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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Suhury
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 Ni le ciel, ni la terre [PV:Meylan]

Morr
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Dim 8 Avr - 19:31
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Le temps était venu... Une cloche funèbre sonna dans le temple des Exécuteur, une cloche antique remontait à la création même de cette ancienne pyramide. Le son résonna dans toute la structure, portant la nouvelle à chaque être vivant en son sein.
C'était un appel, un appel auquel répondait chaque disciple dans le temple, et sans un mot, tous se réunirent dans la salle du trône ou le maître attendait, impassible sur son trône de pierre.
La pièce se retrouva remplie d'un conclave d'Exécuteurs, différenciés seulement par les lueurs de leurs pierres précieuses. Une ambiance pesante flottait dans la pièce et n'importe quelle personne ne faisant pas partie du culte aurait été prise de vertige tant le silence se faisait lourd.
Il n'y avait pas un geste dans l'assemblée, et tous attendaient les paroles du maître lame, et les cuirasses pourtant habitées faisaient penser à une armée de statue d'acier attendant l'ordre de partir.

Ce ne fut qu'au bout d'une dizaine de minutes que le grand Hiérarque se leva de son trône, fixant les frères jurés de ses lentilles rougeoyantes, ses pas léger résonnant à peine dans la pièce.
Après avoir jaugé chacun d'entre eux, il leva un bras cuirassé pour s’adresser à ses disciples

-Frères ! Le temps des épreuves est là ! Chacun de vous l'a entendu. Süns se fait plus agressifs, et sa course se fait plus longue dans le ciel. Et comme notre père à tous l'a dictée au premier Maître, il est temps pour un disciple d'aller apporter le don aux plus démunis.


C'était en effet une période de l'année cruciale pour les Exécuteurs, et il était dans les coutumes depuis la création de l'ordre, soit la jeunesse même de Mytra, d'envoyer un de leurs membres dispenser le don de Möchlog dans Darga.
Une tache sacrée qui était prise au sérieux par tous, même si cette dernière revenait d'avantages aux diamants blancs.
Comme pour répondre à un appel invisible, chaque soigneur fit un pas synchronisé vers l'avant, montrant que chacun d'eux était prêt à remplir ce rituel sacré.

Le grand-maître, étudia chaque héraut, connaissant le moindre d'entre eux malgré les merveilles qui recouvraient leurs corps athlétiques. Son regard s'arrêta finalement sur l'un d'entre eux qui rien ne semblait différencier des autres. La main gantée du maître lame le désigna, lui faisant signe d'approcher de lui.
Ce dernier s’exécuta sans un mot venant se mettre à genoux devant son supérieur, son casque stylisé s'inclinant vers le dallage de pierre.

-Ainsi, cette année, tu seras le porteur de vérité Morr, fait honneur à notre ordre, fait honneur à notre architecte et fait honneur à ton héritage !

Le grand Hiérarque était sans doute la personne la plus loquace du temple et seule sa fonction lui permettait de parler autant, même si son débit de paroles l'aurait fait passer pour un muet hors du temple.
L'homme sélectionné se releva lentement avant de partir d'un pas décidé entre ses frères pour préparer son voyage. Traversant la salle dans l'écho des pas de son armure.

Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'une silhouette sortis de la pyramide, sous le regard du clan qui vivait à côté.
Voir un Exécuteur sortir du temple était un événement marquant pour ces anciens nomades dont nombre de ses enfants résidait dans cette pyramide de pierre noire. Tous étaient pressés de savoir une seule et unique chose : la couleur du diamant accroché sur la poitrine de ce dernier.
Voir un disciple blanc sortir était pris pour un signe de chance alors qu'un sombre était vu comme le signe d'un futur désastre.

Morr sortit donc près d'une foule attroupée, cette dernière était visiblement rassurée de voir que les calamités n'étaient pas encore prévue, mais au regard de la réputation des disciples, tout se fit dans un calme olympien, et les seuls bruits que l'on put entendre furent les quelques hennissements des chevaux.
La foule regarda l'Exécuteur partir pour la ville avant de finalement reprendre ses activités normales lorsque la silhouette disparut à l'horizon.

Une journée entière passa, ponctuée uniquement par le rythme des pas de l'adepte, ce dernier prêtant peu attention au passage du temps.
Janvier se terminait lentement, et son arrivée en ville marquerait le passage à Fevrier. Ce ne fut qu'à la fin de la journée qu'il atteignit les portes de la ville. Cela faisait depuis la création de l'ordre que les Exécuteurs venaient à cette période et les deux sentinelles eurent un regard entendu avant de laisser passer l'homme à la cuirasse, examinant simplement la couleur de la pierre.
Les rues commençaient déjà à se vider si on oubliait le quartier de Süns
Avant de commencer sa tache, il devait néanmoins se rendre dans le centre décisionnel, car les visites de la capitale étaient rares et pouvoir contempler le cœur de Möchlog était un spectacle bien trop rare.

C'est donc d'un pas cadencé qu'il entreprit de se rendre sur la place centrale, passant à côté d'une foule de gens qui faisaient bien attention à marcher loin de lui.
Son culte était connu dans la capitale, et s'il n'était pas de ceux que l'on craignait, une ancienne habitude voulait tout de même que l'on se tienne à bonne distance de ces derniers. Il fallait aussi dire que l'apparence inquiétante de l'armure jouait pour beaucoup dans cet effet, lui laissant au moins assez de place pour marcher.

