devoir la supporter, puis il partirait… Et sans Hypérion, que lui restait-il, mis à part une pile de regrets ?

A présent agacée, chose peu commune, Sanaë se leva brusquement, avant de se diriger vers sa fenêtre. La vue donnait sur le jardin devant la maison, la baie jusqu’aux montagnes à l’est, mais c’est sur la bâtisse faisant office d’atelier que son regard se portait. La jeune femme ne s’y rendait pour ainsi dire jamais, seulement pour apporter les repas de l’agent Neal avant de disparaître aussi vite que son genou le lui permettait. Pourtant, sa curiosité était toujours là, bien présente, la poussant à en apprendre plus… Son projet… Celui qu’Hypérion gardait secret, l'écartant par là même, de sa vie comme s’il tenait à mettre une frontière de plus entre eux.

Elle soupira, avisant sa canne qui représentait dés lors, à elle seule tant de métaphores. Sanaë en avait assez d’avoir besoin de soutien permanent, pour vivre, marcher, avancer. Assez de paraître assez faible pour être écartée de tout dans le but de la protéger. Elle n’était plus une enfant, plus depuis longtemps. Ce n’était pas non plus une docile femme au foyer qui attendait sagement que son mari ne rentre à la maison… Sanaë n’avait jamais désiré ce genre de vie… Et pourtant voilà à quoi cette femme, la féline, comme elle aimait l’appeler, l’avait condamné. Mais il était encore bien trop tôt pour laisser sa canne de côté… Ce soutien, la jeune femme en avait encore besoin, car même si elle rejetait cette faiblesse, celle-ci faisait parti d’elle, tout comme la peur de tout perdre à nouveau. De le perdre Lui. Un sentiment bien nouveau, un attachement indéniable et particulier, elle en avait parfaitement conscience même si elle ne parvenait pas à y mettre un mot dessus. Mais quelle importance après tout?

Sanaë se rendit jusqu’à l’atelier, passant devant l’agent Neal, installé sur les marches du perron occupé à lire, son occupation première. Il la suivit des yeux tout le long du chemin qui la conduisit à la dépendance devant laquelle elle s’arrêta, hésitante. Hypérion ne lui interdisait pas d’y entrer, jamais, bien au contraire. Elle-même se tenait volontairement à l’écart de tout ceci, par peur, par faiblesse et mélancolie. L’endroit pouvait être nouveau, il lui rappelait tant de souvenirs encore trop douloureux. Pourtant, elle se devait de les affronter, pour elle comme pour Lui. La jeune femme refusait d’être un poids à porter, un boulet à tirer… Une nouvelle prison faite de chair pour le jeune homme derrière la porte.

Finalement, Sanaë prit une grande inspiration, rassemblant tout son maigre courage avant de pénétrer dans la bâtisse. Hypérion se trouvait assis, face à son établi, visiblement absorbé par sa tâche comme elle le fut autrefois. La jeune femme sourit avant de se placer derrière de lui, elle évita les mouvements trop brusque, susceptibles de le faire sursauter. Elle se pencha, posant doucement son menton sur son épaule, sa joue contre celle du jeune homme, tout en observant les divers croquis disposés tout autour de lui.

-Une nouvelle arme pour Centurion? murmura-t-elle en se redressant lentement attrapant l’une des feuille reposant sur le plateau. C’est ce qui te donne du fils à retordre ?

Elle avisa le schéma compliqué, une arme à feu visiblement, un canon des plus imposant. Sanaë ne se faisait d’illusion concernant son utilisation. Même si elle n’en avait rien dit, elle avait bien compris comment Hypérion gagnait l’argent qui les faisaient vivre.

-Je pourrais t’aider ? Mes mains sont certes inutiles, mais mon cerveau fonctionne toujours... dit-elle en reposant le papier sur l’etabli. Je deviens folle à ne rien faire et cela fait longtemps que nous n’avons plus travaillé ensemble... Sanaë plongea son regard dans le siens, admirant ses yeux vairons. Ça me manque...

La dernière phrase fut murmurée. Sanaë ne voulait pas s’imposer, peut-être préférait-il travailler seul. Puis, ne pouvant tenir un outil sans trembler d’effroi, elle lui serait probablement inutile…

Autre chose lui pesait sur le cœur et qu’elle ne pouvait plus porter. Trop lourd, trop douloureux, Sanaë se devait de lui en parler.

-Hype, j’apprécie ta douceur et ta patience, sincèrement. Néanmoins, j’aimerais que tu arrêtes de me traiter en pauvre petite chose fragile. Je ne suis pas faite en sucre… Et me tenir à l’écart, comme tu le fais… Cela me fait réellement souffrir. Je ne suis ni aveugle, ni stupide, je sais comment tu gagnes ta vie. Je sais que tu aimes aider les autres en prêtant la force de Centurion et la tiennes aux pauvres gens. Mais parles moi… ne me laisse plus dans l’ignorance, même si je sais que tu cherches à me protéger. Ce n’est pas de ça dont j’ai besoin...


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Hyperion Radchen
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Mer 14 Fév - 20:26
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Hypérion était plongé dans son travail, mettant en application sa nouvelle idée, traduisant tout cela par un plan en bonne et due forme du futur lancecanon qui ferait sa fierté. Le système d’éjection du fusil était tout simplement merveilleux, et sa mise en application simplifierait grandement sa nouvelle arme.
Il était si concentré qu’il n’entendit pas la jeune entrer ni même se placer derrière lui, ayant un léger sursaut quand elle se mit à parler et à le toucher. Mais ce sursaut fut plus interne qu’autre chose et son cœur fit un bond, d’avantage que son corps.

-Oui une sorte de prototype pour…. Au cas où… mais oui c’était cela qui me posait beaucoup de difficultés. Le chargement des munitions était un vrai problème. Les doigts de Centurions sont trop gros pour éjecter les cartouches d’un barillet.

Il sentit alors la joue de la jeune femme contre la sienne et au lieu d’une gêne en ressentit une sorte de joie intense qui le poussa à ne pas bouger pour profiter plus longtemps de ce contact plutôt intime. Cette arme devait lui permettre de pouvoir travailler de manière plus sure et de moins s’exposer au danger, c’était donc quelque chose de plutôt important.
Sa main glissa doucement le long de la nuque de la jeune femme avant de finalement s’en séparer avec regret.
Il eut un grand sourire quand elle proposa de l’aider. Oh il avait remarqué son absence de l’atelier. Et son absence commençait à lui peser lourdement également. Il aimait travailler sur ses saintes machines, mais ressentait également une pointe de regret à faire tout cela sans l’ancienne horlogère. Cette demande était donc particulièrement bienvenue et il répondit avec joie.

-Bien sûr que tu peux m’aider ! Je crois d’ailleurs que le fait que tu ne sois plus là perturbe aussi mon travaille, je n’ai plus autant de plaisir qu’avant… et je commence par plus avoir envie de passer du temps avec toi qu’ici…

Le génie auparavant solitaire d’Hypérion c’était donc retrouvé conditionné par la présence ou non de Sanaë. Enfin c’était du moins ce qu’il pensait. La réalité était simplement qu’en sa présence un sentiment inconnu lui faisait pousser des ailes et décuplait ses talents si bien que le retour à la normalité était à chaque fois étrange pour le jeune homme qui n’arrivait pas à comprendre pourquoi sa muse l’abandonnait à chaque fois que la jeune femme était loin de lui.
Mais ce qu’elle dit après le figea un moment.
Elle savait tout… ou du moins à peu près tout….Il était à la fois attristé et confus. Car elle avait tout même vu juste sur un point, un point dont il n’avait pas eu confiance jusqu’à maintenant.
Car oui sans s’en rendre compte il avait essayé de surprotéger la jeune femme pour la protéger de tout. Le pire dans tout cela c’est qu’il n’avait jamais voulu faire les choses ainsi. Au contraire, il avait toujours souhaité la traiter comme avant. Mais le jeune homme avait fait une exception, puis une autre, et encore une autre, jusqu’à en arriver à cette situation.
Il se retourna donc vers elle, le regard peiné.

