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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Ünellia
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 Une douce soirée d'annoncée (En cours)

Garrett Catesby
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Sam 2 Juin - 9:17
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Un nombre incroyable de choses se faisait à l’instinct, du moins, c’est ainsi que Garrett fonctionnait, à l’instinct. Certaines choses ne pouvaient pas être expliquées, il fallait les sentir pour comprendre, un peu comme une sorte de sixième sens, plus on l’utilisait, plus il devenait aiguisé. Cela faisait déjà plusieurs jours que cette traque avait commencé, plusieurs jours oui… Très peu d’indices, très peu de témoins, mais suffisamment de description pour la reconnaître. Il avait traversé la capitale en long, en large et en travers, fouillant les quatre coins de la ville, passant dans des endroits encore plus glauques que des cimetières.

Cette petite cavale le mena finalement à un petit quartier tranquille, et il est vrai qu’il était tranquille. Garrett connaissait beaucoup d’endroit que la plèbe aimait désigner de « tranquille » alors qu’il s’agissait d’un nid à ordure de toutes sortes, après tout, c’était son boulot de savoir où se réunissaient les criminels en tout genre, dans ce milieu-là, il avait appris que l’on n’était jamais tout noir ou tout blanc, chacun avait ses motivations, compréhensible par autrui ou non, mais il y avait toujours une petite chose qui le faisait agir, était-ce humain après tout.

Il avait beaucoup de bar dans ce quartier, suffisamment pour étancher la soif d’une bonne partie de la population, bien entendu, si soif voulait dire alcool, car ce n’était pas vraiment l’endroit pour demander un verre de lait, et encore moins un verre d’eau. Certains bars servaient de façade à quelques groupes de la pègre, d’autre était tenu par des commerçants honnêtes, et les derniers étaient laissés à l’abandon au fin fond d’une rue, finissant leur existence comme squat pour sans-abris. En suivant la maigre piste qu’il avait, il savait qu’il trouverait ce qu’il cherchait ici, un vrai petit coin tranquille, l’endroit idéal pour se faire oublier quelque temps.

Longeant une rue, Garrett s’arrêta finalement après plusieurs minutes de marche devant la porte d’un bar. Celui-ci n’avait étrangement pas de nom, ni même aucun logo distinctif permettant de le différencier d’un autre. Cependant, une certaine « classe » émanait du lieu, une classe passée, comme si un jour, il avait été un endroit pour personne aisé. C’était chose possible après tout, l’inspecteur ne connaissait pas l’histoire de chaque bâtiment de la ville, fort heureusement pour lui. Depuis l’extérieur, il ne voyait pas beaucoup de clients, moins d’une dizaine, tant mieux. Poussant lentement la porte, il pénétra dans la pièce principale, l’endroit était silencieux, peut-être un peu trop même, il avait même pu entendre le barman se racler la gorge. Il ne mit pas longtemps à trouver ce qu’il cherchait. Avançant d’un pas décidé vers elle, la silhouette était accoudée au bar, sirotant un fond de verre, posant nonchalamment son bras sur son épaule, il fit pivoter la silhouette, la forçant à le regarder. Il la tenait… Sa cible.

Le dénommé Hervan était un « petit » homme de main sans histoire, qui aimait jouer des poings de temps à autre. Pourquoi petit ? Parce que celui-ci mesurait aisément une tête de plus que Garrett. Chose qu’il fut forcé de remarquer lorsque celui-ci se redressa devant lui. Visiblement, il avait mal joué sa première carte, et il était évident que cette histoire allait mal finir, pour l’homme de main évidemment. Le premier coup arriva rapidement, mais Garrett parvint à le bloquer avec son bras, envoyant à son tour son poing dans les côtes de colosse, celui-ci grogna tout juste.

Hervan attrapa l’inspecteur par le col et le jeta sans grande difficulté de l’autre côté du comptoir. Dans sa chute, Garrett perdit son chapeau, emmenant verres et bouteilles avec lui, il parvint cependant à au sauvé une, un whisky de 18 ans d’âge. Se redressant rapidement sur ses deux jambes, légèrement secoué, il put voir la main du colosse revenir l’attraper, sans doute animé par l’envie de le refaire passer de l’autre côté. C’était sans compter sur le whisky, avec une certaine peine pour la bouteille et son contenu, Garrett vint la fracasser contre l’occiput de son adversaire qui pour la première recula et sembla chanceler. Autour, les clients commençaient déjà à s’agiter, quittant l’établissement en contournant de loin le colosse, le barman lui, se cachait derrière son comptoir, relevant la tête qu’à de rares occasions. L’inspecteur sauta par-dessus de comptoir, revenant sur son adversaire, la tête un peu en avant, il lui envoya son poing dans la mâchoire sans difficulté. Hervan grogna de plus belle, se baissant pour ceinturer l’inspecteur avant de le pousser jusqu’à la porte du bar. Avec la force de l’impact, autant dire que les deux hommes traversèrent la porte pour se retrouver sur le sol pavé de la rue, sous le regard ahuri des passants nocturnes. Les deux hommes mirent plusieurs secondes à se redresser, déjà éprouvés par les quelques coups. Le colosse frappa le premier, envoyant un chassé que Catesby évita, Hervan était grand, ses coups lents, mais lorsqu’il touchait sa cible, autant dire que le résultat ne se faisait pas attendre. Garrett voulut sortir son arme pour en finir, mais un revers de la main envoya le revolver voler plusieurs mètres plus loin. Il évita de justesse un nouveau chassé, venant abattre son poing sur la joue du colosse, encaissant le coup, celui-ci parvint à lui asséner lui aussi un coup dans le thorax.

L’inspecteur en eu le souffle coupé, il avait l’impression qu’il allait cracher ses poumons. Il le savait, Hervan était plus fort que lui, et encore un coup comme ça et il finirait aux urgences avec plusieurs traumas, il fallait en finir, rapidement. Reprenant son souffle tant bien que mal, presque à quatre pattes, Garrett vit l’imposante silhouette approcher lentement. Sentant venir le coup final, le roula sur le côté, laissant le pied du colosse s’abattre sur le pavé, se redressant, il vient à son tour mettre un chassé sur le côté extérieur de la rotule, la faisant se plier dans une position peu conventionnelle. Hervan hurla, posant un genou au sol, car il ne pouvait tout simplement plus tenir debout. Joignant ses deux mains, Catesby frappa de toutes ses forces à la base du crâne de l’homme, un coup d’une telle violence Hervan s’écroula de tout son poids sur le sol.

Essoufflé, l’inspecteur manqua de tomber à son tour. Il tituba jusqu’à son arme qu’il rangea son holster, puis il se dirigea vers le bar. Il enjamba difficilement la porte brisée, et alla ramasser son chapeau au milieu des chaises renversées, sous le regard ahurit du barman. Manquant de tomber, il se rattrapa au comptoir, parvenant à se hisser sur une chaise.

" Vous… Vous n’auriez pas, un autre whisky… 18 ans d’âge ? "

Sans poser de question, le barman acquiesça plusieurs fois avant de poser un verre sur le comptoir. Il sortit de sous le bar une nouvelle bouteille, et rempli le verre du précieux liquide. Une chose fit cependant tiquer Garrett, il restant encore un client dans le bar, une silhouette qui n’avait pas bougé depuis le début, étrange… Mais il ne dit rien, se contenta de lever son verre dans sa direction comme pour trinquer, avant de vider son verre d’une traite.




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Dernière édition par Garrett Catesby le Lun 6 Aoû - 18:58, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Mar 5 Juin - 9:08
Irys : 1715105
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

My'trä et Daënastre sont davantage que des continents différents. Ce sont deux mondes bien distincts. Zora ne cherche plus à compter les différences depuis quelques mois maintenant. Elle avait souvent imaginé à quoi ressemblait les terres des infidèles et le semblant de culture qu'ils y avaient instaurés. L'Exposition Universelle avait déjà exposé les profondes dissemblances entre les deux peuples. Mais elle était pourtant bien loin de souligner toutes les étranges disparités qui les séparaient.

Aujourd'hui elle ne peut que les subir... Elle doit composer avec les étranges coutumes locales et une faune qui semble apprécier particulièrement les endroits comme celui-ci: emplis d'alcool, de crétins et de fumée. À My'trä les tavernes et les auberges favorisent la vie en communauté et sont animés par les rires, les chants ou les contes. Les bars, ici, semble attirer la lie de la société infidèle. Et la milice semble ignorer purement et simplement certains de ces établissements. Comme si elle craignait d'y mettre les pieds.

Elle peut comprendre pourquoi. Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle s'y cache de temps à autre, l'espace de quelques heures. Le temps que les choses se tassent. Mais ça ne rend pas leur fréquentation plus appréciable pour autant. Elle ne saurait dire ce qui l'irrite le plus. Ces petits rectangles qui abritent les flammes de Süns et dont les infidèles se servent pour allumer leurs cigarettes? Les divergences exprimées dans des pseudo-débats aussi vide de sens que d'intérêt? Les avances ou les regards incessants des soûlards? Sans parler de la nausée omniprésente qui l'assaille depuis qu'elle a posé les pieds sur l'Allégeance puis sur ce continent maudit.

D'ordinaire déjà peu sociable, la rouquine est ainsi poussée dans ses retranchements depuis de nombreuses semaines maintenant. Elle sait qu'elle va craquer. Elle se connaît suffisamment pour savoir qu'elle devra trouver un moyen d'évacuer cet amoncellement de frustrations. Peut-être en trouvant une autre horlogère pour se distraire l'espace de quelques heures? Aussi étrange que cela puisse paraître, Technologie semble apporter une attention toute particulière à cette catégorie d'infidèles. La disciple de Möchlog aurait peut-être ainsi l'occasion de retrouver cette fausse déesse. Et de la tuer!

La main en appui pour soutenir sa joue, Zora se contente pour l'instant d'observer tour à tour les personnes présentes. L'ennui qui se lit dans son regard trahit bien le peu de réconfort qu'elle trouve dans le pathétique spectacle qui lui est offert. Althéa lui manque... Ses remarques acerbes, aussi. Il est vrai que leur relation est constituée de hauts et de bas. Surtout de bas depuis quelques temps, d'ailleurs. Mais la noiraude reste sa seule alliée dans cet univers au moins aussi étrange que dangereux.

Toujours est-il que l'ennui de sa comparse et, plus généralement, de sa patrie, est finalement trompé lorsqu'une animation violente vient quelque peu égayer la vie de l'établissement. Intéressée par le déchaînement de coups que les deux hommes s'échangent, la fanatique en oublie presque ses maux de tête. Elle observe de temps à autre les clients fuir l'établissement et se promet de déclencher elle-même les hostilités la prochaine fois qu'elle aura besoin d'un peu d'espace. Elle parie ensuite mentalement sur la vainqueur du duel avant de lâcher un vague soupire lorsque le colosse se fait allonger pour le compte par le barbu. Perdu!

La fanatique garde ensuite son regard rivé sur l'homme allongé pour le compte sur le sol sale. Elle ne comprendra jamais cette manie qu'ont les infidèles de ne pas achever les vaincus. Pourquoi commencer quelque chose pour ensuite l'abandonner en cours de route? Ça n'a aucun sens! Si les daënars mettaient un peu plus de coeur à s'entretuer, elle aurait déjà moins de travail...

Elle surprend alors le geste du barbu à son intention. Quelque peu surprise par cette marque d'intérêt sensiblement différentes de celles qu'elle a l'habitude de subir, elle ne réagit pas de suite. Est-ce une déclaration de guerre? Une invitation? La rouquine finit par se lever et vient ramasser le tesson de la bouteille de whisky. Elle l'enfonce ensuite avec indifférence dans la gorge de l'homme au sol. Un jet de sang lui éclabousse le visage et noircit davantage encore son humeur. Sans cette nausée elle aurait tranché la chair à un endroit moins susceptible de provoquer une gerbe de fluide vital. Encore une bonne raison d'en vouloir à Daënastre!
"Vous voulez bien m'expliquer pourquoi personne ici ne veut tuer les vaincus?" questionne-t-elle à la fois le tenancier et l'inconnu. "Pourquoi se battre si c'est pour refuser la récompense, au final? Ça n'a pas le moindre sens!"
Le barman ne semble guère enchanté par l'état de son établissement et le sang qui commence à se répandre sur le sol. Il aura sans doute quelques problèmes. Mais il ne posera pas de problèmes. Le nom de Loud'wig Strauss fait des merveilles dans les endroits comme celui-ci. Elle a pu s'en rendre compte lorsqu'il s'est moqué d'elle tout à l'heure, en commandant sa première consommation.
"Je vais prendre la même chose que lui! Dans un thé!" indique-t-elle à l'intéressé. "Un vrai thé, hein! Sans sucre!"
L'homme ne discute pas même si son visage allie surprise et irritation. Il se contente d'obtempérer et Zora remercie encore une fois silencieusement le riche moustachu pour son aide inestimable. Elle s'emploie ensuite à nettoyer le sang qui macule son visage avec un linge prélevé derrière le bar. Ce n'est que lorsque sa commande arrive qu'elle reprend la parole.
"C'est le sauvage qui paie!" précise-t-elle avant de jeter un regard au vainqueur du duel. "C'est la moindre des choses pour... l'aide que je vous ai apportée, non?"
La question sonne comme une mise en garde. Il en va de même pour le sourcil qu'elle hausse comme pour souligner le bien fondé de sa requête. Quelques instants plus tard elle trempe les lèvres, méfiante, dans sa boisson. Et comprend qu'elle a fait une erreur...




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Garrett Catesby
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Mar 5 Juin - 14:08
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Il pouvait sentir l’alcool fort glisser le long de son œsophage, en le reposant, il fit nettement tinter le verre contre le comptoir. Au moins, il était requinqué, même s’il n’était pas encore totalement frais et dispo. Finalement, la silhouette qui jusque-là était restée dans l’obscurité finit par en sortir. C’était une jeune femme, jolie, il fallait bien l’admettre, vêtue cependant assez bizarrement, trop pour être du coin à vrai dire. La deuxième chose qu’il devait admettre, c’était qu’il n’aurait jamais cru qu’elle viendrait enfoncer le tesson dans la gorge du colosse. Instinctivement, la main de Catesby se porta sur son arme, suffisamment pour saisir la crosse et poser son doigt sur la gâchette, sans pour autant le sortir de son holster, toujours caché par le pan droit de sa veste. Pour le moment, muet comme une tombe, immobile, son regard avait fini par croiser celui de la rouquine. Il avait… Une sorte de mauvais pressentiment, du genre à vous empêcher de fermer l’œil la nuit.