Arrivé devant la sphère géante, l'homme s'assit en tailleur, son armure raclant légèrement sur le sol.
Restant ainsi pendant plusieurs heures, il finit finalement par se relever, se dirigeant vers le quartier où il devait officier.
À cette heure tardive, il ne croisait plus que des clients de tavernes qui sortaient joyeusement de leurs débits de boissons.
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Meylan Lyrétoile
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Lun 9 Avr - 15:44
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Les fêtes du solstice d’hiver l’avaient annoncé, et désormais les premiers changements dans la course de l’astre céleste étaient visibles.  Enfin, le jour recommençait petit à petit à gagner du terrain sur la nuit, miette par miette, parcelle de lumière par parcelle de lumière.  Mais ces changements étaient encore bien maigres, et le froid qui s’était installé sur Darga était loin de céder la place au printemps.  

Comment apporter un peu de chaleur et de lumière dans cette période sombre et froide?  Pour Meylan et bon nombre de ses confrères, la réponse était on ne peut plus évidente: la musique.  La musique allumait des étincelles dans les yeux de ses auditeurs et les faisait danser.  Alors, d’un commun accord, quelques bardes ménestrels et autres musiciens locaux avaient joint leurs forces pour égayer cette soirée d’hiver.  Sur une petite place proche du centre-ville, ils se relayaient et alternaient balades populaires, danses folkloriques et légendes locales.  Ceux qui ne jouaient pas restaient aux abords de la scène, égayant les chants de leurs illusions ou entraînant des membres du public dans des danses endiablées.

Vers le milieu de la soirée, une timide neige avait commencé à tomber, mais elle n’avait refroidi l’enthousiasme ni des musiciens ni de leur public, et l’ambiance bon enfant avait continué jusque tard dans la nuit.  Enfin, bien après l’apparition de la lune et des étoiles, l’assemblée finit par se réduire petit à petit, jusqu’à ce que même les derniers irréductibles partent se réfugier dans la chaleur de leurs maisons, laissant la place aux artistes qui l’avaient occupée ces dernières heures.  L’un d’entre eux, disciple de Süns, raviva la flamme d’un brasero posé sous l’estrade.  Comme des papillons, le reste de la petite troupe convergea rapidement vers cette chaleur, aucun d’entre eux pressé de quitter la compagnie des autres.  Car tous ces musiciens pouvaient bien jouer la rivalité quand ils se croisaient lors de concours, leur proximité et profession commune les avait rapprochés au fil des années.

Des pâtés encore chauds apparurent comme par miracle, une bouteille se mit à circuler de main en main, et la conversation s’installa pour ne pas mourir de sitôt.  Malgré le froid, l’ambiance chaleureuse laissait présager qu’aucun des participants ne prévoyait de dormir beaucoup cette nuit-là.  Mais après le succès de cette soirée, ils pouvaient bien se permettre cela.

Les instruments, rendus silencieux pendant un moment tandis que leurs possesseurs respectifs se restauraient, reprirent bientôt leur chant, plus doucement cette fois.  Sous la neige qui tombait toujours et mouchetait chevelures et vêtements de blanc, leur mélodie liait les bribes de conversations disparates jusqu’à les faire prendre part à la discussion pour de bon.  

"Non, Laren, tu illustres la chanson à merveille, mais l’histoire t’échappe."


Cela faisait cinq bonnes minutes que Meylan et son voisin, joueur de luth et expert dans l’art de manipuler les flammes, débattaient au sujet de la dernière ballade qu’ils avaient interprétée ensemble. Ce n’était d’ailleurs pas un spectacle hors du commun: les deux musiciens avaient beau faire des merveilles quand ils coopéraient pour un numéro, une fois descendus de la scène ils prenaient un malin plaisir à se contredire l’un l’autre, peu importe le sujet.  C’était à se demander à quoi tenait leur amitié…et pourtant, elle tenait.

"C’est à toi qu’elle échappe: tu ne comprends rien au don de Süns.  Elle a entendu l’appel à l’aide de la fillette et elle l’a bien montré en faisant apparaître dans son feu des images apaisantes.  La raison pour laquelle personne ne la reconnaît à la fin, c’est parce que la bénédiction de Süns l’a transfigurée dans son sommeil."


La joueuse de lyre retint un soupir face à un manque de bonne volonté aussi évident et contra ce nouvel argument.

"Elle ne dort pas.  Elle a tellement utilisé le feu de Süns pour essayer de se réchauffer qu’elle était trop affaiblie pour rester éveillée, et elle est morte de froid après avoir perdu connaissance.  L’air a beau être superbe, La petite fille aux trois flammes reste une tragédie."


Tout à leur débat, les deux amis ne remarquèrent pas tout de suite que le silence s’était fait autour d’eux.  Ce n’est qu’à la fin de la tirade de Meylan qu’ils s’aperçurent que les autres membres du groupe fixaient avec insistance un point situé derrière elle.  Par réflexe, ils se retournèrent, pour apercevoir la silhouette reconnaissable entre mille d’un Exécuteur, un de ces personnages mystérieux ayant inspiré bon nombre de légendes.  Un ange passa.  Dévisager les gens était en règle générale assez mal vu, mais en règle générale les gens n’étaient pas un guerrier sorti tout droit d’une oeuvre de fiction vêtu d’une armure complète ornée d’une fine couche de neige.  Il y avait de quoi piquer la curiosité.