-Je suis désolé Sana… je pensais bien faire en te le cachant pour le moment…Tu as vécu tellement de choses difficiles… je ne voulais pas t’inquiéter avec des choses inutiles. Même si cela peut te paraitre peu vraisemblable, je comptais t’en parler quand tu irais mieux. Je ne veux pas te tenir à l’écart de ma vie, ni maintenant ni jamais.
Oui j’utilise Centurion pour aider les gens d’ici… Ce ne sont pas des affaires louches, loin de là j’aide à récupérer de quoi améliorer la vie des gens. La forêt est dangereuse mais renferme de quoi énormément aider les gens. Il fallait juste quelqu’un pour affronter le danger.

Et quoi de mieux qu’une imposante armure blindée pour cela ? Hypérion avait finis par trouver sa place dans le village, celle d’un gardien et d’un protecteur pour les expéditions dans la forêt. C’était un travail parfois compliqué mais qui permettait de vivre plus que correctement comme pouvait en témoigner les piles de pièces détachées qui s’amoncelaient dans l’atelier.
Il avait prévu beaucoup d’amélioration pour Centurion et avait considérablement investis que ce soit en machines de coupe qui rutilaient encore dans l’atelier. À vrai dire il n’avait pas eu le temps de se remettre à ces dernières comme pouvaient en témoigner la pile de matériaux brut qui s’amassaient devant.

-Je ne voulais pas te mettre à l’écart, au contraire… mais l’agent m’avait dit de ne pas te mêler à tout cela…


Il baissa la tête, ne comprenant pas vraiment ce qu’il aurait dû faire avant de finalement prendre la jeune femme dans ses bras en guise d’excuse. Il n’était de toute façon plus capable de ne plus lui parler de tout ça. Mais au-delà de cette histoire, devoir l’écarter de sa vie l’avait beaucoup plus affecté qu’il ne le laissait paraitre.
Il s’éloigna d’elle pour se saisir d’une pièce qu’il devait monter : un imposant barillet en acier usiné auquel il manquait un axe important.

-Tes mains inutiles ? Je n’en suis pas si sûr ! Aide moi au lieu de dire des bétises.

Il la fit s’asseoir à sa place, faisant face à l’établi avant de se mettre dans la même position qu’elle plus tôt collant sa joue contre la sienne avant d’envelopper ses mains des siennes.
Hypérion avait vu ses essais et ses tremblements et voulait essayer de lui prouver qu’elle pouvait encore pratiquer même si cela concernait quelque chose d’un peu moins précis que l’horlogerie.
Ses mains lui servirent de support et lentement, il guida la jeune femme sur chaque action, ses mains enveloppant les siennes pour l’aider à mettre l’axe dans son cylindre avant de le verrouiller à sa place.
Et alors qu’il lâchait lentement la jeune femme, il souleva l’objet assemblé avant de de le regarder avec un petit air de satisfaction.

-Tu vois, tu es toujours capable de faire des choses !


Car oui, il ne voulait pas accepter que la jeune femme ne soit plus capable de pouvoir utiliser des outils. Il continuerait à…. À… l’aimer ? Qu’elle le puisse ou pas, mais de façon très égoïste il voulait aussi pouvoir travailler avec elle.
Sanaë était une virtuose de la mécanique et il considérait que son talent était une vraie bénédiction. Ne pas l’utiliser aurait été un gâchis terrible.
Il porta la pièce jusqu’à un à l’échelle la plaçant au centre de la future arme qui était encore incomplète. Puis il remarqua que le soleil commençait lentement à décliner.
Se tournant vers Sana il lui demanda en lui prenant les mains.

-Il va bientôt se faire tard, peut être devrions nous aller nous reposer non ?



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Sanaë Eshfeld
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Mer 14 Fév - 22:34
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Elle l’écouta sans l’interrompre se contentant de l’observer en affichant un air désolé tandis qu’un sourire contrit se dessinait sur son visage. Sanaë savait déjà tout cela, elle l’avait comprit sans qu’il n'ait besoin de lui dire. Hypérion ne pensait jamais à mal, bien au contraire, son désir de bien faire semblait évident, bien qu’indéniablement maladroit. La jeune femme avait ressenti le besoin de lui dire, de libérer ce qui lui pesait sur le cœur depuis déjà bien trop longtemps. Sa peur de le blesser l’avait poussé à garder le silence jusque-là, mais cela devenait bien trop lourd pour elle… Si bien qu’elle ne le supportait plus, elle croulait littéralement sous cette charge d’émotion, de souvenirs et de non-dits. Sanaë avait parfaitement conscience de tout cela, de sa faiblesse qu’elle soit apparente, représentée par sa maigreur presque maladive à celle plus silencieuse qui ne se lisait que dans ses regards éteint, ternis…

Lorsqu’il la prit dans ses bras, elle ne le repoussa pas, bien au contraire. Elle-même recherchait ce contact, le ressentant comme une sorte de besoin permanent et vital presque semblable au fait de respirer. Hypérion, en l’espace de quelques mois, avait pris une place important dans sa vie, faisant son nid, peu à peu, s’insinuant jusque dans son cœur. Elle tenait à lui, plus que quiconque, même si elle ne se sentait pas encore prête à le reconnaître. Sanaë lui rendit son étreinte tout en fermant les yeux, s’imprégnant ainsi de son odeur rassurante, apaisante et douloureuse à la fois.

-L’agent dit bien des choses Hype, mais il ne me connait pas.rétorqua-t-elle en déposant une main rassurante sur la joue du jeune homme avant d’ajouter dans un murmure. Personne ne me connaît... Pas vraiment, en tout cas.

Sanaë, en grande solitaire, avait toujours veillé à taire ses ressentis, ses émotions. Si celle-ci parvenait parfois à s’échapper par flot, ce n’était que lorsque la passion qui l’animait pour son travail ou ses créations prenait le pas sur le reste. Silencieuse Sanaë la surnommait son ainé… Ce qui sonnait en réalité comme un reproche, chose confirmée par son psychiatre. Taire ses émotions au point de les étouffer revenait à s’étouffer elle-même et c’était justement ce qui était en train de lui arriver. Elle étouffait.

-M’enfermer dans le passé ne m’aidera pas, c’est vers l’avenir que je souhaite me tourner à présent. Et je veux le faire avec toi.

La souffrance, la peur ne disparaîtraient pas du jour au lendemain, peut-être même jamais. Les cicatrices resteraient probablement, mais s’estomperont avec le temps pour faire partie intégrante de la personne qu’elle deviendrait. À l’image donc des ridules parsemant le corps d’Hypérion, anciennes blessures toujours bien visibles bien que cicatrisées depuis longtemps. Les marques restaient, les souvenirs aussi, néanmoins ceux-ci s’atténuaient peu à peu ne l'empêchant pas de se construire à côté. Grandir, évoluer chaque jour un peu plus, il avait déjà tellement changé depuis leur rencontre dans cette rue enneigée…

Sanaë voulait avancer, reprendre sa vie en main, se l’approprier, la remodeler à sa manière. Cela prendrait le temps qu’il faudra, ce n’était pas l’important, sa décision était prise et elle se battrait chaque jour contre elle-même pour ça, avec Lui. Peu importe sa manière de voir les choses, d’imaginer un scénario quelconque concernant son avenir, Hypérion en faisait systématiquement parti. Peut-être par habitude...Peut-être pour une autre raison bien plus sournoise car tout simplement inidentifiable. L’amour, l’attachement, des mots plus ou moins vastes et trompeurs, que Sanaë n’était pas apte à comprendre, pas encore.

