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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Vereist
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 Le bunnalix ou la vie ? [Terminé]

Alises Torouciave
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Mer 6 Sep - 21:53
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
Après l'annonce de sa grossesse, Alises prit quelques jours pour savoir que faire. Elle voyagea jusqu'à Zuhause et dépensa une partie de son argent en équipement et dans l'hôtel dans lequel elle résidait. Elle écrivit une courte missive à Hex :

Mon chéri,

J'aurais besoin que l'on se voit assez vite. Je serais dans mon appartement de Cerka en juillet. J'espère t'y voir avant mon départ pour My'tra.

Je t'aime,
Ton Alises


Une fois celle-ci postée, elle déposa une annonce simple où elle apprenait qu'elle était à la  recherche d'un ou d'une guide capable de la mener jusqu'à un bunnalix. Elle ne précisait que peu de chose la concernant : elle avait signé de son nom de famille, l'hôtel où elle résidait et sa profession. Elle ajoutait que la paye serait discuter sachant qu'elle prenait tous les frais d'expédition à sa charge. Avec cela, elle reçut plusieurs candidats mais aucun ne la convint.

Ce jour-là, elle était dans le hall de l'hôtel, proche de l'immense cheminée, dans un siège couvert en peau d'ours. Elle portait un sous-pantalon, un pantalon, une chemise à manche longue, une veste en cuir. Des bottes jusqu'à mi-cuisse rembourré en poil de castor. Elle lisait un épais livre contenant des informations sur le bunnalix. L'hôtel accueillait une clientèle d'un certain standing, d'un rang social assez élevé : des personnes capables de dépenser 100 irys pour une nuit sans trop se poser de questions.

La porte s'ouvrait et se fermait sans cesse, les gens parlaient et on entendait les bruits de pas sur les sols malgré la couverture d'un tapis. Tout était fait dans cette région de Daenästre pour garder la chaleur le plus possible. Alises appréciait cela et ne remarquait plus le bruit ambiant. De même qu'elle ne nota pas la silence qui venait de se produire après l'entrée de quelqu'un.



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Dernière édition par Alises Torouciave le Dim 14 Jan - 12:33, édité 1 fois
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 7 Sep - 16:48
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
Et silence il y eut, aussi improbable que ça puisse paraître à propos de Sakari. Ça n'allait pas durer. Elle venait d'entrer dans un hôtel assez connu de Zulhause - la preuve de sa renommée étant qu'elle ne s'était trompée de rue que deux fois avant de le trouver, et donc n'avait eu qu'à demander à deux passant la bonne direction -, le genre d'établissement qu'elle ne fréquenterait jamais si ce n'était pour le travail.

Plus tôt, en cherchant un petit boulot, afin de s'occuper entre deux missions de son patron resté au chaud à Cerka, Sakari avait déniché un contrat intéressant. Une zoologue voulait étudier des bunnalix, ce qui tombait bien. En effet, en y repensant, un autre contrat plus intéressant encore passé avec un riche bourgeois local, consistant en de la chasse au gros gibier, allait parfaitement s'accorder avec cette mission.
Dans le fond, rien n'empêchait Sakari de tuer les sujets d'étude après qu'ils aient été étudié, n'est-ce-pas ? Ils auraient déjà servi pour les notes de la scientifique, tant qu'à faire, autant rentabiliser jusqu'au bout ! Sans parler que Sakari connaissait très bien ces bestioles, car elles faisaient partie des repas des Nunaqortoqut, son peuple, mais que jamais on ne les approchait seuls. Elle avait certes été une chasseuse, mais avoir l'aide d'une scientifique pour une partie de chasse, ma foi, ce serait tout aussi bien que dix des siens. Enfin, non, certainement pas, mais toujours bien mieux que de faire ça seule, ou avec des locaux, que Sakari trouvait aussi adaptés à la chasse en montagnes polaires qu'une hache de bûcheron dans une mine.

Si elle se souvenait bien de la coutume des sudiers en matière d'hôtellerie, elle devait aller à l'accueil et annoncer la personne qu'elle cherchait afin qu'on lui indique où elle se trouvait. A Aildor, peu importe le rang social de l'établissement, hurler dans l'entrée le nom de la personne qu'on cherchait un fusil à la main suffisait, en général.
Mais à Alexandria, fait comme les Alexandrins.
C'est donc ce qu'elle fit. Au passage, elle nota d'un air amusé les têtes des clients qui traînaient dans le salon. Dans ses habits de grosse fourrure, il est vrai qu'elle détonnait un peu.

« Hé mon gars, tu saurais pas où est madame toute-rousse-cave, par hasard ? »
Son accent, ça ne s'arrangeait pas. Elle dut épeler le nom pour que le maître d'hôtel un peu désemparé saisisse enfin. Par chance, il l'avait vu descendre et se poser près de la cheminée, et lui indiqua donc la personne tant recherchée.

Ne voulant pas interrompre le moment de tranquillité de l'hôtel, mais ayant des intentions inverses sur celui de sa peut-être future patronne, Sakari s'approcha d'elle doucement, tapota sur son livre et parla doucement.
« Bonjour bonjour ! C'est toi Tort ou suave ? T'as laissé une annonce à propos d'un contrat pour une escorte vers les montagnes. Hé ben, je suis là pour ça. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Dim 17 Sep - 15:52
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
Une main sur son livre, Alises termina sa phrase avant de refermer l'ouvrage. Elle écouta avec attention les propos de la jeune femme. Elle l'invita ensuite à s'asseoir sur une chaise avant de dire :

- Je suis ravie de voir que mon annonce vous a intéressé. Il s'agit plus d'un travail de guide que d'escorte. Je suis à la recherche d'un groupe de bunnalix qu'on aurait vu volé dans la région.

Elle observa à son interlocutrice. Cette femme n'était pas vraiment un modèle : petite, trapue mais jolie. Elle sentait une certaine force de la part de son interlocutrice et surtout une détermination. Elle aimait ce genre de caractère sûre d'elle. Un peu de manière n'aurait certainement pas fait de mal cependant.