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Dernière édition par Meylan Lyrétoile le Lun 9 Avr - 21:00, édité 1 fois
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Morr
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Lun 9 Avr - 18:21
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Morr parcourait les rues de la ville, ses lourdes bottes creusant de profondes traces dans la neige qui s'était accumulée depuis le début de la nuit. Des fêtards rentraient chez eux, tachant de rentrer chez eux pour se mettre à l'abri du froid qui n'atteignait pas l'Exécuteurs protégé du froid par sa cuirasse.
Tout le monde semblait le fuir, regagnant rapidement leurs domiciles comme si la mort elle-même marchait dans la rue. Certains parmi les plus religieux semblaient oublier la boisson pour s'incliner respectueusement à son passage, signe que même s'ils étaient craints, les membres du culte étaient tout de même respectés pour leurs offices.
Au bout de plusieurs minutes de marche, le bruit de ses pas étouffé par la neige, l'homme finit par déboucher sur une petite place un peu plus animée que les autres, ou ce qu'il semblait être des bardes jouaient gaiement, apportant un peu de vie à cette place qui était désertée par la chaleur.

En fait, leur joyeuse congrégation ressemblait à une bande de papillons de nuit autour d'une lampe, batifolant autour d'un brasero comme les insectes l'aurait fait autour d'une lampe. La seule différence avec leurs compères volant était que les humains avaient la prudence de ne pas toucher les flammes.
La comparaison déclencha un fin sourire qui disparut rapidement du visage masqué de Morr. Comme des papillons, les bardes avaient la réputation d'avoir une vie courte quoique colorée, et le terme papillonner convenaient plutôt bien à ces artistes multicolores qui semblaient prendre plaisir à distribuer un peu de joie aux alentours.
Les Exécuteurs n'étaient pas uniquement des être de pierre et Morr appréciait de voir des gens vivre malgré le froid, se servant pleinement du don de vie qui leur avait été fait.

Il s'approcha du cercle de musicien, sans chercher à aucun moment à masquer sa présence, s'arrêtant en bordure du halo de lumière du brasero avant de croiser les bras sur sa poitrine pour écouter quelques instants leurs chants. Il ne fut pas déçu du spectacle et put pendant un moment au moins apprécier des sonorités qui n’existaient pas au temple.
Le temps passa et une fine couche de neige avait fini par se déposer sur son armure, une faible épaisseur blanche recouvrait les parties plates de sa cuirasse tranchant d'autant plus avec le reste de sa tenue.
Seul le diamant blanc ressortait vraiment, son éclat sublimé par le feu au centre du cercle des bardes.
Un couple de ces derniers interprétait justement une chanson : la petite fille aux trois flammes, c'était un compte assez étrange, décrivant la mort d'une fillette dans des rues glacées, cette dernière ayant tenté jusqu'à la fin de se réchauffer en usant des dons de son architecte.
Cette souffrance était effectivement triste et le cœur bien humain de Morr avait saisi cette partie, mais il éprouvait une certaine joie à la voir expirer à la fin. Non pas que le destin d'un enfant ne le préoccupait pas, mais plutôt, car le retrait du don de Möchlog, remplacé par son dernier baisé était une sorte de délivrance pour cette dernière, et là ou certains pleuraient cette mort tragique, l'Exécuteur voyait simplement là une délivrance, une sorte de cadeau qui avait abrégé les douleurs.

Observant les deux musiciens descendre, il ne put que les observer discuter, écoutant leurs arguments. Cela dura un certains temps, temps durant lequel la statue de fer ne bougea pas d'un pouce, passant presque inaperçu debout dans les ombres comme il l'était. Au bout de plusieurs dizaine de minutes, des murmures se firent dans l'assemblée, un barde un peu trop curieux ayant surement décidé d'observer les alentours pour découvrir l'Exécuteur en bordure même de leur  petite fête. Il vit les deux bardes qui débattait s'arrêter de parler pour se retourner vers lui.
Tous les bardes avaient fait silence en voyant cet émissaire bien étrange en bordure de leur petit îlot de vie.
Les gens pensaient presque que les Exécuteurs étaient des sortes de vampires, aspirant l'énergie vitale ou la vie des gens, mais la réalité était tout autre, car c'étaient en général eux qui paniquaient en les voyants, leurs dons ne se prêtant nullement à de telles démonstrations, du moins pour ceux dont le diamant était blanc.

Tous semblaient attendre quelque chose de lui, mais la seule véritable attention qu'il avait eu était pour les deux bardes débattant de leurs comptines. Il décroisa les bras et secoua légèrement la tête pour en chasser la neige, le noir de sa tenue redevenant profond à l'exception de son heaume, ou le masque de ce dernier restait d'un blanc immaculé.
Sa voix s'éleva doucement, comme un murmure fantomatique, le genre de voix qui ne s'entendent pas tout les jours, aussi froide que douce, et recelant une certaine mélodie qui ne tranchait pas totalement avec l'image que les Exécuteurs avaient.