« Tuer les vaincus », « refuser la récompense », ces tournures de phrases ne faisaient qu’amplifier ce mauvais pressentiment, rajouter ça à la tenue qu’elle avait. Cependant, il ne disait toujours rien, la main toujours sur son arme, il la laissait s’approcher du comptoir et commander à son tour une boisson. Garrett aurait poussé un soupir s’il l’avait pu. Étant tombé de l’autre côté du bar, il savait qu’il s’y trouvait un fusil, poser sur une étagère, du genre à éparpiller la cible façon puzzle à une si courte distance. Il espérait que le Barman ne fasse rien de stupide, car vraisemblablement, il lui manquait des informations. Une personne comme ça, capable de tuer sans même émettre l’ombre d’une hésitation, c’était bien trop rare, elle n’en était sûrement pas à son coup d’essai. Il hocha la tête vers le Barman, poussant son verre de sa main pour être resservie, tant qu’il était occupé à servir des verres, il ne pourrait faire de bêtise non ? Car Garrett était prêt à parier que si celui-ci s’emparait de son arme pour jouer les héros, il serait mort bien avant d’appuyer sur la détente, dans le cas contraire, la tenue de Catesby serait bonne pour un voyage au pressing.

La situation se faisait… De plus en plus complexe.
Primo, il n’était pas venu là en tant qu’inspecteur, Hervan était simplement un type qui s’en était pris à la Siffleuse en éliminant un de ses informateurs, tout en menaçant de la prendre de force et sans vaseline. Par liens d’amitié avec la jeune femme, il ne pouvait pas rester les bras croisés, ni agir en tant qu’Inspecteur. Autant dire que sa mort ne lui faisait ni chaud ni froid, et que c’était mieux que de le laisser au chaud dans une cellule. Pour faire simple, elle venait de le mettre dans la merde.
Secundo, vu le nombre de clients qu’il y avait dans le bar avant de début de l’altercation, il était évident que Hervan n’était pas venu tout seul, qu’il était sans doute avec des « amis », amis qui n’avaient pas perdus une seconde pour sortir du bar, et aller chercher encore d’autres amis. Sans dire que quelqu’un avait d’ores et déjà du prévenir la milice par la même occasion, ça sentait mauvais comme plan, très mauvais même.
Tiertio, même si la mort du colosse ne le dérangeait pas, devait-il avouer que cela ne faisait pas partie de son plan, et que normalement, il aurait déjà dû quitter le bar.

Garrett la vit presque se raidir de manière imperceptible lorsque ses lèvres touchèrent le liquide, il y avait plusieurs possibilités à cela. Soit, le thé était sucré, l’affront ultime en quelque sorte. Soit elle avait aperçu son arme ou sa plaque –qu’il n’avait bien sûr pas détacher de sa veste-. Sentant que la situation allait tourner court, toujours sans quitter la rouquine du regard, il s’adressa au barman.

" Tu ne voudrais pas, aller vérifier la porte de derrière ? "

Comprenant qu’il s’agissait d’une invitation à se faire la malle, le barman ne traîna aucunement sur place, disparaissant dans l’encadrement de la porte de derrière. Garrett, lui, porta à son tour le verre de whisky à ses lèvres, buvant une infime gorgée avant de le reposer sur le comptoir.

" Je n’ai pas pour habitude de payer un verre à des inconnues, surtout le premier soir, aussi jolies soient-elles. Cependant, la situation vient brutalement de se compliquer. Cette « aide », elle n’était pas des plus « légales », et ce type-là, il avait des copains, beaucoup de copains, copains qui risquent de débarquer d’ici quelques secondes si on reste là à siroter de la tisane. Mais le pire, selon moi, c’est d’avoir dilué un Whisky de 18 ans d’âge avec de la tisane de grand-mère. "

À peine eut il le temps de finir sa phrase, qu’une détonation se fit entendre depuis le trottoir d’en face, une balle traversa la vitrine du bar et traversa la pièce en sifflant. Suivit d’une autre. Le début de la fête.




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Dernière édition par Garrett Catesby le Mer 6 Juin - 11:15, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Mer 6 Juin - 8:56
Irys : 1715105
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Non, décidément, cet alcool ne se mêle guère avec les subtiles saveurs d'un thé. Elle préfère d'ailleurs ne pas imaginer le gâchis que cela aurait été si le breuvage avait été concocté avec de véritables herbes et non cet étrange substitut utilisé par les infidèles. Zora fait de son mieux pour ne pas laisser le dégoût s'exprimer sur son visage mais repousse néanmoins le mélange sur le côté comme si sa simple vue l'importunait. C'est à peu près à ce moment que la barbu décide finalement de s'exprimer.

Ce n'est pas à elle qu'il s'adresse mais au barman, l'invitant à vérifier la porte arrière. Elle hausse un sourcil de scepticisme, se demandant si une telle chose est bien avisée. Après tout il pourrait en profiter pour disparaître. La rouquine se fiche pas mal du sort d'un esclave local. Mais elle n'est guère encline à le remplacer derrière le comptoir. Pourquoi le congédier? Ce serviteur était des plus utiles. Et il incarnait à sa façon l'ordre naturel des choses: les daënars existent pour servir les my'träns. Du moins ceux qui auront la chance de survivre à la purification du continent...

Le haussement d'épaule qui conclue la disparition de l'homme souligne néanmoins l'indifférence de la fanatique. Elle tourne une nouvelle fois le regard vers son voisin et s'arrête un instant sur la main qu'il a posée sur sa bruyante arme à projectile. De la méfiance ou un simple attrait pour le suicide? Les gens portés sur la boisson ont une logique qui, parfois, frôle la démence. Quant à la plaque sur laquelle les yeux ambrés de la rouquine se posent, elle n'annonce que des ennuis.

Tout comme les propos qu'il daigne finalement lui adresser. Zora comprend alors que ce n'est pas elle qui nourrit ses craintes mais plutôt les relations qu'avait la victime. Une vengeance? L'idée lui plait au plus haut point! Incapable de considérer le danger incarné par les mots du barbu, plutôt séduite par l'idée de tuer davantage d'infidèles, elle se contente une nouvelle fois d'un haussement d'épaule pour lui signifier le peu de cas qu'elle fait de son avertissement. Quant au whisky dilué dans le thé...
"Vous venez de sacrifier une bouteille entière de ce... whisky sur la tête de votre adversaire!" lui rappelle-t-elle. "Considérant cela, vous êtes sans doute un peu mal placé pour vous offu..."
Le reste de sa phrase se fait brûler la politesse par une détonation qu'elle a maintenant pris l'habitude de craindre. Le sifflement éphémère de la balle se mêle au bruit de la vitrine qui s'effondre sur elle-même et aux battements effrénés du coeur de la rouquine. Un second tir vient faire voler en éclat la tasse de l'intéressée. Un éclat vient lui déchirer la joue, y répandant une désagréable sensation de chaleur. Le troisième tir est quant à lui bien ajusté. Mais il s'écrase contre le bouclier aux nuances dorées que la my'träne vient de dresser.

La fanatique considère un instant la fissure craquelée que le projectile a créée sur sa protection, agacée. Un sentiment qui va en s'amplifiant lorsqu'elle effleure du bout des doigts la plaie sur sa joue. Elle décoche ensuite un regard noir aux trois personnes qui se trouvent de l'autre côté de la rue tandis que deux autres balles viennent s'écraser contre sa défense magique, la mettant sérieusement à l'épreuve.
"Les copains en question, j'imagine?" demande-t-elle, rhétorique à l'appui. "On dirait bien qu'ils ne partagent pas non plus votre vision de la légalité..."
Ce qu'elle ne peut guère leur reprocher. La moral, la loi et toutes ces choses destinées à canaliser la fureur humaine ne sont rien de plus que des concepts erronés. Légal, illégal... Ces mots sonnent creux dans l'esprit de la rouquine. Ils déshonorent les principes de la nature. Il n'existe que des forts et des faibles. Autrement dit: des prédateurs et des proies. Et Zora, évidemment, a toujours considéré qu'elle appartenait à la première catégorie. L'idée même de fuir face à ces infidèles déchaînés n'effleure ainsi même pas ses pensées tandis que son bouclier continue de s'affaiblir.
"Qu'est-ce que tu attends pour leur tirer tes boules dessus?" s'impatiente-t-elle, délaissant le vouvoiement. "C'est pour faire joli, ton hérésie?"
Qu'il le comprenne ou non, c'est bel et bien à son arme qu'elle fait référence. Mais elle n'a guère le temps de lui désigner l'hérésie en question d'un regard. Elle préfère largement insuffler davantage de puissance arcanique à son bouclier et s'assurer qu'il tienne encore quelques instants face à ce qui devient peu à peu un véritable déluge mortel. Du temps... Pour l'instant, c'est tout ce qu'elle peut offrir à l'homme que Möchlog lui a offert comme allié momentanée. Si elle n'était pas aussi concentrée sur le maintien de leur protection, ce serait sans doute elle qui prendrait la peine de s'offusquer en cet instant...

Et pour ne rien arranger un second front semble s'ouvrir lorsque des détonations retentissent sur leur flanc. Un projectile siffle tellement près de son oreille qu'elle sursaute, surprise. Elle ne tarde cependant pas à dresser un second bouclier pour contrer ces nouveaux tirs. Il faut croire que les amis du cadavre ont eu assez de jugeote pour emprunter la porte arrière. Ce qui complique les choses tout en les rendant plus captivantes. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...

Zora commence lentement à reculer vers les escaliers. Le visage crispé par l'effort, les mains tremblantes et tendues devant elle pour maintenir son emprise sur sa magie, elle ne peut qu'espérer que son allié suivra le mouvement. Qu'elle le veuille ou non, elle a besoin de lui. Pour l'instant.




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Garrett Catesby
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Mer 6 Juin - 12:12
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Comme il l’avait prédit quelques secondes plus tôt, les copains venaient d’arriver, et aucun doute sur leur identité. Tirer avant de parler ne faisait pas vraiment partie des méthodes employées par les miliciens, excepté ceux comme Garrett qui se faisait de plus en plus rare, des « cow-boy » d’une autre époque comme disait certains. Histoire de compliquer encore un peu la chose, la jeune femme se trouvait être une My’trän, les soupçons devinrent véridiques lorsque Garrett vit les projectiles s’écraser contre une sorte de protection invisible. L’inspecteur ne savait pas grand-chose d’eux, certains les considéraient comme des ennemis, d’autres s’en foutaient tout simplement. Catesby était plutôt du genre à s’en foutre, et il devait bien avouer qu’avoir un ennemi capable d’arrêter les balles l’arrangeait bien dans cette situation précise, mais il se doutait que cette protection n’était sûrement pas à durée illimitée.

" La légalité, c’est le cadet de nos problèmes pour le moment ! Et pour eux aussi ! "

Comme elle le disait, il aurait bien voulu leur « tirer des boules dessus », seul soucis, c’est qu’avec l’obscurité plus que présente, et la différence d’éclairage entre l’intérieur du bar et l’extérieur, et bien, il ne voyait que des flashs lumineux changeant de place à chaque nouvelle détonation. Sans dire que les « boules », tout comme les protections magiques, n’étaient pas illimités. Pour ne rien arranger, un nouveau front fit son apparition ; l’arrière-boutique. Une balle traversa le chapeau de l’inspecteur -le forçant à baisser la tête-, la rouquine, elle, semblait en difficulté à devoir tenir sa protection sur deux fronts. Amie ou ennemie, il n’avait pas le temps de se poser la question, la seule chose dont il était sûr, c’était qu’en restant ici, ils finiraient par y crever tous les deux. L’adrénaline faisant son effet, il n’hésita pas à passer son bras par-dessus le bar, se saisissant du fusil qu’il avait repéré au tout début de sa confrontation avec le colosse. Après vérification, l’arme était chargée, deux coups seulement, mais cela serait suffisant pour nettoyer un front. Sans réfléchir plus que nécessaire, il braqua l’arme vers l’encadrement de la porte de l’arrière-boutique. Les deux détonations du fusil furent beaucoup plus bruyantes que les simples armes de poing de leurs agresseurs, mais les dégâts étaient aussi plus important. Plusieurs petits projectiles s’étaient logés dans le bois et les murs, ayant sans aucun doute touché leur cible. Garrett jeta l’arme au sol et ramassa son chapeau troué, il n’avait pas le choix, il fallait suivre le mouvement de recul amorcé par la rouquine. Si pendant quelques secondes ils purent profiter d’une accalmie sur le deuxième front, la pause fut de courte durée, car bien rapidement de nouveau tir se firent entendre.

Ils reculèrent dans l’escalier, montant les marches toujours sous le feu, Garrett sembla comprendre que la jeune femme était en difficulté face aux trop nombreux projectiles qu’elle devait encaisser. Animé par un excès de zèle, il l’attrapa par la taille pour la tirer en arrière, suffisamment fort pour lui éviter d’absorber de nouveaux projectiles qui vinrent s’enfoncer sans aucune difficulté dans les marches. L’étage n’était sans doute pas la meilleure solution, mais de toute manière, la rez-de-chaussée était pire qu’un champ de tir. Garrett referma la lourde trappe en bois de l’escalier, avant d’actionner le verrou. Cela risquait de les retenir un peu, du moins jusqu’à ce qu’une balle fasse sauter le verrou. Il se dirigea vers la fenêtre de l’étage -tournant alors le dos à son allié de fortune-, l’ouvrant en grand, il cherchait un moyen de quitter le bâtiment. Durant leur repli stratégique, Garrett avait trouvé l’escalier bien long pour un simple étage, et en effet, maintenant qu’il voyait la ruelle de derrière, il remarqua que l’étage était bien trop haut pour tenter de sauter. Sans rajouter les deux types attendant sagement à l’arrière, ceux-ci ne perdirent pas une seconde pour lui tirer dessus après l’avoir aperçu.

Manquant de prendre une balle, il poussa un énième juron qui visait la fierté dépravée des mères des tireurs. Il ne restait plus qu’une solution, ouvrir la deuxième fenêtre et fuir par les toits.