La réaction du jeune homme à sa proposition d’aide l’effraya quelque peu. Évidemment, son empressement la toucha, tout comme son envie évidente de retrouver celle qu’elle était...Mais cela allait trop vite...

- Non attends, lança-t-elle dans l’espoir de le faire abandonner cette folie.

Peine perdue, le contact de sa peau contre la sienne lui fit perdre tous ses mots, plaisir, douleur, peur. Les mains de la jeune femme, prisonnières dans l’étau de chair et de métal tremblaient plus que jamais. La réalité semblait pourtant évidente, ses mains ne servaient à rien, Hypérion les maniaient comme des outils rouillés, grippés et inutiles… Il ne comprenait pas, ne voyait pas les larmes qui se mirent à couler le long de ses joues. Il voulait bien faire, rien de plus… Mais de façon bien maladroite. Le cœur de Sanaë se serra brusquement violemment… Ses poumons peinaient à absorber l’oxygène dont ils avaient si désespérément besoin.

Finalement, Hypérion relâcha son étreinte afin d’observer l’objet qu’il venait d’assembler… Lui et seulement lui… Il semblait si satisfait, mais…

-Tu te trompes,murmura-t-elle avant de se relever désireuse de mettre le plus de distance possible entre l’établi et elle.

Elle l’observa ensuite positionner la nouvelle pièce à l’emplacement qui lui était destinée. La future arme était là, inachevée, incomplète… Tout comme elle. Hypérion connaissait les machines mieux que quiconque, peut-être, comprendrait-il plus facilement si elle se comparait à l’une d’elle. Lorsqu’il revint près d’elle, lui annoncant l’heure tardive Sanaë réalisa que le temps avait défilé à une vitesse folle.

-Le poulet !s’écria-t-elle avant de quitter brusquement l’atelier.

Elle marcha aussi vite qu’elle le put jusqu’à la maison, repassant devant l’agent Neal toujours à son poste d’observation, avant de se rendre directement à la cuisine… Le poulet reposait sagement dans un plat, sur la table… Un peu trop cuit, froid...

-Je me suis permis de le sortir du four, il commençait à sentir le roussit et je ne voulais pas vous interrompre...lança une voix derrière elle.

-Oh, merci… Vous avez bien fait, répondit-elle honteuse d’avoir réussi à oublier la volaille…

L’agent la salua avant de quitter la pièce et la maison. Elle observa Hype avant de s’approcher doucement.

-Tu as raison, je suis épuisée, je monte me coucher, le repas est prêt… Et froid...



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mer 14 Fév - 23:28
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Elle partait ? Déjà ? Alors que le repas était prêt bien qu'un peu froid... Hypérion ressentit comme un vide, comme si cette simple annonce avait sonnée comme un glas en lui. Il avait du mal faire les choses comme à son habitude... Cette constatation le frappa aussi fort qu'un marteau de guerre et lui fit prendre une douche plutôt froide qui le fit légèrement se redresser, et peut être pour la première fois de sa vie, arrêter de sourire. Alors que Sana s'approchait doucement, lui fit un pas en arrière, une pointe de panique dans le regard. C'était la première fois qu'il avait un mouvement de recul avec elle... et encore ce dernier n'était même pas dirigé contre elle. Il avait simplement le sentiment d'en avoir trop fait.

Le temps ou le jeune homme se serait arrêter pour pleurer n'était plus, ou plus exactement avait changé, les larmes viendraient, sans doute plus tard, mais pour le moment il ne faisait que réaliser sa méprise et son absence soudaine d’appétit. Même si Sanaë l'avait préparée, il ne se sentais pas à manger quoi que ce soit tant sa gorge était serrée.
Il fit demi-tour tachant de dire le plus doucement possible, bien que d'une voix qui ne laissait aucun doute sur les émotions qui le traversaient.



-Je n'ai plus très fin, nous le mangerons demain ce n'est pas grave

Le jeune homme était tout simplement effondré,  non pas à cause d'un simple plat de cuisine, mais à cause de lui. Il s'insulta seul, faisant un demi tour rigide avant partant à grandes enjambées dans l'atelier dans lequel il s'enferma longuement, comme si rester seul pouvait lui faire le moindre bien. Il aurait tant aimé manger avec elle, pouvoir lui souhaiter bonne nuit, monter se coucher avec son sourire en tête.
S'asseyant sur sa chaise, il fixa longuement le lancecanon partiellement assemblé, dont la plupart des pièces étaient encore à l'état de bloc d'acier aux pieds de ses machines. Ces dernières étaient froides, muette et semblaient fermées au dialogue, lui reprochant presque sa bêtise. Il avait pensé bien faire... et encore une fois il avait fait du mal à la femme qu'il... qu'il.... aimait ?
Peut être était-ce ça... Mais pour le moment, il était simplement fou de chagrin, et en colère contre lui même.
Trop aveuglé par son travaille il était passé à côté de l'essentiel, et en guise d'exutoire, il se remit au travail tachant de troquer son malaise contre un résultat tangible. Il savait pertinemment que cette humeur n'était pas propice à un travail de précision, mais il y avait une tache qui conviendrait.
Hypérion sortit une caisse d'un rangement près de son établis, la caisse était énorme et il dut mettre les deux mains pour la tirer jusqu'à lui avant d'ouvrir les quatre verrous qui retenaient le couvercle, révélant un chargement complet d'obus qu'il espérait pouvoir recréer. Mais pour le moment il avait juste besoin de penser à autre chose.
Il sortit donc le premier lot de son emballage, vérifiant la tête, l'amorce, mais aussi le contenus avant de le reposer sur son établis. C'était une tache peu glorieuse, que peu de personne ne faisaient, mais le jeune technicien était perfectionniste à l'extrême et considérait qu'une munition en mauvais état était une insulte envers ses armes.
Lentement, précautionneusement il inspecta chaque munition, jusqu'à ce que l'établis se retrouve encombré d'une première centaine d'obus, chacun d'entre eux passé sous son regard  remplis de tristesse d'Hypérion.
Au moins parvenait-il à fuir son mal-être pendant un court moment. Il comptait bien s'épuiser à la tache, et de ne monter que lorsqu'il serait incapable d'en faire plus.
Et cela n'arriva que lorsque la nuit fut avancée, seulement là alors, il fit le chemin inverse, rangeant chaque obus jugé digne dans une nouvelle boite, ne remarquant que lorsqu'il sorti l'agent de police dormir dans un coin de la pièce.