-La souffrance de la fillette est un malheur, mais sa mort n'est pas une tristesse en soit. Sa souffrance s'est simplement arrêtée, Möchlog lui à offert son dernier baisé... c'est une bénédiction qu'elle à reçu, non une souffrance supplémentaire


Son casque s'inclina légèrement vers l'avant en signe de remerciement pour l'écoute de ses interlocuteurs.
L'attention de l'homme en armure fut attirée par un cri de détresse alors qu'un des bardes venait d'oublier que sa main se trouvait trop proche des flammes, reculant cette dernière sauvagement brûlée par le pouvoir de Süns.
Finalement, les bardes ressemblaient vraiment à des papillons.....
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Meylan Lyrétoile
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Lun 16 Avr - 9:20
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Déjà rien que parvenir à figer ainsi le petit groupe d’artistes relevait de l’exploit.  Pendant un moment, l’armure et eux se regardèrent en chien de faïence, tous si immobiles qu’on aurait pu se demander si le temps avait été figé.  Seul le feu qui continuait à crépiter et les flocons de neige qui voltigeaient apportaient un peu de dynamisme à la scène.  Puis, l’Exécuteur rompit son immobilité.  Cet ébrouement, pourtant purement pratique, était assez amusant venant d’un personnage aussi rigide.  Mais les paroles qui suivirent effacèrent bien vite l’ombre de sourire qui avait glissé sur les lèvres de Meylan.  Cet individu était conforme à l’image traditionnelle des Exécuteurs: énigmatique, froid et avec une vision de la vie et de la mort…particulière.  Ainsi, il considérait le triste sort de la fillette comme une bénédiction?  C’était à se demander de quel monde il venait.

Un cri de douleur empêcha Meylan de formuler à haute voix ce qu’elle pensait de l’interprétation du nouvel arrivant.  Apparemment, Mirann commençait à fatiguer s’il était incapable d’éviter de se brûler avec un simple brasero.  À côté de lui, sa mentor, Solenn, secoua la tête.

"Quand je dis que tu dois mettre plus de flamme dans ton art, je ne veux pas dire que tu dois littéralement aller te griller les doigts."

Bon, si sa seule réaction était le sarcasme, c’est que la blessure de son protégé n’était pas encore trop grave.  Mais grave ou non, une brûlure, c’était douloureux, et Mirann aurait besoin de soins non seulement pour contrer la douleur, mais aussi pour assurer une guérison rapide.  Comme tous les musiciens (et comme la plupart des professions), il avait besoin de ses dix doigts pour pouvoir gagner son pain.

"J’ai de l’onguent chez moi, ça ne prendra pas longtemps d’aller le chercher."

Tout en faisant sa proposition, Meylan se leva.  Elle était celle qui habitait le plus près de cette place, ce qui faisait d’elle le choix le plus logique pour faire ce déplacement.  Elle ne laisserait pas un coup de malchance (et de maladresse causée par la fatigue) avoir des répercussions sévères.

Alors qu’elle tournait les talons pour se rendre chez elle en troisième vitesse, il lui vint à l’esprit que les Exécuteurs étaient connus pour servir Möchlog.  Si c’était le cas, peut-être le nouveau-venu pouvait-il soigner Mirann plus efficacement que le baume qu’elle allait chercher?  Mais non seulement la ménestrelle en savait somme toute assez peu au sujet des dons des adeptes de la Chouette, mais en plus elle rechignait systématiquement à demander de l’aide à quelqu’un d’autre.  

Elle se mit donc à s’éloigner d’un pas rapide, bien décidée à mettre le moins de temps possible pour aller chercher le remède.  Tourner à gauche, à droite, encore à droite, passer sous une petite arche, grimper une ruelle en pente, et elle se tiendrait déjà devant sa porte.  Il lui faudrait seulement quelques minutes supplémentaires pour grimper jusqu’à l’étage qu’elle occupait dans le bâtiment, récupérer l’onguent et ressortir pour l’apporter illico presto à son confrère blessé.

HRP:
 



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Morr
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Lun 16 Avr - 22:54
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Morr observait les artistes avec un air détaché, air que pas un des artiste ne put voir sous son heaume impassible, la tension diminua d'un cran quand un des bardes laissa ses doigts trop longtemps près du brasero.
Les papillons se brûlaient souvent il était vrai, mais rarement de façon aussi idiote. La jeune femme qui argumentait avec son camarade se leva pour aller chercher un onguent, sans doute pour soigner cet artiste ahuri.

Elle sortit de son cercle de lumière, et l'Exécuteur regarda la jeune femme s'éloigner du petit groupe. Son heaume passa de la silhouette qui s'éloignait à la troupe de musiciens qui étaient encore partagés entre aller voir leur camarade ou regarder l’apôtre noir près de leurs feu.
Finalement, ce fuit lui qui brisa à nouveau cette tension en s'avançant dans la lumière, cette dernière fit ressortir le blanc d'os de la plaque faciale, et la pierre précieuse incrustée sur son sorte se mit à luire doucement.
Tous s'écartèrent rapidement alors que l'adepte avançait, lui laissant bien plus de place que nécessaire pour bouger. Les deux excroissances d'acier ressortant de son dos comme des ailes décharnées lui donnant une apparence d'ange déchu plus que d'humain, mais c'était un détail qui ne le dérangeait plus tant que ça depuis le temps.

En quelques grand pas énergique, il fut sur la victime qui palissait à vu d’œil en voyant l'homme se rapprocher. Morr dépassait d'une tête le barde et se tenait devant lui comme une ombre menaçante même si l'énorme klaive restait rangé dans son dos.
Le gantelet de fer pris le bras blessé sans grande douceur et le tira jusqu'à lui scrutant la brûlure, ses deux optiques reflétant le feu juste à côté.
Le casque se leva plusieurs fois pour observer les réactions du jeune homme qui faisait de son mieux pour ne pas bouger et surtout ne pas défaillir.
L'Exécuteur fit bouger son autre main, cette dernière passant au dessus de celle du barde pour se figer à quelques centimètre de sa peau. Les yeux de Morr se plongèrent profondément dans ceux de son patient alors qu'il tentait de jauger si ce dernier était digne d'être soigné.