Alises marqua une courte pause pendant laquelle, elle hésitait à mettre au courant cette jeune femme de sa condition. Normalement, elle devrait en parler à Hex. Cependant, sa lettre ne ferait aucun sens si elle mourrait bêtement à cause d'un manque de précaution de sa part. Aussi, elle reprit plus doucement :

- Je tiens à vous prévenir de ma condition. Je suis enceinte et le père de ses enfants m'attend, aussi j'espère que vous ne verrez pas d'inconvénient à tout faire pour me garder en vie. Je saurais être généreuse.

Elle se leva et se dirigea vers une armoire qu'elle ouvrit. Elle en sortit une boite qu'elle déposa sur la table près de laquelle elle était assise. Alises sortit de cette boîte une carte de la région :

-Parlons affaires à présent. Par où devrions nous passer d'après vous pour rejoindre cet endroit où l'on m'a dit trouver un groupe de bunnalix. Et quels sont vos conseils vestimentaires ?



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Sakari Naasoqineq
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Dim 17 Sep - 23:44
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
Sakari réprima un long soupir. Elle avait eu des clients insupportables, sur Aildor c'était pas ce qui manquait, mais les lettrés étaient les pires. Ça sait pas faire des nœuds ni tirer à l'arc, voire parfois juste cuire un ragoût, mais ça va t'apprendre la vie. Après, peut-être aussi que la coutume à Daënastre était de ne pas interrompre quelqu'un qui lisait, et que la conversation avec le papier était plus prisée et respectée que celle avec les humains. Non parce qu'ignorer délibérément quelqu'un avec qui on parle tout ça pour finir sa page, ça manquait tout de même cruellement de courtoisie. Bon certes, Sakari n'avait reçue une éducation digne de la haute société, mais ce n'était pas non plus une rustre. Et ce n'est pas qu'à Nunaqortoq on crachait sur un bon livre, même si on en avait terriblement peu, c'est surtout que bon, les livres, on en fabrique en série. Un humain, ça prend pas quelques heures dans une imprimerie.

Mais en répétant intérieurement la rengaine : « L'important, c'est qu'elle paye comptant. » deux, trois fois, qu'elle avait apprise de confrères hommes de main à Aildor, Sakari put passer outre cette introduction assez froide.

« Des bunnalix, ouais. Je connais bien. »
C'était le cas de le dire. Il fallait assez régulièrement traquer et éliminer quelques unes de ces créatures qui vivaient à Marnaka. On s'y mettait à dix, avec harpons, arcs, pièges. Trois avec des fusils suffiraient. Ou même un seul, s'il savait viser et avait l'effet de surprise. Comme Marnaka est une plaine, et que même Nunaqortoq n'offre que des reliefs très modérés, ces effets de surprise n'arrivaient jamais. Là, dans les hautes montagnes de Vereist, il y avait plus d'occasions.

« Je tiens à vous prévenir de ma condition » Ouh ça sentait le pâté ça. En entendant cette première phrase, l'expression de Sakari se crispa légèrement. Déjà qu'elle allait devoir escorter cette intellectuelle, mais si en plus elle était atteinte d'allez savoir quelle tare physique, ce voyage risquait d'être tragique.
Enceinte.
Enceinte ? Sur le coup, Sakari préféra ne pas répondre. Elle avait imaginée jusqu'à la goutte, mais enceinte, c'était presque pire.

Sakari regarda la carte. Puis Alises. Puis la carte. Puis Alises.
« Ouais 'tendez 'tendez 'tendez. Enceinte de combien ? Vous pouvez courir ? Vous avez besoin de manger beaucoup ? Une maladie ou je-ne-sais quoi dont je devrais être tenue au courant ? Vous savez manier quelle arme ? Je sais que vous les voulez vivants, mais on ne risque pas de croiser que des bunnalix. Surtout qu'à vue de nez, on en aura pour trois jours de marche, à mon allure, donc peut-être jusqu'à six, sauf votre respect, en comptant de ce point, là, qui est le plus proche accessible par la route. Si je me souviens bien. Pour ce qui est des vêtements, on passera par chez moi et on fera quelques emplettes. Oh, et si vous pouviez me montrer tout ce que vous comptez emporter, j'apprécierais. Quelques grammes en moins, quelques sangles en plus, dans la montagne, ça pourrait faire la différence entre la vie et la mort. »
Dans le fond, Sakari ne connaissait pas si bien que ça les montagnes de Daënastre. Elle s'était surtout rodée à l'alpinisme à Als'Kholyn, qui compte certes sur sa péninsule de sacré pics, mais qui restent un milieu assez à part.
Enfin, comme elle savait s'en sortir dans des régions escarpées et dans le froid polaire, combiner les deux ne serait sans doutes pas un grand problème.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Lun 2 Oct - 21:11
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
- Ouais 'tendez 'tendez 'tendez. Enceinte de combien ? Vous pouvez courir ? Vous avez besoin de manger beaucoup ? Une maladie ou je-ne-sais quoi dont je devrais être tenue au courant ? Vous savez manier quelle arme ? Je sais que vous les voulez vivants, mais on ne risque pas de croiser que des bunnalix. Surtout qu'à vue de nez, on en aura pour trois jours de marche, à mon allure, donc peut-être jusqu'à six, sauf votre respect, en comptant de ce point, là, qui est le plus proche accessible par la route. Si je me souviens bien. Pour ce qui est des vêtements, on passera par chez moi et on fera quelques emplettes. Oh, et si vous pouviez me montrer tout ce que vous comptez emporter, j'apprécierais. Quelques grammes en moins, quelques sangles en plus, dans la montagne, ça pourrait faire la différence entre la vie et la mort.

Alises l'écouta sans broncher. Elle essaya au début de répondre mais la jeune femme enchaîner les questions et les phrases à une telle vitesse qu'il était impossible d'en placer une. Elle attendit donc patiemment la fin pour expliquer sa condition tranquillement et comment elle envisageait ce voyage. En pensant à cela, son esprit partit un court instant vers Hex qui avait aussi essayé de la controler en tant que cliente. Elle lui avait alors appris à jouer selon ses règles à elle.