" La deuxième fenêtre ! Par les toits ! "

Il n’aimait pas fuir, mais il n’avait pas la puissance de feu nécessaire pour résister, et visiblement, la magie s’avérait être une bonne protection, mais dans un temps limité. Il ne savait pas ce qu’allait faire la rouquine, mais en tout cas, si elle ne bougeait pas, il allait devoir « pousser au cul ».




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Zora Viz'Herei
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Ven 8 Juin - 8:07
Irys : 1715105
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle plisse le nez lorsque l'odeur de la poudre agresse ses sens olfactifs. Elle déteste cette odeur bien trop caractéristique de l'hérésie daënar. Et même si Technologie a cette fois-ci été utilisée à son avantage, Zora n'arrive pas s'en réjouir. Elle donnerait beaucoup pour que ce soit Althéa qui se tienne à ses côtés en cet instant. Mais elle ne peut compter que sur un infidèle dont elle ne sait rien. Un allié indigne de ce nom mais dont elle aurait malgré tout tort de se priver. Une menace à la fois...

Elle sent subitement un bras envelopper sa taille et la surprise fait vaciller le contrôle relatif qu'elle maintient encore sur les boucliers. Des projectiles le perforent et font tomber des éclats dorés sur le sol tandis que d'autres balles viennent percuter le bois à l'endroit où elle se trouvait quelques infimes instants plus tôt. Elle imagine que certaines personnes  ressentiraient de la gratitude pour cette forme d'aide. La rouquine, elle, ne peut que s'en offusquer: Comment ose-t-il la toucher?

Malgré tout le plan du daënar concorde avec le sien. Il faut réduire l'espace du champ de bataille et le cantonner à une porte ou au sommet des escaliers. Une position largement plus aisée à défendre. À ses yeux il ne s'agit que d'une retraite tactique. Une façon de se ressourcer et de gagner un petit répit qui leur permettra de mieux contre-attaquer. Mais lorsque le barbu referme la porte derrière eux et la verrouille, elle comprend que c'est dans la fuite qu'il cherche son salut. Une perspective qui arrache un reniflement de dédain à la disciple de Möchlog.
"Ne t'avises plus de poser la main sur moi!" le prévient-elle. "Pas si tu tiens à la garder, en tout cas!"
L'a-t-il entendue, pressée qu'il est de rejoindre l'une des fenêtres de cette pièce? Elle fronce les sourcils lorsque d'autres projectiles récompensent la curiosité du barbu. Il faut croire que leurs adversaires sont suffisamment malins pour anticiper leur fuite. Une preuve évidente qu'ils se considèrent comme des prédateurs. Ce constat ne fait qu'amplifier la colère de la fanatique. S'ils avaient une once de jugeote, ils auraient déjà abandonné. Mais comment leur en vouloir pour leur témérité alors que son propre allié envisage déjà de rejoindre les toits pour préserver sa pathétique existence?
"On peut en venir à bout, ils ne sont qu'une poignée!" proteste-t-elle. "Je ne fuirai pas devant quelques infidèles! Et si tu avais un minimum de fierté tu n'envisagerais pas non plus cette option! Reste et bats-toi!"
Cette divergence d'opinion ne fait que souligner la différence fondamentale qui sépare les my'träns des daënars: les premiers savent que les dieux veillent sur eux. Les seconds, eux,  ne peuvent compter que sur eux-même. La réaction du barbu, finalement, n'est guère étonnante. Elle traduit l'impuissance de Technologie et l'absence de véritable foi en cette fausse déité. Comment Zora peut-elle répondre à ce constat autrement que par du mépris?
"C'est de ta faute s'ils veulent notre mort!" lui rappelle-t-elle. "Alors ne compte pas sur moi pour te laisser te soustraire à tes responsabilités! Tu joueras à l'acrobate quand je l'aurai décidé!"
La jeune femme écarte le pan de son manteau et dégaine sa modeste faux. L'arme fournie par Loud'wig a déjà fait ses preuves par le passé. Et la rouquine a appris à l'apprécier avec le temps. Combien de sang a-t-elle déjà fait couler grâce à cette fidèle alliée? De quelle quantité de fluide vital l'abreuvera-t-elle aujourd'hui? Ce qui lui semble en tout cas évident en cet instant, c'est qu'elle sera d'une plus grande aide que le barbu.

Le regard de la fanatique abandonne l'infidèle pour se porter sur la porte qui vient de subir un choc. Les éclats de voix étouffés qui proviennent de l'autre côté indique que leurs adversaires les ont finalement rejoints. Ce n'est probablement qu'une question de secondes avant que ce mince rempart cède à leur fureur. Un premier coup de feu retentit et fait voler une partie du verrou en éclat.
"Si ça peut te rassurer... Même les daënars ne meurent jamais vraiment!" souffle-t-elle à l'inconnu. "Si tu dois mourir aujourd'hui alors considère que c'est une chance! Tu renaîtras peut-être du bon côté de l'océan, cette fois-ci!"
C'est un léger sourire encourageant qui se dessine à présent sur les lèvres de la rouquine. Une seconde détonation achève de faire voler en éclat leur dernière ligne de défense. L'instant de vérité...




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Garrett Catesby
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Ven 8 Juin - 16:20
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Comment avait-il fait pour se retrouver dans une telle situation, au début, tout devait être simple, des plus simple même. Qu’est-ce qui poussait les assaillants à se montrer si… Si intrusif. Était-ce le fait que le dénommé Hervan est prit quelques coups, ou le fait qu’il avait un tesson de bouteille en travers de la gorge ? Ou peut-être s’agissait-il d'individus qui n’avaient pas vraiment aimé le fait que l’on gâche du Whisky pour le fracasser sur la tête de son voisin. Tout ça pour dire qu’il était dans un beau merdier, elle aussi d’ailleurs. Visiblement être la cible de plusieurs tireurs ne semblait aucunement la déranger, elle semblait tout aussi habituer que Garrett l’était, et bien soit.

" Je me serais contenté d’un « merci ». "

Globalement, il se fichait de ce qu’elle pouvait raconter, entre le reste des détonations et ces conneries. Pour généraliser, on pouvait qu’elle était persuadée de pouvoir tous les avoir, tellement persuadé qu’elle en avait même sortie une arme blanche, une foutue faux fasse à des types armés de pistolet. Très bien, parfait même. Garrett croyait halluciner. Elle en tuerait peut-être deux, trois avec de la chance, et le quatrième lui ? Et bien, il se contenterait de lui mettre une balle dans la tête, ou peut-être de lui mettre un truc suffisamment technologique sous le nez pour l’arrêter, et ensuite ? Aucune idée, mais il ne comptait pas rester là pour le savoir. Une balle venait déjà de faire voler en éclat une partie du verrou, la trappe n’allait pas résister encore bien longtemps. L’inspecteur lui avait déjà ouvert la deuxième voyant que sa camarade de fortune était bien décidé à rester plantée là, attendant d’y rester.

" Si tu meurs maintenant, tu ne pourras pas te battre demain. "

Lui dit-il finalement en enjambant la fenêtre. Ce chemin était sans doute le mieux qu’il pouvait avoir. Cinquante mètres de toit, protégé des tirs par les autres bâtiments, il suffisait de courir pour rejoindre l’autre côté, sautez sur les escaliers de la façade et se faufiler dans les ruelles. S’il restait en vie, il pourrait traquer les tireurs, il connaissait la bande d’Hervan, des petits trafiquant d’armes, un petit réseau sans importance, mais qui avait l’audace de déclencher des fusillade en pleine rue, ou même de faire sauter des bâtiments.

Une deuxième balle fit voler le reste du verrou, et puis ce fut le silence, soudain plus de tir, rien, pas même un cri. De l’autre côté de la fenêtre, à peut-être un mètre de la jeune femme, Garrett pu voir la plaque être soulevée d’une dizaine de centimètres, instinctivement, s’attendant à voir sortir une tête, sa main glissa sur la crosse de son arme. Mais ce n’est pas une tête qui sortit de l’ouverture, mais bien une petite boule noire, celle-ci roulait paisiblement sur le parquet, traînant derrière elle une mèche allumée qui se consumait tout aussi tranquillement. Un explosif, dans un si vieux bâtiment, il fallait oser, c’était couillu, il fallait le reconnaître. Protection magique ou non, elle ne pourrait pas se protéger de l’explosif, ni du souffle de celle-ci.

Ignorant la menace pour sa main, une nouvelle fois Garrett se dit que c’était une bonne idée de la tirer à lui, cette fois, peut-être qu’elle réaliserait que ce n’était pas uniquement pour l’indisposer qu’il le faisait. La boule continuait sa petite route sur le parquet, tandis que Garrett attrapait la rouquine par la taille, autant dire qu’elle ne manquerait pas de lui rappeler ce contact plus tard, si du moins ils s’en sortaient. L’avantage, c’est qu’au vu de son gabarit, l’attraper comme ça n’avait rien de particulièrement compliqué. Son dos rencontra la surface dure du toit, et autant dire qu’il encaissa le coup à la place de la jeune femme -par galanterie-. Alors qu’elle venait tout juste de passer la fenêtre -de manière un peu forcée-, une nouvelle détonation retentit, bien plus forte que tout ce que Garrett avait pu entendre jusqu'à présent. Le battant de la fenêtre s’envola, une légère gerbe de flammes traversa l’ouverture dans le mur. Il put sentir le toit trembler, et il était évident qu’elle l’avait senti aussi à moins d’être inconsciente. Le grincement qui se produisit à l’intérieur du bâtiment n’avait rien de très rassurant, l’étage allait s'effondrer, et mieux valait ne pas sur le toit adjacent lorsque cela se produirait. Les oreilles bourdonnantes, Garrett se redressa tant bien que mal.

" Si… Si tu veux pouvoir te venger d'eux ou de n'importe qui, tu ferais mieux de la fermer et de me suivre, je ne te sauverais pas une troisième fois. Ah, et de rien ! "

Le bâtiment grinça de plus belle, comme pour intimer à la rouquine que certes elle avait un infidèle en face de lui, mais un infidèle assez malin. L’inspecteur se lança en courant le long des toits.


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Zora Viz'Herei
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Sam 9 Juin - 10:06
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Sa faux levée, la rouquine attend qu'un assaillant veuille bien avoir la décence de mettre sa nuque à sa merci. Mais le calme semble à présent précéder la tempête qu'elle espérait. Que se passe-t-il? Zora doute que leurs adversaires aient subitement baissé les bras si vite. Le nombre joue en leur faveur et leur insuffle donc le courage qui semble tant faire défaut au barbu. Elle tourne d'ailleurs le regard dans sa direction à la recherche d'une explication.

Mais l'arrivée d'un objet sphérique relié à une mèche embrasée lui confirme bien assez vite que l'ennemi n'a pas abandonné. La disciple de Möchlog ne sait pas exactement ce qu'est cette chose. Mais la présence d'une flamme et la prudence dont témoignent à présent leurs assaillants laissent aisément présager de sa dangerosité. Elle réagit promptement, s'avançant vers la menace avec la ferme intention de la retourner à l'envoyeur. Mais une nouvelle pression sur sa taille et une désagréable sensation de chute la privent de ce petit plaisir.

Le choc contre le toit est néanmoins amorti par le corps de l'infidèle. L'explosion qui suit, elle, propulse un souffle aussi chaud. Le tremblement puissant qui l'accompagne témoigne à lui seul de la force de cette arme. Les acouphènes brouillent le sens auditif de la fanatique l'arrachent quelque peu à cette réalité désagréable. Et lorsque la surprise passe, elle a le plaisir de constater qu'elle est entière. Probablement grâce à son allié. Un constat qui l'irrite davantage que la lâcheté dont ont fait preuve leurs adversaires.
"C'est... déloyal!" s'insurge-t-elle. "Parfaitement déloyal!"
Un grief qu'elle ajoute immédiatement aux nombreux autres qu'elle possède déjà contre les infidèles. La magie est un art qui demande du temps à être maîtrisé. Une puissance noble qui s'acquière par le don de soi. Les daënars, eux, se contentent d'avoir recours à des artifices grotesques - mais néanmoins efficaces - pour se battre. Technologie transforme n'importe quel dégénéré en guerrier grâce à ses présents. N'ont-ils donc aucune fierté?

Lorsqu'elle daigne finalement reposer le regard sur le barbu, elle remarque qu'il est déjà en train de se redresser. Les mots qu'il prononce se heurtent aux sifflements qui persistent dans l'oreille de Zora. Mais elle croit avoir saisi l'essentiel de sa remarque. Et comme bien souvent, que ce soit par esprit de contradiction ou simple refus d'adhérer à une idée issue de l'esprit d'un infidèle, elle se sent obligée de faire preuve une nouvelle fois de défiance. La fermer et le suivre? Allons bon...
"Je gérais, espèce de crétin!!" grommelle-t-elle en retour. "Et ne te sens pas obligé de m'emmener avec toi la prochaine fois que tu auras envie de sauter par une fenêtre, surtout! À force de vouloir me sauver, tu vas finir par me tuer!"
Elle lui décoche un regard noir dont il ne peut guère mesurer l'intensité puisqu'il est déjà en train de courir. Elle lâche un reniflement de dédain et lui tourne le dos pour faire face à la prochaine menace. Cette dernière se manifeste par une poignée d'armes baissées dans sa direction. Les premiers coups partent et font voler certaines tuiles en éclat. Les tirs ne sont guère ajustés mais ne tarderont pas à s'affiner. Et si elle peut résister un temps avec ses boucliers, la fanatique sait qu'elle ne pourra pas riposter dans le même temps.

La fuite ne lui plaît guère. Notamment parce que ça la force à suivre la... stratégie de son improbable allié. Mais la perspective de servir de cible impuissante ne la séduit pas davantage. Elle dresse donc un bouclier entre ses adversaires et elle avant de suivre la direction empruntée par le barbu, ponctuant sa course de quelques jurons bien sentis. À défaut d'être mortels, ils ont au moins l'avantage de calmer quelque peu sa rancœur.