La réflexion de Morr fut assez longue et tous retinrent leurs souffle. Les bardes tachaient d'égayer un peu le cycle de vie des hommes, prenant de leurs temps pour égayé celui des autres. C'était un sacrifice louable qui méritait quelque récompense.
Il n'était pas question de vie ou de mort, mais simplement de faciliter la vie de quelqu'un. Les Exécuteurs aimaient l'équilibre et ce serait donc dans cet esprit qu'il serait soigné.


Une lueur rouge se mit à apparaître au creux de la paume de l’apôtre, lueur qui fut de trop pour le jeune qui tourna de l’œil alors que sa blessure guérissait miraculeusement à la vue de tous. L'Exécuteur rattrapa le corps en perdition avant de le déposer sur un banc, laissant le patient désormais totalement guéri dormir.

Son seul mouvement fut de tourner ensuite la tête vers l'assemblée, annonçant d'un ton rendu métallique par son heaume


-Il devrait aller mieux sous peu, son organisme à simplement besoin de repos


Mieux valait rassurer ces chers petits papillons et leurs dire que leurs chenille brûlée deviendrait bien vite ce qu'elle était censée devenir plutôt que de les laisser s’inquiéter pour rien
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Meylan Lyrétoile
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Mar 24 Avr - 21:53
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
L’avantage à l’heure tardive et au froid était que les rues étaient pour ainsi dire désertes, ce qui permettait à Meylan de se hâter sans risquer de bousculer quiconque.  Un allée-retour rapide plus tard, elle était de retour au bord de la place…juste à temps pour se rendre compte qu’elle avait fait le trajet pour rien.  Mirann était inconscient, mais les paroles de l’Exécuteur rassurèrent rapidement la ménestrelle quant à son sort.  Solenn aussi sembla se reprendre, même si sa posture restait un peu plus raide que d’habitude.

"Merci."

Elle n’avait pas parlé spécialement fort, mais dans le silence ambiant, sa voix de contralto sembla planer sur la place plus longtemps que les deux petites syllabes n’avaient mis à être prononcées.  Quelle étrange scène que ce face-à-face entre une armure semi-légendaire et la barde d’âge mûr.  Le brasero, le jeune homme inconscient ou encore le reste muet de leur petit groupe ne faisaient office que de décor, ou de figurants si on voulait être un peu plus charitable.  Meylan serait bien restée plantée à observer le tableau depuis la sortie de la rue, mais il y avait d’autres choses à faire.  Elle rangea l’onguent dans sa sacoche et réintégra donc le cercle de lumière.

"Besoin de repos sans doute, mais il va attraper la mort si on le laisse dans ce froid."


Elle s’adressait au groupe en général et à personne en particulier.  Au moins, son retour eut l’avantage d’attirer un peu l’attention de ses confrères et de briser le charme qui jusque là avait paru les tenir immobiles.

"Il n’est pas bien lourd, je peux le ramener à l’auberge."

Elle ne le faisait pas (toujours) exprès de constamment contredire Laren…mais une fois de plus elle n’y couperait pas.  Enfin, au moins elle tenta d’éviter d’aller directement à la confrontation.

"L’idéal serait qu’il tienne plus ou moins debout.  Ca ferait mauvais genre si l’aubergiste le voit revenir inconscient."

Et une réputation de soûlard était la dernière chose dont Mirann avait besoin.  Maintenant, restait à savoir si le réveiller était faisable.  Sans prêter plus d’attention aux autres personnes présentes, Meylan traversa le cercle de lumière et alla s’asseoir au bord du banc où était allongé le jeune homme. Ni la légère pression qu’elle effectua sur son épaule, ni ses appels ne semblèrent avoir le moindre effet, et elle dut se résigner à recourir à une méthode plus directe.  Fermant les yeux, elle projeta son esprit vers celui du musicien.  D’abord elle ne rencontra que la masse incompréhensible typique d’un esprit au repos.  Mais elle ne dut pas aller bien plus loin pour cerner la cause de l’évanouissement: une peur panique avait pris possession de son confrère.  Doucement, délicatement, elle poussa de côté cette peur, lui envoyant des messages rassurants.  Enfin, elle le sentit reprendre connaissance et se retira aussitôt de son esprit.

"Je pense que ton lit est un meilleur endroit pour dormir que ce banc."

Le pauvre commençait plus ou moins à comprendre ce qui s’était passé, et son visage prit une intéressante teinte écrevisse.  Il ne se fit d’ailleurs pas prier pour quitter les lieux, accompagné par Solenn, Laren et Meylan.  Heureusement qu’il était ainsi accompagné, d’ailleurs, car sa démarche manquait encore un peu d’assurance.  La soirée était terminée.

***

Comme l’Exécuteur l’avait annoncé, Mirann récupéra rapidement et se remit tout aussi rapidement de sa frayeur.  La vie reprit son cours, et la soirée mouvementée devint une anecdote de plus à se raconter autour du feu.  Pendant près de deux jours, elle ne repensa pas à l’incident…enfin, pas trop.  Mais dans ses moments d’inattention, la rencontre avec l’Exécuteur la travaillait.