Le chemin jusqu'à sa chambre fut ponctué de détour, notamment un dans la salle de bain ou il passa un long moment à se laver, le jeune homme sembla rester bien plus longtemps sous l'eau que d'habitude, la gardant froide pour tacher de rester un peu éveillé. La peine revenait petit à petit, encore plus fortement que lorsqu'il avait tenté de la fuir.
La douche terminée, il remonta péniblement dans sa chambre, regardant la porte de Sana avec désespoir sentant une larme commencer à couler. Essuyant ce cristal de tristesse cristallisé, il prit le chemin de sa chambre, regagnant doucement son lit avant de rabattre sa couverture sur lui même.
Il faisait froid.... et une nouvelle foule de larme de regret venait à lui alors qu'il se sentait transpercé par la culpabilité.
Mais il ne voulait pas éclater en sanglot, pas maintenant, plus maintenant... Ses yeux embués, se posèrent sur le Centurion qui dormait paisiblement, ses deux yeux fixés sur son propriétaire. Comme il enviait la machine de pouvoir éteindre son cœur. Il commençait à regretter cette période ou son cœur n'était qu'une pompe inerte qui se contentait de faire son office, le préservant certes des joies mais surtout des peines. C'était une armure qui avait été crée dans les mines et que Sana avait brisée facilement, simplement en étant là, simplement en permettant à Hypérion de vivre avec elle.
Pourrait-elle le pardonner ? Il en doutait... Et cette simple pensée le fit se recroqueviller sous ses draps, incapable de se réchauffer, trouvant la nuit bien cruelle.
La couette était douce et il y enfoui sa tête pour tacher de ne plus voir la machine le juger.
Seul et gelé encore une fois, les lieux changeaient mais en l'absence de la flamme qu'était Sana, il redevenaient creux et froid...
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Sanaë Eshfeld
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Jeu 15 Fév - 10:32
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Lorsqu’il recula, Sanaë se figea de ses muscles raidis par cette réalité des plus dérangeante. Cet air à la fois perdu et paniqué, ce mouvement de recul dans le but de la fuir sinon de l’éviter, elle en était à l’origine. L’avait-elle blessé en se montrant trop froide, trop brusque, trop brutale ou simplement trop éteinte ? Venait-il de réaliser à quel point la jeune femme était fade et inutile dans son état actuel ?

Lorsqu’il fit demi-tour, s'éloignant complément cette fois, dans le but de fuir la pièce, la maison… la fuir elle, Sanaë ne fit aucun geste pour le retenir. Car même si elle l’avait voulu, la jeune femme en aurait été totalement incapable tant son propre état de panique la maintenait profondément ancrée dans cette position… Tétanisée. Son cœur se serra de nouveau tandis que la porte d’entrée claqua. Le choc, bien trop violent pour elle, lui fit fermer les yeux, relâchant alors brutalement la pression sur ses muscles. Elle chuta, comme si elle se trouvait alors directement aspirée par le sol, se retrouvant à présent sur le plancher, à genoux, ignorant totalement la douleur dans sa jambe tant celle de son cœur était cuisante. Ils s’étaient blessés l’un l’autre, chacun à leur tour… Et il la fuyait à présent.

Sanaë resta un long moment ainsi assise, le regard perdu, l’air hébété tandis que de larmes silencieuses ruisselaient le long de ses joues pâles et creuses. Au bout d’un certain temps, lorsque les larmes furent taries, la jeune femme se releva. Son genou, engourdi par cette position aussi peu recommandable dans son cas qu’inconfortable, ne la maintenait plus. Elle tomba de nouveau, plusieurs fois avant de prendre appuie sur la chaise afin de la maintenir. Elle s’y installa, massant son articulation douloureuse qui lui rappelait chaque jour ses blessures profondes et cette faiblesse méprisable dont elle ne voulait plus. Sanaë rassembla ses forces, replaça la volaille dans le four tout aussi froid qu’elle avant de se rendre à la salle de bain.

Elle y fit sa toilette tout en évitant soigneusement son reflet misérable dans le miroir. Une fois suffisamment propre, le visage débarrassé de toutes traces de larmes, la jeune femme enfila sa chemise de nuit avant de se hisser jusqu’à l’étage. À la fenêtre, elle remarqua que les lumières de l’atelier étaient allumées, attestant la présence d’Hypérion probablement occupé à travailler… Ce qu’elle-même aurait fait si elle en avait été capable. Ce n’était malheureusement plus le cas, il ne lui restait même plus ça… Se vider l’esprit par le travail, un exutoire utile et constructif, l’évitant de ressasser les événements encore et encore comme elle était en train de le faire. Que lui restait-il à présent, maintenant qu’elle avait réussit à blesser la seule personne à laquelle elle tenait plus que sa vie ? Rien, sinon des regrets amoncelés dans un tas si grand à présent qu’il tenait à prendre des allures de montagne… Et s’il la quittait finalement ? Sanaë ne lui apportait plus rien à présent…

Elle s’éloigna finalement, s’installant sur son lit dans une position demi-assise, étalant son genou meurtri essayant de chasser sa douleur. Elle se saisit ensuite de l’un de ses romans, acquit un peu plus tôt. Le choisissant au hasard, le sujet ne l’importait peu. Vaine tentative de dévier son esprit troublé de ses pensées tristes et dérangeantes à la fois. Ses yeux glissaient sur les mots sans que ceux-ci ne s’en saisissent où n’y trouvent un sens. Les phrases, les mots s’emmêlaient dans sa tête, se mélangeant à ses propres pensées rendant le tout plus obscure encore. Agacée, déçue, totalement perdue, Sanaë ferma son livre pour le placer sur sa table de chevet.

Allongée dans son lit, la jeune femme repensait au passé, le leur. À leur rencontre dans la neige, la sensation étrange de se trouver face à une machine aussi belle qu’imposante, d’entretenir une conversation avec elle. Revoir centurion manipuler avec douceur la montre brisée qui était à l’origine de leur rencontre… Sans cette montre, jamais Hypérion ne serait venu vivre avec elle, jamais il n’aurait travaillé à l’horlogerie. Jaread aurait probablement continué à déserter l’atelier alors que Sanaë s’y serait enfermée… Jusqu’au jour où cette femme serait venue tout détruire emportant tout, jusqu'à sa vie.. Une montre, une seule, en avait changé le cours. Cet objet si futile aux yeux de beaucoup que le jeune homme gardait toujours sur lui. Sans cette montre… Sanaë serait tout simplement morte… Le destin, le hasard joue parfois de drôle de tour. Parfois doux, parfois cruel… Il y avait toujours une raison à tout événement.. Mais quelle était cette raison dans ce cas précis qui les avaient tout deux poussé à se blesser mutuellement. Sanaë n’en avait pas la moindre idée…

Elle repensa alors à Hypérion. A son sourire jovial lorsqu’il se trouvait face à une machine. Son rire cristallin, illuminant son visage, et son âme… Son expression sérieuse lorsqu'il se trouvait à son établi, occupé à manier diverses pièces dont Sanaë ignorait tout, mais où lui semblait y trouver une quelconque logique si évidente. Elle avait beaucoup apprit à ses côtés, simplement en l’observant s’affairer en silence… Puis vint ce regard, celui si effrayé… Triste… Ce qui la mena à songer à ce moment dans l’atelier… Sa maladresse à son encontre, car trop empressé de la revoir prendre sa place à ses côtés dans cet atelier…

Elle comprit alors la raison de sa réaction, il s’en voulait à lui-même… Sanaë se redressa en entendant le bruit de craquement des marches attestant que le jeune homme était bien rentré… La jeune femme fixait désespérément la poignée de sa porte dans l’espoir de voir celle-ci s’abaisser, mais rien ne se produisit. À la place, ce fut un bruit de porte qui se ferme doucement qui perça à travers la cloison. Sanaë se laissa retomber sur ses oreillers en soupirant, tant elle fut déçue de n’avoir pu s’expliquer afin de simplement le rassurer…

Elle attrapa l’oreiller sur lequel le jeune homme avait dormi la veille, le serrant contre son cœur, humant son odeur tout en fermant les yeux… Tout n’était pas trop tard. Hypérion se trouvait dans la pièce d’à côté, probablement en train de se torturer moralement, de douter autant qu’elle… Sanaë pouvait changer cela. Elle se releva brusquement, grimaçant lorsqu’elle sentit la douleur de sa jambe se réveiller. Sans prendre sa canne, elle se dirigea jusqu’à la chambre du jeune homme… Hésitante, par peur de se voir rejetée par ce dernier, Sanaë resta un long moment devant le battant désespérément fermé. Et si elle s’était trompée ? Peut-être venait-il simplement de réaliser à quel point s’accrocher à elle, la soutenir comme il l’avait toujours fait, n’était qu’une perte de temps... Auquel cas, il n’aurait certainement pas envie de la voir.