Elle est sur le point de rejoindre l'angle du toit et l'homme qui semble l'attendre lorsqu'un choc violent au niveau de son épaule la déséquilibre. La rouquine s'effondre en lâchant un cri alliant douleur et surprise. Une violente douleur se répand de l'endroit où la balle la frappée jusque dans le reste de son corps. Et l'empêche de se concentrer suffisamment pour la réduire au silence. Manquant de peu de chuter du toit, elle arrive néanmoins à rejoindre le relatif couvert à sa portée tandis que l'adrénaline répond au choc de l'attaque.
"Ne t'avises surtout pas de me toucher!"
Elle ne sait pas si c'était dans ses intentions mais elle préfère anticiper. Toute l'aide que lui a apportée son désagréable allié s'étant révélée jusque-là catastrophique, il ne pourra vraisemblablement pas lui en vouloir de se montrer méfiante. Zora dépose son arme et retire avec difficulté son manteau et découvre avec une grimace la plaie et le sang qui la macule. Un nouveau juron quitte ses lèvres.
"Trouve-moi de la daënar-à-mythe! Des dizaines!" ordonne-t-elle. "Non, des centaines! Je vais leur faire passer l'envie de me tirer dessus, moi tu vas voir! Je vais les purifier avec une telle ferveur qu'ils seront encore traumatisés lorsqu'ils renaîtront! Ho ça oui!"
Elle dépose la main sur son épaule et une aura dorée apparaît lentement, s'attaquant à la blessure. Aura qui vacille de temps à autre, témoignant d'une concentration brisée par une haine féroce. Difficile de se concentrer quand tant d'infidèles se pressent au portillon pour se faire purifier. Il est temps d'employer les grands moyens! Et le fameux explosif daënar rappellera une bonne fois pour toute à ces crétins qu'on ne s'attaque pas impunément à une enfant des Architectes!
"Qu'est-ce que t'attends?" vocifère-t-elle. "Tu veux aussi te prendre une boule?"
Sa méthode ne fonctionne pas, cela semble évident. Décidera-t-il enfin de se fier à elle?




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Garrett Catesby
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Sam 9 Juin - 16:24
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Elle marmonna quelque chose, mais comme il était déjà parti, il n’en comprit pas un traître mot, mais il imaginait assez facilement ce qu’elle pouvait raconter. Il ne fallut pas longtemps pour parcourir les cinquante mètres de toit, il jeta d’ailleurs un coup d’œil derrière lui, remarquant alors qu’elle le suivant, faisait-elle enfin les bons choix ? Difficile d’en être certains. Arrivé le premier, Garrett donna un coup de pied dans l’échelle de service permettant d'accéder au dernier palier de l’escalier de service. Au même moment, de nouvelles détonations se firent entendre, visiblement les assaillants ne semblaient pas lâcher l’affaire. Au fond de lui, il commençait presque à saturer de cette situation, entre elle qui voulait absolument en découdre, et eux qui ne voulaient pas arrêter une seule foutue seconde de les canarder… Oui, sa patience venait d’être mise à mal.

Lorsqu’elle arriva à son niveau, elle s'effondra en poussant un cri, elle venait de se faire toucher. Il ne bougea pas, restant dans l’angle du toit, protéger des tirs. Il ne savait même pas s’il devait l’aider ou non, après tout, il tenait à sa main, sans dire qu’il ne voulait pas particulièrement prendre une balle pour une personne qui depuis le début ne semblait pas vraiment avoir les mêmes idées que lui. Il lui adresse tout juste un regard quand elle retire son manteau, la blessure ne semble pas grave, mais au niveau de l’épaule la chose est tout de même assez handicapante, surtout si on veut manier la faux.

« Daënar-à-mythe » ? La balle lui faisait-elle perdre la raison ? Enfin, fallait-il que raison, il y ait au départ, et ça, autant dire que Garrett en doutait légèrement. Peut-être qu’avec celle balle dans l’épaule elle parviendrait à comprendre qu’elle ne pouvait peut-être pas se contenter de leur foncer dessus. L’inspecteur finit par penser que la rouquine parlait d’explosif, malheureusement pour elle, peut de personne se promener avec des explosifs sur lui, encore moins Garrett. Lorsqu’elle se soigne, il la regarde, c’est la première fois qu’il voit de la magie à l’œuvre, le bouclier n’était plus impressionnant lorsque l’on pouvait voir qu’elle parvenait à cicatriser sa blessure juste à l’aide de sa main. Un talent des plus utiles, lui ne savait rien de la magie, et de ce fait, il ne se permettrait pas de juger. Il savait qu’il y avait toujours eu des différends entre les deux peuples. L’entendant vociférer, il s’accroupit devant elle.

" Une balle. Ça s’appelle une balle, pas « boule ». "

Fut son unique réponse, il n’avait pas d’explosif, et il semblait peine perdue d’essayer de lui expliquer pourquoi il n’en avait pas. Alors… Au moins il avait réussi à l’amener jusqu’ici, l’endroit était plus facile à défendre que l’étage, mais la soirée venait tout juste de commencer.

" C’est des étincelles que tu veux ? Très bien. "

Il se redressa, cédant à son tour à une certaine forme de violence, de toute façon, ils n’étaient pas une explosion près. Garrett sortit son arme de son holster et se rapprocha dangereusement de l’angle du mur. Il se pencha légèrement, voyant que leurs poursuivants s’étaient à leur tour engagés sur les toits, et cela, malgré leur stabilité précaire. Puis, son regard trouva enfin ce qu’il cherchait, un type en train d’allumer une mèche. Il se décala sur le côté, tendant son bras et alignement d’individus dans sa ligne de mire. Une nouvelle détonation, un seul tir avait suffi pour faire mouche.

Sur les toits, l’homme s’effondra en arrière, lâchant par ailleurs son explosif allumé. La petite boule noire glissa sur les tuiles, passant au milieu des grandes enjambées des hommes beaucoup trop occupés pour la voir, elle finit sa course contre une tuile cassée. Une nouvelle détonation déchira la nuit, suivit de nouveaux grincements. Des éclats de tuiles volèrent jusqu'à leur position, des cris se firent entendre, puis après de nouveaux grincements, une bonne partie du toit s’effondra, faisant chuter les assaillants dans la rue ou dans les bâtiments. Garrett put sentir le toit trembler dangereusement sous ses pieds. Puis celui-ci se fissura, il eut tout de même le temps de lancer un dernier regard à la rouquine.

" Heureuse ? "

Souffla-t-il assez fort pour qu’elle l’entende, puis le toit s'effondra, Garrett disparu alors dans un énième grincement inquiétant, des tuiles, briques, et autres nuages de poussière. Une oreille attentive l'aurait sans peine entendu pousser un juron. Dans sa chute il percuta un objet dur, suffisamment résistant pour qu'il ressente le choc dans tout son corps, puis ce fût le trou noir.




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Zora Viz'Herei
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Sam 30 Juin - 10:27
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Elle écarquille les yeux alors qu'il s'offre le luxe de relever son erreur de vocabulaire. Une boule, une balle... C'est un détail qui semble bien dérisoire si l'on tient compte de la situation dans laquelle ils se trouvent. Mais le fait d'être ainsi corrigée par un infidèle lui arrache un grognement d'irritation et la pousse à détourner le regard comme pour éviter qu'il puisse y lire une éventuelle manifestation de honte. Et par conséquent, de lui offrir un quelconque sentiment de satisfaction. Non mais pour qui il se prend, celui-là? Il devrait plutôt la remercier pour l'aide inestimable qu'elle lui a apportée jusque-là au lieu de souligner sa méconnaissance des hérésies que son peuple fabrique!

Elle tente alors de l'ignorer comme s'il s'agissait d'un jouet désormais dénué d'intérêt. Mais quand il laisse planer la perspective de faire des étincelles, il retrouve une nouvelle forme d'intérêt. Curieuse et méfiante à la fois, elle l'observe en se demandant ce qu'il compte faire. Sur le moment, elle envisage même la possibilité de se laisser surprendre en bien par l'une des actions de cet infidèle. Un espoir néanmoins bien vite déçu.

Le bruit du tir vrille ses oreilles et lui arrache un juron. L'explosion qui suit, quant à elle, a l'avantage d'être distrayante et de contenter quelque peu ses désirs de violence. La déflagration est bien trop timide à son goût! Malgré tout ses effets néfastes ne tardent pas à se manifester lorsque le toit se fissure et laisse présager le pire. Décontenancée par le comportement de son "allié" et davantage encore par leurs conséquences probables, elle décoche un regard empli d'incompréhension au barbu tandis qu'il lui demande si elle est... heureuse?
"Je suis tombée sur l'idiot du village, c'est ça?"
Elle n'a guère le temps d'exprimer à ce simplet tout le mal qu'elle pense de lui puisqu'il est emporté par l'effondrement de sa portion de toit. La sienne ne tarde pas à suivre, d'ailleurs. Le sol se dérobe sous ses pieds et l'entraîne dans une chute poussiéreuse accompagnée d'un fracas assourdissant. Une lourde pierre ricoche contre son dos et lui arrache un cri bien vite noyé dans le tumulte ambiant.


Elle tente une nouvelle fois de repousser les gravas qui la surplombent. Son bouclier s'illumine lorsqu'elle lui insuffle de la puissance magique mais demeure incapable de lui ménager une sortie digne de ce nom. Pire encore: si elle le supprimait, il est probable qu'elle serait engloutie par les débris. Une mort peu séduisante à vrai dire... D'autant plus qu'elle en compte pas trépasser aujourd'hui. Et encore moins aux côtés d'un hérétique.

Zora pose le regard sur l'homme allongé à côté d'elle dans cet espace clos. Il serait probablement déjà mort si elle pouvait se passer de sa protection magique. Mais elle ne peut l'enterrer sans subir le même sort. Autrement dit: tant qu'elle vivra, il vivra lui aussi. Ce qui est plutôt une bonne chose d'un point de vue pragmatique puisqu'elle aura besoin de lui pour leur creuser une sortie. Sa propre énergie est consacrée au maintien du bouclier. Leurs destins semblent donc liés pour l'instant. Et l'ironie de ce constat n'améliore évidemment pas l'humeur déjà massacrante de la rouquine.

L'avantage c'est que leurs poursuivants n'ont pas donné des signes de vie. Ils ont probablement péris dans l'effondrement du toit. De quoi mettre un peu de baume au coeur à la demoiselle qui préfère se concentrer sur le positif. Vu la situation, c'est encore la meilleure chose qu'elle puisse faire. Et ce, même si des bruits de cloches ininterrompus se rapprochent et tirent de l'inconscience le barbu. Il lui faut un instant pour remarquer le réveil de l'intéressée. Et si elle ne doute pas qu'il doit avoir un sacré mal de crâne, elle ne compte pas le préserver pour autant.
"Je voulais tout faire exploser, je le reconnais!" concède-t-elle, un rire nerveux en renfort. "MAIS APRÈS AVOIR QUITTÉ LE TOIT! ESPÈCE DE DÉGÉNÉRÉ!"
Il peut se suicider, c'est son droit! Peut-être même un devoir, tiens! Mais pourquoi s'est-il senti obligé de l'emporter avec elle dans sa folie? Les mots qu'elle souhaite prononcer son noyées par sa rancoeur et n'arrivent pas à quitter ses lèvres tremblantes de fureur. Elle se contente alors d'un regard noir, à peine visible à travers les rayons qui filtrent dans la poussière ambiante. Et le tout sous la douce mélodie des sirènes alentours, évidemment.
"C'est quoi ce vacarme?" se plaint-elle. "Ils fêtent ma mort ou quoi?"
L'idée lui est insupportable. Néanmoins la réponse se manifeste toute seule sous la forme d'un homme avec un casque et une tenue étrange qui apparaît brusquement. Zora lâche un autre juron. Dans leur situation, elle ne peut pas faire grand chose pour se défendre face à cette nouvelle menace. D'autant plus que le soleil, dans le dos de l'homme, met à rude épreuve son regard habitué à l'obscurité ambiante.

Elle constate cependant bien vite que l'homme ne tient pas un bâton à bou...à balles mais bien une pioche. Et qu'il ne leur adresse pas un regard haineux mais plutôt étrangement soulagé. Un sourire se dessine même sur ses lèvres avant de disparaître lorsqu'il se retourne pour s'adresser aux gens qui doivent certainement se masser aux pieds de ce qui semble être une échelle.
"IL Y A DES SURVIVANTS!" annonce-t-il, aussitôt soutenu par des cris de joie, avant de reporter son attention sur les deux rescapés. "Ne vous en faites pas: on va vous sortir de là! Ca va Monsieur? Et vous Mada...?"  
Il ne termine pas sa phrase car la surprise semble soudainement l'assaillir. Plutôt compréhensible dans la mesure ou son regard s'est porté sur la protection dorée qui a protégé le barbu et la rouquine. Zora, guidée par l'habitude et la méfiance, réagit suffisamment vite pour faire disparaître la menace. Elle incline légèrement son bouclier de manière à faire chuter des pierres sur le nouvel arrivant. Emporté par cette avalanche improvisée, il chute bien vite de son échelle tandis que le duo, lui, se retrouve une nouvelle fois prisonnier des décombres.  
"Ce guerrier bizarre allait me dénoncer!" explique-t-elle à son étrange allié en haussant les épaules. "Je préfère encore crever ici qu'entre les mains de tes congénères!"
Quitte à ce que lui aussi meurt avec elle! Ce serait d'ailleurs la moindre des choses si elle considère la situation dans laquelle il l'a mise...




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Garrett Catesby
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Sam 30 Juin - 21:42
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Daënar +1
Difficile de dire si la chute fut longue, tout ce dont il se souvenait, c’était du sol froid contre son dos, de la poussière dans ses yeux et sa bouche. Le goût de la poussière n’était d’ailleurs pas ce qu’il préférait, tout comme cette odeur de brûler, ça sentait… La fumée, il espérait que l’explosion n’est pas mise le feu. Les maisons du coin étaient en grande partie faites de bois, poutre, renfort de mur, décoration et tutti quanti, une petite flamme, et tout l’endroit finirait en cendre. L’inspecteur se fichait qu’un incendie se déclenche, cependant, il aurait aimé ne pas être dedans. Il se demandait ce qu’était devenue la rouquine, et un regard sur sa gauche lui fit comprendre. Elle était là, elle aussi, comme quoi toute la longueur du toit avait cédé, surprise étonnante.

La partie moins drôle, c’était les pierres, et autres gravats, immobilisés à peut-être quarante ou cinquante centimètres d’eux. Garrett ne mit pas longtemps à comprendre qu’il était encore vivant, car elle l’était, et que pour survivre, elle maintenait sa protection en place, la question était : pour combien de temps ?
Il entendait des bruits de cloche, une agitation semblait naître autour d’eux. Les secours étaient donc déjà là, où du moins ils n’étaient pas bien loin, de quoi retrouver un peu d’espoir en cette situation plutôt sombre. Dire qu’il était simplement venu pour mettre une correction à une espèce de mange-merde, et là, il se retrouvait couché dans les gravats en compagnie d’une mage. Il avouait cependant sans peine qu’il était encore en vie parce qu’elle était à côté de lui, sans elle, il y aurait longtemps que la grosse poutre sombre immobile au-dessus de sa tête l’aurait endormi définitivement.