Elle connaissait les légendes et rumeurs qui entouraient ce groupe, bien sûr.  Elle n’était pas seulement une habitante de Darga, elle était en plus une ménestrelle habitant Darga.  Mais la seule véritable conclusion à laquelle elle pouvait arriver grâce à ces légendes et rumeurs était la suivante: on en savait somme toute assez peu au sujet de ces mystérieux disciples de Möchlog.

Enfin, le soir du deuxième jour depuis cette étrange rencontre, ses pas la menèrent presque inconsciemment au sanctuaire des Exécuteurs en ville.  Enfin, "sanctuaire" était sans doute un bien grand mot pour le bâtiment assez peu tape à l’oeil qui s’élevait face à elle.  Elle n’avait pas vraiment eu l’intention de s’y rendre, ne s’y était jamais rendue en 28 ans de vie au sein de la capitale, mais puisqu’elle était là et que l’endroit semblait plus ou moins désert, autant plonger dans l’antre de cet ordre énigmatique.

Elle ôta le pendentif en forme de lyre qui avait depuis longtemps remplacé la plaque que ses tutrices lui avaient jadis donnée et le déposa dans la niche prévue à cet effet.  Ensuite, elle s’engagea dans un escalier baigné dans la pénombre.  Combien de temps mit-elle à atteindre le bas des marches?  Privée du repère qu’était la lumière du jour, c’était difficile à dire.  Toujours est-il qu’elle finit par atteindre une nouvelle salle, elle aussi relativement sombre.  Et dans cette salle, une table basse en bois et la même armure que deux jours plus tôt.  Etait-ce également la même personne à l’intérieur de l’armure?  Elle aurait été incapable de le dire.  Tout ce qu’elle parvenait à déterminer était que, même agenouillée, la silhouette était aussi rigide (et, il faut l’avouer, inhumaine) que dans son souvenir.  Plus question de reculer maintenant.  Elle s’avança dans la pièce pour aller s’agenouiller elle aussi de l’autre côté de la table.  Le moins qu’on puisse dire, c’était que ces Exécuteurs étaient des maitres dans la création d’ambiance.



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Morr
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Sam 28 Avr - 12:28
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Morr avait rapidement laissé le barde évanouit et sa joyeuse troupe pour prendre le chemin du refuge. Ce n'était pas un bâtiment imposant, à peine une petite maison dans les quartiers les plus pauvre de la ville. Si dans cette région, les disciples de la chouette étaient légion, tout le monde ne pouvait pas s'offrir le luxe d'avoir une santé de fer, et même dans cette ville certains des plus démunis craignaient le passage de l'hivers.
Le refuge n'était pas destiné à accueillir quiconque, il n'y avait pas de chambre, pas de lit ni même de chauffage, et il constituait en tout et pour tout qu'une pièce vide menant à un escalier qui s'enfonçait dans le sol. La décoration était inexistante, et les rares marques étaient celle qu'avaient laissés les nécessiteux en montant et descendant les marches.

Les escaliers portaient effectivement des marques d'usures et la pierre était légèrement creusée au centre des marches, signe de leur age. Le brasero à l'entrée était éteins, et l'adepte l'alluma avec précaution, jusqu'à ce qu'une large flamme se mette à crépiter dans le bol de fer. Une flamme signifiant que le temps était venu et que ceux qui le désiraient pourraient venir faire pénitence.

L'Exécuteur, ouvrit la porte en grand avant de s'enfoncer dans la cave, le bruit de ses pas résonnant sur les murs étroits.

Les premiers jours furent calme et la première visite fut celle d'un jeune couple qui serraient contre eux un nourrisson mal en point.
L'Exécuteur leva son masque impassible vers eux sans faire le moindre geste. La salle était aussi nue que le reste du refuge et seul une petite table en bois derrière laquelle il était agenouillé formait une barrière entre l'apôtre et le couple.

Comme le voulait la coutume, leurs colliers avaient été laissé à l'entrée, et pas un seul d'entre eux n'osa faire le moindre bruit.

La main cuirassé désigna la table ou l'enfant fut déposé sous les yeux de l'Exécuteur par ses deux parents qui semblaient avoir perdu tout espoir pour lui. Ce dernier respirait difficilement, et ses mouvements étaient bien différent d'un enfant en bonne santé.
La mère était prête à éclater en sanglot, et le père était devenu blanc comme un ligne en voyant la cuirasse humaine se pencher sur l'enfant.
Morr parcouru du regard l'enfant, passant une main métallique au dessus de lui pour savoir ce qui pouvait ne pas aller. Comme tout adepte de la chouette, le corps humain était une variable entièrement connu pour lui ainsi il devina rapidement le problème.

Son casque se releva vers les parents morts d'inquiétudes.
Décider de la vie ou de la mort de quelqu'un qui n'avait pas vécu était une chose assez délicate, et de fait il ne chercha pas à réfléchir sur ce point. Cet enfant serait peut être une bonne personne, ou une mauvaise, rien pour le moment ne pouvait le prédestiner à quoi que ce soit mis à part ses parents.
Après quelques minutes de réflexion et toujours sans faire le moindre bruit, Morr pris l'enfant dans ses gantelet, sortant de la salle dans un sanglot de la mère.
Les parents attendirent longtemps, une heure, voir deux dans un silence angoissant fixant le couloir sombre qu'avait emprunté l’Exécuteur et finalement ils finirent par sursauter quand le masque blanc os de l'adepte sortit des ombres.