En soupirant, la jeune femme fit demi-tour. Elle manquait cruellement de courage et se retrouvait totalement démunie face à ses pensées. Arrivée à mi-parcours, Sanaë s’arrêta, se retournant à nouveau vers cette porte close. Réalisant simplement qu’elle ne pouvait pas devenir ce qui se passait dans la tête de son ami alors qu’elle-même peinait à se comprendre. Les non-dits, les secrets… Ils n’aideraient en rien, jamais bien au contraire, ils les maintenaient éloignés l’un de l’autre alors qu’elle désirait tout le contraire. Elle avait besoin de lui, pas de son soutien qu’il soit moral, physique ou financier, mais plutôt de sa simple présence auprès d’elle. Serrant mâchoires et poings, reprenant courage, elle se dirigea vers la porte. Posant son oreille sur le battant, elle écouta le silence... Peut-être dormait-il, peut-être pas, dans tous les cas, elle devait en avoir le cœur net. Aussi, c’est sans frapper que la jeune femme ouvrit timidement la porte, passant simplement la tête dans la pièce dans l’espoir de l’apercevoir. Dissimulé sous ses couvertures, Hypérion restait imperceptible, invisible aux yeux de l’ancienne horlogère qui s’en voyait frustrée. Elle voulait le voir… En avait besoin, tout simplement.

Tout en boitant, car la pièce n’offrait guère de meuble sur lesquels s’appuyer, Sanaë se dirigea vers le lit. Elle s’y installa, assise aux côtés du jeune homme qui semblait dormir recroquevillé sur lui-même. Cette vision déchirante lui brisa le cœur… Qui de mieux placé qu’elle pouvait savoir pourquoi un être humain se tiendrait ainsi?

- Oh, Hype… Je suis tellement désolée, murmura-t-elle. A force de ne rien se dire on en arrive à se blesser… Je ne voulais pas… Je ne t’en veux pas, jamais, en aucune façon.

Soupirant une nouvelle fois, Sanaë prit sur elle de lui raconter tout ce qui pesait sur son cœur. Ses peurs, ses doutes, elle les partagea avec lui, toutes sans exception, parlant longuement sans être certaine qu’il l’entende tant il restait silencieux. Elle exprima sa crainte de ne plus jamais être capable de pouvoir toucher à la technologie sans se mettre à trembler misérablement.

- À tes côtés, je me sens capable de tout affronter... Laisse-moi juste le temps de le faire à mon propre rythme. Je ne t’en voudrais jamais de vouloir bien faire, mais il faut aussi que tu acceptes qu’il puisse arriver que tu te trompes, que tu te montres maladroit, comme aujourd'hui. Que tu acceptes aussi, que toi, plus que quiconque, puisse être capable de me blesser. Par ce que tu comptes énormément pour moi, Hype.

Elle s’allongea ensuite, se collant contre lui, cherchant le contact dont elle avait si désespérément besoin à travers l’épaisse couverture. Cela lui parut aussi frustrant qu’apaisant, Hypérion se trouvant là, si près, mais pourtant si loin.

- J’ai besoin de toi, chuchota-t-elle doucement.


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Hyperion Radchen
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Jeu 15 Fév - 19:50
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La nuit avait fini par se refermer sur lui, et seul dans l'obscurité, caché sous ses couvertures comme un enfant il se contentait de faire comme d'habitude: attendre que le temps passe, que ce dernier. Il finit par écouter son cœur battre, ce dernier étant étrangement plus silencieux sans la jeune femme. À défaut d'être silencieux il semblait même étrangement mort, Hypérion ne ressentant même plus le frisson habituel qu'il avait avec l'ancienne horlogère.
Puis doucement alors qu'il fixait un coin noir dans le dôme qui lui servait de refuge, un grincement étouffé se fit entendre, celui de sa porte qui s'ouvrait lentement, suivit après un certains temps de bruit de pas mal assuré. Ces bruits, ils les connaissaient trop bien et son cœur se serra de nouveau en réalisant qu'il devait s'agir de Sanaë.
Mais au lieu de sortir de sa carapace pour se jeter dans ses bras, sa propre honte le fit rester sur place, incapable de bouger..
Elle était désolée ? Mais de quoi au juste ? C'était uniquement de sa faute, pas de la sienne, c'était sa bêtise et son empressement qui avait déclenché tout ça... La jeune femme n'y était pour rien...
Mais malgré tout ce qu'elle disait, il n'arrivait pas à accepter... Pas qu'il puisse se tromper, c'était un fait réel sur lequel il ne doutait pas, mais pouvoir blesser Sana était un fait sur lequel il butait sans cesse.
S'inquiéter autant pour quelqu'un n'était pas normal, du moins pas normal pour une relation normale, que ce soit pour une sœur ou un ami....



Et quand elle finit par lui dire qu'elle avait besoin de lui et qu'il sentit son corps contre le siens malgré la couverture, il ne tînt plus. Lentement il enleva la couverture de son corps, étouffant ses larmes pour prendre la jeune femme dans ses bras.
Son esprit s'emballa encore une fois, il ne savait pas quoi lui dire, pas quoi faire pour lui dire à quel point il état désolé, que même s'il devait accepter le fait de la blesser... il ne pouvait pas faire autrement que s'en vouloir atrocement. Mais qu'importait.... comment réussir à ressasser toutes ces idées noires, elle était là, laisser passer ce moment qu'il avait tant attendu aurait été terrible.


-J'ai besoin de toi aussi... je ne veux plus passer du temps sans toi Sana....


Il était dépendant... c'était un constat froid et logique, une logique toute mécanique qui voyait ce phénomène de façon neutre, mais les humains avaient un tout autre mot pour cela : dépendre d'une personne, la considérer comme son bien le plus précieux. Cela s'appelait l'amour.
Et cette expression il ne la comprenait que maintenant. Ce mot avait toujours été une étrangeté pour lui. Au début aussi étrange que cela puisse paraître il avait considéré ce sentiment comme une bizarrerie propre aux gens de la surface, une perte de temps volontaire qui les forçait à s'occuper de quelqu'un d'autre au lieu de travailler et d'exploiter pleinement ses capacités.


Il serra la jeune femme contre lui, sentant des frissons dans tout son corps, et quelque chose dans son bas-ventre le brûlait, ce n'était pas comme lorsque Centurion fuyait, c'était doux, agréable, chaud...
Sa gorge se serrait à nouveau pas par tristesse simplement par appréhension.

Il devait dire quelque chose à ce moment-là son instinct le hurlait, ce même instinct qui était apparut récemment.