- Pour répondre à vos questions : il vaut mieux éviter que je cours et il va nous falloir plusieurs jours, une semaine et demi environ pour atteindre ces lieux. Je n'amènerais pas d'autres armes que quelques couteaux pour ma défense personnelle et je doute sincèrement que nous rencontrions tant de chose dangereuse que cela. Je connais mon métier assez pour ne pas craindre les bandits de grands chemins ou les animaux dangereux.
Quant au matériel que j'emmènerais, en plus de la nourriture, de l'eau, un cahier, un crayon et des jumelles car nous n'approcherons pas les bunnalix. Je veux rester à distance pour les perturber le moins possible. Nous les suivrons pendant une semaine avant de rentrer ici.
Si vous vouliez bien m'indiquer précisément l'itinéraire que nous suivrons. Ensuite nous parlerons de votre salaire.


C'était un discours assez ferme. Elle décidait de tout et si la jeune femme n'était pas contente et bien Alises s'en irait ailleurs.



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Sakari Naasoqineq
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Lun 2 Oct - 22:00
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
« L'important, c'est qu'elle paye comptant. »

En y repensant, Sakari aurait bien une petite question à poser à cette jeune dame. Son discours ne manquait pas d'assurance, ce qui est rare voire incongru de la part d'une femme enceinte sans armes face à un mercenaire aildorain. Et donc indiquait qu'elle avait une certaine expérience dans le pinaillage sur des questions de sécurité avec des personnes payées spécifiquement pour vous maintenir en vie.

Elle se souvenait d'ailleurs qu'à ses débuts, quand Sakari escortait d'autres gros armés de fusils à crosse d'ivoire chasser dans les pics rocheux de Marnaka, elle avait comme astuce de les laisser tomber dans un petit piège naturel, mais de volontairement le faire paraître plus grave qu'il n'y paraissait, puis de sauver le client d'une blessure minime certaine et ainsi prouver à peu de frais qu'il y en a qui écoutent et d'autres qui se taisent et obéissent.
Et si on devait remonter plus loin, dans son enfance, les jeunes qui faisaient les couillons on leur filait une lance, une peau, un paire de raquettes et un « Bonne chance, tu rejoins la prochaine halte seul. » Généralement, trois heures plus tard ils rejoignaient la troupe essoufflés et en pleurant.

Ces doux souvenirs, d'elle étant allé chercher ses cousins agonisant dans le froid après vingt minutes seuls et les portant sur son dos en les charriant, ce qui allait toujours ensemble, expliquerait sans doutes la nature du petit sourire et des yeux presque rêveurs de Sakari à sa cliente.
Mais il est possible qu'Alises interprétasse cela comme une réponse au mot : « salaire »

« J'entends bien que vous allez devoir éviter de courir. Le truc c'est, dans une situation où vous êtes en danger, est-ce-que je dois prendre en compte que vous pourrez courir ou non. C'est juste pour m'aider dans mon boulot, en fait. Mais du coup, je vais considérer que vous ne pouvez pas. »
C'était le plus sage. Même en admettant qu'elle le pouvait, sa cliente avait donné à Alises une impression peu flatteuse de joyeuse inconsciente, et on ne fait pas courir des joyeuses inconscientes en pleine montagne. Ils sont foutus de causer plus de problèmes qu'il n'y en aurait déjà.

« Après, vous êtes libre de douter sincèrement de tout ce que vous voudrez, c'est juste une mesure de sécurité. Mon boulot, quand-même, c'est de vous ramener en vie, donc j'aime mettre le plus de chances de notre côté, ou du moins, le moins d'inconnues. Tiens, j'aimerais aussi que vous m'montriez ces couteaux, juste par curiosité. »
Quoi qu'il en soit, mieux valait considérer qu'elle ne savait pas se battre. Ce serait plus simple que de considérer qu'elle le savait et comprendre trop tard que sa condition le lui interdisait. Et Sakari ne voyait pas vraiment en quoi des savoirs théoriques arrêteraient des bandits ou des bêtes sauvages en chasse. Allait-elle les assommer à coup d'encyclopédies ? Non, quand-même.

« Montrer, pas dire. J'suis désolée m'dame, mais sans rire, il en va de votre survie là. Après vous pourrez toujours trouver un autre type qui vous prendra, mais pas beaucoup qui n'exigeront pas d'être payés d'avance. Ou même, dites-moi franchement que vous ne voulez rien me dire de votre équipement, soit, j'essaierais de prendre des chemins plus faciles et donc plus longs, moins intéressants et où vous aurez moins de chances de trouver vos bestioles. C'est autant une question de survie que d'efficacité. Vous d'vez savoir ça un p'tit peu nan ? La science, plus on en a mieux c'est. Bah moi c'est pareil. J'aime en savoir le plus possible pour être la plus efficace. Vous imaginez un peu, si sur les avions, les concepteurs faisaient des traits pas soignés et qu'ils se disaient : « Rooooh, ça volera quand-même ! » Ben non ça marche pas comme ça. J'ai bien compris que vous vouliez être la chef, hein, ça y'a pas de soucis, mais c'est en rien une raison pour compliquer mon boulot. Vous voyez ? »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Sam 28 Oct - 11:39
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
Sur le bras de fer qui opposa les deux femmes, Alises fut vaincue. La sécurité de son enfant passa avant tout le reste. Aussi, se leva-t-elle et elle emmena donc la jeune femme dans sa chambre et lui montra ses petits couteaux très bien aiguisés.

- Voilà la totalité des armes que j'aurais. Quant aux vêtements, nous verrons cela sur place, comme vous l'avez signalé. Sinon, je porterais ces pantalons et ces hauts ci. J'aurais également ces carnets et ces crayons. Quant aux vêtements, ce sera ces pantalons et ces chemises. Comme vous l'avez dit, ce qui servira à nous équiper chaudement cela sera fait plus tard.

Elle sourit et recoiffa machinalement une mèche qui ne la gênait absolument pas.