Sans un mot il déposa l'enfant endormis sur la table, un restant de magie parcourant encore le petit corps sous la forme d'une petite étincelle rouge.

L'enfant se réveilla et se mit à gazouiller en regardant l’Apôtre penché au dessus de lui.

Les parents eurent un sursaut de joie et prirent leurs enfant dans le bras murmurant des remerciement inutiles.
L'Exécuteur se contenta simplement de reprendre sa place à genoux et de les observer sans un bruit avant de les regarder partir en pleurant de joie.
Les jours passèrent et d'autre cas se présentèrent, des cas variés qu'il n'est pas utile de relater. Certains vinrent pour demander la vie, d'autre pour demander la mort, et l'homme dispensa l'une comme l'autre avec la rigueur qu'on attendait de lui.

Le soir du deuxième marqua une pause dans la routine de Morr. Toujours dans la même position, il vit entrer une jeune femme bien portante, son masque se souleva pour la fixer, inclinant légèrement la tête avant de l'observer s'agenouiller devant lui.

En fouillant dans sa mémoire, il reconnu la jeune femme devant lui, l'apôtre l'avait déjà vu dans cette assemblée de barde, ce devait être celle qui avait eu un débat avec son camarade.
Néanmoins rien n'expliquait sa présence, son corps ne semblant pas souffrir de la moindre maladie ou blessure.


-Il est peu commun de voir un Barde hanter ces lieux.


La voix fut métallique, ni agressive, ni chaleureuse simplement dénuée de la moindre expression comme beaucoup d'habitant de Suhury.

L'Exécuteur la fixait dans les yeux, son masque sordide fixé vers elle comme l'aurait été le regard d'un prédateur. L'armure avait cette forme insectoïde qui avait de quoi rendre mal à l'aise les gens et le caractère de son occupant ne faisait rien pour arranger les choses.
Mais comme on l'attendait de lui, il finit par briser le silence pour s'enquérir de ce qu'on attendait de lui.

-Vous ne semblez pas souffrir de blessures physique, ni de maladie. En quoi les adeptes du cycle peuvent être utile ? Vos maux sont ils de nature plus profonde ?



Il était très peu courant pour lui de s'exprimer ainsi, mais une pointe de curiosité était apparue dans son esprit. Peu de personne venaient ici sous d'autre motif que chercher la vie ou la mort. Ceux qui voulaient améliorer leur existence s'en allaient d'avantage chez leurs amis, et il était facile de deviner que la barde n'en manquait pas.

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Meylan Lyrétoile
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Mar 15 Mai - 15:49
Irys : 840313
Profession : Ménestrelle
My'trän +2 ~ Khurmag
Dès son entrée dans le bâtiment aussi silencieux qu’un tombeau, Meylan avait décidé qu’elle ne se laisserait pas effrayer par ce qu’elle y trouverait.  Tout n’était que mise en scène, et même le dénuement qui régnait en maitre sur l’endroit n’était rien de plus que ça: une manière de lui donner une ambiance intimidante.  Eh bien elle jouerait le jeu.  Elle avait enlevé le fameux pendentif qui ne la quittait jamais, elle avait descendu les sombres escaliers en silence, et s’était agenouillée face à la rigide silhouette en lui laissant la décision de quand ce silence devrait être rompu.  Elle n’était pas facilement impressionable: l’illusion, magique ou non, était une part importante de sa profession.

Elle autorisa même un sourire fugace à apparaître sur ses lèvres quand l’autre remarqua que peu de bardes venaient le trouver.  Pas un sourire moqueur ou condescendant, simplement amusé.  Un barde n’était-il pas tout aussi sujet aux maladies et autres troubles que n’importe quel être humain?  Mais il était vrai que leur mode de vie coloré et endiablé jurait fortement avec le cadre.

Un individu qui s’insérait par contre à merveille dans ce cadre, n’était nul autre que l’Exécuteur lui-même.  Froid, dénué de toute trace visible ou audible de personnalité.  C’était sans doute ce manque de personnalité identifiable qui lui conférait cette aura étrange, voire même un peu effrayante qui entourait chaque membre de son ordre.  Comment faire confiance à un individu qu’on ne pouvait pas cerner, voire dont on pouvait même douter s’il était humain?  Mais l’ordre était implanté dans la région depuis assez longtemps pour que cette méfiance se soit atténuée, ne laissant plus qu’un léger malaise chez ceux qui traitaient avec l’un de ses représentants.  La voix résonna une nouvelle fois (un écho amplifié par la double action du heaume et de la salle dépouillée), et donna cette fois à Meylan une raison de prendre la parole elle aussi.

"Si l’on considère la curiosité comme un mal, alors oui: je suis grièvement atteinte.  Mais dans ce cas je ne souhaite pas guérir."

Elle avait modelé sa voix sur la sienne, la rendant tout aussi neutre et factuelle.  Et pourtant, elle gardait ce même demi-sourire sur ses lèvre et une lueur d’amusement dans les yeux.  Evidemment, sa présence ici n’était pas poussée par les raisons qu’avaient les gens habituellement pour visiter les lieux.  Mais en sa défense: mettre la main sur un Exécuteur n’était pas exactement facile.  Et personne n’attendait à l’extérieur, donc elle ne retirait à personne l’opportunité de recevoir les soins nécessaires.