Il esquissa l’ombre d’un sourire en l’entendant, maintenant qu’ils étaient tout les deux coincés, elle faisait preuve de réflexion, c’était maintenant de sa faute à lui si tout le toit s’était effondré, soit. Il ne dirait rien, d’ailleurs il n’était même pas sûr de vouloir parler, visiblement à chaque fois qu’il lui prenait l’envie d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose, l’information était comprise de travers et la situation ne s’arrangeait aucunement, alors à quoi bon ? Comme réponse, elle eut tout juste droit à un regard, difficile de dire ce que ce regard pouvait représenter, déception ? Tristesse ? Colère ? Peut-être tout cela à la fois, il fallait bien l’avouer, tout ne se passait pas comme prévu, et cela risquait de continuer ainsi pendant encore un moment, il fallait prendre de la distance avec ce quartier, prendre de la distance avec tout ce beau merdier, elle y comprit, puisqu’il fallait qu’elle tue à tour de bras pour se sentir mieux, toute cette histoire allait mal finir, il le savait, aucun doute n’était possible.

Les sirènes annonçaient l’arrivée imminente des secours, des personnes capables de les sortir de ce piège mortel. Soudain, un rayon de lumière vient les éclairer, quelqu’un les a trouvés, enfin. Garrett ne pouvait pas dire depuis combien de temps, il était allongé là, mais il commençait à avoir des crampes le long des jambes, il fallait sortir de là, et vite.

Mais tout ne pouvait pas être si simple malheureusement. Ici, les mages n’étaient pas bien vus, et pour sans doute tout un tas de bonne raison. Autant dire que le pompier fut quelque peu surpris de voir un halo doré retenir les gravats, surprise qui fut conclue par un gravats, puis un autre, et encore un, qui le firent basculer dans le vide, refermer alors la faible ouverture qu’il avait créé. Autant dire que cette nouvelle chute de décombres n’était pas un hasard. Garrett essaya tant bien que mal de se mouvoir, n’ayant pas vraiment d’état d’âme pour l’homme qui venait tout juste de chuter sous ses yeux. Il essayait de retirer les décombres à la main, mais c’était peine perdue, il suffisait de pousser un morceau de mur, pour qu’un autre vienne le remplacer. Il jura, plus d’une fois sans nul doute. Ça ne pouvait pas se finir comme ça, pas ainsi, pas en finissant enterrer vivant, il devait y avoir une autre option, il devait être possible de sortir, même s’il ne voyait pas comment. Il soupira, maintenant qu’il avait bougé, difficile de dire où était allongée la rouquine. Par désespoir, il envoya un coup de pied sur un petit tas de gravats, qui dévala aussitôt, en entraînant d’autres avec lui, une nouvelle source de lumière fit son apparition, finalement, elle était plus proche qu’il ne l’aurait cru.

" Est-ce que ta, protection est capable de repousser les gravats ? Comme un bélier ? "

Pourquoi ne pas essayer cela ? Après tout, il ne restait pas beaucoup d’options pour s’en sortir. Il aurait même accepté de faire encore exploser quelque chose si on lui avait dit que ça pouvait les faire sortir de là.

" Tu n’as pas de prénom ? Quitte à crever là dans la poussière, c’est peut-être le moment de faire les présentations. "

Il essaya encore de bouger un peu, mais il n’alla pas bien loin, rapidement bloqué par un mur qui, lui, ne risquait pas de bouger.

" Si on s'en sort, je paierai l'addition au bar. "

Garrett se mettait même à faire de l'humour, la situation était grave, très grave.




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Zora Viz'Herei
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Lun 2 Juil - 12:42
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Bon et bien il n'a au moins pas le mauvais goût de discuter ses choix. Dans une situation comme celle dans laquelle ils se trouvent tout deux, c'est plutôt bon à prendre. Inutile de gaspiller des forces en de vains débats. L'infidèle ne peut de toute façon pas lui reprocher grand chose. Il aurait d'ailleurs probablement réagi de la même manière si leurs rôles avaient été échangés et qu'il se retrouvait coincé sur la merveilleuse My'trä. La méfiance ne fait jamais de mal. Et s'il avait appliqué ce concept un peu plus tôt, le duo ne serait pas coincé sous les gravas à l'heure actuelle.

La raison de leur présence au milieu des décombres ravive d'ailleurs la rancune de la fanatique qui ne demande qu'à s'exprimer autrement que par des mots. Si elle n'avait pas besoin du barbu ou de maintenir le bouclier, elle l'aurait sûrement déjà égorgé pendant qu'il était inconscient. Même si, d'une certaine façon, il aurait ainsi échappé aux désagréments présents. Ce n'est sans doute pas une mauvaise chose qu'il ait le temps de regretter son acte. La prochaine fois - si prochaine fois il y a - il prendra peut-être la peine de se mettre à couvert avant de faire exploser le sommet d'un immeuble!

La rouquine constate néanmoins bien vite que ce n'est pas le regret qui anime l'homme en cet instant. Plutôt le désir de vivre. Ce qui est plutôt un bon signe, dans le fond. En se battant pour lui, il se bat également pour elle. Ce qui confirme que le tuer aurait été un choix malavisé. Rien ne presse... Pour l'instant ses bras et ses jambes lui sont utiles. Au contraire de sa langue, qu'il continue à manier avec un détachement qui l'agace. Des présentations? Maintenant?
"Bien sûr que j'ai un prénom!" proteste-t-elle. "Tout le monde à un prénom!"
Elle ne juge néanmoins pas utile de gaspiller sa salive pour le contenter et lui donner le sien alors qu'il est si plaisant de l'employer pour des semblants de reproches. De toute façon, qu'en ferait-il? Le fait qu'il connaisse son prénom ne les aidera pas à sortir d'ici avant que les guerriers aux casques étranges tentent de l'achever une seconde fois. Et dans le cas où ils s'en tireraient, il irait probablement voir la balancer aux autorités. Il doit peut-être y avoir une récompense en échange d'informations utiles à son sujet. Du moins se plaît-elle à le croire, ego oblige.
"Zora..." grommelle-t-elle. "Mais au Tyorum, dans vos journaux, on m'appelle la tueuse de l'horlogerie! Les bardes manquent cruellement d'imagination, ici..."
C'est plus fort qu'elle, dans le fond. Elle souhaite que l'on sache qu'elle était ici. Que les crimes commis portent un nom et qu'ils puissent distiller une vague de crainte parmi la population. Un daënar qui ne dort pas sur ses deux oreilles, c'est un daënar qui commence à prendre conscience des erreurs de son peuple.
"Et je ne comptais de toute façon pas payer votre tavernier pour un verre que je n'ai même pas eu le temps de savourer, simplet!" poursuit-elle, rebondissant sur sa généreuse proposition. "On se demande à cause de qui, d'ailleurs, hein!"
Oui, elle ne lui a pas demandé son prénom en retour. Déjà parce qu'elle s'en fiche. Ensuite parce que le surnom qu'elle lui a trouvé est bien suffisant pour le qualifier. D'autant plus qu'il est parfaitement adapté lui semble-t-il. Et pour finir, parce qu'il y a plus urgent que l'échange d'amabilités sociales et totalement dénuées de sens au vue des circonstances. Zora se hâte donc de revenir à la première remarque de l'homme. La seule qui soit d'ailleurs dotée d'un minimum de clairvoyance.
"Et non, un bouclier n'est pas un bélier!" soupire-t-elle. "Je peux les contenir encore quelques instants mais ils sont bien trop lourds pour que je puisse les expulser. Tu penses qu'on... que je serais encore ici si c'était le cas?"
Même une élue de Möchlog a ses limites. Vénérer Delkhii lui aurait sans doute été utile en cet instant mais elle ne doute pourtant pas une seconde que la Chouette lui apportera son aide pour sortir de cette situation dangereuse. Ce qu'il ne tarde d'ailleurs pas à faire lorsque le sol s'affaisse sèchement de quelques centimètres. Il est aussitôt relayé par des craquements sinistres indiquant sans le moindre doute que l'étage ne tardera pas à céder à son tour.
"Mais je peux tenter de l'orienter de manière à ce que les décombres ne nous tombent pas dessus, cette fois!" imagine-t-elle. "Si tu veux vivre encore un peu, rapproche-toi de moi!"
Entre la pratique et la théorie il y a souvent de larges différences cependant. Postulat qui se vérifie cette fois-ci encore puisque si le plancher finit par s'affaisser, il ne le fait pas suffisamment pour leur ménager une sortie. Un meuble bloque peut-être le sol. Il y a néanmoins un point positif puisque entre les planches de bois la lumière filtre à nouveau. Il semble possible de se ménager un espace. Un travail physique qui revient évidemment à ce barbu. Occupée qu'elle est à faire tout le sale boulot, elle ne peut décemment pas agrandir ces ouvertures providentielles...




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Garrett Catesby
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Lun 2 Juil - 14:28
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Il faisait chaud sous cette masse de gravats, seulement, Garrett ne savait pas pourquoi il voulait simplement sortir de ce merdier… Sortir, pouvoir respirer l’air frais de l’extérieur, le reste n’avait que peu d’importance, au diable ce quartier, au diable les mages, au diable tout le foutu monde autour de lui.

Zora, tueuse de l’horlogerie, il avait entendu parler de cette histoire, loin d’être un conte pour enfants d’ailleurs. Voilà donc la personne avec qui, il tentait de fuir leurs poursuivants, en voilà une drôle d’histoire, l’inspecteur et la mage tueuse, réunit contre les assauts des malfrats. Toute cette histoire était une énorme blague, et dire qu’il faisait partie des protagonistes… Et maintenant que faire ? Il avait perdu son arme durant sa chute, et de toute manière elle n’aurait pas était d’un grand secours, si ce n’est pour se donner une sorte de sécurité factice contre la mage.

Dans tous les cas, dans le coin, l’imagination n’était jamais au rendez-vous, surtout lorsqu’il s’agissait de meurtre, là, tout de suite les gens perdaient fois en leurs idées et autres croyances, seule la dureté de la vie importait. Garrett soupira en entendant les propos de la rouquine, elle ne lui avait pas demandé son prénom d’ailleurs, très bien, donc il ne le dirait pas. De toute manière, il semblait compliqué de raisonner avec quelqu’un de l’autre continent. Lui qui pourtant essayait tant bien que mal de ne pas mettre tout le monde dans le même panier, voilà qu’il tombait sur quelqu’un qui le poussait presque à considérer tous les mages comme un ramassis de criminelle et de dégénérée, alors que ce n’était pas le cas, certes il n’en savait rien, mais ça ne pouvait pas être le cas.

Donc son bouclier ne pouvait pas servir de bélier, dommage, mais tant pis, ça valait bien le coup de demander, il aurait pu avoir une surprise, il soupira une fois encore.

" Non bien sûr que non, aucun de nous deux serait ici ! Putain de merde… "

Peu importe ce qu’il essayait de dire ou de faire, il avait constamment l’impression qu’elle était là pour le bâcher, de toute manière… C’était un Daënar non ? Alors il devait être comme tous les autres, c’était forcément quelqu’un de mauvais, et bien soit. Garrett était quelqu’un de mauvais, un terrible Daënar dont le seul but était de vivre pour écraser toute forme de résistance venant de l’autre continent. Aussi terrible soit-il, il ne souhaitait nullement crever ici.

Il se rapprocha un alors d’elle, prenant soin de ne pas être trop près non plus, il ne voulait surtout pas lui faire l’affront de la toucher par mégarde, mieux valait se prendre une poutre dans la face, au moins la poutre avait l’obligeance de ne pas parler. Le plancher s’affaissa, manquant de basculer totalement, quelque chose semblait l’empêcher de tomber, difficile de dire ce que cela pouvait être. À travers les planches de celui-ci, il était possible d’y apercevoir des rayons de lumière, rien d’incroyable, mais suffisant pour lui redonner un peu d’espoir concernant cette fin qui ne serait certainement pas la sienne. Voyant le plancher fragilisé, il roula sur le dos pour se retrouver sur la zone tout juste en équilibre. Relevant les jambes, il prit appuie avec ses jambes sur une poutre en chêne planter littéralement dans le mur, dos contre le sol, il poussa de toutes ses forces pour faire céder le support.

Il y eut un premier craquement, puis un second, un troisième, la poutre bougea légèrement, laissant de nouveau tomber un peu de poussière. Puis le sol céda dans un dernier craquement, chutant encore une fois à l’étage inférieur, Garrett tomba lourdement dos contre le sol. Le suivant dans sa chute, de nouveaux morceaux de mur s’étaient détaché de leur support, une nouvelle fois il roula sur le dos pour éviter de se les prendre en plein visage. La chute lui avait coupé le souffle, si bien qu’il toussa plusieurs fois avant de pouvoir enfin reprendre des couleurs. Cet étage ci, était majoritairement en bon état, mais il n’était pas sortie encore d’affaire.

Il trouva sans chercher ce qui retenait la plus grande parti du plafond, deux grandes armoires installées de chaque côté du mur, il aurait était facile de les faire basculer cependant… Et bien, si le plafond s’effondrait, Garrett pourrait se retrouver une nouvelle fois bloqué, et la mage elle, serait toujours coincée sous les décombres, sans dire que cela risquait en plus d’augmenter leur nombre. Après tout, peut-être que c’est ce qu’elle méritait, rester là-haut, et finir écrasé par la poussière. Dans une situation inverse, si c’était elle qui avait pu se libérer, sans doute serait-elle partie, le laissant alors à son destin. Mais lui, lui n’était pas comme ça, il valait mieux que ça.

Il trouva une petite commode qu’il redressa afin de pouvoir se hisser dans le trou qu’il avait créé pour s’en sortir. Sa protection ne pourrait pas tenir encore bien longtemps, peut-être tout juste le temps qu’il se positionne. Il tendit les bras, attrapant la rouquine par les parties qu’il pouvait attraper, et par lesquelles il était sûr de pouvoir la tirer rapidement.