- A présent, parlons de votre prime. Je pense que 500 irys de départ et 1500 au retour sera une somme très correct. Cela sera sans compter les dépenses pour les vêtements, la nourriture. Au fait, nous prendrons aussi un bukh avec nous. J'ai promis à mon médecin de marcher le moins possible. Et cela nous permettra de porter plus de bagages.

Elle rangea tranquillement son matériel et avec un soin particulier pendant qu'elle terminait sa phrase. Elle avait certes cédé mais elle n'allait pas laisser une femme rustre et qui ne savait probablement pas manier une fourchette.



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Sakari Naasoqineq
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Mar 31 Oct - 15:51
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
Sakari regarda les couteaux avec une extrême attention. Et en faisant tout aussi attention à ne laisser paraître aucune expression sur son visage, qui aurait forcément pu paraître désobligeante. Une chose était sûre, ce n'est pas avec ces couteaux de table que sa cliente pourrait combattre. Pour ce qui était des vêtements, une ou deux couches supplémentaires ne seraient pas de trop.

« Oui, la prime, c'est très bien. Je n'ai rien à redire. Et pour le bukh, ma foi, il faut bien les attirer avec quelque chose. Tiens, j'y pense, à ce sujet, on va faire une expérience. »
Sakari se mit dos à elle et se pencha légèrement.
« Montez, allez-y. C'est juste au cas-où. »

Spoiler:
 


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Mer 1 Nov - 13:18
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
Elle s'exécuta et après s'être mis d'accord sur tout le reste, Alises partit au côté de mademoiselle Naasoqineq. Elles allèrent dans un village plus au nord où l'on pouvait acquérir tout l'équipement nécessaire y compris un beau bukh bien fort. Elle s'acheta toutes les couches recommandées par l'experte, ayant l'impression d'être une boule énorme mais au moins elle avait chaud. Elles dormirent dans l'auberge locale après avoir planifié les derniers détails.

Le matin dit, elle se leva bien avant l'aube pour une dernière toilette pendant laquelle elle prit un soin particulier à bien se laver, s'épiler et se coupa les pointes. Dehors, dans le grand froid du nord, il serait plus compliquer de prendre une douche. Elle prit soin de son visage le protégeant par les crèmes. Elle enfila sa tenue classique, rajouta une couche plus épaisse de vêtement pour protéger sa chaleur interne.

Elle descendit pour rejoindre la pièce principale de l'auberge. Elle commanda un repas, le mangea et termina de s'équiper d'une troisième couche de vêtements et d'une quatrième constituer de peau de bête. Sa guide n'avait pas voulu prendre de risque. Un paire de sous-gants et de sous chaussures avant de mettre les vrais gants et les vrai chaussure bien épaisse. Une fois que sa guide était aussi prête, Alises monta sur le bukh et enfila sa capuche et des lunettes.

- Je pense qu'il est temps d'y aller.

Et c'est dans cet équipement, que les deux femmes se dirigèrent vers la sortie. Sans que sa guide le sache, Alises avait préparé une équipe de secours qui devait les suivre dans deux jours. Elle ne voulait pas être perdue dans le grand nord et encore moins mourir ici d'où le fait qu'en plus des fusées de détresse, elle avait organisé cela.



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Sakari Naasoqineq
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Lun 6 Nov - 23:30
Irys : 429923
Profession : Homme de main
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L'expérience de Sakari avait pour fonction de savoir si elle pouvait la porter facilement. Ce n'était pas tant le poids d'Alises, qui n'effrayait pas outre-mesure son employée, que ses prises. Elle ne se sentait pas d'apprendre à Alises comment s'accrocher à un dos, mais notait bien qu'en cas d'urgence, ou si son employeuse se trouvait mal, Sakari devrait ne rien avoir dans les mains pour la tenir au mieux. Il était dommage que le « à dada sur mon bodet » ne fut pas dans les mœurs daënars pour ce qui était de l'éducation des jeunes enfants, car ça aurait certainement eu une utilité maintenant.

Alises les avait emmené dans une charmante auberge – et payé pour la chambre. Dès que l'aube fit son apparition, Sakari se leva, s'habilla comme d'habitude, soit avec son épais manteau où elle dissimula son pistolet dans la manche droite, des munitions dans des poches intérieures, son fusil en bandoulière, son énorme couteau dans un fourreau de cuir et dans un pli des fourrures, ainsi que diverses provisions de voyage, dont une gourde de peau accrochée à une sangle, des tranches de bœuf séché, cinq mousquetons de rechange et divers autres bricoles – le sac en contenait encore plus et des plus volumineuses – et descendit pour acheter un croque-monsieur et le manger au comptoir.

« Bin allons-y. Restez bien derrière moi et hésitez pas à poser des questions si quelque chose vous taraude. Mais vous étonnez pas aussi si ça arrive que j'vous réponde pas. »

Les montagnes du nord se dressaient à l'horizon. Il faudrait une bonne journée de marche avant d'atteindre l'étage collinéen, où les locaux fixaient leurs villages dans des sites d'abri. Ils avaient tendance à être fortifiés, car en plus d'être très petits, ils avaient le défaut d'être très isolés les uns des autres, même au sein d'une seule vallée. La criminalité à Vereist est loin d'être la plus élevée, mais n'est pas nulle, et n'a pas toujours été aussi faible. Ces murs de terre sèche et de pierres de deux mètres de haut étaient assez anciens, mais dans le doute, toujours entretenus. Certes, la route les reliait, mais une petite journée de marche, ce serait l'occasion pour Sakari d'observer les capacités d'Alises en situation réelle. Elle la fit donc crapahuter dans les forêts clairsemées qui ornaient les piémonts, puis après une pause à midi où elle se montra contente de la progression faite, les deux femmes repartirent avec une vitesse à vol d'oiseau fortement diminuée du fait de l'escarpement qui commençait.