La jeune femme dans les bras il n’arrivait plus à réfléchir comme avant ses idées se résumant à un fouillis confus d'idées imprécises. Une seule idée revenait en boucle, comme une marque au fer rouge. Finalement il finit par la serrer un peu plus fort avant de la mettre à sa place. Il se plaça au-dessus d'elle la regardant dans les yeux longuement, les yeux encore un peu embués de larmes.
Sa vois essayait de sortir mais rien ne venait et son ventre finissait par devenir douloureux alors que ses entrailles se compressaient.
Finalement sa bouche finit par s'activer d'elle-même.


-Peu importe tes problèmes, peu importe ce que tu pourras bien dire, même si le monde entier trouver ça illogique.... je t'aime Sanaë !


Il se mit presque à trembler alors qu'il finissait par sortir ce qui couvait en lui depuis tout ce temps. La lune éclairait doucement la pièce et il put voir le visage de la jeune femme, et alors qu'il pensait avoir réussi à faire taire cette ébullition, cette dernière revint à la charge.
Alors, il arrêta de réfléchir, se baissant doucement vers la jeune femme répétant un geste qu'il avait fait une seule et unique fois par erreur à une autre époque. Cette fois de façon bien consciente. Avec toute la douceur que la jeune femme connaissait il déposa ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser.
À ce contact quelque chose sembla s'enflammer en lui, c'était la première fois qu'il lui arrivait quelque chose de pareil, mais pour autant pas une seule seconde il ne pensa à rompre ce contact.
Les lèvres de la jeune femme étaient douces et chaudes, et il trouva dans ce premier baiser autant d'envie que de contentement, les larmes de ses yeux s'écoulèrent doucement, cette fois en signe de bonheurs et ce ne fut qu'après quelque seconde qu'il s'arracha à ma jeune femme, se relevant légèrement pour l'observer.

Son cœur se mit à battre plus fort, plus vite, avec une seule question en tête, comment la jeune femme allait-elle réagir ?
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Sanaë Eshfeld
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Ven 16 Fév - 10:43
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Même après lui avoir si longuement parlé, lui confiant ainsi tout ce que son âme meurtrie renfermait, Sanaë ne s’était pas du tout attendue à le trouver réveillé. Aussi, elle surtout tandis que Hypérion l’écarta légèrement afin de faire tomber la barrière de couverture qui les maintenait éloignés. Son cœur manqua un battement lorsqu’il la ramena à lui, la serrant dans ses bras dans un geste à la fois doux et empressé qui le représentait tout à fait. Peu désireuse de lutter contre quelque chose qui lui faisait si désespérément envie, jusqu’en devenir douloureux, Sanaë se lova dans ses bras, posant sa tête contre le cœur du jeune homme qui semblait battre au même rythme que le sien.

L’ancienne horlogère sentie toute sa charge émotionnelle, accumulée tout au long de cette journée, délester ses épaules, son âme même. Elle soupira d’aise en écoutant Hypérion exprimer à son tour son besoin d’être proche d’elle. Cette nécessité, cette dépendance de l’autre, au point de se sentir éteinte lorsqu’il ne se trouvait pas auprès d’elle, Sanaë le ressentait également. Le jeune homme représentait son foyer, la douce sécurité, la tiédeur rassurante de ses bras autour d’elle… Elle se trouvait à sa juste place.

Sans lui, elle se trouvait semblable à Centurion, reposant immobile comme une vulgaire statue, une coquille vide dépourvue d’âme, ne s’animant qu’en présence de son propriétaire. Celui qui détenait la clé de son cœur. Mais depuis quand? À quel moment cet étrange sentiment s’était-il épanouit en son âme? Tout cela, elle le ressentait tout au fond d’elle, jusque dans son ventre tiraillant exprimant son besoin de se trouver toujours plus proche de lui, contre lui.

Quand il la repoussa, Sanaë ressenti comme une déchirure, profonde et douloureuse. Les yeux vairons d’Hypérion, à présent au dessus d’elle, luaisaient au clair de lune dans une expression mêlant détermination et hésitation qu’elle ne lui reconnaissut pas.

-Peu importe tes problèmes, peu importe ce que tu pourras bien dire, même si le monde entier peut trouver ça illogique.... je t'aime Sanaë !

La jeune femme resta interdite, fixant Hypérion d’un regard hébété. Les mots la percutaient violemment, bien trop pour qu’elle puisse réellement les comprendre de prime abords. Puis, elle s’en saisit, ceux-ci se frayant lentement un chemin jusqu’à son cerveau engourdis par tant de sentiments différents. Il...l’aimait ? Elle ? Sanaë peinait à le réaliser, c’était bien trop, trop fort, trop étrange, trop illogique. Pourquoi elle ? Elle n’avait absolument rien d’extraordinaire ce n’était qu’une jeune femme comme les autres, un peu bizarre, maladroite, toujours dans la lune. Tout du moins, voilà l’image qu’elle renvoyait jusque-là.

L’amour avait toujours eut une notion plutôt abstraite pour Sanaë, quelque chose qui liait les parents à leurs enfants, mais qui ne se reflétait pas forcément dans leur couple. À l’image de celui que formaient jadis ses parents, la tendresse, l’affection était bien là, mais il ne s'agissait nullement d’un amour profond... Dépendant... Ce n’était alors qu’un sentiment aux allures bien utopique aux yeux de l’horlogère, un artifice décrit dans les romans, au même titre que bien d’autres. Un divertissement destiné à faire rêver les lecteurs, rien de plus… Du moins, c’est ce qu’elle en avait toujours pensé.

Ses sentiments pour lui, bien réel pourtant, profond, parfois douloureux. Sanaë les avait jusque-là écartés, rejetés, mettant cela sur le compte d’une profonde amitié, un lien tenant d’un amour bien fraternel… Ce n’était nullement le cas. Bien aveugle Sanaë, et il a fallu que ce soit lui qui le comprenne bien avant toi…


L’amour ne suit aucune logique… Une phrase bien simple découverte au détour d’un roman lut il y a bien longtemps, si longtemps qu’elle l’avait presque oublié.

Ses réflexions tortueuses concernant la nature de ses émotions volèrent en éclats tandis que les lèvres d’Hypérion prirent possession des siennes. Un geste doux, délicat, chaud… Toute pensée semblait alors bien inutile. Oubliant toute logique, Sanaë se laissa guider par son instinct, celui qui le désirait ardemment, qui ne voulait que lui.

Elle sentit une nouvelle sensation de déchirement lorsqu’il rompit ce tendre contact, l’observant de son regard si particulier, si doux, luisant à présent de larmes . Doucement, la jeune femme caressa la joue d’Hypérion, chassant du bout du pousse ces larmes si dérangeante qui entachaient le doux visage de l’homme qu’elle aimait. C’était pourtant si évident…

- Pourquoi ces larmes ? murmura-t-elle en souriant. As-tu...peur ?

Elle se redressa lentement, prenant appuie sur ses coudes sans jamais détourner son regard du siens. Doucement, la jeune femme déposa une multitude de petit baiser, sur ses joues, parcourant son visage en son entier jusqu’à ses yeux, chassant du bout des lèvres tout résidus de larmes disgracieuses. Finalement, elle se laissa à nouveau tomber, tout en attirant son visage vers le siens, l’embrassant à son tour, essayant de lui transmettre par ce geste, simple et si naturel alors, tout les sentiments qui se déversaient en elle et qui lui étaient entièrement destinés. Elle l’aimait, plus que tout, et même si les mots lui manquaient, parce que trop émue, trop hésitante, elle espérait lui communiquer en cette étreinte douce et profonde.