" Je sais, tu m’avais dit ne plus te toucher, mais on réglera ça plus tard. Non, ne conteste pas, écoute simplement. Contente toi de maintenir ton bouclier, je vais compter jusqu’à 3, ensuite, je vais te tirer aussi vite que je peux vers moi. Si on chute plus bas, prie qui tu veux pour qu’ils nous laissent le temps de sortir, sinon… "

Sinon ils finiraient écrasés sous plusieurs centaine de kilos de gravats en tout genre. Garrett renforça ses prises sur la rouquine, étrangement, elle avait la peau douce comme celle d’une pêche, enfin, ce n’était pas d’une importance capitale.

" 1… 2… 3… "

Puis il la tira vers lui.




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Zora Viz'Herei
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Dim 5 Aoû - 11:13
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Elle ne souhaite guère témoigner trop d'attention aux actes de son compagnon d'infortune. Ne serait-ce que pour éviter d'exprimer un intérêt qu'il pourrait interpréter à son convenance. Elle n'a pas besoin de lui! Du moins est-ce ce dont elle aimerait se convaincre. Comme si reconnaître les mérites de cet homme menaçait les fondements même de sa foi. Les daënars sont des animaux dotés d'une certaine humanité, rien de plus. Ils ne peuvent rien apporter de bon à Irydaë. Et encore moins à la rouquine qui lutte de toutes ses forces pour nier l'évidence qui se profile pourtant sous ses yeux. Qu'est-ce qui est le pire? Rester coincée - et probablement mourir - sous ces gravats ou donner du crédit à cet idiot?

Le fait est qu'elle ne se fait guère d'illusions lorsque l'homme parvient enfin à quitter leur piège mortel: il va l'abandonner. Tout simplement parce que c'est ce qu'elle ferait. Zora a pris l'habitude de considérer le monde à travers le prisme qui lui convient. Les gens sont ce qu'elle souhaite qu'ils soient, tout simplement. Toujours est-il qu'elle ne peut réellement en vouloir à cet irritant inconnu. Il suit simplement les impératifs édictés par son instinct de survie. Et de son côté, elle regrette de ne pas l'avoir tué et d'avoir espérer pouvoir compter sur son aide.

Une erreur qu'elle tente brièvement de corriger en tendant la main vers lui pour créer un bouclier destiné à ceinturer sa gorge. Mais la pression exercée par les débris s'est à présent accentué. Les gravas déplacés par l'idiot en sont vraisemblablement la cause. Zora est ainsi bien vite forcée de reporter toute son attention sur l'étau qui menace de l'écraser. Elle sait pourtant que la lutte est vaine: elle puise déjà dans ses réserves d'énergie pour maintenir le bouclier qu'elle a dressé en place. Et la douce lumière dorée de ce dernier ne cesse de décliner comme pour lui confirmer ce qu'elle ne sait que trop bien...

Inutile, donc, de dire que le retour du daënar dans son champ de vision l'étonne au plus haut point. Elle écarquille les yeux, ne sachant guère que répondre aux paroles qu'il lui adresse. Est-ce que le manque d'oxygène la fait délirer? Est-il réellement là? S'amuse-t-il à lui insuffler un espoir déroutant pour mieux l'étouffer ensuite? Est-ce là sa vengeance? C'est... cruel! Digne d'elle, en réalité. Un sourire désabusé s'installe lentement sur les lèvres de la fanatique tandis qu'elle cherche une manière d'accepter l'aide qu'il semble vouloir lui prodiguer sans donner l'air de s'être résignée à cette idée.
"Je n'ai pas besoin d'aide!" s'obstine-t-elle. "J'ai la situation bien en main, merci!"
Mais c'est déjà la fin du compte à rebours imposé par l'inconnu et elle se sent happée par sa poigne étonnement puissante. Elle glisse hors de son trou - sa tombe? - au moment où le bouclier cède. Une brume de poussière envahit l'espace et brûle la gorge de la jeune femme qui est prise d'une violente quinte de toux. Elle est tombée sur quelque chose de mou. Et, plus important encore, dispose à présent d'un espace dénué de gravats au-dessus d'elle. Grâce à Möchlog, elle s'en est tirée! Et peut-être aussi grâce à l'idiot. Mais qu'est-il sinon un instrument envoyé par la Chouette pour l'aider? L'intéressé s'est contenté de se plier à la volonté du dieu, qu'il en ait conscience ou non!

Elle le cherche d'ailleurs du regard avant de remarque que c'est lui qui a amorti sa chute. Zora reste un instant interdite, choquée par une proximité dérangeante et inattendue à la fois. Et si Althéa la surprenait ainsi, que penserait-elle? La fanatique se hâte donc de se redresser maladroitement, titubant quelques instants au milieu des décombres. Il lui faut encore quelques instants pour chasser l'irritation qui perturbe sa gorge et ses sens. Après quoi elle prend appui contre un mur épargné par la désolation ambiante.
"Au moins tu sais compter jusqu'à trois..." soupire-t-elle en guise de remerciement avant de le détailler du regard. "Et tu as d'autres talents cachés dont je devrais me méfier?"
Des craquements sinistres lui rappellent néanmoins qu'ils ne sont pas encore tirés d'affaire. Tout au plus auront-ils jusqu'à présent réussi à repousser le pire. Mais la structure risque de s'effondrer à tout moment, submergés par le poids désormais déséquilibré des étages supérieurs. Peu désireuse de réitérer une nouvelle fois l'expérience qui vient de s'achever, Zora se hâte donc de rejoindre la porte la plus proche. Cette dernière offre l'accès aux escaliers de cette grande maison. Et, surtout, une voie royale vers la sécurité. À supposer qu'une chose pareille puisse exister sur un continent peuplé de dégénérés...

Au bas de l'immeuble une véritable foule s'est rassemblée, maintenant à distance de la zone à risque par d'étranges barrières en bois. Les guerriers aux casques étranges sont visiblement chargés de garder le périmètre. Et c'est l'un d'eux qui s'avance à présent vers le daënar et elle avec, sur le visage, une sollicitude qui ne fait que renforcer la méfiance de la rouquine. Par réflexe, elle lève les bras devant elle pour se préparer à affronter cette menace. Un geste que l'homme semble interpréter comme de la peur ou de la désorientation.
"Tout va bien, calmez-vous! C'est fini maintenant!" assure-t-il. "Vous êtes blessée?"
"Je peux encore me battre si c'est ta question!" répond-t-elle. "Tu veux voir?"
"Vous... Vous devez être sous le choc! C'est compréhensible!" tente-t-il de la calmer. "Mes collègues vont s'occuper de vous deux!"
D'eux deux? Elle se retourne et découvre un visage désormais trop familier à son goût. Que fait-il encore ici? N'a-t-il pas compris qu'elle n'avait plus besoin de lui? L'idée même que l'idiot ait simplement voulu suivre la voie la plus sûre pour sortir à sa suite ne lui effleure pas l'esprit. C'est nettement plus gratifiant de le considérer comme un chien courant désespérément après sa maîtresse, non? Toujours est-il que Zora délaisse une seconde de trop le guerrier casqué et qu'elle ne perçoit pas le geste qu'il a adressé à ses fameux collègues. Deux hommes s'approchent et referment doucement leurs mains sur ses bras comme pour l'inviter à les suivre dans ce qui semble être une tente de campagne estampillée d'une curieuse croix rouge.
"Lâchez-moi!" ordonne-t-elle. "TOUT DE SUITE!"
Elle a beau mordre, griffer ou tenter de mordre, rien n'y fait. Elle se fait inexorablement emporter avec une délicatesse étrange au vue des circonstances vers ce qu'elle imagine déjà comme un lieu de torture. Elle ponctue néanmoins le trajet d'insultes exotiques et animées par une rage bien réelle. Mais, privée du support de sa magie épuisée, la rouquine ne peut que suivre le mouvement imposé par les deux guerriers. Quant à ses forces, déjà sérieusement entamées par les dernières minutes et les vestiges encore bien présent de sa blessure par boule, elles ne tardent pas à l'abandonner. L'empêchant ainsi de continuer une lutte qu'elle souhaiterait particulièrement sanglante.

Ainsi donc la fanatique se retrouve bien vite installée sur un étrange lit surélevé, terminé par des roulettes. Et le seul réconfort - à supposer que le terme soit adapté - est incarné par l'idiot qui ne tarde pas à la rejoindre, lui aussi escorté par les étranges soldats vêtus de blancs. Sera-t-il aussi torturé? Que dira-t-il à son sujet? Elle lui lance un regard noir comme pour le dissuader de céder à la souffrance. Précaution inutile puisqu'on le mène lui aussi sur un des lits à côté du sien. Elle se penche alors vers, profitant du fait que son tortionnaire prépare ses instruments impies pour lui adresser quelques mots.
"À trois, on leur saute dessus et on les massacre! Si tu veux vivre, mérites-en le droit!" lui indique-t-elle. "Un.... Deux... Et t..."
"Troiiiiis!" la coupe une voix claironnante à ses côtés. "Si ça c'est pas du travail d'équipe, hein, je veux bien manger ma blouse!"
Il se passe alors plusieurs choses. Zora remarque pour commencer la présence d'une lame extrêmement fine plantée dans son bras. En remontant le regard le long de l'arme, elle découvre l'homme en blanc qui avait le dos tourné à peine quelques secondes plus tôt. Elle écarquille les yeux, provoquant un sourire chez son tortionnaire qui interprète visiblement sa surprise comme le signe qu'il s'est montré particulièrement délicat et, sans doute, qu'elle n'a pas souffert de cette agression injustifiée. Est-ce de l'humour daënar?

Estomaquée par l'audace du guerrier ennemi, surprise par l'absence d'une douleur véritablement digne de ce nom, la fanatique est incapable de réagir autrement qu'en fronçant les sourcils. Le signe que les choses ne vont pas tarder à prendre une tournure particulièrement déplaisante pour l'insolent qui vient de lui trouer le bras!

Et simplet? Qu'attend-t-il pour faire couler le sang?




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Garrett Catesby
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Sam 18 Aoû - 22:11
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Daënar +1
Il avait réussi, ou du moins c’était l’impression qu’il avait eue. Autant dire que le tout s'était joué à quelques secondes, une de plus et elle aurait sans doute fini écrasée sous les décombres. Cette chute fut la moins douloureuse de la soirée, même si d’une certaine manière, il avait servi de matelas à la rouquine. Dans une certaine situation plutôt explicite, être dessous ne le dérangeait pas plus que cela. Mais cette fois rien à voir, étant partie le premier à la renverse, il était normal que la rouquine finisse sur lui. Une chance pour lui, c’est qu’avec son gabarit, celle-ci n’était pas bien lourde, même si ce n’était pas forcément agréable de recevoir une paire de coude dans l’estomac, ce l’était sans doute plus que de se pendre une poutre de charpente en travers du visage.

Un nouveau nuage de poussière se faufila à travers l’ouverture par laquelle ils étaient tous les deux tombés. Ce n’était jamais agréable de respirer de la poussière, mais au moins il pouvait respirer et il comptait bien en profiter. Il se serait bien redressé, mais la rouquine ne semblait pas encore bouger, bien sûr il pouvait la pousser nonchalamment sur le côté comme un vulgaire sac de patates. Et c’est d’ailleurs lorsqu’il perdit patience et voulut la pousser qu’elle sembla réaliser qu’elle était tout simplement vautrée sur lui. Bien sûr, il ne pouvait pas imaginer la révulsion que cela devait être de se tenir aussi près d’un hérétique, sans parler du nombre de fois où il lui avait sauvé la vie, une véritable horreur, un fardeau qu’elle devrait supporter durant longtemps.

" J’imagine que tu le découvrira par toi-même, ça fera une surprise. "

Puis il se redressa à son tour, péniblement d’ailleurs, il avait quelques douleurs dans les bras et les jambes, sans doute dues aux différentes chutes. Il s’était aidé du mur pour progresser jusqu’à la sortie, évidemment il devait la suivre, car il n’y avait pas 50 façons de sortir du bâtiment et… et il fallait aussi la surveiller, vu comment elle réagissait à la moindre chose inconnue. Pompier et autre médecin, elle ne pouvait pas connaître, et il était évident qu’il n’était pas au bout de ses peines. Par chance, tout cela devait avoir épuisé la mage, suffisamment pour qu’elle soit plus facile à gérer, du moins en apparence.

Elle avait un peu d’avance sur lui, tout juste venait-il de mettre un pied dehors que quelqu’un vînt se jeter sur lui pour l’aider à marcher, ou encore le ralentir pour lui poser toute sorte de questions. Et plus loin, juste devant lui, la rouquine semblait se débattre pour ne pas être emmenée par les pompiers et les médecins, il devait la rattraper et la calmer avant que cela finisse mal.

" Monsieur, du calme, vous êtes choqué… vous avez mal quelques parts ? "

" Ça va, je vais bien, je me sens bien, je suis encore capable de marcher tout seul ! "

" Il faut vous calmer monsieur, vous devez subir un examen pour être sûr que vous all… "

" Je suis inspecteur, je me ferais examiner quand j’aurais envie, pour le moment laissez-moi retrouver ma… mon… Foutez moi l’camps ! "

Finit-il par vociférer, le pompier comprenant que Garrett ne plaisantait aucunement. L’inspecteur pressa le pas jusqu'à se faire alpaguer par des médecins qui voulaient le retenir. Une fois encore, il dut hausser le ton pour qu’on le laisse passer. Il allait bien il n’avait pas mal au crâne, ne crachait pas de sang, ne rampait pas sur le sol à la recherche de son salut, tout allait pour le mieux. Mais encore une fois il dut presque insulter les hommes en blanc pour qu’ils le laissent passer. On le força cependant à rejoindre un lit, ne serait que pour se faire brièvement ausculter à côté de la rouquine, et il fallait bien ça pour être sûr que tout se passe bien.

Il se retrouva donc assis à côté d’elle, devant retirer veste et chemise pour que le médecin puisse être sûr qu’il n’avait rien de cassé. Comme ça, allongée sur son lit, elle n’avait pas l’air bien dangereuse, on aurait pu croire à une blessée lambda, mais c’était bien tout le contraire. Il pensait avoir le temps d’en placer une, mais le médecin fut plus rapide et planta une seringue dans l’avant-bras de la rouquine. En voyant la tête qu’elle faisait, Garrett comprit qu’il devait faire quelque chose, sinon la blouse blanche du médecin n’allait pas garder sa couleur bien longtemps. Tendant le bras, Garrett retira la seringue sous le regard surpris du médecin.