En soirée, comme prévu, voire un peu plus tôt, elles arrivèrent dans un petit hameau d'une cinquantaine d'âmes, dont la quasi-totalité étaient des éleveurs. Il y avait une petite grange à bestiau reconvertie en taverne qui louait à un prix naturellement extrêmement modique des lits de paille disposés çà et là au premier étage, qui surplombait le rez-de-chaussée où les agriculteurs venaient s'en jeter une jusqu'à pas d'heure. L'isolement sonore étant loin d'être une priorité dans une grange, on ne pouvait réellement dormir qu'à partir de minuit passé.

Sakari l'y emmena pour aller se réchauffer le ventre et acheter un repas. Il est vrai par contre que niveau fromages, bières et saucissons ils savaient très bien s'y faire. De vrais délices.
« Tirez pas une tronche de deux pieds de long comme ça. Bon, alors, ça va être notre dernière chance de passer la nuit dans un endroit chaud. Ou sinon, je peux demander à une famille du coin s'il peut pas nous prêter sa grange à fourrage. Ce sera moins confortable... et plus odorant encore, mais au moins ce sera silencieux. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Ven 17 Nov - 20:16
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
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Elles passèrent la journée assez doucement, le bukh ne pouvant pas non plus aller très vite. Alises plusieurs détails sur le déplacement de certains oiseaux et crut reconnaitre au loin d'autres bukhs qui semblaient les observer. Elle nota le changement nette de température, malgré ses épaisses couches de vêtements. Elle était inquiète pour l'enfant qu'elle portait, le froid l'atteindrait-il.

Ces questions et observations l'occupèrent si bien qu'elle ne revint au monde que lorsque son guide l'interpella :

- Tirez pas une tronche de deux pieds de long comme ça. Bon, alors, ça va être notre dernière chance de passer la nuit dans un endroit chaud. Ou sinon, je peux demander à une famille du coin s'il peut pas nous prêter sa grange à fourrage. Ce sera moins confortable... et plus odorant encore, mais au moins ce sera silencieux.

Automatiquement, elle sourit et essaya de se rappeler les évènements l'ayant conduit dans cette grange...mais bon, elle avait payé cher sa guide et celle-ci semblait savoir quoi faire. Oui, il valait mieux lui faire confiance. Et elle répondit automatiquement une phrase banale pouvant expliquer sa "tronche de deux pieds de long" qui avait tant choqué :

- Cela doit être la fatigue et le froid. Je suis ravie que nous dormions au chaud. Cela ira mieux avec un bon repas et une bonne nuit de sommeil. Si je pouvais avoir une bonne soupe pour commencer, cela me réchauffera.

La tavernière, ou la femme servant à cet emploi, s'approcha aussitôt avec un potage :

- Je connais bin c't air moué. Dame devrrrait pas c't promener avec le frrrroid qui fait. Le p'tit qu'vez l'est pas au chaud. Mais bin, ajouta-t-elle en se tournant vers Sakari, c't rrrrriche de Cerrrka qui paye fait c't que veux nin ?

Alises se contenta de manger son potage en silence. Elle n'était pas venue pour raconter sa vie et encore s'entendre faire la morale. La science comptait plus que tout au monde et ce n'était pas discutable.



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Sakari Naasoqineq
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Sam 18 Nov - 22:48
Irys : 429923
Profession : Homme de main
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Des gens charmants. Il est vrai que Sakari avait un peu trop traîné dans les villes de Vereist, aussi sa piètre opinion des gens de la région venait-elle sûrement de son avis partiel. Très vite, elle entamma une conversation avec un vieux grigou attablé devant un bout de cochonnaille, qui semblait bien seul et donc que Sakari, en quête de compagnie et ne cherchant pas celle de sa cliente taciturne, alla rejoindre avec deux pintes.
« Holà l’ami.
-M’soir. Une fille, deux bières ? »
-Le saussisson c’est bien mais ça donne soif.
-Ça c’est parlé. Rare, de voir de jeunes gens serviables envers leurs aînés par les temps qui courent. En parlant de ça, tu vas où avec ta suderône ?
-M’dame s’en veut aller chasser… Non, observer, le bunnalix dans son milieu naturel.
-Milieu naturel ? elle veut dire cloué à une porte ? Hé hé hé hé hé hé hé…
-J’aime ce parler l’ancien. Santé. Aux vieux chasseurs.
-Aux sages péronelles venues de… De ?
-Als’Kholyn. Je viens d’Als’Kholyn. Non, pas de Aildor. plus au nord encore.
-Tu vas m’faire avaler que ça existe ça, plus au nord ?
-Pas avant la troisième pinte, non.
-Bien dit, té ! Le nord dont tu parles semble former des gens qui ne sont pas des endives molles. En parlant de ça, c’est qui elle, qui dit rien et est visiblement pleine à ras bord ?
-J’t’avoue que j’connais mieux le contenu de sa bourse que celui de ça vie, et elle est plus prodigue en salaire qu’en parlottes.
-Hé ben, t’es si mal payée que ça. Tiens, ça me fait penser. Tu comptes aller vers le mont de Feynèr, que je me trompe pas ? Si tu veux du bunnalix, ces salopereis aiment bien s’y nicher, surtout en cette saison.
-C’est le mieux, oui. On y va à pied.
-J’vois. Alors prends garde à ne pas passer par le col de la Dent-du-Fol. pas besoin que je te fasse un dessin ? Mm. Quand le vent vient du sud, comme ça, les tempêtes sont de sortie. C’est un coup à y laisser sa peau. Le mieux c’est de passer à l’ombrée en contournant par la combe d’Elstaaran. Sacré bon dieu de détour, et il faudra faire un brin d’escalade, mais entre perdre un jour et la vie…
-Bon à savoir. Ça en valait bien une deuxième à se jetter dedans, ça, non ? Hé patronne ! Deux comme ça pour ici j’vous prie ! »

La discussion continua tard dans la nuit. au grand dam d’Alises, qui aurait sans doute aimé un peu moins de raffut pour dormir, une part importante des arrhes qu’elle lui avait versé servit à mettre un tonneau en perce, à manger, à chanter et à faire durer l’huile des lampes un peu plus longtemps. Depuis plusieurs mois, Sakari n’avait pas connu de petite fête comme celle-ci. La dernière, en fait, remontait à quand elle était encore à Aildor. Et à la fin, elle et trois autres gros bras avaient fermé les issues et massacré tout le monde, dans une opération de règlement de compte routinière. Finalement, l’odeur de crottin ne gâchait pas plus le goût de la bière que celle du sang.