Son coeur battait pour lui...


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Hyperion Radchen
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Ven 16 Fév - 23:18
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Trop, c'était trop pour un seul homme. Voilà la première pensée qui lui traversa l’esprit quand il embrassa Sana, et alors que la longue attente commençait, il ne cessait d'observer la jeune femme. Puis l'attente pris fin en une phrase, et il remarqua seulement lorsqu'elle lui fit la remarque qu'effectivement il pleurait. Encore une réaction incompréhensible. Il était heureux, le plus heureux des hommes et il ne réussit qu'à répondre doucement.

-La joie... je ne sais pas...


Mais avait-il vraiment besoin de parler ? Pas vraiment, car la jeune femme avait fini par répondre à ce baiser, et après quelques baisers qui le brûlèrent agréablement, elle finit par l'attirer vers elle, le faisant replonger dans cette spirale d'émotions. Il reçu son baiser et ses sens s’enflammèrent, le poussant à chercher toujours plus, et il se perdit dans cette embrassade folle qu'il n'avait jamais connue.
Son cœur battait à tout rompre et le moindre de ses nerfs était devenu sensible. Il enlaça la jeune femme dans une étreinte qui ne se relâcha pas.
Toute cette retenue, le barrage inconscient qu'il s'était imposé jusque-là venait de disparaître et le torrent émotionnel se déversait librement, sans plus aucune retenue.
Hypérion était tout simplement incapable de penser à autre chose qu'à Sana, et son cœur battant au rythme de celui de la jeune femme.
Finis les répétitions simple et morne des machineries, quelque chose était en train de le pousser au-delà de ses propres limites. Il dut s'arracher pendant un court instant à son étreinte pour reprendre sa respiration tant cette scène folle l'accaparait, le faisant même oublier de respirer. Mais au bout de quelques secondes salvatrices, il replongea vers la jeune femme.

Son univers entier se résumait à elle, et seulement à elle, il n'était même plus temps de prononcer la moindre parole car ils communiquaient autant par les gestes maintenant. Une nuit folle pour deux âmes encore innocentes, une nuit qui ne commença pas vraiment ni même ne finit car aucun des deux ne ferma l’œil de la nuit et ce ne fut que lorsque que le soleil finit par éclairer doucement la chambre, révélant un lit sans dessus dessous, un drap depuis longtemps au sol et un couple lové l'un contre l'autre qu'Hypérion se souvint que le temps avait fini par passer.
Combien de temps cela faisait-il depuis ce premier baiser ? Une seconde ? Une minute ? Une heure ?
Pour lui cela avait été bien trop court, et cette soudaine découverte le fit de nouveau sourire. Tout était passé bien trop vite. Mais même malgré le soleil, il ne comptait pas lâcher la jeune femme. Lentement il trouva le visage de Sanaë déposant un nouveau baiser parmi la multitude de la nuit.
Mais il n'était pas prêt à se séparer d'elle maintenant et la chaleur de la jeune femme ne devrait selon lui pas encore le quitter.
Et comme l'amoureux transit qu'il était, toute séparation était trop tôt et se devait d'être repoussée. Hypérion venait de découvrir l'amour, et pas l'amour pour n'importe qui, mais bien pour la jeune femme lovée contre lui donc la chevelure luisait doucement sous les premiers rayons du soleil.


-Bonjour ma Sana....

Bien dormi ? Cela aurait été une question inutile, ils n'avaient pas dormi de la nuit, ni dormis ni même se reposer, mais lui était heureux et même si la jeune femme semblait aussi comblée que lui, la nuit et la fatigue le laissait encore un peu hébété.
Le coq se mit à pousser son premier cri signe que la matinée avait commencée. Mais à quoi bon se lever n'étaient ils pas bien ici ? Le monde semblait s'arrêter à ce lit qui même mal en point était sûrement l'endroit le plus confortable au monde pour Hypérion.
Sa main caressa le visage de la jeune femme, suivant les courbes de celui-ci. Le jeune homme découvrait à chaque seconde de nouveaux détails qui l'enchantaient, et en guise de respiration l'embrassa à nouveau.
Encore, ce n'était jamais assez, et plus jamais ça ne le serait, car au-delà des apparences, un véritable sentiment de dépendance c'était crée et s'il ne s'était jamais sentis appartenir à quiconque, cela venait de changer, son cœur, son corps et son esprit appartenaient à la jeune femme, et il les lui donneraient volontiers.
L'amour venait de frapper le jeune homme et ce dernier s'enflammait à chaque fois que la jeune femme était proche de lui.

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Sanaë Eshfeld
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Sam 17 Fév - 8:09
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Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
La jeune femme se perdait, s’abandonnait totalement dans les bras de celui qui fut jadis son ami. Chacun de ses baisers la rendait plus avide encore que le précédent, ceux-ci répondant à ce besoin, ce désir en s’intensifiant, se faisant toujours plus pressant et plus profonds encore. Elle se laissa aller, donnant libre cours à son instinct qui la poussait à en vouloir toujours plus. Le temps perdit peu à peu toute notion logique, jusqu’à ne plus exister pour les deux âmes emplis d’un amour débordant et inconditionnel tendrement enlacées sur ce lit désordonné.

Sanaë en oubliait tout, son passé, ses peurs, ses doutes, sa douleur autant physique que psychologique pour se perdre encore et encore dans cette tendre embrassade. Tout cela lui semblait alors si naturel et logique. Plus rien d’autre ne comptait mis à part l’homme qui la tenait contre lui, à sa juste place, contre Hypérion à qui elle offrit son cœur et son âme, chose qu’elle n’aurait jamais pu imaginer avant cela. Pas après avoir évité toute relation humaine pendant plus de trente ans. Mais elle l’aimait, de tout son être, elle le chérissait plus que tout. Et même si les mots lui manquaient, cela n’avait guère d’importance, cet amour se transmettait sans aucune retenue dans chacun de ses baisers.

Peu à peu, la pièce se retrouva baignée par les rayons lumineux, encore bien timides de l’astre qui se levait lentement. La nuit s’était écoulée sans qu’ils ne s’en rendent compte. Sanaë portait quelques regards attendris à son amour qui la serrait encore. Il était si beau sous cet éclairage naturel, malgré la fatigue qui tirait légèrement ses traits délicats.

- Bonjour, répondit-elle simplement avant de lui rendre un énième baiser.

Sanaë se pressa un peu plus contre lui, posant sa tête contre le cœur du jeune homme qui semblait reprendre peu à peu un rythme normal. Elle plaça sa main dans la sienne, paume contre paume. La main de la jeune femme parut si petite dans celle de son aimé… L’ancienne horlogère savoura ce temps de plénitude, de bonheur pur et simple jusqu’à ce que le calme fut rompu par le grondement de deux estomacs, restés discret jusque-là, réclamant à présent leur dû. Un sourire amusé, un rire clair et sincère, un dernier baiser, la jeune femme se releva.

- Je vais nous préparer quelque chose... dit-elle en quittant le lit. Le poulet froid au petit déjeuner, tu crois que ça se mange?

Un tendre sourire se dessina sur son visage encore rosit par la multitude de baisers échangés durant la nuit. Un sourire sincère, nullement voilé, qui lui semblait jusque-là perdu à jamais. Oh, bien sûr, Sanaë n’en était pas pour autant guérie. Les blessures restaient encore trop profondes, mais l’amour du jeune homme lui parut semblable à un baume cicatrisant, lui faisant oublier, ne serait-ce qu’un temps, la douleur qui l'assaillait en permanence.