" Non, elle déteste les seringues et autre piqûre, c’est un coup à ce qu’elle tombe dans les pommes. Il lui faut… De la glace ? Un truc froid à mettre sur sa tête ? N’importe quoi. "

" Vous êtes médecin ? "

" Non, mais je sais que ça va mal se finir si vous lui plantez encore un truc dans le bras. "

L’homme la regarda, il est vrai qu’elle avait une drôle de tête, puis il regarda Garrett avant d’hausser les épaules, les quittant quelques minutes le temps d’aller chercher de la glace.

" Arrête de vouloir massacrer le premier venu… ils ne te veulent aucun mal, ils ne savent pas que tu es une mage et ils ne le sauront pas si tu restes tranquille… pour eux tu es juste une jolie fille blessée qui sort d’un bâtiment en train de s’effondrer. Ils sont uniquement là pour s’assurer que tu vas bien, et que tu n’es pas blessée, que la blessure soit visible ou non. Fait comme moi, laisse-toi faire et ne trucide perso… "

" Monsieur, retirez votre manteau et votre chemise que je puisse examiner vos blessures. "

" Je n’ai rien, j’veux juste qu’on me laisse tranquille. "

" Ça, c’est à moi d’en juger, aller, manteau et chemise. "

Garrett lança un dernier regard à la mage, celui qui disait : « reste tranquille et tout ira bien ». Puis évidemment, il du faire ce qu’on lui demandait, jetant sa veste sur un lit, déboutonnant sa chemise qui finit au même endroit. Puis l’homme vêtu de blanc examina le torse de l’inspecteur, appuyant à certains endroits, notamment les côtes et l’estomac. Il se crispa légèrement lors d’un passage, en effet, maintenant il avait mal aux côtes, peut-être une énième chute, mais il essayé de garder bonne figure.

" Bien bien bien… on dirait que vous êtes bel et bien en bonne santé, il faudrait des examens supplémentaires pour être sûr, mais j’imagine que vous ne vous laisserez aucunement faire, madame semble aussi en bonne santé d'après ce que je vois, mais il faudrait aussi faire un examen pour être sûr qu'elle ne souffre pas de blessures internes... Cela ne me regarde aucunement j’en conçois, mais que faisiez vous dans ce bâtiment ? "

" Comme vous l’avez dit, cela ne vous regarde pas. "




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Zora Viz'Herei
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Ven 21 Sep - 18:12
Irys : 1715105
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Elle lève une main tremblante et l'approche de l'instrument de torture planté dans son bras. Avec, bien sûr, la ferme intention de l'en retirer puis de l'enfoncer dans l'une des orbites de ce prétendu médecin. C'est ainsi qu'ils soignent les gens, ici? En leur enfonçant des lames ridicules dans la chair et de l'eau dans le corps? Zora a déjà vu des charlatans avec plus de talent que ces misérables infidèles. Comment peuvent-ils être respectés par les daënars alors qu'ils brillent par leur incompétence? Comment osent-ils prétendre à un titre qu'ils sont bien loin de mériter? Ce ne sont que des enfants qui balbutient un semblant d'art. Leur existence-même est une insulte pour les véritables serviteurs de Möchlog!

La fanatique, donc, s'apprête à faire ce qu'elle sait faire de mieux! Mais Garrett la prend de vitesse et retire lui-même la fameuse seringue de sa chair. Zora lui décoche un regard furieux avant d'observer avec attention la petite goutte écarlate qui perle à présent à l'endroit où la lame était plantée. Une simple pression du doigt lui suffit pour restaurer son épiderme maltraité tandis qu'elle écoute distraitement la conversation entre les deux infidèles. Selon le barbu, c'est donc de la glace ou un truc frais qu'il faudrait à la rouquine...
"Et pourquoi pas une saignée tant qu'à faire, hein?" s'emporte-t-elle. "Je ne sais pas! Vous pourriez aussi vous mettre à danser autours de moi en chantant des trucs étranges, tirés d'un de vos grimoires, pendant que vous m'aspergerez de sang de brebis?"
Quelle bande de sauvages! Et dire qu'ils se prétendent civilisés... C'est le monde à l'envers. Leur médecine ressemble à une mauvaise blague! Et bien sûr Garrett ne se prive pas de lui faire la morale tandis que le semblant de soigneur s'éloigne pour aller chercher Möchlog sait quoi! La rouquine le suit un instant du regard avant de daigner finalement répondre à la remarque de son envahissant allié!
"Ils ne me veulent aucun mal? Ça, c'est toi qui le dit!" siffle-t-elle, lui signifiant au passage le peu d'importance qu'elle accorde à son avis. "Peut-être qu'ici c'est normal qu'un inconnu vous plante des trucs dans le bras! Mais d'où je viens c'est plutôt considéré comme une agression!"
Elle baisse malgré tout la voix lorsque le fameux "médecin" revient et ordonne à Garrett de se déshabiller. Zora fronce les sourcils tandis qu'elle cherche à deviner l'intérêt d'une telle chose. Comment le pourrait-elle alors qu'il lui suffit d'un simple contact avec une personne pour pouvoir agir sur les différentes composantes de son corps? Encore une fois, leur médecine prouve ses limites. Tout en soulignant, au passage, la perversité de ces prétendus soigneurs. La fanatique lâche un soupir désabusé tandis qu'elle observe donc l'inconnu tâter les côtes du barbu.

Le diagnostique est posé avec une lenteur incroyable mais l'attente semble belle et bien terminée! Faux espoir! Le soigneur reporte à présent son intention sur la mage tout en laissant entendre qu'il souhaite également l'examiner. La rouquine lâche un rire à moitié amusé avant de comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie.
"Non mais c'est une blague?" siffle-t-elle. "La dernière personne qui a posé ses mains sur moi sans autorisation s'est retrouvée sodomisée dans un bordel miteux! Tu veux tenter ta chance, l'infidèle?"
Non en fait elle ne lui en laisserai même pas l'occasion. Un bouclier doré se dresse autours de la gorge de l'homme. Sa nuque laisse échapper un craquement sinistre lorsqu'elle se brise sous la pression. Elle a déjà eu sa dose de bêtises pour aujourd'hui. Et tant pis si elle n'est pas aussi "sage" que Garrett l'avait espéré! Depuis quand a-t-elle besoin de l'autorisation d'un nain specteur pour purifier un infidèle, hein?
"Il voulait abuser de nous, ton soigneur!!" se justifie-t-elle en haussant les épaules. "Ne me dis pas que je n'étais pas dans mon droit!"
Elle dépasse son allié de circonstance pour refermer la tapisserie légère qui sépare les différents groupes de patients. De quoi gagner quelques secondes supplémentaires avant que les autres personnes présentes remarquent la mort de l'un de leurs et se jettent sur eux, toutes seringues tirées! Une perspective que Zora compte esquiver grâce à un cercle d'acier bizarre, à ses pieds. Elle a toujours voulu savoir ce que ces étranges plaques dissimulaient. C'est probablement le moment ou jamais!

Lorsqu'elle se penche pour relever le cercle de métal, elle remarque tout de suite que son poids est plus impressionnant qu'elle s'attendait. La fanatique est donc obligée d'user à nouveau de sa magie pour amplifier sa force et finalement leur ménager un accès vers les profondeurs sombres et malodorantes de cette cité impie. L'odeur qui s'en échappe, d'ailleurs, la fait justement hésiter sur la pertinence d'emprunter un tel chemin. Mais quelle est l'autre alternative si ce n'est affronter à nouveau une horde d'infidèles.
"Bon ben..."
Elle soupire à nouveau avant de se laisser choir dans les égouts de la cité. Elle se réceptionne maladroitement dans ce qui semble être une petite rivière peu profonde. Mais lorsque ses yeux s'habituent à l'obscurité et qu'elle remarque la présence de diverses choses flottantes peu ragoûtantes, ses derniers espoirs s'envolent.
"C'est une rivière de... merde?"
Mais qu'est-ce que c'est encore que ce délire?




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Garrett Catesby
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Dim 23 Sep - 19:34
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Même avec toute sa bonne volonté, il était impossible de contrôler la rouquine. Il eut tout juste le temps de cligner des yeux et d’enfiler sa chemise, que le médecin s’effondra sur le sol dans un craquement sinistre. Garrett n’avait pas eu l’occasion d’apercevoir le léger halo doré se former autour de la gorge du malheureux, mais un craquement pareil, il en avait déjà entendu. Nuque brisée, le pauvre homme gisait-là, à tout juste un mètre d’eux, un mort de plus à ajouter à la liste, un innocent de plus, qui pensait simplement faire son devoir.

Le jugement de Garrett n’était peut-être plus aussi juste qu’il l’aurait cru, cette alliée de fortune s’était révélée être utile durant la fusillade, si bien qu’il était parvenu à mettre cette touche de féminité fanatique de côté. A présent, il fallait bien avouer que les points positifs disparaissaient à vu d’oeil. Que faire ? Les pompiers tout comme les médecins avaient vu leur visage, la plupart se souviendraient sans nul doute de l’inspecteur, quant à la mage et son comportement, autant dire que la chose était difficile à oublier.

Un cercle vicieux semblait se resserrer autour de l’inspecteur, un peu comme cette énergie magique qui avait brisé la nuque du médecin, plus les secondes passaient, plus Garrett avait l’impression de s’enfoncer dans un problème qu’il ne pourrait malheureusement pas régler pacifiquement. Il pouvait très bien attendre qu’elle tourne le dos, sortir son arme, et lui offrir une certaine forme de libération, peut-être avait-il une chance d’en finir, de la stopper pour de bon. Cette escapade nocturne avait sans nul doute affaibli la rouquine, au point que son champ de protection ne soit pas aussi efficace qu’au début, et si elle était de dos… aurait-elle le temps d’invoquer cette protection avant que la balle la mette à terre pour de bon ?

Les questions se bousculaient dans l’esprit de l’inspecteur, cherchant une once de réponse, un moyen d’en finir pour de bon avec cette histoire qui n’avait que trop duré, il ne pouvait pas la laisser continuer comme ça et fermer les yeux sur la mort des innocents. De son côté, la mage semblait partante pour tenter de fuir par les égouts, l’idée sans doute la plus logique de la soirée si l’on oubliait l’odeur de l’endroit. Garrett resta néanmoins silencieux, la laissant sauter dans un liquide que l’inspecteur n’aurait jamais voulu rencontrer. Visiblement, celle-ci n’avait pas aperçu la petite échelle descendant dans les égouts, permettant d’atteindre les rebords sans devoir marcher dans la merde. Attrapant le corps du médecin par le col, Garrett le traîna jusqu'à ce qu’il chute dans les égouts, il y avait peu de chance qu’on le retrouve ici, ou du moins, pas maintenant, triste sépulture pour un homme ayant pour volonté de venir en aide à son prochain. Puis l’inspecteur entra à son tour, empruntant l’échelle et tirant la plaque d'égout avec lui pour refermer l’entrée.

L’endroit était sombre, légèrement éclairé par un éclairage de secours servant à la maintenance de dédale de tunnels.

" Une rivière de merde, comme ce qui m’arrive depuis notre rencontre. "

Pour la poésie de l’inspecteur, le terme « océan » aurait sans doute été plus exact, mais son esprit s’attelait déjà à un nouveau problème, et de taille : comment sortir d’ici ? Les égouts étaient tout simplement un dédale de tunnels plus ou moins large et malodorant, il n’y avait malheureusement pas une entrée par tunnel, il fallait donc se déplacer jusqu'à trouver une nouvelle entrée, tout en espérant de pas sortir n’importe où. Garrett fit alors quelques pas, dans la direction opposée à celle de la rouquine, avant de finalement se retourner. Il enrageait, My’tran, Daenar, au fond ce n’était que de l'hypocrisie, chacun se cachant derrière des raisons futiles tout aussi minables que son adversaire. Il fallait que sa sorte, il fallait que Garrett dise ce qu’il en pensait.

" Allez, va, cours donc tuer des types juste parce qu’ils n’ont pas la même culture que toi, ou encore, car pour toi il ne sont pas dignes de vivre. En faisant ça, tu ne vaux pas mieux qu’un « infidèle » qui massacre des mages pour le même motif de différence culturelle. Mais ça, c’est visiblement trop compliqué à comprendre, ou à admettre, mieux vaut se cacher derrière des illusions comme un gamin se planque dans les jupons de sa mère. L’un comme l’autre, vous n’êtes pas mieux que les ces étrons flottants dans lesquelles tu patauges. Adieu. "

Ça ne servait probablement à rien de dire pareilles choses, c’était comme pisser dans un violon, mais au moins, il se sentait mieux. Il tourna les talons, continuant de longer le rebord.

" Si jamais des tortues géantes déboulent au prochain tournant… "

Souffla-t-il à pour lui-même.




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Zora Viz'Herei
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Dim 23 Sep - 21:54
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Elle pense tout d'abord que c'est Garrett qui l'a rejointe lorsqu'un bruit de chute retentit à ses côtés. Mais la luminosité filtrant encore à travers l'ouverture par laquelle elle s'est laissée tomber lui permet de vite comprendre qu'il s'agit du cadavre du soigneur. Elle reste un instant immobile, trempée en partie par les éclats des déjections soulevées par le corps. En cet instant elle ne rêve que d'une seule chose: une rivière à l'eau claire pour pouvoir se laver et retrouver une dignité qui lui fait largement défaut depuis le début de la croisade à Daënastre.

Elle fait pourtant l'effort de ne pas se plaindre lorsque le barbu se glisse à son tour dans les égouts et referme l'accès derrière lui. Après tout c'est elle qui a décidé de s'enfuir par ce chemin. Un choix qu'elle regrette depuis de longues secondes déjà. Mais Zora a au moins le bon goût de ne pas reprocher ses erreurs aux autres. Elle espère simplement qu'elle sera épargnée par les remarques acerbes. Elle va même par lâcher un léger rire cristallin lorsque son camarade de fortune lâche une phrase au sujet des ennuis qu'il accumule en sa présence. Peut-être parce qu'elle ne perçoit guère la lassitude réelle que ses mots supposent.