Curiosité, donc.  Elle lui avait donné son mobile.  Mais elle allait devoir être un peu plus spécifique que ça si elle voulait éviter de lui donner l’impression qu’elle se moquait de lui.  En d’autres circonstances, en une autre compagnie, peut-être l’aurait-elle fait…mais autant rester prudente avec une variable inconnue tel que l’individu qui lui faisait face.

"Votre ordre est une pierre d’angle de la région, et pourtant plus insaisissable que Khar Darsan lui-même.  Pas de ballade, aucune chronique, tout juste des bribes de légendes…  En dehors de quelques rumeurs, rien ne circule à votre sujet.  J’ai bien peur d’être atteinte d’un cas aigu de curiosité."

Pas encore de question directe.  Elle verrait bien quelle réaction (ou, plus probablement, quelle absence de réaction) sa petite tirade déclencherait.  Elle se demandait bien à quoi tenait le manque d’informations au sujet de l’ordre.  Silence obstiné de la part de ses membres, ou les personnes externes étaient-elles tout simplement trop effrayées pour aller en trouver un et se renseigner?  Avec un peu de chance, elle aurait bientôt une réponse à cette première question.



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Morr
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Mar 15 Mai - 17:05
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Devant ce petit discours, Morr resta un moment interdit, tachant de deviner si la barde se moquait de lui ou pas après un petit moment d'hésitation et étude de l'attitude de la jeune femme, l'Exécuteur finit par décider que ce n'était pas le cas. Il n'avait pas bougé d'un pouce jusque là, mais son casque s'inclina en guise de compréhension.
Ce petit trait d'humour ne fit pas grand effet sur l'apôtre, du moins rien de visible car il apprécia intérieurement cette petite plaisanterie. En guise de réponse, il fit courir ses gantelets de fer sur la table, chaque phalange ouvragée luisant délicatement sous le peu de lumière.
Il reprit tout aussi sérieusement, déclarant avec un le même ton qu'un médecin.

-Je ne pense pas que votre curiosité soit un mal, du moins pas un de ceux que je puisse traiter, cela reviendrait plutôt à des adeptes de Khugatsa


Il hésita un moment avant de reprendre ne sachant trop comment aborder une conversation. Beaucoup de gens venaient le voir avec des blessures à soigner ou une dernière volonté à faire. Présentement il n'était pas vraiment habitué à répondre à des bardes curieux.
Elle fit un bref résumé du temple, un résumé bien plus flatteur que ce qu'aurait pu en attendre l’apôtre qui la fixa au travers de son heaume. Entendre la voix de quelqu'un en pleine santé et qui désirait en apprendre plus sur lui était des étrange.
Morr en fut presque flatté. Heureusement pour la jeune femme, nul précepte n'empêchait de parler des Exécuteurs, et comme il s'en sentait l'envie, l'adepte allait pouvoir lui répondre ouvertement.


-Peut être pourrais-je vous aider à soigner ce mal dans ce cas, je m'excuse d'ailleurs d'avoir lancé un faux diagnostic


Chose rare, on pouvait entendre dans cette voix pourtant métallique et froide une pointe assez légère d'amusement. Pour un apôtre du temple c'était là quelque chose de bien rare mais la situation se prêtait à ce genre de chose.
S'avançant légèrement au dessus du meuble, l'Exécuteur prit une petite inspiration, se rapprochant doucement du barde sans pour autant franchir son espace privé.

-Les Exécuteurs ne cherchent pas la gloire, nous poursuivons simplement la mission qui fut donné à notre premier maître : veiller à ce que le cycle des hommes soit correct.




Correct.... Le terme était abstrait, et si beaucoup de gens cela aurait surement voulu dire vivre une vie saine respectueuse des lois, tel n'était pas le sens des mots de l'Exécuteur qui se sentit quelque peu obligé de développer.

-Le don de la vie est un cadeau précieux, peu d'hommes l'apprécient à sa juste valeur, certains ne perçoivent l'étendue de ce cadeau que lorsque leurs mort approche, nous nous vouons simplement à aider ces élus à continuer leurs vies, après que ces derniers aient pris conscience de leur chance.



Un petit silence se fit alors que l'adepte tournait la tête vers l'immense arme qui était rangée près de lui, une lame propre et d'apparence austère qui avait déjà fauchée bien des vies.

-Mais il arrive que certains refusent de voir cette bénédiction, voir la rejette, c'est alors à nous aussi de les aider à rendre ce présent. Je pense que notre relative discrétion viens simplement du fait que nos codes sont incompréhensibles pour les masses. Nous soignons et tuons selon un code difficile à cerner, et sitôt notre tâche accomplie nous retournons de là ou nous venons sans clamer le moindre exploit ou infamie.
C'est un avis très personnel, mais je pense que l'ordre est simplement vu comme une excentricité des habitants: un compte pour faire peur aux enfants, ou redonner espoirs aux plus gravement malades.



Il était vrai qu'il existait bien peu d'Exécuteurs et en voir un était chose rare, même dans leurs régions natale, certains pouvaient passer une vie entière sans en croiser un mais tous connaissaient leurs existence.
Le heaume de Morr était toujours aussi vide d'expression mais ses doigts tapotaient doucement la table, signe qu'il appréciait cette petite conversation inattendue.

-Somme nous si insaisissable ? Vous tenez un Exécuteur en face de vous non ? A la différence de Kar Drassan, nous somme plus nombreux, et je pense que de bien plus sombre mystère enveloppent certains pan de notre histoire




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