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 19 Fév - 17:56
Irys : 394869
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Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
À vrai dire il aurait pu manger presque n’importe quoi du moment que Sana était avec lui. Il se leva donc réajustant sa tenue de nuit qui avait été passablement désorganisée.
Tirant brièvement la couverture, il refit rapidement son lit ne constatant que maintenant la dispersion de ses composants. En entendant la jeune femme, il eut un petit sourire : ce fameux poulet avait été un élément de discorde et voilà qu’il allait surement signer une réconciliation et un changement de leurs relations.

-Je ne sais pas trop mais tant que tu es là je veux bien manger tout ce que tu veux à n’importe qu’elle heure.

Après tout, n’importe quoi semblerait bien fade sans elle, et au contraire tout ne pourrais qu’aller quand elle était là.
Hypérion prit donc son temps, préférant rester avec son ancienne amie le temps qu’elle descende, c’était étrange car il avait l’impression que leurs liens déjà conséquent c’étaient encore améliorés, et c’est donc un Hypérion heureux qui descendit dans la cuisine, découvrant un poulet froid qui attendait tout juste d’être découpé
Il se saisit d’un couteau et commença maladroitement à trancher dans la carcasse de l’animal, tachant de séparer les parties comestibles des os ce fut maladroit. Si son habilité au tournevis n’avait pas d’égal, celle avec un couteau laissait à désirer, et le résultat fut un amas de morceaux de poulet découpés et posés dans une assiette. Il fallut un peu de temps au jeune homme pour faire tout cela, mais au final il ne restait plus rien sur l’animal sinon des os et des déchets. Il restait tout de même soigneux sur le sujet de la nourriture et tenait à rien gâcher.
Hypérion s’assit en face de son amour, prenant distraitement quelques morceaux de poulet avant de se mettre à parler.

- Que comptes-tu faire aujourd’hui ? Je ne crois pas avoir entendu parler de quoi que ce soit d’intéressant au village


De son côté il avait à faire car il comptait bien terminer sa nouvelle arme dans la journée, le lancecanon devait servir le lendemain même.
Il prit une pile de contrat qu’il avait laissé la veille, les feuilletant d’un air distrait. Le travail reprendrait dès que l’arme serait valable, et dans cette région, un chasseur était toujours débordé. Récupérer des herbes, tuer un monstre ou des nuisibles… ça ne manquait pas.
Il y avait aussi le revolver de Sana à terminer, mais là encore c’était un cas à part, car le jeune homme considérait que cette nouvelle pièce se devait d’être parfaitement adaptée à la jeune femme.


-J’espère pouvoir finir le lancecanon bientôt, car les rumeurs du village disent qu’une sale bestiole commence à trainer dans les environs. Je n’aimerai pas que le village soit embêté par cette dernière


Car malgré tout il faisait cela pour aider les gens, l’argent n’étant plus un problème depuis qu’il avait commencé, les récompenses étaient plus que généreuses, et les contrats ne manquaient pas. Même en ne prenant que des contrats utiles pour le village il se retrouvait avec bien plus d’argent que prévu, et même si une bonne partie de ce dernier avait été investi pour de nouveaux travaux, il en restait encore beaucoup.

-Au fait j’ai demandé de gros travaux dans l’atelier, et il se peut que dans quelque jours il soit entièrement rasé pour être reconstruit, il sera bien plus adapté et aura peut-être son propre sous-sol

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Sanaë Eshfeld
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Lun 19 Fév - 21:02
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Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë déposa quelques tranches de pain dans le four avant de mettre de l’eau à bouillir sur le feu de la cuisinière. S’installant à la table, face à Hypérion, la jeune femme s’amusa de le voir massacrer la pauvre volaille. À vrai dire, malgré ses gestes bien maladroits, on ne pouvait noter que son application, se montrant, à nouveau, toujours soucieux de bien faire…

Lorsqu'il lui demanda son programme de la journée, Sanaë posa son menton sur sa main, réfléchissant tout en observant distraitement la bouilloire sur le feu.

-Rien de particulier, je pense aller me promener, flâner un peu. Je n’ai pas vraiment envie de rester enfermée aujourd'hui.

Depuis leur emménagement, la jeune femme n’avait quitté la maison qu’à de rares reprises et ce uniquement dans le but de se rendre à Skingrad pour visiter ses médecins. De ce fait, elle ne savait quasiment rien du village et de ses habitants, ce qui ne l’aurait pourtant pas gêné quelques semaines plus tôt. Néanmoins, qui dit nouvelle vie, dit aussi nouveau comportement et Sanaë ne voulait plus s’isoler du monde comme elle le faisait jusqu’alors.

Elle écouta le jeune homme évoquer ce qui était désormais son travail. Même si peu rassurée par la dangerosité du métier qu’il s’était choisi, Sanaë n’en montrait rien, profitant simplement de la discussion. En lui expliquant ses plans, cela prouvait que le jeune homme avait bel et bien prit en compte ses remarques et inquiétude. Il lui parlait, enfin, ouvertement, sans essayer de la préserver, sans la tenir à l’écart de sa vie et de cela, Sanaë en fut particulièrement reconnaissante.

-Je comprends… Te reste-t-il beaucoup à faire pour le terminer?

Au fond d’elle, l’ancienne horlogerie aurait voulu l’y aider, sincèrement. Mais l’expérience malheureuse de la veille n’avait fait que lui prouver ce qu’elle redoutait. Cela semblait encore bien trop tôt et elle préférait garder ses distances avec l’atelier, malgré le manque évident qu’elle ressentait. Fabriquer, “bidouiller”, comme le disaient ses frères, représentait toute sa vie, Sanaë s’était épanouie dans l’horlogerie et encore plus avec ses petites créations, ses jouets… Ce temps-là semblait bien loin. Néanmoins, impossible pour elle de s’avouer vaincue. La jeune femme refusait la chose, même si elle n’était plus capable de fabriquer quoi que ce soit en rapport avec la mécanique, elle se devait de trouver autre chose… Sans quoi, elle deviendrait probablement folle à force de tourner en rond sans le moindre but…

Il parlait de travaux de ce qui serait probablement “son” domaine, celui d’Hypérion, ce à quoi elle se contenta de sourire en hochant légèrement la tête. Pourquoi pas après tout, il pouvait bien se faire plaisir et l’argent qu’il rapportait lui permettait de s’offrir l’atelier de ses rêves. Il était donc logique que le jeune homme en profite. Pour sa part, Sanaë ne se sentit malheureusement que très peu concerné par la nouvelle, ne relevant qu’un seul détail, probablement insignifiant, mais qui la perturbait tout de même.

-Où dormira l’agent Neal durant ce temps ? Les travaux risquent d’être long, non ?

La maison ne comprenait que deux chambres, celle d’Hypérion et la sienne. Sanaë culpabilisait déjà de laisser le pauvre milicien dormir sur un lit de camp dans un recoin sombre de l’atelier, le voyait très mal dormir dehors ou dans la pièce à vivre encore bien vide. Puis, il lui vint une idée. Idée qui la fit virer au rouge malgré sa logique évidente.

-Puisque cela fait deux nuits que nous passons ensemble, murmura-t-elle en baissant la tête pour lui dissimuler sa gêne évidente. Autant que l’un de nous lui laisse sa chambre et nous partagerons l’autre.

Le sifflement de la bouilloire la força à se lever, tournant à présent le dos au jeune homme, elle sortie les tranches de pain du four avant de remplir la cafetière.



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