Pour tout dire, la soirée se finit même dans le lit d’un berger habitant dans le voisinage et ayant bien forcé sur la boisson. Sakari n’était pas des plus sobre non plus.

Au petit matin, elle se rhabilla, dit au revoir au charmant jeune homme, puis sortit discrètement de la maison. Manque de bol, le père était encore plus matinal qu’elle.
« Hé bien hé bien. Tu vas où comme ça ?
-Oh, monsieur, quelle surprise, vous ici…
-Oui, moi ici ; moi chez moi.
-Tiiiiiiiiiens… C’est, ouh…
-Il était bon ?
-Pardon ?
-Est-ce que mon corniaud de fils était bon ?
-Ah, euh, pas trop mal, à vrai dire, mais on était tous les deux ivres. Donc je sais pas trop.
-C’est déjà ça. Des années que j’essaie de faire de cette andouille un homme. Il a quand-même vingt ans ce couillon.
-Vous v’lez dire que… C’tait sa première fois ? Oh. Ah. Ben non, vraiment, ça allait. Bon, pour être tout à fait honnète, j’ai vécu longtemps à Aildor, aussi, j’eu l’expérience de, disons…
-En comparaison c’était du petit lait.
-Eeeeeeeh, j’dis pas ça mais…
-T’embêtes pas, c’est mon fils, je sais ce qu’il vaut. Oh. Non mais en fait, je devrais te remercier. De tous les jeunes gens présents hier soir, celui qui a farci la seule aildoraine que j’ai vu en ma longue vie, c’est ma marmaille. Il me fait un peu moins honte.
-Présenté comme ça.
-Bon allez, fous moi le camp, ah ah. »

Et c’est sur ces émouvants adieux que Sakari, toute guillerette, partit retrouver Alises. Elle ne tenait formidablement pas l’alcool, mais le savait et avait donc consommé avec une grande modération, développant tout un tas de techniques pour ne pas avoir à finir son verre et ainsi éviter la gueule de bois du lendemain.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Sam 9 Déc - 15:33
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
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Après avoir mangé et dormi autant que se faire se peut, Alises repartit avec sa guide qui avait décidément oublié son travail au profit du plaisir personnel. La jeune zoologue ne pouvait lui reprocher de profiter un peu de la vie, après tout c'est en profitant de son bonheur qu'elle était parvenue à cet état des faits : enceinte avec un enfant d'un homme qu'elle aimait, certes, mais qui n'était pas vraiment le bienvenu.

Sur ses réflexions, elle prit un petit déjeuner et les deux femmes décidèrent d'un commun accord de faire quelques emplettes de provisions, baumes et pommades. Une fois cela fait, les deux femmes partir dans le froid. Les journées se succédèrent tranquillement. Alises ne savait pas faire la conversation avec qui ne partager pas des points communs avec elle. Aussi, était-elle souvent silencieuse préférant se centrer sur son observation et les rares mots qu'elle échangeait concerner des choses communes à leur voyage.

Un jour, après avoir lever le camp, Alises observa au loin un groupe d'Ekh. Sans réfléchir plus en avant sur les risques, les ayant jugés minimes, elle déclara :

- Arrêtez-vous pas très loin, je vais aller voir ce groupe d'Ekh.

Sans autres formes de commentaires, elle descendit du bukh et se dirigea vers un petit monticule pour observer de loin le troupeau. Ce serait l'occasion de voir un troupeau de près et aussi d'observer leurs comportements. Ce que la jeune scientifique n'avait pu voir, c'est qu'elle allait sur une couche neigeuse instable, pouvant déclencher une avalanche au moindre faux pas et surtout, au moindre cri.



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Sakari Naasoqineq
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Jeu 14 Déc - 17:50
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Profession : Homme de main
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Finalement, le silence de sa patronne s’était révélé être des plus agréable. C’était des emmerdes en moins : elle se contentait de faire ce qui était bon pour sa survie, et Sakari de faire ce qui était bon pour sa paie. Il semblait que quelques jours passés en pleine montagne avaient mis un peu de plomb dans la tête de la jeune scientifique, car elle avait beaucoup moins tendance à faire et dire des choses stupides. On devrait emmener plus souvent les Daënars en promenade.
    C’était parler un peu vite, bien entendu. En la voyant s’approcher ainsi d’une pente couverte d’une neige qui n’offrait pas un bon support, Sakari lâcha d’abord un léger soupir, puis s’avança doucement de sa protégée.
    « Hop hop hop petite madame… Faites attention à où vous mettez les pieds. Attendez. »
    Elle avait à la main une corde épaisse et longue, nouée au préalable à un conifère.
    « C’est dangereux, là, vous voyez cette neige ? Elle peut s’effondrer si vous faites des gestes trop brusques, ou si vous criez, et je vous raconte pas la dégringolade. Permettez. Il faut que je vous assure. »
    Et elle enroula la corde autour de la taille d’Alises. Ce faisant, une idée lui traversa l’esprit. Une bonne. Depuis hier, des traces claires comme quoi elles étaient sur un territoire de chasse d’un groupe de bunnalix se confirmait. Et là, un troupeau d’erchs. En hauteur. Au-dessus d’une pente prête à s’effondrer. Et à portée de tir. Mm.

    Sakari fit un peu trop bien son travail, à vrai dire. En arrimant Alises correctement, ce qui naturellement ne passait pas par simplement lui nouer la corde autour du ventre, car au moindre accident, le bébé serait probablement broyé, Sakari en profita pour lui faire les poches et lui retirer ses couteaux. Après des années passées à Aildor, ça devenait un geste tout ce qu’il y avait de plus naturel.
    « Bon, voilà. N’ayez pas peur de vous casser la margoulette maintenant, vous risquez rien. C’est ça ou la nuque en miettes. »
    Alises était en effet maintenant munie d’un baudrier qui l’enserrait en-dessous de la poitrine, pour éviter le ventre, au bassin et aux cuisses. Elle avait une autonomie de vingt bons mètres.