Mais elle comprend alors qu'il n'est pas question d'une plaisanterie ou d'une plainte pour la forme mais bien d'un réel ressenti qui pousse désormais le nain specteur à s'éloigner d'elle. Il... l'abandonne? En soi, cela ne l'ennuie pas. Elle n'a pas besoin de lui et s'en sortira probablement mieux seule, sans une personne résolue à l'empêcher d'agir dans l'intérêt de My'trä. Mais elle ne l'a pas congédié! Pense-t-il réellement pouvoir s'en aller sans sa permission? Elle lui fait déjà une fleure en l'épargnant et c'est ainsi qu'il la récompense? Quel ingrat!

La teneur des propos qu'il lui tient, quant à eux, ne peuvent la laisser indifférente. Comment ose-t-il mettre au même niveau la sauvagerie des siens et la noble tâche qu'elle tente d'accomplir sur ce continent impie? Elle sert les poings de rage mais n'est pas capable de lui répondre de suite. Ses pensées et ses sentiments se bousculent trop pour lui permettre d'assembler des mots cohérents. Elle finit néanmoins par réagir lorsque le bruit de ses pas s'éloignent et se rue à sa suite avant de le saisir par le bras dans l'espoir de le faire se retourner. Il ne pourra probablement pas déceler la colère qui déforme le visage de la fanatique dans cette obscurité. Mais le ton qu'elle emploie, lui, traduit à merveille le mélange de colère et de frustration qui l'anime à présent.
"Comment oses-tu m'abaisser au même niveau que vos soldats?" siffle-t-elle. "Est-ce My'trä qui est venue déverser la mort chez vous dans le seul but de s'approprier des pierres divines? Est-ce My'trä qui a déclaré la guerre sans raison, sournoisement, à ses voisins après des siècles de paix? Est-ce vos champs et vos demeures qui ont brûlé? Vos civils qui ont péris?"
Elle n'était pas née! Elle n'a pas vécu cette époque! Mais le traumatisme est encore palpable aujourd'hui. Elle s'en est imprégnée au fil des ans et des récits. Elle a compris l'horreur et vu nombre de ruines qui témoignent encore de la violence de l'assaut. Et que dire des regards emplis de tristesse des anciens?
"Vous avez ravagé nos terres et mon peuple au seul nom du profit!" poursuit-elle, acerbe. "Et aujourd'hui tu oses me faire la morale parce que je prélève un maigre tribut en vies chez vous? À quel moment as-tu oublié que le sang appelle le sang? Tu pensais peut-être que vos actions n'auraient pas la moindre conséquence? Que nous allions tendre l'autre joue en vous gratifiant d'un sourire?
Qu'il grandisse un peu! Même si Möchlog ne l'avait pas choisie pour porter Sa vengance, elle aurait probablement opté pour une voie similaire. Parce que chaque fibre de son corps lui commande de lutter pour rétablir l'équilibre de la balance. Il devrait pourtant comprendre ça, lui qui fait parti de ceux que l'on surnomme ici les gardiens de la paix. Ou peut-être estime-t-il que tout ceci appartient à un temps révolu. Mais le passé est ancré dans le présent. C'est une évidence imposée par les infidèles.
"J'ai vu de mes propres yeux les habitants d'un village entier se faire priver de leurs pouvoirs parce que l'une de vos mines a explosée! Les esclaves d'une autre mine mourir à cause de la dangerosité de vos... machines! Tous des my'träns, évidemment! Et je pourrais te faire une liste tellement longues de vos méfaits que nous en aurions probablement pour plusieurs jours!" regrette-t-elle dans un soupir. "Dis-moi, toi qui me parle d'hypocrisie: si c'était ton peuple qui était asservi et obligé de tolérer la présence d'une force étrangère sur son propre sol, resterais-tu les bras croisés? Ne tenterais-tu pas de changer les choses? Tu peux me reprocher beaucoup de choses, nain specteur! Mais certainement pas d'agir!"
La rouquine alimente elle-même sa colère au fur et à mesure que les mots franchissent le seuil de ses lèvres. Elle est partagée entre la rage et la tristesse sans réellement savoir lequel de ces sentiments est appelé à prendre le dessus. Les larmes roulent sur ses joues tandis que l'image d'une My'trä meurtrie défile devant ses yeux. Alors elle se résout finalement à faire ce que son caractère lui commande de faire: elle bondit sur le barbu sans la moindre retenue, délaissant la technique pour le besoin, avec la ferme intention de le jeter à terre et de le ruer de coup.

Ce n'est probablement pas utile. Et encore moins avisé. Mais par Möchlog, que cela fait du bien!




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Garrett Catesby
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Lun 24 Sep - 21:33
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
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Aucun des deux camps n’était totalement blanc comme neige, il y avait toujours dans un coin une petite part d’obscurité, quelque chose qui n’était pas très flatteur, ni très jolie à regarder. C’était ainsi, il était difficile de passer outre cela, de son côté, Garrett savait très bien que sa communauté n’était pas toute blanche, il aurait fallu être aveugle, ou totalement asservie à un pouvoir fantoche pour croire une pareille chose. Il avait tout juste fait quelques pas lorsque la rouquine le rattrapa, le saisissant au bras, avec sans doute la ferme intention de le stoper. Garrett se libéra de son emprise en bougeant légèrement le bras, faisant alors volte-face.

" Vous. Vous. Utilise plutôt le pronom « ils » au lieu de nous mettre dans le même panier. Est-ce moi qui suit le responsable ? Ce médecin, était-il responsable ? Le pompier qui a chuté de l’échelle était-il responsable ? Les habitants sous les gravats de l’immeuble, étaient-ils responsables eux aussi ? "

Vociféra-t-il. Il était bien trop simple de mettre tous les Daënars dans le même panier, à dire que tous étaient coupables des choses du passé. Lui-même n’était même pas né lorsque la plupart de ces choses s’étaient déroulées. Devait-il donc être considéré coupable pour les crimes des autres ?

" Appel du sang mon cul, élimine donc de véritable menace, pas le premier type qui veut t'ausculter pour savoir si tu n’a rien de fracturé ! "

Puis, s’en suivit une action assez primaire, celle de se taper dessus. L’inspecteur ne s’attendait pas vraiment à voir la rouquine lui bondir dessus tel un cabri fougueux. Garrett bascula en arrière, finissant sa chute sur le dos, mais toujours sur le rebord. La proximité avec la rouquine était quelque peu dérangeant, outre le fait de prendre des coups, mais aussi avec l’odeur qui lui emplissait les narines au point de lui piquer les yeux. Il lui fallut plusieurs secondes pour la faire basculer sur le côté et prendre le dessus sur elle, lui bloquant les bras pour ne pas recevoir un énième coup.

" Agir, c’est bien, mais dorénavant, n’agit plus à l’encontre des innocents. "

Dit-il finalement en se redressa, la lâchant par la même occasion. Elle pouvait agir, en vérité, Garrett n’avait rien contre le fait que la mage cherche une quelconque forme de vengeance. Ce qui le dérangeait plus, c’était le fait qu’elle s’en prenne aux personnes, à des pauvres bougres qui n’avaient rien demandé. Cette nuit, elle avait éliminé des criminels, une bonne chose de faite d’ailleurs, mais elle avait aussi tué des innocents, et ça, ça entachait le tableau. Il ne restait plus qu'à espérer qu’elle se calme, et qu’elle remette un peu d’ordre dans ses idées, du moins le temps de finir cette douce soirée. Garrett ne comptait pas la laisser tuer le premier venu sous prétexte qu’il était un Daënar et qu’il donc directement coupable de tout ce qu’il avait pu se dérouler à travers le monde.

" Tu sais tout comme moi que certaines personnes ne sont pas responsable de ce qu’il s’est passé, ni de ce qu’il se passe et encore ce qu’il se passera ! Accuser tout l’monde en clamant que ce n’est que justice, c’est de la connerie, et ce n’est pas juste. "

Du point de vue de la justice pure et dure, Garrett était sans doute le mieux placé pour savoir comme si prendre, mais aussi comment la rendre, même si ses méthodes ne faisaient aucunement partie des standards.

" Tu peux très bien rester dans ton optique, penser que moi comme tous les autres sommes coupables, mais dans ce cas, l’un de nous ne sortira jamais de cet endroit. Ou alors tu peux reconsidérer mes paroles, et comprendre que je ne suis peut-être plus qu’un simple hérétique. "

Comme pour joindre le geste à la parole, sa main était venue se poser sur son revolver, comme s’il était prêt à s’en servir. Bien sûr, il était évidemment qu’avec sa magie, le mage aurait sans doute l’avantage, mais peut-être parviendrait-il à la blesser, même s’il lui devait y rester. L'autre main était tendue vers la rouquine, avec l'intention de l'aider à se redresser.




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Zora Viz'Herei
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Mar 25 Sep - 14:26
Irys : 1715105
Profession : Nécromancienne (en formation)
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La faculté de cet homme à se dédouaner des actes des siens est méprisable. Ses paroles sont pourtant teintées d'une certaine sagesse, elle le sait. Il est difficile d'en vouloir aux enfants pour les actes de leurs parents. Mais s'il est probable que certains daënars soient conscients de l'erreur commise trois décennies plus tôt sur My'trä, il n'en reste pas moins qu'il se font étonnement discrets. Leurs protestations, bien trop silencieuses. Il peut trouver qu'elle agit mal, certes. C'est son droit. Mais que fait-il, lui? Entre l'action aveugle et l'inaction crasse, elle a fait son choix. Les paroles ne changent pas le monde. Seuls les actes forgent l'avenir.

Mais elle ne lui répond pas, trop occupée qu'elle est à vouloir marteler le visage de l'homme de ses coups maladroits et guidés par une colère qui ne saurait être bonne conseillère mais qu'elle ne peut faire autrement qu'écouter. Son seul désir en cet instant? Lui faire mal! Lacérer sa chair comme les siens ont meurtri celle de My'trä par le passé. Une maigre consolation, certes. Mais même le plus anodin des plaisirs est bon à prendre sur ce continent profondément marqué par l'hérésie.

Toutefois elle se retrouve bien vite maîtrisée, le dos et les bras plaqués contre le sol insalubre bordant la rivière de déjections. Les effluves nauséabondes se font alors plus violentes. Et, couplées à l'étau des mains du barbu, la forcent à retrouver un semblant de calme. Tout au plus se contente d'elle d'exprimer sa haine à travers son regard ambré. Elle tente une nouvelle fois de se dégager, sans succès. Le tout pendant que ce fameux gardien de la paix lui... ordonne de ne plus s'en prendre à des innocents.
"Il n'y a pas d'innocents sur ce continent!" affirme-t-elle d'une voix lasse. "Seulement des traîtres et des meurtriers!"
Elle n'en était pas vraiment sûre avant de poser le pied sur Daënastre. Mais elle en a acquis l'intime conviction. Où étaient ces prétendus innocents lorsque les my'träns étaient accusés - à tort, c'est évident! - d'avoir fomenté des attentats contre leurs précieuses nations? Où étaient-ils, trente ans plus tôt, pour s'opposer aux velléités conquérantes de leurs frères et soeurs? Combien de personnes a-t-elle vues s'insurger contre le traitement réservé aux enfants des Architectes obligés de travailler dans les profondeurs de la terre de Delkhii pour alimenter les hérésies däenars? Si les innocents existent, ils se font plutôt discrets...
"Ne viens pas me parler de justice! La vôtre est à sens unique!" s'insurge-t-elle en se redressant. "Vous êtes tous responsables! Que ce soit par vos actes ou votre silence! T'es-tu seulement insurgé publiquement contre les actions de ton gouvernement? Car tu désapprouves bien ses actions, n'est-ce pas?"
Cette dernière question n'est pas marquée par l'assurance mais plutôt par la curiosité. Pour un infidèle, il est vrai qu'il semble plus équilibré que les autres. Pourtant il n'a jamais clairement laissé entendre que l'invasion de sa patrie était une erreur. Est-il de ceux qui contestent la forme mais non le fond? Si c'est le cas, en quoi cela fait-il de lui une meilleure personne que ceux qui ont pris les armes contre My'trä?

Elle perçoit ensuite la main de l'homme se poser sur la poignée de l'arme à projectile qui pend à ses côtés. Zora lui décoche un regard d'avertissement qui, elle l'espère, lui rappellera qu'il est loin de se situer au sommet de la chaîne alimentaire. Pense-t-il véritablement avoir une chance contre elle dans un combat régulier? Son relatif succès de tout à l'heure lui a probablement donné des raisons de le croire.
"Je te le déconseille!" le prévient-elle en désignant son arme d'un signe de la tête. "Je réduirai les os de ta main en charpie avant que tu aies le temps de pointer cette chose sur moi!"
Et voilà pourquoi il est utile de rappeler constamment aux inférieurs que leur place se situe à vos pieds et non à vos côtés. Ils se sentent pousser des ailes et finissent par croire en leur courage. La rouquine se dit d'ailleurs que la mort du barbu est désormais la seule issue possible. À moins que... Vu l'aide qu'il lui aura apportée, pathétique mais néanmoins appréciable en de rares occasions, il mérite peut-être d'avoir une chance de prouver ce qu'il avance. S'il peut lui être plus utile vivant que mort, alors soit. Elle ne tue pas aussi aveuglément qu'il souhaite le croire. Mais d'une certaine façon elle ne lui en veut pas pour son étroitesse d'esprit. N'a-t-il pas été bercé depuis son enfance par les mensonges distillés dans leurs fameux journaux?
"Tu veux que j'arrête de tuer ceux que tu désignes comme des innocents, c'est ça?" relève-t-elle sur un ton adouci. "Alors trouve-moi des cibles susceptibles de me contenter! Je ne parle pas de vos petits criminels locaux comme ceux que nous venons d'affronter! Je te parle des véritables responsables de l'invasion sur My'trä! Les gens qui ont équipé votre armée, par exemple! Ou ceux qui continuent aujourd'hui encore de présenter les miens comme des animaux à abattre! J'ai cru comprendre que ton... travail t'octroie une certaine autorité sur tes semblables! Utilises-la pour me mener à ceux qui, à tes yeux, méritent de mourir!"
Il n'arrivera pas à le délester de cette haine bien légitime qu'elle ressent à l'égard de Daënastre. Mais peut-être qu'il est susceptible de la canaliser. L'accord qu'elle vient de lui proposer lui semble correct. Et il éviterait à Garrett de mourir dans un endroit aussi malsain que celui dans lequel ils se trouvent en cet instant. Même les daënars devraient avoir le droit de mourir en contemplant les cieux créés par les Architectes.
"Qu'en dis-tu?"




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