    Elle laissa ensuite la scientifique à ses observations pour aller chercher son fusil, et comme sa patronne avait les yeux plus rivés sur les animaux que sur Sakari, celle-ci en profita pour en abattre un. Elle visa une longue minute, le canon adossée à un rocher, car si elle se foirait le troupeau s’enfuirait et c’en serait fini. Heureusement le tir porta, et la bête la plus en contrebas s’effondra.
    Un grondement sourd répondit au coup de feu. Quelques oiseaux s’envolèrent. Les autres erchs s’enfuirent. La nature qui jusqu’ici bruissait gentiment se tut d’un coup. Sakari s’agrippa au conifère qui tenait aussi Alises.
    La pente sur laquelle le cadavre de l’erch et Alises se tenaient trembla et s’effondra. C’était comme un roulement, une vague de fumée et de neige qui dévalait le bord de la montagne, jusqu’à un bosquet en contrebas, sur une corniche. Pour Alises, ce fut plus de peur que de mal, et beaucoup de neige qui s’infiltra dans ses vêtements, car Sakari savait tout de même faire des nœuds. Le bukh manqua de peu d’être emporté avant que Sakari ne le rattrape par la bride et ne le noue rapidement au tronc.

    Tout redevint calme assez rapidement. Le cadavre était en contrebas, prêt à être débusqué et dévoré par des bunnalix attirés par l’odeur et le bruit. Mais il restait encore à faire taire Alises. Sakari la remonta en tirant sur la corde puis l’aida à remonter sur la petite corniche oùelles avaient fait une halte. Son pistolet dans la paume, assurément.
    « Bon bon bon bon. Maintenant, on se tait et on est bien sage, sinon baffe, puis si vous râlez je vous bâillonne, et si malgré ça vous arrivez encore à me courir sur le haricot c’est la balle dans la tempe. C’est pas contre vous ma petite dame, mais hé, que voulez-vous, il y en a qui payent plus, et vous savez ce que c’est ; la loi de l’offre et la demande, tout ça. Je vais devoir vous demander de bien vouloir la boucler : il ne faudrait pas effaroucher les proies. »
    Elle disait cela avec un ton proche du badinage guilleret. Pas qu’elle appréciât particulièrement le coup de pute qu’elle venait de faire, après tout, c’était pour le travail, et il faut dire même que Sakari commençait à bien aimer cette jeune urbaine taciturne. Du moins, à être au niveau au-dessus de simplement la supporter. Non, l’explication de son air presque enjoué était bien plus simple : ç’avait quand-même été rigolo de voir toute cette neige tomber d’un coup.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Ven 29 Déc - 21:57
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
Daënar +1
Que pouvait faire la scientifique si ce n'est tombée dans ce piège. Sa seule réaction fut de vomir sous le choc. Elle regarda sa guide avec colère mais trop peureuse pour essayer de se débattre. En toute situation, elle essayait de réfléchir à ce qui pouvait être fait ou pas. Et son secours reposait sur cette équipe de secours à deux jours d'ici.

Cet équipe était composé de deux médecins, deux personnes connaissant déjà le terrain et le lieu où elles devaient se rendre et de deux pisteurs pour les guider. Ils étaient partis d'un nouveau camp au lever et suivaient les traces laissaient par le passage des deux jeunes femmes. Les pisteurs pestaient contre les "géographes" qui ne connaissaient rien. C'était là le seul clivage dans le groupe qui s'entendait quand même bien.

Sur la route, ils avaient pris des renseignements sur la guide et la demoiselle. Certaines détails faisaient cependant tiquer l'équipe. La route prise semblait être sur un manteau neigeux récent et il pouvait conduire à une avalanche. D'un commun accord, ils accélèrent et parvinrent à être suffisamment proche pour entendre le bruit d'une détonation et celui de la neige s'effondrant sur elle-même. Un danger pour leur employeuse qui avait promis un salaire annuel : il fallait donc la sauver de ce danger potentiel.

Ils ne dormirent pas cette nuit là et le lendemain matin, un des pisteurs déclara qu'ils n'étaient plus qu'à un jour de marche des femmes. Ils essaieraient de se rapprocher davantage pour savoir si elles étaient en vie ou non.



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Sakari Naasoqineq
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Sam 30 Déc - 0:02
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
Ravie de voir qu’elle n’allait causer aucun problème et se monter bien sage, Sakari tapota la tête d’Alises avec un air de camaraderie.
    « Hééé bah voilà… Bon, je vous laisse là, ça vous dérange pas ? Non, parce que, je m’en fous en fait. Vous bougez pas, hein. Sinon… Baffe oui. »
    Et disant cela, elle emmenait Alises vers l’arbre en sifflotant, puis lui noua les mains après avoir raccourci la corde. Elle était passée de vingt à deux mètres de liberté de mouvement, et le bukh n’était pas à portée, attaché qu’il était à un autre arbre par les bons soins de Sakari. Et comme celle-ci préparait son fusil, dans le plus grand calme, elle susurra du bout des lèvres un petit air d’Aildor, à propos d’une femme qui se déguisa en petite fille pour gagner la confiance d’un guerrier invincible et le tuer avec sa propre épée. Un conte pour enfant, à dire vrai.
    Non vraiment, c’était une bonne journée. Il faisait froid, une dame de ville avait eu une bonne leçon et tout allait se finir par un animal troué d’un coup de fusil. Et Sakari adorait la chasse.

    Comme prévu, après une assez longue attente, les charognards commencèrent à se bousculer au portillon. De menus prédateurs, qui n’avaient eu que la vitesse pour eux et tâchaient de creuser au plus vite le cuir de l’animal pour en retirer quelque bout. Ils annonçaient la venue de confrères plus larges. Un couple de bunnalix fit justement son apparition, après une certaine attente. L’arrivée de si majestueuses bêtes suffit à faire fuir la petite assemblée qui se chamaillait les chairs les plus apparentes. Ils détalèrent dans quelques coins isolés et à couvert. Avec un peu de chance, ces deux monstres laisseraient un fond de carcasse.
    Enfin, ils auraient pu si le mâle n’avait pas eu le dos transpercé par une balle de fusil. La femelle poussa un cri de panique, renifla son compagnon, chercha la menace, mais elle venait du haut. Un autre coup de feu. Là, toute la vallée avait dû l’entendre. Tant pis ! Le plus tôt on serait rentré, le mieux ce serait.

    Sakari descendit la pente avec le bukh pour aller chercher un des deux cadavres, et s’empressa de le saigner, de le suspendre à un arbre pour le vider de ses fluides, puis elle l’éventra et le bourra de neige et de glace. Il n’y avait plus qu’à le ramener à Zulhause. Mais justement, revenir au milieu de la foule avec une proie fraîche passait encore, mais avec une captive, ça passait moins.
    « Hé bien. Je vais devoir vous abandonner quelque part, là. Un peu avant le prochain village on va dire. Vous ne vous en faites pas pour votre bukh et vos autres effets personnels, le premier vous le retrouverez à Zulhause et les seconds, je vous les rendrai avant qu’on ne se quitte. »

    Vider la bête de son sang prit plusieurs heures, et l’embarquement une autre encore. Il fallut habituer la monture à l’idée qu’elle allait porter un tas de viande morte lourde froide et ayant l’odeur de son ennemi naturel, l’arrimer proprement, puis ligoter Alises comme un saucisson au bukh pour qu’elle ne tombe pas tout en étant pieds et poings liés, lui donner à boire quelque chose de chaud, rassembler toutes ses affaires et celles de sa patronne, les mettre sur son dos et enfin partir.
    Elles allaient êtres lentes. Et Sakari le savait. Elle gardait son arme toujours à portée. On ne sait jamais quel genre de prédateur peut se cacher dans les forêts.

    Et justement, une bande de prédateurs, en quelque sorte, en la présence des six expéditionnaires, venait juste de gravir un colline qui leur permettait d’avoir une vue plongeante sur la forêt. S’ils avaient l’acuité visuelle suffisante, ils pouvaient distinguer, à un bon kilomètre, leur patronne sur son animal guidé par Sakari, fusil au poing et qui surveillait les alentours avec une attention presque maniaque.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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Alises Torouciave
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Sam 6 Jan - 20:43
Irys : 545218
Profession : Scientifique : zoologue
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Le prochain village était encore à quatre jours et l'équipe de sauvetage ne comptait pas attendre si longtemps. Ils observèrent leur patronne et celle qui l'avait enlevée. Étrangement, la première semblait calme, stoïque. Les médecins craignirent le pire pour la jeune femme et pressèrent les pisteurs pour trouver un moyen rapide de sauver leur patronne. Sa grossesse et l'immobilité pouvait avoir de grave conséquences sur la santé d'Alises.

Cependant, le groupe avait été fait pour secourir les deux femmes, non pour attaquer une guide complètement folle qui décidait de s'attaquer à sa patronne. La seule chose qu'ils avaient comme "arme" étaient des flèchettes tranquillisantes capables d'endormir un quart d'heure un dragon. Il fallait donc bien s'organiser, surtout que la demoiselle était sur ses gardes. Le plan était simple : attendre le soir, endormir Sakari et emmener au plus vite et au plus loin la patronne.

Ils s'approchèrent alors et attendirent que Sakari ne bouge plus. L'un des pisteur trempa une fléchette dans le liquide et visa et tira. En cinq minute, le tranquillisant l’assommerait et la suite du plan serait facile à mettre en œuvre. Il faudrait faire vite pour prendre le matériel (carnets principalement) et la patronne avant de l'emmener au galop à cheval loin de tout danger.



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Sakari Naasoqineq
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Dim 14 Jan - 12:30
Irys : 429923
Profession : Homme de main
Pérégrin 0
    Là, Sakari dut l’admettre, c’était plutôt bien pensé. Quand elle se réveilla, son otage avait disparu, ainsi que le bukh. Bon, heureusement, pas le bunnalix, tout de même. Le plus embêtant dans l’histoire, c’est qu’à être restée immobile comme ça pendant des heures, ses pieds avaient gelés. Et a fait un mal de chien. Il fallut donc, pendant de longs instants, en supportant la douleur lancinante, faire un feu, chauffer de l’eau, réchauffer ses extrémités lentement, manger quelque chose de chaud, aussi. Et éviter de penser trop fort qu,on allait de voir porter sur son dos son barda et la carcasse.
    Le retour en zone civilisée fut pénible. Et long. On peut dire que c’était de bonne guerre. En chemin, Sakari pensa à cette zoologue méfiante. Finalement, elle n’était pas si mauvaise que ça. Il faut savoir reconnaître quand on est battu.

    Cette histoire continua de la travailler plusieurs jours encore, aussi elle envoya une lettre adressée à Alises Torouciave, un peu avant de quitter la région.

Salut cocote.
    J’écris jamais de lettres, mais là, ton dernier coup de pute, ça m’a donné envie. Je tenais à te dire, même si on se reverra jamais, que c’était bien joué. félicitations. Au moins, cette petite promenade t’aura endurcie.
    Sans rancune, j’espère. J’ai fait ce que j’ai fait parce que j’étais tenue par un contrat qui rapportait plus gros que le tien, et ta as fait, enfin, tes gens ont fait ce qu’ils ont fait pour sauver tes miches, moi je dis, nos motivations étaient à peu près équivalentes, donc ça va, on est quitte. Si je peux juste te donner un conseil par la suite, quand tu dois recruter quelqu’un dont tu ne sais rien, assure-toi que tes objectifs ne sont pas contradictoires avec les siens. Ça va t’éviter bien des emmerdes.

    Au plaisir de te revoir, quoique dans d’autres conditions,
Sakari Naasoqineq.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »



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